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Liégeoises et Liégeois, et toute personne intéressée par les luttes de justice, de solidarité et de libération, ne ratez pas l'action annuelle de SEA à Liège ce vendredi 18 septembre en début d'après-midi.
Il s'agira de dénoncer les cruautés toujours à l'œuvre dans les laboratoires de l'ULiège, et le fait que cette université continue de transmettre à ses étudiant·es l'idée que se servir sur le corps des autres est OK. 💩
Oui, la vivisection repose sur une pensée suprémaciste : certaines vies vaudraient moins que d'autres, tellement moins qu'elles n'ont pas d'importance et peuvent être utilisées au bénéfice des humains. (On parle ici de centaines de milliers d'animaux torturés par an, la Belgique étant dans le TOP 5 européen des pays les plus cruels.) Cette pensée suprémaciste (qui hiérarchise la valeur des vies), une fois qu'on l'adopte, a tendance à déborder dans tous les autres domaines et à devenir une vision du monde générale : en effet, si les animaux sont « faits » pour ça, alors les pauvres sont « faits » pour..., les femmes sont « faites » pour..., les personnes bronzées sont « faites » pour..., les enfants sont « faits » pour..., etc. => c'est donc un problème politique global.
Toutes les oppressions sont liées entre elles, il faut les détruire ensemble. ...Et se dresser contre l'exploitation animale, c'est comme prendre le mal à la racine. Cela fait plus d'un siècle que des citoyen·es dénoncent et agissent contre la vivisection. Pourtant, rien ne change.
Ah si, des « contrôles » ont lieu.
D'une part, ces contrôles sont annoncés aux laboratoires. Ce sont des rendez-vous auxquels les laboratoires ont le temps de se préparer. Le degré de « clémence » de ces contrôles est donc d'emblée très haut. D'autres part, ces contrôles gardent pour acquis l'idée que la vie des animaux est négligeable (c'est la pensée spéciste), que se servir sur eux au bénéfice des humains est normal, souhaitable. Puisque c'est « pour la recherche », « pour l'humanité ». À partir de là, on peut accepter et justifier beaucoup d'horreurs, en minimiser la réalité, fermer les yeux sur la souffrance, sur les droits fondamentaux des êtres concernés. C'est d'ailleurs précisément avec de tels raisonnements que les pires horreurs de l'Histoire se sont produites. Au nom du bien. Sans s'inquiéter du vécu des personnes concernées.
Dans les laboratoires de l'ULiège a encore lieu une litanie de cruautés : tests de nage forcée, animaux rendus alcooliques,... Mais surtout, un mode de pensée suprémaciste qui se transmet à la génération suivante de vétérinaires, de médecins, de chercheureuses, etc. Est-ce de ce monde-là que nous voulons ? Une science suprémaciste ? Une médecine suprémaciste ? Un rapport aux animaux ou à la nature suprémaciste ? SEA vous donne donc rendez-vous devant le rectorat de l'ULiège pour crier ensemble et montrer aux politiques et à la société civile que nous refusons le principe de se servir sur le corps des autres, que les animaux n'existent pas pour le bénéfice des humains, que la vivisection est éthiquement intolérable - et qu'elle doit être ABOLIE. (D'autres solutions plus efficaces existent déjà, en plus)
STOP À TOUTES LES LOGIQUES SUPRÉMACISTES !
L'association organisatrice est Suppression des Expériences sur l'Animal asbl (basée à Liège), active depuis de nombreuses années en Belgique via des happenings, veillées, cartes blanches dans la presse, ateliers dans les écoles et campagnes publicitaires dans les métros.
Présence également de la Ligue Internationale Antispéciste (Bruxelles) qui va faire un discours. 🔥
Venez faire du bruit et crier des slogans avec nous !
Vendredi 18 septembre 2026
Université de Liège - Place du 20-août
13h30 - 15h30
#manif #LuttesSociales #suprémacisme #justice #Antispécisme
Alors que les violences policières sont de plus en plus visibles et documentées grâce aux témoignages des personnes concernées, au travail des collectifs, des chercheur·euses et de certain·es journalistes, elles demeurent encore insuffisamment reconnues dans le débat public.
Contrôles discriminatoires, usages disproportionnés de la force, difficultés à faire reconnaître les violences subies, blessures graves et, dans certains cas, décès lors d'interventions policières : ces réalités ne sont pas des cas isolés. Ces situations interrogent le rôle de la police, son fonctionnement, les rapports de domination qu'elle contribue à maintenir et la responsabilité des institutions.
Dans les situations de violences policières, les procédures judiciaires peinent à établir les responsabilités, à reconnaître les préjudices subis et à prévenir la répétition des violences. Ce constat invite aussi à questionner les limites de la justice pénale et à explorer d'autres façons de penser la responsabilité, la réparation et la transformation des institutions.
À l'origine de cette programmation se trouve un journal conçu par Messane Van Praet, dans le cadre de son travail de fin d'étude de graphisme à la Cambre. En donnant à voir et à penser les violences policières à travers une approche graphique, documentaire et critique, ce travail a constitué le point de départ de notre réflexion. Les rencontres, projections, ateliers et débats proposés pendant ces deux semaines prolongent cette démarche en ouvrant un espace d'analyse et de dialogue autour des violences institutionnelles et des différentes conceptions de la justice.
Programme complet et inscriptions :https://www.pac-g.be/events/1312-raisons-dy-reflechir/
( ENGLISH VERSION BELOW)
Appel urgent et extrêmement préoccupant concernant la situation grave et en constante détérioration à laquelle sont confrontés les migrants et les réfugiés détenus en Libye, en particulier les ressortissants érythréens
En tant qu'association et militants qui suivons de près la situation des réfugiés et migrants érythréens transitant par la Libye, nous recevons des informations de plus en plus alarmantes concernant les centres de détention où des milliers de personnes sont retenues dans des conditions extrêmement dangereuses et inhumaines.
Nous appelons de toute urgence l'Union européenne et ses institutions compétentes à prendre des mesures immédiates et à garantir un accès indépendant, un suivi, une assistance médicale et une protection aux personnes détenues.
Centre de détention de Benghazi
La situation dans le centre de détention de Benghazi est particulièrement alarmante. Des milliers de personnes y seraient détenues dans des conditions extrêmement précaires, avec de graves pénuries de nourriture, de soins médicaux et de produits de première nécessité.
Nous avons reçu des informations concernant le décès d'un jeune Érythréen, Filmon, qui serait mort de la tuberculose le 20 août 2026 faute de traitement médical adéquat.
À la même date, selon les témoignages que nous avons reçus, la police a ouvert le feu sur des détenus. Une trentaine de personnes auraient été blessées. Certaines ont subi des blessures extrêmement graves, notamment la perte d'un œil et d'autres parties du corps. Bon nombre des blessés n'ont toujours pas reçu de soins médicaux adéquats.
Nous sommes également profondément préoccupés par le fait qu'une proportion importante des détenus souffrirait de maladies graves, alors que les personnes malades et blessées sont détenues dans des conditions extrêmement dangereuses et de surpeuplement.
Une intervention immédiate est indispensable. Si aucune mesure n'est prise dans les semaines et les mois à venir, nous craignons que d'autres décès ne surviennent et que la situation n'entraîne de graves conséquences humanitaires.
Nous avons également reçu des informations selon lesquelles seuls quatre détenus érythréens auraient été libérés de ce centre de détention après environ un an de détention. Leurs familles auraient versé environ 4 000 dollars américains par personne pour obtenir leur libération par l'intermédiaire de personnes liées à la police. Cependant, nous n'avons par la suite pas pu obtenir d'informations fiables sur le sort ou la sécurité de ces quatre personnes.
Centre de détention de Tajura
La situation à Tajura est tout aussi alarmante.
Plus de 1 200 Érythréens y seraient détenus, aux côtés de milliers d'autres migrants et réfugiés. L'accès au centre est extrêmement limité, ce qui rend très difficile pour les familles, les organisations humanitaires ou les observateurs indépendants de déterminer ce qui s'y passe.
Dans de nombreux cas, nous n'apprenons la situation que lorsqu'une personne décède.
Il y a environ deux semaines, un autre jeune Érythréen serait décédé après être tombé gravement malade pendant sa détention
Bon nombre de ces personnes détenues ont également subi de graves traumatismes psychologiques. Certaines ont été interceptées en mer, tandis que d'autres ont été victimes de violences, d'abus, d'exploitation et ont vécu de longues périodes d'incertitude au cours de leur périple à travers la Libye. Elles sont aujourd'hui détenues dans des conditions effrayantes et dégradantes, sans accès adéquat à des soins médicaux ou psychologiques.
Nous demandons instamment que le centre de détention de Tajura fasse l'objet d'une visite et d'un suivi indépendants dès que possible, avant que d'autres vies ne soient perdues.
Autres centres de détention nécessitant une attention immédiate
Nous exhortons également l'Union européenne à accorder une attention immédiate à d'autres centres de détention, notamment ceux de Sabha et de Brak al-Shati, où des milliers de migrants et de réfugiés seraient détenus.
La situation dans ces centres est également très préoccupante. Les personnes y vivent dans la crainte d'être transférées vers d'autres centres de détention ou d'y être placées, et de graves inquiétudes pèsent sur leur sécurité, leur santé et leur accès aux droits humains fondamentaux.
Notre appel
Nous sommes des militants érythréens et des membres d'une association qui suivons ces cas, car de nombreux Érythréens sont contraints de fuir leur pays en raison de la situation politique actuelle. Pour beaucoup, la Libye devient une étape dangereuse de leur parcours, où ils sont exposés à la détention, à la violence, aux abus, à la traite, à l'exploitation, à la maladie et à la mort.
Nous appelons donc de toute urgence l'Union européenne à :
Prendre des mesures immédiates pour protéger les migrants et les réfugiés détenus en Libye.
Exiger un accès immédiat et indépendant aux centres de détention, notamment à Benghazi, Tajura, Sabha et Brak al-Shati.
Garantir la prise en charge médicale d'urgence des détenus malades ou blessés.
Mener des enquêtes sur les informations faisant état de fusillades, de décès, de mauvais traitements et d'autres violations commises au sein des centres de détention.
Veiller à ce que les détenus blessés bénéficient de soins médicaux et psychologiques adaptés.
Mettre en place des mécanismes de surveillance indépendants capables de documenter les conditions de détention et les décès survenant dans ces centres.
Veiller à ce que les familles puissent obtenir des informations sur leurs proches détenus ou décédés.
Prendre des mesures concrètes pour empêcher de nouveaux décès et de nouvelles violations des droits de l'homme.
Veiller à ce que les personnes vulnérables, notamment celles souffrant de maladies graves et de traumatismes psychologiques, soient identifiées et protégées.
Il s'agit d'une situation humanitaire urgente. Ce sont des êtres humains dont la vie est en danger immédiat. Nous craignons que, sans une intervention rapide, nous assistions à de nouveaux décès et à une catastrophe humanitaire encore plus grave au sein de ces centres de détention.
Manifestation à Londres et à Bruxelles – 12 septembre 2026
Le 12 septembre 2026, nous serons présents à Londres et à Bruxelles pour manifester pacifiquement et sensibiliser le public à la situation des réfugiés érythréens et des autres migrants détenus en Libye.Nous avons également pris contact avec des membres de l'Union européenne et des représentants concernés afin de porter ces témoignages et ces revendications directement à leur attention.
Nous demandons respectueusement à l'Union européenne d'écouter la voix des survivants et des familles et d'agir avant que d'autres vies ne soient perdues.
Nous ne pouvons pas attendre que ces personnes soient mortes pour que le monde prête attention à leurs souffrances.
Nous demandons de toute urgence une réponse concrète et une action immédiate. Urgent and deeply concerning appeal regarding the grave and deteriorating conditions faced by migrants and refugees detained in Libya, particularly Eritrean nationals
As an association and as activists who closely follow the situation of Eritrean refugees and migrants travelling through Libya, we are receiving increasingly alarming information about detention centres where thousands of people are being held in extremely dangerous and inhumane conditions.
We urgently call on the European Union and its relevant institutions to take immediate action and ensure independent access, monitoring, medical assistance, and protection for those detained.
Benghazi Detention Centre
The situation in the detention centre in Benghazi is particularly alarming. Thousands of people are reportedly being detained there in extremely poor conditions, with serious shortages of food, medical care, and basic necessities.
We have received information concerning the death of a young Eritrean man, Filmon, who reportedly died from tuberculosis on 20 August 2026 due to a lack of adequate medical treatment.
On the same date, according to testimonies we have received, police opened fire on detainees. Approximately 30 people were reportedly injured. Some suffered extremely serious injuries, including loss of an eye and other parts of the body. Many of those injured have still not received adequate medical treatment.
We are also deeply concerned that a significant proportion of the detainees are reportedly suffering from serious illnesses, while sick and injured people are kept together in extremely unsafe and overcrowded conditions.
Immediate intervention is essential. If no action is taken in the coming weeks and months, we fear that further deaths and serious humanitarian consequences will occur.
We have also received information that only four Eritrean detainees have reportedly been released from this detention centre after approximately one year of detention. Their families allegedly paid around USD 4,000 per person to secure their release through individuals connected to the police. However, we have subsequently been unable to obtain reliable information about the whereabouts or safety of these four people.
Tajura Detention Centre
The situation in Tajura is equally alarming.
More than 1,200 Eritreans are reportedly detained there, alongside thousands of other migrants and refugees. Access to the centre is extremely limited, making it very difficult for families, humanitarian organisations, or independent observers to establish what is happening inside.
In many cases, we learn about the situation only when someone dies.
Approximately two weeks ago, another young Eritrean reportedly died after becoming seriously ill while in detention.
Many of those detained have also experienced severe psychological trauma. Some were intercepted at sea, while others have experienced violence, abuse, exploitation, and prolonged periods of uncertainty during their journey through Libya. They are now being held in frightening and degrading conditions, without adequate access to medical or psychological care.
We urgently request that the Tajura detention centre be independently visited and monitored as soon as possible, before further lives are lost.
Other Detention Centres Requiring Immediate Attention
We also urge the European Union to pay immediate attention to other detention facilities, including Sabha and Brak al-Shati, where thousands of migrants and refugees are reportedly detained.
The situation in these centres is also a matter of grave concern. People are living in fear of being transferred to or entering further detention facilities, and there are serious concerns regarding their safety, health, and access to basic human rights.
Our Appeal
We are Eritrean activists and members of an association following these cases because many Eritreans are forced to flee their country due to the current political situation. For many, Libya becomes a dangerous stage of their journey, where they are exposed to detention, violence, abuse, trafficking, exploitation, illness, and death.
We therefore urgently call upon the European Union to :
Take immediate action to protect migrants and refugees detained in Libya.
Demand immediate and independent access to detention centres, particularly Benghazi, Tajura, Sabha, and Brak al-Shati.
Ensure urgent medical treatment for sick and injured detainees.
Investigate reports of shootings, deaths, abuse, and other violations occurring inside detention facilities.
Ensure that injured detainees receive appropriate medical and psychological care.
Establish independent monitoring mechanisms capable of documenting the conditions and deaths occurring in these centres.
Ensure that families can obtain information about detained and deceased relatives.
Take concrete measures to prevent further deaths and human rights violations.
Ensure that vulnerable people, including those suffering from serious illnesses and psychological trauma, are identified and protected.
This is an urgent humanitarian situation. These are human beings whose lives are at immediate risk. We fear that without rapid intervention, we will witness further deaths and an even greater humanitarian disaster inside these detention centres.
Demonstration in London and Brussels – 12 September 2026
On 12 September 2026, we will be present in London and Brussels to peacefully demonstrate and raise awareness of the situation of Eritrean refugees and other migrants detained in Libya.
We will bring approximately 30,000 signatures supporting our appeal, together with testimonies from survivors who have personally experienced detention and abuse in Libya.
We have also contacted members of the European Union and relevant representatives to bring these testimonies and demands directly to their attention.
We respectfully ask the European Union to listen to the voices of survivors and families and to act before more lives are lost.
We cannot wait until these people are dead before the world pays attention to their suffering.
We urgently request a concrete response and immediate action.
Dans cette région de l'Est de l'Allemagne, l'extrême droite a atteint un score historique et pourrait se retrouver à diriger le Land. Les médias indépendants cherchent des explications, tandis que la société civile se mobilise.
À l'issue du scrutin du 6 septembre, le parti d'extrême droite allemand AfD a récolté 43,8 % des voix dans un Land de l'est du pays. « L'AfD a remporté la victoire en Saxe-Anhalt dans toutes les tranches d'âge, avec les plus faibles marges chez les plus jeunes et les plus âgés, décrit Deník Referendum. Par ailleurs, plus de la moitié des électeurs masculins d'âge moyen ont voté pour ce parti. »
Si la victoire avait été annoncée par les sondages, le haut taux de participation, à près de 80 %, lui, a surpris. « Le taux de participation record n'a pas nui à ce parti cette fois, mais l'a au contraire favorisé », lit-on dans le média tchèque. « L'AfD a désormais prouvé qu'il est possible de mobiliser les abstentionnistes. Il reste à la gauche d'obtenir des résultats encore meilleurs que la droite dans ce domaine, lit-on dans la version allemande de Jacobin. Cette société a besoin d'une vision d'avenir différente, qui transcende à la fois l'état actuel, délabré, et le retour à un passé fantasmé proposé par l'AfD. »
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Les médias indépendants internationaux cherchent des explications à une telle victoire. « On pourrait certes évoquer l'Allemagne de l'Est, sa transformation, le sentiment d'humiliation après la Réunification, le désengagement des partis traditionnels et la méfiance envers les institutions. Tous ces éléments sont importants. Mais avec un score de 43,8 %, une telle explication ne suffit plus », argumente le site polonais Krytyka Polityczna.
