Source : VertÀ l'initiative de La Presse Libre, cette tribune aborde le sujet qui fâche : sans le soutien des lecteurs qui décident de s'abonner, par de contre pouvoir aux Big Tech et aux médias des milliardaires qui donnent le ton de ce que doit être, selon eux, l'information. Nous avons d'autres points de vue et pour continuer à les proposer, nous avons besoin de vous. Car nous somme du même camp.
Depuis cet été en France, nos requêtes Google ne pointent plus vers des sources. Digérant des millions de pages internet, le moteur de recherche nous apporte désormais une réponse générée par intelligence artificielle (IA). Ce faisant, Google méprise celles et ceux qui produisent l’information et s’accapare le fruit de leur travail. Si les plus gros acteurs médiatiques pactisent avec les géants de l’intelligence artificielle, les acteurs plus modestes sont ignorés et se retrouvent totalement invisibilisés. Avec l’IA, les citoyens et citoyennes sont privés d’une part de leur libre arbitre. Ils ne choisissent plus comment ils s’informent, “on” choisit à leur place.
Google n’est qu’un exemple de la manière dont les big tech vampirisent l’information et orientent le débat public. Avant lui, Facebook avait sciemment mis au ban les médias dans les suggestions faites aux internautes. Trop peu rentables commercialement.
Tout cela ne fait que renforcer un phénomène que nous ne connaissons que trop bien : l’accaparement de la production d’information par quelques-uns au détriment de toutes et tous.
Les médias indépendants n’auront jamais à leur tête un milliardaire prêt à perdre des dizaines de millions d’euros par an pour posséder un titre de presse et l’influence qui va avec. Ils ne comptent que sur vous. Dans une période où la clarté du débat public et l’honnêteté du journalisme doivent plus que jamais primer, où l’enquête doit l’emporter sur la déférence, où il faut des médias...
Le nombre de cancers chez les enfants explose, mais il serait possible de contenir ce phénomène, explique la toxicologue Laurence Huc dans cet entretien. Cette augmentation est largement liée aux pesticides et aux substances chimiques présentes dans notre environnement.
En trois décennies, le nombre de cancers chez les jeunes a augmenté de 80 %. Ce drame silencieux n'est pas sans cause, explique Laurence Huc, toxicologue à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. « (…)
À l'image du Vatican, le diocèse de Vannes vit-il un moment de fracture entre les deux courants de l’Église ? Avec, d’un côté, le courant « catho de gauche » qui s’efface à mesure que disparaissent ses militants. De l’autre, cette « tentation radicale » qui viserait à instrumentaliser la religion au profit d’un projet politique. Une question à laquelle Splann ! tente de répondre avec ce dossier d’enquête en trois volets.
L’article [Nouvelle enquête] Le diocèse de Vannes au défi d’un « catholicisme intransigeant » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Le géant du web Google veut construire en France son premier data center, au sud-est de l'agglomération de Châteauroux. Opposés à un projet jugé « démesuré », et dépités par le manque de transparence, 5 élus, dont la maire, ont démissionné.
C'est un fait rare : cinq élus d'Étrechet (Indre) ont démissionné pour protester contre l'implantation d'un data center de Google sur d'anciens champs agricoles de leur commune. Ce dossier « avance sans que la commune la plus directement concernée ne (…)
Lors de son discours de rentrée politique à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen a attaqué le Zéro artificialisation nette (Zan), une «norme idéologique» selon elle. © Philippe Magoni/AFP
Il y a des sujets sur lesquels le Rassemblement national (RN) ressasse inlassablement ses obsessions (immigration, sécurité, priorité nationale…). Et d’autres sur lesquels le parti d’extrême droite ne prend la parole que quand il y est obligé, comme lorsque le réchauffement climatique ne peut plus être ignoré. En début d’été, alors que le pays étouffait sous les températures caniculaires, des cadres du RN – dont certain·es tiennent régulièrement des propos climatosceptiques – avaient surpris tout le monde en faisant volte-face sur le climat. Elles et ils reprochaient au gouvernement de ne pas avoir écouté plus tôt les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Ces préoccupations climatiques semblent absentes de l’esprit de Marine Le Pen, ce dimanche. Sous le crachin de son fief d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), la candidate à la présidentielle a fait sa rentrée politique presque sans un mot sur l’été exceptionnel que la France vient de vivre.
Plus fidèle à ses fondamentaux, elle a fustigé «une écologie devenue insensée» et promis la suppression d’une «norme idéologique» : l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN), qui vise à limiter la bétonisation des sols. Elle a aussi promis la fin de l’obligation du diagnostic de performance énergétique (DPE) des logements, pour le transformer en «un simple élément indicatif». Sur la base du DPE, certaines «passoires thermiques» sont interdites à la location.
Rien d’étonnant pour l’historien et politiste Stéphane François, auteur du livre Les Vert-bruns. L’écologie de l’extrême droite française (Le Bord de l’eau, 2022). Dans cet entretien à Vert, le spécialiste de l’extrême droite explique que le RN parle d’écologie uniquement quand le sujet est inévitable dans l’actualité, notamment pendant les canicules. Le reste du temps, il ne propose aucune mesure forte sur le sujet, comme en ce début de campagne présidentielle.
Pour paraphraser Sigmund Freud, s’ils sont un peu moins critiques du Giec, c’est parce qu’ils prennent la réalité du changement climatique en plein visage, et ça fait mal. Dans ma région [les Hauts-de-France, NDLR], son électorat a été très touché ces dernières années : inondations, mouvements des sols argileux qui fissurent les habitations, puis les différentes canicules du printemps et de l’été. Il y a aussi de plus en plus d’agriculteurs qui se rapprochent du RN, notamment via la Coordination rurale, et qui sont victimes des sécheresses et des inondations.
