Dans la France à Macron, toutes les ZAD sont tombées... Toutes ?! Non ! La Chab'ZAD résiste encore et toujours contre le projet de l'A412.
L'A412, c'est 16km d'autoroute inutiles relieraient Thonon-les-Bains à Machilly en Haute Savoie. L'intérêt, nul ; La répercussion environnementale, catastrophique.
Pour mener à bien ce magnifique projet, l'État peut compter sur Eiffage, généreux constructeur de prisons (décrites comme des camps de vacances par les journaleux.reuses)¹ qui commence déjà à installer les bases vie² pour l'autoroute tout au long du tracé. En Septembre c'est l'obtention de l'Autorisation Environnementale pour Eiffage et ça signifie le début des coupes, le détournement des cours d'eau et les expulsions.
Pour revenir à nos irréductibles zadistes, iels occupent depuis Septembre dernier 3ha du tracés de l'autoroute. À la Chab'ZAD, on construit des cabanes pour un monde meilleur³, on vit, on glande et on rit toustes ensemble sur le dos de l'État.
Dans le contexte à venir de potentielle expulsion et de début des travaux, on a besoin de soutien et de thunes.
C'EST POURQUOI NOUS VOUS INVITONS AU SKIBIDI CHAB'FEST 2 !? Une semaine de festivités, de chantiers co et de skibidi-bêtises ouverte à toutes du 26 Août au 3 Septembre.
Au programme, des concerts, du son, des spectacles, et beaucoup de barricades ! Il y aura un campement pour t'installer, une cantine vegan prix libre tous les jours et un parking dédié.
Plus d'info pratiques et sur le programme à venir sur chabzad.noblogs.org, sur Instagram (chab_zad) ou Telegram (t.me/chablazad).
(big up à notre communauté belge sur Insta, 4% des vues) [1] - Eiffage a remporté récemment deux nouveaux projets de prisons et va construire le siège social polonais de Frontex. Honnêtement c'est dur de compter le nombre de projets de merde à leur actif.
[2] - Lieu de vie des ouvrier.es pendant les travaux.
[3] - Un monde un peu moins nul plus probablement.
Ceci est un résumé des informations relayées par les journeaux belges francophones au sujet de la mort de deux personnes suite à l'intervention de la police. Comme à leur habitude, ces médias relayent uniquement la parole de la police ou de la justice, dans ce cas du parquet de Namur. Et il est tout aussi fréquent que les victimes (les personnes tuées ou blessées) soient immédiatement criminalisées par ce discours. Dans ce cas par exemple la DH tient à criminaliser la victime dans le titre même de l'article : « Deux morts après une course-poursuite à Namur : dans sa fuite, le conducteur a percuté une personne, indique le parquet de Namur »
Pour rappel, dans la majorité des cas où une personne est morte suite à une intervention de la police, cette personne n'était pas armée, ni ne représentait de danger immédiat.
C'est pourquoi la formulation « mort.e suite à l'intervention de la police » est importante, dans le sens où elle permet de prendre en compte toutes les personnes qui ne seraient pas mortes si la police n'était pas intervenue. Cette expression est revendiquée par les collectifs qui militent contre les violences policières.
Sources consultées :
La Libre
L'Avenir
Le Soir
La DH
RTBF
Autre source concernant les violences policières : Basta MediaLe nouveau gadget dont vont être équipés les agents de l’ICE s’apparente à un instrument de torture et pave la voie à un futur déploiement en France
L’article Technopolice et barbarie : des gants à impulsion électrique pour équiper la milice raciste de Trump est apparu en premier sur Contre Attaque.
Un État pyromane propose son expertise à la France, le cynisme des sionistes est sûrement à ce jour inégalé.
L’article Cynisme génocidaire : quand Israël brûle la Palestine et le Liban tout en proposant d’aider la France à lutter contre les incendies est apparu en premier sur Contre Attaque.
Une semaine de festivités à la ZAD, de chantiers co et de skibidi-bêtises ouverte à toutes du 26 Août au 3 Septembre.
Dans la France à Macron, toutes les ZAD sont tombées... Toutes ?! Non ! La Chab'ZAD résiste encore et toujours contre le projet de l'A412.
L'A412, c'est 16km d'autoroute inutiles relieraient Thonon-les-Bains à Machilly en Haute Savoie. L'intérêt, nul ; La répercussion environnementale, catastrophique.
Pour mener à bien ce magnifique projet, l'État peut compter sur Eiffage, généreux constructeur de prisons (décrites comme des camps de vacances par les journaleux.reuses)¹ qui commence déjà à installer les bases vie² pour l'autoroute tout au long du tracé. En Septembre c'est l'obtention de l'Autorisation Environnementale pour Eiffage et ça signifie le début des coupes, le détournement des cours d'eau et les expulsions.
Pour revenir à nos irréductibles zadistes, iels occupent depuis Septembre dernier 3ha du tracés de l'autoroute. À la Chab'ZAD, on construit des cabanes pour un monde meilleur³, on vit, on glande et on rit toustes ensemble sur le dos de l'État.
Dans le contexte à venir de potentielle expulsion et de début des travaux, on a besoin de soutien et de thunes.
C'EST POURQUOI NOUS VOUS INVITONS AU SKIBIDI CHAB'FEST 2 !? Une semaine de festivités, de chantiers co et de skibidi-bêtises ouverte à toutes du 26 Août au 3 Septembre.
Au programme, des concerts, du son, des spectacles, et beaucoup de barricades ! Il y aura un campement pour t'installer, une cantine vegan prix libre tous les jours et un parking dédié.
Plus d'info pratiques et sur le programme à venir sur chabzad.noblogs.org, sur Instagram (chab_zad) ou Telegram (t.me/chablazad).
[1] - Eiffage a remporté récemment deux nouveaux projets de prisons et va construire le siège social polonais de Frontex. Honnêtement c'est dur de compter le nombre de projets de merde à leur actif.
[2] - Lieu de vie des ouvrier.es pendant les travaux.
[3] - Un monde un peu moins nul plus probablement.
La lutte contre le doublement de la ligne ferroviaire continue de faire les choux-gras estivaux de la presse nationale. Après une manifestation historique le 25 juillet 2026 en marge de la 10e édition du festival « Alta Felicita » à Venaus et du 15e anniversaire de « La République libre de la Maddalena » qui s'est terminée par un joli saccage de divers chantiers dans la vallée de Suza, la répression s'est mis en branle afin de rassurer la compagnie TELT (Tunnel Euralpin Lyon Turin) que les 1 millions d'euros de dégâts ne resteraient pas impunis.
1 millions d'euros de dégâts et 4 camions de carabiniers en feu : une manif' contre le Lyon-Turin déterminée La marche annuelle contre le doublement du Lyon-Turin dans le Val de Suse ce week-end était particulièrement déterminée. En marge de la 10e édition du festival « Alta Felicita », 20 000 personnes se sont mobilisées contre la destruction en cours.
29 juilletEn parcourant les journaux ce 13 août, on apprend en réalité que les ministères de l'Intérieur et les services de renseignement s'activaient en coulisse des deux côtés des Alpes bien en amont de la manifestation annoncée. La coopération franco-italienne s'est mise en place à partir du moment où les flics italiens ont alerté les services français de la forte probabilité que de nombreuses personnes traversent la frontières dans le but de participer à la manifestation. On apprend même plus précisément dans le Monde qu'un Français que les renseignements italiens ont placé dans leurs petites fiches comme proche des Soulèvements de la terre a été signalé par les Italiens aux Français qui ont mis en place une enquête administrative et une filature sur cette personne et son entourage. Sur la simple mention d'aller-retours à la frontière.
Petit à petit, le filet de la surveillance s'élargit alors même qu'on ne comprend pas bien quel cadre légal permet cette surveillance, outre la suspicion d'un déplacement prochain vers l'Italie. Ainsi, un groupe d'une dizaine de personnes est activement surveillé par les services de renseignement de la Préfecture de Paris qui les prend en photo et les filme abondamment, notamment pour tenter de déclencher une interpellation préventive. Les flics prétendent avec leurs images que le groupe se serait entraîné à lancer "ce qui ressemble à des engins explosifs" dans les anciens tunnels ferroviaires de la petite couronnne. Assez pour que les services de renseignements de Paris soient effrayés par ces "entraînements" qui constituerait selon eux la preuve de la préparation d'une action violente contre la ligne Lyon-Turin.
Le 23 juillet, soit donc deux jours avant la manifestation au départ de Venaus, huit personnes sont interpellées préventivement sur simples éléments de notes de surveillance de l'enquête administrative. Des persquisitions sont réalisées chez chacun·es des interpelé·es, leurs matériel informatique ainsi que leurs moyens de communication saisis. Le 27 juillet, les huit interpelé·es sont mis en examen pour pour “association de malfaiteurs, détention et transport de produits incendiaires en bande organisée”. Le parquet de Paris leur reproche notamment la détention de mortiers d'artifices, mais également de téléphones dédiés à la mobilisation et au déplacement en Italie.
Hier, mercredi 12 août, ils et elles ont toustes été relâchés après un passage à la chambre d'instruction de Paris, malgré l'insistance du parquet de les placer en détention provisoire, relatée par les journalistes présent·es. Iels sont placé·es sous contrôle judiciaire en attendant leur procès.
Comme Notre Dame des Landes ou encore Bure, la lutte No TAV, de par sa pérennité et son intensité, a été et est encore un laboratoire de la répression policière comme juridique, par les Etats italien et français. Elle a fait l'objet de violentes opérations policières — pour n'en citer qu'une, l'évacuation de l'occupation en 2011, pour laquelle l'État italien déploie 2 500 policiers et soldats et lance 4 000 grenades lacrymogènes sur les manifestantEs, provoque des centaines de blessé·es et une cinquantaine d'arrestations. À la suite de ces nombreuses actions de sabotage, ce territoire est déclaré « zone militaire surveillée » par la police et l'armée.
Comme le coup de filet du 23 juillet dont Laurent Nunez se félicite dans les médias, la lutte NoTAV a fait l'objet de poursuites judiciaires massives : environ 1 000 militant·es ont été inculpé·es dans la vallée de Suza pour des actes de sabotage ou de protestation civile depuis les années 2000. Et les militant·s NoTAV font aussi régulièrement l'objet de perquisitions avec confiscation de matériel et interdictions d'accès au territoire déclaré zone militaire surveillée.
En dehors de la violence des flics, le mouvement contre le Lyon-Turin a été l'occasion de voir l'expérimentation en Italie de l'application du terrorisme contre inculpé·es accusé·es de sabotage des chantiers. Comme en France avec Tarnac, les inculpés du 8 décembre, l'affaire du Limousin ou encore celle d'usine Lafarge près de Marseille, l'Etat italien a utilisé la législation anti-terroriste pour alourdir les peines des militants et les contrôles judiciaires auxquels iels sont soumis·es. En 2013, a ainsi lieu le maxi-procès contre 53 militant·es accusé·es de terrorisme. Mille procédures judiciaires sont engagées. Un nouveau modèle de criminalisation des opposant·es politiques par le droit pénal est mis en place contre les « mauvais·es NoTAV » défini·es à travers la catégorie de l'« anarcho-insurrectionnaliste » et jugé·es non pas pour leurs actes mais pour leurs idées et leurs styles de vie. En 2014, la cours de Cassation de Rome annule finalement le jugement pour « terrorisme ».
En Italie comme en France, à l'image de cette belle coopération répressive, les outils de l'antiterrorisme (notes blanches, surveillance sans enquête pénale préalable, incapacitation par des GAV préventives et prolongées, perquisitions et saisies de matériel, mise en détention provisoire...) sont de plus en plus utilisés hors du cadre soit-disant exceptionnel de l'antiterrorisme. Aux yeux de l'Etat, peu importe que les dossiers tournent à vide et que les preuves soient fabriqués de bric et de broc, il s'agit de remplir le triple objectif d'assujetir les personnes contestataires à des mesures individualisantes, de produire une confusion sémantique et une peur dans le grand public entre terroristes et militant·es et de construire des affaires sur mesures pour des jurisprudences futures.
Il est plus qu'urgent de se mobiliser face à l'antiterrorisme et la criminalisation des luttes sociales et environnementales quelles qu'en soient les formes. L'accumulation d'outils dans l'arsenal répressif ne joue pas que sur le sol national mais fait l'objet de coopérations de plus en plus importantes entre les différents Etats européens, comme on pu le voir se déployer ces dernières années avec la véritable "chasse aux antifas" déployée par l'Union Européenne pour apporter justice aux nazis hongrois. Le montage policier franco-italien menant à l'interpellation de ces huit camarades n'est qu'une illustration supplémentaire, s'il en fallait, des moyens développés à l'international pour nous empêcher d'agir.
La nuit du 21 au 22 juillet, un véhicule utilitaire appartenant à la société Equans a été incendié à Grenoble, dans la rue de la Pasionaria
Pour cela, il suffisait d'une simple plaque chimique allume-feu à base de kérosène blanc pour allumer le feu. Elle est placée sur le pneu avant de n'importe quel véhicule à roues, et allumée avec un briquet qui n'a pas peur du vent, puis le pneu commence à prendre feu après quelques minutes. Ce type d'incendie peut être facilement éteint avec un petit extincteur tant que le moteur n'a pas été touché.
La plaque d'allume-feu doit rester dans son emballage plastique pour limiter les odeurs pendant le transport, puis elle est allumée dans son emballage car il brûle bien. Si l'emballage plastique porte des inscriptions, placez-les face vers le haut, ils brûleront mieux que face contre le bas. Ces plaques peuvent s'acheter dans tous les supermarchés, payez en espèces, portez au moins une casquette pour vous protéger des caméras.
Pour consulter les sites ci-dessous, nous recommandons d'utiliser Tor et Tails (https://tails.net)
Pour mieux éviter la répression : https://www.notrace.how
Pour mieux utiliser les outils numériques : https://www.anarsec.guide
Pour donner des idées : https://warriorup.noblogs.org
Les cibles sont partout, repérez votre itinéraire, évitez les caméras, changez de tenue, attaquez puis disparaissez dans la nuit
Ajout de la modération : Equans est une filiale du groupe Bouygues dont l'activité est centrée dans le domaine des énergies et des services.
Bouygues participe activement à la destruction de l'environnement en plus de régulièrement construire des prisons et des centres de rétention.
Bonjour tout le monde, L'Observatoire International des Prisons - Section belge (OIP Belgique) s'est donné comme but d'Observer, Alerter et Dénoncer sur les conditions carcérales en Belgique. Elle tente d'agir sur le système.
Les situations indiviuelles n'entrant pas dans nos missions nous vous conseillons de prendre contact avec la Commission de Surveillance dont ressort l'établissement qui détient votre proche, soit en contactant le Conseil Central de Surveillance Pénitentiaire.
Pour les centres fermés, nous vous proposons de prendre contact avec Getting The Voice Out. Nos partenaires sont le GENEPI Belgique, I.Care, la Ligue des Droits Humains et Prison Insider. L'O.I.P. milite pour la suppression de la privation de liberté en tant que peine. En l'attente de la réalisation de cet objectif, l'O.I.P., en dehors de toute considération partisane ou confessionnelle, milite pour aider les personnes détenues à ne pas subir d'autre peine que la simple privation de liberté. L'O.I.P. promeut la réflexion sur le sens de la punition et de sa traduction en peine face des comportements déterminés, prévus par la loi. L'O.I.P. encourage toute autre forme de réaction sociale non répressive et respectueuse de la dignité humaine et des droits fondamentaux. Pour s'inscrire à notre Newsletter, nous vous proposons 3 possiblités : 1. Visiter notre site web et cliquer sur Newsletter en haut et à droite de la fenêtre 2. Cliquer sur le lien lié à cet article ;
3. Scanner le QR Code ci-dessous Bonne journée Pour l'OIP Belgique Serge Glibert Hallo allemaal, Het Internationaal Observatorium voor Gevangenissen – Belgische afdeling (OIP België) heeft zich ten doel gesteld de omstandigheden in de Belgische gevangenissen te observeren, signaleren en aan de kaak te stellen. De organisatie probeert het systeem te beïnvloeden.
Aangezien individuele situaties niet onder onze taken vallen, raden wij u aan contact op te nemen met de Toezichtcommissie waaronder de instelling valt waar uw naaste vastzit, of met de Centrale Raad voor Gevangeniswezen.
Voor gesloten centra raden wij u aan contact op te nemen met Getting The Voice Out.
Onze partners zijn GENEPI België, I.Care, de Liga voor de Mensenrechten en Prison Insider. De O.I.P. zet zich in voor de afschaffing van vrijheidsbeneming als straf. In afwachting van de verwezenlijking van dit doel zet de O.I.P., los van elke partijpolitieke of confessionele overweging, zich in om gedetineerden te helpen zodat zij geen andere straf ondergaan dan de loutere vrijheidsbeneming. De O.I.P. stimuleert het nadenken over de betekenis van bestraffing en de vertaling daarvan in een straf voor bepaalde, bij wet vastgestelde gedragingen. De O.I.P. moedigt elke andere vorm van maatschappelijke reactie aan die niet repressief is en de menselijke waardigheid en de grondrechten respecteert. Om u in te schrijven voor onze nieuwsbrief, bieden wij u 3 mogelijkheden : 1. Bezoek onze website en klik rechtsboven in het venster op ‘Nieuwsbrief'
2. Klik op de link bij dit artikel ;
3. Scan de QR-code Een fijne dag gewenst Namens de OIP België Serge Glibert Met Deepl
SAVE THE DATE
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🔎Nous y organiserons des ateliers d'éducation permanente, des discussions, des conférences et des projections pour parler de la lutte anti-militariste, pour décrypter et contrer la rhétorique et la propagande militaire.
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📌Vous pouvez retrouver toutes les infos sur le site web du festival : https://www.festivaldelapaix.be/
🔗ou sur notre insta : https://www.instagram.com/festivaldelapaix.be/
Tous les événements organisés dans le cadre du festival sont gratuits ou à prix libre.
Sommaire EN FR NL
EN
https://luma.com/cdmk4or6
Join us on 22 August to read ‘The Purpose of Power' by Alicia Garza. What can we learn from a powerful social movement such as Black Lives Matter ? Let's delve together into this hopeful and essential guide to building transformative movements capable of facing the challenges of our time. It offers an insight into grassroots organising aimed at meeting the basic needs – affordable housing, protection at work, access to quality education – of those excluded from the economy by racism.
SlowRead is not your usual book club invitation. It's a no-prep, no-deadline zone of arpentage where we explore the book individually in parts (on the spot) and then bring everything together in conversation as a group.
⏰ Schedule :
• 10:00 – Arrive, grab a tea, and choose a chapter
• 10:20 – Read slowly, surrounded by fellow readers
• 11:20 – Share insights and join the discussion
📍Unity Bookshop Pop-up Chau. de Wavre 83, 1050 Ixelles, Bruxelles Instagram : @unitybookshop.brussels
🍿 Extras :
• Bring your book if you have it. If not, we can share a chapter on-site or send it before the event (having an e-reader or laptop helps but not obligatory).
• We meet at Unity Bookshop, in their beautiful garden, feel free to bring little snacks !
🐌 This event is organised by GrowthKills, campaign supported by Scientist Rebellion. We challenge the ideology of infinite growth on a finite planet.
Website : https://growthkills.org
Instagram : @growthkills
Email : slowread@growthkills.org
FR
https://luma.com/cdmk4or6
Rejoignez-nous le 22 août pour lire « The Purpose of Power » d'Alicia Garza. Que pouvons-nous apprendre d'un mouvement social puissant tel que Black Lives Matter ? Plongeons-nous ensemble dans ce guide porteur d'espoir et indispensable pour construire des mouvements transformateurs capables de relever les défis de notre époque. Il offre un aperçu de l'organisation citoyenne visant à répondre aux besoins fondamentaux – logement abordable, protection au travail, accès à une éducation de qualité – de ceux qui sont exclus de l'économie par le racisme.
SlowRead n'est pas une invitation à un club de lecture comme les autres. C'est un espace de découverte sans préparation ni échéance, où nous explorons le livre individuellement par parties (sur le moment), puis nous rassemblons toutes ces réflexions lors d'une discussion en groupe.
⏰ Programme :
• 10 h 00 – Arrivée, prenez un thé et choisissez un chapitre
• 10 h 20 – Lisez lentement, entouré d'autres lecteurs
• 11 h 20 – Partagez vos réflexions et participez à la discussion
📍 Unity Bookshop Pop-up, Ch. de Wavre 83, 1050 Ixelles, Bruxelles Instagram : @unitybookshop.brussels
🍿 Infos pratiques :
• Apportez votre livre si vous l'avez. Sinon, nous pouvons partager un chapitre sur place ou vous l'envoyer avant l'événement (disposer d'une liseuse ou d'un ordinateur portable est utile mais pas obligatoire).
• Rendez-vous à la librairie Unity Bookshop, dans son magnifique jardin. N'hésitez pas à apporter de petites collations !
🐌 Cet événement est organisé par GrowthKills, une campagne soutenue par Scientist Rebellion. Nous remettons en question l'idéologie de la croissance infinie sur une planète aux ressources limitées.
Site web : https://growthkills.org
Instagram : @growthkills
E-mail : slowread@growthkills.org
NL
https://luma.com/cdmk4or6
Doe op 22 augustus met ons mee om ‘The Purpose of Power' van Alicia Garza te lezen. Wat kunnen we leren van een krachtige sociale beweging als Black Lives Matter ? Laten we ons samen verdiepen in deze hoopvolle en essentiële gids voor het opzetten van transformatieve bewegingen die de uitdagingen van onze tijd het hoofd kunnen bieden. Het boek biedt inzicht in grassroots-organisatie die gericht is op het voorzien in de basisbehoeften – betaalbare huisvesting, bescherming op het werk, toegang tot kwalitatief hoogstaand onderwijs – van degenen die door racisme van de economie worden uitgesloten.
SlowRead is geen gewone uitnodiging voor een boekenclub. Het is een ruimte zonder voorbereiding en zonder deadlines, waar we het boek individueel in delen (ter plekke) verkennen en vervolgens alles in een groepsgesprek samenbrengen.
⏰ Programma :
• 10:00 – Aankomst, een kopje thee halen en een hoofdstuk kiezen
• 10:20 – Rustig lezen, omringd door medelezers
• 11:20 – Inzichten delen en meedoen aan de discussie
📍 Unity Bookshop Pop-up, Chau. de Wavre 83, 1050 Elsene, Brussel Instagram : @unitybookshop.brussels
🍿 Extra's :
• Neem je boek mee als je het hebt. Zo niet, dan kunnen we ter plekke een hoofdstuk delen of het voorafgaand aan het evenement opsturen (een e-reader of laptop is handig, maar niet verplicht).
• We komen samen bij Unity Bookshop, in hun prachtige tuin. Neem gerust wat hapjes mee !
🐌 Dit evenement wordt georganiseerd door GrowthKills, een campagne die wordt ondersteund door Scientist Rebellion. We stellen de ideologie van oneindige groei op een eindige planeet ter discussie.
Website : https://growthkills.org
Instagram : @growthkills
E-mail : slowread@growthkills.org
Le programme de ce numéro : l'arrivée massive de data-centers dans les Hauts-de-France pour doper le développement de l'IA, un gendarme tueur mais acquitté par la justice, les dernières nouvelles de la Police Aux Frontières et quelques faits divers en été. Aussi, la rentrée anarchiste 2026 s'(auto-)organise de nouveau cette année, pour y participer, rendez-vous le 1er septembre à 18h au CCL de Lille !
Lire plus
Venez découvrir notre arpentage sur « La violence des riches : Chronique d'une immense casse sociale » de Michel Pinçon et Monique Pinècon-Charlot.
Inscription : https://linktr.ee/agirpourlapaixactivites
Quand ? 09/09 13h30-16h30. Accueil dès 13h15.
Où ? Maison de la Paix, 35, rue Van Elewyck, 1050 Ixelles.
Nous souhaitons que nos activités restent accessibles à toustes, c'est pourquoi elles sont proposées gratuitement ou à prix libre. Si vous en avez la possibilité et l'envie, vous pouvez nous soutenir avec un don sur notre compte bancaire : BE04 5230 8079 6631 – BIC : TRIOBEBB.
Parce que nous ne sommes pas toustes égaux·ales face à la lecture, nous aimerions lever certains freins. Pour celleux qui le souhaitent, vous pouvez venir avec un·e ami·e à l'arpentage et vous entraider dans la lecture. De l'aide peut aussi être apportée par les animateur·ices présent·es.
Accessibilité :
Le bâtiment n'est pas accessible aux PMR.
Bus 59 – 71 – 38 – 60 : arrêt Flagey
Tram 81 : arrêt Dautzenberg ou Flagey
Trams 8 et 93 : arrêt Bailli
Le Congrès national du Kurdistan (KNK), l'organisation de la communauté kurde de Belgique NAV-BEL, l'Institut kurde de Bruxelles et d'autres institutions partenaires organisent la dixième édition de la Semaine culturelle du Kurdistan, qui se tiendra du 21 au 23 août 2026 au Spanjeplan / Place d'Espagne à Bruxelles.
La Semaine de la culture kurde favorise la compréhension mutuelle et les échanges culturels entre les différentes communautés de Belgique, tout en faisant découvrir la culture kurde à un public plus large. Au programme : des spectacles de musique, de danse et de théâtre, des défilés traditionnels, ainsi que des spécialités culinaires et des douceurs typiquement kurdes.
La culture kurde est riche en musique, en gastronomie et en art. Nous vous invitons chaleureusement à participer à la 10e édition de la Semaine de la culture kurde et à découvrir le patrimoine et les traditions du peuple kurde.
Le festival s'ouvrira le 21 août à 15 h par un défilé folklorique kurde festif, de la place de la Bourse à la place d'Espagne. Les jours suivants, la place d'Espagne accueillera des concerts, des spectacles de danse, des présentations culturelles et de délicieux mets du Kurdistan. Nous avons hâte de faire la fête avec vous.
L'entrée à cet événement est gratuite.
Suivez-nous sur X (Twitter) : https://x.com/KurdCultWeekBE
Scannez le code QR figurant sur l'affiche pour télécharger la brochure et en savoir plus.
Pour plus d'informations, veuillez envoyer un e-mail à : kurdishcultweek@proton.me
Face aux aboiements réactionnaires de tous bords (y compris à gauche) suite au franchissement massif de la frontière espagnole à Ceuta, on propose la lecture d'un entretien du collectif Alarmphone-Toulouse.
Minuit Décousu : Est-ce que vous pourriez vous présenter ?
Alarmphone : On est trois personnes qui faisont partie d'Alarmphone-Toulouse et qui habitons Toulouse ou alentours. C'est une équipe d'Alarmphone qui s'est montée localement en 2020.
Minuit Décousu : Est-ce qu'on peut revenir sur comment ça s'est monté Alarm Phone de manière générale et puis ensuite la cellule Toulousaine plus précisément.
Alarmphone : En fait Alarmphone ça arrive dans dans le contexte de montée des migrations et de la répression des migrations. Répression qui date quand même depuis longtemps, qui commence dans les années 1970 avec les visas, c'est ce qui va entraîner les passages de frontières de manière irrégulière, mais qui sont assez stables jusqu'en 2013. On compte un millier de passage de la Méditerranée en gros de ce qu'on peut compte jusque là, et à partir de 2014, ça va monter très fort du fait des contextes internationaux. Là on en compte 200 000 en 2014 et près d'un million en 2015. En 2013, il y a un gros naufrage qui fait 300 morts, et qui va entraîner l'opération Mare Nostrum. Cette opération, qui est largement menée par l'Italie à l'époque, va faire des opérations de sauvetage. Comme quoi c'est possible. Et il y a 150 000 personnes qui secourues dans cette opération assez massive, dont des personnes qui sont principalement orgiainaires de pays d'Afrique subsaharienne, mais aussi beaucoup de Syrie et de Libye qui sont en guerre civile à ce moment-là. Donc Alarmphone se monte en 2014, avec des activistes qui vivent au nord et au sud de la Méditerranée. Pour le dire rapidement, le principe c'est une ligne téléphonique d'urgence à destination des personnes se retrouvant en situation de détresse pendant une traversée de frontière, la mer Méditerranée notamment. Et ce numéro est joignable 24h/24 toute l'année. Ça c'est le principe de base.
Mais l'histoire elle commence doucement, à la fois avec peu de personnes. C'est vraiment peu de gens qui font ça au départ, mais et aussi pas beaucoup d'appels. le numéro n'est pas n'est pas très connu et progressivement il y a des équipes qui vont se monter en Allemagne, en Espagne, en Suisse, en France, en Angleterre, en Hollande, en Sardaigne et bien entendu au sud de la Méditerranée au Maroc, en Tunisie, au Sénégal. Il y a des contacts forts aussi au Mali au Niger et certainement j'en oublie parce qu'il y a des équipes qui vont se monter qui vont ensuite disparaître d'autres arriver etc c'est un réseau qui est assez important qui compte plus de 200 000 personnes. Les appels aussi vont se multiplier. L'année dernière [2023], on a reçu, on a accompagné 2400 situations. C'est beaucoup plus d'appels, mais en tout cas 2400 situations de problématiques liées à la répression aux frontières. Et ce matin, on en était à ouvrir le 1358e cas, comme on dit dans le jargon, quoi.
Je pense qu'il y a un truc qui est important dans dans la formation d'Alarm phone général, c'est que ce qu'on sait, ce qu'on fait, on le doit avant tout aux personnes en mouvement qui inventent des nouvelles routes, qui diffusent le savoir qu'elles ont collecté le long de celles-ci. Et depuis dix ans le réseau il apprend et grandit avec ça. Ça, c'est vraiment une une base importante à mon sens avant de développer. Et pour nous spécialement, je crois pas qu'il y ait pas grand chose à dire. C'est comme partout à plein d'endroits, des gens ont envie d'avoir une action directe contre le système des frontières, qui s'insèrent dans ce réseau, qui apprennent (c'est une formation qui est pas simple) et qui qui vont ensuite travailler à participer à cette ligne d'urgence. On a une amie qui disait qu'Alarm Phone c'était une sorte de legal team de la mer. Dans un contexte pourri où la répression fait rage, c'est s'accrocher à quelques droits pour tenter de s'en sortir au mieux. Et là, ici, c'est le droit de la mer, celui ancestral, un peu mythique, que les marins doivent porter secours aux autres marins. Bon, en vrai, c'est très relatif, surtout dans la réalité aujourd'hui du commerce maritime, etc. Et puis même, c'est des bateaux aujourd'hui où en fait tu vois rien, tu sais pas ce qu'il y a sur la mer, donc bon... Mais il y a ça, et puis il y a aussi une convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritime qui est signée en 1979 et qui va finalement entrer en vigueur en 1985… Bon ça c'est un peu des détails mais mais c'est important et c'est ce qui oblige à ce qu'il y ait des des moyens de sauvetage et de coordination du sauvetage en mer dans ce qu'on appelle des zones SAR, de “search and rescue”, de recherche et de sauvetage en français, et c'est un espace maritime qui est pas de tout celui des des eaux territoriales qui est les eaux internationales mais dans lesquels les États ont des responsabilités morales et matérielles et légales de sauver les personnes qui sont en détresse et de les ramener à un port sûr. C'est comme ça que c'est c'est c'est noté dans la loi. Le port sûr, ça va être un endroit où les personnes en danger ne le sont plus, tout simplement. Mais ce qu'il faut ce qu'il faut bien te garder en tête, c'est que le port sûr, c'est en fait une définition politique. Et qui résulte d'un rapport de force. Demain, il pourrait être établi que Misrata en Libye, c'est un port sûr, alors que la Libye, c'est un bagne horrible pour les personnes en mouvement. Donc, vraiment ce droit, c'est un champ de bataille perpétuel pour que les ports sûrs, ça soit des ports réellement sûrs et qu'ils soient notamment au nord de la Méditerranée.
MD : Sur votre site il est fait mention d'un réseau de collectif, d'associations auquel appartient Alarmphone. Est ce que vous pouvez en dire deux mots ?
Alarmphone : En fait, je pense qu'il y a un truc important qui fait le lien, en fait, avec qui est-ce qu'on s'organise. C'est que même si on agit surtout pour le sauvetage et le droit des personnes qui traversent, on est avant tout convaincu que ce qui est urgent, c'est de détruire le système des frontières et des visas, pour que les drames de la mer soient évités. Le problème, c'est les frontières, et nous on se bat pour la libre circulation. Donc on s'accorde avec des gens qui partagent ces idées-là. Ce qu'on appelle les projets “soeurs” d'Alarmphone. C'est comme Alarmphone Sahara qui travaille sur la traversée du Sahara, notamment à partir du Niger. C'est aussi la maison de Laâyoune, qui accueille des personnes en mouvement à Laâyoune dans le Sahara occidental. Et ensuite, on a d'autres contacts plus larges sur des acteurs du sauvetage en mer, ce qui s'appelle la “civil fleet”, la flotte civile, qui remplace les États dans leur travail de sauvetage. Donc c'est les Geo Barrents, c'est les Humanity One, c'est tous ces bateaux.
Il y a un autre élément sur lesquels on collabore beaucoup c'est les commémorations. Les commémorations, c'est des actions qui viennent de familles du sud, de familles de personnes qui ont disparu dans leur parcours de migration et qui veulent commémorer pour qu'aucun mort ne passe inaperçu. Une des dates assez importante, c'est notamment celle du 6 février. Par exemple, le 6 février dernier, c'est dans 54 villes de l'Afrique à l'Europe, de Tripoli au Liban à Brest en France, d'Amsterdam à Douala, qu'il y a eu des événements pour la tristesse et le souvenir et avec la rage de faire cesser le système des frontières. Et ça, c'est des éléments importants du travail d'Alarm Phone : regarder ce qui se passe aux frontières, le faire savoir, le faire sortir de l'oubli et le raconter le plus largement possible.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone. On y voit l'image d'une carte marine qui indique la position de 49 personnes en détresse au large de la Tunisie.
MD : Du coup si vous voulez on va passer au fonctionnement d'Alarmphone même on a déjà un peu commencé à amorcer un peu des éléments mais je pense que du coup ça permettra de compléter. Concrètement, comment on fait pour pour venir en aide aux personnes en exil ? Vous avez expliqué le principe de ligne téléphonique mais comment ça fonctionne si on prend le truc un peu dans l'ordre, on va dire, pour aider les personnes.
