La venue du Pape à Paris a mis à l'arrêt la marche climat prévue samedi 26 septembre à Paris. « C'est désormais validé par la préfecture. Le rendez-vous parisien sera finalement statique », ont déclaré les organisateurs de la marche pour « le vivant, la paix et la justice sociale ». Le nouveau rendez-vous est fixé place de la République de 17 à 20 heures.
Si le rassemblement parisien sera immobile, 260 autres manifestations sont prévues à travers la France le 26 septembre. Des marches (…)
C'est l'angle mort des décisions environnementales. Des chercheuses ont créé l'« empreinte plastique particulaire », un indice pour (enfin) quantifier la dissémination des micro et nanoplastiques issue de la lente fragmentation des pneus, t-shirts en polyester, bouteilles...
Le bilan carbone n'est pas le bon outil pour évaluer la pollution des objets en plastique. C'est ce que défendent des chercheuses françaises de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et (…)
Alors que l’extrême droite gagne du terrain en Allemagne, la gauche radicale s’impose à Berlin, avec une probable nouvelle maire. Résultat d’une politique de quotas : les partis de gauche témoignent tous d’une parité atteinte ou grandissante au sein de leur groupe.
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"J'ai tout de suite vu à quel point le langage était un outil puissant parce qu’il structure la pensée. En minorant et en invisibilisant les femmes par la grammaire, dans chaque phrase qu'on dit et qu'on pense, on valide l'infériorité des femmes et la supériorité des hommes contre elles."
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Au nom de la santé publique, le nouveau maire d'Amuré, Loïc Michaud, mobilise les grands électeurs des Deux-Sèvres pour empêcher les réélections des sénateurs ayant adopté la loi d'urgence agricole dite « Duplomb 2 ».
Amuré (Deux-Sèvres), reportage
Dans la tourbière d'Amuré plane une odeur d'humus. Les pas du nouveau maire sur le sentier s'entendent à peine tant le sol est gorgé d'eau. Entre les rideaux de frênes tissés de lierre perce l'éclat jaune des champs de céréales qui tapissent (…)
Lors d’un rassemblement pour le climat à Paris, le 8 septembre 2018. © Raphaël Bodin/Survival Media Agency
Dans la capitale, samedi, la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» n’en sera pas une. «C’est désormais validé par la préfecture : le rendez-vous sera finalement statique, la venue du pape ne nous permettant pas d’avoir une autorisation de marche», ont indiqué les relais parisiens du mouvement, mardi.
La manifestation initiale, qui devait partir de la place de la Nation à 14 heures, a donc été remplacée par un simple rassemblement place de la République, entre 17 heures et 20 heures. «On a essayé de rassurer la préfecture sur nos capacités d’encadrement, mais ça n’a pas suffi pour les convaincre. Ils pensent que nous serons très nombreux et nous disent qu’ils n’auront pas assez d’unités de maintien de l’ordre ce jour-là», explique à Vert Benjamin Ball, de l’association Bio Consom’acteur, coorganisateur de l’événement.
«On est déçus, bien sûr, déplore-t-il. On aurait aimé faire une grande marche à Paris, mais n’oublions pas que ce mouvement s’appuie d’abord sur les capacités locales : à Bordeaux, la mobilisation va être massive ; à Fontainebleau aussi ; ainsi que dans tous les endroits les plus touchés par la sécheresse.» Selon un dernier recensement, 261 mobilisations devraient fleurir samedi, partout en France.
Mattia Gonget, étudiante de 20 ans et coautrice d’un récent appel de la jeunesse à manifester samedi, abonde auprès de Vert : «C’est forcément une déception mais, le plus important, c’est que les autres villes de France restent mobilisées.» Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre, partage ce sentiment : «Ce qui compte, c’est que cette manifestation nationale, la première depuis cet été, puisse se tenir ; que les parents d’élèves, les locataires, les agriculteurs, les pompiers, puissent se réunir et s’exprimer.»
