Alors qu'Israël occupe de larges pans du Sud-Liban, des villages se retrouvent coupés du monde, d'autres rasés, leurs champs et vergers brûlés. Pendant que des agriculteurs bravent le danger en restant, la majorité ont été contraints à l'exil.
Beyrouth (correspondance)
Un drapeau israélien flotte à Naqoura, en plein territoire libanais, devant la Méditerranée qui brille dans le soleil de juillet. La route côtière, entourée de bananeraies retournées par les chenilles de tanks, est barrée (…)
Gwendal Le Ménahèze a rénové sa maison avec des matériaux naturels, écologiques et énergétiquement performants. Deux ans et demi de travaux, entre récupération, entraide et bons plans, pour une adaptation réussie aux fortes chaleurs.
Cordemais (Loire-Atlantique), reportage
Dans la campagne de Cordemais, à 25 minutes de voiture au nord de Nantes, une charmante maison bardée de bois aux reflets argentés trône dans un écrin de verdure. Vue de l'extérieur, son style moderne et ses grandes (…)
Sol granitique qui stocke peu l'eau, bâti inadapté... Longtemps considérée comme un territoire refuge, la Bretagne se trouve aujourd'hui particulièrement peu préparée aux effets du réchauffement climatique.
Des records de températures battus, avec 42 °C à Vannes (Morbihan), 41 °C à Rennes (Ille-et-Vilaine), 39 °C à Brest et à Quimper (Finistère). Un transformateur qui explose avec la chaleur, privant 68 000 foyers d'électricité et entraînant le débordement de stations d'épuration, qui (…)
Sol granitique qui stocke peu l'eau, bâti inadapté... Longtemps considérée comme un territoire refuge, la Bretagne se trouve aujourd'hui particulièrement peu préparée aux effets du réchauffement climatique.
Des records de températures battus, avec 42 °C à Vannes (Morbihan), 41 °C à Rennes (Ille-et-Vilaine), 39 °C à Brest et à Quimper (Finistère). Un transformateur qui explose avec la chaleur, privant 68 000 foyers d'électricité et entraînant le débordement de stations d'épuration, qui (…)
Une plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « non-assistance à personne en péril » a été déposée en février 2026 par la famille d'une ex-résidente de l'Ehpad de Combourg (35). Une affaire qui entache un peu plus la réputation de cet établissement, déjà épinglé par l'agence régionale de santé en 2023.
L’article À l’Ehpad de Combourg, en Ille-et-Vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
« Cette autorisation est une décision irresponsable. Alors que la Gironde brûle et manque d'eau, la Préfète ignore les avis défavorables de l’ensemble des instances scientifiques compétentes et méprise les demandes de dialogue des élus et professionnels locaux. C’est un fiasco, une catastrophe annoncée pour l’estuaire », dénonce Esther Dufaure, co-fondatrice et co-directrice de Seastemik
Cet article En pleine crise de l’eau, la Préfète de Gironde autorise une méga-usine de saumons est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Des militants du collectif Lever les voiles mènent depuis le début du mois d'août une campagne de tractage dans le Finistère pour informer sur les dangers du groupe Bolloré, dont les médias diffusent une idéologie d'extrême droite.
Fouesnant (Finistère), reportage
À l'entrée de la cale de Beg-Meil, située à Fouesnant (Finistère), Cathy et Morgan distribuent des prospectus aux passants. De prime abord, la première page du document laisse croire à un flyer touristique somme toute (…)
« Alors que l'ouverture générale de la chasse approche, maintenir cette activité de loisir reviendrait à imposer un stress supplémentaire insupportable à une faune déjà exsangue. »
Cet article 400 000 personnes veulent interdire la chasse dans les zones incendiées est apparu en premier sur La Relève et La Peste.

Source :Compte Facebook, le 2 août 2026
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Contenu :
Les « free party », ou rave-parties non déclarées, sont devenus ces derniers mois l’obsession du ministère de l’Intérieur, sous l’impulsion de Bruno Retailleau et de son successeur Laurent Nuñez. Le gouvernement cherche à tout prix à mettre fin à ces fêtes sauvages, mettant en avant les problématiques de sécurité publique et d’occupation des terrains agricoles. C’est un des objectifs de la loi RIPOST, actuellement examinée par le Conseil constitutionnel, qui doit élargir l’arsenal répressif contre organisateurs et participants.
Devenu un phénomène de société, ces free parties divisent, et chaque événement devient une occasion pour défenseurs et détracteurs de s’écharper sur les réseaux sociaux. Dernier épisode en date, ce samedi 1er août, où près de 2 000 fêtards se sont regroupés sur deux terrains agricoles privés dans les Deux-Sèvres. Poussés à la sortie par une cinquantaine d’agriculteurs venus soutenir leurs collègues, les teufeurs ont dénoncé des « agressions », « menaces », et même des « tabassages » à proximité des forces de l’ordre.
Suite à la médiatisation de cet événement, une vidéo circule en masse sur les réseaux sociaux, prétendant montrer l’expulsion par un agriculteur de ces teufeurs. C’est en réalité une ancienne vidéo, republiée presque systématiquement par des internautes à chaque nouvelle fête polémique.
