Début août, au Théâtre de la Mer à Sète, se tenait la dixième édition du Demi Festival, le rendez-vous des passionné·es de hip-hop en France. Un événement où le rap continue d'incarner une musique de résistance, à l'heure de l'IA et des menaces fascistes...
Un petit avion fend le ciel du port de Sète en tractant une curieuse banderole. On y lit « MACRON DÉMISSION » avec la tête de l'intéressé incrustée dans l'une des lettres. Sur la berge, le mythique groupe Assassin ouvre la dixième édition du Demi Festival – une programmation 100 % rap, organisée par le plus célèbre des rappeur·euses sétois·es : Demi Portion. Dans la foule, vieux tontons du game et jeunes bousillé·es s'égosillent sur le célèbre refrain : « La justice nique sa mère, le dernier juge que j'ai vu avait plus de vices que le dealer de ma rue. » Au passage de l'avion, les majeurs se lèvent spontanément comme pour rappeler qu'ici, le rap est avant tout un espace de résistance.
« C'est l'héritage du hip-hop ce festival »Le lendemain, sous le cagnard, on traverse cette ville de pêcheurs1 devenue depuis quelques années le repère des touristes accros aux tielles, en manque de coup de soleil. S'iels ne dégoulinent pas, têtes allongées dans leur assiette de moules, iels naviguent à la queuleuleu sur le canal qui parcourt la ville à bord de « miniboats », des petites barques individuelles, ou mieux encore, des bateaux-voitures à la carrosserie de bagnoles américaines des années 1960. Admirez le trompe-l'œil ! Plutôt que de s'attarder dans ce décor de fin du monde, on rejoint des jeunes aux visages patibulaires, spliff au bec et canette de 8.6 en main, qui cassent la démarche vers le Théâtre de la Mer – une scène de quelques milliers de places où les artistes jouent dos aux flots bien calmes en ce début du mois d'août.
« Il y a beaucoup d'artistes encore très contestataires, mais il faut chercher, ce n'est pas toujours les plus connus ! Après, les valeurs continuent de se transmettre ! »
À l'inverse, les flows acérés et contestataires des artistes, poings et micros levés, se relaient chaque soir pendant cinq jours – des légendes à faire chialer les anciens, comme Rim'k et son fameux titre « Tonton du Bled », les Marseillais Don Choa et le Rat Luciano de la Fonky Family, mais aussi des plus jeunes comme 2L ou Guerta.
Le public, qui va de 10 à 60 ans à la louche, tisse le fil entre les générations d'un art qui perdure en France depuis bientôt 40 ans. « C'est l'héritage du hip-hop ce festival. C'est important que les jeunes viennent pour qu'il soit transmis », affirme Perez dans la foule. Membre d'un bar associatif à Avignon et militant politique, il est aussi membre de la Ligue des MC's révolutionnaires dont les mixtapes ont une texture anarco-communiste revendiquée. À la fameuse question : le rap est-il encore suffisamment politique ? Perez répond : « Il y a beaucoup d'artistes encore très contestataires, mais il faut chercher, ce n'est pas toujours les plus connus ! Après, les valeurs continuent de se transmettre ! » Lors des concerts, il n'est pas rare de voir un drapeau palestinien et des keffiehs brandis vers la scène. Au milieu des eaux, l'un des bateaux de la Freedom Flotilla2 assiste tranquillement au spectacle depuis son embarcation. Entre deux passages, l'asso SOS Méditerranée monte sur scène pour faire un point sur la situation désastreuse en mer pour les exilé·es et récolter de l'argent. Le concert de la rappeuse 2L, au flow politique assumé, sonne comme une bonne grosse manif. Entre chaque son, on entonne des « siamo tutti antifascisti » et des « tout le monde déteste la police ».
Le rap sous menace de mortOn la retrouve le jour suivant lors d'une table ronde organisée par le festival au Centre régional d'art contemporain (CRAC). Elle est accompagnée de deux journalistes rap, Raphael Da Cruz et Olivier Cachin. Il y a aussi Adil, ancien rappeur qui organisait des ateliers d'écriture à Sète dans les années 2000. Il a tout appris à Demi Portion. Pour lui, le rap était un outil social : « On habitait dans la banlieue de l'île de Thau [à Sète – ndlr], tu ne la vois pas sur les cartes postales celle-là. J'apprenais aux jeunes à bien écrire, je voulais qu'ils racontent leur quotidien avec sérieux tout en maîtrisant la langue de Molière. »
« Le rap “ conscient ” existe toujours et revient en force dans notre génération. Et puis, se dégager de l'injonction à écrire en bon français est aussi un geste politique »
Les nouvelles générations rappent-elles toujours avec le même objectif en tête ? Pour les « puristes » qui critiquent la forme et le fond d'aujourd'hui, cette relative « dépolitisation » correspond à « la fin de l'affrontement entre le monde capitaliste et l'URSS et celle des idéaux qui l'accompagnent. La génération qui a suivi a valorisé des rêves individualistes qui correspondaient à cette époque », selon Raphaël Da Cruz. 2L, 24 ans, nuance : « Il y a eu aussi une massification et une diversification croissante des styles, mais le rap “conscient” existe toujours et revient en force dans notre génération. Et puis, se dégager de l'injonction à écrire en bon français est aussi un geste politique. »
La discussion glisse ensuite sur le rap comme produit de consommation. Le constat est partagé par tous·tes : entre la multiplication des sorties et les plateformes de streaming, on n'écoute plus vraiment d'album. Voilà le rap piégé dans l'accumulation capitaliste.
« Ce qui m'inquiète, c'est surtout la surveillance de masse. Il ne faut pas délimiter cette lutte au rap, mais la mener plus largement »
Un invité surprise s'installe : Ihmotep, DJ et beatmaker d'IAM, une légende phocéenne. Accoudé à la table, il régale l'auditoire en bon marseillais : « Ce n'est pas seulement une accumulation, mais aussi une destruction par le matraquage de nouveautés ! On ne laisse pas le temps aux projets de vivre. Avec l'IA, on est en train de tuer notre culture et notre capacité à la faire exister par nous-mêmes ! C'est peut-être un vieux rêve d'anar, mais moi, je supprimerais le streaming ! Black-out d'Internet. » Merci l'ancien. Pour 2L, la lutte contre cette technologie doit être plus générale : « On se plaint de l'IA dans la musique, mais moi, ce qui m'inquiète, c'est surtout la surveillance de masse. Il ne faut pas délimiter cette lutte au rap, mais la mener plus largement. » Déter, la jeune génération.
Défoncer les portes closesEn attendant que la révolution sauve le monde et le rap avec, on retourne au festival. L'occasion de discuter avec son fondateur, Rachid Daif aka Demi Portion. « Quand on a loué le théâtre la première année, la mairie était flippée. Ils nous ont envoyé deux camions de l'armée ! Ils auraient préféré qu'on continue à rapper dans nos MJC, nous raconte-t-il dans un canapé près de la scène avec vue plongeante sur le port. Depuis trois ans, on reçoit des subventions à hauteur de 50 000 euros partagées entre la Ville et la région Occitanie. Ça nous permet de faire un soir gratuit sur le port. Mais on reste le festival le moins subventionné de Sète. » Qu'en sera-t-il si l'extrême droite s'immisce jusqu'au pouvoir ? Depuis les dernières élections municipales, le Rassemblement national (RN) contrôle désormais 57 mairies de plus 3 500 habitants dans l'Hexagone. Et dans bon nombre de ces communes, le parti lepéniste retire ses subventions à des associations, des festivals et va même jusqu'à faire annuler des pièces de théâtre ou des expositions qui ne conviennent pas à sa vision identitaire et fantasmée de la culture. Pas de quoi effrayer Demi Portion : « L'an dernier, le candidat RN est venu faire des photos de graffs et de canettes qui traînaient sur le parking du festival. Il a dit qu'il l'interdirait s'il était au pouvoir. Ils ne nous font pas peur ! Au pire, on fera le festival ailleurs ! »
Quand le festival clôt ses portes autour de deux heures du matin, des centaines d'amateur·es se retrouvent sur le parking pour « freestyler » jusqu'au lever du jour. Des groupes se forment, des enceintes, des baffles, des micros se branchent et des mini-concerts s'improvisent. Chacun·e vient déposer son meilleur texte. Et si tout le monde entonne avec conviction « Y'a pas de faux MC ici ! », difficile parfois pour les femmes de se faufiler dans les cercles. « Laissez passer les go ! Laissez passer les go ! », entonne un crew de meufs venues découper lyricalement le genre masculin sous l'œil de plusieurs artistes du festival. Plus loin, un petit groupe prépare des sandwichs « prix libre » et distribuera son butin à SOS Méditerranée. On recroise Ihmotep : « En 1986, on était douze à rapper à la Plaine, à Marseille ! Et là, il y a 300 personnes qui font des freestyles ! Le rap a gagné ! » Ballottés entre les institutions bourgeoises, l'extrême droite et une industrie huilée à l'économie de marché et aux nouvelles technologies, ces moments ont le goût d'une petite victoire. Quand les premières lueurs du jour claquent leurs rayons sur la mer, on se prend à rêver que le rap et ses punchlines résonnent à travers tous les océans… Et en attendant, « Comme d'hab' ! On continue comme d'hab ! »3
Eliott Dognon et Étienne Jallot1 . Lire : « Pêche en méditerranée : quand le business donne le thon », CQFD n°236 (décembre 2024).
2 . Lire : « Dans les coulisses de la flottille pour Gaza », CQFD n°251 (avril 2026).
3 . « 2 chez moi », Demi Portion, 2017.
Cet été, en Argentine, la terre a cristallisé la colère populaire contre l'affreux Javier Milei. Face à la mobilisation, le pouvoir a dû reculer sur l'ouverture des terres rurales aux capitaux étrangers.
Le gouvernement de Javier Milei, Président argentin ultra-conservateur, s'est incliné face à l'opposition. Depuis quelques mois, le libertarien tentait de faire passer un projet de loi sur « l'inviolabilité de la propriété privée ». Fidèle à sa politique de la tronçonneuse, le texte visait à faire reculer la responsabilité de l'État concernant l'urbanisation, la protection, l'expulsion et la vente des terres argentines. Mais c'était sans compter sur la vague de mobilisation qui a éclaté dans le pays le 6 août dernier, jour où la proposition passait au Sénat. Malgré la tempête annoncée, une armée de parapluies et de pancartes « La patrie ne se vend pas » s'est emparée de la Plaza Congreso à Buenos Aires pour protester contre ce que les Argentins appellent la loi « extranjerización de las tierras » (« étrangéisation des terres »). Suite aux pressions populaires, Patricia Bullrich, à la tête du camp présidentiel au Sénat, a dû retirer les articles relatifs à la suppression des protections des terres rurales en cas d'incendie ou d'achat par des étrangers.
Déjà en morceauxEn Argentine, presque 13 millions d'hectares appartiennent déjà à des étrangers, soit 5 % du territoire national. L'équivalent de l'Angleterre. Pour freiner ce phénomène, des restrictions avaient été mises en place en 2011 avec la « ley de las tierras » (« loi des terres »). Les investisseurs internationaux ne peuvent pas posséder plus de 15 % des superficies provinciales et départementales du pays. Pourtant, cette limite n'est pas respectée dans certains départements, comme celui de Lácar dans la province de Neuquén, où la concentration des terres étrangères monte à 54 %. Le seuil maximal des 15 %, Javier Milei voulait définitivement le supprimer, avant de rétropédaler pour l'augmenter à 25 %. Selon l'Observatoire des terres en Argentine, la loi en vigueur permet encore aux étrangers d'acheter 26 millions d'hectares, mais 36 départements ont déjà atteint la limite fixée. Le but de la dérogation est d'augmenter la concentration étrangère dans les départements les plus convoités, dont ceux près de la cordillère, riches en lithium, minéraux et ressources hydriques.
Le terrain de l'unité« La terre ne se vend pas, elle ne s'incendie pas, elle ne se dévaste pas, elle ne se déforeste pas et elle ne s'expulse pas. La terre est un bien social ! » clame au microphone, Pedro Perett, ex-dirigeant de la Fédération agraire d'Argentine (FAA). Bien que satisfait de l'abandon des mesures jugées problématiques, l'exploitant agricole n'en démord pas : la mobilisation doit continuer. « Il faut secouer l'oligarchie terrienne argentine. Oligarchie et impérialisme sont les deux termes pour qualifier la situation politique actuelle de notre pays. » Directement concernés, certains peuples autochtones, dont les Mapuches de Patagonie, ont aussi décidé de rejoindre la lutte. Nélida Ancalipe, représentante de la communauté Nahuelpan, s'en est fait la porte-parole : « Nous sommes des gardiens de la terre, comme tous les autres peuples originaires de cet État argentin. C'est justement là où nous vivons que se trouve ce qu'ils cherchent : l'eau, le pétrole, les mines. C'est pour ça que le gouvernement s'attaque à ces terres. »
Dès qu'on touche à la terre, un patriotisme commun se réveille. Surtout après l'acte anti-impérialiste de l'équipe de foot argentine lors du mondial. Après leur victoire contre les Anglais, les joueurs ont déployé à même le terrain une banderole avec l'inscription : « Les îles malouines sont argentines ». Depuis 1833 et son occupation par les britanniques, l'Argentine revendique cet archipel de l'Atlantique Sud, qu'elle a d'ailleurs tenté de récupérer en 1982 avec la guerre des Malouines. Myriam Bregman, avocate des droits humains et députée de gauche, s'y réfère dans son intervention à la marche du 6 août. « Quand les joueurs ont levé le drapeau, nous avons ressenti une fierté immense. Ça nous a tous unis. Ce sont des siècles d'humiliation de la Couronne britannique occupant notre territoire ». Défilant entre les anoraks, Candela, étudiante à Buenos Aires, a également participé à cette grande mobilisation. « Ce n'est pas qu'une simple protestation, c'est une lutte pour nos terres ! Et les luttes se mènent dans la rue. » Pour cette jeune femme péroniste (parti de l'opposition), cette proposition de loi est une mise en vente de l'Argentine : « Il n'y a pas d'acte plus lâche que celui de brader son pays. »
Et ce sentiment de trahison est partagé par une bonne partie de la société argentine. « Un ensemble d'acteurs se sont réunis pour pouvoir résister à ce projet de loi, explique Leandro Vera Belli, avocat du droit de la ville au Centre d'études légales et sociales d'Argentine (CELS). Une construction transversale s'est faite, reliant les secteurs paysans, indigènes, agricoles mais aussi les organisations de locataires, de droits humains et l'Église. »
Gros reversForce est de constater que [La Liberta Avanza (parti de Milei) n'a pas eu ses soutiens habituels] pour faire passer la proposition de loi initiale. Les « dialoguistes », partis d'opposition modérée ouverts aux dialogues, dont le PRO (Propuesta Republicana) et l'UCR (Unión Cívica Radical), s'y sont opposés sous la pression populaire. Pour avoir la majorité au Sénat, il a fallu plus de 10 heures de débats et un texte amputé de ses chapitres clés – dont la gestion des terres incendiées et la suppression des limites d'achat pour les étrangers. En plus d'avoir capitulé, Milei a dépoussiéré un sentiment de souveraineté derrière le slogan « La Patria No Se Vende », propulsé par de grandes figures argentines aux millions d'abonnés, comme Lali, Dillom, Tina ou encore Nicki Nicole et Emilia Mernes. Ces prises de position ont pu toucher un public jusqu'alors non politisé. « [L'opposition] a dépassé le plan politique pour passer à un programme populaire », affirme l'avocat Leandro Vera Bello. Même si le texte remodelé a bel et bien été adopté par la chambre haute, il rappelle que rien n'est encore joué : « Il reste à voir comment se déroulera son traitement à la Chambre des Députés, et finalement s'il sera approuvé ou non. » D'ici là, les Argentins peuvent puiser dans cette nouvelle force pour freiner la tronçonneuse.
Chloé Roulet
A partir de 9h : préparation du repas
11h : 2 ateliers : entraide administrative ou lactofermentation
12h : repas végétalien (quelques éléments végétariens), ouvert à toustes, même si on n'a pas cuisiné !
13h : présentation du projet associatif
14h : rangement, vaisselle, installation du forum et du non-marché
15h : forum des groupes d'autoproduction (jardin, réparation vélo, boissons à base de plantes, hygiène, entraide administrative...) et non-marché
16h : rangement
16h30-17h : debrief et orga du prochain « Vendredi commun » (toujours le 2e vendredi du mois)
17h : fin
Inscription si possible : pclyon@ouvaton.org
Les Provisions communes (il y en a plusieurs en France) partent du postulat que tout le monde doit pouvoir participer à la subsistance = production de biens ou services nécessaires à la vie, et que ces biens et services autoproduits doivent être accessibles à toustes, en mode non-marchand.
Non-marchand, ça veut dire sans la notion d'échange, ni monétaire, ni autre : temps, énergie, compétences… On s'oppose donc résolument à l'idée du mérite qui voudrait que « c'est parce que j'ai jardiné, cuisiné, écrit, réfléchi, tenu une permanence (ou autre…), que j'ai droit à des légumes, un repas, un bocal, une heure de garde d'enfants (ou autre…). On veut ainsi appliquer le principe du communisme radical : »Chacun.e selon ses possibilités, à chacun.e selon ses besoins".
Tout ça a l'air bien théorique, mais c'est finalement simple à réaliser (voir une « recette » ici, p.29). La Provision commune (PC) de Lyon autoproduit sous différentes formes, toujours non-marchandes : fruits et légumes sur un terrain près de Lyon, produits d'hygiène, boissons à base de plantes, préparations fermentées, repas cuisinés, petit livre…, et concernant les services : bientôt entraide administrative, réparation de vélos, garde d'enfants…
À la PC de Lyon, nous voulons que la moitié des productions soit distribuée à l'extérieur de la PC, pour visibiliser et faire grandir ce mode de fonctionnement anticapitaliste et non-monétaire. On appelle ça la « PC ouverte » et ça se matérialise entre autres sous forme d'un non-marché, où les produits sont à exposés et proposés à toustes.
Une autre forme de PC ouverte s'incarne dans des Vendredis communs (VC) qui se déroulent chaque 2e vendredi du mois dans un centre social, et quelquefois en plein air. C'est pendant ces VC que le matin, sont cuisinées les récoltes issues du maraîchage non-marchand, puis à midi, dégustées sous forme d'un déjeuner ouvert à toustes ! L'après-midi, il y a le non-marché et une réunion d'orga ou de réflexion. Parallèlement à tout ça, tu peux découvrir des groupes d'autoproduction ou carrément y participer.
Le prochain Vendredi commun, c'est le 11 septembre de 9 à 17h, dans la salle d'un centre social proche d'un métro ligne B.
Puis tous les 2e vendredis du mois : 9/10, 13/11, 11/12..., au même endroit.
Le maraîchage non-marchand, c'est généralement le vendredi après-midi (sauf Vendredi commun, dans ce cas, c'est décalé au dimanche suivant), agenda ici. Covoit à partir d'un métro ligne B (eh non, on n'est pas sponsorisé.es par la ligne B lol).
Ça te branche et tu veux en savoir plus : le plus simple, c'est de venir à un VC. Sans obligation d'horaire. Juste pour cuisiner, juste pour manger, juste pour jeter un œil ou prendre des infos, tout est possible, on est chô pour faire connaissance et partager notre enthousiasme \o/
Si impossible, eh ben, tu laisses un message là… A très vite alors !
chapitre II : Marx et la Commune de Paris
Nous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes depuis la Révolution Française, via un axe anarchiste, communiste antiautoritaire, ultragauchiste, autonome, etc..
Son but est de relire l'histoire révolutionnaire non depuis l'angle traditionnel et confus de « la révolution contre les bourgeois/les aristocrates » - qui fait comme si la révolution était un bloc - mais depuis un axe fondamental souvent oublié : celui des divers courants libertaires contre les tendances autoritaires du socialisme.
On regrettera certains défauts importants, qu'il est bon d'avoir en tête en parcourant le bouquin. Notamment le fait que les luttes abordées sont très majoritairement des luttes blanches. Ou que l'angle pris fait souvent la part belle aux figures et organisations militantes officielles - là où il serait intéressant de se concentrer un peu plus sur l'action et l'organisation directes du prolétariat.
Ces points étant dits, ce livre apporte de nombreuses informations historiques importantes, souvent effacées de l'histoire des luttes. Il permet ainsi, de façon méthodique et détaillée, de remettre plusieurs points sur les i concernant la question de l'autoritarisme. C'est une chose qui nous semble plus qu'utile à l'heure où la sociale-démocratie reprend du galon, sous ses divers avatars réformistes et léninistes, menaçant de récupérer les luttes à venir.
Bonne lecture !
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Mardi 8 septembre, à 18 h 30, au bar Le Grabuge (26 rue de la Porte), « Café-Diplo » autour de deux articles du Monde diplomatique d'août :
Mardi 8 septembre, à 18 h 30, au bar Le Grabuge (26 rue de la Porte), pour un « Café-Diplo » autour de deux articles du Monde diplomatique d'août :
Pour ce troisième article contre la gauche sous toutes ses formes – réformiste ou « révolutionnaire », mais au final toujours capitaliste et autoritaire –, on partage ce texte trouvé sur internet. Il est tiré d'une brochure sortie en avril de cette année, qui parle de perspectives révolutionnaires et dont on recommande chaudement la lecture (on met le lien en intro). Les auteur-ices y parlent de la séquence politique actuelle, du rôle mystificateur de la gauche institutionnelle – et de son incapacité grandissante à pouvoir encore le jouer – , des problèmes liés aux organisations/comités/assemblées de « lutte » quand elles deviennent des organes de direction... Bref, réformisme et léninisme y sont attaqués en bonne et due forme, et des bouts de perspectives révolutionnaires énoncés clairement – deux choses qui valent le coup à l'heure où la gauche reprend du galon jusque dans les milieux anarchisants.
