Quand ?
Le 13 novembre à 19h30
Où ?
Les Fleurs arctiques 45, rue du Pré Saint-Gervais 75019 Paris
Avec le collectif Terrain Vague
La bibliothèque a été tout de suite enthousiaste à la lecture des textes de Terrain Vague, d'abord parce que c'est rare que des acteurs des luttes proposent un retour critique sur la pratique dans laquelle ils ont été investis, et que ce retour soit porteur de perspectives émancipatrices et subversives. Ensuite parce que cette question du chantage à l'urgence qui se met en place à partir du moment où l'humanitaire et le caritatif s'emparent de situations qui devraient devenir des champs de lutte nous semble effectivement cruciale. Que ce soit dans le cadre des luttes autour de la question des frontières et des papiers, ou sur la question du logement, nombreux sont les exemples de comment les humanitaires, trop souvent considérés comme juste inoffensifs par certains radicaux, minent toute possibilité de subversion et occupent toute une énergie de la révolte à faire des repas et gérer des logements, complétant ainsi en réalité les rouages de l'État en colmatant ses insuffisances dans la même logique. Sur cette question comme sur d'autres, rien de tel que l'expérience récente et son analyse critique pour raviver ces discussions désespérément urgentes, à nouveau....
Nous discuterons de la question de l'urgence sociale et de ses effets dans les combats associatifs à partir du texte « Noyer l'urgence dans l'urgence, intervenir pour que rien ne change » publié par Terrain Vague.
En inscrivant l'urgence sociale comme des dérives à corriger, l'État et ses organes social-humanitaires justifient leur propre intervention. Dans cette urgence sans fin, le travail social-humanitaire court après le moins pire. Parce que des vies sont en jeu, la critique devient indécente, l'autonomie impossible et beaucoup de luttes tournent en boucle. Peut-on en sortir ?