Une vidéo d’outre-Manche
On peut voir sur cette vidéo un agriculteur, au volant de son tracteur, répandre ce qui semble être du lisier autour d’une installation de fortune comprenant quelques tonnelles. Des individus tentent d’éviter les manœuvres du conducteur.
Comme à chaque republication de sa vidéo, les internautes se félicitent de l’action de l’exploitant : « Voilà. Simple, efficace et peu coûteux ! À refaire chaque fois qu’une rave party veut s’installer ! »
Mais contrairement à ce que martèlent les opposants des free parties, cet épandage n’a rien à voir avec l’organisation de fêtes non déclarées sur des terrains privés. Il faut remonter à 2016 pour trouver la source de cette vidéo, tournée à Lancashire, au Royaume-Uni.
Le 27 avril de cette année-là, l’association de protection de l’environnement Greenpeace, accompagnée notamment de l’actrice Emma Thompson, organisait une opération d’occupation d’un terrain agricole destiné à l’exploitation d’hydrocarbures par « fracking » ou « fracturation hydraulique », une technique d’exploitation du gaz de schiste responsable de la pollution des nappes phréatiques et de l’air environnant. Une parodie de l’émission de cuisine « Le meilleur pâtissier » était organisée sur place, ce qui explique les différentes tonnelles visibles sur la vidéo. L’association environnementale n’avait, selon la BBC, pas le droit d’occuper ces terrains et l’agriculteur propriétaire du terrain avait tourné autour de l’événement en aspergeant les manifestants de lisier. L’événement a été médiatisé outre-Manche (ici ou ici) et plusieurs angles de vue de la vidéo ont été postés (ici ou ici).
Cette vidéo postée régulièrement pour se moquer des fêtards est donc ancienne, et n’a rien à voir avec le phénomène des fêtes non déclarées.
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste
L’article Attention à ces vidéos détournées d’agriculteurs s’attaquant à des free-party est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Un an après l'incendie des Corbières, dans l'Aude, ce drame continue de hanter le monde paysan. Mais il a aussi permis de renforcer les liens et d'engager une réflexion globale sur l'avenir du territoire.
Fontjoncouse (Aude), reportage
En arpentant la piste forestière qui mène jusqu'à l'exploitation d'Emmanuelle Bernier, sur les hauteurs de Fontjoncouse, les traces du feu du 5 août 2025 sont partout. Certains arbres, noircis par les flammes, ont été abattus et s'amoncellent le long du (…)
Un an après l'incendie des Corbières, dans l'Aude, ce drame continue de hanter le monde paysan. Mais il a aussi permis de renforcer les liens et d'engager une réflexion globale sur l'avenir du territoire.
Fontjoncouse (Aude), reportage
En arpentant la piste forestière qui mène jusqu'à l'exploitation d'Emmanuelle Bernier, sur les hauteurs de Fontjoncouse, les traces du feu du 5 août 2025 sont partout. Certains arbres, noircis par les flammes, ont été abattus et s'amoncellent le long du (…)
Un an après l'incendie des Corbières, dans l'Aude, ce drame continue de hanter le monde paysan. Mais il a aussi permis de renforcer les liens et d'engager une réflexion globale sur l'avenir du territoire.
Fontjoncouse (Aude), reportage
En arpentant la piste forestière qui mène jusqu'à l'exploitation d'Emmanuelle Bernier, sur les hauteurs de Fontjoncouse, les traces du feu du 5 août 2025 sont partout. Certains arbres, noircis par les flammes, ont été abattus et s'amoncellent le long du (…)
À l'heure où les chaleurs de l'été ont déjà provoqué près de 6 000 morts en France, les compagnies pétrolières responsables du dérèglement climatique ont encore vu leurs profits exploser. Les huit plus gros producteurs de pétrole ont réalisé 93 milliards de dollars de bénéfices d'avril à juin selon une analyse du Guardian.
Les données du quotidien britannique indiquent que les compagnies pétrolières Aramco, BP, Shell, Equinor, TotalEnergies, Eni, Chevron et ExxonMobil ont réalisé plus de (…)
En janvier 2026, l’opposition aux fermes à saumons a rassemblé des associations de tous bord, des organisations de pêche et nombre de riverain·es. © Cyril Nahon
C’est «une usine qui va menacer la ressource en eau alors que le territoire subit déjà un stress hydrique», dénonce la porte-parole de l’ONG Seastemik, Esther Dufaure, auprès de France 3. L’implantation d’une mégaferme à saumons en Gironde, d’une ampleur inédite en France avec jusqu’à 10 000 tonnes produites par an, a été autorisée le 3 août par l’État «dans un cadre environnemental strict» alors que des habitant·es, des ONG et des parlementaires s’opposent à son installation.
Ce projet de 280 millions d’euros porté par la filiale française de la société Pure Salmon, financée par un fonds d’investissement singapourien, «présente un grand intérêt économique et industriel pour le territoire», a justifié mardi la préfète de la Gironde, Sophie Brocas. Cette usine terrestre d’élevage de saumons, en circuit fermé, doit être construite sur 14 hectares au Verdon-sur-Mer, au bout de l’estuaire de la Gironde, à partir de 2027.
