Le collectif Microfissures vous invite à une présentation de l'actu belge du nucléaire civil, suivi d'un moment de fabrication de pancartes et banderoles.
De 18h30 à 19h15 : les actus sur la relance de la production et le projet d'enfouissement des déchets radioactifs à Mol. Le gouvernement s'est donné jusqu'au 1er octobre pour prendre une décision sur le rachat des réacteurs : de quoi parlent-ils ?
A partir de 19h30, nous préparerons des pancartes pour la marche climat du 11 octobre. En tant que collectif antinucléaire et anticapitaliste, nous voulons nous faire entendre et ne pas laisser le discours pro-nucléaire s'installer. Le nucléaire est un désastre écologique permanent. Il est colonial, exploitant, impérialiste et dangereux.
Ouverture des portes à 18h Lieu a confirmer :)
On aura du matériel pour les pancartes et banderoles.
Microfissures est un collectif antinucléaire bruxellois qui s'est constitué autour de l'élaboration de la brochure du même nom. Le collectif s'inscrit dans les luttes anticapitalistes et anarchistes. Nous souhaitons faire connaître l'histoire (coloniale) de la nucléarisation de la Belgique, la présence (radioactive) sur tout le territoire des installations et des déchets ; et les enjeux (désastreux) de sa prolongation.
Tous les vendredis de 10 à 13h
GRATUIT thé / café / petit déjeuner / soupe chargeurs de téléphone ordinateur / imprimante WC (pas de douche) kits hygiène plein de lecture sur place (merci la B.O.U.M)
L'idée du « Petit-déjeuner solidaire + accueil », née dans un centre social autogéré du centre-ville de Bruxelles, était de créer un moment d'accueil et de repos pour les personnes vivant dans la rue ou en situation de précarité matérielle. À Bruxelles, il existe de nombreux endroits où trouver de la nourriture, des kits d'hygiène, des vêtements, etc. Cependant, on y trouve souvent des conditions d'accès assez restrictives ainsi que des attitudes qui peuvent être sympas, mais aussi paternalistes et caritatives. Nous avions envie de créer un lieu d'accueil autogéré, qui ne suive pas cette logique, mais où nous nous rencontrons sur un pied d'égalité.
Après l'expulsion du centre social, le « P'tit déj. solidaire » s'est installé au Boom Café et s'est développé au fur et à mesure. Grâce à des maraudes régulières et à des contacts avec les structures sociales voisines, nous faisons connaître notre initiative, qui repose d'une part sur une gratuité inconditionnelle et d'autre part sur un moment de convivialité. On y discute et on y chante, mais on y est aussi en toute tranquillité.
Tout le monde est le bienvenu.es. Et l'équipe a toujours besoin de renfort. Tu peux venir sur place pour discuter avec les gens, aider à la préparation et au rangement, apporter la récup, marauder dans les rues pour passer l'info aux personnes qui y vivent, ou apporter ta propre initiative. Viens nous voir !
Le projet « Poussières de verre » est un espace de deuil collectif en ville qui permet de visibiliser, de soigner et de rendre justice par l'art à travers un vitrail conçu avec l'aide de Lior de Pape et d'une pièce radiophonique. Des dessins issus de collages créés par des personnes proches de victimes de féminicides seront repris en bordure du vitrail.
Ces collages naîtront d'un atelier animé par l'artiste pluridisciplinaire Fen Touchemoulin (aussi connue sous le nom de Cheval Metal Tattoos).
Iel imagine des manières de réparer nos liens brisés, au monde et à soi, en créant des connexions entre mondes organiques, imaginaires et réels.
Iel invite à questionner et repenser nos manières de relationner avec les autres êtres humains et non humains, dans un présent et un futur troubles.
Les participant.es sont invité.es à découper des images, des textes, des couleurs, et à les assembler. Un coin radio sera aussi disponible pour s'enregistrer ! Ce sera l'occasion pour les participant.es de se rencontrer et d'échanger autour de leurs expériences de deuil et de résistances.
L'atelier aura lieu à la bibliothèque du Botanique, Rue Royale 236, 1210 Saint-Josse-ten-Noode le 26 sept. 2026, 13:00 – 16:30
Les inscriptions se font via le site des Journées du Matrimoine
Cet atelier est destiné aux proches de personnes victimes de féminicides*.
L'inauguration du vitrail aura lieu le 24 novembre 2026 à partir de 18h dans les serres du jardin Botanique, Rue Royale 236, 1210 Saint-Josse-ten-Noode
*féminicides intimes et non-intimes, transféminicides, féminicides politiques, féminicides systémiques, féminicides de masse, féminicides génocidaires, féminicides indirects
Partagez-nous l'emplacement d'un dispositif publicitaire que vous aimeriez voir disparaître !
Peut-être êtes-vous agacé⋅es 😡 par la pub dans l'espace publique, ou visible depuis l'espace publique, ou même depuis des espaces privés ?
À l'approche du vote au conseil communautaire de la Métropole du Grand Nancy, pour entériner le projet de RLPi, largement assoupli au bénéfice des pro-pubs (voir notre billet récent à ce sujet), on aimerait montrer que la parole anti-pub est bien présente dans le Grand Nancy.
Si vous êtes plutôt fervent⋅e d'un cadre de vie moins envahi par la pub, partagez-nous où se trouve LE panneau (ou dispositif) publicitaire que vous aimeriez le plus voir être retiré dans le cadre du nouveau RLPi (Règlement Local de Publicité intercommunal) de la Métropole du Grand Nancy. 📍
👉📝 https://beta.framaforms.org/panneau-pub-a-enlever
Et s'il y a plus d'un panneau que vous aimeriez voir retiré, remplissez plusieurs fois le formulaire 😉
Nous préparerons une carte interactive 🗺️ (https://nancy.antipub.org/no-pub/) reprenant les emplacements de toutes les contributions, et pour chacun, le commentaire associé.
(La carte n'est pas actualisée en temps réel, c'est normal si votre contribution met plusieurs heures pour y figurer ;)
Merci beaucoup pour votre participation, et n'hésitez pas à faire circuler le plus largement possible.
LIBEREZ-LES TOUSTES !
Le philosophe, Mickaël Labbé (De la cage à l'abattoir (Ed. Payot), spécialiste de l'architecture urbaine et très engagé dans la défense de la cause animale dresse ici un constat terrible. Si nous abattons dans le monde chaque année près de 2000 milliards d'animaux (oui vous avez bien lu), cela ne peut se faire qu'à travers l'invisibilisation de cette tuerie de masse, invisibilisation rendue possible par un morcellement de l'espace entre les humains et l'industrie de la viande. Il nous montrera comment démanteler cette architecture, fissurer cet ordre spatial et réinventer de nouveaux espaces permettant des relations plus justes entre les humains et les autres animaux.
Un collectif antispéciste vient de se créer récemment dans les Ardennes, iels en profiteront pour le présenter. Il y aura également de délicieux cookies vegan à vendre en soutien au refuge Josette et les petites bêtes.
Chez Josette
Jeudi 17 septembre
À partir de 19 h
5 rue de l'Arquebuse,
Charleville-Mézières
Ce jeudi 3 septembre, la capitale du Chili ressemblait à un musée des horreurs pour la cinquième édition des rencontres du «forum de Madrid».
L’article Au Chili, réunion de l’Internationale réactionnaire pour «lutter contre le wokisme, le progressisme et le communisme» est apparu en premier sur Contre Attaque.
Un joli poster, à afficher sur le frigo, ou à avoir dans la poche, pour connaître tous les rendez-vous où se retrouver, autour d'un ballon, d'un livre, d'un café, d'une discussion…
Version papier à récupérer au Geyser, à Ancrage ou en manif !
Pour y apparaître, envoyez vos évènements avant le 20 du mois à : orage@autistici.org, nouvelle adresse le mois prochain !
Collage, linogravure, crayon, … tous les outils sont permis. Pas de thème particulier, mais un format A3, monochrome, bien contrasté, qui sera imprimé en riso.
Pour partager et distribuer Orage autour de vous, dans vos collectifs, envoyez nous un mail, on verra ensemble comment vous faire parvenir des exemplaires.
Tu peux chourrer du papier A3 au taf, ou ailleurs ? On prend !
Orage est distribué gratuitement. Ses coûts ne sont pas énormes, mais quand même. Du papier A3, de l'encre, des masters, l'entretien des machines… Nous filer du papier c'est une super façon de nous aider !
À déposer à Ancrage (48 rue Vayringe), ou au Geyser ouvert les jeudis après-midi à partir de 15h (11 Grande rue, au fond de la cour)
On entend trop parler de Carcassonne depuis que la ville de 50.000 habitants est tombée entre les mains du Rassemblement National.
L’article Insolite : le maire RN de Carcassonne fait murer un squat… mais se trompe d’adresse est apparu en premier sur Contre Attaque.
Le collectif SAVE (Stop Aux Violences d'État) appelle à un rassemblement, partout en France, le dimanche 20 septembre 2026 à 15h.
À Nancy ce sera devant la Cité Judiciaire, dans le cadre d'une mobilisation simultanée dans toute la France.
Nous nous opposons à la proposition de loi instaurant une présomption d'usage légitime de l'arme pour les forces de l'ordre (article L.435-1 du code pénal), surnommée "permis de tuer". Ce texte renverse la charge de la preuve, rend impossible toute mise en garde à vue d'un agent en service, et prive les victimes et leurs familles de tout recours effectif.
Depuis la loi Cazeneuve de 2017, le nombre de personnes tuées par des tirs policiers a considérablement augmenté. Cette nouvelle proposition de loi aggraverait encore une situation déjà dénoncée par les instances internationales des droits humains.
Nous exigeons l'abandon de ce texte et une justice réelle pour toutes les victimes de violences d'État.
SAVE — Stop Aux Violences d'État
Les classiques de la littérature SF semblent poussiéreux et dépassés par les nouveaux engins techno-policiers.
L’article Turquie, Chine : fuite en avant technopolicière est apparu en premier sur Contre Attaque.
Quand ?
Le 19 septembre à 12h30
Où ?
MVAC 13e arrondissement 31, rue Bobillot, 75013, Paris
L'association The Witches' Society propose un atelier gratuit de yoga trauma-informé, en non-mixité pour les femmes et minorités de genre.
Animée par une psychologue et professeure de yoga certifiée, cette séance en petit groupe privilégie l'écoute du corps, sans recherche de performance. Chaque personne est libre d'adapter les postures, de faire des pauses ou de quitter la salle sans se justifier. Aucun niveau requis.
Samedi 19 septembre 2026, de 12h30 à 13h45
Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 13e
31, rue Bobillot
75013 Paris
Gratuit, sur inscription obligatoire
Quand ?
Le 23 septembre de 18h30 à 20h30
Où ?
MVAC 11e arrondissement 8, rue du Général Renault, 75011, Paris
L'association The Witches' Society propose un atelier gratuit d'art exutoire animé par Cécile, art-thérapeute, en non-mixité pour les femmes et minorités de genre.
Sur le thème « Le mode d'emploi à moi-même », cet atelier invite à créer pour exprimer ce qui nous traverse, explorer nos besoins et prendre un temps pour soi. Il offre une autre manière de s'exprimer que par les mots, sans niveau artistique requis. Les fournitures sont mises à disposition.
