Dans le roman graphique L'Usine du pire, les autrices Pia Shazar et Fanny Vaucher nous font participer à une action nocturne illégale visant à documenter la violence organisée d'un élevage industriel de porcs. Une immersion efficace qui questionne, par les sens, le cœur et l'éthique, notre rapport au vivant et à son exploitation.
Dès la première page, le dessin sombre et les nuances de gris posent le décor. La lumière du jour disparaît pour laisser place à une opération nocturne illégale. Quelques cases nous rapprochent progressivement d'une voiture roulant sur un chemin de campagne, avant de nous immerger dans son habitacle. Le dessin se présente désormais en vue subjective1, et nous voilà participant à l'infiltration d'un élevage industriel de porcs pour en documenter les réalités. Lampe frontale, gants, bottes, appareil photo, nous sommes prêts à marcher à travers champs pour nous rapprocher d'une masse grise qu'on voit au loin. « Un bâtiment… immense. Qui n'a comme pas de fin. Massif. À chaque pas plus grand, mieux dessiné, prêt à t'engloutir […] C'est comme faire face à une chaîne de montagnes. Une gigantesque prison. Une cathédrale. L'aboutissement d'un système. »
Dès les premiers grillages, les odeurs font mal à la tête et l'ammoniaque pique les yeux. Derrière, « des bâtiments entiers qui hurlent. Les cris sont stridents, continus. On dirait un seul grand cri qui sort des entrailles du béton. » À l'intérieur, des couloirs interminables aux innombrables portes, des outils en tout genre et des machines. Le froid du métal contraste avec « les montagnes de merde et […] de cadavres », les cris incessants de milliers d'animaux dont l'univers restreint est fait d'une cage d'acier et d'un sol en béton. Des formes de vie entièrement prises en main par une infrastructure technique qui vise à les faire naître, grossir, puis mourir quelques mois plus tard, de la manière la plus rentable possible. Mais après plusieurs heures d'exploration à prendre des photos et récolter des infos, un constat s'impose : l'usine est trop grande pour être explorée en une nuit. Le jour va se lever et il faut partir. « La voiture du retour, c'est pas la même ambiance. Ça sent la merde, t'es crevée. Des fois t'es satisfaite, t'as fait le truc bien. Souvent tu ressens rien. […] La tristesse ça vient après. »
Avec L'Usine du pire (La Veilleuse, février 2026), Pia Shazar, militante à l'Observatoire du spécisme à Lausanne (Suisse), et Fanny Vaucher, autrice et cofondatrice du collectif de BD non mixte La Bûche2, nous font parcourir, le temps d'une nuit, les couloirs d'un monde « des cris et des machines » et nous racontent l'exploitation animale comme si on y était. Ici, le sensoriel immersif des dessins et des textes alterne avec les descriptions documentées des bâtiments, les schémas techniques des outils et – en fin d'ouvrage – les photos prises sur place. Une BD qui nourrit, interpelle et touche, quoiqu'on prétende déjà savoir sur le sujet – tout en évitant de trop y penser ? Dans la postface, l'écrivaine Isabelle Sorente insiste : lire cette BD, « c'est accepter de voir ce qui est caché, accepter de se laisser hanter et à travers cette hantise salutaire, commencer à abattre les murs. »
Jonas Schnyder
1 . Ou « vue à la première personne » dans les jeux vidéo : point de vue par lequel on voit à travers les yeux du personnage en question.
2 . Plus d'infos sur leur site : la-buche.ch.
Rejoins la rebellion à Nancy !
Envie de t'investir dans la lutte contre le ravage écologique ? 🙂
La prochaine réunion d'accueil pour rejoindre notre groupe aura lieu lundi 21 septembre à 19h au Geyser (au 11 Grande Rue à Nancy, au fond de la cour) !
Avec amour et rage,
Extinction Rebellion Nancy
La rentrée approche à grands pas et on a hâte de vous retrouver à la Plantation, mercredi 2 septembre à 19h30.
On commencera cette nouvelle année en douceur, sans thématique prédéfinie. C'est aussi l'occasion pour de nouvelles personnes de découvrir le collectif et de rencontrer d'autres personnes Bipan donc si vous avez des connaissances que cela pourrait intéresser, n'hésitez pas à leur en parler !
Inscription obligatoire, ici :
https://framaforms.org/inscription-a-la-discussion-du-mercredi-2-septembre-1787475044
En vous attend nombreux.ses !
À très vite 💗💛💜💙
Il y a quelques jours, la Métropole a publié sur son site le rapport d'enquête publique. À sa consultation, nous constatons un écart surprenant entre la prise en compte des demandes des publicitaires, largement écoutées, et celles des personnes et associations souhaitant un renforcement de certaines mesures contre la publicité, largement ignorées.
Parti pour durer ?
La Métropole du Grand Nancy a entamé en 2018 les démarches pour se doter d'un Règlement Local de Publicité Intercommunal (RLPI), dispositif qui régit la présence de la publicité dans l'espace public. Après plusieurs reports (nous vous avions relaté ces péripéties dans cet article), il devrait enfin être adopté au second semestre de cette année. Il était temps, puisque dans ce trop long intervalle, c'est le Règlement National de Publicité (RNP) qui s'appliquait. Or, ce dernier est très peu protecteur pour les populations, les paysages ou la biodiversité et très permissif pour la publicité.
Comme 413 particuliers, représentant.es d'associations ou d'entreprises, Résistance à l'Agression publicitaire a participé à l'enquête publique – dernière étape avant l'adoption du texte - qui sollicitait nos avis sur le futur RLPI. Nous y avons souligné certaines limites du projet, et notamment :
• Une place encore trop importante laissée aux panneaux vidéo et lumineux
• Une inégalité territoriale entre des secteurs patrimoniaux très préservés et des quartiers surexposés
• Une inquiétude sur la mise en application réelle du RLPI puisque, actuellement, 30 % des panneaux présents dans la Métropole ne respectent pas le RNP et sont donc déjà illégaux.
Le projet de RLPI est un document dense, qui comporte des notions juridiques et urbanistiques parfois très techniques, des zonages pointus etc. Pour y répondre, les publicitaires ont pu étayer leurs avis en s'appuyant sur des juristes, y consacrer du temps de travail et solliciter des échanges en direct avec le Président de la commission d'enquête. Face à cela, les associations et les habitant⋅es sont condamné⋅es à faire ce qu'iels peuvent pour faire entendre leurs voix, bénévolement et avec leurs moindres ressources. Cet avantage n'a manifestement pas suffi aux acteurs de la publicité, qui ont effectué un lobbying intense, pour ne pas dire un bourrage d'urnes. Ainsi, le rapport indique que
près de 12 % des contributions enregistrées sur le registre dématérialisé, ont été déposées depuis une même adresse IP identifiée comme étant celle d'un professionnel de la publicité.
Besoin d'un autre exemple ?
La commission constate par ailleurs que 30,3 % des 402 contributions présentent un texte manifestement issu d'un même texte-modèle vraisemblablement diffusé par ce même professionnel de la publicité.
Rendons justice à la Métropole, cette dernière le souligne de façon très claire :
(...) il serait effectivement aisé de constater un décalage flagrant entre les pro-pubs et les anti-pubs. Et c'est bien là l'effet recherché par le lobbying très actif des afficheurs. Mais pour autant, si à l'instar des afficheurs les associations avaient demandé à leurs membres et sympathisants de relayer le message de leur association, des milliers de contributions seraient venues inonder l'enquête publique.
Elle précise ensuite qu'elle
invite la commission d'enquête à pondérer le poids excessif des réclamations individuelles ciblées par rapport à ces contributions associatives, certes moins nombreuses, mais probablement dont le poids « citoyen » est nettement plus important.
On pourrait donc s'attendre à ce que les ajustements effectués suite à cette enquête publique aillent en partie dans le sens des publicitaires et en partie dans le sens des associations et personnes qui souhaitent protéger l'espace public de cette agression. Il n'en est malheureusement rien, puisque l'ensemble des ajustements réels sont des assouplissements qui viennent donner satisfaction aux publicitaires : assouplissement des règles de densité, augmentation de la taille des panneaux vidéos dans les vitrines, réintroduction de panneaux dans des zones qui devaient en être préservées, ...
Quand 100 % des modifications du projet sont des concessions faites aux acteurs privés de la publicité, quand pas une seule des demandes des associations environnementales ou des particuliers soucieux de leur cadre de vie n'ont été reprises, peut-on réellement considérer que toutes les demandes ont étés traitées de façon équitables et équilibrées ? Nous ne le pensons pas, et nous regrettons ce recul de l'intérêt général au profit de quelques entreprises privées.
Après un été où nous avons plus que jamais ressenti les impacts du changement climatique, on vous avoue que ce recul démocratique en faveur d'intérêts privés et au détriment de l'écologie et du social nous crispe au plus haut point. Toi également ? Rejoins-nous ! Il y a encore de nombreuses batailles à gagner, notamment sur le fait de faire appliquer ce RLPI qui, s'il est imparfait, doit quand même faire disparaître bon nombres de panneaux dans la Métropole. Encore faut-il pour cela, que nos élu.es fasse respecter la loi, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent sur ce sujet. On compte bien les y pousser. Et toi ?
Nous contacter : contact.nancy@antipub.org
RAP Nancy
Appel au contre-congrès (village et manif anti-fascistes) à Orléans et à des réunions publiques partout pour des transports collectifs vers Orléans.
Résumé de la dernière réunion publique de la plateforme anti-fasciste Ciao Fachos
PAS DE CONGRÈS POUR LE RN !
Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.
A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi "permis de tuer" pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir. »
Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.
Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l'AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.
Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s'organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l'organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.
Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.
Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche...) pour les accompagner.
Rejoignez-nous !
Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.
PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !
Signataires :
AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d'Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)
Texte alternatif décrivant l'affiche :
Visuel avec gros message “Pas de congrès pour le RN”
On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
Deux pancartes “Orléans 24 - 25/10” et “mobilisations antifa”
Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandis
RÉSUMÉ DE LA RÉUNION PUBLIQUE DU 6 AOÛT DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Une participation massive !
70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d'Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
Et ça début août, une franche réussite qui annonce d'importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)
Préparation inter-orga
Après avoir présenté pourquoi c'est important et vital de s'opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d'où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d'appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.
Continuons à préparer la défaite du RN !
Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser
Coordonnons toutes les échelles locales et globales
Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l'argent pour les financer !
Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s'opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c'est monter en puissance pour s'opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.
Prochaines réunions
Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join
Texte alternatif décrivant le visuel :
Dix-neuvième congrès du RN. Orléans 24 et 25 octobre 2026.
Détournement du visuel du RN, en barrant les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen et en remplaçant "victoire" par "défaite" dans leur slogan, ce qui donne : « Une nouvelle étape vers la défaite de 2027 ! ».
Résumé de la réunion publique du 6 août.
Ciao Fachos.
OUTILS DE COMMUNICATION DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Nous vous invitons vivement à partager ces informations partout, à nous rejoindre et à participer au contre-congrès de multiples manières possibles !
CIAO FACHOS
Source : The Narwhal - Canada
Lire la traduction automatique en français
Source : Orient XXI - Afrique du Nord-Moyen-Orient
Source : Contretemps
Source : Rue89 Lyon
Source : Recorder - Roumanie
Lire la traduction automatique en français
Source : Rue89 Bordeaux
Payant
Source : Marsactu
Payant
Source : Marsactu
Payant
Le 5 septembre 2025, la responsable de l'ordre des avocats d'Aix-en-Provence visite la prison d'Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) lorsqu'une « lumière rouge s'allume. On lui indique qu'il s'agit d'un appel d'urgence à partir du bouton alarme et que dans les trois minutes, les surveillants vont intervenir. Mais il ne va rien se passer pendant toute la durée de sa visite », rapporte Marsactu.
C'est l'avocat Nicolas Chambardon qui raconte cette « anecdote », le 25 août 2026, lors d'une plaidoirie « qui tranche des observations orales habituellement très techniques au tribunal administratif » de Marseille, note le média. Le magistrat s'occupe d'un dossier important : quatre jours plus tôt, un détenu de la prison d'Aix et deux organisations (le Syndicat des avocats de France et la branche française de l'Observatoire international des prisons) saisissaient la justice pour « faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales portées aux libertés fondamentales des personnes détenues » dans ce centre pénitentiaire.
Comme le rappelle Marsactu, la troisième plus grande prison de France affiche un taux d'occupation de 140 % et « 90 postes de surveillants non pourvus ». L'avocat y voit les causes des « 40 % d'appels d'urgence non traités », dont ceux du prisonnier qu'il représente, souffrant d'hypertension artérielle. Face à ces arguments, le ministère de la Justice en conteste certains et « balaie toute responsabilité », relate le média marseillais. L'État devra pourtant se défendre le 28 août d'accusations similaires concernant l'autre grande prison du département : celle des Baumettes à Marseille.
Source : altermidi
Source : Le Canard enchaîné
PayantFACE A L'INCESTE, SORTONS DU SILENCE
Conférences, spectacles, concert conté, projection, ateliers, groupes de paroles...
Du 20 au 28 novembre 2026
Dans la vallée du Buëch (05)
Nous, habitant-es du Buëch, réfléchissons depuis un an à la création d'un événement sur l'inceste avec l'objectif principal de parler de cette violence intra-familiale dans l'espace public.
Si quelques ajustements sont encore à l'œuvre, l'essentiel est actuellement construit. Ainsi, nous lançons notre première communication. Vous pouvez d'ores et déjà noter les dates !
Grâce à nos divers partenariats avec des associations du territoire (MJC de Serres, le Pôle Petite Enfance de l'Île aux enfants, Bord de Blaisance, Soupes&Bobines, les 400 coups, le Planning Familial 05, Enfant en danger...) et le soutien financier d'organismes publics, une partie de celui-ci va pouvoir se concrétiser.
Nous avons à cœur que cet événement soit gratuit ou à prix libre pour le public. C'est pourquoi
nous organisons aujourd'hui une collecte en ligne pour permettre sa réalisation complète.
Pour plus d'informations sur l'événement ou le soutenir : cliquez sur le lien en post-scriptum.
Si vous souhaitez nous contacter (pour plus d'informations, pour devenir bénévole, etc.), contactez-nous au : fiss05@riseup.net
A très bientôt !
Né à Lausanne en 1933, Nils Andersson s'engage très jeune dans les combats politiques et culturels. En 1957, il fonde La Cité Éditeur, maison d'édition qui deviendra un espace essentiel de diffusion des textes censurés et des voix interdites.
Pendant la guerre d'Algérie, il publie notamment La Question d'Henri Alleg ainsi que La Gangrène, malgré la censure et les saisies opérées par les autorités françaises. En 1962, il publie également les pièces écrites en prison par le militant anticolonial algérien Mohamed Boudia.
Son engagement internationaliste lui vaudra la répression et l'exil. Expulsé de Suisse en raison notamment de ses activités politiques et éditoriales, il poursuivra son parcours militant en Albanie, en Suède puis en France.
Des luttes anticoloniales aux combats contre l'impérialisme et le capitalisme, Nils Andersson n'a jamais cessé de défendre la nécessité de penser, transmettre et organiser les résistances.
Auteur de Mémoire éclatée. De la décolonisation au déclin de l'Occident et de Le capitalisme, c'est la guerre ( tome 1 et 2 ), il continue aujourd'hui à témoigner d'une histoire militante dont les enseignements restent profondément actuels.
Une rencontre avec un témoin et acteur de plusieurs décennies de luttes.
