Les photos de Jean-Luc sont encadrées sur une table-autel, dans l’entrée de ce pavillon de la banlieue de Brest (Finistère). Ici et là, des témoignages de son amour pour Corto Maltese s’affichent sur les murs et les étagères, remplies de bandes dessinées du marin.
Ce sont les quelques traces qu’Isabelle et Coline Lousteau, son ex-épouse et sa fille, ont gardées de lui. Jean-Luc Lousteau est mort en 2013 après un accident sur la base navale militaire de l’île Longue (Finistère), où il travaillait. « Pendant longtemps, je n’ai pas pu jeter ses affaires, ses vêtements, ses souvenirs. Et puis, l’année dernière, alors que j’achetais ma maison avec la vente de l’appartement de mon père, je me suis dit qu’il fallait avancer », raconte Coline, 25 ans, les joues inondées de larmes. À ses côtés, Isabelle, l’ex-compagne, aux yeux rougis, enrage : « J’aurais pu accepter un accident de voiture, la faute à pas de chance, quelque part. Mais là, non : on ne va pas au travail pour mourir. »
Le 12 juillet 2013, la terrible nouvelle s’est abattue sur la famille du quinquagénaire. Alors que Jean-Luc Lousteau sécurisait un tube lance-missile sur un sous-marin nucléaire, la chute du garde-corps d’une grue lui a sectionné la moelle épinière. Un accident du travail mortel tel qu’il s’en produit plusieurs centaines en France chaque année, et dont le décompte est très en deçà de la réalité (lire l’encadré). Ils sont en constante augmentation et « concernent à plus de 90 % des hommes dans tous les secteurs », selon l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail dans un rapport sur les accidents du travail de 2022.
Matthieu Lépine, professeur d’histoire-géographie, relève chaque jour les accidents mortels dans la presse locale et diffuse ces chiffres sur les réseaux sociaux. Il a fait de ce travail de recensement un livre, L’Hécatombe invisible. Une enquête sur les morts au travail (Seuil, 2023). Alors que « le BTP, l’industrie, les transports, l’agriculture sont les secteurs les plus touchés et [que] leur main‑d’œuvre est surtout masculine », il observe que, « dans presque 100 % des cas, lorsque des familles [le] contactent, ce sont des femmes qui [lui] écrivent ». Des mères, des sœurs, des filles, qui doivent faire face à la justice et aux employeurs. Ceux-ci sont en effet tenus, selon le Code du travail, à une obligation générale de santé et de sécurité. Si elle n’est pas respectée, ils s’exposent à des condamnations sur le plan pénal et à des indemnisations civiles pour la famille de la victime.
Coline et Isabelle Lousteau tiennent un portrait de Jean-Luc Lousteau.« La seule chose que je veux entendre dire, c’est que cette mort n’aurait pas dû avoir lieu et que l’entreprise est responsable », tance Isabelle Lousteau. Treize ans que la comptable attend l’issue du procès et qu’elle se bat avec sa fille, Coline, pour une reconnaissance de la faute de l’employeur, sous-traitant de l’armée, dans l’accident de Jean-Luc Lousteau, qui avait déjà perdu un doigt au travail quelques mois plus tôt.
