Rentrée du comité dijonnais des Soulèvements de la Terre samedi 5 septembre à la Bourse du travail à partir de 16h30.
DÉSARMONS L'INDUSTRIE DES PESTICIDES
SAMEDI 5 SEPTEMBRE
Le comité dijonnais présente la
RENTRÉE DES SOULÈVEMENTS DE LA TERRE
à la Bourse du Travail (17 rue du Transvaal - Dijon)
Alors que nous vivons des chaleurs accablantes et une sécheresse catastrophique, que des milliers de personnes (pour ne parler que de la France) on eu l'eau courante coupée, que des paysan.es voient leurs terres mourir sans pouvoir rien faire, nous ne pouvons que rappeler le rôle déterminant et mortifère que l'agro-industrie joue dans la destruction de l'environnement et le bouleversement du climat. Rappeler que cette même agro-industrie accapare, détourne, (quand elle ne vole pas) des millions de m3 d'eau chaque année, que les pesticides qu'elle produit, engendre l'érosion des sols, la pollution des nappes phréatiques, la destruction systématique de certains organismes vivants (faunes et flores) et une épidémie de cancers, de maladies neurodégénératives et congénitales dans le monde paysans et environnant.
Comme annoncé dans un précédent mail nous vous proposons un temps d'information sur l'industrie des pesticides en vue de la mobilisation internationale du 3 octobre prochain contre SYNGENTA et sur les luttes locales qui résistent face à l'accaparement des terres
16h30 – Présentations de luttes locales et de la mobilisation Stop-pesticides du 3 octobre
Nous commencerons par l'actualité des luttes locales qui nous tiennent à cœur :
* Les Valendons (quartier du sud de Dijon) pour la défense des jardins et du vivant, face au projet d'extension de vignes de la mairie
* Mesmont (village à l'Ouest de Dijon) debout contre le projet de complexe économique porté sur une 10aine d'hectares de terres agricoles, par le propriétaire du Super U de Sombernon
* À Liernais (vers Saulieu), la LPO porte des recours contre la centrale photovoltaïque sur sol vivant.
* Les habitant.es de la Vallée de l'Ouche luttent contre l'installation d'éoliennes dans une Zone Natura 2000
Avec des interventions de personnes actives dans ces luttes.
Nous continuerons par la présentation de la prochaine mob' internationale contre les pesticides
Co-organisée par Cancer Colère, La confédération paysanne, la CSVPO et Les Soulèvements de la Terre le 3 octobre dans l'Eure (Saint Pierre la Garenne) cette manifestation appelle à se mobiliser contre Syngenta, multinationale monstre fabricante de pesticides. Alors que le gouvernement a fait repasser en force la loi Duplomb rejetée l'année dernière, le combat continue pour repousser l'agro-industrie qui rend malade et pourrit l'eau et les vies.
Avec des interventions de Cancer colère, des faucheurd et de la Confédération paysanne.
En octobre nous serons des milliers à marcher sur Syngenta : viens !
18h30 – Conférence de l'écrivain-paysan Gérard Boinon
Gérard Boinon est paysan à la retraite. Il a été intoxiqué par les pesticides qu'il utilisait lorsqu'il travaillait en agriculture conventionnelle. Il partagera son expérience de ses produits et de leurs conséquences sur la santé mais aussi des alternatives qu'il a ensuite mis en place pour produire sans les utiliser. Il est maintenant aussi écrivain et « semeur de conscience ».
à partir de 20 h – BANQUET et BAL place Wilson
et organisation pratique pour le 3 octobre
Repas à prix libre
Nous vous invitons à aller, le même jour, à la manifestation pour une paix juste et durable en Palestine
qui partira de la place Darcy à 15h pour finir à la Bourse du Travail afin de rappeler l'utilisation des pesticides comme armes de guerre par Israël.
D'ici-là inscrivez-vous à la lettre d'infos du comité en écrivant à :
sdltdijon@riseup.net
et à la newsletter nationale des Sdt sur :
lessoulevementsdelaterre.org
REJOIGNEZ LA MOBILISATION !
EN ACTION, nos millions de colères sont puissantes.
Les causeries de Louise proposent 2 réunions publiques avec Isabelle Attard, le vendredi 9 octobre à la Fleur qui pousse à l'intérieur et le samedi 10 octobre au Black Market.
Les causeries de Louise proposent 2 réunions publiques avec Isabelle Attard :
Le vendredi 9 octobre - 19h - à la librairie La Fleur qui Pousse à l'Intérieur sur le sexisme au quotidien.
Rencontre et débat féministe autour des réalités du sexisme au quotidien, des conquêtes, des droits féministes et des combats en cours.
Le samedi 10 octobre - 15h - au Black Market autour de son livre : Comment je suis devenue anarchiste.
Comme le travail médical et humanitaire, l'action sociale est de plus en plus confrontée à l' urgence, alors même que l' essence de sa mission d'écoute ou de lien social demande du temps. L'urgence lui impose une réponse rapide face au mal-logement, à l'asile, aux VSS, aux problèmes de santé ou au chômage. Plutôt que de faire taire ces crises qui sont autant de signes de ses défaillances, l'Etat semble préférer les assumer et organiser leur prise en charge, en co-gestion avec le monde associatif. Que cache cette intervention humanitaire providentielle ? Il faut moins y voir une tentative de l'Etat de s'améliorer en continu que d'évacuer les problèmes sociaux structurels en les traitant comme des urgences. Avec l'urgentisation du social, l'Etat a trouvé une manière de relativiser ses failles ; il les noie dans le spectacle du traitement de leurs effets. L'urgence apparaît domestiquée, acceptable et organisée par une gouvernementalité humanitaire s'étendant de l'Etat à l'associatif et alliant délicatement compassion et rationalisation, aide et condition, intégration et exclusion.
NOYER LES CAUSES DANS LES SYMPTÔMES Pour l'Etat (et celleux qui souhaitent l'améliorer), reconnaître des urgences comme le sans-abrisme, le chômage, l'accueil des exilé-es, les violences faites aux femmes ou aux personnes LGBT+ permet de déplacer l'attention des causes vers les symptômes de l'urgence. Plusieurs tactiques de décentrage et donc de déresponsabilisation sont alors à l'oeuvre :
1.SPECTACULARISER
La mise en spectacle de la violence et de la prise en charge des inégalités et des crises sociales occultent leurs origines que sont le travail, le capitalisme, l'Etat ou ses frontières. Elle permet de répondre à quelques situations - souvent médiatisées comme le plan Grand froid à Paris ou l'accueil massif de migrant-es ukrainien-nes - plutôt qu'à toutes. Lâcher du lest par-çi par-là, pour mieux régner sur la totalité. Conjointement, la mise en urgence d'un sujet laisse induire qu'il est possible de sortir de l'impuissance : de la crise peuvent émerger des victoires. Il ne s'agira jamais d'augmenter réellement nos libertés mais d'insertions professionnelles, de régularisations ou d'indemnisations. L'aide d'urgence permet de digérer les revendications sociales, de légitimer l'intervention institutionnelle et de perpétuer l'illusion de la prise en charge de nos besoins. Une stratégie reprise souvent inconsciemment par les cadres associatifs et autres gestionnaires de l'urgence pour éviter la délicate perspective de la transformation radicale de la société, peu propice aux dons, aux subventions ou aux votes.
2. INDIVIDUALISER
Le décor une fois posé, le décentrage de la cause vers le symptôme s'opère ensuite en ignorant les origines structurelles et les rapports de domination pour préférer individualiser et moraliser leur responsabilité. Du côté des pouvoirs publics, c'est par exemple la critique de travailleurs sociaux maltraitants plutôt que celle d'un travail qui rend violent ou encore, d'hommes errants menaçants plutôt que l'abolition des frontières qui précarisent. Du côté des associations, une exclusion de certains individus violents de leurs dispositifs d'aide, une moralisation de la question politique avec des bons et mauvais points militants ou une concentration de la critique sur des “grands méchants” (Bardella, Bolloré, etc.), bien plus fédératrice qu'une critique de la démocratie et de son travail, de la gauche, de ses centres de rétention administrative (créés par Mitterand) et de ses frontières.
3.TRANSFORMER EN DÉRIVE... OU NORMALISER
Puis quand un rapport systémique de domination n'est plus ignorable ou que la défense se complique, la stratégie du pouvoir peut être d'en reconnaître la dimension structurelle tout en la traitant comme crise et dérive, donc en l'évacuant aussitôt comme un “dysfonctionnement” corrigeable. La diversion vers les “dérives” s'accompagne de nouvelles explications, bien loin de leur radicalité première, et de mesures dont l'objectif n'est pas un changement de structure, mais d'un retour à la normalité. La pirouette fait céder du terrain mais seulement pour un temps. Ainsi, les causes de la misère des SDFs sont souvent naturalisées comme une fatalité (quand elles ne sont pas attribuées à ces mêmes individus), comme une externalité négative malheureuse d'un système capitaliste imparfait mais “le moins pire qu'on ait”, ce qui permet alors d'évincer toute critique du travail ou du capital qui pourtant les met à la rue. Plutôt que de viser la transformation de la société ou la sortie du capitalisme, on cherchera à réduire et à contenir les violences familiales, les cercles vicieux de l'alcoolisme ou les imperfections du marché du travail, en renversant ces symptômes comme des causes premières de nos urgences. Quand l'Etat parle de problèmes managériaux, de plans d'investissements à mener, de santé mentale ou de perte de sens à corriger, le monde associatif peut lui revendiquer un manque de moyens à combler (pour continuer de faire plus ou moins la même chose, toujours en moins pire) ou pointer du doigt un manquement au droit, ce même droit qui structure et légitime par ailleurs les dominations de l'Etat et de sa justice. L'associatif cherchera souvent plus à en corriger les “abus” qu'à dépasser leurs structures. On chantera “un toit c'est un droit” et conclurons nos manifestations après des mises-à-l'abri ou des régularisations, aussi temporaires que cycliques. Comme si les rafles de personnes exilées, leurs encampements et leurs refoulements aux frontières de l'Europe n'étaient que des dérives. On scandera “Vérité et justice”, comme si les meurtres policiers n'étaient que des bavures à faire reconnaître par la Justice, que le droit était du côté de l'émancipation, que deux siècles de démocratie capitaliste étaient réformables.
4.NOYER LE TOUT DANS LE TOUT
Enfin, le décentrement de la cause vers le symptôme s'achève en noyant l'urgence dans l'urgence, en la multipliant de telle façon qu'il n'y en ai plus vraiment, ou que l'on s'y habitue. Pour bien laver son linge, il suffit de le mélanger et de laisser tourner la machine. Gérer l'urgence c'est en faire non plus une temporalité extraordinaire, mais la modalité normalisée de l'action, sociale ou humanitaire. Saturer l'espace public de crises concurrentes aux effets spectaculaires, les multiplier et les traiter avec la même énergie jusqu'à ce que cette importance de tout ne veuille plus rien dire. Une urgence de tout qui s'auto-institue, s'autonomise et s'annule dans un même geste.
L'urgence sidère par la gravité et le spectaculaire de ses symptômes : des violences s'exercent, des campements sont érigés, des situations dégénèrent, des gens meurent. La dramatisation et le lexique guerrier soutiennent alors leur gravité, que ce soit pour affronter le coronavirus, le chômage ou le terrorisme ou en parlant de “crises migratoires”. A la “War on drugs” américaine, Darmanin renchérit par la “Bataille de Stalingrad“. L'information nous vient par l'image qui clive ou qui fédère, toujours autour d'affects et d'indignations universelles comme la souffrance ou les Droits de l'Homme, inlassablement récupérés par les pouvoirs en place qui se placent en pompiers de leur propre incendie. Sidérante, l'urgence émeut et indigne autant qu'elle paralyse et immobilise ; elle pousse soit à la tétanie, soit à l'action immédiate de palliation, à la panique, aux pulsions conservatrices et aux réflexes humanitaires, pour le moins pire plutôt que contre le tout.
Tout comme la surinformation désinforme, l'empilement des crises produit une concurrence des urgences qui empêche toute politisation globale des problèmes. Ce que l'on attendait hier de l'avenir et des grands projets révolutionnaires semble davantage exigé dans le présent, heureuse nouvelle s'il était moins un présent de la résignation, du moins pire et de la réforme qu'un présent de l'expérimentation de la liberté et de la révolte. Irrémédiablement, la réponse à tous ces problèmes est un Etat plus fort et plus progressiste, appelé de nos voeux à chaque élection. Ou de nouvelles personnes providentielles comme a pu l'être Emmanuel Grégoire et tant d'autres, auto-proclamé pourfendeur des violences faites aux enfants et du sans-abrisme. C'est lui qui, lorsque le sujet des SDF reviendra chaque hiver comme une urgence, déclenchera des “plans Grand Froid” alors qu'iels seront expulsé-es et mourront dans la rue le reste de l'année.
SAUVER POUR NE RIEN CHANGER
Cette temporalité cyclique de l'urgence sociale traduit une politique de la pitié qui se déclenche surtout à l'approche du pire, donc généralement de la mort. Pour faire objet d'indignation consensuelle dans l'opinion publique, la mortalité doit être spectaculaire et imminente : noyade en Méditerranée, enfants à Gaza, victimes du SIDA ou mort-es dans la rue. Contrairement aux rêves droitsdel'hommistes, l'urgence n'est jamais universelle, traitée de manière inconditionnelle. Elle dépend d'une reconnaissance politique, en réaction à une situation dramatique ou par anticipation de son aggravation potentielle. Toujours a postériori, par calcul du nombre de morts acceptables. Comme si la mort n'était inacceptable que dans certaines situations d'injustice, celles où les victimes ne méritaient vraiment pas leur situation. Comme si la mort constituait l'ultime et unique garde-fou moral capable de contraindre à l'intervention, la seule chose contre laquelle l'opinion publique peut encore s'indigner, à ceci près que toutes les morts ne semblent pas se valoir. En outre, ce n'est même plus tant le décès d'une personne sans-abri qui émeut en tant que telle mais l'espace que son événement occupe dans l'actualité, la politique se faisant plus que jamais celle de l'émotion.
À l'instrumentalisation de la compassion par les politiques publiques et caritatives qui invitent au secours plutôt qu'à la révolte s'ajoute un répertoire d'actions lié au sauvetage par l'intégration. La morale humanitaire semble indiquer de prendre soin des individus, sufisamment pour les sauver de la mort et maintenir leur capacité productive mais suffisamment peu afin d'éviter l'émergence d'autres possibles. Les mettre à l'abri aux quatres coins de la France dans des hébergements d'urgence éphémères pour les isoler et tuer leurs luttes. Atténuer la souffrance pour ne rien changer, parler d'exclusion pour ne pas parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté, parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté pour ne pas parler du capitalisme ou du travail. Individualiser les malheurs plutôt que les penser en termes de dominations, parler de traumas à soigner plutôt qu'interroger leurs origines, montrer de la compassion face aux souffrances plutôt que d'interroger la justice de l'Etat et des organisations qui s'y réfèrent. La lutte pour l'autonomie et la liberté s'effacent devant le langage humanitaire des pouvoirs publics.
Cette dépolitisation par l'urgence est entretenue en bout de chaîne par nos organisations militantes qui pour vivre ou se faire connaître jouent le jeu de la spécialisation des crises et des politiques publiques en investissant une “cause” comme l'enfance, les VSS ou le sans-abrisme. Etat, partis ou associations traitent chaque cause d'urgence au cas par cas, occultant leurs origines systémiques liées à l'organisation du travail, aux rapports de domination, à la captation des richesses ou l'organisation de la dépendance économique qui peuvent expliquer chacune de ces urgences. Puisqu'aller plus loin dans la critique signerait la fin de leurs financements, de leur légitimité voire de leur existence, les associations et organisations militantes se contentent généralement d'un plaidoyer de réforme et en appellent finalement toujours à un capitalisme plus inclusif plutôt qu'à son renversement. Automatic word wrap
La faim, le mal-logement et les différentes violences sociales sont pourtant les résultats du capitalisme. Ce qu'il y a derrière ces urgences, ce sont des écarts répétés et grandissants entre le revenu et le coût de la vie, du surendettement, des expulsions de plus en plus fréquentes et d'autres processus anti-sociaux et inégalitaires nourris par l'Etat, son monde économique, sa démocratie et ses organisations “gestionnaires malgré elles”.
NORMALISER L'URGENCE, LÉGITIMER L'INTERVENTION
En inscrivant les souffrances sociales comme dérives à soigner, l'Etat et les pouvoirs associatifs justifient ainsi mieux leur propre intervention. L'Etat efface non seulement sa responsabilité à la source mais s'auto-institue dans le même mouvement comme seul calmant légitime. En bon gestionnaire de sa propre crise, ses plans contre les VSS, ses aides sociales et autres fumisteries rejouées à chaque élection légitiment son existence ainsi que celle de ses différents acteurs de la gestion de l'urgence, qu'ils soient politiques, humanitaires, ingénieurs ou militaires. Normalisée, l'urgence est renversée et récupérée comme élément de pacification : il ne s'agit plus de lutter mais d'être solidaires, ensemble pour le moins pire.
C'est la nature même de l'Etat, qui quand il ne peut pas se trouver d'ennemis extérieurs pour fédérer autour de guerres, doit se tourner vers des ennemis intérieurs à expulser ou des urgences à pallier. La crise justifie la mise en place de moyens extraordinaires comme les camps, les statuts administratifs précaires, les centres de rétention ou de nouvelles formes de dépendance (plans de régularisation, aides sociales etc) qui sont autant d'outils de pacification sociale. Une intervention naturalisée, non questionnable et même souhaitée : il en va de la survie des gens !
Pendant l'état d'urgence sanitaire lié au Covid-19, la police a pu punir sans passer par un juge grâce à l'usage massif d'amendes forfaitaires, qui ont particulièrement été appliquées dans les quartiers pour les maintenir dociles. À Paris, des formations et des assermentations express ont été données aux services de sécurité des bailleurs sociaux (le Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance) pour permettre aux gardiens de patrouiller dans les résidences HLM, dresser des procès-verbaux face aux “incivilités” et faire respecter les mesures de confinement. Les exceptions du droit d'un Etat d'urgence permanent. Dans le même mouvement, l'intervention associative prend tout son sens. Par la gestion des urgences, la question sociale cesse d'être pensée en termes de rapports de classe ou d'affinités révolutionnaires pour être fragmentée en bénévoles “soutiens”, salarié-es expert-es et “publics” bénéficiaires, selon le vocable symbole de cette asceptisation et victimisation des luttes. Là où émergeaient les idées d'entraide, de conflictualité ou d'autonomie populaire apparaissent subventions, expertise, prévention, accompagnement, évaluation et partenariats. Distribution alimentaire sans espace politique, atelier CV plutôt qu'organisation collective, participation symbolique des “premier-es concerné-es” ou communication humanitaire basée sur des témoignages plus que sur des ouvertures d'espaces autonomes…
On nous soutiendra que ces compromissions ou que l'aide à l'intégration (par le travail et les papiers) avant la révolution vient des “premier·es concerné·es”, alors que tout est fait dans la société et dans les organisations d'aide d'urgence pour que les plus précaires n'aient ni le temps ni l'espace de demander autre chose que l'aide humanitaire. Et que nous, “soutiens”, travaillions - potentiellement salaire à la clé - à réparer des symptômes qui donnent du sens à notre militance. C'est ainsi tout un système de représentation de nos besoins qui est validé sous couvert d'humanisme, occultant d'autres perspectives d'entraide, de questionnement, de collectivisation et d'autonomie. L'organisation de l'urgence agit ici comme extension de la démocratie représentative qui nous prive de nos moyens d'organisation et de subsistance. Ce sont nos cadres étatiques ou sociaux qui décrètent nos urgences et débloquent nos aides, ou nous-mêmes qui finissons par devenir nos propres cadres, que ce soit par quête de sens, par croyance de pouvoir faire mieux de l'intérieur ou par “nécessité”.
