Dans la cité mariale, c’est au Bureau des constatations médicales qu’ont rendez-vous les malades qui se disent guéris grâce à l’intercession de la Vierge. Nommée en avril, l’Italienne Giada Monami est la toute première femme à la tête de cette instance créée en 1883. À elle de repérer les guérisons échappant à la science. Inexplicables pour les uns, miraculeuses pour les autres.
The post À Lourdes, dans le cabinet des miraculés appeared first on Revue21.fr.
Saumur (Maine-et-Loire), le 2 septembre 2026. La militante écologiste Léa Navarro s’est lancée dans une odyssée du plastique : un voyage, le long de la Loire et de l’océan Atlantique, sur la trace de nos déchets. © Clément Gousseau/Vert
Des clameurs s’élèvent d’un ponton du bord de la Loire, à Saumur (Maine-et-Loire), ce mercredi 2 septembre. Une dizaine d’enfants agitent frénétiquement les mains, les yeux rivés sur l’eau.
Voguant dans leur direction, Léa Navarro salue la foule, escortée par une flotille. Voilà trois jours que cette salariée de Wings of the Ocean, une association qui agit pour la protection des littoraux, a quitté Tours (Indre-et-Loire), sa ville d’origine. Elle a entrepris une odyssée de plus d’un mois qui doit la mener jusqu’à La Rochelle (Charente-Maritime), où elle vit, le 3 octobre.
Ce périple, à bord d’un canoë jusqu’à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), puis à vélo le long du littoral, vise à pister nos déchets plastiques jusqu’à l’océan. «Ce n’est pas tous les jours qu’on accueille une personne engagée dans cette démarche», se réjouit Delphine Aslan, adjointe en charge de la démocratie participative (Les Écologistes) à la mairie de Saumur.
Au-delà du simple «défi sportif, pour mes 30 ans», et du «plaisir de dormir dehors en mangeant des soupes lyophilisées», Léa Navarro compte prendre sa part de la lutte contre cette pollution. «Ça fait six ans que je suis engagée sur ces sujets», rappelle-t-elle. Au fil de son voyage, elle fait de la sensibilisation auprès des enfants et recense les détritus repêchés.
«À 19 ans, je suis tombée amoureuse de l’océan en allant surfer avec des copines à Biarritz [dans les Pyrénées-Atlantiques, NDLR]. Quand on aime cet univers, on est vite confronté à la problématique des déchets», rembobine-t-elle. Chaque année, en France, près de huit milliards de bouteilles en plastique et de canettes sont incinérées, enfouies ou abandonnées dans la nature, selon les chiffres de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Beaucoup finissent par souiller les mers et les océans, où elles se fragmentent en microplastiques, de petites particules souvent invisibles à l’œil nu.
Saumur (Maine-et-Loire), le 2 septembre 2026. Léa Navarro, salariée de Wings of the Ocean, veut interpeller les maires sur leur pouvoir d’action pour lutter contre les déchets plastiques. © Clément Gousseau/Vert
«Avant de me mettre au surf, je n’étais pas plus engagée que cela sur l’écologie, en dehors de ma participation aux marches pour le climat», reconnaît Léa Navarro. Mais la militante, «féministe», découvre vite que «les oppressions et les systèmes de domination» auxquels elle s’oppose sont liés les uns aux autres. «On ne peut pas faire avancer les choses uniquement en achetant en vrac et en ayant une gourde», ironise-t-elle.
Son périple donnera lieu à une restitution, avec des données sur les déchets trouvés mises à disposition sur le site internet de Wings of the Ocean. Mais cette adepte de «la science participative» veut aller plus loin : «Je rencontre les maires le long de mon parcours, comme ici, à Saumur. Pas pour être dans une posture de dénonciation, mais pour leur montrer qu’ils peuvent faire bouger les choses.»
Avec une idée en tête : promouvoir le retour de la consigne. Elle travaille avec Reloop, une organisation internationale qui œuvre en faveur de l’économie circulaire et qui s’est associée à son projet. «Cela réduirait les dépôts sauvages», espère-t-elle. Et de citer les réussites en la matière aux Pays-Bas et en Slovaquie, pays qui ont réintroduit la consigne ces dernières années.
Une dizaine d’élu·es l’ont déjà reçue, comme à Ancenis et Pornic (Loire-Atlantique). Elle raconte : «Ils se disent prêts à envisager des choses dans leur commune s’ils sont accompagnés ; il faut maintenant laisser la graine germer.»
Léa Navarro, lors de son arrivée à Saumur (Maine-et-Loire), le 2 septembre. © Clément Gousseau/Vert
Début septembre, le gouvernement a renoncé à mettre en place un dispositif de consigne obligatoire pour les bouteilles en plastique. «Cette idée n’est pas la solution miracle, mais cela permettrait déjà d’avancer et d’avoir des impacts», souffle Léa Navarro. Notamment au niveau local : «Je crois beaucoup en l’humain, au fait de se parler ; ce sont les gens ancrés dans leur territoire qui ont le pouvoir de passer à l’action.»
Rien d’un hasard, pour une «enfant issue d’une famille très politisée, notamment sur la lutte des classes», où l’on «m’emmenait en manif gamine».
Pour les maires qui ont refusé sa main tendue, l’activiste a imaginé un moyen de sensibilisation original : «Une bouteille de la mer aux maires.» L’idée ? «Déposer dans ces mairies une lettre dans une bouteille ramassée le long de mon parcours», expose-t-elle. Les édiles qui le souhaitent peuvent ensuite être accompagné·es par Reloop afin d’imaginer des actions locales.