Depuis le Royaume-Uni, openDemocracy explique à son lectorat : « Pour un pays qui, à l'étranger, est encore associé à la stabilité politique, à une industrie solide et à un niveau de vie relativement élevé, un tel résultat peut paraître surprenant. Pourtant, ces dernières années ont profondément marqué l'économie allemande. La production économique réelle a à peine progressé, la production industrielle s'est affaiblie et les ménages ont subi une perte considérable de pouvoir d'achat. » Et complète : « Il n'est guère surprenant que ces événements aient entraîné des changements dans le climat politique. »
Le nouveau gouvernement régional doit être constitué au plus tard le 6 octobre, rappelle Correctiv. L'AfD a annoncé, avant l'élection, ne vouloir gouverner qu'avec une majorité absolue. Or, le parti a obtenu 39 sièges, 3 de moins que les 42 nécessaires pour avoir la majorité au parlement régional. Par ailleurs, il a peu d'alliés.
Le média indépendant allemand se penche sur les possibles scénarios, comme l'alliance avec un petit parti, l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), du nom de sa fondatrice, une ancienne de Die Linke qui a quitté le parti de gauche en 2023. La BSW a cinq sièges. Sinon, de nouvelles élections pourraient être organisées. Si le parti d'extrême droite parvient à diriger le Land, sa capacité d'action sera en partie limitée par les lois fédérales. « L'AfD pourrait toutefois opérer des changements particulièrement importants dans les domaines relevant de la compétence des Länder, notamment l'éducation, la sécurité intérieure et la culture », décrypte le site d'enquête.
Cette victoire électorale a profondément choqué une partie du pays. Dans la capitale allemande, des milliers de personnes se sont mobilisées en réaction aux résultats de cette élection. « Des manifestants se sont rassemblés pacifiquement à la porte de Brandebourg, à Berlin, en faveur de la démocratie, pour dénoncer le parti AfD, anti-immigrés et pro-russe, qui a appelé à des expulsions massives de demandeurs d'asile et à un recul des aides publiques en faveur des énergies renouvelables et de l'audiovisuel public », détaille The Guardian.
Le journal indépendant allemand Taz a parlé à des membres de la société civile après le scrutin. « Nous sommes en dialogue avec nos collègues d'autres pays, y compris ceux dirigés par des gouvernements de droite radicale. Nous apprenons les uns des autres à être plus résilients », témoigne par exemple la directrice du musée d'art de Magdebourg, la capitale du Land.
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Les personnes interrogées parlent au média du besoin de faire communauté. « Plus que jamais, la solidarité est nécessaire », dit une femme du Service mobile d'aide aux victimes, qui soutient les personnes victimes des violences d'extrême droite. Bettina Schlauraff, une responsable de l'Église protestante de la région, partage une lueur d'espoir : « Ce qui me donne du courage, c'est la formation, ces derniers mois, d'une société civile très stable sur laquelle nous pouvons désormais compter. Une société civile qui n'hésitera pas à s'exprimer. »
Dans un peu moins de 10 jours, les services fournis par Autistici/Inventati fermeront.
Cela inclut : les adresses email, les listes mail, les services de visio/audioconférence, les sites web hébergés chez elleux, ainsi que le fameux noblogs.org. Cette page fournit des instructions pour exporter ses données depuis les services de l'infrastructure d'A/I.
Que l'on utilise ou non ces services, cet article est à faire tourner largement afin que personne ne se retrouve en galère le jour venu.
Dans 10 jours, les services fournis par Autistici/Inventati fermeront.
Autistici/Inventati met fin à ses activités de services internet libres et autonomes | 10 septembre
Cela inclut : les adresses email, les listes mail, les services de visio/audioconférence, les sites web hébergés chez elleux, ainsi que le fameux noblogs.org. Donc tous les blogs Noblogs s'éteindront dans 10 jours.
Les adresses email concernées sont celles terminant par @autistici.org, @anche.no, @autistiche.org, @autoproduzioni.net, @bastardi.net, @bruttocarattere.org, @canaglie.net, @canaglie.org, @cryptolab.net, @distruzione.org, @grrlz.net, @hacari.com, @hacari.net, @hacari.org, @insiberia.net, @insicuri.net, @inventati.org, @krutt.org, @logorroici.org, @mortemale.org, @onenetbeyond.org, @paranoici.org, @privacyrequired.com, @stronzi.org, @subvertising.org
Si vous connaissez des personnes ou des collectifs gérant un blog chez Noblogs, un site web hébergé par A/I, ou ayant une adresse email comme citées plus haut, merci de leur envoyer cet article.
Le collectif a publié hier (mardi 8) des instructions en italien et en anglais pour sauvegarder ses données : https://cavallette.noblogs.org/2026/09/10099
Une traduction est disponible ci-dessous ou sur https://squ.at/ai-sauvegarde
Si vous avez besoin d'aide, un groupe Signal a été créé pour s'entraider entre utilisateurices francophones : https://signal.group/#CjQKIB6IcJOchgdobOMkahFnlsKZJsDmgZx3_j1hJrNWs1pfEhAe2l98F6KZ9ewOG68ixnQs
À faire tourner au maximum !
Dans une dizaine de jours les services fournis par Autistici/Inventati s'éteindront.
Cela signifie que les comptes email ne fonctionneront plus : si vous les avez utilisés pour vous enregistrer à des services tiers, il vous faudra y mettre à jour votre email pour une nouvelle adresse.
Cette page fournit des instructions pour exporter les données des services de l'infrastructure d'A/I.
Les comptes « propriétaire » et « administrateur » des blogs vont recevoir un email contenant un lien de téléchargement de la sauvegarde du blog, incluant les articles, les pages, les médias, dans un format permettant de la réimporter dans une autre plateforme WordPress.
Voici un guide pas-à-pas pour importer les données téléchargées dans un nouveau site WordPress :
Si vous voyez une erreur durant le processus de téléversement (par exemple parce que des fichiers sont trop gros), envoyez un email à help@inventati.org. Nous pourrons vous envoyez des instructions sur comment augmenter les limites de téléversement ou comment découper le fichier XML en plus petits morceaux. (Vous pouvez aussi trouver des solutions en ligne.)
Important : importer les fichiers joints n'est possible que si noblogs.org est encore accessible. Quand Noblogs aura cessé de fonctionner, vous devrez installer une extension sur votre nouveau blog afin de changer les liens des fichiers sauvegardés.
Notez aussi que, une fois notre infrastructure éteinte, il ne sera plus possible de nous contacter. Si vous pensez avoir besoin d'aide pour la migration, merci d'importer votre sauvegarde sur votre nouveau site WordPress avant cette date.
Lorsqu'ils sont stockés sur nos serveurs, vos emails sont chiffrés : nous ne pouvons pas accéder à leur contenu, et vous seul·e pouvez les déchiffrer avec votre mot de passe. Il est donc crucial que vous téléchargiez votre boîte mail avant la fermeture des services d'A/I, car il sera ensuite impossible de récupérer vos messages.
Il n'est pas possible de télécharger les emails depuis le webmail. Dans l'interface web, vous pouvez uniquement sélectionner tous vos emails et les effacer afin de vider votre boîte mail. Si vous voulez télécharger vos messages, vous devez installer un client mail sur votre ordinateur. Nous recommandons d'utiliser Thunderbird. Vous pouvez trouver un tutoriel ici :
https://www.inventati.org/docs/mail/thunderbird
Nous ne fournirons pas d'instructions sur comment synchroniser ou exporter vos emails vers des hébergeurs de mails tiers et/ou commerciaux.
Vous pouvez télécharger votre liste de contacts depuis le webmail, via l'option « Exporter » dans le menu « Contacts ».
Paramètres de connexion pour Thunderbird :
Nous recommandons de télécharger le contenu des sites hébergés sur les serveurs d'A/I via le protocole WebDAV à l'aide d'un client compatible. Les paramètres d'accès sont disponibles ici : https://www.inventati.org/docs/web/webdav#how-to-download-your-website
Vous trouverez un « dump » (une archive) des bases de données SQL de votre (ou vos) site(s) dans le dossier principal de votre compte WebDAV.
Logiciels recommandés :
Les administrateurices de listes mail et de newsletters ont déjà reçu un email avec la liste des utilisateurices inscrit·es. Si vous ne l'avez pas reçu, vérifiez dans votre dossier Spam ou envoyez un email à help@inventati.org, en prenant soin de bien mettre le nom de votre liste dans votre message. (Notez que ces informations ne seront envoyées qu'à l'adresse mail de lx ou des administrateurice(s) de la liste.)
Si vous avez activé l'archivage des messages de votre liste mail et voudriez télécharger l'archive, envoyez un email à help@inventati.org et nous essaierons de trouver un moyen de vous aider.
Le climat flambe, le coût de la vie aussi : il est temps de se révolter
L’article Fin du monde, fin du mois : même combat est apparu en premier sur Contre Attaque.
Un souverainiste aux propos négationnistes tient un musée à Saint-Ursanne, dans le Jura. Cet article est une enquête sur son passé et son présent dans le Jura.
Le musée s'appelle « Musée Georges Lakhovsky ». Il occupe les anciens bureaux administratifs de l'usine Thécla, à Saint-Ursanne, sur une friche industrielle en reconversion.
On y trouve des dizaines d'oscillateurs à bobines de cuivre, des trousses d'électrothérapie anciennes et des panneaux documentaires. Ce n'est pas une petite collection privée : c'est une grande aire d'exposition.
La visite se fait sur rendez-vous par email, à partir de quatre personnes, contre une contribution financière. Pour les grands groupes, l'épouse du fondateur du musée donne même des concerts de bols chantants.
L'homme s'appelle Heinz Christian Tobler. Son site ne le dit pas. Il ne mentionne d'ailleurs jamais Saint-Ursanne, ni aucune adresse, ni raison sociale, ni numéro d'entreprise. Les seules localités citées sont Tecknau et Mümliswil, c'est-à-dire les anciens domiciles de Tobler.
Tobler dans son musée.
Sur la page d'accueil du site, une photographie mise en ligne le 31 mars 2025. Au mur, une étrange décoration : anneau extérieur, moyeu central et douze bras coudés en forme d'éclair reliant l'un à l'autre. Douze runes Sig disposées en rayons dans un cercle ; c'est le motif de la mosaïque de la Wewelsburg, le château que Himmler avait fait aménager en centre idéologique de la SS. Ce que les milieux néonazis appellent depuis les années 1990 le Soleil Noir.
Le nom est postérieur à 1945, le symbole est depuis les années 1990 une substitution à la croix gammée dans les milieux néonazis et ésotériques, précisément parce qu'il n'est pas interdit.
Sur la page d'accueil du musée, le motif à douze runes Sig.
Maintenant êtes-vous prêt·e ? Nous allons faire un bond d'un siècle dans le passé et remonter le fil de l'histoire jusqu'à aujourd'hui.
Georges Lakhovsky (1869-1942) était un ingénieur français d'origine russe. Il a soutenu dans les années 1920-1930 une théorie dite de l'« oscillation cellulaire » : chaque cellule serait un circuit oscillant, la maladie résulterait d'un déséquilibre de cette oscillation et l'on guérirait en baignant la personne malade dans un très large spectre de fréquences dont son organisme choisirait celle dont il a besoin.
« L'Oscillation cellulaire », l'ouvrage de Lakhovsky (édition Energeia).
La théorie est évidemment classée comme charlatanisme.
L'histoire de Lakhovsky telle que Tobler la raconte est structurellement conspirationniste : les recherches auraient été abandonnées en 1942 « après l'assassinat de Lakhovsky ».
Et sur la page consacrée aux répliques des machines, cette phrase :
« Peut-être qu'on découvrira un de ces appareils quelque part dans 30 à 40 ans […] et peut-être le monde aura-t-il alors tellement changé que cette technologie pourra retrouver la reconnaissance dont elle jouissait jusqu'au décès ciblé de l'inventeur en 1942. Et peut-être pourra-t-on alors de nouveau raconter tout ce qui est possible avec ces appareils, ce qui est aujourd'hui interdit. »
C'est le schéma complotiste de l'invention supprimée : une technologie qui marchait, un inventeur éliminé, une vérité interdite qui attend son heure. Retenez la structure, elle va revenir plusieurs fois.
Heinz Christian Tobler est bourgeois de Lutzenberg, en Appenzell Rhodes-Extérieures. Son grand-père était Ernst Jakob Tobler (1889-1966).
Sur son site actuel, Tobler raconte :
« Mon grand-père, le Dr Jakob Tobler, pionnier et chercheur dans le domaine de la gazéification du bois, a été poussé par l'EMPA (Laboratoire fédéral d'essai des matériaux) après la Seconde Guerre mondiale à falsifier des résultats de recherche. Ceci afin que la gazéification du bois reçoive le coup de grâce au profit des automobiles à essence, c'est-à-dire de l'industrie pétrolière — ce qu'il a refusé. […] Il perdit de ce fait son emploi et fut ensuite, jusqu'à sa retraite, principalement professeur de chimie. »
L'histoire du grand-père est en fait la suivante : Ernst Jakob Tobler était ingénieur agronome de l'EPFZ. Directeur de l'Emmental AG, la société suisse d'exportation du fromage, de 1926 à 1956. Député au Grand Conseil zurichois, puis conseiller d'État de 1919 à 1926 et président du gouvernement zurichois en 1922. Conseiller national PAI (Parti des paysans, artisans et indépendants, l'ancêtre de l'UDC) jusqu'en 1928. Vice-directeur de l'Office fédéral de guerre pour l'alimentation de 1939 à 1946. Administrateur de la Rentenanstalt. Colonel d'artillerie. Bourgeois d'honneur de Küsnacht. Un véritable pilier de l'establishment fédéral.
L'histoire de la falsification, Tobler ne l'a pas inventée : il en a hérité. Car ce grand-père, il ne l'a pas ou pratiquement pas connu. Ernst Jakob meurt à Berne le 8 mai 1966. Son fils Hans-Ulrich, le père de Heinz Christian, était alors installé à Milan avec sa femme Verena. Et la naissance de Heinz Christian se situe justement autours de 1966. Ce qu'il sait de son grand-père, il le tient donc de son père.
Et il y a peut-être une petite part de vérité. Ernst Jakob siégeait à la commission de surveillance des stations fédérales de recherches agricoles et dirigeait l'Office de guerre pour l'alimentation pendant les années où la Suisse roulait au gazogène. De « il surveillait un laboratoire fédéral » à « un laboratoire fédéral a voulu le faire mentir », il n'y a qu'un pas.
Toujours est-il que Tobler a grandi avec cette histoire. Il l'a ensuite appliquée à Lakhovsky assassiné, à son maître spirituel, aux procès de Nuremberg, puis à la Shoah. Une histoire de famille devenue la méthode de récits complotistes.
Avant 2011, Tobler a vécu en Inde dans un « monastère indien », un ashram. Il y aurait créé deux pépinières, rassemblé une collection de 20'000 plantes et se serait occupé de 500 à 1'000 enfants, « en partie orphelins, issus de familles difficiles et de milieux appauvris ». Il précise face caméra avoir passé quatorze ans au Tamil Nadu.
Il nomme lui-même son maître : Swami Premananda.
Heinz Christian Tobler et Swami Premananda.
Prem Kumar Somasundaram (le vrai nom de Swami Premananda), né en 1951 à Matale (Ceylan), tenait un ashram doublé d'un orphelinat à Fatimanagar, au Tamil Nadu : 150 acres, plantations de fleurs, de fruits et de teck. Il est arrêté en 1994. L'accusation lui reproche, avec sept coaccusés, le viol de quinze jeunes filles, dont des mineures, et le meurtre d'un résident de l'ashram qui cherchait à le dénoncer. Cent-neuf témoins sont entendus. Il est condamné en 1997 à deux réclusions à perpétuité consécutives, verdict confirmé par la Haute Cour de Chennai en 2002, puis par la Cour suprême de l'Inde en 2005. Il meurt en détention en février 2011.
Sur son site, Tobler écrit que son retour en Inde a été empêché par la mort, « en réalité l'assassinat », de son maître.
Il quitte l'Inde pour son père mourant.
Tobler arrive en Suisse en 2011, « pratiquement sans ressources » selon son récit. Une année dans les soins aux personnes âgées, puis l'horticulture.
En 2013, il découvre Lakhovsky, achète deux appareils du commerce et décide d'en construire.
Le 16 février 2014, une page intitulée « Traitement par oscillateur à ondes multiples de Lakhovsky, aujourd'hui » affiche un tarif en toutes lettres : 70 francs pour 30 minutes. Séance de quinze minutes maximum entre les antennes, dix minutes de repos, puis un verre d'« eau de guérison » de la médecine siddha. Le contact indiqué est Nazneen Trimurti Tobler, son épouse. Le couple se dit domicilié à Binningen, près de Bâle. La page renvoie explicitement vers un forum dont l'adresse se traduit littéralement par « le cancer, rien qu'une maladie ».
« Preis : 70 CHF.- Dauer : 30 Minuten ». La page du 16 février 2014, avec pour contact l'épouse de Tobler.
Dix jours plus tard, le même texte est reposté sur ce forum de personnes atteintes de cancer, sous le pseudonyme « heinztobler », depuis un compte créé le jour même. Un passage y est ajouté : ils traitent leur première personne atteinte d'un cancer.
Le dispositif de protection est déjà là, mot pour mot celui d'aujourd'hui : ils ne sont pas thérapeutes du cancer mais proposent une « séance wellness vitalisante », l'application se fait sous la responsabilité de chaque personne, aucune parole de guérison n'est prononcée.
En parallèle, une autre trajectoire se met en place.
En octobre 2014, un site suisse consacré à l'OPPT (One People's Public Trust) le présente comme « militant pour la paix Heinz Christian Tobler ». L'OPPT est une construction pseudo-juridique américaine qui prétendait avoir dissous l'ensemble des gouvernements et des banques du monde au moyen de dépôts sans aucune portée juridique. Ce sont les thèses souverainistes, cousines suisses des Reichsbürger allemands : l'État n'existerait pas légalement.