Ces renversements remplacent la défense conflictuelle de l'infinité de nos désirs par l'écoute, la médiation et la réparation de nos problèmes. Plutôt que de produire une critique de l'Etat, de nouvelles formes d'entraide ou de renoncement au travail, l'énergie militante est captée par le travail social, qui individualise et psychologise les problèmes. L'urgence substitue l'entraide qualitative par l'aide quantitative : les bon·nes gestionnaires évaluent, essayent de faire le plus avec le moins et rationnalisent les rapports sociaux dans ces espaces. Autrement dit : le conflit devient souffrance et la politique se dévoile pour ce qu'elle est : prise en charge. Il ne nous reste alors plus qu'à soigner les symptômes et à manifester quelques joyeux dimanches, pour dénoncer quelques dérives.
Adossée aux logiques de marchandisation à l'oeuvre dans le secteur associatif, l'urgence justifie la privatisation de la protection sociale : mutuelles et assurances privées pour les « inclu·es », associations caritatives pour les « exclu·es ». Cette confiscation de l'aide nous dépossède de notre responsabilité, l'aide est déléguée à des professionnel·les de l'urgence qui la cadrent et la régulent pendant que la solidarité devient un délit si l'on accueille des sans-papiers. C'est aussi l'urgence et ses aides qui justifient les interventions militaro-humanitaires à l'étranger, sous couvert de droit international, de neutralité ou du droit d'ingérence. L'expertise et l'aide d'urgence légitiment des “guerres justes” correctement menées ou des génocides encadrés par couloirs humanitaires. C'est l'urgence qui a justifié les plein pouvoirs accordés à Hugo Chavèz pour gérer les pluies et coulées de boue de 1999 et organiser la militarisation qui s'en est suivie. En France, c'est l'urgence terroriste de 2015 qui a pavé la voie des lois de surveillance et de répression policière ou des hausses de dépenses militaires. Le droit de l'état d'urgence et les dispositifs de surveillance anti-terroriste se sont depuis plus que jamais immiscés dans le droit des étrangers. A Mayotte comme en Guyane, l'état d'urgence a servi de prétexte pour intensifier les opérations de contrôle des frontières et de la régularité du séjour des individus. C'est aussi l'extension de l'Etat d'urgence anti-terroriste qui a permis de faciliter le démantèlement de la “jungle” de Calais, expulsée en trois jours début 2016. Avant de justifier l'expulsion, l'état d'urgence et la menace terroriste ont d'abord été utilisés pour sécuriser la frontière en érigeant une clôture de 4m de haut le long du port de Calais et différents dispositifs de clôtures, de vidéo-surveillance, de détection infrarouge et de lumières pour empêcher le passage par l'Eurotunnel. L'état d'urgence a ici servi à dissuader les tentatives de passage et s'est ensuite étendu à l'interdiction de différentes manifestations sous prétexte que les autorités ne disposaient pas des moyens nécessaires pour en assurer la sécurité. L'état d'urgence semble tendre vers sa permanence, il justifie l'exception au droit qui encadre sa gestion par ailleurs. Le droit n'a jamais limité l'Etat, il en est son langage le plus efficace. Dans le régime de l'urgence, le droit devient même performatif et se soumet au politique qui s'autonomise : quand Macron a annoncé le confinement et le pass sanitaire, la base légale était encore floue et le pays a immédiatement appliqué la mesure. La politique humanitaire prônera toujours l'exception comme méthode de gouvernement : le pouvoir agit au nom de l'urgence pour devancer le droit et préserver l'ordre existant.
L'URGENCE EST LÀ, LA CRITIQUE ATTENDRA
Noyer l'urgence dans l'urgence ne consiste pas seulement à multiplier les crises et à brouiller les causes dans le traitement de leurs symptômes, mais aussi à organiser un régime d'action et d'instantanéité dans lequel tout doit être traité immédiatement, contre le temps de la critique. Tout comme la satisfaction immédiate de nos désirs par la consommation nous empêche d'accéder à d'autres désirs, le régime de l'urgence devient une forme de gouvernance. Il impose un tempo qui légitime la confiscation du pouvoir ou le maintien d'espaces politiques descendants qui brident les velléités subversives et dé-radicalisent les discussions. Les pouvoirs publics comme le milieu associatif se montrent particulièrement créatifs en la matière.
Le spectacle de la crise et de l'urgence provoque en effet souvent soit sidération et immobilisme face aux crises, soit un besoin irrépressible de résolution immédiate de ces symptômes, que ce soit pour trouver du sens dans l'absurde ou pour que la violence ne reste pas aux portes de notre confort. Réorientée vers la réaction immédiate — pétitions, indignations, bénévolat par ci par là, campagnes rapides — l'énergie critique s'attaque aux effets visibles et spectaculaires — la crise écologique, sociale ou le fachisme — ainsi qu'au pouvoir en place ou à venir et ne s'étend rarement à une critique plus large des structures qui rendent possibles et permanentes ces dominations, comme le pouvoir en tant que tel ou les formes acceptables du capitalisme, qu'elles soient démocratiques ou humanitaires. Car ces structures nous font vivre et sont désirées par beaucoup, ou constituent des repères moraux et militants d'où peuvent partir des luttes et des espoirs. Car toute critique d'un au-delà de l'immédiat à gérer devient idéologique et indécente lorsque des vies sont en jeu (et que des salaires dépendent des dons et de la popularité de l'association). La critique associative ne concerne peu les conditions de production de l'urgence elle-même, ni les dispositifs qui la rendent permanente, ni l'organisation politique d'une attention saturée, fragmentée, où chaque problème est immédiatement remplacé par un autre.
Sans finalité autre que la suspension de l'urgence pour un temps, nos actions de manifestation, de maraudes ou d'hébergement d'urgence deviennent alors des fins en soi, des objets de luttes qui se suffisent à eux-mêmes et reviennent en boucle. La réalisation de nos missions d'urgence étant déjà si difficile au vu des conditions allouées par l'Etat - et acceptées par les associations qui en vivent - que l'essentiel de notre temps va au soulagement de la crise plutôt qu'à son dépassement. Il n'y a ni temps ni moyen pour la création d'espaces nouveaux d'auto-détermination. Les espaces de solidarité associative et les luttes sociales pourraient pourtant être intéressants au vu des situations politiques qu'ils génèrent, peut-être s'ils étaient davantage chargés d'autonomie et d'horizons inconnus plutôt que d'être pilotés par la classe d'encadrement associative. Fatalement, nos revendications sont souvent défensives et s'arrêtent à la défense des droits, à l'intégration par le travail ou aux demandes de prises en charge, à l'optimisation des symptômes donc. La gauche sous ses formes partisanes ou associatives s'est spécialisée dans l'intégration de la critique sociale et révolutionnaire pour la rendre “réaliste” et donc réformiste et inaudible. Un fatalisme justifié par un “pragmatisme” stratégique qui commanderait d'avancer victoire par victoire, quitte à tourner en rond pendant des décennies. Opposant des catégories d'individus entre elles, nourrissant le capital en main d'oeuvre et suppliant l'intervention de l'Etat, ces luttes pour défendre nos droits nous condamnent à la réforme et au statu quo, gagne-pain de la gauche et terreau de l'extrême-droite pourtant combattue, quand elles ne sont pas rattachées à des critiques et perspectives révolutionnaires de transformation totale de la société.
Dans le travail médical, la crise du Covid a par exemple montré que les débats de lutte se concentraient sur la gestion quotidienne (hôpitaux, restrictions, chiffres) tandis que les questions structurelles — sous-financement chronique des systèmes de santé, dépendance industrielle, choix politiques antérieurs — passaient au second plan ou devenaient inaudibles, car “moins urgentes”. Pire, elles étaient liées à des défaillances de l'Etat plutôt qu'à son existence en tant que telle.
Dans le travail social ou humanitaire, la lutte pour les droits suspend souvent la critique de l'organisation et donc de la représentation de nos besoins. L'heure n'est jamais au débat sur nos pratiques, ni à la “grandiloquente révolution pour bourgeois idéalistes”, mais à la résolution de l'urgent par l'action. Entendons par là distribution alimentaire, envois de CV, cours de français et autres prestations d'accès aux droits. Entendons par là les droits de bien s'intégrer à la nation, au travail, à la langue française et de rentrer dans le rang. Les acteurs de l'urgence ont naturalisé le turnover de leurs salariés comme une évidence en temps contraint. Ce turnover entrave toute critique interne, comme au Samu Social, connu pour désespérer et changer d'opérateurs téléphoniques du 115 tous les trois mois.
Si la dimension intrinsèquement présentéiste de l'urgence bride la critique, elle organise de la même manière le deuil de nos idéaux. Autant survalorisée qu'humanitarisée, l'action est vidée de tout horizon libertaire et autonomisant. Antidote à l'incertitude, l'action sociale ou humanitaire ressemble à une fuite en avant. Elle répond à nos crises de sens avec des petites victoires concrètes du quotidien et emporte nos idéaux radicaux et autonomes dans ses prises en charge, ses régularisations et ses sourires. Chez les caritatifs co-gestionnaires de l'urgence, il apparaît vite vain de s'attaquer à ces causes de la boucle de l'urgence, trop multiples, profondes, aux responsabilités diluées et trop politiques, clivantes et par la même occasion peu propices aux dons. Et puis, on ne dévore pas la main de l'Etat qui nous nourrit, sinon on ne pourrait plus opérer, et si on existe plus qui s'occupera de la misère ?
DÉPASSER LE GOUVERNEMENT HUMANITAIRE
Quand le gouvernement s'humanitarise, l'humanitaire se gouvernementalise dans un même geste. Les années 80 ont marqué le passage d'un pouvoir disciplinaire brutal à une gouvernementalité plus thérapeutique, compassionnelle, humanitaire. La création du Secrétariat à l'action humanitaire par Chirac marquera la fusion humanitaire et sécuritaire d'un ensemble d'institutions étatiques et associatives que Didier Fassin qualifie de “gouvernement humanitaire”. Plus que jamais, la solidarité s'est professionnalisée et les politiques sociales et humanitaires sont devenues des technologies de gouvernement adaptées au capitalisme néolibéral. Comme Chirac et son Samu Social, les gouvernements de droite comme de gauche investissent le social et l'humanitaire avec le monde associatif. Gestion des camps, assistance médico-sociale, maraudes, hébergements d'urgence, insertion professionnelle… Ce qui relève de l'aide d'urgence est intégré à une normalité compressée et rationalisée pour coller au tempo de la crise permanente. La souffrance sociale hier ignorée est désormais un objet majeur des politiques publiques qui cherchent à réduire la “fracture sociale” pour réintégrer certain·es “exclu·es” dans la société et son travail. Une manière de contenir la colère en s'attaquant aux symptômes de l'urgence sociale plutôt qu'à ses racines. La souffrance des exclu-es indésirables sera elle invisibilisée et empêchée de se transformer en luttes, par précarisation organisée, répression sur leurs lieux de survie, éclatement des communautés de lutte ou récupérations gauchistes et prises en charge de pacification. Le politique administre les affects, les traumatismes, les comportements ; il abandonne pour de bon la transformation des structures sociales et légitime sa violence par la protection des vulnérables.
Par l'aide sociale et d'urgence, il ne s'est jamais agi que de donner une contrepartie sociale aux grandes dynamiques néolibérales de privatisation du pays. Défendre l'inclusion sociale pour diviser bons et mauvais-es immigré-es. Combattre la résistance des citoyen-nes à la nation et au travail. Combattre l'exclusion sociale jusqu'à en faire une fin en soi, coquille vide dépouillée de toute autre velléité, sans remonter à sa source. En témoignera le Pacte parisien de lutte contre l'exclusion et sa Nuit de la Solidarité, outil de communication solidaire de la ville de Paris pour continuer par ailleurs sa politique de spéculation immobilière, d'expulsion et de traque des sans-papiers. Promettre des avantages (aides, régularisations) à certain-es pour casser les luttes. Faire plonger les associations dans le piège subventionné de la défense des acquis sociaux et de l'intégration par la langue ou le travail. Montrer patte blanche, digérer nos colères, agiter la peur de l'extrême-droite. Faire oublier la critique de la démocratie et continuer plus sereinement notre exploitation. L'urgence sociale est ainsi renversée comme délai supplémentaire que nos démocraties s'accordent pour oblitérer leurs failles fondamentales, nous occuper à traiter nos problèmes sociaux comme des dérives et repousser toujours plus nos révoltes. Par l'action et la victoire, l'aide d'urgence donne du sens à notre misère militante. Elle sépare nos luttes en causes spécialisées (climat, violences policières, inégalités, conflits internationaux), occulte ce qui les unit et nous pousse à formuler des revendications thématiques plutôt qu'à tout refuser.
Les associations humanitaires souvent en lutte contre les politiques de l'Etat tentent de tendre vers un au-delà du simple soulagement des urgences, en alliant pansement humanitaire nécessaire et plaidoyer structurel de long terme. Mais leur régime d'urgence, leur dépendance au financement et leurs horizons politiques étatistes bloquent leurs militant-es dans une charité désautonomisante et dans des rapports de luttes réformistes. Certain-es préfèreront le moins pire à l'idéal et en feront une religion nommée social-démocratie. D'autres sortiront la tête de l'urgence humanitaire et de la réforme. Iels continueront peut-être de panser des plaies mais passeront de l'aide à l'entraide et s'essayeront à la création d'espaces d'auto-détermination. Au-delà du symptôme et de l'humanitaire, iels chercheront plutôt à porter des coups matériels et discursifs à la racine, au capital, au travail, aux frontières, à la démocratie, aux prisons, aux solutions de l'Etat et à tout ce qui nous fait tourner en rond. Par le bas, de tous les côtés, sans représentation ni organisation qui définit nos urgences. Wilden - TERRAIN VAGUE Comment sortir du social-humanitaire et des vieilles médiations militantes, comment passer de l'aide à l'entraide ? Terrain Vague essaye de provoquer des élans contre l'humanitaire et son monde. Si ce texte vous parle, faites-le tourner ! → Mail : contact_terrainvague@proton.me → Instagram : @ter_rain_vague
Sommaire Commémoration Incendie Hospital à Calais Loon-Plage
DECES
Le 28/08/26, un homme qui tentait la traversée de la Manche a été retrouvé mort sur un small-boat au large du Pas-de-Calais.
Le 30/08/26, un homme est décédé d'une chute de plusieurs mètres. Il a essayé de sauter sur un camion du toit du péage de Setques sur l'A26 pour aller en UK .
DELAIS D'IDENTIFICATION
Une cellule de la gendarmerie maritime nommée « Nodens » a été crée pour travailler sur l'identification des personnes décédées en tentant la traversée de la Manche. Sauf que plutôt d'être accélérés, les délais d'identification sont de plus en plus longs.
Le 01/04/26, deux hommes sont décédés au large de Gravelines : Nagmeldin un homme soudanais et Jasmeet un homme afghan. Toutes les démarches permettant l'identification et donc l'inhumation ont été faites les jours suivants les décès par les proches. Malgré cela les deux familles restent dans l'attente de récupérer les corps.
Le 31/08, un rassemblement réunissant plus de 150 personnes a eu lieu devant le tribunal de Dunkerque. Au travers des prises de parole, les deux familles ont pu exprimer la violence de la situation et réclamer que cesse cette insupportable attente. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/justice-pour-jasmeet-et-nagmeldin-1.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/justice-pour-jasmeet-et-nagmeldin-1.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/justice-pour-jasmeet-et-nagmeldin-1.jpg Lors de la Commission d'Enquête Parlementaire, les autorités ont assuré que l'une des priorités était d'améliorer les délais d'identification et pourtant de nombreuses autres familles sont aussi dans l'attente … Même après la mort, la dignité des personnes exilées est piétinée.
HARDELOT
Commémoration
Le 08/08, un rassemblement qui a réuni une centaine de personnes a été organisé par des associations (Utopia, Calais Appeal et Opal'exil) sur la plage de Neufchâtel-Hardelot pour commémorer les personnes exilées décédées lors d'une tentative de passage en bateau de fortune et pour dénoncer le manque de moyens dédiés au sauvetage en mer.
A Calais et à Dunkerque, des commémorations ont toujours systématiquement lieu le lendemain de l'annonce d'un décès dans les médias. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/rassemblement-hardelot.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/rassemblement-hardelot.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/rassemblement-hardelot.jpg Incendie
Le 12/08, plusieurs incendies d'une ampleur inédite pour la région ont ravagé 190 hectares dans les dunes sur 5 jours entre Dannes et Hardelot.
Dans un 1er temps, une vague d'accusations contre les candidat.es au passage présent.es dans les dunes (camp de pré-passage) a déferlé dans les médias. Au final, des témoins ont relaté que des gendarmes ont lancé une grenade lacrymogène qui a mis le feu à la végétation le long des dunes. Une enquête confirmera la véracité de ces témoignages. Les 400 personnes survivant dans les dunes ont été renvoyées vers les gares sans aucune mise à l'abri.
Balancer des grenades lacrymo sur des personnes vulnérables en pleine canicule à proximité d'une forêt toute sèche, encore une brillante idée des gendarmes ! https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/incendie-hardelot.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/incendie-hardelot.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/incendie-hardelot.jpg TRAVERSEE
230 personnes sur un même bateau sont arrivées en UK le 10/08 et c'est inédit. Les embarcations sont de plus en plus longues (jusque 15 mètres) et rappellent celles utilisées en Méditerranée. Les risques sont grands lors de la montée à bord et les sauveteurs s'inquiètent de ne pas être en capacité de secourir tout le monde en cas de naufrage. Ces megaboat sont de plus en plus nombreux.
Malgré les incendies dans la région, les gendarmes continuent à lancer des grenades pour éloigner les candidat.es au passage et lacérer les bateaux.
https://www.instagram.com/reel/DclsghfsUuR/?utm_source=ig_web_copy_link&igsi=NTc4MTIwNjQ2YQ==
Le ministère de l'intérieur anglais a publié une vidéo sensationnelle filmée par drône où l'on voit des gendarmes éventrer un bateau au couteau. Le gouvernement anglais s'est réjoui de la détermination française pour empêcher les départs et communique sur le nombre de départs empêchés comme pour justifier les sommes folles données à la france.
En août, 2313 personnes sont arrivée en UK sur des embarcations.
EXPULSION
Hospital à Calais
Une nouvelle ordonnance sur requête valable 3 mois autorise l'expulsion du campement Hospital du 10/08 au 10/11. Les 13, 20 et 26/08, des expulsions de grande ampleur ont eu lieu sur le plus grand camp de Calais. Les moyens mis en place sont totalement disproportionnés. Les observations de l'association HRO qui documente les expulsions parlent d'elle-mêmes : le 20/08 il y avait 26 vans de CRS, 1 van de la PAF, 1 safari de la police nationale, des gendarmes, 5 véhicules banalisés, 3 vans fermés pour entasser les affaires volées, 1 camion polybenne, 3 pelleteuses hydrauliques, 1 benne et 2 bus à destination des CAES. Une IBC (Cuve d'eau) a été détériorée volontairement et au moins une personne s'est fait voler ses documents administratifs. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/tous-les-crs-du-monde.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/tous-les-crs-du-monde.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/tous-les-crs-du-monde.jpg?w=1440 Loon-Plage
Le 19, ce sont tous les camps autour de Grande Synthe qui ont subi le même sort. Des tronçonneuses et engins de chantier ont massacré une partie des arbres et de la végétation et un nouveau mur a été construit. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/mur-loon-plage.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/mur-loon-plage.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/09/mur-loon-plage.jpg BMX un tout petit camp de Calais est expulsé plusieurs fois par semaine. Un nouveau campement au Fort Nieulay à Calais regroupant des familles a été expulsé pour la première fois le 27/08.