Alarmphone : En gros, nous, ce qu'on fait, c'est relayer les appels de détresse aux gardes côtes et faire pression. C'est ça le principe. On est pas un numéro de sauvetage, on n'a pas de bateau. Et quand on nous appelle, on est dans nos salons avec nos ordis. Donc, c'est un numéro d'alerte pour appuyer les opérations de secours. Par rapport à ce que les gens directement sur les bateaux peuvent faire, nous on va peut-être apporter des meilleures capacités matérielles et des connaissances pour pouvoir mettre la pression aux autorités nationales et aux gardes côtes pour qu'ils viennent en aide aux personnes en mer. Donc ce qu'on va faire pendant les permanences, c'est envoyer des emails aux autorités des zones SAR concernées en fonction d'où se situent les personnes sur les bateaux, on les appelle et ensuite on les rappelle et ensuite on les rappelle. Comme ça, ils sont au courant des bateaux en détresse, ils sont au courant de leur localisation et de la progression des bateaux. Et aussi, surtout, ils savent qu'on est au courant et qu'on visibilisera leur inaction s'il y a des naufrages. Donc, on pense qu'une grosse partie du travail, c'est d'assister les personnes en mouvement, bien qu'on se sente souvent impuissant-es. En fait, quand on a les personnes au téléphone, bien sûr c'est pour relayer toutes les informations nécessaires pour un sauvetage mais c'est aussi du travail émotionnel. Enfin, il y a ce truc d'apporter autant d'éléments que possibles pour qu'ils puissent en sortir au mieux, leur donner des conseils et aussi être des soutiens s'il y a beaucoup d'angoisse de la panique, s'il y a des personnes qui ressentent le besoin d'avoir quelqu'un au téléphone. On va rester en contact avec les personnes et on va faire le maximum pour être présent-es tant qu'il y a besoin.
Donc du coup, il y a ce travail de permanence. On est plein d'équipes locales dans plusieurs pays et on va se répartir les permanences pour qu'il y ait tous les jours, 24h/24, des camarades qui puissent répondre au téléphone. Pendant ces permanences, on va regarder la météo, on va suivre les parcours des personnes grâce à leurs positions GPS. On va archiver tout ce qui se passe pendant la permanence. On va répondre aux proches sur les réseaux sociaux. On va recharger les téléphones des personnes en mer quand ils ont plus de crédit. Et on peut aussi relayer les situations très dangereuses sur Twitter, par exemple. Comme ça, ça met davantage de pression aux garde-côtes. Et donc, en dehors du travail de permanence, il y a aussi tout le travail à côté. pour que cette permanence soit possible. En amont, il va y avoir le travail de prévention qui est mené au sud de la Méditerranée dans les communautés de départ par le biais par exemple de brochures qui vont expliquer les risques auxquels s'exposent les personnes qui veulent traverser et faire de la réduction des risques en distribuant le numéro d'Alarme Phone parmi d'autres choses et après on a aussi des groupes de travail, par exemple un groupe de travail technique pour résoudre les problèmes techniques du réseau. Il y a des groupes régionaux qui vont analyser les tendances dans telle ou telle région et mettre à jour les meilleures manières qu'on peut avoir d'aider les gens en fonction des parcours de migration.
Après, il va y avoir un groupe de suivi des bateaux et des personnes disparues, qui va essayer de chercher ce qui est arrivé aux bateaux dont on a perdu la trace et aussi être en contact avec les familles des personnes disparues. Et après, j'ai l'impression que ce qui nous paraît très important, c'est l'archivage. Parce que l'intérêt de tout ça, c'est aussi que soit rendus visibles les luttes des personnes migrantes, les actes de solidarité et la violence des régimes frontaliers européens. On fait des rapports sur toutes les traversées qu'on assiste, on publie des articles. Après, il y a un podcast qui s'appelle Chroniques A Mer, qui est fait par des personnes d'Alamphone. Et après, pour finir, c'est essayer de faire fonctionner un réseau transnational avec les outils de l'auto-gestion. On a nos fonctionnements par ville, donc des tas de réunions en fonction des groupes de travail, et après des meetings deux fois par an qu'on fait au nord et au sud de la Méditerranée pour se rencontrer, se former ensemble, améliorer nos fonctionnements, prendre des décisions et prendre soin du réseau.
MD : La question que j'avais par rapport à à tout ça, c'est la question de la langue. Comment est-ce que les gens qui vous appellent font pour se faire comprendre et en échange, comment vous vous pouvez vous faire comprendre des personnes qui vous appellent. Est-ce qu'il y a des interprètes, omment ça fonctionne au niveau linguistique ?
Alarmphone : La plupart des personnes d'Alarmphone savent à peu près comprendre et se faire comprendre en anglais, donc on peut dire que c'est la langue qu'on utilise le plus, y compris avec les personnes sur le bateau. Aussi avec le français. Il y a souvent minimum une personne qui pourra prendre le téléphone et parler en anglais ou en français et si c'est pas le cas, surtout pour le français, on va avoir des sortes d'astreintes où par exemple, moi, je vais me rendre disponible au cas où personne n'arrive à communiquer en français avec des gens sur un bateau. Après, pour les gardes côtes, par exemple, ça peut être bien de pouvoir parler espagnol avec les autorités, les gardes côtes espagnols, de savoir parler grec pour parler avec les autorités grecques, et que ça peut être une bonne une excuse pour les gardes côtes de de nous envoyer chier parce que on parle pas assez bien leur langue donc ils vont dire qu'ils nous rappellent, qu'ils nous comprennent pas et ils vont raccrocher. Après, les équipes de permanence au nord de la Méditerranée sont en bonne partie majoritairement blanches et non arabophones donc ça peut être compliqué aussi quand personne ne parle arabe. Des fois on peut ne pas trouver de langues en commun avec les gens sur les bateaux Et quand ça arrive, on va demander au réseau si un ou une arabophone est disponible pour être en contact avec tel ou tel bateau. Et il y a presque tout le temps quelqu'un qui va être là pour pour s'en pour s'en charger.
MD : Vous disiez que c'est la Méditerranée que vous surveillez plus spécifiquement, mais est-ce que vous surveillez aussi d'autres zones maritimes ? Et plus largement aujourd'hui, quelles sont les zones les plus complexes à traverser quand on est en parcours d'exil autour de l'Europe ?
Alarmphone : On surveille pas en fait de zones en particulier. C'est plus qu'au fur et à mesure de la militarisation des frontières européennes, les personnes en mouvement vont tester des nouvelles routes qui sont de plus en plus dangereuses et mortelles. Et nous, on est simplement témoin de ça. Par exemple, dans la Manche, parce qu'on a aussi des appels de la Manche, il n'y a jamais eu autant de personnes mortes que cette année [2024]. Là, à l'heure où on parle, il y a 37 personnes au moins qui sont décédées dans la Manche. Et la raison pour laquelle c'est le cas, c'est parce que les plages sont plus en plus militarisées et que les départs se font de plus en plus dans la précipitation, le stress, l'obscurité. On n'a pas le temps de bien gonfler les bateaux et les embarcations. Ils sont aussi de plus en plus éloignés des endroits historiques de départ comme Calais ou Grande Synthe. Et après, en Méditerranée, les zones de de départ, ça va être la Méditerranée centrale, beaucoup de départs de la Libye, de la Tunisie, de l'Égypte qui vont aller vers Lampedusa, vers la Sardaigne, la Sicile. La zone SAR libyenne, elle est très large. Donc sur toute cette zone-là, qui est énorme, il y a un gros danger de pushback et d'interception de la part des soi-disant garde-côtes libyens. La zone est extrêmement surveillée par les drones de Frontex et les soi-disant garde-côtes libyens, ils s'en foutent que les gens risquent de se noyer. Et par ailleurs, les interceptions dans cette zone-là ont pour conséquence l'emprisonnement en Libye dans des conditions inhumaines. Donc beaucoup de gens veulent continuer la route coûte que coûte, ce qui est extrêmement dangereux. Et ça fait que, toujours pareil, les bateaux partent de plus en plus loin. Maintenant, depuis cette année, il y a énormément de bateaux qui partent de l'Est de la Libye. Enfin, c'était déjà le cas, mais c'est de plus en plus courant, et ça représente une distance beaucoup plus grande pour arriver en Europe. Et c'est à cause de ça qu'en fait il y a des massacres en qui se passent en Méditerranée. Donc on peut reparler en juin dernier du massacre de Pilos où il y a six cents personnes qui ont qui ont été tuées en mer en empruntant cette route là. Et là, si on compte juste les six premiers mois de 2024, il y a 800 personnes répertoriées qui sont décédées en Méditerranée centrale. Il y a l'ordre qui est souvent donné de ramener les personnes en Tunisie, en Libye, en Égypte. Malgré les violations en droits humains documentées par les personnes en mouvement dans ces pays. Ça, c'est pour la Méditerranée centrale.
Après, pour l'Espagne, les personnes partent d'Algérie, du Maroc, de Sahara occidental, de plus en plus fréquemment par l'Atlantique vers les îles Canaries, qui est une route moins surveillée, mais qui est aussi beaucoup plus longue et beaucoup plus dangereuse. Et pour l'est de la Méditerranée, les personnes vont partir de Turquie, de Syrie et du Liban. Il y a des traversées de l'Evros [ou Maritsa], le fleuve qui sépare la Turquie de la Grèce, avec énormément de pushbacks par la police aux frontières grecques. Les personnes peuvent attendre des jours ou des semaines sur des petites villes au milieu de l'Evros, parce qu'ils ont été pushbackés. Ou parce qu'ils ont peur de se faire tabasser par la police grecque. Et pour les traverser en bateau de la Turquie vers les îles grecques, il y a aussi beaucoup de pushbacks qui sont répertoriés, ainsi que beaucoup de violences des gardes-côtes grecs, qui a été répertoriée par énormément de personnes, telle que la violence physique : les gardes-côtes qui vont attendre que les gens arrivent sur les îles pour les taper, enlever le moteur et les laisser ensuite repartir à la dérive.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone datée du 3 août 2026. On y lit « 3 personnes à risque de pushback dans la zone de l'Evros. Une mère, son frère mineur et son enfant ont traversé pour arriver en Grèce cette nuit. Iels ont été trouvés par la police. Depuis, nous n'avons plus de nouvelles d'eux ou de la police. Iels ont besoin de protection internationale ! Non aux pushbacks ! »
Alarmphone : Juste pour un rajout, il y avait un peu la partie plus spécifique sur ce qu'il se passe quand on a les gens au téléphone ? Qu'est-ce qu'on check comme information ?
Alarmphone : Ben oui, je peux en parler un peu. Donc, il y a le numéro de téléphone d'Alarmphone qui est distribué par les camarades du Sud. qui joue un rôle déterminant pour faire circuler le numéro dans les communautés de départ, ce qu'on a dit. Et après, nous, on va répondre à chaque appel téléphonique. On a plusieurs téléphones au cas où il y a plusieurs appels en même temps. Et après, une fois qu'on est en contact avec un bateau, on va se recontacter assez régulièrement avec les personnes sur le bateau pour savoir ce qui se passe, comment les gens vont, et on va demander les informations dont on a besoin. que ce soit le type de bateau, sa taille, le nombre de personnes à bord, la nationalité des gens, la présence de gilets de sauvetage, si elles ont de l'eau, de la nourriture, s'il y a des personnes malades... Et le truc le plus important, c'est le plus régulièrement possible de connaître leur position GPS. Après, s'il y a un sauvetage aussi, on va essayer de rester en contact vraiment jusqu'au bout. Parce que les moments de sauvetage, ça peut être des moments aussi très dangereux où il y a beaucoup de mouvement. À part par le téléphone, on peut aussi être contacté-es par d'autres biais, par exemple par des proches sur Facebook ou sur Twitter. Donc là, c'est plutôt eux qui vont nous donner les informations. Ça peut aussi arriver qu'Utopia 56 nous demande si on peut s'occuper de cas de bateaux dans la Manche parce qu'ils ont trop de travail. Et il y a aussi des endroits où il va y avoir de la connexion réseau, donc par exemple sur l'Evros ou sur les îles grecques. Donc on va pouvoir parler avec les gens sur WhatsApp dans ces moments-là, ce qui peut résoudre pas mal de problèmes de communication liés à la langue parce qu'on va utiliser des traducteurs automatiques.
MD : Du coup je voulais rebondir là-dessus. En mer, en Méditerranée comme dans la Manche, il y a pas de zone où il y a pas du tout de réseau, par exemple, pour appeler. Est-ce que enfin ça se pose comme problème les zones blanches en Méditerranée ?
Alarmphone : Oui il y a en mais en fait on utilise des des téléphones satellites.
MD : Ah d'accord oui.
Alarmphone : Peut-être pour faire un petit complément là-dessus. En fait les gens qui partent de Libye partent quasiment toujours avec un téléphone satellite parce qu'effectivement rapidement la couverture téléphonique qui est permise par des antennes terrestres s'arrête. Et c'est une des difficultés qu'il y a dans d'autres régions, par exemple en Tunisie les téléphones satellites sont considérés comme du matériel militaire et interdits ce qui fait que les gens partent sans téléphone satellite et très vite n'ont plus de réseau téléphonique et donc ça augmente vachement le danger et le risque de mourir en mer puisque les personnes ne sont pas en capacité de contacter des secours quand elles se retrouvent en détresse. C'est aussi un des enjeux sur la route vers les Canaries, la route atlantique, où en fonction des pays de départ c'est plus ou moins possible pour les personnes d'avoir accès à des téléphones satellites. Donc il y a des départs qui se font avec et des départs qui se font sans.
MD : Si vous voulez, on peut passer au fait d'expliquer comment sont gérées les frontières européennes, expliquer un peu ce que c'est que Frontex, comme ça fonctionne etc. Et on verra ensuite si ça fait émerger d'autres trucs.
Alarmphone : Eh ben c'est pas une si petite question [rire]. Frontex, c'est une agence de l'Union européenne qui est basée à Varsovie. C'est la plus grosse agence de l'Union européenne en termes de budget et de nombre d'agents. Pour donner une idée de chiffres, son budget c'est environ 900 millions d'euros par an et le nombre d'agents actuellement, j'ai pas réussi à trouver d'info très claires, mais l'objectif c'est d'atteindre 10 000 agents d'ici 2027. Avec 3 000 agents fixes et 7 000 détachés dans différents pays. Le rôle de Frontex c'est de protéger les frontières européennes de l'immigration illégale. C'est assez explicite. Et ça, ça se fait principalement en contrôlant les frontières externes de l'Europe, donc en dehors de l'Europe. Ce que fait Frontex, c'est plusieurs choses. C'est une agence qui produit de l'analyse, cette analyse, elle sert à définir un niveau de risque et donc des stratégies de militarisation adaptées à ce niveau de risque tel qu'il a été évalué. Donc la militarisation, elle passe par la surveillance, le contrôle et les violences aux frontières. Frontex fait partie aussi de la coordination des expulsions de migrants et migrantes sans papiers vers leur pays d'origine, donc les charters quoi. Des gens qui sont en France, qui ont une OQTF et qui reçoivent une convocation pour un avion, par exemple. Et donc Frontex coordonne ces expulsions-là, les facilite notamment en finançant les vols. Et nous, la partie à laquelle on est la plus confrontée de l'action de Frontex, c'est l'intervention dans les États membres de l'Union européenne et dans des États en dehors de l'Union européenne par la mise à disposition de moyens humains, donc des gardes frontières, par la formation de ces gardes frontières et par la mise à disposition de matériel. Le matos, c'est des avions, des bateaux. les drones et les armes à feu. Il faut savoir que les gardes frontières de Frontex sont autorisés à porter des armes à feu. Et cette intervention, on remarque qu'elle est vraiment en expansion au-delà de l'Union européenne. Et du coup, il y a des agents et des gardes de côte formés par Frontex en Libye. mais aussi de plus en plus loin par exemple au Sénégal, en Mauritanie, au Nigeria.
L'action de Frontex, elle démarre bien avant les départs en mer, avec cette politique d'externalisation des frontières qui augmente d'année en année, avec des accords toujours plus nombreux entre des pays de l'Union européenne et des pays considérés comme de transit. Et donc ça passe par des contrôles accrus des routes migratoires terrestres et aussi des zones côtières d'où partent les bateaux. Une fois en mer, par exemple si on parle de la Méditerranée centrale, donc les départs de Libye comme on disait tout à l'heure, en fait Frontex ils ont vachement de matos de surveillance donc des drones et des avions qui leur permettent de repérer toute embarcation de “migrants illégaux” entre guillemets et à ce moment-là de les signaler aux autorités compétentes et parfois d'envoyer des signaux de détresse qui vont être relayés aux embarcations proches conformément au droit maritime international de porter assistance aux personnes en détresse en mer. Comme on l'expliquait tout à l'heure, Frontex signale les embarcations aux pays responsables du secours dans les zones en question. Or, depuis 2018, la Libye possède une zone SAR, donc une zone de responsabilité de recherche et de secours en mer qui est très grande, qui auparavant n'existait pas. Et donc à ce moment-là, en fait, les embarcations repérées par Frontex sont assez systématiquement interceptées par les soi-disant garde-côtes libyens, et les personnes sont donc abordées dans des conditions catastrophiques qui conduisent souvent à des morts. et ensuite sont ramenés et incarcérés en Libye.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone datée du 1 août 2026. On y lit « 37 personnes en détresse en Méditerranée centrale ! Cela fait 7h que nous parlons avec le groupe. Les soi-disant gardes-côtes libyens prétendent qu'ils ont cherché l'embarcation sans la trouver. Nous sommes très inquets et demandons à ce que les opérations de recherches continuent ! »
C'est toute cette histoire de ports sûrs don't on parlait tout à l'heure en fait. Depuis 2024, le droit maritime oblige les bateaux qui recueillent des migrants en détresse à les débarquer dans un lieu sûr tel qu'il est défini par l'organisation maritime internationale c'est-à-dire quelque part où la vie des personnes n'est plus menacée. Or par rapport à ça, on remarque que Frontex n'a pas de souci à considérer que la Libye est un lieu sûr. Si on prend l'exemple d'une autre zone, dans la mer Égée, les routes de la Turquie vers la Grèce, comme le disait la camarade tout à l'heure, nous recevons beaucoup d'appels de personnes qui sont parties de la Turquie, qui sont refoulées par les gardes-côtes grecs. Parfois, les gardes-côtes ne sont pas identifiables, les personnes sont cagoulées, les bateaux n'ont pas vraiment d'insigne. Ils coulent les embarcations, noient les moteurs ou repoussent les embarcations dans les eaux turques et les abandonnent à la dérive. Parfois, et c'est arrivé fréquemment dernièrement, ils mettent les personnes sur des espèces de petits radeaux gonflables et ils les laisse à la dérive dans les eaux turque. Tout ça, c'est des pratiques de refoulement qui sont illégales selon les différents points du droit et qui du coup font partie des critiques un peu fortes qui sont faites sur Frontex. Ces pratiques sont aussi difficiles à documenter, et c'est un peu le taf qu'on essaie de faire.
MD : Est-ce que du coup les appareils répressifs des différents Etats viennent en appui à Frontex ? Je pense notamment à la police aux frontières en France ou à leurs équivalents européens. Et est-ce qu'il y a des partenariats qui existent entre les agences de répression européennes sur les questions migratoires ?
Alarmphone : J'ai l'impression que c'est l'inverse qui se passe : que c'est les appareils répressifs des États qui sont renforcés par Frontex. Les Libyens qui ont du coup des yeux dans le ciel avec des drones de Frontex, et ça peut être aussi à d'autres endroits, c'est-à-dire qu'ils viennent renforcer les frontières et les appareils répressifs existants, et que la violence aux frontières ça va être un mélange d'initiatives privées. Il y a beaucoup de milices en Grèce, mais on peut aussi considérer que les soi-disant gardes-côtes, on dit soi-disant gardes-côtes libyens, parce que ils ont aucune mission de sauvetage ni même de préparation au sauvetage. c'est des flics en fait, et dans un pays où c'est quand même un peu le bordel, c'est vraiment à la limite de la milice. Et aussi des d'actions étatiques menées par des agences internationales, donc Frontex. et des corps répressifs classiques, l'armée, la police, mais aussi les gardes-côtes, comme on voit en Grèce. C'est vraiment le cas paradigmatique où c'est la pratique de refoulement illégal, c'est le fait de la police, de l'armée, des gardes-côtes, ou même parfois d'obscurs milices mal identifiées, où on ne sait pas si effectivement c'est les corps répressifs sans insignes et en cagoule, ou si c'est des citoyens organisés. On peine à savoir, mais on sait que c'est de la violence étatique déléguée quoi. Et Frontex joue un rôle d'informateur et intervient finalement peu dans ces violences directes. Il les cautionne, les organise et les supporte, mais finalement les organise n'y participe pas forcément en première ligne.
MD : Effectivement, j'avais pas vu les choses dans ce sens là mais ça paraît logique. La dernière question que j'avais sur cette partie là ce serait si vous pouviez revenir sur les évolutions que vous constatez à grande échelle sur la migration et la répression ces 10 dernières années. Parce que quand on pense à la question migratoire j'ai l'impression que tout le monde en parle un peu au passé, notamment avec cette fourchette 2013-2016 avec un moment politique et médiatique fort, alors que le phénomène s'est pas du tout arrêté. Comment ça a évolué cette dernière décennie ?
Alarmphone : Effectivement, peut-être contrairement à ce qu'on peut percevoir au niveau médiatique, le nombre de personnes en mouvement il ne diminue pas, et la répression à l'égard des personnes en mouvement elle ne diminue pas non plus. Pour le dire un peu simplement, c'est que les raisons de la migration ne diminuent pas. C'est-à-dire que les enjeux de crises économiques et politiques, de guerres civiles, de réchauffement climatique, etc., ne vont pas en s'améliorant. Donc il n'y a pas vraiment de raison que les gens n'aient plus besoin de se déplacer et du coup que la répression ne diminue pas du tout non plus.
Il y a toutes les pratiques de violation des droits humains dont on a parlé juste avant et également des phénomènes de criminalisation des personnes en mouvement qui est permise notamment par la surveillance exercée par Frontex. Quand on parle de criminalisation on parle des personnes migrantes qui sont criminalisées, inculpées quand elles arrivent en Europe pour différents motifs. Globalement, elles sont inculpées pour facilitation de l'entrée irrégulière sur le territoire. Ça, c'est la manière un peu, on va dire, juridique de dire passeur, en fait. Ou parfois des inculpations pour terrorisme dans certains cas. Pour donner un exemple, si on revient sur le naufrage de Pilos en juin 2023 au large de la Grèce, c'était un bateau qui transportait environ 700 personnes, parti de Libye qui a coulé durant une intervention bien trop tardive et extrêmement catastrophique des gardes-côtes grecs qui ont tenté de traquer le bateau et l'ont fait basculer. Dans ce naufrage, il y a 104 personnes qui ont survécu et 9 personnes survivantes ont été inculpées comme passeurs. Le procès, il a eu lieu en mai dernier, en 2024, et les neuf ont été acquittés. Alors ce procès, il a été très médiatique, ce qui peut-être a permis une relaxe. On ne peut pas trop le savoir. Par ailleurs, et de manière beaucoup plus invisible, en fait, il y a des milliers de personnes qui sont incarcérées à leur arrivée en Europe, accusées d'aide au passage ou d'être responsables de naufrage. Et cette accusation, en fait, elle se fonde sur le fait que les personnes conduisaient les bateaux ou étaient impliquées dans le fait de conduire le bateau, donc avoir une boussole, tenir la barre... Et une fois incarcérées, c'est beaucoup plus difficile pour ces personnes-là d'avoir accès à une demande d'asile, ce qui est leur droit. C'est également des situations qui augmentent le danger en mer puisque les personnes sont au courant de ces enjeux de criminalisation et ça peut faire que parfois, du coup, un bateau qui est survolé par un drone de Frontex, tout d'un coup, les gens vont essayer de s'éloigner le plus possible du moteur du bateau. Ça peut entraîner des mouvements de foule, des déséquilibrages du bateau qui conduisent à des naufrages. Pour faire face à cette criminalisation, il y a une plateforme qui s'est créée qui s'appelle Captain Support qui possède un site internet qui soutient les personnes inculpées pour essayer de leur permettre d'avoir accès à leurs droits et les mettre en lien avec des avocats/avocates etc.
Sur une espèce d'évolution globale, quand on regarde un petit peu la comm' officielle de Frontex, ils se targuent de sauver des vies en Méditerranée, on imagine sous-entendu en empêchant les départs en mer. En réalité, ce qu'on constate, c'est que les personnes, comme on l'a expliqué tout à l'heure, elles continuent d'essayer de rejoindre l'Europe, et pour ça, vont faire des choix de route de plus en plus dangereux, parce que dans des conditions de merde, des routes plus longues et tout ça. Du coup, sans répéter tout ce qu'on a déjà dit, c'est des chiffres qui sont difficiles à avoir et c'est difficile de faire de l'analyse globale chiffrée. Par exemple, je reparle du naufrage de Pilos, mais dans les médias, quand on fait quelques recherches, on se rend compte que ce naufrage, il est qualifié du plus meurtrier depuis 2016 parce que 80 personnes sont mortes. En fait, il y avait 700 personnes sur ce bateau, il y a 104 survivants et il y a 80 morts. Donc il y a un petit problème mathématique. On se rend assez vite compte, c'est qu'en fait, souvent Les chiffres qu'on donne sur le nombre de morts, c'est les corps qui sont retrouvés. Et en fait, à toutes ces personnes mortes dont on a pu retrouver et identifier le corps, il faut rajouter le nombre immense de personnes qui sont disparues. Donc il faut avoir une forme de prudence avec ces chiffres qui souvent rendent très invisibles énormément de personnes mortes et disparues sur les routes migratoires, qui invisibilisent aussi tout ce que ça représente pour les proches, pour les familles qui parfois pendant des années cherchent des nouvelles, se battent et luttent pour rapatrier des corps, pour offrir des sépultures dignes, etc. Du coup, on avait envie aussi de rappeler un peu ces histoires-là pour qu'elles tombent pas dans l'oubli. Je dévie un peu de la question de base, mais ça me semblait important à rajouter.
MD : Tu fais bien, tu fais bien. J'arrive au bout de mes questions. Je sais pas si vous avez des choses que vous voulez rajouter, ou si vous vouliez compléter des trucs que vous avez déjà dit.
Alarmphone : Peut-être un truc qu'on voulait rajouter sur la fin. C'est que si on essaie de faire des bilans ou de conclure des choses sur ce qu'on observe en dix ans d'existence d'Alarmphone, c'est que les gens se déplaceront toujours, en fait. Et ça, c'est le fruit de nouvelles routes inventées, de coopération, de plein d'actes de solidarité et de lutte qui rendent en fait très, enfin, relativement, inopérant le système répressif de frontières. Et en tout cas, nous, en tant que réseau Alarmphone, c'est aussi ça qui nous donne de la force pour continuer à lutter.
Alarmphone : Peut-être juste aussi une précision sur quand on parle de frontière. À chaque fois on parle vraiment d'un objet politique et militaire et et pas du tout quelque chose de physique ou de géographique et que c'est vraiment une série d'obstacles qui sont dressés sur la route des personnes en mouvement et qui sont vraiment purement fictifs. C'est pas les frontières elles-mêmes qui tuent comme des objets, comme des lignes tracées, mais vraiment le système, l'organisation des entraves au mouvement et de l'abandon, parce qu'il y a vraiment une organisation de l'abandon des personnes en danger, mis en danger par ces entraves. Donc voilà, on parle de frontières, mais c'est ni la montagne ni la mer qui sont dangereuses. Même si évidemment on peut en parler, mais en vrai, c'est simplement que les gens peuvent pas prendre l'avion. Parce qu'en vrai il y a beaucoup plus de gens qui vont faire du tourisme au Maroc tous les ans. Et a priori, ils font des aller-retours et ça se passe très bien.
L'émission #191 No Borders de Minuit Décousu :
C'est une gifle qui vient de heurter le gouvernement Macron et l'une de ses mesures phares : la fin de l'anonymat en ligne ne passera pas.
L’article Fin de l’anonymat en ligne : le gouvernement prend un camouflet, mais repart à l’attaque est apparu en premier sur Contre Attaque.
Au lecteur,
Notre amie et associée Andréa apprend en 1985 qu'elle a le cancer. Après opération, rayons et chimiothérapie, elle n'a plus espoir de guérir. En octobre 1990, on lui propose un traitement expérimental ; elle met alors à exécution une décision qu'elle avait prise depuis longtemps, celle de rompre radicalement avec le milieu hospitalier et médical, cela pour garder l'initiative de sa fin. Elle écrit deux lettres, l'une aux infirmières, l'autre à son amie Bella. Son choix est fait. Elle rejoint ses amis pour y chercher une complicité par rapport à son combat, non par rapport à sa maladie. Elle va faire tout un flan d'une histoire banale.
OS CANGACEIROS
Je dédie ce livre à Fatima
« On doit toujours choisir le chemin-qui-a-du-cœur de manière à toujours être au mieux de soi-même, peut-être pour pouvoir toujours rire.
« Un homme de connaissance vit en agissant et non en pensant à agir, et encore moins en pensant à ce qu'il pensera lorsqu'il aura fini d'agir. Un homme de connaissance choisit un chemin-qui-a-du-cœur, et le suit. »
L'INDIEN YAQUI
Novembre 1990
Le cynisme de ces deux feuilles à signer [1], sur un topo de trente pages que l'on ne m'aura même pas fait lire, dans le style sibyllin : » j'ai la liberté de retirer mon consentement à tout moment, sans encourir aucune responsabilité, etc. », ben non. Manquerait plus que ça ! Qui est-ce qui paie ces expériences avec le bidouillage de mes globules ? entre autres ? Sanofi [2] ne paie rien, mais encaisse avec la bénédiction du Comité d'éthique !et le sentiment d'impuissance complice d'équipes médicales.
L'impuissance a tellement envahi les esprits que le cynisme de ces labos, plus personne ne le remarque. Sauf les malades qui souvent le savent intimement mais préfèrent encore ça – c'est-à-dire qu'on leur donne l'impression de pouvoir faire quelque chose pour eux – encore une fois.
C'est une illusion dont je n'ai pas besoin.
Et vous, les infirmières, marchez là-dedans : donner de l'espoir à tout prix et à n'importe quel prix. Peuchère ! on ne pourrait vous en blâmer ; mais de la sorte, vous êtes complices d'un corps médical aussi raide que la justice ! et d'un jaloux ! et vous voulez combler l'inhumanité de la médecine par un dévouement sans limite ; mais vous n'épongerez jamais l'écart de plus en plus criant entres les malades et la manière avec laquelle ils sont considérés (par la chimie, les labos et chercheurs à l'affût de subventions, les hôpitaux et cliniques, le lobby nucléaire, etc.).
Il eût été profondément humain, si, durant votre grève, vous aviez révélé avec quel scandale est considérée la vie humaine. Vous en savez un rayon là-dessus. Et là, tout le monde était avec vous ! Car l'argent gouverne, mais vous, vous aviez des motivations autres, qualitativement, à faire connaître.
Prenez ce petit mot comme une marque de reconnaissance de quelqu'un qui préfère un moi de liberté plutôt qu'une année de chimio, avec bien sûr toutes les conséquences qui pourront s'ensuivre.
Et sachez que ce n'est sous aucune influence perverse que ma décision fut prise, in extremis. L'espoir, comme le désespoir, sont les laisses de la soumission. Ce n'est pas en désespérée que j'agis, pas davantage par défi. Juste par raison et sagesse. Je vais respirer l'air pur.
Je salue toute l'équipe et le secrétariat.
N'Dréa
Le 30 Novembre 1990
« Où irais-je avec tant de morceaux de moi-même ? »
Moha le fou, Moha le sage, TAHAR BEN JELLOUN.
Bella,
Finalement, j'ai envoyé toute chimio, présente et à venir, aller se faire foutre ensemble. Basta ! Ils feront leurs petits bidouillages expérimentaux sans moi. Et puis merde ! A chaque handicap, l'humiliation mute qualitativement, comme un poids moral que je devrais accepter en supplément. Il ne me reste plus que la liberté d'esprit, et celle-là est à prononcer avec l'accent de Marseille. Cette maladie m'est imposée, soit ! Mais j'aurai le dernier mot. Cette simple idée donne une sacrée satisfaction mentale ; tout en sachant par avance le prix d'un choix qui n'en est pas franchement un. Merde à la grosse putasse d'idée Economie ! (hey ! j'vous rallonge pour un an, vous pourriez me r'mercier…) pas question de vivre à mi-temps.
Les plus sadiques pourront toujours penser que je fais ma fière mais que je n'en ai pas les moyens, que, quand on est dans mon état, on ferait mieux de la boucler. » Incapable de courir, peut tout juste transporter un kil de vin, fuit tous les lieux « publics »où traîne une fumée de cigarette »,etc. Ces gens-là je ne les ai jamais fréquentés, mais j'en croise de ces monstres mettant en avant « leurs » bons droits. Je les maudis avec ma rage impuissante et, faible consolation, je me dis qu'à ma place ils se chieraient dessus. C'est peu.
Je fais une croix sur ce Paris où l'air n'est plus à respirer. Même la fonction de respirer n'a pas été reconnue nécessaire, car cela fait longtemps que les cerveaux ne se sont pas oxygénés. Une petite bouffée quand même venue récemment de la banlieue… juste percée dans l'asphyxie générale. Je n'y étais qu'en transit, dans cette ville et la répétition de mes passages (comme n'importe quelle répétition) effleurait de trop près le labeur. D'autant que ma toux s'étant aggravée, notamment la nuit, le tabou d'un « bon état général » s'en trouvait trahi ; je serais bien en peine de le feindre désormais même pour l'amour d'une petite tête blonde. J'ai appris à dompter mes émotions, du moins à les réfléchir ; ce serait faire trop de concessions que de prendre sur moi, en plus de ma bagarre, l'angoisse que je n'ai pas mais que j'occasionne sur les plus faibles de mon entourage, parce qu'ils m'aiment. Tout concordait donc pour que je prenne une décision. Le saut fait, j'étais ravie ; ce temps où je me repose, je vais l'utiliser à écrire. Dire merde.
Pour commencer, j'ai envoyé un petit mot aux infirmières, écrit d'un jet. Je leur évite, en refusant d'être cobaye, une double traîtrise : me mentir pour me faire espérer, et taire le but de l'expérimentation (qui se fait à mes dépens, au profit d'un labo). A ces lobbies, combien de déchets sont-ils permis après l'échec des deux protocoles antérieurs ? je tenais simplement à ce qu'elles sachent le petit service que je leur ai rendu : elles ne s'en seraient peut-être pas rendues compte ! L'impuissance des uns justifiant l'impuissance des autres, justifiant, etc. Chacun trouve ainsi excuse à ses lâchetés, perd son temps ensuite à brouiller sa mauvaise conscience. L'affichage de leur gentillesse avait fini par me laisser froide.