Le Rassemblement national est un parti démagogique. Il l’a toujours été depuis sa fondation en 1972, sous le nom de Front national (FN). Il surfe sur une thématique parce que c’est dans l’actualité, mais rien ne bouge réellement sur le fond. Le RN n’a toujours pas de réel volet écologique dans son programme. Dans la brochure écologie de Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle de 2022, il n’y a pas d’écologie. Il y a un vague environnementalisme, comme la défense des paysages (contre les éoliennes) et la fermeture des frontières sur les plans agricole et industriel. Ce n’est pas du localisme au sens écologique du terme, c’est du protectionnisme et du nationalisme.
«Ils répondent à un phénomène global par une solution inadaptée.»
Depuis quelques mois, il y a une petite évolution. Cet été, Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménagé [députés RN de la Somme et du Loiret, NDLR] ont présenté le «plan clim» du RN – leur principale réponse au réchauffement climatique.
Ils répondent à un phénomène global par une solution inadaptée. Un climatiseur peut être utile, mais ça ne résout pas la question de l’origine de l’énergie et de la pérennisation d’un climat vivable. C’est du confort face au changement climatique, pas une politique écologiste.
L’anti-écologie est toujours là. Il y a toujours cette critique des partis et des militants écologistes. Pour eux, les écologistes restent des casse-pieds qui «nous» (c’est-à-dire leur électorat) empêchent de vivre comme «nous» voudrions vivre. On retrouve de nouveau la démagogie.
Dans les mairies conquises par le RN aux dernières élections municipales, on voit que les nouveaux maires ont arrêté la végétalisation des écoles, plus généralement des communes, ou abandonné les jardins coopératifs qui alimentaient les cantines scolaires. Ces éléments montrent que, dans les faits, ce parti n’a pas varié sur l’écologie. Pourtant au sein de l’extrême droite, il y a des militants écologistes au sens propre du terme. Et c’est intéressant parce que le RN pourrait s’en inspirer, mais il ne le fait pas.
Oui, cela peut avoir une incidence, car une partie de l’électorat RN est maintenant touchée par les conséquences du réchauffement climatique. Mais les études montrent que le discours identitaire, xénophobe, reste très fort dans les raisons du vote RN. Pendant très longtemps le FN, puis le RN, n’avait pas de volet écologique dans son programme – ce n’était pas porteur auprès de son électorat. Aujourd’hui, le RN incarne plutôt la défense des modes de vie et de pratiques traditionnelles, comme la chasse, la pêche ou la corrida.
De la création des Vénètes, dernier-né des groupuscules identitaires bretons, à la fréquentation de services diocésains par quelques militants radicaux... Dans le Morbihan, l’extrême droite tente d’instrumentaliser la société et la religion.
L’article À Vannes et Lorient, ces identitaires qui bousculent certaines institutions diocésaines est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Depuis sa nomination par le pape, en 2005, le très discret Monseigneur Centène a laissé son évêché devenir un lieu où s’épanouissent certaines des figures les plus conservatrices du catholicisme breton. Au détriment de la branche la plus progressiste de son Église.
L’article Dans le Morbihan, un évêque « doublé sur sa droite » et un « curé CNews » ouvrent grand les vannes du diocèse aux « tradis » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Pour sa 9e édition, le pèlerinage breton s’élancera de Sainte-Anne-d’Auray, le samedi 19 septembre 2026. Derrière un événement se voulant familial et enraciné, de multiples profils issus de l’extrême droite la plus traditionaliste et radicale semblent grossir les rangs de Feiz e Breizh.
L’article Feiz e Breizh, un pèlerinage de conquête est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Quand les géants du web aspirent l’information, ce sont les médias indépendants qui étouffent. En imposant leurs algorithmes et leurs réponses générées par IA, Google et les autres Big Tech captent le travail des journalistes tout en réduisant leur visibilité. Face à ce hold-up sans précédent, « Splann ! » s’associe à l’appel de La Presse Libre et de Coop-Médias. Défendre le pluralisme, c’est défendre notre capacité à choisir ce que nous lisons, ce que nous comprenons et, au bout du compte, ce que nous décidons collectivement.
L’article [Tribune] Les géants du web invisibilisent les médias indépendants : rejoignez-nous, relayez, donnez, abonnez-vous ! est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
En voulant réunir les différentes chapelles de son Église, l’évêque de Vannes s’est-il « laissé doubler sur sa droite ? », comme le considèrent nombre de témoins interrogés pour cette enquête. Pour tenter de le comprendre, « Splann ! » revient sur les particularismes d’un diocèse qui verrait des nostalgiques « d’une France blanche et chrétienne » préférer les valeurs de l’Ancien Régime monarchiste à celles d’un Évangile rassembleur et républicain.
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Depuis cet été en France, nos requêtes Google ne pointent plus vers des sources. Digérant des millions de pages internet, le moteur de recherche nous apporte désormais une réponse générée par intelligence artificielle (IA). Ce faisant, Google méprise celles et ceux qui produisent l’information et s’accapare le fruit de leur travail.
Si les plus gros acteurs médiatiques pactisent avec les géants de l’intelligence artificielle, les acteurs plus modestes sont ignorés et se retrouvent totalement invisibilisés. Avec l’IA, les citoyens et citoyennes sont privés d’une part de leur libre arbitre. Ils ne choisissent plus comment ils s’informent, «on» choisit à leur place. Google n’est qu’un exemple de la manière dont les big tech vampirisent l’information et orientent le débat public. Avant lui, Facebook avait sciemment mis au ban les médias dans les suggestions faites aux internautes. Trop peu rentables commercialement.
Tout cela ne fait que renforcer un phénomène que nous ne connaissons que trop bien : l’accaparement de la production d’information par quelques-uns au détriment de toutes et tous. Les médias indépendants n’auront jamais à leur tête un milliardaire prêt à perdre des dizaines de millions d’euros par an pour posséder un titre de presse et l’influence qui va avec. Ils ne comptent que sur vous.
Dans une période où la clarté du débat public et l’honnêteté du journalisme doivent plus que jamais primer, où l’enquête doit l’emporter sur la déférence, où il faut des médias libres pour défendre les libertés, nous vous lançons cet appel solennel et collectif. Vous seuls, lectrices et lecteurs, nous permettrez de ne pas être définitivement invisibilisés.
