Le 23 septembre dernier à Madrid, Maria del Carmen Abascal, 87 ans, était expulsée de son logement. Le 7 octobre, elle mourait sans avoir pu regagner l'appartement où elle avait vécu pendant près de soixante-dix ans. Son décès a déclenché une vague de manifestations autour du logement dans toute l'Espagne.
Le 23 septembre, l'huissier de justice et la Policía Nacional étaient convoqués pour procéder à l'expulsion de Maricarmen de son logement, dans le quartier madrilène d'El Retiro. C'était la quatrième tentative ; les trois précédentes avaient échoué grâce à la pression et au travail du Sindicato de Inquilinas de Madrid [1], qui avait organisé la défense du logement contre Urbagesa, un groupe d'investissement immobilier spécialisé dans les achats dits « con bicho dentro » [2]. En clair : acheter à bas prix un bien avec son locataire à l'intérieur, destiné à être expulsé sur ordre d'un juge qui fera respecter le sacro-saint droit de propriété privée et l'Empire de la Loi.
À première vue, rien d'extraordinaire : une expulsion de plus parmi celles qui ont constitué le visage le plus visible du cycle ouvert par la crise de 2008. Selon le CGPJ [3], entre 2013 et 2025, 627 421 expulsions ont été exécutées dans l'ensemble de l'État espagnol, avec une part toujours plus importante des impayés de loyer par rapport aux défauts de remboursement des prêts immobiliers, dans un pays où l'accession à la propriété a été une affaire d'État — rappelons la formule du ministre phalangiste José Luis Arrese, qui voulait « un pays de propriétaires, pas de prolétaires » [4] — et presque une norme sociale.
Pourtant, l'expulsion de Maricarmen avait quelque chose de particulier : elle a réussi à canaliser l'exaspération latente d'une partie de la société espagnole face à l'inertie du « gouvernement le plus progressiste de l'histoire » [5] en matière de régulation du marché du logement.
Cette exaspération a des racines structurelles. Les loyers ont atteint des niveaux exorbitants dans les grands centres urbains, sous l'effet, notamment, du tourisme et de la dépendance des générations les plus âgées aux revenus locatifs pour maintenir leur niveau de vie, dans un contexte de bas salaires et de pensions insuffisantes. La loi adoptée en 2023 [6] s'est révélée clairement insuffisante pour freiner cette escalade et les expulsions. L'étau se resserre même autour des jeunes qui aspirent à rejoindre les classes moyennes et occupent un emploi public dans les grandes villes, en entravant leur reproduction sociale, sans parler de la quasi-impossibilité, pour le prolétariat migrant, d'accéder à la propriété.
La veille au soir, en prévision de l'arrivée de la police, convoquée pour le lendemain matin, de nombreuses personnes ont passé la nuit sous tente devant la porte de Maricarmen. Parmi elles, on a vu une bonne partie de la crème de la crème de la gauche espagnole : musiciens d'hier et d'aujourd'hui, humoristes, animateurices de podcasts… La stratégie d'organisation et de communication du Sindicato de Inquilinas a poussé beaucoup de personnes à se sentir appelées à engager leur corps, ce jour-là, pour empêcher l'expulsion. Elle a obtenu davantage encore : déplacer le récit politique et médiatique du cadrage droitier de l'« invasion » marocaine de Ceuta [7] et de la crise migratoire, qui avait dominé l'été, vers la question du logement.
Après une manifestation en soirée qui s'est achevée devant un appartement de luxe au dernier étage, acheté par la Communauté de Madrid pour la modique somme de 6,3 millions d'euros et qui, selon des indices de plus en plus nombreux, serait le domicile de la présidente de la région, des militants du Sindicato de Inquilinas, avec des membres d'autres collectifs de la ville, ont annoncé qu'ils planteraient leurs tentes à la Puerta del Sol. La Communauté de Madrid, c'est-à-dire le gouvernement régional présidé par Isabel Díaz Ayuso, est le bastion du Partido Popular, principal parti d'opposition au gouvernement central de gauche. Le choix du lieu n'était pas non plus anodin : le gouvernement régional siège à la Puerta del Sol, et c'est là qu'est née, en mai 2011, l'acampada du 15M [8].
