Paris, le 20 juillet 2026. Une mobilisation contre la controversée loi d’urgence agricole. © Daniel Perron/Hans Lucas via AFP
«J’attends avec impatience les manifestations de la rentrée», confiait une lectrice de Vert à la suite de notre appel à témoignages au mois de juillet. L’été, marqué par les incendies et les canicules, a donné envie à nombre d’entre vous de s’engager contre le réchauffement climatique. Voici les différentes mobilisations à ne pas manquer aux mois de septembre et octobre.
Une grande coalition d’associations, collectifs et syndicats appelle à un rassemblement devant le ministère de l’économie et des finances, à Paris, mardi 15 septembre, à 19h30. Syndicat de pompier·es, d’infirmier·es, la Fondation pour le logement des défavorisés, Médecins du monde, Greenpeace, France nature environnement ou encore le collectif féministe Nous toutes réclament des moyens concrets d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique.
Les militant·es ont choisi Bercy comme lieu symbolique pour faire valoir leurs revendications, en prévision de la prochaine loi de finances, qui doit acter le budget de l’État pour l’année prochaine. Ils et elles souhaitent que le futur texte permette de faire face à la crise climatique, pour ne pas revivre de canicules durant lesquelles des «milliers de personnes ont perdu la vie dans la plus grande indifférence». Plus d’infos ici.
Save (Stop aux violences d’État), le Comité Adama, Flagrant déni, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, l’Association des avocats pénalistes et Amnesty international France appellent à se rassembler contre la proposition de loi votée le 7 juillet dernier à l’Assemblée nationale. Celle-ci vise à instaurer la présomption de légitime défense pour un·e policier·e ou un·e gendarme qui ferait usage de son arme à feu. Le texte doit encore être discuté au Sénat. Il est qualifié par les associations et les syndicats de magistrat·es et d’avocat·es de «permis de tuer en toute impunité».
Alors que la pétition contre cette mesure avait recueilli plus de 730 000 signatures sur la plateforme de l’Assemblée nationale, la commission des lois a décidé de la classer. Elle ne sera donc pas débattue dans l’hémicycle. Plus d’infos ici.
À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de mille personnes ont signé une lettre ouverte au président de la République, Emmanuel Macron, pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique. Dans ce texte que Vert a publié en exclusivité, elles et ils appellent à une mobilisation nationale le samedi 26 septembre.
Près de 50 manifestations seront organisées partout en France ce jour-là, comme à Lyon, Vannes, Saint-Nazaire, Toulon, Metz, Amiens, Calais ou encore Guéret. Des groupes locaux sont également actifs dans d’autres villes et en outre-mer pour organiser des mobilisations. Plus d’infos ici.
Cliquez sur la carte pour savoir si une mobilisation est prévue près de chez vous.
À la suite d’une réunion avec le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez le 13 août dernier, les représentant·es des syndicats des pompier·es ont appelé à des manifestations statiques les 26, 27 et 28 septembre prochains, place de la République, à Paris. Ils et elles dénoncent le manque de moyens humains et matériels pour lutter contre les incendies après les feux historiques de cet été. Leurs actions s’ajoutent à la journée de mobilisation de la fonction publique du 29 septembre. Pour celle-ci, les représentant·es de syndicats appellent à la grève et à une manifestation pour obtenir une augmentation des salaires.
Sur le mot d’ordre «L’agriculture on veut en vivre, pas en mourir», la Confédération paysanne, le collectif Cancer colère, le Comité de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest (CSVPO) et les Soulèvements de la Terre appellent à la mobilisation «contre les pesticides et pour les vivant·es» devant un important site de production de ces substances chimiques. Le rassemblement est prévu à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure), devant l’usine de Syngenta. Les militant·es demandent la mise à l’arrêt de ce site de production majeur. Plus d’infos ici.
Une manifestation pour la biodiversité, en avril 2025, à Paris. © Yann Castanier/Vert
Initialement prévue le 27 juin, la manifestation avait été annulée par la préfecture en raison de la canicule. Elle se tiendra finalement le samedi 3 octobre au départ de la place d’Italie, à Paris, pour défendre les droits des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles, trans, non binaires, queer et asexuelles. Plus d’infos ici.
Extinction rebellion, ZAD A69 et les Soulèvements de la Terre ont appelé à un grand week-end de mobilisation avant la mise en service de l’autoroute A69 entre Castres (Tarn) et Toulouse (Haute-Garonne). L’inauguration de l’ouvrage tant décrié est prévue le 15 octobre, selon le concessionnaire Atosca.
La marche annuelle pour le climat en Belgique est prévue le 11 octobre à Bruxelles, avec une demande centrale de la Coalition climat, qui réunit 70 ONG belges : «un plan de sortie des énergies fossiles». Plus d’infos ici.
En cet été caniculaire et sec, ce sont les éoliennes et surtout les panneaux solaires qui ont pallié les vulnérabilités du nucléaire soumis à des baisses de puissance et des arrêts.
Les éoliennes et le solaire en force. En cet été brûlant où les besoins électriques ont bondi durant les heures les plus chaudes — en partie du fait de la climatisation —, ce sont les énergies éoliennes et surtout solaires qui ont le mieux pallié les vulnérabilités du nucléaire, de l'hydroélectricité et même (…)
Là où elles subsistent, les vieilles forêts semblent moins dépérir que les autres face au réchauffement climatique. Leur biodiversité est une des clés de leur robustesse.