Parmi l’organisation, personne ne semble regretter le choix de la date, jour de la venue du pape : «On devait absolument installer le mouvement en cette rentrée, sans pour autant empiéter sur les autres mobilisations prévues : le 19 septembre, le 3 octobre ou le 10 octobre contre l’Omnibus pesticides ; c’était la bonne date», juge Benjamin Ball.
Semaine après semaine, le mouvement grossit. À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de mille personnes ont signé, début août, la lettre ouverte au président de la République à l’origine de la mobilisation.
Appel à images : Vert a besoin de vous !
Afin de documenter l’ensemble de la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» en France, nous avons besoin de vidéos courtes d’une action près de chez vous. L’ambition de Vert est de réaliser une vidéo à destination des réseaux sociaux qui reflète les plus de 260 actions prévues samedi partout en France. Pour les besoins d’un article, vous pouvez également nous transmettre quelques photos au format paysage.
Cliquez ici pour nous aider.
Cette missive appelait à se mobiliser le 26 septembre pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique, après les catastrophes de l’été. Ces premier·es signataires ont depuis été rejoint·es par 30 000 autres citoyen·nes et plus d’un millier d’organisations, parmi lesquelles Greenpeace, les Amis de la Terre, Alternatiba ou le Réseau action climat.
Toutes ces personnes forment des groupes locaux que vous pouvez rejoindre avant le 26 septembre.
Clap de fin pour le Mathias Corvinus Collegium (MCC) Bruxelles, le laboratoire d'idées réactionnaire et anti-écologique au cœur de l'Union européenne sur lequel Reporterre avait mené l'enquête. Financé par l'ancien directeur politique de Victor Orbán, ce lobby a connu un coup d'arrêt après la défaite de l'ancien premier ministre hongrois lors des élections d'avril 2026.
Depuis 2022, ce groupe de réflexion rassemblait les extrêmes droites d'Europe pour mener la guerre contre les politiques (…)
Le sénateur Laurent Duplomb est soupçonné par la justice de détournements de fonds publics. Selon le média d'investigation Mediacités, le parquet de Clermont-Ferrand a ouvert une enquête préliminaire visant l'ancienne figure de la FNSEA, suite à la publication de ses révélations en mai 2025. Le journal local avait alors dévoilé qu'une véritable chasse aux adhésions à LR avait été menée en Haute-Loire, le fief de Laurent Duplomb, pour faire gagner Laurent Wauquiez face à Bruno Retailleau. En (…)
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Greenpeace attaque EDF sur ses relations atomiques avec la Russie. Le 15 septembre, l'ONG a adressé une mise en demeure à l'énergéticien français dans le cadre de la législation sur le devoir de vigilance. Elle lui reproche la poursuite de ses relations commerciales avec Rosatom, l'entreprise nucléaire d'État de la Russie, quatre ans après l'agression russe contre l'Ukraine.
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Source :Compte Facebook, le 12 septembre 2026
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À l’heure où les prix des carburants se sont durablement installés au-dessus de 2 euros le litre, les propositions des hommes et femmes politiques pour faire baisser la facture des automobilistes sont évidemment scrutées sur les réseaux sociaux.
Selon plusieurs publications Facebook, qui citent le journal Le Monde, un ministre aurait déclaré que « prendre sa voiture tous les jours est aussi un choix individuel ». Une prise de position qui a provoqué l’indignation des internautes.
« Il faut leur supprimer tous leurs avantages : pas de voiture ni chauffeur et ce de toute urgence », cingle l’un d’entre eux. « Ils ne peuvent pas comprendre vu les moyens mis à leur disposition à nos frais », écrit un autre.
La colère à l’encontre d’un personnel politique « déconnecté » de la réalité des Français est évidente à la lecture de ces commentaires. Elle semble toutefois, dans ce cas-là, avoir été induite par une fausse déclaration.