Au même moment, il écrit à la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf pour lui expliquer que la Confédération serait une « FIRME ». Il se désigne lui-même comme « Souverän Heinz Christian Tobler », titre qu'il portera pendant des années, jusque dans le nom de sa chaîne YouTube.
Le 13 avril 2015, un texte paraît sous son nom sur un blog nommé Heimatlobby. On y lit que des Allemands ont été massacrés par dizaines de milliers dans des « camps de concentration polonais », que « Hitler ne pouvait plus attendre », que l'Angleterre refusait toute solution de paix, que des Russes sont tués en Ukraine et qu'il faut se demander si « Poutine a pitié de ses compatriotes comme jadis le chancelier du Reich Adolf Hitler ». Conclusion : les criminels ne sont ni des Allemands ni des Russes.
Il faut préciser ce qu'est Heimatlobby. Son menu de navigation comporte les rubriques « Le Führer… élu par le peuple en 1933 », « La Waffen-SS », « Troisième Reich – la véritable histoire contemporaine », « La vérité interdite ? », et une rubrique entière consacrée à Germar Rudolf, figure du négationnisme allemand. En avril 2018, ses articles récents comprennent « ADOLF AVAIT RAISON SUR ÉNORMÉMENT DE CHOSES ». Tobler y a sa propre catégorie, à côté de « Suisse ».
En 2016, il annonce le déclenchement de la Troisième Guerre mondiale pour le 18 août, sur la foi d'« informations crédibles de l'OTAN ».
À l'automne 2016, Tobler passe à l'image et prend la caméra. En septembre, il filme une conversation à l'Untersberg, en Autriche, avec un Allemand nommé Frank Willy Ludwig. Ce sera la première d'une série de huit vidéos tournées jusqu'en 2020, qu'ils intitulent Stamm-Tisch (en français "la table des habitués", celle du fond de la salle où l'on refait le monde).
« Table des habitués : jeux des dieux ».
Ludwig exploite un « domaine » appelé Urahnenerbe Germania, aujourd'hui à Liepe, dans le Brandebourg. Le nom renvoie à l'Ahnenerbe, l'institut de recherche pseudo-scientifique fondé en 1935 par Himmler au sein de la SS, dont les équipes ont pratiqué des expériences mortelles sur des personnes détenues. Ludwig le reconnaît lui-même, face caméra, dès cette première vidéo de septembre 2016 : « Ahnenerbe, la société Ahnenerbe, oui, la SS, et ainsi de suite… ». Son site affiche une croix gammée à peine modifiée. Il a participé à des rassemblements néonazis à Dresde, est intervenu dans un réseau négationniste et soutient que les Blancs seraient venus sur Terre il y a 600'000 ans, notamment de la Grande et de la Petite Ourse, tandis que les peaux noires, rouges et jaunes viendraient « de tout autres systèmes solaires ».
Toutes les vidéos sont toujours en ligne sur la chaîne de Ludwig qui n'a jamais été supprimée.
Trois choses méritent d'être soulignées sur cette collaboration.
« Über "Gutmenschen" & "Lügenpresse" — Stamm Tisch — Switzaria 2017 », mis en ligne le 14 juillet 2017. La description dit : « Un film de Heinz Christian Tobler, en réponse à la campagne de haine de divers médias. »
« Das Urahnenerbe », mis en ligne le 24 janvier 2017 sur la chaîne de Ludwig. La description, visible sous la vidéo, commence par : « Après que la chaîne YouTube de Heinz a été fermée, nous la mettons en ligne nous-mêmes ici. »Dans une autre de ces vidéos, il développe ceci :
« Et c'est une pure bêtise de regarder de haut une autre race. Surtout ceux qui le font se sont eux-mêmes abaissés. […] car chez nous, autrefois, on pratiquait véritablement un élevage racial, il y avait les sorcières, qui veillaient, et dans les Wahlburgen on faisait une sélection […] afin que les plus nobles et les meilleurs puissent s'unir […] et les plus nobles avaient le droit de rester dans la mère-patrie, les autres sont partis errer […] c'étaient d'ailleurs les proto-Juifs, les errants. »
Il ouvre sur le refus du mépris racial. Il referme, quatre minutes plus tard, sur les Juifs présentés comme le rebut d'une sélection eugénique germanique. C'est sa méthode entière dans un seul développement. Ce mythe d'origine n'apparaît dans aucune autre source de la mouvance ; il semble lui être propre.
Tout ce qui précède était un amuse-bouche. Voici le plat principal.
Entre 2017 et 2022 au moins, Heinz Christian Tobler a exploité un site web sur un domaine à son propre nom : heinz-christian-tobler.ch. Le domaine a depuis expiré et le site n'existe plus.
Ce qui suit vient des archives de la Wayback Machine. Tout est signé de son nom ou publié par lui sur son domaine.
« Pourquoi la swastika, la croix gammée ? »
C'est le titre de la première section de la page d'accueil. Elle s'ouvre sur une mosaïque de vingt-quatre vignettes, chacune légendée d'un nom de pays ou de culture.
La vignette « Allemagne » est une décoration militaire nazie à croix gammée.
Le texte : « Pourquoi la croix gammée ? Parce que c'est un symbole sacré dans toutes les cultures. […] Swasti signifie en sanskrit le bien-être. Ainsi ce signe était et demeure, depuis les temps immémoriaux, un signe de bien-être. Et il doit le redevenir ! »
Le tour de passe-passe est le suivant : un objet du Troisième Reich glissé dans une série de symboles religieux et archéologiques millénaires.
La grille des vingt-quatre svastikas, en tête de la page d'accueil. En troisième position pour l'Allemagne, une décoration militaire nazie.
Ce qu'il écrit en son nom
La page d'accueil se poursuit par un récit autobiographique, puis, sans transition, la doctrine.
« Par ailleurs, le génocide des Allemands reste à ce jour un sujet tabou, ou bien il est relativisé et ramené à une bagatelle par rapport à Auschwitz, présenté comme nécessaire ou naturel. […] L'Holocauste contre le peuple allemand par les puissances victorieuses est un tabou garanti par l'État ! Les Allemands, semble-t-il, n'ont pas droit à la dignité de victime. Ils sont coupables pour l'éternité ! »
La page « Troisième Reich »
Une très longue page intitulée « Drittes Reich » s'ouvre sur la photographie d'un buste sculpté d'Adolf Hitler, de facture officielle nazie.
On y trouve, dans l'ordre : une longue discussion sur une prétendue ascendance juive de Hitler, appuyée sur deux ouvrages conspirationnistes, des livres audio des mémoires de son ami de jeunesse et d'un dialogue avec son mentor Dietrich Eckart, l'un des textes fondateurs de la théorie du judéo-bolchevisme, un entretien avec un ancien responsable des Jeunesses hitlériennes, une section « Si Adolf Hitler avait été un Rothschild, il n'en aurait pas fait arrêter un ! », une section « Warburg a-t-il financé Adolf Hitler et le NSDAP ? NON ! », un long développement sur l'assassinat supposé de Rudolf Hess et sur Hitler artisan de paix en 1940 et une section intitulée « Adolf Hitler dans le combat contre le Nouvel Ordre Mondial — Appel à la paix : Adolf Hitler voulait la paix ! ».
Puis une section intitulée « Le véritable Holocauste ». Elle est consacrée aux camps de prisonniers de guerre allemands du Rheinwiesen, d'après un ouvrage dont les conclusions ont été réfutées par les historiens de la question. Les camps américains y sont désignés par le mot Todeslager (camps de la mort). Le mot « Holocauste » est retiré aux victimes juives et attribué à d'autres.
« Le véritable Holocauste », au-dessus d'une vidéo tirée de « Other Losses », l'ouvrage de James Bacque sur les camps de prisonniers allemands de 1945.
Himmler en téléchargement
La dernière section s'intitule « La Schutzstaffel comme organisation de combat antibolchevique », est datée du 14 janvier 2017, signée « Deutscher Volksgenosse » (camarade de peuple allemand) et sourcée en fin d'article au National Journal, publication néonazie allemande. Tobler ne l'a pas écrite. Il la republie intégralement, sans un mot de distance, à la suite de ses propres textes.
« La SS comme organisation de combat antibolchevique ». On y lit que « personne d'autre que Heinrich Himmler n'est parvenu à expliquer de façon aussi ramassée le programme mondial international de la juiverie de pouvoir ».
Cette section est consacrée à un écrit de Heinrich Himmler de 1937. On y lit :
« Jusqu'à présent, personne d'autre que Heinrich Himmler n'est parvenu à expliquer de façon aussi ramassée et pourtant aussi approfondie le programme mondial international de la juiverie de pouvoir. »
« Le fait que les nationaux-socialistes aient créé un ordre digne de l'homme est aujourd'hui reconnu même par des chercheurs du Système… »
« … car c'est cette voie de la raison et de l'humanité qui a été abandonnée au profit du système de pouvoir juif globaliste. »
Et en bas de la section, deux liens : la brochure de Himmler Die Schutzstaffel als antibolschewistische Kampforganisation, dix-sept pages, en scan et en version texte, en téléchargement direct. Un compteur affiche 245.
La bibliothèque
Une autre page, intitulée « Leçon d'histoire pour les Allemands », héberge son propre film « Leçon d'histoire pour les Allemands 2018 » en quatre parties, près de quatre heures, signé « Souverän Heinz Christian Tobler ». Il précise que les versions de 2016 ont été « bloquées cinq fois dans le monde entier », que le film « est au service des Lumières populaires » (Volksaufklärung, la racine du nom du ministère de Goebbels) et demande : « Merci de télécharger, partager et sauvegarder. » C'est un appel à contourner les retraits.
Elle propose enfin, en téléchargement gratuit, l'ouvrage négationniste de Gerard Menuhin, Wahrheit sagen, Teufel jagen. Tobler écrit remercier l'auteur de son « aimable autorisation » de le publier en feuilleton. Le traducteur crédité est Jürgen Graf, négationniste suisse condamné en 1998 à quinze mois de prison pour discrimination raciale. Le texte accompagne cette recommandation : « Nous recommandons à chaque lecteur de télécharger et de lire la version intégrale gratuite. Les connaissances qui en découlent sont inestimables ! »
« Texte-source important ». Téléchargement de « Wahrheit sagen, Teufel jagen », traduit par Jürgen Graf.
Sur une page qui lui est entièrement consacrée, le texte de Menuhin republié se termine par deux portraits en vis-à-vis. À gauche, Winston Churchill, légendé « un poivrot de clochard ». À droite, un portrait officiel d'Adolf Hitler, légendé « un Führer visionnaire ».
Un portrait officiel de Hitler « un Führer visionnaire ».
La signature
La page d'accueil se termine ainsi, immédiatement au-dessus de son nom :
« La vérité vaincra !
Victoire, bénédiction et salut au Reich jamais disparu des Allemands ! Puisse la vérité vaincre et le traité de paix devenir réalité !
Heinz Christian Tobler »
En allemand : « Sieg, Segen und Heil dem nie untergegangenen Reich der Deutschen ! » La juxtaposition Sieg / Heil n'est pas fortuite et « le Reich jamais disparu » est le postulat central de la mouvance Reichsbürger.
La formule de clôture de la page d'accueil.Tobler sera médiatisé par trois fois en 2018.
Après quoi, plus rien à notre connaissance. Huit ans de silence, dans toutes les langues.
C'est à partir de là que Tobler devient méthodiquement plus discret. Il faut décrire ce mouvement correctement, parce que la version simple « il a effacé son site » serait fausse : la vérité est plus accablante.
Le site n'a pas été effacé. Il a été reformulé peu à peu. Le texte de la page d'accueil ne bouge pas dans les mois qui suivent les enquêtes ; ce sont les rubriques qui se réorganisent, certaines disparaissant du menu tout en restant accessibles par leur adresse.
Ensuite le mouvement se poursuit, toujours dans le même sens, mais ailleurs : il annonce en 2020 qu'il veut arrêter, construit son dernier appareil, radie son entreprise individuelle, bascule vers le registre muséal sur lakhovsky.ch, supprime son compte Telegram fin 2024, laisse expirer le nom de domaine qui portait son nom. Ces gestes, mis bout à bout, dessinent une volonté de réduire son exposition.
Il en est aujourd'hui à sa quatrième chaîne YouTube : « Kanal 4 ». Le suffixe dit tout : une chaîne bloquée, puis une autre, puis une autre.
En novembre 2021, Tobler s'installe à Saint-Ursanne, une commune jurassienne de 1'300 habitant·es.
Il habite une maison de 1938, construite par le directeur des usines Thécla et léguée à la commune en 1983. Le registre foncier confirme que la commune de Clos du Doubs (commune issue d'une fusion entre Saint-Ursanne et d'autres villages) en est toujours propriétaire. Le procès-verbal de l'assemblée communale du 9 décembre 2021 mentionne qu'« un changement de locataires est intervenu en novembre 2021 » ; la même assemblée vote ce soir-là 105'000 francs de travaux sur le bâtiment, approuvés sans avis contraire, l'amortissement devant être couvert par « le produit des locations ».
Le musée est lui dans les anciens locaux de la même usine, sur la même route, dans des bâtiments commerciaux loués à un tiers. Il ne faut pas confondre les deux.
L'entrée du musée, dans les anciens locaux de l'usine Thécla, telle que Tobler la présente sur sa quatrième chaîne YouTube.
Il s'installe dans une région francophone où il est totalement inconnu de la presse et de la population. Les rédactions jurassiennes ont couvert le site Thécla en janvier 2020, puis l'incendie qui a touché une partie de l'ancienne usine en mars 2026. Elles connaissent le lieu. Elles ignorent qui y habite. Le Röstigraben fonctionne comme une couverture.
Ce dossier repose sur des pièces écrites, publiques et archivées. Il laisse volontairement de côté tout ce qui reposerait sur un témoignage isolé ou une observation de voisinage. Plusieurs pistes ont été suivies puis abandonnées faute de preuve.
Restent des questions qui appellent des réponses. Espérons que cette enquête en appelle une autre, si possible de la part d'une rédaction professionnelle. Les pistes non explorées sont à disposition sur demande.
Le Service de renseignement de la Confédération déclarait en 2018 ne pas considérer les Reichsbürger comme une menace pour la sécurité intérieure. Cette position a une conséquence : personne ne suit ces gens, personne ne les documente. En Allemagne, l'association Reichsbürger « Königreich Deutschland » a été interdite en mai 2025.
Et une question qu'il vaut mieux poser trop tôt que trop tard. Le « domaine » de Ludwig à Liepe n'est pas isolé : il relève d'un phénomène documenté en Allemagne, l'achat de fermes et de maisons par des militant·es völkisch et Reichsbürger dans des régions rurales dépeuplées, jusqu'à peser sur la vie associative et politique d'un village. Rien n'indique aujourd'hui qu'il y ait à Saint-Ursanne autre chose qu'un homme, son épouse et un musée. Mais faut-il attendre qu'une implantation plus large de « citoyens souverains » s'y constitue pour se demander si l'on devrait laisser faire ?
rebel.suisse@nopasaran.ch
@nopasaran.ch_fr
Cet article repose sur des documents publics et archivés :
heinz-christian-tobler.ch conservées par archive.today et la Wayback Machine entre mai 2017 et janvier 2023, sauvegardées hors ligne.lakhovsky.ch.Nous ne publions aucun lien vers les pages négationnistes elles-mêmes, ni vers les fichiers qu'elles proposaient en téléchargement. Mais ces liens, ainsi que l'ensemble des captures d'écran, sont à disposition.
En janvier 2026, la présidente de l’université Paul-Valéry alertait Emmanuel Macron sur les suicides et les morts qui frappent son établissement, qu’elle imputait au manque de moyens. Cinq mois plus tard, un rapport de l’Inspection générale renvoyait la balle : l’université n’a jamais cherché à connaître les causes de ces drames, et les signalements de harcèlement s’y perdent dans un dispositif que les syndicats jugent opaque. Entre un ministère et une présidence qui se renvoient la responsabilité, les agents en souffrance, eux, attendent toujours des réponses
« Dans mon université, en 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. » La lettre ouverte d’Anne Fraïsse, présidente de l’université de Montpellier Paul-Valéry, publiée dans Le Mondeen janvier 2026, avait fait grand bruit. La présidente y établissait un lien direct entre ces drames, les conditions de travail dans son établissement et le sous-financement de l’enseignement supérieur par l’État. En effet, l’université Paul-Valéry est l’une des universités les moins bien financées de France, avec un déficit structurel depuis plusieurs années, qui doit conduire à sa mise sous tutelle prochaine du rectorat pour un «contrat de retour à l’équilibre » (Comprendre : un nouveau plan de rigueur budgétaire).
Un exercice auquel la présidente ne croit pas une seconde : « Il n’y a plus rien à gratter, on est déjà à 8 millions d’euros de déficit par an, on n’a aucun fonds de roulement, on ne peut pas faire plus d’économies. On ne peut pas rogner sur la masse salariale, on est déjà en sous-encadrement », nous répond-elle. Conséquence directe de ces politiques d’austérité mises en place par les gouvernements successifs : à quelques jours de la rentrée universitaire 2026, 77 unités de cours restaient sans enseignant au sein du seul département d’études anglophones. « Le ministère refuse de faire suivre les financements, et ce, alors que le nombre d’étudiants augmente », commentait alors Anne Fraïsse dans nos colonnes.
C’est dans ce contexte que le ministère a saisi l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR). Son rapport, rendu en juin 2026 après une quarantaine d’auditions, confirme les faits : quatre agents se sont bien donné la mort depuis 2021, deux enseignants-chercheurs et deux personnels administratifs et techniques, et un agent a été victime d’une crise cardiaque sur son lieu de travail. Mais il révèle surtout autre chose : l’université n’a jamais mené la moindre enquête sur ces décès. Aucune analyse des causes n’a été engagée. Les représentants du personnel l’avaient pourtant réclamée.
Paul-Valéry passe en Établissement Public Expérimental : vers la fin de la fac publique ?
