Après avoir évité le naufrage il y a une dizaine d'années, le média britannique voit sa stratégie du site web en accès libre payer : historiquement connu pour son quotidien imprimé, le vieux journal ne s'est jamais aussi bien porté grâce aux dons croissants de son lectorat numérique.
Dix ans après avoir fait le pari du tout gratuit, The Guardian se porte comme un charme. Dans un communiqué du Guardian Media Group publié le 10 septembre, la maison-mère du quotidien britannique indépendant annonce un nouveau record des revenus générés par son activité éditoriale (près de 330 millions d'euros) en 2024-2025. De quoi faire oublier les années de péril économique : en 2015-2016, les millions d'euros de pertes annuelles avaient menacé la survie de ce journal fondé en 1821.
Les sources de ces revenus interpellent : environ 44 % sont issus de ses 1,4 million de donateur∙ices web régulier∙es. Fait notable : si ce généreux lectorat et le montant de ses dons sont en hausse, le média note en particulier « une forte croissance aux États-Unis, où The Guardian compte désormais plus de 500 000 soutiens récurrents ». Avec « environ deux tiers » de son audience numérique hors du Royaume-Uni, The Guardian confirme son statut de journal international, se classant même parmi les sites d'information les plus consultés dans des pays non-anglophones. Une prouesse pour un média indépendant en accès libre.