Source : Le Courrier des Balkans - Europe du Sud-Est
Payant
« Les plaies des années 1990 ont été brutalement réouvertes en Bosnie-Herzégovine » après la mort de Ratko Mladić le jeudi 27 août, raconte Le Courrier des Balkans. Car si le général serbe de Bosnie était avant tout le responsable du massacre de Srebrenica (1995) et du siège de la ville de Sarajevo pendant plus de trois ans et demi, le gouvernement de Serbie retient le « héros ».
Sur le même sujet
Le Courrier des Balkans Europe du Sud-Est
Bosnie-Herzégovine : le criminel de guerre Ratko Mladić est mort
Pour rappel, le pays a connu une guerre civile de 1992 à 1995, opposant les partisans d'une Bosnie indépendante et unie, à ceux d'une république sécessionniste des Serbes de Bosnie, constituée sur une base ethnique et soutenue par la Serbie voisine. L'armée de cette « république » était commandée par le général Mladić. Celui-ci a été condamné, après la guerre, pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international.
Malgré cela, le ministre de la Justice de Serbie a aussitôt promis qu'il aurait le droit à des obsèques avec « les honneurs militaires et d'État ». Cette position a ensuite été amplifiée par le président du pays, Aleksandar Vučić, afin « de caresser dans le sens du poil la majorité de son électorat », en pleine campagne pour les élections législatives.
Bien que Le Courrier des Balkans estime que cette promesse ne devrait pas se concrétiser, le média évoque les conséquences bien réelles de cette flatterie à l'égard des nationalistes. En Serbie, « des hommes arborant des t-shirts à l'effigie de Mladić ont tabassé un homme qui protestait contre un meeting de Vučić », tandis que dans plusieurs villes de la République serbe de Bosnie, « les admirateurs du criminel de guerre se sont rassemblés pour lui rendre hommage ». Alors que la stabilité de la république fédérale de Bosnie demeure fragile (elle rassemble de manière très précaire deux entités serbes et une entité bosniaque), le président de la Serbie voisine souffle sur les braises.