Qui connaît la doctrine du «cassage d'os», qui a été appliquée par l'armée coloniale sur des milliers de palestiniens en 1988 ?
L’article Quand Israël adoptait la politique du «cassage d’os» contre les palestiniens est apparu en premier sur Contre Attaque.
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l'importance de ses fondations : les sous-sols. Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d'Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu'aux fonds marins et (...)
Le 13 août, l'éphéméride des luttes démontre à quel point la révolte contre la colonisation n'est pas nouvelle, et qu'il est toujours moment de déserter les rôles qui nous sont réservés pour choisir une voie de libération.
1536 : Au Honduras, dans la vallée de l'Ulúa, mort de l'ex-conquistador Gonzalo Guerrero. Celui-ci avait gagné le surnom de 'Rénégat' chez ses anciens camarades parce qu'il était passé dans le camp des Mayas qui résistaient et est mort en combattant avec eux contre les Espagnols. C'est le premier conquistador a avoir abandonné et combattu le colonialisme mené par son propre pays d'origine.
1882 : A Montceau-les-Mines, la "bande Noire", composée principalement de mineurs anarchistes, continue son oeuvre anticléricale en attaquant l'église et la Croix du Bois Roulot.
1936 : A Piña de Ebro près de Saragosse, parution du premier bulletin "El Frente", édité par la Colonne Durruti lors de la guerre civile contre les franquistes.
1961 : En Allemagne de l'Est, début de la construction du Mur de Berlin.
1963 : En Espagne, les tribunaux franquistes condamnent à mort les anarchistes Francisco Granados et Joaquín Delgado, accusés d'avoir commis les attentats du 29 juillet contre la Délégation Nationale des Syndicats et contre la section des passeports de la Direction Générale de la Sécurité.
1968 : Près de Varkiza (Athènes) en Grèce, le poète révolutionnaire Alexandros Panagulis tente d'assassiner le dictateur militaire Georgios Papadopoulos, tentative qui échoue car les engins qui devaient exploser au passage du dictateur ne s'amorcent pas.
1969 : A Derry en Irlande du Nord, de sérieuses émeutes continuent au deuxième jour de la bataille du Bogside.
1970 : En Californie, Jonathan Jackson, 17 ans, entre armé dans le tribunal pour tenter de libérer son frère George Jackson et d'autres prisonniers politiques. Il distribue des armes aux prisonniers et prend le tribunal en otage, mais sera finalement abattu.
1974 : Près de Crossmaglen en Irlande du Nord, deux soldats de l'armée britannique sont tués dans l'explosion d'une bombe posée par l'IRA.
1977 : Manifestation de 50000 personnes au Larzac contre l'installation d'un nouveau camp de la Légion étrangère.
1993 : A Bournemouth en Angleterre, l'IRA mène une série d'attaques à la bombe incendiaire contre un certain nombre de magasins et d'entreprises.
1997 : Diffusion du premier épisode de la série South Park.
2008 : Près de Varese en Italie, l'ALF (Front de Libération Animale) incendie l'entreprise Tecniplast, principal constructeur de cages et d'outils de laboratoire dans le monde. Les 2400 m² de la structure brûlent et le toit s'effondre.
2012 : A Athènes, dans le quartier de Pagrati, les locaux du parti néonazi Aube Dorée sont entièrement incendiés par les anarchistes, au lendemain de l'assassinat d'un jeune Irakien par les nazis.
Voir l'éphéméride anarchiste du 13 août.
Rassemblement contre la campagne raciste des identitaires européens Save Europe Act
- Initiatives / Lyon, Manifs et rassemblements
Ce week-end, nous avons été surpris par une décision de justice ordonnant l’expulsion de la Kasa Invisível. Nos avocats travaillent déjà à annuler cette décision, mais l’expulsion pourrait avoir lieu à tout moment cette semaine.
C’est pourquoi nous faisons appel dès maintenant pour solliciter l’attention et le soutien de nos compas, organisations, collectifs et personnes qui fréquentent la maison, de nos voisin.es, ainsi que de tous ceux qui soutiennent et croient en ce projet. Nous vous demandons de rester vigilant.e et disponible pour nous soutenir si nécessaire !
Bientôt, nous convoquerons une réunion publique à la Kasa Invisível pour réfléchir collectivement à la manière de résister à l’expulsion et renforcer cette lutte. Notre force est sociale et collective, et nous croyons que nous ne pouvons affronter ce moment que par la solidarité, la mobilisation et le soutien mutuel.
Kasa Invisível est un squat qui, depuis 2013, abrite un centre social, des coopératives et des logements, favorisant toujours des activités gratuites et construisant un réseau vivant de solidarité avec nos voisin.es, d’autres squats, des personnes sans-abris, ainsi que divers groupes et initiatives dans la ville.
La Kasa Invisível est construite par de nombreuses mains, et c’est avec de nombreuses mains que nous la défendrons ! Restez à l’écoute pour les prochains appels à l’action.
Cet appel est à tous les groupes et individus internationalistes à montrer solidarité et soutien à Kasa Invisível.
Si vous connaissez la Kasa, nous avez rendu visite ou nous avez accueilli lors des nombreux voyages que nous avons faits pour discuter de la lutte pour le logement et des mouvements sociaux, veuillez envisager de répondre à cet appel.
Il existe de nombreuses façons de participer et de nous soutenir:
– partager et signer cet appel à l’action.
– assister aux événements et aux actions de la Kasa lorsque nous les annoncerons.
– montrez votre solidarité et soutien de toutes les manières: déclarations, articles, images de solidarité, vidéos, banderoles et affiches s’opposant à l’expulsion de la Kasa, dans votre propre ville ou quartier !
– organiser un événement de solidarité.
Squatter, c’est résister, et la solidarité est notre arme !
Coletivo Kasa Invisível
Avenida Bias Fortes, 1034
Belo Horizonte – Minas Gerais
Brésil
kasainvisivel [at] riseup [point] net
https://kasainvisivel.org/
https://radar.squat.net/fr/kasainvisivel
https://kolektiva.social/@kasainvisivel
Des squats au Brésil https://radar.squat.net/fr/groups/country/BR/country/BR/squated/squat
Des groupes groupes (librairies, centres sociaux, squats) au Brésil https://radar.squat.net/fr/groups/country/BR
Des événements au Brésil https://radar.squat.net/fr/events/country/BR
Le 22 juillet, la chambre des représentants des États-Unis a voté un projet de fusion stratégique entre les armées des USA et d'Israël.
L’article Vers une fusion des armées des USA et d’Israël ? est apparu en premier sur Contre Attaque.
reçu par mail (en anglais et en français) / début août 2026

Des « Blackshirts » devant la Parlement d’Écosse, à Édimbourg, le 24 juin
Proclamer ici la victoire n’a aucun sens – des camarades se font nasser sans que personne ne fasse rien, une vingtaine de personnes partent au casse-pipe pendant que tout le monde regarde ailleurs, sans joie à marcher ensemble et à occuper l’espace en dehors de la zone autorisée, pas une seule vitrine/abribus repeinte par notre haine de ce monde : l’anti-fascisme se définit par son action, Stand up to racism, les syndicats et le Socialist Workers Party sont définis par des postures auto-satisfaite et une collaboration claire avec la police fasciste. IL NE LEUR APPARTIENT PAS DE DÉCLARER VICTOIRE À NOTRE PLACE
La défaite est inévitable si personne ne se parle – aucune mutualisation d’informations basiques sur ce à quoi nous étions censé.es nous opposer. Il est impossible de se préparer en amont sans cela. Il est vital de tisser des liens entre les différents groupes présents et de destituer le pouvoir aux coordinateurs institutionnels qui ne cherchent qu’à neutraliser notre colère en collaborant directement avec la police fasciste, nous laissant donc plus dispersé.es, plus faibles et plus désorganisé.es.
Les organisateurs institutionnels : des loups déguisés en mouton – la collaboration étroite de Stand up to racism et des syndicats avec la police contrôle donc le moindre de nos mouvements au sein du rassemblement, mais aussi en nous faisant répéter bêtement leurs slogans inoffensifs. Nous sommes sous leur emprise dès lors que nous acceptons les règles de leur jeu. La domination imposée par leur service d’ordre nous rend passif.ves au point de nous auto-censurer, effrayé.es par le moindre mouvement imprévu ou la plus petite tentative d’action autonome. Répétons-le : l’offensive fasciste, avec sa dynamique irrésistible et sa portée historique mondiale, ne peut pas être stoppée par une collaboration directe ou indirecte avec la police et, par extension, avec ces institutions. N’oublions jamais que l’antifascisme ne naît que dans le mouvement, par l’action ; dès que nous restons immobiles, il meurt. REJETEZ L’IMMOBILISME ET REJETEZ TOUTES LES POLICES
Les fascistes ont dix coups d’avance sur nous – ils mutualisent leur organisation en avance, ils savent dans quoi ils arrivent et ce qu’ils vont essayer de produire, ils se coordonnent en temps réel, ce qui revient à dire qu’ils ont toujours donné le rythme et que nous n’avons fait que réagir à basse intensité. Ils étaient au courant de la nasse à l’arrière, ils ont chargé de manière coordonnée, ils étaient suffisamment organisés pour arriver à investir le centre-ville pendant que nous étions inertes à rester sur place pour vendre des t-shirts et faire des discours auto-satisfaits. Bref, ils nous prennent pour une blague et à raison.
En bref : DÉFENSE COLLECTIVE, SOLIDARITÉ INCONDITIONNELLE, MUTUALISATION D’INFOS AUTONOME
Quelques remarques introductives
Au cours des six derniers mois, mais plus particulièrement au cours de l’été, des gangs de nazis se sont formes en Écosse, comme des milices paramilitaires, pour harceler, intimider et agresser tou.tes celles/ceux qu’ils identifient comme non conformes a l’hétéronormativite blanche, en concentrant leurs actions particulièrement envers les communautés musulmanes. Le rassemblement fasciste a été organise par Unite the clans, un de ces groupes écossais, et soutenu par Tommy Robinson, entre autres figures influents de la sphère fasciste britannique. Le rassemblement du samedi 24 juillet a été le point culminant jusqu’ici des tensions préexistantes qui bouillonnaient depuis un moment.
La réponse antifasciste a été organisée en consultation avec la police écossaise par Stand up to racism, une organisation satellite du Socialist Workers Party (SWP), une organisation dont le comité central abrite et promeut des agresseurs sexuels, entre autres problèmes fondamentaux. Ils ont été la figure de proue de la diffusion de l’appel au rassemblement sur les réseaux sociaux ; Unite the union et Unison, les deux plus gros syndicats au Royaume-Uni, étaient aussi listés en tant qu’organisateurs. Leurs représentants portaient des vestes de secouriste pendant le rassemblement et se comportaient comme des officiers en liaison avec la police et contrôlaient la foule, etc.
Ce sont ces gens qui ont parlé de victoire au moment même où les antifas étaient nassés et que ce qui existait comme black-bloc était piétiné par la police montée.
reçu par mail (en anglais et en français) / début août 2026
proclaiming victory here makes no sense– comrades kettled while no one did anything; twenty people led to slaughter while everyone looked the other way; no joy in marching together and occupying space outside the authorized zone; not a single shop window or bus shelter repainted by our hatred of this world :anti-fascism is defined by action; stand up to racism, trade unions and the socialist workers party are defined by fashion, self-satisfaction, and open collaboration with the fascist police. THEY DO NOT DECLARE VICTORY IN OUR NAME
defeat is inevitable if no one talks to one another– no shared pool of anti-fascist information about what we are countering. we cannot prepare in advance without this. we must forge links between the various groups present and strip power from the institutional coordinators who seek only to neutralise our rage in direct and open collaboration with the fascist police —thereby leaving us scattered, weak, and disorganised.
protest ‘organisers’: wolves in sheep’s clothing– stand up to racism and trade unions’ close collaboration with the police serves only to control not just our movements within the rally, but even the very inoffensive slogans we parrot. we are all under their hold when we accept the rules of their game. the monopoly of their neon-clad ‘security’ enforcers renders us passive and self-censoring, afraid of the slightest unexpected move or autonomous action. let us repeat: the buoyant and world-historic onslaught of fascism cannot be stopped indirect or indirect collaboration with the police, and by extension stand up to racism and all other formal protest ‘organisers’. let us never forget that anti-fascism is born only in movement through action; the moment we stand still it dies. REJECT STASIS AND ALL FORMS OF POLICE
fascists are ten steps ahead of us– they pool their organisational efforts in advance; know what they are walking into and what they intend to produce; they coordinate in real time—which amounts to saying they always set the pace while we react at low intensity. they knew about the kettle at the rear, they charged in a coordinated fashion, they were organised enough to successfully occupy the city centre while we sat idly by selling t-shirts, making self-congratulatory speeches. they take us for a joke—and rightly so.
in short: COLLECTIVE DEFENSE, UNCONDITIONAL SOLIDARITY, AUTONOMOUS POOLING OF INFORMATION.
introductory remarks
over the last six months but increasingly over the summer gangs of nazis have been forming in scotland, as the brownshirts, to harass, intimidate and assault anyone they deem nonconformist to white heteronormativity, focusing their activity around certain diverse communities. the fascist rally was organised by ‘unite the clans’ and supported by tommy robinson amongst other influential figures of the british far-right. saturday 24 july was a culmination of pre-existing tensions that have been simmering for some time.
the anti-fascist response was organised in consultation with police scotland by ‘stand up to racism’, a proxy group of the socialist workers’ party (swp), an organisation whose entire central committee is compromised by sheltering & promoting sexual abusers, among other fundamental problems. whilst they fronted the advertising campaign for the rally on social media, ‘unite the union’ and ‘unison’, the two largest general trade unions in the uk, were also listed as organisers. their representatives wore high-visibility ‘security’ jackets during the protest and acted like marshals who liaised with the police & enforced crowd control etc.
these are the people who spoke of victory at the very moment anti-fascists were kettled and what exists of the ‘black bloc’ was trampled by cavalry police.
Cet article sera mis à jour régulièrement avec les dernières informations sur la présence policière pendant les Bure’lesques. Pour les informations pratiques sur les Bure’lesques, le site le plus à jour est le site du festival : https://burefestival.org/
Cet article sera mis à jour autant que possible mais aura surement quelques heures de retard par rapport aux contrôles
Mardi 11 août 2026 : un hélicoptère a survolé le lieu du festival ainsi que Bure et Mandres-en-Barrois
Mercredi 12 août 2026 : pas de contrôles signalés sur la journée
Jeudi 13 août 2026 : pas de contrôles signalés sur la journée
Vendredi 14 août 2026 :
Lien pour rejoindre le groupe Infotrafflic : https://signal.group/#CjQKIFjS-ZUtoO_xpd7L8AaE9tFx4FUqSJhXoPGhIbgKd0ymEhAu3sHk-fyDWE9Dcu1igNCZ
Ce groupe est public, faites attention à ce que vous y partagez. Si vous indiquez un contrôle pensez à indiquer l’heure, le lieu précis, et s’il y avait une réquisition. Une legal team est présente sur le site si vous avez des questions. Si besoin vous pouvez nous contacter par signal à @legalbure.55 . Merci de ne pas spammer ce groupe pour que les informations importantes ne soient pas noyées.
Pour éviter d’être trop identifié sur Signal, vous pouvez choisir un pseudonyme Signal différent de votre nom/prénom et vérifier que votre numéro de téléphone est caché dans les paramètres de Signal. Si vous utilisez déjà Signal, vous pouvez également changer votre identifiant avant de rejoindre le groupe.
Au 12 août, les gendarmes n’ont pas montré de réquisitions pour la fouille de véhicules.
Un arrêté interdit du vendredi 14 août 2026 08 heures 00 au lundi 17 août 2026 12 heures 00 le transport:
– de feu d’artifice.
– de carburants, accélérateurs de caburants, combustibles, acides ou produits chimiques, et de pneus usagés.
– Le transport de bombes à tag
– de matériaux pouvant servir de combustible (bois, paille, poutre)
– objets pouvant servir d’armes
– la consommations d’alcool de groupe 3 à 5 sur la voie publique
– du matos de sonorisation et de sound system
– matériel pouvant couvrir le visage
La liste des communes concernées par l’arrêté:
TREVERAY, SAINT-AMAND-SUR-ORNAIN, NAIX-AUX-FORGES, MENAUCOURT, GIVRAUVAL, LONGEAUX, NANTOIS, VILLERS LE SEC, HEVILLERS, BOVIOLLES, MARSON-SUR-BARBOURE, REFFROY, SAINT-JOIRE, BAUDIGNECOURT, DEMANGE AUX EAUX, BURE, GONDRECOURT-LE-CHATEAU, LUMEVILLE-EN-ORNOIS, HORVILLE EN ORNOIS, MANDRES-EN-BARROIS, CHASSEY-BEAUPRE, BONNET et RIBEAUCOURT
Les arrêtés préfectoraux n’ont jamais été appliqués strictement. Ils servent souvent de prétexte pour faire des contrôles. Dans la pratique, souvent ils n’appliquent pas l’arrêté, mais ils peuvent s’en servir soit pour prendre du matériel, qui peut être récupéré au commissariat à la fin de l’évènement. N’hésitez pas à faire un tour de votre véhicule avant de partir pour retirer les objets non utiles pour l’évènement.
En cas de contrôle, arrêté ou non, tant qu’il n’y a pas de réquisition du procureur, le véhicule n’a pas à être fouillé, même si les flics l’exigent. Demandez la réquisition du procureur (qui n’est pas la même chose que l’arrêté préfectoral), vérifiez l’endroit et la date: vérifiez si elle correspond à l’endroit où vous êtes contrôlé.es et vérifiez les horaires, une réquisitions n’est valable que plusieurs heures. Si elle n’est pas valable les flics ne peuvent ni voir ce qu’il y a dans le véhicule, ni contrôler d’autre personne dans le véhicule que le.a conducteurice.
Si vous voyez des personnes contrôlées sur la route, n’hésitez pas à être solidaire, sortir du véhicule et aller demander aux personnes si elles ont besoin de soutien.
– Brochure : zbeul ton contrôle policier
– Brochure : brief legal en contexte burien
Si vous voulez des infos sur le programme des burelesques, c’est ici.
La BAC de Saint-Denis fait cramer son commissariat à coups de mortiers d’artifice après avoir vidé ses propres extincteurs pour s'amuser.