Une décision qui provoque la colère des associations. La ferme à saumons aurait besoin de prélèvements d’eau très importants, jusqu’à 6 500 m3 par jour pour ce projet. Un chiffre qui interloque, d’autant plus dans le contexte actuel de sécheresse qui a participé à alimenter les incendies historiques subis par le département.
Dès 2025, 27 ONG ont dénoncé, dans un Appel pour l’océan, un projet «complètement démesuré» qui menacerait l’écosystème du «plus grand et plus sauvage estuaire» d’Europe, avec des rejets de boues au détriment de la pêche et de la culture de coquillages. Les professionnel·les s’inquiètent des risques pour leurs ressources. «Il y aura forcément un déséquilibre environnemental», s’indigne Philippe Morandeau, éleveur d’huîtres sur l’île d’Oléron au micro de France 3.
Alors que la pisciculture marine française ne représentait en 2024 que 5 807 tonnes de poissons, toutes espèces confondues, d’après les chiffres officiels, le projet girondin et ses 10 000 tonnes de saumons par an deviendra le plus important de toute l’Union européenne, selon Pure Salmon. Toutefois, des productions atteignent 12 000 t/an en Norvège, précise l’entreprise.
Pour la préfète, l’installation de la mégaferme «répond à plusieurs enjeux d’intérêt général : la reconversion d’une friche industrialo-portuaire à la pointe du Médoc, la création de 250 emplois directs et la production sur le territoire national du poisson le plus consommé par les Français, et actuellement importé à 99%.»
L’autorisation environnementale «est assortie de prescriptions environnementales particulièrement exigeantes qui encadreront aussi bien la phase de travaux que l’exploitation de l’installation» et feront l’objet d’un «contrôle permanent», tente de rassurer la représentante de l’État.
Elle cite notamment «la protection des ressources en eau et des milieux aquatiques», «la qualité des rejets aqueux dans le milieu naturel», «la préservation de la biodiversité et des espèces protégées» ou encore «la gestion des odeurs et limitation des émissions lumineuses».
Jugeant les risques environnementaux trop importants, plusieurs centaines d’opposant·es ont manifesté en janvier dernier et en décembre 2025 sur le lieu d’implantation. Et l’enquête publique a enregistré plus de 20 000 contributions, défavorables dans leur quasi-totalité. Durant celle-ci, la commission locale de l’eau, le Bureau des ressources géogologiques et minières (BRGM) et le conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde, également opposés au projet, avaient pointé un déficit d’information derrière les «affirmations rassurantes». Alors que le projet est situé dans un espace naturel protégé, la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) a déploré le manque de quantification précise des rejets d’azote et de phosphore dans les eaux.
Malgré cette importante mobilisation, la commission d’enquête publique a rendu un avis favorable en mars, comme le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) il y a un mois.
Une proposition de loi soutenue par une centaine de député·es allant de La France insoumise (LFI) aux Républicains réclame un moratoire de dix ans sur ces fermes-usines de saumons. Déposée en mars 2025, elle n’a pas encore été examinée à l’Assemblée nationale.
La société Pure Salmon assure que sa «technologie éprouvée» garantit «un impact maîtrisé sur la biodiversité». La méthode utilisée est fondée sur un système de recirculation d’eau, «RAS» (pour recirculating aquaculture systems). Cela signifie que l’eau est toujours en mouvement, filtrée, traitée et réutilisée. Elle est «adoptée par de plus en plus de pays producteurs de poissons et reconnue comme étant la plus vertueuse quant aux volumes d’eaux nécessaires au fonctionnement de ce type d’installation», assure la préfecture.
«De l’enfumage», balaient les opposant·es, qui annoncent qu’une dizaine d’ONG dont Seastemik et L214 vont déposer prochainement un recours contentieux devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux. Si les principes de l’aquaculture en recirculation «sont aujourd’hui bien établis», des projets de cette taille constituent «un changement d’échelle» avec encore peu de «références opérationnelles» dans le monde, pointait l’Ifremer dans une note publiée en mars.
«Pure Salmon reconnaît les capacités sensorielles des poissons dans son dossier technique mais prévoit des densités très élevées (60 à 70 kg/m3) incompatibles avec les besoins du saumon atlantique, une espèce migratrice vivant en milieu ouvert», souligne l’association de lutte pour le bien-être animal L214. Selon celle-ci, «chaque individu aura seulement l’équivalent d’une demi baignoire».
Pure Salmon, de son côté défend ses bonnes intentions, affirmant que «le bien-être animal est au cœur du projet» et que l’approvisionnement de la ferme obéit à des «normes strictes», assurant aux saumons une alimentation «responsable et traçable».
Le projet divise également au sein du gouvernement. La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, s’y était opposée «à titre personnel» lors d’une audition au Sénat en avril. «Il n’y a aucune raison qu’il ne se fasse pas», avait répondu son collègue de l’industrie, Sébastien Martin, lors d’un déplacement en juin en Gironde.
