La ramasse aura lieu à partir de 9h30, mais c'est possible d'arriver tout au long de la journée. On ramassera des granny et des galas pour des jus de soutien aux luttes paysannes et aux personnes en exil. On a besoin d'être en nombre pour faire de cette récolte un moment réussi de rencontre, avec activité jonglage, estimation de poids, compote.
Repas partagé, apporte ta meilleure tarte ou recette maison.
Les Vergers du Turfu sont des vergers occupés depuis décembre 2022. Ils étaient destinés à devenir des terres compensatoires dans un projet d'extension d'une zone industrielle pétrochimique. Ils sont désormais des espaces de rencontres entre différentes luttes dans la Vallée du Rhône, de transmission de savoirs paysans, arboricoles et naturalistes et de production de jus de pomme !
Si besoin d'infos complémentaires ou de venir te/vous chercher à la gare, écrire à
lesvergersduturfu at riseup.net
À très vite !!
« Au lendemain du 7 octobre 2023, des Palestiniens en exil fondent Urgence Palestine à Paris. En avril 2025, le gouvernement français menace de dissoudre le collectif alors que l'offensive sur Rafah intensifie le génocide à Gaza. Portrait d'une année de résistance collective. »
Venez découvrir le film d'Urgence Palestine : Résister pour Exister !
Deux dates prévues à Saint-Étienne au Méliès Saint François :
• Mardi 08 septembre, à 20h
• Mercredi 09 septembre, à 14h avec l'intervention du réalisateur Yacine Helali. Un espace enfant sera mis à disposition pour cette date.
Nous, le collectif Urgence Palestine Saint-Étienne animerons les deux événements et vous proposerons tout un tas de goodies et de documentations :)
Synopsis :
Pour la première fois, Urgence Palestine accepte qu'une caméra documente ce qui se vit derrière les scènes : stratégies, doutes, épuisement, mais aussi une solidarité inébranlable.
Le film suit cette année de résistance. Manifestations massives, concerts, recours à l'ONU, pétitions signées par 250 000 personnes. Mais surtout les moments intimes : témoignages de Palestinien•nes qui ont perdu des proches à Gaza, militants qui racontent le prix à payer, réfugiés qui parlent de ce que signifie résister depuis l'exil français.
C'est un film sur des Palestinien·es en exil mais c'est surtout un film sur ce que la Palestine fait vibrer en nous toutes et tous, dans toute notre pluralité. Un mouvement du coeur qui réveille l'humanité en nous.
En septembre 2025, le gouvernement Bayrou tombe. Mais la lutte continue.
Plus qu'un document historique, Résister pour exister révèle ce qu'est vraiment la résistance : un effort collectif, une transformation intime, une force inébranlable puisée dans la mémoire ancestrale palestinienne.
Un film qui délivre de l'espoir, de la force, et interroge le vrai sens de la résistance.
L’occupation de la place de Milan : une protection, un espoir
Depuis le 6 mars, plus de 280 personnes du collectif « Solidarité entre femmes à la rue » : femmes, enfants de moins de 3 ans ou scolarisés, demandeuses d’asile, personnes malades, personnes âgées, occupent dans le 3eme arrondissement de Lyon, place de Milan, un immeuble de 40 appartements, laissé vide par la Métropole.
« Nous avons été contraintes d’occuper ce bâtiment parce que nous n’avons pas pu accéder à un logement, ni même à un abri. Rien n’est disponible et la Métropole et la préfecture ne créent pas les places d’hébergements suffisantes. Le besoin d’échapper aux violences auxquelles la rue nous expose avec nos enfants, nous y a conduites. »
La Métropole de Lyon a demandé l’expulsion du bâtiment.
La Métropole refuse le maintien de l’électricité et l’accès au bâtiment pour la maintenance quotidienne de l’immeuble. Pourquoi ? Pour pouvoir dire que l’immeuble n’est pas habitable et justifier leur propre demande d’expulsion ! Mais ça ne tient qu’à leur propre décision !
« Les élus de la Métropole ont-ils conscience des conséquences d’une telle décision : nos conditions de vie, la peur du retour à la rue, des violences … ?»
Qu’est-ce qui peut bien justifier une telle inhumanité ?
Grand cœur lyonnais ??? Cette Métropole a-t-elle un cœur ?
Des solutions existent pour mettre les gens à l’abri
Ces dernières années plusieurs centaines de personnes ont pu trouver une solution d’attente dans des bâtiments en convention entre des associations et le secteur privé, ou avec la Métropole.
La Métropole protège son droit à la propriété. Mais la loi prévoit que les collectivités publiques protègent aussi les enfants, les réfugié.es, la dignité humaine, le droit au logement, à la santé, à la scolarité, les droits des femmes.
Ce bâtiment de la Métropole est un bien public.
Tous les enfants sont nos enfants pour l’avenir. Ils doivent être protégés. C’est un devoir collectif.
Les élus doivent prendre leurs responsabilités.
Nous vous demandons de renoncer à la demande d’expulsion.
Oui la Métropole et les collectivités territoriales ne peuvent pas tout régler.
Mais on a un devoir commun : celui de rester humain.
Si on accepte cette indignité même pour une seule personne, alors ce sont les droits de tous qui sont menacés. La démocratie est menacée.
« La mort de l’empathie humaine est l’un des premiers signes et le plus révélateur d’une culture sur le point de sombrer dans la barbarie. » Anna Harendt
Pas d’expulsion sans relogement pour les 280 femmes et enfants de la place de Milan !
Parce que le logement est un facteur essentiel de stabilité, de sécurité et d’intégration, nous demandons qu’une solution humaine et durable soit recherchée avant toute mesure d’expulsion.
Une expulsion sans solution d’hébergement adaptée aurait des conséquences humaines extrêmement graves. Elle exposerait ces personnes au retour à la rue, avec tous les risques que cela implique.
Nous demandons respectueusement que toute décision tienne également compte de la vulnérabilité des occupants et de leur droit à être traités avec dignité.
Nous exigeons qu’aucune expulsion ne soit mise en œuvre sans qu’une solution d’hébergement ou de relogement adaptée soit proposée aux personnes concernées, afin d’éviter que des familles entières ne se retrouvent sans abri ou dispersées.
Nous faisons appel au sens des responsabilités, à la solidarité et au respect des principes fondamentaux de protection de la dignité humaine, qui constituent des valeurs essentielles du vivre ensemble.
Dans la Métropole de Lyon, il y a aussi les mineurs non accompagnés, regroupés au campement des Chartreux, des familles, des élèves sans abris réfugiés au parc Blandan, d’autres groupes et beaucoup de personnes isolées.
Droit au logement et à l’hébergement sans condition pour tous !
UN TOIT C’EST UN DROIT
Squat de la place de Milan
25 place de Milan, Lyon
https://radar.squat.net/fr/lyon/squat-de-la-place-de-milan
Collectif Solidarités entre femmes à la rue
solidaritefemmesrue [at] proton [point] me
https://radar.squat.net/fr/solidaritefemmesrue
Des squats à Lyon https://radar.squat.net/fr/groups/city/lyon/squated/squat
Des squats expulsés à Lyon https://radar.squat.net/fr/groups/city/lyon/field_active/1/squated/evicted
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) à Lyon https://radar.squat.net/fr/groups/city/lyon
Des événements à Lyon https://radar.squat.net/fr/events/city/Lyon
Groupes liés aux sans-papiers https://radar.squat.net/fr/groups/topic/sans-papiers
Des squats en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/country/FR/squated/squat
Des groupes en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
Des événements en France https://radar.squat.net/fr/events/country/FR
Pour signer la pétition : https://www.change.org/p/pas-d-expulsion-sans-relogement-pour-les-280-femmes-et-enfants-de-la-place-de-milan-lyon
Au collège Sully de Rosny-sur-Seine (78), à quelques kilomètres de Mantes-la-Jolie, dans un contexte particulièrement dégradé, des événements violents ont déclenché un mouvement de 3 jours, qui, s'il n'a pas été une victoire franche en termes de moyens ni de remise en cause du fonctionnement de l'école, a au moins permis de renforcer le collectif enseignant et de tirer des enseignements sur les mobilisations locales actuelles dans l'Éducation Nationale.
- 362 été 2026 / Education , Luttes Dans l'Education , Travail
...
Pour lire la suite des 40 pages sur écran, télécharger le pdf A6 : https://infokiosques.net/IMG/pdf/totope_la_taupe-pageparpage_ecran-couleur-2018-40pa6.pdf' class=" spip_doc_lien" title='PDF - 7.6 Mio' type="application/pdf Totope la taupe - Version A6 page par page A lire sur écran.
Pour télécharger la version à imprimer : https://infokiosques.net/IMG/pdf/totope_la_tope-cahier-couleur-2018-20pa4.pdf' class=" spip_doc_lien" title='PDF - 7.7 Mio' type="application/pdf Totope la taupe - version cahier 20 planches A4 à imprimer en recto-verso et à couper en 2. Voir en ligne : EMDT
Sommaire Présentations Le contexte de création d'Alarmphone et ses objectifs Le fonctionnement d'Alarmphone Frontex et l'externalisation des frontières européennes Retour sur 10 ans de traversées de la Méditerranée
En septembre 2024, l'équipe de l'émission Minuit Décousu décide de programmer pour le mois d'octobre une émission qui aura pour thème les luttes et les solidarités contre le système de frontières. Elle tourne alors ses micros vers Toulouse où trois camarades du réseau Alarmphone répondent très gentiment à une longue liste de questions qui vont du fonctionnement du réseau d'Alarmphone aux transformations des routes migratoires en passant par le rôle de Frontex dans l'externalisation des frontières hors du sol européen.
Un entretien dont l'émission avait soigneusement monté et gardé certains des éléments (heure de radio oblige) mais qui a depuis été retranscrit dans son intégralité. Il apparaissait important de proposer la publication de l'entretien dans le contexte actuel de boucle médiatique réactionnaire depuis que près de 60 000 personnes en mouvement ont franchi la frontière espagnole de l'enclave néo-coloniale de Ceuta au Maroc. Bonne lecture !
Présentations
Minuit Décousu : Est-ce que vous pourriez vous présenter ?
Alarmphone : On est trois personnes qui faisont partie d'Alarmphone-Toulouse et qui habitons Toulouse ou alentours. C'est une équipe d'Alarmphone qui s'est montée localement en 2020.
Le contexte de création d'Alarmphone et ses objectifs
Minuit Décousu : Est-ce qu'on peut revenir sur comment ça s'est monté Alarm Phone de manière générale et puis ensuite la cellule Toulousaine plus précisément.
Alarmphone : En fait Alarmphone ça arrive dans dans le contexte de montée des migrations et de la répression des migrations. Répression qui date quand même depuis longtemps, qui commence dans les années 1970 avec les visas, c'est ce qui va entraîner les passages de frontières de manière irrégulière, mais qui sont assez stables jusqu'en 2013. On compte un millier de passage de la Méditerranée en gros de ce qu'on peut compte jusque là, et à partir de 2014, ça va monter très fort du fait des contextes internationaux. Là on en compte 200 000 en 2014 et près d'un million en 2015. En 2013, il y a un gros naufrage qui fait 300 morts, et qui va entraîner l'opération Mare Nostrum. Cette opération, qui est largement menée par l'Italie à l'époque, va faire des opérations de sauvetage. Comme quoi c'est possible. Et il y a 150 000 personnes qui secourues dans cette opération assez massive, dont des personnes qui sont principalement orgiainaires de pays d'Afrique subsaharienne, mais aussi beaucoup de Syrie et de Libye qui sont en guerre civile à ce moment-là. Donc Alarmphone se monte en 2014, avec des activistes qui vivent au nord et au sud de la Méditerranée. Pour le dire rapidement, le principe c'est une ligne téléphonique d'urgence à destination des personnes se retrouvant en situation de détresse pendant une traversée de frontière, la mer Méditerranée notamment. Et ce numéro est joignable 24h/24 toute l'année. Ça c'est le principe de base.
Mais l'histoire elle commence doucement, à la fois avec peu de personnes. C'est vraiment peu de gens qui font ça au départ, mais et aussi pas beaucoup d'appels. le numéro n'est pas n'est pas très connu et progressivement il y a des équipes qui vont se monter en Allemagne, en Espagne, en Suisse, en France, en Angleterre, en Hollande, en Sardaigne et bien entendu au sud de la Méditerranée au Maroc, en Tunisie, au Sénégal. Il y a des contacts forts aussi au Mali au Niger et certainement j'en oublie parce qu'il y a des équipes qui vont se monter qui vont ensuite disparaître d'autres arriver etc c'est un réseau qui est assez important qui compte plus de 200 000 personnes. Les appels aussi vont se multiplier. L'année dernière [2023], on a reçu, on a accompagné 2400 situations. C'est beaucoup plus d'appels, mais en tout cas 2400 situations de problématiques liées à la répression aux frontières. Et ce matin, on en était à ouvrir le 1358e cas, comme on dit dans le jargon, quoi.
Je pense qu'il y a un truc qui est important dans dans la formation d'Alarm phone général, c'est que ce qu'on sait, ce qu'on fait, on le doit avant tout aux personnes en mouvement qui inventent des nouvelles routes, qui diffusent le savoir qu'elles ont collecté le long de celles-ci. Et depuis dix ans le réseau il apprend et grandit avec ça. Ça, c'est vraiment une une base importante à mon sens avant de développer. Et pour nous spécialement, je crois pas qu'il y ait pas grand chose à dire. C'est comme partout à plein d'endroits, des gens ont envie d'avoir une action directe contre le système des frontières, qui s'insèrent dans ce réseau, qui apprennent (c'est une formation qui est pas simple) et qui qui vont ensuite travailler à participer à cette ligne d'urgence. On a une amie qui disait qu'Alarm Phone c'était une sorte de legal team de la mer. Dans un contexte pourri où la répression fait rage, c'est s'accrocher à quelques droits pour tenter de s'en sortir au mieux. Et là, ici, c'est le droit de la mer, celui ancestral, un peu mythique, que les marins doivent porter secours aux autres marins. Bon, en vrai, c'est très relatif, surtout dans la réalité aujourd'hui du commerce maritime, etc. Et puis même, c'est des bateaux aujourd'hui où en fait tu vois rien, tu sais pas ce qu'il y a sur la mer, donc bon... Mais il y a ça, et puis il y a aussi une convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritime qui est signée en 1979 et qui va finalement entrer en vigueur en 1985… Bon ça c'est un peu des détails mais mais c'est important et c'est ce qui oblige à ce qu'il y ait des des moyens de sauvetage et de coordination du sauvetage en mer dans ce qu'on appelle des zones SAR, de “search and rescue”, de recherche et de sauvetage en français, et c'est un espace maritime qui est pas de tout celui des des eaux territoriales qui est les eaux internationales mais dans lesquels les États ont des responsabilités morales et matérielles et légales de sauver les personnes qui sont en détresse et de les ramener à un port sûr. C'est comme ça que c'est c'est c'est noté dans la loi. Le port sûr, ça va être un endroit où les personnes en danger ne le sont plus, tout simplement. Mais ce qu'il faut ce qu'il faut bien te garder en tête, c'est que le port sûr, c'est en fait une définition politique. Et qui résulte d'un rapport de force. Demain, il pourrait être établi que Misrata en Libye, c'est un port sûr, alors que la Libye, c'est un bagne horrible pour les personnes en mouvement. Donc, vraiment ce droit, c'est un champ de bataille perpétuel pour que les ports sûrs, ça soit des ports réellement sûrs et qu'ils soient notamment au nord de la Méditerranée.
MD : Sur votre site il est fait mention d'un réseau de collectif, d'associations auquel appartient Alarmphone. Est ce que vous pouvez en dire deux mots ?
Alarmphone : En fait, je pense qu'il y a un truc important qui fait le lien, en fait, avec qui est-ce qu'on s'organise. C'est que même si on agit surtout pour le sauvetage et le droit des personnes qui traversent, on est avant tout convaincu que ce qui est urgent, c'est de détruire le système des frontières et des visas, pour que les drames de la mer soient évités. Le problème, c'est les frontières, et nous on se bat pour la libre circulation. Donc on s'accorde avec des gens qui partagent ces idées-là. Ce qu'on appelle les projets “soeurs” d'Alarmphone. C'est comme Alarmphone Sahara qui travaille sur la traversée du Sahara, notamment à partir du Niger. C'est aussi la maison de Laâyoune, qui accueille des personnes en mouvement à Laâyoune dans le Sahara occidental. Et ensuite, on a d'autres contacts plus larges sur des acteurs du sauvetage en mer, ce qui s'appelle la “civil fleet”, la flotte civile, qui remplace les États dans leur travail de sauvetage. Donc c'est les Geo Barrents, c'est les Humanity One, c'est tous ces bateaux.
Il y a un autre élément sur lesquels on collabore beaucoup c'est les commémorations. Les commémorations, c'est des actions qui viennent de familles du sud, de familles de personnes qui ont disparu dans leur parcours de migration et qui veulent commémorer pour qu'aucun mort ne passe inaperçu. Une des dates assez importante, c'est notamment celle du 6 février. Par exemple, le 6 février dernier, c'est dans 54 villes de l'Afrique à l'Europe, de Tripoli au Liban à Brest en France, d'Amsterdam à Douala, qu'il y a eu des événements pour la tristesse et le souvenir et avec la rage de faire cesser le système des frontières. Et ça, c'est des éléments importants du travail d'Alarm Phone : regarder ce qui se passe aux frontières, le faire savoir, le faire sortir de l'oubli et le raconter le plus largement possible.
Le fonctionnement d'Alarmphone
MD : Du coup si vous voulez on va passer au fonctionnement d'Alarmphone même on a déjà un peu commencé à amorcer un peu des éléments mais je pense que du coup ça permettra de compléter. Concrètement, comment on fait pour pour venir en aide aux personnes en exil ? Vous avez expliqué le principe de ligne téléphonique mais comment ça fonctionne si on prend le truc un peu dans l'ordre, on va dire, pour aider les personnes.
Alarmphone : En gros, nous, ce qu'on fait, c'est relayer les appels de détresse aux gardes côtes et faire pression. C'est ça le principe. On est pas un numéro de sauvetage, on n'a pas de bateau. Et quand on nous appelle, on est dans nos salons avec nos ordis. Donc, c'est un numéro d'alerte pour appuyer les opérations de secours. Par rapport à ce que les gens directement sur les bateaux peuvent faire, nous on va peut-être apporter des meilleures capacités matérielles et des connaissances pour pouvoir mettre la pression aux autorités nationales et aux gardes côtes pour qu'ils viennent en aide aux personnes en mer. Donc ce qu'on va faire pendant les permanences, c'est envoyer des emails aux autorités des zones SAR concernées en fonction d'où se situent les personnes sur les bateaux, on les appelle et ensuite on les rappelle et ensuite on les rappelle. Comme ça, ils sont au courant des bateaux en détresse, ils sont au courant de leur localisation et de la progression des bateaux. Et aussi, surtout, ils savent qu'on est au courant et qu'on visibilisera leur inaction s'il y a des naufrages. Donc, on pense qu'une grosse partie du travail, c'est d'assister les personnes en mouvement, bien qu'on se sente souvent impuissant-es. En fait, quand on a les personnes au téléphone, bien sûr c'est pour relayer toutes les informations nécessaires pour un sauvetage mais c'est aussi du travail émotionnel. Enfin, il y a ce truc d'apporter autant d'éléments que possibles pour qu'ils puissent en sortir au mieux, leur donner des conseils et aussi être des soutiens s'il y a beaucoup d'angoisse de la panique, s'il y a des personnes qui ressentent le besoin d'avoir quelqu'un au téléphone. On va rester en contact avec les personnes et on va faire le maximum pour être présent-es tant qu'il y a besoin.
Donc du coup, il y a ce travail de permanence. On est plein d'équipes locales dans plusieurs pays et on va se répartir les permanences pour qu'il y ait tous les jours, 24h/24, des camarades qui puissent répondre au téléphone. Pendant ces permanences, on va regarder la météo, on va suivre les parcours des personnes grâce à leurs positions GPS. On va archiver tout ce qui se passe pendant la permanence. On va répondre aux proches sur les réseaux sociaux. On va recharger les téléphones des personnes en mer quand ils ont plus de crédit. Et on peut aussi relayer les situations très dangereuses sur Twitter, par exemple. Comme ça, ça met davantage de pression aux garde-côtes. Et donc, en dehors du travail de permanence, il y a aussi tout le travail à côté. pour que cette permanence soit possible. En amont, il va y avoir le travail de prévention qui est mené au sud de la Méditerranée dans les communautés de départ par le biais par exemple de brochures qui vont expliquer les risques auxquels s'exposent les personnes qui veulent traverser et faire de la réduction des risques en distribuant le numéro d'Alarme Phone parmi d'autres choses et après on a aussi des groupes de travail, par exemple un groupe de travail technique pour résoudre les problèmes techniques du réseau. Il y a des groupes régionaux qui vont analyser les tendances dans telle ou telle région et mettre à jour les meilleures manières qu'on peut avoir d'aider les gens en fonction des parcours de migration.
Après, il va y avoir un groupe de suivi des bateaux et des personnes disparues, qui va essayer de chercher ce qui est arrivé aux bateaux dont on a perdu la trace et aussi être en contact avec les familles des personnes disparues. Et après, j'ai l'impression que ce qui nous paraît très important, c'est l'archivage. Parce que l'intérêt de tout ça, c'est aussi que soit rendus visibles les luttes des personnes migrantes, les actes de solidarité et la violence des régimes frontaliers européens. On fait des rapports sur toutes les traversées qu'on assiste, on publie des articles. Après, il y a un podcast qui s'appelle Chroniques A Mer, qui est fait par des personnes d'Alamphone. Et après, pour finir, c'est essayer de faire fonctionner un réseau transnational avec les outils de l'auto-gestion. On a nos fonctionnements par ville, donc des tas de réunions en fonction des groupes de travail, et après des meetings deux fois par an qu'on fait au nord et au sud de la Méditerranée pour se rencontrer, se former ensemble, améliorer nos fonctionnements, prendre des décisions et prendre soin du réseau.
MD : La question que j'avais par rapport à à tout ça, c'est la question de la langue. Comment est-ce que les gens qui vous appellent font pour se faire comprendre et en échange, comment vous vous pouvez vous faire comprendre des personnes qui vous appellent. Est-ce qu'il y a des interprètes, omment ça fonctionne au niveau linguistique ?
Alarmphone : La plupart des personnes d'Alarmphone savent à peu près comprendre et se faire comprendre en anglais, donc on peut dire que c'est la langue qu'on utilise le plus, y compris avec les personnes sur le bateau. Aussi avec le français. Il y a souvent minimum une personne qui pourra prendre le téléphone et parler en anglais ou en français et si c'est pas le cas, surtout pour le français, on va avoir des sortes d'astreintes où par exemple, moi, je vais me rendre disponible au cas où personne n'arrive à communiquer en français avec des gens sur un bateau. Après, pour les gardes côtes, par exemple, ça peut être bien de pouvoir parler espagnol avec les autorités, les gardes côtes espagnols, de savoir parler grec pour parler avec les autorités grecques, et que ça peut être une bonne une excuse pour les gardes côtes de de nous envoyer chier parce que on parle pas assez bien leur langue donc ils vont dire qu'ils nous rappellent, qu'ils nous comprennent pas et ils vont raccrocher. Après, les équipes de permanence au nord de la Méditerranée sont en bonne partie majoritairement blanches et non arabophones donc ça peut être compliqué aussi quand personne ne parle arabe. Des fois on peut ne pas trouver de langues en commun avec les gens sur les bateaux Et quand ça arrive, on va demander au réseau si un ou une arabophone est disponible pour être en contact avec tel ou tel bateau. Et il y a presque tout le temps quelqu'un qui va être là pour pour s'en pour s'en charger.
MD : Vous disiez que c'est la Méditerranée que vous surveillez plus spécifiquement, mais est-ce que vous surveillez aussi d'autres zones maritimes ? Et plus largement aujourd'hui, quelles sont les zones les plus complexes à traverser quand on est en parcours d'exil autour de l'Europe ?
Alarmphone : On surveille pas en fait de zones en particulier. C'est plus qu'au fur et à mesure de la militarisation des frontières européennes, les personnes en mouvement vont tester des nouvelles routes qui sont de plus en plus dangereuses et mortelles. Et nous, on est simplement témoin de ça. Par exemple, dans la Manche, parce qu'on a aussi des appels de la Manche, il n'y a jamais eu autant de personnes mortes que cette année [2024]. Là, à l'heure où on parle, il y a 37 personnes au moins qui sont décédées dans la Manche. Et la raison pour laquelle c'est le cas, c'est parce que les plages sont plus en plus militarisées et que les départs se font de plus en plus dans la précipitation, le stress, l'obscurité. On n'a pas le temps de bien gonfler les bateaux et les embarcations. Ils sont aussi de plus en plus éloignés des endroits historiques de départ comme Calais ou Grande Synthe. Et après, en Méditerranée, les zones de de départ, ça va être la Méditerranée centrale, beaucoup de départs de la Libye, de la Tunisie, de l'Égypte qui vont aller vers Lampedusa, vers la Sardaigne, la Sicile. La zone SAR libyenne, elle est très large. Donc sur toute cette zone-là, qui est énorme, il y a un gros danger de pushback et d'interception de la part des soi-disant garde-côtes libyens. La zone est extrêmement surveillée par les drones de Frontex et les soi-disant garde-côtes libyens, ils s'en foutent que les gens risquent de se noyer. Et par ailleurs, les interceptions dans cette zone-là ont pour conséquence l'emprisonnement en Libye dans des conditions inhumaines. Donc beaucoup de gens veulent continuer la route coûte que coûte, ce qui est extrêmement dangereux. Et ça fait que, toujours pareil, les bateaux partent de plus en plus loin. Maintenant, depuis cette année, il y a énormément de bateaux qui partent de l'Est de la Libye. Enfin, c'était déjà le cas, mais c'est de plus en plus courant, et ça représente une distance beaucoup plus grande pour arriver en Europe. Et c'est à cause de ça qu'en fait il y a des massacres en qui se passent en Méditerranée. Donc on peut reparler en juin dernier du massacre de Pilos où il y a six cents personnes qui ont qui ont été tuées en mer en empruntant cette route là. Et là, si on compte juste les six premiers mois de 2024, il y a 800 personnes répertoriées qui sont décédées en Méditerranée centrale. Il y a l'ordre qui est souvent donné de ramener les personnes en Tunisie, en Libye, en Égypte. Malgré les violations en droits humains documentées par les personnes en mouvement dans ces pays. Ça, c'est pour la Méditerranée centrale.
