Nouveau départ au sein du SGPE, le Secrétariat général à la planification écologique. Augustin Augier quitte la tête de cette structure chargée d'assurer la cohérence des politiques écologistes du gouvernement. Il avait pris ce poste en juin 2025, à la suite d'Antoine Pellion. Il a été remplacé le 10 septembre par Vincent Tejedor, chef du pôle vert de Matignon.
Dans un article du Monde, plusieurs personnalités saluent le travail effectué par Augustin Augier durant un an. « Il a fait le job (…)
D'après le baromètre de la pauvreté et de la précarité, commandé par le Secours populaire français et publié le 10 septembre, un quart de la population (26 %) est en situation de fragilité économique. Un chiffre en hausse de pas moins de 6 points en un an, remarque l'association.
Autre enseignement : la précarité énergétique est une réalité. Pour plus de trois Français interrogés sur quatre, les factures d'énergie représentent une part élevée de leur budget. Pour près d'un sur six, elle (…)
Dans La Grande Librairie sur France 5, Adèle Haenel a saisi l’opportunité de la carte blanche laissée en fin d’émission pour briser le silence. Autour des violences sexistes et sexuelles, mais également autour du génocide en Palestine. Dans un discours aussi limpide que puissant, elle fait le choix, rare dans les milieux culturels, d’évoquer les victimes et de dénoncer les coupables.
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À l’approche de 2027 et comme à chaque élection, les candidats français comparent de plus en plus les politiques migratoires européennes. La France accueille-t-elle davantage d’étrangers que ses voisins ? Selon Eurostat, 9,4 % de ses habitants étaient étrangers début 2025, une proportion légèrement inférieure à la moyenne de l’Union européenne.
Cet été, la crise migratoire à Ceuta a directement alimenté la campagne présidentielle française. Le 31 juillet 2026, Marine Le Pen (RN) a profité de la situation pour réaffirmer sa volonté de réserver la libre circulation dans l’espace Schengen aux seuls citoyens européens. Jean-Luc Mélenchon (LFI) lui a répondu en appelant la France à ne pas laisser l’Espagne « seule face à l’épreuve » et à organiser une « coordination européenne ».
L’Espagne n’est pas le seul voisin invoqué. Lors du premier grand débat entre candidats organisé le 27 août, Raphaël Glucksmann (Place publique) s’est servi de l’Italie pour attaquer le programme du Rassemblement national : selon lui, Marine Le Pen ferait, une fois au pouvoir, « comme Madame Meloni », en promettant de réduire fortement l’immigration avant de faire marche arrière en constatant les besoins de main-d’œuvre étrangère.
Ces comparaisons ne sont pas nouvelles dans le débat public. Certains pays européens sont présentés comme des modèles, d’autres comme des contre-exemples selon les couleurs politiques. Fin mai 2026, François-Xavier Bellamy (Les Républicains) accusait ainsi le gouvernement de ne pas suivre suffisamment le durcissement engagé dans d’autres pays européens, au risque de faire de la France « la passoire de l’Europe ».
À l’approche de 2027, cette comparaison devrait donc continuer d’alimenter le débat. Alors, où se situe la France par rapport à ses voisins européens ?
Tout dépend de ce que l’on mesure : nombre total d’étrangers, part dans la population, entrées annuelles ou solde migratoire ne donnent pas le même classement.
En nombre absolu, la France fait partie des premiers
Tout d’abord, une précision méthodologique s’impose. Les comparaisons européennes reposent ici sur les données d’Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, et non sur celles de l’Insee. La raison est simple : les statistiques nationales ne sont pas toujours produites selon les mêmes définitions, les mêmes calendriers ou les mêmes méthodes.
Eurostat harmonise ces données afin de permettre des comparaisons entre les États membres sur une base commune. Dans sa définition, l’organisme européen désigne par étrangers les personnes qui ne possèdent pas la nationalité du pays dans lequel elles résident. Autrement dit, cette catégorie comprend les ressortissants d’un autre État membre de l’Union européenne et ceux d’un pays extérieur à l’UE.
Les chiffres retenus pour la France peuvent donc différer légèrement de ceux publiés par l’Insee. Ainsi, avec plusieurs millions de résidents étrangers, la France fait partie des pays de l’Union européenne qui en comptent le plus en nombre absolu.
Au 1er janvier 2025, Eurostat comptabilise environ 12,4 millions de résidents étrangers en Allemagne, 6,9 millions en Espagne, 6,5 millions en France et 5,4 millions en Italie [Voir note méthodologique en fin d’article].
Mais l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne comptent également parmi les États les plus peuplés de l’Union européenne. Comparer uniquement les effectifs bruts peut donc conduire mécaniquement à faire remonter les grands pays dans le classement.
Un État très peuplé peut compter plusieurs millions d’étrangers sans que ceux-ci représentent une proportion particulièrement élevée de ses habitants. À l’inverse, un petit État peut compter beaucoup moins d’étrangers en valeur absolue mais une proportion beaucoup plus forte dans sa population.
Au 1er janvier 2025, par exemple, les étrangers représentent 47 % de la population du Luxembourg, 29,4 % de celle de Malte et 24,8 % de celle de Chypre.
En part de population, la France est en dessous de la moyenne de l’UE
Au 1er janvier 2025, les personnes ne possédant pas la nationalité du pays dans lequel elles résident représentent environ 9,9 % de la population de l’Union européenne, selon les données d’Eurostat.
En France, cette proportion est d’environ 9,4 %, selon la même source, la plaçant au 14e rang des 27 pays de l’Union européenne, soit pratiquement au milieu du classement. Chez ses grands voisins, les situations diffèrent. La proportion atteint environ 14,8 % en Allemagne et 14,1 % en Espagne, tandis qu’elle se situe autour de 9,1 % en Italie.