La scène se passe le 14 novembre 2024, en formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), l’instance qui a remplacé le CHSCT. Un syndicat demande explicitement qu’une enquête soit menée après les décès de plusieurs agents. D’après le procès-verbal cité par le rapport, la présidente répond que ces décès ont « de multiples causes dont l’aspect professionnel », mais qu’il n’y a « pas de lien direct avec l’exercice professionnel ». Il n’y aura donc pas d’enquête, ce n’est « pas du ressort de l’établissement ». La demande n’est même pas soumise au vote.
« On s’inquiétait de la part de mal-être au travail qui aurait pu expliquer ces suicides. On a voulu une enquête pour connaître les causes, mais Anne Fraïsse a refusé au motif que les causes étaient d’ordre personnel et sans lien avec le travail », se souvient un représentant de la CGT des universités de Montpellier. Avant d’ajouter : « On n’a pas trop compris la posture d’Anne Fraïsse dans sa lettre ouverte. Elle dit l’inverse de ce qu’elle nous avait dit. »
Contactée par Le Poing, la présidente ne s’en cache pas vraiment. Elle reconnaît « l’ambiguïté du message » envoyé au chef de l’État et « assume parfaitement que l’on puisse prendre cela pour un double discours » : « J’ai été une lanceuse d’alerte sur cette question. On ne peut pas faire de lien direct entre les conditions de travail et les accidents graves, mais j’ai quand même des statistiques inquiétantes dans mon université. Je suis la seule présidente de fac à avoir mis ce sujet sur la table. »
Lors d’une assemblée générale des personnels qu’elle a convoquée le 7 septembre dernier, et dont nous avons obtenu un enregistrement, elle livrait déjà une explication inattendue : « Pour ce qui est d’ouvrir une enquête administrative en cas d’accident grave, j’avoue qu’on n’avait pas obligatoirement pensé à ça. Quand il y a un suicide, ma première pensée ce n’est pas de faire une enquête administrative pour dédouaner l’université. Peut-être qu’on a tort, je ne sais pas, ça ne ressuscitera pas les collègues. »
On n’y avait « pas pensé » ? Les procès-verbaux montrent pourtant que la demande a été formulée, puis écartée. Auprès du Poing, la présidente développe une conception pour le moins personnelle de l’outil : « L’enquête administrative sert à ce que moi, je tranche en dernière instance. Si je ne fais pas d’enquête, c’est que je n’ai pas besoin d’autres éléments pour dire qu’il n’y a pas de lien avec le travail. L’État nous demande de faire des enquêtes administratives, on va les faire, mais elles diront qu’il n’y a pas de lien avec le travail. L’État nous demande de faire ça pour se protéger. »
Une lecture que les syndicats ne partagent pas. « Le but d’une enquête administrative, c’est de chercher pourquoi il y a eu un problème et d’envisager des solutions. C’est pour ça qu’on vous a alerté », rétorquait en séance un représentant CGT lors de l’AG du 7 septembre.
La présidente met aussi en avant des obstacles concrets : la difficulté d’établir qu’un décès hors les murs est un suicide (« Comment on sait que c’est un suicide ? Par les collègues du service »), et le manque de bras. « On a beaucoup de signalements et on n’a plus de volontaires pour faire des enquêtes administratives, surtout chez les enseignants-chercheurs, là où il y a le plus de problèmes. Il va falloir passer par des organismes extérieurs, ça coûte très cher. Pour la première année, on y a mis 100 000 euros. Ces coûts, les inspecteurs ne s’en préoccupent pas. »
Montpellier : Après le « master quantique », l’Université Paul-Valéry n’en a pas fini avec l’ésotérisme
Derrière les chiffres, il y a des trajectoires. Comme celle d’une enseignante-chercheuse que Le Poing a interrogée, et qui préfère rester anonyme. Elle décrit depuis sept ans une situation de harcèlement. « Je ne dors plus, j’ai des maux de tête, de ventre, et l’impression que rien ne peut bouger. Je n’ai fait que suivre les procédures et j’ai vu je ne sais combien de médecins. J’ai dépensé une fortune en soins non remboursés et traitement du stress. »
Suivre les procédures, elle connaît : médecine du travail, cellule « stop violences », présidence de l’université, registre SST, plateforme RPS… Sans que la situation n’évolue pour autant. Contactées, d’autres personnes se disant victimes de harcèlement au sein de l’Université Paul-Valéry n’ont pas souhaité témoigner, certainement par peur de représailles.
Son cas n’a rien d’isolé, à en croire le rapport de l’IGÉSR. Les signalements pour risques psychosociaux sont passés de 38 en 2021 à 63 en 2025, avec déjà 24 signalements sur les six premières semaines de 2026. Agressions, humiliations, harcèlement : le registre en recense dans presque toutes les composantes, avec des points chauds en psychologie (17 signalements), en histoire (10) ou en études arabes. Face à cela, l’établissement n’a engagé que trois procédures disciplinaires depuis 2021, dont aucune, relèvent les inspecteurs, en lien avec des incidents entre personnels.
Interrogée sur ce décalage, Anne Fraïsse relativise la portée des signalements : « Il y a beaucoup de cas où les signalements de harcèlement déposés par des enseignants-chercheurs le sont pour des raisons de luttes internes entre collègues. Beaucoup de gens se vivent comme victimes, mais qui par leur comportement deviennent victimes de ceux qu’ils ont agressés, ce n’est jamais tout noir ou tout blanc. » Des victimes responsables de ce qui leur arrive : voilà qui devrait rassurer les agents qui hésitent encore à signaler.
Que deviennent alors les signalements ? Depuis quelques mois, ils sont réorientés vers un « dispositif RPS » [risques psycho-sociaux] dont les représentants du personnel sont exclus. « Avant, c’était le registre SST [santé et sécurité au travail], et on le traitait en formation spécialisée. Depuis quelques mois, on dit aux gens qu’il faut parler à la cellule RPS, puis le signalement est fermé et ce n’est pas traité », décrit la CGT des Universités de Montpellier. « La cellule est constituée par l’administration ou des gens nommés par elle, il n’y a pas de suivi. On se demande si elle n’est pas là pour étouffer les affaires. On se sent dépossédé de cette question. »
Pour SUD éducation, cette architecture n’a rien d’un accident local. « On travaille à partir du registre SST, connecté au ministère, où tout le monde peut déposer des avis. Ce registre est censé prendre en compte les RPS. Depuis quelques années, les universités segmentent ces registres en créant des cellules dédiées aux RPS où les syndicats sont absents. Elles sont faites pour contourner les organisations syndicales », analyse une militante du syndicat. Avec un effet pervers bien identifié : « Cette multiplication des dispositifs et des plateformes crée un élément de confusion pour un agent en souffrance, qui ne sait pas vraiment où s’orienter. Ça produit du découragement et beaucoup de gens renoncent à faire des signalements. »
L’IGÉSR valide l’essentiel de ces critiques. Le rapport pointe une plateforme de signalement inaccessible aux témoins, un traitement des dossiers possible sans l’accord de la victime, l’absence de psychologue du travail dans le collège chargé d’examiner les situations, et des réponses limitées à des médiations « sans interrogation des facteurs organisationnels ». Il recommande une refonte complète du dispositif, et surtout le déclenchement systématique d’enquêtes administratives en cas de faits graves.« Nous, on demande juste à ce que la présidence suive la loi et fasse faire des enquêtes administratives quand il y en a besoin », résume un militant de SUD Education.
Le 25 juin 2026, du jamais vu : les quatre organisations syndicales de l’établissement, CGT, FSU, SUD et UNSA, refusent unanimement de siéger en F3SCT. Dans un message commun à toute la communauté universitaire, elles décrivent une instance « entravée » depuis plus d’un an : ordre du jour imposé par la présidence, documents transmis hors délais, refus de mise au vote, et des avis votés en séance qui appellent réglementairement une réponse de la présidence sous deux mois, réponses « qui n’arrivent presque jamais ».
La réponse d’Anne Fraïsse, adressée quatre jours plus tard à l’ensemble des personnels, vaut le détour. Sous l’intitulé « Rupture du dialogue social à l’UMPV : vraiment ? », la présidente rappelle que la réglementation impose une réunion de F3SCT par an au minimum, puis aligne son bilan : dix réunions de comité social d’administration, six F3SCT ordinaires, cinq complémentaires, deux extraordinaires.
« La qualité du dialogue social ne se mesure pas quantitativement par le nombre de réunions ! », s’étrangle SUD dans sa réplique de juillet. « Elle s’apprécie à l’aune de la prise en compte des demandes et préconisations des représentants des personnels. » Le syndicat y voit une contradiction de fond : « Il y a un paradoxe : Anne Fraïsse a porté sur la scène nationale la question de la souffrance au travail, mais en interne le dialogue social est rompu avec les syndicats. Sur les questions de RPS, on ne peut pas discuter de l’ordre du jour dans les instances, et quand on demande un point précis sur ces questions, on nous dit non. Anne Fraïsse fait un usage politique de cette situation. »
Auprès du Poing, la présidente retourne l’accusation : « Les syndicats disent que le dialogue social est rompu, mais c’est eux qui refusent de siéger, ou alors ils asphyxient l’ordre du jour avec beaucoup de points, si bien qu’on est obligé de dédoubler les réunions pour tout traiter. Aucune université de France ne réunit la F3SCT une fois par mois… Sinon on peut revenir à ce que fixe la loi, c’est-à-dire une fois par an… »
Sur le fond, trois lectures s’affrontent désormais. Celle de la présidence : les drames s’expliquent par le sous-financement et le sous-encadrement, la responsabilité est d’abord celle de l’État. Celle du rapport : l’université est bien sous-dotée, mais les inspecteurs démontent la causalité simple en observant que les départements les plus en souffrance ne sont pas les moins bien dotés, et pointent des causes internes : organisation illisible, traitement des conflits « partiel et superficiel »… Et celle des syndicats, qui refusent de choisir.
Car les organisations syndicales renvoient les deux camps dos à dos.« On est d’accord avec Anne Fraïsse quand elle dit que le rapport a été commandé pour dédouaner le ministère de toute responsabilité. Mais il y a quand même de sérieux dysfonctionnements en interne », tranche SUD. La CGT insiste de son côté : « Ce rapport dit que ce n’est pas une question d’argent, alors que si, c’est une question d’argent. La sous-dotation dégrade les conditions de travail. »
Un universitaire de Paul-Valéry, qui préfère rester anonyme, pousse l’analyse un cran plus loin : « Le rapport souligne la question réelle du mandarinat, c’est-à-dire une domination exercée par un petit groupe d’enseignants-chercheurs, qui contrôlent les postes, les carrières, les nominations et les décisions, tout en pouvant harceler en toute impunité. Pour autant, il instrumentalise cette situation pour dédouaner de toute responsabilité la pénurie de moyens organisée par le ministère afin de préparer la voie à la fin de la quasi-gratuité des études en France, déjà remise en cause pour les étudiants étrangers. Le rapport est particulièrement malhonnête car il occulte totalement la dégradation systémique des conditions de travail induite par le manque de moyens et pave la voie à la mise sous tutelle de l’université pour une austérité encore plus violente. »
Le syndicat SUD relève d’ailleurs une faille dans le raisonnement des inspecteurs eux-mêmes : « Le rapport dit qu’il n’y a pas de corrélation entre le manque de moyens et la souffrance au travail, car ce ne sont pas les services les plus sous-dotés où il y a le plus de violence. Mais s’il n’y a pas d’enquête en interne, on ne peut pas objectiver ça. » Autrement dit : l’absence d’enquêtes, reprochée à l’université, fragilise aussi les conclusions du rapport qui la lui reproche.
Anne Fraïsse contre-attaque sur le même terrain, lors de l’AG du 7 septembre, avec une pointe d’amertume :« Qui peut écrire dans un rapport “vous ne pouvez pas lier les accidents de travail aux conditions de travail et au stress” parce que les collègues qui se sont suicidés n’appartenaient pas aux départements les plus sous-encadrés ? Ce n’est pas les bons qui se sont suicidés, quoi… Mince, on n’avait pas eu de suicides depuis 25 ans, on en a eu quatre en cinq ans. »
Auprès du Poing, elle enfonce le clou : « Le rapport est fait pour dédouaner le ministère et l’État. » Et s’agace d’un front commun qu’elle ne comprend pas : « Il faut s’interroger sur la casse actuelle des services publics, regarder ce qu’il s’est passé dans les hôpitaux. Au lieu de ça, on dit que c’est la faute de la direction… Moi j’essaie de placer le combat au niveau national. Si le rapport et les syndicats disent que c’est de ma faute, soit, mais je suis étonnée qu’ils aient le même discours… » Et glisse au passage un grief de forme : « Le rapport est sorti avant que je ne puisse le lire, c’est inhabituel. »
Un rapport « extrêmement bureaucratique », juge-t-elle, truffé selon elle d’« erreurs factuelles » : « Il nous demande de faire des enquêtes, des fiches… On va soulever beaucoup de papier mais je ne suis pas sûre que cela change grand-chose. » Elle s’engage néanmoins à appliquer les neuf recommandations : « On les fera, il n’y a aucun point problématique là-dessus. On a donné au rectorat un début de réponse, le calendrier sera décidé par le rectorat. » Tout en conditionnant toute réponse officielle au bras de fer budgétaire en cours : « Je ne répondrai pas tant que je ne saurai pas ce que l’État va mettre dans la balance pour notre établissement. »
En attendant que l’État et la présidence soldent leurs comptes, les agents, eux, restent au milieu. Avec, en guise de réponse à leur souffrance, une « Semaine pour la qualité de vie et conditions de travail » organisée en juin 2025 sans donner la parole aux syndicats, mais avec coachs, sophrologues et ateliers de relaxation musicale intitulés « Se taire ensemble pour se relaxer au son du kigonki ». La sophrologie, rappelons-le, n’est validée ni par la science ni par les autorités de santé. «Ça dépolitise la question des conditions de travail », tacle-t-on chez SUD. L’enseignante-chercheuse interrogée par Le Poing propose une autre piste, plus terre à terre : « Il nous faudrait plus d’infos sur les procédures liées aux RPS, avec un livret qui explique comment faire. » Réponse de la présidente : « On va mettre en place plus d’informations sur les RPS, reste à savoir comment, on est déjà sous-dotés et en sur-travail. »
Le prochain épisode se jouera dans la rue : l’université sera en grève le 29 septembre, dans le cadre de la journée de mobilisation appelée par l’intersyndicale pour défendre les services publics. Les syndicats espèrent sans doute y croiser Anne Fraïsse en tête de cortège.
L’article Vague de suicides à l’Université Paul-Valéry : Anne Fraïsse, la présidente qui ne voulait pas savoir ? est apparu en premier sur Le Poing.
Cette brochure est à destination de collectifs existants ou de collectifs en cours de création afin d'offrir des pistes de reflexions et des ressources pour leur organisation et leurs luttes. Ce papier ne se veux pas du tout exhaustif, et n'apprendra pas grand chose au “militant professionel”, mais pourra être riche en ressources pour des nouvelles arrivées dans la lutte. Il y a ici uniquement des astuces, citations, quelques reflexions subjectives issues d'expériences passées suivies de propositons de lectures afin d'approfondir ces sujets.
C'est une brochure commencée en 2025 et jamais vraiment terminée, le temps, l'énergie et la motivation n'étant plus là, elle est publiée telle quelle, dans un aspect incomplet et brouillon.
Reflexions-et-ressources-anarchistes-à-destination-de-nouveaux-collectifs-de-lutte
Reflexions-et-ressources-anarchistes-à-destination-de-nouveaux-collectifs-de-lutte-format-cahier
Source : Télé Millevaches
Format : vidéo
Source : The Conversation France
Eh oui, dix ans déjà ont passé depuis la première réunion, les premiers échanges ayant mené à l'apparition de votre site préféré ; )
À ses débuts, des individu·es de différents collectifs et des non‑encarté·es, qui relaient principalement les activités de Nancy, Commercy, et des environs proches. Puis, avec le temps, des renouvellements. Il y a eu des débats sur la ligne éditoriale à tenir, des mutations techniques, des ratés parfois, des arrivées, et des départs. Ce qui n'a pas laché pendant ces 10 années, c'est la publication, en continu, d'articles que vous nous proposez. Et il en a fallu des heures à s'abimer les yeux sur nos ordis pour relayer, sans arrêt, vos réflexions, vos évènements, la vie en ébullition de vos collectifs, les mille et un rendez-vous à publier en urgence pendant les mouvements sociaux. Et ça, c'est une de nos joies collectives, de celles qu'on a envie de partager. Et comme cet outil c'est le vôtre, que la petite équipe de modération est surtout là pour assurer des tâches techniques, et que le contenu est bien le vôtre, eh bien cette célébration et cette victoire sont aussi à vous !
Oui oui, une victoire. Parce qu'exister en tant que média autonome dans un monde où les géants de l'information, nourris par les milliardaires fascistes, sont de plus en plus voraces et incontournables, c'est déjà une victoire.
Et continuer de faire vivre la culture militante de l'automédia aussi ! Parce que Manif'Est, c'est aussi la poursuite – à notre échelle, hein – d'une histoire, celle des imprimeries anarchistes du XIXe, des maisons d'éditions indépendantes, des infokiosques, des radios pirates des années 1970 et même des expérimentations de télévision communautaire comme Primitivi à Marseille. Elle est faite d'autonomie technique des luttes sociales et révolutionnaires, pour participer à leur donner la résonance médiatique qu'elles méritent. Pour le site, ça se traduit par exemple par le choix d'un serveur autonome permettant, autant que possible, de préserver l'anonymat des personnes venant publier. Aucune donnée personnelle n'est demandée ni conservée, et encore moins monétisée.