En un peu moins d'une semaine, l'acampada de Madrid est passée de quelques dizaines de personnes à plus de 1 200 tentes, devenant un véritable espace d'expérimentation politique. Un microcosme singulier s'y est constitué : chaque jour, des assemblées du mouvement pour le logement s'y tiennent et la gestion des problèmes quotidiens du campement s'organise collectivement. C'est, en somme, un espace qui a largement débordé les frontières du ghetto militant et où se pense, ici et maintenant, la question de la Commune. Il s'est également reproduit par contagion dans les principales villes de l'État espagnol, comme Malaga, Alicante, Santander, Barcelone ou Bilbao, pour ne citer que quelques villes avec lesquelles l'auteur de ces lignes entretient des liens. Naturellement, le rapprochement avec le 15M et le mouvement des indignés de 2011 est la première chose qui vient à l'esprit.
Le 15 mai 2011, à l'issue d'un cycle de mobilisations à l'appel de Juventud sin Futuro et de Democracia Real YA [9], un groupe de jeunes a décidé de camper à la Puerta del Sol, probablement inspiré par l'écho des printemps arabes. Cette expérience a pris au dépourvu la majeure partie de l'establishment politique, aussi bien institutionnel que militant, qui a oscillé entre deux lectures : celle de ceux qui, avec davantage d'hostilité, qualifiaient les occupants de « perroflautas » [10], et celle des commentateurs télévisés plus condescendants, qui les présentaient comme de jeunes diplômés maîtrisant des langues étrangères et titulaires de masters, dont l'avenir avait été brisé. En peu de temps, l'acampada de Sol a dépassé toutes les prévisions : elle s'est multipliée dans les villes de tout l'État espagnol et a même suscité ses propres foyers parmi les Espagnols « exilés » à l'étranger.
Quinze ans plus tard, les tentes se dressent à nouveau dans de nombreuses villes espagnoles, mais le contexte a changé. La différence la plus évidente est que cette conjoncture survient dans une situation de relative prospérité économique. Certes, la hausse dramatique des loyers et l'effet de l'inflation sur les salaires réels érodent cette prospérité, mais la situation n'est pas comparable à celle d'alors.
En 2011, l'Espagne subissait les effets en chaîne de l'éclatement de la bulle immobilière, dans une société qui avait fait de la financiarisation du logement, par le crédit et les prêts hypothécaires, sa marque distinctive. L'effondrement de la valeur des biens immobiliers a provoqué un effet de cascade : la première vague d'expulsions pour défaut de remboursement des prêts, l'effondrement du secteur de la construction, qui avait employé jusqu'à 12,3 % des personnes en emploi, et une envolée du chômage, qui a fini par dépasser 25 % de la population active. Le tout dans un contexte européen dominé par la troïka [11], avec le sauvetage et la restructuration du système bancaire et des programmes d'austérité imposés et garantis par Bruxelles et, tout particulièrement, par Berlin.
Aujourd'hui, en revanche, le boom du tourisme, l'augmentation du nombre de postes ouverts aux concours de la fonction publique et les programmes européens, des fonds Next Generation au plan ReArm Europe, ont évité qu'un tel effondrement se reproduise.
Par ailleurs, un élément central pour comprendre la conjoncture espagnole actuelle est l'évolution de l'hypothèse du syndicalisme social au cours de toute cette décennie, en particulier au sein du mouvement pour le logement. Aujourd'hui, on ne peut expliquer l'installation des premières tentes à Sol sans l'intervention d'une machine organisationnelle très rodée, fondée sur les méthodes de l'organizing [12], que le Sindicato de Inquilinas a mise en mouvement ces dernières années. Celle-ci s'est notamment distinguée par un travail très soigné sur les porte-parole et la répartition des rôles, ainsi que par des systèmes de cotisations permettant de soutenir les conflits. S'y ajoutent les dispositifs qui regroupent les locataires d'un même propriétaire, les « bloques en lucha », les « blocs en lutte », qui ont en partie réussi à donner une résonance publique au problème du logement, notamment autour de la figure du locataire : la personne qui, en raison des prix de l'immobilier, se voit contrainte de rester en location, faute de pouvoir accéder à la propriété.
Cette structure est davantage présente dans certaines villes, surtout à Madrid et dans l'aire métropolitaine de Barcelone, mais son organisation confédérale permet l'existence de noyaux ailleurs également. Elle est ainsi capable de donner le tempo, malgré une certaine diversité tactique liée à l'ampleur du conflit urbain dans chaque ville.
