Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d'organisation terroriste internationale.
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
Les 11, 12 et 13 septembre, retrouvons-nous à l'espace activité des Tanneries pour prendre soin du lieu, faire des petits chantiers et nous rencontrer !
Le 11-12-13 septembre, c'est la rentrée à l'Espace Activité des Tanneries ! Retrouve ton espace autogéré préféré pour le PIMP MY TANN ❤️🔥
Un moment pour prendre soin du lieu, faire des petits chantiers, de la déco, de l'aménagement... Mais aussi pour se rencontrer, passer du temps ensemble.
Rdv à 9h30 pour le café, et à 10h faire le point et commencer.
Il y aura un repas vegan le midi, d'ailleurs si t'as envie de faire à manger, dis nous ☺️
Venez nombreuxses, on a besoin de force pour prendre soin de ces lieux si précieux en ces temps difficiles 🫶
C'est quoi l'espace « Activités » des Tanneries ?
Si beaucoup de monde à Dijon est déjà entré dans la salle de concert des Tanneries, il n'est pas rare de rencontrer des personnes qui ignorent tout de la partie Activité.
Elle est située à côté de la salle de concert, et elle est ouverte à différents moments de la semaine.
C'est un lieu d'organisation et d'élaboration politique, qui s'auto-organise loin des subventions, des pressions et des circuits institutionnels.
On y trouve une cuisine, une bibliothèque, un cinéma, une salle pour les enfants, une salle informatique, une salle d'archive,...
Le lieu est ouvert à toutes et tous à différents moments de la semaine, annoncé dans un programme que vous pouvez trouver sur dijoncter dans la chronique « Les Tanneries disent », mais aussi dans différents bars et commerces de Dijon. Habituellement, une présentation/discussion a lieu tous les mercredi à 18h, sur des sujets de lutte très différents les uns des autres, suivie d'un repas et d'une projection.
On a pu y débattre de la lutte armée au Kurdistan avec des combattants kurde, de la répression des travailleuses du sexe avec le STRASS, de l'histoire de la critique des technologies avec François Jarrige, des luttes féministes dans l'Italie des 70's,...Des collectifs militants sont également accueillis dans cet espace lors d'évenement particuliers ou lorsqu'ils ont besoin de se réunir pour s'organiser. Comme les Faucheurs Volontaires, ou le collectif Queer des Beaux-arts de Dijon.
Bien que tout le monde donne de son temps gratuitement, et que le plus de chose possible se bricolent, se récupèrent, s'inventent ; ce lieu a quand même des frais de fonctionnement liés à l'eau, à l'électricité et au chauffage.
D'autant plus que depuis début juillet, la partie activités accueille 80 exilés qui se sont fait expulser du squat XXL début juillet, puis une deuxième fois - dans la plus totale illégalité - de leur nouveau logement rue de Stalingrad.Pour s'organiser, les personnes qui tiennent à cet espace se réunissent tous les troisièmes mercredi de chaque mois. L'assemblée est ouverte à toutes celles et ceux qui veulent proposer une activité.
Extrait de [Après la Boom] Au fait, c'est quoi l'espace Activités des Tanneries ?
Quand ?
Le 16 octobre de 19h30 à 23h30
Où ?
La BAM - Bibliothèque Associative de Malakoff 14 Impasse Carnot 92240 Malakoff
Nicolas Eprendre vous propose de découvrir les liens entre ces deux géographes et anarchistes au travers de leurs échanges et de leurs écrits, illustrés par un choix d'images issues d'archives personnelles, et de quelques extraits de films.
"Rares sont ceux qui ont autant partagé que Pierre Kropotkine (1842-1921) et Élisée Reclus (1830 et 1905) tant ils ont construit, élaboré, travaillé, milité ensemble, au long de la trentaine d'années pendant lesquelles leurs vies se sont entrecroisées. C'est ensemble qu'ils pensent L'Entraide, concept et programme au fondement de leur pensée politique, humaine et sociale."
La soirée sera suivie d'une auberge espagnole où chacun.e pourra apporter des petites choses à grignoter ensemble.
LA COURTE ECHELLE DU 16 08 26
https://radiogalere.org/emission/la-courte-echelle/la-courte-echelle-du-16-08-26
Source : Le Courrier des Balkans - Europe du Sud-Est
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« Les plaies des années 1990 ont été brutalement réouvertes en Bosnie-Herzégovine » après la mort de Ratko Mladić le jeudi 27 août, raconte Le Courrier des Balkans. Car si le général serbe de Bosnie était avant tout le responsable du massacre de Srebrenica (1995) et du siège de la ville de Sarajevo pendant plus de trois ans et demi, le gouvernement de Serbie retient le « héros ».
Sur le même sujet
Le Courrier des Balkans Europe du Sud-Est
Bosnie-Herzégovine : le criminel de guerre Ratko Mladić est mort
Pour rappel, le pays a connu une guerre civile de 1992 à 1995, opposant les partisans d'une Bosnie indépendante et unie, à ceux d'une république sécessionniste des Serbes de Bosnie, constituée sur une base ethnique et soutenue par la Serbie voisine. L'armée de cette « république » était commandée par le général Mladić. Celui-ci a été condamné, après la guerre, pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international.
Malgré cela, le ministre de la Justice de Serbie a aussitôt promis qu'il aurait le droit à des obsèques avec « les honneurs militaires et d'État ». Cette position a ensuite été amplifiée par le président du pays, Aleksandar Vučić, afin « de caresser dans le sens du poil la majorité de son électorat », en pleine campagne pour les élections législatives.
Bien que Le Courrier des Balkans estime que cette promesse ne devrait pas se concrétiser, le média évoque les conséquences bien réelles de cette flatterie à l'égard des nationalistes. En Serbie, « des hommes arborant des t-shirts à l'effigie de Mladić ont tabassé un homme qui protestait contre un meeting de Vučić », tandis que dans plusieurs villes de la République serbe de Bosnie, « les admirateurs du criminel de guerre se sont rassemblés pour lui rendre hommage ». Alors que la stabilité de la république fédérale de Bosnie demeure fragile (elle rassemble de manière très précaire deux entités serbes et une entité bosniaque), le président de la Serbie voisine souffle sur les braises.
Source : Le Ch'ni
Source : Le Nouveau Paradigme
Source : Le Courrier des Balkans - Balkans
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Source : AOC
Payant
Source : Enass - Maroc
Source : HumAngle - Nigeria
Comment traduire vous-même cet articleparu sur Manif’Est le 25 août 2026 | Mise à jour le 27 août |
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l’importance de ses fondations : les sous-sols.
Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d’Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu’aux fonds marins et l’Antarctique, à la recherche de minerais aux noms insolites (lithium, cobalt, tungstène, beryllium, etc). Des milliardaires, comme Elon Musk pour le plus connu, investissent dans l’aérospatial afin de prospecter des gisements cosmiques. Ici-bas, sur Terre, la démesure du pillage capitaliste et patriarcal approfondit ses ravages. Les mines entraînent guerres, vols, viols, maladies, pollutions et travail de forçat dans les espaces colonisés comme au Congo, en Indonésie ou en Amérique du Sud. À cet impérialisme s’ajoute l’exploitation intra-muros, alors que la vieille Europe recommence à accueillir la voracité minière à bras ouverts. Que ce soit à Jadar en Serbie ou au Portugal avec le site de Covas do Barosso, en passant par le très médiatisé projet Emili au cœur de la France métropolitaine, et… l’Ukraine, les mêmes logiques de sacrifice des territoires et des populations sont à l’œuvre. Ces dernières continuant de subir la dépossession, la répression et la mise au silence. Les pouvoirs d’états à travers l’USGS, le BRGM et autres centres de recherche et les financeurs (Union Européenne, BPI, actionnaires comme Glencore) provoquent ainsi de nouvelles guerres, de nouvelles dévastations, afin de siphonner les matières fossiles et minérales des sous-sols.
La mondialisation de l’extractivisme est en cours mais ses horreurs ne se font pas sans oppositions. Des luttes acharnées se mènent en Laponie, au Canada, en Kanaky, au Sahara, en France, en Grèce, en Allemagne, pour conserver l’eau, la terre. Pour survivre. Des projets sont contestés, retardés, certains sont abandonnés. Face à l’ampleur de la dévastation, n’oublions pas notre force collective.
Nous croyons ce système faillible, que sa subversion est possible.
Nous voulons le saper à sa base. Grâce à l’imagination, l’inspiration, l’audace !
Partout où ce message circulera, que ces deux mois (Février-Mars 2027) soient semés d’actions autonomes et diverses contre les entreprises minières et ceux qui collaborent avec elles.
Bien appliquées, de petites forces peuvent devenir de grandes menaces.
Nous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes depuis la Révolution Française, via un axe anarchiste, communiste antiautoritaire, ultragauchiste, autonome, etc..
Son but est de relire l'histoire révolutionnaire non depuis l'angle traditionnel et confus de « la révolution contre les bourgeois/les aristocrates » - qui fait comme si la révolution était un bloc - mais depuis un axe fondamental souvent oublié : celui des divers courants libertaires contre les tendances autoritaires du socialisme.
