À Castelnau-le-Lez, un agent de la police municipale agresse violemment une femme qui se serait opposée à une verbalisation pour « dissimulation de visage » visant une femme de confession musulmane, malade.
Une interpellation violente et foutraque dans les gestes pratiqués
Le 21 juillet 2026, aux environs de 14 h 50, Élise F. se trouvait à l'arrêt de tramway Notre-Dame-de-Sablassou, à Castelnau-le-Lez, dans l'Hérault. Elle était assise à côté d'une femme portant un voile ainsi qu'un masque chirurgical. Un agent de la police municipale s'est approché de cette dernière et lui a « indiqué qu'elle se trouvait en infraction dès lors que son visage n'était pas visible ». La femme lui a répondu qu'elle sortait d'une « consultation médicale », qu'elle était malade et que c'était pour cette raison qu'elle portait un masque.
L'agent lui a alors annoncé son intention de lui dresser une contravention d'un montant de 135 euros. Choquée, elle lui propose alors de lui montrer son ordonnance médicale, mais le policier ne juge pas nécessaire de la vérifier.
Élise F., qui assistait calmement à la scène, a trouvé incompréhensible la démarche des policiers municipaux. Elle a exprimé à plusieurs reprises que leur intervention lui semblait disproportionnée.
Sur la page officielle du ministère de la santé de la République française, Santé.fr, le gouvernement est très clair sur ce sujet : « le port d'un masque lorsqu'on présente des symptômes d'une infection respiratoire est un geste simple qui permet de protéger les autres. Les virus et les bactéries responsables de nombreuses maladies respiratoires se transmettent principalement par les particules émises lorsque nous toussons, éternuons ou...
Les terrils, ces montagnes de gravats liés à l'exploitation minière, sont plus vivants qu'on ne le pensait quand ils ont été édifiés. Plusieurs décennies après l'arrêt des mines, une guide nous révèle l'étendue de la faune et de la flore qu'ils accueillent.
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Il faut s'imaginer un paysage à la Germinal de Zola, matérialisé pour l'éternité par le film de Claude Berri (1993). De la fumée, des bruits métalliques. Des hommes, la pauvreté et (…)
Installé à Cherbourg-en-Cotentin, Baptiste Vannier espère débuter une activité de pêche à la ligne, au filet et au casier à partir de septembre. © Cécile Massin/Vert
«Bienvenue à bord !» lance Baptiste Vannier en sautant, le pas léger, dans son bateau amarré au port de Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Sur le ponton, rien ne distingue a priori sa vedette de pêche des autres navires, et pourtant. Fièrement paré de ses liserés bleus, ce bateau a été acquis par le pêcheur normand de 28 ans grâce au soutien de Mer de liens. Une première.
Créée en décembre 2025 par l’association Pleine mer, cette société de pêche citoyenne et solidaire a été pensée comme le pendant maritime de la foncière agricole Terre de liens. Alors que la première achète des terres grâce à l’épargne citoyenne pour permettre à des paysan·nes de s’installer en agriculture biologique, la seconde veut acheter des bateaux pour permettre aux artisan·nes qui veulent pratiquer une pêche durable de lancer leur activité. Un fonctionnement inédit dans le secteur.
«Un jeune marin-pêcheur qui veut s’installer doit acheter un bateau, mais aussi acquérir les droits pour pêcher telle ou telle espèce», débute Augustin Malliart, installé à Brest (Finistère) et codirecteur de Mer de liens. «C’est justement là que ça se corse», poursuit le professionnel. De fait, les licences sont souvent difficiles à obtenir, car déjà attribuées à d’autres pêcheur·ses.
Dans le même temps, à l’échelle de l’Union européenne, les quotas de pêche sont répartis entre navires en fonction des quantités de poissons pêchées précédemment. Résultat ? Plus un navire a pêché, plus il obtiendra de quotas. «Les bateaux sont ensuite revendus en fonction des quantités pêchées antérieurement, et donc de leur quotas, ce qui alimente la spéculation et fait grimper le coût de certains bateaux, qui deviennent tout bonnement inaccessibles aux jeunes pêcheurs», regrette le codirecteur de Mer de liens.
Face à cette répartition, qui défavorise les artisan·nes au profit des acteurs industriels sans prendre en compte l’impact environnemental des méthodes de pêche (notre article), «c’est là qu’on intervient», sourit Augustin Malliart. Concrètement, Mer de liens se propose d’acheter des bateaux puis de les revendre aux pêcheur·ses artisan·nes. Pour cela, elle joue également le rôle de banque en leur accordant des prêts à taux très bas (1%). «Ça permet de leur rendre accessibles des bateaux qui ne l’auraient jamais été autrement», s’enthousiasme le professionnel.