Ce rendez-vous s'inscrit dans les espaces de soutien proposés par TWS aux personnes ayant vécu des violences sexistes et sexuelles. Le cadre repose sur le respect des vécus et des identités de genre, le non-jugement, la confidentialité, l'absence de conseils non sollicités et la liberté de parole comme de silence.
Mercredi 23 septembre 2026, de 18h30 à 20h30.
Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 11e arrondissement
8, rue du Général Renault
75011 Paris.
Gratuit, sur inscription obligatoire
Cette semaine : 1 nouvelle famille avec 3 enfants expulsée laissé à la rue , 3 nouvelles expulsions de famille annoncées=> ne laissons pas faire, plus de 10 familles avec des enfants, des bébés, des femmes enceintes (…) sont à la rue sur saint-nazaire sans hébergement d’urgence !!
Rendez-vous ce samedi 11h place du dragon à saint-nazaire !
Ensemble soyons solidaires et présent.e.s pour soutenir les familles !!!
A l’initiative de la coordination des Gilets Jaunes 44, rassemblement devant la Préfecture pour exiger des mesures gouvernementales sur les prix des carburants, de l’énergie et de l’alimentation. On (c’est-à-dire l’appareil politico-médiatique bourgeois) nous dit que les caisses sont vides. Les caisses des milliardaires et multi-millionnaires qui échappent à l’impôt n’ont jamais été aussi débordantes. Toute situation socio-économique est le résultat de choix politiques. Elle n’est jamais une fatalité. Naturellement, si nous sommes trop nombreux, les ronds-points de la région le sont également :) Faisons de cette journée un nouveau point de départ !
Présentation et discussion autour de l'ouvrage retraçant le parcours de la militante anarchiste Hellyette Bess et l'histoire de sa bibliothèque d'archives révolutionnaires « Le Jargon libre » samedi 26 septembre à 17h à la librairie Le Monte-en-l'air (Paris 20e), en présence d'Hellyette Bess.
Jargon libre retrace le parcours d'Hellyette Bess, militante anarchiste et l'histoire de sa bibliothèque de consultation de livres et d'archives révolutionnaires dans le quartier de Ménilmontant.
Aujourd'hui fermé, ce lieu a été un pilier de la mémoire des luttes et un espace unique de transmission. Plus qu'une simple bibliothèque, Le Jargon libre incarnait une pratique politique : celle de conserver et transmettre nos propres traces, sans dépendre des institutions.
À travers le parcours d'Hellyette Bess, nous explorerons ce que signifie faire vivre la mémoire libertaire au quotidien — non pas comme un fétiche du passé, mais comme un outil pour nourrir les luttes d'aujourd'hui.
Après 29 jours, et avec plus d'un millier de participants venus de presque 40 pays différents, vient de s'achever la série de présentations, d'ateliers et de performances que les camarades zapatistes ont convoqués et organisés sur leur territoire. Ils nous ont annoncé la présence de 1111 zapatistes à Mexico, 20 ans après leur dernière venue, pour se tenir aux côtés des Mères et Pères cherchant sans relâche leurs proches disparus* à travers tout le pays.
Textes et photos par : Alexis & Piankov
Traduction de l'espagnol : Claudio
Après 29 jours, et avec plus d'un millier de participants venus de presque 40 pays différents, vient de s'achever la série de présentations, d'ateliers et de performances que les camarades zapatistes ont convoqués et organisés sur leur territoire. Ils nous ont annoncé la présence de 1111 zapatistes à Mexico, 20 ans après leur dernière venue, pour se tenir aux côtés des Mères et Pères cherchant sans relâche leurs proches disparus* à travers tout le pays.
Durant toute la rencontre, et jusqu'à sa clôture, ont eu lieu des performances musicales, de la poésie et de la prose, tant de la part des zapatistes eux-mêmes que des participants extérieurs. Les ateliers furent variés : impressions de sérigraphie sur t-shirt ou papier, auto-défense féminine, marches en territoire zapatiste pour explorer la biodiversité et les paysages volcaniques caractéristiques des montagnes du sud-est mexicain, entre autres.
Sur la scène centrale s'est tenue la représentation d'un groupe de jeunes zapatistes autour de la pièce « Le commun et le jour d'après », qui renoue avec les principes d'une vie harmonieuse entre les membres d'une communauté et la nature, à travers l'organisation. Avec une emphase sur l'abolition des violences patriarcales, de la propriété privée et des vieux travers de l'ancienne société. Se sont cultivés le partage, la solidarité et l'empathie en faveur d'une vie commune pour éliminer le système capitaliste.
Cette œuvre nous invite à réfléchir sur les jours à venir, sur la force et l'organisation que nous devons avoir pour ne pas permettre au capitalisme de ressurgir. Car nous savons que, comme une maladie, il sera latent pendant plusieurs années, à nous guetter ; et que sûrement les survivants qui n'auront pas commencé tout de suite à s'organiser autrement reproduiront les mêmes logiques qu'auparavant, simplement car il n'auront pas su faire autrement. Mais il nous faut etre plus fort et astucieux. D'où l'importance de réaliser de telles rencontres, qui nous permettent de continuer à nous confronter à d'autres réalités, d'échanger des connaissances et de maintenir vivant l'espoir.
En plus de la pièce et de la force d'organisation que nous ont démontrés nos camarades zapatistes lors de cette rencontre, ils nous ont laissé dans le cœur leur grande générosité et un exemple pour faire les choses différemment. Les soirées à danser, les journées radieuses avec les enfants jouant et illuminant tout sur leur passage. Des mères, des pères, et toute une communauté prenant soin collectivement les uns des autres. Femmes et hommes jouant au basket, aux échecs, échangeant des blagues avec les étrangers. Cette rencontre nous aura laissé la montagne et la pleine lune dans les bras, la nourriture, la nature, et au loin le Winikton (l'homme de pierre) observant nos pas.
Sans aucun doute, tout ceci a constitué un espace de formation à travers la culture. Des anciens combattants chantant sur la prise de San Cristobal jusqu'au jeunes poètes chantant à la liberté, les expressions artistiques ont appuyé le fait que les luttes en commun pour les communs sont des outils pour sauver ce qui nous reste d'humanité et arriver au jour d'après.
Finalement, lors de la clôture de l'évènement, le sous-commandant Moisés a insisté sur la nécessité de nous organiser chacun sur son territoire, de faire du « buen vivir » (du « bon vivre ** ») un art - que le système capitaliste nous a dénié -, de l'importance de partager les savoirs, de la convergence de nos actions, et surtout de la persévérance dans cette lutte qui avance lentement mais sûrement.
*Les personnes disparues au Mexique constituent un phénomène massif, en lien avec la violence du crime organisé.
https://basta.media/a-l-ombre-des-stades-de-foot-Mondial-2026-a-la-recherche-des-130-000-disparus-du-mexique
** Le « Buen Vivir », ou « Lekil Kaltik » en maya Tseltal, est la pratique quotidienne de l'autonomie politique, communautaire et anticapitaliste chez les zapatistes.
Traduction du texte espagnol publié dans « Noticias de Abajo » par Alexis & Piankov :
https://noticias.deabajo.abyaya.la/2026/08/31/ezln-cierre-artes/
Galerie photos :
https://archive.org/details/Fotos-ez-cierra/
Discours de clôture du sous-commandant Moisés :
Lecture Cierre por el Subcomandante Insurgente Moises, Resignarte u Organizarte 30/08/2026
Le 12 septembre, l'éphéméride des luttes s'en prend aux fascistes et aux franquistes, tentant d'en finir avec leurs chefs et leurs représentants à travers le monde. Un sain hobby.
1880 : A Paris, parution du premier numéro du journal 'La Révolution Sociale'. Selon l'éphéméride anarchiste, "Comment un journal anarchiste hebdomadaire en vient à être créé de toutes pièces et financé avec les fonds secrets du Préfet de police de Paris, Louis Andrieux, pour mieux infiltrer le mouvement anarchiste et éventuellement jouer la provocation...
Utilisant pour cela un agent infiltré (Egide Spilleux), qui prétend que l'argent provient d'une riche anglaise sympathisante, il arrive à abuser Louise Michel qui donne sa caution morale au journal. Cinquante-six numéros paraissent jusqu'au 18 septembre 1881, avant que certain compagnons ne s'étonnent de la désinvolture avec laquelle le journal publie leurs noms et adresses."
1927 : A Paris, l'anarchiste italien Sergio di Modugno abat le vice-consul fasciste italien à Paris d'une balle de revolver.
1929 : Au Paraguay, le gouvernement décrète l'état de siège du fait de l'émergence d'un mouvement communiste dans le pays.
1948 : A Donostia (San Sebastian, Pays Basque), "une tentative d'attentat anarchiste aérien contre Franco a lieu. Après l'achat en France, par l'anarchiste espagnol Laureano Cerrada, d'un petit avion de tourisme qu'ils chargent de bombes, trois compagnons espagnols prennent place dans l'avion (le pilote Primitivo Gómez, José Pérez et Antonio Ortiz) dans le but de bombarder la tribune du Club nautique d'où Franco et les hauts dignitaires du régime doivent présider les régates. Mais le petit avion est rapidement intercepté par quatre avions de chasse espagnols. Son air inoffensif lui sauve la mise et lui évite d'être abattu. Il parvient à rejoindre la France.
Cela donnera lieu à un échange diplomatique entre la France et l'Espagne et à l'interrogatoire par la police française du pilote et du propriétaire (officiel) de l'avion, l'anarchiste français Georges Fontenis."
De nouveau extrait de l'éphéméride anarchiste
1970 : A la base de Dawson Field en Jordanie, le FPLP fait sauter trois avions vides détournés quelques jours plus tôt. C'est l'un des événements qui déclenchera 'Septembre Noir'.
1977 : A Johannesburg en Afrique du Sud, Steve Biko, un leader des mobilisations antiracistes et anti-apartheid, meurt en prison après avoir été battu et torturé.
2016 : A Lannion, dans les Côtes-D'Armor, un engin incendiaire explose contre la permanence du Parti Socialiste.
2017 : Lors de la première grande manifestation contre la Loi Travail numéro 2, des affrontements ont notamment lieu à Paris, où sortent quelques molotov, mais aussi à Nantes et dans une moindre mesure à Lyon, tandis que des centaines de milliers de personnes sont dans la rue partout dans le pays.
2018 : A Scorzé près de Venise, un hangar contenant le bureau et l'entrepôt d'un élevage de visons sont incendiés, faisant environ 300.000 euros de dégâts à l'industrie de la fourrure, sans qu'aucun animal ne soit blessé.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 12 septembre.
Fin juillet, la France crame. En Gironde, mais aussi dans le Var. Le 21 juillet un feu se déclare près du petit village de Cotignac. Des centaines d'habitants sont évacués en urgence. Dont un couple de nonagénaires prit dans les flammes, sous les yeux d'un petit-fils inquiet.
« Ils viennent d'être évacués en urgence, ma mère ne veut pas quitter sa voiture, c'est la merde. » Le message de mon père a beau être clair et limpide, je beugue. Ça fait drôle quand même, quand ça arrive pour de vrai à tes proches et pas juste à la télé. Mes grands-parents habitent une jolie maison avec un terrain rempli d'oliviers, proche de Cotignac, un petit village du Haut-Var, réputé pour sa beauté provençale. L'été, les touristes viennent s'y entasser par milliers. Des incendies, ça fait 40 ans qu'ils en voient passer dans cette région qui enregistre chaque année des records de sécheresse.
