Avec 8 à 10 data centers, répartis sur 195 hectares (l’équivalent de 273 terrains de football) et nécessitant une puissance électrique supérieure à 500 MégaWatt, ce projet pourrait devenir l’un des plus colossaux en France.
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Pour faire la promo d’une plateforme de paris sportifs, l’actrice américaine Sydney Sweeney apparaît nue. Des athlètes de haut niveau dénoncent une sexualisation des corps des sportives et s’indignent de cette « régression ».
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L’équipage passe des heures à mettre des agrafes sur les branches de posidonie. © Josué Toubin-Perre/Vert
«Quatre !», «Quatre !», «Deux !», «Deux !», «Cinq !», «Cinq !» ; «Stop ! La caisse est pleine.» Dans la baie de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes), à l’arrière du Victoria IV, bateau océanographique de 17 mètres de long, on passe des heures à compter les faisceaux, ces feuilles qui sortent de la posidonie.
Cette plante sous-marine, protégée car menacée, tapisse de nombreuses côtes méditerranéennes sous forme d’herbiers de 0 à 40 mètres de profondeur. Elle est connue du grand public pour ses feuilles qui tombent chaque hiver et qui finissent sur les plages. «On ne se plaint pas, regardez comme le cadre de travail est paradisiaque», s’amuse Sébastien Personnic, docteur en biologie marine qui travaille pour le bureau d’étude et d’intervention écologique Andromède océanologie. Dans un mouvement de cheveux digne des surfers californiens, il montre les villas multicolores sur la côte baignées de soleil.
Lui et son équipage de sept biologistes-plongeur·ses passent douze semaines chaque année à bord du Victoria IV pour le programme Repic (Restaurer la posidonie impactée par les ancres). Ils et elles ont pour mission de récolter des herbiers arrachés par des ancres de bateaux, les mettre dans des caisses puis les replanter sur des fonds marins sur trois sites pilotes : Villefranche-sur-mer bien sûr, Beaulieu-sur-mer et le golfe Juan. Le projet est notamment soutenu par l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et le Fonds vert, ainsi que par des entreprises privées.
Quand les matelots arrivent à 45 faisceaux de posidonie dans une caisse, ils et elles commencent à remplir la suivante. «La plante est toujours vivante et peut se réimplanter grâce à son rhizome [une tige souterraine, semblable à une racine, NDLR], explique Sébastien Personnic. Nous lui donnons un coup de pouce avec des agrafes en fer qui vont se dégrader à terme sans polluer, le temps qu’elle se reconnecte au fond marin. C’est un peu comme un tuteur pour un arbre sur terre.»
Au fond de la Méditerranée, chaque caisse permet de couvrir un cercle d’un mètre de diamètre, espacé des autres cercles de deux mètres. «Nous avons fait de nombreux tests, et c’est cette disposition en grille qui a le mieux marché», explique le docteur en biologie marine.
La replantation en cercles et en quadrillage est celle qui a donné les meilleurs résultats. © Laurent Ballesta
Le programme Repic s’approche des 10 000 m2 replantés. «Avec un taux de survie des faisceaux de plus de 80%», se félicite Sébastien Personnic. Il préfère parler de «forêt de posidonie» plutôt que d’«herbiers» (le terme scientifique consacré), car «cela invite plus à la protéger».
«10 000 m2, c’est à la fois énorme et, en même temps, c’est l’équivalent d’un hectare. Nous avons conscience que ce n’est presque rien par rapport à ce qui a été perdu. Nous replantons mais, la première chose à faire, c’est de tout mettre en place pour arrêter de les détruire», expose-t-il.
La posidonie, qui tire son nom du dieu grec Poséidon et qui n’existe qu’en mer Méditerranée, a subi un important recul en un siècle seulement. On en compte aujourd’hui 80 000 hectares sur le littoral français, soit 10% de moins qu’il y a cent ans. Et deux millions d’hectares sur l’ensemble de la Méditerranée, où la perte est plus difficile à estimer mais pourrait s’élever à plus de 30%, selon les chiffres de l’ONG WWF.