FRONTEX PARTOUT
Depuis fin 2021, des avions de Frontex surveillent la côte de la Belgique à la Normandie. Grâce notamment à des capteurs thermiques, l'avion peut détecter les embarcations tentant la traversée de la Manche et repérer des groupes de candidat.es au passage sur les plages et dans les dunes.
Fin 2025, deux agents au sol ont fait leur apparition en suivant l'OFII lors de toutes leurs maraudes. En mars 2026, un représentant officiel de Frontex avait accompagné le préfet lors d'une expulsion dans le dunkerquois.
En juin 2026, le Commission européenne a annoncé un renforcement du nombre d'agents Frontex. Il est difficile de savoir combien ils sont et comment ils sont dispatchés mais en août, des agents au sol ont été aperçus quotidiennement lors des contrôles dans les gares, au port et en patrouille pour empêcher des départs sur les plages de la côte.
ONE IN ONE OUT
Le 04/08, pour la première fois un demandeur d'asile soudanais qui avait été renvoyé en france dans le cadre du « one in one out » a pu retourner en UK suite à une décision de justice. Grâce à un recours, son renvoi vers la france a été jugé illégal car de nombreux éléments prouvaient qu'il avait été victime de traite. Sa demande d'asile en UK va être réexaminée.
JUSTICE POUR DJAMEL
Le 31/08/24, Djamel Bendjaballah a été assassiné à Cappelle-la-Grande dans l'agglomération de Dunkerque par Jérome Decofour, un activiste de l'ultra droite membre de la « Brigade Française Patriote ». Sa famille réclame la requalification de ce crime immonde en crime raciste depuis 2 ans.
Le 31/08/26, un concert en hommage à Djamel a été organisé par le collectif « Justice pour Djamel ». Les fonds récoltés serviront pour les frais de justice. https://www.change.org/p/justice-pour-djamel-un-crime-raciste-pas-un-fait-divers
Jeudi 1er octobre 2026 - de 9h30 à 17h
Avec Rencontre des Continents
Maison de la Paix - Rue Van Elewyck 35, Ixelles
Groupe idéal : entre 8 et 12 personnes, pour permettre à la fois une diversité et une qualité d'échange.
Public visé : toute personne intéressée : animateur·ices du secteur socio-culturel, de l'éducation permanente, militant·es, travailleur·ses sociaux ou en santé communautaire...
Suggestion : S'inscrire en binôme pour pouvoir avancer plus rapidement sur l'appropriation interne de l'outil
Prix : Montant libre (de 0€ à 50€) en fonction de vos moyens
Il est possible d'imaginer organiser des porteurs de paroles ensemble, en ville, construire des partenariats, faire une formation en interne chez vous... tout est possible ! N'hésitez pas à me contacter directement pour cela.
baptiste@rencontredescontinents.be - 02 734 23 24
PROGRAMME
Matinée (9h30 - 12h30) Découverte de l'outil, de ses partis pris, principes, objectifs et origines Élaboration collective d'une question interpellante, et qui nous intéresse collectivement (alimentation, écologie, engagement, actualités, ou autre thème...) Test des questions et technique de relances Réflexion sur la manière de favoriser des relations/discussions fécondes, avec une posture adaptée, selon ses aises et inconforts personnels
Après-midi (13h30 - 17h) Mise en place du dispositif à proximité de la place Flagey et des étangs d'Ixelles (voir photo). Expérimentation en collectif Évaluation collective
Sommaire Projet Google à Feluy Projet Google à Saint-Ghislain GOOGLE dégage ! Feluy St-Ghislain Farciennes
Projet Google à Feluy
Le chantier pour un data center à Feluy est en train de commencer. Le collectif DATA CENTER FELUY, NON MERCI a besoin de votre aide.
Le projet initial ?
3 data centers pour l'IA générative sur 36ha de nature, saccagée, destruction d'espèces protégées, prédation foncière, gaspillage d'énergie, pollution des cours d'eau/nappes phréatiques.
La nouvelle demande de permis de Google ?
La fusion des 3 data centers en un seul beaucoup plus puissant : consommation électrique = 1% de la production belge soit 250.000 ménages, puissance IT estimée à + de 100MW
Projet Google à Saint-Ghislain
Le 4e data center d'Europe, Google à St-Ghislain, couvrant déjà près de 100ha, va encore s'agrandir.
Le projet initial ?
Déjà 100ha de terres et de vie englouties par les data centers Google, expropriation d'agriculteurs, prédation foncière et sur l'élec, pollution des cours d'eau/nappes phréatiques
La nouvelle demande de permis de Google ?
Extension avec de nouveaux data centers sur la zone du “Pic et Plat”.
Encore plus de transformateurs, batteries, distribution d'hydrocarbures, prise d'eau de surface, stockage de substances dangereuses, et on en passe...
GOOGLE dégage ! Une fenêtre juridique (enquête publique) s'ouvre pour mettre des bâtons dans les serveurs des data centers de Google à Saint Ghislain et Feluy. La mobilisation citoyenne a Farciennes a fonctionné, continuons !
Nous rappellons que : Les data centers détruisent nos communs Ils sont au coeur des guerres contemporaines et de la surveillance de masse et jouent un rôle crucial dans le génocide en Palestine ; Ils accaparent l'électricité et l'eau et sont à l'origine de nombreuses sources de pollution ; Ils portent en eux une vision profondément fasciste du monde
Que faire ?
Rejoingnons les luttes locales et suivons leur appel.
Ecrivons aux communes via des mails/lettres types :
Feluy
mail type Feluy
Ecaussines, courrier : Grand-Place, 4, ECAUSSINES - 719
Seneffe courrier/MAIL : rue Lintermans, 21 - 7180, environnement@seneffe.be
L'enquête publique est ouverte jusqu'au 07/09/26. Infos de la lutte locale et instructions via la page Instagram/Facebook “DATA CENTER FELUY, NON MERCI !”
St-Ghislain
mail type Saint-Ghislain
Par mail : info@saint-ghislain.be
L'enquête publique est ouverte jusqu'au 23/09/26. Vous êtes de Saint-Ghislain ou des environs ? Ecrivez-nous : stopdcbelgium@proton.me
Plus iels recevront de lettres/mails, plus iels seront enclin·es à mettre en question le projet et ralentir les chantiers. Les camarades comptent sur nous !
Farciennes Le recours déposé par le collectif d'habitant.es Carafe 2.0 a porté ses fruits : le permis ayant pour objet d'agrandir un data center a été annulé. Prochaine étape : suivez-nous pour organiser la prochaine mobilisation dans le cas où Google saisirait le conseil d'État (date limite : 24 Octobre) !
En partenariat avec Rise For Climate, le chanteur Getch,
Mars Attacks et Parents Attacks. ENSEIGNANT·ES : ON NE LÂCHE RIEN. 📢 La rentrée sera plus chaude que jamais. 🔥
Pendant que certain·es coupent dans l'éducation, la santé, la culture, le climat et les services publics,
nos classes surchauffent,
nos conditions se dégradent,
et nos élèves trinquent.
Ce n'est pas une fatalité.
C'est un choix politique.
Et si, pour une fois, on arrêtait de lutter chacun·e dans notre coin ?
📍 Dimanche 6 septembre à 14h
Place Albertine – Bruxelles
Rassemblement citoyen et légal pour le climat et les droits sociaux,
avec les artistes, les soignant·es, les étudiant·es, les agriculteur·rices, les travailleur·euses…
Parce que diviser les luttes, c'est leur stratégie.
Les unir, c'est la nôtre.
Après des décisions toujours plus déconnectées du terrain,
on revient plus déterminé·es que jamais.
📣 Rendez-vous le 6 septembre.
👽 Parole de martien : ils divisent, on s'unit. Programme provisoire 6 septembre
14h à 16h Prises de parole par secteur et programme artistique Introduction Rise For Climate , Mars Attacks et Parents Attacks La santé en lutte et la Fédération des Maisons Médicales : la situation des hôpitaux face aux canicules Via Campesina Europe : les agriculteurs face aux sécheresses et à la destruction des récoltes Eau : Riccardo Petrella Agora des Habitants de la Terre Artistes Gaetan du collectif d'artistes Conseildead Fatima Zibouh : la végétalisation des quartiers populaires à Bruxelles Défense biodiversité à Bruxelles La Minute sauvage Thomas Jean ( à confirmer) La Coalition Climat : pour une mobilisation historique le 11 octobre ! ( à confirmer) Programme artistique 2 chansons de Getch avec chorales Combien de temps encore ? We are One Hymne de Mars Attacks Chanson le partage de l'eau bien commun “share” de Maria Palatine Stand up Lola D'Estienne humoriste militante belge, qui utilise l'absurde pour rire de ce qui n'est pas toujours drôle Fioul Sentimental en présence de Bruno Coppens
Note à Rise for Climate et la Coalition Climat :
Apparemment les personnes blanches et bourgeoises qui forcent la convergence dans leur entonnoir "Climat" dénigre, méprise, ou simplement oublie l'anti-impérialisme, le racisme, les centre fermé, les violences policières, l'extrème-droite, les 80 000 travailleurs et travailleuses sans-papiers qui vivent depuis des années à Bruxelles sans droits. Les pays exploités sont les premiers victimes des conséquences du réchauffement climatiques et vous le savez, mais ne faites rien de ce savoir. Les quartiers populaires sont les premiers touchés et vous le savez mais n'en tiré aucune conclusion pour changer vos modes d'actions.
Il est demandé aux classe moyenne et sup d'arrêter de réclamer aux autres de grossir leur rang pour "faire masse", et de choisir des luttes derrière lesquelles se mettre en soutien avec leurs moyens et leurs compétences. Il y a des luttes concrètes qui permettent la convergence et des victoires à court termes, et aux long termes permettre la création ou l'alimentation de réel lien d'entraide politique et logistique.
L'ouverture du Stade Verdonck en est une bonne proposition pour l'exemple, la suppression du décret paysage une autre. Les convergences se font sur des points précis et pas des horizons vagues. Le flou ne profite qu'aux puissant.es. Mais point par point, une ligne se dessinera. Pas sans vous, et pas sans une rupture avec l'ordre dominant et les modes d'actions institutionnelle. Ecoutez-vous, relisez-vous et appliquez vos souhait sur vous mêmes. Il est temps de prendre des engagements et des décisions. Parler en à l'assemblée svp. https://i.imgflip.com/b0501r.jpg
Tout contact laisse une trace est une enquête criminelle menée par des personnes qui subissent et périssent de la colonialité et ripostent depuis leurs corps et leurs récits. Le film et son dossier d'accompagnement ont été fabriqués comme une mosaïque d'images, un palimpseste de récit fragmentés, d'individus et de collectifs luttant contre la colonialité topographiques, socio-économique, culturelle et symbolique de la “Capitale de l'Europe”.
La projection sera précédée d'un repas à 19h pour celleux qui le souhaitent, et sera suivie d'une discussion avec le réalisateur Nizar Saleh et un.e autre intervenant.e à confirmer.
Infos pratiques :
Samedi 5 septembre de 21h à 23h
Cinemaximiliaan vzw — rue de Manchester 36 — 1080 Bruxelles
Projection et repas à prix libre (conseillé : 10€)
📢 Rendez-vous le 16 septembre 2026 à 11h00 à la Gare Centrale pour une nouvelle manifestation !
💥 Que ça soit niveau Décret Paysage ou minerval, une chose est sûre, on ne lâchera pas !
On dit STOP à un système injuste qui exclut les étudiant·e·s.
On veut un enseignement qui soutient, accompagne et émancipe ✊
Le 16/09, on compte sur vous tou·te·s ! Plus on est nombreux·ses, plus notre voix porte 📣
Partage l'info à tes ami·e·s et à ta famille : la mobilisation, c'est ensemble qu'on la gagne 💪
Depuis 2 ans, on se retrouve tous les 3e jeudis du mois pour répéter, échanger sur où et quand aller chanter dans l'espace public et partager un bol de soupe et des tartines. et... nos énergies et espoirs remontent un peu.
Envie de nous rejoindre ? Les répétitions ont lieu tous les 3e jeudis du mois. Prochains rdv : les jeudis 17 septembre, 15 octobre, 19 novembre, 17 décembre en soirée. Avec un moment d'organisation pratique et politique autour nos luttes. Accueil à 18h et clôture autour d'un bol de soupe et de pain vers 21h. Rendez-vous dans nos nouveaux locaux (fédération des maisons médicales) situés au 17 rue du Poinçon 1000 Bruxelles. 💌 Pour confirmer votre participation, c'est auprès de Emeline (ep@fmm.be).
Faites passer le mot ,… Tout le monde est le bienvenu !Quand ?
Le 8 septembre de 18h30 à 20h45
Où ?
Bourse du travail Paris (Château d'eau) 3, rue du Château d'eau, 75010, Paris
Assemblée Générale du Travail Social IDF
Rdv le mardi 8 septembre 18h30 à la Bourse du travail de Paris (3, rue du Château d'eau, salle Commission 3)
– Tract d'appel à télécharger ici en PDF, pour diffusion :
– Et pour partager le tract d'invitation sur nos réseaux sociaux :
Soyons nombreux-ses en cette rentrée !
Merci de diffuser largement ce message et cet appel !
— La Com Mob du TS IDF
Quand ?
Le 5 septembre à 21h
Où ?
Librairie Quilombo 23 Rue Voltaire 75011 Paris
Les Brigades Louise Michel ont été invitées à clôturer en chansons la célébration du 90e anniversaire de la Révolution sociale espagnole, avec un concert participatif en présence de Serge Utgé-Royo, chanteur et militant.
Des rencontres, tables rondes, etc. sont organisées dès le matin, ainsi qu'une buvette... et une auberge espagnole bien entendu.
Des livrets des chants seront sur place.
QUI ON EST
On est un petit groupe de gent.e.x mixtes, en majorité racisé.e.s, queer, handi, anarchistes, antispécistes et proches de la lutte antinucléaire. On organise un événement antiraciste décolonial rural prévu à Bure du 9 au 16 juin 2027 (montage et démontage compris) avec l'envie de s'y retrouver, prendre soin de nous ensemble et discuter de nos enjeux.
QUAND ÇA SE PASSE
On propose aux personnes interessé.e.x de se joindre à cette organisation de se retrouver du vendredi 23 au lundi 26 octobre 2026 à la Maison de Résistance à Bure (Meuse).
POURQUOI FAIRE
L'idée serait de prendre le temps de se rencontrer en partageant un peu de quotidien et d'avancer sur l'organisation de l'évènement. Le programme du week-end n'est pas figé et dépendra des envies et disponibilités des personnes présentes. À noter que, pour les nouvelles personnes, c'est cool d'arriver dès le vendredi si possible : ce jour là on prévoit de faire de la transmission des informations, du fonctionnement et des outils passés et actuels…
OÙ CA SE PASSE
À la Maison de Résistance à la poubelle nucléaire 2 rue de l'Église 55290 Bure
C'est un lieu où il y a fréquemment de la répression policière.
Pour plus d'informations tu peux aller voir les ressources ici : https://bureburebure.info/brief-legal-en-contexte-burien/
Pour s'y rendre y a des informations ici : https://bureburebure.info/venir/
Une voiture pourra faire quelques aller-retours pour aller chercher à l'arrivée / amener sur des lieux de départs. C'est très pratique si on est prévenu à l'avance pour coordoner tout ça.
COMMENT C'EST LA VIE SUR PLACE
Y a des personnes qui y vivent, feront pas partie de l'organisation, et qu'on sera ammen.é.e.x a croiser, partager de la vie quotidienne avec. Pour dormir y a plusieurs espaces, collectifs ou privés, avec des matelas, des couvertures et des draps. C'est aussi possible de poser sa tente ou son camion dans le coin.
Pour manger y a une cuisine vegan commune avec plein de matériel. On pourra s'organiser ensemble pour préparer les repas, et c'est aussi possible et ok de se cuisiner des trucs perso. On pourra faire des courses/recup en amont du week-end. Pour l'hygiène y a une salle de bain avec de l'eau chaude et courante, des toilettes sèches et des toilettes à eau. Deux chat.tes vivent sur place, iels aiment bien les humain.es, mais ont plutôt peur des chien.nes, c'est cool de prendre ça en compte si tu comptes venir avec un toutou. :)
PMR et RDR : L'intérieur du bâtiment a plusieurs espaces communs accessibles PMR (rampes pente douce) : la cuisine, le salon, le bureau, et une chambre. Les autres espaces dont les sleepings, le reste des étages (freeshop, etc.) et les jardins ne le sont pas.
Plusieurs espaces calmes peuvent être mis à disposition ainsi que des casques anti-bruits et autres matériels de RDR (bouchons d'oreilles, masques chirurgicaux/FFP2, etc.) et de pharmacie.
NOUS CONTACTER
Si y a l'envie de venir, c'est bienvenu de nous contacter pour prévenir si possible afin de faciliter l'organisation en amont. Ne pas hésiter à nous contacter pour poser des questions, faire des propositions, exprimer en cas de difficultés et de besoins spécifiques (trajet, alimentation, dodo, hygiène, accessibilité, thunes, materiel, etc.) et on pourra dire comment on peut ou pas aider a y repondre.
– par mail : bdecar@riseup.net
– inscription à la newsletter pour recevoir des informations sur les moments de rencontres – organisation et sur l'évènement de juin 2027, en envoyant un mail vide à bure-decolonial-antiraciste-subscribe@lists.riseup.net
– en dernière minute, si galère de stop ou autre, le signal de la Maison de Résistance : @bzl.1312
SI PAS POSSIBLE CE WEEK-END CI
Ça reste bienvenu de nous contacter, de faire des propositions pour l'évènement, et/ou de se joindre à nous pour un autre week-end en hiver ou printemps prochain (dates à venir).
Voili à bientot ! (=^-ω-^=)
Photo d'illustration de l'article prise à l'ancienne gare de Luméville en 2020.
Projection du film « Aguirre » puis discussion le 20/09 à 16h à la librairie Publico, à l'invitation du Groupe libertaire d'Ivry.
“Le pouvoir est maudit, c'est pour ça que je suis anarchiste.” (Louise Michel)
Projection de "Aguirre. La colère de dieu" de Werner Herzog avec Klaus Kinski (1972, 1h30, VF)
Pérou, 1560. Une troupe de conquistadors part à la recherche de l'Eldorado. Un des lieutenants, Lope de Aguirre, manœuvre habilement pour prendre la tête de l'expédition. La descente du fleuve se change rapidement en descente aux enfers…
Le chef-d'œuvre de Werner Herzog pose de nombreuses questions essentielles à propos de toutes les formes de pouvoir. Aguirre est indéniablement une ordure assoiffée de pouvoir ; mais est-il vraiment plus cruel et plus "fou" que les autres conquistadors ? Est‐ce qu'on ne juge pas Aguirre surtout sur les apparences : Klaus Kinski grimaçant, hurlant, gesticulant est‐il réellement plus "fou" et plus cruel que, par exemple, le moine qui constate mollement que les Indiens "meurent les uns après les autres" et collabore sans broncher à toutes les violences ?
Le film évoque également la situation des femmes, en particulier de la fille d'Aguirre, totalement passive et soumise, embarquée de force dans cette aventure mortifère.
À l'invitation du Groupe libertaire d'Ivry
Dimanche 20 septembre 2026 à partir de 16 heures
Entrée libre (accueil dès 15 heures)
Librairie du Monde Libertaire (Publico)
145 rue Amelot, 75011 Paris
Métro Oberkampf / République / Filles du Calvaire
10 septembre 13h30 à la cour d'appel de Paris (métro Cité)
En 2023 les 7 inculpées du 8.12 étaient condamné.es pour terrorisme avec des peines de prison ferme, fichage européen, interdictions de communication...
6 d'entre elleux font appel de cette décision.
Même si on ne pourra pas être toustes présent.es au tribunal à Paris, il est important de se mobiliser à l'extérieur pour afficher notre soutien et empêcher que la justice et l'État nous invisibilisent !
