Dans le Val-d'Oise, de nombreux vergers sont arrachés et remplacés par des cultures céréalières. Leur disparition entraîne une réduction de la diversité des habitats, pourtant essentiels à la faune.
Ézanville (Val-d'Oise), reportage
Par la vitre du train qui traverse le nord de Paris, on observe le paysage qui défile. Après Sarcelles, les espaces urbanisés laissent place à de grandes étendues de blé doré alternant avec des champs verts. Nous retrouvons Benoît Huet, représentant de (…)
Par un arrêté du 4 août, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a accordé l'autorisation environnementale au projet très contesté de méga-usine terrestre de saumons, au Verdon-sur-Mer. Ce projet porté par la société Pure Salmon, financé par un fonds d'investissement singapourien, prévoit la construction d'une usine sur 14 hectares au bout de l'estuaire de la Gironde, pour produire 10 000 tonnes de saumons par an.
« Ce projet présente un grand intérêt économique et industriel pour le (…)
Un cervidé fuyant les flammes lors d’un incendie en Californie (États-Unis), en 2018. © Noah Berger/AFP
Chevreuils fuyant les flammes, oisillons asphyxiés, tortues brûlées… La faune sauvage souffre face aux incendies qui ravagent la France cet été. Les feux de forêt, comme ceux de Gironde, ont probablement causé la mort de dizaines de milliers d’animaux, même si un bilan exhaustif reste difficile à estimer.
Devant ce désastre écologique, les appels à interdire la chasse dans les zones sinistrées se multiplient. La pétition «Pas de fusil sur les cendres» lancée sur la plateforme Change.org par Bruno Valentin, un gérant de refuge pour animaux dans le Cantal, a recueilli à ce jour plus de 380 000 signatures.
Le texte appelle notamment à un «moratoire immédiat de la chasse dans nos forêts incendiées» ainsi qu’à la mise en place d’un «périmètre de protection autour des zones brûlées pour permettre aux animaux de trouver refuge dans les parcelles épargnées sans être traqués». Des pétitions similaires ont été déposées sur le site de l’Assemblée nationale, mais sont moins suivies pour le moment.
Dans leur sillage, cinq associations de défense des animaux ont envoyé ce mardi une lettre à la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, lui demandant de suspendre les activités de chasse dans les territoires marqués par des incendies, mais aussi plus largement par la sécheresse ou la canicule. «Il est de votre responsabilité, Madame la Ministre, de faire primer l’intérêt de la nature sur celui d’un loisir, et de décréter sans délai ce moratoire», implore le texte, que Vert a pu consulter.
«On fait comme si le changement climatique n’existait pas, alors qu’il faudrait adapter les dates de chasse en fonction des conditions climatiques»
Les associations ciblent notamment la chasse d’été, autorisée sous conditions pour quelques animaux (chevreuil, sanglier, renard), et appellent à reporter l’ouverture générale de la chasse (qui commence généralement début septembre) «tant que les conditions écologiques restent critiques». «On fait comme si le changement climatique n’existait pas, alors qu’il faudrait adapter les dates de chasse en fonction des conditions climatiques», précise auprès de Vert Richard Holding, de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas).
Face aux critiques, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, a dénoncé fin juillet dans La Dépêche du Midi une proposition «ridicule» et «idéologique d’écolos qui n’y connaissent rien». «On ne va pas aller tirer sur des populations d’animaux s’ils ont été mis à mal par les incendies, on sait juger par nous-mêmes», argue-t-il.
La FNC prône une discussion «au cas par cas avec les préfets concernés […] au sein de chaque territoire communal». Juridiquement, ces derniers peuvent suspendre la chasse sur dix jours renouvelables «en cas de calamité» qui serait «susceptible de provoquer ou de favoriser la destruction du gibier». Plusieurs fédérations départementales se sont déjà prononcées pour des interruptions de chasse dans les zones incendiées, comme dans les Pyrénées-Orientales ou dans le massif du Bois Noir (Hautes-Alpes).
«Ce ne sont pas aux chasseurs de décider, nous demandons à ce que l’État se responsabilise et reprenne le pouvoir pour protéger la faune sauvage», tance Richard Holding. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre, Sébastien Lecornu, ont évoqué des adaptations des calendriers de chasse «au cas par cas, territoire par territoire», et «en lien étroit avec les fédérations départementales des chasseurs».
[Ces précurseuses écolos et féministes 2/5] Longtemps restée dans l'ombre de son mari, Suzanne Césaire a pourtant, dans sa courte carrière littéraire, tracé les lignes d'une identité martiniquaise singulière, ancrée dans son rapport à la terre.
« Toujours et partout, dans les moindres représentations, primat de la plante, la plante piétinée mais vivace, morte, mais renaissante, la plante libre, silencieuse et fière. »
Lorsque Suzanne Césaire trace ces lignes de l'article « Malaise d'une (…)

Source :Compte Facebook, le 2 août 2026
Etiqe :Aucune preuve
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Chaque été, de nombreuses associations caritatives facilitent le départ en vacances de familles aux revenus modestes, par l’intermédiaire d’aides financières, de séjours organisés, ou d’un accompagnement personnalisé.
Ces initiatives ont pour objectif de lutter contre l’exclusion sociale et la souffrance psychologique que subissent ceux qui ne peuvent pas quitter leur foyer. L’Observatoire des inégalités rappelle qu’en 2025, deux millions d’enfants ne sont pas partis en vacances parce que leurs parents n’en avaient pas les moyens financiers.
Dans un reportage publié dimanche sur les réseaux sociaux, la chaîne M6 a choisi de mettre en avant l’action du Secours Catholique, qui a permis d’envoyer en vacances le jeune Yaya et sa famille dans un camping de la région parisienne. On y voit le jeune garçon « enchainer les sauts dans la piscine », sous le regard de ses parents souriants.
Mais un détail va faire bouillir les internautes : la famille de Yaya est musulmane. Un torrent de commentaires racistes pointe alors du doigt un « secours catholique qui profite aux musulmans » ou « aux étrangers » plutôt qu’aux « Français ». Certains assurent même que l’association discrimine les familles « européennes pauvres ».
En réalité, rien ne permet d’affirmer que le Secours Catholique, ou d’autres associations, privilégie les familles musulmanes ou étrangères au détriment d’autres bénéficiaires.