Un œil expert repère une vieille forêt à ses vieux et à ses morts. Autrement dit, à l'âge des arbres et la grande quantité de bois morts. Pour les forestiers, une forêt peut en effet prétendre être vieille si elle a plus de 200 ans et si elle n'a pas, ou très peu, été touchée par les activités humaines. La présence de (…)
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Oui aux arbres pour rafraîchir les villes… mais pas n'importe lesquels ! Des chercheurs de l'université Jinan de Canton, en Chine, ont ainsi découvert que certaines espèces augmentent indirectement la production d'ozone, un gaz qui contribue à la pollution de l'air. Dans la revue Nature, le chercheur Bin Yuan explique que son équipe avait initialement pour objectif de comprendre l'impact de l'activité humaine sur la pollution par l'ozone. Mais elle a été surprise de constater que la (…)
Lire la suite - En bref / Pollutions« Cela envoie un message : quand on se défend, qu’on va au tribunal et qu’on instruit nos cas, on obtient justice », précise Jonathan. « Cela crée une forme de jurisprudence car d’autres familles vont pouvoir s’appuyer sur ce précédent. »
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Les tensions entre cyclistes et automobilistes ont pris une nouvelle tournure dramatique. Un cycliste a été poignardé au cou par un homme après un différend routier, mardi 25 août dans le 9e arrondissement de Paris. Si les circonstances de l'agression restent encore floues, le conducteur, qui tentait de quitter les lieux au volant de son véhicule, aurait été retenu par le cycliste. Il a été interpellé quelques heures plus tard.
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C'est une lettre avec beaucoup de signataires. Plus de 200 ONG (Greenpeace, WWF, Réseau Action Climat…) et industriels (Eurosolar, WindEurope…) ont adressé un courrier, le 24 août, à Ursula von der Leyen. Elles appellent la présidente de la Commission européenne à annoncer, lors de son prochain discours sur l'État de l'Union le 16 septembre, la publication d'un rapport « exhaustif, fondé sur des données scientifiques et indépendantes », détaillant les modalités de sortie des énergies (…)
Lire la suite - En bref / Climat , Europe , ÉnergiePendant six mois, entre l’automne 2025 et le début de l’année 2026, à l’invitation du média épistolaire La Disparition, Alice Zeniter et Phoebe Hadjimarkos Clarke se sont écrit une lettre par mois, tentant de saisir l’actualité d’un monde qui ne cesse de s’effondrer.
Qu’est-ce que #MeToo a fait des rapports femmes-hommes ? Qu’ont l’écrivain Jules Vallès et la chanteuse Alizée à nous apprendre sur l’adultisme ? Que raconte la série Urgences des backlashs antiféministes et racistes des trente dernières années ?
Toutes deux nous écrivent depuis leur place d’écrivaine, mais aussi et surtout avec leur regard de femme, d’intellectuelle, d’artiste, de mère ou belle-mère, d’amie et d’amante. Au fil de leur conversation, avec leur sensibilité propre, les deux autrices interrogent les basculements réactionnaires à l’œuvre et invitent avec sincérité et générosité à continuer de chercher des moyens de résister au quotidien. « Comment faire pour détourner nos vies de l’horizon qu’ont prévu pour nous les forces réactionnaires ? », s’interroge Phoebe Hadjimarkos Clarke. « Si je veux laisser de la place à d’autres récits que les récits dominants qui me parviennent, il faut que je consacre moins d’attention à ceux-ci. Je n’ai plus le temps de regarder sans cesse les garçons, j’ai plein de choses à faire », lui répond Alice Zeniter.
Alice et Phœbe, en tant qu’autrices, vous vous lisiez mutuellement mais vous n’aviez jamais échangé. Comment avez-vous abordé cette correspondance ?
PHŒBE HADJIMARKOS CLARKE : Au tout début, j’étais hyper stressée parce qu’Alice est une star. J’ai commencé à lui écrire alors que j’étais en train de traduire un recueil de l’écrivaine Maggie Nelson, ce qui a beaucoup nourri mon écriture. Je me suis autorisée à aller loin dans l’intime comme dans les questions théoriques.
ALICE ZENITER : J’aimais le travail de Phœbe, qui a une manière d’écrire qui n’est pas du tout la mienne, donc j’étais heureuse de pouvoir en parler avec elle. Cette correspondance nous a permis de renouer avec le plaisir d’écrire à quelqu’un sur le temps long. Pendant des jours, je pouvais reprendre la lettre que j’avais écrite, supprimer ou ajouter des sujets.
PHŒBE HADJIMARKOS CLARKE : J’ai aussi aimé cette temporalité. L’actualité a également joué un rôle important. On a beaucoup parlé d’articles qu’on lisait ou d’émissions qu’on écoutait, qui ont nourri nos réflexions.
Selon vous, qu’est-ce que la correspondance permet par rapport aux autres formes d’écriture que vous pratiquez telles que le roman ?
ALICE ZENITER : Une correspondance donne le temps de formuler le mieux possible une opinion naissante, elle permet de recevoir la réponse et d’en être bougée.
PHŒBE HADJIMARKOS CLARKE : Elle permet de mettre en jeu ses convictions et de les voir pour ce qu’elles sont : des pensées qui nous traversent et peuvent se métamorphoser au contact d’autres pens
« Une correspondance donne le temps de formuler une opinion naissante, elle permet de recevoir la réponse et d’en être bougée. »
Alice Zeniter
Tout au long de cette correspondance, vous avez beaucoup évoqué l’adultisme : la domination des adultes à l’égard des enfants. Pourquoi ?
PHŒBE HADJIMARKOS CLARKE : J’ai parlé de mon expérience de parentalité, Alice a rebondi sur son expérience avec sa belle-fille et, de fil en aiguille, on en est venues à parler d’adultisme et d’enfantisme.