Pour ce troisième article contre la gauche sous toutes ses formes – réformiste ou « révolutionnaire », mais au final toujours capitaliste et autoritaire –, on partage ce texte trouvé sur internet. Il est tiré d'une brochure sortie en avril de cette année, qui parle de perspectives révolutionnaires et dont on recommande chaudement la lecture (on met le lien en intro). Les auteur-ices y parlent de la séquence politique actuelle, du rôle mystificateur de la gauche institutionnelle – et de son incapacité grandissante à pouvoir encore le jouer – , des problèmes liés aux organisations/comités/assemblées de « lutte » quand elles deviennent des organes de direction... Bref, réformisme et léninisme y sont attaqués en bonne et due forme, et des bouts de perspectives révolutionnaires énoncés clairement – deux choses qui valent le coup à l'heure où la gauche reprend du galon jusque dans les milieux anarchisants.
Pour l'ensemble de la brochure dont est tiré ce texte, c'est ici : https://www.infolibertaire.net/brochure-ouvrir-des-perspectives-revolutionnaires/
Autonomie et anti-électoralisme
Ce qui a fait partir l'expérience de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en nœud de boudin, c'est l'abandon du principe d'autonomie de la lutte. Autonomie vis-à-vis des organisations syndicales, partisanes, associatives, autonomie vis-à-vis de la gauche et de la politique en général. La perspective révolutionnaire ne s'inscrit pas dans le jeu politique habituel, elle est une rupture.
Cette autonomie est essentielle vis-à-vis des syndicats. Ces organisations sont depuis longtemps intégrées au système, financées par l'Etat, siégeant dans les comités d'entreprise auprès des patrons, perfusées à l'idéologie cogestionnaire. Etant dépendants de l'Etat et du capitalisme, notamment pour se financer, elles auront toujours tendance à reproduire le système plutôt qu'à l'abattre, à négocier la longueur des chaînes plutôt qu'en finir avec l'exploitation, à préférer leur conservation à la perspective révolutionnaire. Elles sont structurellement liées à l'Etat et au Capital et ne peuvent donc pas envisager leur disparition : celle-ci provoquerait aussi la leur.
Il y a bien sûr des nuances entre les différentes sections et il existe des syndiqué-es sincères et combattifs. Ils finissent toujours, quand la situation devient explosive, à déborder leur propre bureaucratie pour rejoindre les insurgé-es. Ce n'est pas pour rien. Les syndicats sont des organes d'encadrement des luttes. Il faut donc les dépasser. On ne combat pas l'aliénation par des moyens aliénés, comme dirait l'autre. Surtout, on ne poursuit pas la fin par tous les moyens, mais on cherche la concordance entre fins et moyens.
Le danger fasciste est quant à lui le dernier argument de vente de partis de gauche incapable de proposer quoi que ce soit. La gauche n'a jamais été qu'une gestionnaire du système en place, sous une forme un peu moins agressive. Et encore… Sauf que la parenthèse ‘'démocratique et sociale'' du capitalisme est derrière nous.
Rouvrir cette parenthèse exigerait des efforts intenses et un rapport de force considérable. Si une telle chose devait arriver – et il faut l'espérer – ce serait bien dommage de se contenter de petits aménagements tout juste capables de différer l'effondrement ou de redonner un peu d'air dans la lente agonie.
La forme démocratique n'a de toute façon jamais cessé d'être une forme de gouvernement comme les autres, prévoyant la suspension des quelques droits lâchés selon ses besoins et s'assurant toujours le pouvoir de quelques-uns et unes sur les autres. Après avoir démantelé les structures rigides de l'Ancien régime, la bourgeoisie s'est empressée de stopper les processus révolutionnaires et de rétablir l'ordre. Plus souple, les formes constitutionnelles, républicaines et démocratiques vont s'imposer. Elles permettent de faciliter l'accumulation du capital, de lâcher des droits et des garanties sans remise en cause de fond en période de troubles, ou au contraire d'avancer vers des formes plus arbitraires et despotiques. Leur plasticité assure une meilleure reproduction au Léviathan, quitte à ce que quelque chose change pour que rien ne change. A la base de ce nouveau pouvoir fraîchement conquis, il y a d'ailleurs la volonté de ne jamais laisser les individus ordinaires décider et agir librement.
Au fondement de la théorie politique de la délégation du pouvoir et du système représentatif, il y a une idéologie aristocratique : les individus ordinaires seraient incapables de savoir ce qui est bon pour elles et eux ; et ensemble, ils formeraient une foule, une masse, une populace forcément irrationnelle et emportée par ses passions. La rationalité serait l'apanage de celles et ceux qui courent après le pouvoir et l'argent en écrasant les autres.
L'abbé Sieyès, véritable guide de la contre-révolution française après 1789, est l'un des grands théoriciens de cette théorie. Il la résumait d'une phrase simple : « la confiance doit venir d'en bas, le pouvoir d'en haut ». Ce qui est attendu de tout un chacun, c'est seulement de faire confiance aux dirigeants qui, au besoin, ramèneront le troupeau dans le droit chemin par le bâton. La délégation du pouvoir, quelle que soit sa forme, est toujours d'abord un discours d'ordre pour soumettre au droit du plus fort et à l'Etat ; une mécanique bien huilée pour assurer la reproduction permanente du pouvoir. Les élections en sont un des moyens les plus aboutis, mettant en scène des oppositions superficielles permettant de désamorcer les conflits bien réels.
Partout dans le monde, les régimes politiques ont tendance à se durcir. Trump aux Etats-Unis est sur ce point un bon exemple. En France aussi, nous ne sommes plus tout à fait dans un régime de démocratie libérale. Non pas que c'était un régime émancipateur, loin s'en faut, mais ce n'est pas la même chose qu'une dictature. Nous ne sommes plus dans un régime de démocratie libérale, mais nous ne savons pas encore tout à fait dans quoi nous sommes embarqué-es. N'importe qui se confrontant au pouvoir par conviction ou de par sa condition, comme les exilé-es, en fait l'expérience quotidienne. Pour les autres, on peut certes très bien continuer sa vie et ne pas se rendre compte de ces changements rapides ; aller bosser comme si de rien n'était, consommer quand on le peut et fermer sa gueule. « On vit tranquille dans les cachots », comme disait le philosophe.
Comme d'habitude, la brutalité s'abat d'abord sur les personnes marginalisées. Qui se soucie réellement des exilé-es, des chômeur-euses, des gosses de banlieue, des anarchistes ? Peu de monde. On peut fermer les yeux et faire comme si de rien n'était. Cela s'étend ensuite aux mouvements sociaux, qu'on réprime avec vigueur. Et puis ça se déploie peu à peu toujours plus loin. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne pour réagir.
Ce serrage de vis global prête le flanc à un antifascisme le plus plat, qui propose au fond de revenir en arrière, au temps d'un capitalisme un peu moins brutal, du moins dans les contrées les plus riches. La brutalité était pour l'essentiel exportée ailleurs, ce qui n'empêchait pas son existence partout où c'était jugé nécessaire. Le pouvoir tient, in fine, par la violence.
Une ombre rôde, donc. Celle du fascisme. C'est du moins ce qu'on entend chez des gens très divers, de sensibilité de gauche ou même qui se présentent comme radicaux ou radicales.
La gauche est souvent présentée comme le moindre mal pour nous sauver du pire. Il faudrait faire front avec elle et lui donner son vote. Pourtant, elle a directement participé au développement de ce serrage de vis global. Elle a même, en France, appuyé sur l'accélérateur (un classique) : cadeaux au patronat, exploitation renforcée des travailleur-euses, contrôle drastique des chômeur-euses, chasse aux sans-papiers, mais aussi répression débridée. La gauche de gouvernement en France, par exemple, c'est celle des grenades assourdissantes et des véhicules blindés à l'assaut de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en 2012, de la charge de gardes-mobiles laissant Rémi Fraisse sur le carreau à Sivens en 2014, de l'état d'urgence de 2015 qui fait entrer les lois antiterroristes dans le droit pénal, des interdictions de manifester lors de la contestation de la loi Travail en 2016… Sans oublier la loi sur l'extension du droit de faire usage de son arme à feu pour la police, en 2017, ce qui a engendré une augmentation rapide du nombre de personnes tuées par des flics : 10 en 2010, 22 en 2016, 40 en 2020, 52 en 2024.
La porte est ouverte pour le gouvernement suivant. La concentration du pouvoir entre quelques mains y s'accélère avec la nomination des préfets, des directions des administrations et des cabinets ministériels directement par le président, le regroupement des administrations ministérielles dans les départements sous la tutelle de l'Intérieur, le gouvernement par décrets et conseils de défense, l'usage frénétique du 49.3 pour passer les lois rapidement sans débats ni vote des députés, la fragilisation de l'indépendance des représentants d'une bourgeoisie concurrente (journalisme, tribunaux), la limitation du droit de grève et la répression des oppositions, l'imposition de gouvernements malgré les résultats électoraux, etc.
Sans parler des petites choses très révélatrices : coller des affiches dans la rue expose de plus en plus à la garde-à-vue, diffuser des tracts dans une faculté à la répression des vigiles, obtenir une salle municipale pour se réunir au refus pur et simple. La liberté d'expression est une chimère pour qui souhaite en user. Sans parler de l'institutionnalisation des rafles de sans- papiers dans les gares ou même à la sortie des lieux d'aide humanitaire. Ou encore de la politique coloniale menée à Mayotte (opération Wuambushu) et en Kanaky à coups de flingues. Tout nous pousse en fait vers des régimes de plus en plus ouvertement despotiques. Pas besoin de l'extrême-droite pour ça.
Cette logique d'accélération de la répression n'est pas spécifique à la France. Elle traverse tous les pays. De fait, elle répond à une nécessité du capitalisme. L'accélération de la répression est nécessaire pour intensifier l'exploitation et continuer d'extraire de la valeur. La forme « démocratie libérale » et les quelques garanties sociales lâchées au cours du 20e siècle ont permis d'intégrer, dans les pays les plus riches, la quasi-totalité de la population à la course à la croissance. Ça a permis surtout de pacifier une situation agitée. Mais c'en est fini.
Plus le droit du travail est démantelé, plus les droits au chômage sont attaqués, plus les cadences sont accélérées, plus les richesses se concentrent entre quelques mains, et plus la répression est nécessaire pour l'Etat et le Capital. Ajoutez à cela les menaces liées à la pollution et au réchauffement climatique… C'est dans la poursuite de cette logique que le fascisme peut être une option pour une partie des classes dirigeantes. Et une option aujourd'hui pleinement assumée si le besoin s'en ferait sentir. Mais la seule manière d'empêcher le fascisme, c'est de s'en prendre à ce qui le nourrit : l'exploitation, la hiérarchie et l'ordre tels qu'ils existent.
Le succès de l'antifascisme le plus plat est aussi lié à l'incapacité de porter une autre perspective. De fait, il n'existe aujourd'hui plus vraiment de mouvement antiautoritaire et autonome capable de porter une perspective révolutionnaire. En France par exemple, le vaste mouvement autonome qui s'était fait une certaine réputation à la fin des années 90 et dans les années 2000 s'est dissous quand une partie de ses participant-es a choisi de rentrer dans le rang et de composer avec la gauche.
En 2016, la lutte contre la loi Travail et les attaques multiples des locaux du Parti Socialiste alors au pouvoir enterrent la gauche de gouvernement. Mais c'est un peu comme si une frange importante des antiautoritaires, autonomes, révolutionnaires se retrouvait effrayée par cette situation, orpheline d'une solution politique. Le choix de négocier avec le pouvoir à la ZAD de Notre-Dame- des-Landes a officialisé le virage réformiste de tout un pan de ce mouvement. Aujourd'hui, la gauche s'est de nouveau imposée comme le débouché naturel des luttes. Merci les gauchistes !
La Grèce avait sur ce point était un précurseur. Alors que les anarchistes et révolté-es avaient conquis la rue dès 2008, la reprennent avec force en 2011, c'est le débouché politique de Syriza qui est massivement choisi plutôt que la perspective autonome et révolutionnaire. Le parti de gauche radicale arrive au pouvoir en 2015, se fait remettre à sa place par le FMI et l'Union Européenne, et applique ensuite avec zèle les politiques néolibérales. La presse ne s'y trompe pas, le positionnant désormais au centre-gauche. Un recentrement très rapide.
Il y en a eu bien d'autres des exemples de la gauche, même soi-disant radicale, au pouvoir : outre celui de Syriza, on se remémorera avec intérêt le bilan de Podemos en Espagne ou de l'Unité de gauche au Chili – et pourquoi pas de la flambée de gouvernements de gauche en Amérique Latine au début des années 2000 (Morales en Bolivie, Correa en Equateur, Lula au Brésil, etc.). Que le miroir aux illusions fonctionne encore reste une énigme…
Les gauchistes qui aujourd'hui passent leur temps à assimiler les dynamiques les plus dégueulasses du pouvoir à la seule extrême-droite participent directement à l'invisibilisation de la dynamique globale à l'œuvre. Ils et elles sont les idiots utiles de toutes les macronies du monde et des classes dirigeantes dans leur ensemble. Ce n'est pas seulement l'extrême-droite le problème. Elle n'est qu'une option possible des gens de pouvoir, qui instaurent patiemment depuis de nombreuses années une nouvelle situation sociale capable de leur garantir de s'empiffrer le plus longtemps possible, jusqu'à épuisement de la planète s'il le faut. « Après nous le déluge » est leur mantra, le cynisme leur code de conduite.
Chercher à renforcer les logiques électorales et citoyennes relève non seulement de l'erreur, mais même d'un déni de réalité. Cela revient à ne surtout pas regarder la réalité en face et à favoriser les logiques à long terme qui favorisent l'extrême-droite. Mais à une époque où la mémoire fout le camp, les élections législatives de 2024 en France ont révélé où en étaient les illusions gauchistes. Nombreux et nombreuses pseudo-radicaux et radicales se sont ainsi empressé-es de courir avec la coalition de gauche aux côtés du funeste François Hollande, ancien président, entre autres crapules faussement repentis.
Courir avec la coalition de gauche pour faire barrage à l'extrême- droite, une énième fois, le plus souvent dans des circonscriptions où pourtant le vote extrême-droite reste faible. Il n'y avait donc aucune urgence dans ces zones là et c'est bien une adhésion idéologique qui s'est jouée. Et tout cela, malgré le petit succès électoral, avec pour résultat la mise en place d'un gouvernement conservateur. Le piège de la politique s'est encore une fois révélé. Mais cela n'a rien d'une surprise : voilà 150 ans que les anarchistes ont rappelé le rôle du système électoral, à savoir maintenir le pouvoir. Ce n'est pas par les urnes que l'on met un point d'arrêt à l'exploitation capitaliste, à la domination étatique, aux ravages industriels et aux oppressions racistes.
Si une fraction de cette énergie à danser avec la gauche et ses vieilles sirènes, à aller coller des affiches, diffuser des tracts, multiplier les réunions, s'indigner sur les réseaux sociaux, faire un petit tour dans la rue, était mis à des tâches révolutionnaires, la peur pourrait un tant soit peu changer de camp. Mais le rendu de toute cette énergie débordante a bien sûr été pathétique. Il ne pouvait pas en être autrement pour toutes les raisons décrites avant. Le système en place, pour se perpétuer, n'a plus le choix que de refermer la parenthèse du rallongement de la longueur des chaînes. Il lui faut revenir pas à pas à ses origines les plus brutales, quitte à accompagner ainsi l'effondrement. Le pouvoir pourra, bien sûr, lâcher prise ici ou là, par petites bouffées, pour mieux s'assurer l'acceptation. Mais la tendance générale ne changera pas.
Il est d'autant plus important d'avoir ça en tête qu'il est fort probable que le durcissement des régimes partout va pousser des tas de citoyennistes et bureaucrates en herbe à une radicalisation de façade. Elle est déjà en cours par-ci par-là. Des modes d'action autrefois décriés pourront ainsi devenir légitimes, tant que la finalité reste l'aménagement du système en place et non de le foutre en l'air, la perspective de remanier le pouvoir et non de le détruire. Derrière les masques des émeutiers et émeutières peut parfois se cacher le piège de la politique.
La politique, c'est toujours l'art de gouverner. Une révolution ne peut que refuser ce jeu-là, à la manière dont le définissait quelqu'un comme Bakounine. Il a alors bien conscience que son activité révolutionnaire comporte une composante politique. Il critique d'ailleurs l'indifférence au jeu politique. Contrairement à ce que déclareront ses détracteurs à l'époque, il ne s'agit pas d'apolitisme, mais d'une position antipolitique.
Pour Bakounine, tout pouvoir contient une part maudite et pervertit même la personne la plus honorable. La question n'est pas de savoir si tel ou tel dirigeant est corrompu, manipulateur, violent. Le pouvoir en lui-même pervertit. Le fait de se retrouver en position de pouvoir transforme l'individu et le place en situation où il ne peut qu'exercer une domination sur les autres et abuser de sa position.
Ce n'est pas pour autant qu'il n'y aurait pas de décisions collectives à prendre, bien au contraire. Bakounine considère que c'est une nécessité. Ce qui est rejeté, c'est la séparation d'une instance décisionnelle du corps social, et son institutionnalisation qui finit par la consacrer théologiquement.
Suffrage universel ou censitaire, là n'est pas la question pour Bakounine. L'élargissement du suffrage ne supprime en rien le mensonge qu'est la représentation. Le pouvoir corrompt, et se trouver en position de représentant ou représentante ne peut que couper des aspirations populaires. La personne qui est élue finit forcément par être corrompue et par manipuler.
Les assemblées centralisatrices favorisent quant à elles le passage des « palpitations vivantes de l'âme populaire » vers des abstractions. Ce n'est pas pour cela que Bakounine n'admet pas la représentation des sections au sein de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT), via des mandats impératifs. Mais cette représentation n'intervient alors pas au sein d'un petit Etat en gestation, mais dans une confédération qui préfigure celle qu'il appelle de ses vœux, reposant sur l'autonomie des sections et avec pour principe d'aller de bas en haut, et non l'inverse.
Cette critique du pouvoir, il va jusqu'à la formuler à destination des organisations ouvrières risquant de se bureaucratiser. De son expérience au sein de l'A.I.T., entre 1868 et son éviction en 1872, il tire plusieurs leçons. Il note d'abord la tendance à la constitution d'une élite militante, qui se considère indispensable. Mécaniquement, elle s'habitue à décider à la place des autres, et les délégués se coupent de leur base. L'autonomie des sections et des individus doit justement venir empêcher cette dégénérescence, de même que les espaces de délibération à la base, sans oublier l'importance de l'individualité, y compris désobéissante. Et à côté, Bakounine passe son temps à développer des sociétés secrètes, peut- être de manière folklorique et rigide, mais surtout pour favoriser le libre rapprochement d'individus qui se font confiance dans le but d'agir collectivement, avec la discrétion que suppose la pratique révolutionnaire. Ce sont en quelque sorte des prémisses de groupes affinitaires.
La politique est toujours une sphère séparée, qui se traduit dans les faits par des gens se considérant comme plus compétents ou compétentes que les autres, devant prendre les décisions à leur place, y compris pour leur bien. Nous pouvons dire grossièrement que la politique est la sphère du pouvoir, tandis que le social correspond à la dynamique autonome des individu-es et des groupes.
On nous prétextera que l'assemblée, le comité de lutte ou le conseil ouvrier sont des institutions dans lesquelles se cristallisent le pouvoir, et sont quelque part séparés de la vie quotidienne. Certes. Si ce n'est que ce pouvoir peut bien plus facilement rester rigoureusement social, sans chefs ni représentants et sans entraver les initiatives individuelles, pris dans l'épaisseur de la réalité des tâches à mener. Davantage que d'y prendre des décisions, il importe d'y proposer des initiatives et des visions, ainsi que de répartir les tâches. Ce n'est finalement rien de plus qu'un outil, perfectible et critiquable, qui ne peut ni se substituer à un système de règles informelles reposant sur les discussions directes, ni venir étouffer les initiatives individuelles ou de cercles d'affinité. Les assemblées, nom pompeux qui signifie en fait prendre des décisions communes entre personnes qui se reconnaissent comme associées, font peut-être que le collectif tient ; les affinités et initiatives libres qui émanent des individu-es font qu'il vit.
Il faut donc encore que les assemblées et autres conseils rompent avec la fiction démocratique, où tout se lit en termes de droits et devoirs, et donc de juges et policiers. A coups de majorité ne se règlent ni les divergences, ni les contradictions.
Prendre des décisions collectives sans coercition ni sanction implique l'engagement de celles et ceux qui ont pris la décision pour la réaliser. Il n'y a d'autre sanction à une obligation que l'on s'est librement choisie que la perte de considération d'autrui. Cependant, dans un monde futur où la richesse résiderait dans la diversité et la profondeur des relations, la considération ne serait pas quelque chose pris à la légère.
En outre, tout n'a pas à se discuter et se décider dans ce genre d'instances, qui autrement se dégraderaient en bureaucratie diffuse, ou pis, en espace unanime niant les conflits intrinsèques à la vie sociale. C'est en cela que la position antipolitique n'est pas apolitique, puisqu'il s'agit bien d'une orientation consciente et déterminée : celle de circonscrire toute émergence de pouvoir sur les autres.
Tout ce qui vient occulter et réprimer l'épanouissement de la vie doit être détruit. La politique est un verrou à faire sauter, au même titre que la religion ou l'économie. Elle est toutefois largement valorisée, et nombre d'expressions contestataires reprennent irrémédiablement les habits de la politique, de la Commune de Paris aux bureaucrates anarchistes de l'Espagne de 36, en passant par les appels à la ‘'démocratie réelle'' sur les places occupées ou à de meilleurs représentants lors des insurrections de la soi-disant Génération Z en 2025. Il n'y aura sans doute pas d'anarchie tant que ce verrou n'aura pas été forcé. Forcer ce verrou implique non seulement de se défaire des logiques politiciennes les plus explicites, comme l'électoralisme, mais aussi de sortir des ghettos militants empreints de cet art de gouverner, pour privilégier les rencontres avec des révolté-es imperméables aux sirènes de la politique. Et il en existe pas mal…
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Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d'organisation terroriste internationale.