Un constat utile lorsque les politiques de ces pays sont invoquées dans le débat français. Au printemps 2026, par exemple, la décision du gouvernement de Pedro Sánchez d’ouvrir une procédure de régularisation extraordinaire susceptible de concerner environ 500 000 ressortissants de pays hors Union européenne en situation irrégulière a provoqué de vives réactions de la droite et de l’extrême droite françaises.
Au Sénat français, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu opposait par exemple, en juin 2026, les politiques de fermeté migratoire à ce qu’elle qualifiait de « larges régularisations pratiquées par Pedro Sánchez ».
Mais attention à ce que mesure ce chiffre : ces quelque 500 000 personnes ne correspondent pas à autant de nouveaux arrivants en Espagne. La décision concerne une estimation du nombre de personnes qui vivent déjà dans le pays et auxquels un statut légal pourrait être accordé.
Le solde migratoire français reste inférieur à celui de plusieurs voisins
La proportion d’étrangers vivant dans un pays donne une photographie de sa population à un instant donné, mais ne permet pas de savoir si le pays gagne chaque année beaucoup ou peu d’habitants du fait des migrations.
Pour comparer cette dynamique, il faut regarder le solde migratoire : la différence entre les personnes qui viennent vivre dans un pays et celles qui le quittent. Ainsi, Eurostat calcul le « solde migratoire plus ajustement statistique ».
Il permet une estimation du rôle des migrations dans l’évolution démographique mais leur évolution peut donc résulter aussi bien d’une hausse ou d’une baisse des arrivées que d’une variation des départs.
Entre 2010 et 2024, le taux de solde migratoire français s’établit, en moyenne, à environ +1,6 personne pour 1 000 habitants par an, d’après Eurostat. Sur la même période, il atteint environ +5,2 pour 1 000 en Allemagne, +4,3 pour 1 000 en Espagne et +2,3 pour 1 000 en Italie.
Les tendances sont cependant très différentes selon les années. L’Espagne connaît un solde négatif au début des années 2010, jusqu’à -5,4 pour 1 000 habitants en 2013, avant un net retournement. Celui-ci s’explique principalement par la forte augmentation des arrivées.
Selon les données Eurostat sur l’immigration, environ 281 000 personnes sont arrivées en Espagne depuis l’étranger en 2013, contre près de 1,26 million en 2022 et 1,29 million en 2024. Dans le même temps, les départs n’ont pas disparu : les données Eurostat sur l’émigration en recensent environ 532 000 en 2013, 532 000 en 2022 et 662 000 en 2024. Le fort solde positif récent de l’Espagne tient donc avant tout à l’augmentation des entrées, et non à une chute des départs.
L’Allemagne connaît, elle, un pic particulièrement important en 2015, avec +14,3 pour 1 000 habitants, avant de revenir à +5,4 pour 1 000 en 2024. Toujours est-il que la série Eurostat montre que son taux est supérieur à celui de la France chaque année depuis 2010.
La situation italienne est plus contrastée. Son taux de solde migratoire était de +4,7 pour 1 000 en 2010, avant de tomber à 2 en 2020, puis de remonter à +4,3 en 2024.
Enfin, en France, le taux oscille autour de zéro pendant une grande partie des années 2010, devenant même légèrement négatif en 2015 et 2016, avant d’augmenter depuis 2020. Il atteint +4,3 pour 1 000 habitants en 2022, son maximum sur la période (année d’un pic exceptionnel du fait de la guerre en Ukraine et du retour des mobilités après le covid), puis +2,8 en 2023 et en 2024.
Cette comparaison de long terme place donc la France derrière ses trois grands voisins pour la période 2010-2024.
En 2024, la France se situe dans le bas du classement européen
Il en va de même lorsque l’on élargit la comparaison à l’ensemble de l’Union européenne. En 2024, le taux de solde migratoire de la France est de +2,8 pour 1 000 habitants. Elle se situe ainsi au 21e rang des 27 États membres pour cet indicateur.
Autrement dit, selon l’indicateur retenu (nombre, part, solde), la France peut apparaître en tête, au milieu ou dans le bas du classement européen. Une nuance à garder en tête à l’approche des débats, parfois houleux, qui s’annoncent sur l’immigration.
[Note méthodologique : Pour comparer les pays européens, nous utilisons les données harmonisées d’Eurostat. Elles peuvent différer légèrement des chiffres publiés par l’Insee pour la France, notamment en raison de différences de champ, de calendrier et de méthode. L’Insee détaille ici ses estimations et Eurostat sa méthodologie.
Concernant le solde migratoire, Eurostat utilise l’indicateur de « solde migratoire plus ajustement statistique », calculé à partir de l’évolution totale de la population, corrigée du solde naturel. Il peut donc intégrer des ajustements liés aux recensements ou aux registres de population. Cet indicateur ne mesure pas directement les passages aux frontières, mais permet de comparer les pays selon une méthode commune.]
Auteurs :
Auteur : Etienne Merle, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
L’article Immigration : où se situe réellement la France par rapport à ses voisins européens ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Pour limiter le dérapage des finances publiques, le gouvernement continue de faire de l'écologie une variable d'ajustement. Afin de financer le plan d'urgence agricole, l'exécutif annule 500 millions d'euros de crédits au sein des ministères, dont principalement dans la mission écologie, développement et mobilités durables (157 millions d'euros de crédits amputés, selon un décret publié le 11 septembre).
