Reprise d'un article de Desk Russie [1] 4 octobre 2026
Qui sont les opposants russes que Jean-Luc Mélenchon présente comme la preuve que son camp combat le poutinisme ? Le cas d'Alexeï Sakhnine oblige à regarder au-delà de l'étiquette de « dissident anti-guerre ». Ancien dirigeant du Front de gauche russe, réfugié politique en Suède puis en France, il reste étroitement lié à des militants passés dans les structures d'occupation russes ou les formations armées du Donbass. Les mêmes milieux apparaissent aussi dans des projets du renseignement militaire russe visant à travailler les réseaux anti-OTAN en Europe. Dans le même temps, Sakhnine a trouvé sa place dans la gauche européenne dite « pacifiste », auprès d'organisations qui militent pour l'arrêt de l'aide militaire à l'Ukraine.
Lorsque Jean-Luc Mélenchon ou ses proches sont interrogés sur leurs positions à l'égard de la Russie et de la guerre en Ukraine, un argument revient : La France insoumise n'est pas du côté de Vladimir Poutine, puisqu'elle accueille ses opposants, les « Russes qui résistent ». Le 25 septembre 2026, au lendemain d'une nouvelle sortie de Mélenchon accusant l'Ukraine d' « escalade » pour ses frappes en profondeur en Russie, Clémence Guetté rappelait encore au micro de France Inter : « Nous hébergeons les opposants au régime de Poutine. »
Avant 2022, le partenaire russe privilégié de Jean-Luc Mélenchon était Sergueï Oudaltsov, dirigeant du Front de gauche russe. Mélenchon le soutenait déjà lorsqu'il était emprisonné et, après sa libération, l'a rencontré à Moscou en mai 2018. Quatre ans plus tard, Oudaltsov soutient sans réserve l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Pour Mélenchon, il a « craqué ». L'ancien allié russe est rayé de la liste, et un nouveau favori apparaît presque aussitôt. Le 6 mars 2022, au grand meeting présidentiel de Mélenchon à Lyon, présenté comme un « meeting pour la paix », Alexeï Sakhnine intervient par vidéo. Il condamne l'agression russe, mais explique déjà qu'on ne fera pas reculer la Russie de Poutine « avec des chars et des missiles » et pourquoi la victoire contre le régime doit venir de l'intérieur.
Sakhnine et ses camarades viennent de publier un manifeste condamnant l'invasion russe comme une guerre « injuste » et « de conquête ». Mais le texte affirme aussi que Poutine a, du fait de son agression, « annulé tous les crimes des nationalistes ukrainiens » et fourni de nouveaux arguments aux « faucons américains et de l'OTAN ».
Le 25 octobre 2022, trois militants russes de gauche, Sakhnine, sa compagne Liza Smirnova et Andreï Roudoï, sont reçus à l'Assemblée nationale par Mathilde Panot, plusieurs députés LFI et Mélenchon lui-même. Leur arrivée en France a été facilitée au plus haut niveau : Mélenchon dira avoir obtenu l'appui d'Emmanuel Macron pour les faire venir et remerciera publiquement le président de les avoir aidés « d'un bout à l'autre ».
« Heureusement qu'il y a des Russes comme eux ! », s'enthousiasme Mélenchon. « Nous prenons en charge leur présence en France », souligne-t-il.
L'Ukraine reste pourtant presque absente de cette présentation. Lorsqu'un journaliste finit par demander aux trois militants ce qu'ils ont à dire aux Ukrainiens, Andreï Roudoï répond : « La classe ouvrière de Russie et d'Ukraine n'a rien à se disputer. Nos principaux ennemis, ce sont nos gouvernements. »
Roudoï, ancien cadre du Front de gauche russe et fondateur du média Vestnik Bouri (Messager de la Tempête), que Mélenchon présente alors comme l'une des « têtes de réseau » de la résistance de gauche russe avec Sakhnine, quittera ensuite la France et rompra publiquement avec Sakhnine. Ce dernier, au contraire, s'installe durablement dans l'orbite politique de Mélenchon.