On regrettera certains défauts importants, qu'il est bon d'avoir en tête en parcourant le bouquin. Notamment le fait que les luttes abordées sont très majoritairement des luttes blanches. Ou que l'angle pris fait souvent la part belle aux figures et organisations militantes officielles - là où il serait intéressant de se concentrer un peu plus sur l'action et l'organisation directes du prolétariat.
Ces points étant dits, ce livre apporte de nombreuses informations historiques importantes, souvent effacées de l'histoire des luttes. Il permet ainsi, de façon méthodique et détaillée, de remettre plusieurs points sur les i concernant la question de l'autoritarisme. C'est une chose qui nous semble plus qu'utile à l'heure où la sociale-démocratie reprend du galon, sous ses divers avatars réformistes et léninistes, menaçant de récupérer les luttes à venir.
Bonne lecture !
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La Brèche et Acip-Asado organisent le 12 septembre un après-midi en solidarité avec Cuba à l'occasion de la projection du documentaire : À l'assaut du ciel — Cuba ou la solidarité anti-impérialiste
15h : ouverture des portes
15h30 : Projection du documentaire
16h45-19h30 : Intervenants et échanges : Victor Dedaj (journaliste et auteur de "Cuba sous embargo), Salim Lamrani (Enseignant chercheur, spécialiste de l'Amérique du sud et de Cuba)
19h30-22h : concert de musique sud américaine, buffet et rencontres avec les associations invitées (Survie, Ligue Panafricaine-Umoja, Zora, JC, et d'autres encore à confirmer)
Lieu : 20 Rue Émile Gueymard dans les locaux du PCF en face de la gare.
Une caisse de solidarité se situant à l'accueil sera reversée à une des campagnes de solidarité avec Cuba. Possibilité de donner des médicaments pour Cuba.
https://www.helloasso.com/associations/resistance-et-solidarite/collectes/une-breche-dans-le-blocus
ACIP-ASADO : Nous développons toutes les formes de solidarité avec les peuples d'Amérique Latine, leurs organisations et leurs projets. Nous contribuons à la diffusion des expressions culturelles populaires et promouvons la défense des droits humains ici et ailleurs. Les manifestations culturelles solidaires d'information, de formation sont nos principaux moyens. Notamment un bulletin d'information, la rencontre annuelle des latinoaméricains (asado), des expositions et des évènements solidaires.
La Brèche est une organisation militante française née d'un projet médiatique — une revue et une chaîne d'analyse politique — avant de structurer progressivement un réseau de cellules locales à travers le pays. Elle se définit à la fois comme un outil d'éducation populaire, destiné à diffuser une lecture critique des rapports sociaux, et comme une organisation politique, engagée dans la formation de militants et la construction de campagnes. Fidèle à une tradition marxiste qui refuse de séparer la théorie de la pratique, elle inscrit son action dans une ambition plus large : contribuer, aux côtés d'autres organisations, à la reconstruction d'un mouvement communiste de masse.
Le film :
En janvier 2026, l'Université de La Havane célèbre le soixantième anniversaire de la Conférence tricontinentale de 1966 — un événement historique qui avait réuni, en pleine Guerre froide, les mouvements de libération d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine autour d'un même objectif : la lutte contre l'impérialisme. Pour marquer cet anniversaire, l'université invite une trentaine de chercheurs venus du monde entier, parmi lesquels le sociologue français Saïd Bouamama, convié à donner une conférence pendant les trois jours de commémoration.
C'est cette invitation qui est à l'origine du film. Dès l'annonce du départ de Saïd, La Brèche constitue une équipe de production, avec l'idée d'accompagner ce voyage pour en garder une trace filmée. Entre octobre et novembre, l'équipe se forme et le scénario s'écrit ; le tournage débute avec le départ pour Cuba.
L'ambition initiale est donc simple : suivre Saïd à La Havane pour ses 60 ans de la Tricontinentale, et documenter à cette occasion la manière dont le peuple cubain, aujourd'hui encore, fait face à l'embargo et aux pressions extérieures.
Une semaine avant le départ, deux événements changent la donne : l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de Cilia Flores, puis l'annonce par le secrétaire d'État américain Marco Rubio qu'une attaque contre l'île pourrait avoir lieu.
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates : impossibilité de tourner dans les hôpitaux, tension palpable, et une atmosphère chez les Cubains très éloignée de leur quotidien habituel.
Face à cette situation imprévue, l'équipe doit s'adapter — et le projet évolue avec elle. Ce qui devait être un film centré sur la conférence s'élargit pour devenir une réflexion plus large sur les mécanismes de l'impérialisme aujourd'hui.
Saïd craignait de trouver, sur place, un simple rassemblement commémoratif — des chercheurs venus se recueillir sur l'héritage de 1966 sans perspective d'avenir. Il découvre au contraire une volonté claire de faire renaître un pôle anti-impérialiste : réunir chercheurs et militants pour tirer les leçons de cette première expérience historique, et réfléchir à la façon dont sa stratégie peut encore éclairer les luttes d'aujourd'hui.
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=uVjHoJmi_sE
Après une relaxe en première instance et un appel dont l'audience s'est tenue au mois de Mai, sera-ce enfin le résultat final du procès en appel de notre camarade ?
RDV mercredi 9 septembre devant le tribunal de Chambéry à 13H.
Ce sera l'occasion de soutenir en direct la lutte et Philippe Delhomme, de rappeler que judiciariser les militant.es s'apparente à une technique de censure de la liberté de parole ! Et aussi l'occasion de chanter notre détermination toujours plus forte ensemble.
Une petite cérémonie surprise nous attend une fois le résultat donné !
Enfin, pour celles et ceux qui le souhaitent, un repas nous attendra quelque part sur le tracé pour clôturer ce moment ! Plus de précisions sur le lieu bientôt 🍰
NO TAV ✊
Prochaine réunion journal Le Semeur le samedi 5 septembre à 16h au local Melaena au 65 rue des rosiers à Caen (arrière cour du magasin Bonnaventure).
Plusieurs personnes ont décidé de lancer une feuille d'agitation nommée « Le semeur contre tous les chef.f.es » sur des bases anarchistes et autonomes, c'est-à-dire d'auto-organisation, d'action directe, d'entraide et de révolte permanente contre toute forme de pouvoir, en vue de diffuser idées et pratiques dans l'espace public.
Une réunion est prévue le samedi 5 septembre à 16h au local Melaena au 65 rue des rosiers à Caen (arrière cour du magasin Bonnaventure).
Bienvenue !
Le 15 juin dernier, 26 organisations ont adressé une lettre ouverte à Mme la Préfète de la Drôme afin d'alerter les autorités sur les graves violations des droits du peuple palestinien et de rappeler les obligations de la France au regard du droit international.
En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et État partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, la France a le devoir d'agir.
Une délégation, représentant les 26 collectifs signataires, sera reçue à la préfecture à 11h30 le MERCREDI 9 SEPTEMBRE 2026.
Rassemblons-nous à cette occasion pour affirmer notre détermination et notre solidarité avec le peuple palestinien et les prisonniers détenus illégalement. Exigeons que notre gouvernement respecte et applique le droit international en prenant des sanctions immédiates à l'encontre de l'État israélien.
Stop au génocide !
Stop à la colonisation !
Stop à l'occupation et à l'apartheid !
Libération des prisonniers palestiniens !
Ci-joints la lettre ouverte adressée à Mme la Préfète de la Drôme
et le tract de l'appel à rassemblement du mercredi 9/9 à 11h30
à diffuser dans tous vos réseaux svp
A bientôt pour une rentrée déterminée et offensive !
contact : jeudipalestine@riseup.net
Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d'organisation terroriste internationale.
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
L'Organisation de Solidarité Trans vous propose tous les 2 mois un temps d'échange pour les proches de personnes trans, co-animé par des bénévoles formé·es et des parents concernés :
Samedi 26 septembre 2026, 10h-12h
Lundi 30 novembre 2026, 18h-20h
Samedi 23 janvier 2027, 14h-16h
A la Maison de la Vie Associative et Citoyenne de Grenoble, 6 rue Berthe de Boissieux
Cette rencontre est à destination des parents, enfants, partenaires ou amis qui veulent en apprendre plus ou ont besoin d'un espace pour échanger, partager leurs ressentis.
Infos pratiques : pour vous inscrire ou pour plus d'informations, vous pouvez contacter l'OST Grenoble par mail à l'adresse ost.grenoble@gmail.com ou alors nous contacter en message privé via instagram (ost.grenoble). Des bénévoles vous accueilleront à l'entrée du bâtiment. Une garderie avec des jeux et des bénévoles formé·es est également prévue.
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en ".org").
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
Quand ?
Le 1 septembre à 18h
Où ?
Bourse du travail Paris (Château d'eau) 3, rue du Château d'eau, 75010, Paris
Réunion en présentiel ou en Visio (lien ici)
Quand ?
Le 9 septembre à 19h30
Où ?