ALICE ZENITER : La forme de cette correspondance se décidait toute seule parce que j’avais envie de réagir à ce que Phœbe disait, parce que certains sujets se faisaient écho en fonction de l’actualité.
Vous vous intéressez de près aux backlashsréactionnaires. Que disent-ils de notre époque ?
ALICE ZENITER : On voit bien qu’en dix ans il y a eu une formidable avancée avec #MeToo puis un backlash. On peut se demander : « Qu’est-ce qu’on fait de cette violence qu’on prend dans la gueule ? » Est-ce qu’il y a encore moyen de l’analyser en ayant de l’espoir et en n’oubliant pas les victoires passées?
PHŒBE HADJIMARKOS CLARKE : S’il y a un backlash, c’est qu’il y a eu des avancées tellement significatives qu’elles mettent en danger le statu quo réactionnaire. Cela étant, je pense que ce n’est pas le moment de se reposer sur nos lauriers. Il faut continuer à lutter.
→ Phœbe Hadjimarkos Clarke et Alice Zeniter, Les mauvais jours finiront, 128 pages, 17 euros, La Déferlante Éditions. À paraître le 2 octobre et en précommande sur revueladeferlante.fr/editions/.
« Ouvrir à l'humanité la voie vers les étoiles » : telle est la lubie d'Elon Musk et de SpaceX, son entreprise spatiale. Pour ce faire, le milliardaire a annoncé, mardi 25 août, vouloir construire en Louisiane le plus grand site de lancement spatial au monde.
Cette base spatiale devrait compter « plus d'une douzaine de tours de lancement, ce qui permettra d'effectuer plus de 30 vols Starship par jour », s'est réjoui Elon Musk sur son réseau social, X. « SpaceX fait de la science-fiction (…)

Source :CNews, 24 août 2026
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Dès cette rentrée, le téléphone portable est interdit au lycée. Cette mesure figure dans la loi visant à protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux, qu’Emmanuel Macron a promulguée le 24 août. Le texte a toutefois été amputé de sa mesure phare : l’instauration d’une « majorité numérique » interdisant l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux, censurée par le Conseil constitutionnel le 14 août.
Ce qui subsiste, c’est donc l’interdiction du portable au lycée : sur le modèle de ce qui s’applique déjà dans les écoles et les collèges depuis 2018, les lycéens devront à leur tour laisser leur téléphone éteint et rangé pendant le temps scolaire.
Pas d’interdiction générale
Plusieurs médias ont présenté la mesure comme une interdiction générale et immédiate : CNews et Euronews évoquent un portable « interdit dans tous les lycées du pays », et les Dernières Nouvelles d’Alsace titrent que « les téléphones portables seront interdits dans tous les lycées ».
La loi ne crée pas à elle seule une interdiction valable partout et pour tous. Elle modifie l’article L. 511-5 du code de l’éducation pour y ajouter les lycées, et laisse le soin à chaque établissement de choisir les modalités d’interdiction dans les règlements intérieurs.
Ce sont ces derniers qui rendent l’interdiction concrètement applicable et opposable aux élèves : la loi pose le principe, les établissements le rendent effectif au cas par cas.
Une application qui dépendra des conseils d’administration
Concrètement, les lycées qui n’ont pas encore inscrit cette interdiction dans leur règlement intérieur devront le modifier lors d’un conseil d’administration, au cours de l’année scolaire. Ils seront libres d’y prévoir des exceptions pour les étudiants ou pour certaines activités.
D’ici là, l’interdiction restera un principe posé par la loi plus qu’une règle immédiatement opposable partout. La loi étend l’interdiction du portable à l’ensemble des lycées, mais elle ne la rend pas effective « dans tous les lycées » dès le 1er septembre. Tout dépendra du calendrier propre à chaque établissement.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
L’article Interdiction du portable au lycée : la mesure s’applique-t-elle à tous les élèves dès la rentrée ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Pomas (Aude), le 25 août 2026. La tornade qui a frappé le village a fait près de 50 blessé·es. © Idriss Bigou-Gilles/AFP
«Ce que nous voyons, c’est d’abord la nature qui prend le dessus», a commenté la journaliste Sonia Mabrouk, sur BFMTV lundi soir, face aux images de la tornade dans l’Aude. Figure emblématique des médias de Vincent Bolloré qui vient d’être recrutée chez BFM, elle répondait à son confrère Bruno Jeudy, qui affirmait que «l’année 2026 est celle où les Français prennent conscience de la crise climatique». «Il ne faut pas tout renvoyer à la politique ; la nature, quand elle se fâche, voilà ce que ça donne», a-t-elle répondu.
La tornade a frappé le village de Pomas et ses environs, dans l’Aude, le 24 août en fin d’après-midi, vers 17 heures. 48 blessé·es ont été pris·es en charge, aucun·e en urgence absolue, et 300 habitations ont été abimées sur les 496 que compte la commune, dont 102 entièrement détruites, d’après la préfecture.
Un évènement d’une telle intensité est-il aggravé par le réchauffement climatique ? Davide Faranda, climatologue et co-auteur du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) est spécialiste des orages au sein desquels se développent les tornades. Selon lui, «il existe bien un lien indirect entre changement climatique et intensité des tornades».
«C’est un phénomène naturel, mais dire que c’est seulement la nature qui se fâche est trompeur, argue-t-il auprès de Vert. Le changement climatique modifie les conditions qui permettent à ces phénomènes de se produire, notamment en renforçant la chaleur et l’humidité disponibles pour les orages.» Plusieurs études récentes documentent «une évolution des environnements favorables aux phénomènes violents et suggèrent une intensification des orages producteurs de tornades», indique-t-il encore.