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
Nous sommes un collectif de soutien aux personnes queers vivant en Afghanistan, nous lançons cet appel à la solidarité transnationale pour faire face à une situation extrêmement violente à laquelle sont confrontées nos ami-e-s queers pris.es pour cibles par l'État afghan.
Avant de vous décrire la situation, voilà le lien de notre cagnotte pour aider financièrement :Retour ligne automatiqueRetour ligne automatique
https://www.we-solidaire.com/fr/collecte/soutien-aux-personnes-queers-en-afghanistan
Depuis plusieurs années, les personnes que le régime afghan identifie comme non hétérosexuelles font la cible de violences, de nombreux meurtres et agressions ont eu lieu, des maisons ou des appartements de vie communautaires ont été pris d'assaut ou incendiés par les forces armées des talibans, nombre de personnes ont été incarcérées et torturées dans les prisons de l'État. Chacune de ces situations ont eu lieu très récemment, depuis le début de l'année 2026.Retour ligne automatiqueRetour ligne automatique
Dans ce contexte, c'est la vie entière qui est rendue bien plus difficile, notamment le fait de répondre à des besoins basiques et nécessaires tels qu'accéder à un logement, à des soins, à un travail, à se déplacer... Mais également des besoins encore plus essentiels, tels que celui de ne pas subir de mal, ne pas être torturé.e, défiguré.e, tué.e ou celui de disposer de sa liberté.
Nos actions se font selon nos moyens, qui dépendent principalement des tunes que l'on récolte via cette cagnotte, afin de répondre aux besoins directs des personnes sur place : payer des loyers, des taxis, des soins, des libérations, et répondre à des situations d'urgence. Nous avons donc besoin d'une aide importante en ce moment pour sortir nos ami-es d'une situation dramatique qui s'est produite il y a peu, mais également de contributions régulières pour participer à des frais de vie quotidiens, notamment des loyers, donc n'hésitez pas à revenir pour faire des dons mensuels, à hauteur de vos moyens.Retour ligne automatiqueRetour ligne automatique
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Nous sommes un collectif de 4 femmes trans d'origines Afghane, Française, et autre. Nous sommes déterminées à apporter tout le soutien et l'apaisement dont nous sommes capables à celles et ceux qui souffrent et avec qui nous sommes liées à différents degrés. Car nous savons que ce qui arrive à l'autre bout du monde nous arrive aussi à nous, ainsi qu'à l'humanité toute entière. C'est d'avoir une âme dont il est question, et c'est pour cela que nous parlons d'entraide. De plus notre action s'inscrit dans les luttes de solidarité internationale, de solidarité communautaire queer, ainsi que les luttes pour la liberté de circulation.
Merci de nous avoir lues, on vous remercie pour tous les dons que vous pourrez apporter pour aider nos ami-es à faire face à cette situation des plus terribles.
Vous pouvez aussi partager cet article ou le lien de la cagnotte sur vos réseaux personnels (https://www.we-solidaire.com/fr/collecte/soutien-aux-personnes-queers-en-afghanistan).Retour ligne automatiqueRetour ligne automatique
Si vous n'avez pas de l'argent à donner, mais d'autres idées sur comment on peut en trouver ou comment nous aider, hésitez pas à nous contacter (en français, farsi, anglais, español) sur : solidarityqueerafgh chez riseup.net
Et notre Instagram ;) https://www.instagram.com/entraide_queer_afghanistan/?utm_source=ig_web_button_share_sheet
Que vive la solidarité internationale, que vive la solidarité queer
Appel à actions contre l'industrie minière
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l'importance de ses fondations : les sous-sols.
Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d'Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu'aux fonds marins et l'Antarctique, à la recherche de minerais aux noms insolites (lithium, cobalt, tungstène, beryllium, etc). Des milliardaires, comme Elon Musk pour le plus connu, investissent dans l'aérospatial afin de prospecter des gisements cosmiques. Ici-bas, sur Terre, la démesure du pillage capitaliste et patriarcal approfondit ses ravages. Les mines entraînent guerres , vols, viols, maladies, pollutions et travail de forçat dans les espaces colonisés comme au Congo, en Indonésie ou en Amérique du Sud. À cet impérialisme s'ajoute l'exploitation intra-muros, alors que la vieille Europe recommence à accueillir la voracité minière à bras ouverts. Que ce soit à Jadar en Serbie ou au Portugal avec le site de Covas do Barosso, en passant par le très médiatisé projet Emili au cœur de la France métropolitaine, et… l'Ukraine, les mêmes logiques de sacrifice des territoires et des populations sont à l'œuvre. Ces dernières continuant de subir la dépossession, la répression et la mise au silence. Les pouvoirs d'états à travers l'USGS, le BRGM et autres centres de recherche et les financeurs (Union Européenne, BPI, actionnaires comme Glencore) provoquent ainsi de nouvelles guerres, de nouvelles dévastations, afin de siphonner les matières fossiles et minérales des sous-sols.
La mondialisation de l'extractivisme est en cours mais ses horreurs ne se font pas sans opposition. Des luttes acharnées se mènent en Laponie, au Canada, en Kanaky, au Sahara, en France, en Grèce, en Allemagne, pour conserver l'eau, la terre. Pour survivre. Des projets sont contestés, retardés, certains sont abandonnés. Face à l'ampleur de la dévastation, n'oublions pas notre force collective.
Nous croyons ce système faillible, que sa subversion est possible.
Nous voulons le saper à sa base. Grâce à l'imagination, l'inspiration, l'audace !
Partout où ce message circulera, que ces deux mois (Février-Mars 2027) soient semés d'actions autonomes et diverses contre les entreprises minières et ceux qui collaborent avec elles.
Bien appliquées, de petites forces peuvent devenir de grandes menaces.
Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
Le dimanche 6 septembre à Rostrenen à partir de 12h30 : pasta antifa : repas à prix libre suivi d'une discussion, infokiosque ...
La tradition des pâtes antifascistes est un chapitre très important dans l'histoire populaire italienne : le 25 Juillet 1943, jour de la destitution de Mussolini, la famille Cervi décide de fêter la fin de la dictature en cuisinant 380 kg de cet aliment traditionnel italien, pour ensuite les distribuer à tout leur voisinage.
Ce menu était loin d'être anodin, car les pâtes étaient décriées par les fascistes, par exemple par le voix du futuriste Marinetti affirmant que cet aliment freinait la combativité et engendrait « faiblesse, pessimisme, oisiveté, nostalgie et manque de passion » chez les italiens. Pour les fascistes d'alors, elles étaient considérées comme une nourriture peu nutritionnelle, passéiste et non-patriotique, notamment car dépendante des marchés étrangers, contrairement au riz dont la culture dans le nord du pays était soutenue par Mussolini. Le régime fasciste a ainsi mené un combat culturel et économique contre les pâtes qui ont été et sont toujours un symbole d'identité collective. Par ce chariot de pâtes, la famille Cervi a transformé un aliment interdit en un symbole de liberté, de partage et d'insurrection contre la répression du régime.
En pensant à ce geste politique fort, nous avons envie de nous rassembler à Rostrenen le 6 septembre autour d'une assiette de pâtes antifasciste pour reprendre nos libertés, parler d'antifascisme, de politique et des moyens de luttes collectives. Plusieurs stands, collectifs et infokiosques seront présents lors de cette journée.
Pour vous faire patienter pendant l'été, le collectif Habiter & Lutter à Brest a produit une première cartographie des arrêtés « portant autorisation d'installer et exploiter un système de vidéoprotection » publiés par la préfecture du Finistère en une année.
Entre le 26 juin 2025 et le 25 juin 2026, 906 de ces arrêtés ont été recensés grâce à l'Automate de Traque de Termes et de Recherche dans les Arrêtés Préfectoraux développé par les camarades de la Quadrature du Net.
Que ces systèmes de vidéosurveillance soient publics ou privés, extérieurs ou intérieurs, sur voie publique ou non, chacun de ces arrêtés indique dans leur article 9 : « L'accès aux images et enregistrements du système de vidéoprotection est ouvert aux agents des services de la police nationale et de la gendarmerie nationale ».
Chaque point représente un arrêté autorisant un demandeur (état, collectivités, entreprises publiques ou privées) à installer et exploiter un système de vidéosurveillance sur un établissement - ou une zone dans certains cas - défini comme « un lieu ouvert au public particulièrement exposé à des risques »[sic].
Selon nos calculs - et sans rentrer dans les détails qui feront l'objet de publications futures - 7856 caméras ont été autorisées pendant cette période sur 151 communes.
Chaque point détaille l'établissement concerné, le nombre de caméras (quand cela est spécifié), le responsable du système (maire, président, directeur·rice de sécurité, patron...), l'adresse (aussi imprécise soit-elle), le délai maximal de conservation des images (de 5 à 30 jours) tels que décrits dans les arrêtés publiés par la préfecture.
Pourquoi cette carte et comment l'utiliser ?Le but initial de cette carte, qui est amenée à évoluer, c'est de faire prendre conscience de l'étendue géographique de la vidéosurveillance sur le territoire d'un département, que ce soit en zone urbaine, périphérique ou rurale.
Elle peut également servir de base de préparation pour des cartoparties afin d'alimenter les bases et cartographies existantes telles que le site international Surveillance under Surveillance.
Le but de cette carte n'est pas de recenser avec exactitude les caméras présentes sur le territoire finistérien. Et cela pour plusieurs raisons :
- la géolocalisation est imprécise et basée sur les informations approximatives que la préfecture veut bien lâcher,
- autorisation d'installation ne signifie pas installation et exploitation effective et vice versa. Certaines caméras sont par exemple installées avant autorisation. D'autres caméras autorisées ne sont pas encore installées. Enfin certaines caméras sont et resteront installées sans aucune forme d'autorisation,
- la carte, dans sa version actuelle, ne recense que les arrêtées de l'année passée. Les autorisations étant accordées pour une période de 5 ans, il faudrait reprendre ce travail pour les 4 précédentes années.
On vous invite à vous rapprocher des collectifs existants, des associations de quartier sur vos territoires ou à en créer, à enrichir les cartes existantes de manière individuelle ou collective en participant aux cartoparties proposées, à interroger vos élu·e·s...
Le collectif Habiter & Lutter à Brest
habiteretlutterabrest chez systemli.org
Février 2026 : Habiter & Lutter à Brest - Lutter contre la vidéosurveillance / Reprendre la ville
Mars 2026 : Réponses aux candidat·es au sujet de la Police Municipale à Brest
Mai 2026 : Le premier flic, le sous-pref' et les racelards : vidéosurveillance à Brest
Le collectif Habiter & Lutter à Brest n'a pas de site web mais annonce les évènements où vous pouvez nous rencontrer sur les 2 agendas locaux Bourrasque Info et Mon Petit Ponant.
Nous ne nous réunissons pas de manière régulière mais vous pouvez nous écrire à habiteretlutterabrest chez systemli.org.
Quand ?
Le 26 septembre de 15h à 22h
Où ?
Salle Olympe de Gouges 15 rue Merlin, 75011, Paris, France
L'association ACRIMED - Action Critique Médias fête ses 30 ans !
Avec Rima Hassan, Serge Halimi, Monique Pinçon-Charlot, Sandrine Rousseau, Lumi, Sophie Taillé-Polian, Ugo Palheta, Samuel Gontier, Sébastien Fontenelle, Sylvie Tissot...
Un village associatif et de médias indépendants avec Attac, Blast, Agone, AJAR, AMD, Arrêt sur images, Au Poste, Basta, Fred Sochard, Orient XXI, Profession Pigiste, SNJ, SNJ-CGT, Visa...
Rendez-vous le 26 septembre. Infos et programme complet à venir sur la Page Facebook
Quand ?
Le 17 septembre de 20h à 22h45
Où ?
Salle François Molé Place Firmin Gémier - Patrick Devedjan, 92160, Antony, France
Par Mathieu Dalmais, agronome, un des concepteurs de la Sécurité sociale alimentaire, pour l'accès à une alimentation saine et de qualité pour toustes, et le soutien à une agriculture durable.
Organisée par le Amis de la Terre du Val de Bièvre et Transition écologique Chatenay-Malabry.
inscription souhaitable ici
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en experimentation pendant les rencontres à l'antenne 3-7 septembre 2026
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Sommaire Une séquence politique instrumentalisée au service d'idéaux réactionnaires Plus de policiers, toujours plus de policiers Les quartiers sous surveillance permanente Qui sont les quartiers ciblés ? Un bouc émissaire commode Des exemples concrets montrant que la répression policière ne permet pas d'apaiser les tensions La précarisation de la société par notre gouvernement mène à cette crise
Le scénario souvent le même : une fusillade éclate, l'indignation médiatique s'emballe, les responsables politiques se succèdent au micro pour promettre fermeté et moyens supplémentaires, notamment pour la police, et le cycle recommence quelques semaines plus tard. Cette répétition devrait, à elle seule, alerter : quand une politique produit inlassablement les mêmes échecs, il devient difficile d'y voir autre chose qu'un choix idéologique plutôt que stratégique.
Bien que cette situation soit complexe et relève de différentes échelles, du narcotrafic au simple dealer de rue, tout en touchant directement les habitant·es de certains quartiers, l'augmentation des moyens policiers mérite un regard critique. Loin de répondre aux enjeux du trafic de drogue, elle s'apparente, dans certains cas, à une véritable mise en siège des quartiers populaires concernés. Cette réponse politique se veut spectaculaire, calibrée pour rassurer une opinion publique inquiète, bien plus que pour s'attaquer aux causes réelles du phénomène.
La séquence actuelle de fusillades en lien avec le trafic de drogue a débuté le vendredi 21 août, lorsque deux individus ont tirés sur le commissariat Démosthène à Anderlecht. Ensuite 5 fusillades ont eu lieu entre le samedi 22 août et le mardi 25 août, principalement dans la commune de Saint-Gilles. Celles-ci ont été traumatisantes pour les personnes qui se trouvaient à proximité et les habitant.es des quartiers concernés. Une séquence politique instrumentalisée au service d'idéaux réactionnaires Très vite, ces incidents ont fait réagir le monde politique belge, menant ainsi les différents bourgmestres, ministres ou encore chefs de corps de zone de police à se renvoyer la balle sur leurs responsabilités en lien avec cette séquence de fusillades. Les déclarations dans la presse successives ont cependant menées à un consensus sur un point, qu'importe le bord politique : l'augmentation des moyens policiers et répressifs serait la clé pour garantir la sécurité des citoyens contre la criminalité occasionnée par le trafic de drogue.
« Il faut, ce qu'on appelle dans le langage policier, noyer le terrain avec du bleu et avec du noir » Bernard Quintin
Au-delà des prises de position des responsables politiques, cette séquence a également donné du grain à moudre à la droite et à l'extrême droite, tant francophones que néerlandophones. Celles-ci ont profité de ces fusillades pour renforcer des discours racistes et sécuritaires, en assimilant les quartiers touchés à des espaces de criminalité généralisée et leurs habitant·es à une menace. Plutôt que de s'attaquer aux réseaux, aux logiques économiques du narcotrafic et aux inégalités qui traversent Bruxelles, ces discours légitiment une surveillance accrue, des contrôles ciblés et une criminalisation toujours plus forte des populations déjà marginalisées.
C'est par exemple le cas du ministre président de la Région Bruxelles capitale, Boris Dilliès (MR), qui déclarait notamment que la surveillance des « quartiers les plus sensibles » en permanence par des drones de police serait une solution crédible. Plus de policiers, toujours plus de policiers Pour contrer les fusillades, le Conseil régional de sécurité a présenté mercredi 26 août une série de mesure pour « contenir les effets du narcotrafic à Bruxelles ».
Ce conseil a permis l'envoi de 40 policiers fédéraux en Région de Bruxelles capitale ainsi que le déploiement de 20 caméras mobiles dans des quartiers jugés comme sensibles. Boris Dilliès a également déclaré que la mise en place de couvre-feu dans certains quartiers était une éventualité. Une mesure qui, en pratique, punit collectivement l'ensemble des habitant·es d'un quartier, et qui n'a jamais fait la preuve de son efficacité contre des réseaux de trafic de drogue structurés.
« On est clairement dans une guerre de territoire » Bernard Quintin
A ces moyens supplémentaires s'ajoute le renforcement de de brigades de police de différentes zones de police bruxelloises en soutien à la zone « Bruxelles-midi ».
Cette présence renforcée ne se limite pas à l'arrivée de nouveaux effectifs, elle se traduit aussi par une occupation toujours plus visible de l'espace public par les brigades policières déjà présentes, transformant les quartiers concernés en territoires placés sous surveillance permanente.
Cette logique s'est encore illustrée le 28 août dernier, lorsqu'une « vaste opération anti-drogue » a mobilisé pas moins de 550 policiers et militaires dans différentes stations bruxelloises, un déploiement qui illustre bien la fuite en avant sécuritaire à l'œuvre : plus de policiers, plus de contrôles, plus de caméras, mais toujours la même absence de remise en question du modèle lui-même. On ne compte plus les vagues d'opérations « exceptionnelles » qui, année après année, redeviennent la norme sans jamais endiguer réellemment le problème ni permettre la sécurité des habitant.es de ces quartiers. Les quartiers sous surveillance permanente L'augmentation de la présence policière dans les quartiers concernés ne permet pas uniquement de répondre aux fusillades, elle participe également à l'installation d'un climat de tension permanente. En renforçant la présence policière et militaire, la vidéosurveillance et en démultipliant les contrôles, les habitant·es de ces quartiers deviennent doublement victimes de cette situation. Ils et elles sont à la fois les premières victimes des fusillades, mais aussi de la tension produite par ces formes de mise en siège policière, qui augmentent inévitablement le risque de contrôles au faciès et de violence policière sur des populations qui très souvent ne se sentent pas en sécurité quand elles sont au contact direct de la police.
Plus largement, ces politiques répressives ciblent de manière disproportionnée des populations déjà vulnérables et des minorités, ce qui participe à la criminalisation de certaines communautés et renforce les discriminations. La couverture médiatique et politique des fusillades bruxelloises, qui insiste sur la « guerre des gangs » et la « montée de la violence urbaine », n interroge pas le rôle des politiques d'abandon, du désinvestissement chronique dans l'éducation et les infrastructures publiques, ou de la précarisation croissante des jeunes de ces quartiers, autant de facteurs qui rendent le trafic de drogue attractif. Qui sont les quartiers ciblés ? Pour illustrer ce phénomène de contrôle politique et policier sur différents quartiers populaires Bruxellois, il est intéressant d'observer la répartition du niveau de revenus en fonction de la localisation des zones privilégiées par les forces de l'ordre dans la lutte contre le trafic de drogue. Au moment où cette cartographie a été produite, les forces de police bruxelloises mettaient en avant 17 « hotspots prioritaires », ou, 17 quartiers privilégiés dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue.
Cette cartographie dont la teinte de couleur « jaune » augmente à mesure que le niveau de revenu annuel diminue, est particulièrement parlante : l'ensemble des quartiers concernés par ces mesures policières possèdent les niveaux de revenus les plus faibles de la Région Bruxelles capitale. Aucun hotspot prioritaire dans les quartiers les plus aisés de la capitale, alors même que la consommation de cocaïne, par exemple, y est loin d'être absente. Un bouc émissaire commode Un autre ressort, récurrent, structure le discours politique autour de cette crise : le lien systématiquement établi entre immigration, en particulier « irrégulière », et trafic de drogue. Le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, a par exemple attribué une partie du problème au fait que des personnes en situation irrégulière arrêtées pour trafic soient ensuite relâchées par l'Office des étrangers, y voyant la preuve que les réseaux criminels disposeraient ainsi d'une « main-d'œuvre gigantesque ». Le bourgmestre de Saint-Gilles, Jean Spinette (PS), a de son côté explicitement mis en cause la politique fédérale d'accueil des migrants dans ses prises de parole publiques. Plusieurs médias, dont certains ouvertement classés à l'extrême droite, ont même titré directement sur des « fusillades liées aux migrants ».
Cet argumentaire confond d'abord, deux catégories : le statut administratif d'une personne (avoir ou non un titre de séjour) et son implication, réelle ou supposée, dans un trafic. Que des personnes sans papiers se retrouvent surreprésentées dans les mailles les plus visibles et les plus exposées du trafic, n'a rien d'étonnant : ce sont les populations les plus précarisées, les plus exclues du marché du travail légal et les plus vulnérables à l'exploitation par des réseaux organisés qui occupent ces postes à haut risque et à faible profit.
Présenter cette surreprésentation comme la cause du trafic, plutôt que comme l'un de ses symptômes, revient à inverser la relation de causalité : ce n'est pas l'immigration qui produit le narcotrafic, c'est l'absence de statut légal, de droit au travail et de perspectives d'insertion qui rend certaines personnes plus disponibles pour occuper les échelons les plus exposés d'une économie criminelle qui, elle, préexiste largement à toute question migratoire.
Cet amalgame n'est du reste pas nouveau : il reprend une mécanique bien identifiée par la recherche sur les politiques de drogues, qui montre que les discours prohibitionnistes ont historiquement ciblé de façon disproportionnée des minorités et des populations déjà marginalisées, participant ainsi à la fois à leur criminalisation et au renforcement des discriminations à leur égard. Des exemples concrets montrant que la répression policière ne permet pas d'apaiser les tensions Cette instrumentalisation politique n'est pas propre à la Belgique. En France, le parallèle avec le plan « Place nette XXL » lancé dans les Bouches-du-Rhône, autour de Marseille, est particulièrement éclairant. Présenté comme une opération de « reconquête » des « quartiers de la drogue », il s'est traduit par des centaines d'arrestations et de saisies dans des cités comme la Castellane.
Pourtant, plusieurs habitant·es et élu·es locaux ont dénoncé une opération qui aurait fait plus de morts que le trafic lui-même, sans jamais parvenir à démanteler durablement les réseaux. Ce schéma se répète décennie après décennie à Marseille : des plans toujours plus violents et plus sécuritaires s'enchaînent, sans qu'aucun ne parvienne à résoudre les problématiques liées à la drogue.