Un fantasme raciste
Face à ce torrent de commentaires racistes, dans les rangs du Secours Catholique, c’est d’abord la stupéfaction qui prime. « On est navrés de ces commentaires qui montrent surtout une méconnaissance du travail de notre association, se désole Damien Delpech, coordinateur des actions vacances de l’association. Même si l’association s’inscrit dans une histoire, elle ne compare ou n’oppose aucune religion. Nos statuts sont très clairs à ce sujet. »
Dans ses statuts, l’association promet d’« apporter partout où le besoin s’en fera sentir, de façon inconditionnelle, tout secours et toute aide, directe ou indirecte, morale ou matérielle, quelles que soient les origines, les opinions philosophiques ou religieuses des personnes. »
Les associations sont d’ailleurs soumises à l’interdiction générale de discrimination inscrite à l’article 225-1 du Code pénal, qui délimite plus de 25 critères de discrimination, dont la religion et l’origine.
Les seules exceptions dans le domaine associatif relèvent des structures dont le public est ciblé, comme par exemple les associations de protection des femmes victimes de violences, qui ont le droit de réserver leur accès seulement aux femmes.
Ce n’est pas le cas du Secours Catholique, dont le cœur d’action est « la charité chrétienne », et plus précisément « lutter contre les causes de pauvreté, d’inégalité et d’exclusion », indique les statuts. L’association assume également être « prioritairement attentive aux plus pauvres et à la reconnaissance de leur dignité ».
« On n’aide pas plus les catholiques, que les athées ou les musulmans, martèle Damien Delpech. Le prisme qui est le nôtre, c’est celui de la vulnérabilité, de la précarité. »
Autrement dit, les internautes s’appuient sur le cas d’une seule famille pour en déduire une généralité. Or, à ce jour, il n’existe aucune preuve que le Secours Catholique a manqué à ses obligations de non-discrimination.
Des vacances solidaires pour tous
Dans le cadre de cet accompagnement des publics précaires tout au long de l’année, le Secours Catholique anime un pôle « Vacances Solidaires » qui défend « un droit aux vacances pour tous« .
Ces départs peuvent prendre plusieurs formes : l’accueil familial de vacances, qui permet à un enfant de séjourner seul au sein d’une famille bénévole ; les camps de vacances, comparables à des colonies ; ou encore les séjours en famille, dans un camping ou un gîte. C’est cette dernière formule qui est présentée dans le reportage.
Ce dispositif, qui concerne 3 000 personnes chaque année, « n’offre » pas clés en main des vacances, comme l’avancent plusieurs internautes. Les familles participent au financement du départ, aidées par l’association et d’autres partenaires historiques, comme les « Caisses d’Allocations Familiales, de l’Agence Nationale pour les Chèques Vacances (ANCV), de l’UCPA et de certains Conseils Régionaux et municipalités. »
Damien Delpech précise que ces propositions se font « dans une deuxième ou troisième intention », après « des mois d’accompagnement ». Ce dernier peut prendre différentes formes selon les besoins des familles : aide dans les démarches administratives, soutien moral, conseils ou aide alimentaire. Le départ en vacances est donc une étape supplémentaire d’assistance à des familles précaires.
L’association assure que ce sont les bénévoles sur le terrain qui ont l’entière responsabilité de proposer aux familles ces accompagnements, avec pour seule limite leurs budgets locaux et la nécessité d’accompagner les familles dans l’organisation du départ, présenté avant tout comme un « projet« , où le choix du lieu et la forme des vacances sont d’autant de manières de suivre les familles au cours de l’année.
Ici, c’est la délégation de Seine-et-Marne qui a permis à la famille de Yaya de partir une semaine dans le camping de La Peupleraie à Bray-sur-Seine, en Seine-et-Marne. L’initiative profite donc logiquement à des familles précaires de la région francilienne, la proximité du camping facilitant le transport. Le camping est un partenaire régulier de l’antenne locale du Secours Catholique, chaque délégation tissant ses propres partenariats dans l’ensemble du territoire.
Pour les internautes adeptes du comptage, une autre vidéo, publiée par le Secours Catholique récemment, présente la même initiative dans un camping normand, où Mélissa, une autre bénéficiaire du Secours Catholique, et ses enfants profitent d’un séjour organisé par l’association.
Et les associations musulmanes ?
« On sait tous que JAMAIS une association de musulmans offrira des vacances à des blancs/chrétiens ! Ça va toujours dans un sens mais jamais dans l’autre ! » Agacés par le travail du Secours Catholique, des internautes assurent que si la situation était inversée, les associations musulmanes n’aideraient pas le reste de la population.
Il existe pourtant un équivalent musulman du Secours Catholique, appelé le Secours Islamique, qui organise de nombreuses actions en France en faveur des personnes en situation de précarité. Il y a quelques jours encore, son antenne locale bordelaise a offert repas et soutien aux pompiers engagés dans la lutte contre les incendies en Gironde. Ils organisent aussi régulièrement des maraudes et des campagnes d’aide alimentaire ouvertes à tous.
D’autres associations musulmanes comme Muslim Hands, Human Appeal ou Amatullah, organisent des actions ouvertes à toutes les personnes en situation précaire en France.
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste
L’article Non, le secours catholique ne « favorise » pas les familles musulmanes est apparu en premier sur Les Surligneurs.
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Source :Compte Facebook, le 26 juillet 2026
Etiqe :rumeur
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La date a été fixée : l’allocation de rentrée scolaire (ARS) 2026 sera versée aux parents par leur Caf le 4 août à La Réunion et à Mayotte, et le 18 août en métropole, Guadeloupe, Guyane et Martinique.
Attribuée chaque rentrée sous conditions de ressources à environ 3 millions de familles comptant un ou des écoliers, étudiants ou apprentis, l’ARS a été revalorisée de 0,8 % en 2026. Son montant sera de 426, 450 ou 466 euros par enfant, selon s’il est âgé de 6 à 10 ans, de 11 à 14 ans ou de 15 à 18 ans.
Qui dit période de versement de l’ARS, dit polémique sur l’utilisation de ces fonds par les parents. Comme chaque année, internautes et commentateurs soupçonnent déjà, à un mois de la rentrée scolaire, que cet argent soit détourné pour investir dans des achats jugés superflus ou ostentatoires, et non dans les fournitures scolaires.