Après, pour l'Espagne, les personnes partent d'Algérie, du Maroc, de Sahara occidental, de plus en plus fréquemment par l'Atlantique vers les îles Canaries, qui est une route moins surveillée, mais qui est aussi beaucoup plus longue et beaucoup plus dangereuse. Et pour l'est de la Méditerranée, les personnes vont partir de Turquie, de Syrie et du Liban. Il y a des traversées de l'Evros [ou Maritsa], le fleuve qui sépare la Turquie de la Grèce, avec énormément de pushbacks par la police aux frontières grecques. Les personnes peuvent attendre des jours ou des semaines sur des petites villes au milieu de l'Evros, parce qu'ils ont été pushbackés. Ou parce qu'ils ont peur de se faire tabasser par la police grecque. Et pour les traverser en bateau de la Turquie vers les îles grecques, il y a aussi beaucoup de pushbacks qui sont répertoriés, ainsi que beaucoup de violences des gardes-côtes grecs, qui a été répertoriée par énormément de personnes, telle que la violence physique : les gardes-côtes qui vont attendre que les gens arrivent sur les îles pour les taper, enlever le moteur et les laisser ensuite repartir à la dérive.
Alarmphone : Juste pour un rajout, il y avait un peu la partie plus spécifique sur ce qu'il se passe quand on a les gens au téléphone ? Qu'est-ce qu'on check comme information ?
Alarmphone : Ben oui, je peux en parler un peu. Donc, il y a le numéro de téléphone d'Alarmphone qui est distribué par les camarades du Sud. qui joue un rôle déterminant pour faire circuler le numéro dans les communautés de départ, ce qu'on a dit. Et après, nous, on va répondre à chaque appel téléphonique. On a plusieurs téléphones au cas où il y a plusieurs appels en même temps. Et après, une fois qu'on est en contact avec un bateau, on va se recontacter assez régulièrement avec les personnes sur le bateau pour savoir ce qui se passe, comment les gens vont, et on va demander les informations dont on a besoin. que ce soit le type de bateau, sa taille, le nombre de personnes à bord, la nationalité des gens, la présence de gilets de sauvetage, si elles ont de l'eau, de la nourriture, s'il y a des personnes malades... Et le truc le plus important, c'est le plus régulièrement possible de connaître leur position GPS. Après, s'il y a un sauvetage aussi, on va essayer de rester en contact vraiment jusqu'au bout. Parce que les moments de sauvetage, ça peut être des moments aussi très dangereux où il y a beaucoup de mouvement. À part par le téléphone, on peut aussi être contacté-es par d'autres biais, par exemple par des proches sur Facebook ou sur Twitter. Donc là, c'est plutôt eux qui vont nous donner les informations. Ça peut aussi arriver qu'Utopia 56 nous demande si on peut s'occuper de cas de bateaux dans la Manche parce qu'ils ont trop de travail. Et il y a aussi des endroits où il va y avoir de la connexion réseau, donc par exemple sur l'Evros ou sur les îles grecques. Donc on va pouvoir parler avec les gens sur WhatsApp dans ces moments-là, ce qui peut résoudre pas mal de problèmes de communication liés à la langue parce qu'on va utiliser des traducteurs automatiques.
MD : Du coup je voulais rebondir là-dessus. En mer, en Méditerranée comme dans la Manche, il y a pas de zone où il y a pas du tout de réseau, par exemple, pour appeler. Est-ce que enfin ça se pose comme problème les zones blanches en Méditerranée ?
Alarmphone : Oui il y a en mais en fait on utilise des des téléphones satellites.
MD : Ah d'accord oui.
Alarmphone : Peut-être pour faire un petit complément là-dessus. En fait les gens qui partent de Libye partent quasiment toujours avec un téléphone satellite parce qu'effectivement rapidement la couverture téléphonique qui est permise par des antennes terrestres s'arrête. Et c'est une des difficultés qu'il y a dans d'autres régions, par exemple en Tunisie les téléphones satellites sont considérés comme du matériel militaire et interdits ce qui fait que les gens partent sans téléphone satellite et très vite n'ont plus de réseau téléphonique et donc ça augmente vachement le danger et le risque de mourir en mer puisque les personnes ne sont pas en capacité de contacter des secours quand elles se retrouvent en détresse. C'est aussi un des enjeux sur la route vers les Canaries, la route atlantique, où en fonction des pays de départ c'est plus ou moins possible pour les personnes d'avoir accès à des téléphones satellites. Donc il y a des départs qui se font avec et des départs qui se font sans.
Frontex et l'externalisation des frontières européennes
MD : Si vous voulez, on peut passer au fait d'expliquer comment sont gérées les frontières européennes, expliquer un peu ce que c'est que Frontex, comme ça fonctionne etc. Et on verra ensuite si ça fait émerger d'autres trucs.
Alarmphone : Eh ben c'est pas une si petite question [rire]. Frontex, c'est une agence de l'Union européenne qui est basée à Varsovie. C'est la plus grosse agence de l'Union européenne en termes de budget et de nombre d'agents. Pour donner une idée de chiffres, son budget c'est environ 900 millions d'euros par an et le nombre d'agents actuellement, j'ai pas réussi à trouver d'info très claires, mais l'objectif c'est d'atteindre 10 000 agents d'ici 2027. Avec 3 000 agents fixes et 7 000 détachés dans différents pays. Le rôle de Frontex c'est de protéger les frontières européennes de l'immigration illégale. C'est assez explicite. Et ça, ça se fait principalement en contrôlant les frontières externes de l'Europe, donc en dehors de l'Europe. Ce que fait Frontex, c'est plusieurs choses. C'est une agence qui produit de l'analyse, cette analyse, elle sert à définir un niveau de risque et donc des stratégies de militarisation adaptées à ce niveau de risque tel qu'il a été évalué. Donc la militarisation, elle passe par la surveillance, le contrôle et les violences aux frontières. Frontex fait partie aussi de la coordination des expulsions de migrants et migrantes sans papiers vers leur pays d'origine, donc les charters quoi. Des gens qui sont en France, qui ont une OQTF et qui reçoivent une convocation pour un avion, par exemple. Et donc Frontex coordonne ces expulsions-là, les facilite notamment en finançant les vols. Et nous, la partie à laquelle on est la plus confrontée de l'action de Frontex, c'est l'intervention dans les États membres de l'Union européenne et dans des États en dehors de l'Union européenne par la mise à disposition de moyens humains, donc des gardes frontières, par la formation de ces gardes frontières et par la mise à disposition de matériel. Le matos, c'est des avions, des bateaux. les drones et les armes à feu. Il faut savoir que les gardes frontières de Frontex sont autorisés à porter des armes à feu. Et cette intervention, on remarque qu'elle e
st vraiment en expansion au-delà de l'Union européenne. Et du coup, il y a des agents et des gardes de côte formés par Frontex en Libye. mais aussi de plus en plus loin par exemple au Sénégal, en Mauritanie, au Nigeria.
L'action de Frontex, elle démarre bien avant les départs en mer, avec cette politique d'externalisation des frontières qui augmente d'année en année, avec des accords toujours plus nombreux entre des pays de l'Union européenne et des pays considérés comme de transit. Et donc ça passe par des contrôles accrus des routes migratoires terrestres et aussi des zones côtières d'où partent les bateaux. Une fois en mer, par exemple si on parle de la Méditerranée centrale, donc les départs de Libye comme on disait tout à l'heure, en fait Frontex ils ont vachement de matos de surveillance donc des drones et des avions qui leur permettent de repérer toute embarcation de “migrants illégaux” entre guillemets et à ce moment-là de les signaler aux autorités compétentes et parfois d'envoyer des signaux de détresse qui vont être relayés aux embarcations proches conformément au droit maritime international de porter assistance aux personnes en détresse en mer. Comme on l'expliquait tout à l'heure, Frontex signale les embarcations aux pays responsables du secours dans les zones en question. Or, depuis 2018, la Libye possède une zone SAR, donc une zone de responsabilité de recherche et de secours en mer qui est très grande, qui auparavant n'existait pas. Et donc à ce moment-là, en fait, les embarcations repérées par Frontex sont assez systématiquement interceptées par les soi-disant garde-côtes libyens, et les personnes sont donc abordées dans des conditions catastrophiques qui conduisent souvent à des morts. et ensuite sont ramenés et incarcérés en Libye.
C'est toute cette histoire de ports sûrs don't on parlait tout à l'heure en fait. Depuis 2024, le droit maritime oblige les bateaux qui recueillent des migrants en détresse à les débarquer dans un lieu sûr tel qu'il est défini par l'organisation maritime internationale c'est-à-dire quelque part où la vie des personnes n'est plus menacée. Or par rapport à ça, on remarque que Frontex n'a pas de souci à considérer que la Libye est un lieu sûr. Si on prend l'exemple d'une autre zone, dans la mer Égée, les routes de la Turquie vers la Grèce, comme le disait la camarade tout à l'heure, nous recevons beaucoup d'appels de personnes qui sont parties de la Turquie, qui sont refoulées par les gardes-côtes grecs. Parfois, les gardes-côtes ne sont pas identifiables, les personnes sont cagoulées, les bateaux n'ont pas vraiment d'insigne. Ils coulent les embarcations, noient les moteurs ou repoussent les embarcations dans les eaux turques et les abandonnent à la dérive. Parfois, et c'est arrivé fréquemment dernièrement, ils mettent les personnes sur des espèces de petits radeaux gonflables et ils les laisse à la dérive dans les eaux turque. Tout ça, c'est des pratiques de refoulement qui sont illégales selon les différents points du droit et qui du coup font partie des critiques un peu fortes qui sont faites sur Frontex. Ces pratiques sont aussi difficiles à documenter, et c'est un peu le taf qu'on essaie de faire.
MD : Est-ce que du coup les appareils répressifs des différents Etats viennent en appui à Frontex ? Je pense notamment à la police aux frontières en France ou à leurs équivalents européens. Et est-ce qu'il y a des partenariats qui existent entre les agences de répression européennes sur les questions migratoires ?
Alarmphone : J'ai l'impression que c'est l'inverse qui se passe : que c'est les appareils répressifs des États qui sont renforcés par Frontex. Les Libyens qui ont du coup des yeux dans le ciel avec des drones de Frontex, et ça peut être aussi à d'autres endroits, c'est-à-dire qu'ils viennent renforcer les frontières et les appareils répressifs existants, et que la violence aux frontières ça va être un mélange d'initiatives privées. Il y a beaucoup de milices en Grèce, mais on peut aussi considérer que les soi-disant gardes-côtes, on dit soi-disant gardes-côtes libyens, parce que ils ont aucune mission de sauvetage ni même de préparation au sauvetage. c'est des flics en fait, et dans un pays où c'est quand même un peu le bordel, c'est vraiment à la limite de la milice. Et aussi des d'actions étatiques menées par des agences internationales, donc Frontex. et des corps répressifs classiques, l'armée, la police, mais aussi les gardes-côtes, comme on voit en Grèce. C'est vraiment le cas paradigmatique où c'est la pratique de refoulement illégal, c'est le fait de la police, de l'armée, des gardes-côtes, ou même parfois d'obscurs milices mal identifiées, où on ne sait pas si effectivement c'est les corps répressifs sans insignes et en cagoule, ou si c'est des citoyens organisés. On peine à savoir, mais on sait que c'est de la violence étatique déléguée quoi. Et Frontex joue un rôle d'informateur et intervient finalement peu dans ces violences directes. Il les cautionne, les organise et les supporte, mais finalement les organise n'y participe pas forcément en première ligne.
Retour sur 10 ans de traversées de la Méditerranée
MD : Effectivement, j'avais pas vu les choses dans ce sens là mais ça paraît logique. La dernière question que j'avais sur cette partie là ce serait si vous pouviez revenir sur les évolutions que vous constatez à grande échelle sur la migration et la répression ces 10 dernières années. Parce que quand on pense à la question migratoire j'ai l'impression que tout le monde en parle un peu au passé, notamment avec cette fourchette 2013-2016 avec un moment politique et médiatique fort, alors que le phénomène s'est pas du tout arrêté. Comment ça a évolué cette dernière décennie ?
Alarmphone : Effectivement, peut-être contrairement à ce qu'on peut percevoir au niveau médiatique, le nombre de personnes en mouvement il ne diminue pas, et la répression à l'égard des personnes en mouvement elle ne diminue pas non plus. Pour le dire un peu simplement, c'est que les raisons de la migration ne diminuent pas. C'est-à-dire que les enjeux de crises économiques et politiques, de guerres civiles, de réchauffement climatique, etc., ne vont pas en s'améliorant. Donc il n'y a pas vraiment de raison que les gens n'aient plus besoin de se déplacer et du coup que la répression ne diminue pas du tout non plus.
Il y a toutes les pratiques de violation des droits humains dont on a parlé juste avant et également des phénomènes de criminalisation des personnes en mouvement qui est permise notamment par la surveillance exercée par Frontex. Quand on parle de criminalisation on parle des personnes migrantes qui sont criminalisées, inculpées quand elles arrivent en Europe pour différents motifs. Globalement, elles sont inculpées pour facilitation de l'entrée irrégulière sur le territoire. Ça, c'est la manière un peu, on va dire, juridique de dire passeur, en fait. Ou parfois des inculpations pour terrorisme dans certains cas. Pour donner un exemple, si on revient sur le naufrage de Pilos en juin 2023 au large de la Grèce, c'était un bateau qui transportait environ 700 personnes, parti de Libye qui a coulé durant une intervention bien trop tardive et extrêmement catastrophique des gardes-côtes grecs qui ont tenté de traquer le bateau et l'ont fait basculer. Dans ce naufrage, il y a 104 personnes qui ont survécu et 9 personnes survivantes ont été inculpées comme passeurs. Le procès, il a eu lieu en mai dernier, en 2024, et les neuf ont été acquittés. Alors ce procès, il a été très médiatique, ce qui peut-être a permis une relaxe. On ne peut pas trop le savoir. Par ailleurs, et de manière beaucoup plus invisible, en fait, il y a des milliers de personnes qui sont incarcérées à leur arrivée en Europe, accusées d'aide au passage ou d'être responsables de naufrage. Et cette accusation, en fait, elle se fonde sur le fait que les personnes conduisaient les bateaux ou étaient impliquées dans le fait de conduire le bateau, donc avoir une boussole, tenir la barre... Et une fois incarcérées, c'est beaucoup plus difficile pour ces personnes-là d'avoir accès à une demande d'asile, ce qui est leur droit. C'est également des situations qui augmentent le danger en mer puisque les personnes sont au courant de ces enjeux de criminalisation et ça peut faire que parfois, du coup, un bateau qui est su
rvolé par un drone de Frontex, tout d'un coup, les gens vont essayer de s'éloigner le plus possible du moteur du bateau. Ça peut entraîner des mouvements de foule, des déséquilibrages du bateau qui conduisent à des naufrages. Pour faire face à cette criminalisation, il y a une plateforme qui s'est créée qui s'appelle Captain Support qui possède un site internet qui soutient les personnes inculpées pour essayer de leur permettre d'avoir accès à leurs droits et les mettre en lien avec des avocats/avocates etc.
Sur une espèce d'évolution globale, quand on regarde un petit peu la comm' officielle de Frontex, ils se targuent de sauver des vies en Méditerranée, on imagine sous-entendu en empêchant les départs en mer. En réalité, ce qu'on constate, c'est que les personnes, comme on l'a expliqué tout à l'heure, elles continuent d'essayer de rejoindre l'Europe, et pour ça, vont faire des choix de route de plus en plus dangereux, parce que dans des conditions de merde, des routes plus longues et tout ça. Du coup, sans répéter tout ce qu'on a déjà dit, c'est des chiffres qui sont difficiles à avoir et c'est difficile de faire de l'analyse globale chiffrée. Par exemple, je reparle du naufrage de Pilos, mais dans les médias, quand on fait quelques recherches, on se rend compte que ce naufrage, il est qualifié du plus meurtrier depuis 2016 parce que 80 personnes sont mortes. En fait, il y avait 700 personnes sur ce bateau, il y a 104 survivants et il y a 80 morts. Donc il y a un petit problème mathématique. On se rend assez vite compte, c'est qu'en fait, souvent Les chiffres qu'on donne sur le nombre de morts, c'est les corps qui sont retrouvés. Et en fait, à toutes ces personnes mortes dont on a pu retrouver et identifier le corps, il faut rajouter le nombre immense de personnes qui sont disparues. Donc il faut avoir une forme de prudence avec ces chiffres qui souvent rendent très invisibles énormément de personnes mortes et disparues sur les routes migratoires, qui invisibilisent aussi tout ce que ça représente pour les proches, pour les familles qui parfois pendant des années cherchent des nouvelles, se battent et luttent pour rapatrier des corps, pour offrir des sépultures dignes, etc. Du coup, on avait envie aussi de rappeler un peu ces histoires-là pour qu'elles tombent pas dans l'oubli. Je dévie un peu de la question de base, mais ça me semblait important à rajouter.
MD : Tu fais bien, tu fais bien. J'arrive au bout de mes questions. Je sais pas si vous avez des choses que vous voulez rajouter, ou si vous vouliez compléter des trucs que vous avez déjà dit.
Alarmphone : Peut-être un truc qu'on voulait rajouter sur la fin. C'est que si on essaie de faire des bilans ou de conclure des choses sur ce qu'on observe en dix ans d'existence d'Alarmphone, c'est que les gens se déplaceront toujours, en fait. Et ça, c'est le fruit de nouvelles routes inventées, de coopération, de plein d'actes de solidarité et de lutte qui rendent en fait très, enfin, relativement, inopérant le système répressif de frontières. Et en tout cas, nous, en tant que réseau Alarmphone, c'est aussi ça qui nous donne de la force pour continuer à lutter.
Alarmphone : Peut-être juste aussi une précision sur quand on parle de frontière. À chaque fois on parle vraiment d'un objet politique et militaire et et pas du tout quelque chose de physique ou de géographique et que c'est vraiment une série d'obstacles qui sont dressés sur la route des personnes en mouvement et qui sont vraiment purement fictifs. C'est pas les frontières elles-mêmes qui tuent comme des objets, comme des lignes tracées, mais vraiment le système, l'organisation des entraves au mouvement et de l'abandon, parce qu'il y a vraiment une organisation de l'abandon des personnes en danger, mis en danger par ces entraves. Donc voilà, on parle de frontières, mais c'est ni la montagne ni la mer qui sont dangereuses. Même si évidemment on peut en parler, mais en vrai, c'est simplement que les gens peuvent pas prendre l'avion. Parce qu'en vrai il y a beaucoup plus de gens qui vont faire du tourisme au Maroc tous les ans. Et a priori, ils font des aller-retours et ça se passe très bien.
L'émission #191 No Borders de Minuit Décousu :
Our time's burning.
No need to open anybody's eyes.
No need to raise awarness.
Most of us is feeling it.
You either agree on destroying imperialism's concrete bases other you're a concrete part of imperialism.
Bats is 100% Israeli company, 100% owned by Israel Aerospace Industries.
Bats' technologies aim to control the people,to strengthen the borders and to equip the global warfare.
That alone justify to reduce Bats to ashes.
Our time's burning but we're decided to fire back.
To light up a new fire that cannot be stopped.
A fire coming from the ages to open the future.
A fire of deep revenge and dignity for all those struggling against imperialism.
A fire of what Pitbull and Chris Brown once named "International Love".
The Black Fire of the forthcoming revolutions.
Gaza in our heart, fire spreading from our arms. Traduction par logiciel
Ce lundi 31 août, pendant la nuit, nous avons incendié l'entreprise Bats, située à Liège (Allée des Noisetiers, 8, 4031 Angleur – Belgique). Le bâtiment principal et l'antenne de sécurité ont été détruits et gravement endommagés. Les lignes suivantes accompagnent cet acte politique :
Notre époque brûle. Pas besoin d'ouvrir les yeux de qui que ce soit. Pas besoin de sensibiliser qui que ce soit. La plupart d'entre nous le ressentent. Soit vous êtes d'accord pour détruire les fondements concrets de l'impérialisme, soit vous faites partie intégrante de l'impérialisme.
Bats est une entreprise 100 % israélienne, détenue à 100 % par Israel Aerospace Industries. Les technologies de Bats visent à contrôler les populations, à renforcer les frontières et à équiper la guerre mondiale. Cela suffit à justifier de réduire Bats en cendres.
Notre temps s'écoule à toute vitesse, mais nous sommes déterminés à riposter. Pour allumer un nouveau feu que rien ne pourra arrêter. Un feu venu des temps anciens pour ouvrir la voie à l'avenir. Un feu de vengeance profonde et de dignité pour tous ceux qui luttent contre l'impérialisme.
Un feu de ce que Pitbull et Chris Brown ont un jour appelé « International Love ».
Le Feu Noir des révolutions à venir.
Gaza dans nos cœurs, le feu se propage depuis nos bras.À quelques jours de la reprise, 77 unités de cours restent sans enseignant au sein du seul département d’études anglophones de l’université Paul-Valéry de Montpellier, confirme sa présidente Anne Fraisse, qui évoque un « sous-encadrement massif ». La situation serait comparable en cinéma ou en psychologie
« Voici la liste des cours qui restent actuellement à pourvoir. » Le courriel, envoyé en cette rentrée par la direction du département d’études anglophones (UFR 2) à ses collègues, et que nous avons pu consulter, tient plus de l’appel à l’aide que de la note de service. Rien que pour le semestre qui s’ouvre, il manque des enseignants pour au moins 27 TD et 11 TP d’anglais, en LEA, en LLCER et en anglais pour non-spécialistes (LANSAD). La liste du second semestre est tout aussi fournie. Consigne aux collègues : « N’hésitez pas à nous contacter rapidement. »
Contactée, la présidente de l’université Anne Fraisse ne conteste pas ces chiffres. « Il y a actuellement 77 unités de cours non pourvues », indique-t-elle à propos de ce seul département, décrivant un « sous-encadrement massif ». Un total cohérent avec le document interne : la liste jointe au courriel recense 76 groupes de TD et de TP sans enseignant sur l’ensemble de l’année, auxquels s’ajoutent des cours d’anglais pour non-spécialistes et des séances de remédiation. En clair, l’université n’a pas assez d’enseignants, et son « bassin de recrutement » de vacataires est trop étroit pour combler les trous. Une difficulté qu’elle présente d’ailleurs comme « une situation habituelle ».
Pour la rentrée, la présidence sort la boîte à outils du système D : des titulaires prendront en charge davantage de TD, des groupes d’étudiants seront fusionnés, donc plus chargés, et certains cours pourraient basculer à distance, « plus simple à organiser », selon Anne Fraisse. Avec une limite qu’elle assume : « Je ne peux pas garantir que tous les étudiants aient un prof devant eux à la rentrée. »
Le problème dépasse le seul département d’anglais. Sans avoir « encore fait de bilan précis », la présidente affirme que c’est aussi le cas dans des filières comme le cinéma ou la psychologie.En cause, selon elle : des effectifs étudiants qui augmentent d’année en année, quand « le ministère refuse de faire suivre les financements ».
Les étudiants du TD de civilisation britannique du mardi à 17h15, signalé « difficile à déplacer » dans le courriel interne, connaissent au moins leur horaire. Reste à savoir qui, ce jour-là, se trouvera face à eux. En chair et en os, ou en visio.
L’article Université Paul-Valéry : 77 cours d’anglais sans enseignant, et « pas de garantie » pour les étudiants est apparu en premier sur Le Poing.
Le 26 septembre 2026, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires, la Coalition belge contre les armes nucléaires (NoNukes.be) organise une journée d'action à Bruxelles afin d'attirer l'attention sur la nécessité de redoubler d'efforts en faveur du désarmement nucléaire mondial.
Cette journée sera consacrée à l'importance du désarmement nucléaire, aux dangers et aux conséquences des armes nucléaires, ainsi qu'aux mythes tenaces entourant la dissuasion nucléaire et sa prétendue nécessité. Une attention particulière sera accordée au « parapluie nucléaire » européen, alors que des dirigeants européens tels que Bart De Wever et Emmanuel Macron plaident de plus en plus ouvertement en faveur de nouveaux investissements dans les capacités nucléaires européennes, y compris le développement et la production d'armes nucléaires.
La journée se compose de deux parties : un moment d'action dans la matinée et un programme thématique dans l'après-midi, avec une table ronde, une exposition et une réception.
Programme
11h – Action « die-in » (sur la place face à la gare de Bruxelles-Central)
Une action symbolique (die-in) visant à mettre en lumière la problématique des armes nucléaires et l'importance du désarmement nucléaire, suivie de quelques discours.