Les suites de son décès, qui a occasionné des conflits dans la famille, les ont malmenées toutes les deux. Mère et fille se sont finalement retrouvées pour le combat judiciaire alors que le fils est resté à l’écart. Cette répartition genrée des rôles n’étonne guère la sociologue et historienne à l’Iris-Université Sorbonne Paris Nord, Anne Marchand : le combat de ces femmes, « c’est le care : prendre soin, permettre la continuation de la vie, de l’organisation familiale. La charge n’est pas seulement dans le travail à faire, mais également dans le travail émotionnel et dans la responsabilité qui incombe à ces femmes. »
Delphine T.* a elle aussi pris en charge les suites du décès de son fils de 18 ans, Paul*, survenu sur son lieu de travail saisonnier en 2022. La nouvelle l’a « anéantie », confie-t-elle dans son salon, face au guéridon recouvert des photos de son aîné disparu, et lui a « fait perdre le goût à la vie ». Le plus difficile à endurer pour elle, c’est de ne pas pouvoir parler de cet être si cher avec son mari et sa fille, qui préfèrent éviter le sujet. « Je sais qu’il faut avancer, qu’on ne peut pas vivre avec le passé, mais c’est quand même une partie de nous », s’excuse-t-elle, submergée par l’émotion. À la douleur de penser chaque jour à mettre une assiette de moins sur la table s’ajoute le manque d’informations pour mener à bien les démarches en justice. Delphine T. a ainsi appris trop tard qu’il existait un délai de prescription de deux ans pour la reconnaissance des préjudices subis par le pôle social du tribunal judiciaire, cette instance qui verse des dommages et intérêts aux ayants droit de la victime.
En 2023, cherchant de l’aide pour continuer le combat sur le plan pénal, Delphine T. est tombée sur le Collectif familles stop à la mort au travail. Né en 2022, il rassemble une quarantaine de familles – en très grande partie des femmes – dont un·e proche est mort·e au travail. L’objectif ? Se soutenir, s’entraider et alerter l’opinion publique sur l’« hécatombe » documentée par Matthieu Lépine. Delphine T. est alors accompagnée par un cabinet d’avocates spécialisé dans le droit du travail, le cabinet Nicolau, qui propose des rendez-vous collectifs et des permanences individuelles gratuites aux parent·es pour les informer sur les démarches à suivre. « J’ai noté pendant une des dernières réunions qu’il n’y avait que des participantes. Et que, quand il y avait des fratries impliquées, c’était souvent les sœurs que l’on voyait », déclare l’avocate Delphine Sanchez Moreno, du cabinet Nicolau. Les délais des démarches sont dissuasifs, relève-t-elle par ailleurs, mais « lorsque la personne est décédée, il y a une forme de reconnaissance symbolique à gagner pour les proches ».
Delphine T. a donc fait appel au cabinet Nicolau et retrouve un mince espoir après avoir été rongée par la culpabilité. « On m’a imprimé dans le cerveau que c’était la faute de Paul s’il était décédé », raconte-t-elle. « Dans l’imaginaire de beaucoup de gens, l’accident du travail est considéré comme allant de soi, on entend dire que le risque zéro n’existe pas », déplore Matthieu Lépine. Le lanceur d’alerte, comme on le qualifie souvent, dénonce le traitement de cette mortalité au travail « toujours sous l’angle du fait divers, toujours sous l’angle de la faute individuelle ». Alors que, selon lui, il s’agit clairement d’un « fait social majeur ».
« On attend des hommes qu’ils supportent la pression et qu’ils prennent des risques face aux dangers. »
Haude Rivoal, sociologue et autrice
Le secrétaire CGT de la Fédération nationale des salariés de la construction, bois et ameublement, Frédéric Mau, abonde : « C’est bien simple : le prolétariat était sacrifiable hier, il l’est aujourd’hui, il le sera demain. » Selon lui, les employeureuses font courir les risques d’accident à « une population invisibilisée par l’ubérisation du travail », en faisant appel à une « cascade de sous-traitants, quand ce ne sont pas des travailleurs sans papiers ».
Magda, Laura et Ophélye* font le même constat. La mère et ses deux filles ont perdu leur fils et frère, Tennessee, électricien en intérim de 28 ans, en 2022 à Acigné, près de Rennes. « Titi », comme elles l’appellent encore avec tendresse, a été percuté à bord d’une nacelle élévatrice par un convoyeur aérien qui tournait à vide sur un chantier d’extension d’usine. « C’est le rendement au détriment de la santé, on pousse les ouvriers à en faire toujours plus », déplore Magda, un tee-shirt du Stade rennais floqué du nom de son fils – un fan du club de foot breton – sur le dos.