Si la méthode échouait une fois, on pourrait y voir un accident de parcours. Qu'elle échoue inlassablement, plan après plan, gouvernement après gouvernement, relève d'autre chose : une politique qui n'est plus évaluée à l'aune de son efficacité, mais de sa seule visibilité médiatique.
Le constat vaut également pour la Belgique : la N-VA, très vocale sur le sujet ces dernières semaines, dirige la ville d'Anvers, l'un des points d'entrée majeurs de la cocaïne en Europe via son port, et depuis de nombreuses années, sans qu'aucune des mesures répressives mises en place n'ait réussi à enrayer le trafic.
Les mêmes partis qui, dans l'opposition ou depuis d'autres majorités, exigent toujours plus de fermeté, sont précisément ceux qui, là où ils exercent le pouvoir depuis le plus longtemps, n'ont rien pu, ou rien voulu, changer structurellement. La rhétorique sécuritaire semble ainsi moins destinée à résoudre le problème qu'à occuper le terrain politique. La précarisation de la société par notre gouvernement mène à cette crise Mise bout à bout, cette séquence dessine moins une politique de sécurité qu'un mécanisme qui s'auto-alimente. La progression continue de la violence liée au trafic, malgré des années d'intensification des moyens policiers, devrait suffire à elle seule à interroger sérieusement l'efficacité du tout-répressif. Elle sert au contraire, systématiquement, à justifier encore davantage de répression. C'est là tout le paradoxe d'une politique qui ne se corrige jamais : chaque échec devient l'argument pour redoubler d'efforts dans la même direction, plutôt que le signal qu'il faudrait en changer.
En parallèlle à cet investissement massif dans la machine répressive, le pouvoir régional bruxellois a décidé de supprimer les subsides d'aux moins 14 associations de prévention de risques liés à la consommation de drogue. C'est le cas de Modus Vivendi par exemple, qui a appris en juillet dernier que les services de drug checking et la centrale régionale d'achat de matériel stérile seraient supprimés dès janvier 2027.
« On ne peut pas prétendre améliorer la sécurité publique tout en supprimant les dispositifs qui permettent de prévenir les overdoses, les contaminations et les risques sanitaires. Cette décision est incompréhensible . » Catherine Van Huyck
Ce mécanisme ne fonctionne que parce qu'il s'accompagne, à chaque étape, d'un même tour de passe-passe : le déplacement de la responsabilité. Un déplacement vers les habitant·es des quartiers populaires, sommé·es d'accepter drones, couvre-feux et contrôles au faciès en échange d'une sécurité qui, année après année, ne vient jamais.
Un déplacement vers les personnes migrantes ou sans papiers, érigées en coupables d'un phénomène économique et social qui les précède largement.
Un déplacement, enfin, vers la « fermeté » comme horizon indépassable, qui dispense les responsables politiques d'avoir à rendre des comptes sur ce qu'ils n'ont, eux, jamais mis en œuvre : des moyens judiciaires à la hauteur, un investissement réel dans l'éducation et l'insertion des quartiers concernés, ou simplement l'examen honnête de ce que la recherche documente depuis des décennies sur l'inefficacité du tout-répressif. Ce sont des choix politiques, mis en place depuis des années, par des gouvernements successifs de tous bords qui cachent une soif de contrôle politique et policier sur certains quartiers bruxellois.
L'article Analyse critique de la répression autour des fusillades et du trafic de drogue est apparu en premier sur Bruxelles Dévie – Média indépendant bruxellois .
📚 Présentation du livre 'Lo sfruttamento della razza' avec Oiza Q. Obasuyi, débat à suivre (IT&FR)
(FR, IT qui sotto)
Racisme systémique, migrations et droits : ouvrir un espace de réflexion
Le CASI-UO, Incendiarie, Piola Libri et Info4Migrants vous invitent le 23 septembre au 198, rue de Mérode pour la présentation du livre Lo sfruttamento della razza d'Oiza Q. Obasuyi, et pour ouvrir ensemble un espace de réflexion autour des formes contemporaines du racisme systémique en Italie et de leurs liens avec le contexte belge.
À partir de son livre, Oiza Q. Obasuyi dialoguera avec Youssef Moukrim d'Info4Migrants autour de la race en tant que construction sociale, de l'exploitation du travail, des permis de séjour et de la différenciation des droits, de la citoyenneté, de la liberté de circulation et du profilage racial. Un échange qui permettra également d'interroger les différences et les liens entre l'Italie et la Belgique, notamment à travers les questions du colonialisme, des migrations et du racisme.
La soirée sera aussi l'occasion de parler d'une migration encore trop peu racontée : celle des personnes racisées qui quittent l'Italie.
Après le dialogue et un temps consacré aux questions du public, nous clôturerons la soirée par une assemblée collective : un moment pour partager idées, réflexions et envies, et réfléchir ensemble à la manière de faire vivre la dynamique initiée par cette rencontre, en construisant à Bruxelles un espace durable de réflexion, de solidarité et d'action.
L'événement se déroulera en italien, avec traduction simultanée en français.
📍 Local du CASI-UO et d'Incendiarie, rue de Mérode 198, 1060 Saint-Gilles
📅 Mercredi 23 septembre
🕕 Ouverture des portes : 18h | Début : 18h30
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(IT)
Razzismo sistemico, migrazioni e diritti : aprire uno spazio di confronto
Il CASI-UO, Incendiarie, Piola Libri e Info4Migrants vi invita il 23 settembre nel locale di Rue de Mérode 198 per la presentazione del libro Lo sfruttamento della razza di Oiza Q. Obasuyi, e per aprire insieme uno spazio di riflessione sulle forme contemporanee del razzismo sistemico in Italia e sulle loro connessioni con il contesto belga.
A partire dal libro, Oiza Q. Obasuyi dialogherà con Youssef Moukrim di Info4Migrant su razza come costruzione sociale, sfruttamento del lavoro, permessi di soggiorno e differenziazione dei diritti, cittadinanza, libertà di movimento e profilazione razziale. Un confronto che permetterà di interrogarsi anche sulle differenze e sulle connessioni tra Italia e Belgio, tra colonialismo, migrazioni e razzismo.
La serata sarà anche un'occasione per parlare di una migrazione ancora poco raccontata : quella delle persone razzializzate che lasciano l'Italia.
Dopo il dialogo e uno spazio dedicato alle domande del pubblico, chiuderemo la serata con un'assemblea collettiva : un momento per condividere idee, riflessioni, desideri e capire come dare continuità a questo incontro, costruendo uno spazio stabile di confronto, solidarietà e azione.
L'evento sarà in italiano con traduzione simultanea in francese.
📍 Locale del CASI-UO e di Incendiarie, Rue de Mérode 198, 1060 Saint-Gilles
📅 Mercoledì 23 settembre
🕕 Apertura porte : 18:00 | Inizio : 18:30
Chaque course peut être la dernière : un accident, un contrôle, un compte bloqué. À Bruxelles, Abdellah, livreur de repas à domicile, affronte les dangers d'un travail à la fois précaire et nécessaire pour s'en sortir. Entre exil politique, survie économique et engagement dans des collectifs, son parcours révèle l'exploitation au coeur du capitalisme de plateforme et le combat des livreurs pour défendre leurs droits et leur dignité.
La projection sera suivie d'une discussion avec le réalisateur Maxime Kouvaras, ainsi que deux protagonistes du film : Abdellah et Camille.
Infos pratiques :
Le jeudi 8 octobre de 18h30 à 20h30
Cinéma Vendôme — 18 Chaussée de Wavre — 1050 Ixelles Entrée à prix libre et sur réservationRéponse à quelques arguments courants en faveur de l’intelligence artificielle générative
Le 1er décembre 2025, l’Atelier d’écologie politique de Toulouse lançait un manifeste, aussitôt signé massivement par des membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN) déclarant adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’IA générative (IAg) dans leurs institutions. Le manifeste, que nous vous incitons à signer, justifie cette position par trois considérations majeures : le gouffre énergétique et matériel qu’implique le développement de l’IA, et dans le contexte de crise climatique, son caractère écocidaire ; les désastres sociaux, géopolitiques, économiques qu’engendre cet accélérateur des infrastructures industrielles ; enfin le futur dystopique (désinformation, dépendance, attaques contre la démocratie…) que nous promettent les mégafirmes aux commandes du développement de l’IA. Depuis le lancement de ce manifeste, l’Atecopol (Atelier d’Écologie Politique de Toulouse) s’est lancé dans un travail politique et pédagogique non seulement remarquable mais absolument indispensable. Nous n’entrevoyons qu’une minime partie des conséquences que pourrait avoir l’éclatement de la bulle financière liée à l’IA, mais les manifestations du réchauffement climatique – qu’accélèrent à une vitesse inouïe les data centers nécessaires à l’IA – sont, cet été, d’ores et déjà très concrètes. C’est ce qui nous amène à reproduire, avec son autorisation, l’argumentaire détaillé produit par l’Atecopol. Comprenant 12 réponses à des objections entendues régulièrement (au-delà de la cantine ou de la salle des profs), il constitue un outil précieux pour mener le combat contre l’adhésion à toutes sortes de mythes et de mensonges. Il contribue aussi et surtout à construire un autre imaginaire politique, à dessiner un monde différent que celui que nous promet l’IA : entreprise à laquelle le Collectif Les mots sont importants s’associe pleinement.
Le 1er décembre 2025, l’Atelier d’écologie politique de Toulouse lançait un manifeste, aussitôt signé massivement par des membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN) déclarant adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’IA générative (IAg) dans leurs institutions. Le manifeste, que nous vous incitons à signer, justifie cette position par trois considérations majeures : le gouffre énergétique et matériel qu’implique le développement de l’IA, et dans le contexte de crise climatique, son caractère écocidaire ; les désastres sociaux, géopolitiques, économiques qu’engendre cet accélérateur des infrastructures industrielles ; enfin le futur dystopique (désinformation, dépendance, attaques contre la démocratie…) que nous promettent les mégafirmes aux commandes du développement de l’IA. Depuis le lancement de ce manifeste, l’Atecopol (Atelier d’Écologie Politique de Toulouse) s’est lancé dans un travail politique et pédagogique non seulement remarquable mais absolument indispensable. Nous n’entrevoyons qu’une minime partie des conséquences que pourrait avoir l’éclatement de la bulle financière liée à l’IA, mais les manifestations du réchauffement climatique – qu’accélèrent à une vitesse inouïe les data centers nécessaires à l’IA – sont, cet été, d’ores et déjà très concrètes. C’est ce qui nous amène à reproduire, avec son autorisation, l’argumentaire détaillé produit par l’Atecopol. Comprenant 12 réponses à des objections entendues régulièrement (au-delà de la cantine ou de la salle des profs), il constitue un outil précieux pour mener le combat contre l’adhésion à toutes sortes de mythes et de mensonges. Il contribue aussi et surtout à construire un autre imaginaire politique, à dessiner un monde différent que celui que nous promet l’IA : entreprise à laquelle le Collectif Les mots sont importants s’associe pleinement.
Lire le contre argumentaire précédent
Réponse courte : objecter ce n’est pas déserter, et ce n’est pas non plus une stratégie individualiste ; c’est pour nous un moyen de garder sa liberté de réflexion et d’organisation collective, face aux injonctions et autres arguments d’inéluctabilité.
La publication du Manifeste a entraîné plusieurs réactions critiques, dont certaines émanent de personnes qui nourrissent également des inquiétudes vis-à-vis de l’IAg telle qu’elle se développe aujourd’hui, c’est-à-dire selon les projets des acteurs de la Big Tech. Plusieurs critiques reprochent ainsi au Manifeste (et à son addendum) de se méprendre sur la nature de l’IAg, suggérant que dans des conditions économiques différentes (une IAg qui ne soit pas aux mains des Big Tech) et moyennant quelques innovations technologiques (une « IAg frugale »), cette technologie pourrait être un vecteur d’émancipation collective (pour les versions ayant un penchant accélérationiste) ou tout simplement utile (pour les versions moins idéologiques). A ce titre, elles critiquent la stratégie du manifeste articulée autour de la notion d’objection de conscience (OdC) face à l’IAg, au motif que celle-ci conduirait à « en abandonner le contrôle au capitalisme ».
D’autres voix critiques – par exemples issues des syndicats – disent se reconnaître pleinement dans les arguments que développe le manifeste pour motiver une résistance à l’IAg dans l’éducation nationale (EN) et l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR), mais jugent que l’OdC s’apparente à une approche individualiste du problème, incapable de contribuer à une transformation radicale de nos institutions et à un changement politique au sein de la société.
Que ce soit donc pour réorienter l’innovation technologique majeure que représente l’IAg vers des voies plus souhaitables que celles promues par la Big Tech, pour « désarmer l’IA » ou pour dépasser le capitalisme, la stratégie qui sous-tend le manifeste ferait, selon ces critiques, fausse route.
C’est à ces différentes critiques que ce paragraphe entend répondre. Pour ce faire, commençons par dissiper d’éventuels malentendus et précisons ce que l’OdC à l’IAg n’est pas.
Objecter n’est pas déserter : c’est probablement parce que l’OdC s’est la plupart du temps manifestée dans des contextes graves et dramatiques sous la forme d’un refus de faire la guerre, qui a pu se traduire pour certain.es objecteur.ices par un acte de désertion, que plusieurs critiques ont considéré que nous invitions à déserter la bataille culturelle qui se mène autour de cette technologie. Pourtant, comme l’a expliqué Guillaume Carbou, l’un des co-auteurs du Manifeste, dans un texte de réponse à ces critiques, cette lecture « prête une intention au Manifeste qui n’y est pas du tout affichée, à savoir celle de se retirer du débat politique par une simple attitude de ‘non usage’ individuel et puriste. Bien au contraire, le manifeste indique clairement que l’enjeu est d’ouvrir des espaces de débat et d’action à propos de la place et du rôle de nos institutions face à l’IA générative et à la numérisation du monde en général. » Concrètement, les co-auteur·ices du Manifeste n’ont jamais été aussi acti·f·ves sur ce sujet, sollicité.es et mobilisé·es dans leur institutions que depuis sa publication.
L’objection de conscience à l’IAg n’est pas une stratégie. L’OdC est une posture qui affirme et visibilise un désaccord avec la tendance générale de déploiement de ces technologies que l’on peut observer dans l’ESR et l’EN – celle-ci prenant parfois la forme d’une injonction à « monter dans le train » de l’IA – en revendiquant un non-usage. Cette posture ne saurait constituer une stratégie dans la mesure où il n’a jamais été envisagé qu’une somme de non-usages individuels puisse endiguer le développement de l’IAg dans nos institutions (et encore moins éroder efficacement les structures du technocapitalisme). Dit autrement, et comme nous l’avons écrit en divers endroits, la posture d’OdC à l’IAg n’est pas une fin, mais un moyen. Si cette posture relève à l’évidence d’un choix personnel et d’une pratique individuelle, ce refus individuel ne s’inscrit pas dans une approche individualiste. En effet, cette posture ne prend sens que dans la mesure où elle traduit une volonté de résistance à l’imposition de ces technologies, celle-ci se matérialisant dans des actions collectives qui ne se cantonnent pas au non-usage.
Tentons maintenant de définir la posture d’OdC à l’IAg. Et d’abord, pourquoi avoir adopté et proposé cette posture ? La position d’OdC constitue l’aboutissement d’un processus de réflexion, qui s’inscrit dans la continuité de la critique de la numérisation de l’éducation : nous critiquons le recours non questionné aux formats numériques d’enseignement et l’accueil enthousiaste fait aux innovations numériques comme autant d’innovations pédagogiques qui seraient nécessairement porteuses d’un progrès. L’arrivée de l’IAg dans le monde de l’enseignement a réactivé et amplifié les raisons qui présidaient à cette critique. Nous, co-auteur·ices du Manifeste avions conscience que le déploiement de ces technologies dans le monde de l’enseignement (et plus largement dans d’autres sphères sociales), allaient provoquer d’immenses dégâts humains, sociaux et environnementaux. Nous avons alors ressenti un profond malaise face aux discours dominants, qui mêlaient enthousiasme, fascination et résignation, mais convergeaient tous vers une invitation, voire une injonction, à intégrer l’IAg dans nos métiers. Ainsi, alors qu’un bouleversement majeur se produisait, nous étions réduit·es à une position d’impuissance et de résignation car – cela était répété à l’envie – « qu’on le veuille ou non, l’IA est là, il faut s’adapter ». La seule alternative à une participation active au processus de déploiement des IAg étant d’être un spectateur impuissant, mis hors-jeu.
Face à ce dilemme apparent et aux discours qui brandissaient l’argument de l’inéluctabilité dès lors que l’on pointait les lourds problèmes associés à ces technologies, la position d’Objection de Conscience nous a semblé être la seule tenable.
Exprimer son OdC est d’abord un moyen pour retrouver une liberté de penser et une liberté de parole. En assumant et en affichant cette position de désaccord, on participe à l’émergence d’une communauté qui partage tout à la fois un profond malaise face à la dynamique de déploiement de l’IAg et une volonté de ne pas s’y résigner. Cela nous a paru être une première étape nécessaire pour envisager des actions collectives, qui auront pour objectif de résister à la vague sans se couper des réalités sociales, dans l’ESR, l’EN et ailleurs : oui l’IAg existe et est utilisée par les étudiant·es et les personnels, oui elle est (en partie) là, mais ce n’est pas une raison pour simplement accompagner le mouvement.
En effet, nous vivons actuellement un moment singulier où ces technologies sont sur le point de profondément modifier de nombreuses pratiques sociales, mais où ces changements sont en train de se faire. Il est aujourd’hui parfaitement possible d’infléchir les trajectoires de déploiement de l’IAg dans l’ESR et l’EN, avant qu’elle ne devienne ancrée dans les usages et les habitudes. Ainsi, au lieu d’en accélérer le « bon usage », comme nous y invite la tendance actuelle, il paraît plus urgent de borner et de limiter drastiquement son emploi, d’en interdire l’utilisation pour des activités jugées clés (l’interdiction de l’usage de l’IAg pour la rédaction d’un mémoire de thèse ou pour la production d’un rapport de thèse n’est par exemple, à notre connaissance, pas encore intégrée dans les chartes des écoles doctorales), développer des formations aux risques que représentent ces technologies (voir la section « Que dire aux étudiant.es ? »), etc. Il s’agit là d’objectifs encore parfaitement atteignables aujourd’hui, pour peu que l’on s’accorde sur le fait qu’ils sont désirables, ce qu’entend affirmer la posture d’OdC.
https://lmsi.net/Oui-mais-moi-j-utilise-de-temps-en-temps-ChatGPT-ou-DeepL-donc-je-ne-me-sens
Appel à construire une force populaire

A présent, la catastrophe est là. Et les plus fragiles d’entre nous tombent en premier :
Plus de 7 300 mort·es dans les canicules de cet été, selon un bilan encore provisoire : des personnes âgées, en situation de handicap, des familles précaires dans des logements où l’on étouffe, celleux qui travaillent dehors, ou qui dorment dans la rue. Des paysan·nes regardent leurs champs brûlés, leurs récoltes perdues, leurs troupeaux en difficulté. Des infirmièr·es tiennent à bout de bras des hôpitaux qui suffoquent. Des pompièr·es affrontent des méga-feux devenus la norme, et on leur refuse jusqu’aux moyens de nous protéger.
Face à cela, que font Macron et ses gouvernements ?
Ils répriment. À chaque mobilisation, une seule réponse, toujours la même : plus de police, de prisons, de surveillance et moins de droits, de libertés. Une logique répressive, autoritaire et raciste. Un permis de tuer offert aux forces « de l’ordre » pendant qu’on ampute les moyens de la sécurité civile, du soin et de la transition. Ils choisissent la fuite en avant : Loi « d’urgence » agricole pour autoriser une fois de plus les insecticides tueurs de biodiversité, installer des méga-bassines et des méga-fermes, pour une poignée d’agriculteurs industriels. Asphyxie budgétaire des services publics utiles et généralisation de l’austérité pour tou.tes, au profit de la course à la guerre et de la militarisation de la société et de l’école. Pendant ce temps, les profits de la caste des ultra-riches, qui fabriquent la catastrophe et en tirent fortune (augmentation des prix de l’énergie, capitalisme «vert»…), sont farouchement protégés.
Alors ne demandons plus, contraignons-les !
N’attendons rien des gouvernements, ni des multinationales : construisons, ensemble, le rapport de force qui les obligera à faire ce qui est nécessaire pour affronter le dérèglement climatique. Pour protéger et soutenir, particulièrement celleux qui sont déjà les plus impacté·es.
Ils voudraient nous maintenir divisé·es séparé·es, chacun·e dans son coin, dans sa colère. Mais c’est le même système qui écrase les quartiers populaires, qui épuise les soignant·es, qui ruine les paysan·nes, qui brûle les forêts et assèche les rivières. Face à ces oppressions systémiques, nos luttes doivent aussi devenir systémiques. Avec une réponse commune : un peuple qui se défend, qui se rassemble largement et qui se lève.
Nous, militant·es, écologistes, féministes, antiracistes, syndicalistes, antivalidistes, mobilisé·es pour l’environnement, les droits, la justice sociale, nous appelons à faire front. Par les assemblées populaires, la grève, les blocages, la désobéissance civile, et les occupations.
Dès la rentrée, faisons converger toutes nos colères.
Le 15 septembre devant le ministère de l’Économie, pour une loi de finances à la hauteur de la crise. Le 26 septembre, marchons partout, pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. A l’issue des manifestations, participons aux centaines d’assemblées. Le 29 septembre, soyons en grève avec toute la fonction publique et les pompièr·es. Le 3 octobre, convergeons dans l’Orne, devant Syngenta, contre les pesticides et pour les vivant·es.
Mobilisons-nous le 20 septembre contre le permis de tuer, les 24 et 25 octobre contre le congrès du rassemblement national à Orléans.