Sur Facebook et TikTok, les parents sont suspectés de s’offrir un téléviseur, le dernier iPhone, des sacs à main de luxe, ou encore de l’alcool. Parfois publiés sous couvert de l’humour, ces posts sont pris très au sérieux par de nombreux internautes qui s’indignent en commentaire, réclamant des « preuves d’achat » ou suggérant de transformer l’ARS en bons d’achat afin de prévenir les dérives supposées.
Cette infox, qui revient tous les ans ou presque, n’est corroborée par aucune étude statistique. Au contraire, les recherches menées sur les dépenses effectuées avec l’ARS démontrent que cette aide est majoritairement consacrée aux achats de fournitures.
La quasi-totalité des foyers achète des fournitures
Aucune loi n’encadre l’utilisation de l’ARS, les parents sont donc libres de la dépenser comme ils le souhaitent. Pour autant, 98 % de ses bénéficiaires achètent des fournitures scolaires, pour un montant moyen annuel de 146 euros sur ce poste par enfant, selon une étude de la Cnaf datant de 2023 menée auprès de 2 000 familles.
Mais les coûts de scolarité des enfants ne s’arrêtent pas là. Les dépenses scolaires annuelles des bénéficiaires concernent aussi les vêtements (96 % d’entre eux, 370 euros en moyenne), l’assurance scolaire (81 % et 35 euros), les équipements de sport (79 % et 95 euros), la cantine (69 % et 335 euros), etc.
Au total, sur l’année, les allocataires de l’ARS déboursent, en moyenne par enfant, 1 315 euros de frais pour les envoyer à l’école. L’allocation de rentrée scolaire, au maximum de 466 euros par enfant, ne couvre donc qu’un tiers du coût annuel associé à l’éducation.
Son montant correspond en revanche aux dépenses réalisées au moment de la rentrée, d’environ 400 euros par enfant, indique le rapport de la Caf.
Une aide pour des familles en difficulté
La Caf rappelle par ailleurs dans son rapport que l’ARS est une aide visant à soutenir les foyers « modestes ». « En moyenne, les familles bénéficiaires [avaient] un revenu mensuel de 1 836 euros nets [en 2023]. La moitié d’entre elles (49 %) sont monoparentales et, dans les trois quarts des cas, l’autre parent ne contribue pas aux dépenses scolaires en dehors de la pension alimentaire », explique l’organisme.
Une famille bénéficiaire sur six (16 %), soit environ 480 000 familles, déclare devoir emprunter ou recevoir de l’argent de leur entourage pour financer la rentrée scolaire, en plus de l’ARS. Et plus des deux tiers (72 %) des foyers l’ayant touché disent que sans cette aide, ils auraient dû se serrer la ceinture.
D’où vient la rumeur ?
La légende du détournement de l’ARS a été popularisée par le sénateur Edouard Courtial (Union centriste). En 2008, alors qu’il était encore député UMP (devenu Les Républicains), le parlementaire voulait amender la loi de financement de la Sécurité sociale pour que l’allocation soit versée grâce à des « chèques achats », plutôt que par simple virement.
« L’allocation de rentrée ne doit pas servir à acheter un écran plat », estimait alors l’élu, qui assurait que « certains distributeurs d’électroménager enregistrent des pics de vente d’écrans plats au moment de la rentrée ».
Problème : les pics d’achats des télévisions se situent plutôt en début ou en fin d’année, comme l’avait documenté Libé en 2021. Les mois de versement de l’ARS, août et septembre, enregistrent les pires performances pour les ventes de moniteurs, selon des données de l’institut Gfk obtenues par le quotidien.
Les séries statistiques de la Banque de France relatives au commerce de détail ne permettent pas non plus d’isoler un soi-disant pic de consommation des équipements électroniques ou électroménagers au mois d’août.
Bien qu’elle ne soit jamais étayée, la rumeur du détournement de l’ARS revient tout de même à chaque rentrée, ou presque, au gré d’amendements ou de propositions de loi soumis au Parlement.
En 2019, par exemple, la sénatrice socialiste Samia Ghali voulait mieux « contrôler » cette aide qui pourrait servir à « acheter un frigo ou un écran plat ».
Deux ans plus tard, le ministre de l’Éducation lui-même, Jean-Michel Blanquer, avait relayé cette désinformation, avant d’ouvrir la porte à une modification des modalités de versement.
Confronté par le média Brut au manque de preuves appuyant ses déclarations, celui qui a désormais quitté la vie politique avait botté en touche, préférant accuser des chiffres « assez datés » qui lui donnaient tort. Il avait alors reçu le soutien appuyé du président de la République, Emmanuel Macron.
La Cour des comptes préconise de conserver la méthode de versement
Le fonctionnement de l’ARS pourrait-il tout de même être amélioré ? Dans un rapport paru en 2021, la Cour des comptes estimait le coût de cette aide à environ 2,6 milliards d’euros annuels pour l’année 2020. Mais l’institution, d’habitude si tatillonne sur les dépenses publiques, n’a pas trouvé grand-chose à redire sur le dispositif tel qu’il existe actuellement.
Les magistrats financiers affirmaient que les modalités de versement de l’ARS, qui « couvrent toutes les familles visées, en limitant le risque d’erreurs et de fraude », « méritent […] d’être maintenues ». « Le législateur n’a pas entendu contraindre l’utilisation de cette allocation en la réservant à l’acquisition de certains produits ou services », rajoutait la juridiction.
Alors pourquoi cette obsession pour l’ARS ? D’après le sociologue des classes populaires Camille François, auteur de De gré et de force : comment l’État expulse les pauvres (La Découverte, 2023), la désinformation sur l’utilisation de l’ARS porte la trace « du vieux préjugé selon lequel les pauvres ne sauraient pas gérer leur argent, et que leur mauvaise gestion serait la cause de leur pauvreté ». Or, les principaux déterminants de la pauvreté en France sont, entre autres, l’exclusion sociale et l’inactivité.
Grâce à l’ARS, la part de ses bénéficiaires vivant sous le seuil de pauvreté a baissé de 41,2 % à 38,7 % en 2019, selon la Cnaf. Dans le même temps, le taux de pauvreté n’a cessé de grimper en France, selon les chiffres de l’Insee. En 2024, 15,4 % des Français se trouvaient sous le seuil de pauvreté, soit le niveau le plus haut depuis 1996.