« J'ai attrapé le chat et on a filé en voiture vers le village sans fermer la maison »
Au départ, mon père ne paraît pas très inquiet : « Le feu passe au nord du village, ils ont quand même évacué le camping, mais c'est loin, papi et mamie sont tranquilles. »
À l'heure du dîner pourtant, mes grands-parents sont tirés de leur baraque par un pompier en panique : « Je n'ai même pas pu m'habiller ! Ils nous ont dit que le feu était tout proche ! Je n'ai pas pu prendre mes papiers ! J'ai attrapé le chat et on a filé en voiture vers le village sans fermer la maison », témoigne ma grand-mère. Ils sont pris dans l'épicentre d'un feu qui file à toute vitesse : 2 000 hectares ont déjà brûlé en dix heures. Une fois sur place, ils rejoignent la salle des fêtes où on leur donne à manger et à boire : « Tout le monde était très gentil, c'était bien organisé. Personne ne pouvait nous loger, vu que tous nos voisins avaient aussi été évacués ! On a donc été logés à l'hôtel d'à côté », raconte papi. Sur les réseaux sociaux, je vois ce village tant familier, attaqué par les flammes comme un exemple type de l'écocide en cours. Une vidéo courte qui nagera dans un flot continu d'images-catastrophes sur lesquelles la plupart des gens glisseront leur pouce, impuissants. Moi, je bloque, regarde dix fois. Le ventre serré, je croise les doigts.
« Alors, on regardait les flammes »Ils ont tous les deux plus de 90 ans. Quarante années de vie qui risquent de disparaître en fumée. Avec le reste de la famille, on discute par téléphone : « Si la baraque crame, ça va les anéantir, que va-t-il rester ? » On ne peut malheureusement rien faire. « Toutes les routes sont bloquées, il faut qu'on attende. T'inquiète, leur moral est bon. »
« Il n'y avait pas de télé car le patron de l'hôtel voulait que ses clients profitent de la vue par la baie vitrée. Mais la vue, c'était l'incendie ! »
Le lendemain, ils parviennent à convaincre les pompiers de faire un rapide aller-retour pour récupérer des médicaments. Une partie du terrain a cramé, mais la maison est intacte, les oliviers indemnes. Les pompiers sont parvenus à éteindre le feu avant qu'il n'atteigne la maison. Ils n'ont pas le droit d'y rester pour l'instant.
« On était logé dans une suite de riches ! Le matelas était tellement épais que je n'arrivais pas à monter dessus, puis il y avait des tas de boutons pour la lumière et la douche, raconte ma grand-mère, exaltée. Il n'y avait pas de télé car le patron de l'hôtel voulait que ses clients profitent de la vue par la baie vitrée. Mais la vue, c'était l'incendie ! Alors, on regardait les flammes... » L'hôtel accueillait aussi les frères et les sœurs du sanctuaire Notre-Dame de Grâces, situé à deux pas du village. À la télé, quand ils sont interrogés, les bigots ne remercient pas les pompiers qui sont parvenus à contenir les flammes devant la chapelle, mais le Tout-Puissant ! « Je retiens surtout qu'ils se goinfraient aux repas servis par l'hôtel », se marre mon grand-père.
Les arbres noirsDeux jours plus tard, mes grands-parents sont enfin autorisés à revenir chez eux. Je les rejoins rapidement à Cotignac. En zigzaguant sur les routes vallonnées qui traversent les forêts de pins et de chênes, on ne se douterait pas qu'un drame a eu lieu quelques jours plus tôt. Le ciel bleu, les cigales. Rien d'autre qu'une impression de vacances en Provence. Puis, le vol d'un canadair, le passage d'un camion-citerne. En s'enfonçant dans le chemin qui mène chez eux, les premiers bords de routes calcinés. Les arbres sont noirs, les poteaux électriques à plat. Les oliviers, dont l'huile est réputée dans le coin, sont explosés à la racine, fendus en deux. Pour la plupart, les habitations sont intactes, mais on voit souvent le tracé au sol du feu à quelques mètres d'elles.
Face caméra, toujours les mêmes têtes dégueulantes qui font mine de pleurer devant les sinistrés, mais s'extasient devant « cette guerre contre l'incendie » menée par des « soldats du feu »
D'autres habitants n'ont malheureusement pas eu cette chance : on croise des voitures brulées ou des maisons aux toits effondrés par les flammes. Par moment, le feu semble s'être brutalement arrêté pour rebondir quelques mètres plus loin. Étrange contraste entre Provence bucolique et ambiance de fin du monde.
Du mal à dormirJe les retrouve dans leur maison, volets fermés, à la fraîche. On parle de tout et rien, mais ils semblent quelque peu déboussolés, fatigués. Finalement, le sujet revient vite : « Apparemment, le feu n'est toujours pas fixé, ça brûle vers Barjols. » C'est au-dessus, à une dizaine de kilomètres. « On a du mal à dormir, on se dit qu'on va être réveillés en pleine nuit pour être de nouveau évacués ! » s'inquiète mon grand-père. Et difficile d'avoir des infos en temps réel puisqu'internet est coupé. « À la télé maintenant, ils ne parlent que de la Gironde, on n'existe déjà plus ! Priorité au direct ! s'exclame papi. C'est toujours pareil : d'abord c'est la catastrophe, et dans quinze jours, les médias auront tout oublié. Mais pas les gens qu'ont perdu leur maison ! »
On zappe d'une chaîne d'info en continu à l'autre pour essayer d'avoir des infos qui s'afficheront quelques secondes sur un bandeau en bas de l'écran. Face caméra, toujours les mêmes têtes dégueulantes qui font mine de pleurer devant les sinistrés, mais s'extasient devant « cette guerre contre l'incendie » menée par des « soldats du feu ». Pas un mot sur le fait que cette « guerre » ressemble plutôt à une débâcle1, tant les budgets pour la lutte contre les incendies sont malmenés ces dernières années. D'après Reporterre, si le gouvernement avait augmenté son budget à la sécurité civile après les forts incendies de 2022, le gouvernement Attal avait, lui, coupé dans les budgets en 2024, empêchant le rachat de deux canadairs. Aujourd'hui, le budget est plus bas qu'en 2022 et l'État dépense moins dans la sécurité civile que pour la police aux frontières...2
Les jours qui suivent, on coupe le bois mort sur le terrain et débroussaille les alentours de la maison, au cas où le feu s'approche. L'incendie n'est toujours pas fixé. Chaque fois qu'un canadair passe, on lève nos mines inquiètes. « Le voisin passe tous les jours sur le terrain pour vérifier si ça ne reprend pas par sous la terre », raconte mamie, heureuse de cette entraide. Mais, la fameuse solidarité-de-tout-instant vantée par les médias semble être à géométrie variable. Les voisins se renvoient la balle sur le débroussaillage non effectué – une obligation légale du propriétaire, mais qui coûte un bras. Et la tension fait parfois sortir les pulsions racistes les plus délirantes : « “C'est un coup des islamistes !” m'a dit une voisine. Et d'après un autre ça serait les Russes ! » se désole mamie.
On en oublierait presque que les premiers faiseurs de flammes sont les industries polluantes, les gros agriculteurs qui assèchent les sols et plus généralement une économie capitaliste qui fait exploser le CO2 dans l'atmosphère et multiplie les risques d'incendie. Le soir, on regarde un reportage sur la situation climatique en Sicile. En 2023 et 2024, il n'a quasiment pas plu. Cette période a connu d'immenses incendies qui ont ravagé l'île. Aujourd'hui, la maison n'a pas brûlé. Mais demain, qu'est-ce qui nous attend ?
Etienne Jallot1 . Voir « Y'a le feu au lac », CQFD n°244 (septembre 2025).
2 . « En infographie : 10 ans de sous-investissement dans la lutte contre les incendies » (30/07/2026).
Dé-fis-ca-li-sa-tion. Défiscalisation ! Défiscalisation !
Et là, tu te dis : iels ont craqué à CQFD ? Iels sont passé·es de l'autre côté ? Eh bien non, lecteur, lectrice, rassure-toi, personne n'a vendu le Chien rouge à Bercy. On a seulement réussi à mettre en place les dons défiscalisés. C'est important, alors on va tout t'expliquer. D'abord, si tu ne payes pas d'impôts, inutile de te lancer dans l'aventure, va directement au paragraphe suivant. Dans le cas contraire et si t'as envie de nous faire un beau cadeau, direction : https://donorbox.org/cqfd. Grâce à la plateforme J'aime l'info (association loi 1901, reconnue d'intérêt général), ton don peut être défiscalisé à hauteur de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Nous demande pas de traduire ce charabia, on n'est pas inspecteur·ices des finances. Tout ce qu'on sait, c'est que le Chien rouge t'a bricolé une belle petite niche fiscale. En gros, tu nous files un peu de fric, l'État t'en rend une partie, et tout le monde peut continuer à prétendre qu'il maîtrise la situation. Deal ?
Bienvenu·e à toi qui a sauté le tunnel sur la fiscalité. On voulait juste te dire un petit truc… (Imagine-nous les yeux rivés au sol, les mains qui se tortillent et les joues cramoisies) Tu vois, en ce moment, la presse indépendante, c'est pas évident. Niveau fric, surtout. Donc si t'as quelques pièces qui traînent – un numéro vaut deux canettes –, on les veut bien ! Mais si t'as rien, pas de panique : il y a d'autre manière de nourrir le Chien rouge. Cet été, plusieurs journalistes ont quitté la rédac, alors on cherche de nouvelles plumes, de nouvelles pattes et quelques truffes bien affûtées. Donc si t'as un sujet qui te taraude, une gueulante à pousser ou une enquête à mener, écris-nous à : rédaction.cqfd@gmail.com. Bref : si t'as des sous, on prend. Si t'as des idées, on prend aussi. Et si t'as les deux, là, franchement, tu nous régales !
Luno intervient bénévolement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages par quelqu'un qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci, plongée dans la fournaise.
22 personnes ! En ce début juillet, la salle d'activité est pleine à craquer et, à vrai dire, je suis le premier surpris. Même si je crois dur comme fer aux ateliers que nous proposons et aux espaces qu'ils ouvrent dans l'ordinaire de la détention – disons des zones de tranquillité, de divagation possible, à défaut d'évasion – on ne remporte pas souvent un tel succès. Je comprends vite pourquoi : en mon absence mes collègues ont obtenu deux ventilateurs que les détenus s'empressent de mettre à plein régime. Dehors, le soleil cuit les tuiles noires et un halo de chaleur molle s'en échappe.
« C'est là que vous êtes bande de flemmards ! s'exclame le dernier arrivé.
— Eh ouais, on va pas aller griller en promenade, Papy ! Y'a zéro ombre à cette heure-là. »
Papy se marre en agitant les bras. Jeune quadra tatoué dans le cou et sur le dos des mains, il est déjà « deux fois grand-père » comme il aime à le rappeler pour inciter les autres – codétenus comme surveillants – à faire preuve de respect. Papy rejoint la clique du ventilo numéro un et tire un éventail publicitaire de la poche de son survet'.