Vantés sur les réseaux sociaux, des compléments alimentaires en vitamine D pour bébés peuvent faire courir des dangers d'atteintes rénales en cas de surdosage. Un produit de la marque Nateos, estampillée naturelle, a fait l'objet d'un rappel.
« Pourquoi ce produit est-il dangereux ? Motif de rappel : teneur en vitamine D supérieure à la valeur indiquée » : l'alerte sur le complément alimentaire Gouttes de soleil commercialisé par Nateos est tombée le 11 mai et a paniqué les parents qui en (…)
La seule centrale nucléaire de Hongrie étant presque à l'arrêt à cause de la sécheresse, le pays a dû réduire sa consommation d'électricité. Mis à contribution, particuliers et grandes entreprises parviennent pour l'instant à affronter la crise.
En quelques jours, la Hongrie s'est improvisée laboratoire grandeur nature de la sobriété électrique. Pas par amour soudain de la décroissance, mais parce que le Danube, épuisé par la sécheresse, ne fournit presque plus assez d'eau pour refroidir (…)
[Ces précurseuses écolos et féministes 3/5] George Sand, autrice aux plus de 70 romans, est connue pour ses combats humanistes et féministes. Mais elle se passionnait surtout pour la nature, notamment dans son domaine du Berry, que Reporterre a visité.
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Depuis l'époque de la romancière, rien ou presque n'a changé. Entre un jardin de cèdres et de chênes, non loin d'une roseraie qui fut son endroit préféré et de l'ancien potager qui la nourrissait, l'ancienne (…)
L’Allemagne veut atteindre la neutralité carbone en 2045, mais carbure toujours au charbon. Une valse des contraires, symptomatique de nos renoncements écologiques, captée froidement par le photographe Ingmar Björn Nolting.
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Les 30 et 31 juillet, quelque 72 000 personnes ont rejoint Ceuta depuis le Maroc, principalement par la mer. Si près de 70 000 d’entre elles sont depuis retournées au Maroc, des milliers de personnes restent dans l’enclave espagnole, sans solution d’hébergement et dans l’espoir de gagner le continent européen. Reportage.
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Source :Le Monde, le 20 juillet 2026
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L’adoption de ce texte controversé aura conduit à la démission – non acceptée – de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, ce 22 juillet 2026. Pour la ministre, opposée au texte et sans soutien visible au sein de son gouvernement, il s’agit d’un « recul environnemental ». Si elle évoque, en priorité, la réintroduction d’un pesticide interdit depuis 2020, la ministre avait précédemment dit regretter un texte déséquilibré concernant le partage de l’eau.
Elle est loin d’être la seule à s’inquiéter de cet aspect de la loi. Dans une tribune dans Le Monde le 20 juillet, une spécialiste des politiques agricoles justifiait les craintes que provoque ce texte, car il consacrerait « la primauté absolue des usages agricoles de l’eau sur les besoins des autres usagers ». D’autres personnes ont mis en avant cette apparente priorité aux usages agricoles, comme le pointe du doigt une hydrologue, sur France Info, le 17 juillet 2026. « Ce projet de loi d’urgence agricole, il dit que les usages agricoles sont prioritaires devant tout le reste », assure-t-elle.
S’il est vrai que cette loi d’urgence agricole modifie les processus de gouvernance de l’eau et permet plus de dérogations pour les agriculteurs et agricultrices concernant le stockage de l’eau, la loi n’instaure pas, juridiquement parlant, une priorité pour les usages agricoles.
Désormais, la vie biologique ne prévaudra pas sur l’activité économique agricole
Le chapitre Ier du troisième titre de la loi entend « développer et sécuriser le stockage de l’eau pour les agriculteurs et l’ensemble des usagers ». Dans ces articles, il n’est pas fait mention d’une « primauté » ou « priorité », à proprement parler.
Le premier article modifie toutefois le code de l’environnement en inscrivant un principe de non-priorité. L’article L. 211-1 de ce code dispose que la gestion équilibrée de l’eau doit permettre de satisfaire des exigences, mais aussi de satisfaire ou concilier différents usages et liste les exigences dans cet ordre : de la vie biologique, du libre écoulement des eaux et enfin de l’agriculture.
S’il n’y avait pas à proprement parler de hiérarchie dans la loi, implicitement, une hiérarchie des exigences et donc des usages était faite par leur place dans le texte. Ce que fait la loi d’urgence agricole, c’est précisément d’inscrire dans le marbre qu’il n’y a pas de hiérarchie. « Les exigences mentionnées aux 1° à 3° du présent II sont conciliées, sans qu’aucune d’entre elles prévale, par principe, sur les autres. » Juridiquement, cela ne change pas grand-chose, mais symboliquement, il s’agit de mettre sur un même plan les activités économiques et la santé du vivant.
Dans ce même article de la loi d’urgence agricole, un objectif est inscrit : « l’État se fixe comme objectif le doublement des volumes de stockage d’eau pour les usages agricoles d’ici à 2035″. Cet objectif dans une loi ordinaire donne un tempo clairement favorable aux agriculteurs, mais ne lie pas vraiment l’État car il n’a pas de valeur contraignante.