Il ne s’agit pas de défendre nos petites chapelles mais le pluralisme des points de vue, c’est-à-dire, in fine, la démocratie, la liberté et l’égalité. Nous sommes du même camp. Rejoignez-nous, relayez, donnez, abonnez-vous ! C’est l’heure.
Les signataires : La Presse libre, Coop médias, Arrêt sur images, Basta, Blast, Cerise la coopérative, La Déferlante, Le Média, Le Poulpe, Le Syndicat de la presse pas pareille, Les Jours, Les utopiques, L’Iceberg, L’Observatoire des multinationales, Marsactu, Mediacités, Mediapart, Next, Politis, Qui vive, Reflets, Reporterre, Rue89 Bordeaux, Rue89 Lyon, Rue89 Strasbourg, Socialter, Splann, Vert.
Des réseaux mafieux et une kyrielle d'acteurs de plus en plus aguerris détournent en toute impunité des dizaines de millions d'euros d'aides à la transition énergétique. Reporterre a enquêté sur le scandale des Certificats d'économies d'énergie.
Des LED solaires parfaitement inutiles installées en plein champ ; du matériel électronique de pointe qui prend la poussière dans des hangars agricoles ; des opérations vélos cargos gratuits ou isolation à 1 euro qui tournent à l'arnaque… Le (…)
En théorie, au moins 50 % de produits durables doivent être servis dans la restauration collective, dont 20 % issus de l'agriculture bio. Dans les faits, cette disposition prévue par la loi Egalim depuis le 1er janvier 2024 est loin d'être appliquée partout, comme Reporterre l'expliquait récemment pour les cantines scolaires.
Pire : dans ses propres cantines, l'État ne respecte pas les objectifs qu'il impose aux autres. C'est ce que dénonce un coalition de cinq associations — Notre Affaire (…)
Depuis le 16 septembre 2022, jour de la mort de Jina Mahsa Amini, le corps des Iraniennes – les mortes autant que les vivantes – a fait l’objet de toutes sortes de projections, d’instrumentalisations et de fantasmes, bien au-delà des frontières de leur pays.
L’infâme proposition, le 30 août 2026, du Rassemblement national (RN) d’interdire le voile dans l’espace public n’en est que la plus navrante déclinaison. C’est une proposition, qui plus est, misogyne, liberticide et contraire aux droits et aux libertés fondamentales constitutionnellement garantis.Prendre une femme, iranienne ou afghane, pour « taper », en France, sur une musulmane et sur « les féministes » est une rhétorique désormais bien rodée, bien au-delà des rangs du RN. Sur BFM-TV en cette rentrée, c’est au nom des Iraniennes que la journaliste Sonia Mabrouk s’en est prise à Sara El Attar, une entrepreneuse portant le voile. En février 2025 sur LCI, l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau invoquait déjà « le courage des Iraniennes » pour donner la contradiction à une étudiante musulmane.
En réalité, Jina Mahsa Amini et les milliers de victimes de la théocratie militaire iranienne ont été tuées deux fois : par le régime de Téhéran, puis, à nouveau, en Occident, sous le poids des récits qui les ont dépossédées de leur lutte contre l’oppression totalitaire, en la vidant continuellement de sa substance.
Dans le débat public français, de l’extrême droite aux libéraux autoritaires, les Iraniennes ont sans cesse été réduites à leur refus du voile obligatoire. Elles ont tantôt servi à agiter la « menace islamiste » en mobilisant la figure orientaliste et raciste du musulman « barbare », tantôt de contre-modèle pour stigmatiser les femmes portant le voile en France.
Amalgamer le refus du voile forcé dans une théocratie qui pratique l’apartheid de genre par l’effet des lois et des pratiques discriminatoires avec le port du voile en France, où les femmes jouissent – en théorie du moins – de la liberté de culte, d’expression et du droit à disposer de leurs corps, relève d’une escroquerie intellectuelle absolue.
Pire, c’est au nom de la défense de la liberté des Iraniennes que les gouvernements d’extrême droite de Donald Trump aux États-Unis et de Benyamin Nétanyahou en Israël ont justifié les bombardements de 2025 et 2026 sur l’Iran et, en définitive, la mort de ces femmes. Ils renouent ainsi avec une tradition de mensonge de destruction massive qui rappelle l’invasion étasunienne de l’Afghanistan en 2001 et la guerre illégale menée par les Occidentaux en Irak en 2003.
« Les Iraniennes ne sont pas réductibles aux modèles de féminité sur lesquels les forces conservatrices projettent leurs peurs politiques »
Au fil des décennies, l’entreprise concertée de réification du corps des Iraniennes connaît quantité de responsables. Au premier chef, le pouvoir patriarcal iranien qui, tous régimes confondus, leur a enjoint, par la force de la loi et de la police chargée de contrôler et de surveiller les moindres de leurs faits et gestes, de se conformer à une représentation patriotique uniformisée de la femme modèle. Celle de la « femme moderne » occidentalisée et dévoilée de force pour le roi Reza Shah qui, imitant la Turquie kémaliste, interdisait le port du voile le 8 janvier 1936. Puis, celle de la « femme islamique » nécessairement voilée, depuis la loi promulguée en 1983 sous la République de l’ayatollah Khomeini.
Depuis bientôt cinquante ans, les femmes iraniennes doivent leur condition d’opprimées aux ingérences politiques du bloc de l’Ouest, autoproclamé « libérateur ». À la fin des années 1970, obnubilés par la menace soviétique, ses représentants ont, pour rallier l’Iran à leur cause, financé et armé les islamistes et permis leur victoire, contre les forces de gauche laïques, en 1979.
L’histoire de leur asservissement par des forces politiques conservatrices aux intérêts d’apparence contradictoire fait apparaître que les Iraniennes ne sont réductibles à aucun des modèles ni à aucun des contre-modèles de féminité sur lesquels ces forces conservatrices projettent leurs peurs politiques. Bien au contraire, elles sont le caillou dans la chaussure des extrêmes droites.
