Deux personnes aveugles sont mortes ces derniers mois après être tombées sur les voies du métro, à Paris puis à Lyon. Ces drames mettent en lumière les conséquences concrètes d'un manque d'accessibilité des transports : une perte d'autonomie, mais aussi une exposition à des situations de danger qui pourraient être évitées.
C'est pourquoi le collectif de jeunes citoyens aveugles et malvoyants pour l'accessibilité des transports appelle à une mobilisation nationale le samedi 19 septembre 2026 à 13h00, place d'Italie devant la Mairie du 13e arrondissement, à Paris.
« L'accessibilité ne doit pas être considérée comme un confort ou comme une politique réservée au handicap : elle permet concrètement à chacun de se déplacer de manière plus sûre », estime Benjamin Rosan, l'organisateur du mouvement.
Cette mobilisation inédite s'inscrit dans la continuité de la première marche blanche organisée à Paris en hommage à André-Germain Dingome au mois de janvier, après son décès dans le métro de Paris. Réunis à Denfert-Rochereau pour lui rendre hommage, le collectif a souhaité faire de cette mobilisation un point de départ pour porter une revendication plus large : l'accessibilité des transports ne peut plus être traitée comme une question secondaire.
Le samedi 19 septembre 2026 à 13h00, place d'Italie, devant la mairie du 13e arrondissement de Paris, le collectif appelle à un rassemblement pour demander des mesures concrètes en faveur de transports sécurisés. Cette mobilisation ne concerne pas uniquement Paris ou les grandes métropoles : il demande une véritable politique nationale, qui prenne également en compte les territoires ruraux et périurbains, où l'absence de solutions de transport accessibles peut entraîner des conséquences majeures sur l'autonomie et la vie quotidienne.
Des avancées, mais un combat qui doit continuer :
En 2023, une pétition intitulée « Pour un métro parlant, dès maintenant » avait recueilli près de 11 000 signatures pour demander la vocalisation du métro parisien. Cette mobilisation a contribué à faire avancer le sujet : lancement de l'application « Compagnon Train », permettant d'annoncer vocalement les stations sur plusieurs lignes, et déploiement progressif de solutions de sonorisation dans les anciennes rames. Ces avancées montrent qu'une mobilisation collective peut produire des résultats. Elles doivent désormais être poursuivies et étendues à l'ensemble des réseaux de transport.
Un plan national, avec des engagements vérifiables
Le collectif demande concrètement au Gouvernement de mettre en place un plan national pluriannuel pour l'accessibilité des transports comprenant notamment :
« Nous ne voulons plus de nouvelles annonces sans calendrier. Nous demandons des dates, des moyens et des résultats ! », annonce Samantha Lefebvre, porte-parole du collectif.
Du handicap à l'intérêt général :
Si la mobilisation est née d'une réalité vécue par des jeunes déficients visuels, ses revendications dépassent largement le seul handicap visuel. Une station accessible est également plus facile à utiliser pour une personne âgée, un parent avec une poussette, une personne enceinte, une personne temporairement blessée ou un voyageur se déplaçant avec des bagages.
Dans les territoires ruraux et périurbains, l'enjeu est encore plus important. Lorsqu'une personne qui ne peut pas conduire ne dispose pas d'un transport accessible, ce sont potentiellement ses études, son emploi, son accès aux soins et sa capacité à maintenir des liens avec ses proches qui sont remis en cause.
Contact
Benjamin Rosan — Organisateur — 06 36 66 59 86 — rosan.benjamin18@gmail.com
Fanny Knipper — Agence IDYIE — 06 19 73 14 19 — fanny@idyiecommunication.com
« On a perdu la vue. Pourquoi devrait-on aussi perdre la vie ? » — Arthur Aumoite, membre du collectif.