Un principe de non-régression agricole introduit dans la loi, puis supprimé
Il faut dire que cet article de la loi était beaucoup plus étoffé après son introduction par le Sénat. Lorsque les sénateurs l’ont ajouté, un paragraphe introduisait une réelle priorité pour les usages agricoles. « Cette gestion [équilibrée et durable de la ressource en eau, ndlr] est mise en œuvre dans le respect du principe de non‑régression agricole, entendu comme la préservation des conditions nécessaires à l’atteinte de l’objectif de souveraineté alimentaire », précisait l’article.
Très critiqué par certains parlementaires qui y voyaient la porte ouverte à un « accaparement de l’eau » par une minorité d’agriculteurs. Cet article controversé sur la non-régression, dans lequel la ministre de la Transition écologique voyait bel et bien une « priorité » donnée à l’usage agricole de l’eau au détriment, par exemple de « l’eau potable et la sécurité civile », sera finalement supprimé en commission mixte paritaire.
S’il n’existe plus, la loi va dans le sens d’une facilitation de l’accès à la ressource en eau, notamment via la possibilité de stocker l’eau.
Le préfet peut passer outre une partie de la démocratie locale de l’eau
Pour bien comprendre, il faut revenir sur la manière dont s’opère le partage de l’eau sur le territoire français. Depuis des dizaines d’années, une « démocratie de l’eau » a été mise en place pour répartir au mieux la ressource entre les usagers. Sur chaque bassin, il existe des SDAGE (schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau) institués par la loi sur l’eau de 1992, et leurs déclinaisons locales, les SAGE.
Ces SAGE définissent à l’échelle locale le partage de la ressource en eau entre usagers, qu’ils soient agriculteurs, industriels ou particuliers. Ils sont mis au point par les commissions locales de l’eau (CLE), dont la composition est définie par le code de l’environnement (art. R. 212-30 et suiv.). On y trouve des représentants des usagers, dont les agriculteurs, mais aussi des représentants des collectivités territoriales ou des établissements, tels que les parcs nationaux. L’équilibre des représentations au sein de cette CLE est donc essentiel, puisque c’est en son sein que se définit le partage de l’eau à l’échelle locale.
Or, la composition des CLE a, précisément, été repensée pour donner plus de place aux agriculteurs au détriment des représentants des autres usagers. Un tiers des sièges reviennent désormais aux agriculteurs. De plus, la loi crée au sein des CLE une commission technique chargée d’instruire les questions relatives aux usages agricoles de l’eau sera spécifiquement mise en place.
Or, la composition des CLE a, précisément, été repensée pour donner plus de place aux agriculteurs au détriment des représentants des autres usagers. Un tiers des sièges reviennent désormais aux agriculteurs. De plus, la loi crée au sein des CLE une commission technique chargée d’instruire les questions relatives aux usages agricoles de l’eau sera spécifiquement mise en place.
Autre contournement de la démocratie locale de l’eau, pour réaliser des retenues d’eau – les fameuses bassines – il faut, depuis 2015, présenter un projet de gestion de l’eau (PTGE) dont le cadre est constitué par la commission locale de l’eau, mais aussi d’autres personnes intéressées et non-membres de la CLE : si les personnes désignées relèvent du monde agricole, là encore, le partage de l’eau ne sera plus assuré de manière impartiale.
À cela s’ajoute que la loi d’urgence agricole donne plus de pouvoir au préfet. Il peut désormais autoriser un PTGE qui ne respecte pas les volumes d’eau du SAGE (à l’échelle locale donc), même s’il doit toujours respecter ceux – plus larges – du SDAGE. Le préfet peut donc passer outre la démocratie locale.
Or, si le SAGE dégage des volumes d’eau en fonction d’études hydroclimatiques (via les volets Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) et donc des données scientifiques, il n’est pas encore précisé sur quoi seront obligés de se baser les PTGE. Un décret en Conseil d’État devra les fixer.
D’autres aspects affaiblissent cette gestion locale démocratique de l’eau. La loi dispose que, par dérogation pour les projets de stockage de l’eau, la réunion publique nécessaire pour toute autorisation environnementale est remplacée par une simple « permanence organisée par le commissaire enquêteur ou la commission d’enquête ».
Si le volet eau de la loi d’urgence agricole ne consacre donc pas juridiquement la « primauté » des usages agricoles, dans la concrétisation de la loi, le robinet a été déplacé un peu plus vers les mains des agriculteurs dans le but de favoriser le stockage de l’eau vu comme la solution hydrique unique. Et ce, malgré les incertitudes climatiques qui persistent sur cette solution. « Galvanisé par le vote de la loi », un syndicat agricole a d’ailleurs déjà appelé à ne plus respecter les restrictions d’eau.
Auteurs :
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Etienne Merle, journaliste
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Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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La loi d’urgence agricole, votée le 21 juillet, permet au préfet, en cas d’annulation d’une autorisation de prélèvement d’eau, de passer outre la décision de justice et d’autoriser, pour une durée provisoire de trois ans maximum, les prélèvements. Ce mécanisme interroge le principe de séparation des pouvoirs, mais aussi à l’effectivité des recours. Pourrait-il être censuré par le Conseil constitutionnel ?
La loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été votée le 21 juillet, elle doit encore passer devant le Conseil constitutionnel. Nul doute que de nombreux griefs d’inconstitutionnalité seront soulevés contre plusieurs dispositions de cette loi destinée à satisfaire le monde agricole contre l’activisme de certaines organisations de la société civile, et en particulier l’activisme juridique. Ce 4 août, huit ONG de défense de l’environnement et le syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont été dans ce sens et demandé au Conseil constitutionnel de censurer la loi sur plusieurs fondements, et notamment sur le stockage de l’eau.
Il est vrai que le contexte est à l’avalanche de recours devant le juge administratif contre toutes sortes de projets, y compris les infrastructures d’irrigation. De nombreuses annulations en découlent, ce qui est logique lorsque l’autorisation accordée par l’administration est contraire à la loi : l’État ne peut pas édicter des lois de protection de l’environnement du côté du législateur pour faire plaisir à l’opinion, pour ensuite faire violer ces lois du côté de l’exécutif pour faire plaisir à certaines catégories socio-professionnelles, sans que le pouvoir judiciaire réagisse. C’est l’État de droit.
Reste que sous la pression de ces mêmes catégories, cet État de droit est bien malmené : une des dispositions de la loi en cause modifie le code de l’environnement et prévoit que « En cas d’annulation d’une autorisation de prélèvement délivrée à un organisme unique de gestion collective des prélèvements d’eau pour l’irrigation […], l’autorité administrative peut, à titre provisoire et pour une durée maximale de trois ans […] autoriser la poursuite des prélèvements jusqu’à la délivrance d’une nouvelle autorisation, en tenant compte notamment de la nature et de la portée de l’illégalité en cause, des considérations d’ordre économique et social, dont la prévention de pertes irréversibles pour les productions végétales de cycle long, ou de tout autre motif d’intérêt général pouvant justifier la poursuite des prélèvements… ».
En clair : des justiciables obtiennent une décision de justice empêchant un projet de prélèvement d’eau jugé illégal, mais le préfet pourra en quelque sorte suspendre les effets de cette décision de justice par une autorisation « à titre provisoire », mais tout de même pendant trois ans, le temps de rectifier l’autorisation qui a été annulée. Et le prélèvement reprend donc malgré la décision de justice.
Entrave à la séparation des pouvoirs ?
Cet article et quelques autres qui lui sont calqués éveillent un gros soupçon d’inconstitutionnalité, celui d’atteinte au principe de séparation des pouvoirs : ni la loi ni l’exécutif ne peuvent paralyser l’action du juge, sauf, comme le juge lui-même y consent, en cas de risques de graves troubles à l’ordre public. Par une jurisprudence Couitéas de 1923 : le Conseil d’État a admis que l’administration était légitime à refuser d’exécuter un jugement en raison de circonstances exceptionnelles. Cette exception est très encadrée par la CEDH depuis 2005, par le Conseil constitutionnel, et même par la Cour de justice de l’Union européenne, lorsque le fait pour l’administration de ne pas exécuter une décision de justice empêche le droit européen de s’appliquer. Or, bien des autorisations de prélèvement ou de rétention d’eau que le tribunal juge illégales le sont justement en raison d’une violation du droit de l’Union européenne.
Le juge s’en tient au droit parce qu’il y est obligé, et l’administration lui oppose l’ordre public, il y a donc conciliation entre autorité de la chose jugée et objectif constitutionnel de maintien de l’ordre public.
Dans l’affaire Couitéas, les raisons pour lesquelles le juge a admis que l’administration refuse d’exécuter une décision de justice tenaient à un risque de révoltes en Tunisie sous protectorat français, pouvant déboucher sur une quasi-guerre civile. Le juge s’en tient au droit parce qu’il y est obligé, et l’administration lui oppose l’ordre public, il y a donc conciliation entre autorité de la chose jugée et objectif constitutionnel de maintien de l’ordre public. En est-on à ce point lorsque le juge annule une autorisation de prélèvement d’eau ? Rien n’est moins sûr.
Le juge dit « illégal ! », l’administration pourra dire « cause toujours ! »
Ce court-circuitage du juge est d’autant plus flagrant que la loi autorise ni plus ni moins l’administration à remettre en cause le raisonnement du juge. Lorsqu’un juge estime qu’une autorisation administrative de prélèvement d’eau est illégale, il ne le fait pas par dogmatisme, il applique le droit de l’environnement et pèse déjà les conséquences de ses décisions, notamment au regard de la gravité de l’illégalité. Une illégalité purement formelle (de type signature manquante consultation hâtive d’un organisme) peut se régulariser, tandis qu’une illégalité de fond (violation de normes environnementales) ne se rattrape pas.
Or, la loi votée au Parlement autorise le préfet à reprendre tout le raisonnement du juge à l’aune des risques de pertes de récoltes en particulier, au détriment des autres intérêts généraux. Le juge est précisément chargé de mettre en balance tous les intérêts publics et privés, et la loi permet au préfet de balayer tout ce raisonnement. Cela ressemble à une intrusion de l’exécutif dans le judiciaire.