Une manière de «prendre le pari de l’humour et de la bonne humeur», souligne Léa Navarro. Celui de l’engagement, aussi : «On a toutes les raisons d’être pessimistes pour l’avenir, mais on doit se mettre en mouvement.»
D’ailleurs, son odyssée du plastique est «loin d’être solitaire. J’ai tout le temps des amis qui m’accompagnent ; ma grand-mère est même montée sur mon canoë lors du départ», s’amuse-t-elle. Et ce n’est qu’une première pierre : «Toute ma vie, je sais que je serai engagée sur ces sujets-là.»
Des actions de sensibilisation à la pollution plastique sont prévues lors de l’odyssée de Léa Navarro. © Clément Gousseau/Vert
Elle espère politiser cette question, la prochaine élection présidentielle en ligne de mire. «Ce serait irresponsable de ma part de ne pas vouloir m’engager», tranche la Rochelaise d’adoption.
Il s’agit aussi de proposer un autre récit. «On n’a pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour vivre de belles aventures : je croise tous les jours des gens qui sont ultra-attachés à la Loire, décrit-elle. Cela peut faire “boomeuse” de dire ça, mais je pense qu’on a aussi besoin de sortir de nos écrans et de se rendre compte des choses.» Avant de rejoindre un groupe d’enfants armé·es de seaux pour ramasser des déchets, elle lance une dernière bouteille à la mer : «On a besoin de rêver pour pouvoir lutter.»
Fermé définitivement par la justice après plusieurs mois de procédure, puis ravagé par un incendie quelques jours plus tard, le Marché du Soleil laisse derrière lui commerçants et habitués. À Marseille, le sort de ce lieu emblématique du commerce populaire suscite émotion et incertitude.
The post À Marseille, le crépuscule du Marché du Soleil appeared first on Bondy Blog.
Les auteurs de cette tribune appellent à manifester « ensemble, sans effacer les voix » lors de la marche climat du 26 septembre. Pour une « libération collective et totale », ils demandent à tous de se « mobiliser concrètement contre le colonialisme et l'antiracisme ».
La liste des signataires se trouve en bas de texte.
Le 26 septembre, nous marcherons pour le climat, pour le vivant, pour la paix et pour la justice sociale. Nous marcherons parce que les crises qui bouleversent nos vies (…)

Source :Compte Facebook, le 17 septembre 2026
Etiqe :Manque de contexte
Contenu :
C’est un procédé que les lecteurs des Surligneurs connaissent bien : partir d’une règle exacte, d’un pourcentage ancien ou d’une statistique portant sur les étrangers, puis les assembler pour donner l’image d’une société particulièrement généreuse à l’égard des personnes qui n’ont pas la nationalité française.
Après la mauvaise interprétation des statistiques de la délinquance dans les transports franciliens, les comparaisons trompeuses entre les politiques migratoires de plusieurs pays, ou encore le nombre d’entrées sur le territoire français artificiellement gonflé, c’est désormais le minimum vieillesse qui alimente des récits trompeurs sur les réseaux sociaux.
« Un tiers » des bénéficiaires du minimum vieillesse seraient étrangers et un Algérien pourrait le toucher trois mois après « son arrivée en France ». À ces chiffres s’ajoutent d’autres comparaisons : un étranger n’ayant jamais travaillé en France toucherait autant qu’un salarié au Smic ayant cotisé toute sa vie « même sous OQTF ».
Mais alors que disent réellement les textes et les données publiques ?
1 043 euros ne sont pas versés automatiquement à chaque bénéficiaire
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qui a remplacé l’essentiel de l’ancien « minimum vieillesse », est une prestation de solidarité destinée aux personnes âgées disposant de faibles ressources.
Depuis le 1er janvier 2026, son plafond est de 1 043,59 euros par mois pour une personne seule et 1 620,18 euros pour un couple. Mais ces montants ne correspondent pas à un chèque systématiquement versé : l’Aspa complète les ressources du bénéficiaire jusqu’au plafond. Une personne disposant déjà de 700 euros de pension ne reçoit donc qu’environ 344 euros d’Aspa.
Ainsi, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en 2024, 754 460 personnes percevaient l’Aspa ou une ancienne allocation du minimum vieillesse. Le montant d’Aspa effectivement versé était en moyenne d’environ 530 euros mensuels, loin du plafond maximal pour l’ensemble des allocataires. En revanche, il n’existe pas de données qui permettent de connaître la part d’étrangers parmi les bénéficiaires.
Une retraite au Smic équivalente à l’Aspa ?
C’est également sur ce plafond de 1 043 euros que repose une autre comparaison diffusée sur les réseaux sociaux : un salarié ayant travaillé au Smic pendant quarante-quatre ans ne toucherait pas davantage, retraite complémentaire comprise, qu’une personne bénéficiant de l’Aspa.
Sur ce point, la question de l’écart entre les deux dispositifs n’est pas nouvelle. Plusieurs organisations syndicales ont elles-mêmes défendu le principe selon lequel la pension versée après une carrière complète devait rester sensiblement supérieure au minimum vieillesse.
En 2022, la CGT distinguait ainsi le minimum contributif de l’Aspa et jugeait insuffisant le niveau de pension annoncé pour une carrière complète au Smic. Un document consacré aux petites retraites et diffusé par l’UNSA mentionnait explicitement l’objectif de « maintenir la pension minimale pour une carrière complète au-dessus de l’ASPA », en raison du risque que les deux montants deviennent trop proches.
