Près de la grotte de Lascaux, une ancienne papèterie pourrait devenir un « supercalculateur » qui servirait à entraîner des services IA. Les habitants mobilisés ont réussi à obtenir une réunion publique pour éclairer ce projet aux multiples inconnues.
Condat-sur-Vézère et Le-Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), reportage
À son heure de gloire, la papèterie Condat, sur les communes de Condat-sur-Vézère et Le-Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), faisait vivre 1 200 personnes. Jusqu'à sa chute (…)
Près de la grotte de Lascaux, une ancienne papèterie pourrait devenir un « supercalculateur » qui servirait à entraîner des services IA. Les habitants mobilisés ont réussi à obtenir une réunion publique pour éclairer ce projet aux multiples inconnues.
Condat-sur-Vézère et Le-Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), reportage
À son heure de gloire, la papèterie Condat, sur les communes de Condat-sur-Vézère et Le-Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), faisait vivre 1 200 personnes. Jusqu'à sa chute (…)
Des malades du cancer manifestent contre les pesticides le 3 octobre, en politisant leur condition. Une démarche qui trouve son inspiration dans les méthodes d'Act Up et l'activisme antivalidiste.
« Soyons des centaines, des milliers à brandir la maladie. » Tel est l'appel de Cancer Colère pour la mobilisation internationale contre les pesticides, samedi 3 octobre autour d'un site du groupe agrochimique Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure). Ses membres y défileront avec des étendards (…)
Des malades du cancer manifestent contre les pesticides le 3 octobre, en politisant leur condition. Une démarche qui trouve son inspiration dans les méthodes d'Act Up et l'activisme antivalidiste.
« Soyons des centaines, des milliers à brandir la maladie. » Tel est l'appel de Cancer Colère pour la mobilisation internationale contre les pesticides, samedi 3 octobre autour d'un site du groupe agrochimique Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure). Ses membres y défileront avec des étendards (…)
Construire sa maison pour 40 000 euros, aménager un local associatif au sein d'une friche ou adapter son habitat aux sécheresses et incendies : trois livres qui expérimentent d'autres manières de construire et d'habiter.
Les exemples sont de plus en plus nombreux ces dernières années et Reporterre s'en fait régulièrement l'écho. Maisons en paille, en bois ou mobiles, chantiers participatifs, habitats partagés : partout des personnes cherchent à construire et habiter autrement.
Pour (…)
Élodie Potente est l’autrice du livre «Fiertés des champs», publié le 2 octobre 2026. © Béa Uhart
Élodie Potente est journaliste indépendante, lesbienne, installée dans les Pyrénées-Orientales. Son livre, Fiertés des champs. Habiter, résister et aimer loin des métropoles, est paru vendredi. Alors que ce samedi se tient la marche des fiertés LGBTQIA + (lesbiennes, gay, bisexuel·les, transexuel·les, queer, intersexes, asexuel·les) à Paris, l’autrice rappelle que les personnes queer ne se cantonnent pas à la capitale.
Des marches des fiertés (aussi appelées pride) sont aussi organisées à la campagne, un peu partout en France. En témoigne la tenue du festival Queers des champs, à Bram (Aude), samedi 26 et dimanche 27 septembre. Chaque évènement est l’occasion pour les participant·es de lutter contre une double discrimination : être assigné·e «à la fois plouc et pédé·e», selon les mots de l’autrice.
Quand on est queer en ruralité, on est à une intersection. Les médias et la culture dominante donnent l’impression que nous n’existons pas dans ces territoires, alors que nous avons toujours été là. Les normes sociales majoritaires sont celles de l’hétérosexualité et de l’urbanité. Vivre en ruralité revient donc à vivre doublement hors de la norme.
«Les pride nous donnent de la force pour militer et visibiliser nos récits.»
Les ruralités sont très peu médiatisées. Leurs histoires, leurs cultures et leurs récits sont invisibilisés. C’est ce qu’explique ma collègue Emma Conquet, qui utilise le concept d’urban gaze pour désigner le regard biaisé des citadin·es sur la campagne. On ne nous apprend pas qu’il y a eu des terres rurales gérées par des communautés lesbiennes dans les années 1970, par exemple. On ne connaît que très peu de choses sur notre propre histoire. Quand on fait son coming out et son coming in [s’accepter soi même comme queer, NDLR] à la campagne, on doit soi-même chercher ses représentations.