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En toute discrétion et en plein génocide, la Commission Européenne veut conclure un accord policier avec Israël Une enquête de l’organisation britannique Statewatch révèle que la commission européenne, dirigée par Ursula Von Der Leyen, a cherché […]
L’article Scandale international : Ursula Von Der Leyen légitime et arme la colonisation est apparu en premier sur Contre Attaque.
Quand ?
Le 15 septembre de 19h30 à 21h
Où ?
Ministère de l'Économie, des Finances et du Budget Rue des Ministères, 75012, Paris, France
Pour ne pas revivre un été comme nous le vivons, nous organisons un grand rassemblement le mardi 15 septembre de 19h30 à 21h00 à Bercy devant le ministère de l'Économie, à Paris.
Parce depuis près de 50 ans, scientifiques, associations, citoyen·nes, alertent sur les conséquences de nos modes de productions. Et nous voici aujourd'hui avec des logements invivables, des hôpitaux surchargés, des écoles fermées, des sécheresses à répétition, une nature gravement impactée et de nombreux animaux qui ont péri pendant les incendies.
Pendant la canicule, des milliers de personnes ont perdu la vie.
C'est un moment historique et il faut s'en saisir.
Devant l'inaction de notre gouvernement, nous lançons un appel pour rejoindre la mobilisation et exiger des moyens afin que ces tragédies ne se répètent pas. Nous mettrons très bientôt dans le débat des propositions concrètes.
Rejoignez l'appel et partagez-le au maximum !
Premiers signataires de l'appel :
. France Nature Environnement
. Union syndicale Solidaires
. Médecins du Monde
. Nous Toutes
. Syndicat des Sapeurs Pompiers Volontaires de France
. Greenpeace
. Fondation pour le Logement
. Syndicat National des Professionnels Infirmiers CFE-CGC
. Fédération des Associations Générales Étudiantes
Quand ?
Le 22 août à 15h
Où ?
Place de la République (Paris) 75010 Paris
Samedi 22 août, pour les 30 ans de la longue marche des sans-papiers pour la liberté, pour l'égalité des droits de toutes et tous, contre le racisme et le fascisme, on reprend le chemin de Saint-Bernard !
Manifestation à l'initiative de la Marche des Solidarité
Quand ?
Le 13 août de 14h à 15h
Où ?
Place Beauvau Place Beauvau 75008 Paris
Comme annoncé le 7 août, les sapeurs-pompiers professionnels (SPP) et les personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS) des SDIS de France seront en grève ce jeudi 13 août.
Cette mobilisation n'est pas un coup de tête. Elle est le cri d'alarme d'hommes et de femmes qui protègent la population au quotidien, mais que l'État abandonne face à la surcharge opérationnelle, au manque d'effectifs et au délabrement des moyens.
Rendez-vous jeudi 13 août 2026, à 14h
Devant le ministère de l'intérieur - Place Beauvau (M° Miromesnil)
Quand ?
Le 13 août de 14h à 15h
Où ?
Place Beauvau Place Beauvau 75008 Paris
Comme annoncé le 7 août, les sapeurs-pompiers professionnels (SPP) et les personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS) des SDIS de France seront en grève ce jeudi 13 août.
Cette mobilisation n'est pas un coup de tête. Elle est le cri d'alarme d'hommes et de femmes qui protègent la population au quotidien, mais que l'État abandonne face à la surcharge opérationnelle, au manque d'effectifs et au délabrement des moyens.
Rendez-vous jeudi 13 août 2026, à 14h
Devant le ministère de l'intérieur - Place Beauvau (M° Miromesnil)
Les identitaires européens de la campagne raciste Save Europe Act organisent une tournée européenne pour propager en toute impunité leur projet de durcissement des politiques migratoires et de « remigration » c'est-à dire littéralement la déportation des personnes immigrées. Ce projet ne surgit pas dans le vide. Partout en Europe, les politiques migratoires se durcissent, les discours racistes se banalisent, ce qui était hier porté par les marges de l'extrême droite est aujourd'hui repris dans les discours politiques et médiatiques et se traduit dans les politiques publiques. Le Parlement européen a adopté en mars un texte ouvrant la voie à un renforcement des procédures d'expulsion, à la possibilité de recourir à des « plate formes de retour » et à l'utilisation accrue des centres de rétention administratifs.
La déshumanisation des personnes migrantes se banalise, entraînant une multiplication des agressions racistes, comme à Belfast où des milices d'extrême droite ont attaqué et incendié des maisons de familles immigrées. Pendant ce temps, les frontières européennes continuent de tuer. Quand les voies légales sont fermées, celles et ceux qui cherchent refuge sont contraintes de prendre des routes toujours plus dangereuses. À Ceuta comme en Méditerranée, les morts et les drames humains se succèdent. Et à chaque nouvelle tragédie, l'extrême droite réclame davantage de frontières alors que celles-ci sont déjà bien verrouillées.
Nous refusons cette logique, d'autant plus si l'on tient compte de la responsabilité de l'Etat français dans ces mouvements migratoires, à travers son soutien aux projets coloniaux et impérialistes, sa complicité aux crimes de guerres et génocides et son inaction face à la crise climatique. L'internationalisme demeure la meilleure réponse au nationalisme et la libre circulation des personnes est la seule réponse désirable aux questions migratoires. Après Utrecht aux Pays-Bas où les fascistes ont pu parader, puis Lille où leur rassemblement a été annulé par la préfecture, et avant de passer en Espagne où ils vont continuer d'instrumentaliser le drame humanitaire de Ceuta à des fins racistes, les fascistes prévoient de venir déployer leur banderole « Remigration saves Europe » à Lyon ce dimanche 16 août à 18h place Saint-Jean.
Nous appelons à un contre-rassemblement antiraciste et antifasciste contre l'extrême-droite ce dimanche à 18h devant la Cour d'Appel de Lyon. Soyons plus nombreuxses qu'eux ! Face à leur horizon mortifère, notre horizon sera toujours la solidarité, le respect de la dignité humaine, et l'anéantissement de tous les systèmes d'oppression !
Signataires de l'appel :
À l'appel de différents collectifs pour une Paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, de partout en France, le vendredi 14 août doit monter l'exigence de l'application des arrêtés de l'ONU et de la Cour Pénale Internationale à l'encontre d'Israël et de ses dirigeants visés par ces arrêtés.
Communiqué
Le collectif Paix 21 rappelle que devant l'ampleur de la barbarie israélienne qui se déchaîne sans bruit à Gaza durant ces mois d'été, malgré ce prétendu « cessez-le-feu », les dirigeants de la France ne peuvent plus rester impassibles.
En effet au moins 300 enfants ont été tués à Gaza pendant les 300 jours du cessez le feu : « Les familles sont désormais entassées sur environ un tiers du territoire de la bande de Gaza, où elles vivent dans des conditions dangereuses, au milieu de bâtiments détruits, de décombres et de déchets solides qui s'accumulent » (source : UNICEF, https://www.unicef.fr/article/au-moins-300-enfants-tues-a-gaza-au-cours-des-300-derniers-jours/ )
Ce samedi 15 août, cela fera 1043 jours, soit 147 semaines, que Gaza subit des bombardements incessants, occasionnant un génocide, provoquant des milliers de morts d'enfants, d'hommes et femmes pacifistes qui ne demandent qu'un droit : celui de vivre en paix dans leur pays la Palestine, dans des frontières justes établies et reconnues par tous dans une paix juste et durable.
En Cisjordanie l'annexion rampante est en marche, avec son lot de vol de terres, de bétail et d'assassinats de femmes, d'enfants et de vieillards, associé à une asphyxie économique.
Le Collectif paix 21 dénonce la complicité du gouvernement français avec l'État d'apartheid israélien et demande l'application des sanctions au regard du droit international tant au niveau national qu'au niveau européen.
La suspension de l'accord d'association entre l'Europe et Israël devient une urgence. Les états signataires du statut de Rome, ont obligation de respecter les décisions de la Cour Pénale Internationale.
Tant que le génocide continue, le collectif appelle à maintenir le Boycott Désinvestissement Sanction contre Israël et ses produits.
Nous invitons, les Dijonnaises et les Dijonnais, les personnes éprises de justice, éprises du respect des peuples, éprises du respect du Droit International à participer nombreuses et nombreux au rassemblement organisé par le Collectif Paix21 ce samedi 15 août à partir de 15h jusqu'à 17h place Darcy à Dijon.
Nous rappelons que ces rassemblements sont hebdomadaires : tous les samedis de 15h à 17h place Darcy. Le 5 septembre nous appelons à une manifestation dans les rues de Dijon. Il faut maintenir la pression.
Quand des membres du RN commettent littéralement des agressions, c'est le silence. Personne ne demande de comptes à Bardella ou Le Pen.
L’article Pas vu à la télé : crimes et agressions d’extrême droite en série, dont plusieurs commises par le RN est apparu en premier sur Contre Attaque.
Ultra-minoritaire, ridiculisée, n'intéressant plus personne, la gauche de droite pourrait être sauvée par une proposition de François Bayrou
L’article Le PS rétablit le suffrage censitaire, Bayrou confirme l’unité du bloc libéral-réactionnaire est apparu en premier sur Contre Attaque.
La catastrophe est sous nos yeux, mais toujours aucune réaction politique ni soulèvement collectif.
L’article En Europe, un effondrement tranquille est apparu en premier sur Contre Attaque.
La France est bien en déclin, mais pas pour les raisons avancées habituellement : la preuve avec les lunettes pour regarder les éclipses.
L’article Pénurie de lunettes pour l’éclipse : le symptôme d’un néolibéralisme à bout de souffle est apparu en premier sur Contre Attaque.
A l'heure où les mouvements sociaux ont été écrasés par le capital, les roses et les rouges peuvent tranquillement rafler la mise de nos espoirs brisés. Oui, puisque nous avons perdu, la bourgeoisie avance : c'est comme ça que ça marche. Que cela nous pousse dans les bras des réformistes ou des léninistes, c'est une autre histoire qui devrait être interrogée . Mélenchon n'est pas notre ami, et les soi-disant révolutionnaires qui veulent diriger eux-mêmes le pays pour notre plus grand bien non plus.
« ... et dans la réforme les lier »
Les Insoumistari
I. the G.A.U.C.H.E.
Le premier point, ça devrait être acquis : on peut mettre un bulletin dans une urne pour défendre nos intérêts matériels sans se mettre à lécher les pieds d'un gars qui dit très clairement qu'il veut continuer le capitalisme. On peut aussi ne pas mettre ce bulletin, d'ailleurs. Posons une chose : l'extrême-droite n'est qu'une tête de l'hydre. Ce qui doit être combattu ce n'est pas elle en soi, mais toutes les formes du capital. Se battre corps et âme à gagner cinq ans pour qu'au final un gars continue de faire tenir les rouages qui mènent au fascisme n'a aucun putain de sens. Rappelons à cet égard que les mesures « de gauche » sont toujours des mesures qui servent les racines de ce système de merde que sont l'étatisme et le capitalisme. La sociale-démocratie ici, c'est toujours le fascisme quelque-part, tout simplement parce que le capitalisme et l'exploitation impliquent des éléments fascisants dans leur production et leur reproduction. Or les gouvernements de gauche ne tiennent pas magiquement sur des lois complètement différentes de ceux de droite.
Ces éléments réactionnaires sont contenus dans les programmes de gauche : sous le vernis des améliorations, ce qui est proposé est de maintenir et reproduire les fondements de la violence capitaliste. Taxer les gros capitalistes par exemple, beaucoup de gens trouvent ça super : ça veut juste dire que l'argent qu'ils gagnent en exploitant des travailleurs dans d'autres pays nous reviendra un peu plus à nous qu'à eux, que ça tombera un peu plus dans la poche de l'Etat et un peu moins dans celles du patronat. En gros, au lieu que les patrons bouffent eux-mêmes les produits du néo-colonialisme, c'est nous qui allons les bouffer un peu. Merci mais si c'est ça la grande différence de la gauche avec les autres, on va laisser...
Voici un post instagram qu'on traduit un peu comme on peut, qui développe ce point et qui parle de HITLER mesdames et messieurs on est comme ça, dans la nuance, allons-y tout de go : « Adolf Hitler était un social-démocrate. Le génocide et le racisme mis de côté, c'était toujours un petit politicien de merde. Les gens comme lui existent encore de nos jours. Kamala Harris, Tim Waltz, Gavin Newsome... ils partagent la philosophie économique d'Hitler. La seule différence est qu'ils ne sont pas ouvertement des suprémacistes blancs (c'est débattable). La social-démocratie c'est du capitalisme avec un visage humain, et donc pour pouvoir prodiguer un petit paradis à ta population aryenne tu dois ou bien être engagé dans un état de guerre constant (l'Allemagne d'Hitler) ou bien tu dois avoir le Tiers Monde qui construit toutes tes merdes pendant que tu restes avantageusement assis au sommet du monde à jouer aux innocents (l'Europe du Nord). En résumé : la social-démocratie a toujours besoin de l'impérialisme pour fonctionner ». [1]
Soyons clairs : c'est vrai. On réfute le terme « social-démocrate » pour parler de Hitler car pour nous ça renvoie précisément au courant réformiste du socialisme, mais on comprend l'idée et on est d'accord avec : tout ça c'est du capitalisme. Les versions plus ou moins fascisantes, plus ou moins sociales-libérales ou libérales-autoritaires, plus ou moins néo-réformistes du capital ne proposent pas de ruptures fondamentales les unes par rapport aux autres. Ce sont des modes de gestion, qui ont plus en commun qu'ils n'ont de différences.
La pensée de gauche n'est ainsi pas une négation de la pensée de droite, elle en est une variante. Elle est celle qui consiste à refouler de nos esprits les aspects intrinsèquement fascistes et impérialistes du capitalisme pour se faire croire que c'est une question de gouvernement, et qu'il existe des « bons gouvernements », pour peu que les gens votent bien. Le système, lui, n'est pas remis en question. En gros : « on voudrait que les symptômes du capitalisme disparaissent mais les causes ne nous gênent pas. » Et, fonctionnellement : « on veut les avantages que l'exploitation et les oppressions du capitalisme nous octroient, mais on ne veut pas voir les rouages, ni que ça se passe ici ».
II. La nature du fascisme
Il y a dans la vision même qu'on s'est forgée de l'extrême-droite, et dans la construction de la gauche comme son antithèse, quelque-chose d'absolument raciste et dégueulasse : Hitler – revenons à lui – est vu comme une anomalie dans la normalité paisible, une incarnation de l'horreur au-delà de tout... Alors que les pays qu'il a combattus étaient des empires coloniaux. Ainsi quand Césaire dit que le fascisme est un « choc en retour », un retour en Europe des logiques politiques que les bourgeoisies blanches appliquaient à l'extérieur, c'est vrai. La seule chose « inacceptable » qu'Hitler ait faite, c'est de porter la logique coloniale au sein de l'Europe même : les horreurs, elles, sont pour les bourgeoisies d'une banalité totale. Il suffit de se rappeler que le capitalisme s'est en partie construit sur l'enrichissement dû à la production de canne à sucre, donc précisément sur l'esclavage, et que les Etats-Unis ont fondé leur Etat sur un génocide, et sur l'esclavage aussi. Tous appliquent les mêmes logiques, car ce sont les logiques du capital.
Si les bourgeoisies allemande et italienne ont tenté aux alentours de 1930 d'envahir une partie de l'Europe, ça n'est donc pas par un machiavélisme supérieur de beaucoup à l'esprit noble et distingué de leurs homologues , mais justement parce que les autres forces européennes et américaines avaient déjà bouffé le « gâteau » et apporté la violence comme système partout où c'était possible. Il ne restait donc pas tant d'autre possibilité pour augmenter la captation de plus-value, point sans lequel une bourgeoisie s'écroule, que tenter l'annexion de pays déjà eux-mêmes coloniaux. En fait, ce qu'on appelle fascisme, et qu'on oppose à la « gauche », pourrait très bien correspondre à ça : quand l'horreur capitaliste arrive là où elle ne « devrait pas », c'est-à-dire sur nous. Tandis que le Front Populaire, qui a maintenu le colonialisme, peut être dit « antifasciste » car il a relégué la violence maximale, fondamentale au capital, un peu plus loin de la vue pour se contenter de la violence « acceptable » - déjà hardcore sa mère on est d'accord. Aucun pays, aucun gouvernement n'était pas atrocement criminel dans la deuxième guerre mondiale, il faut le comprendre, et l'analyse qui tente de faire de Hitler une exception, en opposant artificiellement extrême-droite et gauche – ou plus généralement extrême-droite et « république » - dans leurs fonctionnements profonds, cause énormément de dommages à l'analyse politique.
C'est un point fondamental. Les massacres et les génocides, les systèmes concentrationnaires, les logiques débordant l'exploitation salariale pour tendre vers des formes de servitude plus ou moins avancées voire extrêmes ne sont pas des exceptions ou des aberrations du capital. Au contraire, elles sont son indispensable corollaire, son pilier de fonctionnement, elles sont la logique fondamentale de l'accumulation de la plus-value sans laquelle il ne tient pas. La différence entre les différents types de régimes capitalistes – fascistes, droitisants, ou de gauche, même « radicale » - ne tient pas à autre chose qu'au niveau de visibilité assumé de ce fait, et à quel point la violence concerne aussi les travailleur.euse.s au sein du pays même.