Auteurs :
Auteur : Nicolas Turcev, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf). Conformément aux règles d’indépendance éditoriale des Surligneurs, la Cnaf n’est pas intervenue dans la rédaction de l’article ni ses conclusions.
L’article Contrairement aux idées reçues, l’allocation de rentrée scolaire est utilisée pour acheter des fournitures est apparu en premier sur Les Surligneurs.

Source :Compte Instagram de l'Institut pour la Justice, 15 juillet 2026
Etiqe :Questionnable
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La prison, panacée pour assurer la sécurité de tous ? Sur Instagram, l’Institut pour la Justice (IPJ) l’affirme, comme d’autres internautes, et érige la politique carcérale du Salvador en modèle. Le « dictateur cool » aurait fait « d’un des pays les plus dangereux du monde (…) un des pays les plus sûrs du continent [américain] » en arrêtant des « dizaines de milliers de criminels ».
L’association, qui se présente comme un think tank dénué de « toute affiliation partisane », mais qui est pourtant connue pour sa proximité avec les idées d’extrême droite, met en parallèle les choix politiques du Salvador avec ceux de la France où, selon elle, « on choisit une autre logique, celle de l’excuse permanente, de la réinsertion comme priorité absolue », au détriment de « la protection des victimes ». L’enfermement massif des « criminels » serait donc une solution toute trouvée.
Dans un précédent article, nous avions expliqué comment se caractérisait la politique carcérale de Nayib Bukele au Salvador, accompagnée d’arrestations arbitraires et de conditions de détention abjectes. La mise en place d’une telle politique sur le sol national est, d’un point de vue juridique, irréalisable sans s’affranchir de l’État de droit.
Au-delà de la comparaison avec le Salvador, et d’après la littérature scientifique, l’incarcération de masse comme solution pour lutter contre l’insécurité se heurte à une mise en pratique très contestable, doublée d’une contre-productivité concernant la récidive.
Un problème de coût
Premièrement, en suivant la logique de l’IPJ, il faudrait incarcérer plus massivement qu’on ne le fait actuellement : pour quels crimes et délits devrait-on et pourrait-on le faire ? En réalité, l’enfermement est déjà une pratique relativement commune en France, comme en attestent les statistiques.
Le rapport sur les condamnations de 2024, publié par le ministère de la Justice, indique que 45 % des peines principales prononcées en 2024 (les condamnations frappées d’appel exclues) par l’ensemble des juridictions sont déjà des peines de réclusion ou d’emprisonnement. Pour les crimes, la peine privative de liberté ferme ou en partie ferme est très majoritairement prononcée (92% des peines). Les personnes condamnées pour des crimes sont donc, pour leur grande majorité, incarcérées.
Resteraient les personnes condamnées pour des délits, les infractions les plus courantes en France – 4 357 crimes étaient sanctionnés en 2024 tandis que 885 583 délits faisaient l’objet de condamnation. Or, 48% des peines principales prononcées pour les délits étaient des peines d’emprisonnement (dont 16% fermes). Au regard de ces chiffres, revendiquer une incarcération plus massive impliquerait davantage de peines d’emprisonnements pour des délits, la plupart des crimes étant déjà sanctionnés par des peines de réclusion.
« Ce serait un gaspillage d’argent monumental pour un effet au minimum neutre, au pire nocebo », Martine Herzog-Evans, responsable du master Droit pénal et sciences criminelles à l’université de Reims
Et concernant les personnes poursuivies jugées innocentes – autre vivier à potentiels condamnés pour qui souhaiterait voir la politique pénale se durcir – le taux d’acquittement des cours d’assises et cour criminelles départementales est de 5%. Deux cents personnes ont ainsi été acquittées pour des crimes en 2024. Pour les délits, les relaxes ont également représenté 4% des personnes jugées en audience par les tribunaux correctionnels en 2024. Des taux qui restent donc marginaux, loin des idées reçues sur un prétendu laxisme des magistrats.
Quoi qu’il en soit, suivre la logique de l’IPJ qui requiert une incarcération plus importante se traduira soit par des peines plus longues, soit en augmentant le nombre de criminels ou de délinquants condamnés à de la prison. Dans les deux cas, et notamment au regard des chiffres du nombre de personnes poursuivies pour des délits, une première question se pose : celle du coût.
« Ce serait un gaspillage d’argent monumental pour un effet au minimum neutre, au pire nocebo », tranche Martine Herzog-Evans, responsable du master Droit pénal et sciences criminelles à l’université de Reims.
« 400 000 euros la place de détention »
Selon la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, une place de prison coûte environ 270 000 euros. « Ça dépend du type d’établissement. Entre une maison d’arrêt et une maison centrale, ce ne sont pas du tout les mêmes coûts, mais on est désormais quasiment à 400 000 euros la place de détention », abonde Benjamin Monnery, maître de conférences en économie à l’université Paris-Nanterre et fondateur de l’Observatoire des disparités dans la justice pénale, en référence à la hausse du prix des matières premières ces dernières années.
Dans une note de décembre 2025, la Cour des comptes pointait déjà le dérapage budgétaire du plan « 15 000 places de prison », lancé en 2018. À ce jour, seules 40 % des places ont été livrées et les juges rappellent que le coût global a « été réévalué à 5,7 milliards d’euros en 2025, soit une augmentation de 46 % par rapport aux prévisions initiales ».
À ce coût initial s’ajoutent les frais d’incarcération par détenu : « 130 euros en moyenne par jour et par détenu », explique Benjamin Monnery. « Ça aboutit quand même à quasiment 45 000 euros par an pour un détenu moyen », ajoute l’économiste. Au 1er juin 2026, 88 829 personnes étaient détenues pour 63 237 places opérationnelles.
« La technique de l’autruche »
« Les projets d’incarcération massive se retournent le plus souvent contre les minorités ethnoculturelles et les plus pauvres », Martine Herzog-Evans
« La proposition d’enfermer massivement ne peut pas se réaliser. Financièrement, c’est impossible. Je veux dire, on n’a même pas réussi à boucler le budget de l’État l’an dernier », rappelle Martine Herzog-Evans.