«Ploucs» ou «péquenaud» sont des stigmates qu’on entend assez tôt quand on grandit ou que l’on vit en ruralité. Avec ces mots, on devient «les autres». Être désigné ainsi nous ramène à notre marginalité. Il en est de même pour le mot queer, qui était une insulte dans les années 1970 – cela voulait dire «étrange», «hors de la norme». Les communautés concernées se le sont réapproprié jusqu’à ce qu’il soit utilisé de manière neutre aujourd’hui. Je trouve qu’il englobe bien nos orientations sexuelles et nos identités de genre. «Pédé» et «gouine», eux, sont toujours utilisés comme des insultes. Dans nos communautés rurales et queer, on choisit de se réapproprier aussi la fierté de ces mots. Pour moi, ce n’est pas une insulte.
C’est important de se sentir bien dans son territoire, entouré·e d’allié·es et de personnes qui nous ressemblent. Les pride nous donnent de la force pour militer et visibiliser nos récits. Ce sont des endroits politiques, davantage militants même, que les marches des fiertés urbaines.
«Hors de la ville, il y a plein d’endroits où l’on peut être soi.»
Des membres de la communauté LGBTQIA+ peuvent ne pas être très militants ou ne pas avoir beaucoup d’espaces pour exister en tant qu’elleux-mêmes. Quand ces personnes voient des pride dans leur village ou leur ville, ça leur apporte un grand réconfort.
On ne réduit pas nos territoires à des terres de loisirs. Globalement, nous n’avons pas l’espace ni le temps d’en profiter pleinement, même si on y habite, car nous ne sommes pas en vacances ici. Néanmoins, c’est vrai que partir dans la forêt, loin du regard des autres, est une forme de liberté. La poétesse Léa Rivière a écrit un texte qui dit : «Je ne suis pas trans dans la forêt car personne ne pose son regard sur moi.» Les ruralités peuvent être un refuge pour beaucoup de gens queer. Hors de la ville, il y a plein d’endroits où l’on peut être soi.
De mon côté, je suis dans un collectif qui s’appelle La Qlaq. On se réunit entre personnes queer et allié·es pour se réapproprier la randonnée, une activité physique plutôt réservée aux hommes cis-hétéro [qui s’identifient au même genre qu’on leur a assigné à la naissance et qui sont hétérosexuels, NDLR]. Entre nous, on peut avancer à notre rythme, voir de beaux paysages et profiter de notre territoire.
Les problématiques que tous les habitant·es rencontrent dans les territoires ruraux, nous les vivons également en tant que personnes queer, parfois même plus fortement. La mobilité, par exemple, est le sujet le plus important en ruralité. Nous sommes dépendant·es de la voiture car nous n’avons ni bus ni pistes cyclables.
«Nous subissons une forme de mépris sur ce que sont les réalités de nos vies.»
L’exemple le plus fou que j’ai rencontré est celui d’Elsa. En tant que personne trans, elle a parcouru plus de dix mille kilomètres entre son village aveyronnais et Toulouse pour son suivi médical depuis le début de sa transition.
Un service public qui disparaît, c’est une tragédie pour toutes les personnes qui vivent en territoire rural. Mais lorsque certains personnels soignants ne respectent pas notre vécu de personne queer, il faut aller encore plus loin pour en trouver d’autres.
Il y a plusieurs ruralités, pas un bloc homogène. J’ai vécu six ans dans la vallée de la Drôme, qui est très médiatisée, pleine de vie associative. Actuellement, j’habite dans un territoire montagnard, en Haute-Garonne, dans le Comminges, un territoire très précaire dont personne ne parle.
Dans les deux cas, nous subissons une forme de mépris sur ce que sont les réalités de nos vies. Les gens vivent malgré la disparition des services publics, ils font en sorte que ce soit possible d’y travailler et d’y avoir une vie sociale. Souvent, les discours majoritaires ne parlent pas de ces personnes.
«On est loin d’avoir perdu notre culture locale, il ne faut pas laisser le Rassemblement national se l’approprier.»
On vit avec nos voisins, avec des gens qui ne nous ressemblent pas et qui, parfois, ne nous comprennent pas. Ça ne les empêche pas d’avoir de la sympathie pour nous ; ça n’empêche pas non plus qu’on se file des coups de main. C’est important de faire du lien et de leur expliquer qui on est. En fait, à la campagne, on n’a pas le luxe de ne pas faire de la pédagogie. C’est important de dire qui on est, même si bien sûr il peut y avoir des discriminations.