Le Monte en l'Air 2 Rue de la Mare 75020 Paris
Mercredi 9 septembre à 19h30 Catherine Dorion discutera avec Sylvie Tissot de son nouveau livre : "Le courage et la joie. Comment traverser la tempête fasciste sans perdre le nord".
Présentation de l'ouvrage par la maison d'édition :
« Nous ne sommes pas les animaux d'un zoo. Nous avons le choix. Nous ne sommes pas condamnés à la lâcheté. Notre énergie, notre cerveau, notre volonté, tout cela nous appartient. C'est le seul petit empire qui soit vraiment à nous, quand on y pense. Et il se trouve que ce petit empire est précisément ce dont les fascistes ont besoin pour chauffer leur enfer. »
Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l'anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. Car nous n'y pouvons rien, n'est-ce pas ? Pourquoi sommes-nous si désemparés ? Qu'est-ce que résister veut dire quand l'actualité nous dépasse, quand le pouvoir nous emporte dans son emballement ?
Pour répondre à ces questions, Catherine Dorion propose une chronique intimiste de l'année 2025, année de la rupture. Pour tenter d'y voir clair, elle l'entrelace de récits du passé qui témoignent de la vie quotidienne en d'autres temps où, comme aujourd'hui, la démocratie s'est fait prendre à la gorge par l'autoritarisme. Le courage et la joie cherche ainsi dans la vie réelle les amorces de la résistance, les failles par où passe encore et toujours la conscience humaine - et, donc, la lumière.
Quand ?
Du 5 septembre à 18h au 6 septembre à 2h
Où ?
Le Chair de Poule 141, rue Saint-Maur, 75011, Paris
El Hacen Diarra est un travailleur immigré mauritanien de 35 ans habitant au foyer des Mûriers, dans le 20e arrondissement de Paris.
Il meurt en garde à vue durant la nuit du 14 au 15 janvier 2026 après une interpellation violente, filmée par un voisin. Les circonstances de sa mort, l'absence de vidéos des caméras piétons des policiers, le délais de cinq jours avant le lancement d'une enquête de l'IGPN et le maintien en poste des fonctionnaires de police impliqués provoquent une série d'hommages et un questionnement sur d'éventuelles violences policières.
Le Chair de Poule
141, rue Saint Maur
Paris 75011
M° Oberkampf / Parmentier
Quand ?
Le 10 septembre à 19h30
Où ?
Le Monte en l'Air 2 Rue de la Mare 75020 Paris
Jeudi 10 septembre à 19h30, Caroline Knecht présentera son livre "Ainsi la Cour décide", premier titre du nouveau label de littérature "Catabase", dirigé par Sandra Lucbert aux éditions La Découverte. La rencontre sera animée par Zoé Carle.
Le livre propose le démontage d'une institution, la Cour nationale du droit d'asile, et des politiques qu'elle fait exister. Le texte procède par courts chapitres où se mêlent narration et collage.
PAS DE CONGRÈS POUR LE RN !
Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.
A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi "permis de tuer" pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir. »
Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.
Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l'AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.
Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s'organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l'organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.
Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.
Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche...) pour les accompagner.
Rejoignez-nous !
Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.
PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !
Signataires :
AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d'Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)

Texte alternatif décrivant l'affiche :
Visuel avec gros message "Pas de congrès pour le RN"
On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
Deux pancartes "Orléans 24 - 25/10" et "mobilisations antifa"
Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandis
RÉSUMÉ DE LA RÉUNION PUBLIQUE DU 6 AOÛT DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Une participation massive !
70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d'Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
Et ça début août, une franche réussite qui annonce d'importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)
Préparation inter-orga
Après avoir présenté pourquoi c'est important et vital de s'opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d'où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d'appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.
Continuons à préparer la défaite du RN !
Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser
la communication (kit de mobilisation avec argumentaires, tracts, affiches, visuels internet et réunions publiques)
et la logistique (hébergements, récolte d'argent, transports collectifs, modalités de la manifestation du 25/10)
Toute personne membre d'orga ou d'inter-orga peut rejoindre ces groupes en nous contactant !
Coordonnons toutes les échelles locales et globales
Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l'argent pour les financer !
Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s'opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c'est monter en puissance pour s'opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.
Prochaines réunions
Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join

Texte alternatif décrivant le visuel :
Dix-neuvième congrès du RN. Orléans 24 et 25 octobre 2026.
Détournement du visuel du RN, en barrant les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen et en remplaçant "victoire" par "défaite" dans leur slogan, ce qui donne : « Une nouvelle étape vers la défaite de 2027 ! ».
Résumé de la réunion publique du 6 août.
Ciao Fachos.
OUTILS DE COMMUNICATION DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Site internet : https://ciaofachos.noblogs.org
Groupe Signal de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc), aussi utile pour se mettre en contact de manière sécurisée en contactant un.e admin. Lien pour le rejoindre :
https://signal.group/#CjQKIBgEUlNyWfuhem_-VP4M3snoFexoP9-lHUTkwlS_EtTWEhARX1ddFWsDNoqeencBMsPf
Groupe Signal inter-organisations d'entraide et de coordination : rejoignable à la demande par des membres d'organisation
Groupe Signal inter-organisations pour préparer le contre-congrès du RN à Orléans et notamment la manifestation du 25/10 : rejoignable à la demande par des membres d'organisation
Mail : ciaofachos@systemli.org
Liste mail de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc) : besoin de demander à y être ajouté.e.s par mail.
Instagram : @ciao_fachos
Nous vous invitons vivement à partager ces informations partout, à nous rejoindre et à participer au contre-congrès de multiples manières possibles !
CIAO FACHOS
L'association Belledonne a Sa'Voix, en partenariat avec l'Espace Belledonne et la mairie de Détrier, a le plaisir de vous convier au présidio de Détrier dans le cadre des veillées de Belledonne le samedi 19 septembre !
Sur le principe d'un repas, d'une conférence et d'un concert, on vous attend en famille, nombreuses et nombreux à partir de 14h.
Le programme détaillé se trouve juste en dessous !
Réservez votre samedi et faites passer le mot !
De 14h à 23h :
14h - 16h : Ultimate (ou foot !) et Tournoi de Belote ♣️
16h15 - 17h : Visite de la Pépinière 🌳
17h - 18h : Discussion argumentée : la chaîne du chêne, ou combien notre survie est étroitement liée au bon fonctionnement et à la diversité des écosystèmes. Présenté par Matthias Thiery, forestier
18h - 19h : Actualités autour du Lyon Turin et inauguration du présidio ! 🪚
19h : Balade Naturaliste
19h - 20h : Repas 🍽️
20h - 21h30 : Concert de Mafila ko 🎤
21h30 - 23h : DJ Set
Toute l'après-midi :
forum de l'argumentaire et stand Lyon Turin
librairie 📚
crêpes
buvette
On a trop hâte de vous revoir sur ce terrain et d'y faire la fête ensemble !
Pour s'y rendre : pépinière la Devinière, Détrier 73110
Camping sur place possible 🏕️
A vite,
NO TAV ✊

Les populations qui l’ont domestiquée avaient-elles imaginé que leurs découvertes allaient permettre à tant de générations après elles, et dans le monde entier, de survivre à d’importantes famines ou, en périodes fastes, de la déguster de mille et une manières ? Le culte qui lui a été dédié a-t-il aidé ? Dans la mythologie inca, Axomama, « mère de la pomme de terre », préside à sa culture et est fille de Pachamama.
Car il a fallu l’apprivoiser, cette « papa » – de son nom andin – poussant à l’état sauvage dans la région du lac Titicaca. Ses premières traces datent d’il y a plus de 10 000 ans. Faisant partie de la grande famille botanique des solanacées, la pomme de terre contient de la solanine, en particulier dans la peau, ce qui la rend amère et peu digeste. Il y a 2 000 ans, les populations de l’Altiplano ont peu à peu sélectionné et cultivé certains spécimens et développé une technique pour les « désamériser » et les conserver plusieurs mois sous la forme de chuños en les exposant au gel et en les séchant au soleil. Mais n’imaginez pas ces patates comme nos variétés européennes actuelles, lisses et blondes. Les papas d’Amérique, plutôt petites, étaient parfois pleines d’aspérités, encore assez amères, de couleurs violettes, noires, orangées. Elles mûrissaient en jours courts, contrairement à nos pommes de terre actuelles, issues de Solanum tuberosum, variété qui a su s’adapter aux climats européens.