Baptiste Vannier espère relancer une pratique aujourd’hui inexistante en Normandie : la pêche en plongée de coquilles Saint-Jacques. © Cécile Massin/Vert
Ces emprunts sont rendus possibles grâce au modèle de l’actionnariat solidaire. Pour le bateau de Baptiste Vannier, la levée de fonds citoyenne lancée par Mer de liens a ainsi permis de récolter pas moins de 75 000 euros (sur les 200 000 espérés) auprès de particuliers, mais aussi de personnalités comme la navigatrice Isabelle Autissier, la journaliste Inès Léraud ou encore le professeur en écologie marine Didier Gascuel. «Les épargnants s’engagent à laisser leur argent au moins cinq ans, ce qui nous permet d’acheter des bateaux et de faire fonctionner la structure», précise Augustin Malliart.
«J’ai été attiré par la souplesse de remboursement, mais aussi par la mise à disposition de leur réseau de poissonniers, restaurateurs et grossistes désireux de favoriser la pêche artisanale.»
Le bateau et les droits de pêche associés progressivement achetés par le pêcheur, Mer de liens reste ensuite propriétaire à 20% de la toute nouvelle société, «ce qui nous permet de ne pas jouer uniquement le rôle de banque, mais aussi d’être pleinement investi dans le projet en aidant le pêcheur à structurer son projet, à trouver les bons partenaires pour valoriser et commercialiser ses produits…», insiste Augustin Malliart.
Autant d’aspects qui ont séduit Baptiste Vannier, qui aspirait depuis longtemps à se lancer à son compte. «J’ai été attiré par la souplesse de remboursement, mais aussi par la mise à disposition de leur réseau de poissonniers, restaurateurs et grossistes désireux de favoriser la pêche artisanale, précise le pêcheur. C’est un vrai atout dans ce milieu où avoir les bons contacts est primordial», ajoute-t-il, concentré à décoller de la coque du bateau le nom donné par l’ancien propriétaire pour y apposer le sien – Paua – en grandes lettres noires.
Avant de rejoindre Mer de liens, le pêcheur a signé une charte «pour une pêche plus durable» établie par le comité scientifique de l’association et via laquelle il s’est engagé, entre autres, à diversifier les espèces ciblées, réduire son empreinte sur les fonds marins, respecter les quotas et la réglementation ou encore optimiser la consommation de carburant.
L’initiative Mer de liens espère pouvoir accompagner trois à quatre projets d’installation par an. © Cécile Massin/Vert
Des pratiques respectueuses des fonds marins que Baptiste Vannier dit avoir toujours respectées, «mais c’est bien qu’elle soient écrites noir sur blanc», sourit le pêcheur. «Ces principes pourraient sembler logiques, mais dans les faits ils ne sont pas forcément respectés et les contrôles restent peu fréquents, le rejoint Augustin Malliart. C’est pour ça qu’on insiste autant dessus».
Fort de ces valeurs communes, Baptiste Vannier espère débuter dès septembre une activité de pêche à la ligne, au filet et au casier. Il pense même relancer une activité – pour le moment inexistante en Normandie – de pêche en plongée de coquilles Saint-Jacques. «La plongée, ça a toujours été mon dada, sourit-il. J’aime les sensations que ça procure, mais aussi le fait qu’avec cette technique, on prélève les coquillages à la main un par un et que les quantités sont donc faibles et restent gérables.»
Pour Baptiste Vannier, protéger les fonds marins passe par des méthodes de pêche durables, mais aussi par la valorisation des produits en circuits courts et le respect de la disponibilité des ressources halieutiques. «La pêche en plongée a un impact quasi-nul, abonde Augustin Malliart. C’est pour ça qu’on y est très favorable.» De là à faire de Mer de liens un outil de lutte contre l’hégémonie de la géants de la pêche ? «Ce serait un peu irréaliste de le prétendre, confesse-t-il. L’ambition, c’est plutôt de nous rendre utile pour des projets qui auraient du mal à se concrétiser sans notre aide.»
Alors que, d’après l’association Pleine mer, près d’un tiers des navires de moins de 12 mètres ont disparu en 25 ans et que le nombre de pêcheur·ses artisan·nes s’amenuise, Mer de liens espère accompagner trois à quatre projets par an. La société de pêche s’apprête d’ailleurs à lancer une nouvelle levée de fonds à la rentrée avec, dans le viseur, l’installation de deux jeunes marins-pêcheurs bretons à partir de 2027. «Ce qu’on veut, c’est montrer qu’il y a d’autres modèles possibles», conclut Augustin Malliart, sans se faire d’illusions sur le rapport de force actuel.
