Quand ?
Le 1 octobre à 13h
Où ?
Assemblée nationale Place du Président Édouard Herriot 75007 Paris
RDV Assemblée Nationale, Jeudi 1er octobre, 13h
Nos viols et vos lois
Quand on est violée, on ne peut pas demander une pause pipi, on ne peut pas dire au client de changer de position, on ne sait pas combien de temps ça va durer, et ça dure toujours plus longtemps que l'heure prévue avec le client même quand c'est factuellement plus court. Mais pour vous quelle différence, puisque nous ne sommes que des putes.
Vous osez inscrire dans la loi la négation de notre consentement. Vous osez prétendre nous protéger tout en niant notre existence. Vous parlez de consensus féministe tout en nous excluant depuis des années.
Vous prétendez que nous sommes aliénées, que nous souffrons d'un syndrome de Stockholm, que nous sommes amoureuses de nos proxénètes. Vous criminalisez nos amantEs et nous interdisez de les défendre. Au prétexte de protection, vous renforcez un appareil carcéral et sécuritaire et nous criminalisez toujours plus et encore, comme si ça ne suffisez jamais.
Interdire toujours plus. Peu importe notre consentement. Peu importe l'absence de contact corporel avec le client. La masturbation est dorénavant une violence sexuelle, tout comme vendre sa culotte, montrer ses pieds, lécher un gode devant sa webcam. Vous ne savez même pas définir ce qu'est un contenu sexuel, au point que les artistes femmes sont censurées au moindre contenu dénudé.
Vos algorithmes, vos flics, votre censure, vos banquiers qui lèvent le secret bancaire, vos médecins qui lèvent le secret médical, vos travailleurs sociaux qui prennent nos enfants, vos flashballs pour éborgner et mutiler, vos matraques dans le cul en banlieue, vos OQTF contre les victimes de traite, votre complicité dans les guerres et génocides, tout ça n'est pas de la violence par contre puisqu'elle vient de vous et de votre État néolibéral.
Votre féminisme bourgeois qui tient les associations en laisse pour une subvention, pour qu'elles ferment bien leur gueule et consentent au sacrifice des femmes TDS, musulmanes, migrantes, palestiniennes, etc. Votre féminisme qui ne sert qu'à mettre + de gens en prison ne sera jamais le nôtre. Nous ne serons jamais vos bonnes victimes. Nous n'avons pas besoin qu'on nous encourage à prendre la parole quand on crie déjà.
Ne nous dites pas de porter plainte quand vos lois prévoient de nous foutre à la rue si on porte plainte parce que les flics ont obligation de prévenir nos propriétaires qu'ils sont proxénètes. Ne nous parlez pas d'ordonnance de protection quand vos juges nous mettent des OQTF après une simple A.P.S. le temps d'un procès avec obligation de témoigner, ou de deux années de « parcours de sortie », où il faut présenter patte blanche pour une allocation minable. Votre police et votre justice ne nous protègent pas : elles nous criminalisent et détruisent nos vies.
Une loi intégralement putophobe, carcérale, raciste, sans moyens financiers au service d'un État sécuritaire ne protègera jamais que les bourgeoises blanches que vous êtes et que nous méprisons.
— Syndicat du Travail Sexuel