Toutes ces luttes, sont des appuis qui contribuent à construire un rapport de force en mesure de gagner face aux milliardaires, aux multinationales et aux gouvernements et qui nous permettront dans une année d’élections de contrer l’accès des extrêmes droites au pouvoir, facilité par les forces réactionnaires du grand patronat, de la droite et de la macronie.
Faisons grandir tout au long de l’année ce pouvoir populaire.
Partout, appuyons chaque mobilisation, amenons le plus grand nombre à la discussion et à la convergence, faisons vivre des assemblées, occupons des places, des ronds-points et transformons ces lieux en la maison commune de nos luttes. Soutenons-nous les un·es les autres : caisses de solidarité, entraide face à la répression, comme face aux catastrophes.
Faisons naître un véritable pouvoir populaire. Organisons-le, structurons-le, renforçons-le. Et préparons, dès maintenant, la possibilité d’un blocage généralisé du pays.
Faisons du 1er mai 2027 celui du peuple, des opprimé·es et des travailleureuses.
Un 1er mai anticapitaliste, contre l’exploitation, la précarité et la misère. Un 1er mai populaire, pour le climat, le vivant, la paix et les justices sociales. Un 1er mai féministe contre le patriarcat, pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour les droits des personnes LGBTQIA+. Un 1er mai antivalidiste, contre toutes les exclusions. Un 1er mai antifasciste, contre tous les racismes, l’islamophobie, l’antisémitisme, la négrophobie et la rromophobie. Un 1er mai de solidarité internationale, contre les guerres impérialistes, le colonialisme, les génocides…
Le soir de ce 1er mai, à l’issue des manifestations, occupons les places. Et gardons-les jusqu’au soir du second tour de l’élection présidentielle.
Si les extrêmes-droites ou tout autre pouvoir réactionnaire l’emportent, soyons là, ensemble, pour entrer en résistance.
Si une candidature de rupture l’emporte, soyons là pour l’appuyer et la déborder.
Sans un pouvoir populaire, nous ne pourrons lever les freins institutionnels mis en place par Macron et son monde, ni faire respecter les promesses de rupture. Souvenons-nous de 1936 : ce ne sont pas les urnes seules qui ont arraché les congés payés et la semaine de quarante heures, mais les grèves et les occupations qui ont suivi.
Arrachons une vie digne et heureuse pour toutes et tous, dans un monde vivable.
Source : Mediacités Lille
Payant
Source : Médor - Belgique
Source : Jacobin Magazin - Allemagne
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Source : La Brèche
Source : Problematik
Source : Frustration
Vêtements, maquillage, chaussures... pendant près de trois ans, Romy, 26 ans, a multiplié les achats en ligne payés en plusieurs fois, raconte Frustration. Sans se rendre vraiment compte qu'elle s'endettait lentement : à chaque début de mois, son maigre salaire était amputé de 450 €.
Klarna, Alma, Scalapay... La journaliste indé Amina Kalache rappelle le principe de ces services qui se sont démocratisés ces dernières années : « L'acheteur choisit un produit, paie une première partie immédiatement, puis règle le reste en plusieurs échéances. [...] Ce n'est pas un rabais, ni une promotion : c'est une avance. » Ou, comme le qualifie plus clairement l'autrice, un « micro-crédit » avec une dette. Une petite dette, moins « spectaculaire » que des crédits immobiliers ou automobiles, mais une dette quand même. Or, celles-ci risquent de s'accumuler pour des foyers précaires ayant des besoins urgents, ou pour des personnes avec peu d'éducation financière.
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Dans cet article pour Frustration, la journaliste décrit comment les méthodes marketing de ces entreprises ont rendu possible, ou « plus supportable », un achat qui ne le serait pas en un seul paiement en ligne. « Une option qui surgit à la dernière seconde, quelque part entre l'adresse de livraison et la validation du panier. [...] Le génie de cette industrie n'est pas seulement d'avoir fluidifié un service financier. Il est d'avoir déplacé le moment psychologique où l'on consent à la dette. » S'il ne crée pas la précarité, ce système « l'accompagne [...] et parfois l'aggrave », comme le confirme un rapport de la Banque de France cité dans cette analyse.
Source : Meydan TV - Azerbaïdjan
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Source : Frustration
Critique de l'humanitaire et son monde : un texte publié par Terrain Vague - 1er septembre 2026
Comme le travail médical et humanitaire, l'action sociale est de plus en plus confrontée à l' urgence, alors même que l' essence de sa mission d'écoute ou de lien social demande du temps. L'urgence lui impose une réponse rapide face au mal-logement, à l'asile, aux VSS, aux problèmes de santé ou au chômage. Plutôt que de faire taire ces crises qui sont autant de signes de ses défaillances, l'Etat semble préférer les assumer et organiser leur prise en charge, en co-gestion avec le monde associatif. Que cache cette intervention humanitaire providentielle ? Il faut moins y voir une tentative de l'Etat de s'améliorer en continu que d'évacuer les problèmes sociaux structurels en les traitant comme des urgences. Avec l'urgentisation du social, l'Etat a trouvé une manière de relativiser ses failles ; il les noie dans le spectacle du traitement de leurs effets. L'urgence apparaît domestiquée, acceptable et organisée par une gouvernementalité humanitaire s'étendant de l'Etat à l'associatif et alliant délicatement compassion et rationalisation, aide et condition, intégration et exclusion.
NOYER LES CAUSES DANS LES SYMPTÔMES
Pour l'Etat (et celleux qui souhaitent l'améliorer), reconnaître des urgences comme le sans-abrisme, le chômage, l'accueil des exilé-es, les violences faites aux femmes ou aux personnes LGBT+ permet de déplacer l'attention des causes vers les symptômes de l'urgence. Plusieurs tactiques de décentrage et donc de déresponsabilisation sont alors à l'oeuvre :
1.SPECTACULARISER
La mise en spectacle de la violence et de la prise en charge des inégalités et des crises sociales occultent leurs origines que sont le travail, le capitalisme, l'Etat ou ses frontières. Elle permet de répondre à quelques situations - souvent médiatisées comme le plan Grand froid à Paris ou l'accueil massif de migrant-es ukrainien-nes - plutôt qu'à toutes. Lâcher du lest par-çi par-là, pour mieux régner sur la totalité. Conjointement, la mise en urgence d'un sujet laisse induire qu'il est possible de sortir de l'impuissance : de la crise peuvent émerger des victoires. Il ne s'agira jamais d'augmenter réellement nos libertés mais d'insertions professionnelles, de régularisations ou d'indemnisations. L'aide d'urgence permet de digérer les revendications sociales, de légitimer l'intervention institutionnelle et de perpétuer l'illusion de la prise en charge de nos besoins. Une stratégie reprise souvent inconsciemment par les cadres associatifs et autres gestionnaires de l'urgence pour éviter la délicate perspective de la transformation radicale de la société, peu propice aux dons, aux subventions ou aux votes.
2. INDIVIDUALISER
Le décor une fois posé, le décentrage de la cause vers le symptôme s'opère ensuite en ignorant les origines structurelles et les rapports de domination pour préférer individualiser et moraliser leur responsabilité. Du côté des pouvoirs publics, c'est par exemple la critique de travailleurs sociaux maltraitants plutôt que celle d'un travail qui rend violent ou encore, d'hommes errants menaçants plutôt que l'abolition des frontières qui précarisent. Du côté des associations, une exclusion de certains individus violents de leurs dispositifs d'aide, une moralisation de la question politique avec des bons et mauvais points militants ou une concentration de la critique sur des “grands méchants” (Bardella, Bolloré, etc.), bien plus fédératrice qu'une critique de la démocratie et de son travail, de la gauche, de ses centres de rétention administrative (créés par Mitterand) et de ses frontières.
3.TRANSFORMER EN DÉRIVE... OU NORMALISER
Puis quand un rapport systémique de domination n'est plus ignorable ou que la défense se complique, la stratégie du pouvoir peut être d'en reconnaître la dimension structurelle tout en la traitant comme crise et dérive, donc en l'évacuant aussitôt comme un “dysfonctionnement” corrigeable. La diversion vers les “dérives” s'accompagne de nouvelles explications, bien loin de leur radicalité première, et de mesures dont l'objectif n'est pas un changement de structure, mais d'un retour à la normalité. La pirouette fait céder du terrain mais seulement pour un temps. Ainsi, les causes de la misère des SDFs sont souvent naturalisées comme une fatalité (quand elles ne sont pas attribuées à ces mêmes individus), comme une externalité négative malheureuse d'un système capitaliste imparfait mais “le moins pire qu'on ait”, ce qui permet alors d'évincer toute critique du travail ou du capital qui pourtant les met à la rue. Plutôt que de viser la transformation de la société ou la sortie du capitalisme, on cherchera à réduire et à contenir les violences familiales, les cercles vicieux de l'alcoolisme ou les imperfections du marché du travail, en renversant ces symptômes comme des causes premières de nos urgences. Quand l'Etat parle de problèmes managériaux, de plans d'investissements à mener, de santé mentale ou de perte de sens à corriger, le monde associatif peut lui revendiquer un manque de moyens à combler (pour continuer de faire plus ou moins la même chose, toujours en moins pire) ou pointer du doigt un manquement au droit, ce même droit qui structure et légitime par ailleurs les dominations de l'Etat et de sa justice. L'associatif cherchera souvent plus à en corriger les “abus” qu'à dépasser leurs structures. On chantera “un toit c'est un droit” et conclurons nos manifestations après des mises-à-l'abri ou des régularisations, aussi temporaires que cycliques. Comme si les rafles de personnes exilées, leurs encampements et leurs refoulements aux frontières de l'Europe n'étaient que des dérives. On scandera “Vérité et justice”, comme si les meurtres policiers n'étaient que des bavures à faire reconnaître par la Justice, que le droit était du côté de l'émancipation, que deux siècles de démocratie capitaliste étaient réformables.
4.NOYER LE TOUT DANS LE TOUT
Enfin, le décentrement de la cause vers le symptôme s'achève en noyant l'urgence dans l'urgence, en la multipliant de telle façon qu'il n'y en ai plus vraiment, ou que l'on s'y habitue. Pour bien laver son linge, il suffit de le mélanger et de laisser tourner la machine. Gérer l'urgence c'est en faire non plus une temporalité extraordinaire, mais la modalité normalisée de l'action, sociale ou humanitaire. Saturer l'espace public de crises concurrentes aux effets spectaculaires, les multiplier et les traiter avec la même énergie jusqu'à ce que cette importance de tout ne veuille plus rien dire. Une urgence de tout qui s'auto-institue, s'autonomise et s'annule dans un même geste.
L'urgence sidère par la gravité et le spectaculaire de ses symptômes : des violences s'exercent, des campements sont érigés, des situations dégénèrent, des gens meurent. La dramatisation et le lexique guerrier soutiennent alors leur gravité, que ce soit pour affronter le coronavirus, le chômage ou le terrorisme ou en parlant de “crises migratoires”. A la “War on drugs” américaine, Darmanin renchérit par la “Bataille de Stalingrad“. L'information nous vient par l'image qui clive ou qui fédère, toujours autour d'affects et d'indignations universelles comme la souffrance ou les Droits de l'Homme, inlassablement récupérés par les pouvoirs en place qui se placent en pompiers de leur propre incendie. Sidérante, l'urgence émeut et indigne autant qu'elle paralyse et immobilise ; elle pousse soit à la tétanie, soit à l'action immédiate de palliation, à la panique, aux pulsions conservatrices et aux réflexes humanitaires, pour le moins pire plutôt que contre le tout.
Tout comme la surinformation désinforme, l'empilement des crises produit une concurrence des urgences qui empêche toute politisation globale des problèmes. Ce que l'on attendait hier de l'avenir et des grands projets révolutionnaires semble davantage exigé dans le présent, heureuse nouvelle s'il était moins un présent de la résignation, du moins pire et de la réforme qu'un présent de l'expérimentation de la liberté et de la révolte. Irrémédiablement, la réponse à tous ces problèmes est un Etat plus fort et plus progressiste, appelé de nos voeux à chaque élection. Ou de nouvelles personnes providentielles comme a pu l'être Emmanuel Grégoire et tant d'autres, auto-proclamé pourfendeur des violences faites aux enfants et du sans-abrisme. C'est lui qui, lorsque le sujet des SDF reviendra chaque hiver comme une urgence, déclenchera des “plans Grand Froid” alors qu'iels seront expulsé-es et mourront dans la rue le reste de l'année.
SAUVER POUR NE RIEN CHANGER
Cette temporalité cyclique de l'urgence sociale traduit une politique de la pitié qui se déclenche surtout à l'approche du pire, donc généralement de la mort. Pour faire objet d'indignation consensuelle dans l'opinion publique, la mortalité doit être spectaculaire et imminente : noyade en Méditerranée, enfants à Gaza, victimes du SIDA ou mort-es dans la rue. Contrairement aux rêves droitsdel'hommistes, l'urgence n'est jamais universelle, traitée de manière inconditionnelle. Elle dépend d'une reconnaissance politique, en réaction à une situation dramatique ou par anticipation de son aggravation potentielle. Toujours a postériori, par calcul du nombre de morts acceptables. Comme si la mort n'était inacceptable que dans certaines situations d'injustice, celles où les victimes ne méritaient vraiment pas leur situation. Comme si la mort constituait l'ultime et unique garde-fou moral capable de contraindre à l'intervention, la seule chose contre laquelle l'opinion publique peut encore s'indigner, à ceci près que toutes les morts ne semblent pas se valoir. En outre, ce n'est même plus tant le décès d'une personne sans-abri qui émeut en tant que telle mais l'espace que son événement occupe dans l'actualité, la politique se faisant plus que jamais celle de l'émotion.
À l'instrumentalisation de la compassion par les politiques publiques et caritatives qui invitent au secours plutôt qu'à la révolte s'ajoute un répertoire d'actions lié au sauvetage par l'intégration. La morale humanitaire semble indiquer de prendre soin des individus, sufisamment pour les sauver de la mort et maintenir leur capacité productive mais suffisamment peu afin d'éviter l'émergence d'autres possibles. Les mettre à l'abri aux quatres coins de la France dans des hébergements d'urgence éphémères pour les isoler et tuer leurs luttes. Atténuer la souffrance pour ne rien changer, parler d'exclusion pour ne pas parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté, parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté pour ne pas parler du capitalisme ou du travail. Individualiser les malheurs plutôt que les penser en termes de dominations, parler de traumas à soigner plutôt qu'interroger leurs origines, montrer de la compassion face aux souffrances plutôt que d'interroger la justice de l'Etat et des organisations qui s'y réfèrent. La lutte pour l'autonomie et la liberté s'effacent devant le langage humanitaire des pouvoirs publics.
Cette dépolitisation par l'urgence est entretenue en bout de chaîne par nos organisations militantes qui pour vivre ou se faire connaître jouent le jeu de la spécialisation des crises et des politiques publiques en investissant une “cause” comme l'enfance, les VSS ou le sans-abrisme. Etat, partis ou associations traitent chaque cause d'urgence au cas par cas, occultant leurs origines systémiques liées à l'organisation du travail, aux rapports de domination, à la captation des richesses ou l'organisation de la dépendance économique qui peuvent expliquer chacune de ces urgences. Puisqu'aller plus loin dans la critique signerait la fin de leurs financements, de leur légitimité voire de leur existence, les associations et organisations militantes se contentent généralement d'un plaidoyer de réforme et en appellent finalement toujours à un capitalisme plus inclusif plutôt qu'à son renversement.
La faim, le mal-logement et les différentes violences sociales sont pourtant les résultats du capitalisme. Ce qu'il y a derrière ces urgences, ce sont des écarts répétés et grandissants entre le revenu et le coût de la vie, du surendettement, des expulsions de plus en plus fréquentes et d'autres processus anti-sociaux et inégalitaires nourris par l'Etat, son monde économique, sa démocratie et ses organisations “gestionnaires malgré elles”.
NORMALISER L'URGENCE, LÉGITIMER L'INTERVENTION
En inscrivant les souffrances sociales comme dérives à soigner, l'Etat et les pouvoirs associatifs justifient ainsi mieux leur propre intervention. L'Etat efface non seulement sa responsabilité à la source mais s'auto-institue dans le même mouvement comme seul calmant légitime. En bon gestionnaire de sa propre crise, ses plans contre les VSS, ses aides sociales et autres fumisteries rejouées à chaque élection légitiment son existence ainsi que celle de ses différents acteurs de la gestion de l'urgence, qu'ils soient politiques, humanitaires, ingénieurs ou militaires. Normalisée, l'urgence est renversée et récupérée comme élément de pacification : il ne s'agit plus de lutter mais d'être solidaires, ensemble pour le moins pire. C'est la nature même de l'Etat, qui quand il ne peut pas se trouver d'ennemis extérieurs pour fédérer autour de guerres, doit se tourner vers des ennemis intérieurs à expulser ou des urgences à pallier. La crise justifie la mise en place de moyens extraordinaires comme les camps, les statuts administratifs précaires, les centres de rétention ou de nouvelles formes de dépendance (plans de régularisation, aides sociales etc) qui sont autant d'outils de pacification sociale. Une intervention naturalisée, non questionnable et même souhaitée : il en va de la survie des gens ! Pendant l'état d'urgence sanitaire lié au Covid-19, la police a pu punir sans passer par un juge grâce à l'usage massif d'amendes forfaitaires, qui ont particulièrement été appliquées dans les quartiers pour les maintenir dociles. À Paris, des formations et des assermentations express ont été données aux services de sécurité des bailleurs sociaux (le Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance) pour permettre aux gardiens de patrouiller dans les résidences HLM, dresser des procès-verbaux face aux “incivilités” et faire respecter les mesures de confinement. Les exceptions du droit d'un Etat d'urgence permanent. Dans le même mouvement, l'intervention associative prend tout son sens. Par la gestion des urgences, la question sociale cesse d'être pensée en termes de rapports de classe ou d'affinités révolutionnaires pour être fragmentée en bénévoles “soutiens”, salarié-es expert-es et “publics” bénéficiaires, selon le vocable symbole de cette asceptisation et victimisation des luttes. Là où émergeaient les idées d'entraide, de conflictualité ou d'autonomie populaire apparaissent subventions, expertise, prévention, accompagnement, évaluation et partenariats. Distribution alimentaire sans espace politique, atelier CV plutôt qu'organisation collective, participation symbolique des “premier-es concerné-es” ou communication humanitaire basée sur des témoignages plus que sur des ouvertures d'espaces autonomes… On nous soutiendra que ces compromissions ou que l'aide à l'intégration (par le travail et les papiers) avant la révolution vient des “premier·es concerné·es”, alors que tout est fait dans la société et dans les organisations d'aide d'urgence pour que les plus précaires n'aient ni le temps ni l'espace de demander autre chose que l'aide humanitaire. Et que nous, “soutiens”, travaillions - potentiellement salaire à la clé - à réparer des symptômes qui donnent du sens à notre militance. C'est ainsi tout un système de représentation de nos besoins qui est validé sous couvert d'humanisme, occultant d'autres perspectives d'entraide, de questionnement, de collectivisation et d'autonomie. L'organisation de l'urgence agit ici comme extension de la démocratie représentative qui nous prive de nos moyens d'organisation et de subsistance. Ce sont nos cadres étatiques ou sociaux qui décrètent nos urgences et débloquent nos aides, ou nous-mêmes qui finissons par devenir nos propres cadres, que ce soit par quête de sens, par croyance de pouvoir faire mieux de l'intérieur ou par “nécessité”.
Ces renversements remplacent la défense conflictuelle de l'infinité de nos désirs par l'écoute, la médiation et la réparation de nos problèmes. Plutôt que de produire une critique de l'Etat, de nouvelles formes d'entraide ou de renoncement au travail, l'énergie militante est captée par le travail social, qui individualise et psychologise les problèmes.
L'urgence substitue l'entraide qualitative par l'aide quantitative : les bon·nes gestionnaires évaluent, essayent de faire le plus avec le moins et rationnalisent les rapports sociaux dans ces espaces. Autrement dit : le conflit devient souffrance et la politique se dévoile pour ce qu'elle est : prise en charge. Il ne nous reste alors plus qu'à soigner les symptômes et à manifester quelques joyeux dimanches, pour dénoncer quelques dérives.
Adossée aux logiques de marchandisation à l'oeuvre dans le secteur associatif, l'urgence justifie la privatisation de la protection sociale : mutuelles et assurances privées pour les « inclu·es », associations caritatives pour les « exclu·es ». Cette confiscation de l'aide nous dépossède de notre responsabilité, l'aide est déléguée à des professionnel·les de l'urgence qui la cadrent et la régulent pendant que la solidarité devient un délit si l'on accueille des sans-papiers. C'est aussi l'urgence et ses aides qui justifient les interventions militaro-humanitaires à l'étranger, sous couvert de droit international, de neutralité ou du droit d'ingérence. L'expertise et l'aide d'urgence légitiment des “guerres justes” correctement menées ou des génocides encadrés par couloirs humanitaires. C'est l'urgence qui a justifié les plein pouvoirs accordés à Hugo Chavèz pour gérer les pluies et coulées de boue de 1999 et organiser la militarisation qui s'en est suivie. En France, c'est l'urgence terroriste de 2015 qui a pavé la voie des lois de surveillance et de répression policière ou des hausses de dépenses militaires. Le droit de l'état d'urgence et les dispositifs de surveillance anti-terroriste se sont depuis plus que jamais immiscés dans le droit des étrangers. A Mayotte comme en Guyane, l'état d'urgence a servi de prétexte pour intensifier les opérations de contrôle des frontières et de la régularité du séjour des individus. C'est aussi l'extension de l'Etat d'urgence anti-terroriste qui a permis de faciliter le démantèlement de la “jungle” de Calais, expulsée en trois jours début 2016. Avant de justifier l'expulsion, l'état d'urgence et la menace terroriste ont d'abord été utilisés pour sécuriser la frontière en érigeant une clôture de 4m de haut le long du port de Calais et différents dispositifs de clôtures, de vidéo-surveillance, de détection infrarouge et de lumières pour empêcher le passage par l'Eurotunnel. L'état d'urgence a ici servi à dissuader les tentatives de passage et s'est ensuite étendu à l'interdiction de différentes manifestations sous prétexte que les autorités ne disposaient pas des moyens nécessaires pour en assurer la sécurité. L'état d'urgence semble tendre vers sa permanence, il justifie l'exception au droit qui encadre sa gestion par ailleurs. Le droit n'a jamais limité l'Etat, il en est son langage le plus efficace. Dans le régime de l'urgence, le droit devient même performatif et se soumet au politique qui s'autonomise : quand Macron a annoncé le confinement et le pass sanitaire, la base légale était encore floue et le pays a immédiatement appliqué la mesure. La politique humanitaire prônera toujours l'exception comme méthode de gouvernement : le pouvoir agit au nom de l'urgence pour devancer le droit et préserver l'ordre existant.