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En Andalousie, 100 000 chèvres et moutons pâturent dans des terrains à risque d’incendie pour réduire la végétation inflammable. © Cynthia Vanessa/Flickr
En Andalousie, un cheptel très particulier parcourt les vastes plaines et monts du sud de l’Espagne. On les appelle ici les chèvres et moutons-pompiers. Ces bêtes ne portent pas l’attirail des soldats du feu, mais leur rôle dans la prévention des incendies est fondamental.
Le bétail s’occupe en effet de brouter les zones coupe-feux dans les massifs forestiers, ces espaces peu arborés qui créent une discontinuité et freinent ainsi la propagation des brasiers. Concrètement, le pâturage peut réduire de 61 % en moyenne l’étendue de la surface brûlée et diminuer de moitié la vitesse de propagation des brasiers, selon une étude scientifique sur la prévention du feu dans les écosystèmes méditerranéens.
Actuellement, environ 100 000 animaux conduits par quelque 200 berger·es pâturent près de 6 000 hectares de terrain à hauts risques. Le Réseau d’aires de pâturage coupe-feux d’Andalousie (Rapca) est actif depuis 2005 sous la houlette du gouvernement régional, avec l’appui scientifique du Conseil supérieur de la recherche scientifique (le CSIC, l’équivalent espagnol du CNRS).
Peu connue du grand public, la solution est pourtant ancienne et son efficacité prouvée. Le pastoralisme et l’élevage extensif constituent une des pratiques les plus efficaces et les moins onéreuses pour réduire la végétation inflammable dans les forêts méditerranéennes et limiter ainsi le risque d’incendie, comme le confirme une enquête de la Société espagnole des sciences forestières (SECF) auprès de 69 chercheur·ses et professionnel·les du secteur.
«Sans ces animaux, notre écosystème est dysfonctionnel et vulnérable aux incendies, aux maladies, aux pertes de biodiversité.»
Il s’agit même d’une nécessité structurelle pour la plupart des forêts européennes. «Les herbivores et le feu sont les deux principaux consommateurs de la biomasse, explique Francisco Martín Azcárate, biologiste et écologue à l’Université autonome de Madrid. Mais, comme les grands herbivores sauvages [bisons, chevaux sauvages…, NDLR] ont disparu de notre continent, il faut absolument travailler avec leurs descendants domestiques : moutons, chèvres, chevaux…»
«Même une société végétarienne devrait garder ces troupeaux, ne serait-ce que comme gestionnaires du milieu naturel, ajoute-t-il. Sans ces animaux, notre écosystème est dysfonctionnel et vulnérable aux incendies, aux maladies, aux pertes de biodiversité.»
La région d’Estrémadure, à l’ouest de l’Espagne, a bien reçu le message. En 2015, quelque 8 000 hectares de la sierra de Gata, vastes monts recouverts de pins à la frontière avec le Portugal, partent en fumée. Un déclic pour le gouvernement régional, qui réagit en lançant un an plus tard le projet Mosaico, en collaboration avec l’université d’Estrémadure.
Le programme repose sur le concept de «coupe-feu productif». Des parcelles à hauts risques d’incendie sont confiées à des agriculteur·ices ou éleveur·ses qui les exploitent et les débroussaillent, éliminant ainsi «une grande partie de la biomasse combustible», retrace Fernando Pulido, biologiste à l’université d’Estrémadure et responsable du projet Mosaico. L’avantage est double : un coupe-feu à moindre coût, et qui maintient une activité locale et durable.
«Il ne s’agit pas d’abattre la forêt mais d’intervenir sur les zones les plus vulnérables, de façon presque chirurgicale, afin de créer suffisamment de discontinuité pour empêcher le feu de tout dévorer en quelques jours», précise l’expert en prévention des incendies.
Ce sont les chercheur·ses qui déterminent où et comment. L’objectif final : recréer un «paysage en mosaïque», où 20 à 30% de la surface forestière est occupée par de l’élevage, des cultures végétales (notamment des oliveraies) ou une sylviculture peu inflammable. En onze ans, 120 coupe-feux productifs sont nés sur environ 12 000 des 110 000 hectares du territoire concerné, pour une réduction estimée à 15% de la taille théorique des grands incendies.