Depuis quatre ans, par leur lutte à mort pour l’autodétermination et l’exercice de leur pleine souveraineté politique à travers le mouvement Femme, vie liberté, les Iraniennes travaillent à la défaite des forces patriarcales qui, de Washington à Téhéran en passant par Paris, oppriment les femmes : l’État coercitif et despotique, les fondamentalismes religieux et les puissances impérialistes militarisées.
Même l'océan profond n'échappe pas à la pollution plastique. Dans une étude publiée le 16 septembre dans la revue scientifique Plos One, une équipe de chercheurs raconte avoir trouvé des débris d'objets en plastique jusque dans le canyon sous-marin « Mar del Plata », au sud-ouest de l'Atlantique, à 250 kilomètres des côtes de l'Argentine.
Des sacs en plastique, des emballages alimentaires, des engins de pêche, une botte… Au cours de 10 des 17 plongées réalisées entre 800 et 3 900 mètres de (…)

Source :Compte Facebook, le 12 septembre 2026
Etiqe :Manque de contexte
Contenu :
Nouvelle statistique, nouvelle confusion. Depuis la publication, en septembre dernier, du rapport du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure consacré à la délinquance enregistrée dans les transports en commun, un même chiffre circule largement sur les réseaux sociaux. Mais souvent sans les précisions qui permettent d’en comprendre la portée.
« En 2025, les étrangers représentent 87 % des personnes mises en cause pour des vols dans les transports en commun d’Île-de-France. Ils représentent également 60 % des mis en cause pour vols violents, 38 % pour violences physiques et 61 % pour violences sexuelles », reprennent en chœur de nombreux internautes, s’appuyant sur l’article du journal d’extrême-droite Valeurs Actuelles.
Dans son étude, le ministère recense 104 880 victimes de vols, violences, escroqueries ou fraudes aux moyens de paiement, soit 2 % de moins qu’en 2024. En Île-de-France, il dénombre 13 victimes enregistrées pour un million de voyages, contre 14 en 2024. Les chiffres repris par les internautes figurent bien dans le rapport du SSMSI.
Mais répéter des chiffres ne suffit pas à décrire ce qu’ils mesurent. En les présentant sans définition de leur périmètre ou sans exposer les limites des statistiques policières, on peut alimenter des interprétations beaucoup plus larges que ce que les données permettent d’affirmer.
87 %, oui, mais pour les vols sans violence
Première correction : 87 % ne concerne pas tous les vols. Dans les données détaillées « série longue septembre 2026 » accompagnant l’étude du SSMSI, les étrangers représentent en Île-de-France 87,1 % des mis en cause pour vols sans violence et 60 % pour vols avec violence. Leur part est d’environ 80 % pour l’ensemble de ces vols. Elle atteint 38 % pour les violences physiques et 61 % pour les violences sexuelles.
Cette surreprésentation n’est pas nouvelle. Dans son étude sur l’année 2022, le ministère relevait déjà que 55 % des personnes mises en cause pour vols ou violences dans les transports étaient étrangères, contre 19 % hors transports.
Il reliait – comme il le fait à nouveau en 2026 – la forte présence d’étrangers et de mineurs parmi les mis en cause pour certains vols à « l’existence de filières de criminalité organisée exploitant notamment des mineurs isolés ». Cela signifie que certains mineurs mis en cause peuvent aussi se trouver dans une situation d’exploitation – et donc de victimes – sans que l’étude n’en mesure la proportion.
Par ailleurs, la mise en cause n’est pas synonyme de commission des faits. Ces chiffres donnent à voir les seules personnes identifiées par la police, et non l’ensemble des personnes qui ont commis des infractions.
« Mis en cause » ne veut pas dire « reconnu coupable »
Le SSMSI définit une personne mise en cause comme une personne entendue par la police ou la gendarmerie contre laquelle sont réunis, dans la procédure transmise au parquet, des éléments graves et concordants attestant qu’elle a commis ou tenté de commettre une ou plusieurs infractions.
Par ailleurs, le ministère précise que « toutes les personnes mises en cause ne seront pas reconnues coupables ». Ces données ne sont donc pas une statistique des condamnations.
Les chiffres dépendent aussi de l’activité policière
Le ministère le rappelle lui-même dans sa méthodologie sur la mesure de la délinquance : les statistiques enregistrées portent sur les infractions connues et consignées par les forces de sécurité.
Leur niveau dépend notamment du dépôt de plainte, des priorités policières et de la capacité des services à détecter et enregistrer les faits.
Le SSMSI en donnait une illustration en 2024 : les mises en cause pour usage ou trafic de stupéfiants dans les transports avaient bondi de 53 %, une progression que le ministère reliait à « la présence accrue des forces de sécurité lors des Jeux olympiques et paralympiques ».
Il est possible que l’augmentation du nombre de policiers et gendarmes durant la période des JO de Paris ait conduit à une augmentation des contrôles et donc du nombre de mises en cause. Cela ne signifie pas pour autant que le phénomène a augmenté.
C’est justement la raison qui pousse le SSMSI à compléter les données policières par des enquêtes de victimation, qui interrogent directement la population sur les infractions subies, y compris lorsqu’aucune plainte n’a été déposée. Ces enquêtes permettent de mieux mesurer l’ampleur du phénomène de délinquance.
Dans les transports, par exemple, seules 34 % des victimes de vols aboutis déclarent avoir déposé plainte en 2023. Elles ne permettent en revanche pas de déterminer la nationalité de l’ensemble des auteurs.
87 % ne constitue pas un « taux de délinquance des étrangers »
Autre comparaison trompeuse : rapprocher directement les 87 % de la part des étrangers dans la population.
Selon l’Insee, les étrangers représentaient 9,1 % de la population résidant en France en 2025. Mais cette proportion n’est pas comparable aux 87 %, qui concernent les mis en cause pour une infraction précise dans les transports franciliens et peuvent également inclure des personnes ne résidant pas en France.
Pour calculer un taux réellement comparable selon la nationalité, il faudrait notamment disposer du nombre et du profil des Français et étrangers effectivement exposés dans ces transports (y compris les non-résidents), de leur fréquence d’usage, de leur âge et de leur sexe, tout en tenant compte du fait que les données de mise en cause ne portent que sur les faits élucidés.