Les conditions atmosphériques actuelles étaient déjà propices à l’arrivée d’orages, ceux-ci ont alors été dopés par la chaleur emmagasinée dans les mers. «Ils prennent leur intensité dans la chaleur humide, or avec les températures très élevées des océans, il y a en ce moment une grande disponibilité de chaleur humide sur la mer Méditerranée et sur l’Atlantique», poursuit le chercheur.
Le changement climatique influe indirectement sur l’intensité de ce phénomène, pas sur sa fréquence. «Il n’y a pas plus de tornades, mais elles peuvent vivre plus longtemps et créer des dommages comme ce que l’on a vu lundi», appuie le spécialiste. Au-delà de ce phénomène général, il n’y a toutefois pas d’étude qui relie l’intensité de la tornade de Pomas au dérèglement climatique. Météo-France indique que se produisent en moyenne une dizaine de tornades par an en France, la plupart de faible intensité. Celles-ci ne durent pas plus de quelques minutes et restent localisées sur plusieurs centaines de mètres.
Cliquez sur la carte pour accéder aux prévisions de Météo-France par département. © Météo-France
Météo-France a classé ce mercredi 12 départements du nord-ouest en vigilance orange pour le risque d’orages. Dans la soirée, de fortes précipitations sont attendues, des grêlons «de taille moyenne à grosse», de nombreux éclairs et des rafales jusqu’à 100 kilomètres-heure. L’institut prévient qu’une grande majorité du pays devrait être concernée par une alerte jaune ou orange dans la journée de jeudi. Lorsque Météo-France prévoit un risque de tornade sur un territoire, le bulletin de l’agence, consultable ici, indique un «risque de phénomènes tourbillonnaires», comme ça a été le cas lundi.
«Avec le réchauffement climatique, les effets d’une tornade ou d’un orage sont amplifiés en termes de risques car le territoire est déjà vulnérable», rappelle le climatologue au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et co-auteur du Giec Christophe Cassou.
«Attribuer l’intensité d’un aléa au réchauffement climatique est important mais il ne faut pas s’arrêter là, insiste-t-il. Le réchauffement climatique accroît surtout la vulnérabilité des territoires parce qu’ils subissent aussi ses effets chroniques, au-delà des évènements extrêmes.»
L’Aude a vécu cet été une sécheresse historique et des chaleurs très élevées qui ont alimenté des incendies. Le chercheur relève : «On est dans un territoire déjà sinistré, tous ces risques liés au changement climatique s’additionnent pour les populations, il ne faut pas les regarder de manière isolée.»
Cette multiplication des risques a notamment de lourdes conséquences économiques. Le chercheur note par exemple que «les ressources financières pour réparer les calamités sont moindres car elles doivent être partagées entre les dégâts de la tornade, ceux du retrait-gonflement des argiles liés à la sécheresse et ceux des calamités agricoles…»
Selon lui, les propos de la journaliste Sonia Mabrouk «sont d’un autre siècle. Dire “la nature se fâche”, c’est cacher toutes les conséquences systémiques du changement climatique.»
« La France ne peut pas tourner la page des delphinariums en abandonnant les dauphins et les orques. Si on exporte la souffrance ailleurs, ce n’est pas une victoire, c’est une fuite », explique Lamya Essemlali.
Cet article Le zoo de Beauval renonce à accueillir les dauphins de Marineland, menacés d’être envoyés en Asie est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Maisons ravagées, toits arrachés... Les dégâts sont nombreux à Pomas, dans l'Aude, après le passage d'une tornade le 24 août. Retour en images au lendemain de la catastrophe.
Des maisons éventrées, des toits arrachés, des citoyens traumatisés... Le 24 août vers 17 heures, une tornade a ravagé la commune de Pomas (Aude), qui compte environ 1 000 habitants, alors qu'une partie du Sud-Ouest était en vigilance orange pour orages. 50 personnes ont été blessées, dont deux personnes en urgence (…)
Au cours d’un mois seulement, le régime vegan a entraîné des modifications au niveau de l’ADN associées à la fonction immunitaire, au métabolisme et aux voies biologiques impliquées dans le développement du cancer et la croissance cellulaire.
Cet article Le régime vegan ralentirait le vieillissement et réduit les inflammations est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Comment raconter le réchauffement climatique sans empiler les chiffres ni sombrer dans le catastrophisme ? Lauriane Miara relève le défi dans Groenland, échos arctiques (août 2026, Les Étages Éditions), une bande dessinée née d’une expédition scientifique menée en 2023 sur la côte ouest de l’île. Embarquée à bord du voilier de recherche Forel pour réaliser des dessins de vulgarisation à destination d’un public scolaire, l’illustratrice est rentrée avec une conviction : cette aventure méritait d’être racontée au plus grand nombre.
Résultat : un roman graphique aussi beau que percutant. Les aquarelles aux teintes douces, rehaussées d’encre de Chine, rendent presque palpables le silence, la lumière des glaciers et l’immensité des paysages arctiques.
«Groenland, échos arctiques», de Lauriane Miara, Les Étages Éditions, août 2026, 128 pages, 29 euros. © Les Étages Éditions
Mais le Groenland que raconte Lauriane Miara ne se résume pas à la fonte des glaces. Le regard de l’autrice se porte surtout sur celles et ceux qui y vivent. Au fil des pages, elle dépeint une société qui s’adapte à un environnement en mutation, tout en préservant un rapport spirituel au vivant. Ici, l’animal n’est ni une ressource à exploiter ni un être à protéger à tout prix : il est respecté pour ce qu’il apporte à la communauté. Cette conception, portée par la culture inuite, pousse les lecteur·ices à interroger leurs propres représentations.