«Plus de 20% de la biodiversité méditerranéenne se trouve dans les herbiers de posidonie. Les poissons s’en servent notamment comme d’une nurserie, et les petites espèces en général y trouvent un refuge pour prospérer.»
«C’est pourtant une espèce clé. Plus de 20% de la biodiversité méditerranéenne se trouve dans les herbiers de posidonie, détaille Jo-Ann Schies, biologiste marine qui travaille pour le programme Repic. Les poissons s’en servent notamment comme d’une nurserie, et les petites espèces en général y trouvent un refuge pour prospérer.»
Sébastien Personnic, superviseur du programme Repic. © Josué Toubin-Perre/Vert
En plus de fournir des stocks de poisson, les herbiers rendent d’innombrables services aux humains et aux écosystèmes. «En cas de tempête, ils atténuent la puissance des vagues ; le tissu racinaire et les feuilles mortes qui échouent sur les côtes aident à limiter l’érosion des plages pendant les grands vents d’hiver, souligne Jo-Ann Schies. Ils peuvent stocker jusqu’à huit fois plus de carbone qu’un sol forestier et ils produisent énormément d’oxygène. Pour le tourisme, la sécurité, la santé… À chaque herbier détruit, nous perdons une valeur inestimable.»
Ces dernières années, ce sont surtout les ancres des bateaux de plaisance qui ont fait des ravages. Des lois et des cartes qui montrent où s’amarrer ont limité le phénomène, mais les fonds marins portent encore des cicatrices. «Nous avons un autre programme où nous cartographions l’ensemble des herbiers de posidonie en France. Partout sur nos radars, nous voyons des lignes droites sur les fonds marins qui correspondent à des ancres qui ont tout arraché sur leur passage», regrette Jo-Ann Schies.
Si la baie de Villefranche-sur-Mer a été choisie comme site pilote de replantation, c’est qu’elle a été le théâtre de l’un des plus grands reculs de la posidonie en France, à cause de dizaines de bateaux qui naviguent dans le secteur. «Maintenant qu’on a obtenu qu’ils ne puissent plus jeter leur ancre n’importe comment, on peut commencer ce travail de réhabilitation des écosystèmes», détaille la biologiste.
Une nouvelle pression s’ajoute : le réchauffement climatique. «Il n’y a pas encore de consensus sur l’impact des canicules marines sur la posidonie, car on manque de recul, prévient Patrick Astruch, ingénieur de recherche pour le Groupe d’intérêt sur la posidonie, qui dépend de l’université Aix-Marseille (Bouches-du-Rhône). Ce qui est sûr, c’est qu’à cause des enfers maritimes que l’on voit maintenant chaque été, elle est automatiquement impactée, comme tous les êtres vivants. On voit déjà des feuilles blanchir lors des événements les plus chauds.»
Le Victoria IV, bateau scientifique dans la baie de Villefranche-sur-mer. © Josué Toubin-Perre/Vert
Une étude parue en juillet 2025 dans la revue Scientific Reports parle d’une possible perte d’habitat de 75% pour la posidonie d’ici 2050, à cause du réchauffement des eaux. Une estimation à prendre avec précaution. «La capacité de résilience de cette plante, qui peut aussi bien vivre à 0 ou 40 mètres de profondeur, nous étonne de plus en plus, souligne Patrick Astruch. Avant, on pensait qu’avec une eau au-delà de 29 degrés, c’était fini pour elle ; je reviens de Tunisie où j’ai vu des herbiers plongés dans une mer à 33 degrés pendant plusieurs semaines : ils n’aiment pas, les feuilles commencent à blanchir, mais ils ne meurent pas. C’est assez exceptionnel.»