Au Pérou, « la papa est un patrimoine propre à notre culture. Des mythes et légendes ont survécu à l’histoire coloniale », témoignait Alejandro Argumedo pour le Parque de la papa (Parc de la pomme de terre), en 2013. Celui-ci, géré avec les communautés locales, conserve prés de 1 400 variétés autochtones de pommes de terre, contribue au « développement de politiques en faveur des petits agriculteurs » et préserve tout un patrimoine biologique et culturel. Des rituels sont encore associés à la papa, que ce soit pour des moments de l’enfance, pour les mariages ou aux enterrements comme symbole de renouvellement de la vie. « Sous la terre, elle est associée au monde d’en bas, au passé mais aussi à l’avenir », explique Alejandro. La pomme de terre fédère la communauté dans une conception holistique de celle-ci, qui englobe les humains, les montagnes, la faune, la flore, les éléments…
Cette grande considération n’a pas suivi les « morelles tubéreuses » – comme les botanistes l’appelaient alors – dans leur voyage à bord des navires des colons de retour en Europe. Le tubercule, tige souterraine renflée par des réserves d’amidon, a d’abord débarqué en Espagne, vers 1570. Fin XVIe, une autre filière l’introduit également en Europe via l’Angleterre. Elle commence par quelques ratés, comme des tentatives de cuisiner ses fanes ou des essais de pain. On l’appelle en France « truffe » ou encore « cartoufle ». Venu de sous la terre, le légume est associé au diable. En Franche-Comté, en 1620, un arrêté en interdit même la culture, accusant la « truffe » de donner la lèpre. On la donne en pâture aux animaux… et aux prisonniers, notamment en Allemagne.
L’un d’entre eux, le Français Antoine Auguste Parmentier, une fois libéré et plein de gratitude pour cet aliment, obtient de Louis XVI d’en cultiver une parcelle facticement surveillée. Suscitant ainsi l’intérêt, des plants sont dérobés, la culture de la pomme de terre sort de l’enclos et se développe. Il y aurait des nuances à apporter à l’histoire mais l’homme qui donne son nom au célèbre hachis a contribué à éviter un gâchis : celui de passer à côté d’une denrée ayant par la suite permis la survie de milliers de personnes. En France lors de la famine de 1789 par exemple, ou en Irlande, face à l’oppression des propriétaires terriens anglais qui préemptaient toutes les céréales. En 1846, le mildiou, et le manque de diversité dans les variétés ayant raison des récoltes irlandaises, plus de six cent mille personnes périssent. Nombre d’Irlandais migrent aux États-Unis… et y répandent la culture de la pomme de terre.
Aux XVIIIe et XIXe, la patate se développe en Europe, malgré les parasites qui l’attaquent (doryphores, mildiou…). Après-guerre, ses rendements explosent, passant « d’une quinzaine de tonnes à l’hectare à trente ou quarante » (2). Avec l’augmentation du niveau de vie, estampillée « aliment du pauvre », elle perd de sa popularité (178 kg par personne et par an en 1925 contre 60 en 1997) mais un renouveau l’attend, grâce à un « ennoblissement », dû à la mise en valeur de certaines variétés (ratte du Touquet, Charlotte de Noirmoutier…). Aujourd’hui, il existerait environ 5 000 variétés de pommes de terre, dont à peine une dizaine représente l’écrasante majorité de celles qui sont aujourd’hui consommées.
Lucie Aubin
1- Jean-Paul Thorez, « La pomme de terre », dans L’Encyclopédie du potager, éd. Actes Sud, nov. 2003.
2- Interviewé dans « Patati et patata » épisode 1, émission Culture Mondes, France Culture, janvier 2013.
Numéro 220 – Septembre 2026
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…
Numéro 220 – Septembre 2026 – Version PDF
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…
Cet article La patate est apparu en premier sur Le site du journal L'âge de faire.
Source : La Brèche
Source : Dialectik Football
Source : Afrique XXI - Afrique
Source : Visionscarto
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à très vite !
Il faut être clair : la contre-révolution en Russie ne commence pas en 1921. Elle commence avec la prise du pouvoir par les bolcheviks en octobre 1917.
C'est précisément sur ce point qu'une grande partie de la gauche communiste commet une erreur d'analyse. En faisant de 1921, de Kronstadt ou de la mise en place de la NEP [1] le moment de la contre-révolution, elle conserve implicitement une lecture d'un bon bolchevisme et d'un mauvais selon laquelle la révolution bolchevique aurait été authentiquement révolutionnaire pendant plusieurs années avant de dégénérer. Cette lecture est complètement erronée.
Le problème fondamental apparaît dès octobre 1917 : un parti politique s'empare du pouvoir d'État et exerce la dictature sur le prolétariat. Les soviets cessent progressivement d'être conçus comme des organes autonomes de la classe ouvrière pour être intégrés à un appareil d'État dominé par le pouvoir bolchevique, notamment à travers le Comité exécutif central panrusse des Soviets (CEC), qui devient l'organe suprême du pouvoir d'État entre les congrès des Soviets. La question n'est donc pas simplement de savoir si Lénine a commis des erreurs, si la guerre civile a provoqué la militarisation ou si la bureaucratie stalinienne est apparue plus tard. Le problème est structurel : le pouvoir politique est confisqué par un parti qui prétend représenter les travailleurs. C'est là que commence la contre-révolution !
La gauche communiste affirme souvent que la révolution aurait été vaincue progressivement sous l'effet de l'isolement international, de la guerre civile, de la pénurie et de la bureaucratisation. Ces facteurs ont évidemment joué un rôle considérable. Mais les invoquer pour repousser la contre-révolution à 1921 revient à passer à côté de la question fondamentale : une révolution ouvrière peut-elle être considérée comme victorieuse lorsque les travailleurs sont politiquement subordonnés au parti qui prétend parler en leur nom ?
La réponse est bien évidemment non : les soviets sont liquidés de leur liberté de décision et d'action, complètement vidés de leurs fonctions décentralisatrices. La Terreur rouge de 1918 va entraîner la persécution des anarchistes et de toutes les autres tendances politiques opposées au pouvoir bolchevique. La Tchéka devient l'un des principaux instruments de cette répression, avec des arrestations, des exécutions et des internements. Cette politique répressive s'étendra progressivement aux socialistes-révolutionnaires de gauche et à d'autres opposants politiques, jusqu'à l'élimination de toute opposition organisée au pouvoir bolchevique. Dans le même temps, la situation économique se dégrade fortement dès 1918. Voline décrit dans « La Révolution inconnue » l'aggravation des pénuries et la désorganisation de la production, dues à la mauvaise gestion et à la centralisation croissante de l'appareil d'État bolchevique. Les nombreuses entreprises en Russie connaissent des difficultés d'approvisionnement, des pénuries de matières premières et une baisse importante de leur production, ce qui remet fortement en question le déterminisme économique marxiste et montre les limites d'une conception qui réduit les transformations sociales aux seules conditions économiques.
Kronstadt n'est donc pas le commencement de la contre-révolution. Kronstadt révèle brutalement une contre-révolution déjà engagée. La répression des insurgés qui réclamaient notamment davantage de démocratie directe soviétique montre jusqu'où le pouvoir bolchevique était prêt à aller pour préserver son monopole politique.De même, la NEP ne constitue pas à elle seule le moment où la révolution aurait cessé d'être révolutionnaire. Elle représente une nouvelle étape dans une situation déjà profondément transformée en capitalisme d'État.
La différence avec une partie de la gauche communiste est donc fondamentale. Celle-ci peut critiquer Lénine, le parti bolchevique, la répression et la bureaucratisation tout en conservant une périodisation qui fait de 1917 une révolution prolétarienne victorieuse et de 1921 son basculement contre-révolutionnaire. Une position véritablement anti-bolchevique doit aller plus loin : le problème n'est pas que le bolchevisme aurait mal tourné ; le problème est que la prise du pouvoir par le parti bolchevique constitue elle-même une rupture avec l'autonomie révolutionnaire des travailleurs. Il est donc nécessaire, dans cette logique, de rejeter toute figure d'autorité et tout culte du chef, qu'il s'agisse de Lénine ou de tout autre individu prétendant parler au nom du prolétariat. Aucun individu, ne peut se substituer à l'action autonome des travailleurs ni prétendre détenir une vérité révolutionnaire qu'ils devraient suivre. C'est précisément cette prétention à parler au nom du prolétariat, à se présenter comme son représentant exclusif et à imposer une vérité politique venant d'une colonne vertébrale qui doit être rejetée. On peut qualifier cette posture de « populisme ouvrier : elle consiste à reprendre le langage marxiste et les revendications ouvrières pour se présenter comme la seule force capable de résoudre les problèmes du prolétariat, en entretenant une logique de chef sauveur du « peuple » et de vérité politique absolue. Il s'agit donc de rejeter toute conception de la formation révolutionnaire en parti d'avant-garde prétendant représenter le prolétariat. Une telle structure reproduit une séparation entre une minorité chargée de diriger, d'organiser et de décider, et une majorité appelée à suivre et à exécuter. Elle produit une nouvelle couche bureaucratique et reproduit les rapports hiérarchiques propres à la société capitaliste. Or, la révolution sociale ne consiste pas à remplacer une classe dirigeante par une autre : elle vise à abolir les rapports de domination, la hiérarchie et le pouvoir politique lui-même.
La libération des travailleurs ne pourra être que l'œuvre des travailleurs eux-mêmes.
C'est précisément pourquoi octobre 1917, et non seulement 1921, doit être placé au centre de la critique anti-bolchevique de la révolution russe.
ASR
[1] Nouvelle politique économique

Après la sidération, le temps de l'action. En cette rentrée, à la sortie d'un été surchauffé et incendiaire, ils et elles ont décidé de changer leur mode de vie et de s'engager.