La bédéaste n’occulte pas non plus l’histoire coloniale de l’île. Un habitant témoigne du traumatisme de la «danisation», cette politique d’assimilation imposée aux Groenlandais·es pendant des décennies. Une manière de rappeler que les populations les plus exposées aux bouleversements climatiques sont aussi les plus grandes victimes des rapports de domination.
«J’entends par “échos arctiques” les messages perceptibles émis par les milieux et les sociétés arctiques auxquels nous devrions tendre l’oreille», explique Lauriane Miara. C’est précisément ce que réussit ce livre : faire entendre ces voix, humaines autant que non humaines, sans jamais donner de leçon.
«Groenland, échos arctiques», de Lauriane Miara, Les Étages Éditions, août 2026, 128 pages, 29 euros.
Face aux mêmes maux, plusieurs grands modèles d’intelligence artificielle recommandent beaucoup plus souvent les urgences aux jeunes hommes qu’aux jeunes femmes. L’IA reproduit certains biais déjà observés en médecine.
L’article À symptômes égaux, l’IA envoie les hommes aux urgences, pas les femmes est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Emmanuelle Huet-Mignaton, atteinte d'une tumeur cérébrale à cause de l'Androcur, se bat pour que les femmes puissent comprendre les enjeux pour leur santé avant d'accepter, ou pas, un traitement hormonal.
« Après l'opération, une bouillie sortait de ma bouche. Alors, j'ai posé ma question à l'écrit. Quelles sont les chances que mes tumeurs soient liées à mon traitement ? » La réponse du médecin a été sans appel : 100 %.
Victime de l'Androcur, un médicament inhibiteur d'hormones, (…)
Face à l'avancée de la ruée vers l'or, trois villes de Bolivie ont chacune adopté une loi interdisant l'implantation de mines sur leur territoire. « Ce serait la fin pour nous », confient les producteurs de café et de cacao de la région.
Caranavi (Bolivie), reportage
Sur les hauteurs de Caranavi, on aperçoit les eaux transparentes de la rivière Yara qui se jettent dans celles, terreuses, du Coroico. Elles rejoindront, à des milliers de kilomètres en aval, celles de l'Amazone. « En voyant (…)

Les produits dérivés des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver Alpes 2030 sont déjà en vente sur la boutique en ligne officielle. Ils sont fabriqués en Chine, en Inde et au Bangladesh, contrairement à la promesse de Laurent Wauquiez.
Cet article est publié en partenariat avec Spotlighted.
Laurent Wauquiez l'avait promis : les Jeux olympiques d'hiver 2030 devront « concilier le développement durable et la création d'emplois ». C'était son vœu en mars 2024 au siège du Conseil régional (…)

Enquêteur besogneux et inflexible, le journaliste américain, obsédé par la question du pouvoir, voit son best-seller fondateur enfin traduit en Français, un demi-siècle après sa sortie. L’occasion de célébrer le format long, marque de fabrique, aussi, de Revue21, explique notre rédacteur en chef.
The post Pavé César : éloge de Robert Caro, le « power » biographe appeared first on Revue21.fr.
Les fortes chaleurs n’expliquent pas seules la pestilence qui se dégage de l’usine d’équarrissage de Plouvara, près de Saint-Brieuc (22). Le 21 août, au terme d’un été cauchemardesque pour les riverains, l’État a sommé l’entreprise SecAnim de rétablir en urgence son outil de production dans un état de marche normal.
L’article [Documents exclusifs] À Plouvara, derrière les odeurs de cadavres, l’unique usine d’équarrissage de Bretagne accumule les dysfonctionnements est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
«Je veux montrer que je participe et ne plus me terrer chez moi», affirme Yasmine, 29 ans. © Aurore Chapon
Désir d’enfants, déménagement, changement de carrière ou de vie… Vert a recueilli des centaines de témoignages de personnes dont l’avenir a été percuté par cet été infernal. Découvrez leur histoire dans notre série en quatre volets intitulée «2026, l’été de la bascule» en cliquant ici.
Aux mois de juin, de juillet et d’août, le mercure a dépassé les 40 degrés Celsius (°C) à Nantes (Loire-Atlantique) à plusieurs reprises. Ébranlée par cette chaleur historique, Yasmine*, 29 ans, qui vient d’emménager dans une nouvelle maison, a vécu cet été caniculaire comme un tournant politique. «Je viens d’une famille qui n’a jamais été engagée, explique-t-elle. À la première canicule de mai, je suis restée dans la sidération ; à la deuxième, j’ai compris que ce n’était plus possible : j’ai cherché une association près de chez moi.»
Elle s’inscrit alors au sein de Repousse, une organisation qui plante des arbres dans des endroits stratégiques et sensibilise sur leur rôle pour la biodiversité et la santé. «J’avais besoin de faire quelque chose de tangible près de chez moi, de voir le résultat de mes actions, détaille-t-elle. J’ai compris que l’action battait l’anxiété.» Elle se renseigne également sur les moyens d’aider la faune et la flore et installe des coupelles d’eau dans son jardin pour permettre aux insectes et aux oiseaux de se rafraîchir.
