Interruptions, questions répétitives sur les violences et confrontations avec des éditorialistes ou des figures d'extrême droite... C'est ce qu'ont vécu cinq jeunes invité·es sur BFMTV entre le 30 septembre et le 6 octobre, dans le cadre du mouvement de contestation lycéen. « En huit jours, 144 heures visionnées au total et seulement deux petites heures et demie pour les voix de la jeunesse. » Soit 1,7 % du temps d'antenne, entre six heures et minuit. Ils racontent leur (mauvaise) expérience à Arrêt sur images.
Je demande toujours à savoir auprès de la régie qui il va y avoir en plateau : par exemple, s'il y a Yves Thréard [éditorialiste et directeur adjoint du Figaro, ndlr], je refuse catégoriquement, car il prend de la place et coupe la parole sans cesse.
– Manès Nadel, ancien membre de l'Union syndicale lycéenne.
Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante, rapporte aussi des remarques sexistes sur les plateaux et des insultes racistes, sexistes et homophobes en ligne. Malgré la fatigue et la difficulté à maîtriser les codes télévisuels, les jeunes continuent de répondre présents pour faire entendre leurs revendications et porter une voix rarement présente à l'antenne.