Soutenir le 8.12 ce n'est pas seulement soutenir individuellement ces camarades-ci, c'est surtout lutter contre la répression de toustes. Si la caractérisation de terrorisme était validée au terme de l'appel, cela offrirait une jurisprudence inédite pour réprimer les opposant.es politiques. Finies les tentatives de dissolution de groupes politiques autonomes et des collectifs antiautoritaires, l'État pourrait envoyer les membres de ces groupes d'opposant.es directement en prison sous l'accusation d'association de malfaiteurs à caractère terroriste...
Soyons nombreux.ses pour se soutenir face à un État et une justice qui cherchent à broyer nos idées, nos modes d'organisation, nos liens, nos rêves révolutionnaires...
Pour nous contacter :
812support@riseup.net
soutien-8dec@riseup.net
8.12communication@proton.me
Pour un rapide suivi du procès :
2 ans et demi après la 1re instance, on se retrouve au vieux palais à Cité pour soutenir les copaines du 8/12 et espérer un peu mieux. On a conscience qu'il se joue ici et maintenant un truc important pas seulement (...)
Lors des derniers jours du procès, on a l'impression étrange que les choses se détendent, que les coups pleuvent moins durement sur les camarades. Mais ne rêvons pas trop. La rêverie nous coûte cher souvent.
Soutien à Gino, Zaid, Maja, aux inculpé-es de Lyon et à toustes les autres.
Suite à l'annonce du verdict de la Cour d'Appel confirmant l'extradition de Gino vers l'Allemagne et à l'appel aux actions de soutien en sa faveur, un groupe organisé à décider de participer à la visibilisation de la répression des camarades pourchassé-es et enfermé-es pour leurs actions et leurs convictions politiques.
Parmi les plus médiatisés, le procès Antifa Ost continue en Allemagne, des camarades de l'affaire Budapest sont poursuivi-es en Allemagne et en Hongrie et les inculpé-es de Lyon sont enfermé-es en attendant leur jugement dans l'affaire Quentin. Un point commun : des personnes qui ont décidé de s'organiser pour se défendre face à la vermine fasciste la plus active en s'en prenant à leurs membres physiquement pour les empêcher d'agir.
Le fascisme n'est qu'un stade du capitalisme et le spectre de l'extrême droite ne doit pas nous faire oublier que ceux qui permettent leur ascension inquiétante en France et en Allemagne sont la classe politique institutionnelle allant des Verts/du PS à la droite dite « républicaine ». Nous sommes solidaires de toute action visant à freiner cette progression, qu'il s'agisse de brûler un local PS ou de tabasser un nazi dans la rue. Il est plus que nécessaire aujourd'hui, à moins d'un an du cirque électoral habituel, de mettre en place des formes d'organisation collectives et autonomes : groupes d'autodéfense, comités de quartiers, assemblées locales mais aussi l'acquisition, par quelque moyen qui soi, de lieux et de moyens matériels. Face à ces formes d'organisation, la répression policière et judiciaire a rarement frappé aussi fort. Soyons solidaires de celleux qui s'y retrouvent confronté-es car iels n'ont pas leur place dans la logique capitaliste : sans-papier, fraudeur-se, voleur-se à l'étalage, cambrioleur-se et/ou tabasseur-se de faf etc. (quelques exemples)
Devant l'ampleur de la tâche à réaliser, quelques tags dans un quartier peuvent sembler dérisoire. Mais, nous y voyons 2 utilités. Premièrement, la présence à répétition sur plusieurs lieux de passages fréquentés peut interpeller les passant-es et pousser quelques personnes à s'informer sur ce sujet et ces affaires autrement que par les médias dominants. Deuxièmement, ce type d'opération peut être une première étape, un entraînement, une manière de gagner en confiance et en compétences en vue de réaliser d'autres actions plus ambitieuses : sabotage, attaques diverses etc.
En tout cas, nous pensons que c'est à la portée de beaucoup de personnes (attention aux caméras et aux voitures banalisées de flic la nuit) et nous préférerons toujours montrer notre solidarité ainsi plutôt qu'en repostant une story instagram avant de retourner à un train-train quotidien confortable.
Espérons que cette action puisse participer à soutenir Gino, Zaïd, Maja, Lina, les lyonnais-es et les autres. Des camarades.
Deux personnes aveugles sont mortes ces derniers mois après être tombées sur les voies du métro, à Paris puis à Lyon. Ces drames mettent en lumière les conséquences concrètes d'un manque d'accessibilité des transports : une perte d'autonomie, mais aussi une exposition à des situations de danger qui pourraient être évitées.
C'est pourquoi le collectif de jeunes citoyens aveugles et malvoyants pour l'accessibilité des transports appelle à une mobilisation nationale le samedi 19 septembre 2026 à 13h00, place d'Italie devant la Mairie du 13e arrondissement, à Paris.
« L'accessibilité ne doit pas être considérée comme un confort ou comme une politique réservée au handicap : elle permet concrètement à chacun de se déplacer de manière plus sûre », estime Benjamin Rosan, l'organisateur du mouvement.
Cette mobilisation inédite s'inscrit dans la continuité de la première marche blanche organisée à Paris en hommage à André-Germain Dingome au mois de janvier, après son décès dans le métro de Paris. Réunis à Denfert-Rochereau pour lui rendre hommage, le collectif a souhaité faire de cette mobilisation un point de départ pour porter une revendication plus large : l'accessibilité des transports ne peut plus être traitée comme une question secondaire.
Le samedi 19 septembre 2026 à 13h00, place d'Italie, devant la mairie du 13e arrondissement de Paris, le collectif appelle à un rassemblement pour demander des mesures concrètes en faveur de transports sécurisés. Cette mobilisation ne concerne pas uniquement Paris ou les grandes métropoles : il demande une véritable politique nationale, qui prenne également en compte les territoires ruraux et périurbains, où l'absence de solutions de transport accessibles peut entraîner des conséquences majeures sur l'autonomie et la vie quotidienne.
Des avancées, mais un combat qui doit continuer :
En 2023, une pétition intitulée « Pour un métro parlant, dès maintenant » avait recueilli près de 11 000 signatures pour demander la vocalisation du métro parisien. Cette mobilisation a contribué à faire avancer le sujet : lancement de l'application « Compagnon Train », permettant d'annoncer vocalement les stations sur plusieurs lignes, et déploiement progressif de solutions de sonorisation dans les anciennes rames. Ces avancées montrent qu'une mobilisation collective peut produire des résultats. Elles doivent désormais être poursuivies et étendues à l'ensemble des réseaux de transport.
Un plan national, avec des engagements vérifiables
Le collectif demande concrètement au Gouvernement de mettre en place un plan national pluriannuel pour l'accessibilité des transports comprenant notamment :
« Nous ne voulons plus de nouvelles annonces sans calendrier. Nous demandons des dates, des moyens et des résultats ! », annonce Samantha Lefebvre, porte-parole du collectif.
Du handicap à l'intérêt général :
Si la mobilisation est née d'une réalité vécue par des jeunes déficients visuels, ses revendications dépassent largement le seul handicap visuel. Une station accessible est également plus facile à utiliser pour une personne âgée, un parent avec une poussette, une personne enceinte, une personne temporairement blessée ou un voyageur se déplaçant avec des bagages.
Dans les territoires ruraux et périurbains, l'enjeu est encore plus important. Lorsqu'une personne qui ne peut pas conduire ne dispose pas d'un transport accessible, ce sont potentiellement ses études, son emploi, son accès aux soins et sa capacité à maintenir des liens avec ses proches qui sont remis en cause.
Contact
Benjamin Rosan — Organisateur — 06 36 66 59 86 — rosan.benjamin18@gmail.com
Fanny Knipper — Agence IDYIE — 06 19 73 14 19 — fanny@idyiecommunication.com
« On a perdu la vue. Pourquoi devrait-on aussi perdre la vie ? » — Arthur Aumoite, membre du collectif.
Notre prochaine permanence sera ce dimanche 6 septembre de 16h à 20h !
Notre local : 8 rue Thomas Mann, Strasbourg
Pour discuter tranquillement avec tout le monde, pour jouer à des jeux, ou bien pour discuter plus confidentiellement avec nos bénévoles !
On vous attend ! Bonne rentrée !
https://piaille.fr/@ost_strasbourg/117190190839426283
Association d'autosupport et de lutte trans,
Section strasbourgeoise,
Contact : oststrasbourg@sans-nuage.fr
Site national : https://orgasolitrans.fr/
MANIFESTATION JEUDI 10 SEPTEMBRE 18h
Depuis plus d’un an, il y a dans Brest une augmentation d’attaques et d’agressions aux revendications fascistes. Ce week-end, le niveau de violence est monté d’un cran quand deux personnes cagoulées, armées de matraques et gazeuses, sont entrées par effraction dans un bâtiment squatté et s’en sont pris à une personne endormie, la laissant gravement blessée. En portant leurs coups aux cris de « sale antifa », ils ont été clairs sur leurs motivations.
Il semble évident que cette agression était préméditée, que du repérage ait été fait dans ce but. D’autres effractions ont eu lieu durant l’été, des agressions de rue, intimidations dans le quartier de St-Martin, tags, etc. Cet événement lache et violent s’inscrit dans une dynamique de terreur qui vise à détruire mentalement et physiquement des personnes précaires, pour la seule raison qu’elles dorment dans un squat, et pour leur appartenance politique supposée. N’étant pas isolée, cette agression nous concernent toustes.
Parce que nous refusons le bruit des bottes dans nos quartiers, parce qu’après la rue ils s’en prennent à nos lieux de vie, parce que nous refusons que nos voisin.es ou quiconque ailleurs puissent être victimes de telles violences, parce que nous voulons pouvoir dormir sur nos deux oreilles ; pour les personnes racisées, sexisées et vulnérables qu’ils mettent en danger, nous appelons à un rassemblement à l’arrêt de tram Château le 10 septembre à 18h.
Des squatteur.euses de Brest.
L'APPEL :
Plus de 730 000 personnes ont signé la pétition contre la proposition de loi (PPl) instaurant une présomption d'usage légitime de l'arme. Sept cent trente mille citoyennes et citoyens ont dit non. Ce désaveu ne s'effacera pas.
Pourtant, alors que cette pétition avait largement dépassé le cap permettant l'ouverture d'un débat à l'Assemblée nationale, elle a été clôturée sans qu'aucune discussion n'ait lieu. Refuser d'entendre 730 000 citoyennes et citoyens n'est pas une maladresse institutionnelle. C'est un choix politique.
Mais ce refus produit l'effet inverse de celui recherché. Quand les institutions refusent le débat, c'est le pays qui s'en empare. Car cette mobilisation dépasse largement cette seule proposition de loi : elle révèle que deux seuils viennent d'être franchis.
Le premier est celui du pouvoir.
Depuis plusieurs années, l'État de droit recule par étapes. Cette PPL ne constitue pas une réforme sécuritaire de plus. Elle marque une rupture. Lorsqu'un usage létal de la force bénéficie d'une présomption favorable avant même que les faits aient été établis, ce n'est plus seulement une règle de procédure qui change : c'est la place du droit face au recours à la force par l'État qui est redéfinie.
Les indices de cette rupture sont nombreux. La « présomption de légitime défense » est devenue une « présomption d'usage légitime de l'arme ». Son champ a été élargi par amendement gouvernemental, en commission, loin du regard du public. Aucun avis du Conseil d'État, avec un débat réduit au minimum.
Ce n'est plus seulement une manière de faire la loi. C'est une manière de transformer progressivement les institutions. Une démocratie ne se définit pas par la volonté de gouverner par la force, mais par la volonté de soumettre la force au droit et de contrôler son usage. Ici, le mouvement est inverse : les garanties diminuent, les contre-pouvoirs sont écartés, le contrôle judiciaire est affaibli. Les pratiques autoritaires ne commencent pas lorsque le droit disparaît. Elles commencent lorsque le droit cesse de limiter le recours à la force de l'État et commence à l'organiser. C'est exactement ce que ce texte propose.
Depuis l'entrée en vigueur de l'article L.435-1 du code de la sécurité intérieure en 2017, au moins trente-cinq occupants de véhicules ont été tués lors de tirs policiers à l'occasion de refus d'obtempérer. La France constitue déjà une exception européenne. Aucun bilan n'a pourtant été dressé, aucune remise en question engagée. Au contraire, cette proposition de loi choisit d'aller plus loin encore.
Mais un second seuil vient lui aussi d'être franchi. Celui du seuil de tolérance de la société à l'égard de cette violence.
Cette pétition n'était pas un aboutissement. Elle était un point de départ. Familles de victimes, associations, syndicats, ONG, juristes, magistrats, universitaires, artistes, citoyens : une même conviction les rassemble désormais, aucune démocratie ne peut accepter que l'usage de la force létale échappe progressivement au contrôle du droit. Le mouvement ne s'arrête donc pas avec cette pétition. Il commence.
Une pétition mesure une indignation. Une marche construit un rapport de force. Nos organisations appellent à une grande marche nationale contre le « permis de tuer », le samedi 19 septembre 2026.
Le pouvoir a franchi un seuil. La société aussi. L'un cherche à inscrire l'exception dans la loi. L'autre refuse qu'elle devienne la norme.
Le 19 septembre, le débat qu'ils ont refusé à l'Assemblée aura lieu dans la rue !
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
PAS DE CONGRÈS POUR LE RN !
Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.
A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi "permis de tuer" pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir. »
Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.
Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l'AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.
Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s'organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l'organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.
Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.
Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche...) pour les accompagner.
Rejoignez-nous !
Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.
PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !
Signataires :
AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d'Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)
Texte alternatif décrivant l'affiche :
Visuel avec gros message « Pas de congrès pour le RN »
On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
Deux pancartes « Orléans 24 - 25/10 » et « mobilisations antifa »
Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandis
RÉSUMÉ DE LA RÉUNION PUBLIQUE DU 6 AOÛT DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Une participation massive !
70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d'Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
Et ça début août, une franche réussite qui annonce d'importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)
Préparation inter-orga
Après avoir présenté pourquoi c'est important et vital de s'opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d'où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d'appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.
Continuons à préparer la défaite du RN !
Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser
la communication (kit de mobilisation avec argumentaires, tracts, affiches, visuels internet et réunions publiques)
et la logistique (hébergements, récolte d'argent, transports collectifs, modalités de la manifestation du 25/10)
Toute personne membre d'orga ou d'inter-orga peut rejoindre ces groupes en nous contactant !
Coordonnons toutes les échelles locales et globales
Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l'argent pour les financer !
Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s'opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c'est monter en puissance pour s'opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.
Prochaines réunions
Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join
Texte alternatif décrivant le visuel :
Dix-neuvième congrès du RN. Orléans 24 et 25 octobre 2026.
Détournement du visuel du RN, en barrant les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen et en remplaçant "victoire" par "défaite" dans leur slogan, ce qui donne : « Une nouvelle étape vers la défaite de 2027 ! ».
Résumé de la réunion publique du 6 août.
Ciao Fachos.
OUTILS DE COMMUNICATION DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Site internet : https://ciaofachos.org
Groupe Signal de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc), aussi utile pour se mettre en contact de manière sécurisée en contactant un.e admin. Lien pour le rejoindre :
https://signal.group/#CjQKIBgEUlNyWfuhem_-VP4M3snoFexoP9-lHUTkwlS_EtTWEhARX1ddFWsDNoqeencBMsPf
Groupe Signal inter-organisations d'entraide et de coordination : rejoignable à la demande par des membres d'organisation
Groupe Signal inter-organisations pour préparer le contre-congrès du RN à Orléans et notamment la manifestation du 25/10 : rejoignable à la demande par des membres d'organisation
Mail : ciaofachos@systemli.org
Liste mail de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc) : besoin de demander à y être ajouté.e.s par mail.
Instagram : @ciao_fachos
Nous vous invitons vivement à partager ces informations partout, à nous rejoindre et à participer au contre-congrès de multiples manières possibles !
CIAO FACHOS
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l'importance de ses fondations : les sous-sols.
Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d'Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu'aux fonds marins et l'Antarctique, à la recherche de minerais aux noms insolites (lithium, cobalt, tungstène, beryllium, etc). Des milliardaires, comme Elon Musk pour le plus connu, investissent dans l'aérospatial afin de prospecter des gisements cosmiques. Ici-bas, sur Terre, la démesure du pillage capitaliste et patriarcal approfondit ses ravages. Les mines entraînent guerres , vols, viols, maladies, pollutions et travail de forçat dans les espaces colonisés comme au Congo, en Indonésie ou en Amérique du Sud. À cet impérialisme s'ajoute l'exploitation intra-muros, alors que la vieille Europe recommence à accueillir la voracité minière à bras ouverts. Que ce soit à Jadar en Serbie ou au Portugal avec le site de Covas do Barosso, en passant par le très médiatisé projet Emili au cœur de la France métropolitaine, et… l'Ukraine, les mêmes logiques de sacrifice des territoires et des populations sont à l'œuvre. Ces dernières continuant de subir la dépossession, la répression et la mise au silence. Les pouvoirs d'états à travers l'USGS, le BRGM et autres centres de recherche et les financeurs (Union Européenne, BPI, actionnaires comme Glencore) provoquent ainsi de nouvelles guerres, de nouvelles dévastations, afin de siphonner les matières fossiles et minérales des sous-sols.
La mondialisation de l'extractivisme est en cours mais ses horreurs ne se font pas sans opposition. Des luttes acharnées se mènent en Laponie, au Canada, en Kanaky, au Sahara, en France, en Grèce, en Allemagne, pour conserver l'eau, la terre. Pour survivre. Des projets sont contestés, retardés, certains sont abandonnés. Face à l'ampleur de la dévastation, n'oublions pas notre force collective.
Nous croyons ce système faillible, que sa subversion est possible.
Nous voulons le saper à sa base. Grâce à l'imagination, l'inspiration, l'audace !
Partout où ce message circulera, que ces deux mois (Février-Mars 2027) soient semés d'actions autonomes et diverses contre les entreprises minières et ceux qui collaborent avec elles.
Bien appliquées, de petites forces peuvent devenir de grandes menaces.
<https://solidaires49.org/local/cach...>
L'actualité des derniers mois a encore souligné l'ampleur du déni de l'État français face aux violences sexuelles. Depuis le mouvement #Metoo, en 2017, des affaires concernant des violences sexuelles ne cessent d'être révélées (Mazan, Le Scouarnec, Bétharram, périscolaire, Lyhanna, etc.). La médiatisation importante de celles-ci indiquent une évolution dans la prise en compte de la parole des victimes.
Du fait divers au système d'oppression
Pourtant l'aspect systémique de ces violences est encore mis sous le tapis par les pouvoirs publics. Les violences sexistes et sexuelles, les violences faites aux enfants s'inscrivent dans une société patriarcale. Celle-ci autorise, légitime les violences de certain·e·s sur d'autres, des hommes sur les femmes et les minorités de genre, des adultes sur les enfants. Les violences sexistes et sexuelles, comme de nombreuses autres (racistes, validistes, de classes, etc), perdureront tant qu'elles seront pensées individuellement, et non reconnues comme inscrites dans un système. Le nombre de féminicides ne diminue pas, les violences faites aux personnes LGBTQIA+ sont en augmentation, les révélations de violences sexuelles notamment sur les enfants explosent...
Le compte n'est pas bon !
Les moyens pour endiguer ces violences ne sont clairement pas à la hauteur.
La répression est préférée à la prévention, les services sociaux sont affaiblis, l'hôpital public est exsangue, tout comme la Justice et la protection de l'enfance et la suppression des subventions aux associations perdure et s'accélère. Comment accueillir, accompagner les victimes de violences, comment éduquer, soigner, empêcher, sans moyens ? Comment empêcher ces logiques comptables (rationalisation, coupes budgétaires) de générer cette violence institutionnelle qui frappe les victimes ?