Une soirée pour parler de colonialisme, décolonisation, impérialisme, internationalisme, édition militante et résistances.
Venez nombreuses et nombreux.
N.
Vendredi 18 et samedi 19 septembre 2026
Accueil dès 18h30 — Rencontre à 19h00
📍 Local de Bruxelles Panthères
Chaussée de Mons 438 — 1070 Anderlecht
Accès :
Tram 81 — Bus 46, arrêt Douvres
Métro — station Aumale
Forum antifasciste, décoloniale, anti-impérialiste et contre la guerre
Dates : Du 4 au 6 septembre 2026
Lieux : Lons-le-Saunier (39) : Place de la Comédie / Le Local / Café du palais / La Comédie noire / Place de la Liberté
18h à la Comédie Noire : rencontre/discussion avec le collectif La Horde, présentation du jeu Fachorama et de l'action militante du collectif.
19h30 au Local : jeu/discussion « Les mascus du wokistan » Jeu collectif du type loup-garou animé par le collectif Noustoutes 39
à partir de 20h30 au café du Palais : DJ Set Scrachin Beg, DJ Set Hip-Hop et groove.
10h30 : table ronde avec des groupes antifascistes du grand-est : antifascisme et ruralité : porter un contre discours, construire la solidarité.
12h : cantine populaire végan, préparée par l'afa39. Prix libre et solidaire.
13h30 : conférence d'Urgence Palestine : présentation de l'action du collectif et de la situation en Palestine.
15h : conférence discussion : Richard Monvoisin : écologie libérale, doctrines new age et idéologies réactionnaires.
16h30 : table ronde animée par Mourad Guichard : avec des afa du grand est, Tsédek !, Youssef Boussoumah du QG décolonial : antifascisme et luttes anti-impérialiste : porter une voix internationaliste, décoloniale et contre la guerre dans un contexte de bataille informationnelle.
19h : concerts : La Pinata / Baku / Charnoï / Mekuyanski / Scratchin Beb
10h place de la liberté : manifestation contre la guerre : pour faire entendre une voie internationaliste, pour la paix et contre la fascisation des discours et des actes. Cortège déter, festif et populaire.
12h : cantine populaire végan préparée au Local. Prix libre et solidaire.
14h : au local conférence discussion : collectif jeunes contre la guerre, présentation de l'action du collectif et de la campagne internationale « guerre à la guerre ».
15h au local : conférence discussion : collectif Dijon anti-cra, discussion autour du projet de construction d'un nouveau centre de rétention administrative et des conséquences locales.
17h : goûté de fin, on termine ce week-end de mobilisation autour d'un thé à la menthe et de gâteaux végan.
Et bien évidemment tout le week-end on veille les un.e.s sur les autres, on fait collectivement attention aux discours et comportements, on auto-gère sa conso d'alcool ou autre, et on respecte les lieux et toutes les personnes présentes.
Une invitation depuis Marseille. À se bouger le 20/09 partout, là où on peut, comme on peut.
rdv le 20 septembre
contre le permis de tuer
parce qu’on en a marre des mensonges policiers, et leur ouin ouin de syndicats dans les média
parce-que qu’on sait que les flics brutalisent insultent intimident harcèlent. c’est leur métier. et ils mentent. et les politiciens, procureurs et juges les protègent.
alors cette nouvelle loi fait vomir.
on se rappelle Nahel, il y a 3 ans déjà. et son assassin devenu pour cela millionnaire et qui continue son métier. Et aussi à Marseille, Souheil tué à la belle de mai, ou encore Mehdi ce 23 avril 2026. Et Angelina tabassé par la Bac il y a 7 ans. Obtenir la vérité est un combat, et les policiers sont toujours couvert par les procureur et juges, les enquêtes sont des impasses, les médias cest une horreur, et ce sont encore et toujours les victimes et leurs proches qui sont diabolisés.
nous ne sommes pas dupes sur le travail policier. on ne vit pas dans une série télé. et le progrès serait d’enlever des moyens et de l’impunité au système policier.
c’est pourquoi nous devons marcher, crier, et tout retourner. et les sénateur vont trembler, les syndicats policiers s’étouffer et les faiseurs de loi vont reculer.
La lutte ne s’arrête pas là. Il y a des rendez vous, dont le 20/09 fait partie. Mais aussi des suites.
Le 20/09 partout, comme on peut, ensemble et chacun.e son style.
Les Encombrant-e-s, collectif d’archives TPBGI nantais, vous invite à une après-midi de lecture pour découvrir une partie de sa collection de fanzines et d’éditions lors de deux ateliers au salon de lecture du Lieu Unique, les mercredi 12 et samedi 29 août de 15h à 17h30. Le Salon de lecture est un espace gratuit et non-marchand et possède un riche fond de livres, mini-éditions et autres publications en tout genre, on en fera aussi une sélection le jour J.
L’occasion de se poser et bouquiner, mais aussi de discuter de notre rapport à la mémoire et de nos envies pour le futur !
N’hésitez pas à ramener des zines ou des livres que vous aimeriez partager.
L’atelier est gratuit et le lieu accessible PMR
Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.
A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi « permis de tuer » pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir. »
Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.
Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l’AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.
Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s’organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l’organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.
Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.
Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche…) pour les accompagner.
Rejoignez-nous !
Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.
PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !
Signataires :
AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d’Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)

Visuel avec gros message « Pas de congrès pour le RN »
On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
Deux pancartes « Orléans 24 – 25/10 » et « mobilisations antifa »
Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandis
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70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d’Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
Et ça début août, une franche réussite qui annonce d’importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)
Après avoir présenté pourquoi c’est important et vital de s’opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d’où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d’appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.
Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser
– la communication (kit de mobilisation avec argumentaires, tracts, affiches, visuels internet et réunions publiques)
– et la logistique (hébergements, récolte d’argent, transports collectifs, modalités de la manifestation du 25/10)
Toute personne membre d’orga ou d’inter-orga peut rejoindre ces groupes en nous contactant !
Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l’argent pour les financer !
Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s’opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c’est monter en puissance pour s’opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.
Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join

Dix-neuvième congrès du RN. Orléans 24 et 25 octobre 2026.
Détournement du visuel du RN, en barrant les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen et en remplaçant « victoire » par « défaite » dans leur slogan, ce qui donne : «Une nouvelle étape vers la défaite de 2027 !».
Résumé de la réunion publique du 6 août.
Ciao Fachos.
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– Site internet : https://ciaofachos.noblogs.org
– Groupe Signal de diffusion d’informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d’actions, etc), aussi utile pour se mettre en contact de manière sécurisée en contactant un.e admin. Lien pour le rejoindre :
https://signal.group/#CjQKIBgEUlNyWfuhem_-VP4M3snoFexoP9-lHUTkwlS_EtTWEhARX1ddFWsDNoqeencBMsPf
– Groupe Signal inter-organisations d’entraide et de coordination : rejoignable à la demande par des membres d’organisation
– Groupe Signal inter-organisations pour préparer le contre-congrès du RN à Orléans et notamment la manifestation du 25/10 : rejoignable à la demande par des membres d’organisation
– Mail : ciaofachos@systemli.org
– Liste mail de diffusion d’informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d’actions, etc) : besoin de demander à y être ajouté.e.s par mail.
– Instagram : @ciao_fachos
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CIAO FACHOS
Ces derniers jours, 3 familles ont reçu l’annonce de l’expulsion imminente de leur logement.
Jeudi matin, une famille résidant à Saint-André des eaux depuis 8 ans doit être expulsée. Les 6 enfants âgées de 11 mois à 15 ans vont se retrouver à la rue à quelques jours de la rentrée des classes.
De jeunes enfants sont des personnes vulnérables et l’État a pour mission de les protéger. En décidant de procéder à une expulsion sans avoir prévu de relogement, la préfecture met en danger direct la famille et déroge à ses missions de protection.
Nous nous joignons à l’appel de l’UCIJ pour manifester contre cette expulsion, rendez-vous jeudi 27 août à 7h45 devant la mairie de Saint-André des eaux.
Ne laissons pas les plus précaires d’entre nous sans droits et sans abris.
Ensemble et solidaires, demandons à la préfecture le gel des expulsions sans proposition de relogement pour ne pas se retrouver avec des familles et de nombreux enfants à la rue.
Soirée de soutien au profit de Tekno AntiRep et du Fonds de Soutien Juridique des Sons (FSJS).
La fête n’échappe pas aux mécanismes de contrôle du monde qui l’entoure.
Qu’il s’agisse de fêtes libres ou de grands rassemblements, le milieu festif fait face à une répression de plus en plus lourde.
Derrière ces interventions musclées se cache une volonté d’uniformiser nos loisirs et de faire disparaître les espaces d’expression alternatifs.
Parce que ces violences impactent durablement nos communautés, nous refusons de les passer sous silence.
Face à la désinformation et aux récits stigmatisants, notre meilleur alliée reste LA VÉRITÉ.
S’informer et documenter les faits est un acte de résistance : c’est ainsi que nous protégeons nos droits et que nous faisons de la fête un territoire de liberté, d’entraide et de solidarité.
SUR LA TERRASSE : 18H – 22H
Discussion autour de la répression en milieu festif (avec Tekno AntiRep, Techno+ & diverses acteurices du milieu).
OHM TOWN : 22H – 03H
K, Tinovich, Mazz, Wony, (live) Zaza vs Orphase
Stand RDR & Infos luttes sur place (ressources et lectures fournies par Tekno AntiRep & Techno+).
Quelques ressources pour s’armer de savoir :
FSJS (Fonds de Soutien Juridique des Sons) : https://urls.fr/P-ctzN
Tekno AntiRep : https://linktr.ee/teknoantirep
Techno+ : https://technoplus.org/
POUR VENIR :
16-17 Rue Jules Launey, 44100 Nantes
Bus C1, C20, 10 et 81 : arrêt Bas-Chantenay
Navibus N2 : arrêt Bas-Chantenay
Un parking vélo se trouve devant l’entrée.
Pour une fête libre, sûre et bienveillante pour toustes, aucune forme de violence, de harcèlement ou de discrimination (racisme, misogynie, LGBTQIA+-phobie…) ne sera tolérée.
Tout comportement inapproprié entraînera une exclusion définitive.
Source : Le Poing
Source : Spotlighted
Source : L'Empaillé
Au plaisir de vous voir de nouveau !
_ Samedi 26 Sept. : de 10 heures à 18 heures
_ Dimanche 27 Sept. : de 11 heures à 16 heures
– Indiens, la Commune de Paris, la Révolution française, féminisme, Histoire, etc…
– Des milliers de livres d'occasion. De la BD, des romans, des essais, des livres d'art, d'histoire et de politique.
– Des bouquins parfois rares, épuisés et introuvables à prix d'occasion !
– Et en plus, les livres des éditions Noir et Rouge !
Editions Noir et Rouge /
EDMP, 8, impasse Crozatier
75012 Paris
Métro Faidherbe-Chaligny (LIGNE 8)
Du feu pour le « Bureau fédéral chargé des missions immobilières »
(traduit de l’allemand de de.indymedia, 16 août 2026)
Hello, aujourd’hui nous souhaitons vous présenter le « Bureau fédéral chargé des missions immobilières » (BImA). Vous ne le connaissez pas ? Cela vous semble ennuyeux ? C’est ce que nous pensions aussi jusqu’à peu. Mais la coopération civilo-militaire donne lieu à des situations pour le moins insolites. C’est pourquoi, la nuit du 15 au 16 août 2026, nous avons mis le feu au parking du BImA, situé au 1, Eggerstedtstraße, à Pinneberg (Schleswig-Holstein)*.
Le BImA gère et exploite toutes les casernes et tous les biens immobiliers de l’armée allemande [Bundeswehr]. Sa mission principale consiste à répondre aux besoins en terrains et en locaux des diverses institutions fédérales, notamment la Bundeswehr, la police fédérale et les douanes.
Par ailleurs, le BImA lance également des programmes immobiliers, par exemple pour construire de nouveaux logements destinés à l’armée. Il est également impliqué dans plusieurs structures de l’OTAN, notamment dans les services immobiliers de ses troupes et la gestion de ses pipelines.
Comme vous pouvez le constater, il existe donc de nombreuses raisons de s’intéresser de très près à ce « Bureau fédéral chargé des missions immobilières ». Et la coopération civilo-militaire offre également d’autres possibilités…
Sabotons la Bundeswehr, sabotons chaque manœuvre de l’OTAN, sabotons la guerre !
Contre tout État, contre toute nation et contre le service militaire obligatoire !
Pour la vie, l’auto-organisation et l’action directe !
[Publié le 16 août 2026 sur Sans Nom.]
Depuis une dizaine d'années, Alexis Poulin a solidement installé sa petite entreprise médiatique dans l'écosystème de l'extrême droite. Après un passage éclair au Média en 2018 et quelques apparitions sur Arte, France 24 ou CNews, il devient présentateur sur TVL – webtélé d'extrême droite issue des réseaux identitaires et frontistes – et chroniqueur chez Tocsin, Radio Courtoisie et Russia Today. Avant de monnayer de l'« antisystème » dans la fachosphère, le fondateur du Monde Moderne, webmédia très présent sur YouTube, évoluait pourtant dans un tout autre monde. Professionnel de la communication et du marketing, directeur d'Euractiv France, il écrivait encore en 2014 dans la lettre du MEDEF pour vanter le lobbying européen et son autorégulation. Formé à Sciences Po Grenoble, Poulin suit alors un parcours modèle de communicant de la Startup Nation : en 2017, chez EIT Digital, il participe notamment à l'organisation du « Startup Nations Summit ». Le Monde Moderne existe déjà depuis 2016, et Poulin commence à se fabriquer au Média une nouvelle identité de journaliste critique du « système » parallèlement à faire carrière dans la Startup Nation. Le vrai basculement se joue à l'automne 2018 : il quitte Le Média, bénéficiant désormais d'une aura de gauche, son activité chez EIT Digital s'achève et les Gilets jaunes lui fournissent le terrain idéal pour durcir un discours désormais centré sur les « élites » et l'« oligarchie », sur le terrain idéologique de l'extrême droite.
À Allex, dans la Drôme, Alexis Poulin prépare la première édition du festival du Monde Moderne. En présentant le programme, sur sa chaîne YouTube du même nom, il plaisante sur l'idée que la préfecture puisse empêcher la tenue du festival et embraye sur l'un de ses chevaux de bataille : le manque supposé de liberté d'expression dans une France qu'il décrit comme une « dictature ». À l'appui, il cite le cas d'un meeting-spectacle de Dieudonné récemment annulé, sans rappeler pourquoi : la répétition systématique de propos antisémites et racistes, « constitutifs d'atteinte à la dignité de la personne humaine ». Poulin enchaîne aussitôt : « La liberté d'expression… Vous connaissez tous Alain Soral », avant de requalifier le propagandiste antisémite, parti à Moscou pour échapper à la justice, en « réfugié » politique « systématiquement sujet à de la taule en France ».
Alexis Poulin ne présente pas Soral et Dieudonné à partir de leur idéologie, de leurs activités ou de leurs multiples condamnations pour provocation à la haine raciale, mais sous les traits d'hommes libres, persécutés pour leurs opinions. Leur racisme, leur antisémitisme, la violence de leurs propos à l'encontre des personnes minorisées et des femmes sont mis sous le tapis. Poulin ne les défend pas explicitement sur le fond, mais il contribue à fabriquer autour d'eux un imaginaire de dissidents, « censurés par le système ».
