Le Collectif Antifasciste Sud Lubéron et Gabi L'antilope Queer du Lubéron s'associent pour organiser un moment de convivialité et de radicalité en ruralité.
Le 20 Sept à partir de 12 h - Cours de la République - Une grande gratuiterie Antifa - Des prises de paroles sont au menu de cette belle journée.
Pourquoi se réunir le 20 septembre ? Une réponse à l'appel du SAVE
En ce dimanche 20 septembre, nous nous réunissons pour répondre à l'appel lancé par SAVE (Stop Aux Violences d'État), et qui s'oppose à l'adoption de la proposition de loi 691. Cette loi, qui encadre la « présomption de légitime défense » pour les forces de l'ordre, octroie aux policiers la possibilité de faire usage de leur arme à feu dans l'exercice de leurs fonctions sans être inquiétés par la justice.
Les violences policières sont déjà aussi fréquentes qu'impunies ; en France, environ 6 % à 10 % des agents de police mis en cause pour des violences volontaires font l'objet d'une condamnation par la justice. Sur ces mises en causes, seulement 8 % font l'objet d'une condamnation (Politis, 2022).
En 2021, 83% des peines d'emprisonnement prononcées pour violences volontaires par les « PDAP » (personnes dépositaires de l'autorité publique) étaient assorties d'un sursis (contre 55% dans la population générale). Nous ne croyons pas à la prison. Mais il semblerait que celleux qui les administrent et les remplissent n'y croient pas non plus lorsque vient le temps de juger les agents de l'État autoritaire en uniforme au lieu d'emprisonner nos camarades.
Le projet de loi 691 n'est pas un changement brusque de stratégie de la part des gouvernants, ni une menace nouvelle ; il s'inscrit dans un continuum, représente une étape dans la longue escalade des violences policières et de leur légitimation par l'État. Les fatalistes nous demanderont donc peut-être pourquoi tirer la sonnette d'alarme maintenant. Nous leur répondons que si la situation est déjà sinistre, nous pouvons être sûr·es qu'elle ne fera qu'empirer au fil de la séquence potentiellement fasciste, et dans tous les cas répressive, qui se profile à l'horizon.
La pétition déposée par SAVE à l'assemblée nationale a reçu 732 086 signatures, un nombre qui dépasse de plus de sept fois le seuil réglementaire de 100 000 signatures. Pourtant, aucun débat en séance publique n'a été organisé pour répondre à cette large mobilisation populaire. Alors il est plus que jamais nécessaire de se réunir dans la rue - pour faire entendre notre colère, rappeler notre puissance collective, et nous opposer aux décisions prises sans nous, pendant qu'il est encore possible de le faire sans que les forces de l'ordre puissent impunément prendre les vies des citoyens récalcitrants, jugés
nuisibles ou gênants pour le déploiement d'une politique d'étranglement répressif.
_ Pourquoi une gratuiterie ? Remplacer la violence gratuite par la gratuité de la vie
Nous aurions tort de penser qu'hors des grands centres urbains paupérisés, la question des violences policières ne nous concerne pas ; ici comme ailleurs, à une échelle différente, les caméras de surveillance se multiplient, les mairies durcissent leurs lignes. Les policiers agressent les populations marginalisées, qui sont peu être moins nombreuses, mais aussi plus repérables et donc plus facilement ciblées pour cette même raison. Les premières personnes visées par cette loi et par l'attention appuyée de la police sont aussi présent.es dans nos campagnes, qu'il s'agisse des voyageur·ses, des descendant·esde l'immigration post-coloniale ou des travailleur·ses migrant.es. Pour autant, être concerné·es au même titre que les villes nesignifie pas forcément se mobiliser de la même manière. Ici, la distance géographique entre les lieux de vie et leurs topographies respectives font perdre son sens au rituel de la manifestation combative de masse.
Le discours dominant veut à tout prix nous faire croire que nos campagnes sont des lieux atomisés, d'isolation, des lieux où le racisme, la xénophobie et la méfiance sont des valeurs à défendre au nom du respect des traditions ou des territoires. C'est à nous qu'il incombe de leur donner tort et de bouder leur (di)vision du monde. C'est pourquoi nous vous invitons à occuper et animer avec nous l'espace public en participant à une gratuiterie. Vêtements, matériel scolaire, jouets pour enfants, vaisselle inutilisée : tout item utile est le bienvenu, à condition qu'il ne soit pas vendu mais donné ! Un vide grenier sans argent, mais avec discussions, prises de paroles, nourriture à prix libre et trouvailles en tout genre.
Participer à une gratuiterie, ce n'est pas faire acte de charité, c'est bâtir un réseau d'aide mutuelle. Nous ne nous réunissons pas pour "sauver" les plus précaires, mais pour créer des conditions de vie dignes, entre nous, sans l'ingérence de l'État. Se rendre capables de notre propre émancipation commence par des gestes simples : bâtir des relations de confiance et de réciprocité dans nos voisinages, répéter les occasions d'expérimenter le monde auquel on aspire, et dans lequel manger, se vêtir, apprendre et rencontrer n'est conditionnel à l'ouverture d'aucun compte bancaire. Tisser des liens nécessaires, car plus que n'importe quelle barricade, ce qui nous protèger du fascisme est la mise en commun, la confiance
réciproque, et des réseaux de plus en plus denses de solidarité.
Avec ses dispositifs, la police accumule des informations dans ses fichiers pour exercer lecontrôle et la terreur. Elle connaît nos visages : alors il est plus que jamais temps que nous commencions, nous aussi, à nous reconnaître entre nous, à savoir sur qui compter, et à faire l'expérience de notre propre capacité à prendre soin les un·es des autres.
Soyons toustes solidaires contre le tout sécuritaire !
Si vous avez envie de participer et/ou aider à la logistique :
20sept_sudlubantifa@proton.me
Instagram : @sudlubantifa
Soyons nombreuses a dire non au permis de tuer, soyons nombreuses en ruralité
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