Tant que les intérêts capitalistes primeront sur les intérêts humains, une réelle politique de lutte contre les violences est illusoire. La même logique de prédation les anime. Contre le Patriarcat et le capitalisme : même combat.
Changer de perspective
Le gouvernement agite des mesures répressives pour tenter de dissimuler le carnage social entamé depuis des années. Nous revendiquons :
– une justice sociale, avec des moyens et des personnes formées ;
– la restauration des services publics et associations de proximité pourvus de moyens financiers et humains ;
un investissement massif et réfléchi dans les actions de prévention, notamment en matière d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Et nous refusons que la lutte contre les violences faites aux enfants soit utilisée pour faire le jeu des politiques autoritaires et permette de faire passer des lois liberticides comme la loi "Chatcontrol". Le contrôle de nos messages numériques n'est pas une solution efficace contre la pédocriminalité mais seulement un outil de surveillance et de fichage de masse de nos données personnelles (photos de vacances, consultations médicales...).
L'extrême droite est raciste, paternaliste : jamais féministe !
L'instrumentalisation des affaires de violences sexuelles par l'extrême droite s'appuie sur des ressorts racistes et sécuritaires, sans oublier ses fondements idéologiques profondément sexistes. L'extrême droite s'oppose depuis toujours aux projets de loi contre les violences sexistes et sexuelles**
L'histoire nous a démontré plus d'une fois que ce sont les mobilisations collectives qui ont permis de réelles évolutions sociétales, et des victoires.
Toustes ensemble, menons une grève féministe et enfantiste, contre les violences sexistes et sexuelles, pour une société plus juste et égalitaire.
Signataires : Angegouines - Collectif enfantiste 49 – Corps à cœur 49 – Nous toustes 49 - Planning familial 49 - UNEF - Union syndicale Solidaires 49
** 2018 : le RN s'abstient sur le vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes »
+ juin 2023 : le RN vote contre la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, qui alloue des fonds européens pour combattre ces violences. Et bien d'autres exemples.
Les militant·e·s et sympathisant·e·s de la cause du peuple palestinien se rassemblent samedi 29 août 2026 à 10h devant le musée Pincé, rue Lenepveu à Angers, à l'initiative de l'AFPS49 (Association France Palestine Solidarité) pour exiger qu'Israël mette fin au nettoyage ethnique, à la colonisation et à l'apartheid contre les Palestinien·ne·s.
AFPS49
https://www.france-palestine.org/+-AFPS-49-+
afpsanjou49@gmail.com
<https://solidaires49.org/local/cach...>
Ce 29 août se tiendra la nouvelle édition du O'ffange festival à Rochefort sur Loire.
La date approche et la programmation est sortie. Parmi les groupes, un nom ressort en tête d'affiche : No one is innocent.
Or Marc Gulbenkian, chanteur du groupe déjà condamné pour violences conjugales, a été accusé de plusieurs agressions sexuelles. Que ces dernières aient été classées sans suite ou aient terminé en non lieu, SUD Culture Solidaires 49 se tient du côté des victimes et croit leur parole. Aussi, en tant que travailleureuses de la culture, public de festival, nous dénonçons la promotion de ce groupe et sa venue dans le cadre du O'ffange festival. La scène rock française nous semble bien assez riche pour boucler une programmation sans mettre en avant un homme condamné.
Cette mise en avant se fera toujours au détriment des personnes victimes de violences, ainsi mises à l'écart de nos espaces de rencontre et de fête. Et cette mise en avant permettra toujours aux potentiels agresseurs de profiter d'un statut privilégié pour abuser de leur ascendant.
Nous alertons donc les équipes techniques, administratives, les autres groupes programmés, les bénévoles et festivalier·es : voulons-nous encore soutenir cette programmation ?
Monter sur scène et se faire applaudir doit se faire dans le respect du public.
Un artiste ne doit jamais être couvert pour privilégier les affaires de quelques-uns.
Un agresseur ne doit jamais servir de vitrine.
Sources :
Depuis plusieurs décennies, le Sahara occidental reste l'un des conflits les plus anciens et les plus complexes de la scène internationale. Ancienne colonie espagnole et toujours considéré par les Nations unies comme un territoire non autonome, le Sahara occidental est au cœur d'un conflit marqué par les revendications territoriales du Maroc et le combat du Front Polisario (mouvement de libération nationale). Malgré les nombreuses initiatives diplomatiques et la mise en place d'un processus de paix sous l'impulsion des Nations Unies, aucune solution politique durable ne semble se dessiner. Au cœur de ce conflit territorial se trouve une question fondamentale : celle du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Nous nous intéresserons également à une autre évolution majeure : la place croissante des enjeux économiques dans la question du Sahara occidental. Les relations entre le Maroc et l'Union européenne se sont progressivement renforcées, notamment à travers un nouvel accord préférentiel étendu au territoire non autonome du Sahara occidental. Cet accord soulève des doutes quant à sa compatibilité avec le droit international. À cet égard, nous nous posons plusieurs questions.
Peut-on dissocier les relations économiques entre l'UE et le Maroc de la question du statut du territoire ? Que nous disent ces accords sur la manière dont les acteurs européens appréhendent le conflit ? Et comment concilier intérêts économiques, droit international et processus de paix ?
Au-delà du conflit territorial lui-même, nous réfléchirons aux rapports entre diplomatie, économie et droit international.
Nous vous proposons de discuter de tout cela ensemble, le temps d'un midi. Nous échangerons avec Alice Cucca, chercheuse au Centre de Droit international de l'ULB et spécialisée sur la question du Sahara occidental. Nous aurons l'occasion de revenir sur l'histoire et les dynamiques actuelles de l'occupation et du conflit, ainsi que sur les évolutions récentes. Nous nous intéresserons ensuite aux nouveaux accords économiques, et à ce qu'ils révèlent de la manière dont l'Europe se positionne face à la question du Sahara occidental.
Quand ? Le jeudi 10 septembre 2026
À quelle heure ? De 12h30 à 14h (accueil dès 12h)
Où ? Dans les locaux de la CNAPD (6 rue de l'Éclipse, à Bruxelles)
Comment venir ? Nos locaux sont accessibles en train (gare de Bruxelles-Central), en tram (Bourse, Anneessens), en bus (De Brouckère, Manneken Pis, Anneessens) ou en métro (De Brouckère)
Accessibilité ? Nos locaux disposent d'un accès PMR et d'un ascenseur
Modalités pratiques ? Évènement gratuit et sans inscription, avec sandwich offert !
La Coordination Nationale d'Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD) est une coordination pluraliste d'organisations de jeunesse et de mouvements d'éducation permanente progressistes, active depuis 1970. Nous avons pour but de sensibiliser, mobiliser et (in)former sur diverses thématiques comme la culture de paix, la militarisation et l'armement, les conflits, la démocratie et la participation citoyenne, les conflits liés aux ressources naturelles, les discriminations, …
Les Midis de la CNAPD sont des évènements organisés sur un temps de midi pour discuter ensemble, autour d'un sandwich, d'une thématique ou d'un sujet d'actualité complexe que nous décortiquerons avec un·e ou plusieurs intervenant·e(s) issu·e(s) de milieux divers (militant, associatif, académique, journalistique, …). Ces rencontres visent à démocratiser certains sujets et leurs enjeux, les rendant accessibles au grand public.
Une question, une proposition ou une suggestion ? Contactez-nous à l'adresse sensibilisation@cnapd.be
“En 1685, le Code noir défendait " aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons " sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l'État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s'armer. Aujourd'hui, certaines vies comptent si peu que l'on peut tirer dans le dos d'un adolescent noir au prétexte qu'il était " menaçant". Une ligne de partage oppose historiquement les corps " dignes d'être défendus " à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce " désarmement " organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense. Dans ce livre, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l'autodéfense politique."
Quand ? 02/10 13h30-16h30. Accueil dès 13h15.
Où ? Maison de la Paix, 35, rue Van Elewyck, 1050 Ixelles.
Inscription : https://framaforms.org/arpentage-se-defendre-une-philosophie-de-la-violence-02-octobre-13h30-16h30-dagir-pour-la-paix
Nous souhaitons que nos activités restent accessibles à toustes, c'est pourquoi elles sont proposées gratuitement ou à prix libre. Si vous en avez la possibilité et l'envie, vous pouvez nous soutenir avec un don sur notre compte bancaire : BE04 5230 8079 6631 – BIC : TRIOBEBB.
Parce que nous ne sommes pas toustes égaux·ales face à la lecture, nous aimerions lever certains freins. Pour celleux qui le souhaitent, vous pouvez venir avec un·e ami·e à l'arpentage et vous entraider dans la lecture. De l'aide peut aussi être apportée par les animateur·ices présent·es.
Accessibilité :
Le bâtiment n'est pas accessible aux PMR.
Bus 59 – 71 – 38 – 60 : arrêt Flagey
Tram 81 : arrêt Dautzenberg ou Flagey
Trams 8 et 93 : arrêt Bailli
“Quand la police tue”, livre le récit sensible de quatre familles à qui la police belge a arraché un être cher. Leurs témoignages se font échos et mettent en lumière le caractère structurel des violences d'État, de l'impunité policière et leur dimension raciste. Face à ce système mortifère, les familles mènent un long et courageux combat.
La projection sera suivie d'une discussion avec un.e ou des intervenant.e.s à confirmer.
Infos pratiques :
Le samedi 19 septembre 2026, de 18h à 20h
PAC Anderlecht — 5 rue Lambert Crickx, 1070 Anderlecht
Entrée gratuite
Organisé avec le collectif Zone Neutre.
Avec : No Name Kitchen, Front de Mère, Alarm Phone, AMDH, et le soutien de CGSP ACOD ALR LRB et Radio Panik
Partout en Europe, la répression s'abat sur celles et ceux qui s'organisent concrètement contre le fascisme et l'extrême droite. Gino et les inculpé·es du Comité Budapest sont aujourd'hui pris·es pour cible pour leur engagement antifasciste.
Ce vendredi 4 septembre à 13h, retrouvons-nous devant l'ambassade d'Allemagne à Bruxelles pour refuser l'extradition de Gino et défendre nos camarades. Face à la répression, notre solidarité est notre force : on ne laisse personne derrière !
Appel à rassemblement du DAL69 vendredi 4 septembre à 15h devant le siège d'Habitat humanisme au 9 rue Mathieu Varille pour exiger le relogement de plusieurs locataires dont les logements sont invivables !
Entre la marche du collectif solidarités entre femmes à la rue de midi et leur réunion à 17h, venez soutenir les camarades pour exiger un rendez-vous avec leur bailleur abusif !
L'atelier Architecture in a World on Fire travaille chaque année à mettre le savoir architectural au service d'une lutte en défense du vivant. Cette année nous travaillerons avec le collectif Méga Canal Non Merci qui tente de bloquer la construction d'un canal de 107 km de long et 54 m de large reliant la Seine aux ports d'Europe du Nord. Facilitant l'importation de l'agro-industrie, il requiert l'artificialisation de 3 200 hectares de terres dont 2500 de terres agricoles, le remuement de 74 millions de m³ de terre impactant 200 hectares de forêts, 240 hectares de zones humides et l'accaparement de 55 millions de m³ d'eau alors qu'un autre canal existe déjà et assure cette liaison et n'est utilisé qu'au quart de sa capacité.
Max et Milo du collectif en lutte présenteront les enjeux et moyens d'action contre ce grand projet inutile imposé.
Matthias Brissonnaud, architecte et doctorant, (LIAT ED 540 ENSA Paris-Malaquais) traitera des relations entre les infrastructures techniques territoriales et l'écocide en cours.
Présentation du journal Après la révolution N°6 sur le thème de la Valeur, en présence d'auteur-ices et de membres du comité de rédaction d'ALR
Un des apports du marxisme est d'avoir participé de montrer que la valeur économique d'une chose n'est pas une propriété mécanique d'un objet. Au contraire, cette valeur est instable, changeante, déterminée par des facteurs très divers selon qu'on considère notamment sa valeur d'usage ou sa valeur d'échange. Mais elle s'avère aussi être une conséquence des valeurs morales des personnes qui, dans une société de classe se sont accaparées la capacité de distribuer les richesses selon leur bon vouloir et de déterminer en quelque sorte la valeur de la valeur. C'est à l'actualité des réflexions sur la valeur et les valeurs que ce numéro d'Après la révolution est voué.
Face à la colonisation, l'agriculture palestinienne est un véritable enjeu de résistance. Elle est une cible majeure des forces d'occupation sionistes (vol de matériel agricole, accaparement de l'eau et prix exorbitant de cette dernière, taxe très élevée sur les intrans, destruction des banques de semences, fermeture des syndicats agricoles, vols des terres et du bétail, interdiction du travail de la terre et de la pâture des animaux, entraînant des coûts de production très élevés, inabordable pour les populations. C'est parce qu'ils constituent un moyen d'autonomie et donc de résistance qu'il est nécessaire de soutenir les projets agricoles et paysans auto-organisés par les communautés.
Face aux énormes moyens économiques et politiques alloués aux colons sionistes et à la répression sur des initiatives agricoles palestiniennes, la solidarité internationale est notre arme !
Au programme :
A partir de 19h : stands, infokiosques, vente de sérigraphies, cantine végane
19h30 projection d'un moyen métrage réalisé durant la récolte des olives à l'automne 2025 en Cisjordanie occupée. Le film, réalisé par des camarades, donne la parole à des paysan.nes palestien.nes qui font face à l'apartheid et aux forces coloniales sionistes. Le film situe l'importance de l'agriculture dans la résistance et la lutte pour l'autonomie dans les territoires occupés. Discussion à l'issue de la projection
21h : concerts
Frambby rap (A75)
Dr/ Kyle rap (69)
Trans*port Publik queerpunk (BXL)
No Self Metallic hardcore (31)
LA ZONE, 18 rue du Mont, Saint Etienne (à côté de la GN)
Adhésion prix libre
PAF +/- 6 euros
Comme le travail médical et humanitaire, l'action sociale est de plus en plus confrontée à l' urgence, alors même que l' essence de sa mission d'écoute ou de lien social demande du temps. L'urgence lui impose une réponse rapide face au mal-logement, à l'asile, aux VSS, aux problèmes de santé ou au chômage. Plutôt que de faire taire ces crises qui sont autant de signes de ses défaillances, l'Etat semble préférer les assumer et organiser leur prise en charge, en co-gestion avec le monde associatif. Que cache cette intervention humanitaire providentielle ? Il faut moins y voir une tentative de l'Etat de s'améliorer en continu que d'évacuer les problèmes sociaux structurels en les traitant comme des urgences. Avec l'urgentisation du social, l'Etat a trouvé une manière de relativiser ses failles ; il les noie dans le spectacle du traitement de leurs effets. L'urgence apparaît domestiquée, acceptable et organisée par une gouvernementalité humanitaire s'étendant de l'Etat à l'associatif et alliant délicatement compassion et rationalisation, aide et condition, intégration et exclusion.
NOYER LES CAUSES DANS LES SYMPTÔMES
Pour l'Etat (et celleux qui souhaitent l'améliorer), reconnaître des urgences comme le sans-abrisme, le chômage, l'accueil des exilé-es, les violences faites aux femmes ou aux personnes LGBT+ permet de déplacer l'attention des causes vers les symptômes de l'urgence. Plusieurs tactiques de décentrage et donc de déresponsabilisation sont alors à l'oeuvre :
1.SPECTACULARISER
La mise en spectacle de la violence et de la prise en charge des inégalités et des crises sociales occultent leurs origines que sont le travail, le capitalisme, l'Etat ou ses frontières. Elle permet de répondre à quelques situations - souvent médiatisées comme le plan Grand froid à Paris ou l'accueil massif de migrant-es ukrainien-nes - plutôt qu'à toutes. Lâcher du lest par-çi par-là, pour mieux régner sur la totalité. Conjointement, la mise en urgence d'un sujet laisse induire qu'il est possible de sortir de l'impuissance : de la crise peuvent émerger des victoires. Il ne s'agira jamais d'augmenter réellement nos libertés mais d'insertions professionnelles, de régularisations ou d'indemnisations. L'aide d'urgence permet de digérer les revendications sociales, de légitimer l'intervention institutionnelle et de perpétuer l'illusion de la prise en charge de nos besoins. Une stratégie reprise souvent inconsciemment par les cadres associatifs et autres gestionnaires de l'urgence pour éviter la délicate perspective de la transformation radicale de la société, peu propice aux dons, aux subventions ou aux votes.
2. INDIVIDUALISER
Le décor une fois posé, le décentrage de la cause vers le symptôme s'opère ensuite en ignorant les origines structurelles et les rapports de domination pour préférer individualiser et moraliser leur responsabilité. Du côté des pouvoirs publics, c'est par exemple la critique de travailleurs sociaux maltraitants plutôt que celle d'un travail qui rend violent ou encore, d'hommes errants menaçants plutôt que l'abolition des frontières qui précarisent. Du côté des associations, une exclusion de certains individus violents de leurs dispositifs d'aide, une moralisation de la question politique avec des bons et mauvais points militants ou une concentration de la critique sur des “grands méchants” (Bardella, Bolloré, etc.), bien plus fédératrice qu'une critique de la démocratie et de son travail, de la gauche, de ses centres de rétention administrative (créés par Mitterand) et de ses frontières.
3.TRANSFORMER EN DÉRIVE... OU NORMALISER
Puis quand un rapport systémique de domination n'est plus ignorable ou que la défense se complique, la stratégie du pouvoir peut être d'en reconnaître la dimension structurelle tout en la traitant comme crise et dérive, donc en l'évacuant aussitôt comme un “dysfonctionnement” corrigeable. La diversion vers les “dérives” s'accompagne de nouvelles explications, bien loin de leur radicalité première, et de mesures dont l'objectif n'est pas un changement de structure, mais d'un retour à la normalité. La pirouette fait céder du terrain mais seulement pour un temps. Ainsi, les causes de la misère des SDFs sont souvent naturalisées comme une fatalité (quand elles ne sont pas attribuées à ces mêmes individus), comme une externalité négative malheureuse d'un système capitaliste imparfait mais “le moins pire qu'on ait”, ce qui permet alors d'évincer toute critique du travail ou du capital qui pourtant les met à la rue. Plutôt que de viser la transformation de la société ou la sortie du capitalisme, on cherchera à réduire et à contenir les violences familiales, les cercles vicieux de l'alcoolisme ou les imperfections du marché du travail, en renversant ces symptômes comme des causes premières de nos urgences. Quand l'Etat parle de problèmes managériaux, de plans d'investissements à mener, de santé mentale ou de perte de sens à corriger, le monde associatif peut lui revendiquer un manque de moyens à combler (pour continuer de faire plus ou moins la même chose, toujours en moins pire) ou pointer du doigt un manquement au droit, ce même droit qui structure et légitime par ailleurs les dominations de l'Etat et de sa justice. L'associatif cherchera souvent plus à en corriger les “abus” qu'à dépasser leurs structures. On chantera “un toit c'est un droit” et conclurons nos manifestations après des mises-à-l'abri ou des régularisations, aussi temporaires que cycliques. Comme si les rafles de personnes exilées, leurs encampements et leurs refoulements aux frontières de l'Europe n'étaient que des dérives. On scandera “Vérité et justice”, comme si les meurtres policiers n'étaient que des bavures à faire reconnaître par la Justice, que le droit était du côté de l'émancipation, que deux siècles de démocratie capitaliste étaient réformables.
4.NOYER LE TOUT DANS LE TOUT
Enfin, le décentrement de la cause vers le symptôme s'achève en noyant l'urgence dans l'urgence, en la multipliant de telle façon qu'il n'y en ai plus vraiment, ou que l'on s'y habitue. Pour bien laver son linge, il suffit de le mélanger et de laisser tourner la machine. Gérer l'urgence c'est en faire non plus une temporalité extraordinaire, mais la modalité normalisée de l'action, sociale ou humanitaire. Saturer l'espace public de crises concurrentes aux effets spectaculaires, les multiplier et les traiter avec la même énergie jusqu'à ce que cette importance de tout ne veuille plus rien dire. Une urgence de tout qui s'auto-institue, s'autonomise et s'annule dans un même geste.