En effet, malgré nos recherches, nous n’avons pas été en mesure de retrouver une telle prise de parole de l’un des ministres du gouvernement actuel. La plupart des publications qui ont relayé cette information sur les réseaux sociaux ont été postées le vendredi 11 ou samedi 12 septembre. Or, aucun article du Monde sur les prix des carburants n’a été publié ces jours-là, comme le prouve cette page spéciale du quotidien dédiée à la hausse des prix des carburants.
Une déclaration introuvable
Le seul article publié à cette période par le journal Le Monde sur ce sujet date du 9 septembre. Intitulé « Carburants : les prix à la pompe repartent à la hausse en France, pesant toujours plus sur le pouvoir d’achat des ménages ruraux », celui-ci ne fait mention d’aucune déclaration ministérielle telle que celle évoquée par les publications.
Sur X, le compte Novia News a contribué à propager cette désinformation dès le 11 septembre. Son post a été vu près de 600 000 fois et a reçu 460 commentaires. Sur LinkedIn, Novia News se présente comme « un groupe média digital fondé en février 2026 », qui a « pour ambition de proposer une information moderne, réactive et indépendante ». Contacté pour en savoir plus sur la source de la déclaration qu’il rapporte, le média n’a pas répondu à nos questions.
Notons également qu’une autre publication sur Facebook a repris des informations similaires en citant, cette fois-ci, Christophe Béchu, l’ancien ministre de l’Environnement, comme auteur de la supposée déclaration.
Or, le cabinet du maire d’Angers, et soutien d’Edouard Philippe à l’élection présidentielle, a démenti l’information. « Jamais Christophe Béchu n’a prononcé une telle phrase », nous a indiqué l’équipe de l’ancien ministre.
Le 9 septembre dernier, Christophe Béchu a participé à un débat organisé par BFMTV sur le climat. Une partie de l’émission était notamment consacrée à l’usage de la voiture dans un contexte de flambée des prix des carburants et du changement climatique.
À cet égard, l’ancien ministre de l’Environnement entre 2022 et 2024 a déclaré (à partir de 01:52:30) « que dans un pays qui est vaste où nos campagnes sont habitées, et dans un contexte où malheureusement la solitude est une réalité, il ne faut pas que l’on commence à rentrer dans une logique de contrôle social, laissant penser qu’il faudrait interdire l’usage de la voiture individuelle, ça n’aurait pas de sens ».
Des propos qui n’ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec ceux rapportés sur les réseaux sociaux.
Ainsi, d’après les informations dont nous disposons, il est trompeur de certifier qu’un ministre, ou ancien ministre, a déclaré que « prendre sa voiture tous les jours est aussi un choix individuel ».
Auteurs :
Auteur : Nicolas Kirilowits, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
L’article Attention à cette déclaration concernant l’usage de la voiture attribuée, sans preuve, à un ministre est apparu en premier sur Les Surligneurs.
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Elle est dans les shakers de ThiboInshape, dans les recettes santé des influenceurs culinaires et même, outre-Atlantique, dans les chips. Désormais, plus besoin d'être un adepte de la prise de masse musculaire pour consommer de la whey : des réseaux sociaux aux rayons des (…)
Les ventes ont augmenté de 9,3% en magasins spécialisés durant le premier semestre. © Jérome Chabanne/AFP
Après plusieurs années difficiles, la consommation de produits issus de l’agriculture biologique a confirmé son rebond au premier semestre. Ces achats en hausse représentent «des signes encourageants» pour la production, selon l’Agence bio, organisme étatique chargé de promouvoir ce mode de production sans engrais ni pesticides de synthèse.
Les ventes ont continué de croître les six premiers mois de 2026, de 4,8% en valeur et sur toutes les filières, a indiqué l’Agence ce mercredi. Toutefois, cette bonne nouvelle est encore loin de combler le retard sur les objectifs de production fixés par la loi. L’agriculture biologique représente environ 10% des surfaces agricoles, quand la France cible 21% en 2030.