Utiliser un langage commun permet de tisser des liens et d’être accepté·e. Gabriel, par exemple, [qui témoigne dans le livre, NDLR], se présente d’abord comme «rural». Il parle de l’entretien du jardin avec son voisin avant de parler de sa transidentité. Cette démarche permet de fixer toutes les choses en commun et, ensuite, on peut expliquer qu’on subit des discriminations et qu’on milite pour nos droits.
Les habitant·es des milieux ruraux ont vécu de nombreuses luttes, donc elles et ils peuvent nous comprendre. Laurie, une artiste que j’ai rencontrée, fait de la sérigraphie. Dans ses œuvres, elle raconte son identité queer en occitan. Elle m’a expliqué qu’elle avait l’impression qu’on la comprenait mieux comme ça, parce qu’elle a grandi en Occitanie. Elle connaît le stigmate que signifie parler cette langue, la honte qui l’accompagne.
«Ici, les gens survivent, vivent parfois, et inventent des choses pour aller mieux.»
Autre exemple : La Croustade est une drag queen marseillaise qui porte le nom d’un gâteau aux pommes du Sud-Ouest. Elle réalise toute sa performance en occitan. De nombreuses initiatives mêlent queerness et identité régionale, on est loin d’avoir perdu notre culture locale, il ne faut pas laisser le Rassemblement national se l’approprier.
Le vote pour le Rassemblement national dans les ruralités est une réalité. Je ne nie pas non plus le racisme. Le RN a fait croire aux habitant·es qu’il va les défendre, et c’est faux, bien sûr. C’est pour ça que les autres partis politiques devraient davantage s’intéresser aux campagnes et se confronter à la vie des gens qui y vivent.
Tant qu’on ne s’est pas assis dans une salle avec des agriculteurs qui pleurent parce que la polyculture ne rapporte plus, on ne peut pas comprendre ce que c’est de vivre ici. Si on n’a pas discuté avec une femme qui, à sept mois de grossesse, fait deux heures de route pour une échographie, on ne pourra pas faire bouger les choses.
Ici, les gens survivent, vivent parfois, et inventent des choses pour aller mieux. Il faut reconnaître leur ingéniosité. On a besoin de retrouver des services publics dans nos territoires et de recréer du lien, c’est ce que font, entre autres, les associations et collectifs queer.
Après trente années sans exécution, l'Algérie est sur le point d'étendre la peine de mort. Jeudi 1er octobre, les députés ont voté pour l'élargir aux auteurs de feux de forêt, aux ravisseurs d'enfants et aux auteurs de sévices à leur encontre. Cette mesure, défendue par le président Abdelmadjid Tebboune, intervient après les gigantesques incendies qui ont brûlé une partie de l'est du pays à la fin du mois d'août.
Alors que le bilan officiel s'est arrêté à douze morts, selon un décompte (…)
Le gouvernement accélère sa trajectoire de réduction du cadmium dans les engrais phosphatés. Vendredi 2 octobre, quatre textes règlementaires ont été publiés pour encadrer les teneurs en contaminants des fertilisants et leurs apports dans les sols agricoles. À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les engrais phosphatés ne pourront plus dépasser 60 milligrammes de cadmium par kilo d'anhydride phosphorique (P₂O₅), contre jusqu'à 90 mg/kg pour certains engrais aujourd'hui. Le plafond sera abaissé à 40 (…)
Lire la suite - En bref / Agriculture , Santé , Alimentation
Les chauves-souris, prédatrices d'insectes nuisibles pour l'agriculture, pourraient-elles permettre de limiter les intrants chimiques ? C'est l'hypothèse d'une équipe du CNRS qui analyse leurs excréments dans les Hauts-de-France.
Amiens (Somme), reportage
Équipé de sa lampe frontale, Louis Hue inspecte la charpente des combles du lycée agricole Le Paraclet à Amiens. Soudain, son regard s'arrête sur deux petites formes brunes blotties dans l'interstice du bois. « Là, entre la poutre (…)
Projets pétroliers ou ferroviaires contestés : au Brésil, le bilan écologique du président sortant Lula est contrasté. Mais à l'approche du scrutin, la peur de Flavio Bolsonaro au pouvoir réunit les militants écolo.