Quelques jours plus tôt, début août, Shanon Seban, secrétaire nationale de LR chargée de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, avait publiquement proposé à Alain Soral de débattre. Face aux nombreuses critiques lui rappelant qu'offrir une tribune et une forme de légitimité à un nazi n'était peut-être pas la meilleure manière de combattre l'antisémitisme, elle finit par se rétracter.
Dans sa revue de presse, Poulin consacre alors plusieurs minutes à tourner les explications de Seban en dérision. Soral, explique-t-il, « reste un débatteur intéressant », tandis que Seban devient, elle, une « dégonflée ». Et, si elle renonce au débat, ce ne serait pas parce qu'elle aurait finalement considéré qu'offrir une scène médiatique à Soral ne serait pas une bonne idée, mais car selon lui, « elle va se faire ravager » et « passer pour une débile » à la « Afida Turner ».
Il reprend ensuite à l'antenne plusieurs réponses de Soral, en les citant intégralement sur un registre amusé et tout à fait complaisant. Un procédé suffisamment souple pour permettre toutes les dénégations ultérieures : Poulin pourra toujours expliquer qu'il ne faisait que rapporter des propos, plaisanter, défendre le débat contradictoire ou se moquer d'une responsable politique. Pris isolément, chacun de ces gestes possède son alibi. Mis bout à bout, ils vont pourtant dans la même direction : euphémiser Soral, déplacer le regard de son idéologie vers sa prétendue censure, valoriser ses capacités de débatteur, le mettre en scène comme intellectuellement redoutable et réserver les sarcasmes et le mépris à celles et ceux qui refusent de lui offrir une tribune.
C'est ce qui rend le discours de Poulin si difficile à saisir. Il évite les professions de foi explicites mais établit une ambiguïté permanente. Il essaie de ne pas franchir la ligne qui permettrait de le confronter directement. Son commerce comme sa stratégie politique consistent à élargir en permanence son audience, à agréger des publics différents, et à rendre compatibles des discours qu'une prise de position trop nette risquerait de séparer.
Sous le tweet dans lequel Poulin se moque de Shanon Seban s'accumulent des centaines de réponses faisant l'apologie de Soral ou ouvertement antisémites : « Elle a eu du “nez” de refuser », « Shoah par KO », « Juif qui parle, bouche qui ment ». La communauté de Poulin est autant d'extrême droite que les espaces médiatiques dans lesquels il s'inscrit et comprend parfaitement les signaux envoyés et sait très bien dans quel sens les lire.
En mai 2025, dans sa chronique intitulée « Carton en Roumanie : l'extrême-centre européiste en PLS ! » Poulin dépeint l'AUR, le parti fasciste arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle, comme « labélisé d'extrême droite, comme d'habitude », comprenez : encore une étiquette du « système ». Le candidat de l'AUR, George Simion, serait même selon lui « soft, doux et modéré ».
Sauf que ce parti n'est pas « labellisé » d'extrême droite parce qu'il critique Bruxelles ou qu'il pourfend les inégalités. Il s'inscrit dans une matrice nationaliste, ultraconservatrice et chrétienne. Plusieurs travaux ont documenté à la fois les continuités idéologiques de l'AUR avec le légionarisme roumain et les liens de certains de ses dirigeants avec les milieux néo-légionnaires qui, depuis les années 1990, travaillent à réhabiliter cet héritage. Le Mouvement légionnaire, fondé en 1927 par Corneliu Zelea Codreanu sous le nom de Légion de l'Archange Michel et bientôt connu sous celui de Garde de fer, fut le principal mouvement fasciste roumain de l'entre-deux-guerres. Le programme de l'AUR repose sur quatre piliers : Foi, Liberté, Famille, Nation ; une foi chrétienne conçue comme fondement de l'ordre social, une famille nécessairement composée d'« un homme et une femme », et une nation définie comme une matrice culturelle formant un « tout organique », menacée par le multiculturalisme, le « néomarxisme » et « l'idéologie du genre ».
L'AUR a également rangé l'enseignement de l'histoire de la Shoah parmi les « sujets mineurs » dont la promotion participerait à l'affaiblissement de l'école roumaine. Sorin Lavric, l'un de ses principaux cadres, a qualifié les Roms de « plaie sociale » et multiplié les déclarations racistes et misogynes. Ce n'est donc pas « le système » ou des médias « aux ordres » qui « collent l'étiquette » d'extrême droite à l'AUR pour faire peur aux électeurs, c'est Poulin qui fait disparaître l'extrême droite de sa grille d'analyse.
La notion fictive et dépolitisante de « système » déployée par Alexis Poulin permet de mettre sous couvert justement ce que le projet réactionnaire défend : le capitalisme, l'exploitation économique, le pillage et le patriarcat. Après cet escamotage grossier, Poulin fabrique un récit de persécution des fascistes : « Meloni, Le Pen condamnée par la justice, l'AfD surveillée par le renseignement allemand, Georgescu écarté en Roumanie [...] on a toutes ces lois de censure, avec ce bouclier pour la démocratie qui est à Bruxelles, avec cette volonté de museler les oppositions ou les paroles libres ». Le procédé est vieux comme le fascisme : faire passer une politique de restauration et de défense de l'ordre moral et social pour une révolte contre l'ordre établi. Les luttes émancipatrices, l'exploitation et les rapports de domination disparaissent derrière l'opposition entre un « peuple » homogène et des « élites déracinées ». Un monde fictif ou les réactionnaires deviennent des « dissidents », les nationalistes des « souverainistes », les racistes et les antisémites des « voix libres » et les partis fascistes, toujours selon Poulin, des « solutions politiques populaires ». Dans le petit théâtre confusionniste d'Alexis Poulin, l'extrême droite n'est ainsi plus une force politique porteuse d'un projet nationaliste, réactionnaire, raciste, patriarcal et autoritaire, mais le parti des opprimés. Et le combat antifasciste, ou la condamnation de Marine Le Pen par la justice pour détournement de fonds publics, deviennent la preuve de la persécution exercée par le système.
Le tour de passe-passe est complet lorsque Poulin s'octroie le statut de dissident censuré qu'il vient d'attribuer à l'extrême droite : « Quand vous faites un travail de journaliste, que vous expliquez qu'ils mentent, vous passez pour un complotiste, un agent des Russes, quelqu'un d'extrême droite, voire un antisémite ». Pourtant, Mediapart, Disclose, Reflets.info ou encore Les Jours enquêtent depuis des années sur les mensonges d'État, la montée de l'autoritarisme, la casse des droits sociaux, les affaires de corruption, les industriels, les milliardaires et les réseaux de pouvoir sans être pour autant qualifiés de médias complotistes ou d'extrême droite. Peut-être parce que les uns mènent des enquêtes de fond, quand les autres font du caniveau de CNews une ligne éditoriale : faits divers transformés en carburant politique pour l'extrême droite, intox recyclées, paniques morales montées en mayonnaise, bavardages de plateau et invectives permanentes, défilé de copains auxquels on tend le micro pour qu'ils puissent dérouler leurs obsessions sans la moindre contradiction. La comparaison est cruelle.
En janvier 2025 sur Radio Courtoisie, Poulin consacre une chronique au meurtre d'Elias, 14 ans, poignardé à Paris lors du vol de son téléphone par deux adolescents. S'il prend bien garde de ne jamais racialiser les auteurs du meurtre, il procède cependant par des associations qui ne peuvent pas laisser de place au doute. Il convoque Crépol, affirme qu'il s'agit « toujours à peu près de la même chose », puis, en reprochant la position des « médias qui disent qu'il ne faut pas faire de généralité », il glisse vers les personnes « sous OQTF » qui « n'avaient rien à faire sur le territoire français ».
Poulin, si prompt ailleurs à dénoncer les atteintes aux libertés, réclame ici une justice « beaucoup plus sévère », davantage de « répression » et « l'éloignement des éléments dangereux ». Cette (fausse) contradiction est levée par une précision : la justice saurait « faire du cas par cas » et « s'adapter aux situations des uns et des autres ». Poulin, qui défend par ailleurs l'idée d'un « Guantanamo européen pour les djihadistes », ne réclame pas juste un État plus répressif : il construit d'abord l'ennemi intérieur sur lequel cette répression doit s'abattre, une population racisée désignée par toute la séquence précédente – Toujours les mêmes, Crépol, OQTF – comme dans les appels explicites à la déportation et les provocations à la haine raciale tenus à l'antenne de cette même émission.
Dans l'émission « Ligne droite » de Radio Courtoisie, média qui se qualifie lui-même comme « le navire amiral de la réinformation et l'outil de combat de toutes les droites », Poulin côtoie royalistes, maurassiens, Action Française, gudards, nostalgiques de l'Algérie française, Fraternité Saint-Pie X, identitaires et responsables zemmouristes ou du RN. Lors de l'émission du 19 mai 2026 intitulée « Émission spéciale remigration », les intervenants ont pu dérouler leur projet raciste et fasciste de déportation massive : « Face au grand remplacement, la remigration est l'ultime bataille contre le poison de l'immigration et LA SEULE solution pour sauver la France de l'invasion. »
Alexis Poulin est aussi chroniqueur chez Tocsin, webmédia issu des réseaux Radio Courtoisie, où se côtoie le même écosystème politique. On y retrouve aussi les entrepreneurs de la complosphère sanitaire et relais de la propagande du Kremlin. Il y recycle ses chroniques et ses thématiques, reprenant aussi bien la propagande MAGA sur une présidentielle américaine prétendument truquée lors de la victoire de Joe Biden contre Trump en 2020, que celle du Kremlin sur un Zelensky qui ferait tout pour « prolonger la guerre contre la Russie », renversant au passage une donnée assez élémentaire : c'est bien l'armée russe qui a envahi l'Ukraine.
Il officie aussi avec Nicolas Vidal sur TVL, webtélé de propagande fondée par Philippe Milliau, ancien cadre du Bloc identitaire, et Jean-Yves Le Gallou, ancien du GRECE, du FN puis du MNR de Bruno Mégret. Il serait bien plus court d'établir la liste des personnalités d'extrême droite qui ne sont pas passées par les plateaux de Poulin que le contraire. Des souverainistes aux Gudards en passant par les Identitaires, personne ne refuse une invitation et l'assurance de disposer d'un espace médiatique sans avoir à craindre d'être confronté. Citons parmi beaucoup d'autres : Nicolas Bay cadre RN, Stanislas Rigault, fondateur de génération Z, Caroline Galactéros, conseillère géopolitique de Reconquête, Asselineau, Jean-Frédéric Poisson de la droite catholique et proche allié de Zemmour, Florian Philippot, Nicolas Conquer du comité Trump France, Laurent Ozon, ancien conseiller de Le Pen, proche du Bloc identitaire et de l'Action Française, Pierre-Yves Rougeyron, fondateur du Cercle Aristote, Idriss Aberkane, Régis Le Sommier d'Omerta.
Côté monde agricole, c'est la Coordination Rurale qui a ses entrées : Pierre-Guillaume Mercadal, ancien porte-parole du syndicat, proche de Zemmour et des identitaires, qui s'était fait connaitre pour avoir déposé le cadavre d'un cochon sur le bureau du maire de son village en 2023. Ou encore Patrick Legraset et Véronique Le Floc'h qui ne cachent pas leur proximité avec le RN. Les réseaux prorusses de Russia Today ne sont pas en reste avec Xavier Moreau, Didier Maïsto, Xenia Fedorova ou encore Slobodan Despot ancien conseiller de L'UDC.
Collaborateur de longue date de Russia Today, Poulin est intarissable lorsqu'il s'agit de défendre – à géométrie très variable – les libertés publiques. Très prompt à dénoncer les dérives autoritaires en Europe ou en Ukraine, il se montre nettement plus discret lorsqu'elles concernent la Russie ou des gouvernements qui lui sont politiquement proches, comme celui de Viktor Orbán. En 2022, Poulin qualifiait encore l'invasion russe de l'Ukraine « d'opérations militaires extrêmement limitées ».
À l'occasion de ses vingt ans, la chaîne Russia Today réunit en octobre 2025 au Bolchoï plus d'un millier d'« amis et invités » venus du monde entier. Poulin et Didier Maïsto sont conviés à l'événement. Poutine monte lui-même sur scène pour féliciter la chaîne. Il assigne explicitement au média d'État de poursuivre la « bataille pour les cœurs et les esprits » avec cette « arme stratégique » à portée « intercontinentale » que serait « la vérité ». Difficile de mieux situer la fonction de Russia Today : non pas un média « alternatif », mais un appareil médiatique du pouvoir russe revendiqué comme instrument de sa guerre informationnelle – appareil dont Poulin est aujourd'hui encore un chroniqueur régulier.
Sur son propre média, Le Monde Moderne, Alexis Poulin accueille Piero San Giorgio, un proche de Soral qui anime les stages survivalistes organisés par Égalité & Réconciliation. San Giorgio pour qui la « véritable nature de l'homme européen c'est d'être un Waffen SS », explique chez Poulin que les dirigeants européens seraient prêts à provoquer une guerre mondiale afin de détourner l'attention de la « guerre raciale » qui se déroulerait déjà sur leur territoire. Poulin acquiesce. San Giorgio appelle ensuite à prendre exemple sur les mobilisations d'extrême droite du type de celles organisées autour de Tommy Robinson en Angleterre, dans un contexte marqué par des émeutes suprémacistes ciblant les habitants des quartiers populaires, des mosquées et lieux d'accueil pour personnes migrantes. Il déplore ensuite, de la même manière que Poulin, que les voix « dissidentes » comme la sienne soient discréditées en étant qualifiées d'extrême droite.
Dans une émission intitulée « Macron homme à femmes, vraiment ? », diffusée sur la chaîne YouTube du Monde Moderne, Poulin et son coanimateur Félix Marquardt reçoivent Xavier Poussard qu'ils présentent comme un « invité d'exception ». L'ancien patron de Faits & Documents, une feuille d'extrême droite antisémite et conspirationniste passée dans l'escarcelle de la galaxie Soral est décrit comme un « journaliste d'investigation ». Il raconte à l'antenne avoir été formé par Emmanuel Ratier, qui lui commandait ses premières « enquêtes » pour Faits & Documents. Ni Poulin ni Marquardt ne jugent utile de préciser qui était Ratier : un ancien du GUD, antisémite obsédé par les « réseaux juifs », disciple du collaborationniste Henry Coston, au point de tenir les Protocoles des Sages de Sion (un faux antisémite) pour authentiques et de devenir le conseiller éditorial de la maison d'édition de Soral. Après sa mort, Poussard reprend Faits & Documents avec l'appui d'Égalité & Réconciliation. Mais, sur le plateau du Monde Moderne, la filiation et le parcours idéologique et politique de Poussard ne sont pas un problème : il raconte son apprentissage auprès de Ratier comme un CV, dans le silence des pantoufles de Poulin et Marquardt.
C'est ce même Poussard qui a fait de Faits & Documents le principal foyer de l'intox « Brigitte Macron est née Jean-Michel Trogneux », avant d'en tirer Devenir Brigitte, un livre autoédité qui dépasse de très loin cette seule rumeur transphobe. Poussard y construit le récit d'un vaste complot LGBT et pédocriminel, organisé autour de réseaux de pouvoir, de chantage et de connivences politiques, dont il fait remonter les ramifications jusqu'à la famille Rothschild. La prétendue transidentité de Brigitte Macron n'en est finalement qu'une pièce. Le livre parle d'une « union sacrée des gays de pouvoir », affirme que « le réseau LGBT est régi par le chantage » et, après avoir méthodiquement amalgamé homosexualité, transidentité et pédocriminalité tout au long de l'ouvrage, désigne la pédophilie comme ce que cacherait le « + » de LGBTQIA+.
