L'étude a été publiée par Monitorank, éditeur français d'outils de suivi de positionnement. La collecte s'est déroulée du 9 au 14 septembre 2026 sur 1 000 000 de mots-clés français, relevés à la fois sur ordinateur et sur mobile, soit 2 000 000 de SERP (pages de résultats de recherche). Selon l'éditeur, aucune donnée client n'a été utilisée : les mots-clés proviennent de sa propre base, qui en compte 5 594 372.
Premier chiffre à retenir : 50,8 % des recherches déclenchent un AI Overview, le bloc de réponse générée par l'IA que Google affiche en haut de certaines SERP. Autrement dit, une recherche sur deux dans ce périmètre.
Mais le cœur de l'étude porte sur la manière dont ce bloc arrive dans la page. Et c'est là que les chiffres deviennent intéressants pour ceux qui mesurent leur visibilité dans les réponses de Google.
Monitorank distingue deux modes de chargement :
Pour rappel, la réponse HTML initiale est le code que le serveur renvoie au premier appel, avant que le JavaScript de la page ne s'exécute et ne déclenche d'autres requêtes. Beaucoup d'outils de collecte (les « scrapers ») se contentent de cette première réponse, parce qu'elle est rapide et peu coûteuse à obtenir.
Dans le cas d'un AI Overview async, ce type de collecte voit bien qu'un bloc existe. Il ne récupère en revanche ni le texte de la réponse, ni les sources citées, ni les marques mentionnées. Pour les obtenir, l'outil doit soit exécuter la page dans un vrai navigateur, soit reproduire lui-même la requête secondaire.
Part des chargements Sync VS. Async (Desktop) - Source : Monitorank
Part des chargements Sync VS. Async (Mobile) - Source : Monitorank
La part d'AI Overviews async varie fortement selon le volume de recherche des requêtes. D'après Monitorank, elle atteint environ 51 % sous 5 000 recherches annuelles, et 58 % sous 1 000 recherches. Sur les requêtes les plus confidentielles, elle devient écrasante.
Voici le détail publié par l'étude, par tranche de volume annuel (part des AI Overviews chargés après la page) :
Or les requêtes sous 5 000 recherches annuelles représentent environ 88 % du corpus de Monitorank. Le chiffre se recoupe avec le tableau publié : les quatre premières tranches pèsent 4 906 907 mots-clés sur les 5 579 092 dotés d'un volume, soit un peu moins de 88 %. Sur la longue traîne (ces requêtes peu recherchées mais très nombreuses), l'async est donc la norme plutôt que l'exception.
Un détail mérite l'attention : la courbe n'est pas strictement descendante. Sur les requêtes les plus recherchées, la part d'async remonte, et l'écart entre mobile et desktop se creuse (32,9 % contre 26,9 % au-delà de 100 000 recherches). L'étude ne commente pas ce point.
Deuxième enseignement de l'étude : un volume de recherche plus élevé ne signifie pas davantage d'AI Overviews. C'est même l'inverse. Le taux de présence culmine sur la tranche des requêtes à moins de 100 recherches annuelles, à 64,9 % (desktop et mobile réunis), puis décroît régulièrement jusqu'à 24,4 % sur les requêtes dépassant 100 000 recherches.
Par tranche, les taux de présence sur desktop passent ainsi de 65,1 % (moins de 100 recherches) à 54,1 % (de 100 à 499), 48,7 % (de 1 000 à 5 000), 38,5 % (de 10 000 à 50 000) et 24,6 % (100 000 et plus). Les chiffres mobile sont quasiment identiques.
Monitorank précise ne pas avoir mesuré ce qui distingue ces requêtes les unes des autres. L'étude porte uniquement sur la présence du bloc et sur son mode de chargement. On peut supposer que la nature des requêtes (informationnelles, longues, formulées comme des questions) joue un rôle, mais l'étude ne permet pas de l'affirmer.
Côté méthode, les taux sont redressés selon le poids de chaque strate de tirage. Les tranches n'ont pas été échantillonnées au prorata : la tranche de 100 à 499 recherches compte par exemple 279 135 mots-clés relevés, qui représentent 2 318 580 mots-clés du corpus. Par ailleurs, 2 835 mots-clés sans volume disponible sont exclus du découpage par tranche, mais restent intégrés aux taux globaux.
L'implication concerne avant tout la mesure. Si votre outil de suivi de positions ou de visibilité GEO détecte les AI Overviews sans récupérer leur contenu chargé en tâche de fond, il peut vous signaler qu'un bloc est présent sans pouvoir dire si votre site y figure. D'après l'étude, cette limite toucherait près de la moitié des AI Overviews, et plus de la moitié sur la longue traîne.
Concrètement, quelques vérifications s'imposent :
Monitorank met en avant sa propre réponse à ce problème : son outil et son API de scraping, Semscraper, relèvent les SERP avec de vrais navigateurs, qui exécutent le JavaScript et attendent la réponse de la requête secondaire. Selon l'éditeur, les AI Overviews async sont ainsi capturés comme les autres, avec leur contenu et les sites et marques cités. Il faut garder à l'esprit que l'étude est publiée par un acteur qui commercialise précisément cette capacité.
L'éditeur a rendu les données librement consultables et réutilisables. Un explorateur en ligne permet de rechercher chacun du million de mots-clés du périmètre et d'afficher la présence d'un AI Overview, son mode de chargement sur les deux appareils, le volume et le CPC. Pour chaque ligne, un lien « Détail AIO » ouvre les sites et marques effectivement cités dans l'AI Overview relevé, ce qui permet de contrôler une partie du travail.
La principale limite tient à la fenêtre de collecte : les chiffres reflètent la situation du 9 au 14 septembre 2026. L'étude ne dit pas si Google fait évoluer la répartition entre sync et async au fil du temps, ni ce qui détermine, pour une requête donnée, le choix de l'un ou l'autre mode.
L’article "AI Overviews : 48,6 % se chargent après la page, un angle mort pour le suivi des citations" a été publié sur le site Abondance.