La comparaison ne peut toutefois pas être réduite aux seuls montants. L’Aspa est une prestation de solidarité qui complète les ressources de son bénéficiaire jusqu’à un plafond. Une pension de retraite résulte, elle, des droits acquis au cours de la carrière. Pour un salarié du secteur privé, son montant dépend notamment des rémunérations et des trimestres validés, auxquels s’ajoutent les droits acquis auprès de la retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Le système des retraites prévoit par ailleurs un minimum contributif, distinct de l’Aspa, destiné à relever certaines petites pensions. Depuis la réforme de 2023, la loi fixe pour objectif qu’une personne ayant effectué une carrière complète à temps plein rémunérée au Smic perçoive, retraites de base et complémentaire comprises, un montant brut total de pension au moins égal à 85 % du Smic net.
La proximité entre certaines petites pensions et le niveau de l’Aspa peut donc être réelle. Elle ne permet cependant pas d’en déduire que tous les bénéficiaires de l’Aspa « touchent la même retraite » qu’une personne ayant cotisé toute sa vie.
Oui, un étranger peut toucher l’Aspa sans avoir travaillé en France
Il est possible de percevoir l’Aspa sans avoir travaillé en France. Cela vaut pour un Français comme pour un étranger qui remplit les conditions légales.
Pour les étrangers hors Union européenne, Espace économique européen (EEE) et Suisse, la règle générale n’en est pas pour autant une attribution immédiate. L’article L. 816-1 du code de la sécurité sociale exige d’être titulaire depuis au moins dix ans d’un titre de séjour autorisant à travailler. La loi prévoit des exceptions, notamment pour les personnes « réfugié(s), apatride(s), [ayant] combattu pour la France » ou bénéficiant « de la protection subsidiaire ».
Il est donc inexact de résumer cette règle par « dix ans de présence en France » : le texte vise dix années de détention d’un titre de séjour permettant de travailler. Et un étranger « arrivé en France il y a six mois » ne peut, en règle générale, pas réclamer l’Aspa sur ce seul critère.
Autre condition pour bénéficier de l’Aspa, être lié à une résidence effective en France. Depuis 2023, la loi impose une résidence stable dont la durée ne peut être inférieure à neuf mois par année civile.
Une part minime
Si n’avoir jamais cotisé en France et bénéficier de l’ASPA est possible, dans les faits cela reste marginal. Si vous n’avez jamais travaillé en France, que vous soyez français ou pas, il existe un service – rattaché à la MSA – qui verse l’ASPA. En 2022, celui-ci a versé ce minimum social à 65 080 personnes (sur 691 210 bénéficiaires en tout en 2022). Il n’y a donc que 9 % des recourants au minimum vieillesse qui n’avaient jamais cotisé en France.
Lors d’une question au gouvernement, un député avait obtenu d’autres chiffres, en particulier sur les personnes étrangères. « Un seul chiffre : sur environ 580 000 bénéficiaires de l’ASPA et du minimum vieillesse [en 2018, ndlr], 3 % sont des étrangers qui n’ont pas ou peu travaillé en France. Ce sont, pour l’essentiel, des veuves dont la pension de réversion, modeste, est complétée par l’ASPA », précisait la secrétaire d’État, Geneviève Darrieussecq.
Trois mois pour les Européens, mais pas « pour tous les étrangers »
Les ressortissants de l’Union européenne, de l’EEE et de Suisse ne sont pas soumis à la règle des dix ans. Ils doivent remplir les conditions du droit au séjour et, dans le cas général, avoir résidé en France pendant les trois mois précédant leur demande.
Mais cette dernière condition ne s’applique pas à un ressortissant européen qui exerce en France une activité professionnelle déclarée, ni, dans certains cas, à une personne qui y a travaillé avant de se retrouver temporairement en incapacité de travailler, en formation professionnelle ou inscrite comme demandeuse d’emploi.
Pour autant, ce régime européen ne peut pas être transposé automatiquement aux autres ressortissants d’États – comme les Algériens – ayant conclu une convention de sécurité sociale avec la France, comme le font certains internautes.
Pour les ressortissants algériens, régulièrement cités en ligne, la condition de dix ans de titre de séjour autorisant à travailler n’est pas opposée pour l’ASPA. Dans une décision datée de 2018, le Défenseur des droits indique notamment que la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) n’oppose plus cette condition aux Algériens depuis 2014. La Caisse centrale de la MSA a également diffusé le 15 octobre 2018 une instruction à son réseau rappelant cette règle.
Cela ne signifie pas qu’un Algérien peut toucher automatiquement l’ASPA quelques mois après son arrivée, comme le suggèrent des internautes : il doit toujours remplir les autres conditions, notamment d’âge, de ressources, de résidence effective et de séjour régulier. Autrement dit, une personne ayant une obligation de quitter le territoire français ne peut pas, en règle générale, bénéficier de l’ASPA.
« 36 % d’étrangers » : un chiffre ancien et appliqué au mauvais ensemble
Autre chiffre fréquemment repris en ligne : en 2009, « 36 % » (ou « un tiers ») des bénéficiaires du minimum vieillesse seraient étrangers. Si le chiffre est ancien, le pourcentage existe bien. Mais il ne s’agit pas de l’ensemble des allocataires du minimum vieillesse.