On ne peut pas davantage expliquer la présence et la continuité des acampadas, qui ont débordé le Sindicato de Inquilinas dès les premiers jours, sans tenir compte du tissu d'expériences de syndicalisme de quartier qui existe dans tout l'État espagnol. Depuis des années, ce tissu se dévoue corps et âme à la défense du logement : il s'expose lors des expulsions, occupe, accompagne et organise les secteurs les plus durement touchés de la société. À l'échelle locale, ces expériences ont construit leurs propres formes d'articulation, dont les versions les plus abouties sont le COSHAC en Catalogne, le Proceso de Unión de Colectivos de Vivienda à Madrid et l'EHESS en Euskal Herria [13]. Leur contribution est immense : dans de très nombreuses villes, les processus d'auto-organisation ne peuvent s'expliquer sans leur présence et, peut-être, n'existeraient tout simplement pas sans elles. Mais elles ne sont pas encore parvenues à changer d'échelle pour porter le conflit à un niveau supérieur, par l'occupation, l'articulation autonome depuis la base et des structures populaires coordonnées au-delà de leurs territoires respectifs, dans le respect de l'autonomie et des rythmes de chacune.
L'existence de cet humus organisationnel rend peut-être la comparaison avec le 15M peu pertinente, précisément parce que ces organisations ont construit toute leur architecture organisationnelle et discursive en se démarquant des limites de ce modèle et du paradigme des mouvements sociaux. Dans les acampadas actuelles, personne ne sera non plus traité comme un extraterrestre pour s'être présenté avec un drapeau rouge [14], et il est peu probable que le « ni de droite ni de gauche » ou d'autres formules semblables, qui avaient trouvé leur place dans le 15M, y prennent racine. Si, dans un certain sens, le 15M a exprimé le malaise d'une partie de la jeunesse diplômée à qui l'on avait coupé les ailes sur la trajectoire sociale promise, les protagonistes d'aujourd'hui, tout en restant de jeunes issus des classes moyennes, ont probablement moins d'espoirs, ou ont déjà oublié que cette possibilité existe. Leur politisation s'est en effet forgée dans la crise de 2008 et dans la crise de la solution néolibérale qui lui a succédé.
Quoi qu'il en soit, le phénomène des acampadas dépasse la galaxie des collectifs organisés autour du logement. Avec un accompagnement inégal selon les villes, ces organisations sont intervenues dans les espaces des acampadas et ont engagé des processus de coopération qui ont soutenu leur reproduction quotidienne. Mais, souvent, ces espaces ont fini par déborder les organisations, ou se sont heurtés à la défiance envers les jeunes qui y affluaient : des personnes, dans bien des cas, totalement étrangères aux rituels et aux codes qui régissent l'identité militante. Dans les cas les plus féconds, les collectifs ont pu mettre à l'épreuve leurs analyses, leurs propositions et leur capacité de réaction face à un événement qui surgit et bouleverse les rythmes habituels du militantisme. Ils ont éprouvé leur capacité à infléchir une dynamique, à la prolonger et à l'élargir, et ont appris de la rencontre avec des terrains et des subjectivités qu'ils n'avaient jusqu'alors jamais croisés.
Ailleurs, comme à Bilbao, cela n'a tout simplement pas eu lieu, alors même que les personnes qui animent et mobilisent l'acampada ont démontré une incroyable capacité d'auto-organisation. Cette capacité s'est construite chemin faisant et se trouve constamment mise à l'épreuve par les défis quotidiens : faire tenir un tel espace, faire face aux inondations, se protéger des fascistes ou planter un drapeau en plein cœur touristique de la ville. Une capacité qui ne devrait en aucun cas être méprisée ni regardée de haut. Au contraire, si l'on ne trouve pas le moyen d'y remédier, la séparation entre ces deux sphères pourrait devenir une blessure dont nous finirons tous, tôt ou tard, par payer les conséquences.