Si la plupart de ces initiatives voient dans l’agriculture extensive la solution, c’est aussi parce qu’elles identifient le dépeuplement rural comme une des causes principales de l’aggravation des incendies. «C’est le premier facteur déclencheur, qui permet à la végétation de croître sans contrôle, sans aucun animal ni être humain pour débroussailler. Le nier, c’est mentir et permettre aux responsables politiques de se dédouaner de leur responsabilité», dénonce Fernando Pulido.
Un constat partagé par Eduard Pla, écologue à l’Université autonome de Barcelone : «La plupart de nos forêts vulnérables sont les plus jeunes, celles qui sont apparues là où l’agriculture a disparu au cours des dernières décennies», détaille cet expert des effets du changement climatique sur les écosystèmes forestiers.
Reste à ne pas idéaliser le passé. L’Espagne d’antan était certes plus exploitée par le monde paysan, mais pas toujours en faveur des écosystèmes. En effet, la surface forestière a dégringolé jusqu’à atteindre son minimum historique dans la première moitié du 20ème siècle, avant de repousser avec l’exode des campagnes.
Aucun des chercheurs consultés ne minimise pour autant l’effet indéniable du réchauffement climatique : il «assèche la biomasse combustible» et la rend plus inflammable, «multiplie les phénomènes météorologiques extrêmes» et pousse les écosystèmes dans leurs derniers retranchements.
Les programmes ibériques veulent rompre avec la surexploitation du vivant en relançant les usages traditionnels de faible intensité et aux bénéfices éprouvés, dont la transhumance, c’est-à-dire le déplacement saisonnier des troupeaux d’un pâturage à un autre. Une pratique ancestrale pratiquée dans une partie de l’Europe et reconnue par l’Unesco depuis 2023.
«Le concept de paysage mosaïque est applicable à n’importe quel territoire confronté aux feux de forêt. Il suffit de l’adapter au contexte local.»
L’Union européenne finance une partie de ces projets, notamment à travers la Politique agricole commune (PAC) ou le programme LIFE. En avril, l’Andalousie a approuvé une nouvelle série d’aides financières visant à promouvoir le sylvopastoralisme pour la prévention des incendies, dans la lignée du programme Rapca.
En Estrémadure, Mosaico continue de grandir. L’année dernière, une partie du Portugal a rejoint le réseau désormais composé de treize territoires ibériques. Des chercheurs néerlandais et californiens sont même venus étudier le modèle sur place, preuve qu’il inspire. «Le concept de paysage mosaïque est applicable à n’importe quel territoire confronté aux feux de forêt, assure Fernando Pulido. Il suffit de l’adapter au contexte local.»
Les chercheur·ses déplorent toutefois un manque de moyens financiers et «l’absence d’un véritable cadre législatif», comme le regrette Fernando Pulido. Seuls 30 à 40% des coupe-feux productifs proposés aboutissent, selon le responsable de Mosaico. Reçu au Congrès des députés (l’équivalent espagnol de l’Assemblée nationale) à l’automne 2025, aucune de ses suggestions n’a abouti. Les moutons-pompiers n’éteindront pas les incendies, mais ils sont déjà l’un des outils les plus sobres pour les prévenir. Encore faut-il y mettre les moyens.
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Source :Compte X, le 2 août 2026
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Alors que l’été caniculaire a été l’occasion de faire le point sur le réchauffement climatique et la façon dont nos sociétés s’y adaptent, le photovoltaïque, source d’énergie dite propre, est revenu sur le devant de la scène.
Promu dans un objectif de décarbonation, le photovoltaïque aurait aussi ses torts, selon ses détracteurs. Parmi les critiques avancées : les panneaux solaires réchaufferaient l’atmosphère.
Une publication japonaise vue 3,6 millions de fois dénonce ainsi une température locale importante. « Les panneaux solaires sont un véritable enfer de chaleur. Je pense qu’ils contribuent indéniablement au réchauffement climatique. », assure l’internaute, qui partage une image infrarouge de panneaux solaires pour illustrer cette supposée arnaque.
Sur Facebook, certains relaient cette idée et la mettent en parallèle avec une « hypocrisie » de l’Agenda 2030 – le programme de l’ONU visant à atteindre 17 objectifs de développement durable d’ici 2030, dont le recours à des énergies plus respectueuses de l’environnement. Selon eux, les panneaux solaires seraient une fausse solution contre le « réchauffement climatique ».
« Ces projets […] augmentent la température de l’air à proximité des installations », indique une internaute. Cette hausse pourrait atteindre « cinq degrés », précise-t-elle.
La communauté internationale, loin d’avoir trouvé la solution miracle, aurait-elle donc fait fausse route en misant sur le photovoltaïque pour produire une énergie moins polluante ?