III. Le mélenchonisme qui vient
Alors quand on nous parle de « l'extrême-droite aux portes du pouvoir », une extrême-droite face à laquelle il faudrait se mobiliser en votant « gauche radicale » comme on devait voter Macron ou Chirac auparavant, la seule chose qu'on comprend, c'est que le brouillage des pistes a gagné. Les différentes fractions du capital ont bien su utiliser la propagande pour créer un mythe des « bon bourgeois contre les mauvais », mythe qui les arrange tous. Une grosse partie de la militance tombe dedans, décidant que le réformisme de gauche est le bien pour lequel il faut lutter corps et âme, bec et ongles, tractage aux municipales et posts insta moralisateurs. La lutte des classes est morte, vive le front de gauche. Et tant pis pour la révolution : car en démocratie, tous les cinq ans, il faut se mobiliser pour éviter le pire (le pire étant différent selon les circonstances). Et entre temps le faire pour les législatives, et le faire pour les municipales, et le faire pour les européennes, etc... Il reste peu de temps et d'énergie pour autre chose, à la fin. Tant que ces échéances rythment notre vie, la récupération est constante, le surgissement de la révolte court-circuité sans arrêt.*
Il se joue parallèlement à cette captation de l'énergie dans les processus institutionnels une confusion bizarre entre ligne politique et conscience des oppressions. A écouter beaucoup de monde, on dirait que « être anti-oppressif » signifie texto « être sauce-dem », voire léninisant (car anti-impérialiste, etc). On a envie de dire que de ce point de vue le « wokisme » existe bel et bien, en tant que signe égal mis entre ces deux points, comme une obligation morale. Ainsi depuis que Mélenchon monte, on voit se multiplier les take type « les abstentionnistes / anarchistes qui allez pas voter Mélenchon, vous êtes pas les alliés que vous croyez ». On répond sans sourciller, depuis le courageux anonymat de cette brochure : « les sauces-dem qui faites passer votre ligne politique pour la réalité objective, vous êtes des sauces-dem avant d'être des alliés ou des concernés ». [2]Pouf, ça c'est envoyé, dans les dents.
Car pour adhérer autant à la gauche il faut croire sans questions ce qu'elle dit d'elle-même. On nous excusera de pas gober le truc. Plongeons nous dans le mandat Mélenchon deux secondes. Sous LFI, les CRA existeront toujours, et vous verrez bien comment ils traiteront les étrangers ou les militants contre les frontières. Sous Mélenchon, la police existera toujours, même si sûrement un peu plus bridée, or la police n'a qu'un seul rôle, et elle le tiendra. Sous Mélenchon, le travail existera toujours, or le travail EST l'institution de l'exploitation, indiscernable de ses composantes les plus fondamentales : exploitation racialisée et genrée... qui fondent le racisme et le sexisme systémiques. [3] D'une façon ou d'une autre, Mélenchon continuera de nourrir les racines mêmes de ce qui finit par s'incarner sous la forme de l'extrême-droite, tout simplement parce que le seul moyen de ne pas les nourrir est de démanteler le capitalisme [4], chose dont il n'a aucune envie et qui ne viendra pas de lui. Lui, au contraire, se propose magnanimement en continuateur.
Affirmer, comme la gauche le fait, qu'il pourrait exister un capitalisme moins suprémaciste, moins patriarcal, un capitalisme dont l'exploitation serait un juste régime salarial pour tout le monde est un mensonge absolu. Ce mensonge a une fonction : faire dériver les désirs d'émancipation dans des théories moins radicales, moins difficiles, moins absolument demandantes que la révolution. Il suffit de voter et de pousser tout le monde à le faire et hop ! ça sera bon. Ça permet à une partie de la militance de se sentir investie d'une mission d'éveil des consciences bien surplombante typique des socialos autoritaires. Et si c'est pas bon, tkt, dans cinq ans on repart. Nous, on pense que ça pue la merde. Qu'on a autre chose à foutre que de se mobiliser pour ça. Qu'on préfère pas faire semblant qu'on fait quelque-chose si ce quelque-chose c'est : servir les récupérateurs de nos colères et de nos espoirs, ces connards qui, en jouant la carotte entre les coups de bâton, participent à la paix sociale tout autant que la droite et l'extrême-droite. [5]
IV. Que faire ? (lol)
Donc rappelons quelques points qui nous paraissent très importants.
1. Les révolutionnaires ne sont pas responsables de l'arrivée de la droite au pouvoir, même quand ils ne votent pas.
2. La gauche n'est qu'une des formes du capital. Et c'est par une vision raciste/sexiste, car occultant les réalités impérialistes, suprémacistes, structurellement sexisantes du capital, que cette gauche parvient à se rendre acceptable voire « désirable ». Elle est à cet égard une saloperie sans nom, car elle distord la réalité du capital dans nos têtes, brouille la lutte des classes en la transformant en « lutte de la droite contre la gauche ».
3. Ce point n'exclut ni le fait que les fractions dominantes de la bourgeoisie ne veulent pas de Mélenchon à la tête de l'Etat, ni qu'un mandat sous son gouvernement serait moins violent qu'un mandat sous n'importe quel autre parti présidentiable. Pour autant, il faut bien comprendre ce que veut dire ce troc : un peu moins de violence localisée et spécifique contre le maintien et la continuation de la violence partout ailleurs, dans l'écrasante majorité des sphères de la société. Le maintien et la continuation de la violence comme modèle d'organisation de la société. Et la paix sociale voire le soutien des militants à un mandat qui sert l'exploitation et son fonctionnement patriarcal-racial-écocide. Ce n'est pas notre programme.
4. Être révolutionnaire ne consiste pas à faire le plus confortable : en l'occurrence, se rallier derrière le premier parti sauce-dem venu, même si sans révolution en vue d'ici là évidemment qu'on espère que ce sera plus lui que les autres connards encore pire. On a peur comme tout le monde, et bien sûr qu'on veut le moins de violence possible, et bien sur que si c'en est d'autres le niveau de violence sera un voire plusieurs crans au-dessus. Et bien sur que ça retombera sur les personnes oppressées, puisque le capital fonctionne comme ça. On n'est pas dans le déni, et la situation nous plait pas.
Mais c'est juste pas la question. Si la situation en est là c'est pas à cause des abstentionnistes mais des défaites dans les luttes concrètes, défaites que l'électoralisme alimente en nous mobilisant sur les enjeux des bourges. Et défaites qui seront tout autant provoquées par une police de gauche qu'elles le sont par la police actuelle. On est pas là pour dire « Mélenchon c'est plus gentil que Retailleau alors vote Mélenchon », on est là pour tendre vers la conflictualité avec ceux qui permettent à ce système de se perpétuer.
Si une propagande est à faire, c'est donc aussi bien pour démonter le discours de la droite et de l'extrême-droite que pour montrer en quoi Mélenchon fait partie du système capitaliste bien plus qu'il ne le combat, et en quoi le capitalisme est fondamentalement une horreur sans nom, sous toutes ses formes, de droite comme de gauche. Seul ce type de discours peut nourrir les buts que l'on poursuit, à savoir donner de la force à tout ce qui peut aller vers le renversement de ce putain de système de merde pour mettre en place le communisme/l'anarchisme. Dans cette optique, passer son temps à soutenir Méluche/ à ne taper que sur l'extrême-droite nous parait complètement contre-productif. En fait, donner notre temps et notre énergie à investir les échéances électorales, autrement que pour en montrer ou en attaquer la nature bourgeoise, nous semble être une putain d'aberration. On est pas la gauche, on veut pas l'être, on la vomit. Même si ça n'empêche pas qu'en attendant, en effet, nos défaites nous poussent à espérer plutôt lui qu'un autre.
5. Enfin, quand on dit tout ça sur « lui plutôt qu'un autre » et etc, on veut quand même poser qu'on le dit en négatif, par rapport au programme des autres : oui, si c'est lui, ça n'est pas Le Pen, Philippe ou Retailleau. Mais le concernant lui, on n ‘a pas beaucoup d'attentes. Une partie de la sphère militante semble avoir fait de lui son nouveau Jésus en partant du principe qu'il fera tout ce qu'il a promis. On veut rappeler que c'est un politicien qui veut avant tout être élu. Pour le reste, ce qu'il voudra réellement faire, ce qu'il pourra réellement faire, c'est une autre histoire, mais rappelez-vous bien que Mitterrand aussi s'est présenté plusieurs fois avant d'être élu et ça l'a pas rendu plus radical dans les actes. De même, le Front Populaire en 36 a aussi été élu sur le sujet de « la menace fasciste » et les seules avancées réelles qu'il a mises en place sont celles que le prolétariat a contraint le patronat à accepter ; autrement, c'était un parti sauce-dem basique qui comptait pas faire grand-chose. Et qui a, comme tout bon parti de « gauche radicale » qui se respecte, détricoté tout ce qu'il pouvait de droits de notre camp durant le reste de son mandat. Il nous parait évident que Mélenchon élu, après quelques-mesures démago, va beaucoup, beaucoup, décevoir. Je veux dire, incarner et récupérer nos espoirs face à la montée de l'horreur du capital, c'est littéralement son boulot. Ça nous paraitrait vraiment bien si les voix militantes autour de cette campagne proposaient autre chose que la collusion basique avec la bourgeoisie.
Conclusion
Comme dans tous les moments d'élection, nos voix vont être plus inaudibles que d'habitude. C'est dans la révolte et les mouvements sociaux que nos aspirations existent et trouvent de l'écho : le terrain de l'Etat et des institutions est celui de la social-démocratie, depuis sa forme la plus légère et réformiste – Mélenchon – jusqu'au bout du spectre rouge qui tâche – léninistes, « radicaux », stals... Ils vont s'époumoner, ce moment est pour eux, mais au moins qu'on ne les laisse pas imposer leur vision autoritaire et la faire passer pour révolutionnaire là où on pourra l'empêcher [6]
D'une façon ou d'une autre, une fois Mélenchon élu, c'est contre lui et sa police, et contre une partie des « militants » transformée en supplétifs informels – gauchistes syndicalistes et léninistes – , qu'on devra sortir dans la rue pour se battre. Non, la révolution ne sera pas plus avancée ni plus facile sous Mélenchon. De même qu'elle n'était pas plus « objectivement avancée » à l'époque de l'URSS ou du Front Populaire : ces gens-là ne sont tout simplement pas nos alliés. Si l'avancée de l'extrême-droite n'est pas une bonne nouvelle, le renouveau de la gauche et de « l'espoir » mystificateur qu'elle incarne ne le sont pas, et ne le seront jamais non plus.
A5
A4
[1] Le compte c'est commissar_howitzer après on fait pas la pub, c'est pas vraiment un anti-autoritaire
[2] Oui c'est un peu un équivalent de « prout prout c'est celui qui dit qu'y est ». Mais des fois c'est un bon argument.
[3] C'est pourquoi la gauche réformiste passe son temps à mettre le sexisme et le racisme du côté de la conscience, de l'éducation, de l'individu : ça permet d'effacer la réalité des oppressions, qui sont des composantes de l'exploitation, et qui ne peuvent qu'être reproduites si ces composantes ne sont pas démantelées.
[4] A la fois en tant que structure, et en tant que rapport social
[5] Et la paix sociale, on est d'accord, c'est la guerre sociale en train d'être perdue
[6] Et ce, même s'ils utilisent pour ça tous les arguments les plus fallacieux – comme faire de leur ligne la seule envisageable si on « prend en compte le réel » ou mettre un signe égal entre « anti-autoritaire » et « privilégié ».
Compte rendu de la commission mandatée par la commission Bloquons Tout Paris du lundi 20 juillet 2026
Règlement des prises de parole dans la commission BLOQUONS TOUT
Tu me laisses parler. Je t'ai écouté. Donc tu me laises parler. TU ME LAISSES PARLER . Je t'ai écouté. DONC TU ME LAISSES PARLER
(etc etc)
Motion concernant ce réglement de prise de paroles
Tu m'écoutes, je t'écoute et tu me laisses parler sont des phrases de domination permettant de cadrer et d'enfermer la problématique de la discussion dans un seul sujet, celui défini par celui qui a pris la parole et qui entend contrôler par tous les moyens la finalité de sa prise de parole.
L'écoute n'est pas le respect, le droit, le devoir et le mérite. L'écoute n'est pas retour sur investissement. Notre écoute n'est pas celle d'Emmanuel Macron, de Marine Le Pen, de Jean Luc Mélenchon, des représentants du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), du parlement, du directeur du personnel, de l'école et des associations.
L'écoute est l'expérimentation et le partage de nos souffrances qui deviendront peut-être des actes. Désormais nos réunions, l'éducation populaire, les coordinations, les ateliers de travail de réflexion, les congrès et nos manifestations deviendront des ripostes et du désordre proclamé comme désordre par les professionnels de l'écoute.
Notre écoute est fondée sur le désir, elle n'est pas fondée sur l'échange commercial et elle deviendra une énergie collective incontrôlable, puisque dénuée du sens unique, de la visibilité, du plan comptable et de l'ouverture aux autres.
Qui aurait pu prévoir que l'absence d'écoute suivie d'actes chers à Victor Hugo et d'autres humanistes à l'écoute deviendraient des drones et la destruction des chars et de la barrière de sécurité ?
Qui se souviendra des trois millions de manifestants défilant contre la réforme des retraites avec comme mot d'ordre parfaitement justifié le mot d'ordre de la lutte contre la réforme des retraites ?
Désormais, nous tournerons en rond devant les supermarchés le dimanche, le samedi ou le vendredi soir après 19 heures 41, sans porte-paroles, sans but, sans votre raison et sans votre encadrement destiné à encadrer vos crises de panique. La répétition est la subversion de leurs victoires et de leur ordre ordonné par l'écoute tolérante.
Merejkowsky
Le mouvement « Zéro bébé à la rue » désigne une mobilisation citoyenne et associative (portée notamment par le Pôle de santé des Envierges et RESF à Paris) qui dénonce la présence de nourrissons et de jeunes enfants sans abri. Rendez-vous tous les premiers lundis du mois de 19 à 20h devant l'Hôtel de Ville de Paris
L'action « zéro bébé à la rue » continue tous les premiers lundis du mois.
Nous étions lundi 3 août devant l'hôtel de ville de Paris au niveau du 31 rue de Rivoli entre 19h et 20h pour notre rassemblement mensuel,
Pour dire NON à l'inacceptable.
Pour dire notre indignation devant la suppression de 1 200 nuitées hôtelières qui accentuent les remises à la rue :
Pour dire notre soutien à la grève des travailleur.euses du 115 de Paris.
Pour dire notre solidarité avec Utopia et les familles qui sont depuis plus de 10 jours sur le parvis du Samu Social, 15 rue Jean Baptiste Berlier Paris 13e près du tramway avenue de France.
Parce que la précarité de nos plus jeunes est un danger pour leur santé physique et mentale actuelle et à venir,
Parce qu'il n'est pas admissible, tolérable qu'en 2026, des femmes enceintes, des bébés et des enfants dorment dans la rue en France,
Parce que des solutions sont possibles comme nous l'avons constaté pendant la crise sanitaire du Covid (tous les sans-abris ont pu être mis à l'abri),
depuis deux ans, « Zéro Bébé à la Rue » manifeste les premiers lundis de chaque mois de 19h à 20h devant l'Hôtel de Ville de Paris (31 rue de Rivoli).
Dans Paris et en Île-de-France, faute de logements ou de places d'hébergements, de nombreuses personnes dorment dans les rues, dans les parcs, dans les écoles, dans les gares et dans les salles d'attente des hôpitaux.
Le 19 août 2024, 2043 enfants dorment à la rue (dont 467 âgés de moins de 3 ans), en cette veille de rentrée scolaire. Ces chiffres sont sous-évalués puisqu'ils ne concernent que les familles qui ont appelé le 115 (Baromètre Enfants à la Rue, UNICEF et Fédération des Acteurs de la Solidarité, août 2024).
Ce qui était impensable il n'y a pas si longtemps, est devenu une réalité insupportable : des femmes enceintes, des bébés, des enfants ne sont pas protégés et dorment dehors.
Bien que des dispositifs de mise à l'abri existent, ils sont insuffisants.
Notre collectif « Zéro Bébé à la Rue » a décidé de mettre en place une action de protestation, de mobilisation citoyenne, qui sera caractérisée par sa répétition mensuelle. Cette action se poursuivra jusqu'à ce que ce problème prioritaire de santé publique soit réglé. le gouvernement s'est engagé, à l'automne 2022, à ne plus avoir aucun enfant à la rue. Nous demandons que cet engagement soit respecté.
Nous sommes un groupe de soignantes, de parents et d'enseignants, regroupés depuis plusieurs années dans le collectif RESF Titon-Souzy-Pilâtre, Paris 11e.
Révoltés par ce que nous voyons, nous avons interpelé le Pôle de Santé des Envierges, qui a décidé de porter l'action.
Le Pôle de Santé des Envierges est une association de soignants du 20e arrondissement, dont l'objectif est le travail en équipe, l'accès aux soins et la diminution des inégalités sociales de santé.
Nous étions lundi 3 août devant l'hôtel de ville de Paris au niveau du 31 rue de Rivoli entre 19h et 20h pour notre rassemblement mensuel,
Pour dire NON à l'inacceptable.
Pour dire notre indignation devant la suppression de 1 200 nuitées hôtelières qui accentuent les remises à la rue :
Pour dire notre soutien à la grève des travailleur.euses du 115 de Paris.
Pour dire notre solidarité avec Utopia et les familles qui sont depuis plus de 10 jours sur le parvis du Samu Social, 15 rue Jean Baptiste Berlier Paris 13e près du tramway avenue de France.
Karine Brochet
Mady Denantes
Pole de santé des Envierges
RESF Titon Souzy Pilatre
Appel unitaire pour une grande marche contre la loi instaurant la présomption de légitime défense pour les policiers. Rendez-vous le 19 septembre
SAVE, avec le Comité Justice pour Adama, uni aux familles de victimes de violences et de crimes policiers, syndicats de la justice, associations de défense des droits humains et organisations syndicales, appelle à une grande marche nationale unitaire le 19 septembre 2026 contre la loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.
Derrière son jargon juridique, cette loi n'est rien d'autre qu'un permis de tuer en toute impunité.
Elle légitime une violence qui cible d'abord des vies considérées comme sacrifiables.
Mais une loi qui autorise la police à tirer sans rendre de comptes ne s'arrête jamais à sa première cible. Aujourd'hui les quartiers populaires, demain les manifestant-es, les grévistes et toutes celles et ceux qui défendent leurs droits et leurs libertés.
Tant que son parcours législatif n'est pas achevé, nous pouvons encore l'arrêter. Le 19 septembre, partout en France, unissons-nous et faisons de cette journée une mobilisation massive.
C'est maintenant qu'il faut agir.