« Les projets d’incarcération massive se retournent le plus souvent contre les minorités ethnoculturelles et les plus pauvres », ajoute-t-elle, citant notamment l’exemple des États-Unis durant la War on Drugs. Les lois antidrogue, notamment les peines minimales et le traitement plus sévère du crack, ont conduit à l’incarcération disproportionnée des Afro-Américains pour des infractions souvent mineures et non violentes. Un sujet déjà documenté.
Au-delà des questions de coût et de discrimination, la prison permet-elle de réduire la violence ? « La prison (…) sert d’abord à empêcher les criminels de nuire », souligne l’IPJ dans sa vidéo. L’effet neutralisant de la prison est indéniable. Enfermé, un individu est dans l’incapacité de commettre un acte violent dans l’espace public ou privé. Pourtant, toute peine arrive un jour à son terme.
La professeure de l’université de Reims souligne les effets néfastes que l’incarcération produit à la sortie de prison. « C’est facile de ne pas taper sa conjointe quand on est enfermé, entouré d’hommes, mais quand on est confronté à la vie réelle, on fait quoi ? (…) En réalité, la détention, c’est la technique de l’autruche. »
Une récidive plus faible avec le bracelet électronique
Une étude de référence datant de 2019 a démontré que la prison peine à réduire la violence après l’exécution de la peine. Lorsque deux délinquants présentent des profils comparables et sont condamnés pour des faits similaires, mais que l’un exécute sa peine en milieu fermé, tandis que l’autre l’exécute en milieu ouvert, cette étude démontre que la récidive est plus faible chez celui qui a purgé sa peine en milieu ouvert. « La prison est le meilleur moyen d’aggraver les attitudes et les distorsions des gens qui en ont déjà », explique Martine Herzog-Evans.
Les chiffres l’attestent. En mars 2025, la Cour des comptes a publié un rapport sur l’efficacité des peines purgées sous bracelet électronique à domicile. Benjamin Monnery a participé à sa rédaction. « Pour les sortants de prisons classiques, le taux de récidive dans les cinq ans est d’environ 63 %, tandis que du côté des bracelets électroniques, on est à un peu moins de 50 % », souligne l’expert. « De quoi confirmer le fait que, pour des profils comparables, le bracelet électronique est plus efficace que la prison, dans des proportions relativement modestes. »
Réduire la violence
Les peines les plus longues présentent, pour leur part, un faible taux de récidive. « Les criminels récidivent globalement moins », explique la professeure de sciences criminelles Martine Herzog-Evans. « Et cela pour deux raisons. Ils ont vieilli durant leur incarcération : la criminalité s’amenuise avec l’âge. Et, dans les établissements pour longues peines, on a le temps de préparer la sortie. » En clair, d’organiser la réinsertion du condamné. « La faible récidive s’explique également par le type de fait commis. Typiquement, après avoir commis un homicide, il est assez rare de récidiver », développe Benjamin Monnery.
« Quand les élites ou les magistrats n’écoutent pas les gens, qu’il s’agisse des justiciables ou des citoyens, les gens vont commettre beaucoup plus d’infractions et récidiver davantage. », Martine Herzog-Evans
Ainsi, les deux universitaires sont d’accord pour dire que l’idée défendue par l’IPJ – en l’occurrence d’enfermer massivement criminels comme délinquants – aurait des effets négatifs. Contacté, l’IPJ n’avait pas encore répondu à nos sollicitations lors de la publication de l’article.
Pour réduire la récidive et donc, la violence, les spécialistes contactés par Les Surligneurs plaident plutôt pour d’autres solutions.
« Les variables les plus importantes sont à l’échelle de l’individu et les pouvoirs publics n’ont pas vraiment de capacité à agir dessus. Le meilleur moyen de sortir d’un schéma de délinquance, c’est une nouvelle rencontre positive », précise Benjamin Monnery. Une piste certes efficace, mais qui ne questionne pas la source des violences, comme la culture du viol ou autres rapports de domination systémiques, et fait peser la solution sur les individus. Un sujet qui devrait faire l’objet de débats à la rentrée à travers la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
Dans le contexte actuel de surpopulation carcérale, le maître de conférences défend un mécanisme de régulation. « Si l’on réduit de quelques mois les peines actuellement purgées en détention, on pourrait imaginer un mécanisme où, en cas de récidive, les sortants de prison devraient purger non seulement leur peine pour les nouveaux faits, mais aussi les quelques mois qu’ils n’ont pas effectués du fait de la régulation carcérale. » Cette idée s’appuie sur une étude italienne, d’ailleurs citée sur le site de l’IPJ, qui suggère qu’un tel dispositif, par son effet dissuasif, produit des effets légers, mais bénéfiques sur la récidive.
Martine Herzog-Evans évoque l’« exemplarité de nos élites », s’appuyant sur les recherches effectuées en criminologie. « Quand les élites politiques ou les magistrats n’écoutent pas les gens, qu’il s’agisse des justiciables ou des citoyens, les gens vont commettre beaucoup plus d’infractions et récidiver davantage. »
Auteurs :
Auteur : Antoine Mauvy, journaliste
Relecteur.rices : Clara Robert Motta, journaliste
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
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Source :Compte Facebook, le 30 juillet 2026
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Contenu :
Entre le 31 juillet et le 2 août, des dizaines de milliers de personnes venant du Maroc sont arrivées dans l’enclave espagnole, Ceuta, depuis le continent africain. Alors que cette crise aurait été enclenchée, en partie pour le moins, par une fausse rumeur sur les réseaux sociaux, les images de cette arrivée massive de personnes venant par la mer sont devenues virales… avec leur lot de désinformation.
Une rumeur déjà fortement relayée auparavant est opportunément réapparue : trois migrants algériens auraient tenté de traverser la frontière espagnole déguisés en moutons, assurent des dizaines de publications y adjoignant une photo d’hommes maquillés de peinture noire sur le visage et costumes d’animaux sur le dos. Cette histoire aux relents racistes n’est pas plus vraie hier qu’aujourd’hui. Elle a été inventée en utilisant la vidéo d’un compte humoristique vietnamien.
Une blague sur le dessin animé Shaun le mouton
Une recherche par image inversée permet de retrouver la vidéo originale, et elle n’a rien à voir avec l’Algérie, l’immigration ou l’Espagne. La photo des trois hommes déguisés en moutons provient d’une vidéo de 20 secondes publiée le 7 juillet 2024 sur un compte humoristique vietnamien sur TikTok.