Au 31 décembre 2009, le SASPA, service qui versait l’allocation aux personnes ne relevant d’aucun régime obligatoire de retraite de base, comptait, selon le gouvernement de l’époque, 70 860 allocataires, dont 25 205 non-nationaux, soit 36 %. Mais cette statistique ne concernait que les personnes gérées par ce service, et non tous les bénéficiaires du minimum vieillesse en France.
Tout récemment, le Gouvernement a précisé en février 2026 que le SASPA ne représentait que 9 % des allocataires du minimum vieillesse fin 2023. Extrapoler son taux de 36 % datant de 2009, à tous les bénéficiaires de 2026, revient donc à appliquer à l’ensemble de la population un pourcentage mesuré sur un sous-groupe très particulier avec un écart de dix-sept ans.
Auteurs :
Auteur : Etienne Merle, journaliste
Relecteurs : Pascal Caillaud, chargé de recherche CNRS en droit social, université de Nantes
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
L’article Minimum vieillesse : non, les étrangers ne touchent pas automatiquement 1 043 euros après quelques mois en France est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Auteur avec Chris Hedges de « Requiem pour Gaza », le dessinateur Joe Sacco revient, dans cet entretien, sur la situation en Palestine et montre à quel point le génocide affecte la démocratie et les libertés des pays occidentaux.
Joe Sacco est un dessinateur réputé pour avoir quasiment inventé la BD reportage, en élaborant son œuvre à partir d'enquêtes de terrain sur des situations de guerres ou de drames humains. Depuis plus de trente ans, il travaille sur la Palestine, et vient de (…)
Le 4 septembre dernier, le procès de Lyndsay Clancy aux États-Unis a finalement été annulé. Accusée du meurtre de ses trois enfants – Callan (8 mois), Dawson (3 ans) et Cora (5 ans) –, elle avait reconnu les faits tout en plaidant l’irresponsabilité en raison d’une psychose post-partum. Après plusieurs semaines de débat, les membres du jury populaire du tribunal de Plymouth (Massachusetts) ont échoué à se mettre d’accord sur un verdict. Un dénouement rare qui raconte, entre beaucoup d’autres choses, notre impossibilité à regarder en face la violence des mères, quelles qu’en soient les raisons.
Comme l’ont rappelé les polémiques qui, tout l’été, ont accompagné ce procès, il reste difficile de penser la maternité en dehors des notions d’amour et de dévouement. On a vu des masculinistes accuser des féministes de récupérer l’affaire, mais aussi des militantes enfantistes regretter que les trois jeunes victimes aient été si peu nommées. Cette fiction toxique de la mère parfaite, émanation d’une rhétorique patriarcale tenace, enferme les mères dans un rôle parfois impossible à tenir. Pour le plus grand malheur de leurs filles.
Depuis les années 1970, des intellectuelles et militantes féministes s’attèlent pourtant à penser l’ambivalence maternelle : « Un jour [ma mère] pouvait railler mon amour pour la lecture et menacer de confisquer tous mes livres, écrit bell hooks dans Communion (Points féminisme, 2025), et le suivant, parler avec fierté de ces mêmes passions qu’elle avait tournées en dérision et utilisées pour m’humilier. » L’autrice africaine-étasunienne remarque que « des femmes de toutes origines et classes sociales confesseront avoir entendu la même chose de la bouche de leurs propres mères – des paroles qui leur donnaient le sentiment que quelque chose ne tournait vraiment pas rond chez elles ».
Rejoignant les perspectives développées par les militant⋅es enfantistes qui luttent contre la domination adulte à l’égard des enfants, une poignée d’autrices féministes reprennent aujourd’hui à leur compte la critique du totem maternel, depuis leur position de fille – avec une recrudescence de sorties en librairie ces derniers mois. Conscientes que le mother bashing est une piste verglacée déjà largement labourée par des masculinistes se réclamant de la pensée psychanalytique, elles prennent soin d’interroger le système politique dans lequel leurs mères comme leurs relations avec elles sont enfermées.
Dans cette newsletter, nous vous proposons une sélection d’ouvrages qui, à la délicate question de la violence des mères, suggèrent une multitude de réponses. La première et la plus efficace d’entre elles semblant finalement être… l’écriture.
Je me regarderai dans les yeux
Dans son premier roman, sorti à l’été 2025, l’autrice franco-marocaine Rim Battal poursuit le travail entamé avec L’Eau du bain (Le Castor astral, 2019), un recueil de poésie dans lequel elle traitait en miroir la violence de son post-partum et la violence de sa mère. Dans Je me regarderai dans les yeux, la jeune Rim, 17 ans, s’enfuit de chez elle après que sa génitrice, l’ayant surprise à fumer une cigarette en cachette, l’a violemment insultée et rouée de coups. « Ma mère m’avait toujours surveillée de près, me collait à la peau, comme une seconde peau, craignait d’affreux scandales qui arriveraient par moi […] Le moindre mot en trop, suspicion de transgression, la moindre note un peu plus basse que les autres se soldait par une avalanche de coups plus ou moins raisonnables, plus ou moins douloureux », écrit-elle. Pour laver l’honneur de la famille, Rim Battal « présumée coupable du crime le plus ridicule qui soit : celui d’avoir couché sans être mariée » doit, pour rentrer chez elle, produire un test de virginité. Un examen finalement mené avec la brutalité d’un viol par une gynécologue de Casablanca. Dans la violence des femmes de son entourage, transférant sur ses épaules de jeune fille le poids millénaire de la misogynie institutionnalisée, elle voit pourtant « le résultat d’une violence plus grande » : « Ma mère, dit-elle, est déformée parce qu’elle enrage de ce plafond de verre et de ces murs de verre contre lesquels elle s’est cognée toute sa vie. »
→ Je me regarderai dans les yeux de Rim Battal, éditions Bayard, 2025. 16,50 euros
Faire la peau
Comme pour Rim Battal, il est question pour Louise Chennevière – et ce, dès le titre de son ouvrage – de « faire la peau ». Pas tant à sa mère elle-même qu’au mythe de l’amour maternel inconditionnel. Écrit dans un souffle, ce livre paru en août 2026 dissèque le cheminement intérieur qui permet la rupture de l’écrivaine avec cette femme, bourgeoise toxicomane, fantasque et agressive, qui ne manque pas une occasion de l’humilier, moralement ou physiquement. Peut-être même que cet ouvrage est le véhicule de cette rupture. Écrit en parallèle de ce processus, il s’achève par un adieu.