La tragédie, dont elles ont appris le détail par la presse, a renforcé les liens de ce trio de femmes soudé et encore bouleversé par l’événement. Elle les a également révoltées, quand elles ont découvert les nombreux manquements à la sécurité relevés par l’enquête sur le chantier. À cela s’est ajouté le mépris de l’employeur, « qui n’a même pas osé nous regarder dans les yeux pendant le procès ». « On dirait que ça vaut moins cher de payer une amende que de mettre tout en place pour qu’un accident comme ça n’arrive pas », s’indigne Laura, 30 ans, la cadette. C’est elle qui a pris en charge toutes les démarches administratives après la mort de son frère « car les papiers, ça [la] connaît ».
« L’accident mortel au travail, avance la sociologue Anne Marchand, est l’indice extrême de la faillite du respect du droit du travail. » Pour la chercheuse, plusieurs critères peuvent en partie expliquer ces décès, qui touchent parfois de très jeunes stagiaires ou apprentis de 15 ou 16 ans, à l’image d’Axel Darthenay, stagiaire de seconde écrasé par une palette dans un magasin Gifi à Saint-Lô en 2025, ou de Calvin Simon, un autre adolescent, écrasé par un chariot élévateur lors d’un stage dans une entreprise de BTP à Bagnols-sur-Cèze (Gard) en avril 2026. L’organisme de santé et sécurité au travail INRS indique à ce sujet que « les salariés de 15 à 24 ans ont 1,5 fois plus d’accidents du travail que le reste de la population ». Anne Marchand explique cette surmortalité par des dérogations de plus en plus nombreuses au Code du travail, une inspection du travail elle-même en sous-effectifs et en grande souffrance, des sanctions financières « sans doute pas assez dissuasives ». Sans compter l’externalisation, pratiquée de façon croissante par les entreprises. Ces dernières s’appuient sur des intérimaires, des sous-traitants, voire des autoentrepreneureuses pour effectuer diverses tâches, parmi « les plus exposées au risque », précise-t-elle. Cela dans une « organisation du travail qui oblige à aller vite » et alors que les injonctions à la virilité « amènent les hommes à se dépasser. On attend d’eux qu’ils supportent la pression et qu’ils prennent des risques face aux dangers », souligne la sociologue Haude Rivoal, autrice de La Fabrique des masculinités au travail (La Dispute, 2021).
Le nombre de morts au travail est largement sous-évalué en France, puisqu’il n’existe pas de comptage global de ceux-ci. Le régime général de l’Assurance maladie en recensait 764 en 2025 contre 733 en 2019. Mais il ne prend pas en compte de nombreux secteurs d’activité, dont l’agriculture – un des plus accidentogènes –, la pêche ou la fonction publique. Impossible dès lors de savoir combien de personnes sont victimes d’« employicide » chaque année en France.
Une opacité dénoncée par le Collectif familles stop à la mort au travail, qui déplore l’« invisibilisation » de la mort au travail. C’est aussi ce que Frédéric Mau, représentant fédéral CGT des métiers du bâtiment, constate dans sa branche d’activité, parmi les plus dangereuses en France : « Les intérimaires, les travailleurs détachés, les travailleurs sans papiers… ceux-là ne sont pas comptabilisés. » Le syndicaliste dit recevoir tous les jours des annonces de décès sur les chantiers et voir régulièrement des « vidéos de cercueil qui rentrent dans les pays d’origine des ouvriers ». La première mesure portée par le Collectif familles stop à la mort au travail et les parlementaires européen·nes de La France Insoumise vise d’ailleurs juste : pour endiguer cette surexposition aux risques, elle est de « réviser et systématiser les données récoltées au niveau européen concernant les accidents du travail et l’employicide ».