Si une telle donnée n’existe pas, le ministère rappelle d’ailleurs que les personnes mises en cause sont très majoritairement des hommes et sont particulièrement jeunes. Le rapport montre aussi que les étrangers sont surreprésentés parmi les victimes : pour les vols sans violence, ils représentent 27 % des victimes dans les transports, contre 13 % hors transports.
Mais là encore, attention à ne pas surinterpréter ces données. S’agit-il principalement de touristes étrangers ou d’étrangers résidant en France ? Les touristes signalent-ils davantage les faits dont ils sont victimes que les résidents ? Et dans quelles proportions ? Le rapport du SSMSI ne permet pas de répondre à ces questions et il est donc impossible d’en tirer des conclusions générales sur les étrangers en tant que catégorie de population.
Une confusion déjà relevée en 2022
La même confusion avait eu lieu durant la présidentielle de 2022. À l’époque, c’est Éric Zemmour qui avait alors affirmé que « 75 % des agressions sexuelles dans les transports en commun sont le fait d’étrangers ».
TF1 Info avait rappelé que les données disponibles concernaient des personnes mises en cause, et non l’ensemble des agressions commises. Nos confrères de l’AFP Factuel avaient également souligné les limites d’une utilisation de ces chiffres pour tirer des conclusions générales sur l’immigration et les violences sexuelles. Quatre ans plus tard, le problème méthodologique reste le même.
Auteurs :
Etienne Merle, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
L’article 87 % des mis en cause pour vols dans les transports franciliens sont-ils vraiment étrangers ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
96,2 % de l’écart entre hommes et femmes est comblé dans l’éducation... mais seulement 22,1 % dans le pouvoir politique. Le 20e rapport du World Economic Forum sur les inégalités entre les femmes et les hommes montre que le pouvoir reste accaparé par la moitié masculine de l'humanité.
L’article Égalité femmes-hommes dans le monde : de lents progrès mais le pouvoir reste masculin est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Laure a perdu son père pendant la canicule. Elle a manifesté le 15 septembre devant le ministère de l’économie pour demander des financements pour l’adaptation climatique. © Kim Vaillant/Vert
«Mon frère est décédé dans la nuit du 26 au 27 juin. “Mort subite provoquée par la chaleur extrême”, nous a dit le médecin. Il avait 65 ans.» La metteuse en scène et photographe parisienne Alita Barletta ne cache pas son émotion lorsqu’elle raconte à Vert le calvaire de sa famille au cœur de la canicule.
Pendant les canicules cet été, Santé publique France a relevé 8 124 morts en excès selon la dernière mise à jour de son bilan publiée ce mercredi. Comme si la ville de Chamonix (Haute-Savoie) avait perdu la quasi intégralité de ses habitant·es. C’est 6,5 fois plus que les 1 240 mort·es de la route décompté·es sur la même période. Cette estimation de l’institution est provisoire car elle ne prend pas encore compte toute la période estivale et il est encore difficile de connaître le nombre de décès directement imputables à la chaleur.
«C’est un nombre de décès quotidiens jamais vu pour cette saison depuis la canicule historique de 2003 et ses 15 000 morts», soulève Robin Lagarrigue, chargé d’études scientifiques à Santé publique France. «On a constaté le pic de mortalité fin juin, autour du 26, lorsque la quasi totalité du territoire était exposée aux fortes chaleurs, le nombre de décès quotidiens est alors passé au-dessus du pic de la grippe de l’hiver dernier», détaille-t-il.
«Avec ma famille, nous avons attendu plus de 24 heures le médecin pour qu’il fasse le constat du décès. Il nous a expliqué qu’il était en retard parce qu’il avait trop de morts à gérer, ça nous a ébranlés, s’indigne Alita Barletta. Ça m’a mise en colère qu’on ne parle pas plus de nos morts.»
La chaleur peut provoquer des hyperthermies, coups de chaleur, malaises ou encore déshydratation, mais aussi aggraver des problèmes respiratoires ou cardiovasculaires. «Si une tempête ou un incendie avait entraîné ces morts, il y aurait eu davantage de réactions», souligne Kévin Jean, épidémiologiste et spécialiste des liens entre santé, environnement et changement climatique.
Ce bilan effroyable a bouleversé le deuil de familles entières. «Les funérariums étaient plein à Paris, regrette Alita Barletta. Le corps a été expédié à Meaux [en Seine-et-Marne, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, NDLR] et nous n’avons pas pu nous y rendre, c’était très douloureux à vivre.»
Quelques jours avant, dans la capitale, le grand-père de Marie-Anne vient de mourir. Dans l’appartement parisien où accourent ses proches, il fait si chaud que la famille ne peut rester dans le salon. «Nous avons organisé un campement de fortune, avec des chaises, des bouteilles d’eau fraîches et des mouchoirs dans la cave», décrit la jeune fille. «Mon papi, la guerre ne l’a pas emporté, le cancer et son AVC non plus, ni la perte de l’amour de sa vie, mais la chaleur, oui», s’insurge-elle.
La canicule de juin a été la plus mortelle de l’été avec ses 5 764 morts en excès. Au mois de juillet, 1 243 décès supplémentaires ont été recensés et 817 en août. Durant la canicule précoce du mois de mai déjà, 300 décès en excès étaient relevés. Les deux tiers des victimes de juin et les trois quarts de celles de juillet avaient plus 75 ans. Si cette partie de la population la plus vulnérable a été particulièrement touchée, aucune génération n’a été épargnée.
«Toutes les tranches d’âge ont été affectées à partir des plus de 15 ans, c’est un nouvel enseignement, pose Kévin Jean. 2003 nous avait montré à quel point nos aînés sont vulnérables, cet été nous a montré que les plus jeunes l’étaient aussi.»
Chez les 15-44 ans, une centaine de décès en excès a été recensée par Santé publique France. Outre les morts, «on a relevé un nombre de passages aux urgences très importants chez les plus jeunes, souligne Robin Lagarrigue. Une quantité jamais vue depuis une vingtaine d’années.»
