Rassemblement le 16 octobre 2026 à Saint-Lô en commémoration des massacres commis par la police et l'État français le 17 octobre 1961 à l'encontre des manifestant.es contre un inique couvre-feu ne disant pas son nom pris à l'encontre des Algérien.nes et par extension contre tous les Parisien.nes du Magreb.
La réalité du 17 octobre 1961 est bien loin du bilan officiel d'alors, donnant trois morts et 64 blessés. Ce soir-là, quelque 30 000 « Français musulmans d'Algérie » affluent vers le cœur de Paris. Ils viennent des quartiers populaires de la capitale et des bidonvilles de banlieue pour protester contre un couvre-feu qui ne dit pas son nom, et soutenir les indépendantistes luttant dans leur pays, alors province française. Ils vont subir la répression la plus meurtrière en Europe de l'Ouest après la Seconde Guerre mondiale.
La police française aux ordres du préfet Papon et des ministres Frey et Debré, a tué des centaines d'algériennes et d'algériens qui manifestaient pacifiquement, et blessé des milliers d'autres, à Paris le 17 octobre 1961 contre le couvre-feu raciste qui leur avait été imposé par un décret du même Papon.
Ce jour-là, cinq mois avant les accords d'Évian, la fédération française du FLN algérien a organisé, une manifestation pacifique pour réclamer la levée de ce couvre-feu, l'indépendance et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Cette manifestation où se mêlaient femmes, hommes et enfants, fut très violemment réprimée par les forces de police de la préfecture de police de Paris. Aujourd'hui le bilan de ce massacre n'est plus contestable : des victimes de violences par milliers, des disparitions et des morts par centaines.
- Nous demandons à l'État Français de reconnaître clairement que ces faits constituent « un crime d'État ».
- Nous demandons cette reconnaissance pour que puisse enfin se construire une mémoire collective débarrassée des discriminations mémorielles et d'un passé colonial chargé de ses multiples inégalités.
- Nous demandons un accès libre aux archives, effectif pour toutes et tous, historiennes et historiens, citoyennes et citoyens, la possibilité pour les chercheuses et chercheurs de travailler.
- Nous demandons aussi la création de condition de transmission historique et mémorielle par la mise en œuvre d'un musée d'histoire du colonialisme.
- Enfin, dès lors que les élèves étudient le XXe siècle, nous demandons des programmes scolaires intégrant l'histoire coloniale et celle de ces événements à des fins de transmission vis-à-vis des plus jeunes.