Dario Amodei voulait organiser le freinage de l’IA. Ses adversaires commencent à organiser la riposte. Après Donald Trump, David Sacks et Jensen Huang, Mark Zuckerberg conteste à son tour le principe même d’un ralentissement coordonné de la course aux modèles frontières. Dans le même temps, le président de la Federal Trade Commission (FTC), Andrew Ferguson, s’attaque à son talon d’Achille : le droit de la concurrence.
Le patron de Meta estime que chaque laboratoire possède déjà de bonnes raisons de ne pas lancer un système qu’il juge dangereux : responsabilité juridique, confiance des utilisateurs et intérêt commercial. Il cite le retard de plusieurs mois imposé à l’agent Muse pour renforcer sa sécurité. Meta n’a pas attendu que ses concurrents en fassent de même. Zuckerberg accepte d’ailleurs le principe d’évaluateurs indépendants.
Andrew Ferguson pousse l’objection un cran plus loin. Dario Amodei réclame une exemption au droit antitrust afin de permettre aux grands laboratoires de coordonner leur ralentissement sans risquer d’être accusés d’entente. C’est précisément le mécanisme que nous analysions dans le premier volet de notre enquête sur le « cartel public-privé ». Or, le président de la FTC estime que « tout le monde devrait être profondément méfiant » lorsque des entreprises d’IA réclament simultanément de nouvelles réglementations et une exemption antitrust. Selon lui, « tous [ses] signaux d’alarme se déclenchent » car une telle combinaison pourrait, selon lui, créer des barrières à l’entrée protégeant les acteurs déjà installés. Il précise toutefois exprimer son opinion personnelle, et non une position formelle de la Commission.
Si personne ne remet en cause la dangerosité des modèles frontière, celle d’un cartel protégé par la puissance publique rencontre de plus en plus d’écho.
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