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, avait annoncé le 4 septembre 1,2 (…)
Malgré des échouements réguliers de sargasses en Martinique et en Guadeloupe, chercheurs et industriels peinent à transformer ce fléau en source de revenus. Pourtant, ces algues brunes peuvent servir de fertilisants ou de biomatériaux.
Lorsqu'il observe les plages de son île brunir à cause des sargasses, Frédérick Voyer, directeur du groupement d'intérêt public (GIP) Sargasses Martinique, soupire : « Nous n'avons pas encore de chiffres précis, mais il est très probable que l'année 2026 (…)
Entre Machilly et Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), le chantier de l’A412, l’autoroute du Chablais, cristallise la colère de militant·es et riverain·es. Le ruban d’asphalte de 16,5 kilomètres en plein cœur de la montagne doit être livré en 2029 ; les travaux ont débuté le 1er septembre et de premiers arbres ont été abattus sur le tracé, lundi.
Perrignier (Haute-Savoie), le 9 septembre 2026. Sur le chantier de l’autoroute A412, les abattages d’arbres ont commencé. © Kim Vaillant/Vert
Vert a rencontré des opposant·es qui se mobilisent pour tenter de bloquer le passage des abatteuses. Pour Jérôme Déthes, maraîcher et membre du syndicat agricole Confédération paysanne 74, ce projet qui rappelle la controversée A69 entre Toulouse (Haute-Garonne) et Castres (Tarn) est «en train de condamner l’habitabilité de notre territoire en détruisant sa faune, sa flore, ses milieux».
Le chantier s’étendra sur 180 hectares. «On va retrouver environ 80 hectares de forêt détruits et 70 hectares de terres agricoles […] On coupe des corridors écologiques, une quarantaine de cours d’eau», liste Joanna Linares, membre du collectif StopA412. «Il y a des espèces emblématiques comme le castor, le crapaud sonneur à ventre jaune, le grand capricorne…», abonde Jérôme Déthes.
Pour Amedea (une filiale du groupe Eiffage), le concessionnaire de la future voie : «L’autoroute doit être construite pour soulager les routes départementales existantes et les villages traversés par un trafic de transit. […] Amedea a choisi de limiter autant que possible les impacts sur le territoire : par le choix du tracé, la multiplication des ouvrages, leur surdimensionnement.»
Désengorger les villages ? Une fausse promesse, dénonce Joanna Linares : «L’autoroute apportera encore plus de trafic dans notre région ; encore plus de gens viendront s’installer et prendront leur voiture. Ça incite les gens à utiliser des véhicules motorisés individuels, alors qu’il y a plein de solutions de transport en commun disponibles.»
Contactée, la préfecture de Haute-Savoie n’a, pour l’heure, pas répondu à nos sollicitations.
Le phénomène El Niño n'influe normalement pas sur la météo en Europe. Mais son intensité attendue cette année est telle que, conjuguée avec le changement climatique, des scientifiques craignent des conséquences inédites.
Le phénomène climatique El Niño est de retour. Il devrait atteindre une « très forte intensité » avant de parvenir à son apogée vers la fin de l'année, d'après l'Organisation météorologique mondiale. Ce « super El Niño » pourrait même être le plus intense jamais (…)

Source :Compte Facebook, le 9 septembre 2026
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Ce sont des images qui ont fait le tour du monde. Le 11 septembre 2001, à New York, les tours jumelles sont en feu. Deux avions viennent de s’écraser sur le World Trade Center et les États-Unis vivent l’attentat le plus meurtrier de leur histoire, avec la mort de 2977 personnes.
Vingt-cinq ans après les faits, ces attaques font toujours l’objet de nombreuses théories. Parmi elles, certains internautes affirment que le World Trade Center n’aurait pas été attaqué par deux avions mais « un missile ». Ils en veulent pour preuve une vidéo d’une interview de Donald Trump où celui-ci relate sa journée du 11 septembre 2001.
Néanmoins, le président états-unien n’a pas affirmé, durant cette interview, qu’un missile était à l’origine de l’attaque du World Trade Center. De plus, de nombreuses preuves permettent d’affirmer que ce sont bien deux avions qui se sont écrasés, ce jour-là, contre les tours jumelles.
Des propos déformés
Dans la vidéo utilisée comme preuve, le président états-unien explique que, ce jour-là, il n’arrive pas à croire que le premier impact ait été causé par un avion, il se demande si ce n’était pas un missile. Puis, il raconte qu’il a vu « le deuxième avion frapper » et s’est dit : « nous sommes maintenant dans une époque différente ».
Contrairement aux conclusions de certains internautes, il n’a donc pas affirmé qu’un missile était à l’origine de l’effondrement des tours jumelles, le 11 septembre 2001. Il raconte simplement qu’avant de voir le deuxième avion s’écraser, il s’est demandé si ce n’était pas un missile qui était à l’origine du premier impact.
Les allégations portées dernièrement par certains internautes sont donc fausses. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des désinformations de ce type circulent.
Une vidéo du premier impact
Au fil des années, de nombreux travaux, images ou encore témoignages ont permis de reconstituer le déroulé des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Ainsi, le premier impact qu’a subi le World Trade Center a bien été capturé en image, comme il est possible de le voir dans une vidéo récapitulative du Monde.
Pour le premier impact, comme pour le deuxième, il ne fait pas de doute que ce sont des avions détournés qui en sont à l’origine. De la même manière, un rapport de la commission états-unienne d’enquête sur les faits et les circonstances liés aux attaques terroristes qui avait été mise en place à la suite du 11 septembre 2001 ,retrace en partie ce qu’il s’est passé dans les quatre avions de ligne qui ont été détournés ce jour-là. Deux se sont bien écrasés contre les tours jumelles.