La majorité des personnes décédées pendant les canicules ne sont pas des décès anticipés de profils déjà fragiles, contrairement aux idées reçues. Avoir des antécédents médicaux ne signifie pas être condamné. «On maintient un contexte qui rend plus vulnérables les personnes ayant une maladie chronique ou des problèmes de santé mentale», souligne Kévin Jean.
Au-delà de l’âge et des antécédents médicaux, de nombreux autres facteurs aggravent le risque de rendre les canicules mortelles. Parmi eux : le logement individuel. Absence de volets, foyer sous les toits, mauvaise isolation… La température peut facilement dépasser les 30 degrés Celsius (°C) en intérieur. «Il faut en parler, insiste Alita Barletta. Mon frère a fait tous les rituels recommandés par le gouvernement, on s’appelait tous les jours pour se rappeler de se mouiller le corps, de boire, mais il vivait sous les toits, forcément ça ne suffisait pas.»
Les morts à domicile à cause de la chaleur emmagasinée dans les logements sont encore sous-estimées. © Thibaud Moritz/AFP
D’après une étude de Santé publique France réalisée après la canicule de 2003, vivre dans une chambre sous les combles multiplie par quatre le risque de mourir à cause de la chaleur. «Il ne me semble pas aberrant de parler de 70% de la mortalité liée au logement, estime Basile Chaix, directeur de recherche à l’Institut nationale de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur les liens entre changement climatique et santé. Oui, c’est considérable, les mesures prises aujourd’hui vont dans le bon sens mais restent insuffisantes.»
Selon Santé publique France, les décès à domicile, à l’hôpital ou en lieux de vie communs (Ephad, maisons de retraite) ont tous augmenté. Depuis la canicule de 2003, les mesures telles que l’installation de la climatisation dans au moins une pièce de chaque maison de retraite ont permis d’éviter de revivre l’hécatombe d’il y a 23 ans. Mais «les efforts sont encore insuffisants dans ces lieux collectifs», déplore Basile Chaix. Les personnes âgées continuent d’y décéder en raison des températures extrêmes, tout comme à leur domicile.
«Le nombre de morts dus à un logement trop chaud est sans doute sous-estimé», insiste Robin Laggarigue. Des victimes d’hyperthermie à cause de la chaleur de leur appartement peuvent se rendre à l’hôpital et y mourir, sans que l’on puisse remonter leur parcours d’arrivée aux urgences. Pour Basile Chaix, «tant qu’on n’aura pas traité le problème du logement individuel, on aura du mal à faire baisser la mortalité.»
Les plus précaires sont aussi les plus exposé·es : un appartement plus petit, qui n’est pas traversant, avec des protections solaires de moindre qualité peuvent contribuer à transformer le logement en bouilloire thermique. Ils et elles ont également moins d’accès à un échappatoire hors de la ville et vivent parfois dans des déserts médicaux. S’ajoutent à cela les métiers les plus exposés à la chaleur : faire partie de la classe socio-professionnelle des ouvrier·ères multiplie ainsi le risque de mortalité par 3,6.
«L’impact du changement climatique se construit sur une superposition d’inégalités qui se renforcent les unes et les autres, explique Kévin Jean. Les inégalités se cumulent à tous les niveaux : l’exposition et les moyens d’y faire face, les facteurs de vulnérabilité et l’accès aux soins.»
Vivre dans des ilots de chaleurs urbains, ces espaces très minéralisés avec peu de végétation, accroît également le risque de mourir en périodes de fortes chaleurs. C’est le résultat d’une étude de Santé publique France et de l’Observatoire régionale de santé Institut Paris région sur la période 1990-2015.
«On considère le nombre de morts de l’été comme une fatalité alors que c’est le résultat de réactions politiques trop lentes et d’un manque d’adaptation.»
Dans ces espaces urbains, la chaleur est emmagasinée la journée dans les murs des bâtiments et l’asphalte puis restituée la nuit. Un phénomène éprouvant pour le corps car «le lien entre la chaleur et les risques pour la santé ne se fait pas qu’aux températures les plus élevées de la journée, mais surtout dans la capacité de l’organisme à récupérer la nuit après le stress thermique du jour», rappelle le climatologue Philippe Drobinski.
Dans Paris et sa petite couronne, la différence de température entre les zones centrales et la périphérie est en moyenne de 3°C mais peut monter jusqu’à 8°C voir 10°C. «Les risques de mortalité sont 18% plus élevés dans les communes les moins arborées, sans compter les facteurs socio-économiques qui ajoutent par ailleurs de la vulnérabilité», note le chercheur.
Selon Philippe Drobinski, «l’adaptation doit aussi être une politique de réduction des inégalités et de santé publique pour éviter que dans certains quartiers ne se superposent la précarité, les ilots de chaleur urbains, un manque d’accès aux soins et une concentration de populations âgées ou fragiles.»
«On considère le nombre de morts de l’été comme une fatalité alors que c’est le résultat de réactions politiques trop lentes et d’un manque d’adaptation», abonde Kévin Jean. Retard de la campagne de sensibilisation de Santé Publique France freinée par le ministère de la santé au mois de mai, diminution drastique du Fonds vert destiné à l’adaptation au changement climatique dans les collectivités territoriales, chute du financement de l’isolation thermique des écoles… La liste des renoncements du gouvernement est longue.
«Les différents gouvernements semblaient se dire : on peut couper dans les budgets des politiques climatiques, les conséquences ne se verront pas directement. Mais cet été, les conséquences ont été très directes, et on en a payé le prix humain, constate Kévin Jean. Si on n’insiste pas sur le bilan des morts, si on n’en tire pas les conséquences, les politiques tourneront la page trop tôt.»

Source :Compte X d'Éric Ciotti, 12 septembre 2026
Etiqe :Non
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Ce samedi 12 septembre 2026, le maire (UDR) de Nice Éric Ciotti a fait savoir qu’il avait demandé l’annulation d’un mariage prévu à 11 h au parc Phoenix, après qu’un cortège nuptial eut, selon lui, bloqué une voie rapide et multiplié les infractions au code de la route. Il a posé une règle générale : « Chaque mariage provoquant des troubles à l’ordre public sera automatiquement annulé ».