Poulin ne met pas cette bouillie à distance, il précise même à plusieurs reprises que c'est une « enquête journalistique ». Et, le plateau s'emballe : la prétendue liaison de Macron avec une actrice iranienne serait une opération de com' de l'Élysée destinée à « montrer que Macron est hétérosexuel » ; les trois compères ricanent : « On pensait que son type de femme c'était Paul Pogba ». Un registre homophobe qui n'est pas étranger à Alexis Poulin : en janvier 2024, il commentait dans un tweet un dîner Macron-Attal par : « Moi je serais Brigitte, je me ferais du souci. ». Des sous-entendus répétés qui lui valent sur les réseaux sociaux des milliers de messages de protestation indignée, sans provoquer de réaction chez l'intéressé.
Sa communauté sait parfaitement quoi entendre derrière ce genre de sous-entendus. En juillet 2025, il relaie sans faire aucun commentaire l'annonce de nouveaux financements accordés à une coalition de lutte contre la haine en ligne, en énumérant ses membres : CRIF, Fédération des centres LGBTI+, SOS Homophobie, SOS Racisme, Osez le féminisme, Planning familial ou encore LICRA. Sous le tweet, les réponses se comptent par centaines et, elles, ne laissent aucune ambiguïté : haine des LGBT, assimilation de l'éducation à la sexualité à la pédophilie, antiféminisme, racisme et antisémitisme.
Poulin n'a même pas besoin d'énoncer lui-même la conclusion. Lorsqu'une communauté partage déjà les mêmes références et le même cadre idéologique, la simple sélection et mise en circulation d'une information peut suffire à activer tout un répertoire de significations communes. Le message explicite reste suffisamment neutre pour être défendu comme un simple relais d'information ; sa communauté, elle, se charge d'en produire l'implicite. Ici, les centaines de réponses transforment immédiatement la liste d'associations en cible politique : LGBT assimilés à la pédophilie, féminisme, immigration rendue responsable des viols et des meurtres. C'est ce que Stéphanie Lamy décrit dans son livre Agora toxica comme des opérations sémantiques participatives, organisées dans le but de modifier le terrain informationnel et de déplacer le cadre politique.
Propulsée par Tocsin, TVL, Courtoisie, GPTV, Soral et Poulin, la rumeur sur la transidentité de Brigitte Macron avait enflé au sein de la fachosphère française jusqu'à exploser à l'international, quand Candace Owens en tire une série d'émissions qu'elle réalise en collaboration avec Poussard. La série devient virale à l'échelle mondiale et cumule rapidement des dizaines de millions de vues.
Candace Owens, que l'émission présente simplement comme une journaliste d'investigation américaine, est en réalité une propagandiste d'extrême droite MAGA, serial diffuseuse de complots et un relais massif de l'antisémitisme et de la lgbtphobie. Créationniste, proche des milieux catholiques traditionalistes et suprémacistes, cette entrepreneuse influenceuse aux 30 millions d'abonnés, parle au fil de ses émissions de « gangs juifs secrets », relaie le vieux mythe antisémite du meurtre rituel et qualifie de « propagande » les expérimentations de Mengele dans le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
Sur le plateau du Monde Moderne, la séquence se conclut en apothéose : derrière la fausse Brigitte et la fausse hétérosexualité de Macron se cacherait un « plan secret » dont l'objectif serait de faire d'Emmanuel Macron le futur président d'une Europe fédérale », et peut-être même le futur « leader du monde ».
Après avoir laissé se déployer tout l'imaginaire fasciste de Poussard, les deux co-animateurs de l'émission actent leur rapprochement politique avec lui. Quand Poussard liquide le clivage gauche-droite car il n'y aurait plus que « les salauds » et les autres, Marquardt et Poulin le rejoignent : « On est d'accord sur des trucs fondamentaux, essentiels ». Mais, qu'est-ce donc que cet « essentiel » assez vaste pour absorber Poussard et sa vision du monde nationaliste, raciste et réactionnaire, dans laquelle les idéaux d'émancipation, les rapports de classes et de domination disparaissent derrière la « caste » et l'unité d'un « peuple authentique et enraciné », d'une « nation organique » et l'affrontement contre ses « corrupteurs globalistes » et ses « ennemis intérieurs » ? Apparaît dès lors clairement aux yeux du spectateur ce qui est relégué au rang des désaccords mineurs et accessoires : antisémitisme, racisme, nationalisme, domination patriarcale, exploitation économique, LGBTphobie, privilèges des dominants contre les droits des minorités, contrôle des corps, ordre moral, le projet de société fasciste. Personne ne peut plus alors faire semblant de ne pas comprendre très concrètement ce que signifie l'accord sur « l'essentiel » de ces bourgeois mâles blanc cis-hétéro ; ni qui sont les sacrifié·e·s.
Le Réseau antifasciste du Grand-Est (RAGE) organise une présentation de leur cartographie des groupes d'extrême droite en Lorraine
- Initiatives / Nancy, Rencontres et débatsLes fortes chaleurs n’expliquent pas seules la pestilence qui se dégage de l’usine d’équarrissage de Plouvara, près de Saint-Brieuc (22). Le 21 août, au terme d’un été cauchemardesque pour les riverains, l’État a sommé l’entreprise SecAnim de rétablir en urgence son outil de production dans un état de marche normal.
L’article [Documents exclusifs] À Plouvara, derrière les odeurs de cadavres, l’unique usine d’équarrissage de Bretagne accumule les dysfonctionnements est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Aujourd'hui 26 août, l'éphéméride prend tranquillement le soleil de la belle saison et estime que les animaux sont plus adaptés à la vie en liberté qu'entre deux tranches de pain ou sur les épaules de riches bourgeois-es. Contre toutes les cages !
1648 : A Paris, journée des barricades.
1949 : Dans les Pyrénées, mort dans une embuscade des guérilleros anarchistes Enrique Martinez Marin et Celedonio Garcia Casino. Ils faisaient partie du groupe de guérilla de José LLuis Facerias et transitaient fréquemment à travers les Pyrénées pour faire passer du matériel, des personnes, des écrits.
1970 : Naissance du MLF lorsque des féministes vont déposer une gerbe de fleurs à la mémoire de la femme du soldat inconnu, plus inconnue encore que lui.
1975 : A Rennes, le Front de Libération de la Bretagne/Armée Révolutionnaire Bretonne (FLB/ARB) fait sauter les domiciles d'Henri Fréville, sénateur et maire de Rennes, et de François Le Douarec, député d'Ille-et-Vilaine.
1982 : A Salerno, les Brigades Rouges - Parti de la Guérilla abattent l'agent de police Antonio Bandiera et le militaire Antonio Palombo lors d'une fusillade : le groupe des BR attaquait une jeep de l'armée pour leur voler leurs armes, et une patrouille de police intervient. C'est là que se déclenche la fusillade.
1987 : A Belfast, l'IRA abat deux officiers britanniques dans un bar.
2006 : En Grèce, à Athènes, une succursale de Mac Donald's est incendiée par deux molotov jetés à l'intérieur après qu'une vitre ait été brisée.
2010 : A Heliodendro, en Grèce, le Front de Libération Animale (ALF) libère cinquante mille visons.
Voir en sus l'éphéméride anarchiste du 26 août.
Descriptif des activités de l'extrême droite radicale dans les cantons de Suisse romande de juillet 2025 à juillet 2026.
L'extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre !
Juillet 25
5 juillet : Le groupuscule néonazi Clan Romand, né en 2024, reposte des photos d'un affrontement entre les fascistes suisses allemands de Junge Tat et des militants antifascistes (Telegram)
9 juillet : Clan Romand commémore la bataille de Sempach de 1386 et glorifie la mort de Winkelried (Telegram)
17 juillet : Le vidéaste Colin Walks/Colin Aveline, installé en Valais, prend la défense de Mila Orriols. Cette dernière était poursuivie pour des propos racistes qu'elle avait tenus sur une prétendue consanguinité au sein des populations maghrébines. Depuis le début de l'été 2025, le compte instagram de Colin Walks, auparavant consacré à la randonnée, commence à poster des appels à la haine raciste dopés par des interprétations de faits divers. Sur un ton proche de la plaisanterie, Colin Walks propage des idées de la fachosphère. Bien qu'agissant quasiment seul, on peut rattacher ses vidéos aux stratégies d'agit-prop des nationalistes-identitaristes (Génération identitaire", Junge Tat etc).
Août 2025
1er août : Clan Romand se renomme en Active Club Romandia (ACR ci-après). Ils déclarent "Le temps est venu de se lever, unis, face à la coalition des ennemis de notre patrie et de la race". Leur nouveau logo comporte une croix celtique. (Telegram)
1er août : Philippe Brennenstuhl (Parti nationaliste suisse, inactif) commémore le rassemblement néonazi de 2005 au Grütli (Page Facebook)
2 août : ACR reposte la publication d'Active Club Helvetia (la première section suisse) affirmant qu'il existe en tout 4 sections d'Active Club en Suisse à part celle en Suisse romande : deux en Suisse alémanique (AC Helvetia et Edelweiss) et la dernière au Tessin (AC Ticino).
7 août : Lors d'une émission de "Géopolitique profonde", Oskar Freysinger affirme que Dieudonné le fait "se bidonner et se taper sur les cuisses" (Youtube)
10 août : Sur sa chaîne Youtube, Mehmet Yildiz (proche d'Egalité & Réconciliation - E&R) réalise une interview avec Alain de Benoist, idéologue raciste de la Nouvelle droite (Youtube)
10 août : AC Romandia commémore la bataille des Tuileries de 1792. (Telegram)
11 août : Dans une interview, le porte-parole de l'association CICAD, porte-voix de l'extrême droite israélienne en Suisse, déclare "Netanyahou est juif, il est donc absurde de le traiter de nazi." (Médias)
23 août : AC Romandia publie une photo de propagande avec six hommes à torse nu en position de combat, le visage flouté (Telegram et Twitter)
30 août : Communiqué de l'ACR au sujet du soulèvement populaire dans le quartier de Lausanne-Prélaz après la mort du jeune Marvin le 24 août dans une course-poursuite avec la police. Cinq hommes posent un t-shirt « Defend Helvetia » accompagné d'un fusil d'assaut. Ils se déclarent "prêts à intervenir" et disent défendre "l'homme blanc". (Telegram, Twitter)
Fin août : Colin Walks publie deux vidéos indignes pour tourner en dérision la mort du jeune Marvin et insulter sa famille. (Instagram)
Septembre 2025
Début septembre : L'auteur fasciste Alain Soral repasse devant la justice française. Il reste en Suisse et ne se rend pas aux audiences (spoiler : il sera condamné). (presse)
Tout au long du mois de septembre : Multiples vidéos de Colin Walks pour nier le génocide à Gaza. A Vevey (VD), Mila Orriols et lui-même se mettent en scène en train d'effacer des tags pro-palestiniens. (Instagram)
Septembre 25 : Le no 671 de la revue antisémite "Courrier du continent" du valaisan René-Louis Berclaz publie un hommage à Mussolini, une recension de la revue "Sparta" vol. 4 (la revue dirigée par le faciste français Philippe Baillet à laquelle participe David Rouiller, ex-porte parole de Résistance helvétique - RH) ainsi qu'un texte d'un certain Anatoly Livry en hommage au négationniste Jürgen Graf.
14 septembre : Des membres des sections françaises d'E&R postent des photos d'une randonnée réalisée dans le canton de Vaud avec leur gourou Soral (Twitter)
14 septembre : Lors d'une émission de Géopolitique profonde, Soral se plaint de ses problèmes avec son avocat Pascal Junod, sans le nommer. Junod a animé plusieurs groupuscules fascistes depuis une quarantaine d'années à Genève. On comprend qu'il existe des soucis d'argent entre les deux hommes (Youtube)
14 septembre : Colin Walks se met en scène aux fêtes Médiévales de Saillon (VS) (Instagram)
15 septembre : RH relaie l'appel de Soral pour recruter un nouvel avocat plus conforme à sa stratégie de défense. (Twitter)
16 septembre : Alimuddin Usmani, sympatisant E&R basé à Genève, interviewe l'auteur français Youssef Hindi (édité lui aussi chez Kontre Kulture, la maison d'édition d'E&R) sur la mort de Charlie Kirk (Youtube)
16 septembre : Piero San Giorgio (survivaliste aux idées fascistes) poste lui aussi une vidéo sur la mort de Kirk (Youtube)
17 septembre : Alimuddin Usmani pige à nouveau dans GHI et Lausanne-Cités, deux journaux gratuits romands.
19 septembre : Communiqué de RH pour se plaindre de la manif pro-palestinienne du 18 septembre à Lausanne (VD). Reposté par l'ACR avec le slogan "ni keffieh, ni kippah", un slogan raciste souvent repris par des fascistes depuis le 7 octobre 2023.
20 septembre : En France, annulation d'un concert de black métal néonazi où devait se produire le groupe suisse Eidkameraden. Les camarades du réseau antifasciste Grand-Est s'étaient mobilisés contre cet événement (Web)
20 septembre : RH organise une conférence sur inscription avec Uli Windisch (animateur du site Les Observateurs, de tendance pro-Zemmour) et Anatoly Livry (cf plus haut). Son titre « L'université malade du gauchisme ». Le lieu était tenu secret. Cette fois-ci, RH a utilisé la salle de la fanfare de l'Avenir, 1, route de Martigny, 1926 Fully. (Web, Twitter)
20 septembre : Sur Instagram, le compte valaisan @Regardevoiraller ("Greg") commence à poster des contenus violemment hostiles à la cause palestinienne. Au fil des mois il va se rapprocher de Colin Walks (Instagram)
20 septembre : Piero San Giorgio donne une conférence à Nancy organisée par E&R. Les camarades du Bloc Antifasciste de Nancy dénoncent sa venue dans un article. (Youtube, Web)
22 septembre : Windisch soutient la croisade de l'extrême droite trumpiste contre la gauche suite à la mort de Kirk (Web).
23 septembre : Le vidéaste Xavier Meystre/Haltérophilo publie une longue interview du militant néonazi français Daniel Conversano, basé à Grenoble. Il déclare notamment que "[du fait de sa couleur de peau, le polémiste] Jean Messiha ne sera jamais français" (Youtube)
24 septembre : Piero San Giorgio dédicace son nouveau livre à la Librairie Logos (ex Librairie Vincent) à Paris - VIIe, principale librairie d'extrême droite dans la capitale. (Web)
25 septembre : A Genève, Némésis Suisse organise une action banderole contre un concert de SOS Méditérannée à L'Alhambra. Quelques jours plus tard, elles collent des stickers à Meyrin (GE), sans doute en présence de Mila Orriols (Instagram)
28 septembre : RH poste une photo pour son anniversaire, on y voit 15 personnes (Telegram)
29 septembre : Alimuddin Usmani publie une vidéo avec Ruben Ramchurn (ex-UDC/VD) (Youtube)
Octobre 2025
2 octobre 2025 : Alimuddin Usmani publie une vidéo avec Lionel Dugerdil (UDC/GE) à l'occasion de l'élection complémentaire du 19 octobre 2025 (Youtube)
4 octobre 2025 : ACR poste des photos de 9 hommes en position de combat et en entraînement de combat collectif (Telegram)
8 octobre : Le site fasciste La Hallebarde publie une interview de Thibault Schaller (UDC/VD) [pas le journaliste] au sujet du soulèvement du quartier de Prélaz. Un article détaillé est posté sur Renversé à ce sujet (Web)
9 octobre : E&R lance une campagne pour Soral "Halte au délit d'opinion ! Soutenons la liberté d'expression d'Alain Soral" (Web)
9 octobre : Les fascistes féminines de Némésis France publient la vidéo d'un happening organisé avec les nazis de Junge Tat le 5 octobre à Bâle. Manuel Corchia, fondateur de Junge Tat, prend la parole dans la vidéo et appelle à la déportation des personnes non-blanches. Ces vidéos avec des orateurs venant de plusieurs pays vont se multiplier les mois suivants. (Youtube)
12 octobre : Chloé Frammery, diagonaliste devenue célèbre dans les années covid, se félicite d'avoir à nouveau accès à son compte Youtube clôturé depuis plusieurs années (Telegram)
13 octobre : Piero San Giorgio publie une vidéo avec Youssef Hindi (Youtube)
13 octobre : Windisch vante les mérites du fasciste britannique Tommy Robinson et décrit à tort les manifestations racistes qu'il organise comme pacifiques (Web)
14 octobre : Haltérophilo poste des propos mysogines à l'encontre de Mila Orriols. (Twitter)
15 octobre : Windisch est invité sur Radio courtoisie pour parler de la votation suisse sur l'identité numérique.