L'urgence sidère par la gravité et le spectaculaire de ses symptômes : des violences s'exercent, des campements sont érigés, des situations dégénèrent, des gens meurent. La dramatisation et le lexique guerrier soutiennent alors leur gravité, que ce soit pour affronter le coronavirus, le chômage ou le terrorisme ou en parlant de “crises migratoires”. A la “War on drugs” américaine, Darmanin renchérit par la “Bataille de Stalingrad“. L'information nous vient par l'image qui clive ou qui fédère, toujours autour d'affects et d'indignations universelles comme la souffrance ou les Droits de l'Homme, inlassablement récupérés par les pouvoirs en place qui se placent en pompiers de leur propre incendie. Sidérante, l'urgence émeut et indigne autant qu'elle paralyse et immobilise ; elle pousse soit à la tétanie, soit à l'action immédiate de palliation, à la panique, aux pulsions conservatrices et aux réflexes humanitaires, pour le moins pire plutôt que contre le tout.
Tout comme la surinformation désinforme, l'empilement des crises produit une concurrence des urgences qui empêche toute politisation globale des problèmes. Ce que l'on attendait hier de l'avenir et des grands projets révolutionnaires semble davantage exigé dans le présent, heureuse nouvelle s'il était moins un présent de la résignation, du moins pire et de la réforme qu'un présent de l'expérimentation de la liberté et de la révolte. Irrémédiablement, la réponse à tous ces problèmes est un Etat plus fort et plus progressiste, appelé de nos voeux à chaque élection. Ou de nouvelles personnes providentielles comme a pu l'être Emmanuel Grégoire et tant d'autres, auto-proclamé pourfendeur des violences faites aux enfants et du sans-abrisme. C'est lui qui, lorsque le sujet des SDF reviendra chaque hiver comme une urgence, déclenchera des “plans Grand Froid” alors qu'iels seront expulsé-es et mourront dans la rue le reste de l'année.
SAUVER POUR NE RIEN CHANGER
Cette temporalité cyclique de l'urgence sociale traduit une politique de la pitié qui se déclenche surtout à l'approche du pire, donc généralement de la mort. Pour faire objet d'indignation consensuelle dans l'opinion publique, la mortalité doit être spectaculaire et imminente : noyade en Méditerranée, enfants à Gaza, victimes du SIDA ou mort-es dans la rue. Contrairement aux rêves droitsdel'hommistes, l'urgence n'est jamais universelle, traitée de manière inconditionnelle. Elle dépend d'une reconnaissance politique, en réaction à une situation dramatique ou par anticipation de son aggravation potentielle. Toujours a postériori, par calcul du nombre de morts acceptables. Comme si la mort n'était inacceptable que dans certaines situations d'injustice, celles où les victimes ne méritaient vraiment pas leur situation. Comme si la mort constituait l'ultime et unique garde-fou moral capable de contraindre à l'intervention, la seule chose contre laquelle l'opinion publique peut encore s'indigner, à ceci près que toutes les morts ne semblent pas se valoir. En outre, ce n'est même plus tant le décès d'une personne sans-abri qui émeut en tant que telle mais l'espace que son événement occupe dans l'actualité, la politique se faisant plus que jamais celle de l'émotion.
À l'instrumentalisation de la compassion par les politiques publiques et caritatives qui invitent au secours plutôt qu'à la révolte s'ajoute un répertoire d'actions lié au sauvetage par l'intégration. La morale humanitaire semble indiquer de prendre soin des individus, sufisamment pour les sauver de la mort et maintenir leur capacité productive mais suffisamment peu afin d'éviter l'émergence d'autres possibles. Les mettre à l'abri aux quatres coins de la France dans des hébergements d'urgence éphémères pour les isoler et tuer leurs luttes. Atténuer la souffrance pour ne rien changer, parler d'exclusion pour ne pas parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté, parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté pour ne pas parler du capitalisme ou du travail. Individualiser les malheurs plutôt que les penser en termes de dominations, parler de traumas à soigner plutôt qu'interroger leurs origines, montrer de la compassion face aux souffrances plutôt que d'interroger la justice de l'Etat et des organisations qui s'y réfèrent. La lutte pour l'autonomie et la liberté s'effacent devant le langage humanitaire des pouvoirs publics.
Cette dépolitisation par l'urgence est entretenue en bout de chaîne par nos organisations militantes qui pour vivre ou se faire connaître jouent le jeu de la spécialisation des crises et des politiques publiques en investissant une “cause” comme l'enfance, les VSS ou le sans-abrisme. Etat, partis ou associations traitent chaque cause d'urgence au cas par cas, occultant leurs origines systémiques liées à l'organisation du travail, aux rapports de domination, à la captation des richesses ou l'organisation de la dépendance économique qui peuvent expliquer chacune de ces urgences. Puisqu'aller plus loin dans la critique signerait la fin de leurs financements, de leur légitimité voire de leur existence, les associations et organisations militantes se contentent généralement d'un plaidoyer de réforme et en appellent finalement toujours à un capitalisme plus inclusif plutôt qu'à son renversement. Automatic word wrap
La faim, le mal-logement et les différentes violences sociales sont pourtant les résultats du capitalisme. Ce qu'il y a derrière ces urgences, ce sont des écarts répétés et grandissants entre le revenu et le coût de la vie, du surendettement, des expulsions de plus en plus fréquentes et d'autres processus anti-sociaux et inégalitaires nourris par l'Etat, son monde économique, sa démocratie et ses organisations “gestionnaires malgré elles”.
NORMALISER L'URGENCE, LÉGITIMER L'INTERVENTION
En inscrivant les souffrances sociales comme dérives à soigner, l'Etat et les pouvoirs associatifs justifient ainsi mieux leur propre intervention. L'Etat efface non seulement sa responsabilité à la source mais s'auto-institue dans le même mouvement comme seul calmant légitime. En bon gestionnaire de sa propre crise, ses plans contre les VSS, ses aides sociales et autres fumisteries rejouées à chaque élection légitiment son existence ainsi que celle de ses différents acteurs de la gestion de l'urgence, qu'ils soient politiques, humanitaires, ingénieurs ou militaires. Normalisée, l'urgence est renversée et récupérée comme élément de pacification : il ne s'agit plus de lutter mais d'être solidaires, ensemble pour le moins pire.
C'est la nature même de l'Etat, qui quand il ne peut pas se trouver d'ennemis extérieurs pour fédérer autour de guerres, doit se tourner vers des ennemis intérieurs à expulser ou des urgences à pallier. La crise justifie la mise en place de moyens extraordinaires comme les camps, les statuts administratifs précaires, les centres de rétention ou de nouvelles formes de dépendance (plans de régularisation, aides sociales etc) qui sont autant d'outils de pacification sociale. Une intervention naturalisée, non questionnable et même souhaitée : il en va de la survie des gens !
Pendant l'état d'urgence sanitaire lié au Covid-19, la police a pu punir sans passer par un juge grâce à l'usage massif d'amendes forfaitaires, qui ont particulièrement été appliquées dans les quartiers pour les maintenir dociles. À Paris, des formations et des assermentations express ont été données aux services de sécurité des bailleurs sociaux (le Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance) pour permettre aux gardiens de patrouiller dans les résidences HLM, dresser des procès-verbaux face aux “incivilités” et faire respecter les mesures de confinement. Les exceptions du droit d'un Etat d'urgence permanent. Dans le même mouvement, l'intervention associative prend tout son sens. Par la gestion des urgences, la question sociale cesse d'être pensée en termes de rapports de classe ou d'affinités révolutionnaires pour être fragmentée en bénévoles “soutiens”, salarié-es expert-es et “publics” bénéficiaires, selon le vocable symbole de cette asceptisation et victimisation des luttes. Là où émergeaient les idées d'entraide, de conflictualité ou d'autonomie populaire apparaissent subventions, expertise, prévention, accompagnement, évaluation et partenariats. Distribution alimentaire sans espace politique, atelier CV plutôt qu'organisation collective, participation symbolique des “premier-es concerné-es” ou communication humanitaire basée sur des témoignages plus que sur des ouvertures d'espaces autonomes…
On nous soutiendra que ces compromissions ou que l'aide à l'intégration (par le travail et les papiers) avant la révolution vient des “premier·es concerné·es”, alors que tout est fait dans la société et dans les organisations d'aide d'urgence pour que les plus précaires n'aient ni le temps ni l'espace de demander autre chose que l'aide humanitaire. Et que nous, “soutiens”, travaillions - potentiellement salaire à la clé - à réparer des symptômes qui donnent du sens à notre militance. C'est ainsi tout un système de représentation de nos besoins qui est validé sous couvert d'humanisme, occultant d'autres perspectives d'entraide, de questionnement, de collectivisation et d'autonomie. L'organisation de l'urgence agit ici comme extension de la démocratie représentative qui nous prive de nos moyens d'organisation et de subsistance. Ce sont nos cadres étatiques ou sociaux qui décrètent nos urgences et débloquent nos aides, ou nous-mêmes qui finissons par devenir nos propres cadres, que ce soit par quête de sens, par croyance de pouvoir faire mieux de l'intérieur ou par “nécessité”.
Ces renversements remplacent la défense conflictuelle de l'infinité de nos désirs par l'écoute, la médiation et la réparation de nos problèmes. Plutôt que de produire une critique de l'Etat, de nouvelles formes d'entraide ou de renoncement au travail, l'énergie militante est captée par le travail social, qui individualise et psychologise les problèmes. L'urgence substitue l'entraide qualitative par l'aide quantitative : les bon·nes gestionnaires évaluent, essayent de faire le plus avec le moins et rationnalisent les rapports sociaux dans ces espaces. Autrement dit : le conflit devient souffrance et la politique se dévoile pour ce qu'elle est : prise en charge. Il ne nous reste alors plus qu'à soigner les symptômes et à manifester quelques joyeux dimanches, pour dénoncer quelques dérives.
Adossée aux logiques de marchandisation à l'oeuvre dans le secteur associatif, l'urgence justifie la privatisation de la protection sociale : mutuelles et assurances privées pour les « inclu·es », associations caritatives pour les « exclu·es ». Cette confiscation de l'aide nous dépossède de notre responsabilité, l'aide est déléguée à des professionnel·les de l'urgence qui la cadrent et la régulent pendant que la solidarité devient un délit si l'on accueille des sans-papiers. C'est aussi l'urgence et ses aides qui justifient les interventions militaro-humanitaires à l'étranger, sous couvert de droit international, de neutralité ou du droit d'ingérence. L'expertise et l'aide d'urgence légitiment des “guerres justes” correctement menées ou des génocides encadrés par couloirs humanitaires. C'est l'urgence qui a justifié les plein pouvoirs accordés à Hugo Chavèz pour gérer les pluies et coulées de boue de 1999 et organiser la militarisation qui s'en est suivie. En France, c'est l'urgence terroriste de 2015 qui a pavé la voie des lois de surveillance et de répression policière ou des hausses de dépenses militaires. Le droit de l'état d'urgence et les dispositifs de surveillance anti-terroriste se sont depuis plus que jamais immiscés dans le droit des étrangers. A Mayotte comme en Guyane, l'état d'urgence a servi de prétexte pour intensifier les opérations de contrôle des frontières et de la régularité du séjour des individus. C'est aussi l'extension de l'Etat d'urgence anti-terroriste qui a permis de faciliter le démantèlement de la “jungle” de Calais, expulsée en trois jours début 2016. Avant de justifier l'expulsion, l'état d'urgence et la menace terroriste ont d'abord été utilisés pour sécuriser la frontière en érigeant une clôture de 4m de haut le long du port de Calais et différents dispositifs de clôtures, de vidéo-surveillance, de détection infrarouge et de lumières pour empêcher le passage par l'Eurotunnel. L'état d'urgence a ici servi à dissuader les tentatives de passage et s'est ensuite étendu à l'interdiction de différentes manifestations sous prétexte que les autorités ne disposaient pas des moyens nécessaires pour en assurer la sécurité. L'état d'urgence semble tendre vers sa permanence, il justifie l'exception au droit qui encadre sa gestion par ailleurs. Le droit n'a jamais limité l'Etat, il en est son langage le plus efficace. Dans le régime de l'urgence, le droit devient même performatif et se soumet au politique qui s'autonomise : quand Macron a annoncé le confinement et le pass sanitaire, la base légale était encore floue et le pays a immédiatement appliqué la mesure. La politique humanitaire prônera toujours l'exception comme méthode de gouvernement : le pouvoir agit au nom de l'urgence pour devancer le droit et préserver l'ordre existant.
L'URGENCE EST LÀ, LA CRITIQUE ATTENDRA
Noyer l'urgence dans l'urgence ne consiste pas seulement à multiplier les crises et à brouiller les causes dans le traitement de leurs symptômes, mais aussi à organiser un régime d'action et d'instantanéité dans lequel tout doit être traité immédiatement, contre le temps de la critique. Tout comme la satisfaction immédiate de nos désirs par la consommation nous empêche d'accéder à d'autres désirs, le régime de l'urgence devient une forme de gouvernance. Il impose un tempo qui légitime la confiscation du pouvoir ou le maintien d'espaces politiques descendants qui brident les velléités subversives et dé-radicalisent les discussions. Les pouvoirs publics comme le milieu associatif se montrent particulièrement créatifs en la matière.
Le spectacle de la crise et de l'urgence provoque en effet souvent soit sidération et immobilisme face aux crises, soit un besoin irrépressible de résolution immédiate de ces symptômes, que ce soit pour trouver du sens dans l'absurde ou pour que la violence ne reste pas aux portes de notre confort. Réorientée vers la réaction immédiate — pétitions, indignations, bénévolat par ci par là, campagnes rapides — l'énergie critique s'attaque aux effets visibles et spectaculaires — la crise écologique, sociale ou le fachisme — ainsi qu'au pouvoir en place ou à venir et ne s'étend rarement à une critique plus large des structures qui rendent possibles et permanentes ces dominations, comme le pouvoir en tant que tel ou les formes acceptables du capitalisme, qu'elles soient démocratiques ou humanitaires. Car ces structures nous font vivre et sont désirées par beaucoup, ou constituent des repères moraux et militants d'où peuvent partir des luttes et des espoirs. Car toute critique d'un au-delà de l'immédiat à gérer devient idéologique et indécente lorsque des vies sont en jeu (et que des salaires dépendent des dons et de la popularité de l'association). La critique associative ne concerne peu les conditions de production de l'urgence elle-même, ni les dispositifs qui la rendent permanente, ni l'organisation politique d'une attention saturée, fragmentée, où chaque problème est immédiatement remplacé par un autre.
Sans finalité autre que la suspension de l'urgence pour un temps, nos actions de manifestation, de maraudes ou d'hébergement d'urgence deviennent alors des fins en soi, des objets de luttes qui se suffisent à eux-mêmes et reviennent en boucle. La réalisation de nos missions d'urgence étant déjà si difficile au vu des conditions allouées par l'Etat - et acceptées par les associations qui en vivent - que l'essentiel de notre temps va au soulagement de la crise plutôt qu'à son dépassement. Il n'y a ni temps ni moyen pour la création d'espaces nouveaux d'auto-détermination. Les espaces de solidarité associative et les luttes sociales pourraient pourtant être intéressants au vu des situations politiques qu'ils génèrent, peut-être s'ils étaient davantage chargés d'autonomie et d'horizons inconnus plutôt que d'être pilotés par la classe d'encadrement associative. Fatalement, nos revendications sont souvent défensives et s'arrêtent à la défense des droits, à l'intégration par le travail ou aux demandes de prises en charge, à l'optimisation des symptômes donc. La gauche sous ses formes partisanes ou associatives s'est spécialisée dans l'intégration de la critique sociale et révolutionnaire pour la rendre “réaliste” et donc réformiste et inaudible. Un fatalisme justifié par un “pragmatisme” stratégique qui commanderait d'avancer victoire par victoire, quitte à tourner en rond pendant des décennies. Opposant des catégories d'individus entre elles, nourrissant le capital en main d'oeuvre et suppliant l'intervention de l'Etat, ces luttes pour défendre nos droits nous condamnent à la réforme et au statu quo, gagne-pain de la gauche et terreau de l'extrême-droite pourtant combattue, quand elles ne sont pas rattachées à des critiques et perspectives révolutionnaires de transformation totale de la société.
Dans le travail médical, la crise du Covid a par exemple montré que les débats de lutte se concentraient sur la gestion quotidienne (hôpitaux, restrictions, chiffres) tandis que les questions structurelles — sous-financement chronique des systèmes de santé, dépendance industrielle, choix politiques antérieurs — passaient au second plan ou devenaient inaudibles, car “moins urgentes”. Pire, elles étaient liées à des défaillances de l'Etat plutôt qu'à son existence en tant que telle.
Dans le travail social ou humanitaire, la lutte pour les droits suspend souvent la critique de l'organisation et donc de la représentation de nos besoins. L'heure n'est jamais au débat sur nos pratiques, ni à la “grandiloquente révolution pour bourgeois idéalistes”, mais à la résolution de l'urgent par l'action. Entendons par là distribution alimentaire, envois de CV, cours de français et autres prestations d'accès aux droits. Entendons par là les droits de bien s'intégrer à la nation, au travail, à la langue française et de rentrer dans le rang. Les acteurs de l'urgence ont naturalisé le turnover de leurs salariés comme une évidence en temps contraint. Ce turnover entrave toute critique interne, comme au Samu Social, connu pour désespérer et changer d'opérateurs téléphoniques du 115 tous les trois mois.
Si la dimension intrinsèquement présentéiste de l'urgence bride la critique, elle organise de la même manière le deuil de nos idéaux. Autant survalorisée qu'humanitarisée, l'action est vidée de tout horizon libertaire et autonomisant. Antidote à l'incertitude, l'action sociale ou humanitaire ressemble à une fuite en avant. Elle répond à nos crises de sens avec des petites victoires concrètes du quotidien et emporte nos idéaux radicaux et autonomes dans ses prises en charge, ses régularisations et ses sourires. Chez les caritatifs co-gestionnaires de l'urgence, il apparaît vite vain de s'attaquer à ces causes de la boucle de l'urgence, trop multiples, profondes, aux responsabilités diluées et trop politiques, clivantes et par la même occasion peu propices aux dons. Et puis, on ne dévore pas la main de l'Etat qui nous nourrit, sinon on ne pourrait plus opérer, et si on existe plus qui s'occupera de la misère ?
DÉPASSER LE GOUVERNEMENT HUMANITAIRE
Quand le gouvernement s'humanitarise, l'humanitaire se gouvernementalise dans un même geste. Les années 80 ont marqué le passage d'un pouvoir disciplinaire brutal à une gouvernementalité plus thérapeutique, compassionnelle, humanitaire. La création du Secrétariat à l'action humanitaire par Chirac marquera la fusion humanitaire et sécuritaire d'un ensemble d'institutions étatiques et associatives que Didier Fassin qualifie de “gouvernement humanitaire”. Plus que jamais, la solidarité s'est professionnalisée et les politiques sociales et humanitaires sont devenues des technologies de gouvernement adaptées au capitalisme néolibéral. Comme Chirac et son Samu Social, les gouvernements de droite comme de gauche investissent le social et l'humanitaire avec le monde associatif. Gestion des camps, assistance médico-sociale, maraudes, hébergements d'urgence, insertion professionnelle… Ce qui relève de l'aide d'urgence est intégré à une normalité compressée et rationalisée pour coller au tempo de la crise permanente. La souffrance sociale hier ignorée est désormais un objet majeur des politiques publiques qui cherchent à réduire la “fracture sociale” pour réintégrer certain·es “exclu·es” dans la société et son travail. Une manière de contenir la colère en s'attaquant aux symptômes de l'urgence sociale plutôt qu'à ses racines. La souffrance des exclu-es indésirables sera elle invisibilisée et empêchée de se transformer en luttes, par précarisation organisée, répression sur leurs lieux de survie, éclatement des communautés de lutte ou récupérations gauchistes et prises en charge de pacification. Le politique administre les affects, les traumatismes, les comportements ; il abandonne pour de bon la transformation des structures sociales et légitime sa violence par la protection des vulnérables.