Certains habitants de la Cité des Anges applaudissent la mesure, quand d’autres estiment qu’elle est disproportionnée. Et qu’en dit le droit ?
Un seul cas possible de suspension du mariage
Un maire a, dans ses fonctions, deux rôles : celui d’officier d’état civil et celui d’autorité de police. Comme officier d’état civil, le maire agit au nom de l’État, sous le contrôle du procureur de la République. À ce titre, il ne peut ni refuser ni annuler un mariage dès lors que ce mariage répond aux conditions du code civil : le trouble à l’ordre public n’est pas un motif d’annulation.
Le seul mécanisme permettant de bloquer ou différer une union à ce stade concerne le consentement : lorsqu’il existe des indices sérieux qu’un mariage est forcé ou blanc, l’officier d’état civil ne peut que saisir le ministère public, qui seul peut décider de s’opposer au mariage ou d’en surseoir la célébration. Rien de tout cela ne vise l’ordre public.
Reporter le mariage pour préserver l’ordre public
Comme autorité de police administrative, le maire peut en revanche, à titre exceptionnel, reporter — et non annuler — la célébration en cas de risque de trouble à l’ordre public.
C’est ce qu’a jugé le Conseil d’État en 2024. Encore faut-il que deux conditions soient réunies selon le juge : un risque de troubles graves à l’ordre public avéré et documenté si le mariage était effectivement célébré, et le report doit être temporaire.
Cette mesure n’est admise par le juge que si aucune autre solution, telle que le renforcement des forces de police, ne suffit. Le Conseil d’État exige aussi que le mariage se tienne « dès que possible », dans les heures ou, au plus, les jours suivants : la validité du report dépend donc aussi de sa brièveté.
Ce cadre découle de la nécessité de concilier deux exigences. Le droit de se marier est garanti par l’article 12 de la Convention européenne des droits de l’homme, et la liberté du mariage a valeur constitutionnelle (rattachée à la liberté personnelle). La sauvegarde de l’ordre public étant, de son côté, un objectif de valeur constitutionnelle, le maire doit rechercher un équilibre et ne prendre que des mesures nécessaires et proportionnées.
C’est pourquoi, lorsque Éric Ciotti annonce qu’« automatiquement » tout mariage à cortège perturbateur ne sera pas célébré, il se place en opposition frontale avec les exigences du juge qui impose une appréciation au cas par cas, et une réponse motivée et proportionnée.
Étant entendu que l’annulation définitive n’est, elle, jamais permise, le maire peut agir sur le cortège lui-même (verbalisations, arrêté réglementant la circulation), mais pas supprimer la cérémonie civile.
C’est du reste ce que reconnaît implicitement Éric Ciotti lui-même : le 14 septembre, sur France 2, il a indiqué que la cérémonie serait reportée. C’est la seule option que le droit lui laissait, ce qui confirme que le terme « annulé », largement repris par les internautes, était juridiquement inexact.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Source :Compte Facebook, le 9 septembre 2026
Etiqe :Très imprécis
Contenu :
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’accès des étrangers aux aides sociales revient dans le débat public. Marine Le Pen a ainsi remis en avant, lors du lancement de sa campagne en septembre 2026, la « priorité nationale », notamment pour les prestations sociales et le logement.
Sur les réseaux sociaux aussi, le sujet pointe le bout de son nez. Dans certaines publications, plusieurs prestations sont mises bout à bout pour suggérer qu’elles pourraient être cumulées, y compris par des personnes en situation irrégulière : RSA, aides au logement ou encore prestations familiales.
Mais cet empilement de dispositifs oublie de préciser que ces derniers ne répondent ni aux mêmes conditions, ni nécessairement aux mêmes publics. Surtout, le fait qu’une prestation soit accessible à certains étrangers ne signifie pas qu’elle le soit à tous, ni qu’elle puisse être cumulée sans condition avec les autres.
Alors, à quelles prestations les étrangers ont-ils réellement droit, et sous quelles conditions ? Et que disent vraiment les statistiques sur leur part parmi les bénéficiaires ?
RSA : cinq ans de titre de séjour dans la plupart des cas
Pour bénéficier du RSA, un ressortissant d’un pays extérieur à l’Union européenne, à l’Espace économique européen et à la Suisse doit, en principe, être titulaire depuis au moins cinq ans d’un titre de séjour l’autorisant à travailler. C’est ce que prévoit l’article L. 262-4 du code de l’action sociale et des familles.
Mais des exceptions existent pour, entre autres, les réfugiés, les bénéficiaires de la protection subsidiaire, les apatrides et les titulaires d’une carte de résident. Pour ces personnes, le délai de cinq ans ne s’applique pas.
Cela ne signifie pas pour autant que le RSA leur est automatiquement versé. Comme les autres bénéficiaires, elles doivent notamment résider en France de manière stable et effective et appartenir à un foyer dont les ressources sont inférieures au montant forfaitaire du RSA. Il faut également (sauf exceptions) être âgé de plus de 25 ans ou avoir un ou plusieurs enfants à charge ou à naître.
Du côté des chiffres, l’affirmation selon laquelle environ 15 % des bénéficiaires seraient des étrangers extra-européens repose bien sur une statistique officielle. Dans une réponse publiée le 20 juin 2023, le gouvernement indiquait qu’au 30 juin 2022, moins de 300 000 foyers bénéficiaires du RSA avaient pour responsable de dossier une personne issue d’un pays hors Union européenne ou Espace économique européen, soit 15,6 % de l’ensemble des foyers bénéficiaires du RSA.
Le chiffre de 15,6 % est donc exact, mais il ne porte pas sur l’ensemble des personnes vivant dans un foyer bénéficiaire du RSA. Il signifie que, parmi les foyers bénéficiaires, 15,6 % ont pour responsable de dossier une personne étrangère extra-européenne.