Face aux chaleurs extrêmes, la posidonie semble également réagir de manière assez spéciale. C’est une plante à fleurs, qui connaît tous les dix ans une floraison intense et coordonnée. Les scientifiques pensent que le phénomène est enclenché lors d’étés infernaux. «La dernière fois que nous avons observé cette floraison, c’était en 2023, qui est à ce jour l’été ayant vu les canicules marines les plus importantes – même si 2026 va sûrement le surpasser, observe Patrick Astruch. C’est peut-être un mécanisme de survie assez unique.»
Pour les opérations de renaturation comme Repic, les canicules marines doivent aussi être considérées. «Les premières années, nous avons replanté à moins de dix mètres de profondeur, là où les variations de températures sont les plus importantes, se souvient Sébastien Personnic. Ça n’a pas été une réussite et nous avons appris de cette erreur en plantant plus en profondeur.»
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Source : Vert
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Source :BFMTV, le 8 septembre 2026
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Le cru 2025 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) suscite de vives inquiétudes. Publié le 8 septembre 2026 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le baromètre documente une baisse générale des compétences en lecture et mathématiques au sein des pays développés. La France décroche de la 26e à la 27e place sur les 91 pays enquêtés par rapport à 2022.
À qui la faute ? Au « téléphone », répond dans Le Monde le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, pour qui les réseaux sociaux sont « une arme de destruction intellectuelle massive ». « Il y a un facteur qui est très probablement à l’origine de cette baisse massive [du niveau des enfants], c’est l’usage du téléphone portable », abonde la journaliste conservatrice Laetitia Strauch-Bonart sur le plateau de BFMTV.
Mais à y regarder de plus près, cette affirmation est au minimum exagérée, voire trompeuse. L’état des connaissances scientifiques ne permet pas d’attribuer une aussi grande importance au smartphone dans l’analyse des performances des élèves.
Pas de lien avec l’interdiction à l’école
Pour comprendre la manière dont les scientifiques analysent l’impact des écrans sur les apprentissages, il faut distinguer différentes situations : l’utilisation du smartphone au sein de l’établissement d’une part, et son utilisation plus générale dans la vie quotidienne.
L’enquête Pisa se concentre quasi exclusivement sur l’utilisation des appareils numériques dans le cadre scolaire. Elle distingue différentes activités dans le cadre de cette utilisation : celles à des fins pédagogiques et celles à des fins de loisirs. Dans cette dernière catégorie, l’OCDE liste à la fois l’utilisation des réseaux sociaux, mais aussi la lecture d’articles d’information ou encore l’écoute de musique. Et contrairement aux affirmations de certains commentateurs, les rapporteurs de l’OCDE se montrent plutôt nuancés.
« Une utilisation limitée ou modérée des appareils numériques à des fins pédagogiques à l’école est souvent associée à une amélioration des résultats », relèvent les auteurs du rapport. « Toutefois, en cas d’utilisation de ces appareils à des fins de loisirs à l’école, la corrélation s’inverse totalement, les élèves obtenant alors des résultats nettement inférieurs. »
Le rapport questionne par conséquent « la compatibilité d’appareils tels que les smartphones […] avec le niveau soutenu de concentration qu’exige l’apprentissage en classe », mais reconnaît aussi que « la technologie a tout pour être un puissant levier d’apprentissage, à condition toutefois que les élèves soient dotés des outils […] pour l’utiliser à bon escient ».
À rebours de cette prudence, toujours dans Le Monde, Edouard Geffray se fait catégorique : « [L]es données [Pisa] justifient rétrospectivement l’interdiction du téléphone portable au lycée », entrée en vigueur en France à la rentrée 2026. Mais rien n’est moins vrai : les données recueillies par l’OCDE dressent un constat plutôt contraire à cette analyse.
