En masse, l'infrastructure a dépassé ce qui vit, et l'étouffe. Elle est signe humain. Par elle et le déchet notre signe est partout.
// Rue d'Aubervilliers. 2020 //humain tu plies sous le meurtre
tu sais ce que tu es, de toute ta fibre
rouge et grevée sous les émoticônes,
sèche de langue, comme des loofahs —
la route est le bourdon des veines
qui leur portent leurs grappes
de bombes — on n'entend pas les bombes,
que le bourdon des veines, la route —
c'est le premier matin
c'est la nappe de l'ogre —
le fret prend ton génome aux yeux tirés,
l'écouteur pénètre l'oreille,
c'est la ressource humaine —
leurs jupes tranchent et saignent à la fois.
Silvia MAJERSKA
qui coupe la nappe de l'ogre ?
dorée ? —
tu rêves
coquelicots rasant —
tout ce qui est proche avorte —
elle nous ressemble — se déverse
maigre mauve de bras, de dernier homme
tueuse et creuse —
il passe, ventre-en-croix assourdissant
le feu latéral ventral caudal
ses couleurs séchées par la saison humaine ·
derniers havres séchés.
dernier havre : langue de guerre —
carlingue rougie
sous la feuille de figuier — milliards d'insectes
à prendre le vent chez les morts —
1 feu rouge 1 ciel
long plat-de-rouge
où l'on a jeté une crasse
de stratus · un seurat fait
avec les bords du mégafeu ·
ici la fraîcheur ! mon chiot
aime avaler le déchet, et révoque
dans l'autre dimension dorée
les petits amas puants.
tu voudrais comme un gosse
un printemps pulsant
les sécrétions de frai les
bêtes faites d'eaux noires ·
tes enfants brûleront
ton puy sèche
au lieu qu'ils cerclent leur feu
au lieu que tu chies ton ciel, enfin
ce que je veux
la haine dressée sur ton rêve
la honte que tu trouves
la honte d'un ciel plein de nerfs —
rougir & détruire —
retournement il y aura —
d'abord endurer ce puits de feu — ce crépuscule — la lumière couchante avec un ogre
Benoit Sudreau
Illustration : Régis Rizzo / Lycaons & grues, 2020, encres acryliques et résine sur toile, 180 x 250 cm