De quoi déresponsabiliser les employeurs ? Magda et ses filles le croient, elles qui ont fait appel du jugement prononcé par le tribunal correctionnel de Rennes en décembre 2025 à l’égard des deux sociétés impliquées dans la mort de Tennessee, condamnées à verser 800 euros chacune pour le préjudice moral subi par la famille. « C’est largement insuffisant », plaident celles qui ont fait de la disparition de Tennessee un moyen d’alerter sur cette surexposition aux risques d’accidents mortels, qui touche la France plus qu’aucun autre pays de l’Union européenne (UE).
« Je me bats pour éviter que ça recommence. Si ça peut sauver ne serait-ce qu’une vie, ce sera déjà bien », avance Magda. La quinquagénaire a rejoint le Collectif familles stop à la mort au travail, a assisté aux procès intentés par d’autres membres de l’association et a participé à une marche blanche en hommage à un homme mort au travail à Concarneau.
L’ex-ouvrière dans le bâtiment fait aussi de la prévention quand l’association a, de son côté, transformé la mort au travail en question politique en alertant élu·es et pouvoirs publics. Elle a récemment obtenu de parlementaires européen·nes de La France insoumise (LFI) une résolution sur le sujet, qui vise à inscrire dans l’agenda politique une lutte plus vigoureuse sur la mortalité au travail dans l’UE. « Dès lors que les familles de victimes se sont saisies du sujet, nous avons pu avancer à petits pas dans l’éradication de ce fléau », décrit Marina Mesure, eurodéputée LFI et ancienne syndicaliste CGT construction, qui se bat contre la mort au travail depuis de longues années.
À Vitré (Ille-et-Vilaine), le 12 mai 2026, Laura, Magda et Ophelye (de gauche à droite) tiennent une photo de Tennessee, leur fils et frère, mort à bord d’une nacelle élévatrice à Acigné, près de Rennes, en 2022.La feuille de route que l’élue porte avec d’autres parlementaires européen·nes contient 14 mesures pour combattre « le crime d’employicide », comme ils et elles souhaitent qu’il soit nommé : renforcer les effectifs de l’inspection du travail, écarter les entreprises condamnées des marchés publics, « limiter, voire interdire la sous-traitance », ajoute Marine Mesure, ou encore mettre en place un fonds de soutien aux familles des victimes financé par les employeurs. « Nous voulons que l’action de l’Union européenne sur la santé et la sécurité au travail soit prioritaire », affirme l’eurodéputée, qui a choisi de soumettre chacune des résolutions séparément plutôt que de tenter de faire voter un texte complet, « qui aurait peu de chance de passer ». L’une de ces résolutions, votée en juin 2026, va déjà voir le jour : l’instauration d’une journée en souvenir des victimes des accidents du travail, le 8 août. Une avancée, même si, insiste le lanceur d’alerte Matthieu Lépine : « On ne peut pas se cantonner à des mesures symboliques. »
Pour Takounda et Arnaud Ngangro-Struillou, rendre public le drame doit être systématique pour que les choses changent. Le couple vit encore dans sa maison près de Morlaix (Finistère), entouré des affaires de leur fils, récupérées dans son appartement. Clément a perdu la vie en 2023 après un accident survenu dans une ferme maraîchère à La Roche-Maurice (Finistère). Une machine agricole « de bric et de broc », fabriquée par un garagiste du coin, a happé celui qui, à 28 ans, enchaînait les CDD depuis cinq ans et sortait tout juste d’un arrêt de travail pour une tendinite. « Il m’avait dit que c’était sa dernière saison… », se rappelle la mère de ce garçon « gentil, aimé de tous, grand lecteur ».