En 2025, un·e Français·e sur quatre était moyennement ou fortement écoanxieux·se, d’après un rapport de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Or, selon une étude scientifique étasunienne, l’activisme environnemental collectif pourrait atténuer les liens entre écoanxiété et symptômes dépressifs. Des effets bénéfiques que constate la psychothérapeute Charline Schmerber. «Beaucoup de personnes parmi mes patients écoanxieux rejoignent des associations, militent ou ont besoin de mettre les mains dans la terre», rapportait-elle au micro de France inter, le 5 août dernier.
«Je me suis mise à suivre les actualités des élus La France insoumise de mon territoire pour aller à des manifestations et des meetings à la rentrée, raconte Yasmine. Comme je suis seule avec mes réflexions, je me suis dit que je pourrais y rencontrer des gens qui partagent mes valeurs pour m’aider à m’engager. Je veux montrer que je participe et ne plus me terrer chez moi.»
Comme elle, nombre de Français·es témoignent à Vert d’une prise de conscience après la brutalité des quatre canicules successives et d’une envie d’agir davantage contre les causes du réchauffement climatique. Selon une étude de l’université de Yale publiée en 2023, les personnes qui manifestent de la détresse climatique sont plus enclines à s’engager et à parler de ce sujet autour d’elles.
«J’ai senti la crise climatique dans ma chair, ça m’a retourné, confie Valentine*, 35 ans. Avant, je voyais ça comme une menace lointaine, car je viens d’une famille de droite et j’étais moi-même de droite.» Elle l’assure : «À l’élection présidentielle, je ne ferai pas le même choix que ce que j’aurais voté avant la canicule.»
Cet été, la médecin gériatre est devenue mère pour la deuxième fois. «Cette saison où les enfants passent normalement la journée dehors a été très compliquée : on est restés enfermés tous les jours alors qu’on vit en Normandie», raconte-t-elle. Au quotidien, elle travaille avec des patient·es qui ne comprennent pas pourquoi elles et ils sont constamment épuisé·es.
«Je ne me préoccupais pas de la politique, se souvient la jeune femme. Mais, cet été, je me suis mise à consulter tous les programmes pour savoir ce que les candidats prévoyaient pour l’environnement, la société, les femmes…» Pendant les journées brûlantes, elle délaisse la plage trop exposée et se plonge dans des lectures, des podcasts, s’abonne à des médias indépendants, dont Vert. «Je voulais m’intéresser aux causes du changement climatique et je suis tombée sur des critiques du capitalisme ainsi que sur les analyses de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, abonde-t-elle. Je fais partie de la bourgeoisie, je ne remettais pas en cause ce système puisqu’il me protégeait, mais maintenant je me suis renseignée.»
L’annonce de la candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle s’est additionnée aux canicules et a renforcé son angoisse. La jeune mère s’indigne : «Je me suis dit que, démocratiquement, on avait abandonné quelque chose. Pour l’instant, je reste dans la phase où je m’informe, où je discute avec mon entourage, où j’essaye de convaincre mon compagnon de ne pas voter blanc l’année prochaine. Je verrai ensuite où diriger ma colère.»
Sacha, 33 ans, est architecte dans le Bas-Rhin. «Avec ma femme, nous avons beaucoup souffert de la sécheresse car nous vivons sous les combles. Mais nous savons que d’autres étaient bien plus en détresse, affirme-t-il. Le discours de Yann Barthès nous a sidérés et radicalisés : depuis cet été, on est beaucoup plus engagés, on se tourne davantage vers les médias indépendants plutôt que généralistes.» Le 25 juin, l’animateur de l’émission Quotidien, sur TMC, avait déclaré que l’ensemble des Français·es étaient «logés à la même enseigne» face à la chaleur, du milliardaire Bernard Arnault aux citoyen·nes ordinaires.
Même parmi les personnes déjà sensibilisées au réchauffement climatique et à la vulnérabilité de l’environnement, cet été a marqué une bascule. Sylvie*, 62 ans, témoigne d’une volonté de s’engager de manière plus collective. «J’aimerais faire des actions plus radicales mais je suis vieille maintenant», souffle-t-elle. Cette ancienne professeure retraitée habite dans la Sarthe et cherche désespérément une association près de chez elle : «C’est dommage, la Ligue pour la protection des oiseaux n’est pas très active dans mon coin et les manifestations sont souvent à Paris. C’est compliqué quand on vit à la campagne.»
Astrid* aussi aimerait en faire plus : «Je pense qu’il faut se tourner vers le sabotage. Nos pétitions, comme celle contre la loi Duplomb, ne sont pas respectées ; on n’est pas écouté. Il faut empêcher les bidons de pesticides de sortir des usines ou même couper la climatisation à certains plateaux de télévision, par exemple.»
«On a beau être écolo au maximum en tant qu’individu, ça ne fera pas grand-chose tant qu’on n’aura pas essayé de changer ce système.»
La Normande peine toutefois à franchir le cap. «J’ai des enfants, donc je ne peux pas prendre trop de risques légaux ; il nous faudrait un accompagnement juridique pour faire ces actions», plaide-t-elle. Il lui est difficile de trouver des soutiens dans son quotidien. Alors, un jour, dans la fraîcheur d’une salle de cinéma climatisée, sa colère explose. «Avec mes enfants, nous sommes allés voir La Bataille de Gaulle et, à la fin de la séance, je me suis levée et j’ai harangué la salle, exhortant à une nouvelle forme de résistance contre les industries fossiles et le réchauffement climatique», s’amuse-t-elle.
Additionner des actions collectives à plus grande échelle à son engagement individuel, c’est aussi la bascule qu’a vécue Laura* cet été. Traiteuse végétarienne en Loire-Atlantique, elle est consciente des enjeux environnementaux depuis de nombreuses années. Après les canicules, elle a «voulu passer un cran au-dessus». «Je n’en pouvais plus d’être dans la sidération, je me suis dit que c’était maintenant ou jamais», lance-t-elle.