Les Surligneurs se sont penchés sur la question. Les effets thermiques locaux des panneaux solaires – réels – ne peuvent être appréhendés sans analyser l’impact global de cette source d’énergie sur le climat, à l’aune de la consommation mondiale. Deux échelles indispensables pour mesurer la contribution réelle du photovoltaïque au dérèglement climatique.
8,7 % du mix électrique mondial
Le photovoltaïque fait partie des énergies renouvelables dans lesquelles les États sont encouragés par l’ONU à investir afin de « garantir l’accès à une énergie propre et d’un coût abordable ». Selon une étude du think tank Ember publiée en avril 2026, ayant analysé 93 % de la demande électrique mondiale, le photovoltaïque représente 8,7 % du mix électrique en 2026. Il est en passe de dépasser le nucléaire. Cette croissance est notamment portée par la Chine, qui concentre 47 % des capacités solaires installées dans le monde, selon l’Energy Institute.
Si le bilan carbone global du photovoltaïque reste bien inférieur à celui des énergies fossiles, son impact sur la température à l’échelle locale n’est pas encore défini de manière définitive par les travaux scientifiques.
Les surfaces sombres réchauffent l’atmosphère
Les panneaux photovoltaïques sont des objets qui peuvent concentrer, et donc diffuser, beaucoup de chaleur. Pour le comprendre, il faut s’intéresser à la notion d’albédo. Ce terme désigne la capacité d’une surface à réfléchir les rayonnements solaires. Les surfaces sombres en renvoient peu et en absorbent davantage. Les surfaces claires, au contraire, réfléchissent une plus grande part des rayons. Plus l’absorption est importante, plus l’albédo est faible.
« le réchauffement induit par les panneaux photovoltaïques annulait totalement les bénéfices de l’ombrage »
En absorbant ces rayonnements, les surfaces sombres chauffent et diffusent donc de la chaleur. Les panneaux photovoltaïques, sombres, ont ainsi un albédo faible et peuvent contribuer à une hausse locale des températures. Mais cet effet dépend de nombreux paramètres.
La hausse de température pouvant atteindre 5 °C à proximité de panneaux installés sur des toitures urbaines, évoquée par l’internaute, a été observée dans une étude publiée en août 2025, dans laquelle les chercheurs ont quantifié « l’impact du photovoltaïque en toiture sur le microclimat lors de conditions de chaleur extrême ». Ils indiquent que les installations mesurées avaient « augmenté la température de l’air jusqu’à 5,2 °C » à proximité des panneaux, tout en réduisant la température du toit grâce à l’ombrage produit.
Au regard de la balance entre ces deux effets, les chercheurs concluent : « Des simulations énergétiques des espaces situés aux derniers étages [des immeubles] ont révélé que le réchauffement induit par les panneaux photovoltaïques annulait totalement les bénéfices de l’ombrage, entraînant une augmentation nette de 1,5 % [dans des bureaux] de la demande en énergie de refroidissement. »
Ainsi, « si les systèmes photovoltaïques en toiture améliorent la durabilité énergétique, ils peuvent compromettre la sécurité thermique lors de vagues de chaleur extrêmes ». C’est donc bien dans un contexte particulier – une vague de chaleur extrême – que les scientifiques ont effectué ces calculs et, malgré cette augmentation locale des températures, ils ne remettent pas en cause la « durabilité énergétique » de l’énergie photovoltaïque.
Des variations de température contrastées
Une autre étude, portant sur des installations au sol, conclut elle aussi à une hausse locale des températures. « Nos résultats montrent que les températures au-dessus d’une centrale PV [photovoltaïque, ndlr] étaient régulièrement supérieures de 3 à 4 °C à celles des zones naturelles la nuit », peut-on lire dans le résumé.
Malgré ces résultats concordants, une autre étude, publiée en septembre 2024 et menée à Calcutta, en Inde, aboutit à des résultats plus nuancés. À l’échelle de la ville, les chercheurs estiment que les panneaux solaires en toiture pourraient faire monter la température diurne « jusqu’à 1,5 °C » et, en parallèle, faire baisser la température nocturne « jusqu’à 0,6 °C ». Cette baisse de la température s’expliquerait notamment par la minceur des panneaux et leur faible inertie thermique. La chaleur accumulée pendant la journée est ainsi plus rapidement relâchée dans l’air qu’elle ne le serait par un toit nu, dépourvu de panneaux.
