Lau D vit un moment étrange à l'aube de ses 42 ans. Elle retrouve subitement la mémoire après une amnésie de 37 ans.
Le souvenir précis d'une agression pédocriminelle à l'âge de 5 ans lève alors le voile sur la violence de son éducation qu'elle avait jusque là banalisée.
Dans le chaos de sa mémoire, elle s'interroge sur l'existence de la culture du viol dans notre société, l'inaction face à la pédocriminalité ainsi que l'omerta qui la protège.
Elle analyse le statut d'opprimé dans un système de domination, la fille qui se construit femme dans une société patriarcale.
Elle questionne la notion de justice, de réparation et de guérison des victimes. Sujet chaud de l'actualité qui nourrit sa réflexion sur la violence en tant que fait d'un.e individu envers un.e autre. Le monstre duquel il faut se protéger, lequel il faut punir versus le fruit d'une construction d'un système qui dépasse les relations interpersonnelles.
En parallèle, elle met en lumière les limites du développement personnel et des thérapies alternatives avec une bonne dose d'autodérision.
Un milieu dans lequel elle a exercé pendant 17 ans. Elle dénonce en quoi les injonctions à la résilience contribuent à annihiler toute résistance politique collective. Comment la machine néolibérale responsabilise la victime de domination quel qu'elle soit à s'en sortir au nom d'une quête de bonheur accessible à toustes.
Poser ces questions politiquement, socialement et surtout publiquement à travers l'outil d'éducation populaire qu'est la conférence gesticulée (mélange de savoirs intimes et théoriques) permet de réfléchir individuellement et collectivement à ce que ce système capitaliste néolibéral patriarcal fait de nous mais surtout d'imaginer ensemble, un autre monde possible.
Cette conférence gesticulée est nourrie par différents ouvrages. Notamment, « La résistance écarlate, Le backlash post #metoo » de Violaine De filippis-Abate, « Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive. » de Silvia Fedirici, « La violence en spectacle. Féminisme, état punitif et figure de la victime » d'Elsa Deck Marsault, « Happycratie » d'Eva Illouz et Edgar Cabanas, liste non exhaustive couplée à des études et articles. Une bibliographie est partagée avec le public sur un flyers qui reprend également les numéros d'urgence et des structures de soutien aux victimes et leurs famille ainsi que les références des collectifs que j'ai pu rencontrer, Ensemble contre l'inceste et Patouche.
Durée : +/-1h45
Public : Adulte
Infos pratiques :
18 Septembre à 20h00
Sur réservation uniquement
L'échappée, rue Drootsbeek, 28, 1020 Bruxelles
Infos et réservation : doonaa@hotmail.com