Quel est exactement son statut auprès de Mélenchon : protégé politique, réfugié pris en charge, compagnon de route, interlocuteur régulier ? Sakhnine préfère présenter leur relation comme une alliance politique. En 2025, il affirme « coopérer » avec Mélenchon sur la stratégie de la gauche européenne.
Le parcours de Sakhnine est assez singulier pour un opposant russe accueilli comme réfugié politique : avant de s'installer à Paris, il avait déjà passé plusieurs années en exil en Suède, puis renoncé à son statut de réfugié pour rentrer volontairement en Russie en 2019.
Sakhnine est connu en Russie comme l'un des organisateurs des mobilisations de 2011-2012 et l'un des dirigeants du Front de gauche, principale organisation de la gauche extra-parlementaire de cette période. Après l'affaire Bolotnaïa, en 2013, il part en Suède et y obtient l'asile. Pour une partie de la gauche locale, son profil est idéal : militant révolutionnaire, organisateur de manifestations anti-Poutine, réfugié politique. Il obtient rapidement des tribunes dans les médias de gauche et des entrées dans des réseaux militants transnationaux.
À partir de 2014, Sakhnine ne parle plus seulement de la Russie de Poutine, il devient aussi un interprète de la crise ukrainienne. Le Maïdan, dans ses textes, est surtout une victoire des oligarques soutenus par l'Occident, où l'extrême droite aurait acquis une influence démesurée. À l'inverse, il présente l'anti-Maïdan comme un mouvement populaire, opposé au nationalisme et au néolibéralisme. Dans le Donbass, il voit d'abord une guerre civile ; l'intervention russe reste en arrière-plan. Ce cadre changera peu au cours des années suivantes.
Il publie sur le « fascisme ukrainien » et la « terreur » contre les militants de gauche. Cette grille de lecture trouve vite des relais dans les médias pro-Kremlin : Sakhnine est interviewé par Komsomolskaïa Pravda, apparaît sur la télévision d'État russe et, en 2017, participe comme producteur au tournage en Suède d'un documentaire de Russia Today consacré à la lutte des classes et à la justice sociale. Lui-même justifie ce type de coopération par la possibilité de toucher une audience russe plus large.
Pour parler de l'Ukraine, Sakhnine dispose surtout d'un partenaire sur place : Borotba, organisation ukrainienne se réclamant de la gauche radicale, fondée en 2011. La relation précède de deux ans le Maïdan et la guerre. En septembre 2012, Sakhnine et Sergueï Kiritchouk, l'un des dirigeants de Borotba, annoncent à Kyïv une coopération entre le Front de gauche russe et l'organisation ukrainienne. Borotba promet un soutien organisationnel et médiatique, des contacts avec la presse et, en cas de répression accrue en Russie, une aide à la création d'un relais du Front de gauche à l'étranger. Sakhnine présente ses partenaires ukrainiens comme des camarades fiables.
En Suède, cette proximité devient même un argument d'autorité. En juin 2014, les organisateurs d'un séminaire avec lui à Göteborg soulignent ses « forts contacts avec Borotba et sa direction » pour expliquer pourquoi Sakhnine est particulièrement bien placé pour parler de l'Ukraine. En 2016, il signe la déclaration du Forum social de Wrocław sous l'étiquette « Ukraine/Sweden, Borotba ».
Pour comprendre ce que Sakhnine transmet alors à son public occidental, il faut s'arrêter sur Borotba et sur ce que sont devenus ses membres. Une enquête militante récente en retrace la généalogie et les prolongements européens.