16 octobre : Thibault Schaller (UDC/VD) partage une photo de son ordinateur où figure un sticker du groupuscule fasciste Kalvingrad Patriote, autodissous en 2019 (Twitter)
17 octobre : Colin Walks et Mila Orriols publient une vidéo appelant à des "politiques radicales" pour sauver une prétendue race blanche (Instagram)
21 octobre : ACR reposte l'article du journal Le Temps les concernant (Telegram)
21 octobre : Le journal 24 heures relate aussi les problèmes entre Soral et son avocat
27 octobre : ACR reposte la vidéo d'un entraînement de boxe des fascistes d'Audace Lyon (hériter de Bastion social, dissous en 2019) (Telegram).
27 octobre : Colin Walks lance une première cagnotte pour ses frais judiciaires à venir. La première d'une longue série ? (Twitter et Instagram)
31 octobre : L'avocat Pascal Junod répond à Soral par voie de presse et se défend de tout manquement professionnel (Médias)
Fin octobre : RH et Colin Walks relaient une pétition de l'UDF pour l'interdiction des antifas suite à la manifestation pro-palestinienne du 11 octobre 2025 à Berne. (Telegram)
Novembre 2025
1er novembre : Colin Walks et Nicolas Rivard (UDC/VS et Reconquête) au micro de Mike Borowski sur Radio Courtoisie. Ce dernier échange avec Rivard sur des souvenirs de bagarres avec les gauchistes.
Quelques jours auparavant, Colin Walks appelle à une contre-manifestation pour s'opposer à une manif pro-palestinienne à Sion (VS), ils seront seulement une dizaine. (Web)
Novembre 25 : René-Louis Berclaz publie un compte-rendu de la conférence de RH du 20 septembre à Fully (VS) avec Uli Windisch et Anatoly Livry dans le "Courrier du continent" no 673.
10 novembre : Hallebarde publie un article sur la solitude d'un jeune nazi dans un train. Depuis son site est à l'abandon. (Web)
18 novembre : Nouvelle vidéo de Soral avec un youtubeur complaisant nommé Teamassil (Youtube)
20 novembre : Création d'un canal "Thulé diffusion". Cette association basée en Suisse romande propose à la vente des livres fascistes de seconde main. Parmi les auteurs du catalogue : Philippe Baillet, Guillaumme Faye, etc. (Telegram, Web)
22 novembre : Victoire antifasciste après une mobilisation transfrontalière contre l'organisation d'une conférence d'E&R à Annemasse (Haute-Savoie) avec Claude Janvier. Le propriétaire retire la réservation. (Instagram)
25 novembre : Chloé Frammery invitée chez Géopolitique profonde. (Youtube)
Fin Novembre : Le conflit entre Alain Soral et son ancien lieutenant Xavier Poussard s'envenime comme en témoigne plusieurs vidéos publiés sur son compte ou ceux de ses affidés (Usmani, Média en 442). Soral s'en prend aussi à Colin Walks et dit que la priorité n'est pas les drapeaux palestiniens, mais la "propagande LGBT" (Twitter, Youtube, Web)
26 novembre : Colin Walks répond à Alain Soral et l'assure de son homophobie (Twitter)
27 novembre : Résistance Helvétique publie une citation du néonazi vaudois Gaston-Armand Amaudruz, décédé en 2018. (Telegram)
28 novembre : Pour la seconde fois, ACR repartage la vidéo d'un entraînement de boxe des fascistes d'Audace Lyon (Telegram)
28 novembre : Usmani annonce un livre sur le "national-sionisme" (la fraction de l'extrême droite qui soutient Israël) (Youtube)
Décembre 2025
2 décembre : Fermeture de la chaîne Youtube de « Kontre Kulture » (les éditions d'E&R) (Twitter)
17 décembre : Les diagonalistes du Mouvement fédératif romand (MFR) annoncent leur transformation en Fondation Themisia Gioia. (Twitter)
20 décembre : ACR repartage une photo des émeutes des paysannes du 18 décembre à Bruxelles. (Telegram)
27 décembre : Le compte Helvetdux, ancien membre du groupuscule fasciste dissous Kalvingrad Patriote, rend hommage à Denis White Rex, un soldat nazi ukrainien. On saura quelques jours plus tard que sa mort était une mise en scène (Twitter)
Janvier 2026
Début janvier : Un membre de la direction de l'association CICAD attaque un conseiller aux Etats genevois sur les réseaux et parle d'une "obsession anti-israélienne et antisioniste" quand celui-ci critique la colonisation de la Cisjordanie (Médias)
5 janvier : RH relaie l'événement organisé à Porto (Portugal) le 30 mai par le réseau de Martin Sellner qui appelle à la déportation des non-blancs hors d'Europe. RH avait participé au premier meeting de ce réseau à Gallarate (Lombardie) en mai 2025. (Twitter)
7 janvier : RH relaie une conférence de Themisia Gioia à Aubonne (VD) avec deux souverainistes. (Twitter)
8 janvier : RH repartage un post du masculiniste et proxénète étasunien Andrew Tate (Twitter)
10 janvier : Piero San Giorgio donne une conférence pour l'Action française, section Savoie (Youtube)
13 janvier : Conférence du catho intégriste et nationaliste Stanislas Berton organisée par Themisia Gioia à Aubonne (VD) (Web)
13 janvier : Après le "Courrier du continent", c'est RH qui fait de la pub pour la revue "Sparta" vol. 5 à laquelle participe David Rouiller. RH suggère de passer commande via Thulé diffusion (cf plus haut) (Twitter)
15 janvier : San Giorgio publie une interview d'Alain Soral (Youtube)
20 janvier : San Giorgio publie une interview du nationaliste étasunien Vox Day à Cressier (FR) (Youtube)
23 janvier : RH repartage Hugh Anthony, jeune fasciste britannique (Twitter)
24 janvier : Au sujet de la répression policière menée par ICE à Minneapolis, RH déclare "Trump fait du bon boulot" (Twitter)
28 janvier : RH publie un texte pseudo-satirique sur la suprématie blanche (Twitter)
28 janvier : Au terme d'un épisode ubuesque, la section UDC de la ville de Lancy (GE) annule sa propre conférence car l'un de ses membres avait invité Colin Walks à y participer. L'UDC genevoise dit ne pas avoir été avisée de cette invitation et préfère tout annuler pour éviter d'être associée à lui.
29 janvier : Colin Walks publie une vidéo pour se plaindre des poursuites engagées contre lui pour discrimination et appel à la haine.
31 janvier : ACR appelle à se rendre à Lugano pour une manifestation néonazie le 21 février. Toute la mouvance repartage (RH, Helvetdux, etc). La manifestation n'aura finalement pas lieu en raison de la mobilisation antifasciste au Tessin.
31 janvier : Oskar Freysinger donne une conférence pour E&R à Belfort (France).
Février 2026
Février 2026 : René-Louis Berclaz publie un texte négationniste de Vincent Reynouard dans le Courrier du continent no 675.
1er février : Colin Walks publie une vidéo où, vêtu d'un qamis (habit de prière) et d'une barbe postiche, il organise une fausse prière de rue à Lausanne avec cinq autres personnes. (Instagram)
10 février : Thémisia Gioia invite l'auteur Lucien Cerise (E&R) à la Chapelle de Trévelin à Aubonne (VD), un lieu appartenant aux Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) (Twitter)
11 février : RH soutient la candidature de Bruno Dupont (ex-Rassemblement romand patriote) aux élections communales lausannoises du 8 mars (Twitter)
17 février : L'association CICAD attaque la liberté d'expression et réclame des sanctions contre le journaliste sportif de la RTS qui a critiqué le génocide commis par Israël à Gaza dans un commentaire des Jeux olympiques.
18 février : La mouvance est en ébullition après la mort du militant néonazi français Quentin Deranque à Lyon. Dans la nuit du 17 au 18 février, ACR peint des symboles fascistes sur l'Espace autogéré de Lausanne et revendique l'action sur les réseaux ("Ni oubli ni pardon. Partout nous vous traquerons"). Douze personnes sur la photo. Colin Walks leur répond bravo. (Telegram, Twitter)
19 février : Helvetdux se fait réprimander par d'autres acteurs de la mouvance fasciste pour avoir publié sur Twitter les consignes internes de la manifestation lyonnaise du 21 février ("Si vous avez des tatouages à connotation politique merci de les couvrir") (Twitter)
21 février : Manifestation fasciste à Lyon après la mort de Quentin Deranque. La participation est relativement faible. Des membres de l'ACR y participent et publient un long compte-rendu enthousiaste qui sera republié par RH.
21 février : Le même jour, Colin Walks organise un "apéro viril" à Chapoussin (VS). Dans une ambiance carnavalesque d'extrême droite, des individus sont déguisés en miliciens de l'agence américaine de l'immigration ICE (dont le vidéaste "Regardevoiraller"), ce qui choque des randonneurs. La commune affirme qu'elle ne louera plus d'espace à Colin Walks (Instagram)
26 février : Alimuddin Usmani publie une vidéo avec Colin Walks où ils surjouent leurs désaccords alors qu'ils sont tous les deux racistes. (Instagram)
Fin février : Déménagement définitif (?) d'Alain Soral en Russie après six ans passés en Suisse. Bon débarras ! (Web, Twitter)
Mars 2026
Début mars : "Hallebarde" doit encore changer de compte Twitter après la fermeture de son deuxième compte par la plateforme. Il en crée un troisième (Twitter)
Mars et suivant : Colin Walks débute un sponsoring financier avec l'entreprise "Atelier 1874" de Kilian Lacreuse, basée à La Chaux-de-Fonds (NE). (Instagram)
Mars 2026 : René-Louis Berclaz publie deux textes d'hommages au négationniste Jürgen Graf dans le "Courrier du continent" no 676, le premier est signé Jérôme Bourbon (Rivarol) et l'autre de Berclaz lui-même.
14 mars : Encore une dédicace de Piero San Giorgio à la Librairie Logos à Paris, mais pour la première fois, son livre est édité par Kontre Kulture, l'éditeur d'E&R. (Web)
15 mars : ACR repartage les posts des fascistes tendance nationaliste-révolutionnaire du C9M. Ils organisent chaque année une manifestation à Paris. (Telegram)
20 mars : Alain Soral est condamné par la justice vaudoise à 5 mois de prison ferme pour discrimination et incitation à la haine (Médias)
21 mars : RH repartage un post d'Alain Soral suite à sa condamnation (Twitter)
24 mars : L'association CICAD porte plainte pour diffamation contre une pétition l'accusant de propagande pro-génocide (Médias)
Fin mars : Le 23 mars, ACR publie un communiqué pour annoncer qu'ils vont attaquer le carnaval antifasciste du 28 mars à Lausanne. Leur visuel est grotesque avec une sorte d'armée de cranes rasés réalisée par IA. Le matin du carnaval, ils annulent tout en disant qu'il s'agissait d'un hoax. Le premier communiqué de l'ACR est partagé par RH et Helvetdux, mais aussi par Colin Walks le 24 mars sur son compte Instagram. (Médias, Telegram, Instagram)
Fin mars : Stepan Syschikov, ancien candidat de l'éphémère Rassemblement romand patriote, est accusé par le père d'une victime de Crans-Montana d'avoir volé des habits appartenant à son fils défunt (Médias)
Avril 2026
5 avril : RH organise une action banderole à Féchy (VD), environ 15 personnes présentes. (Twitter)
7 avril : Colin Walks lance son propre groupuscule fasciste nommé "10%" avec "Regardevoiraller". Le nom du groupuscule fait référence à une disparition d'une supposée race blanche. Dès le départ, il promet une "fraternité", une "nouvelle famille" et invite à dépenser de l'argent dans un magasin de mugs et habits. (Instagram)
11 avril : Colin Walks défend la colonisation de la Rhodésie après l'épisode des soldats de l'armée suisse ayant posé en uniforme avec le drapeau de cette colonie (Instagram)
25 avril : ACR publie des photos de leur entraînement de boxe (Twitter)
25 avril : Assemblée générale de l'UDC Martigny, dirigée par l'avocat Nicolas Rivard. Il met Colin Walks et Mila Orriols à l'honneur lors de la réunion. Colin Walks pose aussi avec le député Jérôme Desmeules.
Mai 2026
Mai 26 : Dans le "Courrier du continent" no 678, René-Louis Berclaz soutient les deux négationnistes convoqués en procès à Genève pour racisme et publie le texte de l'un d'eux, Frank Brunner. Ce dernier sera condamné pour discrimination et incitation à la haine lors de son procès le mois suivant. (Médias)
5 mai : L'association "Convergences" de Colette Cellerin organise une conférence payante de Marion Maréchal à Genève. La soirée se déroule à l'hôtel Royal (entreprise Manotel) et est animée par la journaliste Laetitia Guinand de la chaîne de télé privée Léman Bleu.
Ancienne alliée d'Eric Zemmour, Maréchal tente de tracer sa propre route sur une ligne nationaliste et raciste.
En plus de cette soirée sur inscription, Guinand a aussi reçu Maréchal pour une interview mielleuse dans "Le Poing", sa propre émission.
Pour rappel, Convergences avait déjà invité Zemmour en 2021 à l'Hôtel Hilton du Grand-Saconnex (GE). Une manif antifasciste avait été organisée par les milieux antifascistes pour s'y opposer.
9 mai : Pour la première fois, la marche du C9M à Paris est annulée grâce à la mobilisation antifasciste. Une commémoration alternative est organisée la nuit dans un champ. Il est probable que des fascistes de Suisse romande aient fait le déplacement. (Médias)
9 mai : Oskar Freysinger (UDC/VS) participe à la manifestation souverainiste organisée par Mass-Voll à Lucerne. La présence de Junge Tat est confirmée. (Médias)
21 mai : Colin Walks publie une vidéo dans laquelle il insulte et provoque (seul) les participants du rassemblement pro-palestinien hebdomadaire à Sion (VS) (instagram)
29 mai : Autre vidéo de Colin Walks pour une réunion de son groupuscule "10%". Il annonce des "événements communautaires" et se présente comme un mouvement contre les incivilités. (Instagram)
Juin 2026
5 juin : Encore une vidéo de Colin Walks où il répond à d'autres fascistes qui l'accusent de trop critiquer Israël. En contradiction manifeste avec ses actions de l'année écoulée, Colin Walks dit qu'il ne soutient pas Israël et s'inscrit dans la lignée de Jean-Marie Le Pen en affirmant (à tort) que ce dernier soutenait la cause palestinienne. Colin Walks termine en déclarant "vive l'Occident chrétien" et "vive le roi", ce qui montre quelque distance avec le pôle pro-Zemmour. En description est écrit le mot d'ordre "ni kippa ni keffieh", repris de RH quelques mois plus tôt [voir plus haut] (Instagram)
6 juin : Chloé Frammery donne une conférence en Savoie sur invitation d'un groupuscule fasciste Eveil savoyard lié aux Nationalistes d'Yvan Benedetti (web)
9 juin : Uli Windisch (Les Observateurs) donne une conférence dans la bibliothèque municipale de Savièse (VS).