De la même façon, une étude plus ancienne, datant de 2013, suggère que des panneaux installés au niveau du sol peuvent réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain. En effet, lorsqu’ils remplacent des surfaces sombres, comme le bitume, qui possèdent déjà un albédo faible, les panneaux solaires peuvent participer à la diminution de la chaleur.
Tous les panneaux ne se valent pas
Ainsi, des panneaux solaires performants, avec un rendement – la part de l’énergie solaire reçue qu’ils transforment en électricité – supérieur à 20 %, peuvent avoir un effet rafraîchissant. « Les panneaux photovoltaïques peuvent refroidir l’air », expliquent les chercheurs dans cette même étude. En effet, plus le rendement d’un panneau solaire est élevé, moins il reste théoriquement d’énergie à dissiper localement sous forme de chaleur. À l’inverse, les chercheurs soulignent que des panneaux avec un rendement très faible, inférieur à 20 %, peuvent contribuer au réchauffement de la ville.
Au-delà de la question de l’effet thermique des panneaux solaires à l’échelle locale – difficile à mesurer, car dépendant de multiples critères – , il convient de mettre ce phénomène en perspective avec les émissions de gaz à effet de serre évitées grâce à la production d’une électricité moins carbonée que celle issue des énergies fossiles.
Un bilan carbone largement positif
Selon l’ADEME, « le bilan environnemental du photovoltaïque est largement positif ». L’Agence estime le bilan carbone des modules récents entre 23 et 25 grammes d’équivalent CO2 par kilowattheure produit. De son côté, la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (UNECE) avance une fourchette allant de 8 à 83 grammes.
« Il ne s’agit pas de considérer qu’une étude est correcte et l’autre incorrecte. Les différences entre leurs résultats découlent simplement des hypothèses retenues et des méthodes de calcul utilisées », explique Paula Pérez-López, enseignante-chercheuse au centre Observation, Impacts, Énergie de Mines Paris – Université PSL.
En effet, au-delà du bilan carbone, l’analyse du cycle de vie (ACV) – méthode utilisée par l’UNECE – permet d’avoir une approche plus globale en matière d’impact environnemental.
« Le bilan carbone est une méthode spécifiquement destinée à évaluer les émissions de gaz à effet de serre. L’analyse du cycle de vie couvre un périmètre plus large : elle mesure également les effets liés au changement climatique, mais aussi différentes formes de toxicité – marine, terrestre et humaine – ainsi que l’épuisement des ressources, entre autres », explique Paula Pérez-López.
« Installer un panneau à Paris, à Nice ou dans le sud de l’Espagne ne produit pas les mêmes résultats », illustre Paula Pérez-López
L’ACV d’un panneau solaire dépend ainsi des matières premières nécessaires à la technologie employée, mais aussi du lieu d’extraction, du transport, de l’installation ou encore de la durée d’utilisation des panneaux photovoltaïques.
« Un système photovoltaïque ne se limite pas toujours au panneau : il comprend parfois également un onduleur, qui convertit le courant continu en courant alternatif, des câbles et différents autres équipements. La fabrication de chacun de ces éléments nécessite des ressources et génère des émissions », ajoute la chercheuse. Tous ces facteurs sont intégrés au calcul via la méthode ACV.
Des énergies fossiles bien plus nocives
Par ailleurs, dans une région très ensoleillée, l’analyse du cycle de vie sera plus positive, car le panneau y produira davantage d’électricité. « Installer un panneau à Paris, à Nice ou dans le sud de l’Espagne ne produit pas les mêmes résultats », illustre Paula Pérez-López. Enfin, remplacer une forêt a davantage de conséquences environnementales qu’installer des panneaux en ville ou dans le désert. Le recyclage complète également le calcul de la méthode ACV.
Un outil interactif a d’ailleurs été développé par MINES-Paritech avec le soutien de l’ADEME afin de calculer l’impact carbone du photovoltaïque à partir de la méthode ACV.
À titre de comparaison, l’UNECE estime que le charbon émet au minimum 751 grammes d’équivalent CO2 par kilowattheure. Ainsi, quelle que soit l’estimation de l’impact carbone retenue, le photovoltaïque affiche un bilan carbone nettement plus favorable que les énergies fossiles.

Répondant à une demande en électricité en augmentation, le photovoltaïque participe donc à limiter la hausse des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.
Une réduction de la température au niveau mondial
Une étude publiée en mars 2025 a estimé qu’un déploiement massif de panneaux photovoltaïques sur les toits pourrait éviter de 0,05 à 0,13 °C de réchauffement mondial d’ici 2050 grâce aux émissions de CO2 évitées – dans l’hypothèse où 30 % de la surface mondiale des toitures serait exploitée avec des panneaux d’un rendement de 20 %.