14h – Conférence au Garcia Lorca (47 rue des Foulons, 1000 Bruxelles)
« Pour un monde sans armes nucléaires : principe de dissuasion et parapluie nucléaire européen »
Un programme de l'après-midi riche en contenu, comprenant une introduction, une table ronde et une exposition consacrées aux armes nucléaires et aux implications du parapluie nucléaire européen, de l'Eurobombe, du concept de dissuasion avancée et des questions de sécurité connexes. À l'issue du programme, la journée se terminera par une réception.
Ont déjà confirmé leur présence :
Tom Sauer (professeur de politique internationale à l'Université d'Anvers)
Florian Eblenkamp (coordinateur politique pour ICAN International)
Sarah Rousseau (chargée de la thématique des armes nucléaires à la CNAPD et représentante de la Coalition belge contre les armes nucléaires) assurera la modération.
Un·e autre intervenant·e international·e sera annoncé·e prochainement.
L'après-midi se déroulera en anglais.
Inscriptions ici : https://forms.gle/cAGnMNjCZhcmS41d6
Questions ? Envoyez un mail à bastien@vrede.be.
Source : elDiario AR - Argentine
Lire la traduction automatique en français
Source : Enass - Maroc
Source : Observatoire des multinationales
365 millions de dollars. C'est le montant du contrat conclu entre la multinationale française de services informatiques Capgemini et « ICE », l'administration trumpiste en charge de l'immigration, pour collaborer à la traque des personnes migrantes. Nos confrères de l'Observatoire des multinationales avaient révélé l'existence de cette collaboration en janvier 2026, après l'assassinat d'une citoyenne, Renee Good, à Minneapolis par un fonctionnaire de l'ICE.
Sur le même sujet
Observatoire des multinationales
Comment un champion du CAC40 aide l'ICE de Trump à traquer les migrants
Que s'est-il passé depuis ? Suite à la controverse, la direction de CapGemini s'était défendue en prétendant que ce contrat – permettant la localisation d'individus en vue de leur arrestation – n'était pas « en cours d'exécution ». Et avait déclaré vouloir vendre leur filiale états-unienne. « Le 20 mai dernier, lors de l'assemblée générale annuelle du groupe à Paris, la direction avait indiqué, en réponse à certains actionnaires, que le processus de vente était en cours », rappelle l'Observatoire des multinationales. Or, fin août, la deuxième phase du contrat avec Capgemini a été activée par ICE, précise le média d'investigation. Celui-ci est donc bien en cours d'exécution.
« Pour couronner le tout, le contrat passé par Capgemini prévoit une rémunération indexée sur les résultats. Plus Capgemini aidera à déporter de migrants, plus l'entreprise touchera d'argent, à la manière d'un "chasseur de primes" ». Et toujours aucune nouvelle de la cession de la filiale en cause. En juillet, 65 000 personnes migrantes (ou présumées comme telles) étaient détenues par ICE, dont 70 % sans aucun casier judiciaire, alors que Trump assurait ne cibler uniquement que les immigrés « criminels ».
Source : Enab Baladi - Syrie
Lire la traduction automatique en français
Source : Observatoire des multinationales
Source : Novaya Gazeta - Russie
Lire la traduction automatique en français
Source : 60 Millions de Consommateurs
Source : Rue89 Bordeaux
Payant
Source : Le Poulpe
PayantQuand ?
Le 7 septembre à 19h
Où ?
Librairie Résistances ! 4 Paris Villa Compoint, 75017, Paris, France
Soirée très intéressante en vue, lundi 7 septembre, avec la présentation-dédicace de deux ouvrages l'un sur Gaza d'une part, l'autre sur sionisme et antisémitisme, par les militants de l'UJFP (Union Juive pour la Paix) Sarah Katz et Pierre Stambul.
Avec « Le paria et le colon », Pierre Stambul parvient à retracer, en une centaine de pages remarquablement documentées l'entreprise sanglante qu'a été depuis plus d'un siècle le projet sioniste : la création d'un « État juif », au détriment des habitants indigènes de la Palestine. Et ce, alors que le judaïsme, qu'il soit religieux ou culturel, n'a jamais été territorial.
Pierre Stambul entend, avec son nouveau livre, s'adresser en premier lieu aux Juifs de notre pays, tout en sachant qu'aux yeux de pas mal de ces derniers il est lui-même « un Juif traître ayant la haine de soi ». Mais nul besoin d'être juif pour lire son essai, et profiter de sa présentation à Résistances !
« Gaza au bord d'un temps incertain » est l'oeuvre de Mutasem Eleiwa, le correspondant local des projets solidaires développés depuis une dizaine d'années par l'UJFP en direction des petits agriculteurs de la bande de Gaza. La réalisation la plus emblématique de ce soutien a longtemps été le grand château d'eau siglé UJFP en son sommet, impitoyablement bombardé par l'armée israélienne aux premiers mois du génocide en cours.
Le livre reprend les chroniques rédigées par Mutasem Eleiwa au cours du premier trimestre 2026, qui sont autant les analyses de l'auteur que son témoignage sur la réalité quotidienne d'un territoire soumis à la destruction et à l'effacement programmé de ses habitants.
L'auteur ne pouvant quitter Gaza, il reviendra à Sarah Katz, qui a elle-même effectué de longs séjours dans le territoire martyr, de faire la présentation du livre.
Lundi 7 septembre à 19h
Résistances
4, villa Compoint
75017 PARIS
Métro ligne 13, stations Guy-Môquet ou Brochant ; Bus ligne 31, arrêt Davy-Moines
— CAPJPO-Europalestine
Quand ?
Le 21 septembre de 18h30 à 22h
Où ?
Parc des Buttes-Chaumont 75019, Paris, France
Nous avons suffoqué tout l'été et nous savons que ça va recommencer. Pour celleux qui auraient estivé dans les catacombes ou fait l'autruche la tête dans le sable, faisons le décompte : 4 vagues de chaleur, 5 canicules, 10 % de la forêt de Fontainebleau qui flambe et, en tout, 119 000 ha de forêt partis en fumée en France depuis le début de l'année. Et puis les records absolus qui tombent : juillet 2026 deuxième mois le plus chaud jamais enregistré à l'échelle mondiale, le Rhin et le Danube à leur niveau le plus bas jamais mesuré, 43% des petits cours d'eau français en rupture d'écoulement voire d'assecs (du jamais vu également).
Au-delà de ces tristes records, il y a aussi celleux qui ont perdu leur maison au Porge lorsque les pompiers protégeaient celles des millionnaires sur la presqu'île du cap Ferret, celleux qui ont perdu la vie dans les canicules extrêmes en Allemagne, en France, en Espagne, en Tunisie, et enfin les milliers d'animaux non-humains morts brûlés dans les énormes incendies en Andalousie, au Canada, en Algérie, dans le Bordelais. On ressent et on parle déjà d'autres types d'impacts. Sur nos facultés mentales, notre paresse, les maladies, pour penser et faire quoi que ce soit. Sur nos moments de sociabilité et de rencontres dans des espaces, extérieurs comme intérieurs, de plus en plus irrespirables. Pour sortir du désespoir et de la peur, alors que la rage bouillone comme nos corps dans nos passoires thermiques.
L'État et celleux qui le font fonctionner cherchent des coupables. Outre les personnes ayant mis le feu volontairement pour différentes raisons (conflits d'usage, de voisinage, pyromanie), des personnes se sont retrouvées poursuivies pour incendie involontaire. En Île-de-France, la justice met en examen et place sous contrôle judiciaire deux ouvriers à l'origine du départ de feu dans la fôret de Fontainebleau. Leur tort ? S'être fait exploiter sous 40 degrés sur les travaux de l'autoroute A6 et avoir provoqué des étincelles avec une disqueuse pour couper des glissières de sécurité. Cette chasse au responsable tout trouvé a comme un goût de foutage de gueule... Ce qui créée les conditions pour que le feu se propage, c'est le système capitaliste dans lequel nous vivons, ses industries polluantes dont nous dépendons et grâce auxquelles des patrons s'enrichissent au détriment des quelques espaces sauvages restantes, des animaux, des arbres, de notre santé ; en somme, du vivant et de notre autonomie à tous.tes.
Il est vain d'attendre d'un gouvernement, quel qu'il soit, qu'il change radicalement la donne sur le processus en cours, vain de s'épuiser à exercer une pression sur lui ou de s'engager soi-même en espérant changer la politique de l'intérieur. D'ailleurs, ces vagues ont touché tellement de gens que des questions urgentes apparaîssent encore plus clairement : Quels coups peut-on porter à ce désastre qu'ils appellent « progrès » ? Comment mettre la machine hors d'usage et vivre sans elle ? Certain.es n'ont pas attendu l'intervention de l'État pour agir en solidarité avec celleux touché.es par les dernières « catastrophes ». À ce titre, on peut s'inspirer notamment des actions des habitant.es de Valence et alentours lors des inondations en 2024, des compagnon.nes grec.ques qui s'organisent de manière autonome depuis des années pour lutter contre les incendies, des personnes qui se sont bougées cet été pour aller apporter de l'aide aux animaux des forêts en flammes.
L'été n'est pas fini et pourtant on sent poindre le retour à la normale inhérent à la rentrée du métro boulot dodo. Plutôt que d'oublier cette rage qui nous a saisi.es, pour combattre la canicule des années à venir, nous proposons de nous retrouver le 21 septembre à 18h30 aux Buttes-Chaumont, sur la pelouse proche de l'entrée face à la mairie du 19e. On pourra discuter de nos envies d'actions pour lutter contre les responsables du ravage de la planète et les profiteurs de canicules, partager des expériences d'auto-organisation et de solidarité face aux désastres climatiques, se demander comment se décaler de notre propre anthropocentrisme pour mieux prendre en compte les autres êtres vivants et, enfin, comment rester offensif.ves en ville dans un contexte de canicule où on cuit.
Lectures estivales « On a lu on a aimé » :
– Par 40° à l'ombre
4 juillet 2026
– Sur la ligne de feu : interview avec des anarchistes en Grèce sur les feux de forêt et la résistance contre la société techno-industrielle
Takakia #3, automne-hiver 2024
– C'est pas les forêts qui devraient cramer !
25 juillet 2026
– Après le calme, avant la tempête
Traduit de InfraNero, 18 juin 2026
– Message au mouvement pour le climat
15 août 2025
La CGT de la Compagnie de remorquage maritime de Sète (CRMS) a déposé un préavis de grève reconductible à compter du 10 septembre à midi, pour l’ensemble des salariés. Le syndicat pointe des incertitudes récurrentes sur la date de versement des salaires et réclame plusieurs primes, ainsi que la reconnaissance du caractère continu de son activité. Trois ans après le blocage du port d’octobre 2023, le dialogue avec la direction semble de nouveau grippé
Dans un communiqué daté du 31 août, le syndicat CGT de la CRMS annonce avoir déposé un préavis de grève reconductible à partir du jeudi 10 septembre à 12 heures. Le courrier, signé par le secrétaire général Christian Toulet, est adressé au directeur de l’activité portuaire et à la DRH du groupe, basés à Rouen. Il invoque « l’absence de réponses concrètes de la direction malgré plusieurs alertes », notamment en comité social et économique (CSE).
Premier grief, et pas des moindres : la paie. Selon le syndicat, les salariés doivent « s’interroger chaque mois sur la date à laquelle leur rémunération sera effectivement versée ». Le communiqué rappelle que les loyers et les échéances bancaires, eux, n’attendent pas, et demande un engagement clair de la direction sur les délais de versement.
L’autre revendication touche à l’organisation même du travail. La direction considère, d’après la CGT, que le remorquage sétois relève d’un régime de « discontinuité ». Le syndicat conteste : le port fonctionne 24 heures sur 24, toute l’année, et ne dépend pas des marées, contrairement à d’autres. Les navires entrent et sortent à toute heure, les équipages assurent une permanence pour la sécurité du trafic. La CGT demande donc l’ouverture de discussions sur la reconnaissance du caractère continu de l’activité, avec les droits qui vont avec. S’y ajoutent une augmentation de la prime de bout, une majoration ou une prime pour les manœuvres de nuit et le versement d’une prime de partage de la valeur (PPV).
Ce n’est pas la première alerte sur les quais. En octobre 2023, les remorqueurs, filiale du groupe TSM, avaient bloqué l’entrée du port pour obtenir des hausses de salaires et de primes. « C’est un ras-le-bol général », déclarait déjà Christian Toulet à l’époque. Trois ans plus tard, le ton reste mesuré mais ferme : le syndicat se dit « ouvert à la négociation », à condition que les discussions débouchent « sur des décisions concrètes et non sur de simples engagements reportés à une date ultérieure ».
L’article Port de Sète : les remorqueurs déposent un nouveau préavis de grève est apparu en premier sur Le Poing.
L’été n’est pas fini Appel à une assemblée pour s’organiser après cette période de canicules et d’incendies
Nous avons suffoqué tout l’été et nous savons que ça va recommencer. Pour celleux qui auraient estivé dans les catacombes ou fait l’autruche la tête dans le sable, faisons le décompte : 4 vagues de chaleur, 5 canicules, 10 % de la forêt de Fontainebleau qui flambe et en tout 119 000 ha de forêt partis en fumée en France depuis le début de l’année. Et puis les records absolus qui tombent : juillet 2026 deuxième mois le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, le Rhin et le Danube à leur niveau le plus bas jamais mesuré, 43% des petits cours d’eau français en rupture d’écoulement voire d’assecs (du jamais vu également). Au-delà de ces tristes records, il y a aussi celleux qui ont perdu leurs maisons au Porge lorsque les pompiers protégeaient celles des millionnaires sur la presqu’île du cap Ferret, celleux qui ont perdu la vie dans les canicules extrêmes en Allemagne, en France, en Espagne, en Tunisie, et enfin les milliers d’animaux non-humains morts brûlés dans les énormes incendies en Andalousie, au Canada, en Algérie, dans le Bordelais. On ressent et on parle déjà d’autres types d’impacts. Sur nos facultés mentales, notre paresse, les maladies, pour penser et faire quoi que ce soit. Sur nos moments de sociabilité et de rencontres dans des espaces, extérieurs comme intérieurs, de plus en plus irrespirables. Pour sortir du désespoir et de la peur, alors que la rage bouillone comme nos corps dans nos passoires thermiques.
L’État et celleux qui le font fonctionner cherchent des coupables. Outre les personnes ayant mis le feu volontairement pour différentes raisons (conflits d’usage, de voisinage, pyromanie), des personnes se sont retrouvées poursuivies pour incendie involontaire. En Île-de-France, la justice met en examen et place sous contrôle judiciaire deux ouvriers à l’origine du départ de feu dans la fôret de Fontainebleau. Leur tort ? S’être fait exploiter sous 40 degrés sur les travaux de l’autoroute A6 et avoir provoqué des étincelles avec une disqueuse pour couper des glissières de sécurité. Cette chasse au responsable tout trouvé a comme un goût de foutage de gueule… Ce qui créé les conditions pour que le feu se propage c’est le système capitaliste dans lequel nous vivons, ses industries polluantes dont nous dépendons et grâce auxquelles des patrons s’enrichissent au détriment des quelques espaces sauvages restants, des animaux, des arbres, de notre santé ; en somme, du vivant et de notre autonomie à tous.tes.
Il est vain d’attendre d’un gouvernement quel qu’il soit de changer radicalement la donne sur le processus en cours, de s’épuiser à lui exercer une pression ou de s’engager soi-même en espérant changer la politique de l’intérieur. D’ailleurs, ces vagues ont touché tellement de gens que des questions urgentes apparaîssent encore plus clairement : Quels coups peut-on porter à ce désastre qu’ils appellent « progrès » ? Comment mettre la machine hors d’usage et vivre sans elle ? Certain.es n’ont pas attendu l’intervention de l’État pour agir en solidarité avec celleux touché.es par les dernières « catastrophes ». À ce titre, on peut s’inspirer notamment des actions des habitant.es de Valence et alentours lors des inondations en 2024, des compagnon.nes grec.ques qui s’organisent de manière autonome depuis des années pour lutter contre les incendies, des personnes qui se sont bougées cet été pour aller porter leur aide aux animaux des forêts en flammes.
L’été n’est pas fini et pourtant on sent poindre le retour à la normale inhérent à la rentrée du métro boulot dodo. Plutôt que d’oublier cette rage qui nous a saisie, pour combattre la canicule des années à venir, nous proposons de nous retrouver le 21 septembre à 18h30, Aux Buttes-Chaumont, sur la pelouse proche de l’entrée face à la mairie du 19e. On pourra discuter de nos envies d’actions pour lutter contre les responsables du ravage de la planète et les profiteurs de canicules, se partager des expériences d’auto-organisation et de solidarité face aux désastres climatiques, se demander comment se décaler de notre propre anthropocentrisme, pour mieux prendre en compte les autres êtres vivants et enfin comment rester offensif en ville dans un contexte de canicule où on cuit.
Une fois de plus, la colère contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles (VSSP) enfle et gronde. Il est urgent et vital de faire entendre nos revendications pour les éradiquer dans leur totalité. Il est vain de n’agir que dans »l’après-violence » sans pour autant remettre en cause les rapports de domination ni les conditions sociales qui permettent la violence. Il est temps de construire des alternatives à l’approche punitiviste. Partout, nous devons défendre la prévention des violences plutôt que la prison, la solidarité inconditionnelle plutôt que la division, le désordre joyeux et transgressif plutôt que l’ordre-répressif.
LA COORDINATION FÉMINISTE APPELLE À SE MOBILISER PARTOUT CONTRE LES LES VIOLENCES SEXISTES, SEXUELLES ET PÉDOCRIMINELLES DU 7 AU 20 SEPTEMBRE 2026.
L’AFFAIRE BARELLA : LA LUTTE CONTRE LES VSSP AU PREMIER PLAN
En France, le mois de juin 2026 a été secoué par l’affaire Barella. Des milliers de personnes en colère contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles et leur prise en charge déplorable se sont rassemblées pendant plusieurs semaines.
Même si, quelques mois plus tard, l’assassinat de Lyhanna Rameau Bernard ne fait plus la une des médias, le sujet des violences systémiques et massives demeure une urgence absolue, et les mouvements féministes et enfantistes restent mobilisés.
Le drame qui a touché Lyhanna n’est pas une exception : les violences sont partout et structurent notre société. De la même manière, le dysfonctionnement judiciaire mis en évidence par cette affaire n’est pas une anomalie.
Ces défaillances sont systémiques et généralisées. Alors face à elles, la colère gronde, et tout le monde cherche à apaiser le sentiment d’injustice et de peur. Nous sommes révolté.es et nous voulons réagir, pour qu’il n’y ait plus jamais de victimes.
SE DÉBARRASSER DES RÉFLEXES PUNITIFS
Dans les rassemblements qui ont été organisés, nous avons pu entendre de nombreuses revendications : plus de prévention, des lois pour améliorer la prise en charge des.affaires judiciaires, appliquer les préconisations de la CIIVISE…
Mais, en voulant agir vite et se sentir en sécurité, la voie punitiviste est un réflexe quasi immédiat. Ainsi, il y a aussi été question de castration chimique et de prison à perpétuité pour les agresseurs, parfois même du rétablissement de la peine de mort.
Nous refusons de céder à l’horreur et à la peur en participant à une escalade mortifère de la violence.
Il est urgent de sortir du mythe de l’agresseur vu comme un monstre, pour prendre acte du fait que les violences ont lieu dans des contextes banals et bien trop souvent familiers.
Envisager les violences comme des actes individuels à punir est au mieux inefficace, au pire dangereux.
Cette logique est inefficace car l’augmentation des peines ne dissuade pas les auteurs et les taux de récidive suite à la prison sont très importants. De plus, considérer qu’on va prononcer plus de peines de prison, c’est envisager d’enfermer des centaines de milliers de personnes (environ 1300 féminicides et tentative de féminicides, 280 000 viols et tentatives de viols et agressions sexuelles sur majeures et 160 O00 agressions et crimes sexuelles commis sur des enfants par an en France), ce qui n’est ni réaliste, ni souhaitable.
Cette logique est dangereuse car cela revient à occulter sciemment les raisons structurelles qui rendent ces violences possibles. La réponse pénale qui entend punir les agresseurs ne se préoccupe pas de transformer les rapports de domination, les situations de dépendance et les conditions matérielles, sociales et économiques dans lesquelles lesviolences se produisent encore et encore : inégalités, précarité, régimes d’exception en outre-mer, militarisation, isolement, destruction des services publics et affaiblissement des dispositifs de prévention.
Si nous voulons voir advenir la fin des violences, il faut se donner les moyens de transformer ces conditions-là dans leur totalité.
UNE SOLUTION SUR UN PLATEAU D’ARGENT ?
Une vision globale, c’est alors ce que prétend apporter la Loi-cadre intégrale qui est sous les projecteurs depuis fin mai 2026. Ce texte, porté depuis 2024 par une coalition d’organisations féministes et enfantistes menée par la Fondation des femmes, a été brandi comme revendication dans les mobilisations qui ont suivi l’affaire Barella. Cette proposition entend faire évoluer le cadre légal de la prise en charge des VSS par les pouvoirs publics.
Évidemment, il est important de saluer une partie des mesures proposées qui placent la prévention des violences et la protection des victimes au premier plan, en reprenant entre autres des préconisations de la CIIVISE.
Néanmoins, la part de ce type de mesures reste insuffisante, faisant la part belle aux moyens alloués à la réaction et à la répression des violences, toujours après que celles-ci aient eu lieu, considérant ainsi les violences comme inévitables.
La proposition de loi place aussi une grande croyance dans l’action de l’État, et diminue le rôle des associations et collectifs de terrain, dont l’expertise dans l’accompagnement des victimes et dans la prévention est pourtant reconnue.
Enfin, cette proposition, telle qu’elle sera étudiée à la rentrée, ouvre la voie à un renforcement de l’arsenal de surveillance et de contrôle de l’État. Donner des moyens à la police et à la justice, c’est s’attendre à leur utilisation pour réprimer massivement, d’une part les mobilisations sociales, mais surtout les populations racisées et précaires.
Rappelons que les structures de pouvoir qui entendent protéger les enfants blancs des VSS sont les mêmes qui mutilent, emprisonnent et orchestrent la mise à mort des enfants et adolescents non-blancs : Zyed, Bouna, Rayana, Souheil, Nahel, Anis…
Nous ne pouvons pas ignorer le vote à cette même période de la loi sur la “présomption de légitime défense de la police” qui s’inscrit dans une accumulation de mesures autoritaires et meurtrières.
C’est sur cet horizon sécuritaire et raciste que prospère l’extrême droite et ses collectifs tels que Némésis. Observer Aurore Bergé, Gérald Darmanin ou Alice Cordier se féliciter d’un tel projet devrait déjà alerter sur la pente glissante que la Fondation des Femmes est en train de savonner. Il est de notre responsabilité de ne rien céder aux dérives racistes et fascistes qui tentent d’utiliser nos combats féministes et enfantistes pour se renforcer.
CHAQUE VIOLENCE EST UNE VIOLENCE DE TROP : POUR DES VIES LIBRES
La visibilisation des VSSP trouvera sans doute un nouveau point fort en septembre, quand la proposition de loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles sera examinée à l’Assemblée nationale. Ce texte de loi n’est pas laseule issue. Nous devons exiger plus, exiger mieux.
Aussi grande et légitime que soit notre colère, il est capital de garder en tête que l’horizon que nous visons est un horizon débarrassé de toute ses violences, qu’elles soient individuelles, sociales, institutionnelles ou étatiques.
Il ne s’agit pas seulement de les diminuer ou de les réprimer, mais d’empêcher leur existence même, et donc de garder une vision d’ensemble pour renverser le système raciste, capitaliste, patriarcal, validiste et adultiste qui les alimente. Il est urgent de tourner nos colères vers la lutte efficace contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles en agissant à leur racine.
Avant toute chose, exigeons l’application des mesures de prévention des violences qui existent déjà dans la loi mais dont le gouvernement ne se saisit pas, comme les programmes d’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité (E.V.A.R.S), les dispositifs d’égalité à l’école et dans le monde du travail.
Alors que Macron et le gouvernement vont toujours plus loin dans la casse des services publics, mobilisons-nous pour inverser cette tendance et donner les moyens à l’éducation, au social et à la santé d’assurer leurs missions.
Afin que toute personne soit en capacité de fuir des situations où elle est exposée à de (potentielles) violences, exigeons l’augmentation des revenus et l’accès au logement pour toustes sans condition. Ce sont les conditions de vie dignes pour toustes : pour que plus jamais une victime ne se retrouve dans l’impossibilité de quitter un foyer où les violences sévissent.
Mais obligeons-nous aussi à voir plus grand que les conditions matérielles d’existence. Il faut aussi combattre les conditions de pensées qui permettent les violences et alimentent la culture du viol et de l’inceste. Cela passe par l’éducation au consentement et au respect de tous les.corps et ce, dès l’enfance.
Respectons l’intégrité, la voix des enfants et des jeunes ainsi que leurs limites, écoutons-les quand iels s’expriment. Interrogeons-nous sur la manière dont la famille nucléaire (le noyau parents/enfants) structure la société, alors qu’elle est bien souvent le berceau de nombreuses violences. Dévirilisons les rapports sociaux et construisons une société débarrassée des rapports de domination.
Pour cela, notre projet de société doit être tout à la fois anticapitaliste, enfantiste, antivalidiste, antiraciste et féministe. Plus que jamais, nos luttes doivent se dresser contre l’extrême droite et le fascisme, pour penser un monde à l’opposé des projets suprémacistes mortifères, et combattre l’instrumentalisation raciste de la protection des femmes et des enfants.