Dans un rapport publié en 2024, l'association écolo Notre affaire à tous qualifie le dérèglement climatique en prison de « double peine ». Ici, tout est immédiatement amplifié par la vétusté des locaux, la surpopulation, le manque d'investissement et de volonté politique. Il faut imaginer le pire bâti possible : des complexes entièrement minéraux, dépourvus de végétation ; des pièces petites où cohabitent plusieurs adultes avec une seule fenêtre, jamais de volets. Impossible de se déplacer, mais également de s'abriter du soleil le jour ou d'aérer correctement la nuit. Et dans beaucoup d'établissements, dont ceux que je fréquente, aucune cellule ne dispose encore de douche individuelle. Se laver, ce n'est pas quand on veut ou quand on en a besoin, c'est au mieux trois fois par semaine et toujours au bon vouloir des matons. Le reste du temps, il faut se contenter du lavabo... D'où l'eau sort parfois brûlante en été !
Et puis, en taule plus qu'ailleurs, les emmerdes s'enfilent comme des perles. Pendant la deuxième vague de chaleur cet été, les frigos ont pété les uns après les autres. Parce qu'ils sont vieux ? Parce qu'il fait 45 degrés en fin d'après-midi ? Allez savoir. Le « partenaire privé » a mis une plombe à réagir et, pendant ce temps, la nourriture cantinée à prix d'or s'est gâtée et a été jetée au pied des bâtiments. En quelques jours, les rez-de-chaussée étaient infestés de cafards.
Autour de Papy, on s'échange des bons plans, en mode survie : qui reste allongé sur le carrelage une bonne partie de la journée, qui accroche une serviette trempée à sa fenêtre avant d'aller dormir, qui n'achète plus de produits frais de peur qu'ils moisissent. L'association Notre affaire à tous considère que le risque caniculaire touche désormais 100 % des prisons françaises.
Le lundi suivant nos ventilateurs flambant neufs ont disparu. À la place, une tour en plastique jauni qui crache de l'air tiède en faisant un boucan d'enfer. C'est qu'il fait chaud aussi dans les bureaux de l'administration !
LunoDes abris en feu et des silhouettes tentant de fuir paniquées : à Ceuta, des « manifestant·es » anti-migrant·es ont incendié des campements de fortune le 27 août dernier. Cette agression rappelle l'instrumentalisation de la frontière opérée par l'extrême droite quelques semaines plus tôt à laquelle des habitant·es ont riposté.
« C'était énorme, quelque chose de jamais vu auparavant. La peur, l'incertitude et le chaos sont devenus palpables rapidement », explique Halima Ahmed, éducatrice spécialisée et porte-parole de l'ONG d'aide aux plus démunis Luna Blanca. Le 30 juillet dernier, l'afflux soudain de 60 000 à 80 000 personnes à Ceuta depuis le Maroc a été brutal pour cette ville autonome espagnole de 83 000 habitant·es. D'autant plus que ce chiffre « dépasse les limites des infrastructures et des services de base pour s'occuper de tous ces gens de manière digne », rappelle Halima. Par conséquent, nombre d'entre elleux, épuisé·es par le trajet réalisé à pied ou à la nage, sont contraint·es d'errer dans les rues en esquivant les contrôles de la flicaille malgré le soutien d'associations et d'habitant·es. Tellement invivable que la grande majorité a fait demi-tour vers le Maroc quelques jours plus tard.
Rapidement, on évoque qu'une rumeur concernant l'ouverture de la frontière à Ceuta sur les réseaux sociaux serait l'explication d'un tel afflux en si peu de temps. Des médias nationalistes marocains crient à l'ingérence algérienne, tunisienne ou française, quand les ultranationalistes américain·es crient à un complot fomenté dans leur propre pays. Mais la très grande majorité des exilé·es étant marocain·es, comment ne pas pointer du doigt la politique sociale et économique du royaume laissant des centaines de milliers de jeunes sur le carreau, sans espoir si ce n'est de partir ailleurs (voir page 6) ? Les expert·es comme Catherine Wihtol de Wenden, chercheuse au CNRS spécialiste des migrations internationales, évoquent même une instrumentalisation de la carotte migratoire par l'État marocain pour mettre une pression diplomatique sur son voisin espagnol1. Dans la confusion, les extrêmes droites européenne et espagnole ont été les plus promptes à récupérer la situation en crachant sur les 96 morts formellement identifiés à ce jour. La réaction spontanée des Ceutien·nes les a ridiculisés.
Les réacs européens unis dans la haineFace à la détresse des exilé·es, la réponse européenne est unanime : repli sur soi et contrôle. Les expressions popularisées par l'extrême droite « submersion migratoire » ou « invasion migratoire » sont désormais employées à tout va sur le Vieux Continent pour parler de vies humaines. Dès le 31 juillet, les infâmes Bruno Retailleau et Jordan Bardella ont été pris d'une crise de tweets aiguë. Le premier dénonce la politique de régularisation des sans-papiers initiée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, laquelle créerait « un formidable appel d'air qui menace de déstabiliser l'Europe entière ». L'ancien ministre de l'Intérieur français oublie de préciser que ces régularisations ont été réalisées uniquement dans un but économique pour que l'Espagne puisse rester compétitive dans un système capitaliste à bout de souffle. Par ailleurs, la théorie de « l'appel d'air » selon laquelle les politiques d'accueil de réfugié·es pousseraient un nombre encore plus grand de personnes à tenter leur chance sur les chemins de l'exil n'a jamais été étayée par des études scientifiques. De son côté, le président du Rassemblement national appelle à des « expulsions automatiques des clandestins », au « contrôle de nos frontières nationales », à la « protection des frontières extérieures de l'Europe » et à l'« exclusion de l'Espagne de l'accord de Schengen », rejoignant ainsi la position de son homologue italienne Giorgia Meloni. Santiago Abascal, leader du parti d'extrême droite espagnol Vox, appelle quant à lui à une « militarisation permanente de la frontière ».
« Fascistes hors de notre ville »Les groupuscules néonazis, fascistes et identitaires espagnols et européens ont su quant à eux profiter de l'espace Schengen pour venir déverser leur haine directement sur place. Dès le 1er août, des militants de l'organisation néonazie espagnole Núcleo Nacional ont débarqué en ferry à Ceuta. Créée en 2024 à la suite des manifestions nationalistes contre les négociations pour l'amnistie des indépendantistes catalans, celle-ci se compose de membres issus d'autres groupes comme Bastión Frontal, les Ultras Sur du Real Madrid, les Cubos skins ou encore l'organisation fasciste de la Phalange fondée dans les années 1930, puis intégrée au régime franquiste.
L'influenceur et député européen d'extrême droite espagnol, Alvise Pérez est contraint de battre en retraite dans un café face à une foule qui s'égosille : « Ceuta unie, pas divisée ! »
À leur arrivée dans l'enclave espagnole, les militants, cagoulés pour certains, t-shirt avec le symbole nazi du soleil noir pour un autre, ont tenté de se rendre à la Plaza de los Reyes dans le centre-ville, escortés par les flics, pour « défendre Ceuta » et « défendre l'Espagne ». Ils ne sont jamais arrivés à destination. Grâce à qui ? Eh bien aux Ceutien·nes qui ont rapidement réagi pour aller sur les lieux en premier aux cris de « fascistes hors de notre ville ! ». « Un groupe de fascistes cagoulés n'avait rien à faire dans une ville dont le multiculturalisme est sa plus grande force », s'indigne Halima Ahmed. Demi-tour les nazis, vous prenez le bateau et vous rentrez chez vous ! Le même jour, l'influenceur et député européen d'extrême droite espagnol, amateur de fake news, Alvise Pérez subit le même sort. Protégé par la police durant toute la journée à essayer d'organiser des petits « happenings » avec ses partisan·es, le fondateur et dirigeant du parti politique Se Acabó La Fiesta (La fête est finie) est contraint une première fois de battre en retraite dans un café face à une foule qui s'égosille : « Ceuta unie, pas divisée ! » Plus tard, la police décide même de l'extrader à bord d'une fourgonnette qui file vers le port sous les déclarations des locaux : « Je suis Espagnol ! Espagnol ! Espagnol ! » En effet, quasiment 50 % de la population de l'enclave revendique à la fois son identité espagnole et musulmane.
Identitaires de France et d'ailleursLe lendemain, la tension monte d'un cran. Outre la venue de l'influenceur et attaché de presse d'Alvise Pérez, Vito Quiles, les membres de l'initiative « citoyenne » européenne réactionnaire Save Europe Act sont venu·es dégueuler leur rhétorique et leurs concepts racistes. Iels ont tout d'abord « bloqué » le poste-frontière d'Algesiras de l'autre côté du détroit de Gibraltar sur le territoire espagnol aux côtés de la Revuelta, une organisation de jeunesse qui fut proche de Vox. Iels ont ensuite débarqué à leur tour à Ceuta pour organiser une manifestation appelant à la « remigration ». Un concept qui incite à la déportation des immigré·es non européen·nes dans leurs pays d'origine, indissociable de la théorie raciste du « grand remplacement ». Très prisée par les identitaires et les suprémacistes blancs, celle-ci prophétise la destruction de la culture blanche et de l'identité européenne.
Si aujourd'hui Vox est la troisième force politique à Ceuta avec 20,64 % des voix obtenues lors des dernières législatives en 2023, l'extrême droite groupusculaire la plus radicale n'a jamais réussi à s'y implanter
Parmi ces « citoyen·nes », nous trouvons surtout des infréquentables de toute l'Europe comme l'influenceuse et militante identitaire néerlandaise Eva Vlaardingerbroek à l'origine de cette initiative. Parmi elleux se trouve également un fasciste de chez nous : Rafael Ferron alias Raphaël Ayma, membre du groupuscule néofasciste provençal Tenesoun.
Encore une fois, les Ceutien·nes réagissent, répétant inlassablement que « Ceuta [est] unie, pas divisée ». Si aujourd'hui Vox est la troisième force politique à Ceuta avec 20,64 % des voix obtenues lors des dernières législatives en 2023, l'extrême droite groupusculaire la plus radicale n'a jamais réussi à s'y implanter. « Leurs électeurs, principalement racistes, ne supportent pas le fait que l'autre moitié de la population, les Ceutien·nes musulman·es, n'acceptent plus les rôles qui avaient été attribués à leurs grands-parents, qui n'étaient rien d'autre que des domestiques, des livreurs... », analyse Halima. Au moment d'écrire ces lignes, la situation reste tendue entre habitant·es hostiles aux réfugié·es et les structures d'accueil débordées. Mais cette séquence rappelle que l'autodéfense populaire, antifasciste et spontanée fonctionne dans les moments de crise. À bon entendeur.
Eliott Dognon
Présentation
La première partie de ce travail est initialement parue en espagnol dans la revue Comunismo 66 du Groupe Communiste Internationaliste (GCI) en février 2017. Bien que l'équipe qui a produit ce matériel ait préparé sa suite dans les numéros suivants de cette revue, une série de circonstances et de ruptures ultérieures ont interrompu le planning prévu. Plus de cinq ans après, une bonne partie des militants qui composaient l'équipe ont décidé de reprendre cette tâche importante, considérant qu'elle représente une contribution qualitative au bilan que notre classe a forgé de cet épisode historique extraordinaire. Cette seconde partie fut publiée par les Proletarios internacionalistas dans la revue Revolución 2 en septembre 2023.