Quant aux produits bio, ils composent toujours moins de 6% de la consommation à domicile, 6% des achats des 85 000 cantines (20% visés en 2030) et 1% des approvisionnements des restaurants.
La hausse de la consommation depuis 2025 redonne l’espoir d’améliorer la trajectoire française. «Encore une année comme ça et on aura rattrapé complètement les 15% de baisse qu’on a pu avoir» avec la crise inflationniste de 2022, s’est félicité le président de l’Agence, Bruno Martel. Ce premier semestre, les ventes ont crû de 9,3% en magasins spécialisés et de 2% en grande distribution (où la moitié des achats se font).
Depuis un an, les prix des produits conventionnels se sont «beaucoup rapprochés» de ceux du bio, et «les transformateurs et les distributeurs ont remis en évidence les produits bio qu’ils avaient parfois délaissés des rayons», explique le spécialiste. Il voit dans la grande distribution un levier majeur : «Il faut qu’on ait au moins 10% [de l’espace, NDLR] des rayons en magasin pour laisser le choix au consommateur.»
Du côté de la production, la «dynamique est positive», ce qui met fin à trois ans de reculs des surfaces (moins 130 000 hectares fin 2025). L’an dernier le nombre de fermes en bio avait reculé pour la première fois. Entre le 1er janvier et le 31 août 2026, le nombre de nouvelles fermes en production bio a progressé de 14%, tandis que les arrêts d’activité ont reculé de 13%, par rapport à la même période en 2025. Bilan à ce stade : un solde positif de 687 producteur·ices, dans l’élevage de brebis, le maraîchage, la production de fruits…
Selon Bruno Martel, «il y a une reprise du nombre de producteurs, c’est significatif, et effectivement il y a une aspiration nouvelle», même si «c’est un balbutiement, pas non plus l’euphorie».
Il rapporte que «le retour de la consommation remet du baume au cœur» des agriculteur·ices. Elles et ils peuvent «croire en un modèle qui leur permet de gagner leur vie et qui fait partie des solutions sur pas mal de sujets dans un contexte climatique tendu : la souveraineté alimentaire, le captage du carbone, moins d’énergies fossiles consommées…», liste-t-il.
Il est cependant trop tôt pour dire que la production bio augmente de nouveau en France : l’Agence bio attend les chiffres annuels, notamment des surfaces et des cessations, en particulier après cet été catastrophique pour le secteur agricole.
Les agriculteur·ices bio aussi ont vu leur activité affectée. La diversité de leurs cultures a pu un peu les protéger, explique le président de l’Agence bio, «mais les maraîchers ont énormément souffert cet été du manque d’offre et de fréquentation des marchés, avec parfois des baisses de 50% du chiffre d’affaires».

Source :LCI, 18 septembre 2026
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Le 18 septembre 2026, Emmanuel Macron réunit à l’Élysée les chefs des principaux partis. Au menu, deux crises : la menace « hybride » russe, et la flambée des prix du carburant provoquée par le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz.
Présent à cette réunion, Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise, a réclamé un blocage des prix du carburant et veut s’attaquer aux marges des raffineurs, qu’il juge excessives. Mais le blocage des prix, à supposer qu’il soit dans les intentions du gouvernement, obéit à des règles strictes.
Le principe : les prix sont libres
Depuis l’ordonnance du 1er décembre 1986, les prix sont librement déterminés par le jeu de la concurrence. Ce principe est codifié à l’article L. 410-2 du code de commerce : l’État n’administre plus les prix, sauf dans les cas de dérogation que la loi elle-même énumère. Comme Les Surligneurs l’ont expliqué, il ne reste que quelques prix administrés : le livre, les médicaments remboursés, certains émoluments de notaires.
L’exception qui ouvre la porte
Le même article L. 410-2 prévoit que le gouvernement peut arrêter, « contre des hausses ou des baisses excessives de prix, des mesures temporaires motivées par une situation de crise, des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé ». Ce blocage ne peut intervenir que pour six mois.