Comme premier réflexe, elle change de banque pour éviter que son argent ne soit réinvesti dans les énergies fossiles. Pour aller plus loin, elle s’inscrit à une réunion d’informations d’un groupe local d’un parti politique de gauche pour s’organiser en vue de l’élection présidentielle. «Le miracle ne viendra pas d’en haut, assure-t-elle. Mais on fait partie d’un système, donc on a beau être écolo au maximum en tant qu’individu, ça ne fera pas grand-chose tant qu’on n’aura pas essayé de changer ce système.»
Un constat auquel souscrit Leslie*, habitante d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis : «La crise qu’on a traversée cet été m’a remotivée politiquement. On ne peut pas se laisser précipiter dans la catastrophe, j’ai perdu plusieurs proches durant ces canicules, chacune de ces morts est inadmissible.»
Elle vit dans un HLM, «une véritable bouilloire thermique, la température montait à largement plus de 30°C dans les logements», décrit-elle. Au cœur de la deuxième canicule, elle achète des couvertures de survie et les distribue à ses voisin·es. Alors qu’une dame âgée atteinte d’un cancer multiplie les malaises quelques étages plus bas, elle finit par lui offrir une chambre d’hôtel pour quelques jours. Elle décide également d’en payer une pour l’un de ses amis handicapé et elle-même. Dans la foulée, elle contacte l’Office public de l’habitat d’Aubervilliers pour exiger des mesures compensatoires en urgence et la pose de volets dans les prochains mois.
«La solidarité donne de l’espoir et c’est vital, appuie Leslie. J’attends les manifestations prévues à la rentrée avec impatience. Dans les moments de crise, quand l’État est incapable de gérer, on se rend compte qu’on peut s’organiser collectivement. J’espère que ça débouchera sur une envie de lutter sur le plus long terme.»
*Ces personnes ont souhaité être anonymisées.

Source :Compte X, le 11 août 2026
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Depuis le passage d’une loi plus permissive sur l’avortement au Massachusetts, des opposants dénoncent une légalisation de la pratique jusqu’au terme d’une grossesse. Sur Facebook (ici ou ici), Instagram et X (ici ou ici), des internautes francophones avancent que « la gouverneure démocrate du Massachusetts vient de signer une loi autorisant les avortements jusqu’au jour de la naissance ». Parmi eux, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, qui, comme les autres, relaie l’image (photo ou vidéo) de Maura Healey, gouverneure démocrate de l’État du nord-est états-unien engagée contre l’administration Trump, en train de signer le texte.
Les critiques francophones se contentent de rapporter celles des opposants états-uniens à ce texte, comme Marjorie Dannenfelser, présidente de l’organisation SBA Pro-Life America, qui faisait part de sa réprobation sur Fox News. Ce n’est pas la première fois que de telles affirmations sont propagées. L’actuel président des États-Unis, Donald Trump, a, par exemple, déjà tenu plusieurs propos semblables sur les « avortements tardifs » (« late-term abortion »), jusqu’au « dernier jour » voire quand « le bébé est né » : une fausse information débunkée en 2016 et 2019 par CBS et CNN.
En effet, si la loi ne précise pas de date butoir à partir de laquelle les avortements seraient formellement interdits, l’avortement à partir de 24 semaines est conditionné à un avis médical – et l’était déjà avant cette loi. Dans les faits, le recours à ce type d’avortement est faible, et celui de l’avortement « jusqu’au jour de l’accouchement » quasi nul. Nos confrères du média de fact-checking états-unien Snopes sont venus apporter des précisions à ces rumeurs, qui se sont répandues sur les réseaux sociaux des deux côtés de l’Atlantique. Les Surligneurs font le point.
Dans la loi, la modification des critères pour pouvoir avorter après 24 semaines
La loi en question, signée le 10 août 2026 par la gouverneure démocrate Maura Healey, est le Prioritizing Patient Access to Care Act (« Loi visant à donner la priorité à l’accès des patients aux soins », en français).
Concrètement, ce texte modifie l’Article 12N du Chapitre 112 des Lois générales de l’État en remplaçant l’énumération des conditions requises pour pouvoir avorter à partir de 24 semaines de grossesse par la formulation suivante : « Un avortement peut être pratiqué par un médecin sur la base du jugement professionnel du médecin ».
Jusqu’alors, l’avortement à partir de 24 semaines de grossesse n’était autorisé que dans quatre situations spécifiques. Il fallait que le médecin juge qu’il était « (i) nécessaire pour préserver la vie du patient; (ii) nécessaire pour préserver la santé physique ou mentale du patient; (iii) justifié en raison d’une anomalie fœtale mortelle ou d’un diagnostic correspondant ; ou (iv) justifié en raison d’un diagnostic fœtal grave indiquant que le fœtus est incompatible avec une vie durable hors de l’utérus sans interventions médicales extraordinaires ».
Avant 24 semaines, la loi n’a pas changé : un avortement peut être pratiqué par un professionnel habilité, sans un motif médical particulier (Article 12M), dès lors que la patiente atteste de son « consentement éclairé » par écrit (Article 12R). Au-delà, la nouvelle loi prévoit qu’il est possible d’avorter, sous le jugement d’un médecin (Article 12N). Comme, à partir de 24 semaines, aucune date limite après laquelle il serait interdit d’avorter n’apparaît, il est donc théoriquement possible d’avorter « jusqu’à la naissance ». En réalité, cela était même déjà le cas avant cette loi, à condition que l’un des quatre critères, désormais supprimés, soit retenu par un médecin.