L'organisation Borotba naît au début des années 2010 d'une scission de l'Organisation des marxistes et de milieux issus de la jeunesse communiste ukrainienne. Parmi ses principaux cadres figurent Sergueï Kiritchouk, Alexeï Albou, Viktor Chapinov et Andreï Mantchouk. Dès mars 2014, plusieurs organisations de gauche et anarchistes ukrainiennes se désolidarisent d'elle, l'accusant de collaborer avec des forces chauvines, racistes, cléricales et homophobes et de pratiquer une culture politique autoritaire.
La méfiance existe aussi dans une partie de la gauche occidentale. En novembre 2014, le syndicaliste français Vincent Présumey décrit Borotba comme un « village Potemkine pour militants occidentaux » : une organisation capable de fournir à certains secteurs de Die Linke, de Syriza ou de la gauche trotskiste l' « antifascisme ukrainien » qu'ils veulent voir.
En 2014, Borotba est engagée dans l'anti-Maïdan dans plusieurs villes ukrainiennes. À Kharkiv, ses militants participent au mouvement qui tente de faire basculer la ville ; le 1ᵉʳ mars, après l'assaut contre l'administration régionale, un drapeau russe est hissé et des militants du Maïdan sont violemment frappés, parmi lesquels le poète Serhiy Jadan.
Ce qui se passe à Odessa joue un rôle plus décisif encore dans le récit exporté vers l'Occident. La mort de dizaines de personnes dans l'incendie de la Maison des syndicats fournit une image d'une puissance émotionnelle exceptionnelle : celle de « militants de gauche antifascistes brûlés vifs par des fascistes ukrainiens ». Or les violences du 2 mai commencent bien avant l'incendie. Des militants anti-Maïdan tentent d'empêcher une marche pour l'unité de l'Ukraine ; des affrontements éclatent, des coups de feu sont tirés et plusieurs personnes sont tuées. Les violences se déplacent ensuite vers la place Koulikovo et la Maison des syndicats. Les enquêtes du Conseil de l'Europe et du groupe indépendant « 2 mai » ont reconstitué une journée de violences croisées, de tirs et d'incendie, sur fond de graves défaillances des autorités. Elles ne valident pas le récit d'un massacre unilatéral d' « antifascistes » par les partisans du Maïdan.
Borotba n'est pas extérieure à cette scène. La veille, ses militants participent à la manifestation du 1ᵉʳ Mai qui se termine au camp anti-Maïdan de la place Koulikovo. Le 2 mai, Alexeï Albou, dirigeant local de Borotba et député régional, se trouve dans la Maison des syndicats ; Vladislav Voïtsekhovski, autre militant de l'organisation, y est également. Ce sont précisément ces hommes et leurs camarades qui deviendront ensuite, auprès d'une partie de la gauche étrangère, des figures centrales du récit du « massacre fasciste d'Odessa ».
Sakhnine participe activement à sa diffusion. Dès le 9 mai 2014, en Suède, il prend part à une action de solidarité avec les militants d'Odessa, puis publie à plusieurs reprises sur la tragédie.
L'épisode Voïtsekhovski est particulièrement parlant. En septembre 2014, Sakhnine le rencontre à Odessa lors d'un voyage en reportage depuis la Suède. Le soir même, le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) arrête Voïtsekhovski en l'accusant de préparer des attentats ; Borotba dénonce une affaire fabriquée. Cinq jours plus tard, Sakhnine pose en Suède avec une pancarte « Liberté pour Vlad Voïtsekhovski ! » et le présente comme un jeune socialiste persécuté. Après un échange de prisonniers en décembre, Voïtsekhovski passe sur le territoire contrôlé par les forces pro-russes et rejoint le bataillon Fantôme (Prizrak). En 2015, il déclare lui-même servir dans les « forces armées de Novorossia ». Sakhnine continuera pourtant à le soutenir et à expliquer sa trajectoire d'abord par la répression ukrainienne.