DE LA COLÈRE INDIVIDUELLE À LA RIPOSTE COLLECTIVE
Dès la rentrée, la Coordination féministe appelle tous les collectifs, associations, syndicats, professionnel:les, militant.es et individu.es à multiplier les actions contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles du 7 au 20 septembre 2026 : mobilisons-nous dans nos quartiers et nos campagnes, nos lieux de vie et de travail pour imposer nos revendications. Discutons, collons, tractons, organisons de l’éducation populaire, rassemblons-nous lors de manifestation ou de zones d’occupation féministe et enfantiste. Appelons, partout, à des assemblées pour se rencontrer, faire nombre et élaborer ensemble.
ARRACHONS COLLECTIVEMENT DU TEMPS ET DE L’ESPACE POUR REPRENDRE LE POUVOIR SUR NOS CORPS ET NOS VIES !
________________
La Coordination féministe est un ensemble de collectifs, assemblées, associations féministes créé en 2020. Nous nous retrouvons autour de la volonté de construire un mouvement féministe autonome, ancré localement.
Par cette coordination, nous voulons aller vers l’unification d’un mouvement féministe, anticapitaliste et antiraciste, pro-droit des personnes trans, respectueux des droits des travailleur-euses du sexe, radicalement solidaired es personnes musulmanes et juives et de leurs luttes.
Pour nous rejoindre, contactez-nous via nos réseaux ou par mail : coordinationfeministe@protonmail.com
Source : Parallèle Sud
Source : StreetPressQuand ?
Le 2 septembre à 18h30
Où ?
Maison de la vie associative et citoyenne 12e 181, avenue Daumesnil, 75012, Paris
La réunion de rentrée de Décroissance IDF aura lieu ce mercredi 2 septembre 2026 à 18h30, à la Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 12e arrondissement, 181 avenue Daumesnil, 75012 PARIS. Ce sera l'occasion :
– d'établir le programme de l'année,
– de revenir sur les événements de l'été et les participations de chacune et chacun aux universités d'été et autres festivals décroissants,
– d'échanger sur les lectures de chacune et chacun ; notamment "Politique de la beauté : une nouvelle écologie" de Delphine Batho (Edition de l'Aube)
– de faire connaissance avec les nouvelles et les nouveaux et leur présenter l'association.
Au plaisir de vous rencontrer,
Mercredi 9 septembre, Catherine Dorion discutera avec Sylvie Tissot au Monte en l'air de son nouveau livre Le courage et la joie. Comment traverser la tempête fasciste sans perdre le nord.
« Nous ne sommes pas les animaux d'un zoo. Nous avons le choix. Nous ne sommes pas condamnés à la lâcheté. Notre énergie, notre cerveau, notre volonté, tout cela nous appartient. C'est le seul petit empire qui soit vraiment à nous, quand on y pense. Et il se trouve que ce petit empire est précisément ce dont les fascistes ont besoin pour chauffer leur enfer. »
Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l'anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. Car nous n'y pouvons rien, n'est-ce pas ? Pourquoi sommes-nous si désemparés ? Qu'est-ce que résister veut dire quand l'actualité nous dépasse, quand le pouvoir nous emporte dans son emballement ?
Pour répondre à ces questions, Catherine Dorion propose une chronique intimiste de l'année 2025, année de la rupture. Pour tenter d'y voir clair, elle l'entrelace de récits du passé qui témoignent de la vie quotidienne en d'autres temps où, comme aujourd'hui, la démocratie s'est fait prendre à la gorge par l'autoritarisme. Le courage et la joie cherche ainsi dans la vie réelle les amorces de la résistance, les failles par où passe encore et toujours la conscience humaine – et, donc, la lumière.
RASSEMBLEMENT CONTRE LES EXPULSIONS DES FAMILLES DE LEURS LOGEMENTS PAR LA PRÉFECTURE SUR LE BASSIN NAZAIRIEN ✊✊
Mercredi 2 Septembre à 17 H devant la sous-préfecture à Saint-Nazaire
Depuis une semaine, les expulsions de familles de leurs logements s’enchainent !!
Profitant de la fin des vacances et en préparation de la rentrée scolaire, la préfecture de Loire-Atlantique a décidé de réaliser l’expulsion de 4 familles résidant en logement CADA pour demandeurs d’asile, dont de nombreux enfants mineurs et certains en bas âge (8 et 11 mois).
Ces familles vivent à Saint-Nazaire depuis des années. Une part des enfants y sont nés et le français est leur langue maternelle. Tous les enfants y réalisent leur scolarité. 2 enfants aujourd’hui majeurs ont obtenu des titres de séjour et sont en études supérieures. Des démarches administratives pour leur régularisation sont en cours…
Tout dans la vie de ces familles les attachent à notre ville où elles vivent depuis des années et souhaitent continuer à vivre. Elles n’attendent qu’une régularisation pour travailler et payer des loyers et des impôts.
Alors qu’il n’y a plus de places en hébergement d’urgence géré par le 115 SIAO44 et que des familles étaient déjà à la rue sur Saint-Nazaire (notre association suit 6 familles sans hébergement sans compter les expulsions), le nouveau préfet de Loire-Atlantique aggrave un contexte social et humanitaire déjà explosif.
Nous ne pouvons pas nous résoudre à voir la rue se peupler de personnes sans domicile (dont des enfants et des bébés), délaissées par l’État qui ne remplirait plus ses missions de protection des public vulnérable et de mise à l’abri
Nous appelons à la mobilisation ce mercredi 2 septembre devant la sous-préfecture de Saint-Nazaire pour demander:
– Le gel des expulsions sans relogement. Une proposition de relogement doit toujours avoir lieu.
– L’accès des familles expulsées à des prises en charge en hébergement d’urgence.
– Le respect du droit au logement et à l’hébergement d’urgence.
– La régularisation des familles =>seul réelle solution pour leur permettre l’accès à l’emploi et au logement et donc la sortie des CADA.
ENSEMBLE SOYONS SOLIDAIRES ET NE LAISSONS PERSONNE À LA RUE !!
Le phénomène marque toute personne qui s'intéresse à la surveillance, au contrôle, à la répression et la limitation de circulation des individus : il est difficile – quasi-impossible – de suivre l'inflation de l'arsenal juridique qui régit les pratiques policières et les fichiers de collecte de données. Dans nos sociétés prétendues « libérales » et « démocratiques », en matière de restriction de libertés et de répression, une loi s'empile sur la précédente, ce qui est annoncé comme un « simple projet » devient souvent rapidement une proposition de loi, puis une réalité juridique… et en route pour la suivante !
La mise en place du pass sanitaire à l'été 2021 a été le déclencheur de la création de notre collectif. Notre opposition étant motivée par le sentiment de la « goutte de trop », il nous a paru logique de nous livrer au travail de recension de toutes les gouttes précédentes, sur la période 1974-2022 [1] , afin d'offrir un panorama de l'évolution de la législation et de mettre en perspective historique les mesures sanitaires de 2020-2022.
Pour être complet, ce travail devrait se décliner en trois parties ; cette brochure consacrée aux lois, arrêtés et décrets régissants la créations de fichiers informatiques et le travail de la police n'étant que la première. Une seconde brochure, spécifique aux lois migratoires régissant l'entrée et le séjour des étrangers en France, complétera ce panorama législatif. Enfin, il faudrait se livrer à la recension de l'inflation technologique, qui s'articule avec l'inflation juridique pour produire les conditions d'une société de surveillance généralisée, mais sans les oripeaux du fascisme historique, de façon libérale-autoritaire [2].
Précisons que nous ne proposons pas d'analyse dans ce travail, mais une simple chronologie qui permet à chacun et chacune d'avoir accès à ces informations dispersées [3].
Bonne lecture.
Ruptures, mai 2023
– Projet SAFARI (Système Automatisé pour les Fichiers Administratifs et le Répertoire des Individus). Il s'agissait de centraliser au ministère de l'Intérieur, grâce à un puissant ordinateur, près de 100 millions de fiches réparties dans les quelques 400 fichiers des services de police. En clair, il s'agissait d'interconnecter l'ensemble des fichiers de l'administration. Révélé par un article du Monde, le projet sera enterré.
– Loi sur le droit de fouille des véhicules par la police (invalidé par Conseil constitutionnel en 1977 mais poursuivi lors des barrages routiers).
– Création de la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), censée être un garde-fou contre le fichage après l'affaire du projet SAFARI. Dans les faits, quarante ans plus tard le fichage prolifère et se développe toujours plus, et la CNIL sert plutôt de paravent démocratique à cela.
– Circulaire créant le plan Vigipirate (vigilance et protection des installations contre les risques d'attentats terroriste à l'explosif ).
– 2 février : loi Peyrefitte. Répression plus sévère des actes de violences envers personnes et biens, limitation des effets des circonstances atténuantes et de l'octroi du sursis, extension des prérogatives en matière de contrôle d'identité.
– Fichier VAT (violence-attentat-terrorisme). Par la suite, les actes terroristes, réels, seront systématiquement utilisés pour étendre le fichage. 1983
– 10 juin : loi Deferre. Certaines mesures de 1981 sont abrogées, d'autres restent (délais de prescription), création des TIG.
– Augmentation en 4 ans des effectifs de police : près de 10 000 créations d'emplois.
– Proclamation de l'État d'urgence du 12 janvier au 30 juin en NouvelleCalédonie et ses dépendances suite à des affrontements entre indépendantistes et anti-indépendantistes)
– loi Joxe : augmentation des moyens, notamment pour développer l'informatique dans la police.
– Création du fichier JUDEX (qui remplace PROSAM, illégal pendant vingt ans), utilisé par la gendarmerie.
– Loi Pasqua contre le terrorisme. La notion de terrorisme est définie et une législation spéciale l'encadre. Garde à vue étendue à quatre jours, report de l'assistance d'un avocat jusqu'à 72 heures (et pendant 30 minutes seulement, sans accès au dossier ni aux charges pesant sur son client), autorisation de perquisitions domiciliaires sans l'assentiment des suspects.
– Proclamation de l'État d'urgence du 24 octobre au 5 novembre dans les Îles du Vent en Polynésie française, suite à des affrontements entre dockers en grève et forces de l'ordre.
– Loi légalisant les écoutes administratives et créant la CNCIS (Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement), censée avoir un regard indépendant et contrôler ces écoutes. Deux ans plus tard, son premier rapport indique 9 000 personnes surveillées. En 2018, on est passés à plus de 22 000. Quand aux écoutes permanentes, 1180 sont recensées dès 1991 et 2190 en 2014. Surveillance hertzienne « aux seules fins de défense des intérêts nationaux, la surveillance et le contrôle des transmissions empruntant la voie hertzienne ne sont pas soumis à la loi » (abrogé en 2017).
– Loi précisant la procédure dérogatoire applicable aux actes de terrorisme, dans la lignée de la loi Pasqua 1986.
– 19 avril : un arrêté entérine la création du fichier HOPSYWEB fichant les personnes hospitalisées sans leur consentement en raison de troubles mentaux (état civil, informations judiciaires et médicales).
– Création du fichier informatisé STIC regroupant les fichiers policiers et répertoriant toute personne ayant été concernée par une procédure judiciaire (crimes, délits et contraventions de 5ème classe).
– Plan Vigipirate appliqué après une série d'attentats. Depuis, il n'a cessé de fonctionner (hormis deux mois en 1996). Il s'agit d'une surveillance, plus ou moins forte selon trois niveaux (Vigilance, Risque attentat ou Alerte attentat) des écoles, collèges, lycées, grands magasins, lieux de culte et transports. La presse est sous protection exceptionnelle, les journaux, les télés, radios et sites internet. Il s'agit « de développer et maintenir une culture de vigilance ».
– Loi Pasqua permettant le développement du recours à la vidéosurveillance dans les lieux publics ou ouverts au public.
– Allongement des délais de prescription des crimes terroristes (30 ans).
– Un arrêté crée le FPR (Fichier des Personnes recherchées). Son origine est incertaine, mais remonterait à 1969. Méga-fichier contenant 21 sous‑catégories (dont le fameux fichier S sûreté de l'Etat, dont on ignore les contours exacts). En décembre 2018, le fichier contiendra 29 973 noms.
– Loi Debré : création du délit d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, notion floue et élastique. L'intentionnalité devient un délit sans qu'aucun acte précis ne soit planifié ni exécuté. Ce délit, lié aux lois d'exceptions de 1986, a conduit depuis à de nombreuses arrestations sur des présomptions, suivis de tribunaux d'exceptions, de détentions provisoires, sans preuves et finissant par des non-lieux au bout de plusieurs années. La simple menace à l'encontre d'un magistrat, juge, policier, gendarme ou militaire (et d'autres) est passible de 2 ans d'emprisonnement et 200 000 francs (30 000 euros). Si c'est une menace de mort 5 ans et 1 million de francs (150 000 euros).
– Loi 30 décembre : autorisation, en matière terroriste, de perquisitions de nuit en enquête de flagrance, préliminaire ou au cours de l'instruction.
– Création de la carte vitale, munie d'une carte à puce contenant des informations administratives. En 2007, la carte vitale 2 y rajoute une photo d'identité et des informations sanitaires (nom du médecin traitant, accidents du travail ou maladies professionnelles).
– Création du FNAEG (Fichier National des Empreintes Génétiques), initialement limité aux auteurs d'infractions sexuelles.
– Le fichier STIC est légalisé six ans après sa création.
– Loi de Sécurité Quotidienne (LSQ) : extension du fichier FNAEG au terrorisme, meurtres, actes de barbarie ou torture, aux atteintes aux biens accompagnées de violence. Sanction prévue en cas de refus de prélèvement d'ADN : jusqu'à six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende. Près de 3 000 fichés en 2002. Extension des possibilités de contrôle d'identité dans les aéroports et les zones portuaires, fouille des véhicules, fouille au corps, y compris par des agents de sécurité habilités.Délit d'occupation de cages d'escaliers. Autorisation préfectorale pour les free parties. Augmentation de la durée des conservations des données des fournisseurs d'accès à Internet.
– Arrivée de la Carte Navigo (puce RFID, puis NFC, haute fréquence) pour les abonnements RATP en Ile de France. En 2010, fin de possibilité d'abonnement papier. En 2022, fin des tickets occasionnels en papier remplacés par du « sans contact ».
– Loi LOPSI 1 : accès facilité aux fichiers informatiques de sûreté pour les policiers avec la possibilité de les croiser (prévision d'un fichier ARIANE, regroupant JUDEX et STIC). Possibilité « d'accéder directement à des fichiers informatiques et de saisir à distance par la voie télématique ou informatique les renseignements qui paraîtraient nécessaires à la manifestation de la vérité ». Généralisation de l'utilisation des flashball.
– Création par deux hommes d'affaires de la start-up « Voisins vigilants » reposant sur la collaboration entre habitants et gendarmerie, banalisant la délation et la peur.
– Loi Perben : abaissement de la majorité pénale à l'âge de 10 ans. Détention provisoire et sanctions éducatives dès 13 ans. Création de centre éducatifs fermés et d'établissements pénitentiaires pour mineurs. Extension de la possibilité de comparution immédiate.
– 16 000 fichés FNAEG.
– Loi LSI Sarkozy : extension du FNAEG à toutes personnes à l'encontre desquelles il existe « des raisons plausibles de soupçonner qu'elles ont commis une infraction ». Les prises d'ADN pour vols simples, dégradations, tags, arrachage de cultures OGM se multiplient. 137 infractions permettent le prélèvement. Peines alourdies : un an de prison et 15 000 euros pour refus et jusqu'à 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende en cas de condamnation à un crime. A noter que les délits financiers ne sont pas concernés par l'inscription au FNAEG. Fichage par les forces de l'ordre fortement facilité. Garde à vue dès l'âge de dix ans. Suspension des allocations pour enfants condamnés. Nouveaux délits : racolage passif, rassemblements « menaçants ou hostiles » dans les parties communes (deux mois d'emprisonnement), mendicité agressive, outrage au drapeau national ou à l'hymne national par 7 500 euros d'amende, confiscation des véhicules des gens du voyages qui s'installent sur le terrain d'autrui. Accélération des procédures civiles d'expulsion pour squats.
– Loi contre la violence routière : sanctions automatiques avec les radars. Aggravations des peines pour conduites sous emprise de stupéfiants. Délit de « très grande vitesse ».
– Loi restreignant la consommation de tabac chez les jeunes.
– 42 000 fichés FNAEG.
– Loi Perben 2 : garde à vue prolongée à 4 jours (96h), même pour les mineurs. Intervention d'un avocat seulement au bout de 36 heures dans certains cas. Les infiltrations policières, les écoutes téléphoniques, poses de micros et les perquisitions nocturnes sont autorisées, y compris pendant la phase d'enquête. Création du « plaider coupable » (reconnaissance préalable de culpabilité), du mandat de recherche (garde à vue possible s'il y a des raisons plausibles de soupçonner), de stage de citoyenneté. Nouveau fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes FIJAIS. procédure dérogatoire en matière de criminalité et de délinquance organisée pour « actes de terrorisme, infractions sexuelles, trafic de stupéfiants… ».
– Loi interdisant le port du voile à l'école.
– LCEN : Loi prévoyant que fournisseurs d'accès, hébergeurs et éditeurs gardent des traces des internautes en vue d'éventuelles enquêtes. Les renseignements généraux, les services de contre-espionnage ainsi que la police judiciaire et les magistrats instructeurs auront accès à des renseignements (identifiant, mot de passe, code d'accès, date, heure, nature, en cas de paiement, le type de moyen de paiement, le montant, le numéro de référence du paiement), sans demander l'autorisation d'un juge.
– 13 décembre : un règlement européen impose aux Etats membres de délivrer des passeports biométriques (voir 2009).
– 24 décembre : création du fichier base élève 1er degré. Il s'agit d'un fichage des élèves de la maternelle et du primaire. Déployé à partir de 2007, contesté en 2008 par un mouvement qui fait reculer le ministre Darcos. Certaines données sont supprimées (nationalité, l'année d'arrivée en France, l'enseignement de la langue et la culture d'origine), mais l'utilisation du fichier est généralisée en 2009.
– 127 000 fichés FNAEG. - Loi sur la récidive : élargit les catégories de délits permettant de parler de récidive et limite le nombre de sursis avec mise à l'épreuve. Facilite l'emprisonnement pour récidive et instaure le placement sous surveillance électronique. La liberté du juge plus étroitement encadrée. La suspension de peine pour raisons médicales n'est plus possible s'il existe un « risque de renouvellement de l'infraction ».
– 8 novembre : proclamation de l'état d'urgence sur la totalité de l'Ile de France et dans 20 agglomérations suite à la mort de deux jeunes adolescents électrocutés dans un poste électrique ou ils se cachaient par peur d'un contrôle policier. Fin le 4 janvier 2006
– 30 décembre : par décret, création du premier TES, fichier des Titres Electroniques Sécurisées, qui centralise les personnes détentrices d'un passeport électronique.
– 267000 fichés FNAEG.
– 23 janvier : loi de lutte contre le terrorisme. Impose aux opérateurs télécoms, aux fournisseurs d'accès Internet (FAI) mais aussi à tout établissement public proposant un accès au net, comme les cybercafés, de conserver les données de connexion (logs) pendant un an. Vidéosurveillance facilitée. Autorisation pour les personnes morales de filmer les abords de leurs bâtiments. Garde à vue prolongée à 144 heures (6 jours) en cas de risques d'attentats. Limitation des informations fournies à la CNIL concernant « les traitements intéressant la sûreté de l'État, la défense ou la sécurité publique ». Accès aux données de connexion facilité, sans autorisation d'un magistrat. Lecture automatisée des plaques minéralogiques autorisées, et possibilité de croisement des données avec d'autres fichiers.
– Décembre : un arrêté crée le fichier FPA (Fichier des Passagers Aériens), à « titre expérimental » afin de communiquer « des données relatives aux passagers », notamment à des fins de répression de l'immigration illégale. Il peut être interconnecté avec le FPR (1996). L'« expérimentation » n'a jamais cessé depuis.
– 533 000 fichés FNAEG.
– 36 fichiers policiers dénombrés.
– 23 janvier : décret permettant aux policiers et gendarmes d'accéder au TES pour lutter contre le terrorisme.
– 5 mars : extension de la vidéosurveillance aux EPCI (intercommunalité) - Des pôles d'instruction sont prévus, entamant l'indépendance des juges d'instruction (projet définitivement abandonné en 2016).
– 10 août : loi Dati. Des peines planchers sont instaurées (des peines automatiques, ne tenant plus compte des circonstances dans lesquelles ont été commis les délits sont instaurées en cas de récidive). En cas de deuxième récidive (« récidives aggravées »), les magistrats ne peuvent « prononcer une peine autre que l'emprisonnement » sauf à rédiger une décision « spécialement motivée » (impossible dans les conditions de la comparution immédiate). Suppression de l'excuse de minorité pour les multirécidivistes de plus de 16 ans.
– 898 000 fichés FNAEG.
– 45 fichiers de police dénombrés.
– Augmentation de 67 % des gardes à vue depuis 2001.
– 25 février : loi sur la rétention de sûreté. Possibilité d'enfermer dans des centres socio-medico-judiciaires des prisonniers ayant purgé leur peine si on estime qu'ils sont encore dangereux. Cette mesure, renouvelable chaque année, créé de fait une peine à vie ainsi qu'un délit de dangerosité, condamnant des gens pour des actes qu'ils pourraient commettre. Possibilité également de placement sous surveillance électronique à la fin d'une peine. Les personnesdéclarées pénalement irresponsables pour cause de troubles mentaux peuvent avoir des peines de sûreté, la culpabilité établie et notée sur le casier judiciaire malgré le non-lieu pour irresponsabilité.
– 30 avril : décret incluant « l'image numérisée du visage » dans les données TES (voir 2005).
– 20 juin : loi Aliot-Marie contre les chiens dangereux.
– 27 juin : création du fichier CRISTINA, relatif au terrorisme, à l'espionnage et à tout ce qui touche à « l'intérêt de la nation », avec possibilité de garder indéfiniment des traces (écoutes, internet). Fichier classé secret-défense. Le décret de création n'est pas paru au Journal Officiel. Comme son ancêtre (fichier DST), il n'est pas soumis au contrôle de la CNIL.
– Décret créant le Fichier EDVIGE. Concerne les personnes « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif », mais aussi toutes personnes considérées par la police comme susceptible de porter, à l'avenir, atteinte à l'ordre public. Il devait contenir de nombreuses informations et notamment les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l'appartenance syndicale des personnes, ou celles relatives à la santé ou à la vie sexuelle. Après de nombreuses protestations, il est retiré le 20 novembre mais est remplacé depuis par les fichiers PASP (2009), EASP (Enquêtes administratives liées à la sécurité publique 2009) et GIPASP (2011).
– 1er août : loi sur les demandeurs d'emploi : chômage supprimé après le refus de deux offres d'emploi « raisonnables ».
– 20 octobre : fichage des élèves dès la maternelle. Fichier SCONET pour le secondaire (devenu SIECLE en 2012).
– 1 276 000 personnes fichées FNAEG.
– 58 fichiers de polices dénombrés.
– Généralisation du logiciel Admission post-bac qui, à l'aide d'un algorithme, oriente les élèves entrant à l'université, avec parfois tirage au sort.
– Février : déclaration de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP (parti alors au pouvoir) : « La délation est un devoir républicain ».
– Juin : décret anti-cagoules. Interdiction de dissimuler son visage lors ou aux abords d'une manifestation. Amende de 1500 euros.
– 29 juin : tous les nouveaux passeports délivrés sont biométriques.
– Loi Hadopi : le partage de fichiers ne respectant pas les droits d'auteurs est sanctionné, allant jusqu'à la coupure d'internet au bout de trois infractions.
– 16 octobre : création du fichier PASP (Prévention des Atteintes à la Sécurité Publique) visant les personnes « susceptibles d'être impliquées dans des actions de violences collectives, en particulier en milieu urbain ou à l'occasion de manifestations sportives ».
– 16 novembre : l'aéroport Paris-Charles de Gaulle se dote du portique PARAFE (passage automatisé rapide aux frontières extérieures) qui utilise la reconnaissance faciale grâce aux photos de titulaires de passeports biométriques. Il est basé sur le volontariat.
– 1 724 000 personnes fichées FNAEG.
– 23 000 caméras sur la voie publique en France recensées selon ministère de l'Intérieur.
– 16 avril : requête contre le fichier secret CRISTINA rejetée par le Conseil d'État.
– 11 octobre : loi anti burqa interdisant le port d'une « tenue destinée à dissimuler son visage » dans l'espace public.
– 2 millions de personnes fichées FNAEG.
– introduction à la CAF du scoring (techniques d'évaluation avec des algorithmes assignant des « scores de risque » aux allocataires).