L'URGENCE EST LÀ, LA CRITIQUE ATTENDRA
Noyer l'urgence dans l'urgence ne consiste pas seulement à multiplier les crises et à brouiller les causes dans le traitement de leurs symptômes, mais aussi à organiser un régime d'action et d'instantanéité dans lequel tout doit être traité immédiatement, contre le temps de la critique. Tout comme la satisfaction immédiate de nos désirs par la consommation nous empêche d'accéder à d'autres désirs, le régime de l'urgence devient une forme de gouvernance. Il impose un tempo qui légitime la confiscation du pouvoir ou le maintien d'espaces politiques descendants qui brident les velléités subversives et dé-radicalisent les discussions. Les pouvoirs publics comme le milieu associatif se montrent particulièrement créatifs en la matière.
Le spectacle de la crise et de l'urgence provoque en effet souvent soit sidération et immobilisme face aux crises, soit un besoin irrépressible de résolution immédiate de ces symptômes, que ce soit pour trouver du sens dans l'absurde ou pour que la violence ne reste pas aux portes de notre confort. Réorientée vers la réaction immédiate — pétitions, indignations, bénévolat par ci par là, campagnes rapides — l'énergie critique s'attaque aux effets visibles et spectaculaires — la crise écologique, sociale ou le fachisme — ainsi qu'au pouvoir en place ou à venir et ne s'étend rarement à une critique plus large des structures qui rendent possibles et permanentes ces dominations, comme le pouvoir en tant que tel ou les formes acceptables du capitalisme, qu'elles soient démocratiques ou humanitaires. Car ces structures nous font vivre et sont désirées par beaucoup, ou constituent des repères moraux et militants d'où peuvent partir des luttes et des espoirs. Car toute critique d'un au-delà de l'immédiat à gérer devient idéologique et indécente lorsque des vies sont en jeu (et que des salaires dépendent des dons et de la popularité de l'association). La critique associative ne concerne peu les conditions de production de l'urgence elle-même, ni les dispositifs qui la rendent permanente, ni l'organisation politique d'une attention saturée, fragmentée, où chaque problème est immédiatement remplacé par un autre.
Sans finalité autre que la suspension de l'urgence pour un temps, nos actions de manifestation, de maraudes ou d'hébergement d'urgence deviennent alors des fins en soi, des objets de luttes qui se suffisent à eux-mêmes et reviennent en boucle. La réalisation de nos missions d'urgence étant déjà si difficile au vu des conditions allouées par l'Etat - et acceptées par les associations qui en vivent - que l'essentiel de notre temps va au soulagement de la crise plutôt qu'à son dépassement. Il n'y a ni temps ni moyen pour la création d'espaces nouveaux d'auto-détermination. Les espaces de solidarité associative et les luttes sociales pourraient pourtant être intéressants au vu des situations politiques qu'ils génèrent, peut-être s'ils étaient davantage chargés d'autonomie et d'horizons inconnus plutôt que d'être pilotés par la classe d'encadrement associative. Fatalement, nos revendications sont souvent défensives et s'arrêtent à la défense des droits, à l'intégration par le travail ou aux demandes de prises en charge, à l'optimisation des symptômes donc. La gauche sous ses formes partisanes ou associatives s'est spécialisée dans l'intégration de la critique sociale et révolutionnaire pour la rendre “réaliste” et donc réformiste et inaudible. Un fatalisme justifié par un “pragmatisme” stratégique qui commanderait d'avancer victoire par victoire, quitte à tourner en rond pendant des décennies. Opposant des catégories d'individus entre elles, nourrissant le capital en main d'oeuvre et suppliant l'intervention de l'Etat, ces luttes pour défendre nos droits nous condamnent à la réforme et au statu quo, gagne-pain de la gauche et terreau de l'extrême-droite pourtant combattue, quand elles ne sont pas rattachées à des critiques et perspectives révolutionnaires de transformation totale de la société.
Dans le travail médical, la crise du Covid a par exemple montré que les débats de lutte se concentraient sur la gestion quotidienne (hôpitaux, restrictions, chiffres) tandis que les questions structurelles — sous-financement chronique des systèmes de santé, dépendance industrielle, choix politiques antérieurs — passaient au second plan ou devenaient inaudibles, car “moins urgentes”. Pire, elles étaient liées à des défaillances de l'Etat plutôt qu'à son existence en tant que telle.
Dans le travail social ou humanitaire, la lutte pour les droits suspend souvent la critique de l'organisation et donc de la représentation de nos besoins. L'heure n'est jamais au débat sur nos pratiques, ni à la “grandiloquente révolution pour bourgeois idéalistes”, mais à la résolution de l'urgent par l'action. Entendons par là distribution alimentaire, envois de CV, cours de français et autres prestations d'accès aux droits. Entendons par là les droits de bien s'intégrer à la nation, au travail, à la langue française et de rentrer dans le rang. Les acteurs de l'urgence ont naturalisé le turnover de leurs salariés comme une évidence en temps contraint. Ce turnover entrave toute critique interne, comme au Samu Social, connu pour désespérer et changer d'opérateurs téléphoniques du 115 tous les trois mois.
Si la dimension intrinsèquement présentéiste de l'urgence bride la critique, elle organise de la même manière le deuil de nos idéaux. Autant survalorisée qu'humanitarisée, l'action est vidée de tout horizon libertaire et autonomisant. Antidote à l'incertitude, l'action sociale ou humanitaire ressemble à une fuite en avant. Elle répond à nos crises de sens avec des petites victoires concrètes du quotidien et emporte nos idéaux radicaux et autonomes dans ses prises en charge, ses régularisations et ses sourires. Chez les caritatifs co-gestionnaires de l'urgence, il apparaît vite vain de s'attaquer à ces causes de la boucle de l'urgence, trop multiples, profondes, aux responsabilités diluées et trop politiques, clivantes et par la même occasion peu propices aux dons. Et puis, on ne dévore pas la main de l'Etat qui nous nourrit, sinon on ne pourrait plus opérer, et si on existe plus qui s'occupera de la misère ?
DÉPASSER LE GOUVERNEMENT HUMANITAIRE
Quand le gouvernement s'humanitarise, l'humanitaire se gouvernementalise dans un même geste. Les années 80 ont marqué le passage d'un pouvoir disciplinaire brutal à une gouvernementalité plus thérapeutique, compassionnelle, humanitaire. La création du Secrétariat à l'action humanitaire par Chirac marquera la fusion humanitaire et sécuritaire d'un ensemble d'institutions étatiques et associatives que Didier Fassin qualifie de “gouvernement humanitaire”. Plus que jamais, la solidarité s'est professionnalisée et les politiques sociales et humanitaires sont devenues des technologies de gouvernement adaptées au capitalisme néolibéral. Comme Chirac et son Samu Social, les gouvernements de droite comme de gauche investissent le social et l'humanitaire avec le monde associatif. Gestion des camps, assistance médico-sociale, maraudes, hébergements d'urgence, insertion professionnelle… Ce qui relève de l'aide d'urgence est intégré à une normalité compressée et rationalisée pour coller au tempo de la crise permanente. La souffrance sociale hier ignorée est désormais un objet majeur des politiques publiques qui cherchent à réduire la “fracture sociale” pour réintégrer certain·es “exclu·es” dans la société et son travail. Une manière de contenir la colère en s'attaquant aux symptômes de l'urgence sociale plutôt qu'à ses racines. La souffrance des exclu-es indésirables sera elle invisibilisée et empêchée de se transformer en luttes, par précarisation organisée, répression sur leurs lieux de survie, éclatement des communautés de lutte ou récupérations gauchistes et prises en charge de pacification. Le politique administre les affects, les traumatismes, les comportements ; il abandonne pour de bon la transformation des structures sociales et légitime sa violence par la protection des vulnérables.
Par l'aide sociale et d'urgence, il ne s'est jamais agi que de donner une contrepartie sociale aux grandes dynamiques néolibérales de privatisation du pays. Défendre l'inclusion sociale pour diviser bons et mauvais-es immigré-es. Combattre la résistance des citoyen-nes à la nation et au travail. Combattre l'exclusion sociale jusqu'à en faire une fin en soi, coquille vide dépouillée de toute autre velléité, sans remonter à sa source. En témoignera le Pacte parisien de lutte contre l'exclusion et sa Nuit de la Solidarité, outil de communication solidaire de la ville de Paris pour continuer par ailleurs sa politique de spéculation immobilière, d'expulsion et de traque des sans-papiers. Promettre des avantages (aides, régularisations) à certain-es pour casser les luttes. Faire plonger les associations dans le piège subventionné de la défense des acquis sociaux et de l'intégration par la langue ou le travail. Montrer patte blanche, digérer nos colères, agiter la peur de l'extrême-droite. Faire oublier la critique de la démocratie et continuer plus sereinement notre exploitation. L'urgence sociale est ainsi renversée comme délai supplémentaire que nos démocraties s'accordent pour oblitérer leurs failles fondamentales, nous occuper à traiter nos problèmes sociaux comme des dérives et repousser toujours plus nos révoltes. Par l'action et la victoire, l'aide d'urgence donne du sens à notre misère militante. Elle sépare nos luttes en causes spécialisées (climat, violences policières, inégalités, conflits internationaux), occulte ce qui les unit et nous pousse à formuler des revendications thématiques plutôt qu'à tout refuser.
Les associations humanitaires souvent en lutte contre les politiques de l'Etat tentent de tendre vers un au-delà du simple soulagement des urgences, en alliant pansement humanitaire nécessaire et plaidoyer structurel de long terme. Mais leur régime d'urgence, leur dépendance au financement et leurs horizons politiques étatistes bloquent leurs militant-es dans une charité désautonomisante et dans des rapports de luttes réformistes. Certain-es préfèreront le moins pire à l'idéal et en feront une religion nommée social-démocratie. D'autres sortiront la tête de l'urgence humanitaire et de la réforme. Iels continueront peut-être de panser des plaies mais passeront de l'aide à l'entraide et s'essayeront à la création d'espaces d'auto-détermination. Au-delà du symptôme et de l'humanitaire, iels chercheront plutôt à porter des coups matériels et discursifs à la racine, au capital, au travail, aux frontières, à la démocratie, aux prisons, aux solutions de l'Etat et à tout ce qui nous fait tourner en rond. Par le bas, de tous les côtés, sans représentation ni organisation qui définit nos urgences.
Wilden - TERRAIN VAGUE
Dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes 2026, nous sommes sortis dans les rues de Caen écrire des tags sur les murs, pour évoquer la situation d'anarchistes enfermé-e-s en Italie, en Indonésie, en Grèce, au Chili, et notre haine du système carcéral.
Entre autres :
« Solidarité avec Dimitra et Marianna emprisonnées par l'état grec Ⓐ »
« Solidarité avec les anarchistes de « Chaos Star » en Indonésie »
« Solidarité avec tous les prisonnier-e-s de la guerre sociale »
« Solidarité avec Pietro, prisonnier en Italie »
« Feu au 41bis
Feu aux QLCO
Feu aux prisons Ⓐ »
« Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes au Chili »
« Anna Beniamino
Alfredo Cospito
Liberté ! Ⓐ »
« Crève la taule Ⓐ »
« Fransciso y Monica a la calle ! Ⓐ »
« Monica y Franciso a la calle ! Ⓐ »
Le vendredi 04/09 à Askip, Mouna ُمنى, Aïnhoa, Ludi et Oki Kuhu organisent une soirée de soutien à 3 collectifs anti-racistes nantais : Isonomia et le collectif Anti CRA, à qui les fonds collectés seront reversés, ainsi qu’Urgence Palestine, qui tiendra un stand de produits palestiniens (keffieh, bijoux, broderies) pendant l’évènement.
Les trois collectifs ouvriront la soirée par des prises de paroles et temps d’échange libres, et le reste de la nuit sera rythmé par les DJ sets survoltés de nos 4 artistes. Au programme : afrobeats, baile funk, amapiano, caribbean rythms, raï, rap, house, bass music… de quoi se vider la tête en secouant les hanches 🤪
Durant la soirée, de la petite restauration sera mise en vente pour les amoureux.ses de nourriture caribéenne. Privilégiez le cash ici aussi les gourmand.es ! 😏
Venez donner du love à ces collectifs locaux et partager ce moment pour une lutte antiraciste festive ! On va pouvoir gueuler, peut-être pleurer, manger et twerker ensemble 💓 Et fuck un facho tous les joursss!!
📝Rendez-vous :
VENDREDI 04/09 de 18h à 2h
ASKIP, 2 allée Frida Kahlo 4400 Nantes
Prix libre – CASH & PAYPAL ONLY 🙏🏽
Le prix libre permet de récolter les fonds qui seront redistribués aux associations. Venir à cet événement c’est les soutenir !
Manifestation le 5 septembre 2026 à 15h place Darcy contre le génocide à Gaza, contre l'occupation en Cisjordanie et les destructions au Sud-Liban : Manifestons aussi contre l'empoisonnement de la terre et de l'eau.
Collectif 21 pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens
Manifestation le 5 septembre 2026 à 15h place Darcy
Contre le génocide à Gaza,
Contre l'occupation en Cisjordanie et les destructions au Sud-Liban :
Manifestons aussi contre l'empoisonnement de la terre et de l'eau.
La Bande de Gaza dévastée est contaminée par des métaux toxiques et des munitions non explosées, et seuls 3% de sa superficie sont désormais exploitables.
En Cisjordanie, l'état d'Israël déverse depuis 59 ans ses déchets toxiques.
Dans le sud d'Israël, des pesticides sont pulvérisés sur les cultures des Bédouins pour les forcer à partir.
Dans le sud du Liban, l'armée d'Israël brule forêts et vergers.
Ces ravages incurables porteurs de maladies et de mort constituent un crime contre l'humanité !
La communauté internationale doit intervenir pour assurer la protection des peuples en danger.
Quand le droit international est bafoué et que la terre est détruite, nous sommes tous fragilisés.
C'est pourquoi le collectif-paix 21 pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens appel à une manifestation le SAMEDI 05 SEPTEMBRE 2026 : DEPART 15H00 PLACE DARCY.
LE PEUPLE PALESTINIEN A BESOIN DE NOUS TOUS.
C'est la rentrée de la chorale des canulars.
Venez chanter avec nous les lundis à 19h30 à la comète, au 4 rue Nérard à Lyon 9.
Au programme un apéro partagé de 19h30 à 20h30, puis la transmission de nouveaux chants et la reprise de nombreux chants de lutte.
Les repet sont ouvertes à toustes, sans prérequis, juste l'envie de lutter en chanson.
pour plus d'infos : https://lachoraledescanulars.fr/
« Comme le parquet général a fait appel, il y aura un second jugement par la cour d'appel de Grenoble qui pourra remettre en question l'ensemble des conclusions présentées ici.
Le dossier est particulièrement complexe tant les premières procureures en charge du dossier ont fait du zèle. Ici, on se concentre surtout sur la question du fichage et pas sur le blocage en tant que tel, ni sur le récit de la répression en gav ou en prison.
Le résumé des éléments clés sont en fin d'article. »
Le jeudi 14 mai, 8 personnes bloquent un pont névralgique de Valence avec une banderole, et 2 personnes se suspendent au dessus de l'A7. Dans le cadre d'un week end de mobilisation contre le projet de déviation routière de St Péray.
Sur le pont, il est 6h30 et le traffic est très faible. En 5 minutes une première voiture de flics arrive mais l'action se poursuit. Sous le pont, sous les "écureuil.les", une voie est banalisée sur l'A7 par les flics et les agents d'autoroute ce qui créé de gros bouchons en ce WE de pont. Après 1h de laisser-faire, 6 personnes sont interpellées sur le pont et les 2 "écureuil.les" sont capturé.es autour de 8h30 par la CNAMO.
En garde à vue, 7 des 8 interpellé.es gardent le silence, y compris sur leurs identités, et refusent la prise de signalétique (photos, empreintes). Les auditions, en présence de leur avocat, sont filmées à la demande du parquet, ce qui est inédit pour ce type de profil (personnes majeures + "petit" délit). Plus tard iels apprennent sur les PV des flics que des captures d'écrans prélevées de ces enregsitrements ont servi à de la comparaison faciale avec le TAJ, ou qu'elles ont été envoyées à un services de police du coin pour avis (probablement les renseignements territoriaux).
« A l'avenir on zieutera sur la table si y'a pas une caméra qui est déjà en train de filmer avant de s'assoir pour une audition. »
Par la suite, 3 personnes se voient assigner une identité en procédure par comparaison faciale algorithmique avec le TAJ. Et 2 autres via une comparaison photo envoyée par un service de la police nationale de la Drôme. Si ce service mystère prend la peine d'utiliser le conditionnel dans son PV, la suite de la procédure se passera de ces précautions. Une 6e identité est assignée sans aucune précision dans les PV, ni photo de comparaison. La 7e personne silencieuse reste sans identité assignée.
A partir de là, en plus des numéros abritaires initiaux (XH1, XH2, XF1...),les procès verbaux utilisent les identités assignées et appellent les camarades avec ces noms là.
Après 36h de GAV et avant le déferrement du vendredi soir, 1 personne (faussement) reconnue par les renseignements et la 7e personne silencieuse donnent finalement leurs vraies identités. Le parquet requiert le placement en détention provisoire des 8 interpellés (pour une banderole), et la Juge de la Détention et des Libertés le suit pour les 5 qui n'ont pas confirmé leur identité et place en contrôle judiciaire les 3 autres (couvre feu, interdiction de paraitre à Valence où certaines travaillent,etc). Les 5 passeront 3 nuits en maison d'arrêt avant leur comparution immédiate (CI) du lundi, poursuivi.es pour entrave à la circulation, mise en danger de la vie d'autrui et refus de signalétique (photo/empreinte + ADN).
Avant l'audience de la CI, une des personnes incarcérées qui s'était vue attribuer une mauvaise identité par le TAJ, a donné sa réelle identité à la maison d'arrêt.
En comparution immédiate, devant le fiasco de la révélation de deux mauvaises identités et dans le doute évident des autres (âge délirant etc), le parquet demande un report pour continuer ses recherches sur les identités et demande, sans argumenter, le maintient en détention provisoire. Le tribunal accepte le report, demande de pousuivre l'enquête et lève toutes les détentions et les contrôles judiciaires. Nos camarades sont libéré.es le lundi à 20h après un passage en prison pour la levé d'écrou (=les papiers de sortie de prison).
Pendant ce délai de report, le seul acte d'enquête réalisé est le croisement avec le TAJ, des empreintes prélevées en prison (c'est obligatoire pour les détenu.es). Mais les matons des deux prisons (Valence et Lyon-Corbas) communiquent des scans illisibles ou tout noircis, et les procès verbaux des enquếteurs expliquent qu'iels ne peuvent rien en tirer.
L'audience du 6 juillet se déroulera donc sans plus de précisions pour les 4 silencieux.ses. 3 d'entre elleux décideront quand même de se présenter à l'audience afin de s'exprimer sur la lutte et la répression. Mais maintiendront leur silence quant aux questions sur leur identité, leur taf, logement, famille etc.
Pendant l'audience, l'avocat prouve qu'une des identité assignée est fausse en présentant un relevé bancaire correspondant à la période de détention et la pièce d'identité de la personne faussement poursuivie. Cette troisième identité discalifiée renforce le discrédit sur la procédure. A noter que cette personne usurpée avait pourtant demandé et obtenu l'effacement de son TAJ, donc sa photo n'aurait pas dû s'y trouver.
La procureure, manifestement en mauvaise posture, insiste pour que les personnes soient condamnées et persiste à demander de la taule pour une banderole : trois mois de prison avec sursis et 500 € d'amende. Et ce, malgré les erreurs manifestes concernant leurs identités, arguant qu'iels devront « gérer avec leur conscience » le fait de faire condamner de mauvaises personnes à leur place (sic). Y compris donc la personne usurpée dont on sait qu'elle faisait ses achats à l'autre bout de la France pendant les 5 jours d'enfermement.
Le tribunal accepte la demande de nullité des avocat.es : il estime notamment que les flics ont procédé au recueil des photos des prévenus sans accord ni information préalable des personnes concernées, en utilisant un stratagème dissimulé pour les identifier, ce qui constitue "une preuve déloyale" en droit. Et la police ne pouvait pas utiliser les films d'audition pour la reconnaissance faciale car cela équivaut à une prise de signalétique de force, ce qui n'est possible que pour des délits réprimables de 3 ans de taule ou plus, et sous réquisition du parquet (article 55-1 du Code de procédure pénale). Les éléments de procédure obtenus grâce à ces procédés sont donc annulés.
Par ailleurs, le tribunal considère qu'il ne peut pas juger une personne sans preuve suffisante de son identité. Les 2 qui ont obtenu la nullité de la reconnaissance faciale et les 2 autres qui se sont vu attribuer une identité par les renseignements ou sans méthode connue sont donc relaxées. A ce stade rien n'indique si les identités assignées étaient vraies ou fausses.