Compte rendu de la commission mandatée par la commission Bloquons Tout Paris du lundi 20 juillet 2026
Règlement des prises de parole dans la commission BLOQUONS TOUT
Tu me laisses parler. Je t'ai écouté. Donc tu me laises parler. TU ME LAISSES PARLER . Je t'ai écouté. DONC TU ME LAISSES PARLER
(etc etc)
Motion concernant ce réglement de prise de paroles
Tu m'écoutes, je t'écoute et tu me laisses parler sont des phrases de domination permettant de cadrer et d'enfermer la problématique de la discussion dans un seul sujet, celui défini par celui qui a pris la parole et qui entend contrôler par tous les moyens la finalité de sa prise de parole.
L'écoute n'est pas le respect, le droit, le devoir et le mérite. L'écoute n'est pas retour sur investissement. Notre écoute n'est pas celle d'Emmanuel Macron, de Marine Le Pen, de Jean Luc Mélenchon, des représentants du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), du parlement, du directeur du personnel, de l'école et des associations.
L'écoute est l'expérimentation et le partage de nos souffrances qui deviendront peut-être des actes. Désormais nos réunions, l'éducation populaire, les coordinations, les ateliers de travail de réflexion, les congrès et nos manifestations deviendront des ripostes et du désordre proclamé comme désordre par les professionnels de l'écoute.
Notre écoute est fondée sur le désir, elle n'est pas fondée sur l'échange commercial et elle deviendra une énergie collective incontrôlable, puisque dénuée du sens unique, de la visibilité, du plan comptable et de l'ouverture aux autres.
Qui aurait pu prévoir que l'absence d'écoute suivie d'actes chers à Victor Hugo et d'autres humanistes à l'écoute deviendraient des drones et la destruction des chars et de la barrière de sécurité ?
Qui se souviendra des trois millions de manifestants défilant contre la réforme des retraites avec comme mot d'ordre parfaitement justifié le mot d'ordre de la lutte contre la réforme des retraites ?
Désormais, nous tournerons en rond devant les supermarchés le dimanche, le samedi ou le vendredi soir après 19 heures 41, sans porte-paroles, sans but, sans votre raison et sans votre encadrement destiné à encadrer vos crises de panique. La répétition est la subversion de leurs victoires et de leur ordre ordonné par l'écoute tolérante.
Merejkowsky
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
Article trouvé par ici, https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/
C'est peut-être bien, de ne pas tomber dans la parano surtout car il manque les détails du contexte pour clarifier la visée de cette surveillance. Par exemple, à Rennes, on sait que la police manque beaucoup de moyens, et mis à part pour de l'anti-terrorisme ou des cas très spécifiques, écouter des militant.es en continu coute souvent trop cher, et serait sans doute peu fructueux.
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
Article trouvé par ici, https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/
C'est peut-être bien, de ne pas tomber dans la parano surtout car il manque les détails du contexte pour clarifier la visée de cette surveillance. Par exemple, à Rennes, on sait que la police manque beaucoup de moyens, et mis à part pour de l'anti-terrorisme ou des cas très spécifiques, écouter des militant.es en continu coute souvent trop cher, et serait sans doute peu fructueux.
L'éphéméride des luttes du 12 août se met en grève et voit voler les pavés, tente de les mettre "à hauteur d'un empire" comme dit le poète. Sans oublier quelques tonnes d'explosifs par-ci par-là, pour la forme.
1861 : Naissance à Verceil (dans la Piémont) de l'anarchiste italien Luigi Galleani, qui deviendra une figure très importante de la lutte anarchiste aux Etats-Unis, tant par ses écrits que par les séries d'actions directes que de nombreux anarchistes mènent à cette époque. Le journal qu'il contribue à créer, Cronaca Sovversiva, est à l'époque considéré par le président comme étant "le journal le plus dangereux édité sur le sol des Etats-Unis".
1888 : A Barcelone, création du syndicat UGT.
1893 : Premier numéro du journal anarchiste L'insurgé à Lyon.
1919 : Au Costa Rica, le dictateur Pelico Tinoco s'enfuit du pays avec plus de 100.000 dollars sur à une grève générale déclenchée par l'assassinat d'un professeur
1921 : A Almería, naissance d'Abel Paz (de son vrai nom Diego Camacho Escamez), anarcho-syndicaliste et historien, qui participa à la guerre civile.
1962 : En Espagne, le Mouvement Libertaire Espagnol et le groupe Défense Intérieure, lié aux résistant-e-s anarchistes à la dictature franquiste fait sauter une bombe dans la Basilique de Valle de los Caídos contre les liens entre l'Opus Dei et la dictature.
1969 : A Derry, en Irlande du Nord, c'est le début de la Bataille du Bogside entre la population et les membres loyalistes de l'armée britannique : trois jours d'émeutes presques ininterrompues qui font neuf morts et plus de 750 blessé-e-s (dont 150 par balles).
1977 : A Potenza, une attaque à l'explosif des NAP (Nuclei Armati Proletari) contre une caserne de carabinieri est abandonnée au dernier moment du fait de l'arrivée inopinée d'une patrouille. Tout le matériel, y compris une voiture volée, est laissé sur place.
1992 : La police métropolitaine de Londres découvre douze tonnes d'explosifs artisanaux lorsqu'elle saisit trois vans. Ceux-ci auraient été confectionnés par l'IRA.
1995 : En Irlande du Nord, la ville de Derry s'enflamme de nouveau et connait une journée d'émeutes.
2016 : A Gênes, des répétiteurs de télévision sont incendiés en soutien aux prisonniers anarchistes et aux révolutionnaires en cavale.
Voir l'éphéméride anarchiste du 12 août.
En septembre 2024, l'équipe de l'émission Minuit Décousu décide de programmer pour le mois d'octobre une émission qui aura pour thème les luttes et les solidarités contre le système de frontières. Elle tourne alors ses micros vers Toulouse où trois camarades du réseau Alarmphone répondent très gentiment à une longue liste de questions qui vont du fonctionnement du réseau d'Alarmphone aux transformations des routes migratoires en passant par le rôle de Frontex dans l'externalisation des frontières hors du sol européen. Un entretien dont l'émission avait soigneusement monté et gardé certains des éléments (heure de radio oblige) mais qui a depuis été retranscrit dans son intégralité. Il apparaissait important de proposer la publication de l'entretien dans le contexte actuel de boucle médiatique réactionnaire depuis que près de 60 000 personnes en mouvement ont franchi la frontière espagnole de l'enclave néo-coloniale de Ceuta au Maroc. Bonne lecture !
Minuit Décousu : Est-ce que vous pourriez vous présenter ?
Alarmphone : On est trois personnes qui faisont partie d'Alarmphone-Toulouse et qui habitons Toulouse ou alentours. C'est une équipe d'Alarmphone qui s'est montée localement en 2020.
Minuit Décousu : Est-ce qu'on peut revenir sur comment ça s'est monté Alarm Phone de manière générale et puis ensuite la cellule Toulousaine plus précisément.
Alarmphone : En fait Alarmphone ça arrive dans dans le contexte de montée des migrations et de la répression des migrations. Répression qui date quand même depuis longtemps, qui commence dans les années 1970 avec les visas, c'est ce qui va entraîner les passages de frontières de manière irrégulière, mais qui sont assez stables jusqu'en 2013. On compte un millier de passage de la Méditerranée en gros de ce qu'on peut compte jusque là, et à partir de 2014, ça va monter très fort du fait des contextes internationaux. Là on en compte 200 000 en 2014 et près d'un million en 2015. En 2013, il y a un gros naufrage qui fait 300 morts, et qui va entraîner l'opération Mare Nostrum. Cette opération, qui est largement menée par l'Italie à l'époque, va faire des opérations de sauvetage. Comme quoi c'est possible. Et il y a 150 000 personnes qui secourues dans cette opération assez massive, dont des personnes qui sont principalement orgiainaires de pays d'Afrique subsaharienne, mais aussi beaucoup de Syrie et de Libye qui sont en guerre civile à ce moment-là. Donc Alarmphone se monte en 2014, avec des activistes qui vivent au nord et au sud de la Méditerranée. Pour le dire rapidement, le principe c'est une ligne téléphonique d'urgence à destination des personnes se retrouvant en situation de détresse pendant une traversée de frontière, la mer Méditerranée notamment. Et ce numéro est joignable 24h/24 toute l'année. Ça c'est le principe de base.
Mais l'histoire elle commence doucement, à la fois avec peu de personnes. C'est vraiment peu de gens qui font ça au départ, mais et aussi pas beaucoup d'appels. le numéro n'est pas n'est pas très connu et progressivement il y a des équipes qui vont se monter en Allemagne, en Espagne, en Suisse, en France, en Angleterre, en Hollande, en Sardaigne et bien entendu au sud de la Méditerranée au Maroc, en Tunisie, au Sénégal. Il y a des contacts forts aussi au Mali au Niger et certainement j'en oublie parce qu'il y a des équipes qui vont se monter qui vont ensuite disparaître d'autres arriver etc c'est un réseau qui est assez important qui compte plus de 200 000 personnes. Les appels aussi vont se multiplier. L'année dernière [2023], on a reçu, on a accompagné 2400 situations. C'est beaucoup plus d'appels, mais en tout cas 2400 situations de problématiques liées à la répression aux frontières. Et ce matin, on en était à ouvrir le 1358e cas, comme on dit dans le jargon, quoi.
Je pense qu'il y a un truc qui est important dans dans la formation d'Alarm phone général, c'est que ce qu'on sait, ce qu'on fait, on le doit avant tout aux personnes en mouvement qui inventent des nouvelles routes, qui diffusent le savoir qu'elles ont collecté le long de celles-ci. Et depuis dix ans le réseau il apprend et grandit avec ça. Ça, c'est vraiment une une base importante à mon sens avant de développer. Et pour nous spécialement, je crois pas qu'il y ait pas grand chose à dire. C'est comme partout à plein d'endroits, des gens ont envie d'avoir une action directe contre le système des frontières, qui s'insèrent dans ce réseau, qui apprennent (c'est une formation qui est pas simple) et qui qui vont ensuite travailler à participer à cette ligne d'urgence. On a une amie qui disait qu'Alarm Phone c'était une sorte de legal team de la mer. Dans un contexte pourri où la répression fait rage, c'est s'accrocher à quelques droits pour tenter de s'en sortir au mieux. Et là, ici, c'est le droit de la mer, celui ancestral, un peu mythique, que les marins doivent porter secours aux autres marins. Bon, en vrai, c'est très relatif, surtout dans la réalité aujourd'hui du commerce maritime, etc. Et puis même, c'est des bateaux aujourd'hui où en fait tu vois rien, tu sais pas ce qu'il y a sur la mer, donc bon... Mais il y a ça, et puis il y a aussi une convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritime qui est signée en 1979 et qui va finalement entrer en vigueur en 1985… Bon ça c'est un peu des détails mais mais c'est important et c'est ce qui oblige à ce qu'il y ait des des moyens de sauvetage et de coordination du sauvetage en mer dans ce qu'on appelle des zones SAR, de “search and rescue”, de recherche et de sauvetage en français, et c'est un espace maritime qui est pas de tout celui des des eaux territoriales qui est les eaux internationales mais dans lesquels les États ont des responsabilités morales et matérielles et légales de sauver les personnes qui sont en détresse et de les ramener à un port sûr. C'est comme ça que c'est c'est c'est noté dans la loi. Le port sûr, ça va être un endroit où les personnes en danger ne le sont plus, tout simplement. Mais ce qu'il faut ce qu'il faut bien te garder en tête, c'est que le port sûr, c'est en fait une définition politique. Et qui résulte d'un rapport de force. Demain, il pourrait être établi que Misrata en Libye, c'est un port sûr, alors que la Libye, c'est un bagne horrible pour les personnes en mouvement. Donc, vraiment ce droit, c'est un champ de bataille perpétuel pour que les ports sûrs, ça soit des ports réellement sûrs et qu'ils soient notamment au nord de la Méditerranée.
MD : Sur votre site il est fait mention d'un réseau de collectif, d'associations auquel appartient Alarmphone. Est ce que vous pouvez en dire deux mots ?
Alarmphone : En fait, je pense qu'il y a un truc important qui fait le lien, en fait, avec qui est-ce qu'on s'organise. C'est que même si on agit surtout pour le sauvetage et le droit des personnes qui traversent, on est avant tout convaincu que ce qui est urgent, c'est de détruire le système des frontières et des visas, pour que les drames de la mer soient évités. Le problème, c'est les frontières, et nous on se bat pour la libre circulation. Donc on s'accorde avec des gens qui partagent ces idées-là. Ce qu'on appelle les projets “soeurs” d'Alarmphone. C'est comme Alarmphone Sahara qui travaille sur la traversée du Sahara, notamment à partir du Niger. C'est aussi la maison de Laâyoune, qui accueille des personnes en mouvement à Laâyoune dans le Sahara occidental. Et ensuite, on a d'autres contacts plus larges sur des acteurs du sauvetage en mer, ce qui s'appelle la “civil fleet”, la flotte civile, qui remplace les États dans leur travail de sauvetage. Donc c'est les Geo Barrents, c'est les Humanity One, c'est tous ces bateaux.
Il y a un autre élément sur lesquels on collabore beaucoup c'est les commémorations. Les commémorations, c'est des actions qui viennent de familles du sud, de familles de personnes qui ont disparu dans leur parcours de migration et qui veulent commémorer pour qu'aucun mort ne passe inaperçu. Une des dates assez importante, c'est notamment celle du 6 février. Par exemple, le 6 février dernier, c'est dans 54 villes de l'Afrique à l'Europe, de Tripoli au Liban à Brest en France, d'Amsterdam à Douala, qu'il y a eu des événements pour la tristesse et le souvenir et avec la rage de faire cesser le système des frontières. Et ça, c'est des éléments importants du travail d'Alarm Phone : regarder ce qui se passe aux frontières, le faire savoir, le faire sortir de l'oubli et le raconter le plus largement possible.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone. On y voit l'image d'une carte marine qui indique la position de 49 personnes en détresse au large de la Tunisie.
MD : Du coup si vous voulez on va passer au fonctionnement d'Alarmphone même on a déjà un peu commencé à amorcer un peu des éléments mais je pense que du coup ça permettra de compléter. Concrètement, comment on fait pour pour venir en aide aux personnes en exil ? Vous avez expliqué le principe de ligne téléphonique mais comment ça fonctionne si on prend le truc un peu dans l'ordre, on va dire, pour aider les personnes.
Alarmphone : En gros, nous, ce qu'on fait, c'est relayer les appels de détresse aux gardes côtes et faire pression. C'est ça le principe. On est pas un numéro de sauvetage, on n'a pas de bateau. Et quand on nous appelle, on est dans nos salons avec nos ordis. Donc, c'est un numéro d'alerte pour appuyer les opérations de secours. Par rapport à ce que les gens directement sur les bateaux peuvent faire, nous on va peut-être apporter des meilleures capacités matérielles et des connaissances pour pouvoir mettre la pression aux autorités nationales et aux gardes côtes pour qu'ils viennent en aide aux personnes en mer. Donc ce qu'on va faire pendant les permanences, c'est envoyer des emails aux autorités des zones SAR concernées en fonction d'où se situent les personnes sur les bateaux, on les appelle et ensuite on les rappelle et ensuite on les rappelle. Comme ça, ils sont au courant des bateaux en détresse, ils sont au courant de leur localisation et de la progression des bateaux. Et aussi, surtout, ils savent qu'on est au courant et qu'on visibilisera leur inaction s'il y a des naufrages. Donc, on pense qu'une grosse partie du travail, c'est d'assister les personnes en mouvement, bien qu'on se sente souvent impuissant-es. En fait, quand on a les personnes au téléphone, bien sûr c'est pour relayer toutes les informations nécessaires pour un sauvetage mais c'est aussi du travail émotionnel. Enfin, il y a ce truc d'apporter autant d'éléments que possibles pour qu'ils puissent en sortir au mieux, leur donner des conseils et aussi être des soutiens s'il y a beaucoup d'angoisse de la panique, s'il y a des personnes qui ressentent le besoin d'avoir quelqu'un au téléphone. On va rester en contact avec les personnes et on va faire le maximum pour être présent-es tant qu'il y a besoin.
Donc du coup, il y a ce travail de permanence. On est plein d'équipes locales dans plusieurs pays et on va se répartir les permanences pour qu'il y ait tous les jours, 24h/24, des camarades qui puissent répondre au téléphone. Pendant ces permanences, on va regarder la météo, on va suivre les parcours des personnes grâce à leurs positions GPS. On va archiver tout ce qui se passe pendant la permanence. On va répondre aux proches sur les réseaux sociaux. On va recharger les téléphones des personnes en mer quand ils ont plus de crédit. Et on peut aussi relayer les situations très dangereuses sur Twitter, par exemple. Comme ça, ça met davantage de pression aux garde-côtes. Et donc, en dehors du travail de permanence, il y a aussi tout le travail à côté. pour que cette permanence soit possible. En amont, il va y avoir le travail de prévention qui est mené au sud de la Méditerranée dans les communautés de départ par le biais par exemple de brochures qui vont expliquer les risques auxquels s'exposent les personnes qui veulent traverser et faire de la réduction des risques en distribuant le numéro d'Alarme Phone parmi d'autres choses et après on a aussi des groupes de travail, par exemple un groupe de travail technique pour résoudre les problèmes techniques du réseau. Il y a des groupes régionaux qui vont analyser les tendances dans telle ou telle région et mettre à jour les meilleures manières qu'on peut avoir d'aider les gens en fonction des parcours de migration.
Après, il va y avoir un groupe de suivi des bateaux et des personnes disparues, qui va essayer de chercher ce qui est arrivé aux bateaux dont on a perdu la trace et aussi être en contact avec les familles des personnes disparues. Et après, j'ai l'impression que ce qui nous paraît très important, c'est l'archivage. Parce que l'intérêt de tout ça, c'est aussi que soit rendus visibles les luttes des personnes migrantes, les actes de solidarité et la violence des régimes frontaliers européens. On fait des rapports sur toutes les traversées qu'on assiste, on publie des articles. Après, il y a un podcast qui s'appelle Chroniques A Mer, qui est fait par des personnes d'Alamphone. Et après, pour finir, c'est essayer de faire fonctionner un réseau transnational avec les outils de l'auto-gestion. On a nos fonctionnements par ville, donc des tas de réunions en fonction des groupes de travail, et après des meetings deux fois par an qu'on fait au nord et au sud de la Méditerranée pour se rencontrer, se former ensemble, améliorer nos fonctionnements, prendre des décisions et prendre soin du réseau.