Une victoire aussi parce que l'outil qui a été échaffaudé il y a dix ans non seulement tient toujours debout, mais en plus s'élargit. Le territoire couvert est bien plus vaste, et on se réjouit de découvrir toujours plus d'articles et d'évènements en provenance de Metz, d'Alsace, ou encore de Reims ! Le nombre d'articles publiés par mois est en augmentation aussi – entre 50 et 100 –, tout comme le nombre de lecteur·ices – plusieurs dizaines de milliers chaque mois. On n'y voit pas qu'une victoire des chiffres, mais aussi et surtout de petits pas en avant dans notre capacité à rendre nos luttes pour l'émancipation visibles, accessibles, et à les faire tenir ensemble. Quand on laisse traîner nos oreilles dans les milieux militants, on comprend parfois que le site est une des portes d'accès aux actions réelles et concrètes pour faire advenir un monde de gauche, pour les néo-militant⋅es ou les nouvelleaux d'un territoire, et ça, on en est quand même un peu fièr·es :).
Les 10 ans du site, c'est aussi les 10 ans des premières luttes qui y ont été publiées, comme la première occupation du bois Lejuc à Bure, ou le début de la lutte « Nos 3 Maisons » à Nancy. Manif'Est, c'est un outil pour les évènements ponctuels et les mouvements sociaux, ou encore pour développer nos pensées politiques, mais aussi pour se transmettre nos histoires, et nos victoires !
On aurait adoré fêter tout ça avec vous pour de vrai, organiser un week-end de rencontres, discussions, festivités, proposer des ateliers pour monter son émetteur radio, inviter « Les autres voix de la presse », faire un concert de soutien, ou encore vous inviter à proposer un petit évènement décentralisé pour les 10 ans du site. On avait plein d'idées. Mais comme toutes nos victoires dans ce monde, la vie du site reste fragile, et à défendre. En ce moment l'équipe est réduite et maintient tout juste la routine de relecture-publication des infos locales. Quant à eux, les articles d'analyses, plus fastidieux à traiter, s'entassent, et la nouvelle maquette du site qu'on aurait rêver sortir pour l'anniversaire, est dans les placards. Alors organiser un évènement, même humble, est malheureusement impensable pour le moment.
Pour pouvoir continuer de faire vivre cet outil, l'améliorer et l'élargir, on a besoin que de nouvelles énergies viennent nous rejoindre. Si ça te parle de faire vivre l'automédia, et si tu aimes faire de la relecture, bienvenue ! On met plus d'infos sous cet article sur ce que ça veut dire de faire tourner le site, et comment nous contacter.
Mais on reste fièr·es de ce qui a été – et est encore – accompli au quotidien par toutes les petites mains invisibles, aux tâches souvent ingrates, qui se sont relayées pour faire vivre cet outil fédérateur tout a long de ces 10 dernières années, et pour longtemps encore on l'espère. Et surtout, on vous remercie, vous, lecteur·ices et contributeur·ices, de vous être saisi·es de cet outil, de le nourrir, de donner du sens à ce travail, et de nous montrer qu'il demeure essentiel, surtout par les temps qui courent.
À plus sur le site,
Hâte de vous lire,
L'équipe de modération de Manif'Est, site participatif d'infos locales et militantes.
L'équipe de Manif'Est cherche du monde ! Comme dit plus haut, l'équipe de modération est un peu débordée et pas assez nombreuse pour bien faire tourner le site. On a besoin de nouvelles personnes pour nous rejoindre ! Faire tourner Manif'Est, ça comprend pas mal de tâches différentes, et toutes les personnes ne sont pas obligées de toucher à tout. Le boulot principal, c'est de relire les articles proposés, de veiller à ce qu'ils soient cohérents avec la charte du site, de refaire un peu de mise en page si besoin, de compléter les infos (mots-clés, évènements, logo, …), et d'échanger avec les auteur⋅ices. S'il y a le savoir-faire et la déter', ça peut aussi être faire du dev pour améliorer la fonctionalité ou l'esthétique du site. Mais pas besoin d'être un·e geek pour trouver sa place dans l'équipe ! Il y a aussi la possibilité d'aller chercher des articles à relayer, d'inciter les collectifs à publier, … et sûrement plein d'autres possibilités pour étoffer l'outil auxquelles on n'a pas encore pensé ! Faire partie du site, c'est aussi prendre place dans un réseau, le réseau Mutu, qui nous nourrit et qu'on nourrit en retour. Et c'est très stimulant de faire partie d'un ensemble plus large avec lequel échanger et travailler :) L'équipe cherche en particulier à intégrer des personnes sexisées ! Alors si t'es une meuf et/ou une personne queer, que t'aimes faire de la relecture, du travail éditorial ou des geekeries, bienvenue ! :) Si ça te dit de prendre part à tout ça, ou si t'as des questions pour pouvoir te décider, envoie nous un mail avec une adresse sécurisée – et pas d'adresse "nom.prénom@xxx.com" ! ; ) Dis-nous dans quel coin du territoire tu es, dans quel milieu politique tu as l'habitude de faire des trucs, … (juste pour qu'on puisse un peu te situer avant de te rencontrer). Au plaisir d'échanger ! L'équipe de modé contact@manif-est.info (Clé PGP ci-dessous)
Quand ?
Le 20 septembre à 16h
Où ?
Librairie Le Monde libertaire - Publico 145 Rue Amelot 75011 Paris
« Le pouvoir est maudit, c'est pour ça que je suis anarchiste. » (Louise Michel)
Projection de « Aguirre. La colère de dieu » de Werner Herzog avec Klaus Kinski (1972, 1h30, VF)
Pérou, 1560. Une troupe de conquistadores part à la recherche de l'Eldorado. Un des lieutenants, Lope de Aguirre, manoeuvre habilement pour prendre la tête de l'expédition. La descente du fleuve se change rapidement en descente aux enfers...
Le chef-d'oeuvre de Werner Herzog pose de nombreuses questions essentielles à propos de toutes les formes de pouvoir. Aguirre est indéniablement une ordure assoiffée de pouvoir ; mais est-il vraiment plus cruel et plus « fou » que les autres conquistadores ? Est-ce qu'on ne juge pas Aguirre surtout sur les apparences : Klaus Kinski grimaçant, hurlant, gesticulant est-il réellement plus « fou » et plus cruel que, par exemple, le moine qui constate mollement que les Indiens « meurent les uns après les autres » et collabore sans broncher à toutes les violences ?
Le film évoque également la situation des femmes, en particulier de la fille d'Aguirre, totalement passive et soumise, embarquée de force dans cette aventure mortifère.
À l'invitation du Groupe libertaire d'Ivry
Dimanche 20 septembre 2026 à partir de 16h
Entrée libre (accueil dès 15 heures)
Quand ?
Le 2 octobre à 19h30
Où ?
Le Monte en l'air 2, rue de la Mare, 75020, Paris
Vendredi 2 octobre à 19h30, Benedikte Zitouni sera à la librairie Le Monte en l'air pour présenter son livre "Résister dans les milieux ravagés. Une fabrication d'héritages", aux éditions Météores.
Ce recueil de Benedikte Zitouni, sociologue, regroupe des textes à la fois militants et universitaires. Il propose des manières de pratiquer l'enquête "avec" des terrains, de façon située, visant à hériter des luttes des personnes concernées et à sortir du commentaire surplombant prétendument "neutre".
Ces enquêtes s'intéressent aux archives des Young Lords, aux luttes écoféministes, ou encore au religieux dans l'activisme politique. Contre la destruction de nos modes d'habiter, en discussion avec Stengers, Latour, Starhawk, Federici ou Fanon, ces textes produisent une intelligence critique qui importe les luttes au présent, sans réduire les enjeux à de vagues concepts tout-terrain.
Quand ?
Le 12 septembre à 14h30
Où ?
Place de la Bastille Place de la Bastille 75011 Paris
APPEL À MANIFESTER CE SAMEDI À PARIS !
À l'agenda de cette nouvelle manifestation de CAPJPO-EuroPalestine ce samedi 12 septembre à Paris, la suppression de l'accord d'association avec Israël, et non de soi-disant « restrictions » sur l'importation des produits colonies, que M. Barrot serait bien en mal de différencier, et un avertissement à Adidas, s'il ne retire pas sa campagne « chaussure unique » avec un soldat israélien comme choix d'amputé !
— CAPJPO-Europalestine
Rentrée pour le Collectif Contre Culture avec le Syndicat CNT des travailleurs/travailleuses de l'Education 93 pour un nouveau lieu de vie, de rencontre et d'organisation solidaire et autogéré à Aubervilliers. RDV au CICP le 27 septembre à partir de 17h.
La CNT STE-93 organise un événement de soutien à La Locale Solidaire, association basée à Aubervilliers, @local_autogere_auber sur Instagram, où auront lieu une discussion sur les lieux de rencontre, d'organisations et de vies solidaires alternatifs suivi de concerts des groupes King Kong Meuf, Glottes Control et Cydonia.
La Locale vise à créer un lieu de vie solidaire et autogéré à Aubervilliers où chacun.e pourrait s'organiser, cuisiner, se rencontrer, faire vivre les luttes solidaires et antifascistes. L'association a déjà fait l'acquisition d'un lieu au 49, rue Moutier à Aubervilliers ; les fonds générées par l'événement permettront de poursuivre les travaux nécessaires à l'ouverture au public et à rembourser l'achat du local.
Le STE-93 a interrogé des membres de La Locale en février, émission disponible ici https://cnt-education93.org/?Emission-radio-de-fevrier-2026 ou là https://radio-libertaire.org/podcast/z_commun/emission_aff.php?id_e=17&id_c=15&bout=alpha
17h30 : discussion à propos des lieux de vie, de rencontre et d'organisation avec le collectif.
Musiques avec :
Collectif Contre Culture
au Centre International de Culture Populaire
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
METROS ALEXANDRE DUMAS - AVRON (L2) ou RUE DES BOULETS (L9)
BLOG : https://collectifcontreculture.noblogs.org/
ARCHIVES ANTERIEURES : https://collectifcontreculture.blogspot.com/
RETRANSMISSION INTERVIEWS SOUTIEN ET GROUPES DE LA SOIREE EN DIRECT DANS L'EMISSION KONSTROY (http://konstroy.net/) TOUS LES DIMANCHES DE 18 A 20H SUR RADIO « CAUSE COMMUNE » - 93.1 Megateuf
Prix libre - pas d'attitudes ou propos racistes, sexistes ou discriminatoires
Pas de verre et laissez les animals tranquillous à la maison ou à des aminches
Appel pour une marche de solidarité avec le mouvement femme* vie liberté, contre la guerre impérialiste et la République islamique d'Iran le dimanche 27 septembre à Paris. À l'appel du collectif Roja. Heure et lieu à venir
راهپیمایی همبستگى علیه جنگ اميریاليستی و جمرهوری اسلامی در ایران
À l'occasion des 4 ans du féminicide de Jina Mahsa Amini, de la répression du mouvement « femme* vie liberté » et alors que la population iranienne est prise en tenaille entre la guerre impérialiste des États-Unis et d'Israël et les exécutions et les emprisonnements de la République islamique, soyons nombreux et nombreuses pour dire notre solidarité avec les iraniens en lutte pour leur autodétermination appeler à la libération des prisonnier-es politiques et rappeler que femmes vie liberté vaincra contre les oppresseurs et l'extrême droite mondiale.
Marche intercollectif de solidarité pour Femmes Vie Liberté contre la guerre impérialiste et la République islamique en Iran
Notez la date : 27 septembre. L'heure et le lieu de rendez-vous seront annoncés prochainement !
به مناسبت چهارمین سالگرد قتل حکومتی ژینا مهسا امینی و سرکوب جنبش « ژن ژیان ئازادی »، و در شرایطی که مردم ایران از یک سو زیر فشار جنگ امپریالیستی آمریکا و اسرائیل و از سوی دیگر با اعدامها و زندانهای جمهوری اسلامی روبهرو هستند، گرد هم میآییم تا همبستگی خود را با مردم ایران در مبارزه برای حق تعیین سرنوشت اعلام کنیم؛ خواهان آزادی زندانیان سیاسی شویم و بار دیگر تأکید کنیم که « زن، زندگی، آزادی » در برابر سرکوبگران و راست افراطی جهانی پیروز خواهد شد.
راهپیمایی مشترک جمعی در همبستگی با « زن، زندگی، آزادی »، علیه جنگ امپریالیستی و جمهوری اسلامی در ایران
تاریخ را به خاطر بسپارید :
۲۷ سپتامبر
ساعت اعلام خواهد شد
Samedi 19 septembre aura lieu à la Parole Errante une soirée « Pas d'égalité = pas de rentrée ! » (16h30-minuit) avec au programme initiation à la boxe anglaise, table-ronde, magie, concert, drag show... !
Organisés par la coordination RUSF (Réseau Université Sans Frontières) Ile-De-France, et en soutien aux collectifs qui se mobilisent contre une éducation libérale et raciste de la primaire à l'université, notamment suite au décret Baptiste sur les frais différenciés à l'université et à l'arrêt des APL pour les étudiant-es étranger-es. Venez nombreux-ses !
Cher.e.s camarades,
La coordination Île-de-France des RUSF (Réseau Universités Sans Frontières) organise une soirée « Pas d'égalité, pas de rentrée » le 19 septembre, de 16h30 à minuit à la Parole Errante (5-9, rue François Debergue 93100 MONTREUIL), en soutien aux différents collectifs en lutte contre l'éducation libérale et raciste imposée par notre gouvernement.
Au programme :
16h30 - 18h : BOXE ANGLAISE du Boxon ; ATELIER SÉRIGRAPHIE et STANDS INFOS (RUSF, RESF, Sud Educ, Marche des Solidarités, Jeunes de Belleville, AntiCRA, collectif CGT Doctorant.e.s, et d'autres à confirmer)
18h - 19h30 : TABLE RONDE « Mobilisation Pas d'égalité, pas de rentrée », avec des membres de RUSF, RESF, Marche des Solidarités, Jeunes de Belleville, syndicalistes (secondaire et supérieur)
19h30 - MAGIE (La Magie d'Emma) et FANFARE (Clé de Lutte)
20h30 - CONCERT MLS (collectif jeunes de Belleville)
21h30 - DRAG SHOW de Pire Anna
22h30 - 23H45 - DJ de Mortelleadl
Toute la soirée : CANTINE de soutien de Bogue ; BAR ; STANDS INFOS ; SÉRIGRAPHIE
Pour faire face à « Bienvenue en France », à l'augmentation des frais d'inscriptions et la suppression des APL pour les étudiant.e.s étranger.e.s, aux politiques racistes du gouvernement et à la casse de l'enseignement public, rencontrons-nous dans la joie et la combativité !
🔥 PAS D'EGALITE = PAS DE RENTREE 🔥
L'entrée et la cantine sont à prix libre, le bar à prix fixe. Les cagnottes seront reversées à la coordination des RUSF et serviront au financement des hébergements d'urgence pour les étudiant-es étrangè-res en galère de logement.
La coordination IDF RUSF
Affiche
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Travailleureuses du monde du livre, organisons-nous pour des collectifs de travail solidaires, antifascistes et sans IA !
C'est la rentrée, au sortir de ces 3 mois éprouvants, rien de mieux qu'une nouvelle assemblée générale du livre pour se remettre dans le bain !
📣 Travailleureuses du monde du livre, organisons-nous pour des collectifs de travail solidaires, antifascistes et sans IA !
📍Le 22 septembre de 19h à 21h en salle Louise Michel à la Bourse du travail de Paris - 3 rue du Château d'eau - Métro République
Et si tu as des questions, suggestions, que tu souhaites participer à l'organisation de ces AG, voici notre nouvelle adresse mail : ag-du-livre@proton.me
✊ Venez nombreux-ses échanger sur nos métiers et conditions de travail !
La firme étasunienne Anthropic travaille sur des systèmes de surveillance s’apparentant à de la police prédictive.
L’article Techno-totalitarisme : l’entreprise Anthropic construit un système de police prédictive pour réprimer les opposants à l’IA est apparu en premier sur Contre Attaque.

L'Amicale, c'est un lieu associatif installé en plein cœur du quartier de la Guillotière, à Lyon. C'est aussi un collectif qui tient un bar et une cantine chaque semaine. C'est encore, un espace de vie commun pour les milliers de personnes qui adhèrent chaque année à l'association. C'est, enfin, un endroit où ont pu se tenir nos mille et une réunions et celles d'autres collectifs, une salle qui a également permis de célébrer mariage comme enterrement. Cet outil commun repose sur une organisation spécifique. L'Amicale ne salarie personne et c'est pourquoi elle est et restera pas cher. Notre idée est à la fois de résister à la chasse aux pauvres qui a cours dans le quartier et de venir, grâce aux petits sous qu'on récupère, en appui aux luttes et projets qui nous tiennent à cœur.
Au programme :
Mercredi 16 septembre :
13h/16h : 🫚💆♀️ Soins prix libre (street cupping, fascia, massage tuina, réflexologie plantaire). + d'infos : dispensaire@riseup.net
18h/23h : 🧷🔥 Soirée punk ( Zone Infinie / Faux départ)
Jeudi 17 septembre :
18h/23h : 📼📀 Soirée mix : High-a-go-go wax freaks / ballroom / wreckers / love jockeys / double spins / glorpitude
Live / ratio / tapes // Jean Bender et F-man
Vendredi 18 septembre :
18h/19h30 : transmission du protocole nada
19h30/23h : 🪡🍋 Soirée sobre - dj set
Samedi 19 septembre :
En extérieur :
Toute l'après-midi : 📚distro de La Luttine
15h30-17h30 : 🎛️ Girls to the front (mix vinyles)
18h - 18h45 : 🎙️ Atelier ouvert de chant organisé par la Queerale Décoloniale
19h :🎷 Tartaraf (Fanfare)
20h : 🎸 Les Remplaçants (Punk)
20h45 : 💃🕺 Jam session (Une scène ouverte pour musicien·nes, danseur·ses, chanteur.ses ect.)
