Meta a choisi l’accord plutôt que le verdict. Le groupe californien a conclu, mercredi 26 août 2026, un règlement avec 51 procureurs généraux américains afin de mettre un terme à plusieurs procédures concernant les effets de Facebook et Instagram sur les mineurs.
Les États reprochaient à l’entreprise d’avoir déployé des mécanismes destinés à retenir l’attention des enfants et des adolescents, de les avoir exposés à des risques psychologiques et d’avoir trompé le public sur la sécurité de ses plateformes. Le dossier portait également sur la collecte de données personnelles d’utilisateurs âgés de moins de 13 ans sans autorisation parentale.
L’accord peut représenter jusqu’à 17,1 milliards de dollars, versés sur plusieurs années. Il couvre les actions engagées par 47 États, le district de Columbia et trois territoires américains. Il constitue l’un des plus importants règlements jamais conclus aux États-Unis en matière de protection des consommateurs, derrière ceux imposés à l’industrie du tabac dans les années 1990.
Cette décision permet surtout à Meta d’éviter la poursuite d’un procès fédéral particulièrement exposé, ouvert à Oakland, en Californie. La procédure aurait pu conduire plusieurs dirigeants, dont Mark Zuckerberg, à témoigner publiquement sur les choix de conception de Facebook et Instagram. Le montant potentiel des sanctions réclamées par les plaignants dépassait, dans certaines hypothèses, 1 000 milliards de dollars. Meta continue toutefois de contester les accusations portées contre l’entreprise.
Le règlement ne se résume pas à une compensation financière. Meta devra modifier plusieurs fonctions de ses plateformes afin de réduire le temps passé en ligne par les utilisateurs de moins de 18 ans.
Une limite quotidienne de deux heures sera activée par défaut. L’accès à Facebook et Instagram devra également être bloqué entre minuit et 6 heures, tandis que les notifications seront suspendues la nuit et pendant les horaires scolaires. Seuls les parents pourront assouplir certains de ces paramètres.
L’accord prévoit aussi de masquer les compteurs de mentions « J’aime », de désactiver les filtres imitant des interventions de chirurgie esthétique et de renforcer les outils de contrôle parental. Meta devra en outre améliorer la vérification de l’âge de ses utilisateurs et empêcher les enfants de moins de 13 ans d’accéder à ses services.
Un auditeur indépendant sera chargé de contrôler l’application de ces engagements. Les premières mesures devront être déployées dans les mois suivant la validation définitive de l’accord.
Ce règlement ne met pas fin à l’ensemble du contentieux entourant Meta. Le groupe reste confronté à des milliers de plaintes déposées par des particuliers, des familles, des collectivités et des établissements scolaires. Il évite néanmoins qu’un jury se prononce, dans cette affaire, sur la responsabilité juridique des mécanismes de captation de l’attention au cœur du modèle économique des réseaux sociaux.
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