10 juin : ACR repartage un post d'AC Helvetia qui voit dans les manifestations racistes en Irlande du Nord un signe annonciateur de leur propre passage à l'acte.
13-14 juin : Colin Walks publie deux vidéos, la première sur une bagarre qu'il a provoqué en gare de Martigny la deuxième un ramassage de déchets en Valais avec une poignée de membres de "10%". (Instagram)
14 juin : L'association CICAD attaque la Grève féministe Vaud et l'accuse faussement d'antisémitisme après qu'elles aient critiqué le sionisme dans leurs discours (Médias)
17 juin : Freysinger débute une série de chroniques sur le site Les Observateurs, fondé par Uli Windisch. Un autre article prend le parti de Colin Walks dans la bagarre qu'il a déclenché à la gare de Monthey.
20 juin : Piero San Giorgio donne une conférence pour E&R à Grenoble.
20 juin : Alimuddin Usmani invité à parler de la Suisse et du souverainisme dans Géopolitique profonde (l'émission de Mike Borowski). (Youtube)
20 juin : Colin Walks organise un autre apéro masculiniste, mais cette fois-ci dans une cabane privée.
24-25 juin : Windisch est invité sur Radio courtoisie puis sur TV-Libertés, chaîne liée aux fascistes tendance Jean-Yves Le Gallou. (Youtube, Web)
24 juin : Haltérophilo reçoit Félicien Monnier (Ligue vaudoise). Ce dernier revendique l'héritage maurassien de son organisation (Youtube)
29 juin : LA FSSPX ordonne 4 nouveaux évêques et réunit plusieurs miliers de personnes à Econe (VS). Colin Walks les soutient dans une vidéo publiée le 1er juillet.
Fin juin : Colin Walks relaie sans preuve l'histoire d'un jeune UDC qui dit s'être fait agresser par "plusieurs antifas" à Genève. En réalité, cette personne avait tenté d'agresser une jeune fille de 15 ans et s'était fait maîtriser par la police. Colin Walks se victimise dans une vidéo publiée le 4 juillet et accuse le jeune UDC d'être un musulman sous couverture (Instagram)
Juillet 2026
4 juillet : Agression de Thomas*, 35 ans par sept néonazis à Vidy. Les agresseurs sont probablement liés à ACR puisqu'ils s'entrainaient à la boxe peu avant leur passage à l'acte. Les faits sont très graves et Thomas* aurait pu mourir sous leurs coups. Des arrestations ont lieu quelques jours après les faits dans les milieux néonazis et un rassemblement de solidarité a été organisé le 18 juillet.
6 juillet : Stepan Syschikov (Rassemblement romand patriote) se met en scène en train de discuter avec Philippe Brennenstuhl pour une future liste commune aux élections fédérales de 2027 (Twitter)
10 juillet : Thibaut Schaller (UDC/VD) doxe l'épouse de Thomas* en divulgant son prénom (Twitter)
11 juillet : Victoire antifasciste contre une conférence clandestine de RH. Les orateurs étaient Vincent Reynouard, Jérôme Bourbon et Henri de Fersan. Tous les trois sont des néonazis et des négationnistes du génocide des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Une action conjointe Assemblée antifasciste Genève et Afa-Lausanne fait fuiter le lieu de la conférence, une salle à La-Chaux-sur-Cossonay (VD). La Mairie n'était pas au courant et retire la réservation, les organisateurs doivent quitter les lieux et doivent se réfugier dans une forêt (environ 25 personnes sur les photos). Les fachos chialent. (Twitter)
Abréviations
E&R : Egalité et réconciliation, groupuscule pro-Alain Soral, n'a plus de section en Suisse depuis
RH : Résistance helvétique, groupuscule fasciste basé en Valais
N'hésitez pas non plus à vous rendre sur le site http://nopasaran.ch/ pour une revue de presse consacrée à l'extrême droite institutionnelle.
Le texte qui suit, extrait des fonds des archives municipales de Saint-Étienne (article 6 F 186), est un projet de lettre, comportant quelques ratures, rédigé pour le compte du maire (provisoire) de Saint-Étienne, le fabricant de rubans Joseph Vignat-Chovet. Elle est destinée au ministre de l'Intérieur, Charles Marie Tanneguy, comte Duchâtel, avec copie pour Jean-François Jacqueminot, vicomte de Ham, lieutenant-général de la garde nationale de Paris et vice-président de la chambre des députés. Le courrier est daté du 27 août 1839.
Sous la Monarchie de Juillet, l'expression syndicale et politique des ouvriers stéphanois inquiète toujours les élites locales, quelques années après le mouvement des canuts et sa résonance dans le chef-lieu d'arrondissement de la Loire, surtout. Cette préoccupation est également instrumentalisée par le premier édile de Saint-Étienne, afin de solliciter à nouveau le transfert du chef-lieu de département dans sa localité.
L'orthographe et la graphie d'origine sont respectées autant que possible. Les passages raturés sont figurés entre crochets.
Texte initialement publié sur le site du Gremmos.
27 aout 1839
adressé à M. le general Jacqueminot
A Monsieur le Ministre de l'intérieur
Le Maire de la ville de St Etienne (Loire)
Monsieur le Ministre,
La ville de St Etienne et les hameaux qui l'entourent renferment une population d'au moins 60,000 habitans qui se livrent tous aux travaux des fabriques ou à l'exploitation des mines
la principale branche d'industrie, celle qui a pour objet la fabrication des rubans occupe plus de 25,000 individus des deux sexes
A l'imitation des ouvriers de Lyon, ceux de St Etienne et de la banlieue ont formé une association divisée en sections de 18 membres.
chaque section a un président, un secrétaire et en caisse un fonds de secours formé par un prelevement sur le produit des metiers en activité
leur but est d'imposer aux fabricans un tarif de salaire direct ou indirect, en prenant pour base le prix vrai ou fictif payé par l'une [d'entre eux, en] des maisons de fabrique de frappant d'interdit les metiers travaillant pour ceux [des fabricans qu'il leur plaira de signaler] qui ne s'y soumettraient pas, et déterminant eux-mêmes l'aunage des pièces de rubans.
Cette coalition parait prendre chaque jour de nouvelles forces par les fréquentes communications & correspondance qui ont lieu entre les ouvriers de Lyon et ceux de St Etienne, par l'envoi réciproque des commissaires et par l'exaltation que leur inspirent des journaux exagérés tels que la glaneuse, l'echo de la fabrique, le précurseur &c. Jusqu'à present l'adm.n municipale n'a pas cru devoir intervenir dans les debats entre les fabricans & les ouvriers, elle s'est bornée à leur faire sentir la necessité de conserver la bonne harmonie entr'eux, et de leur rappeler que c'est au conseil des prudhommes qu'il appartient de statuer sur leurs contestation
Dans l'origine, il n'y avait rien de politique dans leurs réunions. beaucoup de chefs d'atelier s'y etaient opposés [et s'y opposent encore] mais depuis quelques jour, [mais] un certain nombre d'entr'eux, 600 environ ont consenti à s'affilier à l'une des associations politiques dont le Centre est à Paris (celle des droits de l'homme)
Déjà la coalition des ouvriers a [mené] à opération l'une de ses resolutions en frappant d'interdit les metiers de m. Collard fabricant de cette ville, et la suspension du travail n'a cessé que parce que le fabricant obligé de livrer une commande à jour fixe, s'est soumis aux conditions à lui imposées
le 19 [de ce mois] août, les ouvriers coalisés ont voulu donner une idée de leur force et de leur union en assistant, chose inusitée, au nombre de 15 à 1800 au convoi funebre de l'un d'eux décédé chef de section
[Dans cette conjoncture, il est sans doute] quoiqu'il n'y ait pas eu de violence il est toutefois prudent de prendre [quelques] des mesures propres à prévenir une collision fâcheuse entre les chefs d'atelier et les fabricans. la haute position où vous êtes placé vous mettra à même d'adopter [celles que vous jugerés] les plus efficaces. je crois devoir [néanmoins] vous présenter mes idées à ce sujet
il me parait d'abord très utile de réunir le département de la loire, ou du moins l'arrondissement de St etienne à la division militaire dont le chef-lieu est à Lyon. quelques heures suffiraient pour recevoir de cette ville des secours et des ordres tandis qu'il faut souvent huit jours pour recevoir du lieutenant-général en residence à Clermont la reponse à une demande qui part de St etienne
le véritable centre du département de la loire est à St etienne. c'est dans son arrondissement que sont situées les trois villes principales du département, toutes trois manufacturieres, St Etienne, Rivedegier & St chamond ; c'est autour de St etienne qu'est la plus grande masse de population agglomérée, c'est celle qui verse dans le trésor public la plus [grande] forte quotité des impôts. Si l'autorité civile et militaire doit faire sentir son action quelque part dans le département c'est sans contredit à St etienne où une emeute violente éclata le 3 mars 1831, et où l'on peut en craindre de nouvelles. toutes les personnes désinteressées qui ont visité cette contrée regardent comme une anomalie de laisser le Préfet et le maréchal de camp commandant la subdivision resider à Montbrison, ville de 5000 habitans, dans une position excentrique hors des grandes communications, et de laisser une population agglomérée de plus de 60,000 habitans exposée aux lenteur des ordres de la préfecture et à tous les inconvéniens qui resultent de l'éloignement du 1er administrateur du département. ainsi la ville qui a le plus besoin de la présence des autorités en est privée & celle où elles [sont inutiles à] le moins bien placé dans l'interet général les possede
Dans l'etat où se trouvent les esprits, il serait bon de remettre en vigueur la mesure adoptée l'année derniere d'après laquelle les débitans ne pouvaient délivrer de la poudre qu'en vertu d'un permis des maires
[Vous apprécierés] Je vous prie, Monsieur le Ministre, d'apprécier les observations que je vous soumets pour le maintien de la tranquillité publique, et [vous voudrés bien] de les prendre en considération
Agréés, [je vous prie,] l'assurance de mes sentimens respectueux
Jean Pralong, Saint-Étienne. Histoire de ses luttes économiques, politiques et sociales. Livre II : De la Restauration des Bourbons à la Commune de Paris, Saint-Étienne, auteur, 1990, 213 p.
- Étienne Fournial, Le Grand Républicain Tristan Duché, 1804-1865. Représentant du Peuple et Proscrit, Firminy, Les Amis de Tristan Duché, 1990, 324 p.
Claude Latta, Eugène Baune (1799-1880). Un républicain dans les combats du XIXe siècle, Montbrison, La Diana, 1995, 200 p.
Texte initialement publié sur le site du Gremmos.
Noël Godin, celui qui maîtrisait l'art de ridiculiser les puissants, vient de s'éteindre le 23 août 2026, après 80 ans de franche rigolade.
L’article Mort de Noël Godin : hommage anarcho-pâtissier est apparu en premier sur Contre Attaque.
Après les incendies qui ont ravagé la France puis la Belgique, certains parlent de « relancer les marches climats ». À toutes fins utiles, le Groupe Anathème qui avait été actif lors de la première vague des marches climats et dont il est malheureusement important de rappeler que les prévisions se sont avérées exactes, nous a transmis ce poème rédigé lors de cette séquence antérieure. Une contribution à la mémoire des vaincus qui, peut-être, permettra de lutter, sinon pour le climat, au moins contre l'amnésie tout intéressée de ceux qui enjoignent à se remettre en marche.
Monsieur le professeur
nous a dit : « Il est l'heure !
De marcher pour le climat,
avançons dans le bonheur ! »
Monsieur le professeur a dit :
« Ça, c'est la démocratie,
et vous autres, mes enfants,
vous sauverez le monde en marchant. »
Semaine 1, ça marche bien,
combien d'marches avant la fin ? (x2)
On croisait aux balcons
des gens charmants, souriants,
applaudissant les garçons
et les filles en passant.
Ils étaient fiers de nous,
et nous, on était confiants.
Comme des petits fous,
nous marchions en chantant.
Semaine 2, ça marche bien,
combien d'marches avant la fin ? (x2)
Il y avait la police
afin de nous protéger,
et avec eux, complices,
des grands-parents pleins de fierté.
Tous en chœur, ils disaient :
« Surtout, ne changez jamais !
Vous n'êtes pas violents,
et c'est ça qui plaît aux gens ! »
Semaine 3, ça marche bien,
combien d'marches avant la fin ? (x2)
On a bien plu aux gens,
ils disaient : « Qu'ils sont charmants ! »
Les journalistes de reprendre :
« Ces enfants sont tellement tendres ! »
Et nous, on était confiants,
car la fête était bien là,
en marchant, en marchant,
en marchant pour le climat !
Semaine 4, ça marche bien,
combien d'marches avant la fin ? (x2)
Y en avait, tout en noir,
qui criaient des choses bizarres.
Ils chantaient des chansons
qui causaient des insurrections.
Ils gueulaient avec malice :
« Tout l'monde déteste la police !
Cop 1, cop 2, cop 21,
combien de cops avant la fin ? »
`Semaine 5, ça marche bien,
combien d'marches avant la fin ? (x2)
On a marché et marché
jusqu'à en être épuisés.
Puis vinrent les élections,
on est rentrés à la maison.
Les adultes nous ont promis :
« On prend en main votre vie. »
Et comme on a été mignons,
ils nous ont pris pour des cons.
Semaine 361, ça marche plus,
sur la Terre, on respire plus.
On a tous marché pour rien,
et maintenant, c'est la fin.
Salauds d'politiciens,
si c'était à recommencer,
on se mettrait tous en noir
pour dépaver les trottoirs.
On crierait : « Insurrection ! »
Et on chanterait des chansons :
« Écologie sans transition !
Gouvernement, destitution ! »
Groupe Anathème
Quand ?
Le 4 septembre à 18h
Où ?
La Kunda (entrée Lagaisse) 46, rue Jules Lagaisse, 94400, Vitry-sur-Seine
Concerts en soutien à la Palestine
A LA KUNDA
Quand ?
Le 5 septembre à 19h
Où ?