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Du rouge, du vert, du violet… Le carrousel de couleurs des drapeaux et t-shirts de la petite centaine de manifestants réunis ce dimanche 20 septembre à l'occasion de la marche pour le climat sur la plage de Leme, à Rio de (…)
Le député (Les Écologistes) de Charente-Maritime, Benoît Biteau, lors d’un rassemblement sur l’esplanade des Invalides, à Paris, le 2 juin dernier. © Simon Wohlfahrt/AFP
Sept ans. C’est le temps qu’il aura fallu à l’État français pour prendre les alertes sanitaires sur le cadmium au sérieux. Ce métal lourd est hautement toxique et reconnu comme «cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction» (CMR). En 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait publié un avis retentissant qui alertait sur la surexposition des Français·es à la substance et recommandait de réduire sa teneur dans les engrais phosphatés utilisés dans l’agriculture. Une mesure jugée nécessaire pour protéger la population de ce métal qui s’accumule dans les sols, pénètre les aliments, puis contamine nos corps.
Les agences sanitaires françaises ont depuis multiplié les alertes, en 2021, ou encore 2026. Toutes ignorées, ou quasiment, par la macronie, comme Vert le documentait dans une enquête il y a quelques mois.
La machine à inertie politique a été enrayée ce vendredi matin. Au Journal officiel, les décrets et arrêtés fixant les nouveaux «seuils d’innocuité» à respecter pour les fabricants d’engrais, et fixant les nouvelles teneurs maximales en cadmium, ont enfin été publiés. Et ce, près de six ans après que l’ancien ministre de l’agriculture Julien Denormandie avait promis de le faire, le 17 novembre 2020.
Au 1er janvier 2027, d’après cet arrêté, les engrais phosphatés ne pourront plus contenir plus de 60 milligrammes de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique (P2O5), contre 90 mg/kg aujourd’hui. Les textes plafonnent également les quantités apportées aux sols : les agriculteur·ices et les entreprises qui épandent des boues d’épuration ne pourront plus dépasser trois grammes de cadmium par hectare et par an.
Avec ce premier abaissement, la France rejoint le seuil européen de 60 mg/kg de P2O5. Elle figurait encore parmi les rares pays de l’Union européenne à autoriser des engrais phosphatés au-delà de cette limite. D’autres, comme la Finlande ou la Hongrie, appliquent déjà, depuis 2021, un plafond nettement plus strict de 20 mg/kg.
«Le gouvernement franchit une nouvelle étape pour mieux protéger la santé des Français, préserver la durabilité des sols et accompagner le développement d’une économie circulaire exigeante», affirme le cabinet de la ministre de l’écologie Monique Barbut, dans un communiqué que Vert a pu consulter avant sa publication.
Interrogé par Vert, il a également assuré que la teneur maximale en cadmium des engrais phosphatés serait ramenée à 20 mg/kg de P2O5 d’ici 2030, avec une étape à 40 mg/kg de P2O5 en 2028. Un revirement important : jusqu’à présent, le gouvernement envisageait d’atteindre le seuil de 20 mg/kg en… 2038. C’est-à-dire près de vingt ans après la première alerte de l’Anses, qui recommandait d’atteindre ce seuil dès 2019. Un autre arrêté, confirmant cette nouvelle trajectoire, devrait paraître ce vendredi, promet le ministère.
«C’est une vraie victoire», confie à Vert Benoît Biteau, député Les Écologistes de Charente-Maritime. Sa proposition de loi sur le cadmium a été adoptée en juin en première lecture à l’Assemblée nationale (notre article) et prévoit une trajectoire d’abaissement semblable à celle retenue par le gouvernement.
Comment expliquer ce changement de cap ? Par «l’exposition médiatique et la pression citoyenne. C’est comme ça qu’on obtient des avancées significatives», estime-t-il. Selon lui, l’accélération de cette trajectoire aurait aussi fait partie des conditions négociées par Monique Barbut pour rester au gouvernement après sa menace de démission, cet été.

Source :BFM TV, 28 septembre 2026
Etiqe :Exagéré
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« Sois jeune et tais-toi » ? Depuis le 28 septembre 2026, un mouvement national étudiant bloque les lycées, pour exiger plus de moyens dans l’Éducation nationale. Questionné sur l’existence d’un droit de grève des lycéens, Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint des Républicains, a déclaré que « les lycéens ont un droit, c’est d’être en classe, de se taire et d’écouter le professeur ».