Le carburant peut se prêter à cette exception, tant il constitue un « secteur déterminé ». Et le contexte s’y prête davantage qu’en temps d’inflation ordinaire : la flambée provoquée par la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz peut relever de la crise ou des circonstances exceptionnelles. Le dispositif a d’ailleurs déjà servi pour le carburant, par décret du 8 août 1990 pendant la première guerre du Golfe. Un précédent que Les Surligneurs détaillaient déjà en 2022.
Un décret de blocage des prix ne peut enfreindre la loi
La loi fixe donc le cadre et son exception, c’est ensuite au gouvernement de l’actionner, par décret, à l’intérieur de ce cadre. Mais seulement dans les limites tracées par la loi. Pour bloquer les prix de façon plus large et plus durable, il faudrait d’abord modifier la loi.
Un décret qui sortirait de ce cadre serait illégal, et le Conseil d’État l’annulerait. Le juge vérifiera si toutes les conditions prévues par la loi sont respectées, notamment le caractère exceptionnel de la situation.
Une loi de blocage des prix ne peut enfreindre la Constitution
L’hypothèse privilégiée reste celle du blocage par décret. Mais si le gouvernement voulait aller plus loin, il pourrait faire adopter par le Parlement une loi qui l’y autoriserait. Comme Les Surligneurs le soulignaient, si la loi autorisait à fixer un prix si bas que les opérateurs devraient vendre à perte, cela les pousserait à la faillite. Tout dépend de la rédaction de la loi et de la nuance qu’elle apporte, au risque de porter atteinte à la liberté d’entreprendre.
Une telle atteinte à cette liberté, protégée par l’article 4 de la Déclaration de 1789, serait disproportionnée, au point même qu’on pourrait y voir une atteinte au droit de propriété car des entrepreneurs perdraient leur bien. Le Conseil constitutionnel censurerait sans doute cette mesure.
Une loi de blocage des prix ne peut enfreindre le droit de l’Union
Un prix bloqué peut aussi heurter la libre circulation des marchandises au sein de l’Union européenne. Dans un arrêt de 1985 concernant précisément la réglementation française des prix du carburant, la Cour de justice a jugé qu’un prix fixé d’après les seuls coûts des raffineries françaises, sans tenir compte des prix à l’importation, est contraire à cette liberté.
En l’occurrence, c’est un prix plancher qui était imposé, et non pas un plafond bloqué comme ce que demande Manuel Bompard. En empêchant que des produits importés meilleur marché soient répercutés à la pompe, il défavorise les importations en provenance de l’Union. Autrement dit, un prix bloqué qui ne tiendrait pas compte des conditions du marché européen constituerait une entrave prohibée.
Si le gouvernement applique malgré tout cette mesure, il expose la France à un recours en manquement de la Commission devant la Cour de justice. En interne, il ouvre un risque de responsabilité de l’État : les opérateurs lésés peuvent réclamer une indemnisation du manque à gagner, comme l’industrie du tabac l’avait obtenue lorsque l’État avait — à l’époque — bloqué les prix du tabac (Conseil d’État, 28 février 1992).
L’exécutif devra alors négocier avec l’Union européenne pour assouplir les règles. Comme il y a peu de chances que l’Union accepte ce type d’exception qui tendrait à revenir sur le principe de libre circulation, Emmanuel Macron a demandé à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, de tenter d’autres pistes comme l’augmentation de la capacité réglementaire de production des raffineries, afin de réduire la pression sur les prix.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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« Lors de la canicule de 2019, la forêt pouvait passer d’un puits de carbone à une source de carbone en quelques jours », indique Guillaume.
Cet article Près de Marseille, une forêt expérimentale résiste au manque d’eau est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Notre article sur ces cargos croisant au large des côtes françaises a entraîné l’ouverture d’une enquête du parquet national anticriminalité organisée. Ces bateaux sont au cœur de l’effort de guerre de Poutine.