– 14 mars : LOPSI 2. Fusion dans un méga-fichier, le TAJ (Traitement d'Antécédents Judiciaires) des fichiers policiers STIC et gendarme JUDEX. Ce fichier sera consultable pour des enquêtes judiciaires et administratives par policiers, gendarmes, douaniers, agents des services judiciaires, personnels de la préfecture, agents des renseignements, agents du commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire, agents du conseil national des activités privées de sécurité. La vente à la sauvette devient un délit. La vidéosurveillance se transforme en « vidéoprotection ». Il est prévu de tripler le nombre de caméras dans les années suivantes. Les préfets pourront utiliser la vidéosurveillance, notamment en cas de grands évènements publics. L'usurpation d'identité sur internet est punie d'un an d'emprisonnement. Couvre-feu possible entre 23h et 6h du matin, pour les mineurs de moins de treize ans dans les cas où « leur présence sur la voie publique durant la nuit […] les exposerait à un risque manifeste pour leur santé, leur sécurité, leur éducation ou leur moralité ». Contrat de responsabilité parentale pour les parents dont l'enfant a été interpellé pendant un couvre-feu. Amendes prévue de 450 euros. Possibilité pour l'État de vente de fichiers cartes grises à des fins commerciales. Privatisation des missions de sécurité. Durcissement des peines pour cambriolage. La police, sur autorisation du juge des libertés peut utiliser tout moyen (physiquement ou à distance) pour s'introduire dans des ordinateurs et en extraire des données dans diverses affaires, crimes graves, trafic d'armes, de stupéfiants, blanchiment d'argent, mais aussi délit « d'aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d'un étranger en France commis en bande organisée » sans le consentement des propriétaires des ordinateurs. Police et gendarmerie pourront croiser les données contenues dans ses fichiers sur la petite et la moyenne délinquance. Extension des possibilités de consultations du TES par policiers et gendarmes : « atteintes à l'indépendance de la Nation, à la forme républicaine de ses institutions, aux éléments essentiels de son potentiel scientifique et économique… ». Délais plus étendus pour les écoutes téléphoniques et facilitation pour la pose de mouchards. Article dit de « décabanisation » : expulsion possible d'installations comportant « de graves risques pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publique », y compris sur un terrain privé. Sont visées les cabanes, yourtes, caravanes, etc. (ce dernier article sera censuré par le Conseil constitutionnel).
– 29 mars : création par décret du fichier GIPASP (Gestion de l'Information et la Prévention des Atteintes à la Sécurité Publique), équivalent pour la gendarmerie du PASP policier.
– Avril : loi relative à la garde à vue, qui permet la présence de l'avocat durant toute la garde à vue pour le droit commun, et la notification du droit au silence. Mais elle garde l'existence de régimes dérogatoires dans certains cas.
– Circulaire du 22 juin : le dispositif de participation citoyenne, expérimentée depuis 2006 dans 29 départements, est étendu à tout le territoire. Il s'agit pour l'Etat de concurrencer le dispositif « Voisins vigilants ».
– Juillet : loi de réforme de la psychiatrie. Possibilité d'hospitalisation sous contrainte en soins ambulatoires après 72 heures d'observation. Disparition des sorties à l'essai de plus de 12 heures.
– Décembre : fichier « des gens honnêtes », nouveau SAFARI voulant ficher tous les titulaires de carte d'identité et de passeport français, donc tous les Français, sur les données suivantes : nom, prénoms, adresse, taille et couleur des yeux, empreintes digitales et photographies. Voté par 285 députés, il sera censuré le 6 mars 2012 par le Conseil constitutionnel. Il reviendra quatre ans plus tard, avec le TES, cette fois dans l'indifférence.
– 2 200 000 fichés FNAEG.
– 38 000 caméras sur la voie publique.
– Janvier : création du fichier SIECLE, remplaçant SCONET (2006). Il a la même fonction que base élève, pour les élèves du secondaire. Contrairement à base élève, il est peu contesté, alors qu'il recueille énormément de données (fichier base élève établissements, absences et retards, diverses évaluations et notes, orientation, validations du LPC,...).
– 23 mars : création du RNIE (répertoire national des identifiants élèves) attribuant un identifiant national à chaque élève de la maternelle au lycée et collectant des données d'identités. En le croisant avec le fichier base élève, le Livret Personnel de Compétences (LPC), le Livret Scolaire Numérique (LSN) ou le Passeport orientation et formation on peut obtenir beaucoup d'informations.
– 4 mai : par décret (voir 2011), fusion des fichiers STIC et JUDEX pour créer le méga-fichier TAJ (personnes mises en cause dans des affaires pénales mais aussi des victimes de ces infractions ou des personnes suspectées et non condamnées). Pour la première fois, la reconnaissance faciale est autorisée avec le logiciel Cognitec.
– Décembre : loi sur le terrorisme. Elle prolonge jusqu'en 2015 les possibilités de surveillance de certaines données (internet, géolocalisation, factures détaillées téléphoniques). Les mesures provisoires et d'exception tendent ainsi à devenir le droit commun. Poursuite possible de ressortissants français pour participation à l'étranger à des actes de terrorisme ou à des camps d'entraînement.
– 2 500 000 personnes fichées FNAEG.
– Il y aurait, au total, 935 000 caméras sur l'ensemble du territoire français (voie publique, entreprise, caméras privées).
– Décembre : création du fichier API-PNR, dit « fichier des passagers aériens » (identité, sexe, itinéraire emprunté, numéro de siège, poids des bagages, moyens de paiement etc), mis en place « à titre expérimental » (voir 2017).
– 2 650 000 personnes fichées FNAEG.
– 2 190 personnes écoutées en permanence (deux fois plus qu'en 1991).
– 20 février : loi ALUR.
– Juin : possibilité pour les commerçants d'installer des caméras aux abords immédiats de leurs locaux.
– Août : Loi Taubira. Les peines planchers sont supprimées, mais création de la contrainte pénale. Multiplication des peines alternatives (TIG, remboursement des victimes, obligation de soins, peine en milieu ouvert...).
– Novembre : nouvelle loi antiterroriste, votée en procédure d'urgence. Une nouvelle infraction est créée : l'entreprise individuelle à caractère terroriste, sur le modèle de celle de l'association de malfaiteurs. Interdiction de sortie du territoire des ressortissants français projetant de participer à des activités terroristes à l'étranger. Le délit d'apologie du terrorisme sur internet est assimilé à un délit terroriste. La répression, non plus des actes mais de l'intention devient la norme, ainsi que la neutralisation préventive.
– 3 millions de fichés FNAEG.
– 80 fichiers de polices recensés.
– 12 janvier : mise en place de l'opération Sentinelle renforçant Vigipirate après les attentats contre Charlie Hebdo. Toujours en cours, l'opération Sentinelle nous habitue à voir patrouiller des militaires lourdement armés dans les centrevilles.
– 5 février : décret permettant le blocage sous 24 heures de l'accès des internautes aux sites incitant à la commission d'actes de terrorisme ou en faisant l'apologie et de sites pédopornographiques.
– Juin : dans le cadre du festival Futur en Seine, à la Gaieté Lyrique, à Paris, une « implant party » est organisée (implantation de puces sous cutanées). Les événements de ce type, sur une base ludique et de volontariat, se multiplient.
– Juillet : loi de programmation militaire. Service militaire volontaire (SMV) pour « jeunes déscolarisés de 18 à 25 ans ».
– Juillet : loi sur le renseignement. Mise en place de « boîtes noires » dans les infrastructures de tous les opérateurs de téléphonie et d'internet permettant de recueillir, en temps réel, des informations (connexions, pages consultées, adresses IP, géolocalisation). Techniques de renseignements rendus possible hors cadre judiciaire (balisage des véhicules, écoutes, captation de données informatiques, d'images dans des lieux privés) sur simple accord du premier ministre. La CNCTR (Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement) n'a qu'un avis consultatif. Un algorithme traitant les données de connexion de tous les connectés est chargé de surveiller, visant « à détecter une menace terroriste ». Les données relatives au fonctionnement de l'algorithme sont classifiées, non publiques. Les « intérêts fondamentaux de la nation » sont précisés et étendus : « atteintes à la forme républicaine des institutions » et « violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ». Certains articles précisent ce à quoi renvoient ces notions : le fait de « continuer volontairement à participer à un attroupement après les sommations » de se disperser ou celui d'organiser une manifestation non-déclarée ou interdite. Pour ces faits, gendarmes et policiers peuvent désormais utiliser les fichiers TES.
– Novembre : après une série d'attentats meurtriers à Paris, l'État d'urgence est adopté pour trois mois (il durera deux ans). Un train de mesures dérogatoires (perquisitions, assignations) peuvent être prises à n'importe quel moment, sur des motifs vagues, tel qu'un comportement représentant « une menace pour la sécurité et l'ordre public » sans contrôle de la justice.
– 26 novembre : la France écrit au Conseil de l'Europe pour l'alerter qu'elle risque de déroger à la Convention européenne des Droits de l'Homme, comme le lui permet l'article 15.
– 1er décembre : début du déploiement du nouveau compteur électrique Linky dans tous les foyers français. Ce compteur communicant permettra de piloter à distance les flux électriques, tout en captant potentiellement certaines données sur les consommations personnelles. Il est un maillon essentiel dans la construction de « ville intelligente » ou smart city, c'est à dire ville connectée où un maximum de données sont traitées numériquement. Malgré une importante contestation à l'échelle française, fin 2021, 35 millions de compteurs ont été installés.
– 31décembre : arrêté fixant le contenu du LSU (Livret Scolaire Unique) qui scanne toute la scolarité du CP à la troisième (niveau des élèves par matière, acquis et progrès, bilans périodiques, bilans de fins de cycles, objectifs de connaissances et de compétences, « éléments de vie scolaire »). La numérisation initiée en 2004 des élèves prend un visage de plus en plus managérial.
– 3 422 000 fichés FNAEG.
– Premiers portiques installés à l'entrée des établissements scolaires en Auvergne-Rhône-Alpes. Deux ans plus tard, un quart des lycées de la région en sont équipés.
– Mars : loi permettant aux agents des réseaux de transports publics (RATP et SNCF) de procéder à des palpations de sécurité, des fouilles de bagages de façon générale et aléatoire. Agents SNCF et RATP munis de caméras piétons transmettant en temps réel aux policiers.
– 14 avril : vote par le parlement européen du fichier PNR (Passenger Name Record) qui collecte des données sur les passagers aériens au sein de l'Europe, des Etats-Unis, du Canada et du Royaume Uni.
– 3 juin : loi de lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Validation de l'utilisation de IMSI catcher, jusque-là employé illégalement. Renforcement des contrôles d'accès aux lieux accueillant de grands événements. Nouveaux moyens d'investigations pour juges et procureurs : possibilité de captation et enregistrement de paroles prononcées à titre privé dans des lieux publics ou privés.
– Juillet : prolongement pour six mois de l'État d‘urgence. Alourdissement des peines infligées pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Les cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique peuvent être interdits dès lors que l'autorité administrative justifie ne pas être en mesure d'en assurer la sécurité compte tenu des moyens dont elle dispose.
– 28 octobre : décret TES (Titres Electroniques Sécurisées) voté, un dimanche de la Toussaint. Avorté en 1974 (SAFARI), puis en 2012 (fichier des gens honnêtes), le méga-fichier TES est voté sans contestations. Pire, TES collecte plus d'infos que le fichier de 2012 : état civil, adresse, sexe, taille, couleur des yeux, filiation, photographies du visage, empreintes digitales et signatures, éventuel téléphone et adresse mail, de tous les détenteurs d'une carte d'identité ou d'un passeport français, soit plus de 60 millions de personnes, sont stockées pour au moins 20 ans. Ainsi, pour la première fois, un fichier informatique rassemble les empreintes digitales de tout les français. La société Amesys, partenaire de Khadafi en 2011 pour l'espionnage de ses opposants politiques, est partie prenante dans la création du TES. La police ne peut accéder aux empreintes digitales, ni utiliser la reconnaissance faciale en théorie. Pourtant rien ne l'empêche de consulter le TES pour obtenir l'image d'une personne, puis de la copier dans le TAJ et, à partir de là, traiter cette photo de façon automatisée avec un logiciel de reconnaissance faciale, pour la comparer à d'autres images, telles que celles prises par des caméras de surveillance. Toutes les données sont conservées pendant 15 ans.
– 9 décembre : signature d'un contrat entre la DGSI et la société américaine Palantir technologies, spécialisée dans l'analyse de données à grande échelle basés sur l'intelligence artificielle. Cette entreprise a été fondée en 2004 grâce à des fonds de la CIA.
– Février : loi relative à la sécurité. Les policiers municipaux armés peuvent utiliser leur arme en cas « d'absolue nécessité ». Renforcement des sanctions pour les faits de rébellion de menaces ou de refus d'obtempérer. En cas d'outrage aux personnes dépositaires de l'autorité publique, les peines sont doublées. Possibilité, dans certains cas, pour les agents de sécurité privée d'être armés. Délit de consultation habituelle de sites terroristes sur internet : deux ans d'emprisonnement, 30 000 euros d'amende.
– 30 mars : TES est déployé sur tout le territoire.
– Juillet : prorogation de l'État d'urgence jusqu'en novembre.
– Septembre : demande de retrait des sites Indymedia Grenoble et Indymedia Nantes d'un article revendiquant l'incendie d'un hangar de gendarmerie, article constituant une « provocation au terrorisme ».
– 30 octobre : loi renforçant la Sécurité Intérieure et la Lutte contre le Terrorisme (SILT). L'État d'urgence cesse après près de 750 jours, mais certaines dispositions sont intégrées dans la loi : possibilité pour une préfecture de définir des « périmètres de protection » (avec circulation, stationnement et accès réglementé), fermeture administratives de lieux de culte, possibilité pour le ministre de l'Intérieur de décider de mesures de surveillance à l'encontre « de toute personne envers laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace à l'ordre public ». Ces personnes peuvent également être assignées à rester dans un périmètre géographique défini. Possibilité pour le préfet, sans l'avis d'un juge, de perquisitionner tout lieu fréquenté par une personne soupçonnée de terrorisme. Possibilité d'interdiction de se trouver en relation avec ces personnes. Pérennisation du fichier « expérimental » API-PNR (2013) concernant tous les vols à destination et en provenance de pays étranger (transposant en droit français le vote européen d'avril 2016). Contrôle facilité dans les zones frontalières (dans une bande de vingt kilomètres le long des frontières intérieures). Contrôle d'identité possible de personnes dont la « nationalité étrangère peut être déduite d'éléments objectifs ». Prolongation jusqu'en 2021 des « boites noires » (voir 2015).
– 3 500 000 personnes fichées FNAEG.
– 106 fichiers policiers recensés.
– 76 000 caméras sur la voie publique.
– Mars : loi ORE, créant Parcourssup qui remplace APB. Création d'« attendus », ensemble des compétences qu'un élève doit posséder pour réussir dans une filière spécifique. Les algorithmes pour ce tri de fait ne sont pas connus (opacité partiellement levée en 2020). Possibilité de triage social pour les universités selon les lycées de provenance.
– 23 mai : décret autorisant les agences régionales de santé à utiliser les traitements de données à caractère personnel du fichier HOPSYWEB (voir 1994).
– Juillet : loi de programmation militaire. L'ANSSI (Autorité nationale de sécurité des systèmes d'information) peut ordonner à un hébergeur ou un fournisseur d'accès à internet de poser sur le réseau des sondes lui permettant d'analyser tout le trafic pour détecter des attaques informatiques.
– La loi sur le secret des affaires transpose une directive européennes, visant à empêcher les lanceurs d'alerte et journalistes de révéler certaines informations. La notion de secret d'affaires touche toute information connue par un nombre restreint de personnes, ayant une valeur commerciale en raison de son caractère secret et faisant l'objet de mesures particulières de protection.
– 5 septembre : la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » oblige les personnes en recherche d'emploi à déclarer en ligne à Pôle Emploi « l'état d'avancement de leur recherche d'emploi ».
– 17 septembre : décret sur l'extension du nombre d'infractions sujettes à vidéoverbalisation.
– Novembre : création du Comité Stratégique de filière « Industries de sécurité » réunissant l'ensemble des sociétés de la sécurité.
– 22 décembre : la loi fake news permet, pendant les 3 mois précédant un scrutin national, de pouvoir recourir à une action judiciaire en référé (délai de 48 heures) contre une fausse nouvelle qui pourrait « conduire à troubler la paix publique ou la sincérité d'un scrutin ». La notion de fausse nouvelle est très floue : « toute allégation ou imputation d'un fait dépourvue d'éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable constitue une fausse information ».
– 4 500 000 personnes fichées FNAEG (un million de plus que l'année précédente).
– Le TAJ (2011) comprend 18,9 millions de fiches de personnes mises en cause. 7 à 8 millions de photos de face, soit plus d' une personne sur dix en France.
– 7 février : déclaration d'Emmanuel Macron : « Moi je ne veux plus de l'anonymat sur les plateformes internet ».
– Mars : Directive européenne copyright, demandant aux GAFAM de mettre en place des outils de filtrages automatisés, afin de respecter les droits d'auteurs.
– 23 mars : loi de programmation. Amende forfaitaire étendue à de nouveaux délits (usage de stupéfiant). Le gouvernement peut réformer par ordonnance le code de la justice pénale des mineurs. Peines de prisons aménageables rendues possibles dès un an d'emprisonnement (contre deux avant), facilitant ce type de peines. Création de cours criminelles, sans jury populaire, pour juger de certains crimes (crimes punis de 15 à 20 ans), d'abord à titre expérimental, puis généralisées en mars 2021.
– Avril : loi anti-casseurs. Autorisation de fouilles des sacs et véhicules aux abords d'une manifestation. Délit de dissimulation de tout ou partie du visage aux abords d'une manifestation, passible d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Les personnes qui refusent de se soumettre aux fouilles ou palpations de sécurité ne peuvent accéder aux manifestations. L'article sur la détention de fusée d'artifice passible de 45 000 euros et trois ans d'emprisonnement est finalement supprimé. Inscription au FPR (1996) de l'interdiction de manifester. L'interdiction de participer à une manifestation « à toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace de trouble à l'ordre public » est censuré par le Conseil constitutionnel.
– 6 mai : décret permettant le croisement des fichiers FSPRT (Fichier des Signalements pour la Prévention de la Radicalisation à caractère Terroriste, avec le fichier HOPSYWEB (personnes faisant l'objet de soins psychiatriques sans consentement, voir 1994).
– 13 mai : décret ALICEM, une application destinée à équiper les smartphones en permettant aux individus, avec leur consentement, de prouver leur identité sur les réseaux numériques par reconnaissance faciale.
– 16 juin : lancement du SNU (service national universel). Testé dans 13 départements, sur la base du volontariat et d'une durée de deux semaines, il s'adresse aux jeunes de 15-16 ans. Sont prévues : répétition de gestes patriotiques (chants de Marseillaise, levers de drapeaux), développement de gestes d'auto-défenses, parcours d'obstacles. Encadré par des militaires, le SNU semble réhabiliter un mini-service militaire (le service militaire s'est professionnalisé et n'est plus obligatoire depuis 1997). Il est prévu sa généralisation à tous les départements dès 2020, et son caractère obligatoire en 2022-2023. Il s'agit de « promouvoir la notion d'engagement et favoriser un sentiment d'unité nationale autour de valeurs communes ». Lesquelles ? La coloration militaire du SNU est très claire, en tout les cas.
– Juillet : lancement de health data hub, plateforme centralisant l'ensemble des données de santé de la population française à des fins de recherche. Controversé, ce méga-fichier est « mis en pause » début 2022, à l'approche des élections présidentielles.
– Juillet : la police nationale utilise 30 drones.
– Novembre : une mise à jour de Cognitec (2012) le logiciel de reconnaissance faciale du TAJ (2011) permet de traiter des images provenant de vidéosurveillance ou de réseaux sociaux. En 2019, la police a utilisé le fichier TAJ 375 000 fois pour faire de la reconnaissance faciale, soit plus de mille fois par jour. On est loin de l'utilisation seulement en cas de « nécessité absolue » évoquée dans la loi informatique et libertés de 2018.
– 2 décembre : création du CDJM (Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation) sorte de conseil de presse, émettant des avis sur les pratiques journalistiques.
– 27 décembre : loi engagement et proximité. Elle donne de nouvelles prérogatives aux maires Parmi celles-ci, la possibilité d'infliger une amende de 500 euros par jour aux contrevenants au Code de l'urbanisme. Tous ceux qui ont comme résidence principale une yourte, une caravane, un camion, une voiture , une cabane, des « constructions irrégulières » ne respectant pas le code de l'urbanisme local sont concernés.
– 28 décembre : loi de finances autorisant l'administration fiscale et les douanes à surveiller les réseaux sociaux pour y collecter les informations et les faire analyser par leurs algorithmes.
– 4 900 000 fichées FNAEG (10 % de la population française).
– 72 000 personnes en prison en mars (avant des libérations pour cause d'arrivée du coronavirus).
– Augmentation de 50 % du nombres d'inscrits aux fichiers PASP, EASP et GIPASP depuis 2017.
– 20 février : le décret Gendnotes autorise la police à utiliser une application mobile facilitant la collecte de photos et d'informations sensibles (données ethniques, religieuses ou politiques si elles sont jugées « strictement nécessaires ») et leur transfert vers des fichiers extérieurs. Retoqué en 2021, sur le transfert mais pas sur les données recueillies.
– 17 mars : après le discours de Macron « Nous sommes en guerre », décret instaurant un « confinement » jusqu'au 11 mai. Obligation de rester chez soi, avec sorties autorisées uniquement pour certaines raisons (travail, courses, raisons de santé, urgence familiale, activité physique individuelle). Obligation de présenter une attestation, avec amende pour non-présentation (138 euros, 1 500 en cas de récidive sous 15 jours, 3 750 pour une troisième fois avec 6 mois d'emprisonnement possible). Télétravail généralisé. Fermeture des magasins et des entreprises « non essentiels pour la vie de la nation ». Fermeture des écoles, collèges et lycées (jusqu'au 22 juin pour certaines). Utilisation illégale du fichier ADOC (Accès aux dossiers des contraventions) pour verbaliser. Couvre-feu mis en place par certaines municipalités. 23 mars : mise en place de l'Etat d'urgence sanitaire, qui crée les mêmes conditions que l'état d'urgence « classique » (pouvoirs exceptionnels donnés au gouvernement comme la possibilité d'interdire déplacements et réunions), sur des motifs différents (cas « de catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population »).
– 29 mars : décret datajust qui autorise le ministère de la justice à développer un algorithme, chargé d'extraire de manière automatique et d'exploiter les données contenues dans les décisions de justice portant sur l'indemnisation des préjudices corporels dans le but d'élaborer des barèmes. L'intelligence artificielle intervient dans l'élaboration de certaines décisions judiciaires avec cet algorithme. Constatant l'échec du programme (base de données ne fonctionnant pas car incomplète), ce dernier est abandonné en janvier 2022, mais le gouvernement souhaite conserver les données collectées.
– Avril : des drones sont utilisés illégalement par la police pour contrôler le respect du confinement. Un appel d'offre est lancée pour une commande de 650 drones. Reconnus illégaux à 4 reprises (en mai 2020 par le Conseil d'Etat, en décembre 2020 idem, en janvier 2021 par la CNIL puis en mai 2021 par le Conseil constitutionnel).Le gouvernement continue à fermer les yeux sur ces décisions et la police à utiliser des drones.
– 17 avril : le fichier ADOC est élargi à toutes les infractions réprimées par une amende forfaitaire, permettant son utilisation à posteriori dans les contraventions liées au non-respect du confinement.
– 4 mai : d'après les données du ministère de l'Intérieur, 7 aéroports et deux gares utilisent 213 portiques du système de reconnaissance faciale PARAFE (voir 2009).
– 11 mai : loi « prorogeant l'etat d'urgence sanitaire et complétant ses dispositions ». Fin du premier confinement. Etat d'urgence sanitaire prolongé jusqu'en juillet 2020. Mise en quarantaine (personnes susceptibles d'êtres infectées) et isolement (personnes malades) pouvant être prononcées contre des individus par le préfet sur proposition du directeur général de l'agence régionale de santé (ARS), au vu d'un certificat médical, sur une durée de 14 jours renouvelables (un mois maximum). Possibilité pour le premier ministre de réglementer par décrets « les mesures nécessaires ». Deux nouveaux fichiers sont créés pour permettre au gouvernement de mettre en place un système de recensement et de traçage des personnes contaminées. Le fichier SIDEP (service intégré de dépistage et de prévention) centralise les informations sur les tests Covid-19 et le fichier Contact Covid de l'Assurance maladie collecte des données sur les patients et identifie les cas contacts.
– 29 mai : décret permettant le lancement de l'application Stop-covid (rebaptisée Tousanticovid en octobre). Utilisant la technologie bluetooth et basée sur le volontariat, cette application fait de ses utilisateurs des auxiliaires de police dans le traçage mis en place de la population : signalement de personnes infectées ou susceptibles de l'être (« cas-contacts »), mais aussi affichage de données chiffrées mises à jour quotidiennement ou de recommandations en cas de « contact à risque détecté », alerte en cas d'exposition dans un lieu défini. L'application sera étendue à la vérification de validité des documents d'obtention du pass sanitaire. Cette application permet concrètement de faire de tout ce qui le souhaitent des bons soldats dans la « guerre » déclarée.
– 24 juin : la loi Avia contre les contenus haineux sur internet créé la notion floue de « contenus haineux » (basée sur une loi de 1939). « La diffamation ou l'injure commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, [lorsqu'elle] aura eu pour but d'exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants ». La loi fixe un délai de 24 heures aux sites concernés pour censurer ces contenus. Elle fixe également un délai d'une heure pour la censure, en cas de contenus terroristes ou pédopornographiques. Ces dispositions seront censurées, au nom de la liberté d'expression, par le conseil constitutionnel. Reste la création d'un « Observatoire de la haine en ligne » et d'un parquet spécialisé.
– 10 juillet : décret « prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 ». Distanciation d'un mètre (gestes barrières), interdiction de rassemblements au-delà d'un certain nombre, obligation de port du masque dans certains lieux par décisions préfectorales...
– 10 août : loi instaurant des « mesures de sécurité » (très nombreuses obligations contraignantes), pour un an maximum, à l'encontre d'auteurs d'infractions terroristes, à l'issue de leur peines. Texte censuré par le Conseil constitutionnel.