Si le porte-parole de la campagne de Bruno Retailleau se veut caricatural, rappelons que les lycéens ont bien d’autres droits.
Les lycéens disposent de libertés
Les textes ne reconnaissent pas aux lycéens un droit de grève comparable à celui dont disposent les salariés. Pour autant, ils disposent de droits et de libertés reconnus par la loi.
Le code de l’éducation mentionne en son article L.511-2 que les lycéens disposent des libertés d’information et d’expression. Le droit de réunion est également reconnu aux élèves et organisé notamment par les articles R.511-1 et R.511-10 du même code, tandis que l’article R.511-9 encadre la liberté d’association dans les lycées.
Ainsi, les lycéens ont le droit de s’exprimer, d’organiser des réunions d’information dans l’établissement sous réserve, notamment, de l’autorisation du chef d’établissement et du respect des conditions prévues par le code de l’éducation et le règlement intérieur. Les libertés d’information et d’expression s’exercent quant à elles dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité et ne peuvent porter atteinte aux activités d’enseignement.
Les lycéens soumis à une obligation d’assiduité
Les lycéens disposent donc d’un droit d’exprimer leur mécontentement, mais restent cependant soumis à une obligation d’assiduité. Ils ne disposent pas d’un droit de grève leur permettant de se soustraire à cette obligation pour participer à une mobilisation pendant leurs heures de cours.
En effet l’article L.511-1 rappelle que les obligations des élèves incluent l’assiduité et le respect des règles de vie collective de l’établissement. Puis, l’article R.511-11 précise que cette obligation implique de se soumettre aux horaires d’enseignement définis par l’emploi du temps de l’établissement.
Un droit au blocage ?
Les lycéens mobilisés ne se contentent pas d’exprimer leur mécontentement : ils bloquent l’accès à leur établissement. Or les libertés qui leur sont reconnues ne couvrent pas ce mode d’action, puisqu’elles ne peuvent porter atteinte aux activités d’enseignement.
Empêcher les autres élèves et le personnel d’entrer au lycée expose donc d’abord à des sanctions disciplinaires, de l’avertissement à l’exclusion définitive (article R. 511-13 du code de l’éducation).
Le blocage peut aussi relever du droit pénal. L’article 431-1 du code pénal réprime le fait d’entraver « d’une manière concertée et à l’aide de menaces » l’exercice de plusieurs libertés, dont celle du travail.
Depuis la loi dite « Séparatisme » de 2021, le texte vise aussi l’exercice de la fonction d’enseignant. Un blocage qui empêche les enseignants et les personnels de travailler peut donc tomber sous le coup de ce texte. La peine encourue est d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Elle passe à trois ans et 45 000 euros lorsque l’entrave est commise à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations.
Le code pénal sanctionne aussi l’occupation de l’établissement pour en troubler la tranquillité et le bon ordre, et la dégradation des locaux, avec une peine aggravée en cas d’incendie, comme cela a pu arriver à Nantes.
Tout blocus ne constitue pas pour autant un délit : les éléments de l’infraction doivent être réunis. L’entrave de l’article 431-1 suppose ainsi une action concertée et des menaces, ou des violences. Tenter de convaincre ses camarades de rejoindre le mouvement, sans pression ni violence et sans les empêcher d’entrer, ne la caractérise pas.
Les lycéens ne disposent donc ni d’un droit de grève, ni d’un droit au blocage. Mais entre se taire en classe et bloquer son lycée, le droit leur laisse une place réelle pour s’exprimer.
Auteurs :
Autrice : Yasmine Razouane, master Droit européen à l’université Paris-Est-Créteil
Relecteurs : Sarah Auclair, doctorante en droit public à l’université Paris-Est-Créteil
Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
L’article Blocus des lycées : les élèves ont-ils pour seul droit d’être en classe et de se taire ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Les protections hygiéniques réutilisables sont remboursées depuis le 1ᵉʳ octobre par la Sécurité sociale pour les moins de 26 ans sans condition de ressources, et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, sans condition d'âge.