D'autres infos sur les GAFAM :
https://www.facebook.com/p/Les-amies-de-la-Plaine-de-St-P%C3%A9ray-61552982354725/
https://www.instagram.com/ami.e.s_plaine_st_peray/
No-G7, et si les casseuses et casseurs avaient raison ?
No-G7, et si les casseuses et casseurs avaient raison ?
Vendredi 4 septembre
18h-18h45 Présentation du collectif Silure ; intervention et retours sur No-G7
19h-22h Bar et hot-dogs
Silure 2.0, Parking de l'usine Parker,
20C rue Jacques-Grosselin,
1227 Carouge
📢 Le week-end No-G7 des 13 et 14 juin dernier à Genève laissera des traces. Malgré tous les obstacles, une grande mobilisation contre les guerres de Trump et Nétanyahou a traversé les rues de notre ville. Malgré les intimidations et la campagne médiatico-politique de terrorisation des esprits, des dizaines de miliers de personnes ont défié l'état d'urgence imposé par une ministre prête à réprimer son propre électorat avec l'assentiment pantouflard de la gauche institutionnelle. On a tout fait pour saboter cette mobilisation et pourtant elle a eu lieu. Qu'est-ce qu'il va maintenant en ressortir ? Comment faire durer cet élan collectif ? Et si c'était les casseurs-euses qui avaient raison ?
Bref, c'est l'heure de rembobiner la séquence qu'on vient de vivre collectivement !
Le Silure vous invite à en discuter le 4 septembre dès 18h dans le parking de l'usine Parker à Carouge. Dans la seconde partie de soirée dès 19h, bar et hot-dogs vegan à prix populaire.
En souvenir de Flore FARAGGI, agressée dans la nuit du 20 au 21 août 1944, vers 1h30, par un groupe d'inconnus de 6 à 8 hommes vêtus d'uniformes de Waffen-SS, au 18 Grande Rue à Grenoble.
Elle fut conduite sur le pont suspendu au-dessus de l'Isère, qui relie le centre ville au quartier Saint Laurent, exécutée d'une balle dans la tête, et son corps jeté dans l'Isère. Son fils Jack, son père et sa mère connurent le même sort.
Ces meurtriers sont des membres de la Milice française et du Parti Populaire Français qui en profitèrent pour piller son logement et son commerce.
L'EXTRÊME-DROITE S'IMPLANTE
Il y a d'un côté les résultats électoraux du Rassemblement nationalou de Reconquête, très inquiétant lors des élections européennes ou législatives, et plus nettement en retrait lors des élections municipales. Nous avons aussi largement insisté sur les réseaux des catholiques intégristes, leurs diverses associations, leur volonté d'imposer leurs visions rétrogrades et leurs tentatives de contrôler la jeunesse.
Plusieurs groupes activistes et agressifs ont tenté de se constituer sur la métropole. Ils s'inscrivent dans un courant suprémaciste qui fait de la violence le fondement de leur projet. Pour l'instant, aucun de ces groupuscules n'a réussi à s'imposer.
Alimentant cette extrême-droite, plusieurs structures développent des discours complotistes et conspirationnistes. La crise du Covid a été un accélérateur : nombre des théories fumeuses et dangereuses ont proliféré et elles imprègnent largement la fachosphère.
L'objectif de ce travail est de faire un état de l'extrême-droite sur Grenoble et de souligner les pratiques locales de ces groupes. Une cartographie permet d'identifier les réseaux et de proposer une grille de lecture. Au centre de ce livret, une cartographie a été réalisée pour une meilleure compréhension spatiale de notre propos
Pour imprimer le document : A4, Recto Verso, imprimer sur le bord court, ajuster à la page
LE RN, PREMIER PARTI DE LA DROITE ET DE L'EXTRÊME DROITE
Aux élections législatives de 2024, le Rassemblement ational est devenu le parti politique le plus important de la droite et de l'extrême-droite sur la Métropole de Grenoble.
Les Républicains sont complètement à la dérive et n'atteignent que péniblement les 10 % des voix. Ils sont même incapables de présenter un candidat dans la 5ème circonscription.
Le transfert des électeurs se fait à bas bruit, soutenu par les responsables nationaux de la droite qui font la course avec les leaders d'extrême-droite.
En 2024, les candidats du RN provenaient du parti lui même, mais aussi des anciens républicains qui avaient suivi Eric CIOTTI ainsi que de jeunes militants de l'UNI.
Les grands chefs du RN, Alexis JOLLY et Thierry PEREZ, ont préféré se présenter dans le Nord-Isère et se faire élire députés.
Les partis croupions comme Via, La voie du peuple (l'ancien Parti Démocrate Chrétien de Christine BOUTIN) ou Debout la France (toujours dirigé par Nicolas DUPONT-AIGNAN le premier allié du FN/RN) sont des partis charnières qui permettent à des électeurs de glisser sensiblement vers la droite extrême.
Enfin Reconquête a quasiment disparu de la métropole ; Marine CHIABERTO, tout en étant responsable du parti en Isère, se présente aux élections à Paris (Candidate Reconquête dans la première circonscription, tête de liste dans le 9 arrondissement ème aux municipales).
Quasiment absent lors des municipales de 2020, le RN a déposé des listes en 2026. Ils savaient que leur échec était programmé, mais ils visaient plutôt le long terme. 4 listes ont été déposées sur la Métropole grenobloise :
Valentin GABRIAC, le frère de l'homme au bras tendu, récolte brillamment 5,2 % des voix à Grenoble au premier tour.
En 2014, Mireille D'ORNANO, avait obtenu 12,55 % des votes. La preuve qu'un « responsable de force de vente » est juste bon à vendre les biscuits d'une multinationale américaine.
Enzo BILLON, chef du RNJ Isère, candidat à Échirolles, était le seul candidat de la droite et de l'extrême-droite face à quatre listes de gauche.
Au second tour, sa liste obtient 27 % ; cinq élus fachos siégeront dans le conseil municipal, soit un de plus qu'après les élections de 2026. La campagne de BILLON était très poussive. Il fait nettement moins que le candidat du RN aux législatives de 2024 qui avait récolté 33 % des voix.
Alexandre LACROIX un ancien Républicain, passé par Reconquête, puis
recyclé à l'UDR (Union des Droites de CIOTTI) était la tête de liste à Saint-Martin-d'Hères. Il obtient quatre élus municipaux (21 % des voix). Le résultat est très en-dessous du score aux législatives où Édouard ROBERT, un candidat inconnu dans la circonscription avait récolté 31 % sur la ville.
Quentin FERES (les Républicains, puis Reconquête, puis désormais attaché parlementaire du député RN Thierry PEREZ) a conduit une liste à Domène. La liste a récolté 16 % des voix et donc deux élus municipaux.
Le bilan électoral est plutôt limité, mais ces quelques élus se glissent insidieusement dans des institutions locales , une autre logique pour « dédiaboliser » le RN. L'objectif réel était de s'inscrire dans les prochaines élections sénatoriales.
Depuis sa nomination comme responsable départemental en octobre 2023, Thierry PEREZ a fait le ménage chez les militants.
Exit les « brebis galeuses » qui se répandent en blagues racistes, en insultes antisémites et en messages islamophobes. Par manque de « personnel » le Rassemblement national recrute désormais dans les rangs de l'UNI, et pas qu'un peu :
Amazigh AICHIOU (Grenoble), Emma ADROUD (Grenoble), Gaël BABUT (Grenoble), Enzo BILLON (tête de liste à Échirolles), Elise COTTAVE (Echirolles), Clara MANCEAU (Saint-Martin-d'Hère), Samuel SAKPA (Grenoble), Léa TONDEUR (Saint-Martin-d'Hères), Stéphane ZEYEN-ILANGUAROUDI (Grenoble) ;
Déjà, aux élections législatives de 2024, le RN avait siphonné les cadres de l'UNI : Hanane MANSOURI (ancienne grand'cheffe de l'UNI Grenoble) élu députée à Vienne, Antoine SAUZEAU (son suppléant), Vincent CELLIER (suppléant dans la 1ère circonspection de l'Isère) ou Samuel SAKPA (lui aussi candidat suppléant).
ÉLECTIONS MUNICIPALES 2026 GRENOBLE
Un article de Streetpress de mars 2026 retrace l'itinéraire de la tête de liste RN : Valentin GABRIAC a frayé avec plusieurs groupes radicaux, antisémites et complotistes : Égalité & Réconciliation, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X,
Civitas, GRElive, les Patriotes…
Dans ses conversations avec ses potes il détaille ses positions : haine des LGBT, haine des francs-maçons, apologie du nationalisme pétainiste, antisémitisme, bref
tous les relents de l'extrême-droite faisandée. GABRIAC est même devenu un agent recruteur pour que les militantes du RN local rejoignent Némésis !
S'il est devenu candidat, c'est parce qu'il est le délégué adjoint du RN 38 et l'attaché parlementaire du député PEREZ. Du coup, PEREZ a glissé sa femme en seconde position sur la liste – on appelle cela du népotisme !
Sur la liste RN on trouve en cinquième position Ludovic BLANCO, le président du Cercle Bayard, apôtre de « l'Union des droites ». Ancien président des Jeunes Debout la France (2015), il a été candidat pour ce parti aux élections régionales (2015) et aux législatives (2017 – résultat : 1,53 % des voix). Il rallie Alain CARIGNON
sur la liste municipale de 2020. Placé en 39 position, son rôle politique est alors dérisoire. Il quitte Debout la France, rejoint Les Patriotes puis adhère à Reconquête. Il gravite désormais autour des députés RN de l'Isère pour tenter d'exister.
Dans la liste RN, on trouve inévitablement les militants de l'UNI, ou des militants qui avaient suivi Mireille D'ORNANO lors de sa rupture avec le FN, et certains font un retour fracassant : Pascale CURCILOSSE, Victor ARIOLI, Michèle MOIRET, Amélie TENA-SANCHEZ et François GUINARD-BRUN. Incapable de recruter de nouveaux militants, le RN récupère les fonds de tiroirs.
Enfin, pour clore cet assemblage inquiétant, Catherine GHELMA est une activiste des réseaux sociaux. Elle s'épanche dans un boulgi-boulga nauséeux : volonté de rétablir la peine de mort, hantise d'une « France qui sera musulmane demain », défense de tous les animaux à poils et haine viscérale des musulmans ; elle propose à ses lecteurs de pétitionner sur les thèmes d'extrême-droite...
La liste de GABRIAC est bien loin de l'image lisse et policée qu'il tente de vendre à
la presse locale, mais c'est l'inévitable amalgame de l'extrême-droite répugnante.
L'UNI est désormais le cache-sexe du RN ! On y retrouve même des militants vindicatifs comme Paul STEIGER, toujours accompagné d'Emma PETRON, qui tente d'établir son « ordre national » en menaçant des syndicalistes étudiantes « On va tous vous planter, bande de salopes ! ».
Désormais des étudiant-e-s carriéristes lorgnent le RN avec attention : propres sur eux, avec un costard et une cravate ou un tailleur cintré, on peut viser un avenir radieux dans l'arrière-cour de la famille LE PEN ou du gendre favori de la noblesse française.
Divers cercles nationalistes ( Cercle Bayard, Cercle Algérianiste, Centre Lesdiguières et Cercle Droit et Liberté) sont les lieux d'échanges et de formations de militants de toutes l'extrême-droite locale. C'est là aussi où se noue des affinités militantes.
À L'EXTRÊME-DROITE DE DIEU …
On ne les voit pas souvent, mais ces cathos intégristes ont de plus en plus tendance à proclamer leur foi dans les rues de Grenoble, comme le 15 août.
Leurs partis politiques préférés ont souvent été l'Action Française ou les partis chrétiens démocrates. Mais désormais, ils votent sans modération pour le RN, Reconquête et s'enthousiasment pour MARÉCHAL LE PEN, la future « Jeanned'Arc du XXIe siècle » !
En 2024, 42 % des catholiques pratiquants ont voté pour l'extrême-droite : 32 % pour le RN et 10 % pour Reconquête !
La Fraternité-Sacerdotale-Saint-Pie-X gère une école hors contrat à Meylan, l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Une cinquantaine d'enfants y sont scolarisés. L'abbé Jean-Marie SALAÜN la dirige depuis les années 2010. L'inventaire des activités nauséeuses de cet individu est atterrant : messe en l'honneur de BASTIEN-THIRY(2017), un officier de l'OAS qui organisa la tentative d'assassinat de DE GAULLE en 1962, conférences au prieuré de Meylan par Marion SIGAUT une proche de l'antisémite SORAL, ou par Hugues PETIT, président du Conseil scientifique de Civitas qui pouvait affirmer « que les droits de l'homme, c'est une idée fausse, et cette
idée a détruit la société ». SALAÜN appelle aussi à participer à une réunion d'Égalité et Réconciliation et soutient Alexandre GABRIAC, l'homme au bras tendu, quand il est viré du Front national.
En 2025, le Rectorat de Grenoble s'est enfin penché sur le fonctionnement de l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Elle est mise en demeure de revoir son enseignement considéré comme sexiste, révisionniste et créationniste. L'école fait mine basse et modifie quatre bricoles pour éviter des poursuites.
Il existe aussi un autre établissement hors contrat à Saint-Ismier, le Collège de la Sainte-Famille : sa directrice est Golvine PETIT. Son origine révèle qu'elle est la descendante d'une vielle famille aristocratique bretonne – DU BOISBAUBRY – et gardienne des traditions familiales pour avoir enfanté sept marmousets. Son mari Louis PETIT est chef de troupe aux Guides et Scouts d'Europe ; cette organisation est réputée pour son militarisme. Elle est classée à l'extrême-droite.
Pour gérer une école hors contrat, les parents ont créé « l'Association de formation de la personne ». Le président en est actuellement Guillaume de CARBONNIÈRES DE SAINT BRICE, père de six enfants catholiques et baptisés. Plutôt que d'améliorer les conditions de travail, les parents d'élève ont préféré construire une chapelle ; le catéchisme est bien sûr professé par un abbé !
Dans ce collège, la responsable « de la vie scolaire » est Élisabeth ZITOUN, ancienne responsable départementale de la Manif pour Tous. En 2017, elle était suppléante de la candidate FN dans la première circonscription de l'Isère.
Un collège, bien comme il faut, avec uniforme pour les élèves, retraite à l'abbaye du Barroux, pèlerinages, messes d'actions de grâces à la collégiale Saint-André. Pour bien rester dans la norme réac, une conférence est organisée par M. et Mme GRASSET, engagés à Alliance Vita, pour comprendre que la pilule et le préservatif c'est pas bien !
Ces courants intégristes ont comme finalité de « rechristianiser » la France. Ils ont aussi une phobie sur l'enfance et la jeunesse : séparer leurs marmots du commun des mortels, les isoler dans des structures rétrogrades, qui comme la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sont souvent considérées comme sectaires. Leurs écoles ne respectent pas les obligations scolaires, et lorsqu'ils sont adolescents on les confie à des structures comme les Scouts d'Europe ou au Chapitre Sainte-Madeleine.
Ces cathos intégristes adorent la messe en latin, multiplient les pèlerinages et tournent le dos à la modernité. Ils refusent toujours le droit à l'avortement, condamnent l'utilisation de la gestation pour autrui, refusent le suicide assisté pour les personnes en fin de vie…
Dans les années 1960, des cathos intégristes – par ailleurs militants anti-avortement – ont créé une association Cler Amour et famille, pour contrecarrer les activités du Planning familial. Ils défendent des « méthodes naturelles de régulation des naissances » comme les méthodes Ogino ou Billings. L' association forme des conseillers conjugaux et familiaux et des éducateurs qui interviennent auprès des adolescents comme l'association Cycloshow. N'ayant le droit d'intervenir que dans les écoles privées ses animateurs interviennent dans le programme EVAR/EVARS relatif à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Leur vision est purement essentialiste et assigne aux jeunes filles la nécessité de procréer comme le conçoit la vision catholique intégriste.
D'autres associations, telle Alliance Vita, multiplient des conférences sur des sujets de « bio-éthique »avec l'aval de l'évêché. Le responsable local est Gaêl BERNARD. Une de leur dernière manifestation publique était un happening sur la place Grenette à Grenoble.
L'Association Familiale Catholique a fourni la base militante pour les mobilisations de la « Manif Pour Tous » - devenue depuis Le Syndicat de la Famille. Cette association désigne des représentants qui siègent dans les CAF ou les hôpitaux au nom des usagers.
Parmi les membres du bureau de l'AFC, on trouve Arnaud BERNARD (fondateur de l'Office Catholique des Pompes funèbres, membre de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, adjoint municipal de Villard-Bonnot), Dominique PALIARD (ancien militant de l'UMP, ancien conseiller municipal de la commune de Burcin, un des leaders de la Manif Pour Tous), Blandine DE RICHECOEUR (fondatrice de l'Etoile du Berger), Élisabeth DE SOOS ( Candidate du FN /RN), ou Jacqueline NICCOLINI-DARMET (ancienne candidate du Parti Chrétien-Démocrate), bref une assemblée de catholiques combattants !
Nombre de ces militants s'investissent aussi dans des organisations qui ont comme vocation d'intervenir sur les « questions sociales » : l'Ordre de Malte (« pour les démunis »), Magdalena 38 (femmes quittant la prostitution), Le Rocher, oasis des cités (pour « régler la crise des quartiers »), la Maison des familles ou l'Étoile du berger (accueil des femmes battues). Toutes ces associations, présentes sur Grenoble, sont, en partie, financées par La Nuit du Bien Commun, fondée par Pierre-Edouard STERIN, le milliardaire exilé en Belgique pour ne pas payer d'impôt et qui vise à imposer son point de vue à travers le projet PÉRICLÈS ( Patriotes, Enracinés,Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes).
Parmi ces associations « très sociales », Magadalena 38 approche les prostituées et les incite à rejoindre Solenciel, une entreprise d'insertion. Magdalena 38 a été fondée par Rodolphe BARON, qui, par hasard, est le fondateur de Solenciel.
L'Inspection du travail de l'Isère est allée regarder d'un peu plus près, et du coup, l'autorisation accordée à Solenciel a été suspendue pour cause de travail dissimulé et de multiples dysfonctionnements (octobre 2025). Décoré en 2024 par Olivier VERAN, alors ministre de la Santé, de l'Ordre du mérite, Rodolphe BARON n'a pas eu la courtoisie de renvoyer sa médaille.
ACTIVISTES ET TERRORISTES
Plusieurs petits groupes d'activistes ont essayé de se structurer sur la métropole grenobloise : Verum et fida (2023), une première tentative de groupe Nemesis (2023) ou Fronte Gratiano (2025).
Le Groupe National Défense composé de lycéens fait l'apologie des chambres à gaz et appelle à la violence contre les personnes LGBT. Cherchant à montrer leur virilité, ils ont tenté d'agresser un cortège de soutien à la Palestine et multiplient des tags nazis dans les rues de Grenoble et Fontaine. Comme beaucoup de militants de l'extrême-droite nazie, ils cherchent à s'inscrire dans une « lutte contre les pédophiles », en associant confusément « élite judéo-maçonique », « immigration », « pédérastie » et soutien à Vladimir POUTINE. Leur activité principale est de participer à des groupes Télégram.
Active Club est un mouvement international animé par un suprémaciste blanc américain Robert Rundo. Son idéologie prône la violence pour combattre « le grand remplacement » et éviter le « génocide blanc ».
Afin de ne pas tomber sous le coup de la loi française, Active Club se définit comme une « communauté de jeunes blancs », « s'entraînant aux sports de combat pour se mesurer entre eux ». Ce serait donc « un groupe athlétique qui se concentre sur l'amélioration de notre peuple, et non sur l'agression d'autres personnes ». Leur devise « esprits sains, corps sains ». Ils se mettent en scène dans des vidéos d'entraînement et de combats d'arts martiaux. On dirait presque dit des scouts !
Leurs auteurs de référence ont tous eu un engagement fascisant : Charles MAURRAS ( condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l'ennemi), Léon DEGRELLE (fondateur du mouvement Rex en Belgique, engagé dans la Waffen-SS, condamné à mort par contumace en 1945 et réfugié dans les jupes du Caudillo FRANCO), François DUPRAT (membre de l'OAS, d'Occident et fondateur du Front national).
Saluts nazis et dérivés (quenelle, Khuneim), exaltation du suprémacisme blanc, allusion à l'OAS, fleurs de Lys et casques de chevalier apparaissent régulièrement sur leurs images, car Active Club associe des militants d'origines diverses, des catholiques, des royalistes, des hooligans, des néonazis, etc…
Des membres d'Active Club ont participé aux manifestations anti-migrants de St-Brévin et Callac, à la ratonnade de Romans-sur-Isère, au tabassage d'un militant libertaire à Macon, et au défilé du C9M, etc...
Active Club Dauphiné vivote. Quelques sessions d'arts martiaux dans les stades de l'agglomération, ou dans un parc, des promenades sac au dos avec les groupuscules nazis du coin (Les Allobroges Bourgoin-Jallieu, les Bayards, Valyor) ou plus exotiques (Unité Sud de Perpignan, Active Club Carpentras, les Hussards parisiens).
En 2025 un autre groupe nationaliste s'est constitué : les Bayards. Ils se définissent comme des « identitaires sans concession ». Leurs activités sont plutôt nocturnes : collage d'affiches sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, pseudo-cérémonie le 11 novembre avec quatre flambeaux et une logorrhée digne de fascistoïdes en culottes courtes : « Les jeunes patriotes ont rappelé l'importance du sang. Le sang reçu, qui fait naître la nation, mais aussi le sang versé, qui la préserve et la régénère. »
Incapables de s'afficher au grand jour, les Bayards s'associent avec les groupes nationalistes de Lyon (Lyon populaire, ou le groupe Audace) et de Chambéry ( Valyor) pour essayer de gagner en notoriété, ou affichent leur soutien à la Coordination rurale comme à La Tour-du-Pin en montrant clairement qu'ils sont fachos.
Ces groupes ne rassemblent que quelques individus mais n'en sont pas pour autant négligeables.
Enfin, des organisations plus violentes peuvent émerger avec des projets d'attentat contre des personnes ou des lieux symboliques.