MD : La question que j'avais par rapport à à tout ça, c'est la question de la langue. Comment est-ce que les gens qui vous appellent font pour se faire comprendre et en échange, comment vous vous pouvez vous faire comprendre des personnes qui vous appellent. Est-ce qu'il y a des interprètes, omment ça fonctionne au niveau linguistique ?
Alarmphone : La plupart des personnes d'Alarmphone savent à peu près comprendre et se faire comprendre en anglais, donc on peut dire que c'est la langue qu'on utilise le plus, y compris avec les personnes sur le bateau. Aussi avec le français. Il y a souvent minimum une personne qui pourra prendre le téléphone et parler en anglais ou en français et si c'est pas le cas, surtout pour le français, on va avoir des sortes d'astreintes où par exemple, moi, je vais me rendre disponible au cas où personne n'arrive à communiquer en français avec des gens sur un bateau. Après, pour les gardes côtes, par exemple, ça peut être bien de pouvoir parler espagnol avec les autorités, les gardes côtes espagnols, de savoir parler grec pour parler avec les autorités grecques, et que ça peut être une bonne une excuse pour les gardes côtes de de nous envoyer chier parce que on parle pas assez bien leur langue donc ils vont dire qu'ils nous rappellent, qu'ils nous comprennent pas et ils vont raccrocher. Après, les équipes de permanence au nord de la Méditerranée sont en bonne partie majoritairement blanches et non arabophones donc ça peut être compliqué aussi quand personne ne parle arabe. Des fois on peut ne pas trouver de langues en commun avec les gens sur les bateaux Et quand ça arrive, on va demander au réseau si un ou une arabophone est disponible pour être en contact avec tel ou tel bateau. Et il y a presque tout le temps quelqu'un qui va être là pour pour s'en pour s'en charger.
MD : Vous disiez que c'est la Méditerranée que vous surveillez plus spécifiquement, mais est-ce que vous surveillez aussi d'autres zones maritimes ? Et plus largement aujourd'hui, quelles sont les zones les plus complexes à traverser quand on est en parcours d'exil autour de l'Europe ?
Alarmphone : On surveille pas en fait de zones en particulier. C'est plus qu'au fur et à mesure de la militarisation des frontières européennes, les personnes en mouvement vont tester des nouvelles routes qui sont de plus en plus dangereuses et mortelles. Et nous, on est simplement témoin de ça. Par exemple, dans la Manche, parce qu'on a aussi des appels de la Manche, il n'y a jamais eu autant de personnes mortes que cette année [2024]. Là, à l'heure où on parle, il y a 37 personnes au moins qui sont décédées dans la Manche. Et la raison pour laquelle c'est le cas, c'est parce que les plages sont plus en plus militarisées et que les départs se font de plus en plus dans la précipitation, le stress, l'obscurité. On n'a pas le temps de bien gonfler les bateaux et les embarcations. Ils sont aussi de plus en plus éloignés des endroits historiques de départ comme Calais ou Grande Synthe. Et après, en Méditerranée, les zones de de départ, ça va être la Méditerranée centrale, beaucoup de départs de la Libye, de la Tunisie, de l'Égypte qui vont aller vers Lampedusa, vers la Sardaigne, la Sicile. La zone SAR libyenne, elle est très large. Donc sur toute cette zone-là, qui est énorme, il y a un gros danger de pushback et d'interception de la part des soi-disant garde-côtes libyens. La zone est extrêmement surveillée par les drones de Frontex et les soi-disant garde-côtes libyens, ils s'en foutent que les gens risquent de se noyer. Et par ailleurs, les interceptions dans cette zone-là ont pour conséquence l'emprisonnement en Libye dans des conditions inhumaines. Donc beaucoup de gens veulent continuer la route coûte que coûte, ce qui est extrêmement dangereux. Et ça fait que, toujours pareil, les bateaux partent de plus en plus loin. Maintenant, depuis cette année, il y a énormément de bateaux qui partent de l'Est de la Libye. Enfin, c'était déjà le cas, mais c'est de plus en plus courant, et ça représente une distance beaucoup plus grande pour arriver en Europe. Et c'est à cause de ça qu'en fait il y a des massacres en qui se passent en Méditerranée. Donc on peut reparler en juin dernier du massacre de Pilos où il y a six cents personnes qui ont qui ont été tuées en mer en empruntant cette route là. Et là, si on compte juste les six premiers mois de 2024, il y a 800 personnes répertoriées qui sont décédées en Méditerranée centrale. Il y a l'ordre qui est souvent donné de ramener les personnes en Tunisie, en Libye, en Égypte. Malgré les violations en droits humains documentées par les personnes en mouvement dans ces pays. Ça, c'est pour la Méditerranée centrale.
Après, pour l'Espagne, les personnes partent d'Algérie, du Maroc, de Sahara occidental, de plus en plus fréquemment par l'Atlantique vers les îles Canaries, qui est une route moins surveillée, mais qui est aussi beaucoup plus longue et beaucoup plus dangereuse. Et pour l'est de la Méditerranée, les personnes vont partir de Turquie, de Syrie et du Liban. Il y a des traversées de l'Evros [ou Maritsa], le fleuve qui sépare la Turquie de la Grèce, avec énormément de pushbacks par la police aux frontières grecques. Les personnes peuvent attendre des jours ou des semaines sur des petites villes au milieu de l'Evros, parce qu'ils ont été pushbackés. Ou parce qu'ils ont peur de se faire tabasser par la police grecque. Et pour les traverser en bateau de la Turquie vers les îles grecques, il y a aussi beaucoup de pushbacks qui sont répertoriés, ainsi que beaucoup de violences des gardes-côtes grecs, qui a été répertoriée par énormément de personnes, telle que la violence physique : les gardes-côtes qui vont attendre que les gens arrivent sur les îles pour les taper, enlever le moteur et les laisser ensuite repartir à la dérive.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone datée du 3 août 2026. On y lit « 3 personnes à risque de pushback dans la zone de l'Evros. Une mère, son frère mineur et son enfant ont traversé pour arriver en Grèce cette nuit. Iels ont été trouvés par la police. Depuis, nous n'avons plus de nouvelles d'eux ou de la police. Iels ont besoin de protection internationale ! Non aux pushbacks ! »
Alarmphone : Juste pour un rajout, il y avait un peu la partie plus spécifique sur ce qu'il se passe quand on a les gens au téléphone ? Qu'est-ce qu'on check comme information ?
Alarmphone : Ben oui, je peux en parler un peu. Donc, il y a le numéro de téléphone d'Alarmphone qui est distribué par les camarades du Sud. qui joue un rôle déterminant pour faire circuler le numéro dans les communautés de départ, ce qu'on a dit. Et après, nous, on va répondre à chaque appel téléphonique. On a plusieurs téléphones au cas où il y a plusieurs appels en même temps. Et après, une fois qu'on est en contact avec un bateau, on va se recontacter assez régulièrement avec les personnes sur le bateau pour savoir ce qui se passe, comment les gens vont, et on va demander les informations dont on a besoin. que ce soit le type de bateau, sa taille, le nombre de personnes à bord, la nationalité des gens, la présence de gilets de sauvetage, si elles ont de l'eau, de la nourriture, s'il y a des personnes malades... Et le truc le plus important, c'est le plus régulièrement possible de connaître leur position GPS. Après, s'il y a un sauvetage aussi, on va essayer de rester en contact vraiment jusqu'au bout. Parce que les moments de sauvetage, ça peut être des moments aussi très dangereux où il y a beaucoup de mouvement. À part par le téléphone, on peut aussi être contacté-es par d'autres biais, par exemple par des proches sur Facebook ou sur Twitter. Donc là, c'est plutôt eux qui vont nous donner les informations. Ça peut aussi arriver qu'Utopia 56 nous demande si on peut s'occuper de cas de bateaux dans la Manche parce qu'ils ont trop de travail. Et il y a aussi des endroits où il va y avoir de la connexion réseau, donc par exemple sur l'Evros ou sur les îles grecques. Donc on va pouvoir parler avec les gens sur WhatsApp dans ces moments-là, ce qui peut résoudre pas mal de problèmes de communication liés à la langue parce qu'on va utiliser des traducteurs automatiques.
MD : Du coup je voulais rebondir là-dessus. En mer, en Méditerranée comme dans la Manche, il y a pas de zone où il y a pas du tout de réseau, par exemple, pour appeler. Est-ce que enfin ça se pose comme problème les zones blanches en Méditerranée ?
Alarmphone : Oui il y a en mais en fait on utilise des des téléphones satellites.
MD : Ah d'accord oui.
Alarmphone : Peut-être pour faire un petit complément là-dessus. En fait les gens qui partent de Libye partent quasiment toujours avec un téléphone satellite parce qu'effectivement rapidement la couverture téléphonique qui est permise par des antennes terrestres s'arrête. Et c'est une des difficultés qu'il y a dans d'autres régions, par exemple en Tunisie les téléphones satellites sont considérés comme du matériel militaire et interdits ce qui fait que les gens partent sans téléphone satellite et très vite n'ont plus de réseau téléphonique et donc ça augmente vachement le danger et le risque de mourir en mer puisque les personnes ne sont pas en capacité de contacter des secours quand elles se retrouvent en détresse. C'est aussi un des enjeux sur la route vers les Canaries, la route atlantique, où en fonction des pays de départ c'est plus ou moins possible pour les personnes d'avoir accès à des téléphones satellites. Donc il y a des départs qui se font avec et des départs qui se font sans.
MD : Si vous voulez, on peut passer au fait d'expliquer comment sont gérées les frontières européennes, expliquer un peu ce que c'est que Frontex, comme ça fonctionne etc. Et on verra ensuite si ça fait émerger d'autres trucs.
Alarmphone : Eh ben c'est pas une si petite question [rire]. Frontex, c'est une agence de l'Union européenne qui est basée à Varsovie. C'est la plus grosse agence de l'Union européenne en termes de budget et de nombre d'agents. Pour donner une idée de chiffres, son budget c'est environ 900 millions d'euros par an et le nombre d'agents actuellement, j'ai pas réussi à trouver d'info très claires, mais l'objectif c'est d'atteindre 10 000 agents d'ici 2027. Avec 3 000 agents fixes et 7 000 détachés dans différents pays. Le rôle de Frontex c'est de protéger les frontières européennes de l'immigration illégale. C'est assez explicite. Et ça, ça se fait principalement en contrôlant les frontières externes de l'Europe, donc en dehors de l'Europe. Ce que fait Frontex, c'est plusieurs choses. C'est une agence qui produit de l'analyse, cette analyse, elle sert à définir un niveau de risque et donc des stratégies de militarisation adaptées à ce niveau de risque tel qu'il a été évalué. Donc la militarisation, elle passe par la surveillance, le contrôle et les violences aux frontières. Frontex fait partie aussi de la coordination des expulsions de migrants et migrantes sans papiers vers leur pays d'origine, donc les charters quoi. Des gens qui sont en France, qui ont une OQTF et qui reçoivent une convocation pour un avion, par exemple. Et donc Frontex coordonne ces expulsions-là, les facilite notamment en finançant les vols. Et nous, la partie à laquelle on est la plus confrontée de l'action de Frontex, c'est l'intervention dans les États membres de l'Union européenne et dans des États en dehors de l'Union européenne par la mise à disposition de moyens humains, donc des gardes frontières, par la formation de ces gardes frontières et par la mise à disposition de matériel. Le matos, c'est des avions, des bateaux. les drones et les armes à feu. Il faut savoir que les gardes frontières de Frontex sont autorisés à porter des armes à feu. Et cette intervention, on remarque qu'elle est vraiment en expansion au-delà de l'Union européenne. Et du coup, il y a des agents et des gardes de côte formés par Frontex en Libye. mais aussi de plus en plus loin par exemple au Sénégal, en Mauritanie, au Nigeria.
L'action de Frontex, elle démarre bien avant les départs en mer, avec cette politique d'externalisation des frontières qui augmente d'année en année, avec des accords toujours plus nombreux entre des pays de l'Union européenne et des pays considérés comme de transit. Et donc ça passe par des contrôles accrus des routes migratoires terrestres et aussi des zones côtières d'où partent les bateaux. Une fois en mer, par exemple si on parle de la Méditerranée centrale, donc les départs de Libye comme on disait tout à l'heure, en fait Frontex ils ont vachement de matos de surveillance donc des drones et des avions qui leur permettent de repérer toute embarcation de “migrants illégaux” entre guillemets et à ce moment-là de les signaler aux autorités compétentes et parfois d'envoyer des signaux de détresse qui vont être relayés aux embarcations proches conformément au droit maritime international de porter assistance aux personnes en détresse en mer. Comme on l'expliquait tout à l'heure, Frontex signale les embarcations aux pays responsables du secours dans les zones en question. Or, depuis 2018, la Libye possède une zone SAR, donc une zone de responsabilité de recherche et de secours en mer qui est très grande, qui auparavant n'existait pas. Et donc à ce moment-là, en fait, les embarcations repérées par Frontex sont assez systématiquement interceptées par les soi-disant garde-côtes libyens, et les personnes sont donc abordées dans des conditions catastrophiques qui conduisent souvent à des morts. et ensuite sont ramenés et incarcérés en Libye.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone datée du 1 août 2026. On y lit « 37 personnes en détresse en Méditerranée centrale ! Cela fait 7h que nous parlons avec le groupe. Les soi-disant gardes-côtes libyens prétendent qu'ils ont cherché l'embarcation sans la trouver. Nous sommes très inquets et demandons à ce que les opérations de recherches continuent ! »
C'est toute cette histoire de ports sûrs don't on parlait tout à l'heure en fait. Depuis 2024, le droit maritime oblige les bateaux qui recueillent des migrants en détresse à les débarquer dans un lieu sûr tel qu'il est défini par l'organisation maritime internationale c'est-à-dire quelque part où la vie des personnes n'est plus menacée. Or par rapport à ça, on remarque que Frontex n'a pas de souci à considérer que la Libye est un lieu sûr. Si on prend l'exemple d'une autre zone, dans la mer Égée, les routes de la Turquie vers la Grèce, comme le disait la camarade tout à l'heure, nous recevons beaucoup d'appels de personnes qui sont parties de la Turquie, qui sont refoulées par les gardes-côtes grecs. Parfois, les gardes-côtes ne sont pas identifiables, les personnes sont cagoulées, les bateaux n'ont pas vraiment d'insigne. Ils coulent les embarcations, noient les moteurs ou repoussent les embarcations dans les eaux turques et les abandonnent à la dérive. Parfois, et c'est arrivé fréquemment dernièrement, ils mettent les personnes sur des espèces de petits radeaux gonflables et ils les laisse à la dérive dans les eaux turque. Tout ça, c'est des pratiques de refoulement qui sont illégales selon les différents points du droit et qui du coup font partie des critiques un peu fortes qui sont faites sur Frontex. Ces pratiques sont aussi difficiles à documenter, et c'est un peu le taf qu'on essaie de faire.
MD : Est-ce que du coup les appareils répressifs des différents Etats viennent en appui à Frontex ? Je pense notamment à la police aux frontières en France ou à leurs équivalents européens. Et est-ce qu'il y a des partenariats qui existent entre les agences de répression européennes sur les questions migratoires ?
Alarmphone : J'ai l'impression que c'est l'inverse qui se passe : que c'est les appareils répressifs des États qui sont renforcés par Frontex. Les Libyens qui ont du coup des yeux dans le ciel avec des drones de Frontex, et ça peut être aussi à d'autres endroits, c'est-à-dire qu'ils viennent renforcer les frontières et les appareils répressifs existants, et que la violence aux frontières ça va être un mélange d'initiatives privées. Il y a beaucoup de milices en Grèce, mais on peut aussi considérer que les soi-disant gardes-côtes, on dit soi-disant gardes-côtes libyens, parce que ils ont aucune mission de sauvetage ni même de préparation au sauvetage. c'est des flics en fait, et dans un pays où c'est quand même un peu le bordel, c'est vraiment à la limite de la milice. Et aussi des d'actions étatiques menées par des agences internationales, donc Frontex. et des corps répressifs classiques, l'armée, la police, mais aussi les gardes-côtes, comme on voit en Grèce. C'est vraiment le cas paradigmatique où c'est la pratique de refoulement illégal, c'est le fait de la police, de l'armée, des gardes-côtes, ou même parfois d'obscurs milices mal identifiées, où on ne sait pas si effectivement c'est les corps répressifs sans insignes et en cagoule, ou si c'est des citoyens organisés. On peine à savoir, mais on sait que c'est de la violence étatique déléguée quoi. Et Frontex joue un rôle d'informateur et intervient finalement peu dans ces violences directes. Il les cautionne, les organise et les supporte, mais finalement les organise n'y participe pas forcément en première ligne.
MD : Effectivement, j'avais pas vu les choses dans ce sens là mais ça paraît logique. La dernière question que j'avais sur cette partie là ce serait si vous pouviez revenir sur les évolutions que vous constatez à grande échelle sur la migration et la répression ces 10 dernières années. Parce que quand on pense à la question migratoire j'ai l'impression que tout le monde en parle un peu au passé, notamment avec cette fourchette 2013-2016 avec un moment politique et médiatique fort, alors que le phénomène s'est pas du tout arrêté. Comment ça a évolué cette dernière décennie ?
Alarmphone : Effectivement, peut-être contrairement à ce qu'on peut percevoir au niveau médiatique, le nombre de personnes en mouvement il ne diminue pas, et la répression à l'égard des personnes en mouvement elle ne diminue pas non plus. Pour le dire un peu simplement, c'est que les raisons de la migration ne diminuent pas. C'est-à-dire que les enjeux de crises économiques et politiques, de guerres civiles, de réchauffement climatique, etc., ne vont pas en s'améliorant. Donc il n'y a pas vraiment de raison que les gens n'aient plus besoin de se déplacer et du coup que la répression ne diminue pas du tout non plus.