Cette mesure avait été annoncée par Élisabeth Borne, Première ministre en mars 2023. Une bonne nouvelle à retardement donc pour les 6,7 millions de personnes menstruées concernées selon l'Assurance maladie, soit près de 10 % de la population française. (…)

Source :Le Parisien, 30 septembre 2026
Etiqe :Illégal
Contenu :
À la suite de la grève dans la fonction publique mardi 29 septembre, suivie par 5 % à 10 % d’agents du secteur public, la commune de Saint-Denis s’est engagée « à rémunérer les grévistes », par un vœu « de soutien à l’intersyndicale » adopté à l’unanimité par le conseil municipal. Le maire, Bally Bagayoko, dit accepter le risque d’une censure. Le préfet de la Seine-Saint-Denis annonce qu’il saisira le tribunal administratif si la mesure est appliquée.
Ce n’est pas nouveau : en janvier 2023, René Révol, maire LFI de Grabels, affirmait déjà être « parfaitement en droit » de payer ses grévistes, à tort.
La règle du service fait interdit de payer une journée de grève
Le code général de la fonction publique pose un principe clair : la rémunération des agents publics n’a lieu qu’après constatation de ce qu’on appelle le « service fait » (art. L. 711-1). Selon l’article L. 711-2, le service n’est pas fait lorsque l’agent public s’abstient d’effectuer tout ou partie de ses heures de service, ou lorsque, tout en les effectuant, il n’exécute pas tout ou partie de ses obligations de service.
Un gréviste se trouve exactement dans la première situation. Le payer revient à rémunérer un service qui n’a pas été accompli. Dans la fonction publique territoriale, la retenue est proportionnelle à la durée de la grève.
La libre administration des collectivités territoriales ne permet pas le financement d’une grève
À Grabels, le maire invoquait l’article 72 de la Constitution, qui prévoit que les collectivités s’administrent librement. Or la libre administration des collectivités s’exerce « dans les conditions prévues par la loi », et la règle du service fait est justement législative. Elle s’exerce aussi dans le respect du principe d’égalité, issu de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et de son corollaire, la neutralité du service public.
La jurisprudence est constante. En 1990, le Conseil d’État a annulé la délibération de Champigny-sur-Marne qui créait un fonds de solidarité en faveur du personnel communal en grève. Il a jugé qu’il n’appartient pas au conseil municipal d’intervenir dans un conflit collectif du travail en apportant son soutien financier à l’une des parties.
Même solution pour les subventions votées par plusieurs communes des Bouches-du-Rhône à une association de soutien aux cheminots grévistes. Seules les aides à finalité sociale versées directement aux familles sont admises, comme la gratuité de la cantine scolaire pour les enfants de grévistes.
Saint-Denis a d’ailleurs déjà été concernée. En 2008, le tribunal administratif a rappelé qu’un tel soutien n’est légal que s’il poursuit des fins exclusivement sociales, s’il ne constitue pas une intervention dans un conflit collectif et va directement aux familles.
D’autant que payer les agents grévistes crée une inégalité entre les agents. Ceux qui ont travaillé le 29 septembre, notamment pour assurer la continuité des services publics, recevraient le même traitement que ceux qui ont cessé le travail.
Un vœu sans effet juridique, mais une mise en œuvre attaquable
En lui-même, le vœu du conseil municipal n’a pas de portée juridique contraignante. En conséquence, le comptable public, censé vérifier que le service a bien été fait avant tout paiement, n’en tiendra pas compte et devra donc refuser de payer. Tout acte contraire est illégal et pourra être déféré au tribunal administratif.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Saint-Pierre-la-Garenne (Eure), 2009. Les manifestant·es passeront à proximité du site de Syngenta, samedi. © Francis Cormon/Hemis via AFP
Cette marche pourrait être l’une des «mobilisations majeures de la rentrée», selon Thomas Gibert, porte-parole du syndicat agricole Confédération paysanne. Ce samedi 3 octobre, son organisation appelle, aux côtés de Cancer colère, du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest (CSVPO) et des Soulèvements de la Terre, à manifester à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure) «pour dénoncer les ravages de l’industrie agrochimique».