Certains camarades s'interrogent sur l'utilité que peut avoir un tel matériel dans le présent : un bilan d'un processus qui s'est déroulé il y a presque un siècle et sur lequel on a écrit ad nauseam. Tout ce qui est important du point de vue du prolétariat révolutionnaire n'a-t-il pas déjà été dit ? N'y a-t-il pas des questions et des problèmes actuels beaucoup plus importants qui requièrent nos efforts et qui auront plus d'impact, ou du moins qui seront mieux accueillis dans notre communauté de lutte, par rapport à ce « mammouth » sur la lutte en Espagne dans les années 1930 ? Nous ne nions pas qu'il existe des questions actuelles d'une grande pertinence qui sont abordées aujourd'hui au sein des minorités révolutionnaires et d'autres sections de notre classe. Nous n'y sommes pas étrangers et y participons à différents niveaux.
L'antifascisme ne continue-t-il pas à avoir une force hégémonique partout, acquérant une nouvelle vigueur et renforçant la démocratie, le politicisme, la polarisation entre la gauche et la droite, en enrôlant même les prolétaires dans telle ou telle guerre ? Le gestionnisme n'est-il pas l'une des voies par excellence face à la crise de la valorisation du capital ? L'État du Rojava, la guerre Ukraine-Russie, l'utilisation constante d'un moindre mal, l'épouvantail du fascisme, le possibilisme, l'apologie de la prise des centres de production par les travailleurs comme objectif, l'anti-autoritarisme comme monopole du pouvoir dans les mains de l'État… Le bilan présenté ici ne fait qu'approfondir la critique de ces idéologies et d'autres qui restent aujourd'hui un pilier de l'ordre social. Leur pertinence et leur importance sont irréfutables.
Certes, la critique révolutionnaire a déjà passé en revue ces forces de l'ennemi au cours de ces neuf décennies. Mais il s'agit de poursuivre cette tâche en allant plus loin, de contribuer à donner à la critique historique du prolétariat un contenu plus profond et plus concret. En ce sens, nous ne pouvons pas permettre que ces matériaux continuent à circuler et à être discutés exclusivement « en interne » entre quelques camarades et groupes.
Au-delà de l'explication de notre méthodologie d'analyse, la présente contribution expose ce qui est pour nous l'ABC de la révolution et de la contre-révolution dans la région espagnole des années 30, accompagné d'un bref compte-rendu critique du développement de la lutte des classes dans cette période, en soulignant la force du prolétariat, de son associationnisme, de ses tentatives insurrectionnelles. En même temps, nous avons essayé de montrer comment ce processus riche et complexe de la montée de la révolution était parallèle à la constitution et à l'établissement de son contraire : la contre-révolution. En effet, nous avons montré comment, tandis que le prolétariat remettait en cause et attaquait l'ensemble de l'ordre social, tentant d'imposer ses besoins par sa force collective, essayant de faire un saut qualitatif par des tentatives insurrectionnelles, la contre-révolution prenait des formes alternatives pour neutraliser et phagocyter cette force qui menaçait son existence : république, partis de gauche, « alliances ouvrières »… jusqu'à ce qu'elle trouve dans le Front populaire et l'antifascisme la formule sur laquelle la contre-révolution s'est structurée et imposée.
Avec cette contribution, nous considérons que nous avons fait un pas en avant dans l'analyse des fondements de la contre-révolution dans la question espagnole. Il va sans dire que nous encourageons les camarades à nous envoyer toute critique de ce bilan, ainsi que toute information peu connue relative à ce formidable épisode de notre lutte de classe.
Les centres de rétention adminstrative (CRA) sont des prisons où l'Etat enferme les personne qu'il considère comme « sans papiers ». Les CRA sont un maillon clé de la politique coloniale et raciste menée contre les personnes étrangèr.e.s. S'ils doivent théoriquement servir à organiser l'expulsion des prisonnier.es, ils sont en réalité toujours davantage utilisés pour enfermer celleux que l'Etat considère comme indésirables. En témoigne la durée d'enfermement maximale qui n'a cessé d'augmenter, passant de 48h à leur création à 90 jours en 2018 et même 210 jours pour certain.e.s depuis la loi Rodwell adpotée l'été dernier. A Lyon, il y a deux CRA près de l'aéroport Saint Exupéry. Les conditions d'enfermement y sont ignobles (violences policères permanentes, nourriture insuffisante, ignoble et périmée, ...).
Nous nous donnons pour missions de relayer et soutenir les luttes des prisonnier.e.s des CRA, de dénoncer les entreprises qui collaborent avec les CRA, de lutter contre les nouvelles constructions et plus généralement de lutter pour la fermeture de tous les CRA.
Mercredi, on présentera un peu plus les CRA et le collectif et on parlera de l'actualité dans les CRA (luttes internes, loi Rodwell, pacte migratoire européen).
A bas les CRA, les frontières et les prisons !
Contactez nous sur signal : lyonanticra.69 ou sur insta @lyonanticra pour connaître la localisation exacte.
Souvenons-nous d’un autre 11 septembre : celui du coup d’État militaire d’extrême droite au Chili et ce qu’il dit de la férocité capitaliste.
L’article Un autre 11 septembre : 1973, le coup d’État au Chili est apparu en premier sur Contre Attaque.
Salut à tou·tes,
"Soin militant", "care", "inclusivité des luttes" et "dans les luttes"...
Le 30 de chaque mois, de 18h à 21h, les "rencontres du soin militant" de l'agglo grenobloise permettent à des personnes intéressées par le sujet de se retrouver pour se faire part de leurs besoins, idées, envie etc de projets divers et variés à ce sujet !
Concrètement ça peut être un espace pour se connaître, se coordonner entre les différents collectifs et groupes affinitaires qui proposent du soin dans les luttes à Grenoble, mais aussi pour que ce·lles qui ne font pas partie d'un groupe ou quoi, puisse participer aux discussions générales sur les besoins de nos milieux, ce qu'on pourrait imaginer, ce qui manque, ce qu'on fait bien ou qu'on peut améliorer...
On espère qu'il pourra aussi continuer à en naître des envies de monter des projets ! Dans la charte des rencontres, c'est écrit : "Les Rencontres Autonome du Care pour une INclusion Emancipatrice et Sociale (RACINES) espèrent être les racines de plein d'initiatives collectives qui tendraient à favoriser l'inclusivité réelle dans les luttes pour les massifier et les radicaliser."
On aimerait que ces rencontres soient les plus inclusives possibles. L'idée est notamment que quiconque puisse formuler des besoins spécifiques (soit directement à la rencontre, soit via un document anonyme en ligne (https://nuage.gresille.org/index.php/s/5XxjGsstkd2jJY8) ou via un·e personne relai par exemple) et que le groupe de personne présentes réfléchisse à les mettre en œuvre.
On peut venir quand on veut, avec des choses à boire et à manger si on veut. L'ordre du jour est déterminé par les personnes présentes. Idéalement si on arrive tou·tes à l'heure (18h) ça permet de se présenter tou·tes, de poser le cadre et de se mettre d'accord ensemble sur ce dont on a envie de parler mais on fait comme on peut bien sûr. Pour avoir une idée des envies des autres personnes, il y a un document de proposition d'ordre du jour (en pagaille ^^) ici : https://nuage.gresille.org/index.php/s/idMZfxt6c5kKtin
On peut trouver la charte complète, qui précise les modalités de fonctionnement, ici : https://nuage.gresille.org/index.php/s/FLYYHf5F9kGz9Ft Les rencontres sont souveraines. Les décisions qui changeraient la charte doivent être prises à l'unanimité à deux rencontres de suite entre 19h et 20h.
C'est ok que chacun·e apporte à boire et à manger. Espaces intérieurs non-fumeur. On demande aux personnes qui auraient besoin de boire de l'alcool de masquer les contenants et de ne pas en faire la promo. Si on ne peut pas aérer, on demandera si c'est possible de porter des masques (on essaye de les fournir).
On essaye de varier les lieux des rencontres. Les rencontres sont organisées par des personnes volontaires venues à une précédente rencontre et accompagnée de celleux qui ont en déjà organisées.
C'est possible de poser toutes les questions que vous voulez à l'avance à racines@gresille.org aussi.
N'hésitez pas à en parler autour de vous si vous en avez envie et/ou sur vos réseaux, etc.
À bientôt ! Et pis bin avec ou sans RACINES prenons soin les un·es des autres pour abattre ce système de merde !
Prochaines rencontres :
Le 30 septembre 2026, de 18h à 21h, au Collectif voisin (11 place André Charpin - 38000 Grenoble)
Le 30 octobre 2026, de 18h à 21h, à la BASE (17 rue du Dauphiné - 38000 Grenoble)
Le samedi 26 septembre 2026 à Grenoble, une marche partira de la place Victor Hugo à 14h30 jusqu'au Jardin de Ville, suivie d'une assemblée générale ouverte à tout le monde.
Elle s'inscrit dans une mobilisation nationale qui réunit plus de 31 000 signataires et plus de 540 organisations. La marche se tiendra partout en France, dans les métropoles comme dans les bourgs. Voir l'appel ici : https://26septembre.org/
Cet été, 5 764 personnes sont mortes de la canicule en quinze jours.
Les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires, les personnes âgées, celles et ceux qui travaillent dehors ont payé le prix le plus lourd.
Plusieurs milliers de mètres carré de forêt partis en fumée dans un incendie à la Bastille, le feu d'artifice du 14 juillet annulé… Grenoble aussi est touchée !
Nous exigeons trois plans : un plan d'urgence, un plan d'adaptation et un plan d'atténuation, financés par la taxation des superprofits des énergies fossiles et de l'armement, et par un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches.
En lutte pour une planète habitable, stop à l'inaction gouvernementale !
Pour toute demande d'information : 26septembregrenoble (at) mailo (point) com
Pour rejoindre l'organisation : https://t.me/+JsmISwRqJS1kMjY8
Quand ?
Le 12 septembre de 14h15 à 19h30
Où ?
Place Jussieu Place Jussieu 75005 Paris
Samedi 12 septembre PLACE JUSSIEU départ 15h. Manifestation des Gilets Jaunes
Paris 5e. Métro : 7, 10 Jussieu
Des prises de parole auront lieu à partir de 14h15
Revendications :
– Mise en place d'un audit des finances publiques et d'un Grenelle de la fiscalité.
– Réécrire une constitution qui défende réellement les citoyens avec le Référendum d'Initiation Citoyenne (RIC), pour plus de démocratie directe.
– Augmenter les salaires et retraites en tenant compte de l'érosion monétaire.
– Mise en place d'un référendum sur la sortie de l'UE.
Parcours :
Place Jussieu - rue Linné - rue Lacépède - place de la Contrescarpe - rue Mouffetard - place Georges Moustaki - rue Censier - rue Monge - rue Cardinal Lemoine - rue des Fossés Saint Bernard - quai de la Tournelle - pont de la Tournelle - quai de Béthune - rue Poulletier - rue Saint Louis en l'Île - rue Jean du Bellay - pont Louis Philippe - quai de l'Hôtel de Ville - arrivée place de l'Hôtel de Ville.