– 6 octobre : la cour de justice de l'UE rend un arrêt qui demande à la France de ne plus imposer une conservation généralisée des données de connexion internet, mais l'autorise lors de régimes d'exceptions. Ces derniers (Etat d'urgence, Etat d'urgence sanitaire) devenant la norme, la portée de l'arrêt de la cour est moindre. La récolte des adresses IP de toute la population continue, mais celles-ci ne pourront plus être utilisées par la police que dans certains cas (terrorisme, criminalité grave).
– 17 octobre : mise en place d'un couvre-feu (entre 21h et 5h) en Ile-de-France et dans huit métropoles dans le cadre de l'État d'urgence sanitaire.
– 22 octobre : couvre-feu étendu à 54 départements.
– 30 octobre : nouveau « confinement » (jusqu'au 15 décembre).
– 16 novembre : publication du Livre blanc de la sécurité intérieure. Parmi les nombreux souhaits pour les années à venir, on trouve pêle-mêle la recherche sur la reconnaissance vocale et d'odeur, les lunettes ou casques augmentés, l'analyse automatisée des réseaux sociaux, toujours plus d'augmentation des pouvoirs de la police municipale et de la sécurité privée. Certains de ces souhaits sont depuis actés (drones, biométrie), voir plus bas. On y apprend aussi que la police possède 235 drones (en toute illégalité).
– 2 décembre : Trois décrets étendent les données pouvant être recueillies dans les fichiers PASP (2009), EASP (2009) et GIPASP (2011). Désormais peuvent y figurer les renseignements suivants : opinions politiques, convictions religieuses, appartenance syndicale, données de santé (notamment psychiatriques), comportements et habitudes de vie, déplacements, pratiques sportives, pratiques sur les réseaux sociaux. Dix ans plus tôt, le fichier EDVIGE avait du être retiré sous les protestations. Ces décrets vont beaucoup plus loin, mais ne rencontrent pas de contestations. Le fichier PASP est étendu aux personnes représentant un danger pour la « sûreté de l'État », notamment pour « les intérêts fondamentaux de la nation », ce qui permet l'utilisation de la reconnaissance faciale. Il est également rendu possible le fichage de « victimes » de personnes fichées dans PASP et GIPASP, de même que sur les enfants se trouvant dans l'entourage des fichés. 60 000 personnes sont inscrites au PASP en 2020. L'EASP compte 220 000 personnes, le GIPASP 67 000. En décembre 2021 le Conseil d'État exige la suppression des données sur les opinions politiques, convictions religieuses et philosophiques. Mais cette annulation peut être annulée si un autre décret est pris dans les quatre mois par le ministère de l'Intérieur, après avis purement consultatif de la CNIL.
– 15 décembre : fin du confinement. Couvre-feu national entre 20h et 6h.
– 24 décembre : loi dite « petite loi de renseignement » qui prolonge de six mois, jusqu'au 31 juillet 2021, les dispositions temporaires prises dans la loin SILT d'octobre 2017. Cette loi SILT inscrivait dans le droit une grande partie des mesures de l'État d'urgence, à titre expérimental et provisoire.
– 29 décembre : loi de finances. Au détour d'un amendement n'ayant fait l'objet d'aucun débat, il est donné aux agents chargés de la fraude à Pôle Emploi la possibilité d'obtenir près des banques, fournisseurs d'énergie, opérateurs de téléphonie toute information nécessaire pour détecter des « situations frauduleuses ».
– 16 janvier : couvre-feu avancé à 18h (jusqu'en mars). Il sera progressivement assoupli, mais durera jusqu'au 20 juin.
– 10 mars : décret Datakalab, du nom d'une entreprise de surveillance via l'intelligence artificielle. Ce décret autorise le recours à des systèmes vidéo « intelligents » pour mesurer le taux de port de masque dans les transports. Auparavant, la société Dakatalab avait participé au déploiement de caméras thermiques, ou détectant les ports de masque, sur des marchés municipaux ou à l'intérieur des gares. Le décret Dakatalab promet que les images récoltées serviront aux statistiques, non aux contraventions. Son logiciel permet de savoir si les masques sont portés, absents ou mal portés.
– 3 avril : nouveau confinement (jusqu'au 3 mai). Fermeture des lieux d'enseignement. Des campagnes de vaccination massives sont mises en place. A partir du 16 avril, pour les plus de 60 ans, puis des plus de 50 ans, enfin à toute la population dès la mi-juin. Aucune sanction n'est annoncée pour ceux qui ne désirent pas être vaccinés.
– 29 avril : adoption au Parlement européen du règlement de censure antiterroriste. Les fournisseurs de service d'hébergement, réseaux sociaux et autres acteurs du numérique doivent retirer dans l'heure tout contenu « à caractère terroriste » (apologie d'actes, encouragement à y participer, instructions ou méthodes fournies). C'est donc une partie du décret Avia, censuré en 2020, qui revient. La notion de « contenu terroriste » étant assez floue, on peut craindre la censure de mouvements de révoltes.
– 25 mai : loi de sécurité globale adoptée en procédure accélérée. Policiers et gendarmes peuvent porter leurs armes de fonctions hors service dans des établissements recevant du public. Accroissement des pouvoirs des polices municipales (pouvoirs de police judiciaire) et des gardes champêtres, création d'une police municipale à Paris. Extension de l'utilisation de la vidéosurveillance aux agents de la police municipale, contrôleurs de la préfecture de police, agents des communes. Extension de l'usage des caméraspiétons (diffusion sur les réseaux sociaux des vidéos, possibilité pour l'agent d'accéder aux images de sa propre caméra-piéton). Transmission des images en temps réel. Utilisation des caméras-piétons élargie aux gardes champêtres. Agents SNCF et RATP autorisés à visionner les caméras. Caméras dans les halls d'immeuble exploitables en temps réel par la police sur simple occupation empêchant la libre circulation. Possibilité pour les agents de sécurité de relever l'identité et l'adresse d'une personne et d'effectuer des palpations de sécurité. Le conseil constitutionnel avait auparavant censuré, le 20 mai, l'utilisation de drones policiers, de caméras dans les hélicoptères, de caméras dans les cellules de garde à vue, le délit de « provocation à l'identification » (qui punissait de un an de prison et 45 000 euros le fait de filmer et diffuser le visage ou tout autre élément d'identification d'un policier gendarme ou policier municipal).
– 31 mai : loi de gestion de la sortie de crise sanitaire. Régime transitoire jusqu'au 30 septembre : limitation possible des déplacements, manifestations, des ouverture d'établissements recevant du public, port du masque dans les transports collectifs. Renforcement du régime de quarantaine et d'isolement. Base juridique pour instaurer un pass sanitaire. Gouvernement habilité à légiférer par ordonnances.
– 1er juin : décret instaurant l'obligation d'un pass sanitaire pour se rendre dans certains lieux. Il s'agit d'un certificat prouvant que la personne titulaire a effectué une vaccination complète (deux doses pour la plupart des vaccins), ou un test PCR ou un test rapide de détection d'antigènes se révélant négatif, ou enfin s'est rétabli d'une infection de covid. Ce pass fonctionne principalement par scan de QR code via un smartphone. Un certificat papier est aussi disponible. Jusqu'au 21 juillet, il concerne les évènements de culture et loisirs accueillant plus de 1 000 personnes.
– 21 juillet : jauge abaissée à 50 personnes pour demande de pass sanitaire.
– 30 juillet : la loi relative à la prévention d'actes de terrorisme et au renseignement pérennise des dispositions prises dans la loi SILT de 2017, qui elle-même inscrivait provisoirement dans la loi certaines mesures phares de l'État d'urgence. Désormais, les périmètres de protection, la fermeture de lieux de culte, les visites domiciliaires et les mesures individuelles de contrôle et de surveillance (MICAS) ne sont plus du domaine du provisoire. Mais la loi va plus loin : fermeture de lieux dépendants de lieux de cultes fermés, « mesure judiciaire de prévention de la récidive terroriste et de réinsertion » (obligation de prise en charge sanitaire, sociale, éducative, psychologique ou psychiatrique). Création, pour les sortants de prison, condamnés pour terrorisme et jugés dangereux d'une « mesure judiciaire de prévention de la récidive terroriste et de réinsertion » (obligation d'exercer une activité professionnelle ou de suivre un enseignement ou une formation professionnelle). Sa durée sera d'un an maximum, renouvelable dans la limite de cinq ans. Cette mesure remplace les « mesures de sûreté » pourtant censurés par le conseil constitutionnel en août 2020. Fichier HOPSYWEB (1994, 2018) de personnes radicalisées consultable par préfet et services de renseignements. De nouvelles mesures sur le renseignement sont prises : pérennisation des boîtes noires (loi renseignement 2015). Cette surveillance algorithmique est étendue aux URL de connexion, possibilité « à titre expérimental » d'intercepter des communications satellitaires, conservation des données de connexion pendant un an, facilitation des échanges d'informations entre les services de renseignements entre eux et avec d'autres services de l'État.
– 2 août : les nouvelles cartes d'identité deviennent biométriques, et contiennent une puce électronique. Parmi les données demandées, les empreintes digitales. Il s'agit d'une transcription française d'un règlement de l'Union Européenne.
– 5 août : loi relative à la gestion de la crise sanitaire. Etat d'urgence sanitaire prorogé jusqu'au 15 novembre. Obligation de présenter un pass sanitaire étendu à de nombreuses activités de la vie quotidienne : bars et restaurants, transports publics (trains, bus, avions) pour les trajets longs, hôpitaux (sauf en cas d'urgence médicale), EHPAD et maisons de retraite pour les accompagnants, les visiteurs et les malades accueillis pour des soins programmés, séminaires, activités de loisirs, foires et salons, centres commerciaux et grands magasins sur décisions préfectorales. Possibilité de suspension du contrat de travail des employés de ces lieux n'ayant pas de pass sanitaire. Des peines lourdes contre les établissements ne demandant pas le pass (fermeture possible et en cas de récidive 1 an de prison et 9000 euros d'amende). Vaccination obligatoire pour les personnes travaillant dans les secteurs sanitaire et médico‑social. En cas de non-vaccination, suspension des personnels. La loi prévoyait initialement que jusqu'au 15 novembre 2021 toutes les personnes dépistées positives au Covid-19 devraient s'isoler automatiquement pendant dix jours. Le Conseil constitutionnel a censuré cet article.
– 24 août : loi sur les séparatismes. Création du délit de séparatisme punissant lourdement 5 ans d'emprisonnement, 75 000 euros d'amende) ceux qui menacent des élus et agents publics menacés dans le but de se soustraire aux règles du service public. Le « délit d'entrave à la fonction d'enseignant » punit d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende l'auteur de menaces et d'entraves. Associations demandant une subvention doivent signer un contrat d'engagement républicain. Le contrôle par l'État des associations sportives et des fédérations sportives est renforcé. Délit de mise en danger de la vie d'autrui par diffusion d'informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle. Il s'agit de bloquer les sites ayant hébergé des « contenus haineux », retour de la loi censurée Avia de juin 2020. Un article « interdit la diffusion d'informations privées si cela est fait dans l'intention de porter atteinte à une personne ou à ses biens » (notion floue). Un nouveau régime de modération des contenus illicites est imposé aux plateformes en lignes avec sanctions financières importantes. La peine en cas de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence commise par un ministre des cultes est portée à cinq ans de prison. L'instruction d'un enfant en famille (IEF) est soumise à autorisation (et non plus à déclaration) et accordée de manière très restreinte (état de santé de l'enfant, itinérance de la famille, pratiques d'activités sportives ou artistiques intenses, « situation » propre à l'enfant et au projet éducatif ) par dérogations. Des contrôles sont prévus dans les familles pratiquant l'IEF.
– 30 septembre : extension des obligations de présenter un pass sanitaire aux adolescents de 12 ans et deux mois à 17 ans.
– 16 octobre : les personnels soumis à l'obligation vaccinale doivent justifier, auprès de leur employeur, d'avoir un schéma vaccinal complet.
– 25 octobre : loi contre le piratage audiovisuel. Hadopi (2009) et CSA fusionnent pour devenir l'ARCOM (Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique) qui a plus de pouvoirs. Etablissement de listes noires des sites de piratages et les rendre publics, blocage de site qui reprendrait totalement ou partiellement un site déjà jugé illégal (sites miroirs), pouvoir d'enquête.
– 10 novembre : loi de vigilance sanitaire. L'Etat d'urgence sanitaire est prolongé jusqu'au 31 juillet 2022. Fichier SIDEP et Contact covid également prolongés jusqu'à la même date. L'Assurance maladie pourra dorénavant contrôler les certificats de contre-indication à la vaccination. L'utilisation de faux pass sanitaires puni de 5 ans de prisons et 75 000 euros d'amende
– 15 décembre : dose de rappel obligatoire pour les plus de 65 ans et les « personnes vulnérables » pour conserver son pass sanitaire
– 4 janvier : Macron déclarer qu'il veut « emmerder les non-vaccinés ». « Ils sont irresponsables, et un irresponsable n'est plus un citoyen ».
– 15 janvier : dose de rappel obligatoire pour obtenir un pass sanitaire étendue aux 18-64 ans.
– 22 janvier : loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire. Le pass sanitaire devient pass vaccinal pour les plus de 16 ans (les adolescents de 12 à 16 ans conservent le pass sanitaire). Seule la vaccination fait office de sésame, désormais. Un double pass (cumul de vaccination et test négatif ) est envisagé dans certains cas. Exception, le pass sanitaire suffit pour les lieux de santé (hôpitaux, EPHAD…). Les contrôles sont plus sévères. En cas de doute sérieux sur l'authenticité du pass, il est possible de demander un document officiel (carte d'identité, carte vitale, permis de conduire). Le fait de détenir un faux pass est passible de trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. Des amendes administratives de 500 euros par salarié pour les entreprises qui ne « respectent pas le protocole sanitaire » (télétravail). 1 000 euros d'amende en cas de prêt de pass, ou de non-contrôle. L'État d'urgence sanitaire (et les confinements et couvre feu qui vont avec) prolongés dans les territoire d'outre mer jusqu'au 31 mars. Les préfectures peuvent utiliser le fichier SIDEP.
– 24 janvier : loi « responsabilité pénale et sécurité intérieure », qui remet au goût du jour les articles censurés par le conseil constitutionnel sur la loi de sécurité globale (mai 2021) : caméras dans les cellules de garde à vue et de retenue douanière. Drones légalisés, après quatre censures différentes (voir avril 2020), utilisables par la police la gendarmerie et les militaires de l'opération sentinelle à des finalités policières (sécurité des rassemblements sur la voie publique en cas de risque de « troubles graves à l'ordre public », prévention des atteintes à la sécurité des personnes ou des actes de terrorisme, la protection des bâtiments et des installations publics) ou judiciaires (pour les nécessités d'une enquête ou d'une instruction portant sur les crimes et certains délits, sur une personne disparue ou en fuite...). Les douaniers pourront aussi s'en servir pour surveiller les zones transfrontalières. Toutes ces possibilités peuvent être obtenues avec le seul aval du préfet, hors cadre juridique. Caméras embarquées dans les voitures des policiers et gendarmes, et sur amendement, des douaniers ainsi qu'à bord des hélicoptères. Délit spécifique de violences volontaires contre les agents chargés de la sécurité intérieure (police nationale, municipale, gendarmerie, surveillants de prisons, militaires opération sentinelle, ainsi que leurs familles), passible de dix ans de prison, sans réduction de peines. La réserve civile de la police nationale est transformée en une réserve opérationnelle. L'irresponsabilité pénale n'est plus retenue lorsque l'abolition temporaire du discernement provient de la consommation, volontaire et dans un temps très voisin de l'action, de substances psychoactives, et dans les mêmes conditions l'atténuation de responsabilité pénale prévue en cas d'altération du discernement disparaît. Délit d'intoxication volontaire punissant une personne ayant absorbé volontairement des produits psychoactifs (drogue, alcool) puis commis meurtre, tortures, actes de barbarie et violences mortelles ou viol. Les sanctions pour délit de refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter sont durcies : jusqu'à sept ans de prison. Les prévenus présentés devant une juridiction pénale incompétente (à cause de l'incertitude sur leur âge) peuvent être « gardés à disposition de la justice ». Le relevé des empreintes digitales peut être effectué de force y compris pour les mineurs. Amende forfaitaire délictuelle étendue aux vols à l'étalage.
– 15 février : le délai pour effectuer la dose supplémentaire est baissé de 7 à 4 mois.
À suivre... (?)
[1] N'ayant pas les moyens de la DGSI, il se peut évidemment que certaines lois soient passées sous nos radars. N'hésitez pas à nous les signaler pour une réimpression de cette brochure. Précisons également que ce recensement s'arrête en février 2022 : le travail demanderait à être actualisé.
[2] Lire Grégoire Chamayou, La société ingouvernable, La fabrique, 2018.
[3] Nos analyses sont développées dans le journal La nouvelle vague, que nous publions régulièrement depuis décembre 2021. Voir en particulier « Réflexions sur l'autoritarisme et l'extrême-droite » (La nouvelle vague n°3)
Brochure éditée le 24 mai 2023 par le collectif Ruptures.
Téléchargeable sur https://collectifruptures.wordpress.com
Pour nous joindre : contact-ruptures@riseup.net
Également disponibles :
– Collectif, C'est à quel moment qu'on arrête d'obéir ? Une série d'entretiens autour de la résistance au pass sanitaire.
– Fabien Lebrun, La colonisation des écrans. La vie mutilée par le numérique.
– Ruptures, Un monde à bout de souffle. Anthologie de La nouvelle vague, tome 1.
Le mercredi 19/08, la cour d'appel de Paris a rendu un avis favorable à l'extradition vers l'Allemagne de notre camarade et ami Gino. Il y risque jusqu'à 10 ans de détention et surtout une extradition vers la Hongrie où la peine sera plus lourde encore. Rassemblons nous devant les tribunaux et les ambassades d'Allemagne et partout collons des affiches, tractons, déployons des banderoles...
Le mercredi 19/08, la cour d'appel de Paris a rendu un avis favorable à l'extradition vers l'Allemagne de notre camarade et ami Gino. Il y risque jusqu'à 10 ans de détention et surtout une extradition vers la Hongrie où la peine sera plus lourde encore.
Ne les laissons pas enfermer notre camarade ! Depuis le début de l'affaire de Budapest, la Hongrie essaie de faire un exemple des militant•es antifascistes, de frapper fort une fois pour imposer la peur. Nous, en retour, nous devons aussi d'être exemplaires dans notre solidarité. Nous devons montrer que derrière Gino, comme derrière Zaid, Maja et les autres, il y a un mouvement large, fort et qui dépasse les frontières, qui soutient chaque camarade et qui ne se laissera pas intimider.
Nous avons peu de temps. Gino a fait appel de la décision de justice. Jusqu'à la décision de la cour de cassation, nous devons multiplier les actions, faire entendre les voix antifascistes contre la répression et pousser pour la libération de nos camarades !
En France, rassemblons nous devant les tribunaux et les ambassades d'Allemagne, en Allemagne devant les ambassades de France, et partout collons des affiches, tractons, déployons des banderoles...
Appel unitaire pour une grande marche contre la loi instaurant la présomption de légitime défense pour les policiers.
Appel unitaire pour une grande marche contre la loi instaurant la présomption de légitime défense pour les policiers.
(attention la date initiale du 19 est décalée au 20 septembre)
SAVE, avec le Comité Justice pour Adama, uni aux familles de victimes de violences et de crimes policiers, syndicats de la justice, associations de défense des droits humains et organisations syndicales, appelle à une grande marche nationale unitaire le 20 septembre 2026 contre la loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.
Derrière son jargon juridique, cette loi n'est rien d'autre qu'un permis de tuer en toute impunité.
Elle légitime une violence qui cible d'abord des vies considérées comme sacrifiables.
Mais une loi qui autorise la police à tirer sans rendre de comptes ne s'arrête jamais à sa première cible. Aujourd'hui les quartiers populaires, demain les manifestant-es, les grévistes et toutes celles et ceux qui défendent leurs droits et leurs libertés.
Tant que son parcours législatif n'est pas achevé, nous pouvons encore l'arrêter. Le 20 septembre, partout en France, unissons-nous et faisons de cette journée une mobilisation massive.
C'est maintenant qu'il faut agir.
du matériel de communication : https://stopauxviolencesdetat.fr/actions/permis-de-tuer/kit
Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d'organisation terroriste internationale.
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en ".org").
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
Texte d'appel à un contre-congrès massif et déter à Orléans (village et manifestation anti-fascistes) et à des réunions publiques partout pour des transports collectifs vers Orléans.
Et résumé de la dernière réunion publique de la plateforme anti-fasciste Ciao Fachos.
PAS DE CONGRÈS POUR LE RN !
Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.
A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi "permis de tuer" pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir. »
Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.
Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l'AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.
Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s'organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l'organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.
Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.
Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche...) pour les accompagner.
Rejoignez-nous !
Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.
PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !
Signataires :
AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d'Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)
Texte alternatif décrivant l'affiche :
Visuel avec gros message "Pas de congrès pour le RN"
On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
Deux pancartes "Orléans 24 - 25/10" et "mobilisations antifa"
Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandis
RÉSUMÉ DE LA RÉUNION PUBLIQUE DU 6 AOÛT DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Une participation massive !
70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d'Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
Et ça début août, une franche réussite qui annonce d'importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)
Préparation inter-orga
Après avoir présenté pourquoi c'est important et vital de s'opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d'où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d'appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.
Continuons à préparer la défaite du RN !
Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser
Coordonnons toutes les échelles locales et globales
Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l'argent pour les financer !
Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s'opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c'est monter en puissance pour s'opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.
Prochaines réunions
Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join
Texte alternatif décrivant le visuel :
Dix-neuvième congrès du RN. Orléans 24 et 25 octobre 2026.
Détournement du visuel du RN, en barrant les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen et en remplaçant "victoire" par "défaite" dans leur slogan, ce qui donne : « Une nouvelle étape vers la défaite de 2027 ! ».
Résumé de la réunion publique du 6 août.
Ciao Fachos.
OUTILS DE COMMUNICATION DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Nous vous invitons vivement à partager ces informations partout, à nous rejoindre et à participer au contre-congrès de multiples manières possibles !
CIAO FACHOS
Appel à actions contre l'industrie minière
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l'importance de ses fondations : les sous-sols.
Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d'Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu'aux fonds marins et l'Antarctique, à la recherche de minerais aux noms insolites (lithium, cobalt, tungstène, beryllium, etc). Des milliardaires, comme Elon Musk pour le plus connu, investissent dans l'aérospatial afin de prospecter des gisements cosmiques. Ici-bas, sur Terre, la démesure du pillage capitaliste et patriarcal approfondit ses ravages. Les mines entraînent guerres , vols, viols, maladies, pollutions et travail de forçat dans les espaces colonisés comme au Congo, en Indonésie ou en Amérique du Sud. À cet impérialisme s'ajoute l'exploitation intra-muros, alors que la vieille Europe recommence à accueillir la voracité minière à bras ouverts. Que ce soit à Jadar en Serbie ou au Portugal avec le site de Covas do Barosso, en passant par le très médiatisé projet Emili au cœur de la France métropolitaine, et… l'Ukraine, les mêmes logiques de sacrifice des territoires et des populations sont à l'œuvre. Ces dernières continuant de subir la dépossession, la répression et la mise au silence. Les pouvoirs d'états à travers l'USGS, le BRGM et autres centres de recherche et les financeurs (Union Européenne, BPI, actionnaires comme Glencore) provoquent ainsi de nouvelles guerres, de nouvelles dévastations, afin de siphonner les matières fossiles et minérales des sous-sols.
La mondialisation de l'extractivisme est en cours mais ses horreurs ne se font pas sans opposition. Des luttes acharnées se mènent en Laponie, au Canada, en Kanaky, au Sahara, en France, en Grèce, en Allemagne, pour conserver l'eau, la terre. Pour survivre. Des projets sont contestés, retardés, certains sont abandonnés. Face à l'ampleur de la dévastation, n'oublions pas notre force collective.
Nous croyons ce système faillible, que sa subversion est possible.
Nous voulons le saper à sa base. Grâce à l'imagination, l'inspiration, l'audace !
Partout où ce message circulera, que ces deux mois (Février-Mars 2027) soient semés d'actions autonomes et diverses contre les entreprises minières et ceux qui collaborent avec elles.
Bien appliquées, de petites forces peuvent devenir de grandes menaces.
Affiche
Ce texte est une chronique satirique qui s'ouvre sur le portrait bucolique de la commune de Lanouée, avant de décrire l'assaut pâtissier mené par Noël Godin et ses acolytes lors d'une convention littéraire. En énumérant le palmarès des personnalités médiatiques entartées par l'« Internationale Pâtissière », l'auteur livre un réquisitoire virulent contre la vanité des intellectuels, immortalisant la réaction de la cible sous la chantilly comme le triomphe d'un humour subversif.
Tiré du texte « Jean-Paul Sartre dévalué » de lapinchien sur la Zone
Lanouée est une commune française située dans le département du Morbihan, en plein cœur du Centre Est Bretagne, à la limite des Côtes-d'Armor, un village rural du canton de Josselin, de 1 700 habitants, très étendu puisqu'en effet, il couvre 4 360 hectares. La commune possède deux frontières naturelles : au nord, sa forêt d'une superficie de 3 800 hectares située sur la commune voisine des Forges et au sud, le canal de Nantes à Brest, creusé dans le lit de la rivière de l'Oust. La commune bénéficie d'une manne touristique tant au niveau du paysage que par son patrimoine unique avec notamment le site de la chapelle de Pomeleuc, son église Saint-Pierre construite entre le XIIe et le XVe siècle, les vestiges de la voie romaine et ses différents manoirs. La richesse lanouéenne, ne nous voilons pas la face, c'est aussi et surtout, le dynamisme associatif, et les différentes animations organisées tout au long de l'année. D'ailleurs, rappelez-vous, il y eut cette convention littéraire phénoménale, à la fin de l'année 2016, dans la salle des fêtes du stade Henri-André.