Le Cirque électrique Place du maquis du Vercors 75020 Paris
Les Soulèvements de la Terre - IdF organisent une réunion publique à propos de l'appel à mobilisation nationale du 3 octobre : Stop Pesticides - Arrêtons Syngenta
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Les pesticides tuent, de plus en plus et depuis bien trop longtemps ! Le 3 octobre 2026, nous, paysan·nes, travailleurs et travailleuses agricoles, personnes malades et habitant·es de territoires contaminés convergeront vers le site de Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l'Eure. Nous y appelons à une manifestation massive pour dénoncer les ravages de l'industrie agrochimique et obtenir la mise à l'arrêt de ce site majeur, emblématique de l'impunité dont bénéficient les multinationales qui nous empoisonnent. Simultanément, des mobilisations auront lieux sur plusieurs autres continents pour dire « Pesticides, Syngenta, ni ici ni ailleurs ! »
Le 1er teaser vidéo de la mobilisation
Les pesticides sont à l'origine d'une véritable épidémie de cancers, en premier lieu chez les travailleurs et travailleuses agricoles. Les quelques multinationales qui en tirent profit intoxiquent toujours plus les terres et les populations. Depuis des années, nous accumulons pourtant les preuves, les alertes et les combats : dossiers de reconnaissance de maladies professionnelles, recours juridiques, enquêtes de terrain, rassemblements devant des points de captage d'eau pollués, manifestations, accompagnement des personnes contaminées... Pourtant, nous ne sommes toujours pas entendu.es. Alors que les scandales sanitaires à ce sujet se multiplient, les pouvoirs publics et les instances européennes continuent de favoriser un modèle agricole soumis aux pesticides et de légiférer en ce sens. Ils installent ainsi une insécurité chimique sur la population entière, C'est pourquoi nous avons engagé une campagne d'actions pour désarmer les infrastructures de production des pesticides sur nos territoires et promouvoir une autre agriculture.
Lire l'appel à mobilisation complet, les raisons de viser ce site et nos 10 exigences concrètes pour sortir des pesticides et défendre une agriculture paysanne
Merci pour tout relais dans vos réseaux et autres initiatives pour faire du 3 octobre une mobilisation majeure pour en finir avec les pesticides.
À l'appel de la Confédération paysanne, Cancer Colère, le CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest), les Soulèvements de la terre.
Avec le soutien d'organisations syndicales, paysannes, décoloniales, écologistes, culturelles...
Au cœur de l'été, nous avons reçu cette revendication cryptique et poétique accompagnée d'une carte peut-être pas si fantaisiste. S'il s'avérait que quoi que ce soit ait été endommagé, nous en sommes bien désolés.
Nous nous sommes rencontré.es, à nouveau, et nous avons tracé,
Tracé des lignes,
De toutes les formes de nos possibles,
Des lignes d'échappées qui fleurent bon la joie,
Aux silhouettes en promenade,
Et qui explorent différemment nos paysages,
Nous avons appris des précédentes, des séculaires et des mortes,
Ainsi que de celles prescrites par nos dissemblables,
Pour en tracer encore des nouvelles,
Des lignes sensibles aux ruines qui nous entourent,
Qui se dissimulent dans les ombrages des avenues,
Longeant les réseaux de la métropole pour esquiver au mieux la capture
de nos voyages,
Des lignes qui se transforment à mesure qu'elles infiltrent le spectacle
de pixels,
Devenant bifurcation dans les artères où prolifère l'obsession scopique,
Et esquive devant les foyers qui partagent la même pulsion,
Jusqu'à atteindre un soir, non loin de Strasbourg, l'inévitable grille
de la zone-cible,
Opposant ses stries droites à nos lignes versatiles,
Et face à laquelle seule une forme imprévisible peut produire une
deuxième fente,
Notre ligne-foudre,
Engendrée par la combinaison de nos vérités intimes,
Et alliant nos puissances en une brûlante attaque,
Détruisons ce qui nous détruit
Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, nous avons régulièrement suivi les activités du collectif anarchiste Solidarity Collectives qui opère autant sur le front que dans la société civile ukrainienne [1]. Pour leur quatrième « anniversaire », ils nous ont transmis cette vidéo sous-titrée en français.
[1] Voir entre de nombreux autres, cet entretien.
Act for freedom now! / lundi 24 août 2026
Par le biais de déclarations de son recteur, l’université Aristote de Thessalonique (ΑΠΘ) a annoncé la mise en place de mesures et de dispositifs de contrôle d’accès au campus (caméras, tourniquets). Sans aucune information préalable de la part des autorités du rectorat et pendant une période morte du campus, nous avons constaté que des caméras « de sécurité » avaient été installées dans le bâtiment administratif de l’ΑΠΘ et à l’entrée du parking de la salle des cérémonies. Il s’agit d’une continuation de la répression croissante qui frappe toute action qui n’obéit pas aux souhaits des autorités du rectorat et au fonctionnement de cette université à vocation commerciale. En tant qu’anti-autoritaires, nous défendons les actions illégales, qui constituent des actes de résistance et de réponse, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des universités, au sujet de questions estudiantines et sociales. Dans le cadre de la poursuite de nos actions, nous avons décidé de ne laisser aucune caméra devenir un obstacle.
Pour cette raison, aux premières heures du mercredi 24 juin 2026, nous avons choisi d’attaquer et avons réussi à casser les caméras situées dans le bâtiment administratif. Cela à l’insu des agents de sécurité, qui se trouvaient dans le poste de garde et qui, heureusement pour eux, ont choisi de ne pas s’en mêler et sont restés enfermés dans leur trou, les stores baissés.
D’une part, le fait que l’installation des caméras n’ait pas été annoncée à l’avance, combiné à leur humiliation suite à cette action et à leur incapacité à y faire face, a conduit, selon nous, les responsables du rectorat à ne faire aucune déclaration à propos de cet acte de vandalisme.
Les façons de s’en prendre aux caméras et aux mesures de surveillance peuvent être différentes. Des marteaux et pinces coupantes (attention au courant électrique) à la peinture et aux lasers, nous encourageons tout le monde à trouver l’outil qui lui convient et à le tester sur de vraies cibles.
Montréal Contre-Information / lundi 14 août 2026
Certain·es d’entre nous avons remarqué que BIXI [le système de vélos en libre-service de la ville de Montréal ; NdAtt.] a commencé à installer des caméras qui détectent le mouvement sur certaines de leurs stations. Nous ne laisserons pas passer sous nos yeux cet ajout de technologie et de surveillance dans nos vies et nos quartiers.
Nous avons pris en charge nous-mêmes la responsabilité d’aller à l’attaque d’une de ces caméras, et ce, avec de simples outils ainsi qu’une envie de détruire ces caméras. La dite caméra était plus haute et solide qu’on croyait, nous l’avons donc seulement endommagée et non détruite. Nous souhaitons aux camarades d’avoir un plus grand succès lors du premier essai que nous!
Renversé / samedi 22 août 2026
Le mercredi 12 août, dès 6 heures du matin, trois perquisitions ont été menées à Berlin et dans ses environs : dans les quartiers de Neukölln et de Kreuzberg, ainsi que dans la région de Brandenbourg.
L’enquête porte sur un braquage de banque commis en 2013 dans la ville allemande d’Aix-la-Chapelle (Aachen). Ce braquage est lié au vol de la Paxbank d’Aix-la-Chapelle en 2014, pour lequel plusieurs anarchistes ont été inculpés en 2017 et Lisa a été condamnée [voir ici ; NdAtt.]. À l’époque déjà, le parquet avait tenté d’établir un lien entre le braquage de 2014 et celui de 2013, mais l’enquête n’avait pas réussi à apporter de preuves permettant d’étayer ces faits.
Le 24 juillet dernier, une personne a été arrêtée en Espagne puis extradée vers Aix-la-Chapelle. Elle se trouve actuellement en détention provisoire. Elle est accusée d’avoir participé à un braquage de banque survenu en 2013.
Le mandat de perquisition visait Lisa, en tant que prévenue, ainsi que sa compagnonne et colocataire, en tant que témoin. Les enquêteurs recherchaient des supports de stockage de données et des documents manuscrits. Cette mesure a concerné les colocataires de la prévenue : les parties communes et les caves des appartements ont été perquisitionnées, ainsi qu’un lieu où, d’après les données de localisation de son téléphone portable, Lisa se serait rendue à plusieurs reprises.
La perquisition a été menée par l’Office régional d’enquête criminelle (LKA) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et le LKA de Berlin ; la procureure elle-même, mme Breuer, du tribunal régional d’Aix-la-Chapelle, qui avait déjà, à l’époque du procès de 2017, agi avec fermeté contre les camarades, était également présente. Un chien renifleur a en outre été utilisé. Les perquisitions ont duré entre 6 et 7 heures.
Lisa a été conduite au commissariat, où les formalités d’identification (photos et empreintes digitales) ont été effectuées, puis elle a été remise en liberté. Des photos spécifiques ont été prises dans le cadre d’un rapport anthropométrique d’identification. Dans l’ensemble, toutes les personnes qui se trouvaient dans les appartements vont bien.
Merci pour votre solidarité et votre soutien. Et, comme toujours : ne vous perdez pas en hypothèses, ça n’aide personne.
Solidarité avec les personnes concernées et avec l’accusé qui se trouve actuellement en détention !
Avec force, calme, amour et colère.
Texte original en allemand : https://de.indymedia.org/node/858128
Cet article nous a été adressé anonymement (et en italien). Il revient sur le sabotage collectif du chantier du TAV (TGV) dans la vallée de Suse le 25 juillet dernier et vise à articuler une position, à la fois éthique et stratégique.
Nous prenons du temps pour clarifier un peu la situation et partager quelques considérations sur l'attaque du chantier du TAV le 25 juillet dernier.
Si nous avons décidé d'intervenir dans le débat public que nous percevons comme irrémédiablement hostile, orwelien et imperméable aux faits, c'est parce qu'il est nécessaire de dire quelque chose de sincère au sein de l'océan de mensonges et de discours creux – discours qui est urticant et toxique, quelle que soit la forme sous laquelle il se présente.
La version dominante de ce récit est martelée sous différentes formes : « dévastation » et pillage [1], des professionnels internationaux de la violence, une menace terroriste, etc. En vérité, il semble vain de gaspiller de la salive à répondre à de telles allégations, quand chaque mot perd son sens et se retourne même en son contraire. Qui, exactement, est en train d'être terrorisé ? Quel « spécialiste de la violence » intervient lors d'une manifestation massive dans laquelle des centaines de gens sont engagés pendant plus d'une heure dans l'invasion d'un chantier et l'affrontement qui s'en suit ?
La seule volonté de terroriser [2], évidente, est celle de l'appareil idéologique, policier et gouvernemental, qui envoie un message clair et ferme à la génération qui s'est politisée dans les rues pour Gaza : n'essayer même plus. Combattre dans la rue, résister à la police peut vous coûter extrêmement cher.
La réaction de la gauche n'est pas moins sévère. Ceux qui ont fait leurs premiers pas en manifestant contre ce monde catastrophique ces dernières années doivent sont soumis à une domestication continuelle, à base de traumas et de menaces. Une urgence chassant l'autre, un massacre piloté à distance et un crime policier après l'autre, avec l'état de choc qui en résulte et le sentiment d'impuissance. Mais tout cela ne suffit pas : il y a aussi ce chantage obligatoire à rester dans le rang afin de ne pas aggraver la situation, de ne pas devenir « les idiots utiles de droite », de peur d'accélérer la descente dangereuse dans l'État policier. Pour être responsable, et donc soumis. Tout cela en ignorant sans vergogne que c'est précisément l'alignement lâche avec tous les programmes des gouvernements, avec leurs narratifs autorisés, le respect de l'autorité (qu'elle soit politique, scientifique, culturelle ou policière) en tout temps et en toutes circonstances, qui a à chaque fois facilité la résurgence des fascistes.
Et la gauche est la principale responsable, malgré ses diatribes frénétiques contre ceux et celles qui font preuve du courage et de la clarté qui lui ont toujours fait défaut.
Tout le monde a vu les quelques images de ce jour-là : une colonne de fumée montant d'un camion de police, des feux d'artifices, les salves de pierres, le chantier endommagé.
C'est totalement une autre histoire d'avoir été témoin aux premières loges de la retraite désorganisée des policiers, d'une foule prenant d'assaut et s'introduisant derrière les clôtures du chantier, et l'euphorie se propageant entre tous les gens présent – à la fois les plus jeunes aux premières expériences, et les camarades plus chevronnés.
Les sentiments suscités par de tels moments aident à construire de la confiance mutuelle, construisent des liens qui prennent forme à mesure que nous affrontons les risques ensemble, se protégeant les uns les autres, défiant et surpassant notre peur dans l'affrontement. Il n'y a rien d'épique ou de martial dans cette expérience, mais seulement un rapport plus direct avec notre fragilité commune et, par dessus tout, une détermination à la surpasser collectivement, à se mettre en jeu, à se défaire de la défaite. Pas de culte de la force, donc, mais pas non plus une fascination victimaire par notre propre impuissance.
C'est pourquoi l'effort le plus paresseux pour ranger l'événement dans une case tourne à vide, que ce soit pour le légitimer ou le criminaliser. De telles opérations tentent de neutraliser la charge politique de la rupture en la réduisant à un symptôme d'autre chose, qu'il s'agisse d'éco-anxiété ou de conspirations internationales. C'est pour cette raison qu'il faut se battre.
Ces derniers jours, une polémique-fabriquée-par-les-médias a éclaté sur l'état du mouvement no-TAV. Est-il mort ? Est-il devenu la chasse gardée des activistes radicaux, la plupart d'entre eux étrangers ? Les événements du 25 juillet ont ravivé un débat vieux de 30 ans qui était longtemps resté en dormance,. D'un coté les principaux journaux déclarent la lutte morte, de l'autre, ceux qui reconnaissent l'événement du 25 ont remis en lumière la « question du TAV ».
Et effectivement, au cœur de ce qui s'est passé se trouve le TAV et la vallée de Suse. Mais pas les arguments techniques à propos des impacts du projet, le problème des dégâts environnementaux et sur la santé, ou les justifications administratives ou d'ordre infrastructurelles. Tout ça reste entièrement vrai, mais secondaire. Chaque projet capitaliste repose sur un accaparement de terres de type mafieux – cette affaire est aussi emblématique que de nombreuses autres. Mais lister les injustices subies, les droits bafoués, ou les nombreux abus de pouvoir ne nous feront pas avancer d'un pas. Tout est clairement évident pour ceux qui veulent le voir. Le mépris de longue date pour une région entière et les communautés qui l'habitent, l'imposition brutale de l'état d'exception [3] sur le dos de ceux et celles qui ont toujours rejeté la ligne à haute-vitesse, montre seulement ceci : une fois encore, le dialogue et les mots sont entièrement superflus ; ils ont perdu leur intérêt et leur valeur.
L'appel du Val Susa prend cependant une signification différente : une référence symbolique et éthique envers une continuité d'actes et de gestes de résistance qui, malgré tout, touchent ceux et celles qui séjournent sur ces territoires aujourd'hui.
Car le long de ces mêmes sentiers parcourus le mois dernier, les forces d'occupation avaient déjà battu en retraite – le 3 juillet 2011 [4]–, les lignes électriques avaient déjà été coupé, de jour comme de nuit, dans des nuages de gaz lacrymogène, et les véhicules de chantier déjà été incendiés. Et les images de ce passé se superposent, en une constellation harmonieuse, avec celles des affrontements qui ont eu lieu à la gare centrale de Milan, ou le soir du 31 janvier à Turin, les troubles à Bologne après la mort de Fakhir, la résistance contre l'ICE à Minneapolis, et bien d'autres moments qui ont ponctué ces années-là — des années que, de tous côtés, on voudrait nous faire croire closes, anéanties et sans espoir.
La circulation de tels actes de rupture et de révolte a acquis la consistance d'un répertoire partagé et d'un imaginaire collectif qui, dans l'époque historique actuelle, ne peut être englobé dans aucun discours ou programmatique politique unique.