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La station d’Airbreizh dans le centre-ville de Rennes est installée à l’entrée du parc du Thabor. © Marion Durand/Vert
«Ici, nous mesurons l’air que vous respirez», peut-on lire sur une cabane en bois à l’entrée du parc du Thabor, le plus grand espace vert du centre-ville de Rennes (Ille-et-Vilaine). L’organisme de surveillance de la qualité de l’air Airbreizh s’y est installé en 2022, sur demande de la métropole, pour analyser l’air respiré par les Rennais·es.
Dans ce petit espace de quelques mètres carrés, plusieurs machines captent en continu les particules alentour. Olivier Cesbron, ingénieur d’études en qualité de l’air, traque les métaux lourds, les polluants réglementés (dioxyde d’azote, ozone et particules fines) et émergents. Parmi ces derniers, on retrouve les pesticides.
«Ce terme englobe les produits phytosanitaires, les insecticides et les produits antiparasitaires», résume Killian Guillaume, doctorant à l’École des hautes études en santé publique.
Le parc du Thabor fait office de petit poumon de la capitale bretonne : c’est ici qu’on se met au vert, qu’on fait quelques foulées le dimanche ou qu’on vient prendre un bol d’air frais. Pourtant, l’air ambiant n’est pas des plus sains. C’est ce que révèlent les derniers chiffres dévoilés par Airbreizh en ce mois de septembre.
En 2025, les capteurs ont relevé de nombreux pesticides présents dans l’air. Parmi eux, trois sont préoccupants par leur fréquence ou leur concentration : la pendiméthaline, un herbicide utilisé pour bloquer la germination des mauvaises herbes ; le prosulfocarbe, l’un des herbicides les plus vendus en France pour la culture des céréales, pommes de terre ou oignons ; et le lindane, un insecticide toxique… interdit depuis vingt ans.
Si les deux premiers sont autorisés pour l’agriculture, la présence du troisième interroge. «Le lindane est en tête de liste : c’est le pesticide le plus détecté parmi la centaine de substances recherchées, il est présent dans l’intégralité des mesures», indique Olivier Cesbron. Cette substance est un insecticide nocif pour l’environnement et pour les humain·es, classé cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ).
Killian Guillaume, doctorant à l’École des hautes études en santé publique, et Olivier Cesbron, responsable de l’unité air extérieur chez Airbreizh. © Marion Durand/Vert
«Le lindane est un polluant organique persistant ; il a été interdit pour sa dangerosité et sa persistance. Pourtant, dès qu’on le cherche, on le trouve», lâche Killian Guillaume, dont la thèse s’intéresse aux mécanismes de dispersion des pesticides.
Alors pourquoi retrouve-t-on dans l’air breton un produit toxique interdit depuis 1998 pour l’agriculture et depuis 2005 en usage biocide (pour tuer ou repousser les bactéries, insectes ou rongeurs) ? Après trois ans de recherche, le doctorant avance des pistes : «Le lindane pouvait être utilisé en usage préventif sur les massifs fleuris, mais son utilisation restait marginale et s’est arrêtée dès les années 1990.»
Il était aussi employé pour l’entretien du bois ancien et des charpentes, et comme antiparasitaire pour traiter les infestations de poux ou de puces. «Et même pour la désinfection des bâtiments d’élevage, poursuit le doctorant. C’était vraiment un insecticide à large spectre. Il y a 50 ans, on ne se posait pas trop la question de la dangerosité.»
En clair, le lindane était partout, et c’est encore le cas aujourd’hui : dans l’eau, les sols, l’air et les poussières. On en détecte même dans le lait maternel, le sang et les urines, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).
