Au Canada, la Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST) a publié, le 22 août 2026, un rapport consacré aux « risques et défis liés aux véhicules connectés », notamment pour la protection de la vie privée. Le document recense 12 points de vigilance majeurs associés aux nombreux capteurs embarqués, en particulier en matière de cybersécurité, de géolocalisation et de pratiques d’assurance jugées déloyales.
Les données de localisation peuvent ainsi compromettre la sécurité des personnes victimes de violences intrafamiliales ou soumises à un contrôle coercitif. La confidentialité « de l’emplacement d’un refuge pour personne violentée » peut notamment être « mise à mal ». Plus généralement, la protection des données soulève des inquiétudes, car les constructeurs les stockent sur des serveurs gérés par des prestataires externes, multipliant ainsi les points de transfert susceptibles d’être attaqués.
Le rapport pointe également les programmes d’assurance « conducteur prudent », qui analysent le comportement des automobilistes en contrepartie d’une réduction de prime. Le manque de transparence, notamment sur les critères d’évaluation des utilisateurs, peut contribuer à rendre ces programmes « très inéquitables ».
La CEST insiste surtout sur le manque d’information des conducteurs sur le traitement de leurs données : seuls 7 % consultent les conditions générales d’utilisation, jugées par le rapport « excessivement longues », vagues et difficiles à comprendre. « Il règne actuellement une grande opacité autour de cette question. Certes, le client donne son consentement, mais comprend-il toujours pleinement ce à quoi il consent ? », estime Luc Bégin, président de la CEST.
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