Collectifs :
– Unité Gilets Jaunes
– Association Yellowsphere
Déclarants :
Olivier G., Jack L., Martine D
Durant la manifestation nous ferons notre huitième Tombola Jaune (deux livres sur le mouvement des Gilets Jaunes seront offerts), les prénoms de tous les manifestants seront mis dans une grande enveloppe.
Unité Gilets Jaunes est un collectif apartisan.
L'Europe ne cesse de renforcer les murs de sa forteresse.
Ces dernières années ont vu l'accumulation des lois répressives envers les personnes exilées, qui se traduisent en actes :
Frontex poursuit les embarcations dans la méditerranée, la PAF traque les exilé-es sur les chemins des Alpes, de nouveaux CRA sont en construction, l'armée renvoie les personnes en camion par dizaine de milliers à Ceuta...
Contre leur système de mort, on vous propose une semaine de discussions et de mobilisation, pour continuer de construire la résistance et la solidarité à Grenoble, où de nombreux collectifs se mobilisent.
Le programme de la semaine (il n'est pas encore définitif mais sera bientôt fixé, plus d'infos à venir !) :
Projection d'extraits du film "Those who burns borders" du collectif Cadre Cagoulé et Borders Resistance (mardi 6 ou samedi 10 octobre).
Le film documente à Ceuta ce que vivent les harragas : témoignages, blessures, expulsions, contrôles, violences policières et militaires, mais surtout leur résistance, leur organisation et leurs luttes pour la dignité et la liberté de circulation. Le tournage est encore en cours et vous pouvez les soutenir sur cette cagnotte, qui finance directement le transport, l'hébergement, la nourriture, le matériel audiovisuel, les déplacements, le stockage sécurisé, les communications, le soutien juridique et les urgences. https://www.leetchi.com/fr/c/ceuta-document-the-violence-support-the-resistance-2025200?u=fb752f37-c208-4e7d-a5d3-0196429300ca&utm_source=copylink&utm_medium=social_sharing
Projection du film "Soudan, souviens-toi" de Hind Meddeb, avec l'association soudanaise de Grenoble (mercredi 7 octobre, salle Monique Eleb, à la Villeneuve).
Après 30 ans de dictature, le portrait d'une jeunesse soudanaise, qui par ses mots, poèmes et créations défie la répression militaire et lutte pour ses rêves de démocratie. En croisant leurs itinéraires, Hind Meddeb articule les fragments d'une révolution impossible, de ses débuts prometteurs jusqu'à ce que la guerre détruise tout, mettant les Soudanais sur les routes de l'exil.
Tractage contre les frontières et pour la Palestine (probablement le jeudi 8 octobre).
Table ronde sur les stratégies de luttes des personnes sans papiers face au racisme d'Etat (discussion de 18h30 à 20h30 au Lîeu, suivi d'un repas).
Le durcissement des politiques migratoires à l'échelle nationale et européenne place de plus en plus de personnes en situation d'irrégularité et de précarité. Face à cette violence d'Etat, de nombreux collectifs et associations de personnes concernées s'organisent.
Soirée de soutien
Les sous seront reversés au CAAF pour soutenir les personnes exilées arrivant à Grenoble.
N'hésitez pas à nous contacter si vous avez envie de participer à la construction et à la réalisation de cette semaine !
Le CAAF
Des personnes s'étant rencontrées aux rencontres RACINES ont travaillé sur la brochure Guide pour former un duo d'écoute afin de proposer un support et un cadre aux personnes qui voudraient en former un :)
De quoi parle cette brochure ?
Un duo d'écoute, c'est deux personnes qui décident de former un duo et vont se retrouver à plusieurs reprises pour des temps d'écoute. Contrairement à une discussion entre ami·es, chaque temps d'écoute est dédié à une personne. Les personnes alternent entre écoutant·e et écouté·e. C'est une association volontaire qui peut être interrompue n'importe quand par n'importe laquelle des deux personnes.
Nous proposons dans ce guide un fonctionnement de base. N'importe qui peut choisir de s'en emparer et le proposer à une autre personne pour lui proposer de faire un duo avec elle. S'il convient tel quel aux deux personnes, le duo peut commencer dès maintenant.
D'autres personnes peuvent vouloir se l'approprier et adapter les modalités proposées. Elles peuvent réfléchir aux différents points évoqués dans ce document chacun·e de leur côté et ensuite en discuter ensemble pour se mettre d'accord. Les cases blanches des pages de droite sont prévues pour indiquer les préférences des deux personnes.
On invite toutes les personnes qui souhaitent s'engager dans un duo d'écoute à adopter un cadre, que ce soit ce guide tel quel, une version de ce guide modifiée par leurs soins ou encore un cadre oral et/ou complètement différent. On pense que le cadre permet d'éviter certaines dérives ou que ça devienne lourd pour une personne ou l'autre et qu'elle n'arrive pas à faire respecter ses limites.
Ca vous intéresse ?
Vous trouverez les documents joints à cette publication, sinon :
le lien pour la brochure page par page :
https://nuage.gresille.org/index.php/s/sn9Edz8GbwHbQQM
le lien pour la brochure format brochure pour impression :
https://nuage.gresille.org/index.php/s/DfdGPzsDtwRBWcp
N'hésitez pas à l'imprimer et/ou à la diffuser si vous trouvez ça pertinent !
Et si jamais l'envie vous vient d'organiser des temps pour que des personnes se rencontrent et puissent former des duos, foncez !
Pour adapter ce qu'on dit aux rencontres RACINES : A bientôt, et pis bin avec ou sans ce guide prenons soin les un·es des autres pour abattre ce système de merde !
Viens apprendre les arcanes de la stratégie militante avec un jeu de rôle.
- Infos Locales / Autogestion
14h30 : Table ronde sur l'informatique grenobloise et la guerre avec L'Observatoire des armements, le Rami, deux chercheurs en informatique (à l'IMAG)
- 16h30 : Pot de l'amitié. Tables de presses de plusieurs collectifs (à l'IMAG)
- 18h30 : Lectures "Antimilitarisme et pacifisme hier et aujourd'hui" avec L'Association des Refusants et Refusantes à l'Armée et à la Guerre (ARRAG) vous présente des lectures engagés et pacifiste de texte de Jean Giono, et présentation de l'association. (à l'Université Autogérée)
Atelier de détournement électronique de jouets et synthés pour produire des instruments vivants, bruitistes et hasardeux. Une musique electronique de fortune qui pourra être diffusé lors de la soirée de cloture. Viens fabriquer du son d'ordinateur sans ordinateur ! Aucune connaissance préalable requise. Prévoir un peu de monnaie pour les frais matériels.
Cet atelier est proposé dans le cadre de l'évènement de "l'Autre Rentrée" organisé par l'Université Autogérée.
- Infos Locales / Contre-culturesAtelier d'information sur les risques, moyens et ressources de santé sexuelle pour les communautés TPG.
L'UA accueillant un public queer etc... Ce serait l'occasion d'échanger pendant quelques heures sur les ressources du paysage Grenoblois en terme de santé sexuelle (ou pas) propre aux personnes queers, (Prep, doxiprep, dépistage etc... ) en faisant un point sur les stats des vulnérabilités et risques précis auxquels font face les commus TPG.
Cet atelier est proposé dans le cadre de l'évènement de "l'Autre Rentrée" organisé par l'Université Autogérée.
- Infos Locales / Féminismes / Genres / SexualitésAprès un petit historique sur les luttes locales grenobloises, on apprendra comment on peut soutenir les étranger.e.s face aux difficultés qu'iels subissent.
Cet atelier est proposé dans le cadre de l'évènement de "l'Autre Rentrée" organisé par l'Université Autogérée.
- Infos Locales / Exils / Sans papiersLecture d'un dialogue ironique sur la condescendance et l'aveuglement des scientifiques. Suivie d'une discussion avec le collectif "Faut-il Continuer".
Cet atelier est proposé dans le cadre de l'évènement de "l'Autre Rentrée" organisé par l'Université Autogérée.
- Infos Locales / Écologie / Anti-nucléaireL'actrice fait coup double : dénoncer le génocide en direct et ridiculiser la censure des médias dominants
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Début juin, inquiet de la puissance de calcul développée par deux IA de l'entreprise Anthropic, le gouvernement américain a imposé à cette dernière de bloquer l'accès à certains de ses programmes pour les utilisateurs qui ne sont pas citoyens des États-Unis. C'est ainsi que vendredi 12 juin, Anthropic a coupé l'accès à ses deux IA Mythos 5 et Fable 5 pour le monde entier.
Inquiets à leur tour de cette situation nouvelle, dans laquelle un pays d'origine d'une IA peut décider à tout instant d'en couper l'accès, journalistes et politiques européens en arrivent tous à la même conclusion. Face à la dépendance des Européens aux technologies américaines, il faudrait développer une « souveraineté numérique », c'est-à-dire une industrie du numérique locale (semi-conducteurs, logiciels, hébergement de données). Or, cette proposition de « souveraineté numérique » qui fait consensus nous semble à la fois irréaliste – du fait de la nature mondialisée de l'industrie du numérique – et politiquement inconséquente – car elle ne remet pas en cause le modèle de développement technologique qui est précisément la cause de notre dépendance. Mieux : elle encourage la fuite en avant technologique et ses multiples nuisances. Nous refusons donc ce mot d'ordre illusoire.
Commençons par le constat. C'est un fait, la France et l'Europe sont dépendantes du reste du monde pour leur accès au numérique. Dépendantes des États-Unis, bien sûr, car ceux-ci sont leaders dans le domaine des logiciels. Mais la dépendance va plus loin. En effet, le monde numérique se divise en plusieurs marchés : les logiciels, dont font partie les IA comme celles d'Anthropic ; l'hébergement de données, ces serveurs sur lesquels sont stockées les données et qui sont physiquement situés un peu partout (les données de Google sont stockées aux États-Unis, en Irlande, en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, au brésil, au Chili, au Japon, en Chine…) ; la production matérielle de puces électroniques, matériau de base du numérique : pour ces semi-conducteurs, la recherche et développement (R&D) se fait principalement aux États-Unis, la production en Asie du Sud-Est (notamment à Taïwan où est concentrée 75 % de la production mondiale) ; il faudrait encore ajouter la fabrication des machines de gravure (aux Pays-Bas avec l'entreprise monopolistique ASML), le domaine du packaging des puces (en Asie essentiellement) [1] ; le tout fondé sur l'indigne supplice de l'extraction minière disséminée aux quatre coins du globe (Amériques, Afrique, Asie…) et nécessaire à la fabrication des puces et des batteries alimentant les petits, moyens et gros objets numériques [2] .
De tout cela, on déduit que la France et l'Europe ne sont pas indépendantes dans le domaine du numérique. La coupure du service par Anthropic, tout comme l'avait été en 2021 la pénurie de puces électronique pour l'industrie européenne, ne fait que révéler une situation installée depuis longtemps.
La réponse tiendrait en un mot : « relocaliser ». C'est ainsi que la majorité des politiques en appellent à mettre en œuvre la « souveraineté numérique », autrement dit à favoriser les centres de données hébergés localement (comme ceux projetés dans le nord de la France ou en Isère), des logiciels et des IA françaises (la plus connue étant MistralAI), et à produire des semi-conducteurs en France (en particulier à Crolles, avec le projet Liberty de « méga-fab » de STMicroelectronics).