Le lieu n’a pas été choisi au hasard : la commune normande abrite l’un des sites de fabrication de pesticides de Syngenta. Peu connu du grand public, ce géant de l’agrochimie présent dans 90 pays et dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 28,4 milliards de dollars (25,3 milliards d’euros) en 2025 est pourtant le premier vendeur mondial de pesticides, devant Bayer (qui a racheté Monsanto en 2018). «Nous souhaitons obtenir la mise à l’arrêt de ce site majeur, emblématique de l’impunité dont bénéficient les multinationales qui nous empoisonnent», insistent les organisateur·ices de la marche. Mais qui est vraiment Syngenta, cet industriel d’origine suisse, racheté par le groupe chinois ChemChina en 2017 et qui emploie 28 000 salarié·es dans le monde entier ? Quels pesticides commercialise-t-il et dans quels scandales est-il impliqué ? Tour d’horizon.
Produire des pesticides très dangereux et les exporter à l’autre bout de la planèteProduire des pesticides dangereux interdits en Europe, pour les exporter vers des pays à revenus faibles ou intermédiaires, où leur usage est encore autorisé. Cette pratique, que la géographe brésilienne Larissa Mies Bombardi a théorisée sous le nom de «colonialisme chimique», rapporte gros à Syngenta.
En 2019, après avoir enquêté plusieurs mois sur le marché des pesticides, l’ONG Public Eye a montré que le géant de l’agrochimie avait engrangé en 2017 quelque 3,9 milliards de dollars (environ 3,5 milliards d’euros) grâce à la vente de pesticides «extrêmement dangereux», selon une classification de l’ONG PAN Europe. Cela représentait plus de 40% de ses ventes cette année-là et environ 400 000 tonnes de substances.
Le Brésil était son premier marché, mais l’entreprise vendait également ses pesticides à l’Argentine, à la Chine, au Paraguay, au Mexique, à l’Inde, au Vietnam, aux Philippines, à l’Équateur, à la Colombie, au Kenya et au Ghana.
En 2025, au Brésil, 9 729 victimes d’intoxications aux pesticides ont été dénombrées, le pire bilan depuis 2015, selon les données du ministère de la santé, analysées par le média local Repórter Brasil. Sans que ces chiffres puissent être attribués aux seuls produits de Syngenta, ils illustrent les conséquences sanitaires de l’exposition croissante aux pesticides dans le pays.
Pollution des eaux souterraines à proximité de son usine normandeIl n’y a pas que les sols brésiliens que Syngenta contamine. La Normandie subit aussi les ravages de la firme. C’est ce qu’a révélé, en février 2025, l’émission d’investigation «Vert de Rage», sur France 5, en partenariat avec les ONG Public Eye et Unearthed.
Après avoir effectué des prélèvements dans les nappes souterraines autour de l’usine de Saint-Pierre-la-Garenne (Eure), l’équipe composée de journalistes, activistes et chercheur·ses a détecté la présence de six pesticides interdits.
Parmi eux, le thiaméthoxame, un insecticide interdit depuis 2018 en France pour sa toxicité, retrouvé à une concentration supérieure de près de 50% à la norme de qualité de l’eau. Mais aussi des résidus d’atrazine, un herbicide interdit depuis 2004. Contactée à l’époque par Le Monde, Syngenta avait indiqué «avoir connaissance depuis 2003 de la présence de résidus de substances actives dans les sols du site normand et mettre en œuvre des actions pour réduire leurs concentrations dans les eaux souterraines».
Dissimulation de preuves sur les dangers du ParaquatUne simple cuillère de cette substance suffit à provoquer la mort. Le Paraquat, puissant herbicide commercialisé par Syngenta depuis les années 1970, interdit en Europe depuis 2007, donne du fil à retordre à la firme.
Non pas à cause des suicides auxquels le paraquat a servi depuis sa commercialisation. Mais parce qu’il est fortement soupçonné d’être associé à la maladie de Parkinson. Aux États-Unis, l’un des rares pays où la substance est encore autorisée, l’incidence de la maladie augmente continuellement. Et des milliers de personnes atteintes sont engagées dans des procès contre la firme, attribuant leur maladie à une exposition prolongée à la substance.
Syngenta a toujours maintenu qu’aucun lien de causalité n’était établi scientifiquement entre le paraquat et cette maladie. Notamment, selon ses explications, parce que la substance «ne franchit pas facilement la barrière hématoencéphalique, et donc n’affecte pas les cellules cérébrales». Une affirmation à apprécier, toutefois, à la lumière des révélations du Guardian en 2022.