La vidéo intégrale montre sept personnes vêtues de fausses peaux de bêtes, et de fausses oreilles de moutons dansant sur la musique du générique du dessin animé à succès, Shaun le mouton. La vidéo a enregistré 127 millions de vues sur le compte TikTok de son créateur.
Un compte indien connu pour ses positions pro-Narendra Modi et déjà vecteur, par le passé, de désinformation a été parmi les premiers à utiliser la vidéo humoristique pour illustrer le faux récit des trois hommes migrants, dès novembre 2025. « Algérie : Trois immigrés clandestins ont été arrêtés en Algérie alors qu’ils tentaient de pénétrer en Espagne déguisés en moutons, selon des informations locales », est-il légendé, rapporte le média de fact-checking jordanien, Misbar.
Malgré les différents fact-checks de nos confrères (AFP, Snopes), cette fausse histoire accompagnée de la photo des hommes déguisés a eu plusieurs moments de viralité, en novembre 2025, en février 2026 et plus récemment en juillet 2026. Au fil des reprises, la photo des hommes déguisés a été remplacée par des images générées à l’aide de logiciels utilisant l’intelligence artificielle.
Pour autant, ce récit – qu’il soit accompagné d’une vidéo humoristique ou d’images générées par IA – reste faux. Il n’y a pas de preuves de « rapports locaux » ou de sources locales qui auraient rapporté celle-ci.
Auteurs :
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
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Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Ceuta : non, personne n’a traversé la frontière avec l’Espagne déguisé en mouton est apparu en premier sur Les Surligneurs.
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Rmeich (Liban), le 22 octobre 2024. La fumée d’une explosion provoquée par un bombardement israélien s’élève au-dessus de cette commune du sud du Liban, près de la frontière avec Israël. © Vincenzo Circosta/AFP
«Malheureusement, la majorité des légumes d’été que nous avons plantés n’ont pas réussi à pousser. Peut-être à cause de la pollution laissée dans l’air par toutes les armes utilisées…», s’inquiète Laurita Jarjour. Son message vocal arrive sur notre téléphone alors qu’une visioconférence avec plusieurs habitant·es du sud du Liban se déroule, ce lundi 20 juillet, dans les bureaux de l’Œuvre d’Orient, une organisation caritative chrétienne, à Beyrouth, la capitale.
Cette habitante de Rmeich, village frontalier d’Israël, devait accueillir une dizaine de journalistes quelques heures plus tôt, lors d’un convoi humanitaire organisé par cette ONG française. Celui-ci devait rejoindre son village ainsi que ceux de Debel et Aïn Ebel, trois localités chrétiennes enclavées où vivent environ 7 000 personnes. Ces communes se trouvent dans la zone tampon instaurée par Israël le long de la frontière. Il s’agit d’une bande de territoire qui couvre plus de 600 kilomètres carrés dans le sud du Liban et où l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires. «C’est important de venir les voir, de leur apporter de l’aide humanitaire et d’être à leurs côtés pour qu’ils puissent tenir», explique Vincent Gelot, directeur de l’Œuvre d’Orient au Liban.
Les combats ont diminué d’intensité depuis le cessez-le-feu du 17 avril puis la signature, le 19 juin, d’un accord-cadre entre Beyrouth et Tel Aviv, que le Hezbollah (parti chiite libanais doté d’une puissante milice) refuse. Malgré tout, les frappes israéliennes et les destructions systématiques d’habitations, de terres agricoles et d’infrastructures qui se poursuivent rendent la vie quotidienne difficile et compromettent le retour de centaines de milliers de déplacé·es. Pour l’heure, la milice chiite n’a pas riposté. Dans son dernier bilan publié, le ministère libanais de la santé recensait au moins 4 332 mort·es et 16 568 blessé·es depuis la reprise de la guerre, le 2 mars.
Pour prendre part au convoi, les autorisations nécessaires avaient été obtenues auprès du mécanisme de coordination, un dispositif de contrôle de la cessation des hostilités dirigé par les États-Unis, la France et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Mis en place pour superviser la sécurité au Sud-Liban, il associe les parties libanaises et israéliennes à travers un comité international. Les déplacements dans cette zone nécessitent une organisation au préalable entre toutes les parties et il faut transmettre quarante-huit heures à l’avance l’identité des passager·es, les plaques d’immatriculation et l’itinéraire. Toutes les autorisations avaient été obtenues par les organisateur·ices du convoi.
Mais, après plus de deux heures de route depuis Beyrouth, les voitures ont été stoppées à un barrage de l’armée israélienne en zone occupée. Là-bas, les drapeaux bleu et blanc flanqués de l’étoile de David remplacent ceux, rouge et blanc ornés d’un cèdre, du Liban. «Faites demi-tour, vous n’avez pas l’autorisation de passer !», ordonne un soldat posté dans une maison éventrée par les bombardements, aujourd’hui transformée en position militaire. Autour de nous, les stigmates de la guerre sont omniprésents. Les bâtiments sont endommagés, les vergers brûlés, les oliviers abandonnés. Les fruits, que personne n’a pu récolter, pourrissent sous un soleil de plomb.
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Les équipes de l’Œuvre d’Orient organisent régulièrement des convois depuis le début de la guerre en octobre 2023 pour rejoindre les villages enclavés. Si plusieurs ont pu arriver sans encombre, d’autres ont été bloqués pendant plusieurs heures et même pris dans les combats entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Après quelques minutes, notre convoi fait demi-tour. «Heureusement, ils ne nous ont pas tiré dessus !», souffle notre chauffeur. Les organisateur·ices tentent durant plusieurs heures d’obtenir le feu vert de l’armée israélienne pour continuer la route. En vain. Près de cinq heures d’attente plus tard, c’est un non définitif. «La présence de la presse [Libération, Le Monde, La Croix, The National, RFI…, NDLR] aurait été l’une des raisons principales du refus de pouvoir accéder à ces villages», avance Vincent Gelot, qui a pourtant réussi à mener des convois accompagnés de journalistes par le passé.
De retour à Beyrouth, les organisateur·ices improvisent une visioconférence avec les habitant·es d’Ain Ebel, où 340 familles vivent toujours et dépendent grandement des convois humanitaires. À travers leurs témoignages se dessine le quotidien d’une population qui vit depuis des mois pratiquement coupée du reste du Liban.