La Moldavie fournit, la même année 2014, un autre indice sur cette mouvance. En novembre, Viktor Chapinov, Maxime Firsov et plusieurs militants liés à Borotba sont arrêtés puis expulsés de Moldavie. Les autorités moldaves disent alors les soupçonner de préparer des actions destinées à « déstabiliser la situation » à l'approche des élections législatives.
À partir de 2016, les « Surkov leaks » donnent à cette histoire une autre dimension. Plus d'un gigaoctet de courriels et de documents provenant de l'appareil de Vladislav Sourkov, alors l'un des principaux responsables du dossier ukrainien au Kremlin, ont été authentifiés indépendamment par Bellingcat et DFRLab. Ils documentent notamment la circulation de messages élaborés dans l'entourage de Sourkov par l'intermédiaire de cadres de Borotba.
Dans l'un des documents, le conseiller de Sourkov Alexeï Tchesnakov dresse une liste de personnalités sur lesquelles « la Russie peut compter » pour amplifier ses messages en Ukraine. Trois cadres importants de Borotba y figurent, dont Sergueï Kiritchouk. Bellingcat compare ensuite des éléments de langage sur la guerre et le vol MH17 aux publications de Kiritchouk : dans un cas de l'été 2014, son article reprend l'ensemble des points contenus dans un document transmis à l'appareil de Sourkov. Quelques semaines plus tard, les mêmes thèmes apparaissent dans une question parlementaire de Die Linke au Bundestag.
Andrej Hunko, l'un des députés signataires, est alors l'un des principaux points d'entrée de Borotba dans la gauche allemande : il présente Kiritchouk comme le porte-parole d'une gauche ukrainienne persécutée, l'interviewe, partage des tribunes avec lui et défend publiquement la nécessité de donner la parole à son organisation. Ce canal allemand survivra à l'année 2014 : nous le retrouverons plus loin, sous une autre forme, autour des objecteurs de conscience et des déserteurs.
La guerre de 2014 provoque une fracture au sein du Front de gauche russe. Oudaltsov soutient l'annexion de la Crimée, Sakhnine s'y oppose. Plusieurs des partisans les plus explicites des « républiques populaires » perdent alors leurs positions dirigeantes. La rupture n'est pourtant pas complète. Sakhnine continue de défendre une position de « troisième camp », où les peuples russe et ukrainien devraient se retourner contre leurs oligarchies respectives. En 2022, lorsqu'il quitte définitivement le Front de gauche à cause de l'invasion à grande échelle, il le dit lui-même : « Je ne regrette pas la position adoptée par le Front de gauche durant l'année tragique 2014 en Ukraine », ajoutant qu'il avait largement contribué à cette position.
Il ne prend pas non plus ses distances avec Borotba, même après que plusieurs de ses membres ont rejoint le camp russe. En 2021, il parle encore de Borotba comme d'une organisation « fraternelle ». En 2026, il dit être toujours fier de cette coopération. Interrogé sur les liens financiers de certains militants de Borotba avec des personnes de l'entourage de Vladislav Sourkov, il les explique par la précarité d'émigrés qui devaient bien vivre et poursuivre leur activité politique.
Au printemps 2019, Sakhnine renonce volontairement à son statut de réfugié et rentre en Russie. À l'aéroport, il est accueilli par de vieux camarades, dont Oudaltsov et Daria Mitina, ancienne dirigeante du Front de gauche, qui avait entre-temps travaillé pour la représentation moscovite du « ministère des Affaires étrangères » de la soi-disant « République populaire de Donetsk » (DNR). Sakhnine explique que le risque de poursuites lié à l'affaire Bolotnaïa est désormais passé. À son retour, il formule son évolution politique : il insiste sur le fait que son camp n'a jamais été une opposition pro-occidentale et affirme être devenu beaucoup plus anti-occidental.
En octobre 2019, Sakhnine passe neuf jours en Corée du Nord au sein d'une délégation officielle de la Société russe pour l'étude des idées du Juche et de la politique du songun, avant d'en tirer un long reportage plutôt bienveillant sur le pays et ses transformations sous Kim Jong-un.