Cette estimation a toutefois été contestée en partie par une analyse publiée en octobre 2025. Les auteurs estiment que leurs confrères surestiment les émissions évitées, notamment parce qu’un déploiement massif du solaire en toiture peut se substituer à d’autres capacités renouvelables, et pas uniquement aux énergies fossiles. Dans leur étude, la prise en compte de ces effets réduit de 41 à 98 % les bénéfices climatiques estimés par la méthode de la première étude.
Malgré des études aux résultats encore contradictoires, la littérature scientifique admet donc globalement que, même si les panneaux solaires peuvent réchauffer localement l’air, leur effet sur le climat reste bénéfique à l’échelle planétaire, à l’aune de la consommation mondiale d’énergie. Si les panneaux solaires font monter la chaleur, c’est donc avec parcimonie.
Auteurs :
Auteur : Antoine Mauvy, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Antoine Mauvy, journaliste
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Source :Compte Instagram, le 31 juillet 2026
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Entre le 30 juillet et le 2 août 2026, des dizaines de milliers de personnes venant du Maroc sont arrivées dans l’enclave espagnole, Ceuta, située sur le continent africain.
Alors que cette crise aurait été alimentée par une fausse rumeur sur les réseaux sociaux, les images de cette arrivée massive de personnes venant par la mer sont devenues virales… avec leur lot de désinformation et approximations. Les Surligneurs ont pu en lister plusieurs, comme ici, ici et ici.
Parmi ces images, une vidéo montre une trentaine de personnes en train de franchir la frontière après l’ouverture d’un portail par un homme en uniforme. « Un policier marocain [qui] ouvre la clôture frontalière et laisse passer les immigrants en Espagne », peut-on lire par-dessus la vidéo diffusée sur Instagram et Facebook, avec des commentaires en espagnol ou en anglais.
Néanmoins, cette scène ne date pas d’aujourd’hui. Elle a été filmée lors d’une précédente crise migratoire entre l’Espagne et le Maroc, en 2021.
Une vidéo datant de 2021
Le 18 mai 2021, le Syndicat unifié de la police (SUP) d’Espagne publie cette vidéo sur X (alors Twitter) qui est rediffusée par El Mundo sur le même réseau social, le lendemain. C’est ce média qui est d’ailleurs crédité sur une version de la vidéo relayée par nombre d’internautes, en 2026.
Il y a cinq ans, le journal El País précisait la scène : « Sur ces images, un garde marocain à la frontière du Tarajal ouvre les portes de la clôture à des dizaines de migrants qui ont traversé pour se rendre à Ceuta. » Et apportait du contexte : « L’arrivée de 6 000 personnes en situation irrégulière en une seule journée est un événement sans précédent en Espagne. Cette entrée massive de Marocains, face à l’inaction des forces de sécurité de la gendarmerie marocaine, intervient dans un contexte de tensions diplomatiques avec le Maroc. »
Une image générée par IA en 2026
La vidéo de 2021 n’est pas la seule publication à mettre en scène un garde-frontière marocain laissant passer des personnes vers Ceuta. Le 31 juillet 2026, dans la foulée de l’arrivée massive de personnes dans l’enclave espagnole, une image similaire a été publiée sur Facebook. Cette fois, il ne s’agit toutefois pas d’une vidéo prise à la frontière. L’image a été générée par intelligence artificielle, comme l’indique d’ailleurs la mention « Contenu IA » ajoutée directement par le compte qui l’a publiée.
La légende, en anglais, reprend une idée proche de celle véhiculée par la vidéo de 2021 : un garde-frontière marocain y est présenté en train de laisser passer des personnes vers Ceuta. « Cela ne me semble pas très spontané », ajoute l’auteur de la publication.
Autrement dit, deux contenus de nature différente circulent autour d’un même récit : d’un côté, une scène réelle, mais vieille de cinq ans et, de l’autre, une image créée artificiellement en 2026. Dans les deux cas, leur diffusion semble alimenter les soupçons sur le rôle des autorités marocaines dans la crise.
Le pays est « accusé d’instrumentaliser les migrants pour faire pression sur l’Espagne et l’Union européenne », rappelle Le Monde dans un article sur l’historique des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Espagne. Et de préciser, dans la vidéo explicative : « À ce stade, rien ne prouve que l’État marocain est impliqué dans cet afflux migratoire. »
Auteurs :
Autrice : Mathilde Lafargue, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
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Source :Compte Facebook, le 4 août 2026
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Contenu :
Une nouvelle accusation d’antisémitisme vise La France insoumise. À en croire plusieurs internautes, le militant de gauche Ilan Gabet, suivi par plus de 100 000 personnes sur X, aurait « dénoncé l’antisémitisme des militants LFI » dans des publications parues au début du mois d’août.