Puis on rentre à l'intérieur :
22h : 🎹 2016 (electro weird pop)
23h : 😈💥 Disco Ruina (mix rap bass baile funk)
00h : 🤸♂️🎆 Natiboomboom b2b King Doudou
En ces temps de rentrée probablement sociale, un voyage au cœur des manifestations et des violences de rue à Paris au début du 20e siècle à partir de Le goût de l'émeute. Manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la « Belle Époque » (L'Échappée, 2012) – avec l'auteure, Anne Steiner, maître de conférences à l'Université Paris 10 Nanterre, également auteure sur ce sujet de Le Temps des révoltes. Une histoire en cartes postales des luttes sociales à la « Belle Époque » (L'Échappée, 2015) et de Les En-Dehors. Anarchistes individualistes et illégalistes à la Belle Époque (L'Échappée, 2020).
Une définition de l'émeute, spontanée, imprévisible et violente, et de la manifestation, prévue, ritualisée et pacifique ;
Une histoire du régime juridique des manifestations, complètement interdites (et donc brutalement réprimées) jusqu'en 1909, et peu encadrées légalement jusqu'en 1935 ;
Une description des émeutes de 1909-1910 suite respectivement à l'annonce de l'exécution du pédagogue libertaire Francisco Ferrer en Espagne et à l'assassinat par un policier d'un ouvrier parisien ;
Une généalogie de la distinction médiatique entre « manifestants » et « casseurs », recoupant celle du marxisme entre « prolétaires » et « lumpenprolétaires » ;
Une discussion de « l'économie morale » des émeutes et des liens entre émeutiers et manifestants (souvent solidaires de ceux-ci, et ne considérant pas qu'il y ait d'incompatibilité entre manifestation et émeute) ;
Un constat du retour de l'émeute et des manifestations sauvages au cours des dernières années face à l'échec du modèle du « mouvement social » et de ses manifestations massives encadrées, notamment en décembre 2018 avec l'émeute des gilets jaunes aux Champs-Élysées ;
Une analyse du changement de l'économie morale des gilets jaunes, d'une subversion des règles de déclaration de manifestation en préfecture (mais accompagnée de discours pro-police) à une acceptation des techniques des « black blocks » ;
Une discussion des similitudes et des différences entre les situations des manifestant-e-s parisien-ne-s de 1909-10 et ceux et celles d'aujourd'hui : degré de politisation, de répression judiciaire, etc. ;
Une description des affaires Liabeuf et Durand et de leurs condamnations à mort respectives ;
Une analyse des transformations de la répression judiciaire de la Belle époque à nos jours ;
Une critique de la disqualification des mouvements contestataires comme réactionnaires sous Clémenceau et sous Macron.
Des liens vers des articles sur le sujet ici.
« Située entre Grenoble et Chambéry, la vallée du Grésivaudan est encadrée par les massifs de Chartreuse et de Belledonne. La communauté de communes regroupe 43 communes. Creuset d'industries pionnières, le Grésivaudan reste une terre d'innovation accueillant aujourd'hui des activités industrielles de pointe qui en font l'un des pôles d'excellence économique de l‘Isère. La qualité de vie offerte par son environnement naturel et la diversité de ses activités lui confèrent une forte attractivité. Bienvenue dans le Grésivaudan ! »
Office du tourisme Belledonne Chartreuse
Mais, derrière cette vision idyllique, le Grésivaudan est, comme le reste du département de l'Isère, gangrené par la présence de plus en plus inquiétante des réseaux de l'extrême-droite.
Il y a d'un côté les résultats électoraux du Rassemblement national ou de Reconquête. Une masse d'électeurs glisse vers des partis fascisants sans avoir le moindre scrupule.
Les réseaux des catholiques intégristes, en toute discrétion, s'implantent grâce à leurs diverses associations. Leur objectif est d'imposer leurs visions rétrogrades et de contrôler la jeunesse.
Des groupes activistes et agressifs s'inscrivent dans un courant suprémaciste qui fait de la violence le fondement de leur projet.
Alimentant cette extrême-droite, plusieurs structures développent des discours complotistes et conspirationnistes. La crise du Covid a été un accélérateur : nombre des théories fumeuses et dangereuses ont proliféré et elles imprègnent largement la fachosphère.
LE RN, PREMIER PARTI DE LA DROITE ET DE L'EXTRÊME-DROITE
Désormais une large partie de l'électorat glisse d'élection en élection vers le Rassemblement national. Au premier tour des élections législatives dans la 5 circonscription de l'Isère, le vote pour le FN/RN s'amplifie : 12 % en 2017, 18 % en 2022 et 30 % en 2024. Ainsi, lors de ce dernier scrutin, le parti des Républicains plafonne à moins de 10 %.
Dès le premier tour, les résultats du RN dans certaines communes sont atterrants :
35 % des voix : Chapareillan, Domène
36 % des voix : La Buissière, Pontacharra
37 % des voix : La Flachère, Champs-près-Froges
38 % des voix : Le Cheylas, La Pierre, Froges
39 % des voix : Crêts en Belledonne
40 % des voix : Sainte-Marie-d'Alloix
43 % des voix : Tencin
Et comme le disait l'Office du tourisme Belledonne Chartreuse, « Bienvenue
dans le Grésivaudan ! »
A cette élection, la candidate du parti fasciste était la déléguée départementale adjointe Frédérique SCHREIBER.
N'habitant pas la vallée du Grésivaudan – elle a vécu à Chambéry, à Sassenage puis à Montbonnot-Saint-Martin – elle se présente comme chef d'entreprise, même si hélas, ses entreprises (Formation Transport Sécurité, Zénith prévention) ont toutes été définitivement radiées suite à leur mauvaise gestion.
Comme patronne, elle a même siégé au conseil d'administration de la CAF Isère en 2019 au titre de la CPME (la Confédération de Petites et Moyennes Entreprises).
Pendant la campagne électorale de 2024, F. SCHREIBER a pour l'essentiel ânonné le programme du RN et a même proposé une solution budgétair étonnante : « Nous avons effectivement débattu sur le sujet vu la situation financière de la France, qui est quand même en situation de faillite ; il est important d'optimiser les finances de la France » en vendant France Culture à Vincent BOLLORE !
Virée depuis de son poste de déléguée départementale adjointe du RN38 elle continue de s'exprimer sur le réseau social X (@LaMarianne38). Elle n'est plus chef d'entreprise, mais désormais cadre supérieure, et affiche un drapeau bleu blanc rouge orné de la croix de Lorraine. Comme nombre de militants du RN, elle feint d'ignorer que son parti a été fondé par des Waffen SS, des Miliciens et des membres de l'OAS, tous anti-gaullistes par nature !
Son suppléant lors des législatives était Samuel SAKPA, un étudiant en droit, connu surtout comme militant de l'UNI (Union Nationale Interuniversitaire)et du RNJ (Rassemblement National de la Jeunesse. En 2023 il a reçu le prix du jeune espoir de l'IFP (Institut de Formation Politique) une structure qui gravite dans l'orbite de la Manif Pour Tous et qui défend maintenant « l'union des droites ». L'IFP est désormais financé par Édouard STÉRIN dans le cadre de son projet PERICLES (Patriotes / Enracinés / Résistants / Identitaires / Chrétiens / Libéraux / Européens /Souverainistes). SAKPA poursuit sa carrière comme candidat du RN aux municipales de Grenoble en 2026.
Aux municipales de 2026, la seule liste identifiée comme faisant parti de l'extrême-droite était celle présentée à Domène par Quentin FÉRES. Ce personnage a déjà une longue carrière politique mais a connu de nombreux aléas : responsable adjoint des Jeunes Républicains de l'Isère, il est élu sur une liste de droite aux municipales de 2020 à Domène.
Il a rejoint Reconquête en 2022 et organise un meeting dans sa ville pour soutenir ZEMMOUR. Il retrouve dans la campagne toutes ses obsessions : un racisme permanent appuyé sur la théorie du complot et du « grand remplacement », la dénonciation des étrangers « forcément criminels », la défense d'un national-populisme anti-islam, le rejet des principes républicains et une vision erronée du présent où tout va au plus mal « à cause de l'immigration, du pouvoir excessif des femmes, des gays, de Bruxelles, de la finance internationale et des trahisons d'une élite politique corrompue, vaniteuse et stupide. » Il se présente comme candidat de
Reconquête en 2022 dans la 5 circonscription et se prend un bouillon électoral (4,9 % des voix).
L'échec est cinglant et il rejoint le RN pour faire carrière. Attaché parlementaire du député RN Thierry PEREZ, élu dans le Nord du département, il se présente comme tête de liste aux municipales à Domène.
La liste piétine : 19 % au premier tour et 16 % au deuxième tour. Deux conseillers ont donc été élus : Quentin FERES et Marc BENSASSON, le responsable local RN.
Les autres partis d'extrême-droite n'arrivent pas à percer dans le Grésivaudan ; en 2024 Debout la France, le parti de Nicolas DUPONT-AIGNAN (1,3 % des voix) ou Reconquête d'Eric ZEMMOUR (0,8%des voix) rassemblent 1 400 électeurs au premier tour qui se sont sans doute reportés sur le candidat du RN au second tour.
Comme dans d'autres départements, le RN s'est constitué un électorat qui fédère droite et extrême-droite. Le transfert des électeurs se fait à bas bruit, de la droite républicaine vers l'extrême-droite. Les responsables nationaux des Républicains faisant la course avec les leaders d'extrêmedroite (racisme débridé, islamophobie, mesures anti-sociales et soumission aux milliardaires) légitiment cette adhésion !
LE CERCLE BAYARD, L'EXTRÊME-DROITE « SANS PEUR ET SANS REPROCHE »
Le Cercle Bayard est le correspondant local du Cercle Aristote fondé par Pierre-Yves ROUGEYRON. Cet individu a fréquenté Alain SORAL le fondateur d'Égalité et Réconciliation, puis ROUGEYRON est devenu par la suite président de l'Association « Les amis d'Eric ZEMMOUR », association de financement politique de la campagne de 2022.
Le Cercle Bayard est animé par Ludovic BLANCO. Cet ancien président des Jeunes Debout la France (2015), a été candidat pour ce parti aux élections régionales (2015), législatives (2017 – résultat : 1,53 %), et aux municipales à Grenoble (2020 – sur la liste d'Alain CARIGNON en 39 position). Il gravite autour du parti Les Patriotes, puis
adhère à Reconquête et rallie finalement le RN.
Le Cercle Bayard a tenu en 2024 un « colloque » pour célébrer la mort du chevalier Bayard à Pontcharra : une conférence historique et surtout une table ronde « Face à l'archipel français, refaire nation ? » Parmi les invités on retrouvait toutes les figures locales de l'extrême-droite : Valentin GABRIAC (RN), Marine CHIABERTO (Reconquête), Henri AUGIER (Action française), Yann VINCENT ( Les Patriotes), Bruno LAFEUILLE (Debout la France), Vincent CELLIER (UNI)…
Le Cercle Bayard, mais aussi le Centre Lesdiguières de l'Action Française ont été un creuset pour rassembler et former des militants provenant de toutes les organisations d'extrême-droite : nationalistes, monarchistes, souverainistes, islamophobes, antiféministes et néo-nazis...
À L'EXTRÊME-DROITE DE DIEU : LES CATHOS INTÉGRISTES
La Fraternité-Sacerdotale-Saint-Pie-X gère une école hors contrat à Meylan, l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Une cinquantaine d'enfants y sont scolarisés. L'abbé Jean-Marie SALAÜN la dirige depuis les années 2010.
L'inventaire des activités nauséeuses de cet individu est affligeant : messe en l'honneur de BASTIEN-THIRY (2017), un officier de l'OAS qui organisa la tentative d'assassinat de DE GAULLE en 1962, conférences au prieuré de Meylan par Marion SIGAUT une proche de l'antisémite SORAL, ou par Hugues PETIT, président du Conseil scientifique de Civitas qui pouvait affirmer « que les droits de l'homme, c'est une idée fausse, et cette idée a détruit la société ». SALAÜN appelle aussi à participer à une réunion d'Égalité et Réconciliation et soutient Alexandre GABRIAC, l'homme au bras tendu, quand il est viré du Front national.
En 2024, le maire de Meylan a dû procéder à la fermeture d'une école hors contrat, l'école Saint-Pierre-Julien- Eymard de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Ulcérés, des parents d'élèves ont protesté dans la presse.
Le premier parent était Arnaud KERVIZIC. Alors élu municipal de Tencin, il était aussi secrétaire général de l'ONF (Office national des Forêts). Il appartient à une vielle famille catholique intégriste. En 2010 il participait à l'Université d'été de la FSSPX et animait un débat « L'église face à la science. Quelle crédibilité accorder à l'Église dans ce domaine quand on voit comment elle s'est comportée dans l'affaire Galilée. »
Son engagement s'est notamment poursuivi en devenant le président de la Fédération des Scouts et Guides Godefroy de Bouillon en 2023. Dans cette Fédération, on est pour la « tradition » et cette tradition est contrerévolutionnaire.
Le maître à penser est Charles MAURRAS, condamné en son temps par le pape et par la justice française pour « collaboration avec l'ennemi ». Cette Fédération est pointée par les observateurs car elle développe une vision du monde « paranoïaque » et exalte auprès des enfants la « nécessité du sacrifice ».
Le deuxième parent était Thierry VALADIER, habitant de Crolles et père de trois enfant scolarisés dans cette école. VALADIER participait aussi à la même université d'été en 2010 : sa conférence portait sur « La Milice de Marie (Militia Mariae) » une officine laïque de fervents de la FSSPX.
En 2025, le Rectorat de Grenoble s'est enfin penché sur le fonctionnement de l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Elle est mise en demeure de revoir son enseignement considéré comme sexiste, révisionniste et créationniste.
L'école fait mine basse et modifie quelques bricoles pour éviter des poursuites.
Il existe aussi un autre établissement hors contrat à Saint-Ismier, le Collège de la Sainte-Famille : sa directrice est Golvine PETIT. Son origine révèle qu'elle est la descendante d'une vielle famille aristocratique bretonne – DU BOISBAUBRY – et gardienne des traditions familiales pour avoir enfanté sept marmousets. Son mari Louis PETIT est chef de troupe aux Guides et Scouts d'Europe ; cette organisation est réputée pour son militarisme. Elle est classée à l'extrême-droite.
Pour gérer une école hors contrat, les parents ont créé l'Association de formation de la personne. Le président en est actuellement Guillaume de CARBONNIÈRES DE SAINT BRICE, père de six enfants catholiques et baptisés. Plutôt que d'améliorer les conditions de travail, les parents d'élèves ont préféré construire une chapelle ; le catéchisme est bien sûr professé par un abbé intégriste !
Dans ce collège, la responsable « de la vie scolaire » est Élisabeth ZITOUN, ancienne responsable départementale de la Manif Pour Tous. En 2017, elle était suppléante de la candidate FN dans la première circonscription de l'Isère.
Un collège, bien comme il faut, avec uniforme pour les élèves, retraite à l'abbaye du Barroux, pèlerinages, messes d'actions de grâce à la collégiale Saint-André. Pour bien rester dans la norme réac, une conférence est organisée par M. et Mme GRASSET, engagés à Alliance Vita, pour comprendre que la pilule et le préservatif c'est pas bien !
L'inventaire des associations intégristes pourrait se poursuivre avec l'Office Catholique des Pompes Funèbres Saint Lazare fondé par Arnaud BERNARD, par ailleurs conseiller municipal de Montbonnot-Saint- Martin, le Chapitre Sainte-Madeleine, longtemps dirigé par Étienne DU PORT DE PONCHARRA très proche de l'association anti-avortement Choisir la Vie, ou l'Association Familiale Catholique qui a fourni la base militante pour les mobilisations de la Manif Pour Tous - devenue depuis Le Syndicat de la Famille et qui désigne des représentants dans les CAF ou les hôpitaux au nom des usagers.
Ces différentes structures sont peu visibles mais diffusent une vision rétrograde de la société et une volonté de « rechristianiser » la politique. Plusieurs associations de l'Isère sont directement financées par la nuit du Bien commun, l'association philanthropique de Pierre-Édouard STÉRIN : Magdalena 38, Solenciel, Le Rocher, l'Ordre de Malte, La Maison des familles ou L'Étoile du berger...
LES EXTRÊMES DE L'EXTRÊME-DROITE
Les nostalgiques de l'Algérie française
Un assassin de l'OAS , Claude PIEGTS, est enterré au cimetière du Touvet. Plusieurs
organisations appellent chaque année à un rassemblement sur sa tombe début juin : la Fédération Nationale des Rapatriés, des associations d'anciens combattants dont l'UNC de Biviers, l'ADIMAD (l'Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l'Algérie française, c'est-à-dire des membres de l'OAS) ou l'Association algérianiste de Grenoble.
Ce rassemblement est l'occasion pour des groupes fascistes de manifester leur attachement à l'empire colonial français : le FN pendant longtemps avec Jackie MACHU, Jeune Nation avec Yvan BENEDETTI (2009),la présence d'Alexandre GABRIAC( 2016), celle d'Active Club (2023) du groupe fasciste chambérien Valyor (2025) et la sinistre présence de Franck SINISI (multiple condamné pour incitation à la haine raciale).
Les Activistes
Autour d'Active Club se sont greffés plusieurs groupes locaux : les Bayards , Fronte Gratiano, les Allobroges Bourgoin (le groupe fondé par Quentin DERANQUE) ou le groupe Vaylor de Chambery. Ils veulent instaurer un suprémacisme blanc en s'appuyant sur la violence pour combattre « le grand remplacement » et empêcher le « génocide blanc ».
Les auteurs de référence d'Active Club ont tous eu un engagement fascisant : Charles MAURRAS ( condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l'ennemi), Léon DEGRELLE (fondateur du mouvement Rex en Belgique, engagé dans la Waffen-SS, condamné à mort par contumace en 1945 et réfugié dans les jupes du Caudillo FRANCO), François DUPRAT (membre de l'OAS, d'Occident et fondateur du Front national). Saluts nazis et dérivés (quenelle, Khuneim), allusion à l'OAS, fleurs de lys et casques de chevalier apparaissent régulièrement sur leurs images, car ces groupes associent des militants d'origines diverses, des catholiques, des royalistes, des hooligans, des néonazis, etc.