Puissant, touchant, mais surtout très perturbant pour toustes les enfants – aimé·es ou non – que nous sommes, le livre fait exister un récit qui manque à nos représentations, aux grands mythes autant qu’à la littérature : celui d’une femme qui déboulonne la statue maternelle, renonce à un amour qu’on disait donné d’avance, pour finalement reprendre sa liberté. Dans une interview donnée à france.tv slash, Louise Chennevière affirme désormais tranquillement : « De la même manière que tout le monde vous dit : si votre mec vous frappe, il faut partir. J’ai envie de dire la même chose : si votre mère vous frappe, il faut partir. »
→ Faire la peau, de Louise Chennevière, éditions P.O.L, 2026. 21 euros
Pardonner à nos mères
Paru quelques mois plus tôt, Pardonner à nos mères apparaît comme une préfiguration théorique de Faire la peau. Dans cette enquête réalisée auprès de 150 femmes, la journaliste Claire Richard fait émerger et met à l’épreuve le concept de matrophobie. Un terme qu’elle a découvert chez la poétesse étasunienne Adrienne Rich qui désigne « la peur de devenir comme sa mère ». Une peur que l’autrice partage avec de nombreuses femmes, si l’on en croit les témoignages rapportés dans ce livre. Dès lors, le conflit mère-fille sort de la problématique individuelle et des interprétations psy pour devenir le motif d’une histoire collective. Une histoire marquée par la domination masculine et la naturalisation de la maternité qui, si on prend la peine de s’y attarder, permet non pas forcément de pardonner – comme le suggère le titre de l’ouvrage – mais au moins d’expliquer. Dans cet essai, la violence maternelle n’est qu’une modalité de relation parmi d’autres, mais elle a le mérite d’être abordée frontalement par des témoignages de violences psychologiques, physiques et sexuelles exercées par des mères.
→ Pardonner à nos mères de Claire Richard, Les renversantes / Leduc, 2025. 17 euros
L’effet maternel
Comme Louise Chennevière, Virginie Linhart a grandi dans un appartement parisien aux murs tapissés de livres dans lequel se donnaient des fêtes auxquelles les enfants assistaient sans réellement y avoir été convié⋅es.
Comme elle, la documentariste a grandi auprès d’une mère – une figure de Mai 68 – qui rêvait de s’émanciper de son milieu bourgeois, au point de consacrer toute son énergie à s’écarter du modèle de mère que la société appelle de ses vœux. Publié il y a six ans, l’ouvrage raconte l’agressivité d’une mère à l’égard de sa fille, qui pourtant quémande en permanence son amour et son attention. Quelques années avant que le concept de « climat incestuel » ne se démocratise, il décrit l’omniprésence de la sexualité d’une adulte dans la vie de sa fille, les amants qui passent de l’une à l’autre, l’extrême porosité des espaces de chacune. Pour avoir raconté ce pan de son histoire familiale, l’autrice sera, quelques jours avant la parution du livre, assignée en référé par sa mère, qui réclame la suppression de plusieurs dizaines de pages la concernant. Virginie Linhart sortira gagnante de ce procès et déclarera dans Le Monde quelques années plus tard : « Plutôt que de rester dans le giron familial, j’ai préféré reprendre ma liberté à travers l’écriture, quitte à le payer très cher. »
→ L’Effet maternel de Virginie Linhardt, Flammarion, 2020. 19 euros
Après un été 2026 marqué à la fois par une chaleur exceptionnelle et un fort déficit pluviométrique, la sécheresse reste exceptionnelle en France, avec des sols très secs, des cours d'eau et nappes sous tension et un risque d'incendie toujours élevé en ce début d'automne, notamment dans le Sud-Est, selon une analyse publiée le 23 septembre par le météorologue Adrien Thomas sur La Chaîne météo. Le mois de septembre est le plus sec jamais enregistré en France depuis le début des observations, (…)
Lire la suite - En bref / Climat
Chaque année, les nappes d'hydrocarbures recouvrent une surface océanique estimée à 1,58 million de kilomètres carrés. C'est le résultat d'une nouvelle étude de l'organisation de suivi satellitaire SkyTruth, qui a croisé des images captées entre 2023 et 2025 avec son système de surveillance Cerulean. 22 775 nappes ont été détectées sur la période. L'organisation attribue 81 % de la surface polluée aux navires, contre 18 % aux infrastructures offshore. L'étude pointe plusieurs zones de forte (…)
Lire la suite - En bref / Pollutions , Océans
Dans une enquête publiée le 20 septembre, L'Humanité a recueilli les témoignages de vétérinaires et assistants vétérinaires salariés d'IVC Evidensia, premier groupe vétérinaire d'Europe, détenu à 20 % par Nestlé. Le groupe compte plus de 280 cliniques en France et 2 500 salariés, auxquels il impose, selon les sources du journal, une logique financière qui dégrade la qualité des soins. Parmi ses méthodes : la suppression de primes et de budgets de formation, du matériel non renouvelé et du (…)
Lire la suite - En bref / Animaux
Source :Florian Philippot, le 15 septembre 2026
Etiqe :exagéré
Contenu :
En Europe, que ce soit à l’échelle continentale ou nationale, comme en France, l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs est devenu un sujet d’actualité majeur. De nombreuses personnalités politiques se sont récemment prononcées pour un contrôle plus strict de l’utilisation des plateformes. Le cas de l’Allemagne agite tout particulièrement la toile ces derniers jours.