Par l'aide sociale et d'urgence, il ne s'est jamais agi que de donner une contrepartie sociale aux grandes dynamiques néolibérales de privatisation du pays. Défendre l'inclusion sociale pour diviser bons et mauvais-es immigré-es. Combattre la résistance des citoyen-nes à la nation et au travail. Combattre l'exclusion sociale jusqu'à en faire une fin en soi, coquille vide dépouillée de toute autre velléité, sans remonter à sa source. En témoignera le Pacte parisien de lutte contre l'exclusion et sa Nuit de la Solidarité, outil de communication solidaire de la ville de Paris pour continuer par ailleurs sa politique de spéculation immobilière, d'expulsion et de traque des sans-papiers. Promettre des avantages (aides, régularisations) à certain-es pour casser les luttes. Faire plonger les associations dans le piège subventionné de la défense des acquis sociaux et de l'intégration par la langue ou le travail. Montrer patte blanche, digérer nos colères, agiter la peur de l'extrême-droite. Faire oublier la critique de la démocratie et continuer plus sereinement notre exploitation. L'urgence sociale est ainsi renversée comme délai supplémentaire que nos démocraties s'accordent pour oblitérer leurs failles fondamentales, nous occuper à traiter nos problèmes sociaux comme des dérives et repousser toujours plus nos révoltes. Par l'action et la victoire, l'aide d'urgence donne du sens à notre misère militante. Elle sépare nos luttes en causes spécialisées (climat, violences policières, inégalités, conflits internationaux), occulte ce qui les unit et nous pousse à formuler des revendications thématiques plutôt qu'à tout refuser.
Les associations humanitaires souvent en lutte contre les politiques de l'Etat tentent de tendre vers un au-delà du simple soulagement des urgences, en alliant pansement humanitaire nécessaire et plaidoyer structurel de long terme. Mais leur régime d'urgence, leur dépendance au financement et leurs horizons politiques étatistes bloquent leurs militant-es dans une charité désautonomisante et dans des rapports de luttes réformistes. Certain-es préfèreront le moins pire à l'idéal et en feront une religion nommée social-démocratie. D'autres sortiront la tête de l'urgence humanitaire et de la réforme. Iels continueront peut-être de panser des plaies mais passeront de l'aide à l'entraide et s'essayeront à la création d'espaces d'auto-détermination. Au-delà du symptôme et de l'humanitaire, iels chercheront plutôt à porter des coups matériels et discursifs à la racine, au capital, au travail, aux frontières, à la démocratie, aux prisons, aux solutions de l'Etat et à tout ce qui nous fait tourner en rond. Par le bas, de tous les côtés, sans représentation ni organisation qui définit nos urgences.
Wilden - TERRAIN VAGUE
Bonjour bonsoir les damoiselleaux, le puy de la folle aura lieu à nouveau en mars 2027 !
Si vous avez envie de participer à organiser cette journée sur le thème du roman national, RDV à l'amicale du crêt de roch, 16 rue royet, le 23 septembre 2026 à 18h30.
Le puy de la folle est une journée de réflexions et de festivités sur le thème du roman national. En mars dernier, on a reçu Thomas Lemahieu et une membre de la SCAS (section carrément anti Stérin), qui nous ont parlé de Pierre-Edouard Stérin. On a aussi échangé avec Maud Royer autour de son livre « le lobby transphobe ».
Et enfin, on a beaucoup ri devant le spectacle « Camembert - Le couronnement » de la compagnie Nous indiscipliné.e.s, et on a fini la soirée avec DJ Galette et DJ Clébard !
Pour cette année, on a envie d'aborder le thème du roman national sous des angles différents, et de garder le format discussion + spectacles et/ou concert, et on aimerait bien qu'il y ait tout un tas d'activités rigolotes et plus ou moins médiévales pendant la journée :)
Si des idées vous viennent ou pas, que vous êtes curieuxses, que vous avez des suggestions, venez papoter avec nous le 23 septembre !
vous pouvez écrire à puitsdelafolle chez mailo.com si vous avez des questions ou autre.
https://lenumerozero.info/IMG/png/reunion_puy_de_la_folle_2026.png
Salut ! On est un groupe de dix à vingt personnes vivant à Saint-Étienne qui n'évoluons pas forcément dans les mêmes cercles en dehors de la mut. On se réunit une fois par mois pour mettre en commun une partie de nos revenus et discuter de notre rapport à l'argent.
A quoi ça sert ?
• Créer plus d'égalité à notre échelle, même si nos ressources sont limitées.
• Garantir un revenu minimal à tous nos membres.
• Dépasser le tabou autour de l'argent.
Dans cette démarche, on discute de sujets comme le rapport méritocratique à l'argent, l'accès au travail salarié, aux aides sociales et au bagage familial, la possibilité d'épargner, le soutien financier à l'échelle individuelle.
Ca t'intéresse ?
Pour faire vivre la mutuelle, on a besoin de personnes motivées et qui sont prêtes à partager une partie de leur revenu.
Retrouve-nous le jeudi 24 septembre à partir de 18h à la Cale (16 rue Royet), pour nous rencontrer et parler thune ! et c'est ouvert aux personnes qui n'ont pas forcément envie de rejoindre, qui sont curieuses de découvrir le fonctionnement d'une mutuelle, ou qui ont envie d'échanger sur notre rapport a l'argent.
Tu peux aussi nous contacter et nous poser toutes tes questions par mail à lamutuelle42 chez mailo.com. Si tu souhaites nous soutenir mais que tu ne veux pas faire partie de la mutuelle, on reçoit aussi les dons, réguliers ou ponctuels.
L214 Saint-Étienne est heureuse de vous annoncer la 10e édition de l'évènement Animal'Ethique à Saint-Étienne !
Ce dernier se tiendra le samedi 12 septembre 2026, de 10h à 17h.
Nous vous invitons à découvrir ce village vegan, animaliste et écologiste au cœur de la ville de Saint-Étienne qui soutient cet évènement, sur la place de l'Hôtel de Ville.
De nombreuses associations et entreprises investies dans la protection des animaux et de l'environnement seront présentes : venez les découvrir, discuter, tester des produits végétaux... Cet événement est ouvert à TOUS.TES !
Nous souhaitons faire de ce « village » un lieu d'échanges et de partage autour du véganisme, de l'antispécisme, de l'écologie et des actions citoyennes. Associations d'ampleur nationale et internationale côtoieront des initiatives locales dans un esprit de solidarité.
Nos objectifs : sensibiliser, rassembler, démocratiser le véganisme, créer des liens pour continuer d'avancer ensemble vers un monde plus éthique pour tous les individus.
Vous pourrez vous restaurer sur place.
Pour fêter les 10 ans de l'événement, on se retrouve ensuite à La Zone, 18 rue du Mont à Sainté à partir de 20h, avec un concert de Res Turner et du groupe ACS, rappeurs engagés à la plume acérée !
« Située entre Grenoble et Chambéry, la vallée du Grésivaudan est encadrée par les massifs de Chartreuse et de Belledonne. La communauté de communes regroupe 43 communes. Creuset d'industries pionnières, le Grésivaudan reste une terre d'innovation accueillant aujourd'hui des activités industrielles de pointe qui en font l'un des pôles d'excellence économique de l‘Isère. La qualité de vie offerte par son environnement naturel et la diversité de ses activités lui confèrent une forte attractivité. Bienvenue dans le Grésivaudan ! »
Office du tourisme Belledonne Chartreuse
Mais, derrière cette vision idyllique, le Grésivaudan est, comme le reste du département de l'Isère, gangrené par la présence de plus en plus inquiétante des réseaux de l'extrême-droite.
Il y a d'un côté les résultats électoraux du Rassemblement national ou de Reconquête. Une masse d'électeurs glisse vers des partis fascisants sans avoir le moindre scrupule.
Les réseaux des catholiques intégristes, en toute discrétion, s'implantent grâce à leurs diverses associations. Leur objectif est d'imposer leurs visions rétrogrades et de contrôler la jeunesse.
Des groupes activistes et agressifs s'inscrivent dans un courant suprémaciste qui fait de la violence le fondement de leur projet.
Alimentant cette extrême-droite, plusieurs structures développent des discours complotistes et conspirationnistes. La crise du Covid a été un accélérateur : nombre des théories fumeuses et dangereuses ont proliféré et elles imprègnent largement la fachosphère.
LE RN, PREMIER PARTI DE LA DROITE ET DE L'EXTRÊME-DROITE
Désormais une large partie de l'électorat glisse d'élection en élection vers le Rassemblement national. Au premier tour des élections législatives dans la 5 circonscription de l'Isère, le vote pour le FN/RN s'amplifie : 12 % en 2017, 18 % en 2022 et 30 % en 2024. Ainsi, lors de ce dernier scrutin, le parti des Républicains plafonne à moins de 10 %.
Dès le premier tour, les résultats du RN dans certaines communes sont atterrants :
35 % des voix : Chapareillan, Domène
36 % des voix : La Buissière, Pontacharra
37 % des voix : La Flachère, Champs-près-Froges
38 % des voix : Le Cheylas, La Pierre, Froges
39 % des voix : Crêts en Belledonne
40 % des voix : Sainte-Marie-d'Alloix
43 % des voix : Tencin
Et comme le disait l'Office du tourisme Belledonne Chartreuse, « Bienvenue
dans le Grésivaudan ! »
A cette élection, la candidate du parti fasciste était la déléguée départementale adjointe Frédérique SCHREIBER.
N'habitant pas la vallée du Grésivaudan – elle a vécu à Chambéry, à Sassenage puis à Montbonnot-Saint-Martin – elle se présente comme chef d'entreprise, même si hélas, ses entreprises (Formation Transport Sécurité, Zénith prévention) ont toutes été définitivement radiées suite à leur mauvaise gestion.
Comme patronne, elle a même siégé au conseil d'administration de la CAF Isère en 2019 au titre de la CPME (la Confédération de Petites et Moyennes Entreprises).
Pendant la campagne électorale de 2024, F. SCHREIBER a pour l'essentiel ânonné le programme du RN et a même proposé une solution budgétair étonnante : « Nous avons effectivement débattu sur le sujet vu la situation financière de la France, qui est quand même en situation de faillite ; il est important d'optimiser les finances de la France » en vendant France Culture à Vincent BOLLORE !
Virée depuis de son poste de déléguée départementale adjointe du RN38 elle continue de s'exprimer sur le réseau social X (@LaMarianne38). Elle n'est plus chef d'entreprise, mais désormais cadre supérieure, et affiche un drapeau bleu blanc rouge orné de la croix de Lorraine. Comme nombre de militants du RN, elle feint d'ignorer que son parti a été fondé par des Waffen SS, des Miliciens et des membres de l'OAS, tous anti-gaullistes par nature !
Son suppléant lors des législatives était Samuel SAKPA, un étudiant en droit, connu surtout comme militant de l'UNI (Union Nationale Interuniversitaire)et du RNJ (Rassemblement National de la Jeunesse. En 2023 il a reçu le prix du jeune espoir de l'IFP (Institut de Formation Politique) une structure qui gravite dans l'orbite de la Manif Pour Tous et qui défend maintenant « l'union des droites ». L'IFP est désormais financé par Édouard STÉRIN dans le cadre de son projet PERICLES (Patriotes / Enracinés / Résistants / Identitaires / Chrétiens / Libéraux / Européens /Souverainistes). SAKPA poursuit sa carrière comme candidat du RN aux municipales de Grenoble en 2026.
Aux municipales de 2026, la seule liste identifiée comme faisant parti de l'extrême-droite était celle présentée à Domène par Quentin FÉRES. Ce personnage a déjà une longue carrière politique mais a connu de nombreux aléas : responsable adjoint des Jeunes Républicains de l'Isère, il est élu sur une liste de droite aux municipales de 2020 à Domène.
Il a rejoint Reconquête en 2022 et organise un meeting dans sa ville pour soutenir ZEMMOUR. Il retrouve dans la campagne toutes ses obsessions : un racisme permanent appuyé sur la théorie du complot et du « grand remplacement », la dénonciation des étrangers « forcément criminels », la défense d'un national-populisme anti-islam, le rejet des principes républicains et une vision erronée du présent où tout va au plus mal « à cause de l'immigration, du pouvoir excessif des femmes, des gays, de Bruxelles, de la finance internationale et des trahisons d'une élite politique corrompue, vaniteuse et stupide. » Il se présente comme candidat de
Reconquête en 2022 dans la 5 circonscription et se prend un bouillon électoral (4,9 % des voix).
L'échec est cinglant et il rejoint le RN pour faire carrière. Attaché parlementaire du député RN Thierry PEREZ, élu dans le Nord du département, il se présente comme tête de liste aux municipales à Domène.
La liste piétine : 19 % au premier tour et 16 % au deuxième tour. Deux conseillers ont donc été élus : Quentin FERES et Marc BENSASSON, le responsable local RN.
Les autres partis d'extrême-droite n'arrivent pas à percer dans le Grésivaudan ; en 2024 Debout la France, le parti de Nicolas DUPONT-AIGNAN (1,3 % des voix) ou Reconquête d'Eric ZEMMOUR (0,8%des voix) rassemblent 1 400 électeurs au premier tour qui se sont sans doute reportés sur le candidat du RN au second tour.
Comme dans d'autres départements, le RN s'est constitué un électorat qui fédère droite et extrême-droite. Le transfert des électeurs se fait à bas bruit, de la droite républicaine vers l'extrême-droite. Les responsables nationaux des Républicains faisant la course avec les leaders d'extrêmedroite (racisme débridé, islamophobie, mesures anti-sociales et soumission aux milliardaires) légitiment cette adhésion !
LE CERCLE BAYARD, L'EXTRÊME-DROITE « SANS PEUR ET SANS REPROCHE »
Le Cercle Bayard est le correspondant local du Cercle Aristote fondé par Pierre-Yves ROUGEYRON. Cet individu a fréquenté Alain SORAL le fondateur d'Égalité et Réconciliation, puis ROUGEYRON est devenu par la suite président de l'Association « Les amis d'Eric ZEMMOUR », association de financement politique de la campagne de 2022.
Le Cercle Bayard est animé par Ludovic BLANCO. Cet ancien président des Jeunes Debout la France (2015), a été candidat pour ce parti aux élections régionales (2015), législatives (2017 – résultat : 1,53 %), et aux municipales à Grenoble (2020 – sur la liste d'Alain CARIGNON en 39 position). Il gravite autour du parti Les Patriotes, puis
adhère à Reconquête et rallie finalement le RN.
Le Cercle Bayard a tenu en 2024 un « colloque » pour célébrer la mort du chevalier Bayard à Pontcharra : une conférence historique et surtout une table ronde « Face à l'archipel français, refaire nation ? » Parmi les invités on retrouvait toutes les figures locales de l'extrême-droite : Valentin GABRIAC (RN), Marine CHIABERTO (Reconquête), Henri AUGIER (Action française), Yann VINCENT ( Les Patriotes), Bruno LAFEUILLE (Debout la France), Vincent CELLIER (UNI)…
Le Cercle Bayard, mais aussi le Centre Lesdiguières de l'Action Française ont été un creuset pour rassembler et former des militants provenant de toutes les organisations d'extrême-droite : nationalistes, monarchistes, souverainistes, islamophobes, antiféministes et néo-nazis...
À L'EXTRÊME-DROITE DE DIEU : LES CATHOS INTÉGRISTES
La Fraternité-Sacerdotale-Saint-Pie-X gère une école hors contrat à Meylan, l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Une cinquantaine d'enfants y sont scolarisés. L'abbé Jean-Marie SALAÜN la dirige depuis les années 2010.
L'inventaire des activités nauséeuses de cet individu est affligeant : messe en l'honneur de BASTIEN-THIRY (2017), un officier de l'OAS qui organisa la tentative d'assassinat de DE GAULLE en 1962, conférences au prieuré de Meylan par Marion SIGAUT une proche de l'antisémite SORAL, ou par Hugues PETIT, président du Conseil scientifique de Civitas qui pouvait affirmer « que les droits de l'homme, c'est une idée fausse, et cette idée a détruit la société ». SALAÜN appelle aussi à participer à une réunion d'Égalité et Réconciliation et soutient Alexandre GABRIAC, l'homme au bras tendu, quand il est viré du Front national.
En 2024, le maire de Meylan a dû procéder à la fermeture d'une école hors contrat, l'école Saint-Pierre-Julien- Eymard de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Ulcérés, des parents d'élèves ont protesté dans la presse.
Le premier parent était Arnaud KERVIZIC. Alors élu municipal de Tencin, il était aussi secrétaire général de l'ONF (Office national des Forêts). Il appartient à une vielle famille catholique intégriste. En 2010 il participait à l'Université d'été de la FSSPX et animait un débat « L'église face à la science. Quelle crédibilité accorder à l'Église dans ce domaine quand on voit comment elle s'est comportée dans l'affaire Galilée. »
Son engagement s'est notamment poursuivi en devenant le président de la Fédération des Scouts et Guides Godefroy de Bouillon en 2023. Dans cette Fédération, on est pour la « tradition » et cette tradition est contrerévolutionnaire.
Le maître à penser est Charles MAURRAS, condamné en son temps par le pape et par la justice française pour « collaboration avec l'ennemi ». Cette Fédération est pointée par les observateurs car elle développe une vision du monde « paranoïaque » et exalte auprès des enfants la « nécessité du sacrifice ».
Le deuxième parent était Thierry VALADIER, habitant de Crolles et père de trois enfant scolarisés dans cette école. VALADIER participait aussi à la même université d'été en 2010 : sa conférence portait sur « La Milice de Marie (Militia Mariae) » une officine laïque de fervents de la FSSPX.
En 2025, le Rectorat de Grenoble s'est enfin penché sur le fonctionnement de l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Elle est mise en demeure de revoir son enseignement considéré comme sexiste, révisionniste et créationniste.
L'école fait mine basse et modifie quelques bricoles pour éviter des poursuites.
Il existe aussi un autre établissement hors contrat à Saint-Ismier, le Collège de la Sainte-Famille : sa directrice est Golvine PETIT. Son origine révèle qu'elle est la descendante d'une vielle famille aristocratique bretonne – DU BOISBAUBRY – et gardienne des traditions familiales pour avoir enfanté sept marmousets. Son mari Louis PETIT est chef de troupe aux Guides et Scouts d'Europe ; cette organisation est réputée pour son militarisme. Elle est classée à l'extrême-droite.
Pour gérer une école hors contrat, les parents ont créé l'Association de formation de la personne. Le président en est actuellement Guillaume de CARBONNIÈRES DE SAINT BRICE, père de six enfants catholiques et baptisés. Plutôt que d'améliorer les conditions de travail, les parents d'élèves ont préféré construire une chapelle ; le catéchisme est bien sûr professé par un abbé intégriste !
Dans ce collège, la responsable « de la vie scolaire » est Élisabeth ZITOUN, ancienne responsable départementale de la Manif Pour Tous. En 2017, elle était suppléante de la candidate FN dans la première circonscription de l'Isère.
Un collège, bien comme il faut, avec uniforme pour les élèves, retraite à l'abbaye du Barroux, pèlerinages, messes d'actions de grâce à la collégiale Saint-André. Pour bien rester dans la norme réac, une conférence est organisée par M. et Mme GRASSET, engagés à Alliance Vita, pour comprendre que la pilule et le préservatif c'est pas bien !