À la sortie de cet été des catastrophes, entre vagues de chaleur, sécheresse et incendies, rendus plus fréquents et intenses par le réchauffement climatique d'origine humaine, Reporterre a adressé un appel à témoignages à ses lecteurs et lectrices : êtes-vous en colère et comment avez-vous décidé d'agir ? Nous (…)
À quelques kilomètres de Kyiv, l’ancien palais de Mejgorié expose aux visiteurs le luxe démesuré dans lequel vivait Viktor Ianoukovitch, président prorusse destitué en 2014. Le fruit d’un détournement des richesses publiques dont l’Ukraine n’est toujours pas pleinement sortie.
The post Au musée ukrainien de la corruption, une autruche et John Lennon appeared first on Revue21.fr.
L'éphéméride des luttes du 31 août refuse le service militaire et s'empare des usines, parce qu'elle sait bien que ce sont les ouvriers et les ouvrières qui bâtissent le monde, et notamment les poteaux qui le peuplent.
1794 : A Vaugirard, dans la Plaine de Grenelle, a lieu le pire accident industriel de l'histoire de la France métropolitaine avec l'explosion de la poudrerie, faisant près de 1.400 morts parmi les ouvriers.
1907 : A Amsterdam, fin du congrès anarchiste international, où les débats furent déjà à l'époque largement dédiés à la question du syndicalisme comme outil -ou non- adapté à la révolution sociale, mais aussi à l'antimilitarisme. Une des motions du Congrès : « Par des grèves généralisées à des localités, à des régions, à des professions entières, on soulèvera progressivement la classe ouvrière et on l'entraînera vers la grève générale expropriatrice qui comprendra la destruction de la société actuelle et l'expropriation des moyens de production et des produits. »
1920 : Dans les villes industrielles du nord de l'Italie, un mouvement d'occupation des usines surgit et organise des piquets de grève pour résister aux attaques de la police et des fascistes (qui ne sont pas encore au pouvoir). "Le mouvement prend de l'ampleur début septembre, les patrons sont chassés, l'autogestion se généralise dans les ateliers, mais ne s'étend pas à tout le corps social. Les syndicats réformistes, effrayés par l'ampleur révolutionnaire du mouvement (notamment dans la métallurgie et l'automobile), s'empresseront de signer un accord avec le patronat pour mettre fin au mouvement."
Repris de l'éphéméride anarchiste
1942 : Au Luxembourg, une grève générale se déclenche pour lutter contre le service militaire obligatoire.
1968 : A Carrare en Italie, début du congrès qui donnera naissance à l'Internationale des Fédérations Anarchistes.
1970 : Aux États-Unis, la police arrête le militant du Black Panther Party Wesley Cook, qui prendra par la suite le nom de Mumia Abu-Jamal. Celui-ci est toujours en prison de nos jours, gravement atteint par une maladie qu'il a contracté entre les murs.
1973 : En Irlande du Nord, deux membres de l'IRA sont abattus par l'armée d'occupation britannique.
1980 : En Pologne, après deux semaines de grèves dans tout le pays, le gouvernement se voit contraint de signer les accords de Gdansk, autorisant la création du syndicat Solidarnosc.
1981 : A Ramstein, le commando Sigurd Debus de la Fraction Armée Rouge (RAF) attaque le quartier général de l'US Air Force en Europe.
1994 : En Irlande du Nord, l'"IRA Provisoire" déclare le cessez-le-feu.
1997 : A Paris, un poteau de pont abat la princesse de Galles Lady Diana.
2016 : - A Paujil en Colombie, de lourds affrontements ont lieu entre des manifestant-e-s opposé-e-s à l'exploitation pétrolière et la police, au point que le maire de la ville décrètera un couvre-feu jusqu'au lendemain.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 31 août, histoire de continuer à chiller avant la rentrée.
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme organisation terroriste internationale l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées. A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boîtes mails et de listes de diffusion ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation par la police d'un dispositif de surveillance du serveur, dissimulée par l'entreprise du datacenter du serveur de l'époque.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales et à certains squats a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, en tant qu'automédia issu de la mobilisation contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faire d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux états-unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes et renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Traduit collective de l'anglais du communiqué d'Autistici/Inventati.
Aujourd'hui, nous apprenons que le gouvernememt états-unien vise un petit collectif d'informatique italien, géré bénévolement, par des sanctions disproportionnées comme chacun·e peut le lire dans les déclarations du trésor et de l'état, ainsi que dans l'ordonnance judiciaire associée.
Nous dénions toutes allégations diffusées dans ces déclarations, et nous affirmons fermement notre volonté de fournir une plateforme d'outils d'auto-défense numérique, répondant aux besoins de communication libre d'activistes et autres individus, groupes et organisations.
Nous ne reculerons pas, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis toutes ces années, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations d'une administration politiquement désepérée, avec pour seul but de détourner l'attention publique et médiatique loin de leurs propre violence et bellicisme…
L'antifascisme et l'anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n'est pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour l'humanité.
Collectif Autistici/Inventati – rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.
Restons humain.
Traduction collective de l'anglais de l'article "The server called Paranoia : Defend Autistici/Inventati Before September 25", publié le 27 août 2026 sur sabot media. Il est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur « ce qu'on peut faire » n'est pas forcément pertinente d'un point de vue européen, ce qui explique les différences entre les propositions présentées dans le résumé ci-dessus (écrites depuis le contexte français) et celles ci-dessous.
Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d'embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.
Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.
Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.
Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d'un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l'ont amélioré avec des composants de récup', dont un disque dur extrait de l'ordi du salon d'une personne. Personne n'a de plan formel. Les logiciels sont choisis l'un après l'autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d'expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l'efficacité n'est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu'iels sont en train de construire. Ce jour là, l'un·e des participant·e s'en souvient, iels déclarent : « A/I existe désormais. »
Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist) et l'inscrit sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list).
La distance entre ces deux événements (d'une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l'état techno-sécuritaire états-unien), c'est l'histoire d'un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d'une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d'abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.
Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable. Mais découvrons ensemble ce qu'est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.
Autistici/Inventati n'est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d'une décennie d'organisation de l'autonomie italienne, de radios pirates, de « bulletin-board systems » [NDLT : premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d'expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu'internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés.
Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu'à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l'organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l'espace public.
Des personnes de Bologne et d'ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d'Indymedia Italy, mouture locale d'un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d'espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.
Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L'intention n'était pas de remplacer l'infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L'intention était de multiplier l'infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L'association des collectifs prit légalement le nom d'Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n'avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n'était payé. Ses ressources venaient de dons, d'évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages : l'une technique, l'autre communicante ; l'une tournée vers la machine, l'autre vers le mouvement qui en avait besoin.
La naissance n'a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l'existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d'elle-même.
Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu'avec lui-même.
Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu'il fut décidé d'imprimer l'erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d'A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c'est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n'est pas neutre simplement parce qu'il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d'autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.
Le manifeste du collectif décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu'à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n'a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l'insfrastructure ne signifie pas être l'auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. « Affinité politique » ne signifie pas « contrôle opérationnel ». Offrir à quelqu'un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l'attaque que subit maintenant A/I.
À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s'est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d'A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT : un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d'autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu'il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l'école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l'une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu'exclusivement par les médias institutionnels.
Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n'était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C'était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2 000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d'euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d'A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.
Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l'éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d'expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s'était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.
La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers nommé Zenmai créa un site web parodiant celui de l'entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l'apparence du site web de l'entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d'assauts et d'autres équipements militaires pour l'invasion de l'Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d'excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20 000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.
Trenitalia demanda alors qu'A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l'absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d'intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice… une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu'A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l'ombre, sans qu'iels ne le sâchent.
Le serveur d'A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l'entreprise Aruba à Arezzo [NDLT : ville Italienne à l'est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l'entreprise éteignèrent la machine d'A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d'un an plus tard, par accident.
En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l'Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT : organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d'une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s'est conformé à l'ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n'auraient pas dû être en capacité d'avoir. L'explication était cachée dans une note de bas de page : la police était allé chez Aruba l'année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu'une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d'utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT : la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu'un d'autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s'est passé.
A/I a retiré la machine de chez Aruba, l'a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l'Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.
Le résultat a été le plan R*, lancé en octobre 2005 : un réseau de « communication résistante ». Plutôt que de concentrer les services d'A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d'un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l'intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n'a pas prétendu qu'iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n'existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l'architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.
Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d'infrastructure. La répression est devenue architecture.
La pression n'est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation : Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l'église catholique pour enterrer les cas d'abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l'hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d'accès états-unien déconnecte l'intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d'accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l'accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.
Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d'ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de « Privacy Hero » du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d'un serveur d'A/I à la demande de l'Italie. L'enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l'organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d'une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu'iels n'avaient ni l'identité des utilisateur·ices ni des journaux d'activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c'était vraiment le cas.
Des miliers de comptes ont été copiés au passage.
Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n'ont fourni aucune information utile. L'opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L'enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS : Ten Years of Hacking and Media Activism.