Noël Godin y débarqua soudain avec ses acolytes. Ils émergeaient de la foule des anonymes et comptaient jouer l'effet de surprise. Armes en main, les comploteurs s'approchaient prestement de l'estrade. Le service d'ordre les avait repérés mais les joyeux lurons jouaient le surnombre. Les agents étaient de fait débordés. C'est au cri de « Gloup ! Gloup ! » que l'ordre de l'assaut fut donné. Beaucoup d'assiégeants furent interceptés et sévèrement molestés, certains furent même violemment plaqués au sol, mais d'autres complices sortaient d'on ne sait où, comme s'ils eussent été le fruit d'une improbable génération spontanée ou qu'un vortex les ait crachés d'autres époques, d'autres dimensions, d'univers parallèles, intarissablement. Un déluge d'entartements s'ensuivit.
À son tableau de chasse, Georges Le Gloupier comptait les têtes de Marguerite Duras, Maurice Béjart, Henri Guillemin, Marco Ferreri, Jean-Luc Godard, Édouard Poullet, Jean Delannoy, Vladimir Volkoff, Alain Bévérini, Patrick Bruel, Jean-Pierre Elkabbach, Hélène Rollès, Philippe Douste-Blazy, Pascal Sevran, Patrick Poivre d'Arvor, Daniel Toscan du Plantier, les prêtres de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, Nicolas Sarkozy, Bill Gates, le public du concours musical Reine Élisabeth, Bernard Landry, Benjamin Castaldi, Jean-Pierre Chevènement, Karel Dillen et Jean-Claude Martinez, Jean Charest, Doc Gynéco et, 7 fois quand même, Bernard-Henri Lévy. Un beau safari à la tarte à la crème dans la savane sauvage et sans pitié des égotiques mégalomanes qui ne se prennent pas pour de la merde et saturent depuis les années 60 la bande passante des mass-médias de leurs discours suffisants, masturbatoires et dédaigneux. La tarte est un attendrisseur d'estime surdimensionnée. Et si le bel esprit est un bijou rare, le mauvais mérite d'être flingué, émaillé, damasquiné et guilloché. La crème permet de ciseler et polir les plus grossiers d'entre eux.
Car tous ces fiéfés coquins, énumérés tantôt, ne cessent d'élever des temples à leur petite personne, d'amener les foules à prier au pied des autels de leur médiocrité narcissique. Et bien entendu, au culte de dulie de ces mécréants et animistes, il fallait que se substitue le culte de latrie. Le seul et unique Dieu à aduler sur terre est la connerie. Créatrice, rédemptrice, législatrice et vengeresse, objet de scandales et de sacrilèges, d'hystérie collective, de massacres de masse et de blasphèmes : concédez-moi la synonymie exclusive des deux termes. Par bien des aspects, tous ces attentats pâtissiers, ces happenings de philosophie appliquée, contenaient de nombreux discours et théories implicites sur des réels segmentaux car, comme tout le monde ne le sait pas, les lois de la physique et de la métaphysique se côtoient et agissent à équité sur nos lamentables quotidiens. D'ailleurs, Newton et Einstein auraient pu être entartés à leur époque. Ils devraient l'être d'ailleurs à titre posthume tant ils étaient obtus et ont conduit nos contemporains à suivre leur trace avec des œillères. Et s'il a échappé par l'abjuration au bûcher, Galilée n'aurait pourtant pas volé une bonne lapidation pâtissière pour être tout autant subversif que terre-à-terre, puisque ces deux comportements ne sont pas antithétiques et peuvent malheureusement se conjuguer. Mais ne mélangeons pas les torchons et les serviettes. En cycle court à 40°, on peut parfaitement le faire, mais pas ici.
Ce soir-là, il n'y avait pas de savonnier dans la salle polyvalente Henri-André. Pas de confusion possible : les Lanouéens n'avaient pas été sélectionnés à l'improviste pour participer à Intervilles, d'ailleurs il n'y avait dans les parages ni vachette, ni la moindre âme qui vive aux Forges. De la crème, des tartes et des chutes en cascade, pourtant. Cette fois, la cible de Noël Godin était Alain Finkielkraut, la vedette de la convention littéraire lanouéenne, qui n'en demeurait pas moins le digne successeur et concurrent de BHL sur le terrain de la philosophie contemporaine de comptoir. Il s'en prenait vraiment plein la gueule et semblait presque suffoquer sous toutes les couches de chantilly qui recouvraient à présent son visage sous les assauts répétés des activistes de l'Internationale Pâtissière. Au « Lève-toi vite, ou je t'écrase la gueule à coups de talon ! » de son auguste prédécesseur, Finkielkraut préféra un renâclement offusqué suivi d'un pitoyable « Gna Gna Gna ! Mais arrêtez, pauvres cons ! » complètement hors de propos.
Un article repris du site reporterre.net, publié le 21 août 2026.
Cinq associations se mobilisent contre le chantier d'une bassine agricole pouvant contenir 40 000 m3 d'eau en Normandie. L'agriculteur à l'origine de cette construction se trouve être aussi le maire de la commune.
Depuis le 14 août, la petite commune de Pierrefitte-en-Cinglais a été placée par la préfecture du Calvados en crise sécheresse, comme tout l'ouest du département. Hasard du calendrier (ou non), Samuel Courvallet, un agriculteur du village, qui en est également le maire (sans étiquette), construit depuis le début de l'été l'une des premières bassines agricoles de Normandie. Si le terme mégabassine serait exagéré, l'ouvrage affiche de belles dimensions et permettra de stocker 40 000 m3 d'eau. Un tel bassin est inédit dans la région.
« On m'a alertée de ce projet de retenue d'eau collinaire, puis nous avons découvert le détail au travers d'un article de presse, explique Aurélie [le prénom a été modifié], paysanne maraîchère dans une commune voisine. Dans le reportage, il est notamment dit qu'il n'y a pas eu de problème de concertation et que ce serait pour arroser des pommiers. En fait, personne n'était au courant et les pommiers sont des arbres qui vivent bien en Normandie, sans besoin particulier d'eau. À l'heure actuelle, des maraîchers sont en train de perdre leur récolte ici ! »
« Infractions majeures urgentes »
L'article de nos confrères d'Ici Normandie, publié en mai, estime l'ouvrage à plusieurs centaines de milliers d'euros (financés à plus de moitié par l'État, via le fonds hydraulique agricole) et donne la parole au producteur, décrit comme « plutôt tranquille », car « son projet ne fait l'objet d'aucun recours ».
C'était avant que cinq associations environnementales [Le Groupement régional des associations de protection de l'environnement, Sauvegarde Ma Suisse Normande, France Nature Environnement Normandie, le Comité régional d'étude pour la protection et l'aménagement de la nature en Normandie et la Ligue pour la protection des oiseaux Normandie.] n'adressent un courrier à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), à l'Office français de la biodiversité, au préfet et au procureur de la République de Caen, questionnant la légalité même du chantier, le 7 août. Le document, que Reporterre a pu consulter, dénonce plusieurs « infractions majeures urgentes » au Code de l'environnement et demande une intervention rapide des services de l'État pour stopper le chantier.
En clair, les volumes des travaux seraient déclarés sous leur taille réelle, échappant ainsi à davantage de contraintes administratives. « Il a tout faux, sa demande est sous-dimensionnée, assure Christian Michel, du Groupement régional des associations de protection de l'environnement. Dans la notice d'incidence du projet, le barrage est notamment annoncé à 10,8 m de haut, cela ne correspond pas au statut demandé de ses travaux. » Contactées, la DDTM et la préfecture n'ont pas donné suite aux sollicitations de Reporterre.
En tant que maire, Samuel Courvallet a signé lui-même le récépissé de déclaration préalable pour son projet, auquel la DDTM ne s'est pas opposée dans le délai réglementaire d'un mois. Ce document serait suffisant si les dimensions prévues étaient respectées, ce qui n'est pas le cas, dénoncent les associations. « Le projet relève d'une autorisation environnementale globale et d'un permis d'aménager d'urbanisme, dont l'exploitant ne dispose pas », affirment-elles dans leur courrier.
La digue construite atteint une dizaine de mètres de hauteur, pour une surface de plan d'eau de 10 000 m2.
Interrogé par Reporterre, notamment sur la notion d'accaparement de l'eau et sur la taille de son chantier, Samuel Courvallet, élu à la tête de la commune en 2020, a simplement répondu par SMS vouloir « répondre à des questions plus pertinentes et avec un intérêt écologique ».
Au-delà des détails techniques du courrier, qui déplore aussi la présence d'une zone humide près du futur bassin ainsi qu'un cours d'eau en contrebas qui seraient alors privés de l'eau des précipitations, cette contestation dénote dans le paysage local par l'alliance des associations mobilisées.
« C'est singulier que, sur ce dossier, nous ayons réussi à mettre tout le monde sur la même démarche, analyse Frédéric Malvaud, administrateur à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Normandie. Si ce chantier va au bout, cela peut ouvrir une espèce de jurisprudence pour les autres agriculteurs qui pourraient prendre l'initiative de construire de tels édifices. » Bien que l'administration ait accusé réception du courrier, les travaux ont pu continuer jusqu'à maintenant, au grand dam des représentants associatifs prêts à passer à l'étape d'après, devant les tribunaux.
« L'esprit de contradiction et de contestation, c'est le sport national français », balaye Jean-Yves Heurtin, président de la chambre d'agriculture du Calvados. Reconnaissant ne pas connaître les détails de la retenue de Pierrefitte-en-Cinglais, l'ancien président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles du Calvados a tout de même précisé que « certains agriculteurs normands se posent la question de stocker les excès [de précipitations] hivernaux, assez légitimement ».
Début avril, le président de la région Normandie, Hervé Morin (Les Centristes) allait plus clairement dans ce sens, appelant, lors du congrès de la FNSEA à Caen, à créer des retenues d'eau dans le territoire. « Certes, 40 000 m3 d'eau cela paraît peu par rapport aux édifices du type Sainte-Soline [plus de 600 000 m3], mais qu'en sera-t-il quand il y a en aura des centaines dans la région ? » questionne Frédéric Malvaud, de la LPO.
LIBEREZ GINO ! FREE ALL ANTIFAS ! Banderole solidaire depuis le week end antifasciste de Montabot
Depuis le week end antifasciste de Montabot et en réponse à l'appel à actions :
Solidarité avec Gino, non à l'extradiction, free all antifas ! :
“Le mercredi 19/08, la cour d'appel de Paris a rendu un avis favorable à l'extradition vers l'Allemagne de notre camarade et ami Gino. Il y risque jusqu'à 10 ans de détention et surtout une extradition vers la Hongrie où la peine sera plus lourde encore.
Ne les laissons pas enfermer notre camarade ! Depuis le début de l'affaire de Budapest, la Hongrie essaie de faire un exemple des militant•es antifascistes, de frapper fort une fois pour imposer la peur. Nous, en retour, nous devons aussi d'être exemplaires dans notre solidarité. Nous devons montrer que derrière Gino, comme derrière Zaid, Maja et les autres, il y a un mouvement large, fort et qui dépasse les frontières, qui soutient chaque camarade et qui ne se laissera pas intimider.
Nous avons peu de temps. Gino a fait appel de la décision de justice. Jusqu'à la décision de la cour de cassation, nous devons multiplier les actions, faire entendre les voix antifascistes contre la répression et pousser pour la libération de nos camarades !
En France, rassemblons nous devant les tribunaux et les ambassades d'Allemagne, en Allemagne devant les ambassades de France, et partout collons des affiches, tractons, déployons des banderoles...
Contre la répression, le solidarité est notre arme !”
Il "fallait participer" aux législatives. Il "faut participer" aux municipales. Il "faudra", plus que jamais, participer aux présidentielles de 2027... On veut partir de cette affirmation : oui, le fascisme serait une horreur. Mais de là, redire : le réformisme, exalté ou résigné, n'est pas compatible avec une lutte contre les formes les plus brutales du capital. On trouve que la ligne anti-électorale est laissée de côté depuis trop longtemps dans les milieux militants et que c'est un problème. Les logiciels de pensée réformistes type « l'extrême-droite ça sera pire/ des gens qui ont moins de privilèges vont en chier DONC on doit appeler à voter » sont trop peu questionnés. Aujourd'hui, on veut s'attaquer à ça, et tout particulièrement à l'appel au vote si souvent défendu par diverses fractions de l'extrême-gauche en période électorale.
publié sur iaata.info le 28 décembre 2025 !!! étonnamment, les n°1, 3 et 4 de "Crève la gauche aussi" sont publiés sur Trognon, mais pas le n°2 !! Cette publication pour rattrapper le manquement..!
D'une façon ou d'une autre, on ne peut pas à la fois s'attaquer aux urnes et propagander pour un candidat en espérant qu'il soit élu. Ces deux lignes sont antagonistes, et si des groupes anti-électoraux commençaient à prendre du poids, tracter contre le vote, bloquer des mairies lors des élections, saccager toutes les permanences de parti et pas seulement celles de la droite, etc.., une fracture très claire se tracerait entre les électoralistes et les autres. Celle-ci se nouerait à deux endroits. D'abord, celui des fins – celles et ceux qui pensent réellement qu'un élu ou un parti de gauche au pouvoir est quelque-chose de désirable. Ensuite celui des moyens - le postulat selon lequel les élections sont un moyen efficace d'influer sur le réel, et qu'il faudrait les investir de façon militante pour lutter contre l'extrême-droite. On va s'attaquer à ces deux points dans ce texte.
On ne s'en prend pas ici au fait de voter Mélenchon en désespoir de cause. Les actions individuelles et atomisées nous paraissent difficiles à critiquer. Dans l'absolu d'ailleurs, on ne critique pas non plus le fait de voter à droite, ou même à l'extrême-droite. Ce serait s'en prendre aux individus et ça nous paraît à côté de la plaque. Les projets de société défendus ne se valent évidemment pas, mais à l'origine de cette polarisation il y a deux point sur lequel les boutiques politiques sont toutes d'accord : le vote comme seule action laissée pour agir sur le monde, et des alternatives proposées seulement sur la façon de gérer le capitalisme. On pense que ces points là sont bien plus importants à critiquer, car tout le reste, dont la situation actuelle, en découlent automatiquement et repetitivement si on ne les démantèle pas. Or, s'attacher à défendre le vote de gauche, revient à encourager l'adhésion à ces points fondamentaux du fonctionnement capitaliste, et donc à remettre d'après nous des pièces dans la machine. On le comprend, mais on veut proposer une mise en perspective différente.
Déjà, un point important à noter, même s'il peut paraître délirant : tous les camps promettent du mieux, à leur façon et par des angles différents, à des prolos dont ils massacrent les vies. Bien évidemment ce mieux n'est pas neutre ou égal : c'est un produit matériel et idéologique des oppressions et de l'exploitation. On ne peut pas vouloir la même chose si on est dirigeant d'entreprise, prolo blanc, meuf racisée de classe moyenne, etc. Pour autant, on ne peut pas réduire les désirs collectifs à une pure position matérielle, et classer les gens moralement selon leurs idéologies. Pas parce que ça ne serait pas "bien", mais parce que dans ces visions, il n'y a pas de changement politique possible. Or en tant que révolutionnaires, on pense évidemment qu'il y en a, et toute la tâche consiste à se demander où, pour savoir où il est intéressant d'appuyer ou de tirer, comme sur un casse-tête géant.
Dans cette optique, il nous paraît intéressant et important de le redire : nous sommes au sein du capitalisme, dans un jeu déjà totalement fermé pour ce qu'on va appeler le prolétariat - c'est à dire la classe qui ne possède pas les leviers de l'organisation économique et politique du réel, et qui est au contraire organisée par celleux qui les possèdent. Au sein de ce jeu, des options différentes sont proposées qui servent à polariser en permanence ce prolétariat dans une configuration qui ne menace pas l'organisation capitaliste de la société. On peut critiquer les gens qui votent de telle façon, ou critiquer certains camps plutôt que d'autres, mais le fait est qu'au sein du fonctionnement normal du réel, ces options sont logiques et inévitables.
Globalement, si on résume a gros traits : la droite fait avancer les intérêts de la bourgeoisie de façon ouverte en s'appuyant sur la petite bourgeoisie (qui fait complètement partie du prolétariat). L'extrême droite essaie de consolider et approfondir cette avancée en période de conflictualité en faisant taper certaines fractions de la classe sur d'autres fractions sous-classées*. C'est la partie de la bourgeoisie qui tombe purement et simplement le masque et demande à des prolos d'adhérer à son projet barbare, à la réalité nue du fonctionnement du capital. Quant à la gauche, elle promet un 'capitalisme juste' un peu comme on promettrait du caca au miel. Certes, c'est mieux sur le papier, mais c'est une option qui est le résultat des postulats au coeur du capitalisme, et qui en profite totalement. Nous, on pense :
Il nous apparait donc qu'en tant que militants révolutionnaires, notre premier travail doit être de réaffirmer des perspectives différentes de celles proposées par le capital. Ca implique de propagander contre le respect des institutions, leur acceptation, le fait de jouer le jeu... Et une des premières étapes là-dedans est de casser l'impuissance contenue dans le clivage bourgeois « droite/gauche » qui maintient le système, et dans le geste du vote, qui ne permet que le choix au sein de ce clivage, produisant tout le reste : attente, pacifisme, délégation de notre pouvoir politique dans la représentativité, etc.
On ne voit pas ce qu'on a à gagner à se faire les supplétifs volontaires de LFI, on pense qu'ils n'ont pas vraiment besoin de nous pour mener leur campagne. Surtout, on qu'on apporte aucune brèche dans les possibles en se réduisant à ça, et que si on lâche nos convictions révolutionnaires à chaque échéance de l'agenda du capital pour se ranger derrière la gauche, on perd notre horizon. D'après nous, si on peut défendre quelque-chose lors de moments aussi éminemment bourgeois que les élections, c'est bien de les dénoncer pour ce qu'elles sont.
Allez, c'est la partie où on commence à taper sur la gauche. Oui, la gauche est une meilleure option que la droite, et oui, elle semble proposer un logiciel un peu différent de ce que la droite et l'extrême droite proposent. Mais il faut voir ce que ça veut dire : en gros, elle est désirable par le fait qu'elle ne représente pas une avancée aussi rapide, puissante et ouvertement brutale du capital. Tout ce qui semble aller plus loin que ça dans ses discours est un leurre pour appâter la.e révolté.e : on veut lui faire miroiter une possibilité de justice sociale au sein de la démocratie et la.e détourner des conclusions anti-républicaines qui s'imposent. Bref en deux mots : c'est de la simple démagogie. Jusque-là, c'est ok. Mais dans le milieu à chaque élection, on se met à défendre la gauche comme si elle ne faisait pas partie du fonctionnement général de tout çaw et ça nous paraît un positionnement dangereux. Car le fait est là : si la gauche va moins vite que la droite, elle y va bien quand même. On rappelle que Mélenchon a été formé chez Mitterrand, dont le programme "de rupture" était bien plus à gauche que celui de la FI. Et que c'est bien le gouvernement socialiste élu en 1981 qui a fait rentrer la France dans le néolibéralisme dont Macron est l'incarnation finale. Ca n'est pas une erreur de parcours, mais la logique normale d'un fonctionnement de parti capitaliste : récupérer diverses fractions de la classe et manipuler leurs intérêts. Le public-cible de la FI étant un amalgame de militant.e.anticapitalistes de tous poils (écolos, antifascistes, antiracistes), de personnes et communautés racisées victimes de l'Etat racial, de progressistes attachés à "l'Etat de gauche" en train d'être démantelé, etc.. bref des personnes qui subissent précisément l'avancée du capital dans la séquence, il est parfaitement logique que sa stratégie pour capter cet électorat potentiel soit l'opposition déclarée au "système". Qu'on se dise que c'est un peu mieux que ce qui nous attend autrement, clairement, mais qu'on se mette à militer pour l'inscription sur les listes électorales et le vote FI, comme s'ils ne faisaient pas partie intégrante du problème, nous parait probématique. Car chaque fois que la gauche est élue, elle fait bel et bien avancer le capital et le pouvoir d'Etat, avec tout ce que ça implique de coercition, de violence économique et répressive, de nationalisme, d'exploitation, de colonialisme, etc... Et on ne voit pas comment on peut faire l'économie de cette réalité au point de la repeindre en quelque-chose de positif.
C'est important de reparler de ça car le même jeu se rejoue chaque fois, comme si on avait pas de mémoire. On se sent trahis quand Mitterrand opère le tournant de la rigueur et instaure les CRA ou que Hollande amène la loi travail et met en place les premières étapes de l'Etat d'urgence permanent (on parle de mesures extrêmement de droite). Puis on regarde ça depuis un point de vue rétropspectif et on se dit : c'était des "faux gens de gauche", et on repart en quête du bon parti, celui qui ne nous trahira pas... bref, de la "vraie gauche". Mais peut-être qu'il s'agirait d'arrêter de chercher et d'accepter que tous ceux-là sont des vrais gens de gauche. Et que la gauche consiste précisément en ça : nous servir des discours plus ou moins anticapitalistes pour être élus et ensuite, comme tout autre parti, gérer le capital. On aurait au moins plus grand chose à attendre d'un Mélenchon, si ce n'est de nous servir ce qu'on veut entendre car sa carrière au chaud, ses avantages et ses 5000 balles mensuels dépendent de l'existence de son électorat. On pourra d'ailleurs s'en convaincre en allant regarder son dialogue récent avec des représentants de diverses fractions du patronat. L'homme qui nous dit "d'abattre la citadelle" y parle explicitement des moyens de reconduire le capitalisme via une restructuration, et surtout pas de le détruire, un discours quand même assez loin de ses envolées oratoires habituelles.**
Or, tant qu'existe un système qui sépare production de la valeur et accaparement de la valeur ; en fait, tant qu'existe un système qui fait de la valeur une sphère spécifique de la société, les violences actuelles contre lesquelles on lutte ne sont pas évitables. Le capitalisme implique le colonialisme, le nationalisme, le racisme systémique, le patriarcat, la violence contre les esprits et les corps, la brutalité salariale sous des formes indéfiniment dégradées (travail delocalisé des enfants, travail dans des mines de coltan pour 1$ par jour), la pauvreté jusqu'à mourir dans la rue... Ce sont ses conditions d'apparition, ses modalités d'application mécaniques, ses produits permanents comme résultat de l'extraction de la plus-value. Qu'on nous fasse croire qu'il est possible d'avoir le capitalisme sans avoir ça est une manipulation totale. Si la gauche institutionnelle ne peut pas nous offrir la réalité qu'on réclame et sur laquelle elle construit son existence politique, elle peut par contre contribuer à l'affaiblissement de la conflictualité dans notre camp, comme on y reviendra plus bas.
On précise quand même que pour nous tout cela n'implique pas une absence de conflits entre Mélenchon et d'autres fractions de la bourgeoisie. Ces divergences sont réelles, car elles sont basées au sein de la classe dominante sur des intérêts matériels différents. L'Etat est l'institution où s'incarnent et se régulent les conflits des différentes fractions de la bourgeoisie nationale : Mélenchon représente ici une vision à moyen terme de maintien du système capitaliste via une (très relative) modification des rapports de force capital-travail, qui entre en conflit avec les intérêts immédiats d'autres fractions de la classe dominante (qui, elles, s'enrichissent à vitesse grand V sur la dynamique actuelle et comptent bien l'accélérer). Pour autant, on ne doit pas être dupe : le fait qu'il soit attaqué par d'autres bourgeois ne fait pas de lui un allié de notre classe.
Pour conclure ce point, on veut poser ça : la gauche, comme la droite, est une part agissante d'un mécanisme contre-révolutionnaire et doit être comprise comme telle. La révolution est le mouvement par lequel les différentes fractions de la classe se nient en tant que telle, abolissant toutes les incarnations du rapport social "producteur-accapareur" qui fonde le capitalisme. Dans le système représentatif, chaque fraction de la classe est au contraire captée électoralement et reproduite en tant que fraction - séparée et antagoniste aux autres, mais "représentée" par une partie de la bourgeoisie. Cette manipulation de nos intérêts ne laisse quasiment aucune option de transformation révolutionnaire : car tant qu'on pense au au sein de la normalité capitaliste, tout le prolétariat ne peut effectivement pas manger le gâteau, étant donné qu il doit s'en partager des miettes. Il est donc nécessaire ou bien qu'il se fasse la guerre, et la bourgeoisie est là pour médier et piloter ça, ou bien qu'une faille suffisante dans la machine qui produit le gateau ait lieu pour rebattre les cartes et penser autrement un reel lui-meme devenu momentanément autre. Cette faille, c'est le saut qualitatif de la lutte contre la bourgeoisie et non plus avec elle ou via elle qui en est l'expression dans la réalité. Dans l'acte de résistance directe à l'Etat ou à la normalité du capital - normalité définie paradoxalement par l'approfondissement permanent de la violence, du rapport d'exploitation, et des oppressions qui le constituent - la classe se reproduit soudain enfin comme prolétariat, c'est-à-dire comme force dont le geste définitoire fondamental est la résistance à mort contre la bourgeoisie. On ne peut pas en faire l'economie, tout simplement parce que cette résistance est spécifiquement le moment par lequel s'opère l'opposition et la négation du capitalisme en acte. Non pas qu'elle aille forcément jusqu'au bout, mais si quoi que ce soit peut avoir lieu, c'est par contre dans son mouvement ; dans son extension, son approfondissement et son immédiateté - au sens d'absence de médiation - toujours renouvelés. La gauche institutionnelle, en faisant comme si on pouvait aboutir à une véritable transformation du réel via les institutions et la légalité, dans le cadre de l'Etat, et en alliance avec le patronat, non seulement nous met dans la tete des conceptions paradoxales merdiques et perverses de"capitalisme anticapitaliste" qui nous empêche de penser, mais nous propose une transformation qui fasse l'economie de la lutte, c'est-à-dire... de la transformation.