Toutes les « solutions politiques » sont ridicules, inadéquates et trompeuses ; tous les lexiques politiques sonnent faux et périmés. À l'inverse de cela, la force des actions et pratiques qui, en dépit de tout, poussent à aller de l'avant malgré le danger, pointent vers la construction d'une possible force collective… cela, oui, cela semble toujours avoir de l'attrait et un sens. Et nous l'avons vu le 25 juillet.
Il existe encore aujourd'hui de nombreux recoins où des gens conspirent, construisant des relations non intoxiqués par les « valeurs » de la société – c'est-à-dire par la quête du pouvoir et de l'efficacité à tout prix, par le cynisme et l'insensibilité comme mode de vie.
Ceux et celles qui tiennent pour vrai ce qu'ils ressentent – luttes, actions, amitiés – essayent de garder leur distance par rapport à la publicité de l'activisme social, à la visibilité comme mesure du succès, aux mensonges de la politique et au fétiche de la pureté idéologique. Ou si, par la force des choses, ils traversent ces sphères, ce n'est qu'avec un malaise croissant. Même le catalogue des identités militantes que la société fournit comme appât pour capturer les comportements indisciplinés, les formes de sécession et tout ce qui semble en son sein ingouvernable est perçu à juste titre comme un piège ou, à tout le moins, comme un repli décevant.
C'est pourquoi les visages de celles et ceux qui sont descendus dans les rues pour Gaza n'ont pas été vu, pour la plupart, gonfler les rangs des groupes et collectifs, mais semblent apparaître par intermittence, ponctuellement, à des moments comme celui du 25. N'y a-t-il vraiment aucune dimension politique à ces comportements ? Les éternelles et timides plaintes sur l'imminence du fascisme et de la guerre ont-elles vraiment quelque chose à nous apprendre ?
Ce n'est pas une coïncidence que le gouvernement, à travers les invectives de son suprême leader, menace ceux qui fournissent de la nourriture et un abri aux manifestants en Valsusa. C'est bien sûr ridicule mais cela révèle une prise de conscience que le tissu matériel des relations, des amitiés et des ressources qui étaye un mouvement — son côté conspirateur, en fait — est plus important que les communiqués de presse et les appels publics.
Toute amitié véritable a toujours un caractère conspirateur envers la société quand elle est prise au sérieux, lorsqu'elle est vécue pleinement. Sa puissance révolutionnaire potentielle, son sens le plus intime, ne se compromet pas avec aucune mise en scène ni auto-dénonciation, mais réside plutôt dans sa nature essentiellement clandestine : dans l'approfondissement discret et patient de relations fondées sur la confiance.
D'autant plus que l'espace publique, comme chacun peut le voir, se referme violemment sur lui-même derrière une carapace d'hostilité réactionnaire. Dans un tel contexte, exposer ses liens à la lumière du jour peut être un faux pas dangereux. La réaction de l'appareil d'État aux événements du 25 en offre une confirmation frappante, mettant au premier plan la question de l'opacité : comment organiser une force qui reste accessible sans être visible pour l'ennemi ?
Si le choix est entre se réfugier dans l'individualisme ou payer au prix fort pour une affirmation de principes épuisante, peut-être vaut-il la peine de jeter un coup d'œil dans le rétroviseur. L'histoire des mouvements subversifs est une histoire de complots tissés dans l'ombre.
L'époque dans laquelle nous vivons n'est pas terminée, car aucune époque ni aucun moment historique ne l'est vraiment. Il y a des scénarios stratégiquement défavorables, mais une force collective ne se construit pas en raisonnant dans le jargon de la comptabilité économique – avec ses lois inflexibles, ses phases d'expansion et de récession, face à quoi on ne peut qu'attendre patiemment. Au contraire, nous somme parties prenantes [parti in causa]. Les actions et les gestes – dans l'acception la plus forte et la plus authentique du mot – ne sont pas simplement des phénomènes atmosphériques à enregistrer. Que ce soit un communiqué, un texte ou une attaque.
Même ceux qui sincèrement craignent les répercutions de la répression, celles qui sont effrayées par un horizon qui – il faut l'admettre – semble en effet sombre, devraient considérer les événements du 25 juillet comme une question sérieuse : quelle est la proposition pour se dégager une certaine marge de manœuvre, pour transformer la réalité ? Où se situent les forces et les possibilités du présent ? Accepter humblement les règles du jeu est-il vraiment la meilleure réponse à une contre-révolution qui attaque sans réserve ?
L'époque dans laquelle nous vivons n'est pas terminée, mais elle est dangereuse. Cela se voit clairement en Italie : nous vivons un moment historique dans lequel le propriétaire d'une bijouterie qui tue deux fugitifs désespérés de sang-froid — par derrière, sans que sa main tremble — suscite plus de sympathie que quelqu'un qui sabote un chantier de construction pour s'opposer à la dévastation d'un territoire et d'une communauté. Bien sûr, face à une telle situation, il est compréhensible qu'une position défensive puisse sembler convaincante. En bref, rester à l'arrière-plan et chercher un moyen de disparaître complètement.
Pourtant, même la disparition est un art, et conspirer signifie savoir précisément comment construire tout en se retirant : choisir quand parler, choisir quand agir, au risque de faire des erreurs. Donc, face à cette confusion qui nous affecte tous — parce que personne avec la moindre once d'honnêteté ne peut prétendre avoir des solutions dans sa manche — et face à des événements comme ceux du 25 juillet, du 31 janvier, ou les affrontements de Bologne, et tous les autres bouleversements qui vont inévitablement se produire, comment agir ? Devons-nous défendre la normalité sociale qui a précisément conduit à la situation actuelle, à cette fantastique « stabilité démocratique » dont tout le monde peut voir les avantages ? Devons-nous rester seuls et effrayés, enfermés dans nos maisons et sous bonne garde, ou devons-nous prendre la question au sérieux ?
Et toi, qu'en penses-tu ?
[1] Devastazione e saccheggio : vieil article du code pénal italien adopté sous le régime fasciste (et jamais abrogé depuis) pour écraser les opposants socialistes et communistes. Cette incrimination « dont le nom même est fait pour effrayer, a pour caractéristique d'instituer un crime de complicité passive, qui permet de condamner à de très lourdes peines, entre huit et quinze ans, des manifestants s'étant trouvés à proximité de la réalisation d'un délit, sans que leur participation ait besoin d'être prouvée. Leur simple présence sur les lieux est assimilée à un "concours moral". » (Le Monde) Cet article de loi a été ressorti des poubelles de l'histoire suite aux affrontements de 2001, pendant le sommet du G8 à Gènes, pour faire condamner très lourdement (jusqu'à 13 ans de prison) des manifestants accusés d'avoir pris part aux affrontements. Les peines vont entre 8 et 15 ans de prison pour ce chef d'accusation. [Ndt]
[2] Coté français, deux jours avant la manifestation « des dizaines de policiers lourdement armés de la BRI – les unités chargées du grand banditisme et du terrorisme – débarquent chez huit jeunes en fracassant les entrées. Une mère de famille voit sa porte sauter avant d'être mise en joue par une arme à feu, elle croit d'abord à un cambriolage. Des enfants mineurs sont menottés à leurs lits, sous les yeux de leurs parents pendant l'une des perquisitions. Ces étudiant·es, âgé·es d'une vingtaine d'années, sont ensuite emmené·es au « bastion » de la Police judiciaire, où ils passeront près de 100 heures en cellule, avant d'être envoyé·es devant des magistrats. » Dans la presse, « les forces de l'ordre expliquent que l'enquête a été déclenchée suite aux « allers-retours d'un Français qui apparaîtra être proche des Soulèvements de la Terre. » (https://contre-attaque.net/2026/08/14/montage-policier-perquisitions-famille-menottee-et-100-heures-de-gardes-a-vue-sur-la-base-de-presomptions/) [Ndt]
[3] Par exemple depuis la fin de l'année 2011, le chantier est déclaré « zone d'intérêt stratégique » et l'armée peut y arrêter quiconque viole le périmètre de la zone [Ndt].
[4] Ici l'exagération tire presque sur le mensonge. Quelques éléments de contexte sont nécessaires. À l'été 2011, l'État italien décide que le projet du TAV (gelé depuis 5 ans du fait de l'opposition de la vallée) commence à devenir intolérable et que la récréation doit prendre fin. La police évacue alors la « libre république de la Madalena », sorte de camp de base pour les habitant-e-s no-TAV de la vallée et leurs complices. En réaction dès le lendemain, les comités no-TAV de la vallée appelle à une manifestation massive pour reprendre le presidio et empêcher le début du chantier. Entre 15 et 20 000 personnes répondent présent et harcèlent la police pendant toute l'après-midi, de gros affrontements ont lieu, un policier est même brièvement capturé par la foule avant d'être (trop) rapidement relâché (sans servir de monnaie d'échange contre des manifestants arrêtés plus tôt dans la journée...), etc. Mais le dispositif policier globalement tient. Et ce sont les manifestants qui battent en retraire en fin de journée.
Pour voir des policiers réellement virés du chantier et devoir partir la queue entre les jambes, il faut remonter à 2005. Le 6 décembre, des policiers évacuent dans la nuit le presidio de Venaus (une sorte de grosse cabanne collective qui était le QG du mouvement no-TAV). De nombreux blessés sont à déplorer. Pendant la nuit, des textos d'alerte sont envoyés aux quatre coins de la vallée et le lendemain 10 000 personnes encerclent le camp des carabiniers. Pendant près de 48h, les policiers ne peuvent plus être ravitaillés et les principaux axes (autoroute, nationales, voies ferrées) de la vallée sont bloqués. Le 8 décembre les policiers capitulent et quittent leur camp, entre deux haies de manifestants, sous les huées, les crachats et les insultes. Cette séquence restera gravée dans les mémoires. C'est depuis cette date que le 8 décembre est fêté par les partisans du mouvement de la vallée [Ndt].
L’an dernier, la Ville avait « fait le choix de ne pas convier » la Campagne Civile Internationale de Protection du Peuple Palestinien à l’Antigone des associations, lui reprochant d’avoir affiché son soutien à la campagne BDS. À une dizaine de jours de l’édition 2026, l’association attend toujours son affectation de stand. Son mail du 19 juillet à la mairie est resté sans réponse
Chaque année, début septembre, l’Antigone des associations réunit plusieurs centaines de structures montpelliéraines le long des allées du quartier. Pour y tenir un stand, il faut recevoir de la Maison de la démocratie, courant juillet ou août, un courrier avec le numéro et l’emplacement attribués. Sans ce papier, pas d’entrée dans le périmètre.
Cette année, la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien de l’Hérault (CCIPPP34) n’a rien reçu. Elle a écrit à la mairie le 19 juillet pour s’en inquiéter. Pas de réponse à ce jour. Le scénario ressemble beaucoup à celui de 2025, et c’est ce qui inquiète l’association.
L’an dernier, même absence de courrier. Selon le récit qu’a fait l’association aux structures de la Maison des territoires du monde et de la solidarité internationale (MTMSI), dont elle est membre, un premier appel au service des associations s’est soldé par une réponse rassurante : il y aurait eu des « problèmes de courrier », une invitation suivrait, au besoin par mail. Le mail n’est jamais arrivé. Aux relances téléphoniques, la même réponse : la cheffe de service allait « revenir vers » eux.
Ce qui est finalement arrivé, c’est une lettre recommandée, datée du 3 septembre, reçue à la MTMSI le 4, et que l’association n’a pu retirer à La Poste que le 8. L’Antigone avait lieu entre-temps. Dans ce courrier, la Ville indique avoir « fait le choix de ne pas convier l’association CCIPPP34 à l’édition 2025 », au motif qu’elle n’aurait « pas respecté ses engagements lors de l’édition 2024 », à savoir « ne pas communiquer sur la campagne BDS » [Boycott désinvestissements sanctions, campagne internationale non-violente de soutien à la Palestine, ndlr].
L’association conteste avoir jamais pris un tel engagement. Elle affirme qu’aucune demande en ce sens ne lui a été formulée en 2024, et que son stand affichait alors, comme les années précédentes, la double identité CCIPPP34 et BDS. Le comité BDS 34 lui prête d’ailleurs son chapiteau depuis une bonne dizaine d’années. Difficile, dans ces conditions, de parler d’une surprise pour les services municipaux.
D’après le même récit, le stand de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), elle aussi partie prenante de la campagne BDS, avait été interrogé sur ce point lors de l’édition 2024 et photographié par les forces de sécurité.
Faute d’avoir pu s’organiser, la CCIPPP34 n’a pas tenté de s’installer en 2025. Son communiqué interne parle de « censure » et pose une question que l’on peut reformuler sans trop la trahir : depuis quand une mairie a-t-elle son mot à dire sur les campagnes auxquelles une association adhère ? Le courrier de la Ville demanderait par ailleurs aux associations de « valoriser son action sur le territoire ». On ignore ce que la solidarité avec Gaza est censée valoriser sur le territoire de Montpellier.
La CCIPPP a été créée à Paris en juin 2001, après l’échec des accords d’Oslo, pour envoyer des délégations de la société civile en Cisjordanie et à Gaza, avec pour mission de témoigner au retour. José Bové avait participé aux premières missions. Trois Montpelliérains y prennent part dès décembre 2001, et l’antenne héraultaise se déclare en association loi 1901 en 2003.
Elle est depuis membre de la MTMSI, au 27 boulevard Louis-Blanc, espace aujourd’hui géré directement par la mairie pour l’attribution des salles. Elle est à jour de ses cotisations et de son assurance. Elle figure dans l’annuaire municipal des associations, sur le site même de l’Antigone, où sa fiche mentionne noir sur blanc qu’elle est membre de la MTMSI et de BDS France. Cette mention date d’après 2009, année de création de BDS France. La mairie a donc eu une quinzaine d’années pour la lire.
L’association raconte aussi qu’à plusieurs reprises ces dernières années, la police municipale est venue lui demander de plier son stand, et qu’il a fallu à chaque fois faire venir le président de la MTMSI avec les papiers pour prouver que tout était en règle. Elle soupçonne des interventions d’élus proches des organisations de soutien à Israël. Nous ne sommes pas en mesure de le vérifier. Ce type de contrôle n’est en tout cas pas nouveau : en 2018, sous la mandature de Philippe Saurel, BDS France dénonçait déjà une intervention de la municipalité contre son stand à l’Antigone.
L’affaire ne tombe pas dans le vide. Le maire Michaël Delafosse a fini par refuser le parc de Grammont au Centre culturel juif Simone Veil pour sa « journée de Jérusalem », tout en ouvrant l’hôtel de ville au même centre pour un colloque soutenu par l’ambassade d’Israël. Au printemps, la Ville avait décidé de faire appel, sans débat en conseil municipal, contre deux militants de BDS jugés pour avoir versé de la gouache rouge sur un drapeau américain et une plaque de jumelage devant la Maison des relations internationales. Le 12 juin, le parquet s’est désisté à l’ouverture de l’audience, ce qui a valu à tout le monde une remarque du président de séance sur la « débauche de moyens ».
Reste à savoir si, cette année, la CCIPPP34 recevra son numéro de stand, une lettre recommandée, ou rien du tout. Contactée, la mairie de Montpellier n’a pas donné suite à nos sollicitations.
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mille une nuits traquant informé déformé
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haies nues champs caramel Belle et Bill main dans main
vont zombies sans ombre en cage en jadis bocage
en apnée larme à l'oeil trébuchent sur carcasse
chevreuil picoré par corbeaux fous affamés
descendre cendres papa maman impératif
débordée Belle out se sent coupable faute
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Emmanuel Thomazo
Photo : S.Royer. Merville-Franceville, Juillet 2026
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