La nouvelle attaque est d'un autre ordre. Le 26 août 2026, le département d'État des États-Unis [NDLT : l'équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l'ordre exécutif 13224. Ce n'est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l'un des systèmes d'exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l'hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroriste par les États-Unis.
La déclaration publique du Trésor états-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l'étranger, mail chiffrés, tchat, visio-conférence et l'infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d'infrastructure utilisée par le PKK [NDLT : Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l'hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d'État va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu'ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d'attaques sur des infrastructures énergétiques, l'hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d'entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan's Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d'un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.
Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.
Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d'un crime ; entre maintien d'une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n'a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d'un endroit où parler, publier et s'organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l'État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.
Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l'OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s'appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n'y résident pas. L'OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu'au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.
Les conséquence pourraient être la perte :
Les entités extérieures aux États-Unis n'ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l'OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d'une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu'une réquisition légale. Il est peu probable qu'une banque, un registrar [NDLT : une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n'en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d'organisations terroristes.
C'est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.
Même si l'ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L'infrastructure d'A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l'ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu'iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d'alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourrait juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu'ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu'un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L'ajout sur la liste produit à lui seul un no man's land de peur.
C'est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l'État même si A/I reste en ligne. Les précedentes attaques tentaient d'atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d'informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s'attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l'infrastructure d'exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l'État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.
C'est l'État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n'a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l'impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d'identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D'autres pourraient fermer des comptes à l'abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.
Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l'architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d'étendre la vérification d'identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l'infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L'État gagne de l'influence, quand bien même il n'obtient pas les données en clair des disques chiffrés d'A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d'informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.
Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l'aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l'hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l'infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s'inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d'outils de communications n'est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.
Tout ça ne signifie pas que l'ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement américain n'a pas pris la peine d'expliquer sa stratégie au delà des accusations dans les annonces. Mais la logique de l'action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l'infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d'institutions précautionneuses. L'incertitude devient un instrument de contrôle. L'objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.
A/I a vu la répression étatique arriver de loin.
Toute son infrastructure part du principe que :
Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux Etats-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d'un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d'expérience de restauration de services en urgence. Il n'a pas d'actionnaires, de siège ou d'employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l'infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l'État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.
Mais ceci n'est pas une simple descente de police.
Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l'argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer les services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.
L'ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :
A/I a déjà survécu à l'isolation technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l'infrastrucrure et de participer à l'environnement technologique plus large, encourrent un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l'architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.
L'ajout sur la liste des organisation terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d'autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, eux, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s'étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.
Mais le 25 septembre n'est pas une date à laquelle disparaitre en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l'histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense de libertés et s'organiser indépendamment contre la criminalisation d'infrastructures de communication résistantes. L'essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l'infrastructure, déployer un miroir publique ou fournir une assistance technique directe devrait s'assurer d'un conseil qualifié à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l'OFAC met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d'accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.
Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.
Racontons l'histoire. Partagons l'histoire d'A/I : les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie Norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu'est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d'hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d'A/I, les documents techniques et juridiques, et l'histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d'auteur et les demandes de suppression. N'accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l'archivage pour la recherche ou la presse n'impliquent pas les mêmes enjeux qu'opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n'importe qui envisageant l'hébergement d'un miroir public devrait d'abord chercher des conseils qualifiés.
Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s'opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l'argent tant que la désignation de terrorisme s'applique sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent chercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.
Écoutons attentivement les réponses publiques d'A/I [NDLT : le blog du collectif est toujours accessible], tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.
A/I a survécu aux tentatives de censures des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L'affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L'affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.
Chaque tentative d'isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n'est pas seulement la survie d'un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s'agit de savoir si maintenir de l'infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.
A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d'une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d'intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d'infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu'ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l'infrastructure d'A/I.
Elle va aussi dépendre de nous.
D'ici au 25 septembre, préservons l'histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l'isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l'État américain discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d'une machine de récup' et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Cela reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.
Ne centralisons pas l'infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.
Le premier serveur s'appelait Paranoia.
Le réseau qu'il a créé s'appelle solidarité.
Télécharge le livre d'A/I, +KAOS, sur l'histoire des travaux du collectif, disponible gratuitement.
Télécharge leur « Media Kit » visuel pour les réseaux sociaux, guides d'archivage, encarts de presse, modèles, et flyers si toi ou ton collectif veut montrer sa solidarité avec A/I ou en savoir plus.
Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et l’hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d’organisation terroriste internationale. À l’heure où cet article est écrit, autistici.org n’est plus joignable. Le collectif A/I est certainement sur le pont pour rétablir les services. Il est probable que des nouvelles seront bientôt publiées sur leur blog. En attendant, une lettre ouverte (en anglais) peut être signée par des personnes morales ou physiques.

Ce 26 août 2026, l’administration des États-Unis d’Amérique a désigné comme organisation terroriste internationale l’association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d’outils des luttes sociales, d’autogestion numérique qui se voient attaquées. A/I, c’est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boîtes mails et de listes de diffusion ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D’ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l’autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d’expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d’autodéfense numérique, s’est poursuivie par l’installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l’argent comme barrière d’entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l’utilisation de leurs services à un critère d’affinité politique. Sous cette condition, la liberté d’expression permise au travers de cette infrastructure n’a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l’égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l’administration états-unienne justifie aujourd’hui la censure de l’intégralité des services d’A/I dans un excès de zèle fasciste qu’on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu’à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l’histoire d’A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l’ironie et l’absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l’affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d’équipements militaires pour l’invasion états-unienne de l’Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l’Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l’installation par la police d’un dispositif de surveillance du serveur, dissimulée par l’entreprise du datacenter du serveur de l’époque.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l’infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d’un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l’Église catholique. Puis en 2010, c’est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de justice italienne, que le plan R* s’est montré efficace pour permettre la survie de l’infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d’une prudence à l’égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l’instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales et à certains squats a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, en tant qu’automédia issu de la mobilisation contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d’innombrables mailing-lists d’émerger et à des dizaines d’ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faire d’autodéfense numérique et les expériences du collectif à d’autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd’hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l’exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d’utiliser ses services et d’apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d’A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d’accusation de terrorisme, à l’encontre d’un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l’attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d’infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l’extension des leviers utilisés par l’administration pour censurer des services (en l’occurence via l’organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d’A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d’expression et l’intégrité de notre vie privée ainsi que l’autonomie nos moyens d’organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux états-unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes et renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l’affaire d’expert·es. Apprenons de l’histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c’est l’affaire de toustes !
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Traduit collective de l’anglais du communiqué d’Autistici/Inventati.
Aujourd’hui, nous apprenons que le gouvernememt états-unien vise un petit collectif d’informatique italien, géré bénévolement, par des sanctions disproportionnées comme chacun·e peut le lire dans les déclarations du trésor et de l’état, ainsi que dans l’ordonnance judiciaire associée.
Nous dénions toutes allégations diffusées dans ces déclarations, et nous affirmons fermement notre volonté de fournir une plateforme d’outils d’auto-défense numérique, répondant aux besoins de communication libre d’activistes et autres individus, groupes et organisations.
Nous ne reculerons pas, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis toutes ces années, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations d’une administration politiquement désepérée, avec pour seul but de détourner l’attention publique et médiatique loin de leurs propre violence et bellicisme…
L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour l’humanité.
Collectif Autistici/Inventati – rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.
Restons humain.
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Traduction collective de l’anglais de l’article The server called Paranoia: Defend Autistici/Inventati Before September 25, publié le 27 août 2026 sur sabot media. Il est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur « ce qu’on peut faire »n’est pas forcément pertinente d’un point de vue européen, ce qui explique les différences entre les propositions présentées dans le résumé ci-dessus (écrites depuis le contexte français) et celles ci-dessous.
Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d’embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.
Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.
Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.
Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d’un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l’ont amélioré avec des composants de récup’, dont un disque dur extrait de l’ordi du salon d’une personne. Personne n’a de plan formel. Les logiciels sont choisis l’un après l’autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d’expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l’efficacité n’est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu’iels sont en train de construire. Ce jour là, l’un·e des participant·e s’en souvient, iels déclarent : « A/I existe désormais. »
Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist) et l’inscrit sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list).
La distance entre ces deux événements (d’une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l’état techno-sécuritaire états-unien), c’est l’histoire d’un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d’une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d’abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.
Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable. Mais découvrons ensemble ce qu’est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.
Autistici/Inventati n’est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d’une décennie d’organisation de l’autonomie italienne, de radios pirates, de « bulletin-board systems » [NDLT: premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d’expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu’internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés.
Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu’à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l’organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l’espace public.
Des personnes de Bologne et d’ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d’Indymedia Italy, mouture locale d’un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d’espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.
Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L’intention n’était pas de remplacer l’infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L’intention était de multiplier l’infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L’association des collectifs prit légalement le nom d’Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n’avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n’était payé. Ses ressources venaient de dons, d’évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages: l’une technique, l’autre communicante ; l’une tournée vers la machine, l’autre vers le mouvement qui en avait besoin.