Auteurs :
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
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Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
L’article Attentats du 11 septembre 2001 : non, un missile n’a pas frappé le World Trade Center est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Il aura fallu 25 ans pour que la question de la toxicité de l'air après les attentats du 11 septembre 2001 soit exposée. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé le septembre 2026 la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la municipalité de l'époque.
« Ces documents montrent ce que la ville savait de la présence d'air toxique autour de Ground Zero, à quel moment elle en a eu connaissance et comment elle a agi pour limiter sa (…)
Il aura fallu 25 ans pour que la question de la toxicité de l'air après les attentats du 11 septembre 2001 soit exposée. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé le septembre 2026 la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la municipalité de l'époque.
« Ces documents montrent ce que la ville savait de la présence d'air toxique autour de Ground Zero, à quel moment elle en a eu connaissance et comment elle a agi pour limiter sa (…)

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Rachida Dati réintègre la magistrature la semaine même où elle comparaît devant le tribunal correctionnel. Contradiction ? Pas juridiquement : placée en disponibilité pour la durée de ses fonctions ministérielles, elle n’a jamais quitté le corps. Seule une condamnation, par une peine complémentaire ou une sanction disciplinaire, pourrait lui retirer la robe.
Peut-on rejoindre la magistrature la semaine même où l’on s’apprête à comparaître, comme prévenue, devant un tribunal correctionnel ? La question n’a rien de théorique. Ancienne garde des Sceaux et ancienne ministre de la Culture, Rachida Dati a sollicité et obtenu sa réintégration dans le corps judiciaire, où elle serait proposée à un poste de premier substitut en administration centrale, sans exercer en juridiction.
Elle doit comparaître du 16 au 28 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire Renault-Nissan. La Chancellerie assure qu’elle est dans son droit : explications.
La réintégration relève d’un droit, non d’un choix
Le point est souvent mal compris, alors qu’il commande tout le reste. Nommée au gouvernement, Rachida Dati est magistrate et n’a pas quitté la magistrature : elle a seulement été placée en position de disponibilité pour la durée de ses fonctions ministérielles.
C’est ce que prévoit le décret du 19 février 2024 la concernant, pris sur le fondement de l’article 4 de l’ordonnance du 17 novembre 1958. Ce texte impose que le membre du Gouvernement titulaire d’un emploi public soit placé, pendant la durée de ses fonctions, en disponibilité ou dans une position équivalente.
La conséquence est décisive. Cette mise à l’écart étant liée à la seule durée des fonctions gouvernementales, la cessation de ces fonctions met fin à cette période de disponibilité. Le retour dans la magistrature s’impose alors de lui-même. L’administration ne peut pas la refuser. La Chancellerie l’a d’ailleurs reconnu en indiquant que l’intéressée agissait « comme elle en a le droit ».
La seule marge d’appréciation qui subsiste porte non sur le principe du retour, mais sur le choix de l’affectation, lequel emprunte la procédure ordinaire de nomination. Le poste envisagé relevant du parquet, la nomination est décidée par le garde des Sceaux, après un avis du Conseil supérieur de la magistrature qui, pour les magistrats du parquet, n’est que consultatif.
La question posée par le procès n’est donc pas celle de son retour, acquis, mais celle de ce qu’une condamnation ferait à ce retour.
Quelles conséquences en cas d’éventuelle condamnation ?
La réponse n’est pas automatique. La corruption et le trafic d’influence passifs commis par une personne exerçant une fonction publique sont réprimés par l’article 432-11 du code pénal, qui prévoit jusqu’à dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende. Mais cette peine ne fait pas perdre par elle-même la qualité de magistrat. Pour que la porte du corps judiciaire se referme, il faut un autre ressort : soit une peine complémentaire précise, soit une sanction disciplinaire.
C’est ici que se situe le véritable enjeu. Pour ces infractions, l’article 432-17 du code pénal autorise le tribunal à prononcer, à titre complémentaire, l’interdiction des droits civiques (article 131-26) et l’interdiction d’exercer une fonction publique (article 131-27), pour une durée pouvant atteindre dix ans. Depuis 2017, l’inéligibilité est même, pour les manquements à la probité, une peine en principe obligatoire, le juge devant motiver spécialement toute décision de l’écarter.
Or ces peines produisent un effet radical sur un emploi public. L’article L. 550-1 du code général de la fonction publique prévoit ainsi que la condamnation à une interdiction d’exercer un emploi public ou à la privation des droits civiques entraîne la cessation des fonctions et la perte de la qualité d’agent public.
Le raisonnement vaut également pour les magistrats, dont le statut subordonne l’accès au corps à la jouissance des droits civiques, condition dont la perte serait inconciliable avec le maintien dans la fonction. Si le tribunal accompagnait une éventuelle condamnation d’une interdiction d’exercer une fonction publique ou d’une privation des droits civiques, l’ancienne ministre cesserait donc d’être magistrate.
Et dans l’hypothèse d’une procédure disciplinaire ?
Le procès pénal n’épuise pas le sujet. Les faits jugés pourraient en effet nourrir une procédure disciplinaire. Tout manquement d’un magistrat à la probité, à l’honneur ou aux devoirs de son état constitue une faute disciplinaire (article 43 de l’ordonnance de 1958), et l’échelle des sanctions (article 45) monte jusqu’à la révocation.
Pour un magistrat du parquet, cette sanction relève du garde des Sceaux, après avis du Conseil supérieur de la magistrature. Les deux instances étant autonomes, une relaxe n’interdirait pas une sanction, ni l’inverse. Le garde des Sceaux peut par ailleurs, en cas d’urgence, interdire temporairement au magistrat l’exercice de ses fonctions jusqu’à décision définitive, mesure conservatoire qui ne prive toutefois pas du traitement (dispositions relatives à la discipline).
