[Conférence gesticulée] J'étais chauffeur. Mondialiser c'est pas sorcier !!!
Dans le cadre du festival de théâtre militant & engagé du Garcia Lorca, la com' de l'orga :
"Au début du XXe siècle, les avant-gardes et les mouvements artistiques issus des luttes ouvrières ont appréhendé la culture non pas comme un privilège élitiste, mais comme un instrument d'émancipation. L'art s'est ainsi mué en un dispositif pédagogique et politique destiné à revendiquer des droits, à dénoncer l'exploitation et à éveiller la classe laborieuse à sa propre puissance organisationnelle.
C'est à cette époque que, tant en Europe qu'en Amérique latine, de manière organique, indépendante et convergente, ont émergé des figures issues des milieux théâtral et syndical.
Celles-ci ont reconnu dans le théâtre un vecteur de formation sociale permettant de transmettre aux masses ouvrières des connaissances et des informations essentielles concernant leurs droits, leur positionnement sociétale et la conscience de leur force collective. Ainsi, l'art dramatique a ouvert ses portes à un public nouveau : ces hommes et ces femmes aux mains gercées, à la peau asséchée et au dos meurtri par l'extractivisme du
travail quotidien. Un théâtre affranchi des complaisances bourgeoises et de la quête d'une « beauté sublime » déconnectée de la réalité sociale ; un théâtre résolument orienté vers la construction de la conscience de classe, la mémoire collective et l'organisation populaire.
Notre objectif consiste donc à mettre en lumière auprès de la population le rôle de la pratique théâtrale en tant qu'outil de transformation sociale, ainsi que vecteur de diffusion et de formation populaire. Inviter à cette rencontre théâtrale engagée constitue, en substance, un appel à recouvrer le sens primordial de la communauté. En nous offrant un espace de réflexion et de prise de conscience, cette démarche s'apparente à une interpellation directe de la valeur ancestrale du regard partagé : celui adressé à la camarade, à la voisine, à l'ouvrier avec qui l'on partage la journée de travail, à la commerçante du quartier ou au marchand du marché local. Ce sont ces mêmes individus que l'on retrouve aujourd'hui sur les réseaux sociaux virtuels, qui partagent nos centres d'intérêt et nos contenus, et que nous croisons lors de la prestation et de l'usage des services au sein de la société contemporaine. Il s'agit d'une invitation à retrouver le socle social auquel nous appartenons, ce tissu collectif que l'individualisme hégémonique tente d'éroder pour nous imposer une existence solitaire et égocentrique.
Cette rencontre théâtrale entend, à travers des représentations de compagnies abordant des problématiques sociales urgentes par divers formats scéniques, ainsi que par des conférences et des activités complémentaires, promouvoir et rendre visible au sein de la communauté bruxelloise le rôle crucial de l'art dans les luttes historiques pour une société plus égalitaire et digne.
Cet événement s'inscrit comme une initiative indépendante, exempte de toute subvention ou aide étatique. Il s'agit d'un projet issu de la volonté et de l'engagement direct de ses participants. C'est pourquoi le public sera invité à verser une « contribution consciente », garantissant que la dimension économique ne constitue pas un frein à la participation.
Ainsi, depuis le García Lorca, nous faisons face à la précarisation et au démantèlement du bien commun, en nouant à nouveau ce fil historique pour nous retrouver au cœur du collectif."
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