Plusieurs publications affirment que le chancelier allemand, Friedrich Merz, se serait positionné pour « restreindre massivement les réseaux sociaux ». « [Et] que personne ne me parle de liberté d’expression ! » aurait ajouté le chef d’Etat allemand, anticipant d’éventuelles critiques. Des déclarations qui passent mal auprès d’internautes qui y voient une tentative de restreindre une liberté fondamentale.
L’information a notamment été relayée par Florian Philippot, président des Patriotes et ancien bras droit de Marine Le Pen, partisan de la sortie de la France de l’Union européenne et plusieurs fois épinglé par Les Surligneurs pour ses approximations informationnelles.
Une mauvaise habitude qui se répète une fois de plus ici. En effet, malgré nos recherches, nous n’avons trouvé aucun élément attestant de la volonté de Friedrich Merz de « restreindre massivement les réseaux sociaux ».
Ce dernier s’est néanmoins bel et bien positionné en faveur de la fin du pseudonymat sur Internet, lors d’un échange organisé avec de jeunes participants à un concours scientifique, le 15 septembre dernier.
« Les affirmations selon lesquelles le Chancelier aurait déclaré vouloir “restreindre massivement les réseaux sociaux”, sont totalement infondées. Elles visent manifestement à semer la confusion et l’inquiétude en se basant sur de fausses déclarations », assure aux Surligneurs un porte-parole du gouvernement allemand.
Les internautes fondent leurs allégations sur un extrait vidéo de l’échange publié par le média Nius. Ce dernier, indique Le Monde dans un article publié en 2025, « veut devenir le Fox News germanophone d’Europe centrale ». Un an plus tôt, Le Figaro, le présentait davantage comme « un CNews made in Germany ».
L’anonymat en ligne dans le viseur de Merz
Sur son site Internet, Nius a consacré un article à l’intervention de Friedrich Merz évoquée plus tôt. Or, celui-ci ne mentionne jamais un désir de la part du chef d’Etat de vouloir « restreindre massivement les réseaux sociaux ».
On peut y lire en revanche, dès les premières lignes, que le chancelier « s’est prononcé en faveur de l’obligation d’utiliser son vrai nom sur Internet ». Friedrich Merz a « établi un lien entre les publications anonymes et les informations générées automatiquement et la menace qui pèse sur les libertés individuelles et la démocratie », précise également l’article.
Pour écrire son article, Nius indique s’être appuyé sur les informations d’un autre média allemand, Apollo News. Or, une nouvelle fois, l’article consacré à cette actualité par Apollo News ne rapporte jamais, comme le font les publications, une intention de restreindre les réseaux sociaux.
Interpellé par un jeune « sur la question de l’obligation d’utiliser de vrais noms sur Internet », détaille Apollo News, « Friedrich Merz a ensuite fait une longue déclaration dans laquelle il a regroupé les pseudonymes sur Internet, le droit à l’anonymat, les informations générées par les robots et la protection de la démocratie ».
Même l’Afd – parti d’extrême droite qui vient d’enregistrer des victoires électorales locales importantes et opposant à la coalition gouvernementale menée par Friedrich Merz – a commenté les déclarations du chancelier sur le compte Facebook de son antenne régionale de La Sarre. « Friedrich Merz réclame une fois de plus l’obligation d’utiliser son vrai nom en ligne », critique notamment le parti, sans jamais mentionner une quelconque limitation des réseaux sociaux.
Auteurs :
Auteur : Nicolas Kirilowits, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
L’article Le chancelier allemand Friedrich Merz ne souhaite pas « restreindre massivement les réseaux sociaux » est apparu en premier sur Les Surligneurs.


Paris, le 25 novembre 2025. Emmanuel Macron lors d’un sommet international sur l’IA. © Julien De Rosa/AFP
Partout en France, les centres de données poussent comme des champignons. Pour justifier cette prolifération, le gouvernement et les acteurs du numérique brandissent toujours le même argument, celui de la souveraineté. Un discours omniprésent depuis le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA), organisé à Paris en février 2025. Dernier exemple en date : le 24 août, avec le projet d’un data center Microsoft à Petit-Landau (Haut-Rhin). Celui-ci a reçu un avis favorable du commissaire enquêteur, qui considère qu’il «répond à un objectif de souveraineté numérique nationale».