Le sort du poste et du traitement s’en déduit sous réserve de ce que dira le jugement. Tant qu’aucune peine complémentaire emportant cessation des fonctions n’est prononcée, et en l’absence de sanction disciplinaire, Rachida Dati conserverait son statut de magistrate et son traitement, y compris si une simple interdiction temporaire d’exercice était décidée.
En revanche, le prononcé d’une interdiction d’exercer une fonction publique ou d’une privation des droits civiques, surtout assorti de l’exécution provisoire, la ferait sortir du corps judiciaire, sans que l’administration puisse s’y opposer.
Deux incertitudes demeurent, faute de décision rendue. La portée exacte d’une inéligibilité prononcée seule sur la qualité de magistrat prête encore à discussion. L’interdiction des droits civiques prévue recouvre plusieurs droits distincts, parmi lesquels l’éligibilité, et le tribunal peut n’en prononcer qu’une partie. L’inéligibilité, prononcée obligatoirement pour les atteintes à la probité, peut ainsi être retenue seule.
Reste alors la question, non tranchée, de savoir si la perte de ce seul droit suffit à considérer que Rachida Dati ne jouirait plus de ses droits civiques.
Et l’ensemble dépend du contenu du jugement, à commencer par une éventuelle relaxe. Il conviendra donc de suivre l’audience de septembre pour savoir si la robe qu’elle vient de retrouver lui sera retirée.
Le retour de Rachida Dati dans la magistrature est juridiquement acquis : placée en disponibilité d’office pour la seule durée de ses fonctions gouvernementales, elle n’a jamais quitté le corps, et l’administration ne pouvait pas, sur le principe, s’opposer à sa réintégration.
Ce qu’un procès pourrait changer ne tient pas à la peine principale d’emprisonnement ou d’amende, mais à d’éventuelles peines complémentaires (interdiction d’exercer une fonction publique, privation des droits civiques) ou à une procédure disciplinaire pouvant aller jusqu’à la révocation. Affaire à suivre !
Auteurs :
Auteur : Paul Morris, doctorant en droit privé à l’Université de Picardie Jules Verne, greffier des services judiciaires
Relecteurs : Jean-Baptiste Thierry, professeur de droit pénal à l’université de Lorraine
Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
L’article Rachida Dati peut-elle redevenir magistrate malgré son procès pour corruption dans « l’affaire Renault » ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.

Source :Compte Facebook, le 2 septembre 2026
Etiqe :Daté
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En novembre 2023, le sénateur Joël Guerriau est accusé par la députée Sandrine Josso d’avoir tenté de la soumettre chimiquement dans le but de l’agresser sexuellement ou de la violer. Deux ans plus tard, il a été condamné en première instance. Il a, depuis, fait appel de cette décision et bénéficie toujours de la présomption d’innocence.
Malgré ces accusations et cette condamnation, certains internautes ont récemment affirmé que Joël Guerriau serait toujours « en poste » et « payé par le Sénat ».
Il n’occupe en réalité plus de mandat de sénateur et aucun élément ne permet d’affirmer qu’il toucherait toujours des indemnités parlementaires.
Des indemnités touchées malgré une mise en retrait
Après avoir d’abord accepté de se mettre en retrait en septembre 2024, Joël Guerriau a finalement démissionné de son mandat de sénateur à l’automne 2025, comme en témoignent de nombreux articles de l’époque (comme ici ou là). L’ancien parlementaire avait alors prétexté qu’il démissionnait en raison d’un précédent engagement et non des accusations à son encontre. La plaignante, Sandrine Josso, avait parlé d’un « repli stratégique, à quelques mois de son procès et après avoir largement profité des privilèges attachés à sa fonction », comme le rapportait à l’époque France Info.
Sur le site du Sénat, il est ainsi possible de voir qu’il n’occupe plus ces fonctions depuis le 5 octobre 2025. Contrairement aux publications relayées sur les réseaux sociaux, il n’est donc plus sénateur et n’est donc logiquement plus payé par le Sénat.
Une fiche de Sénat Infox, la plateforme du Sénat visant à lutter contre les fausses informations relatives à cette dernière, précise d’ailleurs que, depuis sa démission, Joël Guerriau « n’est plus sénateur », « n’est plus rémunéré par le Sénat” et “ne peut plus participer aux travaux du Sénat ».
S’il n’est, aujourd’hui, plus rémunéré par le palais du Luxembourg, il l’a été pendant une longue période entre le moment où il a été accusé et celui où il a démissionné. En effet, si en septembre 2024, Joël Guerriau avait accepté de se mettre en retrait de ses fonctions, il avait continué à se voir verser ses indemnités parlementaires. N’ayant pas démissionné, il avait toujours le droit de les toucher, comme l’expliquait à 20 Minutes Benjamin Morel, constitutionnaliste et maître de conférences à l’université Paris Panthéon-Assas, en juin 2025.
Auteurs :
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
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Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
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L'esprit de résistance souffle toujours sur les monts d'Arrée. Plusieurs maires appellent leurs administrés à les rejoindre au sommet du Roc'h Trédudon, dimanche 20 septembre, à 20 h, pour manifester contre le déclassement de leurs communes des zones vulnérables aux nitrates.
L’article Contre l’exclusion des monts d’Arrée des zones vulnérables aux nitrates, des maires appellent à manifester le 20 septembre est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Reste désormais à transformer le vote en règle. Pour cela, Catherine Chabaud doit activer l’article 20 de la Politique commune de la pêche.