Au décès de son fils, Takounda Ngangro-Struillou s’est effondrée au point de ne plus s’alimenter. Elle est désormais déclarée en invalidité au travail. Son mari, Arnaud, et leur fille, Erena, ont maintenu le foyer à flot. Ce n’est que plus tard que la famille s’est tournée vers une avocate pour entamer des démarches judiciaires. « On veut que l’employeur et le fabricant de la machine soient condamnés très sévèrement et que ça se sache ! », explique le père de famille de 53 ans, alors que son épouse, du même âge, regrette le peu d’écho de l’affaire : « Jusqu’ici, c’est comme si les médias et les politiques cachaient ce qu’il s’était passé. » Un premier jugement en mai 2026 a reconnu l’employeur et le mécanicien coupables de la mort de Clément Ngangro-Struillou, décrivant par la même occasion l’absence de formation à la sécurité des ouvrier·es agricoles de la ferme. Le fabricant de la machine a fait appel. Pas de quoi entamer la volonté de Takounda Ngangro-Struillou, qui a apporté une série de photos de son fils au tribunal : « Le procès est éprouvant psychologiquement, mais j’ai dit que j’irais jusqu’au bout. »
René Louail, Édith Le Goffic et Serge Le Quéau (de gauche à droite) se battent depuis six ans pour faire reconnaître la faute inexcusable de l’employeur pour la mort de Gwenaël Le Goffic, intoxiqué par des insecticides interdits sur son lieu de travail.Édith Le Goffic a elle aussi accepté de mettre en lumière dans les médias son combat de plus de six ans pour faire reconnaître la faute inexcusable de l’employeur après le décès de son mari, Gwenaël Le Goffic. Un jour de mars 2014, son conjoint s’est donné la mort sur son lieu de travail, l’entreprise de nutrition animale Nutréa de Plouisy (Côtes‑d’Armor). À 41 ans, le chargé de produits médicamenteux pour porcelets, qui enchaînait d’éreintantes journées, avait été intoxiqué deux mois plus tôt par des insecticides interdits sur son lieu de travail, comme d’autres salariés. Gwenaël Le Goffic, à bout, a laissé un mot à sa compagne sur la même étiquette bleue que les poussières des substances nocives qu’il avait inhalées à son poste. Comme une alerte sur les conditions de travail qu’il avait endurées et qui l’ont conduit à ce geste fatal. « Très vite, j’ai voulu aller voir le bâtiment où cela s’était produit », décrit avec émotion Édith Le Goffic. La scène l’a choquée : « Il n’y avait pas d’extracteur de poussières, pas de gants, pas de masque, aucune protection. Je me suis dit que ce n’était pas possible de travailler dans de telles conditions. »
Dès lors, Édith Le Goffic s’est battue. Pour la mémoire de son mari, épuisé par son travail, et pour ses deux enfants, avec les autres salarié·es contaminé·es aux pesticides. Elle a refait toute l’enquête. A pris contact avec d’ancien·nes collègues malades. S’est rapprochée du syndicat Sud Solidaires de Saint-Brieuc, qui menait la bataille judiciaire face à ce géant de l’agroalimentaire breton. Ensemble, et avec le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, qui venait de naître, elle est allée devant les tribunaux jusqu’à obtenir la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur quant au décès de son mari. Elle s’est même rendue à Bruxelles pour plaider leur cause. « Rien ne m’aurait arrêtée », avance-t-elle, quand, à ses côtés, le président du syndicat Sud Solidaires, Serge Le Quéau, la décrit comme une « sentinelle » sur la question de la santé et de la sécurité au travail. « Le combat d’Édith montre qu’on ne peut pas empoisonner les gens impunément », lance son autre voisin de table, le paysan et syndicaliste René Louail, qui a fait partie de cette lutte menée en commun dès les débuts. De cette lutte aussi environnementale que politique, Édith Le Goffic, qui n’ose se dire « fière »,
a conservé minutieusement chaque article. De quoi se souvenir du travail accompli. Et surtout de quoi ne pas oublier les raisons qui l’ont menée jusqu’ici : « Je n’ai pas envie que d’autres personnes vivent ce que j’ai vécu. »
* La famille a souhaité garder l’anonymat.