La perte complète de l'autonomie de la médecine remonte à la deuxième guerre mondiale. L'État ne pouvait laisser échapper un tel pouvoir. Le décervelage d'un rebelle se faisait dans le secret blindé d'une prison, d'un hôpital psy., etc, comme un acte médical expérimental et ultime venant après le travail obligatoire, puis l'enfermement. Même sue après coup, cette collusion de la médecine et du pouvoir faisait relativement scandale. Aujourd'hui, l'expérimentation se fait à grande échelle, indistinctement et dans l'abstraction la plus absolue : c'est à dire hors de la perception des sens, de leur vigilance. Deux coups furtifs de rayons, sans douleur, sans odeur, sans couleur, sans bruit, et vous voilà castrée, on ne peut faire plus « soft »… Ah oui, on vous avait dit que l'échange sexuel resterait inchangé… Trop tard.
Les États se sont coordonnés. La moindre chimiothérapie, radiation, hormonothérapie, sera le fruit d'un protocole international pour le pouvoir impérial des statistiques, de la chimie, du nucléaire… Le Comité d'éthique national, composé avec discrétion des représentants des lobbies, veille à l'application de ce protocole [3]. Par contre, dans les phases terminales d'une maladie (avec votre signature qui « décharge »), l'accord se passe directement entre le laboratoire et un comité d'établissement, qui aura pris pour l'occasion le nom pompeux de « Comité d'éthique », ce, pour amener volontairement la confusion avec le Comité d'éthique national. Les mots sont chargés d'indiquer leur exact contraire : Ethique ! ! Ainsi toute expérimentation désormais sera massive, mais contrôlée ; sauvage, mais légale. L'État légifère la tautologie entre le citoyen malade d'un monde et un monde qui perçoit, dans la maladie qu'il produit, un défi industriel promis à un avenir sans fin. Les méthodes ayant droit de recherche s'avèrent aussi meurtrières que le mal lui-même, à long terme. Ainsi le nucléaire produit des tumeurs, que l'on détruit avec le nucléaire qui engendrera d'autres tumeurs, etc.
La médecine, la science en général, n'a plus aucune vision du devenir de l'homme, du monde ; elle ne se soucie que de ce qui est « techniquement » possible de rafistoler dans l'immédiat. À partir de cela, toute manipulation est possible et cautionnée par avance. Le pouvoir de l'État, après notre anéantissement, se duplique au nom de notre « rétablissement ».
Pouvoir sur notre vie, notre mort, nos gènes, nos hormones, nos sexes, nos défenses, etc., à ce point, c'est du jamais vu !
Le citoyen de 1984 de G. Orwell, c'était celui du Q.H.S. : flicage continu de la pensée, électrochocs, surveillance électronique… Pouvoir omniprésent et anonyme, Big Brother s'est dissout. Il ne s'agit que du monde « devenu » : la déconvenue génère l'impuissance générale et éloigne davantage toute responsabilité morale. Le résultat de la démission de l'homme sur son monde s'exhibe désormais par le matraquage de catastrophes toujours plus inévitables (une fuite radioactive par-ci, une mer en moins par-là), faillites irréversibles desquelles il faudra s'accommoder, apprendre à vivre sans futur, au jour le jour, dans l'instabilité obligatoire et la légèreté instituée. La dégénérescence sociale a fini par atteindre le vivant dans le réduit le plus intime de son être, son dernier carré : le « noyau » de sa cellule. A l'époque du tout nucléaire, le dysfonctionnement au cœur du vivant s'apparente au désordre qui gouverne le monde. Esquive de la vigilance immunitaire, sabotage de l'intercommunication, détournement unilatéral de l'information, organisation pour son propre compte au détriment de l'ensemble, régression à l'indifférenciation, prolifération,… jusqu'à la mort de l'hôte.
Onc et proto-onc, négatif et positif, toujours ensemble et si ressemblants, petite confusion innocente deviendra fatale ! petite bombe à retardement deviendra grande, machine de guerre vivante ! terrorisme à usage individuel et familial, transmissible par état d'âme. pour le sida, comme pour le cancer, on retiendra qu'avoir de l'amour, de la haine, des sentiments, de l'affection, peut être une faiblesse mortelle, pas besoin de Big Brother. Les « Glaives », Gladio, dans toutes les langues européennes, peuvent se dissoudre désormais : la terreur s'auto-génère dans le mou du tissu social. J'aimerais parvenir à écrire sur ce sujet.
Quand tout ce qui est officiel inspire le soupçon, il ne faut pas s'étonner que la marginalité d'un Beljanski [4] soit une aubaine pour tous ceux qui en vivent. Nos contestataires sont devenus avec les années 80, des gestionnaires avisés et pragmatiques du stress, de la perte… en général ! J'ai donc fait le voyage à Lyon pour ces fameuses gélules. Que de fatigue, que de feeling d'arnaque ! j'ai eu droit à toute la panoplie :
Fallait y penser au jeûne assisté pour malade en phase terminal ! hein ? et si ce n'était pas si cher, comment, autrement, être pris au sérieux ? C'est que la concurrence est impitoyable ! C. s'occupe principalement de sidéens et sa panoplie ressemble au désespoir qu'il croise tous les jours.
Je fais actuellement la tournée des familles. J'espère avoir le temps de te voir avec tes amours tout neufs, Bella. Toi, si bleue, si noire, avec le soleil ! Roule ton accent et tes rondeurs, fine… enfin… l'on t'aime ! roule jeunesse !
Grand cœur,
Je t'embrasse.
N'Dréa
Cela fait neuf mois que j'ai refusé de subir le traitement de « la dernière chance », d'être le cobaye d'une expérience qui ne m'appartenait pas.
Tout s'aggravait malgré leur chimio de « maintenance ». C'était « parlant » comme ils disent ! Les infirmières savaient que je supportais le découpage de mon temps (quatre jours d'hosto par mois.) seulement parce qu'entre chaque séance, je voyageais, j'avais acquis un appétit silencieux pour toutes les choses de la vie. On savait, probablement, qu'il allait être difficile de me faire accepter des contraintes supplémentaires.
Le premier jour d'hospitalisation, j'ai toujours du sommeil à récupérer, je dors. C'est en plein sommeil qu'on vint donc me prendre la tête. Il fallait changer de chimio sur le champ, commencer de suite, et patin couffin. Voilà, c'était le passage ouragan de l'équipe médicale. L'interne revint me voir pour commencer cette chimio, me disant que j'avais une ou deux feuilles à signer, ce n'était rien.
Signer ? Hou là-là !
Débrayage, marche arrière, recul, recul…
Plus je me réveillais et prenais du recul, plus le caquet, outrancièrement autoritaire, baissait d'un ton. Mes voisines de lit s'en amusaient, et n'en revenaient pas. Pour gagner du temps, j'exigeais des choses impossibles, par exemple un échantillon du produit pour en faire des pastilles homéopathiques, impossible, secret de fabrication ! je fis courir cet interne toute la journée pour trouver l'ancien poison qui avait été abandonné mais dont la molécule était équivalente. Le ton avait encore baissé, bientôt, on allait m'implorer : »vous pouvez vivre dix ans encore ! » Ca, c'était la fin des arguments. Les deux feuilles à signer étaient mensongères à chaque mot. De refus en refus, je pris congé sous prétexte de vouloir réfléchir, et ne revins plus.
Pendant les vingt jours de réflexion que je m'étais arbitrairement accordée, le doute et une hausse d'angoisse succédèrent à la colère. Je m'étais promis de les quitter, c'était une vieille promesse que je m'étais faite… « était-ce bien le moment ? »… »ne me condamnais-je pas trop tôt ? »…et puis, après une chimio, pour moi, tout repart de plus belle, j'en avais déjà fait l'expérience, alors ? Mais ne valait-il pas mieux mourir sans douleur à l'hôpital ?
Bref, je suffoquais de questions aux réponses impossibles. Ma toux s'aggravait encore.
Plus tard ?
Plus tard, je n'aurais même plus la force physique pour prendre une décision.
Finalement, le vingtième jour, je décidai. Stop.
Ce choix ne fut pas facile ; pourtant, pour nous, malades, il se trouve quelque chose de vraiment incompréhensible dans ces traitements qui nous rendent malades. D'aussi incompréhensible que notre maladie. Au sujet de la chimiothérapie, nous parlions tous de « saloperie ». Depuis Tchernobyl, chacun sait que les radiations nucléaires ne sont pas pour rien dans notre maladie, dans la perte de nos défenses (au point que nous nous demandions alors si notre récidive n'était pas due à cette catastrophe). En subissant la radiation, nous sommes en pleine déraison. Seulement, voilà : nous ne ressentons pas les rayons, sinon l'arrêt provisoire de nos douleurs, c'est pourquoi une telle schizophrénie est possible et acceptée.
Chez tous les malades, il y a une allergie à ces traitements parce qu'ils sont illogiques. Ils sont tellement en contradiction avec le vivant ! Mais rien d'autre n'existe ; même les médecines douces vont nous envoyer faire une chimio ou des rayons ; elles se chargent simplement d'en atténuer les effets. Donc le traitement médical est compréhensible, mais il s'est positionné dans le monde pour être incontournable, il est devenu obligatoire : c'est l'incompréhensible obligatoire et aucune logique ne tient contre un tel état de fait. « tu n'as pas à chercher à comprendre, mais à croire ». C'est l'incompréhensible obligatoire comme pour tout le reste du monde.
En fait, il n'y avait pas, à proprement parler, de choix : ou je me considérais comme un cobaye, ou je m'évadais et laissais tout ce petit monde en plan. J'avais une autre ambition de ma vie, je ne me laisserai certainement pas priver de celle de ma mort. Quand il n'y a plus de choix, la mort est au bout de toute façon, il est urgent d'en faire un. L'humanité est un risque à courir.
Après une telle décision, je fus étonné de la sérénité qui suivit. Ce qui avait été refoulé se libérait et amenait à la surface une étonnante énergie, sur laquelle je ne comptais plus. J'étais enfin en accord avec moi-même. Je retrouvais la liberté, et cette liberté ne cherchait qu'à s'étendre de jour en jour. Je venais de prendre la seule décision humainement concevable.
J'étais désintégrée. Mon ambition, dans ce moment, fut un acte souverain : retrouver mon unité, rassembler tous mes morceaux épars et disséminés, me ressaisir.
J'entrepris des expériences. Je me rendis compte petit à petit que j'étais allergique à plein de choses. J'avais ainsi une meilleure vue sur l'évolution de ma maladie : je faisais ainsi la distinction, pour les poumons, entre la maladie et les allergies qui s'y étaient greffées. J'ai vite compris combien il était aberrant de se faire soigner à Paris de tumeurs aux poumons, ou autres.
La décision vient avec un pouvoir, elle dégage un pouvoir. Avant, je me débattais, ce n'était qu'impuissance. L'hôpital était une aliénation, j'y étais pris en charge, infantilisée. Je devais couper tout lien avec lui, maintenant j'ai une prise sur ma vie.
« Quiconque a eu comme toi son âme toute entière meurtrie
ne peut plus trouver le repos dans des joies particulières ;
« Quiconque a senti comme toi la fadeur du néant ne peut
se rasséréner qu'au plus haut degré de l'esprit ;
« quiconque a fait comme toi l'expérience de la mort ne
peut guérir qu'entre les dieux. »
HÖLDERLIN.
LES PEUPLES sont las bien avant de s'en apercevoir…Peut-être avais-je déjà produit et évacué une ou plusieurs tumeurs avant que l'une d'elles ne s'accroche, puis ne se manifeste ? Un an avant que je ne la découvre, un rêve pourtant, avait tenté de m'avertir de ce qui se tramait dans le tréfonds aveugle de mon corps.
Nous ne sommes plus à l'écoute de notre corps ; bien plus, la société moderne nous contraint à en faire abstraction. Comment pourrions-nous, sinon, supporter de telles conditions de vie ? Le corps ne peut être abusé comme l'est la conscience ; celle-ci peut être contrainte à faire abstraction du corps, mais le corps, entité aveugle, ne peut être « amené à la raison ». En étant aveugle, il laisse place à la vérité. Notre corps peut faire ce que la conscience abusée ne peut plus, réagir.
La mort, un jour, a posée sa griffe à la pointe de mon sein. Depuis des années, j'appelais « mon œil intérieur » ce mamelon rétractile et frileux. Une tumeur se cachait juste derrière. Personne ne fait l'étonné en apprenant qu'il a un cancer : tant de raison ! Il serait vain de ne chercher qu'un seul événement à l'origine de la tumeur (sauf évidemment, dans le cas d'accidents graves, nucléaires par exemple). C'est la répétition de multiples agressions qui, échappant à la perception des sens, ne peuvent être identifiées, même à posteriori.
L'isolement, l'angoisse, le sentiment de défaite irrémédiable, s'ajoutent aux facteurs liés à l'environnement. L'insatisfaction latente épuise le sujet sur la défensive. On étouffe avec une pression qui ne se relâche pas ; nos défenses sont débordées. Notre étrangeté à nous mêmes, à nos proches, devient une douleur mentale, met à vif des névroses, arme notre caractère. Ce monde devenu visiblement le contraire de nos aspirations les plus profondes, noue nos monstruosités cachées.
La maladie révèle l'opposition du monde avec l'individu. Et c'est d'abord dans notre corps, d'une façon aveugle, que nous éprouvons l'hostilité d'un monde. Une grande part de ce sentiment n'atteint pas la conscience et ne se manifeste pas par le côté émotionnel. C'est la pure objectivité atteignant chacun dans son corps. « lorsque l'âme s'est enfuie du corps, les puissances élémentaires de l'objectivité commencent à jouer. Ces puissances sont, pour ainsi dire, prêtes à bondir pour commencer leur processus dans le corps organique, et la vie est le combat constant contre cela. » (Hegel)
Le sujet attaqué dans son essence, l'incommunication vécue singulièrement, se débat avec tout ce qu'il a d'immédiatement sous la main, avec son caractère, ses maladies déclarées ou non, sans la possibilité d'un recul, sans la pensée. Vous êtes affectés, l'affection domine et il n'est pas possible de s'en défaire. Vous êtes impuissants pour vous et vos proches. C'est le moment choisi « pour tomber du côté où l'on penche », où « se choper la mort » devient cliniquement décelable.
La déclaration de la maladie est le moment de la reconnaissance officielle, tant par le malade que par la médecine, du fait que l'individu est abîmé, mais non pas de la logique qui a déterminé une telle destruction. Au contraire, la médecine s'efforcera de trouver l'agent causal censé être responsable : le virus, le microbe, le comportement personnel, etc. Et, lorsque comme dans le cas du cancer, l'agent lui échappe, elle s'attaque au symptôme, suivant le principe : « ce que tu ne comprends pas, détruis-le » ; et cette destruction ne fait que différer, voire aggraver, le processus de dégénérescences.
Le malheur de l'individu est alors nommé par le monde : un tel « cancer avec métastases », un tel « sida », un tel « folie »… C'est le moment d'une offensive équipée du monde : dépouiller la souffrance de sa dangerosité potentielle, achever l'écrasement du sujet.
Aux mains de la médecine. Patient. Isolement. Contrôle. Surveillance. Le sujet se bat et se débat pour se reconquérir face à l'administration ; celle-ci est pour lui la morbidité. Le doute n'est plus permis, et l'histoire de sa reconquête laisse apparaître l'organisation d'un monde bien pire et bien plus précis qu'il ne le supposait. La morbidité, c'est eux ! Même si votre corps poursuit sa dégénérescence.
Lorsqu'on apprend que l'on a le cancer, un monde bascule et vous aveugle. Vous êtes seul, comme beaucoup d'autres dans votre cas. Ce qui explose dans votre tête alors, c'est l'étendue flagrante de votre dépossession. L'intuition de la perte d'un pouvoir sur le sens de sa vie, sur le sens du monde, a pris forme : vos glandes, vos boules sont là, impossible d'échapper au verdict. C'est une condamnation vécue solitairement, une puissance déconvenue, une course de vitesse dans un temps à rebours. Seul avec votre sanction.
Même si vous n'avez pas confiance dans le système médical, vous n'y coupez pas, rien d'autre existe. Vous vous débattez dans tous les sens pour avoir une petite prise sur les décisions des médecins : dans une lettre au chirurgien qui devait m'opérer, j'explique ce que je pense de mon corps : « il vous paraîtra dix ans plus jeune, ce n'est pas un hasard », « mes nénés j'y tiens comme à la peau de mes fesses, c'est l'ensemble de ma sexualité, etc… ». Ensuite, le jour de l'opération, ce chirurgien m'apprend, qu'une fois le sein ouvert, il se réserve le droit (!!!), s'il le juge utile, de me le retirer entièrement. Je demande qu'une amie médecin assiste à l'opération et descends boire un café. J'évite ainsi l'opération ce jour-là. Je veux, avant de m'abandonner dans des mains que je ne connais pas, connaître tous les résultats des examens et juger avec ce docteur ami.
Déjà, l'unilatéralité des décisions que l'on vous impose s'appuie sur la preuve que vous auriez faite, jusqu'en ce lieu, de votre impuissance. On vous demande une démission complète, ainsi qu'une confiance absolue dans la connaissance que la médecine aurait de vous. Pour avoir le champ libre, la médecine profite de votre dramatisation momentanée, elle suppose acquise votre culpabilisation. Pourquoi ne pas faire confiance à tous ces spécialistes formés à la high-tech, alors que vous avez traité votre corps que vous ne connaissez même pas, avec désinvolture ? Voyez tous ces termes que vous ignorez et qui une fois décryptés ne vous seraient d'aucun usage. Vous êtes un ignorant, ignorant…
Ils ont les mots, ils ont le pouvoir. Vous êtes répertoriés dans leurs catégories : carcinome / canalaire / infiltrant / hormono-dépendant / type histologique III / etc. Cette culpabilisation qu'ils ont su engendrer quant à l'étendue de notre ignorance nous a empêchés jusqu'ici, nous les cancéreux, de nous battre comme le font certains sidéens : ceux-ci ont apostrophé des chercheurs sur leur importance nulle, leurs fanfaronnades, leurs pseudo-découvertes censées faire croire au public qu'ils ne sont pas eux-mêmes dans la plus grande confusion.
Ce monde vous a condamné à perpète ou à mort, vous avez bien du fauter contre vous-même, qui vous protégera contre vous ? Et médecine officielle, médecine douce, même combat ! « C'est grave ce que vous vous êtes fait, dites donc ! » (et vous, votre tronche va bien !)
Après l'opération, c'est-à-dire après une anesthésie générale suivie d'un programme standard d'irradiations hypercorçé, votre fatigue endort votre vigilance. C'est le moment où la médecine attaque ses gros travaux irréversibles. Son autoritarisme vous pénètre en force, vous ne filtrez plus tous ses mensonges. Comme votre système immunitaire, castré, avant d'avoir repris vos esprits. Désormais, vous ne vous débarrasserez plus de vos tumeurs sans vous débarrasser aussi de la médecine qui se les est appropriées.
Les médecins vous font avaler que dans le cas d'un cancer hormonal, la castration est indispensable, que bien sûr cela ne change rien aux échanges sexuels : deux petits coups de rayons et, hop ! on n'en parle plus. Si vous êtes frigides ensuite, cela ne saurait être dû aux rayons, mais à un blocage psychique de votre part ! Un tel discours met déjà en garde. On sait qu'ils mentent mais, sans force, on finit par croire au moindre mal. C'est du chantage à la mort. Allez, roulez, suivant !
Aux femmes arabes épouvantées d'être répudiées si elles ne peuvent plus être mères, ils racontent que les règles reviendront plus tard… Si vous avez, comme moi, la malchance d'une deuxième série de rayons dans la région pelvienne, la moindre pénétration sera impossible, l'équivalent d'un viol, tous vos muscles tétanisés à jamais. Crime impardonnable contre nos amours. Mutilation invisible de nos sens, de nos désirs. Médecine maudite et assassine. Et moi qui réclamais juste qu'ils me laissent mon néné le plus intact possible pour l'amour de l'amour… comme je me suis fait avoir !!! (« mais vous n'allez quand même pas mourir pour un sein ! »). Maudite !Maudite !Maudite !Pendant des années ensuite, ils ne cessèrent de me poser la question « avez-vous été castrée ? » pour me proposer l'opération si celle-ci n'avait pas été faite. Ô rage !
La presque totalité des femmes qui se sont fait avoir n'en parlerons jamais, tant la souffrance morale de cette impuissance, étrangère, surajoutée, est enfouie. Pour aggraver l'isolement, il y a mieux. C'est la haute sécurité dans votre corps ! Les vieilles femmes éprouvent encore du plaisir, elles !
De plus, je mets en doute le bien-fondé de cette méthode quant à son efficacité sur le ralentissement des tumeurs. Qu'ils me montrent leurs statistiques ! Car le fait d'être jeune et ménopausée modifie tellement l'ensemble hormonal de tout votre organisme, notamment osseux ! lorsque vous apprenez que la suite logique du cancer hormonal du sein (ou de la prostate) se situe prioritairement dans les os, vous vous demandez alors s'ils n'ont pas volontairement aggravé votre cas pour le bien des statistiques. Je doute, voilà. Et je maudis encore. Comme l'aveugle qui développe ses autres sens, j'ai appris à aimer à distance, ou avec les mots, avec les yeux, surtout avec l'esprit. Ce qu'ils m'ont volé, je l'ai reconquis plus fortement encore ;
Le lobby nucléaire est un autre pouvoir, un autre « État » mafieux au-dessus des États nationaux. L'usage du nucléaire en médecine se fait après un large usage par l'armée (essais des années 50, à ciel ouvert, dans le Sahara, par exemple). Son monopole s'impose dans les hôpitaux, les États lui ouvrent toutes les portes. Certains examens, notamment les marqueurs d'anticorps spécifiques pour les cancers, pouvaient être fait sans manipulation de produits radioactifs ; ils étaient aussi moins chers pour la Sécurité sociale. Le ministre Evin a réglé la question en imposant le « tout nucléaire ».
Tout le matériel nouveau et hyper sophistiqué qui équipe les hôpitaux est basé sur le nucléaire ; il se périme très vite aussi. A terme, le nucléaire veut remplacer le chirurgien. Ce n'est pas dans un hôpital que vous trouverez un médecin pour vous avouer les tumeurs nouvelles que les rayons ont fait naître. Celles-ci seront mises sur le compte de vos récidives. Les pontes du nucléaire à l'hôpital ne sont pas plus attaquables pour les conséquences de leur mitraillage qu'en dehors de l'hôpital pour les doses que vous encaissez sans le savoir. De plus, ils se sont faits incontournables : pour les douleurs osseuses, vous ne pouvez pas vous passer d'eux, rien d'autre n'existe. Bientôt, pour les tumeurs au cerveau, il n'y aura qu'eux. Vous serez à l'abri d'un scalpel qui dérape mais pas d'une technicienne inattentive (cf. le scandale de Saragosse où pendant quinze jours les patients ont reçu par pure négligence la dose maximum, impliqués dans l'histoire : les médecins, un technicien et les manipulatrices). Vous ferez partie, comme je l'ai été, de la grande expérience du nucléaire dans la médecine. Demandez au ponte du nucléaire qui vous suit quelles sont les doses que chaque organe reçoit, vous le verrez blêmir d'une telle impertinence ; il restera « dubitatif »…Qu'allez vous faire de ces info ? Le monde est à la merci d'une indiscrétion.
L'art du tir pour les rayons est celui de l'armée : tir rasant, tir groupé, conique, sur un point d'interception, etc. Les mathématiciens, en équipe d'intervention, sont sur place pour calculer les courbes, les angles, selon le type de rayons choisi : gamma, X, etc. Ah ! vous bénéficiez du progrès, tous ces savants calculs sont enregistrés dans la « bécane », mais vous aurez ensuite affaire à l'O.S. archidébordé qui prendra des marges d'erreur allant, parfois, jusqu'au demi centimètre. Une zone irradiée laissera une trace telle qu'il sera impossible, ultérieurement, de reconnaître, même au scanner, une amélioration, ou bien le contraire !!! Ils se fieront à vos douleurs…
Entre avril 1985 (opération plus irradiation) et juillet 1987 (confirmation clinique que la tumeur mère avait fait des petits), ma défensive avait été de miser sur ma force alliée à celle de mes amis. Le défi que représentait ce cancer et le défi qu'était mon activité de par le monde ne faisaient qu'un. Je pensais vaincre.
J'avais refusé la chimiothérapie après l'opération. Les radiations étaient un sacrifice tellement énorme par leurs conséquences ! Surtout, je m'étais empressée d'oublier ce cauchemar en m'efforçant de reprendre une activité, avec un rythme plus lent, en gaspillant moins mes forces. Il n'était pas question de mettre ma vie à l'abri, entre parenthèses. Et puis, penser à la mort constamment, que cela aurait été débilitant ! Mon défi à la maladie : l'ignorer, l'effacer jusque dans l'esprit de mes proches.
Cette mort annoncée était refoulée, inopportune. Voleuse, je ne volais pas seulement de l'argent, mais aussi le temps et son usage. Je volais ma vie, je volais ma mort. La logique de l'argent nous plie de sa main de fer, nous prend toujours plus notre temps, notre intelligence d'être ensemble, de vivre. Alors mes vols (et je précise, toujours commis en douceur et au détriment de l'État et des banques) ne sont qu'une toute petite reprise en regard de la dépossession généralisée de soi dans l'esclavage salarié.
Reprise et détournement, c'est mon style, celui de mes proches. La pensée de la mort, je l'avais rencontrée d'une certaine façon, socialement, dans le risque calculé pris à plusieurs pour ne pas travailler. Car pour moi, la prison, c'est la mort. Le fait de jouer ensemble le risque de la prison est déjà une manière d'apprivoiser la mort.
Succès et échecs.
Quand la fatigue revint accompagnée de désillusions amères et inavouées, j'allais signaler à l'hôpital ma trop probable récidive [5]. Sentiment de l'échec. Dur ! Deux années de liberté seulement ! deux années d'ignorance volontaire.
J'avais, dès 1985, plusieurs ganglions atteints et cette éventualité me pendait au-dessus de la tête telle l'épée de Damoclès. Mais le savoir mentalement comme probabilité et le savoir inscrit dans sa chair, ses os, … C'est autre chose. Le détour n'est plus possible. Vous vivez une tragédie, dans l'immédiateté, sans distance. Vous êtes une abeille dans un pot de miel. En l'occurrence, ce qu'on vous propose d'avaler n'est pas du miel, mais du poison. Tous leurs sales traitements, ceux auxquels vous aviez échappé, cette fois, vous n'y couperez pas. Ils mirent un mois et demi pour m'en convaincre et j'ai fini par accepter simplement parce qu'un médecin m'avait parlé franchement. Je m'étais fait avoir par son langage, un langage médical que j'avais acquis par des lectures : »deux ganglions atteints sur six, au troisième c'est la chimio ! une tumeur de 2,5 cm, à 3 cm, c'est la chimio ! », etc. Pourtant ce langage n'était pas le mien, ces normes n'étaient pas les miennes.
Mon allergie au traitement apparut dès la première séance. Durant les six mois qui allaient suivre, on ne put poursuivre l'expérience, le taux de globules blancs était trop bas et refusait de monter, ce qui empêchait sa poursuite. C'est aussi à cette époque que je fus l'objet d'une surveillance policière très serrée : écoutes, filatures [6]. Ce constat m'engagea. Cette nouvelle vint contre balancer mes ennuis de santé : deux malheurs valent mieux qu'un, ils s'équilibrent.
Durant l'hiver 1987, je me fis plusieurs promesses. Celle de ne commettre aucun impair pouvant conduire les flics à mes amis ; les poulets attendaient de mon affaiblissement une perte de vigilance. Ensuite que cette maladie ne serait pas ce qui déciderait de ma mort. Ces promesses changèrent mon comportement. J'acceptais la mort comme une alliée. Je me battais non pas contre ma maladie, mais avec elle.
Je pris progressivement de plus en plus d'avance, en esprit, sur l'évolution des tumeurs. Plus aucun résultat ne pouvait m'effrayer. Devenant ainsi invulnérable à ma propre terreur intérieur, je le devenais aussi face au milieu médical en le devançant. Je voyais venir leurs décisions, les avais prévues. Pour cela la communication avec les autres malades me fut une arme essentielle, une source inépuisable de renseignement. J'étais désormais en position d'attaque.
Là était ma vie, dans cette reconnaissance de ma mort. Je suis devenue guerrière. Je ne me débattais plus, je me battais. Je ne prenais pas simplement du recul, je construisais ce recul. Je devenais vigilante. La menace précise, concrète, des flics m'avait permis de me ressaisir face à une menace diffuse, incompréhensible, en redonnant une dimension sociale à ma maladie.
La maladie avait ralenti mon pas. Les flics me traquaient de près, tel un animal blessé. Les globules blancs très bas étaient ceux de mes défenses, de mon immunité ! Une « flambée métastatique » allait probablement suivre. Cette coïncidence dans l'événement fouetta ma réflexion. L'idée de la mort m'apparut avec une conscience aiguë ; son imminence, au lieu de tourner à l'obsession, me laissa indifférente. Inutile de fuir. Ma mort est, sera sociale, ma maladie est sociale. La peur et l'angoisse s'éloignent avec le détachement. À partir de ce moment-là, je construisis la distance de plus en plus objectivement, je devins stratège.
Semblable à l'Indien qui attend sa volonté, j'apprenais la patience, j'attendais le moment où je pourrais réaliser mon départ comme un acte rationnel.
La volonté est une force qui grandit avec l'expérience, un pouvoir. C'est elle qui permet de vaincre alors même que tes pensées te déclarent vaincu. Ton invulnérabilité, c'est elle aussi. Elle t'accompagne tes sens, ta perception du monde, celle de ta situation, elle est leur trait d'union. Elle mûrit avec chaque décision que tu es amené à prendre.
J'attendais sans me presser. Aujourd'hui, je pourrais dire que j'aurais du les quitter plus tôt. Mais non, ce serait faux, je ne le pouvais pas, je n'avais pas le savoir que j'ai acquis depuis. Il reste toujours une part inconnue, un risque non évalué. Mais cet acte, pour avoir toute sa maîtrise, doit être accompli comme le contraire d'un acte suicidaire : celui d'un sens retrouvé, d'un rétablissement longuement mûri. Quand tout concorde et que tout s'harmonise.
Il m'aura fallu deux ans et demi pour l'accomplir.
Entre temps, je subis encore bien des épreuves avec la chimiothérapie. Mais chaque épreuve m'armait davantage. Pourtant la maladie suivait son bonhomme de chemin. J'ai accepté les deux protocoles de chimio en tant qu'expériences. Dans mon esprit, à l'époque, je « rallongeais le temps ». c'est vrai, j'avais acquis un appétit de vie insatiable, je n'étais pas pressée. Je jouissais de tous les instants partout où je me trouvais. Aujourd'hui, je dirais que je ne faisais que cela, « rallonger ». Mais n'était-ce pas « raccourcir », irréversiblement ? [7]Je faisais ma fière en récupérant très vite après un examen ou une séance de chimio. C'était par défi, un peu, mais surtout pour me préserver aussitôt après l'attaque. Je récupérais de l'énergie telle une vampire. Je pouvais faire abstraction d'un environnement, me concentrer et me bercer de sons quasi imperceptibles au milieu du brouhaha automobile : un chant d'oiseau, une discussion au loin entre fillettes. De quoi me parlait cet oiseau ? Cet enfant ? Rien d'intelligible… Un ton, une musique dans la voix destinée à apaiser mon âme si étrangère.
Je donnais l'impression de faire chaque séance de chimio « sur un pied », au point que les voisins ou les enfants auprès de qui je vivais, ignoraient mon état. Et pourtant, cette chimiothérapie, quelle ignominie !
Jusqu'à un certain stade du cancer, ce qui est appelé « protocole » en chimiothérapie est un programme dépendant d'un accord international (les U.S.A. en position dominante). Les poisons [8] en question dont on varie les cocktails sont les mêmes que pendant la dernière guerre. Seul s'est assoupli le dosage selon des normes maximales désormais strictement imposées. Dans mon cas, lorsque la tumeur s'est organisée pour résister après un premier protocole (qui peut durer huit mois par exemple, trois jours par moi), on change de protocole, c'est-à-dire de poisons. Ce deuxième protocole s'appelle chimiothérapie de « maintenance » (c'est tout dire, on n'espère plus guérir, mais freiner l'évolution !). Entre les deux, on vous fait « une fenêtre thérapeutique ». Entre l'efficacité et les inconvénients de tels traitements, le doute du bénéfice est largement permis. Le bénéfice revient aux pontes de la chimie.
C'est la même pensée répressive que pour le nucléaire, celle de l'immédiateté d'un résultat qui se veut radical, celle de l'urgence absolue, du mépris des conséquences, du lendemain. On vous rallonge, c'est bien la preuve que la science peut quelque chose. Guérir ? mais ce n'est pas notre problème, c'est le vôtre. Vous n'avez tout de même pas la prétention de dépolluer l'atmosphère parce que vos poumons la trouvent irrespirable ?
« et bien, vous alors, vous pourrez dire que l'on en a fait des choses pour vous ». C'est qu'il faudrait même les remercier, du moins être reconnaissant d'avoir eu l'honneur de bénéficier de leur matériel hyper-sophistiqué. Quelle inversion ! quand on sait que nos tumeurs sont leur « gagne-pain », et que c'est entre autres leur engeance (promoteurs du nucléaire et de la chimie) qui nous les refile, qu'il y a presque autant de gens qui « vivent » du cancer que de gens qui en meurent.
Comme à la guerre, en chimiothérapie on ne compte pas les morts civils… C'est une opération militaire : pour atteindre une cible, on extermine. Les cellules cancéreuses se dupliquent-elles plus rapidement que les autres ? on tuera un temps toutes les petites cellules rapides, d'où la perte des cheveux, les ongles cassants, etc. On vous laisse le temps de remonter la pente, juste ce qu'il faut pour recommencer. Bien sûr, on surveille en même temps ce qui morfle : le cœur tient-il le choc ? Vos globules remontent-elles ?