Le capteur Airbreizh destiné aux pesticides. © Marion Durand/Vert
Le lindane n’est ni un problème rennais ni une particularité bretonne, ce pesticide est détecté sur tout le territoire. «Aujourd’hui, nous n’avons pas de moyens d’action pour lutter contre cette substance toxique, mais il faut en parler. Les stations comme la nôtre doivent documenter sa présence», estime Olivier Cesbron, qui rappelle que les pesticides dans l’air ne font l’objet d’aucune réglementation.
Une surveillance nationale est en place depuis 2018. Dix-sept stations semblables à celle d’Airbreizh, les AASQA (Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air), recherchent les produits phytosanitaires présents dans l’air.
La station de la commune de Mordelles, à 20 kilomètres de Rennes, fait partie de ce dispositif national. Située en zone périurbaine et proche des grandes cultures, elle est révélatrice de l’impact des pesticides épandus dans les champs sur la qualité de l’air. Ses résultats sont les mêmes que ceux relevés sur le site du Thabor… pourtant éloigné des exploitations agricoles. «Dans le centre-ville de Rennes, on est autant exposé aux pesticides qu’à côté des parcelles», résume Killian Guillaume.
Preuve que les pesticides voyagent, se propagent loin et rapidement. Comment ? Lorsque l’agriculteur·ice pulvérise un produit phytosanitaire, «entre 20 et 90% du pesticide n’atteint pas la cible et se retrouve en suspension dans l’air», décrit le doctorant. On appelle ça la dérive. «Ensuite, même lorsque le produit tombe juste, les gouttelettes peuvent se volatiliser selon les conditions météo, précise-t-il. C’est de nouveau une perte qui varie de quelques pour cent à 50%. Enfin, les pesticides au sol peuvent aussi être remis en suspension au passage d’un animal, d’une personne ou d’une machine.»
Le cas du lindane est particulier. Les teneurs détectées au centre-ville de Rennes sont dix fois plus élevées qu’en zone agricole (0,2 nanogramme par mètre cube au Thabor et 0,03 ng/m3 à Mordelles en 2024). «Ça, c’était une surprise», avoue l’expert en qualité de l’air extérieur. Pour comprendre, la métropole a lancé en début d’année une étude spécifique pour vérifier si d’autres quartiers de la ville sont concernés par cette pollution. Six capteurs ont été disséminés dans des parcs et des quartiers résidentiels. Les résultats seront connus début 2027.
Quels impacts ces pesticides dans l’air ont-ils sur la santé ? Killian Guillaume grimace : «On ne peut pas dire qu’ils sont problématiques car il n’existe aucune étude sur l’impact des pesticides présents dans l’air sur le corps humain. Mais les usages agricoles et la contamination de l’air par les produits phytosanitaires contribuent à l’exposition de la population aux pesticides.»
Si les effets de certains d’entre eux sur la santé sont bien documentés en cas d’ingestion par l’alimentation, les conséquences liées à l’inhalation sont peu connues, confirme la chercheuse de l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Laurence Payrastre. «Il pourrait y avoir des effets plus directs car les pesticides inhalés vont directement dans les alvéoles pulmonaires, alors que, pour l’alimentation, une partie des polluants passe par le foie, qui permet de détoxifier», explique-t-elle.
La meilleure voie reste celle de la diminution des pesticides dans l’agriculture et dans les produits d’usage quotidien (insecticides, biocides). Olivier Cesbron et Kilian Guillaume plaident aussi pour plus de transparence sur les pesticides épandus dans les champs. Si les exploitant·es sont tenu·es de déclarer les quantités utilisées, ces informations ne sont pas publiques. «Connaître précisément les dosages et les différents produits utilisés dans les parcelles nous permettrait d’analyser plus finement les teneurs dans l’air», justifie Killian Guillaume. Non pas pour pointer du doigt les usages individuels, mais pour faire avancer la recherche.
Dimanche 27 septembre, la moitié du Sénat sera renouvelée par les grands électeurs qui choisiront de prolonger ou non le mandat de plusieurs sénateurs, dont certains mènent une offensive anti-écologique. Portraits.
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