La naissance n’a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l’existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d’elle-même.
Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu’avec lui-même.
Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu’il fut décidé d’imprimer l’erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d’A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c’est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n’est pas neutre simplement parce qu’il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d’autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.
Le manifeste du collectif décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu’à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n’a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l’insfrastructure ne signifie pas être l’auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. « Affinité politique » ne signifie pas « contrôle opérationnel ». Offrir à quelqu’un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l’attaque que subit maintenant A/I.
À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s’est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d’A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT: un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d’autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu’il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l’école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l’une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu’exclusivement par les médias institutionnels.
Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n’était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C’était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2 000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d’euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d’A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.
Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l’éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d’expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s’était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.
La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers nommé Zenmai créa un site web parodiant celui de l’entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l’apparence du site web de l’entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d’assauts et d’autres équipements militaires pour l’invasion de l’Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d’excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20 000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.
Trenitalia demanda alors qu’A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l’absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d’intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice… une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu’A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l’ombre, sans qu’iels ne le sâchent.
Le serveur d’A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l’entreprise Aruba à Arezzo [NDLT: ville Italienne à l’est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l’entreprise éteignèrent la machine d’A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d’un an plus tard, par accident.
En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l’Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT: organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d’une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s’est conformé à l’ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n’auraient pas dû être en capacité d’avoir. L’explication était cachée dans une note de bas de page: la police était allé chez Aruba l’année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu’une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d’utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT: la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu’un d’autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s’est passé.
A/I a retiré la machine de chez Aruba, l’a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l’Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.
Le résultat a été le plan R*, lancé en octobre 2005 : un réseau de « communication résistante ». Plutôt que de concentrer les services d’A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d’un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l’intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n’a pas prétendu qu’iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n’existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l’architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.
Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d’infrastructure. La répression est devenue architecture.
La pression n’est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation: Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l’église catholique pour enterrer les cas d’abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l’hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d’accès états-unien déconnecte l’intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d’accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l’accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.
Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d’ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de « Privacy Hero » du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d’un serveur d’A/I à la demande de l’Italie. L’enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l’organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d’une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu’iels n’avaient ni l’identité des utilisateur·ices ni des journaux d’activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c’était vraiment le cas.
Des miliers de comptes ont été copiés au passage.
Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n’ont fourni aucune information utile. L’opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L’enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS: Ten Years of Hacking and Media Activism.
La nouvelle attaque est d’un autre ordre. Le 26 août 2026, le département d’État des États-Unis [NDLT: l’équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l’ordre exécutif 13224. Ce n’est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l’un des systèmes d’exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l’hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroriste par les États-Unis.
La déclaration publique du Trésor états-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l’étranger, mail chiffrés, tchat, visio-conférence et l’infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d’infrastructure utilisée par le PKK [NDLT: Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l’hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d’État va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu’ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d’attaques sur des infrastructures énergétiques, l’hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d’entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan’s Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d’un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.
Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.
Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d’un crime ; entre maintien d’une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n’a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d’un endroit où parler, publier et s’organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l’État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.
Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l’OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s’appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n’y résident pas. L’OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu’au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.
Les conséquence pourraient être la perte :
Les entités extérieures aux États-Unis n’ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l’OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d’une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu’une réquisition légale. Il est peu probable qu’une banque, un registrar [NDLT: une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n’en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d’organisations terroristes.
C’est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.
Même si l’ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L’infrastructure d’A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l’ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu’iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d’alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourrait juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu’ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu’un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L’ajout sur la liste produit à lui seul un no man’s land de peur.
C’est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l’État même si A/I reste en ligne. Les précedentes attaques tentaient d’atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d’informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s’attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l’infrastructure d’exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l’État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.
C’est l’État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n’a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l’impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d’identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D’autres pourraient fermer des comptes à l’abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.
Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l’architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d’étendre la vérification d’identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l’infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L’État gagne de l’influence, quand bien même il n’obtient pas les données en clair des disques chiffrés d’A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d’informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.
Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l’aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l’hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l’infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s’inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d’outils de communications n’est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.
Tout ça ne signifie pas que l’ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement américain n’a pas pris la peine d’expliquer sa stratégie au delà des accusations dans les annonces. Mais la logique de l’action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l’infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d’institutions précautionneuses. L’incertitude devient un instrument de contrôle. L’objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.
A/I a vu la répression étatique arriver de loin.
Toute son infrastructure part du principe que :
Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux Etats-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d’un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d’expérience de restauration de services en urgence. Il n’a pas d’actionnaires, de siège ou d’employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l’infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l’État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.
Mais ceci n’est pas une simple descente de police.
Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l’argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer les services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.
L’ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :
A/I a déjà survécu à l’isolation technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l’infrastrucrure et de participer à l’environnement technologique plus large, encourrent un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l’architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.
L’ajout sur la liste des organisation terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d’autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, eux, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s’étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.
Mais le 25 septembre n’est pas une date à laquelle disparaitre en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l’histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense de libertés et s’organiser indépendamment contre la criminalisation d’infrastructures de communication résistantes. L’essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l’infrastructure, déployer un miroir publique ou fournir une assistance technique directe devrait s’assurer d’un conseil qualifié à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l’OFAC met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d’accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.
Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.
Racontons l’histoire. Partagons l’histoire d’A/I: les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie Norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu’est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d’hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d’A/I, les documents techniques et juridiques, et l’histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d’auteur et les demandes de suppression. N’accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l’archivage pour la recherche ou la presse n’impliquent pas les mêmes enjeux qu’opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n’importe qui envisageant l’hébergement d’un miroir public devrait d’abord chercher des conseils qualifiés.
Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s’opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l’argent tant que la désignation de terrorisme s’applique sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent chercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.
Écoutons attentivement les réponses publiques d’A/I [NDLT : le blog du collectif est toujours accessible], tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.
A/I a survécu aux tentatives de censures des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L’affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L’affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.
Chaque tentative d’isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n’est pas seulement la survie d’un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s’agit de savoir si maintenir de l’infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.
A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d’une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d’intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d’infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu’ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l’infrastructure d’A/I.
Elle va aussi dépendre de nous.
D’ici au 25 septembre, préservons l’histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l’isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l’État américain discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d’une machine de récup’ et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Cela reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.
Ne centralisons pas l’infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.
Le premier serveur s’appelait Paranoia.
Le réseau qu’il a créé s’appelle solidarité.
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Télécharge le livre d’A/I, +KAOS, sur l’histoire des travaux du collectif, disponible gratuitement.
Télécharge leur « Media Kit » visuel pour les réseaux sociaux, guides d’archivage, encarts de presse, modèles, et flyers si toi ou ton collectif veut montrer sa solidarité avec A/I ou en savoir plus.
Nedib Sidi Moussa viendra présenter son dernier livre « Le spectre du Colonialisme » paru en avril aux Éditions L’échappée.
Commént la question coloniale influe sur la pensée politique contemporaine, les relation internationales, l’accueil des migrant, le sentiment identitaire et le racisme?
Pourquoi y-a-t’il nécessité de proposer un nouvel internationalisme fondé sur des bases politiques et sociales, débarrassé des errements dogmatiques de certains courant issus des « colonial studies » qui agitent depuis 20 ans les Universités ?
Bloquez la date. Des précisions suivront…
Le Spectre du colonialisme
Nedjib Sidi Moussa
Un spectre hante la France : le spectre du colonialisme.
Depuis au moins deux décennies, les factions idéologisées de la production du savoir, du traitement de l’information et de la conquête du pouvoir ont contribué, au gré des « guerres culturelles », à faire du rapport au passé colonial l’une des problématiques les plus sensibles dans une société fragmentée.
Cette question, souvent perçue à travers le prisme algérien, soulève de nombreux enjeux contemporains, par delà les controverses inhérentes aux cercles intellectuels : de la persistance niée du racisme à l’instrumentalisation de la diversité, en passant par la politisation de la présence musulmane, le tout sur fond de décomposition du vieux mouvement ouvrier et de crise du capitalisme néolibéral.
Au croisement de la science politique, de la sociologie critique et de l’histoire des idées, ce livre aborde ces thématiques avec une approche singulière, qui associe pensée matérialiste et méthode dialectique, à rebours de la fausse conscience ou de la mauvaise conscience qui prévalent dans les débats.
Sans concession à l’idéologie dominante ni à ses fausses alternatives, il invite aussi à examiner d’un regard neuf la trajectoire de figures intellectuelles confrontées à la révolution anticoloniale dans le tiers-monde ou à l’avènement d’une France postcoloniale, à l’instar d’Albert Camus, Guy Debord, Frantz Fanon, Joseph Gabel, Maxime Rodinson, etc., dont la part d’ombre et de lumière résonne avec force dans la conjoncture actuelle.
paru le Vendredi 03 Avril 2026
05/07/26« D’autres regards sur le postcolonial »
Recension du Spectre du colonialisme de Nedjib Sidi Moussa par Faris Lounis dans Mediapart & En attendant Nadeau.