Votre corps est sans défense pendant ce temps et vous ne pouvez l'écouter : il est malade du traitement une semaine sur trois. Durant ces périodes nauséeuses, il vous est impossible de distinguer ce qui peut être dû au cancer et ce qui est la conséquence du traitement. C'est le crétinisme achevé de la médecine. Vous êtes totalement dépossédé, non seulement de vos tumeurs, mais surtout de vos intuitions, de votre réflexion (sensations étrangères égalent pensées étrangères), de votre action. C'est le traitement qui convient le mieux à l'abandon complet dans le giron médical et qui réclame une confiance absolue dans un possible résultat. Le résultat sera suffisamment éloigné dans le temps pour que les prétentions du début soient oubliées.
On fait comprendre que l'on tâtonne, mais que d'autres produits existent… On peut toujours quelque chose pour votre cas. Les traitements sont, à quelques variantes près, tous les mêmes jusqu'au stade III, standardisés. La chimio aussi induit de nouvelles cellules cancéreuses. Après un traitement, un caryotype [9] vous montrera des cassures chromosomiques. Les bouts qui se baladent peuvent se ressouder n'importe comment et donc rendre cancéreuses d'autres cellules.
Autre expérimentation sauvage, légale, de la chimie : l'hormonothérapie. Si vous avez un cancer hormonal, la voie est royale. La découverte de nombreuses hormones est un fait récent. Sans souci d'un possible résultat désastreux, elles sont employées massivement dans tous les domaines (agriculture, élevage, médecine…). Suite à une offensive tous azimuts de cette nouveauté, ne soyez donc pas étonné que l'on soit prêt à bidouiller sur vous un petit programme d'apprenti sorcier : on vous bloque les sécrétions des glandes surrénales d'un côté, on vous rajoute de l'autre de l'hydrocortisone en apport extérieur, hormone injustement retirée et pourtant indispensable à la reproduction de vos cellules osseuses. Génial ?
Inutile dans quel pourcentage de cas ? vous n'en saurez rien. Dans votre cas et d'autres, vous savez que ce fut totalement inutile.
Il faudrait chérir ceux qui vous amputent des cancers qu'ils vous ont refilés, obéir sans réserve à leurs décisions castratrices et leurs bidouillages fonctionnarisés, statistifiés, surtout ne jamais relever publiquement leur impuissance planquée. Les grands patrons de la chimiothérapie( : et de la radioactivité bien évidemment.)resteront les promoteurs de « l'entreprise cancer », tant ils ne font pas autre chose qu'entretenir un système de pensée répressif dont ils sont, avec les labos, les seuls bénéficiaires.
Après les échecs successifs de tous ces traitements, vint la phase III, selon leur qualification. Ce stade est celui de l'expérimentation sauvage. Je n'ai pas voulu m'y soumettre et je suis partie.
Jamais je n'avais vu une telle offensive pour me livrer « pieds et poings liés » aux trusts pharmaceutiques. Cobaye, je l'étais déjà. La dimension internationale des normes fixées par protocoles est une poudre aux yeux. Comment penser que l'on puisse être protégé par un État et, à fortiori, par plusieurs ? Est-ce rassurant de savoir que des millions de gens font, comme vous, la même expérience ? Je n'étais pas dupe. Mais j'avais pu voir au cours des ans les protocoles s'assouplir (dose de poison, mode d'administration, plus doux), devenir plus tolérables. J'étais aussi plutôt bercée et par le tempérament d'une doctoresse de l'ancienne école. J'avais une certaine confiance (bien fragile, confiance et méfiance à la fois) en cette doctoresse. Son charisme était comme une protection face aux méthodes de requins des labos. Je l'avais vue refuser, par prudence, des expériences hasardeuses. Et puis, pour tout dire, avais-je d'autres possibilités jusque-là ?
Quand j'ai senti que l'on cherchait à me forcer la main, ma confiance, déjà bien émoussée, s'effondra d'un bloc. La collusion entre la médecine et le monde de l'argent m'apparut dans toute son évidence. Un saut « qualitatif » dans l'ignoble. Ma dégénérescence, mon impuissance, c'était du fric en puissance. La boucle était bouclée.
Sous la seule responsabilité des malades eux-mêmes, (on fait signer de plus en plus de décharges) les hôpitaux vendent leurs malades comme échantillons directs pour tel ou tel laboratoire. De la sorte, il existe des essais gratuits sur les débiles mentaux, les populations africaines… Je suppose que l'hôpital reçoit un bakchich. Ceux qui prennent des risques ne sont pas ceux qui sont payés. A ce stade, il n'y a pas d'accord, ni international, ni national. Au vu des échecs précédents, un fort pourcentage de déchets est permis. Il existe un protocole dit « compassionnel » qui permet d'intégrer dans des expériences des « volontaires de la dernière chance » quand tous les autres traitements ont échoués ; cela permet – outre l'expérimentation la plus hasardeuse – de ne pas comptabiliser ces cobayes non officiels dans les échecs.
La molécule qui devait être essayée sur moi, avait, en fait, déjà été expérimentée et abandonnée pour ses nombreux effets secondaires : arrêt de la salive (pour moi qui ai aussi un cancer du poumon !), chute des globules blancs et rouges, des plaquettes, atteinte du rein, du foie, etc. Le labo Sanofi chargé de l'expérimentation dépend du trust Elf Aquitaine dont les molécules de marketing ont fait scandale, comme vendre un produit en mettant sur l'étendue de son action, en taisant ses effets secondaires ; que par la suite, les malades aient été paralysés, qu'importe, la concurrence est rude (avec Saint-Gobain) !
Vaste monde de la concurrence où l'idée de profit balaie toute considération. Je n'ai jamais pu supporter un tel monde.
C'est la même pensée qui est incapable de traiter les cancers autrement que par les moyens Auschwitz plus Hiroshima (chimiothérapie et rayon) qui engendre sans cesse ce monde qui nous abîme. La chimie nous rend malades à travers la pollution de l'air et de l'eau, l'appauvrissement des aliments, mais c'est par la chimie qu'on nous soigne. Le nucléaire provoque des cancers, qui seront traités par le nucléaire. Nous étouffons de la perte de tout contrôle, de toute initiative sur nos vies, et le système médico-hospitalier enjoint les malades d'obéir aveuglément à ses diktats.
La notion de santé n'a aucun sens quand l'esclavage est généralisé.
La production de nouvelles marchandises progresse sur la dégradation de tout ce qui existe, de l'homme aussi bien que de son environnement. L'argent est le ressort du monde, il n'épargne rien ni personne. Tout est destiné, à un moment donné, à se transformer en une certaine quantité d'argent : la qualité de l'air, de l'eau, ou encore l'état de santé des individus. Personne ne peut échapper à cette logique ; chacun subit son impuissance chronique.
Dans le vaste laboratoire qu'est le monde de la marchandise envers lui même, la médecine a un rôle stratégique. En s'évertuant à combattre la maladie, protestation inconsciente du sujet, elle maintient le secret sur la dégénérescence des hommes.
La médecine est pleinement inféodée au commerce, l'État l'est tout autant et ne peut plus prétendre à la protection de ses administrés. Toutes les saloperies sont justifiables quand du sang contaminé est sciemment distribué aux hémophiles, ce après avoir poussé le cynisme jusqu'à prendre, au préalable, les assurances nécessaires. Pas une semaine ne passe sans que la presse ne relate une nouvelle ignominie du corps médical ou des laboratoires pharmaceutiques (ce n'est que la partie émergée de l'iceberg), confirmant ce fait : l'impératif du commerce efface sans vergogne tous les autres, la médecine tue.
La course à la recherche qui s'exerce sur le mode de la concurrence commerciale la plus exacerbée ne permet plus qu'une fuite en avant (retrouver une recherche cinq ans en arrière, c'est faire de l'archéologie !). L'orientation des recherches n'appartient plus désormais à la science ; ce qui entraîne, en médecine spécialement, une régression vers l'empirisme. Ce recul réel du savoir est déguisé par l'emploi d'un suréquipement technologique. L'annonce sensationnelle de prétendues découvertes miracles (on fait oublier, entre deux spots, que ce sont toujours les mêmes découvertes, impraticables).
A ce point-là, toutes les monstruosités sont permises, personne en particulier n'en est même responsable, elles découlent d'une logique nourrie d'une succession de compromissions. Les erreurs médicales se multiplient. Les résultats de recherches sont truqués pour obtenir des subventions, on ment à tous les niveaux de la pratique médicale, c'est l'omerta mafieuse généralisée. Le monde banalise la monstruosité de ses conséquences. On peut rayer un peuple de la carte au cours d'une guerre de haute technologie, seule la haute technologie en sera retenue, ou encore rendre une population irradiée par une centrale nucléaire ou infirme par une usine chimique – comme à Bhopal.
Plus la médecine a un rôle de larbin, plus elle a l'impudence d'afficher la grande indépendance de sa corporation. Les médecins, dans les usines à cancer, sont des figurants que l'on montre aux malades pour les rassurer ; ne leur posez pas de questions, ils sont très jaloux de ne rien savoir, après tant d'études, pensez donc !
Comme dans tous les secteurs de la société, l'argent se manifeste à la fois comme toute-puissance, commandant l'activité médicale, et comme impuissance achevée des gens confrontés à la maladie. Maints témoignages m'ont appris la dramatique impossibilité pour les pauvres d'accompagner un proche à sa fin (ce que l'on appelait, jadis, « une belle mort »). Ils n'ont pas le temps, ou alors pas d'argent, pour lui éviter de finir à la sauvette, dans une chambre d'hôpital. S'ils prennent le temps, ils n'ont plus alors d'argent et, inversement, s'ils s'efforcent de compenser par un travail accru la perte d'un salaire, ils n'ont plus de temps. Drame insoluble. C'est la logique de l'argent qui impose une mort aseptisée, escamotée. Dans la vie courante cette pression extérieure est intériorisée, digérée par l'individu, le couple, la famille. L'équilibre déjà précaire est irrémédiablement rompu : combien de ménages sur-endettés, ne pouvant plus faire face parce que l'un des leurs a une maladie grave. C'est aujourd'hui un luxe de ne pas finir à l'hôpital ou à l'hospice. Même les gens plus aisés n'échappent pas à cette logique car il existe pour eux des traitements plus coûteux, qui les laisseront tout aussi ruinés à la fin.
A cela s'ajoute l'impuissance, répétée quotidiennement, face à une mort lancinante « commencée avant la mort ». Il arrive que les proches du malade en viennent secrètement à désirer la fin de leur calvaire, et s'en culpabilisent, de telle sorte que beaucoup finissent par tomber malade à leur tour. Le malade se culpabilise également de représenter une telle charge pour les siens, et cesse de se battre pour abréger leur épreuve. Intimement, chacun ne souhaite plus que la fin, sans jamais en parler.
La sécurité sociale garantie pour (presque) tous n'est qu'une abstraction quand tout lien communautaire a disparu de la société laissant les individus seuls, les familles désemparées, tous confrontés au manque d'argent, à l'impuissance, au silence. Ainsi se clôt le plus souvent le cercle tragique d'une existence sous le joug de l'argent. On meurt comme on a vécu. L'humanité est devenue une idée impraticable.
Se trouver à l'hôpital, c'est se trouver sous l'emprise, brutalement renforcée, de l'État. La première contre-attaque est de refuser absolument toute culpabilisation, refus des insinuations du genre : « c'est vous qui vous êtes fait votre cancer ». C'est la dépossession de votre conscience qu'ils mettent à l'œuvre avec leur temps à eux. Refuser toute culpabilisation, c'est concentrer toute son énergie contre cette dépossession, s'imposer comme individu, devenir imperturbable, y compris dans ses émotions ; c'est aussi apprendre à prévenir les agressions pour les dominer ; c'est enfin sauvegarder sa liberté là où, pourtant, un monde s'est spécialisé à la réduire.
Refusez de vous mettre dans la peau d'un malade ou d'un coupable et vous pourrez rire de leurs peurs ! Vous vous battez contre l'acharnement thérapeutique ; qui, n'étant pas dans votre situation, saura vous reconnaître ? Vous êtes agressifs parce que vous réclamez un résultat d'examen ! Vous faites du chantage !… Diable ! Quelle inversion !
Vous apprenez leur langage, comme un taulard le code pénal, pour vous battre pied à pied sur leur terrain. Dur, dur ! La simple curiosité, même si elle n'est pas ouvertement teintée de méfiance est gênante, et pour cause, ils sont l'autorité, ils veulent prévenir jusqu'à l'idée même qu'ils pourraient être critiqués. Votre intérêt pour votre propre cas n'est jamais considéré comme un intérêt raisonné, mais seulement comme une manifestation émotionnelle. Quel mépris ! Pour mettre les médecins à l'abri de cette confrontation directe, des spécialistes en « communication », c'est-à-dire en mensonge, seront chargés de convaincre les patients de la nécessité de tel ou tel traitement. Quelle médiation !( : il est prévu qu' »un conseillé en communication » se charge du fastidieux travail d'accueillir le patient. Mais sa fonction a un autre volet, tiens donc ! Il devra aussi recevoir les démarcheurs des labos. Quelle responsabilité dans la soi-disant communication !!! Recevoir, avec toutes les pressions que l'on imagine, le menu des soins proposés par les labos, pour le retransmettre au malade, avec fine psychologie, et lui faire accepter d'être cobaye, pas mal, hein ! Voilà une médiation qui manquait pour forcer la soumission. « conseiller en communication » pour les jeunes de banlieues, pour les malades, etc. A chaque démenti d'un lien social, un conseiller en…incommunication.)
La lutte pour soi est inséparable d'une attitude de révolte envers le système médical. Le préalable est la mise en doute systématique de son autorité, ce qui va de pair avec l'exigence de percer le mur du secret médical pour s'approprier ce qu'ils détiennent comme information pour votre cas. Il faut ruser avec les menteurs, être à l'affût, exiger avant examen le double d'un cliché, voler, et surtout ne pas se laisser abuser par ce langage ennemi. Ensuite, chercher la discussion avec d'autres malades, s'échanger des informations, attitude différente de celle attendue habituellement de quelqu'un d'hospitalisé. C'est la seule façon de combattre l'unilatéralité des décisions prises, laquelle suppose la passivité complète, ou simplement l'absence de connaissances.
L'hôpital considère le malade comme objet d'expérimentation. Au contraire, la seule expérimentation qui permette au malade de se réapproprier son individualité est celle de la communication de son expérience, ce qui suppose de s'être ménagé, au préalable, des ouvertures sur le monde.
Dans Le Procès de Kafka, mis en scène par Orson Welles, joseph K annonce à son avocat qu'il assurera désormais sa défense lui-même, l'avocat étant caution et partie prenante du système bureaucratique qui le persécute ; réaction de l'avocat qui lui dit : »Vous venez de signer votre arrêt de mort. » Je connus la même situation lorsque j'ai décidé de laisser tomber la chimio : « vous ne pouvez pas vous passer de nous !Vous serez obligée de revenir ». C'est-à-dire, vous venez de signer votre arrêt de mort.
On ne prend pas une telle décision pour accepter autour de soi la routine de la vie quotidienne. C'est le moment où l'on retrouve l'unité de sa vie, son histoire, ses proches, ses aspirations.
Peut-être est-il plus facile de se battre contre la morbidité de ce monde quand elle a pris forme (sous la double forme de la tumeur et de son administration) que de ne pas se laisser affecter par les gens que l'on aime. On cherche la reconnaissance. Or, cette reconnaissance, dont Hegel dit qu'elle est le but premier de l'homme, se réduit, aujourd'hui à une peau de chagrin. La suspicion généralisée, la guerre de tous contre tous, bloque le prolongement de soi-même. L'argent poursuit son œuvre d'abstraction. Il s'empare de toutes les médiations encore disponibles entre les hommes. Désormais nous sommes seuls et nous avons la totalité d'un monde en face de nous.
« L'infini n'est pas l'au-delà du fini, c'est le mouvement du fini » (Hegel) ; c'est la phrase la plus révolutionnaire qu'il m'est été donné de lire. J'ai donné du poids à ma vie pour alléger ma mort. Vivre sans risque est choisir le pire, celui de mourir pauvre. Qu'est-ce que le destin, sinon cette ligne de vie, cette perspective déterminée par les refus successifs de ma jeunesse ? Reprendre le temps, voler l'argent, inventer des dépenses sociales à ma guise, désirer la richesse, connaître l'aliénation… avec mes amis. C'était ça ma vie !
j'avais fui bien des enfermements ; d'abord le travail salarié. En quinze années de hors-la-loi, j'avais évité la prison, mais pas la maladie. Je n'allais pas abandonner le besoin de faire de ma vie mon expérience, pour me protéger d'angoisses qui pouvaient s'avérer mortelles. De ce côté-là, j'avais été très largement servie. L'argent est un tyran d'une telle puissance quand il manque, et aussi dès qu'on y touche ! Il rend malade.
De l'argent, j'ai fait l'expérience du pire et du meilleur. Le pire ? L'isolement, la dissociation, le chacun pour soi. Le meilleur ? Le vol : s'organiser pour la reprise, unifier les qualités nécessaires. Cette démarche dévoile déjà la communauté de pensée et d'action à l'œuvre… Cette communauté-là, c'est la richesse entrevue ! Vue !Rien de plus bandant ! La générosité possible enfin ! Retrouvée !
Perdre ma vie est un risque plus grand que celui de mourir. Perdre la liberté sous le chantage répété d'une mort annoncée est incomparablement plus grave. Le chantage, ici, n'était pas la terreur de l'enfermement – inconcevable inhumanité – mais celui, intérieur, d'une dégénérescence progressive et irréversible.
Mon évasion pour l'ultime grand jeu de la vie, m'a offert un point de vue imprenable à partir duquel j'ai ressaisi ma finalité, renforcée d'une volonté invincible.
« La liberté ou la mort ». La mort pose un enjeu, celui de la liberté. Le fini est un moment de l'infini, il fait surgir l'esprit, celui des insurgés. Le fini est posé grâce à une échéance que l'on se donne dans le temps. La fin est alors contenue dans le commencement et le commencement dans la fin. Le fini est le point à partir duquel le temps avance à rebours et se construit, mettant en lumière, par ce mouvement sur lui-même, le sens de la vie. Sans ces repères volontairement posés, sans ces promesses que l'on se fait à soi-même, la vie n'a aucun sens, n'est qu'un accident.
Il est des actions de l'homme comme du mouvement de l'esprit dans le monde ; plus il avance vers sa finalité, plus il régresse vers son fondement. C'est dans ce double mouvement qu'il rejoint son unité. La lumière accompagne cette lente révolution. C'est le retour à l'age d'Or futur des millénaristes, l'accomplissements du temps.
« On a le ciel au fond de l'âme. D'un bleu pur sans nuage. »(Novalis.)
Mourir à l'hôpital !… Je me serais fait confisquer ma fin, donc ma vie. Se faire voler et sa vie et sa mort ! la fin de ma vie ne devait m ‘échapper, sinon, avec elle, disparaît tout le sens qu'elle avait eu. Le moment le plus essentiel, celui de la signification, ne me serait pas donné.
« Vivre est le commencement de la mort. La vie est en fonction de la mort. La mort est tout ensemble terminaison et début, séparation en même temps que plus étroite union avec moi-même. En passant par la mort, la réduction est parfaite. » (Novalis)
Le moment de la signification est le moment de la réalisation. Avec la conscience de son terme, la vie atteint sa plénitude. C'est à ce moment-là que ma vie devient réellement mon expérience, que je saisis sa dimension universelle.
J'en aurais perdu aussi le début : ni début, ni fin, plus rien pour fonder la reconnaissance.
Oh ! inhumanité de ces temps si louches.
L'esprit guerrier envisage la mort car l'essence de son activité est de mettre en jeu sa vie en vue de la reconnaissance. Réduit en esclavage, l'homme est dominé par la mort, et, d'autant plus fortement, qu'il s'efforce de l'ignorer, d'en chasser jusqu'à l'idée. Tout est fait pour annihiler la moindre trace d'esprit guerrier. « et cette absence sociale de la mort est identique à l'absence sociale de la vie. »(Debord).
L'expérimentation est la pensée de la vie se déployant en vue d'un enjeu : un début, une fin. Alors, réussite et échec prennent forme. Tant que tu n'es pas dépossédé de cette pensée, tu ne saurais être vaincu. Dès lors, quelles que soient les batailles perdues, la déroute n'est plus possible. La pensée de la mort est ta conseillère ; de connivence, elle guette, rappelle au moindre faux pas (quelle est cette nouvelle douleur ?… Attention, là, danger !)
Quand tu ne peux plus t'accrocher à quoi que ce soit, quand tu crois ne plus avoir le temps, elle t'oblige à t'appuyer uniquement sur tes décisions, elle te donne ton temps. Tu deviens le maître de tes choix, de tes échéances, un stratège avisé. L'urgence te pousse ? Justement, tu prends ton temps. Il t'appartient, il réalise ta décision. Rien d'autre n'a d'importance, rien ne saurait te priver. Tu auras même le temps de fignoler ton style. À partir de ta décision première tout s'enchaînera rationnellement. Ton recul se creusera, ta perspective se clarifiera, un pouvoir nouveau sera mis en branle.
Tes choix seront toujours les meilleurs, tu peux en être certain : ce seront les tiens.
Je m'adresse ici à mes amis qui sont en prison, Georges Courtois et Karim Khalki, je rends hommage à leur esprit, à leur force. C'est un tel esprit qui m'a permis de me retrouver quand tout conjurait à ma perte. Le temps qui ne m'échappe plus a ralenti le processus de dégénérescence.
Je rejoins l'essence de ma vie, mon but. Ce qui passait, jadis, pour un rêve fou s'accomplit méthodiquement, jusqu'à son dénouement. Dans la confrontation avec le monde, de saut qualitatif en saut qualitatif, j'ai compris, en le communiquant, quelle sorte de pouvoir pouvait bien émerger. C'est celui de l'apparition de mon humanité, ce jusqu'à satisfaction profonde. Un plaisir sorti de l'inconnu, de l'opacité d'un monde à l'envers, réjouit ceux qui s'y reconnaissent. Cette humanité, c'est la leur aussi. Désormais, elle est visible parce qu'elle est mienne, éblouissante. Son premier besoin : être partagée. Ensuite : se communiquer au monde.
Mon histoire serait, somme toute, banale : se tirer de l'hosto avant le dernier stade n'est pas spécialement original. Elle ne l'est pas : c'est une petite expérience dont j'ai fait tout un flan. J'allais être dépossédée de ma fin, j'allais donc être dépossédée de ma vie, moi qui l'avais fondée sur un refus, celui de la dépossession ! En me réappropriant ma fin, je retrouve ce qui était au commencement, l'intelligence de mon refus. Après le chant de l'innocence, l'enfance, ma vie m'apparaît pour ce qu'elle était essentiellement : le chant d'une expérience. Cette dimension offre un point de vue stratégique.
Rejoignant mes amis, je me suis retrouvée comme une médiation entière, complète, ce que l'on doit être chacun et s'encourager à être réciproquement. J'ai découvert les qualités qui me manquaient pour réaliser mes choix, pour imposer ma volonté, même avec mes amis, pour transformer mon entourage, pour rallier, tout simplement.
J'ai pu communiquer mon expérience, chacun s'en est emparé, a réfléchi pour lui, des idées ont surgi qui se sont affinées entre nous. Ensemble, nous arrivons au même point, il y a bien une raison dans l'Histoire. Une conception commune se fonde et prend forme peu à peu, émerge.
L'époque qui vient n'a pas un grand besoin de théories nouvelles. Surtout de démonstration par l'exemple, dans un renversement de perspective, visible, sensible, fondé objectivement. Elle a besoin d'idées, et non de spéculations sur les idées, surtout les affiner en les jouant.
Je ne pense pas que ce soit là une ambition modeste : concevoir notre activité comme expérience ; une construction dans le temps, dans le monde. Issue de la communication, produit de la communication, et aboutissant à la communication. Un début, une fin : pour cela, il convient de situer, comme les millénaristes, comme l'Internationale Situationniste, un point, une échéance, dans le temps. À partir de ce repère, se poser comme sujet d'une expérience et comme médiation nécessaire. Nous n'avons plus aucun repère. C'est à nous de nous les donner. La distance ne peut se faire qu'ainsi.
L'erreur de l'I.S., à la suite des millénaristes, aura été de penser l'être comme existant déjà là (cf. la notion d'élu). Il ne s'agit pas d'un devoir-être non plus, mais de l'être qui se construit à travers la plus grande distance. On peut comprendre alors qu'il y a des grandeurs faisables dans la plus grande simplicité.
L'argent est la richesse inversée, celle qui nous isole et nous divise. Il est la toute-puissance de l'objectivité qui dicte sa loi. Il est la plus grande distance, la distance absolue. Le sujet ne peut se poser qu'en s'emparant de cette distance. Pour l'instant, l'argent est la seul médiation. Il ne peut plus être question d'une quelconque idéologie, mais de reconnaissance pratique. Notre ambition ne peut que nous amener à construire nos amitiés. C'est dans cette construction à l'œuvre que nous trouvons finalement le sens de ce que nous avons toujours cherché.
Andréa Doria. 14 août 1991.
« Rien qui fût proche encore, et je n'étais qu'au loin
l'écho du fond des temps et aussi du futur. »
(NOVALIS)
Bella,
Je souris que tu puisses voir ma fin prochaine comme un échec. Est-ce l'amie qui souffre déjà ?
Mais ai-je voulu guérir ? Ma défense a été de nier la maladie, puis de faire en sorte qu'un principe supérieur aux aléas qu'elle m'impose décide : j'ai voulu vivre à fond, ça oui !
Je suis parvenue à mon but, celui de ne pas me laisser prendre la tête quoi qu'il advienne. Stratégiquement, j'ai doublement gagné. Face aux « métastaflics » qui cherchaient à investir mes émotions, j'ai cultivé l'indifférence jusqu'au superbe ; j'ai su à temps ( ?) couper le lien avec la médecine, ce monde qui s'engraisse des cancers et autres saloperies qu'il nous refile. La médecine est une bureaucratie, elle planque son ignorance comme secret d'État.
Ensuite, les « flicastases », ces charognes bien portantes qui m'ont filée, sans honte ni difficulté, durant des années, n'auront pas d'avantage réussi à m'isoler. Ah !Ah !Même éloignée, mes amis étaient avec moi.
Et mieux encore, ô luxe, ô jouissance suprême, j'ai organisé ma fin avec mes amis comme une situation que l'on construit. La date de la commune séparation est décidée, ce point d'accord dans le temps est un repère pour un départ : fin et commencement à la fois. Je serai dans le futur de mes amis, dans leurs orientations communes ; je dis « nous » en parlant d'un temps où je ne serai plus. Voilà de quoi relativiser l'idée de la mort ordinairement admise.
Cette date, plus ou moins arbitrairement choisie, il faut la voir comme un seuil de qualité voulu ensemble en deçà duquel il serait sacrilège de revenir.
La liberté que j'affirme est celle d'une individualité concrète, c'est-à-dire intimement liée à celle de « ses » autres, une liberté sociale. On ne vit que de communication, j'en suis la démonstration vivante.
Ma liberté ?
Ni victoire,
Ni défaite,
Je suis sûr de mes amis.
N'Dréa
Andréa est morte à la date qu'elle a choisie, le 15 août 1991
Dans Os Cangaceiros, Février 1992.
[1] Avec le prétexte, soi-disant incontestable de l'urgence absolue, on tenta avec autorité de m'arracher « juste une petite signature » pour expérimenter un « nouveau » produit. Comble de l'inversion, on me demandait d'être responsable de mon irresponsabilité, dégageant par une décharge, celle d'un labo et d'un hôpital, bref, d'être cobaye informé et consentant.
[2] Sanofi : laboratoire travaillant pour Elf Aquitaine.
[3] Protocole : réglementation des traitements du cancer ; en chimiothérapie, par exemple, la liste des produits ainsi que les doses administrées sont strictement réglementées ; cela est d'ailleurs l'objet d'accords passés entre États. Le respect de ces règles est à la charge d'un « Comité d'éthique ».
[4] Beljansky : professeur dissident et marginalisé, il établit ses propres traitements avec les produits qu'il met au point.
[5] Récidive : la médecine utilise les mêmes mots que l'administration pénitentiaire. Vos tumeurs n'ont pas été vaincues par un traitement… C'est une baffe. Elles résistent, se rebellent encore une fois. Tuer le mal, extirper les puissances mauvaises, cellules délinquantes cellules possédées. Tu es maligne, tu meurs ! Le Diable, toujours lui !
[6] xxx :C'est à partir de l'été 1987 que la police politique, renforcée de plusieurs services de police judiciaire, entrepris de mener une enquête systématique, à grande échelle, visant à neutraliser Os Cangaceiros. Ce qui nous compliqua un peu la vie.
[7] Au lecteur : je ne sais que conseiller à d'autres. Il n'est pas deux cas semblables. J'ai vu des femmes revenir après vingt ans de répit ; une femme qui avait le même type de cancer que moi, mourir bien avant. Ici, je parle de mon expérience, je ne me pose pas en exemple : une tumeur du col de l'utérus ou de la prostate retirée à temps semble éradiquée pour de bon. Le facteur temps joue un rôle important : pris très vite, la chance est aussi plus grande.
[8] Poisons : sûr ! Vos veines sont niquées après une année de chimio, votre cœur essoufflé, votre foie, n'en parlons pas !
[9] Caryotype : arrangement caractéristique des chromosomes d'une cellule spécifique d'un individu, par extension, photographie de cet arrangement.
Os Cangaceiros était un groupe autonome actif dans la deuxième partie années 80. la compilation des trois numéros du journal éponyme est disponible en PDF sur basse intensité
À l'heure où les mouvements sociaux ont été écrasés par le capital, les roses et les rouges peuvent tranquillement rafler la mise de nos espoirs brisés. Oui, puisque nous avons perdu, la bourgeoisie avance : c'est comme ça que ça marche. Que cela nous pousse dans les bras des réformistes ou des léninistes, c'est une autre histoire qui devrait être interrogée . Mélenchon n'est pas notre ami, et les soi-disant révolutionnaires qui veulent diriger eux-mêmes le pays pour notre plus grand bien non plus.
« ... et dans la réforme les lier »
Les Insoumistari
Le premier point, ça devrait être acquis : on peut mettre un bulletin dans une urne pour défendre nos intérêts matériels sans se mettre à lécher les pieds d'un gars qui dit très clairement qu'il veut continuer le capitalisme. On peut aussi ne pas mettre ce bulletin, d'ailleurs. Posons une chose : l'extrême-droite n'est qu'une tête de l'hydre. Ce qui doit être combattu ce n'est pas elle en soi, mais toutes les formes du capital. Se battre corps et âme à gagner cinq ans pour qu'au final un gars continue de faire tenir les rouages qui mènent au fascisme n'a aucun putain de sens. Rappelons à cet égard que les mesures « de gauche » sont toujours des mesures qui servent les racines de ce système de merde que sont l'étatisme et le capitalisme. La sociale-démocratie ici, c'est toujours le fascisme quelque-part, tout simplement parce que le capitalisme et l'exploitation impliquent des éléments fascisants dans leur production et leur reproduction. Or les gouvernements de gauche ne tiennent pas magiquement sur des lois complètement différentes de ceux de droite.
Ces éléments réactionnaires sont contenus dans les programmes de gauche : sous le vernis des améliorations, ce qui est proposé est de maintenir et reproduire les fondements de la violence capitaliste. Taxer les gros capitalistes par exemple, beaucoup de gens trouvent ça super : ça veut juste dire que l'argent qu'ils gagnent en exploitant des travailleurs dans d'autres pays nous reviendra un peu plus à nous qu'à eux, que ça tombera un peu plus dans la poche de l'État et un peu moins dans celles du patronat. En gros, au lieu que les patrons bouffent eux-mêmes les produits du néo-colonialisme, c'est nous qui allons les bouffer un peu. Merci mais si c'est ça la grande différence de la gauche avec les autres, on va laisser...
Voici un post instagram qu'on traduit un peu comme on peut, qui développe ce point et qui parle de HITLER mesdames et messieurs on est comme ça, dans la nuance, allons-y tout de go : « Adolf Hitler était un social-démocrate. Le génocide et le racisme mis de côté, c'était toujours un petit politicien de merde. Les gens comme lui existent encore de nos jours. Kamala Harris, Tim Waltz, Gavin Newsome... ils partagent la philosophie économique d'Hitler. La seule différence est qu'ils ne sont pas ouvertement des suprémacistes blancs (c'est débattable). La social-démocratie c'est du capitalisme avec un visage humain, et donc pour pouvoir prodiguer un petit paradis à ta population aryenne tu dois ou bien être engagé dans un état de guerre constant (l'Allemagne d'Hitler) ou bien tu dois avoir le Tiers Monde qui construit toutes tes merdes pendant que tu restes avantageusement assis au sommet du monde à jouer aux innocents (l'Europe du Nord). En résumé : la social-démocratie a toujours besoin de l'impérialisme pour fonctionner ». [1]
Soyons clairs : c'est vrai. On réfute le terme « social-démocrate » pour parler de Hitler car pour nous ça renvoie précisément au courant réformiste du socialisme, mais on comprend l'idée et on est d'accord avec : tout ça c'est du capitalisme. Les versions plus ou moins fascisantes, plus ou moins sociales-libérales ou libérales-autoritaires, plus ou moins néo-réformistes du capital ne proposent pas de ruptures fondamentales les unes par rapport aux autres. Ce sont des modes de gestion, qui ont plus en commun qu'ils n'ont de différences.
La pensée de gauche n'est ainsi pas une négation de la pensée de droite, elle en est une variante. Elle est celle qui consiste à refouler de nos esprits les aspects intrinsèquement fascistes et impérialistes du capitalisme pour se faire croire que c'est une question de gouvernement, et qu'il existe des « bons gouvernements », pour peu que les gens votent bien. Le système, lui, n'est pas remis en question. En gros : « on voudrait que les symptômes du capitalisme disparaissent mais les causes ne nous gênent pas. » Et, fonctionnellement : « on veut les avantages que l'exploitation et les oppressions du capitalisme nous octroient, mais on ne veut pas voir les rouages, ni que ça se passe ici ».
Il y a dans la vision même qu'on s'est forgée de l'extrême-droite, et dans la construction de la gauche comme son antithèse, quelque-chose d'absolument raciste et dégueulasse : Hitler – revenons à lui – est vu comme une anomalie dans la normalité paisible, une incarnation de l'horreur au-delà de tout... Alors que les pays qu'il a combattus étaient des empires coloniaux. Ainsi quand Césaire dit que le fascisme est un « choc en retour », un retour en Europe des logiques politiques que les bourgeoisies blanches appliquaient à l'extérieur, c'est vrai. La seule chose « inacceptable » qu'Hitler ait faite, c'est de porter la logique coloniale au sein de l'Europe même : les horreurs, elles, sont pour les bourgeoisies d'une banalité totale. Il suffit de se rappeler que le capitalisme s'est en partie construit sur l'enrichissement dû à la production de canne à sucre, donc précisément sur l'esclavage, et que les États-Unis ont fondé leur État sur un génocide, et sur l'esclavage aussi. Tous appliquent les mêmes logiques, car ce sont les logiques du capital.