Selon toute vraisemblance, la grève générale appelée pour le 11 novembre constituera l'une des portes de sortie honorables recherchées par celles et ceux qui ne sauront pas faire durer la puissance destituante qui habite les places. Aujourd'hui encore, je crois, nous ne savons pas clairement ce que signifie une grève qui déborde le domaine du travail au sens strict et touche de plein fouet la reproduction sociale et cet État social néolibéral si particulier. De plus, bien qu'elle soit portée par les syndicats du logement et les confédérations de tradition anarcho-syndicaliste, la CNT et la CGT [15], avec les syndicats souverainistes [16] et d'autres organisations plus petites, cette grève a également reçu le soutien des deux grandes confédérations du pays, CCOO et UGT [17]. Elles l'ont fait après leur absence fantasmagorique — ou peut-être pas tant que cela — pendant huit années marquées par l'inflation et la hausse constante des loyers.
Il faut être lucides : ces deux syndicats fonctionnent selon ce que la tradition syndicale a de pire. Ils constituent un élément fondamental de régulation de la force de travail et un prolongement du ministère du Travail depuis les pactes de la Moncloa de 1977 [18], qui ont construit l'architecture du marché du travail espagnol. Et, très probablement, ils font aujourd'hui le jeu de la manœuvre de Pedro Sánchez : un décret d'urgence et des élections anticipées le 29 novembre, auxquelles une grève générale dix-huit jours plus tôt peut servir de tremplin. Voyez le paradoxe : une grève qui pourrait finir par être une grève en faveur du gouvernement.
Face à ce nouveau séisme, la tentative de récupération la plus immédiate du gouvernement a été ce que l'on a appelé le « décret Maricarmen », un ensemble de mesures de protection des locataires. Dès le départ, il a fallu le scinder en deux décrets distincts pour négocier avec les bourgeoisies périphériques, catalanes et basques, qui font partie de la « coalition Frankenstein » [19] soutenant Pedro Sánchez, le « Perro », surnom né comme une insulte de la droite et qu'il a lui-même fini par revendiquer [20]. Malgré cela, les deux textes ont échoué au Congrès, qui n'a même pas validé le plus timoré des deux textes [21].
Malgré cette défaite, il est probable que le PSOE et ses partenaires de Sumar [22] se sentent plus à l'aise sur ce terrain de débat que sur celui qu'ils occupaient encore avant-hier. Ce terrain était, d'un côté, le cadrage droitier de l'« invasion » après la crise migratoire de Ceuta, qui a eu des répercussions jusque dans l'Italie de Meloni avec la suspension de la libre circulation dans l'espace Schengen. De l'autre, c'étaient les nombreuses affaires de corruption qui entourent le président, celles-là mêmes qui ont emporté José Luis Ábalos et Santos Cerdán, lesquels se sont succédé au poste de secrétaire à l'organisation du PSOE, le numéro trois du parti.
La manœuvre du Perro, qui s'est révélé être un véritable animal politique et à qui il faut reconnaître la capacité de survivre contre vents et marées, a consisté à convoquer des élections pour le 29 novembre. Le scénario électoral sera limpide : « nous ou l'extrême droite », « vote avec le V de vivienda, pas avec le B de buitre » [23]. Le tout, paradoxalement, après huit années d'inertie et de tiédeur. La pantomime saute aux yeux, car le problème du logement en Espagne ne peut être résolu par la voie institutionnelle : il tient à la structure du marché et au modèle économique.
La question est plutôt de savoir si le mouvement pour le logement, sous toutes ses formes, sera capable de déclencher un nouveau cycle de luttes. Il a déjà démontré, par la force des faits, qu'il pouvait provoquer un séisme institutionnel. Pour l'instant, les acampadas tiennent, les comités de grève commencent à se former et il semble exister un désir, une puissance, de pousser les choses plus loin contre la spéculation et le système rentier. Et ce, quel que soit le scénario des prochains mois : une reconduction du gouvernement du PSOE, qui fera du logement son étendard, ou un gouvernement de droite, dont les mesures régressives en matière de logement sont plus que prévisibles.
Quoi qu'il en soit, l'extension de cet événement a été inattendue. C'est pourquoi, quelle que soit l'issue, nous ne devons pas exclure l'émergence de nouvelles formes de conflit capables de mettre en crise le pacte social.
[1] Organisation autonome de locataires née sur le modèle du Sindicat de Llogateres de Barcelone (2017) et aujourd'hui membre d'une confédération à l'échelle de l'État espagnol. À ne pas confondre avec les syndicats de locataires italiens comme le SUNIA ou l'Unione Inquilini : elle ne propose ni services ni assistance, mais applique au logement locatif la logique du syndicalisme de base, avec une organisation par immeuble, des conflits collectifs contre les propriétaires et la défense contre les expulsions.