Il y a toutes les pratiques de violation des droits humains dont on a parlé juste avant et également des phénomènes de criminalisation des personnes en mouvement qui est permise notamment par la surveillance exercée par Frontex. Quand on parle de criminalisation on parle des personnes migrantes qui sont criminalisées, inculpées quand elles arrivent en Europe pour différents motifs. Globalement, elles sont inculpées pour facilitation de l'entrée irrégulière sur le territoire. Ça, c'est la manière un peu, on va dire, juridique de dire passeur, en fait. Ou parfois des inculpations pour terrorisme dans certains cas. Pour donner un exemple, si on revient sur le naufrage de Pilos en juin 2023 au large de la Grèce, c'était un bateau qui transportait environ 700 personnes, parti de Libye qui a coulé durant une intervention bien trop tardive et extrêmement catastrophique des gardes-côtes grecs qui ont tenté de traquer le bateau et l'ont fait basculer. Dans ce naufrage, il y a 104 personnes qui ont survécu et 9 personnes survivantes ont été inculpées comme passeurs. Le procès, il a eu lieu en mai dernier, en 2024, et les neuf ont été acquittés. Alors ce procès, il a été très médiatique, ce qui peut-être a permis une relaxe. On ne peut pas trop le savoir. Par ailleurs, et de manière beaucoup plus invisible, en fait, il y a des milliers de personnes qui sont incarcérées à leur arrivée en Europe, accusées d'aide au passage ou d'être responsables de naufrage. Et cette accusation, en fait, elle se fonde sur le fait que les personnes conduisaient les bateaux ou étaient impliquées dans le fait de conduire le bateau, donc avoir une boussole, tenir la barre... Et une fois incarcérées, c'est beaucoup plus difficile pour ces personnes-là d'avoir accès à une demande d'asile, ce qui est leur droit. C'est également des situations qui augmentent le danger en mer puisque les personnes sont au courant de ces enjeux de criminalisation et ça peut faire que parfois, du coup, un bateau qui est survolé par un drone de Frontex, tout d'un coup, les gens vont essayer de s'éloigner le plus possible du moteur du bateau. Ça peut entraîner des mouvements de foule, des déséquilibrages du bateau qui conduisent à des naufrages. Pour faire face à cette criminalisation, il y a une plateforme qui s'est créée qui s'appelle Captain Support qui possède un site internet qui soutient les personnes inculpées pour essayer de leur permettre d'avoir accès à leurs droits et les mettre en lien avec des avocats/avocates etc.
Sur une espèce d'évolution globale, quand on regarde un petit peu la comm' officielle de Frontex, ils se targuent de sauver des vies en Méditerranée, on imagine sous-entendu en empêchant les départs en mer. En réalité, ce qu'on constate, c'est que les personnes, comme on l'a expliqué tout à l'heure, elles continuent d'essayer de rejoindre l'Europe, et pour ça, vont faire des choix de route de plus en plus dangereux, parce que dans des conditions de merde, des routes plus longues et tout ça. Du coup, sans répéter tout ce qu'on a déjà dit, c'est des chiffres qui sont difficiles à avoir et c'est difficile de faire de l'analyse globale chiffrée. Par exemple, je reparle du naufrage de Pilos, mais dans les médias, quand on fait quelques recherches, on se rend compte que ce naufrage, il est qualifié du plus meurtrier depuis 2016 parce que 80 personnes sont mortes. En fait, il y avait 700 personnes sur ce bateau, il y a 104 survivants et il y a 80 morts. Donc il y a un petit problème mathématique. On se rend assez vite compte, c'est qu'en fait, souvent Les chiffres qu'on donne sur le nombre de morts, c'est les corps qui sont retrouvés. Et en fait, à toutes ces personnes mortes dont on a pu retrouver et identifier le corps, il faut rajouter le nombre immense de personnes qui sont disparues. Donc il faut avoir une forme de prudence avec ces chiffres qui souvent rendent très invisibles énormément de personnes mortes et disparues sur les routes migratoires, qui invisibilisent aussi tout ce que ça représente pour les proches, pour les familles qui parfois pendant des années cherchent des nouvelles, se battent et luttent pour rapatrier des corps, pour offrir des sépultures dignes, etc. Du coup, on avait envie aussi de rappeler un peu ces histoires-là pour qu'elles tombent pas dans l'oubli. Je dévie un peu de la question de base, mais ça me semblait important à rajouter.
MD : Tu fais bien, tu fais bien. J'arrive au bout de mes questions. Je sais pas si vous avez des choses que vous voulez rajouter, ou si vous vouliez compléter des trucs que vous avez déjà dit.
Alarmphone : Peut-être un truc qu'on voulait rajouter sur la fin. C'est que si on essaie de faire des bilans ou de conclure des choses sur ce qu'on observe en dix ans d'existence d'Alarmphone, c'est que les gens se déplaceront toujours, en fait. Et ça, c'est le fruit de nouvelles routes inventées, de coopération, de plein d'actes de solidarité et de lutte qui rendent en fait très, enfin, relativement, inopérant le système répressif de frontières. Et en tout cas, nous, en tant que réseau Alarmphone, c'est aussi ça qui nous donne de la force pour continuer à lutter.
Alarmphone : Peut-être juste aussi une précision sur quand on parle de frontière. À chaque fois on parle vraiment d'un objet politique et militaire et et pas du tout quelque chose de physique ou de géographique et que c'est vraiment une série d'obstacles qui sont dressés sur la route des personnes en mouvement et qui sont vraiment purement fictifs. C'est pas les frontières elles-mêmes qui tuent comme des objets, comme des lignes tracées, mais vraiment le système, l'organisation des entraves au mouvement et de l'abandon, parce qu'il y a vraiment une organisation de l'abandon des personnes en danger, mis en danger par ces entraves. Donc voilà, on parle de frontières, mais c'est ni la montagne ni la mer qui sont dangereuses. Même si évidemment on peut en parler, mais en vrai, c'est simplement que les gens peuvent pas prendre l'avion. Parce qu'en vrai il y a beaucoup plus de gens qui vont faire du tourisme au Maroc tous les ans. Et a priori, ils font des aller-retours et ça se passe très bien.
L'émission #191 No Borders de Minuit Décousu :
Les bure'lesques reviennent pour leur 5e édition ! Au programme : trois jours informatifs et festifs ouverts à toutes et tous pour des moments conviviaux et constructifs au coeur d'un territoire rural bien vivant, refusant de devenir la mégapoubelle nucléaire du pays, celui de Bure (Sud Meuse)
Les informations les plus à jour sur le festival seront sur le site dédié : https://burefestival.org/ . On essayera de mettre à jour régulièrement cet article notamment dès que le programme sera sorti.
N'oublions pas : à ce jour, il n'y a pas de déchets radioactifs enfouis à Bure (Meuse/Haute-Marne), ni aucune infrastructure pour les accueillir, juste le « laboratoire de recherches géologiques » de l'Andra installé en 1999.
En 2026, l'avis définitif sur la demande d'autorisation de création (DAC) de Cigéo, en instruction express depuis 3 ans sera publié. L'enquête publique annoncée pour l'automne a été avancée au printemps (mai/juin). Un comble alors que l'Andra a des démonstrations majeures de sûreté à apporter et que divers avis officiels ne seront pas encore publiés.
Le chantier Cigéo aura-t-il le feu vert ? Ce méga-projet industriel ne tient pas la route, tant du point de vue technologique qu'éthique, tout le confirme. Rien n'est joué et depuis 30 ans, l'opposition citoyenne ne faiblit pas ! (+ d'infos sur Burestop.eu et bureburebure.info)
Pré-programme des Bure'lesques 2026
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, il revient sur les raisons de son silence, la mort de proches à Gaza — dont celle de la tante de son épouse Sabah —, la réduction de l'aide humanitaire et une situation qui empire chaque jour, à Gaza comme en Cisjordanie.
Cet article est publié par Orient XXI.
Samedi 25 juillet.
Salut les amis. Toujours vivant.
Chers lecteurs, chères lectrices, cela fait longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles, et je vous prie de me pardonner. Je sais que vous vous êtes inquiétés et que les informations sur Gaza vous manquent. J'ai eu quelques soucis de santé, mais ensuite, je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas repris l'écriture. Sabah, ma femme, me demandait souvent : « Pourquoi n'écris-tu pas ? » Le problème, c'est que je n'avais pas de réponse. Depuis plus d'un mois, je vivais avec un cerveau qui voulait parler de tout, et un cœur saturé de chagrin et de tristesse qui n'avait pas envie de parler. Peut-être que ce génocide qui ne cesse pas depuis trois ans, ces catastrophes et massacres quotidiens, ce stress permanent pesaient trop lourd.
Il y a beaucoup de choses à raconter et, en même temps, la communauté internationale n'a rien à dire. Rien de ce qu'il se passe à Gaza n'a d'écho dans le silence du monde. Ni dans mon propre silence que je ne comprends pas moi-même. De quoi était-il fait ? Peut-être que j'avais simplement besoin de me reposer. Peut-être que j'étais arrivé à un point où j'avais besoin de ne rien dire, où je n'avais plus rien à dire.
Pendant le mois écoulé, nous sommes passés par de grands moments de tristesse. Sabah a perdu sa tante, pas à cause d'un bombardement, mais à cause des rats. Oui, à cause des rats. À Gaza, vous le savez, plus de 1,5 million de personnes vivent toujours sous des tentes dans des camps de fortune. Ces gens sont entassés les uns à côté des autres, concentrés dans 30 % de la surface de Gaza, c'est-à-dire à peu près 120 kilomètres carrés. Récemment, et surtout avec la chaleur, la majorité de ces tentes ont été attaquées par les rats, par les souris, par les reptiles, par les rongeurs.
Quand ils installent leurs bâches, les déplacés essaient de trouver un mur auquel adosser leur abri, afin d'économiser les toiles sur un côté, et pour avoir un pan solide où planter des clous, par exemple. C'est ce qu'avait fait la tante de Sabah. Elle n'avait été déplacée qu'une fois, contrairement à la majorité des Gazaouis, qui ont dû errer d'un endroit à un autre sous les attaques israéliennes. Elle était originaire du quartier de Shejaya — dans l'est de la ville de Gaza —, qui a été complètement rasé par l'armée israélienne. Elle avait fini sous une tente dans le centre de la ville. Cette tente, elle l'avait plantée contre le mur resté debout d'une maison détruite. Il a fini par s'effondrer sur la famille : les rats avaient creusé des trous sous ses fondations fragiles. Toute la famille s'est retrouvée à l'hôpital. Huda est morte au bout de quelques jours. Qu'elle repose en paix. Sa fille a été amputée d'une jambe. Elle est diabétique, ce qui va aggraver ses souffrances.
Il y a aussi l'histoire de cet ami que vous connaissez peut-être, le rappeur palestinien Ayman Mghames [1] qui travaillait avec moi quand j'étais fixeur. Il m'aidait pour les contacts avec les journalistes et pour les traductions. Il a eu la chance de pouvoir quitter Gaza avec sa femme et ses enfants, et est actuellement en France. Malheureusement, il n'a pas pu faire évacuer sa mère, ainsi que son frère et sa famille. Sa belle-sœur a été transférée avec ses enfants en Égypte, où elle est traitée pour un cancer. Le frère d'Ayman était resté à Gaza avec sa mère. Mais il souffrait d'une insuffisance rénale qui lui a été fatale, faute de soins adéquats. Qu'il repose en paix.
Ce n'est qu'un mort parmi tant d'autres. Chaque jour, on apprend la mort d'un ami proche, d'un voisin, dans un bombardement ou à cause d'une maladie non soignée. Tout cela dans le silence du monde entier. Bien sûr, je ne parle pas des populations. Je sais qu'il y a une forte mobilisation, que ce soit en France ou ailleurs, et je sais que beaucoup de lecteurs et lectrices attendent mon journal parce qu'ils veulent savoir ce qu'il se passe à Gaza. Ils veulent savoir la vérité, connaître la réalité.
Je parle du silence des dirigeants et des décideurs de la communauté internationale. Nous sommes étranglés par l'occupation, massacrés par les Israéliens, dans une impunité totale, à Gaza comme en Cisjordanie où les colons armés attaquent sans cesse les villages. L'objectif, c'est la déportation des Palestiniens. Le plan est désormais sur la table. En Cisjordanie, il est mis en œuvre par les colons, protégés par l'armée d'occupation. Des agences de presse ont récemment rapporté la version israélienne d'une attaque de colons contre un village proche de Naplouse : des « randonneurs » auraient été « attaqués » par des Palestiniens. De paisibles promeneurs amateurs de nature parcourant les territoires palestiniens pour en admirer les paysages auraient donc été agressés par des terroristes sanguinaires qui détestent les sacs à dos.
Je parle du silence des dirigeants et des décideurs de la communauté internationale. Nous sommes étranglés par l'occupation, massacrés par les Israéliens, dans une impunité totale, à Gaza comme en Cisjordanie où les colons armés attaquent sans cesse les villages. L'objectif, c'est la déportation des Palestiniens. Le plan est désormais sur la table. En Cisjordanie, il est mis en œuvre par les colons, protégés par l'armée d'occupation. Des agences de presse ont récemment rapporté la version israélienne d'une attaque de colons contre un village proche de Naplouse : des « randonneurs » auraient été « attaqués » par des Palestiniens. De paisibles promeneurs amateurs de nature parcourant les territoires palestiniens pour en admirer les paysages auraient donc été agressés par des terroristes sanguinaires qui détestent les sacs à dos.
Il s'agissait en réalité d'une milice de colons armés de fusils M16 venus, comme à leur habitude, harceler et brutaliser les habitants. Un jeune Palestinien a saisi l'arme du chef de bande et l'a tué sur le coup. Les « randonneurs » ont le droit d'attaquer les villages, de brûler les mosquées et les champs, de tuer qui ils veulent. Les Palestiniens qui veulent simplement vivre sur leurs terres n'ont pas le droit de gâcher leurs promenades.
Comment relier ces deux réalités, celle de la propagande israélienne et celle du terrain ? Là aussi, je ne savais que dire, et c'est une des raisons pour lesquelles j'ai gardé le silence pendant un moment. La réalité, la voici : à Gaza, la situation est de pire en pire. Le génocide continue. L'eau potable devient rare. Les ONG internationales, même les ONG onusiennes, sont en train de réduire leur activité dans l'enclave. La majorité de la population dépend de l'aide humanitaire qui diminue de plus en plus. Le responsable des situations d'urgence du Programme alimentaire mondial (PAM) vient d'annoncer que « ce mois-ci, l'aide en espèces qui était destinée à 75 000 personnes a été réduite de 25 %, tandis que 220 000 foyers ont vu leurs rations alimentaires divisées par deux », ajoutant que « d'ici le mois d'octobre, le PAM devra procéder à des coupes bien plus importantes à moins que des financements supplémentaires ne soient obtenus » [2]. Il a averti qu'une nouvelle famine risquait de s'installer à Gaza en décembre prochain. L'ONG World Central Kitchen (WCK), qui livrait jusqu'ici 1 500 000 repas par jour aux cuisines communautaires, a divisé son aide par deux. La diminution de l'aide humanitaire touche aussi l'emploi. Beaucoup d'habitants de la bande de Gaza employés par des ONG internationales ou des associations locales ont été licenciés.
Le soutien de la diaspora tend pareillement à diminuer. Depuis le début du génocide, de nombreuses familles gazaouies étaient soutenues par leurs amis, par leurs frères, par leurs familles à l'étranger qui leur envoyaient régulièrement de l'argent, ou à travers des cagnottes en ligne. Trois ans après, beaucoup de ces familles n'ont plus les moyens de financer leurs parents. Ceux qui en ont les moyens, ainsi que les donateurs des cagnottes, peuvent se lasser devant une situation sans issue. Et surtout, les Palestiniens de l'étranger peuvent être trompés par les images renvoyées par des médias occidentaux et israéliens qui prétendent que c'est la belle vie à Gaza. On nous parle d'un « cessez-le-feu » qui n'existe pas. On nous montre des épiceries où l'on trouve du chocolat, du Nutella et du ketchup. Ils ne montrent pas les 1,5 million de personnes qui vivent sous des tentes dans des conditions de vie atroces. Ils ne montrent pas le système de santé quasi anéanti, les enfants qui courent après les camions-citernes pour récupérer un peu d'eau, qui font la queue dans une chaleur torride pour un plat de lentilles. En France, la canicule a quand même fait des milliers de morts malgré un bon système de santé. Imaginez ses effets à Gaza, sur des enfants, et des personnes âgées qui vivent sous des bâches. Sous le soleil, ces bâches et ces toiles de tente se transforment en serres où les gens brûlent.
Gaza est aujourd'hui étranglée économiquement, plus que militairement. Pendant la période la plus intense du génocide, les prix de l'alimentation pouvaient être multipliés par 100. Un kilo de pommes atteignait 100 shekels (près de 29 euros), et l'on trouvait quand même des acheteurs. Aujourd'hui, le kilo de pommes est à 10 shekels (près de 3 euros), mais presque plus personne ne peut se l'offrir. Les gens qui avaient un peu d'argent n'en ont plus du tout. Ceux qui avaient un peu d'économies les ont perdues. J'ai dépensé presque toutes mes économies dans ce génocide. Je n'arrive plus à fournir à mes enfants une vie normale.
Tous les jours, il y a des bombardements, tous les jours il y a des morts soit dans les frappes, soit par manque de soins, comme le frère d'Ayman. Ceux qui souffrent de maladies graves — cancer, insuffisance rénale, problèmes respiratoires et dermatologiques —, ceux qui ont été amputés ne peuvent être soignés. Tous ces malades sont en train de mourir silencieusement, mais dans de grandes souffrances. Les Israéliens nous tuent aussi par le manque d'hygiène. Les rats attaquent des bébés. Selon Bassem Zaqout, directeur de l'organisation Palestinian Medical Relief Society (l'Association de secours médical palestinien, PMRS) :
Il y a eu 3 958 fausses couches chez des femmes enceintes au cours du premier semestre 2026, à cause des déplacements sur des routes dégradées et à bord de moyens de transport non sécurisés, de l'état de peur permanent provoqué par les bombardements, ainsi qu'aux conditions de vie extrêmement difficiles : dormir à même le sol, absence d'eau chaude et de produits d'hygiène, et propagation de conditions sanitaires insalubres dans les camps de déplacés.
Et puis, dans cet océan de misère, il y a les nouvelles fortunes nées des divers trafics, souvent en liaison avec les Israéliens. Ces nouveaux riches aiment se montrer. Ils paradent dans des voitures à 100 000 euros, voire à 200 000 euros. Ils achètent des terrains, des maisons, ou ce qu'il en reste, et les reconstruisent, ce qui coûte une fortune à cause du manque de matériaux, mais les trafiquants trouvent les moyens de s'en procurer au prix fort.