Des motards nationalistes ont formé deux groupes BAMC-Savoie et BAMC-Isère qui fréquentent assidûment les routes de montagne et dont certains ont été condamnés pour agressions contre des antifascistes, violences en réunion ou qui ont appartenu au Bastion Social...
Ces groupes ne rassemblent que quelques individus mais n'en sont pas pour autant négligeables.
En guise de conclusion
Lutter contre l'extrême-droite, c'est lutter contre plusieurs stratégies qui s'entrecroisent : celle d'anciens gaullistes qui fricotent avec les héritiers des Waffen-
SS et de l'OAS pour éviter de disparaître ;
celle des macronistes qui préfèrent un BARDELLA premier ministre, plutôt que l'abolition d'une réforme scandaleuse sur les retraites. ;
celle des milliardaires qui voudraient réimposer un catholicisme de combat.
Face à ces offensives, il nous paraît urgent de développer des pratiques et des actions antifascistes au niveau local, parce que c'est sur ce terrain réel que se jouent les enjeux importants de la lutte contre l'extrême-droite et son racisme rampant.
Dans le Grésivaudan, comme ailleurs, on n'est pas condamné à subir encore toutes ces bandes de fachos. C'est à nous de les combattre.
En souvenir de Jean-Jacques POILPOT, dit « le Comanche » militant antifasciste assassiné à La chapelle du Bard (38) le 5 mars 2005 par deux skinhead nazis.
La cartographie au format livret :
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Concerts Rap & Solidaires
Samedi 19 Septembre 20h
3 Lives - 1 DJ Set - 1 Open Mic
Bar / Bouffe
€€ Entrée prix libre, en soutien à Ami.E 42
(Asso pour les droits des mineur.es isolé.es)
⚠️ NO CB (pense au cash !)
Pour cette cinquième soirée nous avons invité les artistes suivant.es !!
Hâte de vous les faire découvrir
♪♫♪♫ Concerts ♪♫♪♫
> L'Angle Mort
Sainté
Hip Hop Tilleuls Crew !
> Robse
Lyon > https://robselaplumenoire.bandcamp.com/album/robin
> Nala Una
Paris > https://youtube.com/@nala.una.rappeuse?si=1eiQZsFg7zNj35Lo
> Dj Fantastik
Afrorap / afrohouse / reggaeton
Lyon > https://www.mixcloud.com/Fantastik_Dj/
> Open Mic
Platines by Ana Coox (La Charbonnerie)
- - - - - - -
> AMIE 42 accompagne les jeunes mineurs-es Isolés-es en exil dans les domaines suivantes :
Hébergement solidaire (chez les habitant.es ou appartement)
Accès à la Scolarisation et cours de Français
Accès à la Santé, aux soins
Accès aux droits ( accompagnement juridique)
Accès à l'alimentation
Accès à la culture et au sport
- - - - - - -
MJC des Tilleuls
8 rue du Pavillon Chinois
42000
Infos & Sons :
@rapso_collectif (insta)
> https://soundcloud.com/collectif-rapso
RapSo est un collectif qui a pour objectif de promouvoir le mouvement Rap au sein de la ville de Saint Etienne et de ses alentours.
Lors de nos évènements, nous mettons en parallèle cette culture et nos engagements.
Outre les notions de solidarité et d'entraide, l'ouverture est un principe auquel nous sommes attaché.e.s, nos événements se veulent populaires et nous essayons de les rendre accessibles à tout.e.s.
Par conséquent il nous semble important de rappeler à chaque personne venant à RapSo (artiste comme public) qu'il est primordial de respecter les différences qu'elles soient, sociales, communautaires, religieuses, de genre, d'orientation sexuelle, etc.
Merci de votre lecture.
Quand on parle d'écologie de quoi parle-t'on ?
Dans son dernier livre, Thomas Jodarewski (militant écologiste et journaliste indépendant plus connu sous le nom de Tomjo) retrace 50 ans d'histoire intellectuelles en France en distinguant deux courants écologistes « irréconciliables ». D'une part, une écologie politique technocritique, anticapitaliste et libertaire (celle de La Gueule Ouverte, d'Ellul et de La Décroissance) et, d'autre part, une écologie qui vise au pilotage du « vaisseau spatial Terre » qui accompagne très bien le développement industriel.
Dans le dernier numéro du journal La Brèche, une belle recension du livre (à lire en pièce-jointe : merci JP et Clément !)
La rencontre sera animée par Jean-Marc Ghitti.
Entrée libre.
Réseaux, Wi-fi, Connections, Radio.
Associatifs, Alternatifs, Partageurs.
Objectifs :
Quand ?
Le dernier jeudi du mois 18H-20H
LIMBES 7 rue henri barbusse Saint-Étienne
Début : jeudi 24 septembre 2026
Nouvelle année, nouveau programme > :)
À partir de ce mois de septembre, les permanences du dimanche d'UP Saint-Étienne auront lieu un dimanche sur deux !
Avec ce nouvel emploi du temps, on espère mettre + d'énergie dans d'autres quartiers de la ville avec des modes d'actions différents ;)
Alors si tu as des questions ? Envie de parler de l'actualité ? Des idées à partager ? Des actions à proposer ? Envie de rejoindre le collectif ? Ou juste besoin de sociabiliser dans un espace calme ?
On se retrouve aux dates suivantes :
Dimanche 6 septembre
Dimanche 20 septembre
Dimanche 4 octobre
Dimanche 18 octobre
De 14h à 18h (finit l'horaire d'été !)
Au Bar de l'Aube (61 rue Antoine durafour, 42000 Saint-Étienne)
Dans un peu moins de 10 jours, les services fournis par Autistici/Inventati fermeront.
Cela inclut : les adresses email, les listes mail, les services de visio/audioconférence, les sites web hébergés chez elleux, ainsi que le fameux noblogs.org. Cette page fournit des instructions pour exporter ses données depuis les services de l'infrastructure d'A/I.
Que l'on utilise ou non ces services, cet article est à faire tourner largement afin que personne ne se retrouve en galère le jour venu.
Dans 10 jours, les services fournis par Autistici/Inventati fermeront.
Fin de Autistici et de Noblogs : Le néofascisme américain et ses alliés détruisent des outils de libre expression ajout de la modé : Pour les personnes qui utilisent le service mail austiciti.org pour (…)
Cela inclut : les adresses email, les listes mail, les services de visio/audioconférence, les sites web hébergés chez elleux, ainsi que le fameux noblogs.org. Donc tous les blogs Noblogs s'éteindront dans 10 jours.
Les adresses email concernées sont celles terminant par @autistici.org, @anche.no, @autistiche.org, @autoproduzioni.net, @bastardi.net, @bruttocarattere.org, @canaglie.net, @canaglie.org, @cryptolab.net, @distruzione.org, @grrlz.net, @hacari.com, @hacari.net, @hacari.org, @insiberia.net, @insicuri.net, @inventati.org, @krutt.org, @logorroici.org, @mortemale.org, @onenetbeyond.org, @paranoici.org, @privacyrequired.com, @stronzi.org, @subvertising.org
Si vous connaissez des personnes ou des collectifs gérant un blog chez Noblogs, un site web hébergé par A/I, ou ayant une adresse email comme citées plus haut, merci de leur envoyer cet article.
Le collectif a publié hier (mardi 8) des instructions en italien et en anglais pour sauvegarder ses données : https://cavallette.noblogs.org/2026/09/10099
Une traduction est disponible ci-dessous ou sur https://squ.at/ai-sauvegarde
Si vous avez besoin d'aide, un groupe Signal a été créé pour s'entraider entre utilisateurices francophones : https://signal.group/#CjQKIB6IcJOchgdobOMkahFnlsKZJsDmgZx3_j1hJrNWs1pfEhAe2l98F6KZ9ewOG68ixnQs
À faire tourner au maximum !
Dans une dizaine de jours les services fournis par Autistici/Inventati s'éteindront.
Cela signifie que les comptes email ne fonctionneront plus : si vous les avez utilisés pour vous enregistrer à des services tiers, il vous faudra y mettre à jour votre email pour une nouvelle adresse.
Cette page fournit des instructions pour exporter les données des services de l'infrastructure d'A/I.
Les comptes « propriétaire » et « administrateur » des blogs vont recevoir un email contenant un lien de téléchargement de la sauvegarde du blog, incluant les articles, les pages, les médias, dans un format permettant de la réimporter dans une autre plateforme WordPress.
Voici un guide pas-à-pas pour importer les données téléchargées dans un nouveau site WordPress :
Si vous voyez une erreur durant le processus de téléversement (par exemple parce que des fichiers sont trop gros), envoyez un email à help@inventati.org. Nous pourrons vous envoyez des instructions sur comment augmenter les limites de téléversement ou comment découper le fichier XML en plus petits morceaux. (Vous pouvez aussi trouver des solutions en ligne.)
Important : importer les fichiers joints n'est possible que si noblogs.org est encore accessible. Quand Noblogs aura cessé de fonctionner, vous devrez installer une extension sur votre nouveau blog afin de changer les liens des fichiers sauvegardés.
Notez aussi que, une fois notre infrastructure éteinte, il ne sera plus possible de nous contacter. Si vous pensez avoir besoin d'aide pour la migration, merci d'importer votre sauvegarde sur votre nouveau site WordPress avant cette date.
Lorsqu'ils sont stockés sur nos serveurs, vos emails sont chiffrés : nous ne pouvons pas accéder à leur contenu, et vous seul·e pouvez les déchiffrer avec votre mot de passe. Il est donc crucial que vous téléchargiez votre boîte mail avant la fermeture des services d'A/I, car il sera ensuite impossible de récupérer vos messages.
Il n'est pas possible de télécharger les emails depuis le webmail. Dans l'interface web, vous pouvez uniquement sélectionner tous vos emails et les effacer afin de vider votre boîte mail. Si vous voulez télécharger vos messages, vous devez installer un client mail sur votre ordinateur. Nous recommandons d'utiliser Thunderbird. Vous pouvez trouver un tutoriel ici :
https://www.inventati.org/docs/mail/thunderbird
Nous ne fournirons pas d'instructions sur comment synchroniser ou exporter vos emails vers des hébergeurs de mails tiers et/ou commerciaux.
Vous pouvez télécharger votre liste de contacts depuis le webmail, via l'option « Exporter » dans le menu « Contacts ».
Paramètres de connexion pour Thunderbird :
Nous recommandons de télécharger le contenu des sites hébergés sur les serveurs d'A/I via le protocole WebDAV à l'aide d'un client compatible. Les paramètres d'accès sont disponibles ici : https://www.inventati.org/docs/web/webdav#how-to-download-your-website
Vous trouverez un « dump » (une archive) des bases de données SQL de votre (ou vos) site(s) dans le dossier principal de votre compte WebDAV.
Logiciels recommandés :
Les administrateurices de listes mail et de newsletters ont déjà reçu un email avec la liste des utilisateurices inscrit·es. Si vous ne l'avez pas reçu, vérifiez dans votre dossier Spam ou envoyez un email à help@inventati.org, en prenant soin de bien mettre le nom de votre liste dans votre message. (Notez que ces informations ne seront envoyées qu'à l'adresse mail de lx ou des administrateurice(s) de la liste.)
Si vous avez activé l'archivage des messages de votre liste mail et voudriez télécharger l'archive, envoyez un email à help@inventati.org et nous essaierons de trouver un moyen de vous aider.

Une nouvelle année débute à l’Île Égalité !
Notre week-end de rentrée aura lieu les 19 et 20 septembre prochain !
Une année qui s’annonce riche, placée sous le signe des travaux de rénovation à venir dans le cadre du Budget participatif, des élections présidentielles et des réflexions autour de notre rapport aux partis politiques, mais aussi de tout ce qui fait vivre le lieu et la solidarité dans le quartier !
️Programme du week-end :
Samedi :
– 10h-12h : Accueil, petit-déjeuner, présentation du collectif et visite du lieu.
– 12h-14h : Repas partagé (tu peux amener un truc à partager).
– 14h-17h : Élaboration du planning de l’année. Si tu veux proposer une nouvelle. activité cette année, c’est le moment !
– Goûter
– 17h-20h : Animations, jeux, ping-pong etc.
– Pizzaaaas
– 20h-00h : Soiréeee
Dimanche :
– 11h-13h : Ateliers et discussions sur différents sujets : les travaux à venir, les élections et notre rapport aux partis politiques, la gestion de l’argent, l’inclusivité dans nos modes d’organisation etc.
– 13h-14h : Cantine à prix libre
– 14h-17h : Assemblée générale du collectif !
– Jusqu’à 23h30 : Jam orientale & cantine à prix libre.
Ce week-end de rentrée est un moment fort de l’année, parce qu’on y choisit les directives de l’année et on y travaille les sujets de fond.
Donc que tu sois habitantx du quartier de Cusset ou non, militantx ou non, que tu connaisses le lieu ou non, ce week-end de rentrée est le moment opportun pour venir découvrir le lieu, faire connaissance avec le collectif et passer un super week-end !
Viens quand tu veux pendant le week-end, tu peux amener un truc à partager pour les petits-déjeuners, goûters et pour le samedi midi, si tu le souhaite bien sûr, et on se charge de t’accueillir comme il se doit !
Autres dates à venir :
Adresse : 6 rue de l’Égalité 69100 Villeurbanne
mail : collectif-solidarite-cusset [at] riseup [point] net
[Publié le 4 septembre 2026 sur le site du collectif Solidarités Cusset.]
Rdv le vendredi 11 septembre à la grand dalle des Légionnaires à partir de 17H pour l'apéro de rentrée du syndicat !
Si tu souhaites participer à l'Assemblée Générale, rdv le samedi 12 à la Fraterité. Au programme :
13H : Repas toustes ensemble (tu peux ramener ce que tu veux à manger)
14H : Tables-rondes et discussions de fond
15H30 : Début de l'AG
Au plaisir de se rencontrer !
Rdv le vendredi 11 septembre à la grand dalle des Légionnaires à partir de 17H pour l'apéro de rentrée du syndicat !
Si tu souhaites participer à l'Assemblée Générale, rdv le samedi 12 à la Fraterité. Au programme :
13H : Repas toustes ensemble (tu peux ramener ce que tu veux à manger)
14H : Tables-rondes et discussions de fond
15H30 : Début de l'AG
Au plaisir de se rencontrer !
A l'occasion de la Quinzaine Souad Labbize, la librairie Lune et l'Autre accueille une rencontre avec l'éditrice Maud Leroy, des éditions des Lisières autour des enjeux et de l'actualité de l'édition indépendante bilingue (arabe-français).
Dans le cadre de la formidable Quinzaine Souad Labbize (15 jours de rencontres, lectures, spectacles autour de la poétesse Souad Labbize) on vous propose mardi 15 septembre à 19h une discussion avec Maud Leroy des éditions des Lisières. On échangera avec elle autour de deux grands axes :
C'est quoi être éditrice indépendante aujourd'hui ?
Ça veut dire quoi en 2026 publier des textes en bilingue arabe-français ?
On essaiera aussi de vous proposer un tour d'horizon des éditeur.ices qui proposent aujourd'hui des textes en bilingue arabe-français (Motifs, Les Lisières, Le Port à Jauni, Bruno Doucey, iXe, Terrasses, etc…)
La discussion sera précédée d'une lecture-performance intitulée :
“Les doigts d'une seule main”
Entrée libre
Librairie Lune et l'Autre
19 rue Pierre Bérard
42000 SAINT ETIENNE
A l'occasion du 30e anniversaire du Congrès National Indigène, et dans le cadre d'une tournée européenne, rencontre avec des militant.es mexicaine autour de la situation de guerre au Mexique.
Le Congrès National Indigène (CNI), est né en octobre 1996 de deux forums convoqués par l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN). Le CNI a été créé pour que tous les villages, communautés, tribus et quartiers indigènes du pays puissent se rencontrer, lutter, étudier.
A l'occasion du 30e anniversaire de la création du Congrès National Indigène, et dans le cadre d'une tournée européenne, nous vous invitons à une rencontre publique avec des militant.es mexicain.es afin de faire le point sur leurs luttes et sur la situation de la démocratie au Mexique.
Rendez-vous à partir de 19h30 à la Gueule Noire (16 rue du Mont) pour une rencontre publique avec les militant.es du CNI
Entrée à prix libre, petite restauration vegan sur place, espace enfants, infokiosque
Evénement organisé par la CNT de la Loire
À qui appartient la ville ? À celles et ceux qui la traversent, y vivent, s'y rencontrent et la font vibrer. Le samedi 19 septembre, le collectif Verdegris & le Hoppy Soundsystem investissent le jardin Félix Thiollier pour un open-air autour des musiques électroniques. Parce que danser ensemble, occuper joyeusement l'espace public et faire vivre une culture indépendante sont aussi des manières de résister.
Une ville où l'on ne peut plus se retrouver, écouter de la musique, danser, discuter, faire du bruit et occuper collectivement l'espace public est une ville qui a renoncé à une partie de sa liberté.
Partout, les espaces de vie collective sont progressivement transformés en espaces de consommation. Pour se retrouver, il faut souvent payer. Pour écouter de la musique, acheter un billet.
Les musiques électroniques connaissent particulièrement bien cette histoire. Depuis leurs origines, elles se sont développées dans des espaces détournés, des friches, des squats, des entrepôts, des terrains vagues, des clubs et des lieux temporaires. Elles ont toujours porté une certaine idée de la liberté : faire ensemble, expérimenter, créer sans attendre l'autorisation d'en haut.
C'est pourquoi, le samedi 19 sepetembre, l'association Verdegris & le Hoppy Soundsystem organisent un open-air au jardin Félix Thiollier, à Saint-Étienne.