Si les bourgeoisies allemande et italienne ont tenté aux alentours de 1930 d'envahir une partie de l'Europe, ça n'est donc pas par un machiavélisme supérieur de beaucoup à l'esprit noble et distingué de leurs homologues , mais justement parce que les autres forces européennes et américaines avaient déjà bouffé le « gâteau » et apporté la violence comme système partout où c'était possible. Il ne restait donc pas tant d'autre possibilité pour augmenter la captation de plus-value, point sans lequel une bourgeoisie s'écroule, que tenter l'annexion de pays déjà eux-mêmes coloniaux. En fait, ce qu'on appelle fascisme, et qu'on oppose à la « gauche », pourrait très bien correspondre à ça : quand l'horreur capitaliste arrive là où elle ne « devrait pas », c'est-à-dire sur nous. Tandis que le Front Populaire, qui a maintenu le colonialisme, peut être dit « antifasciste » car il a relégué la violence maximale, fondamentale au capital, un peu plus loin de la vue pour se contenter de la violence « acceptable » - déjà hardcore sa mère on est d'accord. Aucun pays, aucun gouvernement n'était pas atrocement criminel dans la deuxième guerre mondiale, il faut le comprendre, et l'analyse qui tente de faire de Hitler une exception, en opposant artificiellement extrême-droite et gauche – ou plus généralement extrême-droite et « République » - dans leurs fonctionnements profonds, cause énormément de dommages à l'analyse politique.
C'est un point fondamental. Les massacres et les génocides, les systèmes concentrationnaires, les logiques débordant l'exploitation salariale pour tendre vers des formes de servitude plus ou moins avancées voire extrêmes ne sont pas des exceptions ou des aberrations du capital. Au contraire, elles sont son indispensable corollaire, son pilier de fonctionnement, elles sont la logique fondamentale de l'accumulation de la plus-value sans laquelle il ne tient pas. La différence entre les différents types de régimes capitalistes – fascistes, droitisants, ou de gauche, même « radicale » - ne tient pas à autre chose qu'au niveau de visibilité assumé de ce fait, et à quel point la violence concerne aussi les travailleur.euse.s au sein du pays même.
Alors quand on nous parle de « l'extrême-droite aux portes du pouvoir », une extrême-droite face à laquelle il faudrait se mobiliser en votant « gauche radicale » comme on devait voter Macron ou Chirac auparavant, la seule chose qu'on comprend, c'est que le brouillage des pistes a gagné. Les différentes fractions du capital ont bien su utiliser la propagande pour créer un mythe des « bons bourgeois contre les mauvais », mythe qui les arrange tous. Une grosse partie de la militance tombe dedans, décidant que le réformisme de gauche est le bien pour lequel il faut lutter corps et âme, bec et ongles, tractage aux municipales et posts insta moralisateurs. La lutte des classes est morte, vive le front de gauche. Et tant pis pour la révolution : car en démocratie, tous les cinq ans, il faut se mobiliser pour éviter le pire (le pire étant différent selon les circonstances). Et entre temps le faire pour les législatives, et le faire pour les municipales, et le faire pour les européennes, etc. Il reste peu de temps et d'énergie pour autre chose, à la fin. Tant que ces échéances rythment notre vie, la récupération est constante, le surgissement de la révolte court-circuité sans arrêt.
Il se joue parallèlement à cette captation de l'énergie dans les processus institutionnels une confusion bizarre entre ligne politique et conscience des oppressions. À écouter beaucoup de monde, on dirait que « être anti-oppressif » signifie texto « être sauce-dem », voire léninisant (car anti-impérialiste, etc). On a envie de dire que de ce point de vue le « wokisme » existe bel et bien, en tant que signe égal mis entre ces deux points, comme une obligation morale. Ainsi depuis que Mélenchon monte, on voit se multiplier les take type « les abstentionnistes / anarchistes qui allez pas voter Mélenchon, vous êtes pas les alliés que vous croyez ». On répond sans sourciller, depuis le courageux anonymat de cette brochure : « les sauces-dem qui faites passer votre ligne politique pour la réalité objective, vous êtes des sauces-dem avant d'être des alliés ou des concernés » [2]. Pouf, ça c'est envoyé, dans les dents.
Car pour adhérer autant à la gauche il faut croire sans questions ce qu'elle dit d'elle-même. On nous excusera de pas gober le truc. Plongeons-nous dans le mandat Mélenchon deux secondes. Sous LFI, les CRA existeront toujours, et vous verrez bien comment ils traiteront les étrangers ou les militants contre les frontières. Sous Mélenchon, la police existera toujours, même si sûrement un peu plus bridée, or la police n'a qu'un seul rôle, et elle le tiendra. Sous Mélenchon, le travail existera toujours, or le travail EST l'institution de l'exploitation, indiscernable de ses composantes les plus fondamentales : exploitation racialisée et genrée... qui fondent le racisme et le sexisme systémiques [3]. D'une façon ou d'une autre, Mélenchon continuera de nourrir les racines mêmes de ce qui finit par s'incarner sous la forme de l'extrême-droite, tout simplement parce que le seul moyen de ne pas les nourrir est de démanteler le capitalisme [4], chose dont il n'a aucune envie et qui ne viendra pas de lui. Lui, au contraire, se propose magnanimement en continuateur.
Affirmer, comme la gauche le fait, qu'il pourrait exister un capitalisme moins suprémaciste, moins patriarcal, un capitalisme dont l'exploitation serait un juste régime salarial pour tout le monde est un mensonge absolu. Ce mensonge a une fonction : faire dériver les désirs d'émancipation dans des théories moins radicales, moins difficiles, moins absolument demandantes que la révolution. Il suffit de voter et de pousser tout le monde à le faire et hop ! ça sera bon. Ça permet à une partie de la militance de se sentir investie d'une mission d'éveil des consciences bien surplombante typique des socialos autoritaires. Et si c'est pas bon, tkt, dans cinq ans on repart. Nous, on pense que ça pue la merde. Qu'on a autre chose à foutre que de se mobiliser pour ça. Qu'on préfère pas faire semblant qu'on fait quelque-chose si ce quelque-chose c'est : servir les récupérateurs de nos colères et de nos espoirs, ces connards qui, en jouant la carotte entre les coups de bâton, participent à la paix sociale tout autant que la droite et l'extrême-droite [5].
Donc rappelons quelques points qui nous paraissent très importants.
1. Les révolutionnaires ne sont pas responsables de l'arrivée de la droite au pouvoir, même quand ils ne votent pas.
2. La gauche n'est qu'une des formes du capital. Et c'est par une vision raciste/sexiste, car occultant les réalités impérialistes, suprémacistes, structurellement sexisantes du capital, que cette gauche parvient à se rendre acceptable voire « désirable ». Elle est à cet égard une saloperie sans nom, car elle distord la réalité du capital dans nos têtes, brouille la lutte des classes en la transformant en « lutte de la droite contre la gauche ».
3. Ce point n'exclut ni le fait que les fractions dominantes de la bourgeoisie ne veulent pas de Mélenchon à la tête de l'État, ni qu'un mandat sous son gouvernement serait moins violent qu'un mandat sous n'importe quel autre parti présidentiable. Pour autant, il faut bien comprendre ce que veut dire ce troc : un peu moins de violence localisée et spécifique contre le maintien et la continuation de la violence partout ailleurs, dans l'écrasante majorité des sphères de la société. Le maintien et la continuation de la violence comme modèle d'organisation de la société. Et la paix sociale voire le soutien des militants à un mandat qui sert l'exploitation et son fonctionnement patriarcal-racial-écocide. Ce n'est pas notre programme.
4. Être révolutionnaire ne consiste pas à faire le plus confortable : en l'occurrence, se rallier derrière le premier parti sauce-dem venu, même si sans révolution en vue d'ici-là évidemment qu'on espère que ce sera plus lui que les autres connards encore pire. On a peur comme tout le monde, et bien sûr qu'on veut le moins de violence possible, et bien sûr que si c'en est d'autres le niveau de violence sera un voire plusieurs crans au-dessus. Et bien sûr que ça retombera sur les personnes oppressées, puisque le capital fonctionne comme ça. On n'est pas dans le déni, et la situation nous plaît pas.
Mais c'est juste pas la question. Si la situation en est là c'est pas à cause des abstentionnistes mais des défaites dans les luttes concrètes, défaites que l'électoralisme alimente en nous mobilisant sur les enjeux des bourges. Et défaites qui seront tout autant provoquées par une police de gauche qu'elles le sont par la police actuelle. On est pas là pour dire « Mélenchon c'est plus gentil que Retailleau alors vote Mélenchon », on est là pour tendre vers la conflictualité avec ceux qui permettent à ce système de se perpétuer.
Si une propagande est à faire, c'est donc aussi bien pour démonter le discours de la droite et de l'extrême-droite que pour montrer en quoi Mélenchon fait partie du système capitaliste bien plus qu'il ne le combat, et en quoi le capitalisme est fondamentalement une horreur sans nom, sous toutes ses formes, de droite comme de gauche. Seul ce type de discours peut nourrir les buts que l'on poursuit, à savoir donner de la force à tout ce qui peut aller vers le renversement de ce putain de système de merde pour mettre en place le communisme/l'anarchisme. Dans cette optique, passer son temps à soutenir Méluche/ à ne taper que sur l'extrême-droite nous paraît complètement contre-productif. En fait, donner notre temps et notre énergie à investir les échéances électorales, autrement que pour en montrer ou en attaquer la nature bourgeoise, nous semble être une putain d'aberration. On est pas la gauche, on veut pas l'être, on la vomit. Même si ça n'empêche pas qu'en attendant, en effet, nos défaites nous poussent à espérer plutôt lui qu'un autre.
5. Enfin, quand on dit tout ça sur « lui plutôt qu'un autre » etc, on veut quand même poser qu'on le dit en négatif, par rapport au programme des autres : oui, si c'est lui, ça n'est pas Le Pen, Philippe ou Retailleau. Mais le concernant lui, on n'a pas beaucoup d'attentes. Une partie de la sphère militante semble avoir fait de lui son nouveau Jésus en partant du principe qu'il fera tout ce qu'il a promis. On veut rappeler que c'est un politicien qui veut avant tout être élu. Pour le reste, ce qu'il voudra réellement faire, ce qu'il pourra réellement faire, c'est une autre histoire, mais rappelez-vous bien que Mitterrand aussi s'est présenté plusieurs fois avant d'être élu et ça l'a pas rendu plus radical dans les actes. De même, le Front Populaire en 36 a aussi été élu sur le sujet de « la menace fasciste » et les seules avancées réelles qu'il a mises en place sont celles que le prolétariat a contraint le patronat à accepter ; autrement, c'était un parti sauce-dem basique qui comptait pas faire grand-chose. Et qui a, comme tout bon parti de « gauche radicale » qui se respecte, détricoté tout ce qu'il pouvait de droits de notre camp durant le reste de son mandat. Il nous paraît évident que Mélenchon élu, après quelques-mesures démago, va beaucoup, beaucoup, décevoir. Je veux dire, incarner et récupérer nos espoirs face à la montée de l'horreur du capital, c'est littéralement son boulot. Ça nous paraitrait vraiment bien si les voix militantes autour de cette campagne proposaient autre chose que la collusion basique avec la bourgeoisie.
Comme dans tous les moments d'élection, nos voix vont être plus inaudibles que d'habitude. C'est dans la révolte et les mouvements sociaux que nos aspirations existent et trouvent de l'écho : le terrain de l'État et des institutions est celui de la social-démocratie, depuis sa forme la plus légère et réformiste – Mélenchon – jusqu'au bout du spectre rouge qui tâche – léninistes, « radicaux », stals... Ils vont s'époumoner, ce moment est pour eux, mais au moins qu'on ne les laisse pas imposer leur vision autoritaire et la faire passer pour révolutionnaire là où on pourra l'empêcher [6].
D'une façon ou d'une autre, une fois Mélenchon élu, c'est contre lui et sa police, et contre une partie des « militants » transformée en supplétifs informels – gauchistes syndicalistes et léninistes – , qu'on devra sortir dans la rue pour se battre. Non, la révolution ne sera pas plus avancée ni plus facile sous Mélenchon. De même qu'elle n'était pas plus « objectivement avancée » à l'époque de l'URSS ou du Front Populaire : ces gens-là ne sont tout simplement pas nos alliés. Si l'avancée de l'extrême-droite n'est pas une bonne nouvelle, le renouveau de la gauche et de « l'espoir » mystificateur qu'elle incarne ne le sont pas, et ne le seront jamais non plus.
[1] Le compte c'est commissar_howitzer après on fait pas la pub, c'est pas vraiment un anti-autoritaire
[2] Oui c'est un peu un équivalent de « prout prout c'est celui qui dit qu'y est ». Mais des fois c'est un bon argument.
[3] C'est pourquoi la gauche réformiste passe son temps à mettre le sexisme et le racisme du côté de la conscience, de l'éducation, de l'individu : ça permet d'effacer la réalité des oppressions, qui sont des composantes de l'exploitation, et qui ne peuvent qu'être reproduites si ces composantes ne sont pas démantelées.
[4] A la fois en tant que structure, et en tant que rapport social
[5] Et la paix sociale, on est d'accord, c'est la guerre sociale en train d'être perdue
[6] Et ce, même s'ils utilisent pour ça tous les arguments les plus fallacieux – comme faire de leur ligne la seule envisageable si on « prend en compte le réel » ou mettre un signe égal entre « anti-autoritaire » et « privilégié ».
Dans l'éphéméride des luttes du 15 août, tandis que certain-e-s dansent à poil avec des fleurs dans les cheveux, d'autres se battent dans les rues et mettent en acte un antimilitarisme concret. Et des erreurs dramatiques sont commises.
1881 : Dans la nuit, soulèvement à Montceau-les-Mines. « Vers neuf heures du soir, une bande d'individus escalada une fenêtre de la chapelle du Bois-Duverne, plaça une cartouche de dynamite sur cette fenêtre et mit le feu à la mèche qui y était adaptée. […] A ce coup de dynamite, qui était un signal, les émeutiers, réunis dans la séance de la chambre syndicale dont il vient d'être parlé, se formèrent en colonne et marchèrent sur la chapelle, au nombre d'environ deux cents. […] Les révolutionnaires lancèrent ensuite des pierres dans les fenêtres du presbytère et […] la bande poursuivit sa route drapeau rouge et clairon en tête, aux cris de « Vive la Sociale ! » et « Mort aux bourgeois ! », embauchant des recrues à main armée et défonçant la boutique d'un armurier, chez lequel les émeutiers prirent des revolvers et des balles. […] On fit observer qu'on s'était trompé, que Paris et le Creusot étaient tranquilles, et la bande se dispersa ».
Albert Bataille, 18 octobre 1882, reproduit dans Quand on jugeait les anarchistes, La Louve éditions, Cahors, 2015, p.32-33.
1893 : A Paris, parution de La Revue Anarchiste.
1894 : Exécution de Sante Geronimo Caserio, qui avait poignardé à mort le Président de la République Sadi Carnot à Lyon le 24 juin. Extrait du procès : « Vous avez 20 ans. - Oui, l'âge des militaires qu'on envoie tuer leurs frères ».
Reproduit dans Quand on jugeait les anarchistes, La Louve éditions, Cahors, 2015, p.360
1895 : A Barracas, dans la province de Buenos Aires, parution du premier numéro du journal communiste anarchiste El Revolucionario, qui paraît quand il peut.
1913 : A Dublin éclate une grande grève générale, tout s'arrête.
1918 : Aux Etats-Unis, "Librado Rivera et Ricardo Flores Magon sont condamnés à quinze et vingt ans de prison pour avoir publié le 16 mars 1918, dans le journal "Regeneración" le manifeste "Aux anarchistes du monde et aux travailleurs en général". Ils seront conduits au pénitencier de Mc Neil Island".
Repris de l'éphéméride anarchiste (voir lien plus bas)
1927 : A Brisbane en Australie, les bureaux du Département des Enquêtes Criminelles est soufflé par une explosion puissante, qui provoque par la suite un incendie. Cet bombe est placée là par les anarchistes dans le cadre de la campagne de soutien aux anarchistes Italiens Sacco et Vanzetti, qui risquent la condamnation à mort aux Etats-Unis.
1965 : Au Chili, fondation du MIR (Movimiento de Izquierda Revolucionaria), le parti qui portera Salvador Allende au pouvoir.
1969 : - A Bethel aux USA, le festival de Woodstock commence.
1971 : Explosion dans un centre de recrutement de l'armée à Londres. Revendiqué quelques jours plus tard par la Cellule Moonlighter de la Angry Brigade, un groupe anarchiste.
1975 : A Brennilis dans le Finistère, le Front de Libération de la Bretagne - Armée Révolutionnaire Bretonne (FLB-ARB) fait sauter une charge d'explosifs qui endommage des accessoires annexes de la centrale nucléaire, empêchant son fonctionnement pendant un certain temps.
1977 : - A Lucca en Toscane, le groupe 'Lutte Armée pour le Communisme' fait sauter un répétiteur TV de Radio Montecarlo.
1984 : En Turquie, le PKK débute une campagne d'actions armées contre la police et la gendarmerie turques avec des attaques de casernes à Şemdinli et Eruh.
1987 : Incendie par les Rote Zora des magasins Adler dans neuf villes allemandes en soutien aux grèves des ouvrières du textile en Corée du Sud.
1988 : - A Marseille, incendie volontaire dans les locaux du Front National place Clément Levy, dans le XVIème arrondissement.
1991 : A Mexico, des groupes de guérilla font sauter les locaux d'IBM et un Mac Donald's.
1998 : A Omagh en Irlande du Nord, l'IRA 'véritable' (rIRA) pose une grosse bombe, ce qui se révélera être la plus dramatique action jamais réalisée au cours des troubles : 29 personnes perdent la vie. Le groupe avait prévenu la police plus de 40 minutes avant l'explosion, mais elle n'a rien fait de cette information ni fait évacuer la zone. Après coup, la rIRA annonce un cessez-le-feu pour s'excuser. Compris les enfants ? Ne faites pas confiance à la police pour la réussite de vos actions.
2006 : A Asheville, un incendie volontaire ravage un centre de recrutement de l'armée, faisant des dizaines de milliers de dollars de dégâts et forçant le centre à fermer et à se déplacer ailleurs.
2007 : A Notre-Dame-des-Landes, occupation du Rosier : c'est la première maison occupée sur la ZAD.
Voir l'éphéméride anarchiste du 15 août, pour patienter dans les bouchons.
En France, la montée en puissance des mouvements masculinistes inquiète jusqu'au Sénat. Misogynes, transphobes, suprématistes : ces courants ne convainquent pourtant pas tous les hommes qui se sentent menacés par le féminisme. Le « masculin sacré » ouvre une voie alternative pour trouver la meilleure façon d'être un homme sain, mais sans avoir à déconstruire ses privilèges.
Notre domination était là depuis le début et sera toujours là. L'égalité est impossible, car nous sommes tant différents sur tout un tas d'aspects. Les féministes, vous essayez de combattre la nature, c'est juste ridicule, professe Alex Hitchens. En tant qu'homme, lorsqu'on entend votre discours, on se demande si ce n'est pas une insulte pour nous, pour notre rôle au quotidien : devoir payer le restau à une femme, prendre soin d'elle, la défendre dans la rue et j'en passe. L'homme est nécessaire pour la survie de la femme. Vous savez quoi ? J'accepte mon rôle de macho. » Cet ancien basketteur est l'influenceur masculiniste le plus suivi de France. Dans cette vidéo, il reste poli, mais donne le ton victimaire et suprémaciste de la « Manosphère » qui enfle depuis les années 1960 d'un côté et de l'autre de l'Atlantique. Des hommes qui rejettent l'égalité entre les sexes, souhaitent le retour à une société patriarcale traditionnelle – si tant est qu'elle ait disparu ! – et flirtent avec l'extrême droite. En France, c'est Éric Zemmour qui prophétise non seulement la guerre raciale, mais aussi celle des sexes. Le 5 juin dernier, le renseignement intérieur s'inquiétait de la radicalisation masculiniste et de son succès auprès des adolescents : appels au viol ou au meurtre, projets d'attentats et autres joyeusetés traînent sur les réseaux. L'idée, controversée, d'une « crise de la masculinité » se répand et séduit de plus en plus d'hommes. Pour autant, certains ne se retrouvent pas dans la violence mascu.
« Pouvoir parler de ce qu'on ressent sans être raillé, c'est très rare pour un homme »
Ils s'en remettent alors au « masculin sacré », inspiré par son pendant féminin, plus connu. Un courant encore confidentiel qui mêle syncrétisme spirituel, développement personnel et psychologie. Kinésiologues, praticiens de Tantra, énergéticiens ou encore astrologues le définissent sur les sites spécialisés comme « l'essence même de l'homme, ce qu'il est à sa naissance avant tout conditionnement ou impact de son environnement ». Alors alliés ou imposteurs ?
Maîtrise le guerrier en toi« Un jour, un homme a passé toute la séance à pleurer et il n'est plus jamais revenu. Il n'était pas prêt à faire bouger les lignes. » Stéphane* est déçu, mais l'anecdote prouverait que les cercles de paroles en non-mixité qu'il supervise, moyennant 40 euros, tapent juste. « Les hommes qui viennent me voir sont perdus, ils ont développé leur féminin, mais ils en ont oublié leur masculin. Très souvent, ils n'ont pas réussi à couper le cordon avec leurs mères. Ils risquent de se retrancher dans des caricatures ou de développer de la colère à l'encontre des femmes, interprète-t-il. Ils ont peur de leur puissance, moi le premier. Je me suis retrouvé à ne plus oser l'utiliser et à me faire bouffer sur tous les plans de ma vie. » Bun naissant, collier de perles, biceps avalé par le tatouage d'une divinité bouddhiste, le quarantenaire, ingénieur informaticien devenu coach, se présente sur son site comme « un homme gardien à l'énergie christique, prêt à vous guider vers votre alchimie intérieure ». Il s'est converti au masculin sacré il y a une petite dizaine d'années. Deux événements existentiels – devenir père et la mort du sien – ainsi qu'une initiation au chamanisme ont déclenché la remise en question. « Ma seule référence masculine, c'était mon père qui ramenait le salaire à la maison et mettait les pieds sous la table. Cette image du masculin ne me convenait pas. C'est le chemin de la spiritualité qui m'a permis de me rendre compte qu'il pouvait y avoir différentes manières d'incarner le masculin. J'ai senti le besoin que l'on se retrouve entre hommes, en dehors de ces pratiques-là. »
Tout est affaire de rééquilibrage des « énergies primordiales » à partir « d'archétypes » masculins et féminins
Depuis quatre ans, Stéphane* vend toutes sortes de stages, des week-ends de ressourcement, moyennant environ 600 euros, au voyage initiatique en Mongolie, à partir de 3 495 euros. L'idée ? Faire comprendre aux hommes qu'ils « ne sont pas obligés de taper du poing sur la table pour incarner leur puissance. Là où la construction sociale leur dit le contraire ». Pour lui, tout est affaire de rééquilibrage des « énergies primordiales » à partir « d'archétypes » masculins et féminins. Une manière de synthétiser le concept d'inconscient collectif du psychiatre et psychologue Carl Gustav Jung, la cosmogonie animiste, le panthéon vaudou ou encore le tarot de Marseille. Les masculinistes obsédés par la virilité, la compétitivité et l'agressivité – « typiques du guerrier » – devraient bosser leur côté guérisseuse par exemple. Lors de ses séances de « constellations archétypales »1, le coach peut effleurer une matière potentiellement explosive : le viol ou l'inceste. « Depuis que je travaille avec les constellations, je suis effaré du nombre de traumas liés à la sexualité chez les femmes. » Sans blague. À terme, il envisage d'élargir le cercle à la mixité, « mais ça dépend, si elles sont toujours en train de ruminer “le masculin m'a blessée” et que leur seule attente c'est qu'on s'excuse, ce n'est pas équilibré ». Pour lui, la difficulté immédiate, c'est l'absence de réglementation dans la nébuleuse du développement personnel. « Il y a à boire et à manger dans le milieu de la spiritualité. Certains tuteurs qui accompagnent n'ont pas conscience qu'ils ont eux-mêmes besoin d'être supervisés. » Les constellations familiales sont dans le viseur de la Miviludes2, de même que le ManKind Project, qui rassemble plus de 4 000 Français. Cette branche du masculin sacré, née dans l'Amérique post guerre du Vietnam, organise des stages survivalistes pour « surmonter ses limites, acquérir une aptitude au leadership et explorer une masculinité saine et mature, en rejetant les stéréotypes machistes », d'après la page francophone officielle.
Psychologie partout, politique nulle part« Pour moi, le masculin sacré ne peut pas être masculiniste parce qu'on n'a aucun dogme, il n'y a aucune injonction. » Yvan*, amateur de taoïsme et de développement personnel, est entré dans le milieu pour trouver des solutions à ses propres souffrances. « La santé mentale des hommes est très inquiétante aujourd'hui parce que, culturellement, ils n'ont pas le réflexe d'aller voir un thérapeute – c'est d'ailleurs une charge émotionnelle de plus pour les femmes. Il y a plein de raisons à ça, qu'elles soient économiques, politiques… Je ne suis pas victimaire, mais #MeToo en a créé aussi. Les hommes n'ont pas d'espace pour être entendus, ils n'ont pas accès à leurs émotions, donc ils ne savent pas les gérer. »
« Il y a des énergies biologiques liées au sexe tout simplement »
Le trentenaire, « facilitateur » de retraites masculines et animateur en communication non violente, place la parole en non-mixité au centre : « Pouvoir parler de ce qu'on ressent sans être raillé, c'est très rare pour un homme. La plupart de ceux qui viennent sont hétéros donc s'il y avait des femmes, ça créerait un enjeu de séduction. On est dans une société genrée donc forcément, on rencontre des problématiques similaires entre nous. Et puis il y a des énergies biologiques liées au sexe tout simplement. » Les spiritualités que ces hommes empruntent – en mettant en valeur les figures du chaman, du samouraï ou du moine combattant – ressemblent à un enrobage virilo-compatible qui anoblirait le fait d'exprimer une vulnérabilité. Mais « ça peut donner une image un peu perchée de nos pratiques », regrette Yvan qui nuance par ailleurs le procès fait aux masculinistes – des médias qui feraient du buzz –, même s'il reconnaît des dérives. Par contre, les clichés associés au féminisme ont la peau dure : « J'ai lu une phrase marquante dans un livre féministe :“la meilleure manière d'être un homme, c'est de ne pas être un homme”, c'est pas très inspirant pour nous. »
Qu'importe, dans le milieu du masculin sacré, on évite soigneusement le terrain politique. La question trans leur brûle les mains – déso, pas déso, restez chez les queers. Le fameux « prends ta vie en main si tu veux que ça change » reste de mise. Mais à trop se voiler la face sur les ressorts politiques qui l'ont fait naître, le masculin sacré pourrait ressembler au serpent qui se mord la queue. Comme le rappelle le politiste Francis Dupuis-Déri dans son ouvrage La Crise de la masculinité : autopsie d'un mythe tenace3, « malgré les bonnes intentions du début des hommes proféministes, l'initiative de se regrouper entre hommes a ouvert la voie au développement de l'idéologie masculiniste […]. Des dominants qui se regroupent […] ont tendance à partager leurs inquiétudes face aux subalternes et à leurs revendications pour plus de liberté et l'égalité ». CQFD.
Orianne Hidalgo-Laurier1 . Adaptation des constellations familiales. Cette méthode de thérapie consiste en une mise en situation au sein d'un groupe pour mettre en lumière les relations qui relient les membres d'une même famille, l'origine des situations, des vécus et des blocages afin de les pacifier.
2 . Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
3 . Éditions du remue-ménage, 2018.
La série radiophonique « Ils dévoraient la ville avec imagination » retrace l'histoire de Souffles, revue marocaine de poésie d'avant-garde née en 1966. Jusqu'à l'arrestation de plusieurs de ses membres en 1972, elle a participé à un large mouvement culturel révolutionnaire. Six beaux épisodes signés Ella Bellone.
Au premier trimestre 1966 sort dans les kiosques marocains une revue. La Une est sobre, soleil noir sur fond blanc cassé : Souffles (Anfâs en arabe). « Ça ne payait pas de mine, ça ne coûtait pas cher, je l'ai achetée. Je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose de nouveau », témoigne Abdelkader Lagtaâ, un futur contributeur. La revue, fondée collectivement par Mostafa Nissaboury, Abdellatif Laâbi et Mohammed Khaïr-Eddine, rassemble des poètes qui veulent réinventer leur art, une langue et exploser les cadres. De ces ambitions premières, littéraires et radicales, la série radiophonique – disponible à l'écoute sur le site de l'INA – entremêle lectures, créations sonores et témoignages. Les noms des protagonistes n'étant cités qu'à la fin de chaque épisode, l'ensemble crée une forme de chorale collective, racontant les ambitions d'une époque où la politique s'immisce vite.
Mars 1965, un an avant la sortie du premier numéro, une révolte partie de l'université de Casablanca entraîne des manifestations dans tout le pays dont la répression provoque un millier de morts. Une génération politique se crée. Déçus par la soumission à l'ancienne puissance coloniale dix ans après l'indépendance, pétris des luttes internationalistes de leur époque, les membres de Souffles créent des ponts avec d'autres mouvements, à l'étranger. La revue commence à faire parler d'elle, et le référentiel idéologique s'oriente rapidement vers le marxisme-léninisme. « Notre intention était la révolution, on ne voulait pas que cette revue soit une institution, on voulait qu'elle soit tout le temps en mouvement. »
En juin 1967, la guerre des Six Jours menée par Israël contre ses voisins entraîne – entre autres – l'occupation de larges territoires de la Palestine, et la prise de conscience du « problème » palestinien dans le reste du monde arabe, notamment au Maghreb. « Il a fallu attendre la guerre de 1967 pour qu'on découvre qu'on était arabes », témoigne Abdellatif Laâbi. Dès lors, la préoccupation pour la Palestine devient constante. En 1969, un numéro spécial lui est consacré, un tournant dans l'histoire de la revue. Car la guerre des Six Jours marque pour beaucoup l'échec des régimes panarabes. Une critique de gauche naît : ces régimes ne sont pas « allés assez loin dans la transformation sociale de leur pays ». L'équipe de Souffles passe à la contestation politique frontale. Une organisation clandestine est créée. Cette deuxième époque voit les audiences augmenter, et une version en arabe est éditée.
La série radiophonique prend le temps d'explorer l'ambiance d'une époque, ses aspirations autant que ses questionnements. En 1972, de multiples arrestations ont lieu, beaucoup sont torturés, dont Abdellatif Laâbi qui passera plusieurs années derrière les barreaux. Accusé d'avoir voulu faire tomber la monarchie, une seule preuve sera amenée lors de son procès : tous les exemplaires de Souffles.
Margaux WartelleYailín Laffita von den Hove est anthropologue. Dans sa thèse, elle étudie l'impact du démantèlement de l'industrie sucrière de Cuba au début des années 2000 sur ses ancien·nes travailleur·euses. Plongée dans les mémoires collectives et les quotidiens en crise d'une île qui tente de se maintenir debout.
Pourquoi avoir fait une thèse en anthropologie, et pourquoi précisément à Cuba ?
« J'ai grandi à Cuba, à la Havane. Mon père est cubain et ma mère est belge, c'est pour ça que je suis venue étudier en Belgique, où j'ai conduit ma thèse. L'anthropologie m'a notamment permis de retourner faire du terrain sur l'île et d'être au plus près du quotidien des personnes, loin des analyses géopolitiques. Cuba, c'est un sujet clivant et idéologiquement chargé. Quand les gens en parlent, c'est souvent noir ou blanc, avec des idées très arrêtées. Par exemple, la question qui revient tout le temps c'est : “Alors, est-ce que les gens y croient à la révolution ?” J'espérais que mes recherches puissent apporter un peu de nuance là-dedans. »
Comment en es-tu venue à travailler sur les travailleuses et travailleurs de l'industrie sucrière de Banes ?
« J'ai d'abord commencé à m'intéresser au développement du travail indépendant dans la région de Viñales, dans le contexte du dégel des relations avec les États-Unis après 2014. Je voulais savoir quelles étaient les reconfigurations dans la vie quotidienne des travailleur·euses, dans ce contexte de prospérité retrouvée. Puis, comme une partie de ma famille vient de l'est, j'ai voulu voir comment ça se passait dans une région qui ne bénéficiait pas du boom du tourisme. C'est comme ça que j'ai atterri à Banes, dans la province de Holguín. En arrivant, j'ai visité le site de la centrale sucrière de la ville qui a fait vivre la communauté pendant des décennies, aujourd'hui démantelée. Là, j'ai compris à quel point le sucre avait été monumental dans l'histoire de Cuba.
J'ai décidé de me concentrer sur les trajectoires personnelles et professionnelles et les dynamiques quotidiennes des ancien·nes travailleur·euses de l'agro-industrie sucrière et de leurs familles.
« À partir de la Révolution, l'industrie sucrière incarne le progrès, la diversité culturelle et surtout la libération du peuple cubain »
Mon objectif était de répondre à deux questions. D'abord : que sont devenu·es les travailleur·euses du sucre après le démantèlement de l'industrie ? L'autre question, c'est comment le rapport au temps et à l'histoire de ces personnes a évolué ? Deux dimensions centrales à Cuba, puisque l'histoire a un rôle très important dans le discours révolutionnaire et dans la construction de l'imaginaire autour de l'identité cubaine. »
La question de l'identité cubaine, ou « cubanía », est intimement liée à celle du sucre, pour quelles raisons ?
« Le sucre a d'abord été un symbole du passé colonial sous l'Empire espagnol avec l'organisation du travail sous le régime des plantations, puis de dépendance avec l'installation de la United Fruit Company (UFC) étatsunienne à l'indépendance en 1901. En 1959, c'est la Révolution et les grandes nationalisations. Le sucre est alors réhabilité comme élément fondateur de l'identité cubaine, avec tout un discours officiel qui balaye les violences que le sucre représentait, pour mettre en avant sa contribution à l'État productif socialiste. À partir de là, l'industrie sucrière incarne le progrès, la diversité culturelle et surtout la libération du peuple cubain. On entend encore aujourd'hui ce dicton : “Sin azúcar, no hay país” (“Sans sucre, le pays n'existe pas”).