La guerre a déchiré le tissu social de Gaza. Bien sûr, il y a toujours des cas de solidarité entre les familles, mais faute de moyens, faute d'argent, faute de tout, c'est de plus en plus « chacun pour soi ». On est en mode survie, parce qu'il n'y a pas de vie à Gaza. C'est le plus fort qui reste en vie. Le plus fort financièrement, le plus fort physiquement, qui peut chercher du travail, et qui est le premier servi dans les queues pour l'aide humanitaire et pour l'eau. Les moins forts appartiennent à la catégorie de ceux qui vont mourir.
Tout cela, c'était sans doute la raison de mon silence. L'impression d'avoir le cœur plein de choses à dire, mais en même temps de ne pas arriver à les dire. C'est l'effet de trois ans d'un génocide sans fin. Et surtout de ce sentiment de ne pas être écouté. Cette « communauté internationale », ces gouvernements qui nous voient, qui nous entendent, qui voient tout ce qu'il se passe… Pourquoi nous traitent-ils ainsi ? Pourquoi ne nous considèrent-ils pas comme des êtres humains ? Pourquoi cette impunité d'Israël ? Pourquoi cet État est-il intouchable ? Pourquoi ces massacres, ce terrorisme d'État ? Ils disent clairement qu'ils veulent nous déporter, qu'ils veulent chasser la population de Gaza et y installer des colonies. Et l'Occident ne bouge pas. Peut-être que j'avais besoin de me taire, de réfléchir à ce que nous sommes en train de vivre. Parce que notre société a changé. Nous avons changé. Nous essayons de continuer à vivre, de trouver des moments de joie, mais nous y arrivons de plus en plus rarement.
La stratégie israélienne a évolué. Elle utilise maintenant l'effet grenouille. Au lieu de nous tuer directement et en masse, ils nous exterminent à petit feu, comme une grenouille plongée dans une eau qui se réchauffe graduellement. Elle ne le sent pas, et, quand l'eau bout, il est trop tard. Pour les Israéliens, leur ministre de la défense en 2023 Yoav Gallant (inculpé par la Cour pénale internationale de « crimes de guerre » et de « crimes contre l'humanité ») l'a dit, nous sommes des « animaux humains ». J'écris ces mots avec une grande tristesse. D'habitude, c'est mon cerveau qui parle, mais là, c'est mon cœur. Je sens que la communauté internationale sait très bien qu'à la fin, la grenouille va mourir.
Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, Rami Abou Jamous a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l'armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars 2025, Rami est rentré chez lui avec sa famille le 9 octobre 2025. Le 12 octobre 2024, le Prix Bayeux pour les correspondants de guerre et le quotidien Ouest France ont récompensé, par deux fois, dans la catégorie presse écrite, Rami Abou Jamous pour son « Journal de bord de Gaza ». Le 18 mai 2026, il a reçu le Prix Nord-Sud du Conseil de l'Europe — 31e édition. Un prix décerné depuis 1995 aux personnalités engagées pour les droits humains et la solidarité Nord-Sud.
[1] Ayman Mghames, « Ma mère a enterré son fils seule à Gaza », Politis, 21 juillet 2026.
[2] Olivia Le Poidevin, « WFP warns of deeper cuts in Gaza aid due to donor fatigue », Reuters, 24 juillet 2026.
Photo d'illustration de l'article : Camp de réfugiés de Bureij, au centre de la bande de Gaza, le 20 mai 2026. Une enfant palestinienne déplacée se tient debout sur les décombres au lendemain d'une frappe israélienne qui a visé une maison.
EYAD BABA / AFP
Archives / TVNR #3 / Émission du 4 octobre 2015
Une commune jurée. Un serment commun. C'est ce qui fait le fondement historique de la Commune : entité municipale, pouvoir local, indépendant de la seigneurerie. De la commune du XIe aux expériences de « communes libres » aujourd'hui, l'émission trace quelques pistes pour rencontrer l'expérience communale.
Cette rubrique regroupe les archives des émissions de radios de TVNR , une émission de radio dijonnaise ayant émis sur les ondes de Radio Campus de septembre 2013 à juin 2018.
Du XIe siècle à 1871, on fait un rapide récit de la naissance de l'idée communale, en lisant un extrait de À nos amis (Omnia Sunt Communia – Tout est commun !).
On s'arrête un peu en 1871 pour écouter Henri Guillemin nous raconter le fête du 28 mars, Denis Lavant lit Orgie Parisienne de Rimbaud, et Watkins met en scène la Commune dans un film un peu fou.
De la Zad aux Communaux ? On revient sur ce que la Zad de Notre-Dame des Landes a de la Commune.
Et on finit par revenir à côté de chez nous : comment le Quartier Libre des Lentillères s'inscrit dans cette histoire ? Récit des dernières aventures là-bas
Commune Jurée Archive / TVNR #3Les matériaux utilisé dans l'émission sont à retrouver sur le site de l'émission
Caracoles a bu toute la sève de ses bouleaux et pris un sacré coup de jeune lors de la semaine de juin.
Elle a fait peau presque neuve, mais tout n'est pas fini !!! (exprès pour se revoir vite).
Il reste quelques paires de manches à se retrousser et quelques épisodes à écrire.
Elle vous attend du 24 au 30 août 2026 pour une nouvelle semaine de chantiers participatifs, ateliers, sessions festives et musicales :
FORMATIONS ET INFORMATIONS : LUNDI 24 AOUT
Discussion d'accueil et d'organisation générale
Info VIGIFEU : Brief prévention incendie (restrictions importantes liées aux conditions climatiques exceptionnelles : sécheresse et canicule)
Il y a : une personne référente VIGIFEU qui veillera aux installations et aux comportements et enverra tout-e contrevenant-e au bûcher. Il y aurait besoin : d'un EXTINCTEUR !!! d'un canon à eau, d'une piscine olympique gonflable de réserve, d'un-e coupeur-euse de feu, d'une lance-antiflamme, d'une décarboniseuse, d'un glacier en fonte.
Info secu chantiers (précautions et équipements) : Obligatoire pour les participant-e-s aux chantiers
Atelier medic "accidents de chantiers" (déboitement d'aile, amputation de gigot, extraction de chicots, hélitreuillage à dos de licorne...) + mise en place d'espaces de soin et de trousses d'urgences pour les chantiers. Faites signe si vous souhaitez participer, si vous savez cautériser, souder, scier, emplâtrer.
CHANTIER COUVERTURE : DU LUNDI 24 AU VENDREDI 29 AOÛT +++ (objectif majeur de la semaine)
Isolation et réparation de la toiture du chalet avant la saison des pluies !!!
Il y a déja : une personne référente, une visseuse-perceuse, une disqueuse-rockeuse.
Il y a besoin : de encore 2 compétentes en couverture, et nombreuses autres personnes pour la manutention
+ 1 visseuse-perceuse + UN GROUPE ELECTROGENE !!!
+ de l'isolant (Appel à dons et plans recups ?? Résidus de chantiers ? Sinon on refracasse la caisse à épargnes).
BUCHERONNAGE : le MARDI 25 AOÛT et + si affinités (si d'autres personnes référentes pour d'autres jours)
Débitage des grumes restantes au sol et stockage de bois de chauffe avant la saison des pluies !!!
Il y a déja : une personne référente et équipée, un merlin enchanteur.
Il y a besoin : de encore au moins 2 personnes compétentes et équipées (tronçonneuses + équipements de sécurité) + 3 personnes pour fendre et stocker, haches et coins.
INVENTAIRE NATURALISTE : le MERCREDI 26 AOÛT
Visite de pépipouponnière : rencontrer les arbres nouveaux et célébrer la repeuplade de la foret coupe-rasée pour accompagner sa régénération naturelle avec bienveillance. Consigner essences, mensurations, répartition et état de santé dans un carnet de bord.
HERBORISTERIE ET MARAICHAGE : JEUDI 27 AOÛT
RANDONNEE MONTAGNARDE : LE SAMEDI 29 AOÛT à 15h
Concert du Ra-con-teur (punk/noise/psyke) : LE SAMEDI 29 AOÛT à 21h
(+ concerts surprises au cours de la semaine ? :)
Prix libre et conscient
Buvette caracolesque sur place
Concert de musique transharmonique par ILYASHER : Le DIMANCHE 30 AOÛT à 15h
https://www.ilyasher.fr/
Prix libre et conscient
Buvette caracolesque sur place
CUISINE
Il y a : une personne referent cuisine
Il y a besoin : d'aides cuistots, d'aides aux courses, d'un trajet belfort => caracoles pour acheminement de victuailles des cantines solidaires, de jerricans pour l'approvisionnement en eau.
Repas à prix libre et conscient
(tu peux participer en sous ou en approvisionnement de bouffe, dans ce
cas contacter l'equipe cuisine)
DODO
Camping sur place, sleeping sur demande
*** MERCI DE NOUS CONTACTER si possible ! pour signaler vos venues, propositions de participations, de dons et prets de matériel, d'approvisionnement en nourriture, ...
caracolessagar@riseup.net
154 impasse du puits 88230 Plainfaing (arret de bus pas si loin ...)
Caracoles Sagar
https://padlet.com/caracolessagar/caracoles-sagar-site-officiel-8k1loewmz2tms46r
Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
PS :
infos trouvées ici : https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/
Nous sommes super heureu.sex de participer à la première édition du Belgian Activist Festival !
Nous vous invitons donc à nous rejoindre le 20 août pour la projection de “Le Chemin de la liberté” - un film au sujet des militant.es féministes, écologistes, syndicalistes, anarchistes, anti-autoritaires engagé.es dans la résistance en Ukraine.
Après la projection du film, nous proposons une disucussion avec des membres des Solidarity Collectives et de Solidarity Borsch (Bruxelles). Au sujet du film, des défis de la lutte internationaliste en Ukraine, et plus encore.
Il y aura aussi une table info avec des brochures et t-shirts, et des nouveautés !
La première du film a eu lieu en février 2026 à Paris, en présence des réalisateurs Pierre Chamechaude et Christophe Cordier. Le film a été réalisé au cours des dernières années dans différentes villes d'Ukraine. Il a été produit avec le soutien de Perspektiven Bauen, du Réseau Européen de Solidarité avec l'Ukraine (ENSU-RESU), de la Fédération Anarchiste, de l'Union Communiste Libertaire et des éditions Syllepse.
Tous les fonds récoltés par les dons et la vente des t-shirt iront aux Solidarity Collectives.
ENGLISH >>
We are thrilled to take part in the first edition of Belgium Activist Festival !
We invite you to join us on the 20th august for the presentation of “Le Chemin de la liberté” – film about feminist, ecologist, syndicalist, anarchist, anti-authoritarian militants engaged in resistance in Ukraine.
After screening of the movie, we organize a talk with members of Solidarity Collectives and Solidarity Borsch (Brussels) about the movie, about the challenges of internationalist struggle in Ukraine and much more.
And of course there will be our info table with booklets and merch with some new additions !
Premiere of the movie took place this year in February in Paris, presented by directors, Pierre Chamechaude and Christophe Cordier. It was filmed throughout last several years in different cities in Ukraine, and was produced with support of Perspektiven Bauen, European Network of Solidarity with Ukraine (ENSU-RESU), Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, and Syllepse publishing.
All funds from donations and selling merch will go to Solidarity Collectives.
Sommaire Dockers pourrait arrêter son activité Historique Le contexte politique a changé... À quoi servira le financement ? 1. Poursuivre notre activité 2. Militer et échanger 3. Changer de mode gouvernance Qui porte la collecte ? Liens
Dockers pourrait arrêter son activité
Dockers asbl est une association sans but lucratif créée en 2018. Elle milite pour la participation de tous.tes à la vie sociale, culturelle, économique et politique et ce, par la défense des droits sociaux. Historique
En 2019, une équipe composée d'Anne-Catherine Lacroix (juriste), Germain Randaxhe (développeur) et de Nicolas Bier (coordinateur) se forme autour d'un projet de plateforme d'accompagnement administratif pour faire face à l'illisibilité des règles chômage et les difficultés de faire valoir ses droits en tant que travailleur·euse.
Après 3 ans de développement, le 11 avril 2023, www.dockers.io est en ligne. Le contexte politique a changé... À l'image du reste de l'associatif, Dockers a vu ses subsides diminuer au fil des années. Aujourd'hui, nous avons épuisé toutes les options à notre disposition pour maintenir le cap. Sans votre soutien, notre association devra mettre fin à son dernier emploi, ce qui compromettra gravement la poursuite de ses activités...
À quoi servira le financement ?
100% de la collecte servira à conserver notre dernier emploi : Manque : 13.000€ 1. Poursuivre notre activité La mise à jour de la plateforme et la réponse aux mails quotidiens de nos utilisateur·ices, l'élaboration, la diffusion d'outils, à visée pédagogique et critique concernant la sécurité sociale et son fonctionnement, les droits des travailleur·euses salarié·es, les politiques sociales et de l'emploi,... la mise sur pied et l'animation de moments d'échanges sur les thématiques liées au salariat. En participant à cette campagne, vous permettez à l'association de poursuivre son activité jusque fin 2026.
2. Militer et échanger
L'asbl appuie des initiatives très variées encourageant la mobilisation, l'émergence et la construction d'une prise de parole citoyenne en matière d'emploi, de travail, de revenu décent, de sécurité sociale. Il nous parait primordial de poursuivre, voire de renforcer notre présence auprès d'autres associations, fédérations interprofessionnelles et collectifs militants afin de construire le rapport de force nécessaire en ces temps de réformes antisociales.
3. Changer de mode gouvernance
En 2027, Dockers entrera dans une nouvelle étape. L'objectif : ouvrir l'assemblée générale à une force citoyenne et militante de centaines, voire de milliers de membres. Nous voulons passer d'un fonctionnement en équipe fermée à une organisation collective et plus ancrée dans la société civile pour faire émerger de nouvelles idées et une nouvelle énergie.
Cette transition demande du temps et des moyens (changement de statut, architecture idéologique, formation et communication massive). Ce crowdfunding nous permettra de sécuriser le fonctionnement de l'ASBL jusqu'à fin 2026, le temps de construire ce nouveau modèle.
Les ambitions sont grandes. Bien plus qu'un simple outil d'aide dans la réglementation chômage, la plateforme Dockers a été conçue comme une tribune permettant de créer un lien constant avec les travailleuses et travailleurs.
En cette période de grande violence envers nos droits les plus fondamentaux, nous avons besoin d'informations justes pour équilibrer le rapport de force. Nous souhaitons contribuer à donner à toutes et tous les outils pour s'interroger, forger ses opinions et de lutter.
Qui porte la collecte ?
Dockers ASBL. L'équipe : Nicolas Bier : Travailleur des arts et membre de plusieurs collectifs en lutte contre les dérives autoritaires et libérales, Nicolas est à l'initiative du projet Dockers et de sa plateforme. Anne-Catherine Lacroix : Travailleuse en éducation permanente et juriste en droit social, Anne-Catherine milite depuis toujours pour la préservation des droits sociaux et la lutte contre la pauvreté. Elle a rejoint Nicolas, dès la première heure, pour participer au développement de la plateforme.Liens
Il ne reste que quelques jours avant la cloture de la campagne ! Ci-dessous, le lien pour la campagne de fincancement participatif sur Ulule.
Si vous préférez faire un don sans passer par cette plate-forme, vous pouvez aussi effectuer un virement sur le compte de l'ASBL : BE89 3632 0197 7985 en mentionnant « DON + NOM + PRENOM » en communication.
Plus d'infos sur le site de Dockers et sur leur compte facebook ou instagram.
Publié le 10/08/2026
Il y a quelques semaines, plusieurs personnes détenues témoignaient au sujet de grèves de la faim en cours depuis différents centres fermés : Merksplas, Vottem, 127bis, Bruges1.
Parmi ces personnes, plusieurs ont poursuivi leur grève des jours voire des semaines plus tard, jusqu' aujourd'hui encore pour certains, parfois depuis des cellules d'isolement. Les grévistes expriment une dégradation de leur santé physique et psychique profondément alarmante.
Ce 28 juillet, L'un d'eux avait reçu la visite d'un médecin extérieur indépendant collaborant avec l'organisation Médecins Sans Frontières, qui avait pu constater qu'il se trouvait dans un état de santé très grave
Ce Monsieur a été expulsé de force deux jours plus tard, le 30 juillet 2026.
Par ailleurs, nous apprenons qu'aucun policier ou agent sur place n'a accepté de prendre acte de la demande de protection internationale qu'il voulait introduire, ce qui est une claire violation de ses droits.
Pendant son enfermement, il nous rapportait : “Ici ils sont trop méchants avec nous. Ils veulent nous obliger à manger.”
“Ramenez-moi dans un cercueil à la maison. Ils veulent qu'on meurt ?”
“Ici c'est des racistes. Je déteste comment ils nous parlent. L'infirmière elle crie sur moi, elle provoque.”
Depuis, nous ne parvenons pas à avoir de ses nouvelles. Nous pensons qu'il y a de fortes raisons de s'inquiéter des conditions dans lesquelles a pu se dérouler l'expulsion ; il parvenait à peine à marcher quelques pas, il était à bout de forces et avait perdu 15 kg suite à sa grève de la faim de plus de 20 jours.
C'est avec une immense colère que nous avons appris cette expulsion. L'Office des étrangers se rend responsable d'actes d'acharnement qui se rapprochent de la torture.
Pour que cette expulsion ait bel et bien lieu, il a sûrement fallu que le personnel supposé “soignant” du centre rédige un certificat « Fit-to-Fly » (apte à voler), une attestation médicale exigée lors d'une expulsion forcée par avion, censée certifier que l'état de santé de la personne concernée permet de supporter le voyage aérien sans risque pour sa santé. Il est évident que l'état de ce Monsieur ne le rendait pas “apte à voler” sous la menace et la contrainte physique et psychologique des escortes policières.
D'après ce qu'expliquent les personnes détenues, dans certains centres, ce même personnel médical fournissait non pas des soins, mais des injonctions à s'alimenter, de manière méprisante et paternaliste. Certains ayant recours à un traitement médicamenteux sont victimes de chantage à la privation de leurs médicaments. Les conditions extrêmement dures dans lesquelles ces personnes mènent ou ont mené leurs grèves révèlent à quel point il s'agit là d'un ultime levier de résistance face à un système qui les broie.