[2] Littéralement « avec la bête à l'intérieur ». Expression du jargon immobilier espagnol désignant les biens vendus avec leur locataire encore à l'intérieur, et donc à prix réduit.
[3] Consejo General del Poder Judicial, l'organe d'autogouvernement de la magistrature espagnole, équivalent du Conseil supérieur de la magistrature. Le chiffre porte sur les « lanzamientos », c'est-à-dire les expulsions effectivement exécutées, et non sur les procédures engagées.
[4] José Luis Arrese, ministre du Logement sous Franco, a prononcé cette phrase en 1957. Elle est restée la devise de la politique franquiste de promotion de l'accession à la propriété.
[5] Formule par laquelle s'est lui-même défini le gouvernement de coalition dirigé par Pedro Sánchez (PSOE), au pouvoir depuis 2020.
[6] Ley 12/2023 por el derecho a la vivienda. Le plafonnement des loyers dans les « zones de marché tendu » dépend de sa mise en œuvre par les communautés autonomes, les régions espagnoles. La Communauté de Madrid, gouvernée par le PP, a refusé de l'appliquer.
[7] Ceuta est une enclave espagnole sur la côte nord-africaine, frontalière du Maroc. Il est ici fait référence à l'entrée de milliers de personnes depuis le Maroc durant l'été 2026, présentée par la droite comme une « invasion ».
[8] Acampada : campement de protestation sur une place. Le 15M, nommé d'après la date du 15 mai 2011, est le mouvement des indignés, né précisément avec le campement de la Puerta del Sol.
[9] Plateformes de jeunes et de citoyens qui ont appelé aux mobilisations du printemps 2011, culminant avec la manifestation du 15 mai.
[10] Littéralement « chien-flûte » : terme péjoratif désignant un jeune alternatif à l'allure négligée, accompagné d'un chien et une flûte à la main. Équivalent approximatif du terme italien « punkabbestia » ou « punk à chien » en français.
[11] Contrairement à la Grèce et au Portugal, l'Espagne n'a pas fait l'objet d'un programme de sauvetage complet, mais d'un sauvetage bancaire en 2012. L'austérité de 2011 est arrivée avec la lettre de la BCE d'août de cette même année, analogue à celle adressée au gouvernement Berlusconi, et avec la réforme éclair de l'article 135 de la Constitution, qui a donné la priorité au remboursement de la dette.
[12] Méthode d'organisation d'origine états-unienne, de Saul Alinsky au syndicalisme des services. Elle repose sur la construction de leaderships à la base, sur des campagnes ciblées et sur une organisation à partir de lieux concrets.
[13] Coordinations de collectifs et de syndicats de quartier pour le logement, respectivement en Catalogne, à Madrid et au Pays basque.
[14] Allusion à l'hostilité répandue sur les places du 15M envers les drapeaux et les symboles de partis.
[15] La CNT et la CGT sont les deux principales confédérations de tradition libertaire en Espagne. La CGT espagnole ne doit pas être confondue avec la confédération française du même nom.
[16] Syndicats liés aux mouvements nationaux basque et galicien, comme ELA et LAB en Euskal Herria ou la CIG en Galice. Au Pays basque, ELA est le premier syndicat.
[17] Comisiones Obreras et Unión General de Trabajadores, les deux grandes confédérations syndicales espagnoles, historiquement proches du PSOE.
[18] Accords économiques et politiques signés en octobre 1977 par les partis de la Transition, qui ont fixé le cadre de la modération salariale et de la concertation sociale.
[19] Expression forgée en 2016 par le socialiste Alfredo Pérez Rubalcaba, puis reprise par la droite pour désigner la majorité hétérogène qui soutient Sánchez. Outre le PSOE et Sumar, elle comprend des partis indépendantistes et nationalistes catalans, basques et galiciens.
[20] Perro signifie « chien ».
[21] En Espagne, les décrets-lois du gouvernement doivent être validés par le Congrès dans un délai de trente jours, selon un mécanisme analogue à la conversion en loi des décrets en Italie.
[22] Coalition située à gauche du PSOE, partenaire minoritaire du gouvernement depuis 2023.
[23] Jeu de mots intraduisible : en espagnol, V et B se prononcent de la même manière. Vivienda signifie « logement, habitation ». Buitre, « vautour », renvoie aux fondos buitre, les fonds vautours.