Le piratage de la DGFiP devient un test grandeur nature pour la nouvelle politique cyber de l’État. Lundi 17 août, Sébastien Lecornu a présidé une cellule interministérielle de crise consacrée à l’incident. À son issue, le Premier ministre a chargé l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) de mener un audit approfondi afin d’identifier les circonstances de l’attaque et les éventuelles faiblesses ayant permis l’exfiltration. Matignon souhaite également accélérer le plan de sécurisation des systèmes d’information publics présenté au printemps.
Les intrusions dans le SI de la DGFiP avaient eu lieu en juin et juillet 2026 à partir d’identifiants usurpés appartenant à un agent de l’administration fiscale et à un tiers habilité. Les accès avaient été coupés, mais l’exfiltration n’avait pas été identifiée à ce moment-là. Les investigations lancées après les revendications de l’attaquant ont finalement établi que des données fiscales et cadastrales avaient été consultées ou extraites : revenu fiscal de référence, quotient familial, taux de prélèvement à la source ou encore informations relatives à certains biens immobiliers. Les espaces personnels des contribuables et leurs mots de passe n’ont pas été compromis, selon Bercy.
L’exécutif cherche désormais à inscrire sa réponse dans un cadre plus large. Fin avril, après plusieurs incidents ayant visé des services de l’État, Sébastien Lecornu avait annoncé 200 millions d’euros supplémentaires pour renforcer les applications, les capacités de détection et la cryptographie post-quantique. À compter de 2027, chaque ministère devra également consacrer 5 % de son budget numérique à la cybersécurité. Le plan prévoit par ailleurs la création d’une nouvelle autorité numérique rattachée directement au Premier ministre et chargée notamment de mieux standardiser et sécuriser les infrastructures ministérielles.
Cette future structure, baptisée Ariane, doit participer à la nouvelle gouvernance du numérique de l’État. Sa création ne remet toutefois pas en cause le rôle de l’ANSSI en matière de cybersécurité : lors de travaux parlementaires consacrés aux vulnérabilités numériques françaises, le gouvernement a présenté Ariane comme un outil de pilotage plus large du numérique public, notamment pour traiter des problèmes structurels comme l’authentification forte, la gestion des identités ou l’obsolescence des systèmes.
Avec la DGFiP, l’enjeu n’est donc plus seulement d’annoncer de nouveaux moyens, mais de vérifier leur traduction dans les administrations. Les conclusions de l’audit doivent désormais alimenter de nouvelles mesures opérationnelles attendues en septembre.
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