Comme le RSA est calculé à l’échelle du foyer, la statistique classe celui-ci selon la nationalité de son responsable de dossier. Un foyer ainsi comptabilisé peut donc comprendre un conjoint ou des enfants français ou, inversement, un foyer dont le responsable est français peut comprendre une personne étrangère.
Quoi qu’il en soit, en juin 2026, 1,891 million de foyers percevaient le RSA en France, toutes nationalités confondues, selon la Drees. À titre de comparaison, la dernière dépense annuelle détaillée publiée par la Drees s’élevait à 12,2 milliards d’euros en 2023 pour le RSA. Cette dépense représentait environ 0,43 % du PIB français.
Prime d’activité : là aussi, cinq années de séjour pour beaucoup d’étrangers
La prime d’activité prévoit elle aussi, pour de nombreux ressortissants hors UE, EEE et Suisse, une condition de cinq années de détention d’un titre de séjour autorisant à travailler.
Là encore, cette condition ne concerne pas les réfugiés, les bénéficiaires de la protection subsidiaire, les apatrides ou les titulaires d’une carte de résident, conformément à l’article L. 842-2 du code de la Sécurité sociale.
La prime d’activité complète par ailleurs les revenus tirés d’une activité professionnelle : ses bénéficiaires sont donc, par définition, des travailleurs disposant de revenus modestes.
En juin 2026, 4,731 millions de foyers bénéficiaient de la prime d’activité en France, toutes nationalités confondues, selon la Drees. En revanche, ce suivi statistique national ne propose pas de données selon la nationalité. Il ne permet donc pas de déterminer directement quelle proportion des bénéficiaires sont étrangers.
Les personnes sans titre de séjour peuvent-elles toucher les APL ? Non
Autre élément parfois ajouté à cet « empilement » de dispositifs : les personnes en situation irrégulière pourraient bénéficier d’aides au logement. Ce n’est pas vrai.
Les principales aides personnelles au logement sont l’aide personnalisée au logement (APL), l’allocation de logement familiale (ALF) et l’allocation de logement sociale (ALS). Pour les étrangers, leur attribution est soumise à une condition de régularité du séjour, conformément à l’article L. 822-2 du code de la construction et de l’habitation. Une personne en situation irrégulière ne peut donc bénéficier ni de l’APL, ni de l’ALF, ni de l’ALS.
La régularité du séjour ne suffit d’ailleurs pas, à elle seule, à ouvrir droit à ces aides : le demandeur doit également remplir les autres conditions prévues pour la prestation concernée, notamment celles liées au logement et aux ressources.
Les étrangers extra-communautaires peuvent donc bénéficier des aides personnelles au logement lorsqu’ils remplissent ces conditions et justifient de la régularité de leur séjour. Selon une réponse du ministère chargé du Logement publiée en avril 2023, ils représentaient alors 14,8 % des ménages bénéficiaires, soit 859 554 ménages, et 16,4 % des dépenses, soit 2,4 milliards d’euros.
Enfin, une personne sans titre de séjour peut relever d’autres dispositifs, comme l’hébergement d’urgence. Mais celui-ci obéit à d’autres règles et ne constitue pas une aide personnelle au logement versée à l’allocataire.
Prestations familiales « dès l’arrivée » : possible dans certains cas
Pour les prestations familiales, la situation est différente. Car contrairement au RSA ou à la prime d’activité, le code de la sécurité sociale ne prévoit pas de délai général de cinq ans de séjour.
L’article L. 512-1 indique que toute personne française ou étrangère résidant en France et ayant à sa charge un ou plusieurs enfants résidant eux aussi en France peut bénéficier, pour ces enfants, des prestations familiales, sous réserve des conditions propres à chacune d’elles.
Le même code impose également une condition de résidence stable en France. Depuis 2025, pour les prestations familiales, le séjour principal suppose notamment une présence effective en France pendant plus de neuf mois au cours de l’année civile de versement.
Les ressortissants d’un pays extérieur à l’Union européenne, à l’Espace économique européen et à la Suisse doivent, en plus, disposer d’un titre leur permettant de résider régulièrement en France.
La liste des justificatifs admis comprend notamment la carte de résident, la carte de séjour temporaire et certains visas de long séjour valant titre de séjour.
La situation de l’enfant compte également. Lorsqu’il est étranger (hors UE, EEE, Suisse), l’article L. 512-2 impose notamment de pouvoir justifier, selon les cas, de sa naissance en France, de son entrée régulière dans le cadre du regroupement familial, de sa qualité de membre de famille de réfugié ou de l’une des autres situations expressément prévues par la loi.
Il est donc possible qu’un étranger remplissant ces conditions ouvre des droits aux prestations familiales sans avoir attendu plusieurs années après son arrivée en France. Cela ne veut pas pour autant dire que tout étranger, quel que soit son statut, peut automatiquement en bénéficier dès son arrivée sur le territoire, comme peuvent le suggérer des internautes.
Des affirmations à être nuancées
Le chiffre de 15,6 % concernant le RSA est bien fondé : en 2022, cette proportion de foyers bénéficiaires avait pour responsable de dossier une personne issue d’un pays hors UE. Mais il ne renseigne pas sur la nationalité de l’ensemble des personnes couvertes par le RSA, puisqu’il porte uniquement sur celle du responsable du dossier.
Sur les aides au logement, l’affirmation selon laquelle une personne en situation irrégulière pourrait percevoir les APL est en revanche fausse. Leur attribution aux étrangers suppose un séjour régulier. Et cette dernière condition ne suffit pas toujours : depuis le 1er juillet 2026, certains étudiants étrangers en séjour régulier sont également exclus du dispositif.
Enfin, certains étrangers peuvent effectivement bénéficier de prestations familiales sans attendre cinq ans. Mais parler de prestations versées « dès l’arrivée » sans autre précision est trompeur. Il faut notamment résider régulièrement en France et, pour les enfants étrangers nés hors de France, remplir les conditions prévues concernant leur entrée ou leur statut.
Auteurs :
Auteur : Etienne Merle, journaliste
Relecteurs : Pascal Caillaud, chargé de recherche CNRS en droit social, université de Nantes
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
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