Concrètement, des défenseurs d’une cause en justice obtiennent gain de cause contre une autorisation administrative de prélèvement d’eau à des fins agricoles. Cette autorisation n’existe donc plus, elle est annulée. La loi ne peut pas frontalement autoriser les prélèvements malgré l’annulation, l’entrave à la séparation des pouvoirs serait trop voyante. Alors, elle permet au préfet de délivrer une « autorisation provisoire » le temps de reprendre toute la procédure d’autorisation qui a été annulée par le juge. La décision de justice est respectée en apparence, mais contournée en réalité.
D’autant que cette suspension des effets d’une décision de justice par la délivrance d’une autorisation provisoire de l’autorité peut durer trois ans. En matière de prélèvements d’eau, en trois années, les conséquences peuvent être dramatiques pour l’ensemble des usagers et pour l’environnement.
Entrave à l’effectivité des recours
La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen pose le principe de la garantie des droits (art. 16). Cette garantie se concrétise par le droit au recours en justice, lequel n’est pas remis en cause par la nouvelle loi. Mais le droit au recours, c’est aussi, le droit à l’exécution par l’État des décisions de justice : en termes juridiques, il s’agit du droit à l’effectivité des décisions de justice, ou leur effet utile. À quoi sert d’aller devant un tribunal et pour obtenir gain de cause, si en bout de course l’État ne fait pas respecter le jugement ?
Or, c’est ce qui arrive dans le cas présent lorsque le juge annule pour illégalité une décision du préfet et que le même préfet prend une décision provisoire destinée à se substituer à la décision initiale annulée, pendant trois ans. Ajoutons que la Cour européenne des droits de l’Homme défend également le droit à l’exécution des décisions de justice, depuis 1997.
Le recours toujours possible contre « l’autorisation provisoire »
Certes, et même si la loi ne le dit pas, la délivrance d’autorisation provisoire peut elle-même être attaquée en référé-suspension, car tout acte administratif peut toujours faire l’objet d’un recours en annulation (Dame Lamotte, 1950) et donc d’un référé-suspension. Le juge reprendra alors la main à la demande des associations qui avaient obtenu l’annulation de l’autorisation initiale, pour éventuellement bloquer son bloqueur en suspendant l’autorisation provisoire. Et dans ce cas la loi n’a pas prévu d’autorisation provisoire destinée à court-circuiter l’annulation d’une précédente autorisation provisoire. Il est possible que le Conseil constitutionnel s’accroche à cette possibilité de recours pour admettre la constitutionnalité de cette nouvelle disposition, la justice ne serait pas rendue totalement contournable.
Reste qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a dans ce texte une belle entrave à la séparation des pouvoirs et une intrusion de l’exécutif dans la justice, avec la bénédiction du législateur. Comme le législateur ne peut ni politiquement ni juridiquement revenir sur tous les progrès de la législation environnementale depuis les années 1970, il bidouille.
Auteurs :
Auteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Relecteur : Vincent Doebelin, maître de conférences en droit public, docteur à l’Université de Haute-Alsace
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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Les incendies sévissent de plus en plus au nord : la réserve naturelle de Boschhuizerbergen, dans le sud-est des Pays-Bas, est en proie aux flammes depuis lundi 3 août. Le feu s'est rapidement propagé : de 21 hectares brûlés lundi après-midi, il était déjà passé à une centaine d'hectares mardi, rapporte la NOS, la radio-télévision publique néerlandaise.
Si la cause de l'incendie n'est pas encore établie, sa propagation rapide est liée aux rafales de vent, mais aussi aux températures (…)

Source :Compte Instagram, le 03 août 2026
Etiqe :N’importe quoi
Contenu :
La onzième plaie d’Égypte ? Depuis le début du mois d’août 2026, une vidéo montrant un hélicoptère dispersant une substance dans les airs circule massivement sur les réseaux sociaux. Selon les textes qui l’accompagnent, l’appareil relâche « des millions de moustiques […] au-dessus de plusieurs régions ».
La voix off affirme que ces lâchers auraient pour objectif de « réguler la biodiversité » et de « lutter contre certaines espèces invasives ». Mais l’opération aurait, toujours selon la vidéo, échappé à tout contrôle.
« Ces moustiques relâchés par millions commencent déjà à envahir les zones habitées », peut-on entendre. Ils provoqueraient des « piqûres en masse », au point que certaines personnes ne pourraient plus « ouvrir leurs fenêtres ».
Et d’en conclure, avec une syntaxe approximative : « La justification parle de programme écologique, en réalité, beaucoup y voient une expérience mal contrôlée qui se retourne contre la population […] des riverains demandent des explications claires ».
Cela tombe bien, c’est précisément le rôle des Surligneurs. Alors, expliquons et soyons clairs.
Aucune source
Tout d’abord, aucun des éléments avancés dans la vidéo n’est accompagné d’une source. Le lieu de la scène n’est pas précisé, pas plus que la date ou l’identité de l’organisme qui serait responsable de cette prétendue opération. Les extraits diffusés sont, par ailleurs, de simples images d’illustration qui ne permettent pas, non plus, d’étayer les affirmations avancées.