Cet article Les pêcheurs français votent l’exclusion des grands chalutiers des côtes françaises est apparu en premier sur La Relève et La Peste.

Les canicules et la sécheresse n'ont pas empêché ces agriculteurs d'avoir de l'eau pour leurs vaches. La raison : les zones humides qu'ils préservent sur leurs parcelles. Elles sont de véritables alliées face au chaos climatique.
Montigny-Montfort (Côte-d'Or), reportage
Le long de la départementale pour atteindre Montigny-Montfort (Côte-d'Or), le paysage défile en une suite de champs jaunis, grillés par le soleil et le manque de pluie. Mais sur les terres louées depuis cinq ans par (…)
Du pétrole à foison, du blé et des animaux sauvages. La plus riche des provinces du Canada est un morceau de choix pour Donald Trump chez ce voisin qu’il voudrait annexer. Mais si les sécessionnistes, aiguillonnés par le mouvement Maga, veulent imposer un référendum sur la question en octobre 2026, les loyalistes n’ont pas dit leur dernier mot.
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De nombreux internautes ne veulent plus confier leurs mails, leur agenda ou leurs photos à Google. Migrer vers un service indépendant et respectueux des données personnelles est une véritable transition. Voici notre tuto.
Cette fois, c'est parti. Au mois d'août, Emmanuel a commencé à migrer sa boîte Gmail vers un autre service de messagerie. Cet ingénieur de 62 ans, domicilié en Gironde, l'envisageait depuis plusieurs années : « Les outils de Google sont géniaux, hyperperformants mais pas (…)
La végétalisation des cours d'écoles initiée par les Écologistes à Strasbourg est remise en question par la nouvelle mairie socialiste. Une décision « irresponsable » après un été de canicules, dit la maire sortante.
Six mois après sa victoire aux élections municipales, la maire de Strasbourg, Catherine Trautmann (Parti socialiste), souhaite repenser la végétalisation des cours d'écoles, initiée par son ancienne rivale, Jeanne Barseghian (Les Écologistes). « L'idée n'est pas d'interrompre (…)
D’ici 2050, plus d’un million d’emplois devront être créés pour mener la transition écologique. Mais ces métiers, encore mal connus, restent souvent perçus comme inaccessibles, réservés aux plus diplômés ou éloignés des jeunes des quartiers populaires. Partenaire de Greentaf, le Bondy Blog donne la parole à celles et ceux qui les exercent déjà.
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S’il n’y a pas de pénuries pour le moment, les canicules de cet été ont provoqué une hausse des prix des produits frais, notamment des légumes. © Riccardo Milani/Hans Lucas via AFP
Des fruits et légumes brûlés par la chaleur, des productions de pommes de terre en baisse, des élevages menacés par la sécheresse et le manque de fourrages… Après cet été aux conditions climatiques désastreuses pour l’agriculture française, les effets vont-ils se répercuter sur les rayons des supermarchés ?
«Les épisodes caniculaires de l’été contribueraient à réchauffer le prix des produits frais, notamment ceux des légumes», expose l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans sa note de conjoncture publiée ce jeudi. Dans le détail, en août 2026, les prix des produits frais (fruits, légumes, poissons…) ont augmenté de 5,8% sur un an, «des rythmes inobservés depuis début 2024», selon l’organisme.
Pour l’instant, la grande distribution ne parle pas de «pénuries» ; plutôt de «tensions» sur certains aliments. «Cet été, nous avons notamment rencontré des difficultés d’approvisionnement sur les salades et tomates et, dans une moindre mesure, sur certains légumes très consommateurs d’eau comme les aubergines ou les radis, détaille auprès de Vert le Groupement Mousquetaires (Intermarché, Netto). Notre vigilance porte désormais surtout sur les récoltes d’automne et d’hiver : pommes, pommes de terre, carottes, poireaux, choux…»
Les produits issus de l’agriculture biologique ont également souffert : «Nous observons des fruits et légumes parfois plus petits ou de moindre qualité visuelle, une diminution des volumes de certaines céréales, notamment du blé, ainsi que des difficultés pour l’élevage», détaille le réseau de magasins bios Biocoop, qui prévoit des baisses de rendement de l’ordre de 10 à 20%.
«Les conditions climatiques peuvent entraîner, pour certaines filières, des tensions ponctuelles entre l’offre et la demande, et donc faire évoluer les prix», ajoute Hugues Beyler, directeur agriculture et filières de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui regroupe les principales enseignes françaises de supermarchés. C’est un principe économique bien connu : lorsque l’offre d’un produit se raréfie, les prix tendent à augmenter (on parle alors d’inflation) pour limiter la demande et rééquilibrer le marché.
«Nous observons aussi quelques impacts au niveau du prix des poissons et de produits particuliers comme les moules, dont la croissance est plus compliquée quand la température de l’eau s’élève.»
À ce jour, si l’inflation alimentaire globale reste stable en août 2026 (+1,1% sur un an), la hausse est particulièrement prononcée pour la catégorie des produits frais, et tout particulièrement pour celle des légumes, dont les prix sont en augmentation de 13,8% sur un an en août, selon l’Insee. «En revanche, aucun impact n’est identifié sur le prix des fruits et pommes de terre», complète l’organisme.
En juillet, la hausse de prix était de 13% sur un an pour les légumes à fruits (tomates, courgettes…) et de 8% pour les légumes à tiges (salades, endives…), détaille Sébastien Faivre, responsable de la division «prix à la consommation» à l’Insee. «Nous observons aussi quelques impacts au niveau du prix des poissons et de produits particuliers comme les moules, dont la croissance est plus compliquée quand la température de l’eau s’élève», précise-t-il.