« C’est toujours amusant quand un militant acharné de LFI se prend un retour de flammes de la part de ceux qui composent le parti qu’il défend », ironise un utilisateur de Facebook.
Mais si Ilan Gabet a bien été la cible d’insultes faisant allusion à ses origines, l’intéressé dément formellement les avoir attribuées à des militants du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon.
Des tombereaux d’insultes
Chroniqueur ponctuel sur RMC dans l’émission d’Estelle Midi depuis le mois de mai, Ilan Gabet est l’un des visages de la jeunesse de gauche sur les réseaux sociaux. Étudiant en droit, il se décrit sur son blog comme un « militant », dont les « principaux combats » portent sur « la santé mentale », « la justice sociale » ou encore « la lutte contre l’extrême droite ».
Le 26 juillet, au lendemain de l’attaque au véhicule sur la gay pride berlinoise perpétrée par un individu suspecté d’être lié « au milieu islamiste », Ilan Gabet dénonce sur X un « attentat LGBTPHOBE ». « L’occasion de rappeler que l’islamisme et l’extrême droite sont deux faces d’une même pièce et qu’il faut les combattre avec la plus grande des forces », ajoute-t-il.
En réponse, plusieurs utilisateurs dénoncent avec virulence le parallèle ainsi dressé entre les deux courants politiques et s’en prennent directement à Ilan Gabet. « En quelques jours, je me suis fait traiter de ‘sale sioniste’ (qui dans ce contexte précis était une façon de me traiter de sale juif), ‘pédé’ et maintenant ‘tarlouze’ par des militants de ‘gauche’ parce que j’ai dit que l’islamisme était une idéologie d’extrême droite et que, quand même, quand on est un parti de gauche, il faut bannir les injures homophobes », s’agace le jeune homme aux origines juives.
Les Surligneurs ont pu constater les insultes homophobes proférées par des utilisateurs contre Ilan Gabet, mais n’ont pas retrouvé l’expression « sale sioniste » que l’étudiant dit avoir reçu. En revanche, un internaute le qualifie de « con de ta race de fils de pute génocidaire tueur de Palestiniens (sic)« . « Pour moi le mobile antisémite est clair [parce qu’il qualifie ma « race »] », précise Ilan Gabet aux Surligneurs.
Récupération par un compte anti-LFI
Le post dans lequel l’étudiant dénonce les attaques de ses contempteurs est repris le lendemain par le compte X anti-LFI Surmulot, qui affirme qu’« Ilan Gabet dénonce l’antisémitisme des militants LFI ». Mais l’intéressé dément aussitôt : « L’injure ne provenait pas d’un militant insoumis, mais d’un troll pro-islamiste, homophobe et antisémite. Les Insoumis n’ont rien à voir avec ça. Certains de leurs cadres m’ont d’ailleurs toujours adressé des messages de soutien face aux injures antisémites que je recevais », a voulu rectifier le chroniqueur.
Ilan Gabet confirme aux Surligneurs que la récupération de son post par Surmulot est « une instrumentalisation grossière de l’une des nombreuses fois où j’ai dénoncé les injures antisémites qui m’étaient adressées » et dit ne « connaître aucun militant de gauche qui recoure à des injures antisémites ou homophobes ». Il indique par ailleurs « n’occuper aucune fonction au sein de La France insoumise, ni au niveau local, ni au niveau national ».
Contactés pour savoir s’ils font ou ont fait partie des forces militantes de La France insoumise, les auteurs des attaques contre Ilan Gabet n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Les Surligneurs n’ont par ailleurs trouvé aucun élément de nature à les rattacher à l’organigramme du mouvement, même si certains partagent ponctuellement des contenus proches des idées du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
En résumé, Ilan Gabet affirme ne pas avoir visé les militants de LFI en dénonçant les attaques portées contre lui et il n’existe à l’heure actuelle aucune preuve que ses contempteurs soient des adhérents du mouvement de gauche.
Auteurs :
Auteur : Nicolas Turcev, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
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Alors que plus de 70 000 personnes ont tenté de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta ces derniers jours, les raisons d'un tel mouvement sont multiples. Pour le sociologue Mehdi Alioua, spécialiste des migrations internationales, les inégalités croissantes au Maroc expliquent en partie ces départs, tandis que les politiques migratoires européennes contribuent elles aussi à cette situation.
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