Aucun média français ne semble par ailleurs avoir fait état d’une invasion de moustiques liée à des lâchers cet été. La presse régionale, généralement en première ligne pour couvrir ce type d’événement, ne rapporte aucun événement comparable.
D’où viennent alors cette vidéo et les informations qui l’accompagnent ? Malgré nos recherches, Les Surligneurs n’ont pas pu déterminer avec certitude le lieu ni la date de la scène filmée. Une chose est néanmoins certaine, la séquence a suscité de nombreuses hypothèses sur le forum Reddit… il y a deux ans. La vidéo ne date certainement pas de cet été.
Malgré le flou qui entoure l’origine de la vidéo, il est clair que la prétendue invasion est fausse.
Des moustiques mâles stériles qui ne piquent pas
Il existe bel et bien des essais de lâchers de moustiques, dont certains sont ponctuellement organisés en France, notamment à La Réunion. Ces opérations visent, justement, à réduire la population de moustiques et non pas à l’augmenter, avec pour ligne de mire : prévenir les maladies.
Comment ça marche ? La technique de lâchers de moustiques stériles consiste à élever en laboratoire un grand nombre de moustiques mâles, puis à les rendre stériles par irradiation avant de les relâcher dans la zone ciblée.
« C’est une technique de contrôle des naissances qui, si elle est appliquée suffisamment longtemps, réduit la population cible de moustiques », résume sur son site le Cirad, l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales qui a mené cette expérimentation aux côtés de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
Les mâles stérilisés s’accouplent avec les femelles sauvages, mais ces accouplements ne produisent pas, ou très peu, de descendants viables. Répétés régulièrement et en nombre suffisant, les lâchers sont censés entraîner une diminution progressive de la population de l’espèce visée.
Contrairement aux femelles, les mâles ne piquent pas les humains. Dans l’expérimentation réalisée à La Réunion, les mâles stériles transportent également une petite quantité de pyriproxyfène, un régulateur de croissance qui empêche les larves d’atteindre le stade adulte.
Autrement dit, les éléments présentés par les internautes sont faux. Les opérations françaises documentées visent à relâcher uniquement des mâles, qui ne piquent pas : elles ne peuvent donc pas, par leur principe même, expliquer des « piqûres en masse ».
Des études prometteuses
Des essais de lâchers de moustiques mâles stériles ont été conduits dès les années 1960 en Floride (États-Unis). La technique a ensuite fait l’objet d’essais dans plusieurs pays, notamment en Italie, tandis que des projets pilotes ont également été développés au Mexique.
En France, des lâchers expérimentaux par drones ont été réalisés en 2021 à La Réunion. Les résultats publiés sont « encourageants » : lors de l’essai mené à Saint-Joseph, les chercheurs ont observé une réduction d’envrion 88 % de la population locale d’Aedes aegypti [espèce de moustique vecteur de la dengue, ndlr], indique l’IRD sur son site internet.« Aujourd’hui, la science n’a pas encore établi avec certitude de lien entre les lâchers de moustiques stériles et la diminution de la propagation de certaines maladies. Les essais réalisés, notamment à La Réunion, doivent justement permettre d’évaluer l’efficacité de ces dispositifs », détaille aux Surligneurs, Frédéric Simard, entomologue à l’IRD.
D’autres municipalités en métropole utilisent cette technique mais pour des raisons différentes : lutter contre la prolifération des moustiques et leurs nuisances. C’est le cas à Toulouse, à Brive-la-Gaillarde, ou encore à Montpellier, avec des résultats salués par les autorités et les habitants, à en croire les articles de presse sur le sujet.
Enfin, les recherches des Surligneurs n’ont permis d’identifier aucun lâcher de moustiques par hélicoptère en France. Et pour cause : « Dans cette vidéo, ce seraient des milliards de moustiques qui seraient relâchés en une seule fois. Or, nous ne sommes pas encore capables de relâcher un tel volume de moustiques. Cette technologie n’existe tout simplement pas, même si de nouvelles méthodes de transport sont en cours de développement », poursuit Frédéric Simard.
« Lorsque des moustiques sont relâchés par drones à quelques mètres seulement au-dessus du sol, les prédateurs, notamment les oiseaux, se ruent sur leurs proies. Très peu de ces moustiques arrivent vivants au sol. Dans la vidéo, l’hélicoptère vole à une altitude très élevée, ce qui ne saurait être une stratégie de lâcher efficace de toute façon. »
Les opérations documentées en France sont réalisées depuis le sol ou à l’aide de drones, notamment à La Réunion. Pour autant, l’utilisation d’un hélicoptère est possible : à Hawaï, aux États-Unis, des moustiques mâles porteurs de la bactérie Wolbachia sont relâchés par hélicoptère au-dessus de forêts montagneuses et difficiles d’accès, afin de réduire les populations de moustiques qui transmettent le parasite responsable du paludisme aviaire. Mais cette opération ne correspond pas aux programmes réalisés en France.
Auteurs :
Auteur : Etienne Merle, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
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