Honte à l'Etat belge et l'Office des étrangers.
Solidarité avec toutes les personnes qui subissent la violence de l'enfermement
À bas les centres fermés, à bas les frontières
La quatrième Assemblée Anticarcérale Paname & Environs aura lieu le dimanche 30 Août au DOC (26 Rue du Docteur Potain à Paris). Le lieu sera ouvert dès 14h pour s'installer, écrire ensemble des lettres à des prisonnier·es ou parcourir l'infokiosque, et l'assemblée même commencera à 14h30. On conseille d'essayer autant que possible de venir sans téléphone (ou au pire, de l'éteindre en avance) pour réduire la surveillance que l'on s'impose à travers l'omniprésence des mouchards technologiques dans nos milieux. Il y aura aussi un coin et des activités pour les enfants, pour permettre aux personnes qui ont des enfants de pouvoir participer à l'assemblée.
L'assemblée anti carcérale paris & environs a pour vocation d'être un espace d'organisation ouvert se réunissant mensuellement afin d'agir collectivement en solidarité avec les mouvements des prisonnier.es et tisser des liens avec les prisonnier.es et leurs proches sans passer par des cadres partisans ou syndicaux.
Lors des dernières grosses révoltes qui ont eu lieu, la réalité sociale de la répression nous a laissé-es face à un constat amer : nous sommes bien loin d'avoir les outils nécessaires pour réagir correctement face à l'appareil d'État, ainsi qu'amplifier la voix des prisonnier·ères et de celleux qui font les frais du système carcéral.
Pourtant, les mouvements ne manquent pas d'inventivité pour s'opposer de front aux prisons, que ce soit par des actions telles que l'attaque de la prison de Fresnes lors des révoltes de 2023, les attaques répétées de comicos dans cette même révolte comme lors des gilets jaunes, ou encore les attaques et intimidations de matons à domicile comme lors de DDPF.
Nous voulons nous en inspirer pour pousser nos luttes anti-carcérales plus loin, à la fois pour dépasser nos milieux anarchistes et adopter une position qui ne soit pas simplement défensive, en simple réaction à la répression.
La prison est — et sera toujours — l'un des symbole les plus éloquents de la puissance de l'État, de sa capacité à réprimer, enfermer et isoler l'ensemble des individu·es qui menacent son existence. La prison est au centre même de l'appareil colonial qui constitue l'État français : elle sert à mater et punir les révoltes des colonies comme récemment en Kanaky, Guadeloupe ou Martinique, à intensifier le tri aux frontières comme à Mayotte, et à tracer des frontières intérieures en incarcérant massivement les populations racisées, colonisées et les plus pauvres.
Attaquer les lieux d'incarcération - par les mots, la solidarité, le feu ou la bombe - c'est alors s'attaquer à ses outils privilégiés.
Rompre l'isolement des/avec les détenu·es est alors devenu rapidement pour les mouvements anticarcéraux un moyen d'affaiblir l'appareil carcéral et l'État colonial. En exposant la voix des personnes enfermé·es, on se donne le moyen de penser « la prison » (son fonctionnement, ses outils, etc.), mais aussi de la rendre moins « extérieure à nos vies ». Des surgissements tels que DDPF ou les révoltes pour Nahel parviennent à la remettre au centre de l'attention en s'y attaquant ouvertement, créant des fissures dans lesquelles nous désirons nous engouffrer pour mettre fin à la trop commune realité de l'incarcération et des assassinats policiers.
Une des prouesse des États dits « démocratiques », est d'avoir réussi à faire de la notion d'enfermement un impensé pour toute une partie de la population. Une situation si lointaine que l'on ne prend même pas la peine de l'envisager, alors que c'est pourtant le quotidien de beaucoup de personnes...
Cette nécessité de destruction est d'autant plus présente dans une région parisienne qui concentre à elle seule une densité collossale d'institutions d'enfermements : que ce soit les taules, tribunaux, comicos, ou prisons pour sans-papiers, mineur-es, enfants, fols, tox, handi-es, animaux non-humains...
Pour nous, s'organiser signifie construire des nouvelles formes de lutte, de solidarité et de décision, par notre capacité collective à rompre avec l'ordre existant, à expérimenter, à créer, à inventer...
Depuis le début du 20e siècle, les Anarchist Black Cross (ABC) et leurs réseaux ont cet avantage de se présenter sous une forme autonome et souple, fondée sur un internationalisme radicalement anti-carcéral, d'où notre envie de nous réaproprier cette forme et de s'inscrire dans un réseau pour abattre les prisons proches de chez nous comme à l'autre bout du monde, pour l'insurrection ailleurs comme ici. Loin de voir cette modalité comme une structure rigide et fermée, nous souhaitons, à partir du modèle des ABC, créer un espace de discussion et d'échange, une assemblée libre où chacun·e pourrait partager et expérimenter, tout en s'inspirant des actions déjà existantes : lettres, cantines, parloirs, traductions, évènements...
Nik la taule et mort aux matons !
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Mickaël Gilgenmann, prisonnier à la centrale de Moulins-Yzeure (dans l'Allier), a été appelé à témoigner lors du procès de Ritchy Thibault le 8 juillet dernier. L'administration pénitentiaire s'était engagé à fournir les moyens pour réaliser son témoignage en visioconférence depuis la prison. Cependant, Mickaël n'a finalement pas été autorisé à témoigner. Imaginant une censure possible car celle-ci est quotidienne en prison, il s'était assuré que sa parole puisse être entendue en cas d'annulation. Le témoignage de Mickaël avait été recueilli en amont durant un appel téléphonique avec Ritchy.
TW : mutilations
Le procès a été reporté et le témoignage de Mickaël n'a pas pu être écouté lors de celui-ci. Pourtant l'administration pénitentiaire a tout de même décidé de couper la ligne téléphonique entre Ritchy et Mickaël (étant sur écoute), de le convoquer au prétoire (pour lui donner 10 jours de confinement sans télé ni plaque chauffante) et de lui adresser trois Compte-Rendu d'Incident (CRI) dont deux pour « propos outrageants à l'encontre du président de la République et incitation à la rébellion », sur la base du témoignage qu'il n'a pas pu diffuser.
Le personnel pénitentiaire a par la suite décidé de ne plus donner à Mickaël les médicaments dont il avait besoin, en dépit de l'ordonnance médicale dont il dispose. Il coupe également les appels téléphoniques sur sa cabine en prétextant des coupures d'électricité. Le personnel pénitentiaire l'humilie à chaque mouvement et l'empêche d'accéder à la douche. Pour finir, il le réveille chaque heure de la nuit pour l'empêcher de dormir.
En outre, la prison de Moulins-Yzeure continue de servir aux prisonniers des gamelles avec de la nourriture avariée bien que cela ait été signalé depuis plusieurs mois.
Suite à cet acharnement, Mickaël s'est ouvert le ventre. Il est arrivé au médical menotté dans le dos et c'est seulement à sa demande que le médecin les a enlevé pour le soigner. Il a été recousu sans anesthésie. Quelques jours plus tard, il s'est à nouveau ouvert le bras. Il a refusé d'être recousu car aucune anesthésie digne de ce nom lui a été proposé.
Face au racisme, à la répression abusive et la censure, nous ne nous tairons pas ! Que la silenciation de tous les prisonniers et la violence qu'ils subissent au quotidien cesse.
Tout notre soutien va aux voyageurs, aux prisonniers longue peine et à celles et ceux qui ne se laissent pas faire !
Nous appelons toute personne révoltée par la situation actuelle à contacter la prison :
Tél. : 04.70.35.15.00
Adresse : Direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure,
21 rue de Millepertuis, BP 24, 03401 Yzeure Cedex
Mail : sec.cp-moulins@justice.fr
Nous partageons ci-dessous le témoignage de Mickaël :
Alors bonjour je me présente je m'appelle Kemi, je suis détenu à la centrale de Moulins-Yzeure et j'ai été cité à témoigner au procès de M. Ritchy Thibault, mais comme à son habitude, la soi-disant Justice a tapé fort pour essayer de me censurer. Et oui ! On m'empêche de témoigner car je suis voyageur, longue peine, et en plus, je suis revendicard. Je prends la parole pour dénoncer le racisme, la répression abusive, et la censure, dont nous, personnes racisées, faisons l'objet dans ce pays. J'étais censé témoigner en visio mais la centrale de Moulins-Yzeure est soi-disant dans l'incapacité de le faire. Aujourd'hui, ils vont juger un homme pour ses opinions politiques et parce qu'il a osé défier ce que vous appelez l'État français. Et quand Macron dit qu'il emmerde les Français, rien ne se passe. Et quand il apporte son aide à Israël pour bombarder des écoles à Gaza, rien ne se passe. Par contre, vous sortez toute l'artillerie judiciaire pour juger des hommes, des femmes, ou des ados parce que voyageurs, noirs ou arabes. En 2026, quand on arrive dans une commune, on peut encore malheureusement lire des affiches avec écrit dessus « Interdit aux gens du voyage », c'est du racisme pur et simple. Combien de jeunes arabes sont abattus par la police ? Combien de jeunes voyageurs sont abattus par la police ? Et combien de noirs également sont abattus par la police sans que justice soit rendue ? Beaucoup trop. Combien de femmes et d'enfants sont assassinés et violés sans que la justice ne soit rendue également ? Combien de personnes racisées sont enfermées pour de longues années ? Beaucoup trop. Et aujourd'hui vous gaspillez l'argent des Français pour juger un homme qui ne fait que dire ce qui ne va pas dans ce pays. Aujourd'hui c'est du théâtre politico-judiciaire ce que vous faites. Mais nous on dit stop, stop à cette mascarade. Stop au racisme et stop à l'immunité accordée aux politiciens et à leur bras armé qui assassine nos mères, nos pères et nos frères et sœurs. Aujourd'hui nous sommes un pays qui pratique la dictature dissimulée. Ceux qui gouvernent font tout pour que les personnes racisées soient considérées comme des moins que rien, et ravitaillent Israël […] pour assassiner du musulman. Nous voyageurs, aujourd'hui, nous levons pour dénoncer ce que nous subissons tous les jours. Nous sommes des êtres humains, mais l'État macroniste nous considère comme du bétail à parquer à côté des déchetteries. Réveillons-nous, levons le poing et envahissons les rues pour crier notre mécontentement et faire chuter ce gouvernement qui ne cherche qu'à faire du chiffre et à remplir ses statistiques méprisantes et truquées ! Quand un politicien est condamné à plusieurs années de prison, il n'en fait que quelques mois. Quand une mère de famille a volé à manger pour faire manger ses enfants, elle fait sa peine au maximum et doit fermer sa bouche. Aujourd'hui, un flic peut assassiner un ado et devenir millionnaire grâce à des politiciens qui, soi-dit en passant, sont des fachos revendiqués. Oui, l'État et la police tuent, oui, l'État et la police sont racistes. L'État français place l'argent avant l'être humain. En France, on peut tenir des propos choquants, humiliants, envers des personnes racisées. Mais on n'a pas le droit de dire ce qu'on pense du gouvernement. Le président peut dire qu'il emmerde ses électeurs, mais le simple citoyen n'a pas le droit de dire ce qu'il pense sous peine d'être assassiné ou enfermé. Je termine en disant, ou plutôt en criant : Free Palestine ! Sauvons Gaza ! Ne laissons aucun politicien corrompu choisir pour nous, dicter notre vie et retirons-leur le permis de tuer."
Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1 avant toute utilisation de cette distribution Linux réputée pour son haut niveau de sécurité et d'anonymat.
La faille permettait au navigateur Tor Browser de gagner les droits admin sur le système, et permettait ainsi à un attaquant de prendre le contrôle total du système d'exploitation et de désanonymiser son utilisateur·ice.
La faille était dans le noyau de Linux depuis mai 2020, cela fait donc 6 ans que ce type d'attaque élaborée est techniquement possible. La version 7.10.1 bouche une autre faille de sécurité. Voir le changelog détaillé sur le blog de Tails.
Article d'origine sur Secours rouge
Le 11 août a été fertile de luttes et de désirs de liberté à travers les époques, et voilà pourquoi l'éphéméride des luttes veut lui rendre hommage. Souvenons-nous de celles et ceux qui ont lutté avant nous pour continuer aujourd'hui.
1882 : A Tikhvine près de Novgorod, naissance de Voline, importante figure du mouvement anarchiste Russe, qui participa notamment à plusieurs insurrections et fut très critique des bolcheviques.
1898 : A Bruxelles, le commissaire de police Monmaerts, venu pour arrêter l'anarchiste Henri WILLEMS à son domicile, est reçu par des coups de feu. Willems parvient à s'enfuir poursuivi par la foule et les policiers sur lesquels il décharge à vingt-deux reprises ses armes.
Henri Willems, jeune ouvrier sculpteur, était en 1893 l'administrateur du "Libertaire" belge, journal qui sera interdit par la police le 20 février 1894, à la suite de la parution d'articles incitant à la désobéissance civile où saluant la mémoire d'Auguste Vaillant. Arrêté début 1895, Willems sera condamné à deux ans et demi de prison pour ses articles écrits dans "Le Libertaire" et dans le journal "L'Antipatriote". Repris de l'éphéméride anarchiste.
1905 : A Buenos Aires, tentative d'attentat de l'anarchiste catalan Salvador Planas Virella contre le président argentin Manuel Quintana, mais un problème avec son pistolet l'empêche de tirer. Il sera arrêté et emprisonné.
1927 : - A Bâle, une bombe anarchiste explose en faisant de gros dégâts dans la gare de Barfuesserplatz en soutien à Sacco et Vanzetti, anarchistes Italiens qui risquent alors la peine de mort aux Etats-Unis.
1944 : Florence est libérée de l'occupation nazie suite à une insurrection des partisan-e-s.
1964 : En Espagne, attentat raté contre le dictateur Franco du fait de l'arrestation des anarchistes Stuart Christie et Fernando Caballo, qui portaient une valise d'explosifs.
1965 : A Los Angeles, début des émeutes de Watts suite à des violences policières, qui dureront cinq jours. 4.000 personnes seront arrêtées (pour environ 30.000 participants) et on dénombre 35 morts.
1966 : John Lennon s'excuse d'avoir dit que les Beatles étaient plus célèbres que Jésus-Christ.
1970 : A Crossmaglen en Irlande du Nord, l'IRA fait sauter la voiture de deux militaires de l'armée britannique.
1974 : A Villa María en Argentine, l'ERP (Ejército Revolucionario del Pueblo) enlève un militaire de haut rang de l'armée du pays.
1980 : A Viterbo en Italie, deux carabinieri meurent lors d'une fusillade avec des militants de Prima Linea, lors de laquelle est aussi blessé le militant Michele Viscardi.
1982 : A Lyon, attentat de 'L'Affiche Rouge' contre une société d'import/export.
2001 : En Colombie, trois membres de l'IRA irlandaise sont arrêtés dans une zone contrôlée par les rebelles.
2002 : A Irvine en Pennsylvanie, l'ELF (Front de Libération de la Terre) incendie une station de recherches des forêts, provoquant 700.000 dollars de dégâts.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 11 août.
Cric / dimanche 9 août 2026
La nuit du 21 au 22 juillet, un véhicule utilitaire appartenant à la société Equans a été incendié à Grenoble, dans la rue de la Pasionaria
Pour cela, il suffisait d’une simple plaque chimique allume-feu à base de kérosène blanc pour allumer le feu. Elle est placée sur le pneu avant de n’importe quel véhicule à roues, et allumée avec un briquet qui n’a pas peur du vent, puis le pneu commence à prendre feu après quelques minutes. Ce type d’incendie peut être facilement éteint avec un petit extincteur tant que le moteur n’a pas été touché.
La plaque d’allume-feu doit rester dans son emballage plastique pour limiter les odeurs pendant le transport, puis elle est allumée dans son emballage car il brûle bien. Si l’emballage plastique porte des inscriptions, placez-les face vers le haut, ils brûleront mieux que face contre le bas. Ces plaques peuvent s’acheter dans tous les supermarchés, payez en espèces, portez au moins une casquette pour vous protéger des caméras.
Pour consulter les sites ci-dessous, nous recommandons d’utiliser Tor et Tails (https://tails.net)
Pour mieux éviter la répression : https://www.notrace.how
Pour mieux utiliser les outils numériques : https://www.anarsec.guide
Pour donner des idées : https://warriorup.noblogs.org
Les cibles sont partout, repérez votre itinéraire, évitez les caméras, changez de tenue, attaquez puis disparaissez dans la nuit.
Indymedia Nantes / samedi 8 août 2026
La préfecture a installé des barrières devant le terrain où ils veulent construire un CRA. Il y a deux semaines des camarades sont allé.es les débouloner (voir article) [relayé aussi ici ; NdAtt.]. La préfecture les a remises. On s’est dit que c’était à notre tour d’aller les enlever. Arrivé.es sur place, on a trouvé toutes les barrières en vrac par terre. Bravo à l’équipe déterminée qui est passé avant nous !
Le Parisien / dimanche 9 août 2026
Une apparition qui n’est pas passée inaperçue. Vendredi 7 août, Marine Le Pen a été chahutée alors qu’elle faisait escale sur l’île d’Hoëdic, dans le Morbihan. Sur les images rapidement relayées sur les réseaux sociaux, on voit la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle devant un restaurant, avant d’embarquer sur un bateau sous les sifflements de plusieurs personnes.
Les quelques personnes réunies sur la plage lui crient « La jeunesse emmerde le Front national », refrain de Porcherie, chanson du groupe punk Bérurier Noir sortie au milieu des années 1980. Habituée à être secouée, Marine Le Pen répond aux manifestants par un salut apparemment ironique avant que son embarcation ne s’éloigne.
[…] La présence de la députée dans la région n’a rien d’inhabituel. Comme chaque année, Marine Le Pen se réfugie dans son fief familial breton à La Trinité-sur-Mer.
La cité balnéaire occupe depuis longtemps une place particulière dans l’histoire familiale. Jean-Marie Le Pen, mort en janvier 2025, y est né en 1928 et y est enterré. Hoëdic ne se situe qu’à une heure en bateau de là. […]