« À Banes, j'ai compris à quel point le sucre avait été monumental dans l'histoire de Cuba »
Après la Révolution, la figure des travailleur·euses du sucre a été revalorisée et glorifiée comme celle des “révolutionnaires par excellence”. C'est ce qui explique aussi comment le démantèlement de l'industrie sucrière a profondément impacté ces communautés, qui se sont demandées : sans sucre, qui sommes-nous ? »
À Banes, en particulier, quelle place a occupé le sucre ?
« À Banes, la ville s'est structurée autour de la production et l'exploitation du sucre à partir de l'indépendance de Cuba. La UFC y a installé la centrale sucrière Boston qui a organisé la vie de la communauté pendant la première moitié du siècle : hôpital, logements, réseau d'égouts… Tout était détenu par la compagnie. En 1959, la centrale est nationalisée et prend le nom de Nicaragua. L'État concrétise alors sa vision techniciste et productiviste du progrès : le complexe agro-industriel (CAI) voit le jour dans les années 1980. Il incarne ce futur industriel qui doit permettre à l'État de mettre en œuvre les mesures sociales promises. L'objectif est de centraliser toutes les activités qui gravitent autour de la production du sucre : les logements, la culture de fruits et légumes, l'élevage d'animaux pour l'alimentation des travailleur·euses… À Banes il y a même des glaçons produits au sein du CAI ! C'est une forme de mini-version de l'État cubain dans l'organisation de la vie et le rapport des gens à la centrale. C'est une période de prospérité et d'épanouissement pour les habitants. »
Jusqu'au démantèlement…
« Oui, mais tout cela a été un long processus, à la fois confus et brutal. Le démantèlement a commencé en 1998 suite à ce qu'on appelle la “Période spéciale en temps de paix”, la première crise politique et économique. Avec la dissolution du bloc soviétique, plus rien n'arrivait sur l'île, et le sucre ne s'exportait pas. En 2002, le gouvernement décide de diviser par deux la production sucrière et acte un plan de restructuration. La centrale Nicaragua en fait partie. Les travailleur·euses ont perdu leur travail, alors même qu'on leur avait dit que leur travail était essentiel à la réussite du pays. Le démantèlement est vécu comme une trahison. C'était très émouvant de faire des entretiens avec ces hommes et ces femmes pour qui la centrale sucrière était une fierté, toute leur vie. C'est un vrai traumatisme, l'un des travailleurs avec qui j'ai parlé m'a raconté avoir perdu la vue pendant trois ans. D'autres ont fait des décompensations nerveuses. Ça a été d'autant plus dur qu'à Banes la promesse de se reconvertir dans le tourisme ne tient pas la route comme dans d'autres régions de Cuba, parce que le secteur ne peut pas absorber toute la main d'œuvre. »
En retraçant la trajectoire historique de l'industrie sucrière, tu racontes l'évolution du rapport des travailleur·euses à l'État révolutionnaire cubain. Tu écris : « La Révolution […] produit ou s'approprie des discours, joue un rôle dans la formation des personnes, exige travail et sacrifice, engendre des attentes et des frustrations. » Quelles formes ont pris ces attentes et ces frustrations ?
« La Révolution est un concept polysémique : il renvoie à la fois à une structure étatique, une classe dirigeante, un évènement historique ou encore un projet national encore en cours. Les Cubain·es s'y rapportent de différentes manières, c'est une négociation constante. Par exemple, pendant longtemps les communautés ont adhéré aux discours officiels qui mobilisent énormément les figures et les batailles pour l'indépendance de la patrie. Selon elleux, c'est dans les luttes passées que l'on va trouver les outils pour solutionner les enjeux du présent. À partir de la “période spéciale”, les vécus des travailleur·euses ont commencé à diverger. À Banes, comme les justifications de l'État sont jugées insatisfaisantes, on va expliquer le démantèlement de l'industrie sucrière par l'incompétence de certains dirigeants ou par le fait que l'état n'a pas assez défendu les travailleur·euses.
« Les références à Fidel Castro et au discours révolutionnaire ne mobilisent plus comme avant »
Ces contre-discours, j'ai commencé à les entendre ces dernières années quand Cuba est entrée dans le “Moment conjoncturel”. Un nouvel euphémisme pour une nouvelle séquence de crise… Avec Trump, le renforcement du blocus, l'intervention militaire au Venezuela, c'est maintenant l'incertitude qui prime. »
Comment ce rapport s'illustre aujourd'hui, alors que le gouvernement cubain vient de livrer, en juin, un nouveau paquet de réformes économiques qui rompt complètement avec le projet socialiste ?
« Je me suis beaucoup demandé si l'analyse de ma thèse n'était pas déjà obsolète. Les 176 mesures récemment adoptées par le Parlement sont une rupture dans l'essence même de l'économie socialiste. Elles impliquent de mettre un terme à la planification, d'ouvrir aux investisseurs privés étrangers des secteurs stratégiques ou encore de supprimer le caractère universel des aides sociales. Or, la nuance et l'ambivalence vis-à-vis de l'État dont les Cubain·es me faisaient part pendant les entretiens sont déjà fortement affaiblies aujourd'hui. Les références à Fidel Castro et au discours révolutionnaire ne mobilisent plus comme avant alors que leur quotidien devient de plus en plus difficile, entre files d'attente et coupures de courant... On se demande : “Où est-ce que le sucre nous a menés finalement ? À quoi tout ça nous a servi ?” On navigue entre un passé inutile et un futur incertain. »
Propos recueillis par Laëtitia GiraudLe ministère de l'Intérieur se vante d’une «coopération particulièrement précieuse» avec la police italienne de Giorgia Meloni, l'affaire se dégonfle déjà
L’article Montage policier : perquisitions, famille menottée et 100 heures de gardes à vue sur la base de présomptions est apparu en premier sur Contre Attaque.
Avec près de 6.000 décès de trop en juin et au moins 4.000 en juillet, les vagues de canicules ont tué au minimum 10.000 personnes.
L’article Le nombre de victimes de la canicule va dépasser les 10.000 morts, le gouvernement responsable est apparu en premier sur Contre Attaque.
Vosges matin / vendredi 14 août 2026
Plusieurs tags allant à l’encontre du maire RN (Rassemblement national) de Nomexy, Yann Traiteur, et de son parti sont apparus sur la façade de la mairie dans la nuit de jeudi à vendredi. À l’encre rouge, jaune et blanche on peut notamment y lire « Yann Fürhrer », « siamo tutti antifascisti » ou encore « RN dehor ».
[…] L’élu doit déposer plainte dans la journée.
Le nombre de tags, les différentes encres utilisées et les écritures qui paraissent différentes laissent supposer que plusieurs personnes seraient à l’origine de ces tags. […]
ICI / vendredi 14 août 2026
Suspectée d’avoir tagué la maison familiale des Le Pen à la Trinité-sur-Mer (Morbihan), dans la nuit de jeudi à vendredi, une personne a été placée en garde à vue. Deux inscriptions ont été retrouvées sur la maison, selon les informations d’ICI.
La maison des Le Pen à la Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan, a été taguée dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 août, a appris ICI auprès de la gendarmerie. Les faits se sont produits aux alentours de minuit et, selon nos informations, deux inscriptions « Non au R-Haine » au feutre noir ont été apposées sur le portillon et sur un mur.
Un homme de 45 ans a été placé en garde à vue. C’est dans la commune de la Trinité-sur-Mer que Jean-Marie Le Pen est enterré, sa tombe avait été dégradée en janvier 2025.
Alors qu'il entame sa quinzième année de prison, Mickaël Gilgenmann continue à subir l'acharnement de l'administration pénitentiaire (AP) et des surveillants de la prison de Moulins-Yzeure. Après de nombreuses années en prison, et alors qu'il est aménageable depuis plus de cinq ans, aucune perspective de sortie n'est envisageable, tant que Mickaël reste enfermé en maison centrale plutôt qu'en centre de détention (prison aux mesures moins sécuritaires) et inscrit au répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS).
Dans la nuit du 3 au 4 août 2026, notre ami Mickaël a fait une tentative de suicide quelques heures après qu'un des surveillants de Moulins-Yzeure lui a dit : « vas-y fous toi en l'air, t'as plus que ça comme solution ».
Mickaël n'est pas suicidaire et n'a pas envie de mourir. Les maltraitances et la violence qu'il subit au sein de la prison de Moulins-Yzeure l'ont amené à s'ouvrir les bras, le ventre et à faire une tentative de suicide. Il n'avait jamais attenté à sa vie jusqu'ici.
La direction et les surveillants de Moulins-Yzeure lui refusent des soins décents en l'abandonnant dans sa cellule alors qu'il est blessé, ou en le recousant sans anesthésie.
Ils l'empêchent de prendre des douches et d'aller en promenade.
Ils l'isolent en coupant de façon intempestive ses appels sur la cabine.
Ils l'infantilisent et le menottent à chaque mouvement.
Ils l'humilient avec des propos racistes à l'encontre des Voyageurs.
Ils lui refusent un transfert vers un centre de détention.
Ils ne l'ont jamais désinscrit du registre des DPS, contrairement à ce qu'ils promettent depuis un an.
Ils utilisent des motifs bidons tels qu'un dessin d'hélicoptère dans l'un de ses courriers pour prolonger de telles mesures.
Ils donnent des coups de pied dans la porte de sa cellule pour l'empêcher de dormir la nuit.
Ils ne lui délivrent pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance.
Ils ne prennent aucun rendez-vous médical pour la pose de ses prothèses auditives, malgré une prescription médicale hospitalière urgente en ce sens.
Ils veulent le laisser devenir sourd, alors que c'est le coup de pied d'un maton dans son tympan qui a provoqué sa surdité.
Ils lui nient sa dignité.
Et suite à tout ça, il a failli mourir.
Nous tenons et tiendrons entièrement responsable la prison Moulins-Yzeure de toute éventuelle atteinte à la santé et à l'intégrité physique et mentale de Mickaël.
Mickaël Gilgenmann exige :
Nous invitons toute personne à manifester son soutien auprès de Mickaël en envoyant un courrier à la direction de l'administration pénitentiaire. Ci-dessous leur adresse et, si besoin, un modèle de lettre à leur faire parvenir.
Nom, adresse
Direction de l'administration pénitentiaireObjet : Alerter de toute urgence sur le risque vital encouru par M. Mickaël Gilgenmann
Madame, Monsieur,
Je vous écris car, en tant que proche ami de M. Mickaël Gilgenmann, je suis aujourd'hui particulièrement préoccupé par sa situation. Il est actuellement incarcéré à la prison de Moulins-Yzeure.
M. Gilgenmann est incarcéré depuis 2012. Sa date de sortie est fixée à janvier 2032. Il entre dans sa quinzième année d'emprisonnement et, bien qu'il n'ait jamais été condamné par une cour d'assises, aucune réelle perspective de réinsertion ne lui a jamais été proposée. Cela fait plus de cinq ans qu'il pourrait en principe bénéficier d'un aménagement de peine.
Pourtant, il y a un an, la direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure s'était formellement engagée auprès de M. Gilgenmann à envisager son transfert vers un centre de détention et sa désinscription du répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS). Ces deux promesses ne se sont jamais concrétisées ; or vous n'êtes pas sans savoir que le statut DPS et le maintien en maison centrale plutôt qu'en centre de détention ne peuvent que peser très défavorablement sur le parcours d'exécution de peine d'un prisonnier et sur ses démarches de réinsertion. M. Gilgenmann a déjà passé de très nombreuses années en maison centrale sous le statut DPS. Les faits qui lui sont reprochés à l'appui de ces mesures spécifiques à son encontre sont anciens, et M. Gilgenmann n'a aucune raison de récidiver.
De plus, le personnel pénitentiaire du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure provoque systématiquement M. Gilgenmann. Les brimades, humiliations et vexations sont quotidiennes : l'accès à la douche lui est refusé, il fait l'objet de remarques discriminatoires à l'encontre des gens du voyage, la nuit les surveillants donnent des coups dans la porte de sa cellule pour l'empêcher de dormir, on ne lui remet pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance, ses communications depuis la cabine téléphonique sont interrompues par des coupures intempestives, aucun rendez-vous médical n'est prévu pour la pose de ses prothèses auditives malgré une prescription médicale hospitalière en ce sens, etc.
M. Gilgenmann a alerté les chefs de détention et la direction du centre pénitentiaire, mais ses signalements n'ont été suivis d'aucun effet. À la fin du mois de juillet et au début du mois d'août 2026, M. Gilgenmann s'est automutilé, et ses blessures nécessitaient la pose de points de suture sur ses bras et son ventre ; ce qui n'a été fait que partiellement et sans anesthésie. Dans la nuit du 3 au 4 août, quelques heures après qu'un surveillant lui a dit : « Vas-y, fous-toi en l'air, t'as plus que ça comme solution », il a fait une tentative de suicide. Jusqu'à ce jour, il n'avait envisagé d'attenter à sa propre vie à aucun moment de son parcours en détention.
Il convient de rappeler que M. Gilgenmann a entamé le 26 janvier 2026 une grève de la faim et de la soif qu'il n'a interrompue qu'après que la direction de Moulins-Yzeure a renouvelé sa promesse d'envisager la levée de sa gestion isolée et de son inscription au répertoire DPS, et un transfert en centre de détention. Vous ne pouvez ignorer ces faits que nous avons déjà porté à votre connaissance sur le moment.
En tant que proche de M. Gilgenmann, je suis tout à fait conscient de l'impasse dans laquelle la direction et le personnel du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure le place en toute connaissance de cause ; il va donc sans dire que je considérerai l'administration pénitentiaire pleinement responsable de toute atteinte à sa dignité, à sa santé et à son intégrité physique et mentale.
Par la présente, M. Gilgenmann et moi-même rappelons la direction du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure et, par voie de conséquence, la direction de l'administration pénitentiaire, à leurs propres engagements.
En vous remerciant par avance pour l'attention que vous voudrez bien porter à ce sujet grave, et dans l'attente d'actes clairs et rapides de votre part,
Cordialement,
Nom prénom
RMC / jeudi 13 août 2026
Des logos anarchistes et des inscriptions insultantes. Un terrain de golf a été vandalisé à Tremblay-sur-Mauldre dans les Yvelines. Dans la nuit du 29 au 30 juillet, trois greens ont été saccagés à coups de bêche, endommageant le gazon sur 15 à 20 centimètres. Des tags « bourgeois de merde, sport de luxe » inscrits à la bombe ont également été découverts.
« C’est la première fois à ce niveau-là », se désespère ce jeudi 13 août sur RMC Emmanuel Bachot, le directeur du golf de Tremblay-sur-Mauldre qui évoque des endroits « massacrés ». « On a déjà eu des intrusions qui n’entraînaient pas de gros problèmes mais ce phénomène (de dégradations, ndlr) est déjà arrivé sur différents golfs alors que Europe 1 évoque des dégradations similaires ces dernières semaines à Roissy-en-France (Val-d’Oise) et à Noues-de-Sienne (Calvados).
« J’ai dû remettre tout en état pour que les joueurs puissent rentrer mais si on doit tout remettre parfaitement en place, c’est 20.000 euros par green, soit 60.000 euros pour les trois », dénonce Emmanuel Bachot. […]
Mais le terrain pourrait avoir été visé pour sa supposée consommation d’eau alors qu’une majeure partie de la France fait face à une sécheresse d’ampleur et que d’autres golfs ont été la cible d’écologistes par le passé.
[…] Sur son site la Fédération française de golf indique qu’en période de sécheresse, seuls les greens sont arrosés, soit 1 à 2% de la surface totale d’un parcours de golf. La consommation nationale moyenne annuelle d’eau d’un golf est de 25.000 m3 par an et par tranche de 9 trous selon un rapport de 2013 du ministère de l’Ecologie et 70 % des golfs ont une consommation inférieure à la moyenne.
Ce même rapport estime à 29 millions de m3 d’eau par an la consommation du parc golfique français soit 0,7% de l’eau douce consommée dans l’Hexagone et la Corse. La consommation annuelle du parc golfique équivaut à la consommation annuelle d’eau d’une ville de 450.000 habitants.
Le samedi 5 septembre à 16h30 rendez-vous au Geyser pour la présentation de la cartographie réactualisée de l'extrême droite en Lorraine.
Cette nouvelle cartographie est le fruit d'un travail de recherche collectif par le RAGE (Réseau Antifasciste du Grand Est).
Collectifs, militant.es, sympathisant.es vous êtes les bienvenu.es pour apprendre sur les groupes et individus implantés sur le territoire lorrain, et pour les combattre !
Carto, affiche, T-shirt, stickerset print à prix libre. ↙️↙️↙️
Rendez-vous le mercredi 26 août à 20h au Geyser – 11 Grande rue, Nancy.
Un film brutal et sincère sur le traumatisme et l'amnésie liés aux violences sexuelles vécues dans l'enfance : « précis dans la caractérisation sociale et la description du quotidien et habile pour nuancer ce réalisme avec des envolées d'onirisme et d'humour ».
Attention, le film traite de sujets sensibles de façon explicite. On vous recommande de venir accompagné·e de quelqu'un·e à qui tenir la main si ces thématiques vous touchent particulièrement !
La projection sera suivie d'un moment de convivialité autour d'une boisson, de grignotages vegans et de musique.
Venez nombreux·ses <33
Cette brochure provient d'infokiosques.net.
page 2 : C'est quoi ?
page 2 : Ça vient d'où ?
page 4 : Comment se passe la verbalisation ? page 7 : La contestation en pratique page 11 : Suites de la contestation page 11 : Résister collectivement à l'AFD page 12 : Sources
Gaffe aux apparences : l'amende forfaitaire délictuelle n'est pas une simple amende.
Au moment où les flics nous la collent, on ne se rend souvent pas compte de la différence, jusqu''à ce qu'on reçoive l'avis et qu'on tique sur la somme demandée. Ou pire : qu'on se voit prélever direct sur notre compte bancaire.
Pas une simple amende car :
• elle punit un DÉLIT
• elle entraîne une inscription au casier (bulletins 1 et 2 si on ne la paye pas dans les temps)
• les sommes sont souvent de l'ordre de 800-900€ et peuvent aller jusqu'à 3000€
• elle ne peut pas être contestée comme une amende « classique » (voir p.7)
ça vient d'où ?
On rétropédale sur les dernières années au gré des lois qui ont renforcé l'arsenal répressif pour vous expliquer d'où ça vient ! Et comment elle a été pensé comme un outil de harcèlement financier des quartiers populaires et devient un nouvel outil répressif des mouvements sociaux. Initialement l'amende forfaitaire c'est fait pour désengorger les tribunaux et ça concerne surtout des délits routiers (conduite sans assurance ou sans permis).
En 2019, son champ de compétence est élargi au domaine social, avec en 1er lieu dans le collimateur, comme toujours, les quartiers populaires. Deux délits en particulier servent cet objectif de répression des populations marginalisées : l'occupation illicite en réunion des espaces communs d'un immeuble d'habitation et surtout l'usage de stupéfiants. On pense aussi au délit d'installation illicite sur un terrain qui vise très spécifiquement à réprimer la communauté des voyageur-euses, et qui servira aussi pour les ZAD.
L'AFD sert donc les politiques discriminatoires et de contrôle social, et ce d'autant plus qu'elle ne repose que sur la parole d'un flic consignée dans un procès verbal et ne laisse en pratique que peu de droit au recours. L'idée n'est plus seulement de désengorger mais d'apporter une réponse pénale « immédiate et effective ». Punir !
En 2023, après l'énorme mouvement des Gilets Jaunes, le pouvoir se dit qu'il est grand temps de s'en servir contre les mouvements sociaux et étend encore son domaine. Sont concernés désormais les délits de : filouterie de carburant, destruction ou dégradation d'un bien, tags, détention ou usage de fumigène, intrusion dans un établissement scolaire, atteintes à la circulation des trains, entrée illicite sur un terrain de sport, port d'arme de la catégorie D sans motif légitime, vol à l'étalage ( loi du 24 janvier 2023).
La liste n'est pas exhaustive (lien de la liste complète : https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/ bo/2023/20230228/JUSD2303546C-annexe.pdf) mais on voit très bien à travers ces exemples comment l'AFD peut être utilisée pour casser les contestations sociales.
Aujourd'hui, on constate de nombreuses délivrances d'AFD sur les dernières mobilisations, notamment le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre. Le précédent des GJ et l'occupation des ronds-points ont donné des idées : le délit d'entrave à la circulation peut être utilisé pour tout type de blocage routier (péage, rond-point, périph etc.). À coup de 900 balles pris dans les poches des pauvres, c'est sûr, ça va être dissuasif.
Dans les faits, le moment où on se prend la prune a toutes les apparences d'une situation banale de verbalisation. Cependant deux ou trois détails peuvent nous faire tiquer et nous amener à adopter des stratégies différentes, déjà pour être sûr.es du type de sanction qu'on est en train de subir.
Qui décide de l'AFD ?
Elle est délivrée par un policier (police nationale) ou gendarme qui « constate l'infraction ». À noter que ça ne peut pas être donnée par la municipale. Ça ne peut pas être donné non plus à une personne mineure.
Résister au moment du contrôle
1. La procédure est censée s'appliquer que si la personne accepte le principe d'une verbalisation et reconnaît les faits. En théorie, il est donc possible de refuser une Amende Forfaitaire Délictuelle et le refus de la signer devrait en être une preuve. En pratique, les flics mettent la pression et te font parfois signer des papiers sans dire ce que c'est.
Refuser une AFD c'est prendre le risque d'être emmené.e en GAV ou d'être convoqué.e à un procès ultérieurement, même si dans les faits les AFD ont été créées pour punir des infractions auparavant peu punies car les dossiers étaient vides et la justice trop engorgée. Ça peut donc valoir le coup de tenter de résister à cette procédure en tentant de refuser de signer !
Par ailleurs, c'est une procédure qui ne repose que sur la parole du flic consignée dans son procès verbal. Il peut donc faire de fausses accusations sans risquer de répercussions.
Des personnes ont reçu une AFD pour « usage de stupéfiant » alors qu'elles ne possédaient que du CBD sur elles [1]. Ou encore il y a eu des personnes verbalisées pour « port d'armes de catégorie D » alors qu'elles revenaient de pique-nique avec un petit couteau.
2. L'agent ne peut pas non plus donner d'AFD si plusieurs infractions sont constatées simultanément dont au moins une ne peut faire l'objet d'une procédure d'AFD. De même, cette procédure n'est pas censé être possible s'il y a besoin de plusieurs PV pour caractériser l'infraction.
Exemple : pour prouver le vol, il y a besoin de joindre vidéos/photos de la caméra de surveillance au dossier.
Comme il s'agit d'une procédure à PV unique, il est possible de tester une stratégie pour éviter l'AFD pour stup : a priori si tu refuses la destruction de la drogue saisie, les flics seront obligés de la garder en tant que scellés et donc d'ouvrir une enquête. Là encore, ça dépend de leur respect du droit et de la procédure, ce qui est loin d'être garanti...
Quelques autres pistes à vérifier
– Il semblerait que les flics aient besoin d'une tablette et smartphone Neo [2] pour éditer une AFD (ils en ont pas encore tous). <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH283/afd_1-79fff.png?1785939006>
Un policier utilise son téléphone NEO pour contrôler une identité avec la reconnaissance faciale.
– Si tu refuses de payer l'AFD immédiatement, les flics sont censés devoir te l'envoyer par courrier (note). En théorie, ca signifie qu'ils sont sensés ne pas pouvoir mettre d'AFD aux personnes ne disposant pas d'adresse. En pratique, les flics pourraient très bien en inventer une, donc pas sur que ça marche mais c'est possible de tester de refuser de déclarer une adresse au moment du contrôle.
(!) Le fait de donner une fausse adresse entraîne simplement la non-réception de l'avis d'AFD et n'empêche pas sa validité, voire même augmente les risques de l'avoir majorée... D'ailleurs les flics se fichent souvent de bien noter ton adresse et ont tendance à eux-mêmes faire des erreurs. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L426xH323/afd_2-1e9f7.png?1785939006>
Modèles de tablette et de téléphone NEO que les flics utilisent.
On verra plus bas qu'il arrive souvent de se rendre compte d'une AFD en étant directement prélevé.e sur le compte bancaire...
Dans tous les cas, on vous conseille de ne pas accepter de payer l'amende lors du contrôle quand les flics vous le proposent !
Casier
L'amende forfaitaire délictuelle entraîne une inscription au bulletin n°1 du casier judiciaire pendant une durée de 3 ans à compter du règlement de l'AFD mais pas au bulletin n°2 du casier judiciaire dès lors qu'elle a été réglée (le bulletin n°2 ou B2 est celui accessible à certains employeurs (travail dans le public ou avec des enfants globalement). La procédure de l'AFD entraîne également une inscription au fichier de Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ), c'est un fichier consulté par les flics (de la nationale) à chaque contrôle d'identité ou passage au commissariat. 6
<https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH531/afd_3-12186.png?1785939006>
La contestation en pratique
Pour le moment, on a peu de retours de contestations d'AFD, les personnes concernées sont au début des procédures et on imagine aisément que cela peut prendre au moins autant voire plus de temps qu'une contestation d'amende « classique ». Donc on s'attend à devoir attendre 6 mois/1 an pour avoir plus de retours.
2 cas de figures :
1. ON REÇOIT LE COURRIER
Si la contestation a lieu après avoir reçu le 1er courrier, on l'appelle alors « requête en exonération » :
• on a 45 jours
• on doit la formuler par lettre recommandée avec accusé de réception au ministère public (l'adresse se trouve dans l'encadré réservé à la contestation : Service de traitement des AFD à Rennes) ou sur le site de l'ANTAI
• on doit y joindre l'original de l'avis de contravention
• on doit motiver notre demande, c'est-à-dire expliquer pourquoi on conteste
• on doit consigner la somme sinon notre requête sera irrecevable. Le montant de la consignation dépend de l'infraction retenue.
(!) Consigner la somme n'est pas comme payer l'amende même si financièrement, sur notre compte c'est la même.
Mais attention : si on confond les 2 et qu'on paye l'amende par la voie de paiement, même partiellement, il n'est plus possible de la contester.
Si la requête n'est pas acceptée, on reçoit un avis d'amende forfaitaire majorée. On peut continuer à contester.
La contestation s'appelera alors une « réclamation » :
• on a 30 jours
• on doit la formuler par lettre recommandée avec accusé de réception au ministère public (l'adresse se trouve dans l'encadré réservé à la contestation : Service de traitement des AFD à Rennes) ou sur le site de l'ANTAI
• on doit y joindre l'original de l'avis d'amende forfaitaire majorée
• on doit motiver notre demande, c'est-à-dire expliquer pourquoi on conteste
2. ON N'A RIEN REÇU ET ON EST/VA ÊTRE PRÉLEVÉ.E
Mais parfois on n'a jamais reçu le 1er courrier et on découvre qu'on s'est pris.e une amende forfaitaire délictuelle au moment du prélèvement sur notre compte.
En effet si rien n'est fait dans les 30 jours suivant la majoration, il y émission d'un titre exécutoire qui permet de prélever directement sur les salaires / livrets d'épargne / comptes courants… (cf. conditions d'insolvabilité).
C'est ce qu'on appelle le recouvrement forcé.
L'amende est alors inscrite au casier judiciaire, aussi bien sur le bulletin n°1 que sur le bulletin n°2.
La banque est sommée de le faire mais elle doit aussi logiquement nous informer qu'une telle saisie est en cours. Bien sûr, la banque prend au passage des frais bancaires...
Tips pour s'éviter un prélèvement sauvage de l'État :
Si on laisse sur un compte courant moins ou l'équivalent d'un RSA seulement, l'état ne peut pas prélever d'argent dessus. Certaines personnes prévoient donc de retirer en espèce leur RSA le jour où il arrive sur le compte pour limiter les risques de saisie.
Si on reçoit un avis de prélèvement à venir, ça s'appelle « saisie administrative à tiers détenteur » (SATD), il faut :
• aller à sa banque dire qu'on s'oppose au prélèvement et doubler cela avec un envoi en lettre recommandée avec accusé réception à la banque pour dire qu'on est en procédure de contestation de l'amende.
• aller au centre du Trésor Public dont on dépend et demander un bordereau de situation (voir exemple sur l'image plus bas).
Ce bordereau correspond au relevé de toutes les prunes qu'on pourrait avoir sur le dos (contraventions simples et forfaitaires délictuelles). Il nous permet d'entrer en voie de contestation pour chaque cas où on n'a pas été averti.e et où nous n'avons pas pu contester, voire parfois même pour des cas où on a contesté mais pour lesquels on n'a jamais reçu de réponse. C'est important d'avoir gardé tous les éléments de preuve de nos contestations si on en a faites. Ils seront utiles à ce moment-là. <https://infokiosques.net/IMG/png/afd_4.png>
Il est fréquent de ne pas avoir été mis.e au courant d'une prune (simple ou forfaitaire délictuelle) car les envois sont en courrier simple. C'est donc un argument de très bonne foi de dire qu'on n'a jamais reçu l'amende. Rien ne le prouve ! Et demander la preuve de l'envoi peut être un moyen de les faire abandonner.
Qu'on ait déjà été prélevé.e ou pas, on peut toujours contester la procédure !
N'oublions jamais de tout faire par lettre recommandée avec avis de réception.
Et côté bancaire, si la banque nous a pris des frais, on peut aussi faire pression pour qu'elle nous les rembourse, en mettant en avant la contestation de l'amende et même si on n'a reçu aucune nouvelle suite à cette contestation.
Exemples de formulations pour la banque partant d'un cas concret de saisie à tiers détenteur :
Dans un 1er temps, la personne a écrit à sa banque qu'elle était en procédure et que par conséquent, tant que la procédure était en cours, ses voies de recours n'étaient pas épuisées et qu'ils n'étaient pas en droit de la prélever.
Au bout d'un an, et sans nouvelles de sa contestation, la personne a ré-écrit à sa banque pour dire que la procédure était prescrite et qu'ils devaient lui recréditer son compte, frais bancaires inclus (dans son cas ils étaient équivalent à 10% de sa prune). La personne a récupéré sa thune.
Suites de la contestation
Si la contestation d'une AFD est jugée recevable, le dossier est renvoyé au procureur de la république qui peut décider de classer sans suite ou ouvrir une enquête (ces amendes reposant seulement sur le PV d'un flic, les dossiers sont minces et il y a alors de fortes chances de classement sans suite !)
Si le parquet/ministère public décide quand même d'une enquête, il peut vous délivrer une citation à comparaître (donc un procès), une convocation pour CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité), une convoc pour recevoir une ordonnance pénale… Dans tous les cas, contactez une legal team pour faire face à cette procédure judiciaire et vous faire épauler d'un.e avocat.e.
Récidive ?
En principe, le fait de déjà avoir fait l'objet d'une AFD pour une infraction, suppose qu'on ne peut pas en « bénéficier » une deuxième fois. Il y a des exceptions comme pour le délit d'usage de stup ou de vol à l'étalage.
Demande de signalétique suite à une AFD
Il est possible de recevoir une convocation au commissariat à la suite d'une AFD pour aller faire un relevé de signalétique, c'est-à-dire se faire prendre en photo et relever les empreintes digitales, ensuite consignées dans le TAJ et le Fichier des empreintes digitales (FAED). Ces données sont ensuite systématiquement mobilisées lors de prochaines enquêtes à titre de comparaison (reconnaissance faciale à partir d'images de vidéo-surveillance, relevé d'empreinte sur un objet saisi, etc.). Il est possible de ne pas se rendre à la convocation, a priori on risque juste de se faire solliciter un relevé de signalétique à un prochain contrôle. Ne pas s'y rendre volontairement met un bâton dans les roues de la machine à ficher étatique...
Résister collectivement à l'AFD
Cette procédure toute nouvelle est encore peu connue par les avocat-es et collectifs anti-rep, et surtout elle isole beaucoup les personnes visées. Alors si toi ou un-e proche avez reçu une AFD, avez tenté d'y résister ou de contester, n'hésitez pas à en parler autour de vous et au collectif antirep proche de chez vous....
Pour rappel, liste (non-exhaustive) de collectifs antirep en fRance : https://rajcollective.noblogs.org/les-collectifs-locaux/
Appel à témoignages !
Vous pouvez aussi nous envoyer des témoignages écrits, des retours sur la brochure ou des questions sur temoignages-afd@systemli.org Les témoignages nous aident à ajuster nos conseils et stratégies de défenses face aux flics et à la justice... Ils ne seront pas diffusés sauf accord de son auteurice et restent anonymisés.
Protégeons-nous les un-es les autres face à cette matraque financière au service de la gentrification et de la répression des personnes marginalisées.
• Liste complète des infractions punies par AFD et montant des amendes : https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/bo/2023/20230228/JUSD2303546C-annexe.pdf
• Les institutions aussi critiquent l'AFD : 1 ) https://www.syndicat-magistrature.fr/notre-action/justice-penale/2499-l-extension-du-domaine-de-l-amende-forfaitaire-delictuelle-une-bascule-irresponsable-et-des-plus-dangereuses/
4 ) hhttps://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2025-05/rapport_mission_urgence_dejudiciarisation.pdf (p.19-20)
• Projet de loi police municipale : https://www.laquadrature.net/2026/03/06/projet-de-loi-polices-municipales-blanc-seing-pour-la-technopolice-municipale/
• Contester une contravention : https://paris-luttes.info/contre-la-matraque-financiere-15653
• Pour plus d'infos sur l'antirépression : https://rajcollective.noblogs.org/ressources-juridiques/ Voir en ligne : Paris luttes info
[1] Si ça vous arrive, on vous conseille d'autant plus de contester. Cette pratique courante des flics commence à être dénonçée car un test devrait avoir lieu avant la verbalisation, ce qui n'est presque jamais le cas. Cf. : https://www.mediapart.fr/journal/france/160426/la-cour-des-comptes-tire-un-bilan-severedes-amendes-forfaitaires-delictuelles
Cette brochure provient d'infokiosques.net.
page 2 : C'est quoi ?
page 2 : Ça vient d'où ?
page 4 : Comment se passe la verbalisation ? page 7 : La contestation en pratique page 11 : Suites de la contestation page 11 : Résister collectivement à l'AFD page 12 : Sources
Gaffe aux apparences : l'amende forfaitaire délictuelle n'est pas une simple amende.