Mais peut-on parler de souveraineté alors que le projet est lancé par une entreprise étasunienne ? Non, selon Alexandra Lutz, de l’association technocritique Data for Good. «Quand on parle de souveraineté numérique, on entend la capacité des États à contrôler les infrastructures, les données et les ressources, et à limiter leur dépendance vis-à-vis d’autres nations», explique-t-elle.
Le Paris Digital Park de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) est le plus grand data center de France. © Anne-Claire Poirier/Vert
Les sociétés étasuniennes sont pourtant derrière l’écrasante majorité des centres de données en Europe. Sur les 15 gigawatts (GW) d’électricité réservés à ces infrastructures, seulement 1,4 GW est utilisé par des entreprises européennes. Les nouveaux projets ne font pas exception. Google prévoit de s’implanter près de Châteauroux (Indre), tandis qu’Amazon Web Services (AWS) construit un centre à Wissous (Essonne). Selon la Commission européenne, d’ici 2028, AWS, Microsoft et Google devraient exploiter 65% des data centers en Europe. À cela s’ajoutent les nombreux projets d’opérateurs étatsuniens comme Digital Realty ou Equinix. Ces sociétés développent en France des centres de données qui sont par la suite loués à d’autres.
L’hébergement des données sur le territoire français, même si le data center est étranger, est présenté comme un moyen de renforcer leur protection face aux ingérences de pays tiers. En théorie, par sa localisation, le site est soumis au cadre juridique européen.
Sauf qu’en novembre 2025, la Commission européenne a présenté un paquet législatif «omnibus» afin de simplifier des lois européennes sur la régulation numérique et de faciliter l’utilisation des données personnelles par les entreprises. Cet omnibus doit encore être négocié et approuvé par le Parlement européen et les États membres. «Si on annonce relocaliser les structures pour avoir un plus grand contrôle dessus, pourquoi supprime-t-on les règlementations qui nous protègent ?», fait mine d’interroger Alexandra Lutz.
À lire aussi
Aux États-Unis, l’extraterritorialité du droit est particulièrement forte. Grâce au Cloud Act de 2018, «les autorités américaines peuvent exiger l’accès à des données contrôlées par une entreprise américaine, même lorsque celles-ci sont stockées dans un data center situé en France», détaille la membre de Data for Good.
L’un des projets phares de la «souveraineté numérique» française est le Campus IA de Fouju (Seine-et-Marne). L’entreprise tricolore Mistral AI et la Banque publique d’investissement (BPI) le financent. Mais, comme l’a révélé l’Observatoire des multinationales, 70% du capital du futur plus grand data center d’Europe sera détenu par le fonds émirati MGX et l’éditeur de logiciels étasunien Nvidia.
«Le numérique ne peut pas exister en dehors d’un système mondialisé», estime Tom (il a souhaité rester anonyme), du collectif StopMicro, qui lutte contre l’accaparement des ressources et les nuisances causées par l’industrie des puces électroniques.
Image de synthèse du «Campus IA», à Fouju (Seine-et-Marne), présenté comme le futur plus grand data center d’Europe. © DR
«Pour financer un data center de cette envergure, il faut attirer des capitaux étrangers. C’est une illusion de croire qu’on pourrait produire du numérique à l’échelle locale», ajoute-t-il. Même le champion français de l’IA ne peut pas se passer de deniers étrangers. Mistral AI compte parmi ses actionnaires le géant sud-coréen Samsung, ainsi que plusieurs groupes et fonds étasuniens.
Sans compter que, pour faire tourner un centre de données, il faut utiliser des semi-conducteurs – des puces électroniques qui conduisent le flux de courant – qui reposent eux aussi sur une chaîne de production mondialisée. Les matières premières comme le cuivre, le cobalt, le tantale ou encore le silicium proviennent d’Asie, d’Afrique et des Amériques.
En outre, la fabrication des puces les plus avancées se concentre à Taïwan et en Corée du Sud, avec des étapes de conception, de production et d’assemblage réparties entre l’Europe, les États-Unis et l’Asie. «À l’heure actuelle, on estime que lors de sa fabrication, une puce électronique fait deux fois et demie le tour du monde et franchit 80 frontières, note Tom, qui s’appuie sur une étude de l’Association européenne des semi-conducteurs (Esia). Aucun pays ne peut maîtriser à lui seul l’ensemble de la chaîne.»
Dans la course mondiale à l’IA, la France veut sa part du gâteau. Parmi les leaders européens, elle entend devenir un adversaire de taille face aux États-Unis et à la Chine. C’est pour cette raison qu’elle veut accueillir des centres de données sur son territoire. «Le seul moyen de faire accepter ces projets, c’est d’utiliser la carte de la souveraineté numérique, mais on assiste à du “souveraineté-washing” : il s’agit d’un mensonge», déplore Cyrielle Châtelain, présidente du groupe Écologiste et social à l’Assemblée nationale et rapporteure d’une commission parlementaire sur les dépendances dans le secteur du numérique.
Des data centers qui permettent d’atteindre la «souveraineté numérique» sont-ils possibles ? Les conclusions du rapport rendues le 15 juillet énoncent plusieurs pistes. «On ne sera jamais 100% indépendants, mais si on s’éloigne du modèle américain et qu’on relocalise nos données dans des centres européens, bien plus petits et moins énergivores, ce serait déjà un premier pas», estime la députée écologiste. Certaines entreprises françaises, comme OVHcloud ou Scaleway, défendent une approche qui va dans ce sens.