Il faut donc l'affirmer : les élections ne sont jamais un événement lors duquel le capital et l'Etat peuvent reculer. C'est au contraire le moment de leur reproduction dans une configuration renouvelée, et ce renouvellement est à son tour un moteur de cette reproduction permanente. Par sa souplesse spécifique, le système démocratique peut faire tenir le capital en périodes de luttes sociales fortes et avancer vers l'autoritarisme quand le rapport de force le permet..
Parlons maintenant de pragmatisme. Qu'on ne croit pas aux urnes, ou à Mélenchon, d'accord. Mais on nous dira que malgré tout, ça n'est pas suffisant, car il ne s'agit pas seulement de ça mais de lutter contre ceux qu'il y a en face comme on peut, et qu'il faut bien faire quelque chose pour s'opposer à Moudenc, Macron, Bardella etc.. Bref à toutes les incarnations de l'axe "centre-droite-extrême-droite" du capital. Et sur ça, on est d'accord. Mais on estime que les urnes ne permettent pas d'empêcher l'arrivée de ces intérêts au pouvoir. En fait, on pense qu'elles sont précisément le moyen de les y amener. Il faut bien le poser : les élections sont un mécanisme par lequel, à environ zéro exception près, les capitalistes arrivent, se maintiennent et se succèdent aux manettes.On ne se leurre pas : ils n'hésitent pas à employer d'autres voies moins "démocratiques" quand il le faut. Mais il semble bien que ces moyens suffisent la plupart du temps puisque les seuls qu'on voit là-haut depuis notre naissance sont au service du capital. On aurait donc tendance à dire qu'il ne s'agit pas d'un levier potentiellement utilisable contre eux, mais bien d'un outil spécifiquement créé sur mesure par et pour eux, avec dès l'origine la reproduction permanente de leur pouvoir comme seule conséquence possible. Avec un deuxième effet kiss cool : empêcher ceux et celles qui se reconnaissent comme leurs opposants d'agir, en les maintenant dans l'(in)action pacifique et institutionnelle. Si on veut aller vers les "fascistes", avec ou sans guillemets, allons-y : Trump a été élu, Méloni a été élue, à l'époque Hitler l'a été : point Godwin atteint mais bon, c'est un fait. Ça leur a donné toute la puissance de la légitimité des urnes. Cette légitimité est donc au coeur du problème, et elle doit à ce titre être contestée politiquement. Or, on participe au contraire à la consolider quand on appelle au vote. On dit « battons-les selon leurs règles », et ça veut dire « ces règles sont acceptables », « ce système, qui peut mettre en place des fascistes, ne doit pas être purement dénoncé, détruit et attaqué, il faut le respecter ». Le piège psur lequel repose cette exhortation est pervers. Elle se base sur la croyance qu'il existe au sein de ce jeu une option gagante pour nous. Le fait qu'on ne l'atteigne jamais, ou que chaque fois qu'on croit que c'est le cas on se rende compte qu'on s'est fait niquer, ne nous pousse étonamment qu'à plus d'adhésion.. On continue ainsi éternellement à jouer selon les règles, voire à appeler les autres à se joindre au jeu.. Et on participe avec toute notre ferveur à la mécanique d'adhésion et de pacification générale.
Car on ne peut pas dire « votons Piquemal » et « niquons tout »/ « grève sauvage »/ « crèvent les capitalistes » dans la même phrase ou le même tract. Ne serait-ce que parce que le but est de convaincre de voter pour notre candidat de circonstances et que ce genre de chose peut le desservir légèrement. De même, on ne peut plus s'attaquer à des élus de gauche : soudain, il y a un bon camp fait de bons bourgeois, et eux il ne faut surtout rien leur faire. Et puis tout le reste suit : on se met à se battre pour le programme, pour les revendications proposées, bref, à défendre et représenter le capital sous une certaine forme. L'un dans l'autre, on a le doigt dans l'engrenage d'une ligne interclassiste et "citoyenne", qui construit l'attentisme en nous balisant le chemin autorisé. Sur cet attentisme, le capital prospère. C'est toujours la même chose : pousser à légitimer un représentant, c'est pousser à adhérer à des idées pacifistes et intitutionnelles, celles qui permettent au capital de garder ou de reprendre la main et de continuer son avancée. Il ne s'agit donc pas seulement, quand on appelle ou défend le vote, de ce qu'on dit aux gens de faire – voter Piquemal, Mélenchon, NFP, etc -, mais de tout ce qu'en filigrane on participe à dire de ne surtout pas faire, à l'unisson de la bourgeoisie : et notamment, arrêter d'adhérer, contester, se révolter, etc.
Soyons clairs : on ne dit pas que ces questions ne sont pas vertigineuses et complexes, que tout ça est pas hyper compliqué et difficile. Nous non plus, on veut pas Moudenc à la mairie en 2026 ni Bardella au pouvoir en 2027.Et on est d'accord qu'individuellement, en désespoir de cause, pourquoi ne pas mettre le bulletin dans l'urne. En fait, on partage l'idée que la période fait peur, et c'est depuis ce constat qu'on parle. Mais justement : depuis des années, le capital avance sauvagement, les espoirs de voir la gauche contrer ça poussent à compter sur autre chose que nos luttes et à légitimer les institutions qui nous écrasent, et tout ça participe à la pacification ambiante sur laquelle se construit la possibilité du fascisme. Le silence des pantoufles, c'est aussi et tout autant le silence des pantoufles de gauche indignées qui appellent à voter. Certes la séquence ne va pas dans notre sens, et certains pourraient dire qu'il ne nous reste que les élections. Mais ce n'est pas parce que le rapport de force ne nous est pas favorable qu'il faut lâcher notre ligne politique. Le basculement vers la lutte de la classe a ceci de particulier qu'il est imprévisible et peut réintervenir d'un coup, en tout temps. Si notre intérêt est quelque-part, c'est dans tout ce qui tend à favoriser cette rupture, sans illusion sur notre force, mais au moins sans tomber dans la réaction pro-démocratie. Les élections, comme tout moment d'approfondissement ou de reproduction du capital au détriment de la classe, doivent être dénoncées et attaquées pour ce qu'elles sont : un moment par et pour la bourgeoisie, sans horizon pour nous.
D'autant plus que les intérêts représentés par la droite et l'extrême-droite du capital ont avancé suffisamment ces dernières années pour commencer à se passer des accords avec la gauche. Au point où on en est aujourd'hui, rien n'indique que les espoirs de modulation de la violence qu'on place dans LFI et qui justifient l'appel au vote soient encore réalistes. On l'a dit, ce n'est pas un jeu qui est fait pour nous permettre de gagner mais seulement pour nous pousser à jouer selon les règles. Potentiellement, si vraiment LFI devait gagner demain, il suffirait aux fractions de la bourgeoisie qui y sont opposées de déclencher le "fascisme" tout pareil que si ça avait été Bardella, ou a minima de garder la droite au pouvoir : on aurait alors seulement été maintenus bien sages le temps que l'opération se fasse. On en a vu un avant-goût lors des dernières élections législatives, et ils ont bien vu aussi qu'on n'avait rien à leur opposer. Une énorme partie de la sphère militante gauchisante a surinvesti le militantisme des urnes, participant à une atmosphère hautement citoyenne, c'est-à-dire à l'encadrement légaliste de la colère et de la peur, à la légitimation des institutions via celle du "bon camp" mélenchoniste, et au désamorçage de toute forme de lutte réelle via la fétichisation du vote martelé comme "LE" geste politique pertinent. Ainsi assuré de ne rencontrer aucune résistance qui échappe à son contrôle et à sa compréhension, le pouvoir a pu, purement et simplement, ignorer les résultats du vote. Pourquoi se priverait-il de faire pareil, surtout si on participe à l'électoralisme ambiant dès qu'une élection s'organise, montrant bien qu'on ne sera pas plus une menace dans un an et demi qu'on ne l'est maintenant ?
Ainsi, en participant à créer une force pour le vote, on participe en même temps à la dilution de toute création d'un réel rapport de force avec le pouvoir. Ce ne sont pas deux choses parallèles et complémentaires, mais bien deux lignes opposées dont l'une se grossit de l'affaiblissement de l'autre. Comme le dit Gramsci : le fascisme arrive quand le masque des dominants tombe, mais que la classe est encore trop peu organisée pour la lutte/ croit encore trop aux options et institutions du capitalisme pour lui opposer une réelle résistance. Nous sommes là-dedans, et il est plus que jamais fondamental de détruire la croyance de gens dans la social-démocratie et dans les possibilités du réformisme. Il faut le marteler partout et plus fort que jamais : on ne va pas dans le bon sens en réempuissantant le mode de pouvoir bourgeois à chaque élection sous prétexte de lutter contre la droite. Croyant "combattre", on participe en fait à l'adhésion au système, même et d'autant plus - paradoxalement - dans les moments où il s'apprête à prendre ses formes les plus brutales, celles qu'on veut absolument éviter.
Nous posons en opposition à ça que la seule chose efficace est la mise en mouvement collective de la classe dans la lutte, et que la nature et les formes de cette lutte sont forcément extra-institutionnelles, hors calendrier bourgeois et extra-légales/allégales puisque dirigées contre les institutions ***. On ne peut évidemment pas déclencher magiquement cette lutte, mais si on doit propagander, que ce soit pour tout ce qui la favorise en poussant à la rupture radicale avec la bourgeoisie. On obtiendra jamais rien en se rabaissant à valider leur système et en se tenant bien sages. Edouard Philippe l'avait d'ailleurs dit devant des étudiants de l'ESSEC peu après les Gilets Jaunes : c'est l'absence de vitalité dans la conflictualité qui a poussé à l'accélération de la brutalité du capital ces dix dernières années*****. Et on le voit partout dans l'histoire : aucune avancée n'arrive magiquement. La gauche n'est souvent que l'agent qui sert à valider légalement ce qui a été pris directement sans la permission de personne, avant que la droite puisse entamer la réaction. Dans cette optique, et sans dire qu'on peut forcément faire grand-chose dans la situation actuelle, il s'agirait au moins de se mettre d'accord sur le fait que l'appel à la participation aux élections est un bâton dans les roues de la révolte, pas ultra utile à deux doigts de Bardella.
Du coup on aurait tendance à dire : si vous voulez voter, votez, mais faites-le comme vous allez au supermarché ou retirez de l'argent : on nous laisse pas énormément d'autres choix, mais ça n'empêche ni les autoréductions, ni le vol, ni les destructions en manif, ni la propagande contre l'accumulation, l'exploitation, et les oppressions. De même, voter individuellement ne doit pas empêcher la lutte politique contre le vote : on ne doit pas être dupes au point d'adhérer et de revendiquer politiquement ce qu'on fait par impuissance.
Notes :
*exploité.e.s non blanc.h.es / non hommes cishet, dont l'exploitation est redoublée par l'oppression. On part du principe que la sexisation et la racisation sont des parties intégrantes, fondamentales de la production et la reproduction du capital, qu'elles en sont même à la matrice, et que l'ordre social de l'exploitation est aussi toujours et par définition un ordre racial et un ordre de genre. Le capitalisme ne nait, et ne se reproduit en permanence dès l'origine, qu'en tant qu'il reproduit aussi une part majoritaire de "déclassés" au sein de la classe, regroupés et catégorisés par des conditions spécifiques de violence et de surexploitation, sans quoi il ne tient ni économiquement, ni socialement, ni politiquement. On dit "sous-classées" car on estime qu'il s'agit de classes au sein de la classe, à cet égard, mais ça ne veut absolument pas dire "minorité".
** https://www.youtube.com/watch?v=gyru0bMxYps
*** et puisque la légalité est l'outil de la bourgeoisie pour la production et la reproduction de sa société d'exploitation
**** https://www.youtube.com/shorts/41DMXUeriTs
Le programme du squat en septembre. RDV au 102 rue de la délivrande à Caen.
Lundi 31 août, 18h : atelier d'autodéfense physique en mixité choisie sans mec cis, selon la météo (annulation en cas de pluie)
Vendredi 4 septembre, 18h30 : assemblée exceptionnelle du 102, notamment pour faire un point juridique sur le rendu qui sera donné par le tribunal judiciaire le 2 septembre
Jeudi 10 septembre, 18h30 : assemblée du 102
Dimanche 13 septembre, à partir de 15h : goûter, vide free-shop de vêtements et lecture/discussion collective autour d'un texte/d'une brochure (plus d'infos à venir)
Jeudi 24 septembre, 18h30 : assemblée du 102
Extrait de la 2e édition de Nature et anarchie (Jack Déjean, 2022)
Il y a une généalogie à faire de la notion d'''écologie''. Ce texte essaie de s'y employer, allant d'Ernst Haeckel le raciste à Bruno Latour l'atterrisseur, en passant par les cybernéticiens et sa star James Lovelock ou encore le GIEC. Le terme même d' « écologie » est ainsi pollué par une pensée de la quantification et de la machine. On est loin de la saine sensibilité envers les milieux de vie, ses plantes, ses animaux, ses paysages et ses odeurs, nous entourant. Au passage, le texte s'emploie à critiquer la notion à la mode de résilience – nouvelle forme de la logique social-darwiniste de l'adaptation.
Ce chapitre, inclus dans la dernière partie intitulée « Face à face avec l'ennemi et ses faux critiques » du livre Nature et anarchie, succède à celui invitant à « se défaire d'une civilisation et de son rapport à la nature », et précède celui critiquant l'écologie politique (« un autre monde de merde est possible, les écologistes le construisent »). Cette partie se termine sur les vertus de l'agir cherchant à se défaire des chaînes énergétiques et technologiques, par l'action directe dans ses diverses formes, dans une perspective révolutionnaire.
brochure à télécharger :
Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1
Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1 avant toute utilisation de cette distribution Linux réputée pour son haut niveau de sécurité et d'anonymat.
La faille permettait au navigateur Tor Browser de gagner les droits admin sur le système, et permettait ainsi à un attaquant de prendre le contrôle total du système d'exploitation et de désanonymiser son utilisateur·ice.
La faille était dans le noyau de Linux depuis mai 2020, cela fait donc 6 ans que ce type d'attaque élaborée est techniquement possible. La version 7.10.1 bouche une autre faille de sécurité. Voir le changelog détaillé sur le blog de Tails.
Article d'origine sur Secours rouge
Quand ?
Le 5 septembre de 16h à 19h
Où ?
La BAM - Bibliothèque Associative de Malakoff 14 Impasse Carnot 92240 Malakoff
Vous êtes les bienvenu.es pour découvrir la bibliothèque ou venir emprunter ou rendre des ouvrages et discuter avec les animateur.ices de la BAM.
Quand ?
Le 19 septembre de 15h à 17h
Où ?
37 bis, rue des 3 Bornes 37 bis, rue des Trois Bornes, 75011, Paris
Rencontre avec les 2 auteurs de la bande dessinée : "Le poulpe noir, une histoire du capitalisme". Le samedi 19 septembre 2026 de 15h00 à 17h00, au 37 bis, rue des 3 Bornes (75011 Paris).
- Une BD qui retrace l'histoire du capitalisme du Moyen Âge à nos jours
- Un équilibre maîtrisé entre rigueur scientifique, vulgarisation et humour
- Un dessin en noir et blanc, d'inspiration franco-belge, qui allie clarté et précision historique
- Un dessinateur à la notoriété montante, illustrateur du récent "Llibertat" (Marabulles, janvier 2026)
Pourquoi le capitalisme domine-t-il le monde ?
A-t-il toujours existé ?
Quels liens entretient-il avec la démocratie, le racisme ?
le patriarcat ou la crise écologique ?
Pour répondre à ces questions, un poulpe érudit entraîne deux adolescents à travers l'histoire du capitalisme, de sa naissance à aujourd'hui. Au fil des pages se croisent de nombreux penseurs et penseuses, parmi lesquels Adam Smith, Karl Polanyi, Silvia Federici, Naomi Klein, Johann Chapoutot ou encore Monique Pinçon-Charlot.
Rythmée par les doutes et les incompréhensions des deux adolescents, cette bande dessinée offre des clés pour comprendre le monde d'aujourd'hui.
À Saint-Denis, élus insoumis, militants associatifs et acteurs des quartiers populaires ont lancé l’Alliance des numéros 10 à quelques mois de la présidentielle. Dans le viseur : l’abstention, particulièrement forte dans les quartiers populaires, et la progression de l’extrême droite. De la Seine-Saint-Denis aux villes populaires du Nord, ses membres cherchent les voix qui pourraient peser sur le scrutin.
The post Présidentielle : l’Alliance des numéros 10 veut réveiller les quartiers populaires appeared first on Bondy Blog.
Le 31 août 1920, à Milan, Turin, et dans le nord de l'Italie, débute un vaste mouvement d'occupation des usines et de mise en place de conseils ouvriers. D'un côté, cette expérience est un moment-clé pour qui s'intéresse aux expériences d'auto-organisation. De l'autre, l'étouffement de ce mouvement ouvrira la porte à la réaction fasciste.
Après la première guerre mondiale se crée en Italie un climat de veille de révolution : les protestations du mouvement antimilitariste, celle liées au chômage alarmant, aux difficultés de la vie quotidienne mais aussi les espoirs suscités par les événements révolutionnaires qui secouaient la Russie, explosent en une succession de grèves et de désordres divers.
Les premiers signaux de mécontentement populaire se manifestèrent à Turin. Le 22 août 1917, spontanément, les travailleurs et travailleuses croisèrent les bras contre la guerre et le patronat ; les anarchistes du quartier de la Barriera di Milano (Turin) furent parmi les principaux protagonistes des émeutes qui éclatent dans toute la ville. Une semaine plus tard, la violente répression de la police (50 morts parmi les grévistes, et plus de 1000 arrestations) met fin aux protestations.
Après les élections de 1919 (gagnées par Francesco Saverio Nitti du Partito Radicale Storico), la grave situation économique du pays explosa en une série innombrable de grèves et d'occupations. Durant les deux années 1919 et 1920, restées dans l'histoire de l'Italie comme le Biennio rosso (les deux années rouges), le pays est secoué par une véritable crise révolutionnaire. Au mois d'août s'amorce un mouvement d'occupation des terres abandonnées (le 24 août, les terres agricoles romaines sont occupées). À Turin, en grande partie grâce au travail des anarchistes (Maurizio Garino, Italo Garinei et Pietro Ferrero), est constitué, au mois de septembre, le premier Conseil d'usine, organisme avec lequel les travailleuses et travailleurs cherchent à prendre le contrôle de la production et à jeter les bases de la révolution prochaine.
Le 30 août 1920, la direction d'Alfa Romeo de Milan annonce la fermeture de l'usine. Spontanément, les ouvriers l'en empêchent en occupant l'établissement et en étendant, avec la participation de près d'un demi-million de travailleuses et travailleurs, un mouvement de protestation et des occupations dans 280 autres établissements de Milan, pour ensuite atteindre le reste de l'Italie. Les occupations se sont concentrées en particulier dans le « triangle industriel » : Milan-Gênes-Turin.
Dans le chef-lieu piémontais, les anarchistes ont joué un rôle de premier plan, reconnu même par des communistes comme Antonio Gramsci, spécialement grâce au travail de Maurizio Garino, Italo Garinei et Pietro Ferrero. Les anarchistes, comme minorité de la CGL (ils et elles furent surtout présent dans le FIOM, syndicat des travailleurs du métal adhérant à la CGL), étaient rassemblé-e-s au sein de l'Unione Anarchica Italiana et l'Unione Sindacale Italiana, syndicats très différents des organisations syndicales ordinaires en mettant l'accent sur l'éducation et l'instruction du salarié-e-s à l'autogestion et à l'abolition de toute hiérarchie. De fait, l'Union Anarchiste Italienne « U.A.I » (forte d'un demi million d'adhérents) lors de son congrès de Bologne (1er au 4 juillet 1920), préconisait la création de « Conseils d'usine ».
Le mouvement prend de l'ampleur début septembre, les patrons sont chassés, l'autogestion se généralise dans les ateliers, mais ne s'étend pas à tout le corps social. En septembre 1920, le mouvement d'occupation des usines s'étend à tous les établissements de la métallurgie des principales villes d'Italie : à Rome, Bologne, La Spezia, Gênes et Turin, les occupations se réalisent dans le plus grand enthousiasme. Selon Paolo Spriano :
Entre le mercredi 1er septembre et le samedi 4, les ouvriers métallurgistes occupent les établissements de toute la péninsule. A l'exception de la Vénétie-Julienne - où cependant la situation politique est très tendue en raison des premiers affrontements entre fascistes et socialistes et bien que l'on proclame la grève générale à Trieste - et de quelques autres petits centres où les travailleurs obtiennent immédiatement les augmentations demandées et la signature d'un accord sur la base de la plate-forme de la FIOM, l'occupation est totale. Les occupants sont constitués de plus de 400.000 ouvriers. Le chiffre atteindra le demi-million lorsque les personnels d'entreprise non métallurgistes procèderont eux aussi à l'occupation dans quelques villes. [1]
« La commission interne ouvrière, en accord avec les commission interne des techniciens invite tous les ouvriers à rester à leur poste en continuant leur tâche comme par le passé dans un respect mutuel. Ouvriers, montrez que même sans patron vous savez parfaitement faire fonctionner l'usine. » [2]
L'occupation de Turin se caractérise par un effort pour organiser dès les premiers jours un système de gestion ouvrière des usines métallurgiques qui assure la coordination de la production, des échanges et du matériel, ainsi que l'approvisionnement en matières premières. Des conseils d'usine se mettent en place un peu partout à travers le pays. Au niveau national, les anarchistes cherchent à relier, sur la base d'un fédéralisme structuré horizontalement, tous les conseils d'usines, afin d'échapper au contrôle des partis politiques et des syndicats.
L'expérience des conseils d'usine donne lieu à de vifs débats au sein mouvement ouvrier sur la fonction que les conseils devraient assumer dans le contexte social, ouvrier et politique.
Se distinguent trois courants de pensée :
Le premier désirait que les conseils soient au sein des syndicats, de façon à détruire leur indépendance.
Le second considérait le conseil comme un organe révolutionnaire amenant à la conquête du pouvoir politique.
Les anarchistes, au contraire voyaient les conseils d'usines comme des corps révolutionnaires, représentants de tous les travailleuses et travailleurs (et pas seulement ceux et celles qui ont payé leur carte du syndicat) et capable, non de conquérir le pouvoir, mais de l'abolir.
[1] Paolo Spriano, L'occupation des usines, Claix, La pensée sauvage, 1978, p. 75.
[2] D'après l'édition piémontaise du 2 septembre de l'Avanti !, le journal du Parti Socialiste Italien.
[3] Le maximalisme, surtout connu comme courant politique au sein du PSI (Parti socialiste italien) représenté en particulier par le Mouvement de l'Ordre Nouveau de Gramsci. Le terme est en particulier utilisé par Bordiga et Gramsci pour renvoyer aux révolutionnaires bolcheviques, la fraction abstentionniste du parti socialiste italien affichant alors son « orientation maximaliste ». Ce terme de « maximalisme » a cependant une histoire plus large, il renvoie au découpage des programmes de la IIe Internationale : le programme « minimum » était le programme du réformisme, d'une série d'améliorations et de réformes qui visaient au long terme à arracher le pouvoir à la bourgeoisie ; le programme « maximum » devait en être le couronnement par la réalisation du socialisme.
La suite de cet article à lire sur paris-luttes.info
Causerie populaire Mercredi 16 Septembre 20H Local La Commune – Crise énergétique et Désastres environnementaux: Peut-on faire confiance à la « transition écologique » et aux solutions technologiques?
L’Hydrogène nous est présenté comme le carburant miracle de la transition écologique : aviation « propre », industrie décarbonée, croissance verte sans renoncer à nos modes de vie… Et si tout cela relevait surtout d’un nouveau récit industriel au service d’intérêts particuliers ? L’hydrogène est-il une solution climatique… ou un nouvel avatar du techno-solutionnisme destiné à sauver le productivisme plutôt que le vivant ? A travers cet exemple de l’Hydrogène se posent quantités de questions sur les choix technologiques et leur validation démocratique.
A l’appui de l’enquête fouillée d’Aline Nippert, journaliste scientifique (« Hydrogène Mania, enquête sur le totem de la croissance verte, Passager Clandestin 2024) sur une pseudo « molécule miracle » l’hydrogène; en s’inspirant de la lecture de l’ouvrage critique « Sans Transition » de Jean-Baptiste Fressoz (historien de l’énergie au CNRS) ; et en se basant sur les théories de l’écologie sociale de Murray Bookchin cette causerie propose:
– une plongée critique dans les coulisses de la nouvelle économie de l’hydrogène : lobbies industriels, stratégie européenne, promesses technologiques, coûts énergétiques, extractivisme, impasses matérielles et illusions de la croissance verte.
– un éveil plus large aux questions énergétiques et aux problèmes environnementaux
– un questionnement sur la capacité des technologies à résoudre les problèmes posés par le capitalisme.
– une proposition politique axée sur la décroissance.
=> Nous aurons une présentation suivie d’un débat ouvert sur les choix énergétiques, le capitalisme vert, la décroissance et les alternatives émancipatrices face à la crise écologique et énergétique actuelle.
https://www.falasociale.org/2026/08/crise-energetique-et-desastres.html