Un groupe constitué dans l'Isère en 2017, Les Barjols38, était animé par un retraité, Jean Pierre BOUYET, résidant à St-Georges-de-Commiers. BOUYET avait été proche de Debout la France puis s'était accoquiné avec des activistes islamophobes qui voulaient attaquer des mosquées, exécuter des migrants ou tenter un putsch militaire avec prise de l'Élysée et renversement du gouvernement par la violence. Dans leurs échanges, ils considéraient que la situation actuelle était la conséquence des actions sournoises des francs-maçons et sur leur groupe Facebook, ils avaient rassemblé plus de 5000 abonnés.
Ils décident finalement d'assassiner Macron en Moselle avec un couteau en céramique. 13 personnes sont arrêtées et plusieurs sont condamnés en 2023.
Un autre groupe terroriste se structure en 2017 : il se nomme WaffenKraft, « puissance de feu » en allemand. Leur leader, Alexandre GILET (French Crusader) est un gendarme dans l'Isère, qui posait sur des photographies avec une kalachnikov devant un drapeau frappé d'un soleil noir. Ce groupe rassemblera une vingtaine de personnes.
Dans leurs messages, ils dénonçaient le « grand remplacement », reprenant à l'occasion des diatribes d'Eric CIOTTI, de Valérie PÈCRESSE, ou de SORAL.
Leurs ennemis sont les étrangers, les juifs et les homosexuels. Ils envisagent d'attaquer le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), d'assassiner MÉLENCHON, ou d'organiser un attentat dans une gare de la région parisienne.
Au cours du procès en 2023, Alexandre Gilet est condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Évandre AUBERT, un ardéchois de 28 ans, décrit comme « l'idéologue » du groupe, et un mineur sont tous deux condamnés à cinq ans d'emprisonnement dont deux ans fermes. Gauthier FAUCON écope lui de trois ans de prison dont un ferme. Les peines sont confirmées en appel en 2024.
Enfin, six survivalistes ont été arrêtés à Grenoble en mai 2025 car ils voulaient produire des armes avec une imprimante 3D. Leur objectif était de s'équiper en matériel de guerre dans l'éventualité « d'une guerre civile ». Déjà en 2024, huit survivalistes proches d'Égalité et Réconciliation ont été arrêtés dans la Loire, la Haute-Loire et l'Isère. Ils étaient soupçonnés de vouloir mener des actions violentes comme la destruction d'un barrage hydroélectrique, et d'acheter un hameau, pour se protéger d'une guerre civile qu'ils imaginent imminente.
En janvier 2026, une habitante de Grenoble, Mélycendre, tente de relancer un groupe local de Nemesis. Ce groupuscule est dirigée nationalement par les parisiennes Alice CORDIER et Anaïs ? MARÉCHAL LE PEN. La tentative de création est pilotée par la petite fille LE PEN. Cordialement, Valentin GABRIAC se propose d'inciter les militantes du RN à les rejoindre.
Le recrutement semble pour l'instant limité, mais les cheffes nationales ont sans doute envisagé un happening local dans une ville comme Grenoble qu'elles considèrent contrôlée par des gauchistes violents. Du coup elles prospectent pour recruter d'anciens policiers ou des gendarmes et constituer une milice privée.
Plus expliquer en détail ?
Nous supposons que les autorités sont en train d'instruire une démarche pour vérifier si Nemesis fait partie des « associations ou groupements de fait :
1° Qui provoquent à des manifestations armées dans la rue ;
2° Ou qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées » (Ordonnance n°2012-351 du 12-03- 2012 )
Depuis janvier, une militante de nemesis a participé à la manifestation d'Alliance - syndicat de police à Grenoble et à « l'hommage à Quentin » organisé par les groupuscules d'extrême-droite à Lyon.
LES COMPLOTISTES
Cinq ans après sa création, Grelive semble s'être réduit à peau de chagrin. Les participants qui avaient milité dans ses rangs sont dispersés.
Civitas, dont les militants identifiés étaient Frank SINISI et Valentin GABRIAC, a été dissout par le gouvernement en 2023 pour propos antisémites. V. GABRIAC a rejoint le Rassemblement national ou il est devenu à la fois attaché parlementaire, délégué départemental adjoint et candidat à la mairie de Grenoble. Franck SINISI, ancien conseiller municipal FN de Fontaine, déjà condamné en 2017 à une peine de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale pour avoir proposé de financer l'accueil des Roms « avec leurs dents en or », a été placé en garde à vue le 14 janvier 2026 dans l'enquête sur le dépôt de restes de porc devant une mosquée de Fontaine. Il devait être jugé en avril 2026.
Les Patriotes 38 continuent à manifester avec les derniers militants de Grelive, tel
François-Marie PÉRIER qui comme toujours se met en scène. Il a même tenu une conférence pour les monarchistes du Centre Ledisguières.
Les militants des Patriotes continue à se battre pour le Frexit, et les plus jeunes qui
avaient rejoint la Cocarde étudiante ont disparu du campus universitaire. L'essentiel
de leur activité est la tenue de banquets communs ou de manifestations telle que la «
fête du Printemps » qui a réuni une trentaine de militants.
Les membres d'Égalité et Réconciliation sont plus actifs. En janvier 2026 une conférence sur les 75 ans de Rivarol, journal antisémite et négationniste ; le conférencier était Jérome BOURDON, le directeur de publication du journal, dont les éditos radicalisent la ligne idéologique de l'hebdomadaire en s'en prenant aux libertés individuelles, aux LGBT, aux valeurs de la République et de la démocratie, aux avancées sociales ; il fait l'apologie des régimes fascistes et des criminels de guerre ou coupables de crimes contre l'humanité. Fin avril une autre conférence était celle d'Alain ESCADA, le président de Civitas (Civitas est interdite en France, mais
existe toujours, notamment en Belgique). En décembre 2025, DIEUDONNÉ
était présent sur la scène ouverte de la Brasserie du Vercors à Villard-de-
Lans pour faire son one man show.
Égalité & Réconciliation rassemble des complotistes de tout genre, des antisémites et des survivalistes qui attendent la fin du monde. Leur grand chef est Alain SORAL (de son vrai nom Alain BONNET) réfugié en Suisse pour échapper à la justice. Outres ses manigances financières, SORAL, défend une alliance entre « l gauche du travail et « la droite des valeurs » pour détruire le « Système » dirigé par « la gauche bobo-libertaire et la droite libérale ». A partir de la Manif Pour Tous, il se focalise sur le «
communautarisme gay » et le féminisme. Il est devenu un apôtre du virilisme et du masculinisme et nombre d'influenceurs relayent ses positions.
En guise de conclusion
L'extrême-droite est multiple.
Plusieurs stratégies politiques sont à l'oeuvre :
d'anciens gaullistes fricotent avec les héritiers des Waffen-SS et de l'OAS pour éviter de disparaître ;
des macronistes préfèrent un BARDELLA premier ministre, plutôt que l'abolition d'une réforme scandaleuse sur les retraites. ;
des hommes et femmes d'affaires lorgnent sur les promesses du RN ( moins de « taxes », moins de « contrôles », en clair la disparition du Code du travail) ;
des actionnaires qui espèrent encore plus de profits ;
des milliardaires qui voudraient réimposer un catholicisme de combat ;
À l'inverse, il est pour nous nécessaire de développer des pratiques et des actions antifascistes au niveau local et social, parce que c'est sur ce terrain réel que se jouent les enjeux importants de la lutte contre l'extrême-droite et son racisme rampant.
À Grenoble, comme ailleurs,
on n'est pas condamné à subir encore toutes ces bandes de fachos.
C'est à nous de les combattre.
Pas de fachos dans nos quartiers,
pas de quartiers pour les fachos !
Le président national de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, ce jeudi 3 septembre à Auch (Gers). © Théo Mouraby/Vert
Les uns lui imputent des propos indignes d’une figure à «la carrure nationale». Les autres voient plutôt «quelqu’un de spontané, qui a en lui une colère tout à fait légitime» et qui est surtout «l’homme à abattre d’un syndicat qui dérange». Lunettes sur la tête, courte barbe blanche grignotant ses joues, Bertrand Venteau s’est présenté à la barre du tribunal correctionnel d’Auch (Gers), jeudi.
Le président national de la Coordination rurale (CR) était jugé pour «provocation publique et directe non suivie d’effets à commettre un crime ou un délit». Le 19 novembre dernier, jour de son élection à la tête du syndicat agricole contestataire, il avait déclaré : «Les écolos, la décroissance veulent nous crever. Nous devons leur faire la peau.»
La phrase, réécoutée pendant l’audience, avait fait réagir de nombreuses associations écologistes. France nature environnement (FNE), Générations futures, et FNE Occitanie-Pyrénées se sont constituées parties civiles. «Il y en a ras le bol des menaces et des intimidations. Et la CR est coutumière du fait», dénonce auprès de Vert Jean-François Julliard, directeur général de FNE.
Et cela jusqu’aux portes du tribunal. À 13h15, des membres de la CR venu·es en soutien à leur président ont jeté des œufs sur les plaignant·es qui entraient dans la salle d’audience, tout en les insultant. Les projectiles ont touché de manière indiscriminée des membres des associations, pourtant escorté·es par la police, et une avocate qui se rendait au tribunal pour une autre affaire. «Personne ne doit pouvoir se présenter à un tribunal sous les sifflets. La scène qui s’est passée tout à l’heure n’est pas digne d’un combat politique et syndical ; c’est ce type de discours qui peut avoir un effet délétère», a tonné le président de la cour, Philippe Rigault, en faisant référence aux propos incriminés.
Face aux juges, Bertrand Venteau a tenté plusieurs défenses. Il a d’abord assuré qu’il croyait être dans un cadre privé au moment de son discours : «Il n’y aurait jamais dû y avoir des journalistes à ce moment-là.» Pourtant, sa prise de parole avait lieu lors du 32ème congrès du syndicat, auquel des reporters étaient accrédité·es. Ensuite, il a expliqué qu’il ne pouvait pas les voir, sur scène, à cause de la lumière des projecteurs au moment de son discours. «Je ne vous crois pas», a répliqué le procureur de la République, Claude Derens.
Vient l’explication du sens de son propos. Bertrand Venteau pointe une nébuleuse, un mouvement de pensée – «l’écologie punitive et la décroissance» – à combattre sur le terrain des idées, pas un ennemi à éliminer physiquement. «Beaucoup de gens considèrent que “faire la peau”, ça veut dire tuer. Vous n’êtes pas au courant ?», a feint de s’interroger le président. «Pour moi, c’est combattre idéologiquement et arrêter d’être en permanence sous le joug, critiqué et stigmatisé par ces gens-là», a répondu le prévenu. «Quand on dit qu’on doit dépecer la partie adverse. Vous savez ce que c’est, dépecer un animal ?», a insisté la cour.
«La forme n’est peut-être pas la bonne, mais j’assume mes dires», a maintenu le président de la CR, qui s’est aussi réjoui de l’adoption de la décriée loi d’urgence agricole. «Si mes propos ont permis de revenir sur un débat législatif apaisé qui a permis ces avancés, il le fallait», conclut-il. «Il est drôle que vous ayez utilisé le mot “apaisé”», a remarqué le président du tribunal.
Le mot a aussi fait réagir les parties civiles. «Je ne sais pas si c’est ça la définition du mot “apaisé” de Monsieur Venteau, mais je ne me suis jamais aussi peu sentie en sécurité en arrivant à une audience», a soufflé à la barre Nadine Louverjat, pour l’ONG Générations futures, dont le t-shirt noir était encore marqué par des traces d’œufs.
Bertrand Venteau, président national de la Coordination rurale, prend la parole devant le tribunal d’Auch, avant son procès, jeudi 3 septembre. © Théo Mouraby/Vert
Anne Roques, juriste à FNE, a compté quatre attaques de la CR contre des associations membres de son réseau en décembre 2025. Soit le mois suivant le dérapage de Bertrand Venteau. Elle en donne un exemple : en Charente-Maritime, le 10 décembre dernier, des salarié·es ont retrouvé une tête et la peau d’un sanglier devant leurs locaux. «C’est une référence directe aux propos de Monsieur Venteau. La CR n’est pas au-dessus des lois», assène-t-elle.
Sur le banc des prévenus, Bertrand Venteau souffle ou lève les yeux au ciel à de rares moments. Le reste du temps, il tourne ses lunettes dans ses mains ou tripote le bas de son jean. Parfois, il scrute les murs de la salle d’audience, comme s’il attendait que tout cela passe. Son conseil, Josyane Andrieu-Filliol, plaide la relaxe pour absence de preuve. Pour elle, le parquet ne peut pas prouver que l’assemblée dans laquelle les propos ont été prononcés était publique. Elle balaye le sens de ceux-ci : «une métaphore». Elle insinue également un traitement défavorable à l’encontre de son client, une «sorte de privilège» pour le faire passer rapidement devant la justice, comme un «deux poids, deux mesures».
Un discours entendu devant le palais de justice, de la bouche des adhérent·es de la CR. Cyrille (il n’a pas voulu donner son nom), 56 ans, trouve qu’il y a deux côtés : «Un qui doit fermer sa gueule [les agriculteur·ices, NDLR], et l’autre qui a le droit de tout dire», comme «les représentants de l’écologie», à qui il reproche de gagner leur vie en faisant de la politique.
«Être le porte-parole de milliers de gens qui souffrent, ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi», a tranché le procureur, dénonçant une parole qui «voue un groupe à la vindicte populaire de ses électeurs et adhérents». Il a requis une amende de 30 000 euros avec sursis. Le délibéré a été fixé au 15 octobre.
À la sortie de la salle d’audience, Bertrand Venteau a retrouvé les 200 à 300 agriculteur·ices toujours présent·es. Il a confié au micro que le lancer d’œufs lui avait causé plus d’ennuis qu’autre chose dans l’enceinte du tribunal : «C’était peut-être une bêtise… Mais, un œuf, ça n’a jamais tué personne.» Il renvoie d’ailleurs la faute sur le préfet, «qui n’a rien fait pour que cela se passe bien». Pour éviter la confrontation, il aurait fallu, selon lui, faire entrer les plaignant·es par la porte de derrière, en catimini.
Il reconnait avoir passé un moment pénible devant les juges ; il va devoir s’y habituer : ce vendredi, il est attendu devant la cour d’appel de Limoges (Haute-Vienne) pour une autre affaire. Cette fois pour outrages, menaces et intimidation d’élu·es et de fonctionnaires de l’État, avec deux autres prévenus.
Nous sommes issu·es du mouvement social du 10 septembre 2025, « Indignons-nous, bloquons tout ». Depuis 1 an, nous menons des actions dans la continuité de cette dynamique : de collages à détournements de pubs en passant par la redécoration des escaliers de la Croix Rousse, on organise de nombreuses actions de terrains.
On fait le bilan de tout ça à l'occasion de nos 1 an, et on te présente nos campagnes à venir à l'occasion !
📅 RDV jeudi 10 sept.
🕡 A partir de 18h30
📍 Au bar DrYeast, Lyon 04
🚇 Métro Croix-Rousse (métro C)
Découvre nos actions, rencontre l'équipage et rejoins la Mutinerie !
Présentation de l'équipage
Retour rapide sur nos origines, les valeurs qui guident nos actions et notre fonctionnement interne
Retour sur nos actions passées
Découvre nos modes d'actions, nos échecs et surtout nos succès
Nos campagnes à venir
Nos objectifs à l'horizon 2027 et les projets qu'on va porter
Rejoindre la Mutinerie
Nos modes d'action te parlent ? Bienvenue à bord camarade !
Ateliers libres
Plusieurs ateliers sont prévus pour expérimenter concrètement ce qu'on fait en militant avec la Mutinerie : maquillage anti-IA, atelier bazooks (projections lumineuses sur des bâtiments), détournements d'affiches publicitaires...
Soutien au camarade
La camaraderie, c'est aussi donner de la force à un de nos membres qui fait face à des procès abusifs et injustes. Des stands de ventes de gâteaux et goodies seront prévus pour le soutenir !
Au sommaire de Bruits de tôles le 3 septembre 2026 : Moben sorti des QLCO Soutien à un déserteur russe Paul Tancre, tué par la police Verdict dans une affaire de mutilations datant des Gilets jaunes Sans-papiers : Une enfant refoulée à la frontière Allongement de la durée de rétention Manifeste de Cotonou pour la liberté de circulation Contre la construction d’un centre de rétention à Notre-Dame-des-Landes
Source : ClimaxQuand ?
Du 14 septembre à 18h au 18 septembre à 21h
Où ?
Lieux multiples
La Coordination 75 des Sans-Papiers, l'Intercollectif des Sans-Papiers d'Île-de-France et la Salle Saint-Bruno proposent une semaine de programmation autour des luttes des sans-papiers à l'occasion des 30 ans de l'occupation de l'église Saint-Bernard
Depuis le mouvement des Sans-Papiers de 1996, marqué par l'occupation de l'église Saint-Bernard, le mouvement des sans-papiers s'est structuré au sein de collectifs et de coordinations (de collectifs). Leurs revendications : la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et d'installation. 30 ans après Saint-Bernard, la lutte des sans-papiers continue d'être terriblement d'actualité et a besoin d'être rappelée
Programme :
o Exposition de photographies d'Anne Volery du 14 au 18 septembre : « Personne n'est illégal, photographies et récits de Sans-Papiers en lutte ». Inauguration de l'exposition le lundi 14 septembre à 18h00 - Visites guidées les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 18h00 à 19h00.
o Table ronde, Les luttes actuelles des Sans-Papiers avec Anzoumane Sissoko, l'Intercollectif des Sans-Papiers d'Île-de-France (CSP75, CSP17, CSP Montreuil, Droits Devant !!, CTSPV, CSP93), le Collectif des Jeunes du Parce de Belleville et la Marche des solidarités, le lundi 14 septembre à 19h30.
o Projection-débat de la Ballade des Sans-Papiers, documentaire sur le mouvement de Saint-Bernard. En présence du réalisateur Samir Abdallah et de témoins, soutiens et acteurs du mouvement de 1996 : Mogniss Abdallah (Agence Im'media), Jean-Claude Amara (Droits devant !!), Doro Traoré (membre du Collectif de Saint-Bernard), le jeudi 17 septembre à 19h00.
o Visite de quartier sur les lieux emblématiques de l'histoire des Sans-Papiers dans le 18è arrondissement avec Bernard Masséra le vendredi 18 septembre à 14h00.
o Cérémonie avec les collectifs de Sans-Papiers devant la nouvelle plaque commémorative à l'Église Saint-Bernard le vendredi 18 septembre à 17h00.
o Concert gratuit de Pedro Kouyaté le vendredi 18 septembre à 19h00.
Entrée libre pour tous les événements de la semaine
Quand ?
Le 3 octobre de 19h30 à 0h
Où ?
La BAM - Bibliothèque Associative de Malakoff 14 Impasse Carnot 92240 Malakoff
Film de Iro Siafliaki (86mn, 2025) suivie d'une discussion avec la réalisatrice et la monteuse.
Le mouvement des gilets jaunes vu comme une marche.
En reconfiguration permanente, elle traverse les espaces des luttes contemporaines, l'histoire et le champ des possibles. Mise à l'épreuve des corps, des évidences et des dispositifs cinématographiques, la marche est surtout expérience sensible d'une vie qui se transforme.
Quand ?
Le 3 octobre de 19h30 à 0h
Où ?
La BAM - Bibliothèque Associative de Malakoff 14 Impasse Carnot 92240 Malakoff
Film de Iro Siafliaki (86mn, 2025) suivi d'une discussion avec la réalisatrice et la monteuse.
Le mouvement des gilets jaunes vu comme une marche.
En reconfiguration permanente, elle traverse les espaces des luttes contemporaines, l'histoire et le champ des possibles. Mise à l'épreuve des corps, des évidences et des dispositifs cinématographiques, la marche est surtout expérience sensible d'une vie qui se transforme.
Quand ?
Le 9 septembre à 19h30
Où ?
TDTF 43 Rue Cavendish, 75019, Paris, France
La prochaine rencontre du TDTF aura lieu le mercredi 9 septembre à 19h30.
A l'occasion de la sortie de son livre « République » paru aux éditions Chose Commune, on accueillera la photographe Bérangère Fromont pour parler de son travail photographique.
Bérangère Fromont questionne depuis une quinzaine d'années la notion de résistance. Résistances individuelles ou collectives, luttes politiques, quêtes de visibilité, mais aussi action de résister, comme force de vie. Elle mène une exploration artistique des façons d'habiter le monde en dehors des systèmes et des modes de représentation dominants : habiter poétiquement, éthiquement et politiquement le monde relève pour elle d'une nécessité intime.
Quand ?
Le 17 septembre à 19h30
Où ?
EDMP 8, impasse Crozatier, 75012, Paris
Le groupe local Paris Nord Est de l'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat autour du film Agent Orange, une bombe à retardement, de Thuy Tien Ho et Laurent Lindebrings . En quittant le Vietnam en 1975, l'armée américaine a laissé un poison invisible : la dioxine. Cette arme chimique puissante, plus connue sous le nom d'Agent Orange, produite par la multinationale Monsanto, a pris possession de la terre, des eaux, de la végétation. En s'infiltrant dans les sols, les rivières, elle touche la chaine alimentaire. Des millions de Vietnamiens sont victimes de la dioxine, atteints de malformations et de cancers. 40 ans après les derniers épandages, la dioxine continue ses ravages. C'est cette utilisation massive de produit toxique qui a conduit à théoriser la notion d'écocide.
Alors qu'une manifestation se prépare le 03 Octobre pour protester contre les pesticides, cette projection et la discussion qui suivra seront l'occasion de se rappeler de l'utilisation des pesticides comme arme de guerre, de soulever l'importance de lutter contre le colonialisme chimique et pour une écologie anti-impérialiste.
Rendez-vous à le Jeudi 17 Septembre à 19h30 à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12ème ; projection à 20h00 suivie d'une discussion.