Mercredi 7 octobre 2026, l’Assemblée Générale de l’université de Nantes a décrété l’occupation du campus Tertre pour une durée indéterminée.
Cette décision intervient en solidarité inconditionnelle avec le mouvement lycéen, qui s’est propagé dans tout le pays et même au-delà.
La colère lycéenne fait directement éch oà la nôtre : les politiques libérales nous poursuivent à chaque étape de nos vies, érigeant le capitalisme en valeur suprême. Ces politiques nous méprisent, nous font violence au quotidien et menacent notre futur.
L’État exerce une violence parfois invisible, qui mutile nos corps depuis trop longtemps. Nous avons vu ces violences se déchaîner, des révoltes suivant l’assassinat de Nahel à la Kanaky, jusqu’à aujourd’hui contre les lycéens. Mais elles ne s’arrêtent pas là. Ces violences sont multiples et envahissent nos quotidiens. Les inégalités se creusent, alimentent l’individualisme et nous divisent. La casse du service public profite au privé et aux riches.
Cette occupation se veut en dialogue avec toutes les révoltes qui naissent des violences d’Etat : qu’elles soient locales, nationales ou internationales. Nous souhaitons que cette occupation puisse être le lieu d’échanges et de rencontres, pour poser les bases de nos mobilisations futures.
Le bâtiment de Censive est donc occupé. Nos objectifs dépassent la simple protestation. En occupant la fac, nous souhaitons mettre en place un lieu d’accueil, de formation, d’expression et de politisation permanent, qui soit ouvert à toutes et tous. Cette occupation doit nous servir à organiser et soutenir les mobilisations, que ce soit celle des lycéen.nes, celle des travailleurs et travailleuses, et toutes les luttes à venir.
L’État et la présidence de l’université essaient de tuer dans l’œuf cette mobilisation massive. Nous refusons le distanciel. Nous refusons les fausses solutions de démocratie venant des pires gouvernements de la Vème République.
Nous refusons le programme « Bienvenue en France ». Nous refusons toute propagande militaire sur les campus. Nous refusons les partenariats de Nantes Université avec des entreprises de militarisation, quis outiennent l’implantation des colonie sisraéliennes en Palestine.
Nous exigeons les moyens de servir à tout le monde les repas à 1 €, ainsi que la gratuité de l’enseignement pour toutes et tous. En clair, nous refusons le projet xénophobe, élitiste et néo-libéral de nos gouvernements successifs.
Parce que nous savons que nous ne sommes pas les seules victimes des politiques d’austérité, nous exprimons notre solidarité avec nos enseignantes, nos soignant.es, nos pompiers et l’ensemble des travailleurs et travailleuses des services publics.
Nous refusons la guerre vers laquelle nous emmènent sciemment nos dirigeants. Nous refusons de mourir et de tuer pour sauver un modèle condamné qui nous exploite déjà.
Nous souhaitons d’autres modèles d’université. Ce lieu leur appartenant tout autant qu’à nous, nous invitons nos camarades étudiant.es et le personnel de l’université à nous rejoindre et à prendre part à l’occupation. Nous voulonsconstruire et pérenniser ce lieu.
Cette occupation est déjà une démonstration de nos capacités collectives. lci, gratuitement, on mange, on fait du sport, on discute politique, on fait la fête, on se cultive : on crée un espace d’expression populaire permanent.
Nous nous sommes saisies de notre propre modèle, un modèle d’éducation populaire où chacune et chacun peut apporter et retirer quelque chose.
Aux personnels d’université, nous disons que nous ne formons qu’un, que nous souhaitons un avenir où chacun et chacune pourra étudier gratuitement dans des conditions décentes.
Nous lançons un appel aux Nantais et Nantaises, ainsi qu’à toute la France : rejoignez-nous !
Ce lieu constitue un espace d’accueil et d’effervescence sociale rare, et précieux.
Pérennisons l’occupation de cette fac. Propageons cette fête.
Nous voulons tout !