La part d’élèves scolarisés dans des établissements appliquant une interdiction des téléphones portables est passée de 34 % en moyenne au sein de l’OCDE en 2022, à 49,5 % en 2025. Sans qu’il soit possible de relier cette hausse de l’interdiction des smartphones à une amélioration des résultats. La corrélation est même plutôt inverse. Douze des vingt pays qui obtiennent les meilleurs scores au Pisa affichent un taux de scolarisation dans des établissements interdisant le téléphone inférieurs à la moyenne de l’OCDE.
Pire, les auteurs remarquent qu’en 2025, les pays qui affichaient les taux les plus élevés d’interdiction du téléphone à l’école avaient tendance à afficher des performances moyennes plus faibles en sciences. Cela « ne signifie pas forcément que les interdictions en elle-mêmes conduisent à une baisse de la performance », notent les rapporteurs. Il est par exemple possible que l’interdiction ait été introduite comme une mesure d’atténuation dans des pays qui affichaient déjà de faibles résultats.
En revanche, ces conclusions, qui s’inscrivent dans la droite lignée des précédentes études menées à ce sujet, sont loin de démontrer un lien de cause à effet entre l’interdiction du smartphone au sein de l’établissement et l’amélioration des résultats des élèves, contrairement à ce qu’affirme Edouard Geffray.
En définitive, bien que les auteurs du baromètre formulent l’intuition que « le passage à la lecture numérique […] pourrait compromettre la capacité des élèves à appréhender des textes et des données complexes », ils préviennent aussi que « nul ne peut l’affirmer avec certitude ». Et ce, pour une raison simple : la littérature scientifique n’a jamais démontré l’impact déterminant pour les résultats scolaires de l’usage du smartphone.
Corrélation n’est pas causalité
Si les études en sciences de l’éducation suggèrent « une relation négative » entre certains usages (récréatifs, intensifs ou distrayants pendant les cours) du smartphone et les résultats scolaires, « leur interprétation causale demeure délicate », explique Claude Diebolt, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’économie de l’éducation et auteur d’un article analysant les performances des élèves français sur 50 ans.
« Ici, il faut distinguer corrélation, mécanisme plausible et causalité », précise le chercheur. Que l’utilisation du smartphone puisse, dans certains cas, être plausiblement considérée comme ayant une influence négative sur les résultats scolaires « ne signifie pas encore que son importance causale soit établie ».
D’autant plus, note l’expert, que si ce facteur peut contribuer à expliquer la baisse Pisa, cela « ne signifie pas qu’il en constitue la cause principale ». Attribuer cette contre-performance à un unique coupable ne fait de toute façon pas sens au regard de la méthode scientifique.
« Les performances scolaires sont le produit d’une histoire et de mécanismes complexes : acquis antérieurs, environnement familial et socio-économique, qualité de l’enseignement, climat scolaire, temps effectivement consacré aux apprentissages, absentéisme, motivation, effets persistants de la pandémie, etc. Mais aussi interactions entre tous ces facteurs. Chercher une cause unique à une évolution agrégée comme celle de Pisa me paraît donc méthodologiquement fragile, pour employer un euphémisme », recadre Claude Diebolt.
Le rapport Pisa ne dit pas autre chose. L’analyse de l’OCDE est multifactorielle et juxtapose divers indicateurs tels que le genre des élèves, leur motivation ou leur origine. Les auteurs rappellent par exemple que « le milieu socio-économique reste fortement lié à la réussite des élèves, expliquant 12 % de la variation intra-nationale des résultats en sciences ».
En résumé, faire du smartphone le principal facteur explicatif de la baisse globale des scores Pisa va « au-delà de ce que permettent d’établir les connaissances scientifiques disponibles », selon Claude Diebolt. « La question la plus intéressante n’est sans doute pas seulement de savoir combien de temps les élèves passent devant un écran, mais ce qu’ils font de ce temps, [et] ce que l’école parvient (ou non) à transformer en apprentissages », conclut le chercheur.
Auteurs :
Auteur : Nicolas Turcev, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
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