À la fin de la même année, il se rend à Donetsk, contrôlé par la Russie, et en revient avec un récit étonnamment enthousiaste. Sur les ruines de la guerre, dit-il, apparaissent les « germes d'une nouvelle vie ». L'ancienne société civile, avec ses milieux LGBT et ses ONG, est décrite comme « corrompue », « pro-occidentale » et dépendante des subventions étrangères ; sa disparition aurait laissé un « espace vide » où émergent désormais de nouveaux groupes marxistes et féministes, dont Sakhnine célèbre l'« énergie » et le « dévouement ». Il évoque aussi une renaissance théâtrale et voit dans l'effacement de la société de consommation la possibilité d' « une vie plus profonde, plus sérieuse ». Un véritable hymne à l'occupation.
Selon les données dont dispose Desk Russie,
une carte SIM d'un opérateur de la « DNR » était enregistrée au nom d'Alexeï Sakhnine dès 2018, alors qu'il vivait encore en Suède ; le numéro était associé à un compte Telegram au nom d' « Alexeï ». La rédaction lui a demandé d'expliquer cet élément. Nous n'avons pas obtenu de réponse.
Source : https://desk-russie.eu/2026/10/04/les-heros-russes-de-lfi.html
[1] Nous l'avons souvent répété ici : ce n'est pas parce que nous citons des livres ou des analyses qui nous ont semblé pertinentes que nous partageons forcément l'ensemble des positions de l'auteur. Il en va ainsi du site Desk Russie, favorable au capitalisme, plutôt conservateur, mais qui présente souvent des analyses fouillées et remarquablement bien informées sur tout ce qui concerne la Russie , l'Ukraine et la complicité entre les deux impérialismes russe et américain.
C'est ainsi que ce texte sur le pseudo opposant russe, le dénommé Alexeï Sakhnine, caution de « gauche » de Mélenchon et de La France « Insoumise » (sic) , nous a semblé emblématique des prises de position ouvertement pro Poutine du politicien démagogue et de ses sbires les plus proches, notamment l'inqualifiable Sophia Chikirou.
Car le succès que rencontre Mélenchon auprès d'une fraction grandissante de la jeunesse révoltée, quand ce n'est pas chez certains anarchistes, dont l'animateur du site A Contretemps, Freddy Gomez, que l'on avait connu mieux inspiré, est assez révélateur d'une dépolitisation générale de la société qui la rend sensible à tous les discours démagogiques, du complotisme le plus crasse au campisme le plus élémentaire.
Par « campisme », nous entendons ce réflexe politique sommaire qui part d'une vision seulement géopolitique de la situation mondiale, sans référence approfondie à l'analyse du capitalisme et qui, constatant l'existence de deux « camps », l'impérialisme américain et ses adversaires, se range sans guère de nuances dans le camp des adversaires, quel qu'il soit. Cette attitude bornée est évidemment héritée de la guerre froide et de l'affrontement entre les deux impérialismes amércain et soviétique, qui a amenée une « gauche » moutonnière à soutenir le capitalisme d'Etat soviétique et ses satellites contre l'impérialisme américain, jugé seul dominant. Ce même réflexe amène certains, aujourd'hui, à trouver du charme à la sanglante théocratie iranienne ou au régime corrompu vénézuélien quand ce n'est pas à la dictature ubuesque de la Corée du Nord.
Mélenchon et sa garde rapprochée (notamment le POI lambertiste, dont il est une des figures de proue) se situent clairement dans cette nébuleuse campiste, ce qui les amène à de comiques contorsions politiques tendant à faire croire qu'ils ne soutiennent pas entièrement la mafia poutinienne et sa guerre coloniale en Ukraine et défendent de soi-disant opposants russes qui ne sont en fait que des agents du Kremlin.