«Ici, la ressource agricole principale est la culture des olives mais, depuis 2023, il n’y a aucune récolte. Les agriculteurs ont perdu trois saisons car ils ne peuvent plus accéder à leur terrain et entretenir leurs oliveraies», déplore le maire d’Ain Ebel, Ayoub Kheirch, face à la caméra. Comme Laurita Jarjour à Rmeich, l’édile s’inquiète de la pollution de l’air, du sol et de l’eau. «Le risque est là. Nous n’avons pas pu effectuer de tests, malheureusement», ajoute-t-il.
«Nous sommes très attachés à notre terre. Nous ne voulons pas la quitter.»
Cette crainte est étayée par un récent rapport du ministère libanais de l’environnement et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS-Liban), qui met en évidence une contamination importante des sols dans le sud du pays et dans la Békaa, région à l’est du pays. Les scientifiques y relèvent notamment des concentrations élevées de phosphore ainsi que la présence de métaux lourds dans les particules en suspension, conséquences directes des bombardements et de la destruction des infrastructures.
Alors que la visioconférence se poursuit, d’autres messages font vibrer notre téléphone. Ce sont ceux d’un autre habitant de Rmeich : Amin Haddad. L’apiculteur décrit un quotidien morose où les résident·es se sentent enfermé·es dans «une grande prison à ciel ouvert» et où travailler est devenu difficile. «Nous attendons toute l’année pour la récolte du miel, mais maintenant nous ne pouvons plus la vendre… Et tout le matériel est devenu au moins deux fois plus cher pour arriver jusqu’ici, dépeint-il. Nous comptons donc sur nos abeilles, mais nous en avons perdu la moitié.»
La visioconférence touche à sa fin. Malgré la difficulté de la situation, Sandy Diab, membre du conseil municipal d’Ain Ebel, rappelle : «Nous sommes très attachés à notre terre. Nous ne voulons pas la quitter.»
Depuis Rmeich, grâce à une connexion internet sommaire, Laurita Jarjour continue de témoigner de son quotidien. Sur place, pris·es en étau entre les combats, les habitant·es ont dû réapprendre à s’organiser pour maintenir la vie dans leur village, malgré la mort tout autour. «Ce qui nous a un peu sauvés, ce sont les légumes et les fruits de base : les concombres, les tomates, la menthe, ainsi que quelques arbres fruitiers plantés auparavant. Mais les cultures d’été se sont fanées et ont jauni chez beaucoup de gens», détaille Laurita Jarjour, dont la fatigue s’entend dans la voix.
Au fil des messages vocaux, elle avoue que sa volonté de rester s’est fissurée au fil des mois. L’isolement, les difficultés à se nourrir et la peur permanente ont fini par ébranler ses certitudes : «Si je pouvais partir, je partirais, même si j’aime vivre sur ma terre. Mais aujourd’hui, ce n’est plus une simple guerre, c’est une guerre psychologique, c’est une guerre contre notre existence.»
À l’approche des élections régionales de l’année prochaine, les habitants réclament des mesures d’urgence pour préserver leur qualité de vie. Parmi elles : limiter le nombre de visiteurs, interdire les locations touristiques abusives, bloquer l’explosion des prix immobiliers, et protéger les ressources naturelles et l’eau.
Cet article A Majorque, 70 000 locaux s’opposent au surtourisme qui les force à quitter l’île est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Après le Canada, toujours en proie aux flammes, le nord-ouest des États-Unis brûle à son tour. À Spokane, dans l'État de Washington, trois incendies ont forcé quelque 60 000 personnes à fuir en urgence durant le week-end. Lundi 3 août, les pompiers bataillaient encore contre des feux visiblement hors de contrôle. Environ 600 maisons, commerces et autres bâtiments ont été détruits et plus de 2 200 hectares ont été parcourus par les flammes. Aucune victime humaine n'est à déplorer.
« C'est (…)
30 000 personnes ont été appelées à se confiner pendant plusieurs heures, dimanche 2 août, en raison de l'incendie d'un entrepôt classé Seveso, à Gandrange (Moselle). Un nouvel épisode révélateur de la vulnérabilité des industries à la sécheresse et aux canicules ? La préfecture de Moselle indique qu'on « ne connaît pas l'origine de l'incendie ».
L'incendie s'est déclaré vers 10 h 30 sur le site de la société Sage (Suez Alternative Fuels & Energies), non loin des installations (…)

Source :Compte Facebook, 20 février 2026
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La politique carcérale de Nayib Bukele, un modèle pour la France ? Sur Instagram, des internautes le suggèrent et encensent le Salvador et son président. Le « dictateur cool » aurait « pris des mesures radicales contre les gangs. Résultat : la criminalité s’effondre. »
Un des internautes affirme qu’« en France, on préfère les postures molles. On tolère l’ensauvagement, quartier par quartier », insinuant que la violence explose – une affirmation non étayée par les études sur le sujet. Il demande : « Qu’est-ce qu’on est prêt à accepter en France pour lutter contre la délinquance, pour libérer tous ceux d’entre nous qui se sentent oppressés par l’insécurité ? »
Si le Salvador a véritablement vu son taux d’homicides diminuer sous les mandats de Nayib Bukele, cette baisse – elle-même à nuancer – s’est accompagnée d’atteintes aux droits humains. Au-delà du caractère enviable de ces mesures, l’arsenal juridique français empêcherait vraisemblablement leur mise en pratique. Jusqu’où la comparaison entre la France et le Salvador est-elle tenable ?
89 875 personnes arrêtées depuis 2022
Commençons par un peu de contexte. Outre la réforme constitutionnelle, votée par une assemblée largement acquise à la majorité présidentielle, lui permettant d’être réélu sans limitation, Nayib Bukele s’est illustré, au cours de ses sept années de mandat présidentiel, par sa lutte contre les deux principales pandillas (bandes criminelles) qui sévissent au Salvador : la Mara Salvatrucha (MS-13) et le Barrio 18.
Depuis le 27 mars 2022, date de l’instauration de l’état d’urgence, plus de 89 875 personnes ont été arrêtées au nom de cette lutte. Près de 1,7 % de la population est désormais emprisonnée au Salvador, ce qui en fait le pays affichant le plus fort taux d’incarcération au monde.