Après avoir analysé des documents internes à l’entreprise, le quotidien britannique a montré, en partenariat avec le média d’investigation The New Lede, que Syngenta avait connaissance, au moins depuis les années 1960 et 1970, de la toxicité de son insecticide phare sur le système nerveux central. Des données que le géant de la chimie s’est toujours gardé de transmettre aux autorités de réglementation, tout en mettant en doute la validité de résultats similaires publiés par des scientifiques indépendants.
Pourquoi une telle dissimulation de preuves ? «Un document de Syngenta daté de 2003 présente le paraquat comme un “produit phare” qui doit être défendu “vigoureusement” afin de protéger des ventes mondiales annuelles estimées à plus de 400 millions de dollars», soit près de 356 millions d’euros, expliquaient à l’époque les deux journalistes à l’origine des révélations.
Soupçons d’activité illégale en Cisjordanie occupéeQuel rôle joue aujourd’hui Syngenta dans la colonisation de la Cisjordanie par Israël ? Peu d’informations publiques sont disponibles sur le sujet. Mais le 30 septembre dernier, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a publié une liste de 61 entreprises opérant sur les terres coloniales de Cisjordanie, et dont l’activité est considérée comme illégale. Parmi elles : l’agence de voyage Expedia, Airbnb, mais surtout Adama, un fabricant israélien de pesticides, membre du groupe… Syngenta.
Les raisons qui justifient cette inscription n’ont pas été précisées par le Haut-Commissariat des Nations unies, car «confidentielles», d’après Reuters. Des travaux du centre de recherche israélien Who profits, en 2020, ont toutefois fait la lumière sur les nombreuses expérimentations de pesticides menées à l’époque par la firme dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée, et dans le Golan syrien occupé. Ces tests visaient notamment à évaluer la toxicité de l’un de ses «nématicides» – des substances qui détruisent les nématodes, de petits vers du sol qui s’attaquent aux racines des plantes.
Son ancien patron appelait à abandonner l’agriculture biologiqueQuelle solution pour faire face à la menace d’une crise alimentaire mondiale ? «Abandonner l’agriculture biologique.» Voilà une couleuvre que l’ancien patron de Syngenta, Erik Fyrwald, aurait bien voulu nous faire avaler. Sa saillie remonte au 8 mai 2022, dans une interview accordée au média suisse NZZ.
Celui qui était à l’époque à la tête de cet empire de l’agrochimie affirmait que «les rendements de l’agriculture biologique [pouvaient] être jusqu’à 50% inférieurs, selon les produits», et que «la conséquence indirecte [est] que des gens meurent de faim en Afrique». D’après lui, le bio «nuit au climat», car la pratique nécessiterait un labour important, ce qui émet du dioxyde de carbone (CO2).
Des allégations contredites par la science, qui a démontré que l’agriculture sans pesticides était en mesure de nourrir l’humanité – notamment dans une récente étude de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Et qu’à l’inverse, l’agriculture conventionnelle, en recourant massivement aux engrais azotés, contribuait à aggraver la crise climatique.
Son produit phare, l’atrazine, contamine les cours d’eau aux États-UnisC’est une substance interdite en Europe depuis 2004, mais toujours massivement épandue aux États-Unis. L’atrazine, l’un des herbicides phares de Syngenta, contamine près d’un quart des cours d’eau des États-Unis à des concentrations susceptibles de nuire à la faune et de menacer la santé humaine. C’est ce qu’a révélé, le 28 septembre, une analyse des données fédérales réalisée par le Center for biological diversity.
Cette pollution, désormais diffuse dans le pays, aurait-elle pu être évitée ? Les effets toxiques de l’atrazine, principalement utilisée sur le maïs, la canne à sucre et le sorgho, sont documentés depuis près de vingt ans. Dès les années 2000, des travaux ont mis en évidence ses effets de perturbation endocrinienne et ses impacts sur la reproduction des amphibiens. Chez l’humain, plusieurs études ont associé l’exposition à l’atrazine à des troubles du développement du fœtus et de la reproduction. En novembre 2025, le Centre international de recherche sur le cancer l’a classée comme «probablement cancérogène pour l’Homme».
Malgré ce faisceau de preuves, Syngenta continue de la commercialiser. Le marché étatsunien est très lucratif pour la firme : l’atrazine reste le deuxième pesticide le plus utilisé dans le pays, avec près de 32 000 tonnes épandues chaque année sur les terres agricoles locales, selon le Guardian.


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