Au moment où les flics nous la collent, on ne se rend souvent pas compte de la différence, jusqu''à ce qu'on reçoive l'avis et qu'on tique sur la somme demandée. Ou pire : qu'on se voit prélever direct sur notre compte bancaire.
Pas une simple amende car :
• elle punit un DÉLIT
• elle entraîne une inscription au casier (bulletins 1 et 2 si on ne la paye pas dans les temps)
• les sommes sont souvent de l'ordre de 800-900€ et peuvent aller jusqu'à 3000€
• elle ne peut pas être contestée comme une amende « classique » (voir p.7)
ça vient d'où ?
On rétropédale sur les dernières années au gré des lois qui ont renforcé l'arsenal répressif pour vous expliquer d'où ça vient ! Et comment elle a été pensé comme un outil de harcèlement financier des quartiers populaires et devient un nouvel outil répressif des mouvements sociaux. Initialement l'amende forfaitaire c'est fait pour désengorger les tribunaux et ça concerne surtout des délits routiers (conduite sans assurance ou sans permis).
En 2019, son champ de compétence est élargi au domaine social, avec en 1er lieu dans le collimateur, comme toujours, les quartiers populaires. Deux délits en particulier servent cet objectif de répression des populations marginalisées : l'occupation illicite en réunion des espaces communs d'un immeuble d'habitation et surtout l'usage de stupéfiants. On pense aussi au délit d'installation illicite sur un terrain qui vise très spécifiquement à réprimer la communauté des voyageur-euses, et qui servira aussi pour les ZAD.
L'AFD sert donc les politiques discriminatoires et de contrôle social, et ce d'autant plus qu'elle ne repose que sur la parole d'un flic consignée dans un procès verbal et ne laisse en pratique que peu de droit au recours. L'idée n'est plus seulement de désengorger mais d'apporter une réponse pénale « immédiate et effective ». Punir !
En 2023, après l'énorme mouvement des Gilets Jaunes, le pouvoir se dit qu'il est grand temps de s'en servir contre les mouvements sociaux et étend encore son domaine. Sont concernés désormais les délits de : filouterie de carburant, destruction ou dégradation d'un bien, tags, détention ou usage de fumigène, intrusion dans un établissement scolaire, atteintes à la circulation des trains, entrée illicite sur un terrain de sport, port d'arme de la catégorie D sans motif légitime, vol à l'étalage ( loi du 24 janvier 2023).
La liste n'est pas exhaustive (lien de la liste complète : https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/ bo/2023/20230228/JUSD2303546C-annexe.pdf) mais on voit très bien à travers ces exemples comment l'AFD peut être utilisée pour casser les contestations sociales.
Aujourd'hui, on constate de nombreuses délivrances d'AFD sur les dernières mobilisations, notamment le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre. Le précédent des GJ et l'occupation des ronds-points ont donné des idées : le délit d'entrave à la circulation peut être utilisé pour tout type de blocage routier (péage, rond-point, périph etc.). À coup de 900 balles pris dans les poches des pauvres, c'est sûr, ça va être dissuasif.
Dans les faits, le moment où on se prend la prune a toutes les apparences d'une situation banale de verbalisation. Cependant deux ou trois détails peuvent nous faire tiquer et nous amener à adopter des stratégies différentes, déjà pour être sûr.es du type de sanction qu'on est en train de subir.
Qui décide de l'AFD ?
Elle est délivrée par un policier (police nationale) ou gendarme qui « constate l'infraction ». À noter que ça ne peut pas être donnée par la municipale. Ça ne peut pas être donné non plus à une personne mineure.
Résister au moment du contrôle
1. La procédure est censée s'appliquer que si la personne accepte le principe d'une verbalisation et reconnaît les faits. En théorie, il est donc possible de refuser une Amende Forfaitaire Délictuelle et le refus de la signer devrait en être une preuve. En pratique, les flics mettent la pression et te font parfois signer des papiers sans dire ce que c'est.
Refuser une AFD c'est prendre le risque d'être emmené.e en GAV ou d'être convoqué.e à un procès ultérieurement, même si dans les faits les AFD ont été créées pour punir des infractions auparavant peu punies car les dossiers étaient vides et la justice trop engorgée. Ça peut donc valoir le coup de tenter de résister à cette procédure en tentant de refuser de signer !
Par ailleurs, c'est une procédure qui ne repose que sur la parole du flic consignée dans son procès verbal. Il peut donc faire de fausses accusations sans risquer de répercussions.
Des personnes ont reçu une AFD pour « usage de stupéfiant » alors qu'elles ne possédaient que du CBD sur elles [1]. Ou encore il y a eu des personnes verbalisées pour « port d'armes de catégorie D » alors qu'elles revenaient de pique-nique avec un petit couteau.
2. L'agent ne peut pas non plus donner d'AFD si plusieurs infractions sont constatées simultanément dont au moins une ne peut faire l'objet d'une procédure d'AFD. De même, cette procédure n'est pas censé être possible s'il y a besoin de plusieurs PV pour caractériser l'infraction.
Exemple : pour prouver le vol, il y a besoin de joindre vidéos/photos de la caméra de surveillance au dossier.
Comme il s'agit d'une procédure à PV unique, il est possible de tester une stratégie pour éviter l'AFD pour stup : a priori si tu refuses la destruction de la drogue saisie, les flics seront obligés de la garder en tant que scellés et donc d'ouvrir une enquête. Là encore, ça dépend de leur respect du droit et de la procédure, ce qui est loin d'être garanti...
Quelques autres pistes à vérifier
– Il semblerait que les flics aient besoin d'une tablette et smartphone Neo [2] pour éditer une AFD (ils en ont pas encore tous). <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH283/afd_1-79fff.png?1785939006>
Un policier utilise son téléphone NEO pour contrôler une identité avec la reconnaissance faciale.
– Si tu refuses de payer l'AFD immédiatement, les flics sont censés devoir te l'envoyer par courrier (note). En théorie, ca signifie qu'ils sont sensés ne pas pouvoir mettre d'AFD aux personnes ne disposant pas d'adresse. En pratique, les flics pourraient très bien en inventer une, donc pas sur que ça marche mais c'est possible de tester de refuser de déclarer une adresse au moment du contrôle.
(!) Le fait de donner une fausse adresse entraîne simplement la non-réception de l'avis d'AFD et n'empêche pas sa validité, voire même augmente les risques de l'avoir majorée... D'ailleurs les flics se fichent souvent de bien noter ton adresse et ont tendance à eux-mêmes faire des erreurs. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L426xH323/afd_2-1e9f7.png?1785939006>
Modèles de tablette et de téléphone NEO que les flics utilisent.
On verra plus bas qu'il arrive souvent de se rendre compte d'une AFD en étant directement prélevé.e sur le compte bancaire...
Dans tous les cas, on vous conseille de ne pas accepter de payer l'amende lors du contrôle quand les flics vous le proposent !
Casier
L'amende forfaitaire délictuelle entraîne une inscription au bulletin n°1 du casier judiciaire pendant une durée de 3 ans à compter du règlement de l'AFD mais pas au bulletin n°2 du casier judiciaire dès lors qu'elle a été réglée (le bulletin n°2 ou B2 est celui accessible à certains employeurs (travail dans le public ou avec des enfants globalement). La procédure de l'AFD entraîne également une inscription au fichier de Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ), c'est un fichier consulté par les flics (de la nationale) à chaque contrôle d'identité ou passage au commissariat. 6
<https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH531/afd_3-12186.png?1785939006>
La contestation en pratique
Pour le moment, on a peu de retours de contestations d'AFD, les personnes concernées sont au début des procédures et on imagine aisément que cela peut prendre au moins autant voire plus de temps qu'une contestation d'amende « classique ». Donc on s'attend à devoir attendre 6 mois/1 an pour avoir plus de retours.
2 cas de figures :
1. ON REÇOIT LE COURRIER
Si la contestation a lieu après avoir reçu le 1er courrier, on l'appelle alors « requête en exonération » :
• on a 45 jours
• on doit la formuler par lettre recommandée avec accusé de réception au ministère public (l'adresse se trouve dans l'encadré réservé à la contestation : Service de traitement des AFD à Rennes) ou sur le site de l'ANTAI
• on doit y joindre l'original de l'avis de contravention
• on doit motiver notre demande, c'est-à-dire expliquer pourquoi on conteste
• on doit consigner la somme sinon notre requête sera irrecevable. Le montant de la consignation dépend de l'infraction retenue.
(!) Consigner la somme n'est pas comme payer l'amende même si financièrement, sur notre compte c'est la même.
Mais attention : si on confond les 2 et qu'on paye l'amende par la voie de paiement, même partiellement, il n'est plus possible de la contester.
Si la requête n'est pas acceptée, on reçoit un avis d'amende forfaitaire majorée. On peut continuer à contester.
La contestation s'appelera alors une « réclamation » :
• on a 30 jours
• on doit la formuler par lettre recommandée avec accusé de réception au ministère public (l'adresse se trouve dans l'encadré réservé à la contestation : Service de traitement des AFD à Rennes) ou sur le site de l'ANTAI
• on doit y joindre l'original de l'avis d'amende forfaitaire majorée
• on doit motiver notre demande, c'est-à-dire expliquer pourquoi on conteste
2. ON N'A RIEN REÇU ET ON EST/VA ÊTRE PRÉLEVÉ.E
Mais parfois on n'a jamais reçu le 1er courrier et on découvre qu'on s'est pris.e une amende forfaitaire délictuelle au moment du prélèvement sur notre compte.
En effet si rien n'est fait dans les 30 jours suivant la majoration, il y émission d'un titre exécutoire qui permet de prélever directement sur les salaires / livrets d'épargne / comptes courants… (cf. conditions d'insolvabilité).
C'est ce qu'on appelle le recouvrement forcé.
L'amende est alors inscrite au casier judiciaire, aussi bien sur le bulletin n°1 que sur le bulletin n°2.
La banque est sommée de le faire mais elle doit aussi logiquement nous informer qu'une telle saisie est en cours. Bien sûr, la banque prend au passage des frais bancaires...
Tips pour s'éviter un prélèvement sauvage de l'État :
Si on laisse sur un compte courant moins ou l'équivalent d'un RSA seulement, l'état ne peut pas prélever d'argent dessus. Certaines personnes prévoient donc de retirer en espèce leur RSA le jour où il arrive sur le compte pour limiter les risques de saisie.
Si on reçoit un avis de prélèvement à venir, ça s'appelle « saisie administrative à tiers détenteur » (SATD), il faut :
• aller à sa banque dire qu'on s'oppose au prélèvement et doubler cela avec un envoi en lettre recommandée avec accusé réception à la banque pour dire qu'on est en procédure de contestation de l'amende.
• aller au centre du Trésor Public dont on dépend et demander un bordereau de situation (voir exemple sur l'image plus bas).
Ce bordereau correspond au relevé de toutes les prunes qu'on pourrait avoir sur le dos (contraventions simples et forfaitaires délictuelles). Il nous permet d'entrer en voie de contestation pour chaque cas où on n'a pas été averti.e et où nous n'avons pas pu contester, voire parfois même pour des cas où on a contesté mais pour lesquels on n'a jamais reçu de réponse. C'est important d'avoir gardé tous les éléments de preuve de nos contestations si on en a faites. Ils seront utiles à ce moment-là. <https://infokiosques.net/IMG/png/afd_4.png>
Il est fréquent de ne pas avoir été mis.e au courant d'une prune (simple ou forfaitaire délictuelle) car les envois sont en courrier simple. C'est donc un argument de très bonne foi de dire qu'on n'a jamais reçu l'amende. Rien ne le prouve ! Et demander la preuve de l'envoi peut être un moyen de les faire abandonner.
Qu'on ait déjà été prélevé.e ou pas, on peut toujours contester la procédure !
N'oublions jamais de tout faire par lettre recommandée avec avis de réception.
Et côté bancaire, si la banque nous a pris des frais, on peut aussi faire pression pour qu'elle nous les rembourse, en mettant en avant la contestation de l'amende et même si on n'a reçu aucune nouvelle suite à cette contestation.
Exemples de formulations pour la banque partant d'un cas concret de saisie à tiers détenteur :
Dans un 1er temps, la personne a écrit à sa banque qu'elle était en procédure et que par conséquent, tant que la procédure était en cours, ses voies de recours n'étaient pas épuisées et qu'ils n'étaient pas en droit de la prélever.
Au bout d'un an, et sans nouvelles de sa contestation, la personne a ré-écrit à sa banque pour dire que la procédure était prescrite et qu'ils devaient lui recréditer son compte, frais bancaires inclus (dans son cas ils étaient équivalent à 10% de sa prune). La personne a récupéré sa thune.
Suites de la contestation
Si la contestation d'une AFD est jugée recevable, le dossier est renvoyé au procureur de la république qui peut décider de classer sans suite ou ouvrir une enquête (ces amendes reposant seulement sur le PV d'un flic, les dossiers sont minces et il y a alors de fortes chances de classement sans suite !)
Si le parquet/ministère public décide quand même d'une enquête, il peut vous délivrer une citation à comparaître (donc un procès), une convocation pour CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité), une convoc pour recevoir une ordonnance pénale… Dans tous les cas, contactez une legal team pour faire face à cette procédure judiciaire et vous faire épauler d'un.e avocat.e.
Récidive ?
En principe, le fait de déjà avoir fait l'objet d'une AFD pour une infraction, suppose qu'on ne peut pas en « bénéficier » une deuxième fois. Il y a des exceptions comme pour le délit d'usage de stup ou de vol à l'étalage.
Demande de signalétique suite à une AFD
Il est possible de recevoir une convocation au commissariat à la suite d'une AFD pour aller faire un relevé de signalétique, c'est-à-dire se faire prendre en photo et relever les empreintes digitales, ensuite consignées dans le TAJ et le Fichier des empreintes digitales (FAED). Ces données sont ensuite systématiquement mobilisées lors de prochaines enquêtes à titre de comparaison (reconnaissance faciale à partir d'images de vidéo-surveillance, relevé d'empreinte sur un objet saisi, etc.). Il est possible de ne pas se rendre à la convocation, a priori on risque juste de se faire solliciter un relevé de signalétique à un prochain contrôle. Ne pas s'y rendre volontairement met un bâton dans les roues de la machine à ficher étatique...
Résister collectivement à l'AFD
Cette procédure toute nouvelle est encore peu connue par les avocat-es et collectifs anti-rep, et surtout elle isole beaucoup les personnes visées. Alors si toi ou un-e proche avez reçu une AFD, avez tenté d'y résister ou de contester, n'hésitez pas à en parler autour de vous et au collectif antirep proche de chez vous....
Pour rappel, liste (non-exhaustive) de collectifs antirep en fRance : https://rajcollective.noblogs.org/les-collectifs-locaux/
Appel à témoignages !
Vous pouvez aussi nous envoyer des témoignages écrits, des retours sur la brochure ou des questions sur temoignages-afd@systemli.org Les témoignages nous aident à ajuster nos conseils et stratégies de défenses face aux flics et à la justice... Ils ne seront pas diffusés sauf accord de son auteurice et restent anonymisés.
Protégeons-nous les un-es les autres face à cette matraque financière au service de la gentrification et de la répression des personnes marginalisées.
• Liste complète des infractions punies par AFD et montant des amendes : https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/bo/2023/20230228/JUSD2303546C-annexe.pdf
• Les institutions aussi critiquent l'AFD : 1 ) https://www.syndicat-magistrature.fr/notre-action/justice-penale/2499-l-extension-du-domaine-de-l-amende-forfaitaire-delictuelle-une-bascule-irresponsable-et-des-plus-dangereuses/
4 ) hhttps://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2025-05/rapport_mission_urgence_dejudiciarisation.pdf (p.19-20)
• Projet de loi police municipale : https://www.laquadrature.net/2026/03/06/projet-de-loi-polices-municipales-blanc-seing-pour-la-technopolice-municipale/
• Contester une contravention : https://paris-luttes.info/contre-la-matraque-financiere-15653
• Pour plus d'infos sur l'antirépression : https://rajcollective.noblogs.org/ressources-juridiques/ Voir en ligne : Paris luttes info
[1] Si ça vous arrive, on vous conseille d'autant plus de contester. Cette pratique courante des flics commence à être dénonçée car un test devrait avoir lieu avant la verbalisation, ce qui n'est presque jamais le cas. Cf. : https://www.mediapart.fr/journal/france/160426/la-cour-des-comptes-tire-un-bilan-severedes-amendes-forfaitaires-delictuelles
Cette émission de radio revient sur l'histoire de l'anarcho-syndicalisme en Espagne et de ses débats autour du communisme libertaire de la fondation de la CNT en 1910 à la révolution de 1936 à partir de Les chemins du communisme libertaire. L'anarcho-syndicalisme travaillé par ses prétentions anticapitalistes de Myrtille des Giménologues, paru en 2018 – avec Myrtille et Vincent des Giménologues, notamment auteurs sur ce sujet des deux autres tomes de Les chemins du communisme libertaire (Divergences, 2017 et 2019). À écouter sur la page de l'émission Sortir du capitalisme.
http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/cnt1.mp3
Une brève histoire de l'anarchisme espagnol et des luttes des classes populaires espagnoles de 1868 à 1910 ;
Une histoire de la création de la CNT en 1910 dans un contexte d'apogée du syndicalisme révolutionnaire ;
Une comparaison de l'évolution de l'anarcho-syndicalisme espagnol et du syndicalisme révolutionnaire français au cours des années 1910-1920 ;
Une histoire de la guerre sociale en Espagne entre 1917 et 1923 : grève générale des loyers, émeutes alimentaires, « auto-réductions », terrorisme patronal et auto-défense armée ;
Une analyse des rapports des anarchistes espagnols à la révolution russe et à la dictature de Primo de Rivera ;
Un résumé des débats au sein de l'anarchisme espagnol des années 1920 au sujet du travail, de l'industrie, du capitalisme, du communisme libertaire, du contrôle ouvrier et du syndicalisme ;
Une histoire de la renaissance de la CNT après la chute de la dictature de Primo de Riveira (1930) ;
Une analyse de la double nature de la CNT, entre syndicat revendicatif et contre-société à finalité communiste libertaire et à facettes multiples (bibliothèques libertaires, aide aux sans emploi et aux migrant-e-s, groupes de femmes, de naturistes et de végétariens, journaux anarchistes, revendication d'un « droit à la ville »).
http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/cnt2.mp3
Une histoire des débats entre syndicalistes « industrialistes » et communistes libertaires entre 1931 et 1936, notamment à l'aune de la scission de 1931, de l'échec des insurrections de 1932-33, des conséquences de la crise mondiale de 1929 et du revirement spectaculaire du théoricien anarchiste Santillan ;
Une description du programme communiste libertaire d'Isaac Puente de 1933, et son influence sur la motion au sujet du communisme libertaire et son triomphe lors du Congrès de Saragosse de 1936 ;
Une conclusion au sujet du dédoublement de l'anarchisme espagnol à partir de juillet 1936, entre communistes libertaires et bureaucrates syndicaux industrialistes.
Des liens en rapport avec cette émission sur http://sortirducapitalisme.fr/emissions/315-l-anarcho-syndicalisme-espagnol-entre-syndicalisme-industrialiste-et-communisme-libertaire-1910-1936
Cet été, il semble que les personnalités d'extrême droite aiment se rendre en Bretagne, mais cet amour n'est pas réciproque.
L’article Après «Frontières», Marine Le Pen passe de mauvaises vacances en Bretagne est apparu en premier sur Contre Attaque.
Dans la nuit du 3 au 4 août 2026, notre ami Mickaël a fait une tentative de suicide quelques heures après qu'un des surveillants de Moulins-Yzeure lui a dit : « vas-y fous toi en l'air, t'as plus que ça comme solution ».
Mickaël n'est pas suicidaire et n'a pas envie de mourir. Les maltraitances et la violence qu'il subit au sein de la prison de Moulins-Yzeure l'ont amené à s'ouvrir les bras, le ventre et à faire une tentative de suicide. Il n'avait jamais attenté à sa vie jusqu'ici.
La direction et les surveillants de Moulins-Yzeure lui refusent des soins décents en l'abandonnant dans sa cellule alors qu'il est blessé, ou en le recousant sans anesthésie.
Ils l'empêchent de prendre des douches et d'aller en promenade.
Ils l'isolent en coupant de façon intempestive ses appels sur la cabine.
Ils l'infantilisent et le menottent à chaque mouvement.
Ils l'humilient avec des propos racistes à l'encontre des Voyageurs.
Ils lui refusent un transfert vers un centre de détention.
Ils n'ont jamais demandé sa désinscription au registre des DPS, contrairement à ce qu'ils promettent depuis un an.
Ils utilisent des motifs bidons tels qu'un dessin d'hélicoptère dans l'un de ses courriers pour prolonger de telles mesures.
Ils donnent des coups de pied dans la porte de sa cellule pour l'empêcher de dormir la nuit.
Ils ne lui délivrent pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance.
Ils ne prennent aucun rendez-vous médical pour la pose de ses prothèses auditives, malgré une prescription médicale hospitalière urgente en ce sens.
Ils veulent le laisser devenir sourd, alors que c'est le coup de pied d'un maton dans son tympan qui a provoqué sa surdité.
Ils lui nient sa dignité.
Et suite à tout ça, il a failli mourir.
Nous tenons et tiendrons entièrement responsable la prison Moulins-Yzeure de toute éventuelle atteinte à la santé et à l'intégrité physique et mentale de Mickaël.
Mickaël Gilgenmann exige :
la fin de toutes les brimades et humiliations que les surveillants de la prison de Moulins-Yzeure lui font subir, ainsi qu'aux autres prisonniers ;
que la direction de la prison de Moulins-Yzeure et l'administration pénitentiaire respectent leurs engagements ;
la levée de son statut DPS ;
son transfert vers un centre de détention.
Des proches de Mickaël Gilgenmann
P.-S. : Nous invitons toute personne à manifester son soutien auprès de Mickaël en envoyant un courrier à la direction de l'administration pénitentiaire. Ci-dessous leur adresse et, si besoin, un modèle de lettre à leur faire parvenir.
Direction de l'administration pénitentiaire
13, place Vendôme
75042 Paris Cedex 1
Objet : Alerter de toute urgence sur le risque vital encouru par M. Mickaël Gilgenmann
Madame, Monsieur,
Je vous écris car, en tant que proche ami de M. Mickaël Gilgenmann, je suis aujourd'hui particulièrement préoccupé par sa situation. Il est actuellement incarcéré à la prison de Moulins-Yzeure.
M. Gilgenmann est incarcéré depuis 2012. Sa date de sortie est fixée à janvier 2032. Il entre dans sa quinzième année d'emprisonnement et, bien qu'il n'ait jamais été condamné par une cour d'assises, aucune réelle perspective de réinsertion ne lui a jamais été proposée. Cela fait plus de cinq ans qu'il pourrait en principe bénéficier d'un aménagement de peine.
Pourtant, il y a un an, la direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure s'était formellement engagée auprès de M. Gilgenmann à envisager son transfert vers un centre de détention et sa désinscription du répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS). Ces deux promesses ne se sont jamais concrétisées ; or vous n'êtes pas sans savoir que le statut DPS et le maintien en maison centrale plutôt qu'en centre de détention ne peuvent que peser très défavorablement sur le parcours d'exécution de peine d'un prisonnier et sur ses démarches de réinsertion. M. Gilgenmann a déjà passé de très nombreuses années en maison centrale sous le statut DPS. Les faits qui lui sont reprochés à l'appui de ces mesures spécifiques à son encontre sont anciens, et M. Gilgenmann n'a aucune raison de récidiver.
De plus, le personnel pénitentiaire du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure provoque systématiquement M. Gilgenmann. Les brimades, humiliations et vexations sont quotidiennes : l'accès à la douche lui est refusé, il fait l'objet de remarques discriminatoires à l'encontre des gens du voyage, la nuit les surveillants donnent des coups dans la porte de sa cellule pour l'empêcher de dormir, on ne lui remet pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance, ses communications depuis la cabine téléphonique sont interrompues par des coupures intempestives, aucun rendez-vous médical n'est prévu pour la pose de ses prothèses auditives malgré une prescription médicale hospitalière en ce sens, etc.
M. Gilgenmann a alerté les chefs de détention et la direction du centre pénitentiaire, mais ses signalements n'ont été suivis d'aucun effet. À la fin du mois de juillet et au début du mois d'août 2026, M. Gilgenmann s'est automutilé, et ses blessures nécessitaient la pose de points de suture sur ses bras et son ventre ; ce qui n'a été fait que partiellement et sans anesthésie. Dans la nuit du 3 au 4 août, quelques heures après qu'un surveillant lui a dit : « Vas-y, fous-toi en l'air, t'as plus que ça comme solution », il a fait une tentative de suicide. Jusqu'à ce jour, il n'avait envisagé d'attenter à sa propre vie à aucun moment de son parcours en détention.
Il convient de rappeler que M. Gilgenmann a entamé le 26 janvier 2026 une grève de la faim et de la soif qu'il n'a interrompue qu'après que la direction de Moulins-Yzeure a renouvelé sa promesse d'envisager la levée de sa gestion isolée et de son inscription au répertoire DPS, et un transfert en centre de détention. Vous ne pouvez ignorer ces faits que nous avons déjà porté à votre connaissance sur le moment.
En tant que proche de M. Gilgenmann, je suis tout à fait conscient de l'impasse dans laquelle la direction et le personnel du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure le place en toute connaissance de cause ; il va donc sans dire que je considérerai l'administration pénitentiaire pleinement responsable de toute atteinte à sa dignité, à sa santé et à son intégrité physique et mentale.
Par la présente, M. Gilgenmann et moi-même rappelons la direction du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure et, par voie de conséquence, la direction de l'administration pénitentiaire, à leurs propres engagements.
En vous remerciant par avance pour l'attention que vous voudrez bien porter à ce sujet grave, et dans l'attente d'actes clairs et rapides de votre part,
Cordialement,
Le 5 août, l'équipe de développement de Tails, le système d'exploitation portable « contre la surveillance et la censure », très utilisé comme outil de sécurité numérique par les militant-es, a proposé une mise à jour d'urgence pour résorber une faille de sécurité majeure.
Les failles de sécurité concernaient le noyau Linux et l'utilisation du navigateur Tor Browser. La première et la plus inquiétante, qui était ouverte depuis 2020, permettait via le navigateur Tor d'obtenir des privilèges de navigateur système et ainsi de pouvoir désanonymiser l'utilisateur·ice du système Tails. La seconde était une vulnérabilité qui pouvaient être exploitée en ouvrant un fichier malveillant dans des applications comme LibreOffice, Audacity ou Git.
L'équipe de Tails recommande ainsi à l'ensemble de ses utilisateurices de bien réaliser la mise à jour 7.10.1 qui vient corriger ces failles. Il est possible de faire la mise à jour directement depuis sa clé Tails, soit automatiquement si la dernière version installée n'est pas trop ancienne, ou bien de manière manuelle en suivant les instructions en ligne.
Point de vue d’une personne qui traverse la lutte contre CIGEO (mais pas que) sur les arrêtés préfectoraux pris en août 2026 dans le contexte des Burelesques.
Ça fait plusieurs années que je passe en Meuse, sur la zone du projet de méga-poubelle nucléaire, dit CIGEO. Ce qui m’a le plus choqué.e sur ce territoire, ce ne sont pas les lampadaires futuristes de Bure aux couleurs de l’ANDRA. Non, c’est la finesse de la feuille de vigne qui dissimule le simulacre de démocratie et de justice. Vous voyez, cette sorte de soupe lyophilisée trop salée que l’État essaie de faire passer pour un potage fait avec les légumes frais du jardin. Non pas que j’y croyais dur comme fer à ce vaudeville… Mais c’est étonnant, le peu d’effort qui est fait sur place pour entretenir le mythe.
Pour illustrer ce propos, je vais vous relater un nouvel épisode du rocambolesque feuilleton de la répression burienne. Mardi 11 août, énième jour caniculaire de l’année 2026, se tenait, au tribunal administratif de Nancy, une audience qui fait suite à une requête d’annulation de deux arrêtés préfectoraux applicables pendant le festival Les Burelesques. Si vous ne connaissez pas Les Burelesques, il s’agit d’un festival d’information en lien avec l’opposition au nucléaire et son corollaire, le projet CIGEO. Cette année est la cinquième édition de ce festival où se mêlent militant.e.s et habitant.e.s du coin, dans une ambiance ouverte et festive.
L’un des arrêtés autorise la captation et l’enregistrement d’images par drones et hélicoptères dans un rayon de 1,5 km autour du festival. La préfecture justifie cet arrêté par les actes de sabotage réalisés au cours des dix dernières années, sans lien avec le festival. Pourtant, les drones et les hélicoptères qui survolent régulièrement la zone n’ont pas empêché ces sabotages. Par contre, le survol d’une conférence par un
hélicoptère la rend inaudible, ce qui est déjà arrivé pendant les éditions précédentes du festival. Lors de l’audience, l’avocate des requérant.e.s (c’est le nom donné aux associations et personnes physiques qui contestent l’arrêté préfectoral) a notamment mentionné les diverses atteintes aux libertés engendrées par ces captations visuelles, le flou sur les modalités des prises de vue, le climat anxiogène qu’elles génèrent, le préjudice subi par les habitant.e.s des zones survolées, ainsi que le caractère disproportionné dans l’espace et dans le temps de la captation. Lorsque le sous-préfet de Commercy a pris la parole pour défendre l’arrêté préfectoral, il a osé dire que la surveillance par les airs, grâce à une vision plus large de la zone, permettait de limiter le nombre de gendarmes au sol, mais aussi d’éviter de prendre des mesures anti-incendie. Merci à la préfecture!!! Merci de tout faire pour éviter l’annulation du festival. Dans la bouche d’un sous-préfet, cette justification sonne comme une menace.
L’autre arrêté, édité avec les mêmes justifications que le précédent, concernait de multiples interdictions. Interdiction de détenir des accessoires destinés à dissimuler tout ou partie du visage, interdiction de transport de carburant, d’objets pouvant constituer une arme, de matériaux combustibles, etc. Mais aussi, comble de l’absurde dans le cadre d’un festival qui a demandé et obtenu toutes les autorisations par la préfecture : interdiction de transporter et d’utiliser du matériel de sonorisation. Le principal argument de l’avocate des requérant.e.s était bien évidemment les difficultés engendrées par de telles mesures pour organiser un festival. Elle a aussi mis l’accent sur la difficulté, pour le public, d’accéder au festival. Le sous-préfet a défendu l’interdiction de transport et d’utilisation de matériel de sonorisation en disant qu’il y avait bien entendu un accord oral pour que cela ne s’applique pas aux Burelesques… Il a aussi dit que cette interdiction avait été demandée pour se prémunir de l’installation de rave parties aux abords du festival… Dans le tribunal, on a presque eu envie de rigoler. Il a aussi défendu les interdictions en disant que les gendarmes étaient capables de faire preuve de discernement… En effet, sur l’arrêté, certaines interdictions sont agrémentées de la formule « sauf motif légitime ». Par exemple, si j’ai une casquette jaune pour me protéger du soleil, c’est un motif légitime… Mais si j’ai une casquette noire, le motif est-il toujours légitime ? La légitimité du motif est jugée par les gendarmes. Et le préfet semble nous garantir qu’il n’y aura pas d’applications abusives de ces interdictions.
Pourtant, la zone de Bure regorge d’exemples d’applications abusives de ce type d’interdiction. Les arrêtés concernant la surveillance et les interdictions sont récurrents concernant la zone. Dans le cas du festival des Burelesques, la liste des choses interdites s’accroît d’édition en édition, de même que la surface et la temporalité de la surveillance. Certaines péripéties sont particulièrement croustillantes, comme la traduction en procès d’un habitant pour détention d’une pelle à tarte dans son véhicule. Mais toutes les frasques gendarmesques ne sont malheureusement pas aussi drôles. De nombreux témoignages attestent d’un véritable harcèlement policier dans le périmètre du projet CIGEO. Le flou laissé par ces interdictions « sauf motif légitime » donne aux gendarmes la liberté de fixer eux-même les règles du bon comportement, du type de fête et d’opinions autorisées à circuler dans l’espace public. C’est in fine les gendarmes qui choisissent qui sera ou non traîné devant les tribunaux. D’un point de vue tout à fait personnel, je tends à penser que le sous-préfet n’est pas naïf au point de croire que les interdictions seront appliquées avec discernement par les gendarmes. D’un point de vue tout à fait personnel, j’irais même jusqu’à supputer qu’il utilise le prétexte sécuritaire pour museler l’opposition, quelle que soit sa forme. Enfin, d’un point de vue tout à fait personnel, je dirais que les frasques gendarmesques ne sont pas le fait d’agents particulièrement dérangés ou stupides mais bien le résultat d’un système volontairement répressif. L’exubérance avec laquelle se déploie la répression semble être le signe que pour le nucléaire, le débat n’est pas autorisé… Comme on cherche à dissimuler les déchets nucléaires, on cherche à masquer l’autoritarisme de l’État.
D’un point de vue plus général, la répression administrative a pris une place plus importante depuis 2015 au moins. Graĉe au PS, puis à LREM, suite aux états d’urgence successifs, les lois sur la surveillance globale des citoyen.ne.s, celles sur le contrôle des associations… la Police a pris de plus en plus de place et de pouvoir au sein de l’État et sur la société. Pourtant, dans un État de Droit, pour un bon potage démocratique, il faut séparer le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire, c’est ce qu’on nous a appris à l’école ! Or, le potage est en réalité une soupe où tout se mixe, et les voix discordantes sont désormais étouffées par ces trois pouvoirs simultanément. Surtout, l’institution judiciaire est mise au service de la neutralisation des dissidences politiques.
Des personnes déterminées et courageuses dresseront probablement des barricades de papier pour contrer cette nouvelle arme de répression. Je les soutiendrai avec persévérance. Mais je ne serai pas dupe, ces barricades de papier ne seront pas suffisantes. La lutte contre la répression toujours plus féroce doit aussi s’insérer dans une lutte plus globale contre la montée du fascisme.
Épilogue : Le 12 août 2026, la juge des référés a annulé l’interdiction de transport et d’usage de matériel de sonorisation autour des Burelesques. Toutes les autres interdictions et autorisations de captation d’images ont été maintenues au prétexte qu’elles étaient justifiées et proportionnées.
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Pour plus d’informations sur ces arrếtés ainsi que le communiqué de presse des Bure’lesques suite au jugement du 12 août, lire cet article sur bureburebure.info : https://bureburebure.info/arretes-prefectoraux-pour-la-periode-des-burelesques/
Nantes – vendredi 14 août, 21h on se retrouve à la Maison du Peuple pour une grosse distribution alimentaire !