La répercussion de la crise climatique sur les prix dans les rayons dépend aussi des stratégies de la grande distribution, qui peut recourir à plus d’importations pour garnir son offre. «Sur la tomate, nous avons eu de fortes hausses en juin, tempérées par l’importation de tomates marocaines, illustre Sébastien Faivre. En juillet et en août, il y a eu moins d’importations, donc des hausses de prix plus fortes.»
«Notre premier réflexe ne sera pas d’aller chercher davantage de produits à l’étranger», assure le Groupement Mousquetaires. Outre la priorité donnée aux produits français, l’ensemble des enseignes de la Fédération du commerce et de la distribution a annoncé le 18 août «adapter les pratiques aux réalités du terrain», avec des produits plus petits ou biscornus.
«Un fruit plus petit ou un légume moins joli reste un bon produit.»
Pommes, salades, poivrons, pommes de terre… «Pour certains fruits et légumes, les consommateurs pourront trouver des calibres et aspects différents de ceux auxquels ils sont habitués, détaille Hugues Beyler. Ces différences ne signifient évidemment pas une différence de qualité et permettent de valoriser une plus grande partie de la production française.» «Un fruit plus petit ou un légume moins joli reste un bon produit. L’apparence change, pas nécessairement le goût ni la qualité», abonde le Groupement Mousquetaires.
«La grande distribution a simplement mis en place les choses qui sont absolument indispensables et qui devraient être la norme, nuance Mathieu Dalmais, porte-parole de l’ONG Inside Track France, qui regroupe des acteurs de l’agroalimentaire. Il serait plutôt rassurant que le consommateur paie une partie, car il faut absolument soutenir le monde agricole. Mais nous craignons que cette hausse de prix finisse surtout dans la poche de la grande distribution, il va falloir être extrêmement attentif.»
De même que Carrefour, le Groupement Mousquetaires se dit «prêt à réduire [ses] marges autant que possible» sur les produits les plus en tension, sans donner plus de détails. Si Biocoop revendique déjà des standards différents de la grande distribution pour lutter contre le gaspillage alimentaire, le réseau de magasins bios a «assoupli» ses règles dès juillet et réduit ses marges sur certains produits, comme les abricots et les raisins.
Si l’inflation concerne aujourd’hui principalement les produits frais, elle pourrait progressivement se reporter sur les produits transformés (conserves, pains, fromages, compotes…). «Les conséquences sur les céréales et les productions animales devraient se manifester plus tard, puisque les produits actuellement disponibles proviennent encore en partie des récoltes précédentes», explique Biocoop.
L’effet de la hausse des cours mondiaux des matières premières agricoles, comme les céréales, pourrait s’observer plutôt en début d’année prochaine, estime Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture de l’Insee : «Nos modélisations montrent qu’il faut cinq mois pour que cette hausse se transmette aux industries agroalimentaires, et cinq mois pour arriver jusqu’aux prix des produits alimentaires.»
À plus long terme, les changements climatiques aggravent les pressions sur les systèmes alimentaires. Les canicules de l’été 2022 ont par exemple accru l’inflation alimentaire d’environ 0,67 point de pourcentage en Europe, selon une étude de la Banque centrale européenne et de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique. Selon leurs estimations, la hausse des températures estimée sur le continent pour 2035 conduirait à une inflation alimentaire d’un à trois points de pourcentage par an.
Si les salaires ne suivent pas, la hausse des prix réduit le pouvoir d’achat des consommateur·ices et accroît la précarité des plus démuni·es. Avec les vagues de chaleur et sécheresses de 2023, environ un million de personnes supplémentaires ont subi de l’insécurité alimentaire en Europe par rapport à la période 1981-2010, selon l’édition européenne du Lancet countdown : «Les chocs climatiques et météorologiques font grimper les prix des fruits et légumes, rendant plus difficile pour les ménages à faibles revenus de se procurer une alimentation saine et nutritive.»
Madrid (Espagne), le 9 septembre 2026. Le ministre français du travail, Jean-Pierre Farandou (à gauche), la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet (à droite), et la ministre espagnole du travail, Yolanda Díaz (au centre), participent à une visite de chantier. © Thomas Coex/AFP
En cette rentrée, le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a fait ses valises pour l’Espagne. Pas pour se prélasser en bord de mer, mais afin de comprendre comment nos voisin·es s’adaptent aux fortes températures quand il s’agit de travailler. Un «voyage d’étude» annoncé en juin, au début de l’été le plus chaud jamais enregistré en France.
Accompagné de représentant·es de syndicats et du patronat, le ministre a été reçu mercredi à Madrid par son homologue ibérique, Yolanda Díaz, communiste et ex-leader du parti Sumar (gauche). «La France devient l’Espagne», a déclaré Jean-Pierre Farandou pour illustrer la nécessité de s’inspirer d’un pays «habitué aux grandes chaleurs depuis longtemps et à l’avant-garde des mesures prises pour gérer leur impact sur le monde du travail».
L’urgence est criante. 7 300 décès excédentaires ont été enregistrés cet été par Santé publique France ; un bilan encore provisoire. Sur la même période, au moins 14 personnes sont mortes de la chaleur au travail, d’après les derniers chiffres de la Confédération générale du travail (CGT). «Ce voyage à Madrid confirme que la France est très en retard face aux chaleurs et aux intempéries, assure Sophie Binet, sa secrétaire générale. À l’issue de ce déplacement, une chose est claire : il y a urgence à modifier le code du travail pour intégrer les protections qui existent déjà chez nos voisins.»