« Par rapport aux années précédentes, le pays a réalisé des progrès significatifs (…) liés aux mesures de sécurité mises en œuvre depuis 2022 », souligne l’agence de presse Prensa Latina
Comme le rapporte Prensa Latina, selon l’Index du crime organisé (The Organized Crime Index), une initiative internationale composée d’experts chargés de mesurer l’ampleur du crime organisé dans le monde, le « score de criminalité » du Salvador a baissé ces dernières années.
« Par rapport aux années précédentes, le pays a réalisé des progrès significatifs dans ce classement mondial, alors qu’en 2021, il figurait parmi les pays les moins bien classés (…). Ces progrès sont étroitement liés aux mesures de sécurité mises en œuvre depuis 2022 », souligne l’agence de presse latino-américaine.
La baisse des homicides atteste de cette amélioration. En 2025, le taux d’homicides s’établit à 1,3 pour 100 000 habitants. Tandis qu’en 2015, il était de 104 pour 100 000 habitants. Nayib Bukele semble avoir endigué le phénomène.
Un nombre d’homicides sujet à controverse
Ces chiffres restent toutefois sujets à débat. Comme l’a démontré une enquête publiée par Foreign Policy en 2024, les homicides commis en prison ainsi que les personnes tuées par l’armée et la police ne sont plus comptabilisés depuis 2021.
L’auteur de l’enquête estime qu’en 2023, près de la moitié des homicides n’auraient ainsi pas été pris en compte dans les statistiques officielles. Malgré cette réserve, le nombre d’homicides a bien chuté de manière drastique.
« Vous avez des quartiers entiers où, désormais, vous pouvez circuler nuit et jour sans devoir regarder par-dessus votre épaule, sans prendre toutes sortes de précautions », raconte Thierry Maire, sociologue rattaché au Centre Maurice Halbwachs et spécialiste du Salvador.
« C’est un fait : la violence a chuté. Mais au prix d’un État de droit qui s’effondre. » Thierry Maire, sociologue au Centre Maurice Halbwachs
« Attention, ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus de criminalité du tout », nuance le sociologue. C’est d’ailleurs ce que tendent à démontrer les statistiques partagées par l’UNODC, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.
Les chiffres de la délinquance et de la criminalité sont à prendre avec précaution, et les conclusions qui peuvent en être tirées doivent être questionnées. Comme nous l’avons déjà expliqué ici, ces statistiques témoignent davantage de l’activité des services de police que de la commission des infractions.
« L’efficacité immédiate, vous ne pouvez pas la contester », explique le sociologue. « C’est un fait : la violence a chuté. Mais au prix d’un État de droit qui s’effondre. Les gens sont emprisonnés, ils ne savent pas pourquoi, ils ne sont pas présentés à un juge, ils n’ont pas accès à un avocat et les familles ne sont pas prévenues. »
470 décès en prison depuis 2022
Un modèle d’autant plus questionnable qu’il s’accompagne d’une négation des droits humains. Des ONG comme Amnesty International ont dénoncé des « conditions de détention inhumaines » ainsi que des « arrestations arbitraires et des procès inéquitables ». « Environ 470 décès [sont] survenus en détention depuis le début de l’état d’urgence. Les causes étaient notamment liées à la pratique de la torture », souligne l’ONG.
Nayib Bukele a fait du Centre de confinement du terrorisme (CECOT), la mégaprison de Tecoluca inaugurée en février 2023, l’un des emblèmes du Salvador. « C’est vraiment Alcatraz. Ce n’est même pas qu’on ne peut pas s’en approcher : c’est une prison sous cloche. Si un proche y a été emprisonné, vous ne le saurez que si le gouvernement le décide. Même les avocats n’y ont pas accès », explique Thierry Maire.
« Autrefois, quand quelqu’un disparaissait, tout le monde était à peu près persuadé que, si l’on ne retrouvait pas la personne rapidement, on la retrouverait morte, dépecée, enterrée ou mutilée. Que c’était la faute des gangs. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Si vous disparaissez et que tout le monde s’inquiète, on se dit que c’est le gouvernement. L’État fait disparaître les gens. La peur a changé d’origine », assure le sociologue. Ces propos sont corroborés par des ONG comme Human Rights Watch ou encore Cristosal, qui ont documenté des arrestations arbitraires.
Un modèle inenvisageable dans un État de droit comme la France
« Toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie. » Article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme
Nayib Bukele a lui-même reconnu, en novembre 2024, que 8 000 personnes innocentes avaient été arrêtées à tort, puis relâchées. Autant d’atteintes aux droits humains qui rendraient presque impossible la mise en place d’une telle politique carcérale en France sans tomber dans une non-conformité à la Constitution.
Reconnue comme un principe à valeur constitutionnelle par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 80-127 DC du 20 janvier 1981, la présomption d’innocence est prévue à l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et consacrée par l’article préliminaire du Code de procédure pénale.
Elle est également garantie par l’article 6, paragraphe 2, de la Convention européenne des droits de l’homme, aux termes duquel : « Toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie. »
Mettre en place la « méthode Bukele » sur le territoire français nécessiterait dès lors de sortir de l’Union européenne et de réformer le Code de procédure pénale. Quant au Conseil constitutionnel, il devrait faire évoluer sa jurisprudence, voire être supprimé.
« Le fait est qu’au Salvador (…) les politiques préventives sont quasiment inexistantes. Les causes fondamentales de la délinquance et de la criminalité sont donc rarement véritablement traitées », ajoute Thierry Maire. « Il faut se demander si c’est vraiment efficace à moyen ou à long terme. »
Un système qui inspire pourtant d’autres pays d’Amérique latine, comme l’Équateur, qui copie son voisin salvadorien. Pourtant, l’efficacité de la pratique systématique du « tout-prison » n’est elle-même pas prouvée, comme nous l’expliquons ici.
Auteurs :
Auteur : Antoine Mauvy, journaliste
Relecteur.rices : Clara Robert Motta, journaliste
Etienne Merle, journaliste
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Secrétariat de rédaction : Antoine Mauvy, journaliste
L’article Prison : le modèle Bukele du Salvador pourrait-il s’appliquer en France ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) sont largement contaminées par différents polluants. En 2024, un peu plus de 29 % de la population française a été exposée, via son eau de consommation courante, à la présence de pesticides ou de composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS) et autres polluants chimiques d'origine humaine, à des niveaux de concentration dépassant les limites de qualité européennes.
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