Les auteur·ices du rapport proposent de mettre en pause l’installation de centres de données détenus par des entreprises extra-européennes. Elles et ils veulent aussi que les sociétés qui manipulent des données de santé soient immunisées face aux lois extraterritoriales étasuniennes. Doctolib ne pourrait ainsi plus continuer d’être hébergé par Amazon, par exemple. Cyrielle Châtelain de soulever : «Évidemment, pour que tout cela fonctionne, il faut revoir nos usages numériques et ne plus mettre de l’IA partout.»

Source :Projet de loi constitutionnelle des Républicains
Etiqe :Oui mais…
Contenu :
Candidat à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau a dévoilé son projet de loi constitutionnelle visant à « restaurer la souveraineté du peuple ». Parmi les mesures phares : censurer la censure du Conseil constitutionnel.
Le projet veut compléter l’article 62 de la Constitution. Aujourd’hui, cet article dispose que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et s’imposent à tous les pouvoirs publics. Bruno Retailleau y ajouterait un pouvoir présidentiel inédit : convoquer un référendum ou les parlementaires réunis en Congrès pour qu’une loi censurée par le Conseil puisse malgré tout entrer en vigueur. Une entreprise risquée.
Modifier la Constitution : rien ne s’y oppose
Sur le principe, une telle révision est possible. Le Conseil constitutionnel s’est déclaré incompétent en 2003 pour contrôler une révision de la Constitution : il est donc possible de modifier l’article 62 sans que le Conseil puisse s’y opposer.
Un renversement de la hiérarchie des normes
C’est sur le fond que la réforme pose problème. Elle bouleverserait la hiérarchie des normes, pilier de l’État de droit. Aujourd’hui, une loi n’est valide que si elle respecte la Constitution : c’est ce qui marque la primauté du texte suprême dans l’ordre juridique interne et garantit aux droits et libertés qu’il contient une protection supérieure.
Si une loi jugée contraire à la Constitution pouvait entrer en vigueur, cette dernière perdrait toute force : ses dispositions, y compris les libertés fondamentales, deviendraient contournables. La France n’aurait plus de cadre juridique strict, soit l’inverse exact de l’objectif affiché par Bruno Retailleau, qui dit vouloir « réaffirmer l’autorité de l’État ».
Le risque de sanctions européennes
Au-delà du raisonnement interne, c’est aussi à des sanctions européennes que la France s’exposerait. Nombre des droits et libertés garantis par le bloc de constitutionnalité, en particulier par le préambule de la Constitution de 1946 et la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, sont également protégés par la Convention européenne des droits de l’Homme et par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
C’est le cas de la liberté d’expression, du droit à un procès équitable, du droit à une vie privée, de la présomption d’innocence, de la liberté de conscience et de religion ou encore de la dignité de la personne humaine.
Y porter atteinte exposerait la France à des condamnations de la Cour de Justice de l’UE ou de la Cour européenne des droits de l’Homme. À moins d’assumer ses condamnations, la France devra se retirer de ses engagements internationaux.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteurs : Bertrand-Léo Combrade, professeur de droit public à l’université de Poitiers
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
L’article Le peuple pourra-t-il censurer une censure du Conseil constitutionnel comme le veut Bruno Retailleau ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
« Nous demandons respectueusement que le débat soit suspendu jusqu’à ce qu’une évaluation rigoureuse et indépendante de la proposition Omnibus X, portant sur ses conséquences sanitaires, environnementales et administratives, ait été réalisée. »
Cet article Plus de 500 chercheurs et médecins européens s’opposent aux pesticides illimités est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Un appel signé par des milliers de personnes et d'organisations va aboutir sur une grande marche climat le 26 septembre. Ses initiateurs espèrent que le souvenir de cet été infernal motivera à se mobiliser massivement.
Que faire quand on est militant écologiste et qu'on a vécu un été caniculaire où les incendies d'une ampleur inédite ont ravagé le territoire ? On lance une marche climat ! Durant l'été, les téléphones des militants et militantes ont bien chauffé, chacun se demandant par (…)
Déficit de transparence, greenwashing... Alors que les mégaprojets de centres de données nécessitent des quantités énormes d'eau, leurs promoteurs tendent à minorer leurs conséquences réelles sur la ressource.
Votre ordinateur portable chauffe après quelques heures de travail intensif ? Multipliez cette chaleur par des milliers de puces de dernière génération, empilées et tournant à plein régime : vous obtenez un centre de données « hyperscale », ces géants conçus pour accompagner l'essor (…)
« La dégradation est tellement importante qu’on fait face à des chutes de pierres, des éboulements, des écroulements rocheux à très haute fréquence »
Cet article Avec la chaleur hors-norme, le Mont-Blanc est fragilisé par des chutes de pierre est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Source : Vert
Le 27 septembre, la moitié du Sénat sera renouvelée. Reporterre dresse le portrait de huit candidats investis par le Rassemblement national qui multiplient les sorties critiquant les écologistes, les musulmans, les personnes LGBT ou vantant des régimes autoritaires.
Au moment de la dissolution en 2024, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), reconnaissait « 4 ou 5 brebis galeuses » parmi les candidatures de son parti. Plusieurs enquêtes journalistiques, notamment de (…)

Le collectif Fourches jouera son adaptation rock de « Silence dans les champs », ce soir, à Landerneau. « Splann ! » animera un échange autour des conséquence du dérèglement climatique sur l'agriculture à l'issue du concert.
L’article Fourches jouera « Silence dans les champs » à Landerneau ce jeudi 24 septembre avec « Splann ! » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.