Cette proposition autour de la « souveraineté numérique » est politiquement consensuelle. BFMTV décrivait ainsi « une sorte de moment de grâce politique, où tout le monde était d'accord » [3]. Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l'IA, affirmait ainsi que « la souveraineté numérique européenne est une nécessité ». Mais des propos similaires ont été tenus par quasiment tous les politiques. Citons Bruno Retailleau, Jordan Bardella, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Olivier Faure… Même chez les opposants déclarés au capitalisme, on se rengorge de « souveraineté numérique » : la France Insoumise défend dans son programme que puisque « la France ne doit pas dépendre d'autres pays et des multinationales comme les Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft (GAFAM) » et « doit pouvoir prendre ses propres décisions », il faut « créer une fonderie française pour microprocesseurs ». Le Monde diplomatique n'est pas en reste, réclamant la « souveraineté numérique » et enjoignant « les gouvernements européens [à] bâtir leur propre industrie en copiant le modèle américain [4] ». La CGT, quant à elle, demande « une politique d'investissement nationale et européenne » visant en particulier « les fondements [du numérique] » et précisément STMicroelectronics (car « le problème, c'est qu'aujourd'hui nos fabricants sont en retard- [5] »). Et tous ces appels politiques, médiatiques et syndicaux de ces dernières années semblent suivis – en partie au moins – d'effets. Pendant que l'État français a promis en 2022 un soutien de 2,9 milliards d'euros à la « méga-fab » de STMicroelectronics (la fameuse « fonderie française pour microprocesseurs » réclamée par LFI), la Commission européenne vient d'annoncer un paquet législatif pour « réduire sa dépendance face aux États-Unis et à la Chine » tandis qu'Emmanuel Macron a ajouté 1,55 milliard d'argent public « pour la filière quantique et les semi-conducteurs » lors du sommet Choose France début juin 2026.
De tout cela, le monde « souverainiste de gauche », anti-libéral, syndicaliste, écologiste, ne peut que se féliciter. Les uns parce que si c'est fait chez nous, c'est mieux qu'ailleurs ; les autres parce que tout cela est censé permettre de combattre les entreprises privées de la Tech et le fasciste Trump ; d'autres encore s'illusionnent sur le fait que les nuisances produites ici ne le seront pas ailleurs – c'est touchant de naïveté.
Car cette proposition de « relocalisation » qui semble relever du bon sens est en réalité une impasse. Pour deux raisons : l'une pratique, l'autre politique.
La raison pratique tient à la nature même de l'industrie des semi-conducteurs. Comprenons bien qu'il ne s'agit pas ici de relocaliser la production de tomates, de vêtements ou de chaussures, mais une technologie industrielle d'une complexité extrême. « La fabrication de semi-conducteurs est l'activité de fabrication la plus complexe que l'on connaisse actuellement », explique l'Association européenne des entreprises de semi-conducteurs (ESIA) [6].
Quand la CGT affirme qu'« il faut maîtriser la chaîne de production de bout en bout », il est nécessaire de rappeler que les puces électroniques sont un pur produit de la mondialisation capitaliste. À la différence des tomates par exemple, elles nécessitent une division du travail extrêmement poussée : extraction de minerais, purification, conception de machines, recherche logicielle, fonderie, assemblage, tests… à l'heure actuelle, une puce électronique « made in France » fait 2,5 fois le tour du monde et franchit 80 frontières [7]. Imaginons une reprise en main autogestionnaire, socialiste et écologiste du secteur, une « programmation », une « planification » comme le réclame la CGT : peut-être pourrait-on baisser ce nombre de tours du monde à 1,5 (?), mais quoiqu'il en soit, en aucun cas une puce électronique ne peut être un bien local, issu de ressources proches, traité en circuit court, dont la chaîne de production serait maîtrisée de bout en bout et qui serait commercialisé aux seules échelles nationale ou européenne.
D'une part, parce que les ressources nécessaires pour fabriquer ces matériaux aux propriétés électriques particulières que sont les semi-conducteurs ne sont pas également réparties sur la planète. Il n'y a pas besoin uniquement de silicium pour faire des puces, mais d'un nombre incalculable de minerais et métaux (cuivre, aluminium, or, étain, germanium, cobalt, mica, tungstène, indium… [8]). Les ressources indispensables à la fabrication de puces ne se cantonnent pas aux seuls minerais, on peut penser au cas de l'hélium, gaz essentiel à l'industrie microélectronique qui a été également mis en avant avec la fermeture du détroit d'Ormuz. La liste est presque infinie, on n'ira pas plus loin, mais on précisera néanmoins que ces ressources proviennent bien souvent des pays du Sud (il faut citer le cas paradigmatique du Congo, documenté par Fabien Lebrun dans Barbarie numérique [9]). Parler de « relocalisation », c'est occulter les rapports d'exploitation coloniaux nécessaires à la production du monde connecté. Que la gravure des puces ait lieu à Crolles ou à Taïwan, le coltan proviendra toujours du Congo – qui possède les deux tiers des réserves mondiales – et pas d'une carrière autogérée du Massif central.
La seconde raison qui fait qu'une puce électronique ne peut pas être un bien local tient aux nécessités capitalistiques des industries numériques. Contrairement au mythe propagé par la Silicon Vallée de deux-trois petits génies bricolant dans leur garage, les entreprises qui fabriquent des semi-conducteurs nécessitent des partenariats mondiaux afin de réunir les capitaux suffisants. Pléthores d'exemples démontrent ce point. Quand STMicroelectronics annonce son agrandissement à Crolles en 2022 pour la « souveraineté numérique européenne », le projet est monté en association avec l'entreprise états-unienne GlobalFoundries, qui est censée apporter près de 60 % des fonds privés. Précisons que GlobalFoundries, domiciliée aux Îles Caïman, est détenue à 82 % par les Émirats Arabes Unis. Quand le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA) de Grenoble inaugure sa ligne de production pilote Fames pour l'innovation dans les semi-conducteurs en mars 2025, afin de « renforcer l'écosystème des semi-conducteurs en Europe et réduire les dépendances », le projet est soutenu par des acteurs du monde entier comme Intel, Meta, GlobalFoundries, Nokia… et la directrice de la recherche technologique du CEA Julie Galland rappelle que « la microélectronique se construit avec des acteurs mondiaux ». Quand 75 milliards sont investis pour des data centers dans le nord de la France, c'est une entreprise japonaise qui est à la manœuvre. Idem en Isère, où le projet de « plus grand supercalculateur d'Europe » est à l'initiative d'une entreprise basée à Dubaï avec des capitaux émiratis. Et ainsi de suite.
Ces capitaux gigantesques ne sont pas optionnels. Pour l'industrie des puces électroniques, qui exige les machines-outils les plus chères de l'histoire industrielle, des centres de recherche avancés maîtrisant une technologie en complexification permanente, un complexe d'infrastructures de fabrication bien organisées et installées, etc., ces capitaux ont toujours été une nécessité vitale. Leurs montants ont depuis longtemps dépassé ce que peut investir une nation seule : il faut atteindre une masse critique. Et comme il est également nécessaire de les rentabiliser, une production de masse pour un marché d'export a toujours été une condition d'existence de l'industrie des puces électroniques. Les investissements massifs et réguliers sont d'autant plus nécessaires dans un marché en évolution très rapide qui exige de se tenir à la pointe pour ne pas être éliminé. [10]
Voilà pourquoi l'échelle multinationale, l'échelle de la production planétaire, de la compétition pour accumuler les plus grands capitaux mondiaux, est la véritable échelle de l'industrie du numérique et la seule possible.
Ainsi, si par « souveraineté » on entend la capacité à maîtriser la chaîne de production de bout en bout, alors « souveraineté numérique » est un oxymore. Le numérique est en effet une technologie impériale intimement liée au capitalisme mondialisé.
Dans les exemple cités plus haut – et en particulier dans celui de l'agrandissement de STMicro à Crolles – ce n'est pas d'une quelconque « relocalisation » dont il s'agit, tout au plus d'une modification dans les rapports de forces inégaux dus à la maîtrise de certains segments stratégiques de la production.
Parer des projets industriels de ce type d'atours anticapitalistes, vanter les progrès de l'électronique européenne comme nous émancipant des États-Unis ou de Taïwan tout en copiant leur modèle revient à propager une illusion, et à masquer le véritable problème : notre dépendance croissante à cette technologie impériale qu'est le numérique.
Pour ne pas dépendre des puces produites par d'autres régions du monde, pour ne pas se mettre en situation de vassalité, le plus simple n'est pas de produire nos propres puces – on a d'ailleurs vu que c'était impossible – mais de sortir de la dépendance à l'infrastructure numérique. De faire d'autres choix politiques, qui rompent radicalement avec la fuite en avant technologique à l'œuvre.
Les puces électroniques sont qualifiées aujourd'hui de « pétrole du XXIème siècle » pour le rôle central qu'elles jouent dans l'économie mondiale, et la dépendance au numérique de nos sociétés ne fait que croître. Face à une addiction toujours plus ancrée, et entretenue par des choix politiques, l'essentiel n'est pas de changer de dealer, mais de décrocher. Non pas produire plus de puces chez nous, mais utiliser chez nous moins de puces. Non pas « dématérialiser » toujours plus (les services publics notamment), mais refuser d'œuvrer à cette accélération. Non pas copier l'industrie américaine, mais développer un autre modèle. La revendication d'une « souveraineté numérique » perpétue l'addiction en refusant de la nommer et de la combattre, se contentant de poser la question du fournisseur de la came.
La course à l'innovation n'est pas inexorable, pas plus que le fruit d'une prétendue évolution naturelle ou d'une « loi de l'Histoire ». Il s'agit d'un choix politique et d'un choix de société porté par des acteurs institutionnels. Les milliards qu'on investit dans ce domaine sont des milliards volés à d'autres secteurs : production de tomates, par exemple, ou de vêtements, de chaussures, ou autres activités agricoles, artisanales, ou relevant des services publics. Voilà des domaines où une autonomie territoriale est possible, à la différence de l'électronique.
Comme nous le disons depuis trois ans, le collectif STopMicro ne prône pas une illusoire « souveraineté », mais l'autonomie. Le premier terme perpétue le fantasme de puissance propre au capitalisme industriel, renvoyant à la conquête, à la prédation, à l'impérialisme, au choc des Titans, bref : à la domination que nécessite tout pouvoir pour se maintenir. Ce n'est pas par hasard que les apôtres de la « souveraineté numérique » ne semblent guère avoir de problème avec le colonialisme induit par le numérique : la souveraineté, c'est l'autre nom du nationalisme à l'ère de la mondialisation.
L'autonomie, quant à elle, nous semble esquisser une piste de sortie pour affronter les défis qui se posent à nous à l'heure de la catastrophe environnementale. Autonomie ne signifie pas autarcie, mais le fait de choisir ses dépendances et ses alliances, d'édicter ses propres normes. Elle n'implique pas non plus la dépendance à une autorité supérieure ou la conquête, c'est-à-dire qu'elle n'implique pas de rapports de domination. Elle revient à prendre en compte la limite de ce qui nous entoure, à penser l'autorégulation de nos besoins et de nos désirs, à prendre en compte la finitude des ressources [11].