Un immense merci à @asso.homless , qui arrive avec leur camion de 3,5 tonnes vers 20h30 ce qui nous permettra d’être opérationnels dès 21h.
Cour de la MDP , accès côté parc Broussais
Récup boulangerie
Viandes
Fromages
Produits frais
Gratuit, sans conditions, sans papiers à remplir, ouvert à toutes et tous, accès PMR
Ramenez simplement vos sacs / sacs isothermes, et on remplit
Beaucoup de monde est attendu et en cas de grosse chaleurs : restons attentifs les un·es aux autres, hydratés, et bienveillants pour que la distribution se déroule dans les meilleures conditions et sans perte alimentaire.
Archives / TVNR #5 / Émission du 18 octobre 2015
Le 17 octobre 2015 , les habitants, jardiniers, fétards, flaneurs et amis du Quartier Libre des Lentillères dépassaient les bornes… de leur parcelles pour débarquer place de la Lib'. Mais place du théâtre, tracteur, camion-concert et vélo rencontraient des CRS qui faisaient murs. Un hélico, un camion à eau, du gaz lacrimo et un copain arreté plus tard, la foule se rendait compte que les festivités ne sont désormais plus les bienvenues dans le centre-ville-commerciale de Dijon.
Cette rubrique regroupe les archives des émissions de radios de TVNR , une émission de radio dijonnaise ayant émis sur les ondes de Radio Campus de septembre 2013 à juin 2018.
De retour au Quartier, il s'y tenait une grande fête d'automne, pour célébrer ces derniers mois de victoire. Passant outre les affronts de l'après-midi, il s'écoutait Guillaume Maupin, l'amicale de la Nouvelles Orléans et bien d'autres. On en a volé les meilleurs passages pour Vacarme en Réunion.
Un peu plus tôt dans le semaine, Yannick nous racontait longuement les politiques de la ville, l'urbanisme à Dijon, l'architecture et la lutte aux Lentillères. Opposer aux politiques de croissance urbaine, une manière de construire et de faire vivre en endroit par nous-même. Une manière pour nous de replacer ce qui est en résistance dans un questionnement plus global : Que signifie habiter un endroit ? Où habiter, comment ?
SCOOP : Thierry Coursin, le directeur de la Splaad parle de la « dualité » des éco-quartier. Ça dure une minute, mais on comprend mieux…
Cap sur la Cop : Après cette manifestation, les Lentillères invitent à partir en convoi pour rejoindre Paris durant la COP 21.
Radis to Fight ! Archive / TVNR #5Musique :
Guillaume Maupin
Etudiant Poil Aux Dents - Renaud
Kung-Fu World Champion – Hiromi
Charles Mingus – Ysabel's Table Dance
Les matériaux utilisé dans l'émission sont à retrouver sur le site de l'émission
Marc Bloch sur les murs, le courage disparu dans les couloirs :Il existe aujourd'hui une contradiction que le monde universitaire français refuse trop souvent de regarder en face.
Jamais Marc Bloch n'a été autant célébré. Son nom est affiché sur les bâtiments, invoqué dans les discours officiels, étudié dans les amphithéâtres. Son œuvre est enseignée, commentée, admirée. Il est devenu une figure tutélaire de l'histoire française, un symbole de rigueur intellectuelle, d'esprit critique et d'engagement. Mais une question dérange. Que reste-t-il réellement de Marc Bloch lorsque l'heure n'est plus aux commémorations, mais aux responsabilités ? Car Marc Bloch n'était pas seulement un grand historien. Il n'était pas seulement un universitaire brillant qui a renouvelé la discipline historique. Il était aussi un homme qui considérait que l'intelligence imposait des devoirs. Il n'a jamais pensé que l'historien pouvait se réfugier éternellement derrière ses livres, ses archives ou son statut pour éviter les convulsions du monde.
Lorsque la France s'effondre en 1940, Marc Bloch ne cherche pas simplement à expliquer une défaite militaire. Dans L'Étrange Défaite, il mène un examen de conscience impitoyable d'une société et de ses élites. Il dénonce les habitudes, les rigidités, les réflexes d'autoprotection, l'incapacité de certains responsables à comprendre une réalité nouvelle. Son message est terrible : une société ne disparaît pas seulement sous les coups de ses adversaires. Elle s'affaiblit aussi lorsque ceux qui ont la responsabilité de penser, d'analyser et d'alerter préfèrent le confort des habitudes à l'exigence de l'action.
Cette leçon devrait être une interpellation permanente pour les historiens. Car il existe aujourd'hui un paradoxe troublant : une partie du monde universitaire passe son temps à étudier les résistances, les luttes, les engagements, les combats intellectuels du passé, mais semble parfois beaucoup plus hésitante lorsqu'il s'agit de faire vivre ces exigences dans le présent. L'université française n'a pourtant pas toujours été ce lieu de retrait et de prudence institutionnelle. Pendant plusieurs décennies, notamment dans les années 1960, 1970 et 1980, les campus furent des lieux de débats intenses, de mobilisations et de confrontations. L'université n'était pas seulement un espace où l'on produisait du savoir : elle était aussi un lieu où l'on discutait du monde, où enseignants et étudiants considéraient parfois qu'ils avaient une responsabilité collective face aux événements de leur époque. À Dijon comme ailleurs, cette tradition universitaire engagée a existé. Des enseignants ont participé aux assemblées générales, pris part aux débats publics, accompagné des mobilisations étudiantes et défendu une certaine conception de l'université : une institution vivante, ouverte sur la société, capable de prendre position lorsque des principes fondamentaux étaient en jeu. Dans certaines affaires touchant des étudiants étrangers, notamment dans le contexte des tensions politiques internationales de cette période, des universitaires ont choisi de ne pas rester de simples observateurs. Ils ont estimé que leur fonction ne consistait pas uniquement à transmettre des connaissances, mais aussi à défendre des libertés, à protéger un espace de débat et à faire vivre une certaine idée de l'engagement intellectuel.
Cette génération n'était pas parfaite. Elle avait ses contradictions, ses débats, ses erreurs. Mais elle avait une conviction : un professeur d'université n'était pas seulement un spécialiste reconnu dans son domaine. Il était aussi un citoyen responsable. Aujourd'hui, beaucoup ressentent un changement profond. Une partie du monde universitaire semble avoir perdu cette capacité de réaction collective. Le professeur installé depuis des années, parfois depuis plusieurs décennies, semble parfois davantage protégé par son statut qu'interrogé par ses responsabilités. Le problème n'est pas que tous les universitaires doivent devenir des militants. Ce serait absurde, mais carrément impossible. La liberté académique exige l'indépendance, la distance critique et la pluralité. Mais il existe une différence fondamentale entre l'indépendance intellectuelle et l'indifférence. Il existe une différence entre prendre du recul et se tenir constamment à distance. Il existe une différence entre analyser les engagements du passé et ne jamais accepter d'être soi-même confronté aux exigences du présent.
Le plus frappant est peut-être le fossé entre certains discours et certaines pratiques. Combien d'historiens enseignent les résistances, les mouvements sociaux, les combats démocratiques, les luttes contre les injustices ? Combien consacrent leurs recherches aux individus qui ont refusé la résignation ? Et pourtant, lorsque leur propre institution traverse des crises, lorsque des étudiants attendent une parole, lorsque des débats touchent directement la communauté universitaire, le silence peut parfois devenir assourdissant. Le paradoxe est encore plus grand lorsque certains de ces universitaires se revendiquent d'une « tradition progressiste », « sociale » ou de « gauche ». Comment expliquer cette contradiction entre une culture intellectuelle fondée sur la critique du pouvoir, l'émancipation et la contestation des injustices, et une pratique parfois marquée par une grande prudence dès lors que l'engagement implique un risque personnel ? Car le véritable danger qui menace l'université n'est pas seulement un manque de moyens ou une accumulation de contraintes administratives.
Le danger est autre part ; il est intellectuel. C'est la transformation progressive d'une institution critique en institution de conservation. Le conservatisme intellectuel n'est pas forcément le refus du progrès ou l'attachement à des idées anciennes. Il peut prendre une forme beaucoup plus discrète : la peur du conflit, la volonté de préserver les équilibres existants, la protection des carrières, l'habitude de ne pas déranger. Une institution peut parler de changement tout en étant incapable de se changer elle-même. Elle peut enseigner l'esprit critique tout en devenant incapable d'accepter la critique venue de l'intérieur.
Dans ses réflexions sur la réforme de l'enseignement, Marc Bloch rappelait que l'université ne devait pas seulement fabriquer des spécialistes. Elle devait former des esprits capables de jugement, de responsabilité et de compréhension du monde. Une élite intellectuelle ne se mesure pas uniquement au nombre de publications, de titres ou de distinctions. Elle se mesure aussi à sa capacité à répondre présent lorsque les circonstances l'exigent. C'est précisément là que se situe le malaise. À quoi sert d'étudier les résistants si l'on transforme leur courage en simple objet académique ? À quoi sert d'analyser les mécanismes du renoncement dans l'histoire si l'on refuse de s'interroger sur ses propres renoncements ? Marc Bloch n'est pas une statue destinée à décorer les universités. Il est une exigence. Il rappelle que le savoir sans courage peut devenir une forme d'impuissance, voire de lâcheté. Que l'analyse sans responsabilité peut devenir une manière élégante de rester spectateur. Que l'intelligence qui refuse toute prise de risque finit par perdre une partie de sa raison d'être.
L'université aime célébrer Marc Bloch. Mais la véritable question est ailleurs : Est-elle encore prête à écouter ce qu'il exigeait ? Car honorer un historien résistant ne consiste pas seulement à transmettre sa mémoire. Cela consiste à accepter la question qu'il pose encore aujourd'hui : Quand vient le moment des responsabilités, que faisons-nous réellement de nos convictions ?
À ce titre, la lecture du livre de Pascal Engel, Les Vices du savoir : essai d'éthique intellectuelle, mérite d'être recommandée
Les coûts du changement climatique sont infiniment plus élevés que les aides aux plus précaires : fin du monde, fin du mois, même combat.
L’article Incendiaire : Macron veut tailler massivement dans les APL et les dépenses sociales est apparu en premier sur Contre Attaque.
Alors qu'il entame sa quinzième année de prison, Mickaël Gilgenmann continue à subir l'acharnement de l'administration pénitentiaire (AP) et des surveillants de la prison de Moulins-Yzeure. Après de nombreuses années en prison, et alors qu'il est aménageable depuis plus de cinq ans, aucune perspective de sortie n'est envisageable, tant que Mickaël reste enfermé en maison centrale plutôt qu'en centre de détention (prison aux mesures moins sécuritaires) et inscrit au répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS).
Dans la nuit du 3 au 4 août 2026, notre ami Mickaël a fait une tentative de suicide quelques heures après qu'un des surveillants de Moulins-Yzeure lui a dit : « vas-y fous toi en l'air, t'as plus que ça comme solution ».
Mickaël n'est pas suicidaire et n'a pas envie de mourir. Les maltraitances et la violence qu'il subit au sein de la prison de Moulins-Yzeure l'ont amené à s'ouvrir les bras, le ventre et à faire une tentative de suicide. Il n'avait jamais attenté à sa vie jusqu'ici.
La direction et les surveillants de Moulins-Yzeure lui refusent des soins décents en l'abandonnant dans sa cellule alors qu'il est blessé, ou en le recousant sans anesthésie.
Ils l'empêchent de prendre des douches et d'aller en promenade.
Ils l'isolent en coupant de façon intempestive ses appels sur la cabine.
Ils l'infantilisent et le menottent à chaque mouvement.
Ils l'humilient avec des propos racistes à l'encontre des Voyageurs.
Ils lui refusent un transfert vers un centre de détention.
Ils n'ont jamais demandé sa désinscription au registre des DPS, contrairement à ce qu'ils promettent depuis un an.
Ils utilisent des motifs bidons tels qu'un dessin d'hélicoptère dans l'un de ses courriers pour prolonger de telles mesures.
Ils donnent des coups de pied dans la porte de sa cellule pour l'empêcher de dormir la nuit.
Ils ne lui délivrent pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance.
Ils ne prennent aucun rendez-vous médical pour la pose de ses prothèses auditives, malgré une prescription médicale hospitalière urgente en ce sens.
Ils veulent le laisser devenir sourd, alors que c'est le coup de pied d'un maton dans son tympan qui a provoqué sa surdité.
Ils lui nient sa dignité.
Et suite à tout ça, il a failli mourir.
Nous tenons et tiendrons entièrement responsable la prison Moulins-Yzeure de toute éventuelle atteinte à la santé et à l'intégrité physique et mentale de Mickaël.
Mickaël Gilgenmann exige :
Des proches de Mickaël Gilgenmann
P.-S. : Nous invitons toute personne à manifester son soutien auprès de Mickaël en envoyant un courrier à la direction de l'administration pénitentiaire. Ci-dessous leur adresse et, si besoin, un modèle de lettre à leur faire parvenir.
Direction de l'administration pénitentiaire
13, place Vendôme
75042 Paris Cedex 1
Objet : Alerter de toute urgence sur le risque vital encouru par M. Mickaël Gilgenmann
Madame, Monsieur,
Je vous écris car, en tant que proche ami de M. Mickaël Gilgenmann, je suis aujourd'hui particulièrement préoccupé par sa situation. Il est actuellement incarcéré à la prison de Moulins-Yzeure.
M. Gilgenmann est incarcéré depuis 2012. Sa date de sortie est fixée à janvier 2032. Il entre dans sa quinzième année d'emprisonnement et, bien qu'il n'ait jamais été condamné par une cour d'assises, aucune réelle perspective de réinsertion ne lui a jamais été proposée. Cela fait plus de cinq ans qu'il pourrait en principe bénéficier d'un aménagement de peine.
Pourtant, il y a un an, la direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure s'était formellement engagée auprès de M. Gilgenmann à envisager son transfert vers un centre de détention et sa désinscription du répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS). Ces deux promesses ne se sont jamais concrétisées ; or vous n'êtes pas sans savoir que le statut DPS et le maintien en maison centrale plutôt qu'en centre de détention ne peuvent que peser très défavorablement sur le parcours d'exécution de peine d'un prisonnier et sur ses démarches de réinsertion. M. Gilgenmann a déjà passé de très nombreuses années en maison centrale sous le statut DPS. Les faits qui lui sont reprochés à l'appui de ces mesures spécifiques à son encontre sont anciens, et M. Gilgenmann n'a aucune raison de récidiver.
De plus, le personnel pénitentiaire du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure provoque systématiquement M. Gilgenmann. Les brimades, humiliations et vexations sont quotidiennes : l'accès à la douche lui est refusé, il fait l'objet de remarques discriminatoires à l'encontre des gens du voyage, la nuit les surveillants donnent des coups dans la porte de sa cellule pour l'empêcher de dormir, on ne lui remet pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance, ses communications depuis la cabine téléphonique sont interrompues par des coupures intempestives, aucun rendez-vous médical n'est prévu pour la pose de ses prothèses auditives malgré une prescription médicale hospitalière en ce sens, etc.
M. Gilgenmann a alerté les chefs de détention et la direction du centre pénitentiaire, mais ses signalements n'ont été suivis d'aucun effet. À la fin du mois de juillet et au début du mois d'août 2026, M. Gilgenmann s'est automutilé, et ses blessures nécessitaient la pose de points de suture sur ses bras et son ventre ; ce qui n'a été fait que partiellement et sans anesthésie. Dans la nuit du 3 au 4 août, quelques heures après qu'un surveillant lui a dit : « Vas-y, fous-toi en l'air, t'as plus que ça comme solution », il a fait une tentative de suicide. Jusqu'à ce jour, il n'avait envisagé d'attenter à sa propre vie à aucun moment de son parcours en détention.
Il convient de rappeler que M. Gilgenmann a entamé le 26 janvier 2026 une grève de la faim et de la soif qu'il n'a interrompue qu'après que la direction de Moulins-Yzeure a renouvelé sa promesse d'envisager la levée de sa gestion isolée et de son inscription au répertoire DPS, et un transfert en centre de détention. Vous ne pouvez ignorer ces faits que nous avons déjà porté à votre connaissance sur le moment.
En tant que proche de M. Gilgenmann, je suis tout à fait conscient de l'impasse dans laquelle la direction et le personnel du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure le place en toute connaissance de cause ; il va donc sans dire que je considérerai l'administration pénitentiaire pleinement responsable de toute atteinte à sa dignité, à sa santé et à son intégrité physique et mentale.
Par la présente, M. Gilgenmann et moi-même rappelons la direction du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure et, par voie de conséquence, la direction de l'administration pénitentiaire, à leurs propres engagements.
En vous remerciant par avance pour l'attention que vous voudrez bien porter à ce sujet grave, et dans l'attente d'actes clairs et rapides de votre part,
Cordialement,
Alors qu'il entame sa quinzième année de prison, Mickaël Gilgenmann continue à subir l'acharnement de l'administration pénitentiaire (AP) et des surveillants de la prison de Moulins-Yzeure. Après de nombreuses années en prison, et alors qu'il est aménageable depuis plus de cinq ans, aucune perspective de sortie n'est envisageable, tant que Mickaël reste enfermé en maison centrale plutôt qu'en centre de détention (prison aux mesures moins sécuritaires) et inscrit au répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS).
Depuis la publication d'un article à son sujet il y a à peine quelques jours, la situation a empiré.
TW : tentative de suicide
Dans la nuit du 3 au 4 août 2026, notre ami Mickaël a fait une tentative de suicide quelques heures après qu'un des surveillants de Moulins-Yzeure lui a dit : « vas-y fous toi en l'air, t'as plus que ça comme solution ».
Mickaël n'est pas suicidaire et n'a pas envie de mourir. Les maltraitances et la violence qu'il subit au sein de la prison de Moulins-Yzeure l'ont amené à s'ouvrir les bras, le ventre et à faire une tentative de suicide. Il n'avait jamais attenté à sa vie jusqu'ici.
La direction et les surveillants de Moulins-Yzeure lui refusent des soins décents en l'abandonnant dans sa cellule alors qu'il est blessé, ou en le recousant sans anesthésie.
Ils l'empêchent de prendre des douches et d'aller en promenade.
Ils l'isolent en coupant de façon intempestive ses appels sur la cabine.
Ils l'infantilisent et le menottent à chaque mouvement.
Ils l'humilient avec des propos racistes à l'encontre des Voyageurs.
Ils lui refusent un transfert vers un centre de détention.
Ils n'ont jamais demandé sa désinscription au registre des DPS, contrairement à ce qu'ils promettent depuis un an.
Ils utilisent des motifs bidons tels qu'un dessin d'hélicoptère dans l'un de ses courriers pour prolonger de telles mesures.
Ils donnent des coups de pied dans la porte de sa cellule pour l'empêcher de dormir la nuit.
Ils ne lui délivrent pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance.
Ils ne prennent aucun rendez-vous médical pour la pose de ses prothèses auditives, malgré une prescription médicale hospitalière urgente en ce sens.
Ils veulent le laisser devenir sourd, alors que c'est le coup de pied d'un maton dans son tympan qui a provoqué sa surdité.
Ils lui nient sa dignité.
Et suite à tout ça, il a failli mourir.
Nous tenons et tiendrons entièrement responsable la prison Moulins-Yzeure de toute éventuelle atteinte à la santé et à l'intégrité physique et mentale de Mickaël.
Mickaël Gilgenmann exige :
Des proches de Mickaël Gilgenmann
P.-S. : Nous invitons toute personne à manifester son soutien auprès de Mickaël en envoyant un courrier à la direction de l'administration pénitentiaire. Ci-dessous leur adresse et, si besoin, un modèle de lettre à leur faire parvenir.
“Direction de l'administration pénitentiaire
13, place Vendôme
75042 Paris Cedex 1
Objet : Alerter de toute urgence sur le risque vital encouru par M. Mickaël Gilgenmann
Madame, Monsieur,
Je vous écris car, en tant que proche ami de M. Mickaël Gilgenmann, je suis aujourd'hui particulièrement préoccupé par sa situation. Il est actuellement incarcéré à la prison de Moulins-Yzeure.
M. Gilgenmann est incarcéré depuis 2012. Sa date de sortie est fixée à janvier 2032. Il entre dans sa quinzième année d'emprisonnement et, bien qu'il n'ait jamais été condamné par une cour d'assises, aucune réelle perspective de réinsertion ne lui a jamais été proposée. Cela fait plus de cinq ans qu'il pourrait en principe bénéficier d'un aménagement de peine.
Pourtant, il y a un an, la direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure s'était formellement engagée auprès de M. Gilgenmann à envisager son transfert vers un centre de détention et sa désinscription du répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS). Ces deux promesses ne se sont jamais concrétisées ; or vous n'êtes pas sans savoir que le statut DPS et le maintien en maison centrale plutôt qu'en centre de détention ne peuvent que peser très défavorablement sur le parcours d'exécution de peine d'un prisonnier et sur ses démarches de réinsertion. M. Gilgenmann a déjà passé de très nombreuses années en maison centrale sous le statut DPS. Les faits qui lui sont reprochés à l'appui de ces mesures spécifiques à son encontre sont anciens, et M. Gilgenmann n'a aucune raison de récidiver.
De plus, le personnel pénitentiaire du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure provoque systématiquement M. Gilgenmann. Les brimades, humiliations et vexations sont quotidiennes : l'accès à la douche lui est refusé, il fait l'objet de remarques discriminatoires à l'encontre des gens du voyage, la nuit les surveillants donnent des coups dans la porte de sa cellule pour l'empêcher de dormir, on ne lui remet pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance, ses communications depuis la cabine téléphonique sont interrompues par des coupures intempestives, aucun rendez-vous médical n'est prévu pour la pose de ses prothèses auditives malgré une prescription médicale hospitalière en ce sens, etc.
M. Gilgenmann a alerté les chefs de détention et la direction du centre pénitentiaire, mais ses signalements n'ont été suivis d'aucun effet. À la fin du mois de juillet et au début du mois d'août 2026, M. Gilgenmann s'est automutilé, et ses blessures nécessitaient la pose de points de suture sur ses bras et son ventre ; ce qui n'a été fait que partiellement et sans anesthésie. Dans la nuit du 3 au 4 août, quelques heures après qu'un surveillant lui a dit : « Vas-y, fous-toi en l'air, t'as plus que ça comme solution », il a fait une tentative de suicide. Jusqu'à ce jour, il n'avait envisagé d'attenter à sa propre vie à aucun moment de son parcours en détention.
Il convient de rappeler que M. Gilgenmann a entamé le 26 janvier 2026 une grève de la faim et de la soif qu'il n'a interrompue qu'après que la direction de Moulins-Yzeure a renouvelé sa promesse d'envisager la levée de sa gestion isolée et de son inscription au répertoire DPS, et un transfert en centre de détention. Vous ne pouvez ignorer ces faits que nous avons déjà porté à votre connaissance sur le moment.
En tant que proche de M. Gilgenmann, je suis tout à fait conscient de l'impasse dans laquelle la direction et le personnel du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure le place en toute connaissance de cause ; il va donc sans dire que je considérerai l'administration pénitentiaire pleinement responsable de toute atteinte à sa dignité, à sa santé et à son intégrité physique et mentale.
Par la présente, M. Gilgenmann et moi-même rappelons la direction du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure et, par voie de conséquence, la direction de l'administration pénitentiaire, à leurs propres engagements.
En vous remerciant par avance pour l'attention que vous voudrez bien porter à ce sujet grave, et dans l'attente d'actes clairs et rapides de votre part,
Cordialement,”
Ce que l'on peut dire de l'éphéméride des luttes du 14 août, c'est qu'elle est particulièrement chargée. Alors que cette charge historique résonne dans les luttes que nous avons à mener aujourd'hui et dans celles que nous aurons à mener demain.
1791 : A Saint-Domingue, la révolte des esclaves débute, ce qui mènera à l'indépendance de Haïti 12 ans plus tard.
1843 : En Floride, la révolte des indien-ne-s Séminoles est écrasée par le gouvernorat après plus de sept ans de résistance.
1846 : Aux Etats-Unis, Henry-David Thoreau, auteur anarchiste, est incarcéré pour son refus de s'acquitter de ses impôts. Celui-ci refusait de financer l'Etat qui exploite et opprime grâce à l'argent collecté par ces taxes.
1850 : En Californie, début d'une émeute liée à l'occupation des terres.
1878 : A Benevento en Italie, ouverture du procès des internationalistes (Malatesta, Cafiero, etc.) pour "le délit de conspiration dans le but de changer et de détruire la forme de gouvernement, d'inciter les habitants à s'armer contre le pouvoir de l'Etat, de provoquer la guerre civile (...), d'attentat en bande armée, et de complicité dans les délits de : blessures volontaires par arme à feu sur la personne des carabiniers du roi ...". Ils seront tous acquittés.
1903 : A Genève, parution du premier numéro de "Khleb i Volia" (Pain et Liberté), journal anarchiste en langue russe.
1908 : A Springfield dans l'Illinois, des émeutes éclatent entre la communauté Noire et la police. Finalement, l'armée devra intervenir. Cet événement sera celui qui déclenchera le processus de création de la NAACP.
1962 : Dans le Massachussets, deux hommes armés braquent un fourgon de la poste et repartent avec un butin de 1.5 millions de dollars.
1968 : A Capetown en Afrique du Sud, des étudiant-e-s contre l'apartheid occupent l'université.
1969 : A Belfast, en Irlande du Nord, le bilan est de dix civils tués lors de la répression d'une émeute de trois jours connue sous le nom de bataille du Bogside. Les troupes anglaises sont déployées en nombre dans tout le pays.
1971 : A Belfast, un soldat de l'armée britannique est tué par l'IRA 'Officielle' (OIRA).
1972 : - A Toulouse, rue de l'esquille dans la nuit, vol dans une imprimerie de matériel qui servira à imprimer les publications du MIL (Mouvement Ibérique de Libération).
1974 : A Lourdes, fausse alerte à la bombe revendiquée par les Groupes d'Action Révolutionnaire Internationaliste (GARI).
1979 : En Espagne, la police découvre et abat Pedro Tabanera Pérez, l'un des membres les plus activement recherchés du groupe armé des GRAPO (Groupe de Résistance Antifasciste du Premier Octobre).
1980 : A Gdansk en Pologne, les 17.000 ouvriers des chantiers navals Lénine se mettent en grève générale, après plus de deux mois d'agitation.
1983 : Sur un ferry au départ du Havre, les forces de sécurité françaises découvrent un stock d'armes, qui devait selon eux être livrées à l'IRA lors de l'arrivée au port de Rosslare en Irlande.
1994 : Ilich Ramírez Sánchez, aussi dit Carlos (pas celui qui chante Papayou, celui qui faisait de la lutte armée), est capturé.
1998 : En Argentine, sous la présidence de Carlos Menem, les juges décident de suspendre les enquêtes dirigées contre les anciens dignitaires de la dictature militaire. Ces enquêtes rouvriront dans les années 2000 sous Kirchner.
Voir l'éphéméride anarchiste du 14 août.
Quand ?
Le 16 août à 17h
Où ?
Place Edmond Michelet Place Edmond Michelet 75004 Paris
Même la radio a évoqué ce jeudi matin les atrocités commises par Israël en Palestine : une famille avec deux enfants de 2 et 4 ans, assiégée depuis 5 jours en Cisjordanie par des colons israéliens, appuyés par l'armée israélienne. Ces derniers ne laissent personne, ni bénévoles, ni ambulances, ni journalistes, venir leur apporter de la nourriture, de l'eau ou des soins.
Toute la Cisjordanie est assaillie depuis des semaines, le régime israélien ayant annoncé vouloir faire la même chose qu'à Gaza dans ses villes, villages et camps, pour chasser les Palestiniens et prendre leurs terres. Et tous les moyens sont bons, meurtres, agressions, démolitions, détention en série, vol de terres, puits et bétail empoisonnés, oliviers arrachés, fermetures d'écoles palestiniennes, installation de nouvelles colonies...
Emmanuel Macron, dans sa grande bonté, s'est fendu d'une « reconnaissance de la Palestine ». Mais c'est sans doute sans la présence des Palestiniens ?
ET À GAZA, LE GÉNOCIDE CONTINUE
Assassinats israéliens tous les jours, blocus continu, et les 3/4 de l'aide humanitaire bloqués par Israël. Pas d'abris sous la canicule, tentes surpeuplées, la famine qui réapparaît, de même que les files d'attente pour l'eau.
Des milliers d'enfants amputés sans prothèses, explosion d'une épidémie de varicelle liée au manque d'hygiène, la puanteur des déchets partout, en l'absence de moyens d'assainissement, et de matériel pour déblayer tandis que les survivants continuent à enterrer leurs morts au fur et à mesure qu'on en découvre dans les décombres.
OTAGES AUX MAINS DE L'OCCUPANT
Et l'on est sans nouvelles de quelque 10 000 Palestiniens emprisonnés par Israël dans des conditions inimaginables (affamés, torturés), dont 17 médecins entre la vie et la mort, comme le Dr. Abu Safiya, pédiatre et directeur de l'hôpital Kamal Adwan à Gaza.
Au total, 1700 soignants, secouristes, ambulanciers de Gaza incarcérés, près de 200 enfants détenus, « administrativement », comme plus de la moitié des otages palestiniens, c'est-à-dire sans inculpation ni jugement, et sans savoir s'ils sortiront un jour de cet enfer.
LE SUD-LIBAN À FEU ET À SANG
Et parallèlement Israël bombarde et rase les maisons des milliers de familles déplacées de force au sud-Liban, bombes au phosphore à l'appui pour détruire tout l'environnement !
ON NE RESTE PAS LES BRAS CROISÉS ! MANIFESTONS CONTRE CES ASSASSINS PARTOUT OÙ CELA EST POSSIBLE !
À PARIS CE DIMANCHE : PARIS 17H00 - PLACE EDMOND MICHELET (BEAUBOURG)
La mauvaise, c'est que le flop du «service militaire volontaire» pourrait évoluer en enrôlement obligatoire dans les années à venir
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Des dizaines de milliers d'euros d'argent public pour transformer l'espace public en tribune sioniste au détriment des besoins des habitants de Béziers
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Appel à actions contre l'industrie minière
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l'importance de ses fondations : les sous-sols.
Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d'Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu'aux fonds marins et l'Antarctique, à la recherche de minerais aux noms insolites (lithium, cobalt, tungstène, beryllium, etc). Des milliardaires, comme Elon Musk pour le plus connu, investissent dans l'aérospatial afin de prospecter des gisements cosmiques. Ici-bas, sur Terre, la démesure du pillage capitaliste et patriarcal approfondit ses ravages. Les mines entraînent guerres , vols, viols, maladies, pollutions et travail de forçat dans les espaces colonisés comme au Congo, en Indonésie ou en Amérique du Sud. À cet impérialisme s'ajoute l'exploitation intra-muros, alors que la vieille Europe recommence à accueillir la voracité minière à bras ouverts. Que ce soit à Jadar en Serbie ou au Portugal avec le site de Covas do Barosso, en passant par le très médiatisé projet Emili au cœur de la France métropolitaine, et… l'Ukraine, les mêmes logiques de sacrifice des territoires et des populations sont à l'œuvre. Ces dernières continuant de subir la dépossession, la répression et la mise au silence. Les pouvoirs d'états à travers l'USGS, le BRGM et autres centres de recherche et les financeurs (Union Européenne, BPI, actionnaires comme Glencore) provoquent ainsi de nouvelles guerres, de nouvelles dévastations, afin de siphonner les matières fossiles et minérales des sous-sols.
La mondialisation de l'extractivisme est en cours mais ses horreurs ne se font pas sans opposition. Des luttes acharnées se mènent en Laponie, au Canada, en Kanaky, au Sahara, en France, en Grèce, en Allemagne, pour conserver l'eau, la terre. Pour survivre. Des projets sont contestés, retardés, certains sont abandonnés. Face à l'ampleur de la dévastation, n'oublions pas notre force collective.
Nous croyons ce système faillible, que sa subversion est possible.
Nous voulons le saper à sa base. Grâce à l'imagination, l'inspiration, l'audace !
Partout où ce message circulera, que ces deux mois (Février-Mars 2027) soient semés d'actions autonomes et diverses contre les entreprises minières et ceux qui collaborent avec elles.
Bien appliquées, de petites forces peuvent devenir de grandes menaces.
Affiche
Appel à actions contre l'industrie minière
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l'importance de ses fondations : les sous-sols.
Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d'Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu'aux fonds marins et l'Antarctique, à la recherche de minerais aux noms insolites (lithium, cobalt, tungstène, beryllium, etc). Des milliardaires, comme Elon Musk pour le plus connu, investissent dans l'aérospatial afin de prospecter des gisements cosmiques. Ici-bas, sur Terre, la démesure du pillage capitaliste et patriarcal approfondit ses ravages. Les mines entraînent guerres , vols, viols, maladies, pollutions et travail de forçat dans les espaces colonisés comme au Congo, en Indonésie ou en Amérique du Sud. À cet impérialisme s'ajoute l'exploitation intra-muros, alors que la vieille Europe recommence à accueillir la voracité minière à bras ouverts. Que ce soit à Jadar en Serbie ou au Portugal avec le site de Covas do Barosso, en passant par le très médiatisé projet Emili au cœur de la France métropolitaine, et… l'Ukraine, les mêmes logiques de sacrifice des territoires et des populations sont à l'œuvre. Ces dernières continuant de subir la dépossession, la répression et la mise au silence. Les pouvoirs d'états à travers l'USGS, le BRGM et autres centres de recherche et les financeurs (Union Européenne, BPI, actionnaires comme Glencore) provoquent ainsi de nouvelles guerres, de nouvelles dévastations, afin de siphonner les matières fossiles et minérales des sous-sols.
La mondialisation de l'extractivisme est en cours mais ses horreurs ne se font pas sans opposition. Des luttes acharnées se mènent en Laponie, au Canada, en Kanaky, au Sahara, en France, en Grèce, en Allemagne, pour conserver l'eau, la terre. Pour survivre. Des projets sont contestés, retardés, certains sont abandonnés. Face à l'ampleur de la dévastation, n'oublions pas notre force collective.
Nous croyons ce système faillible, que sa subversion est possible.
Nous voulons le saper à sa base. Grâce à l'imagination, l'inspiration, l'audace !
Partout où ce message circulera, que ces deux mois (Février-Mars 2027) soient semés d'actions autonomes et diverses contre les entreprises minières et ceux qui collaborent avec elles.
Bien appliquées, de petites forces peuvent devenir de grandes menaces.