Dans un communiqué de presse, la Chambre des représentants du Massachusetts explique les motivations de l’assouplissement porté par cette loi : « Selon l’association Reproductive Equity Now, des dizaines de patientes sont contraintes chaque année de se rendre hors de l’État pour bénéficier de la prise en charge d’un avortement à un stade avancé de leur grossesse, en raison des restrictions légales en vigueur ». Elle précise que ces quatre critères de l’Article 12N « ne couvrent pas l’ensemble des situations médicales rencontrées par les femmes et leurs médecins ».
Pour la députée démocrate, Christine Barber, cette loi « élimine les obstacles et garantit que l’expertise médicale constitue la norme en matière de soins. Cela repose sur une conviction simple, mais forte : les décisions concernant l’avortement doivent rester l’affaire de la patiente et de son praticien. De personne d’autre. »
En 2022, la Cour suprême a renversé la décision Roe v. Wade, qui garantissait, de facto, le droit à l’avortement dans tout le pays depuis 1973. Treize États interdisent ainsi d’avorter – à quelques exceptions très limitées près – rapporte KFF, centre de recherche états-unien sur les politiques de santé. Le Massachusetts fait désormais partie « des États imposant le moins de restrictions concernant les avortements tard dans la grossesse », souligne le New York Times qui rappelle que le projet de loi bénéficiait du soutien de différentes organisations locales de santé reproductive.
Dans les faits, les avortements après 21 semaines de grossesse sont rares
Si la nouvelle loi du Massachusetts permet donc d’avorter, avec l’aval d’un médecin, à 24 semaines ou plus de grossesse, dans les faits, ce n’est pas une pratique si courante. Dans l’article « Les avortements à un stade avancé de la grossesse à l’ère post-Dobbs » , c’est-à-dire depuis l’annulation Roe v. Wade en 2022, KFF analyse : « Ils sont souvent difficiles à obtenir, car ils ne sont proposés que dans un nombre restreint d’États et réalisés par une petite fraction des prestataires d’avortement ; de plus, ils sont généralement coûteux et nécessitent beaucoup de temps. »
Certains États autorisent donc déjà, comme le Massachusetts (la loi entre en vigueur 90 jours après sa signature), un avortement après cinq mois, mais les données ne témoignent pas d’un recours massif au dispositif, quand il existe.
Au contraire, l’avortement après 21 semaines reste l’exception. D’après les données des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), « la quasi-totalité des avortements ont eu lieu au début de la grossesse, en 2022 ». L’organisme de référence en matière de données sur la santé publique aux États-Unis, auteur des rapports « Abortion Surveillance », détaille : « 92,8 % des avortements ont été pratiqués à ≤ 13 semaines de grossesse ; un nombre plus restreint d’avortements (6,1 %) a été pratiqué entre 14 et 20 semaines de grossesse, et un nombre encore plus faible (1,1 %) à ≥ 21 semaines de grossesse. »
Cependant, il faut prendre avec prudence ces chiffres car leur contexte n’est pas transposable à aujourd’hui. Entre 1973 et 2022, la jurisprudence découlant de Roe v Wade, qui a connu plusieurs évolutions, garantissait l’avortement jusqu’au seuil de viabilité du fœtus, généralement estimé à plus de 24 semaines (28 en 1973). Après ce délai, chaque État pouvait réglementer ou interdire l’avortement, sous réserve d’exceptions liées à la vie et à la santé de la patiente. Ceux qui n’imposaient aucune interdiction liée à « l’âge gestationnel » étaient déjà peu nombreux. Si l’on ne peut donc pas faire une généralisation après 24 semaines, la faible proportion d’avortements pratiqués après 21 semaines permet de donner un ordre de grandeur des interruptions de grossesse à un stade déjà avancé.
« Les raisons pour lesquelles des personnes ont recours à un avortement à un stade avancé de la grossesse incluent des motifs médicaux, tels que des anomalies fœtales ou une menace pour la vie de la mère, ainsi que des obstacles à l’accès aux soins entraînant des retards dans la réalisation de l’intervention. »
— KFF
Selon KFF, « les raisons pour lesquelles des personnes ont recours à un avortement à un stade avancé de la grossesse incluent des motifs médicaux, tels que des anomalies fœtales ou une menace pour la vie de la mère, ainsi que des obstacles à l’accès aux soins entraînant des retards dans la réalisation de l’intervention. »
De son côté, CBS cite la docteure Jen Gunter, gynécologue-obstétricienne basée à San Francisco : « Souvent, lorsqu’un avortement plus tard dans la grossesse est pratiqué en raison de graves anomalies congénitales, c’est parce que le déclenchement du travail aurait présenté des risques pour la femme. »
En 2019, la docteure Jennifer Conti, professeure adjointe à Stanford Medicine et membre du groupe Physicians for Reproductive Health, expliquait pour CNN : « L’expression ‘avortement tardif’ [‘late term’] est une invention des extrémistes anti-avortement pour semer la confusion, induire en erreur et accroître la stigmatisation. L’expression appropriée est ‘avortements plus tard dans la grossesse’ [‘abortions later in pregnancy’]. »
Il y a quelques mois, c’était le Royaume-Uni qui était touché par cette rumeur, fausse et virale. Euronews a précisé que la chambre haute du Parlement britannique venait de voter un amendement pour la fin de la criminalisation des femmes qui interrompent leur grossesse, et non pour la légalisation d’avortement « jusqu’à la naissance ».
Auteurs :
Autrice : Mathilde Lafargue, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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