Samedi 19 septembre, 15H - 22H
Gratuit
Jardin Félix Thiollier, Saint-Étienne
Prog 100% locale : Drawbridge, OSSLDDC, Eva, Patrick Pathos
Bar à prix doux
Un événement qui porte une conviction essentielle : la fête, la musique et les espaces de rencontre doivent rester accessibles à toutes et tous.
Enfin, l'espace public ne devrait pas être uniquement un endroit où l'on circule. Il peut aussi être un endroit où l'on s'arrête, où l'on se rencontre et où l'on construit du commun.
« Tandis que dehors on parle de fascisation, les prisonniers des QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée) et leurs proches vivent déjà le fascisme. Se battre à leurs côtés, c'est lutter contre le glissement de toute la société. »
Les 16 et 17 octobre 2026, le collectif anticarcéral de L'Envolée invite à un week-end de discussions contre les QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée) : de nouveaux quartiers de haute sécurité qui durcissent encore l'appareil répressif. L'Envolée et ses invité.es – ancien·nes prisonnier·es, proches, militant·es associatif·ves, avocats… – proposent de faire entendre la voix sans cesse réduite au silence des prisonnier·es, pour comprendre ensemble de quoi la prétendue « guerre au narcotrafic » est vraiment le nom, et pour imaginer ensemble les moyens de lutter contre les QLCO.
En avril 2025, le vote à la quasi-unanimité de la loi « Narcotrafic » s'est accompagné d'un méga battage médiatique autour de la prétendue « mexicanisation de la France », incarnée par l'image du grand méchant trafiquant. Encore une figure du monstre qui aggrave la stigmatisation raciste, l'enfermement massif des plus précaires et l'allongement de toutes les peines. Non seulement cette loi renforce l'extension tous azimuts des pouvoirs de la police, de la justice et de l'administration pénitentiaire, mais elle instaure un nouveau régime de détention : les quartiers de lutte contre la criminalité organisée.
Depuis l'ouverture du premier QLCO à Vendin-le-Vieil en juillet 2025, le ministre de la justice et ses complices se félicitent de la sévérité du traitement infligé aux enfermés. Torture de l'isolement poussée à l'extrême, déshumanisation des prisonniers et des proches, surveillants cagoulés en permanence : tel est le quotidien dans ces quartiers ouvertement destinés à faire souffrir le plus possible. Au QLCO de Condé-sur-Sarthe (ouvert en octobre 2025), les matons entonnent des chants racistes et brutalisent les prisonniers ; sur le mur d'une salle des gradés, on peut lire : « Si tu parles, c'est que tu respires ! », en référence à la suffocation provoquée par les techniques de « pliage ». Difficile d'imaginer que ça va mieux se passer au QLCO de Réau (ouvert en août 2026), et bientôt à Valence et Aix-Luynes…
Dès l'ouverture de Vendin et de Condé, les prisonniers et leurs proches ont cherché à faire entendre par tous les moyens qu'un cap avait été franchi en termes de torture carcérale. Malgré la rigueur du dispositif, les prisonniers se sont organisés collectivement pour faire sortir des communiqués, inonder les coursives et entamer ensemble des grèves de la faim. En mai dernier, les prisonniers de Condé ont mené un mouvement de blocage pendant plus de quinze jours, et leurs proches ont publié un texte pour dénoncer des humiliations systématiques (voir aussi ici et nos émissions radio de 2025-2026). En juin, des prisonniers ont déposé une plainte groupée pour violences et harcèlement ; quelques jours plus tard, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié un rapport accablant faisant état de « violences systémiques » au QLCO. C'est dans ce contexte que le tribunal de Caen a fini par rendre le 18 juillet une ordonnance intimant enfin au ministère de faire cesser certaines de ces pratiques déshumanisantes.
En fait, c'est le sort de tous les prisonnier·es qui dépend de ces bagarres contre les QLCO, car les pratiques mortifères de ces quartiers sont déjà en train de contaminer toutes les autres prisons. Tandis que dehors on parle de fascisation, les prisonniers des QLCO et leurs proches vivent déjà le fascisme. Se battre à leurs côtés, c'est lutter contre le glissement de toute la société.
Y a pas d'arrangement !
(mis à jour le 4 septembre, voir les dernières mises à jour ici)
VENDREDI 16 OCTOBRE – 19h
Présentation du livre « Crever le silence : Comité d'action des prisonniers, 1972-1980 ».
SAMEDI 17 OCTOBRE – dès 13h
Expos, tables d'infos, collectifs d'invités, espace enfant et bar.
Deux discussions animées par l'Envolée et ses invité.e.s :
14h – Derrière la guerre aux narcotrafiquants, la guerre aux quartiers
Avec : Fabrice Olivet, militant de ASUD (association auto-support des usagers de drogues) et auteur de « Guerre à la drogue, guerre raciale ? » ; une ancienne prisonnière ayant subi le régime carcéral « 41 bis » italien, qui a inspiré les QLCO ; Libre Flot, prisonnier ayant subi le régime d'isolement en France pendant sa détention préventive.
16h – La bagarre contre les QLCO
Avec : des paroles de prisonniers du QLCO et de leurs proches, sur le fonctionnement de ces quartiers et les mouvements de protestations qu'ils ont menés ; un avocat qui mène des actions en justice contre les QLCO ; interventions d'anciens prisonniers sur l'isolement et ses évolutions.
19h – Repas à prix libre,
de la cantine des Pyrénées
20h – « Dans l'ombre, la lumière »
Spectacle de Khaled Miloudi et Raphaël Goldman
22h-0h – DJ set : Manu Makak
Lieu : La Parole errante, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil – Métro 9 (Croix de Chavaux)
Entrée gratuite.
Le co-fondateur de la campagne BDS Montpellier comparaissait ce jeudi 10 septembre devant le tribunal correctionnel pour diffamation aggravée, après la mise en ligne d’une vidéo visant Michèle Bensoussan, présidente du Centre culturel juif Simone Veil, et Perla Danan, présidente du CRIF Languedoc-Roussillon. Un procès où l’accusation a surtout dû démontrer que le prévenu était bien l’auteur d’une publication qu’il conteste avoir publiée
La salle est comble ce jeudi 10 septembre à 14h. D’un côté, les soutiens de José-Luis Moraguès, figure historique du mouvement de solidarité avec la Palestine à Montpellier. De l’autre, ceux de Perla Danan, résidente du CRIF Languedoc-Roussillon et de Michèle Bensoussan, présidente du Centre culturel juif Simone Veil.
Le militant est poursuivi pour diffamation publique aggravée, commise « en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ». En cause : une vidéo diffusée en juin 2025 sur les réseaux sociaux de la campagne BDS (Boycott, désinvestissements, sanctions), qui présente le Centre culturel juif Simone Veil comme « un relais du sionisme local » et affirme que sa présidente, Michèle Bensoussan, « affiche son soutien aux soldats israéliens en plein génocide à Gaza » et « pose fidèlement aux côtés de colons armés ». Perla Danan y est également visée : « Derrière le discours sur le vivre-ensemble, la paix et le dialogue, se cache une idéologie brutale, celle de la conquête, de la colonisation et de l’apartheid », affirme la vidéo. La présidente régionale du CRIF avait déposé plainte le 7 juillet 2025, dénonçant un montage qu’elle qualifie d’antisémite, mêlant des images de guerre à des photos d’elle.
Avant de parler du fond, il a d’abord fallu parler de la forme. Me Damia Taharraoui, avocate de José-Luis Moraguès, soulève d’emblée une exception de nullité : « On ne sait pas à quelle date la publication reprochée a été publiée. On nous parle d’entre le 11 juin et le 19 août. Sur quelle plateforme ? On n’a aucune URL, aucune capture d’écran dans le dossier. On nous parle de comptes Facebook et Instagram, mais lesquels ? La campagne BDS a des centaines de comptes sur les réseaux sociaux. » Et de conclure : « Ces imprécisions ne permettent pas d’exercer les droits de la défense. Monsieur Moraguès est là parce qu’il serait le “directeur de publication”. »
Me David Mendel, avocat des parties civiles, réplique en s’appuyant sur le calendrier : la vidéo dénonce la « journée de Jérusalem » du 22 juin, elle aurait donc été mise en ligne le 11 juin pour s’opposer à cet événement. Il rappelle aussi que la circonstance aggravante porte le délai de prescription à un an. Le procureur balaie : « C’est une erreur matérielle. La vidéo se réclame du collectif BDS Montpellier, on sait de quoi on parle. Ce groupe n’a pas d’existence légale, mais il est très actif. Nous savons tous pourquoi nous sommes là. » Le tribunal joint l’incident au fond.
La « journée de Jérusalem », justement, mérite qu’on s’y arrête. Organisée depuis bientôt cinquante ans par le Centre culturel juif Simone Veil avec le soutien historique des collectivités socialistes, elle célèbre « Jérusalem, capitale une et indivisible », au mépris du droit international, qui considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. En 2024, des associations dénonçaient la présence à cette journée de Sar-El, une structure qui organise des séjours de volontariat civil au sein de l’armée israélienne. Depuis, l’événement perd du terrain : la mairie de Montpellier a refusé en avril 2025 de continuer à l’accueillir dans un lieu municipal, les élus communistes alliés du maire ont dénoncé l’usage du logo de la Ville par les organisateurs, et l’édition 2026 s’est repliée à Castelnau-le-Lez.
À la barre, José-Luis Moraguès, habituellement coutumier des tribunes politiques lors de ses procès, reste sobre : « Je n’ai pas publié cette vidéo et ce n’est pas moi qui gère ces pages. Je n’ai pas de fonction particulière au sein de ce mouvement, nous fonctionnons de manière horizontale et les rôles sont tournants. Je ne suis pas très doué avec les réseaux sociaux, je laisse ça à nos jeunes militants. » Il ne commente pas le fond. Il concède, sur question de Me Tyssière, avocate de Michèle Bensoussan, disposer d’une chaîne YouTube à son nom, créée en 2009, qui « a fourni des vidéos pour BDS ». Et confirme à Me Mendel que BDS n’existe pas en tant qu’association : « En 2005, c’est le BDS palestinien qui a été créé à partir de plus de 70 organisations palestiniennes. C’est un mouvement non-violent qui vise à faire pression sur Israël pour qu’il respecte le droit international. »
Pour les parties civiles, cette horizontalité revendiquée ne trompe personne. « Il n’y a pas d’association BDS, mais il est clair que ça fait quinze ans que José-Luis Moraguès est le leader et fondateur du BDS Montpellier. Au tribunal administratif, c’est lui qui conteste les arrêtés préfectoraux d’interdiction des manifestations », plaide Me Tyssière, qui verse au dossier les rapports d’activité du centre culturel pour contredire le contenu de la vidéo, dont le ton, selon elle, « devient violent » au fil des images. Elle réclame 1 000 euros de préjudice moral et 1 500 euros de frais d’avocat.
Me Mendel monte d’un cran. Il s’attarde sur un passage de la vidéo évoquant une « invasion » de juifs d’Algérie arrivés en France dans les années 1950 : « Éric Zemmour a été condamné pour avoir parlé d’invasion d’immigrés. Quand j’entends le ton de cette vidéo, j’y vois une incitation à agir avec violence contre le siège du CRIF, le centre culturel juif et les personnes qui représentent ces institutions. » Puis il retourne l’argument de l’inexistence juridique du mouvement : « Si BDS n’existe pas, qui dépose les manifestations, qui paye le fournisseur d’accès pour le site, comment vous financez-vous ? » Il demande un euro symbolique de préjudice moral pour Perla Danan et 2 500 euros de frais de justice.
Le procureur, lui, commence par un aveu : « Je regrette que cette enquête soit incomplète. On aurait pu explorer l’ordinateur de monsieur Moraguès. » Ce qui ne l’empêche pas de requérir. « Je le trouve très modeste quand il dit qu’il n’est pas plus que n’importe quelle autre personne à l’intérieur de BDS. Madame la présidente, vous avez l’honneur d’avoir en face de vous le président de fait de cette association de fait. Se cacher comme ça derrière un mouvement qui n’existe pas, c’est trop facile, c’est cautionner son impunité. » Sur le fond, il dénonce « une confusion entre l’État d’Israël, le gouvernement d’Israël, la judéité et des photos de mesdames Bensoussan et Danan ». « On peut être juif sans soutenir le gouvernement israélien. On est allé largement au-delà de la liberté d’expression », conclut-il, avant de demander 5 000 euros d’amende. Il rappelle au passage que la peine encourue, avec la circonstance aggravante, va jusqu’à un an de prison.
En défense, Me Taharraoui laboure le terrain de la preuve : « Il n’y a ni capture d’écran, ni constat d’huissier. Il n’y a pas de preuve, juste des déductions. Un numéro de téléphone ou un mail est toujours associé à une page. Un virement est fait chaque année au fournisseur d’accès pour le site. Pourquoi les enquêteurs n’ont-ils pas cherché à savoir qui était derrière cette page, alors que des moyens existent pour le faire ? » Elle pointe aussi un paradoxe du droit de la presse : « Personne n’impute de propos précis à mon client. Aucun d’eux n’a cité la citation. » Et à titre subsidiaire, elle plaide la bonne foi : un débat d’intérêt général, une parole militante, et une base factuelle suffisante puisque le programme de la journée de Jérusalem exprimait, selon elle, un soutien aux soldats israéliens, notamment via la présence de Sar-El. Elle demande la relaxe, dénonçant « une procédure bâillon » : « Le fait que monsieur Moraguès, au casier judiciaire vierge, se retrouve une énième fois ici ne dit rien de son comportement. Il dit l’acharnement de ses adversaires politiques. »
Une énième fois, en effet. Le parcours judiciaire récent du militant donne du corps à l’argument. En juillet 2025, le tribunal de Montpellier le relaxait dans les dossiers de diffamation qui l’opposaient au sénateur PS Hussein Bourgi, à la présidente de Région Carole Delga et au président du Département Kléber Mesquida, en reconnaissant sa bonne foi dans un débat d’intérêt général. Le parquet a fait appel, une démarche rare en la matière. Résultat : une condamnation en appel en février 2026 à 3 000 euros d’amende dont la moitié avec sursis, alors même que l’avocat général avait requis la relaxe. Le militant s’est depuis pourvu en cassation. Dans l’affaire de la gouache rouge versée sur la plaque de jumelage avec la ville israélienne de Tibériade à la maison des relations internationales, la Ville de Montpellier avait fait appel d’une condamnation à 150 euros avec sursis, avant que le parquet ne se désiste au dernier moment, à l’agacement du président de séance lui-même : « Quelle débauche de moyens. »
Le principal intéressé aura le dernier mot : « Il y a effectivement une forme de harcèlement sur moi. Mes opposants font deux choses : me cibler parce que je suis l’un des fondateurs de la campagne BDS Montpellier, et faire passer BDS pour un mouvement violent alors que nous sommes non-violents. »
Le tribunal rendra sa décision le 10 décembre.
L’article Diffamation à Montpellier : José-Luis Moraguès de BDS et son avocate dénoncent une “procédure-bâillon” est apparu en premier sur Le Poing.
Mis en vente il y cinq mois par l'État, qui détient l'institut qui l'édite, le magazine mensuel indépendant risque bientôt de ne plus l'être : l'offre de reprise de l'homme d'affaires Xavier Niel vient d'être choisie par le gouvernement.
Le magazine indépendant 60 millions de consommateurs pourrait bientôt ne plus l'être. Selon une information du site La Lettre publiée le 1er septembre et confirmée par Libération, le milliardaire Xavier Niel serait en passe de racheter le média dédié à la défense des consommateur·ices français·es. Le magazine s'était notamment illustré en novembre 2025 par ses révélations sur les poupées sexuelles à l'apparence enfantine vendues sur Shein.
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Fondé en 1970 par l'Institut national de la consommation (INC), rattaché au ministère de l'Économie, le média et son éditeur ont été mis en vente par l'État en mars 2026 en raison de leur mauvaise santé financière. « Selon la Cour des comptes, l'INC a cumulé 7,9 millions d'euros de pertes nettes entre 2018 et 2023, rappelle L'Humanité. L'institut s'est pourtant battu en dégageant un bénéfice de 236 000 d'euros en 2025. Malgré ce retour à l'équilibre et les propositions de développement de 60 millions, le gouvernement n'a pas sourcillé et a confirmé ses coupes budgétaires. »
Depuis, deux offres de rachat ont été présentées, rapporte Libération : celle de l'association Que Choisir Ensemble, éditrice de l'autre média indé français axé sur la consommation (Que Choisir, également présent sur le Portail), et celle de Xavier Niel. Cette dernière a finalement eu les faveurs du gouvernement mais le comité social et économique (CSE) de l'INC doit encore se prononcer en octobre sur cette offre, affirme un syndicaliste à l'AFP.
Après 56 ans d'indépendance, 60 millions de consommateurs passerait ainsi sous l'escarcelle d'un homme d'affaires déjà à la tête de nombreux titres de presse français (Le Nouvel Obs, Nice-Matin, Télérama ou encore Courrier International). Une prise en main qui « n'est pas neutre », juge L'Humanité : « Demain, si le magazine décide de mener une enquête sur les opérateurs téléphoniques, par exemple, aura-t-il la latitude de critiquer le patron de Free ? » Cette possibilité suffirait à le disqualifier en tant que source sur le Portail des médias indés.
Source : Vertige Media
Jonathan Ruff de Tsédek Paris sera présent pour présenter le livre “Lutter en rupture, lutter en solidarité” qui revient sur les 2 ans depuis la création de Tsédek en tant que collectif juif décolonial .
Dans ce livre, le collectif dresse un premier bilan de deux ans de luttes, et explore les moyens de renouer avec une judéité révolutionnaire et émancipatrice face à la fascisation du monde.
RDV le samedi 19 septembre à l'Atelier pour une présentation du livre et une soirée de soutien à Tsédek. Entrée prix libre.
Programmation :
ORG : ATELIER, AFA, TSÉDEK ! & MARAD
Stand de l'Action Antifasciste Genève jusqu'à 22h.