L'inventaire des associations intégristes pourrait se poursuivre avec l'Office Catholique des Pompes Funèbres Saint Lazare fondé par Arnaud BERNARD, par ailleurs conseiller municipal de Montbonnot-Saint- Martin, le Chapitre Sainte-Madeleine, longtemps dirigé par Étienne DU PORT DE PONCHARRA très proche de l'association anti-avortement Choisir la Vie, ou l'Association Familiale Catholique qui a fourni la base militante pour les mobilisations de la Manif Pour Tous - devenue depuis Le Syndicat de la Famille et qui désigne des représentants dans les CAF ou les hôpitaux au nom des usagers.
Ces différentes structures sont peu visibles mais diffusent une vision rétrograde de la société et une volonté de « rechristianiser » la politique. Plusieurs associations de l'Isère sont directement financées par la nuit du Bien commun, l'association philanthropique de Pierre-Édouard STÉRIN : Magdalena 38, Solenciel, Le Rocher, l'Ordre de Malte, La Maison des familles ou L'Étoile du berger...
LES EXTRÊMES DE L'EXTRÊME-DROITE
Les nostalgiques de l'Algérie française
Un assassin de l'OAS , Claude PIEGTS, est enterré au cimetière du Touvet. Plusieurs
organisations appellent chaque année à un rassemblement sur sa tombe début juin : la Fédération Nationale des Rapatriés, des associations d'anciens combattants dont l'UNC de Biviers, l'ADIMAD (l'Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l'Algérie française, c'est-à-dire des membres de l'OAS) ou l'Association algérianiste de Grenoble.
Ce rassemblement est l'occasion pour des groupes fascistes de manifester leur attachement à l'empire colonial français : le FN pendant longtemps avec Jackie MACHU, Jeune Nation avec Yvan BENEDETTI (2009),la présence d'Alexandre GABRIAC( 2016), celle d'Active Club (2023) du groupe fasciste chambérien Valyor (2025) et la sinistre présence de Franck SINISI (multiple condamné pour incitation à la haine raciale).
Les Activistes
Autour d'Active Club se sont greffés plusieurs groupes locaux : les Bayards , Fronte Gratiano, les Allobroges Bourgoin (le groupe fondé par Quentin DERANQUE) ou le groupe Vaylor de Chambery. Ils veulent instaurer un suprémacisme blanc en s'appuyant sur la violence pour combattre « le grand remplacement » et empêcher le « génocide blanc ».
Les auteurs de référence d'Active Club ont tous eu un engagement fascisant : Charles MAURRAS ( condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l'ennemi), Léon DEGRELLE (fondateur du mouvement Rex en Belgique, engagé dans la Waffen-SS, condamné à mort par contumace en 1945 et réfugié dans les jupes du Caudillo FRANCO), François DUPRAT (membre de l'OAS, d'Occident et fondateur du Front national). Saluts nazis et dérivés (quenelle, Khuneim), allusion à l'OAS, fleurs de lys et casques de chevalier apparaissent régulièrement sur leurs images, car ces groupes associent des militants d'origines diverses, des catholiques, des royalistes, des hooligans, des néonazis, etc.
Des motards nationalistes ont formé deux groupes BAMC-Savoie et BAMC-Isère qui fréquentent assidûment les routes de montagne et dont certains ont été condamnés pour agressions contre des antifascistes, violences en réunion ou qui ont appartenu au Bastion Social...
Ces groupes ne rassemblent que quelques individus mais n'en sont pas pour autant négligeables.
En guise de conclusion
Lutter contre l'extrême-droite, c'est lutter contre plusieurs stratégies qui s'entrecroisent : celle d'anciens gaullistes qui fricotent avec les héritiers des Waffen-
SS et de l'OAS pour éviter de disparaître ;
celle des macronistes qui préfèrent un BARDELLA premier ministre, plutôt que l'abolition d'une réforme scandaleuse sur les retraites. ;
celle des milliardaires qui voudraient réimposer un catholicisme de combat.
Face à ces offensives, il nous paraît urgent de développer des pratiques et des actions antifascistes au niveau local, parce que c'est sur ce terrain réel que se jouent les enjeux importants de la lutte contre l'extrême-droite et son racisme rampant.
Dans le Grésivaudan, comme ailleurs, on n'est pas condamné à subir encore toutes ces bandes de fachos. C'est à nous de les combattre.
Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d'organisation terroriste internationale.
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en “.org”).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
« Notre objectif est de créer “une toile mondiale ” où, d’un bout à l’autre du parcours migratoire, un suivi des personnes en mobilité serait effectué en inscrivant leur origine et leur identité dans un registre partagé, au-delà des frontières », explique Isaac Pangoup, responsable administratif et financier de la Maison du migrant au Mali, et partenaire de l’ONG française CCFD Terre-Solidaire. En février, ce dernier a sillonné la région Paca à la rencontre de celles et ceux qui s’engagent aux côtés des personnes en mobilité. Il souhaitait trouver dans ces échanges des moyens d’agir auprès des personnes psychologiquement traumatisées, mais également auprès des femmes et des mineur·es, de plus en plus nombreux·ses à prendre la route. De Menton (06) à Montgenèvre (05), il a rencontré des associations qui tentent avant tout de faire respecter les droits fondamentaux des personnes exilées aux frontières. C’est le cas du projet de Coordination des actions aux frontières intérieures (Cafi) (1), qui œuvre depuis 2017 dans ce sens.
Le droit à la frontière :
omniprésent et grand absent
Depuis 2015, et les attentats de Paris, la France a rétabli des contrôles systématiques à ses frontières intérieures et les maintient constamment verrouillées depuis. Pourtant, en vertu du principe de libre circulation dans l’espace Schengen, un État membre ne peut rétablir les contrôles à ses frontières intérieures plus de 6 mois, sauf apparition d’une nouvelle menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, distincte de la précédente. Au mépris du droit de l’Union européenne (UE), et depuis plus de dix ans, le gouvernement français impose donc un contrôle systématique et permanent des mouvements de personnes étrangères à ses frontières, notamment terrestres. Sur place, à la frontière franco-italienne, cela se traduit de plusieurs manières : un contrôle permanent des bus et des camions en provenance d’Italie au premier péage français, la gare Menton-Garavan transformée en poste de police où chaque train en direction de Nice est soumis à une dizaine de minutes de fouille complète, des véhicules banalisés circulant dans Menton et des drones survolant les reliefs accessibles qu’à pied pour repérer celles et ceux qui osent s’aventurer sur le sentier escarpé appelé « Le pas de la mort ». « Il ne se passe pas une journée sans qu’il y ait 10 à 15 arrestations. Certains jours, ce sont jusqu’à 100 personnes qui sont arrêtées », relate Agnès Lerolle qui travaille pour le projet inter-associatif de Coordination des actions aux frontières intérieures (Cafi). Les personnes interpellées sont majoritairement conduites au service de la police aux frontières terrestres (SPAFT) de Menton, situé à une centaine de mètres du poste-frontière avec l’Italie.
Dans la matinée, Isaline Roverato, qui travaille pour l’association l’Anafé, nous explique que la veille, une dizaine de personnes ont été arrêtées et emmenées dans les constructions modulaires installées au poste de police français. Toutes n’ont pas bénéficié du même traitement, certaines ont eu le droit à un traducteur, d’autre non. Une femme a été envoyée à l’hôpital dans la nuit et a ensuite été renvoyée en Italie, à pied. En revanche, toutes les personnes interpellées cette nuit-là se sont vu prendre leur téléphone durant 5 à 10 minutes sans leur autorisation et sans savoir ce que les policiers en ont fait. « Il s’agirait d’une nouvelle technologie qui permettrait d’extraire sur un ordinateur toutes les données du téléphone en très peu de temps », relate Isaline. Lors de sa dernière visite du poste de police à Menton en février 2025, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, une autorité administrative indépendante française, a publié un rapport (2) alarmant sur la situation sanitaire des Algeco installés aux postes frontières ainsi que sur les pratiques manquantes des agents de police. Elle dénonce : « Comme constaté en 2018, les locaux de privation de liberté sont dépourvus de tout confort et ne garantissent pas la dignité des personnes. […] Les droits des personnes faisant l’objet d’une vérification d’identité ne sont quant à eux pas affichés. Aucune information relative au droit d’asile n’est délivrée aux personnes privées de liberté. C’est à elles d’être proactives en se déclarant “demandeur d’asile“ ».
La frontière franco-italienne, dans sa double composante maralpine et haute-alpine, est un espace où le droit apparaît à la fois omniprésent et grand absent. « De nombreuses normes s’appliquent sur la question du franchissement de la frontière et de son contrôle, répondant à la fois au droit européen, au droit italien et au droit français, ainsi qu’à différentes branches du droit. Parallèlement, en territoire frontalier, les droits fondamentaux des personnes exilées sont régulièrement bafoués par les autorités, conduisant plusieurs organisations à qualifier la frontière comme une “ zone de non-droit (3)”», éclaire Annalisa Lendaro, chargée de recherches en sociologie politique au CNRS.
« Toutes les portes étaient fermées »
C’est justement parce que la question de la frontière rend difficile l’accès à la justice pour les personnes exilées que le projet Cafi se concentre sur leurs droits aux postes de police. « Nous informons les personnes qu’elles ont le droit d’appeler un proche, le procureur, un avocat ou de demander l’asile », précise Agnès. « Dans l’imaginaire des personnes en mobilité, le continent européen est synonyme de protections des droits de l’Homme mais finalement, elles revivent ici les mêmes traumatismes qu’elles ont connu durant leur parcours migratoire », continue-t-elle. Éconduites en Italie, les personnes en mobilité peuvent se retourner vers la Caritas Intemelia à Vintimille, une organisation caritative œuvrant en faveur des migrants. Sur place, une vingtaine de salariés s’impliquent dans l’écoute des personnes en difficulté, leur proposent un hébergement et de quoi manger. « Au Mali, nous observons le même refoulement depuis les frontières algériennes », constate Isaac Pangoup, après avoir passé la matinée à Menton. Car l’Europe, dans une volonté de lutter contre l’immigration irrégulière en provenance d’Afrique subsaharienne, incite les États du Maghreb, et depuis peu ceux du Sahel, à contrôler drastiquement leurs frontières, voire à les fermer. Ceci afin d’endiguer les circulations migratoires en provenance du Sud, sans se soucier ni des intérêts propres de ces États ni de l’existence d’espaces africains de libre circulation.
L’externalisation de la politique migratoire de l’Union européenne rend ainsi la circulation des migrants subsahariens en Afrique du Nord et de l’Ouest de plus en plus difficile, risquée et onéreuse. Pourtant, ce type de parcours est souvent la seule option qui reste envisageable lorsque toutes les voies juridiques ont été tentées. En témoigne Kawar Mustafa, ancien gestionnaire de camp pétrolier : « Je ne suis pas venu au Royaume-Uni par imprudence, ni pour chercher une vie plus facile. Je suis venu parce que toutes les voies légales m’étaient fermées et que je faisais face à un danger réel dans mon pays d’origine. J’avais un emploi stable comme gestionnaire de camp pétrolier, des responsabilités et une vie que j’avais construite avec effort. Mais je n’avais pas le choix : une personne puissante nous visait, ma famille et moi. Rester là-bas signifiait des blessures graves, voire la mort. J’ai essayé pendant des années de partir légalement. J’ai demandé protection, j’ai présenté des preuves de menaces, j’ai sollicité plusieurs pays, mais toutes les portes étaient fermées. » (4)
Comme lui, mais pour des raisons différentes allant du manque d’opportunités dans les communautés de départ aux risques climatiques sur place, les personnes prennent la route en s’exposant aux potentielles confrontations avec des groupes armés et au no man’s land qu’est le Sahara, avec ce qu’il comporte d’aléas météorologiques. Face à ces dangers, il arrive régulièrement que les personnes en mobilité changent de pistes pour éviter les hommes en armes, et des convois entiers se perdent. « À la Maison du migrant, certains reviennent pour témoigner des pertes humaines sur le chemin », raconte Isaac.
Les visas sont les premiers outils des politiques migratoires : c’est parce qu’ils sont refusés que les personnes empruntent des routes dangereuses. « Dans le pays de départ, on te refuse le visa alors que tu as fait toutes les démarches et que tu as payé ! », s’exclame Isaac. Les motifs de refus, lorsqu’ils sont communiqués, sont divers : informations incomplètes ou non-fiables, demandeur·se faisant objet de mesure lui interdisant le retour ou l’accès au territoire du pays d’accueil, ou encore présentant un risque de menace pour l’ordre public, la sécurité publique ou la santé publique du pays d’accueil. Selon l’étude (5) de la chercheuse Katherine Pye, de la London school of economics and Political Science (LES), les visas ont rapporté 137 millions d’euros en 2023 aux ministères des Affaires étrangères européens. Sur cette somme, 42 % sont le fait de demandes en provenance d’Afrique. Elle ajoute que le prix avancé pour le visa n’est jamais remboursé, même en cas de refus. Pour Monique Bonnafous, de l’association Tous Migrants, « cet argent qui circule des pays pauvres vers les pays riches s’avère être du racket ». Ce vendredi 6 février, dans une salle paroissiale de Briançon, des bénévoles de l’association échangent avec Isaac Pangoup sur la situation à la frontière haute-alpine.
Élans de solidarité
« La militarisation à la frontière franco-italienne coûte 50 à 100 fois plus cher que le refuge [l’association Refuges Solidaires de Briançon répond au besoin urgent d’accueillir les personnes exilées qui traversent les cols alpins, Ndlr] », assène Michel Rousseau, un des responsables de l’association. « C’est une autre forme de business qui fait croire que l’État protège la population, sous-entendu qu’il y a des menaçants et des menacés. » Et ce qui se passe ici, à la frontière, a évidemment des répercussions en aval. « On a des témoignages de gens qui sont sur la route du retour, et qui nous racontent la haine qu’ils ont envers certains pays européens. L’Europe créée la haine des peuples et finalement, des bombes à retardements », lâche Isaac, avant d’ajouter : « Ne faisons pas de la migration un fléau. C’est naturel de se mouvoir, autant que pour les biens et les marchandises. » Et c’est dans ce sens qu’agit Tous migrants depuis 10 ans. Engagée pour la défense des droits des personnes exilées à Briançon, l’association œuvre sur deux axes complémentaires : mobiliser le territoire à l’échelle locale à travers des actions de sensibilisation, et participer à un plaidoyer à l’échelle nationale et européenne.
Selon son constat, de plus en plus de personnes participent à des élans de solidarité. En atteste l’engagement de l’hôpital briançonnais, qui assure une permanence médicale au sein de Refuges Solidaires pour permettre aux personnes en mobilité d’être soignées. La suite de la discussion se poursuit à l’extérieur, sur l’esplanade Alain Berou, où une centaine de personnes se sont rejointes pour la journée mondiale de la Commémor’action.
Depuis 2019, le 6 février est une journée d’hommage rendue aux personnes migrantes mortes ou disparues aux frontières, en référence aux personnes décédées en 2014 lors des évènements du Tarajal, nom de la plage sur laquelle la garde civile espagnole avait utilisé du matériel anti-émeute contre des personnes qui souhaitaient accéder à la nage à l’enclave espagnole de Ceuta, depuis le Maroc.
Ce soir-là, à Briançon, sous des températures qui avoisinent 0°C, le temps est au recueillement. Chacun·e peut déposer bougies, poèmes, pochoirs et dessins autour du cairn érigé au milieu de la place. Ce dernier évoque les cairns en pierre sur les sentiers, repères nécessaires pour les personnes en montagne. Au pied des sommets enneigés, contes et poèmes se succèdent, et la chorale entonne un chant qui nous rappelle « que nous serons un jour des millions à faire le tour du monde à la recherche d’un abri ».
Texte et photo : Capucine Barat
Légende photo : Isaac Pangoup (au centre) a pu rencontrer (de gauche à droite) Marion Gachet et Cédric Herrou d’Emmaüs Roya, ainsi que Maurizio Marmo de la Caritas Intemelia à Vintimille, en Italie.
1- Amnesty International France, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières et Secours Catholique-Caritas France sont réunies au sein du projet Cafi.
2- Rapport de la quatrième visite du 10/02/2025 au 14/02/2025 des services de la police aux frontières de Menton, Alpes-Maritimes.
3- Gouverner les exilés aux frontières, ouvrage coordonné par Annalisa Lendaro, éditions du Croquant, 2024.
4- Carte blanche à Kawar Mustafa, Politis n°1900.
5- Visas Schengen et discriminations, la lettre hebdomadaire #172, Afrique XXI.
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Quand ?
Le 5 septembre à 14h30
Où ?
Place du Châtelet Place du Châtelet 75001 Paris
PLUS JAMAIS ÇA !
Nous vous appelons à manifester avec nous ce samedi 5 septembre car la mobilisation ne doit pas faiblir alors que la répression et la dépossession des Palestiniens ne fait que s'accroitre.
A Gaza, les bombardements israéliens se répètent au quotidien, n'épargnant pas les enfants, les bébés. Les génocidaires ne se contentent pas de bloquer l'aide humanitaire, ils détruisent des fournitures médicales comme des aliments dans les hôpitaux et les entrepôt. La faim, la soif, le manque d'hygiène, et la multiplication des épidémies sont alarmants
En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, c'est la curée : une colonisation galopante en toute impunité, avec l'aide de l'armée, qui s'accompagne de victimes tuées ou blessées quand elles résistent à ceux qui veulent les voler ou les chasser. Les colons enlèvent maintenant les militant.es internationaux / ales qui viennent aider les villageois.es palestinien.nes et les journalistes qui veulent faire leur métier en documentant les atrocités commises et l'installation de nouvelles colonies ou d' « avant-postes coloniaux », comme ils disent.
Al-Aqsa : des milliers de colons israéliens, Ben Gvir en tête, prônent désormais ouvertement la destruction de la mosquée Al-Aqsa, qu'ils envahissent tous les jours. L'armée israélienne a même cassé une centaine de chaises cette semaine, à l'intérieur du lieu saint musulman.
Dans les prisons de l'occupant, 10 000 otages subissent les coups, la torture, l'humiliation et la faim. La situation du Dr. Abu Safiya ne cesse d'empirer. Battu sur tout le corps, y compris les parties les plus sensibles, il est est doublement châtié après chaque visite de son avocat. Et dans la même situation que lui, 26 autres médecins palestiniens, des soignants, des journalistes. Fait positif : un nombre croissant de médecins français donnent l'alarme, et appellent à visage découvert à la libération de tous les soignants.
Au Liban, ce sont des dizaines de maisons qui sont bombardées chaque jour, et le paysage défiguré. Une partie d'une montagne à Al-Qantara, au sud du Liban, se serait effondrée en raison des bombardements israéliens en cours. Près de 9 000 Libanais.es ont été tués et plus de 30 500 blessé.es par Israël en moins de 3 ans.
EDUCATION
L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a été envoyé par le « Conseil de la Paix » de Donald Trump pour demander à l'Autorité palestinienne de remplacer toute mention du mot « Palestine » dans les manuels scolaires par la désignation « Judée Samarie » !
Et Israël contraint près de 45 000 élèves palestiniens de Jérusalem-Est occupée à suivre son programme scolaire, afin d'imposer son narratif et son récit mensonger sur la création d'Israël par le biais du système éducatif.
ON NE LÂCHE RIEN !
— CAPJPO-Europalestine
Un moment de support à la transition organisé par et pour des personnes trans, non-binaires, intersexes, trav, toute personne déviantes de genre et en questionnement. (Parcours médical, administratif, santé mentale, RDR, questionnements, etc.). Accompagnement individuel possible sur place.
Anglophones bienvenu·es.
Mardi 22 septembre, de 18h30 à 20h30 au Centre LGBTI de Grenoble