C'est pourquoi nous prônons une économie de la subsistance qui laisse plus de place aux activités essentielles comme l'agriculture paysanne et l'artisanat, qui accroissent l'autonomie et la résilience des territoires. Il ne s'agit pas d'une utopie de baba cool, mais d'une nécessité vitale. C'est très concret et actuel : les exemples récents et locaux de Vencorex ou de Teisseire montrent qu'il n'est pas raisonnable de concentrer des centaines d'emplois dans des entreprises à la merci de la moindre fluctuation du marché mondial ou de décisions d'actionnaires [12]. Tout comme il n'est pas raisonnable de développer et de maintenir des industries qui sapent nos conditions d'existence en polluant les sols et les rivières ; là encore l'exemple de l'entreprise Vencorex – à présent qualifiée de « bombe à retardement chimique » par les élus – est éloquent.
Si l'on partage ce constat, alors on doit lutter contre le projets de connexion généralisée, contre l'utopie de la « life.augmented » (le slogan de STMicroelectronics), et contre les agrandissements d'usines de puces iséroises ; et non prôner une illusoire « relocalisation » de cette vie prétendument « augmentée ». Contre cette utopie dystopique, nous voulons établir un rapport de force politique.
En effet, refuser l'accélération numérique ne peut pas se faire individuellement. S'il est louable de se passer de smartphone, de boycotter les réseaux sociaux, d'utiliser le moins possible internet, de refuser la dématérialisation des services publics, etc., rappelons que ce sont les choix politiques qui modifient les rapports sociaux et nous forcent à utiliser toutes ces nouvelles technologies. La technologie n'est pas un outil qui se greffe au monde existant : c'est le monde qui devient technologique : disparition des guichets, formations scolaires sur l'IA, imposition des compteurs Linky et des QR codes… Les plus vifs de nos lecteurs remarqueront ainsi – pour nous en faire critique – que ce texte par exemple, quoique critique du numérique, est rédigé sur un logiciel informatique et mis en circulation par Internet. Eh oui, vifs lecteurs ! Nous aussi nous vivons dans le monde numérique, dont les en-dehors ne cessent de s'amenuiser. Nous participons à cette société, à notre corps défendant. Et c'est avec les outils que nous connaissons et qui sont ceux de la majorité que nous cherchons à briser le consensus social. Au delà de l'éthique individuelle, ce que nous voulons en tant que collectif est d'influer sur les choix de société, sur une prise de conscience collective et de plaider pour un changement des rapports sociaux. Vaste programme !
En effet, refuser l'accélération numérique ne peut pas se contenter d'une « sobriété numérique », même collective. Après sa naissance militaro-industrielle, l'industrie moderne de l'informatique a été construite par le capitalisme avancé, et avant tout pour lui donner les moyens de son avancement. Le capitalisme développe en permanence les outils de production, afin de se reproduire et de croître, il ne peut pas faire de sur-place : il doit par essence innover, se développer, détruire et reconstruire, construire et re-détruire. C'est un système économique et politique maladif basé sur l'innovation permanente, la création de nouveaux marchés et de nouveaux outils de production, et de subjugation, de gestion et de contrôle de la population.
Or, la façon dont le capitalisme innove aujourd'hui, c'est par le développement de l'électronique et tous les projets futuristes d'« augmentation » numériquement assistée, enrobés d'un vocabulaire publicitaire écolo, social et éthique : dématérialisation transition, relocalisation, souveraineté, responsabilité, etc. La réalité est hélas plus crue : accélération, renforcement, concentration, exploitation, domination.
On l'a compris, l'innovation fait partie du capitalisme. Il n'existe pas et ne peut exister de capitalisme immobile, sobre ou décroissant, découplé de son impact matériel. Ainsi, imaginer se passer de l'électronique, en dépendre moins, faire preuve de « sobriété numérique », engager une « désescalade numérique », voire un « démantèlement numérique », tout cela sans mettre à terre le capitalisme, c'est une aberration.
C'est dans cette perspective que nous luttons contre les extensions d'usines de semi-conducteurs du Grésivaudan : la question d'une Europe souveraine en puces électroniques est une aporie. Le numérique est une technologie impériale intimement liée au capitalisme mondialisé et aux rapports coloniaux. Sortir du capitalisme implique de remettre en cause le développement du numérique, tout comme combattre la « life.augmented » implique de remettre en cause le capitalisme. Il n'y a pas de demi-mesure.
La lutte contre l'industrie numérique ne connaît pas de frontières.
Ne nous laissons pas avoir par les mots d'ordre des politiciens réformistes et idolâtres du Progrès !
No puçaran !
Buvez de l'eau !
Collectif STopMicro,
sous la canicule,
juillet 2026
Voir en ligne : Contre la "souveraineté numérique"[1] Nous avons détaillé ces deux sujets dans des chapitres de notre livre récemment paru : Anatomie d'une puce, Le monde à l'envers, 2026.
[2] Sur ce dernier point, lire Fabien Lebrun, Barbarie numérique, L'échappée, 2024 et Celia Izoard, La ruée minière au XXIe siècle, Seuil, 2024.
[3] Raphaël Legendre, éditorialiste, BFMTV, 15/06/2026 https://www.youtube.com/watch?v=AD_BDrwnYqs
[4] Robin Lambert, « Souveraineté numérique, le jour d'après », Le monde diplomatique, avril 2026, https://www.monde-diplomatique.fr/2026/04/LAMBERT/69457
[5] Sylvain Delaître, représentant CGT au comité stratégique de la filière sécurité (CSF) du Conseil national de l'industrie, La vie ouvrière, mai 2026, https://nvo.fr/sylvain-delaitre-les-cyberattaques-prolongent-les-conflits-qui-ont-lieu-dans-la-vraie-vie/
[6] https://www.eusemiconductors.eu/sites/default/files/Leaflet%20digital.pdf, cité par Celia Izoard, dans Anatomie d'une puce.
[7] https://www.eusemiconductors.eu/sites/default/files/Leaflet%20digital.pdf, cité par Celia Izoard, dans Anatomie d'une puce, op. cit.
[8] Nous détaillons la liste de minerais et métaux qu'utilise le site STMicroelectronics de Crolles dans Anatomie d'une puce, op. cit.
[9] Fabien Lebrun, Barbarie numérique, L'échappée, 2024.
[10] Voir à ce propos Chris Miller, La guerre des semi-conducteurs, 2022.
[11] Aurélien Berlan, Terre et Liberté. La quête d'autonomie contre le fantasme de délivrance, La lenteur, 2021.
[12] Pour rappel : Vencorex (propriété d'un groupe thaïlandais repris par la filiale hongroise d'un groupe chinois) a supprimé 400 emplois à Jarrie en 2024, Teisseire (racheté par un groupe danois) 200 cette année à Crolles, dans les deux cas pour des raisons boursières. Cela laisse songeur quand on pense aux 6 000 emplois pourvus par STMicroelectronics en Isère, qui se cumulent avec les 1600 de sa voisine Soitec.
A lire :
Anatomie d'une puce, livre collectif sous la direction de STopMicro.
Éditions Le monde à l'envers, 2026.
Introduction
Certain.es d’entre nous ont été abreuvé.es aux chroniques quasi quotidiennes du site attaque.noblogs.org. Ce blog internet publie/publiait des actes de résistance piochés dans la presse ou sur des sites de média autonome. Du tag sur une banque à la voiture incendiée, du bris de vitre à l’antenne sabotée, il référence/référençait un partie de ces actes qui luttent contre l’ordre établi.
Le 26 août 2026, l’administration états-unienne a désigné comme terroriste l’association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d’outils des luttes sociales, d’autogestion numérique dont la plateforme Noblogs qui se voient attaquées.
L’arrêt brutale de leurs services nous rappelle le besoin d’archiver notre histoire.
Nous avons donc extrait les publications allant de 2015 à 2026 sur un petit territoire, celui du Maine-et-Loire. Nous aurions très bien pu choisir un autre territoire, ou un thème précis pour ce recueil. Mais c’est un territoire que nous connaissons et où nous voulons y faire vivre la culture de l’action directe et de la lutte offensive (qui sont souvent mal vu ou simplement invisibilisées).
En attendant de prochaines chroniques, bonne lecture et à l’attaque !
Septembre 2026.
Chroniques de la guerre sociale en Maine-et-Loire. Extraits du site attaque.noblogs.org
Lancement de l'intersyndicale Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes 04 (VISA 04)
Une journée de lancement pour s'informer, échanger et construire la riposte syndicale face à l'extrême droite et à la banalisation de ses idées.
Le 19 septembre
Salle Perchot, le Pigeonnier, 04000 Digne-les-Bains à partir de 15h
Au programme :
Source : Au Poste
Format : vidéoQuand ?
Le 12 novembre à 19h
Où ?
Le Carré de Baudouin 121, rue de Ménilmontant, 75020, Paris
Carré de Baudouin avec l'Association DALO
jeudi 12 novembre à 19h
Y'a Pas de Nous Sans TOIT
Le droit au logement : existant, insuffisant et saboté
Plus de 4 millions de personnes sont victimes de mal logement, plus de 330 000 personnes sont sans domicile fixe !
A minima 2000 enfants naissent, vivent et meurent sur les trottoirs de France !
En 2024, 855 personnes sont mortes à la rue, parmi elles, 31 enfants !
« Le logement c'est le point de départ ! Alors on attend quoi pour faire de cette question une priorité ? »
Et si le "Nous" commençait par un TOIT ?
Ce n'est pas une simple conférence.
C'est une claque douce, un mélange explosif d'humour, de lucidité et de colère constructive.
Dans « Y'a pas de Nous Sans TOIT », Sofi nous embarque dans une conférence gesticulée où les mots frappent juste et où les idées dérangent... pour mieux réveiller. On y parle de solidarité, d'engagement, de vivre-ensemble, et de tout ce qu'on a parfois appris à oublier.
Entre récit personnel et analyse politique
Entre rire et inconfort
Entre prise de conscience et envie d'agir
Cette conférence gesticulée pose une question simple mais essentielle : peut-on vraiment faire société sans prendre soin les un·es des autres ?
Parce qu'il n'y a pas de Nous... sans TOIT.
Durée 1h15
Gratuit
Réservation possible via Le Carré de Baudouin
Il s'agit d'une secte au nazisme décomplexé, ultra-violente, manipulant les faits et les images pour se victimiser.
L’article Des nouvelles du groupe Némésis et de ses anges gardiens est apparu en premier sur Contre Attaque.
Source : Le Grand Continent
Payant
Source : Marsactu
Payant
Source : Basta !
C'est une première en Europe, la Global Black Pride se tient à Paris en ce moment, après une édition 2022 à Toronto (Canada), puis 2024 à Atlanta (États-Unis). Cet événement a pour objectif de rendre visible une communauté souvent délaissée, celle des personnes noires LGBTQI+. « Les personnes noires LGBTQI et les Prides noires ne bénéficiaient ni des mêmes soutiens ni des mêmes lieux que les autres marches » affirme dans cet article de Basta ! Micheal Ighodaro, Nigérian résidant à Washington, et président de la Global Black Pride.
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Mois des fiertés : partout dans le monde, les droits LGBTQI+ en danger
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Source : Delfino.CR - Costa Rica
Lire la traduction automatique en français
Source : Le Courrier des Balkans - Europe du Sud-Est
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Source : Rue89 Strasbourg
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