Premier dispositif observé par la délégation française : la «journée intensive» (ou «continue»). En été, nombre d’employé·es, ouvrier·es du BTP ou travailleur·ses agricoles commencent plus tôt – environ 7h30 dans les bureaux ; parfois dès 6h sur les chantiers – et terminent vers 14h ou 15h, sans pause déjeuner. La journée de travail est condensée sur la seule matinée, après laquelle chacun·e rentre chez soi. «La logique est implacable : on évite les heures les plus chaudes, et donc les risques les plus importants», a reconnu Jean-Pierre Farandou.
En général, cette organisation s’étend de fin juin à début septembre – les dates varient selon les provinces. Il ne s’agit toutefois pas d’un droit légal automatique : elle doit être prévue par la convention collective ou inscrite sur le contrat de travail. Environ la moitié des entreprises espagnoles proposent cette journée intensive, d’après différentes estimations.
En fin de compte, «la proposer est dans l’intérêt des employeurs, puisqu’elle permet d’améliorer la productivité», a assuré la ministre espagnole du travail, expliquant que de nombreuses études démontrent que la productivité chute à force de travailler sous la chaleur.
Mais la mesure a ses limites. La saison de la journée intensive s’arrête début septembre, alors que le thermomètre avoisine encore régulièrement les 40°C dans le courant du mois, surtout en Andalousie. Cette semaine, l’agence espagnole de météorologie (Aemet) a émis une alerte orange pour fortes chaleurs à Séville, à Cordoue et à Jaén, dans cette région du sud de l’Espagne. Quant à certains secteurs très exposés à la chaleur comme les filières bois, métallurgie ou ciment, ils ne bénéficient même pas de cette option dans leur convention.
Un décalage pointé par Jaime Sarmiento, secrétaire à la santé au travail du syndicat UGT à Cordoue : «Les températures ne connaissent ni calendrier ni convention collective. Si la chaleur continue et que la santé des travailleurs est menacée, les mesures de prévention doivent continuer à s’appliquer.»
Au-delà de cette flexibilité négociée, les employeur·ses espagnol·es ont, depuis 2023, l’obligation légale de protéger leurs salarié·es en cas de forte chaleur : adaptation des horaires, protocoles de prévention, voire interdiction de certaines tâches en extérieur. Dès que l’Aemet émet une alerte orange ou rouge et que les mesures préventives ne suffisent plus, la loi impose l’adaptation des conditions de travail — pouvant aller jusqu’à la réduction des horaires.
Dans ce contexte, un·e maçon·ne doit pas travailler à l’extérieur pendant les heures les plus chaudes de la journée. Autre exemple : la nouvelle convention collective de la restauration prévoit la fermeture des terrasses, des bars et des restaurants en cas d’alerte rouge ou de températures proches ou supérieures à 42°C, sous peine d’amendes pouvant atteindre 50 000 euros.
Les autorités affirment veiller au respect de la loi. Le montant des amendes aux entreprises en infraction a ainsi doublé entre les étés 2022 et 2025, passant de 706 000 euros à 1,56 million d’euros, d’après des chiffres du ministère du travail espagnol, révélés par le journal El País. Des sanctions qui touchent surtout la construction et l’agriculture, pour non-respect des horaires adaptés. Les syndicats espagnols dénoncent néanmoins des trous dans la raquette. La confédération Comisiones Obreras comptabilise 3 830 accidents liés à la chaleur en 2025, près du double de l’année précédente.
Autre dispositif scruté par la délégation française : le désormais fameux congé climatique, entré en vigueur le 28 novembre 2024, un mois après les inondations meurtrières à Valence, dans l’est du pays. Il ouvre droit à quatre jours de congés payés par an lorsqu’un·e salarié·e fait face à une «situation de risque grave et imminent», notamment lorsqu’elle découle d’«une catastrophe ou d’un phénomène météorologique adverse». Les fortes chaleurs font bien partie de ces situations, comme l’a confirmé le ministère espagnol du travail, et contrairement aux propos de Jean-Pierre Farandou, qui avait assuré, fin juin, que la mesure excluait les alertes canicule. Madrid n’a cependant pas confirmé si ce congé avait été effectivement utilisé dans le contexte d’une vague de chaleur.
En France, l’idée a déjà des relais politiques. Les Écologistes soutiennent une proposition de loi visant à instaurer cinq jours de congés payés en cas d’alerte rouge météo. Jean-Pierre Farandou émet des réserves : «Je ne crois pas que l’on puisse transposer exactement la même chose», a-t-il confié à El País, un jour avant son voyage en Espagne. Une fois arrivé à Madrid, le ministre a préféré éluder le sujet.
L’Hexagone dispose cependant d’un dispositif similaire : le «régime de chômage-intempéries», qui prend en compte les fortes chaleurs mais reste réservé au secteur du BTP. La CGT, Solidaires et la FSU demandent d’étendre le dispositif à tous les secteurs. La CGT a aussi insisté pour inscrire dans la loi des températures de référence. Outre-Pyrénées, un décret exige depuis 1997 que la température intérieure ne dépasse pas 27°C dans les bureaux et 25°C en cas d’activité physique «légère».
Reste à savoir comment la France transposera ces enseignements. Jean-Pierre Farandou a d’ores et déjà tranché en faveur du dialogue social, au lieu d’une procédure législative. Le groupe de travail formé avec les représentant·es des syndicats et des entreprises doit poursuivre ses réflexions à Paris dans les prochaines semaines. Le ministre voudrait «conclure les discussions fin 2026 ou début 2027» mais anticipe déjà qu’«il n’est pas exclu qu’on ne voie pas les choses pareil».