Stimulant et exigeant, « Le Spectre du colonialisme », recueil de textes du politiste et historien Nedjib Sidi Moussa, donne une cohérence internationaliste à ses ouvrages précédents, dépassant les controverses stériles fondées sur la
[…]29/06/26« Non-renouvellement de contractuels dans l’académie de Versailles : une maltraitance institutionnalisée »
Tribune de Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme et du Remplaçant dans Libération.
Enseignant contractuel, Nedjib Sidi Moussa veut attirer l’attention sur la situation de centaines de collègues en CDD, remerciés pour cause de «baisse de besoins». Un plan social qui ne dit pas son nom.
Le symbole est cruel. Une semaine
[…]24/05/26« « La proposition de loi contre l’entrisme islamiste est une étape de plus dans la mise en œuvre d’un projet national-sécuritaire » »
Tribune de Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme, dans Le Monde.
L’examen du travail parlementaire de Bruno Retailleau, élu au Sénat depuis près de vingt-deux ans, révèle les obsessions de la droite réactionnaire, estime l’essayiste Nedjib Sidi Moussa, dans une tribune au « Monde ».
L’adoption, par le
[…]11/05/26« « Surmonter les oppositions binaires Occidental/non Occidental, Blanc/non Blanc, Nord/Sud dans le but d’embrasser l’universalité de notre commune humanité » »
Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme, était l’invité de l’émission « Trous Noirs » sur Radio Libertaire.
Nedjib Sidi Moussa, historien d’origine algérienne, regroupe une vingtaine de textes dans Le spectre du colonialisme, paru récemment aux Éditions L’Échappée. Ils couvrent quatorze années jusqu’à 2025 pendant lesquelles, parallèlement aux
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 20h à la librairie Quilombo (23 rue Voltaire, 75011 Paris).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h30 à la librairie Libre Ère (111 bd de Ménilmontant, 75011 Paris).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h à Solidaire 13, 29 bd Longchamp 13001 Marseille.
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h30 à la librairie Libertalia (12, rue Marcelin-Berthelot 93100 Montreuil).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 16h à la librairie La Flibuste (3 rue Jean Jacques Rousseau, 94120 Fontenay-sous-Bois).
Nedjib Sidi Moussa dédicacera Le Spectre du colonialisme lors du Maghreb des livres, organisé par l’association Coup de soleil, à l’Hôtel de ville de Paris (3, rue de Lobau 75004 Paris).
Dans le cadre des Rencontres libertaires du Poitou, Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme le jeudi 16 juillet à partir de 15h
Les Rencontres du Maquis de l’émancipation invitent Freddy Gomez et Nedjib Sidi Moussa à présenter leurs travaux le mardi 11 août (Le Maquis, Hameau de Bois-bas, 34210 Minerve).
Dans le cadre des 4ème Rencontres d’été révolutionnaires, Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme le dimanche 23 août à partir de 10h.
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h au Au local des Ami·es de May (25 boulevard de la Renaissance, 44600 Saint-Nazaire).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h à la librairie De beaux lendemains (8 Allée Rosa Parks, 93170 Bagnolet).
Diffusion – distribution
Belles Lettres Diffusion Distribution25 rue du Général Leclerc | 92270 Le Kremlin BicêtreTél. 01 45 15 19 70 | Fax. 01 45 15 19 80
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités : faire connaître cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, ...) ; rejoindre la coalition de défense d'A/I en te rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.) contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ; préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes ! Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
S'il faut faire preuve de prudence et de méthode pour limiter les risques, ceux-ci ne sont jamais nuls. Se préparer à ces situations, c'est se donner les moyens de les affronter avec plus d'assurance, de mieux y résister, et d'en sortir renforcé.
La thématique du procès politiques pose de nombreuses questions : des choix tactiques (défense classique, rupture, semi-connivence, etc.) au rôle des différents protagonistes (co-accusé.e.s, avocat.e, camarades, famille…).
Ces questions seront abordées dans cette conférence qui est issue des travaux d'une conférence organisée sur ce sujet à Milan par le Secours rouge international.
Au Sacco-Vanzetti
Jeudi 3 septembre à 19H
Date de début : 2 Septembre
Version anglaise ci-dessous
La saison automne-hiver 2026 est sur le point de commencer ! Voici quelques informations utiles :
Date de début : 2 Septembre
Heure : 19h (ouverture)
Lieu : pour recevoir l'adresse, envoyez un e-mail à larage.project@gmail.com 😃
Sport : boxe anglaise ouverte a tous.tes et à tous les niveaux. Jours : lundi et mercredi
Veuillez consulter attentivement les dates du calendrier ci-joint. Les dates qui n'y figurent pas signifient qu'il n'y a pas de cours ce jour-là.
Coût : prix libre– 5 € recommandés par séance
Tenue : vêtements confortables pour le sport et chaussures de sport (si vous n'en avez pas, nous pouvons vous en prêter)
Équipement : protège-dents et bandages, non nécessaires pour le premier entraînement, mais si vous décidez de continuer, il est préférable d'en avoir.
Gants de boxe : si vous n'en avez pas, vous pouvez emprunter les nôtres, mais pour continuer, il est recommandé d'avoir votre propre paire.
Il n'est pas nécessaire d'avoir de l'expérience. Si vous souhaitez participer à un entraînement, envoyez-nous un e-mail et vous recevrez toutes les informations pratiques !
Nous avons hâte de vous retrouver à LA RAGE BOXING WORKOUTS💥🥊
English version :
The 2026 autumn-winter sports season is about to begin. Here is some useful information :
Start date : 2 September
Time:7 p.m. (doors open)
Location : please send an email to larage.project@gmail.com to receive info and the address :D
Sport : boxing (boxe anglaise) in mixity and open to all levels.
Days : Monday and Wednesday
Please carefully review the dates in the attached calendar. Dates not listed in the calendar indicate that there are no classes on that day.
Cost : free price - recommended €5 per training session.
Outfit : comfortable for sport use, sport shoes (if you don't have sport shoes, we have some shoes to lend)
Gears : mouth guard and bends, for first training is not a problem if you don't have them, but if you decide to continue they are compulsory.
Boxing gloves (if you don't have your own you can borrow ours from us, if you decide to continue it is recommended to buy your personal pair)
No experience is necessary. If you would like to participate in a training session, send us an email and we will send you all the practical information you need !
See you soon at LA RAGE BOXING WORKOUTS ! 💥🥊
Rejoins l'assemblée citoyenne etterbeekoise pour dire NON aux visites domiciliaires !
Notre assemblée citoyenne débutera par une explication du projet de loi et de ce qu'il implique, un état des lieux des prochaines échéances parlementaires et une présentation de la campagne No Ice In Belgium. Nous nous diviserons ensuite en petits groupes de réflexion sur différents aspects de la lutte pour faire émerger des idées, intensifier et structurer la lutte. Pour finir, tous·tes ensemble, nous mettrons en commun ce qui en est ressorti et nous fixerons les prochaines dates.
Merci à l'ASBL Animations et Loisirs pour Tous pour nous accueillir dans ses locaux !
Rejoins la campagne contre les visites domiciliaires et pour des zones refuges !
L'extrême-droitisation de la société se renforce, et avec elle, la violence envers les populations exilées. Collaboration avec le régime des talibans, durcissement du regroupement familial, pressions sur la Cour européenne des droits de l'Homme pour renvoyer des exilé·es vers des pays où iels risquent tortures et mauvais traitements, familles avec enfants à qui l'Arizona refuse l'accueil, projet de visites domiciliaires, et depuis le 17 juin, validation du règlement Retour européen, etc.
Contre les visites domiciliaires, construisons des zones refuges. Nos quartiers, nos maisons, nos lieux de convivialité seront des lieux de protection.
Contact du groupe local d'Etterbeek : getmo.etterbeek@gmail.com
Campagne No Ice In Belgium : https://no-ice-in-belgium.net/
ASSEMBLÉE DES SECTEURS EN LUTTE (COMMUNE COLÈRE + AG INTERPRO)
✊🏽 La colère ne s'éteint pas, on est toustes concerné·es par l'austérité, les attaques contre les services publics, les travailleur·euses avec ou sans emploi, les femmes, les personnes précaires, les malades, les étudiant·es…
✊🏽 retour des secteurs en lutte et comment les soutenir ❤️🔥 notamment l'éducation
📣 ASSEMBLÉE DE LUTTE
🗓 Mardi 1er septembre
🕠 Accueil dès 18h15
📍 La ZOT - Rue Ransfort 27, 1080 Molenbeek
PROGRAMME
⏰ 18h30 : Présentation aux nouvelles·eaux
C'est la première fois que tu viens à une assemblée Commune Colère ? Alors viens à 18h30 pour qu'on te présente Commune Colère et qu'on t'explique comment se déroule l'assemblée.
⏰ 19h : Assemblée de lutte
⏰ 22h : Drink
📢 Viens, et ramène du monde !
🍴Possibilité de petite restauration, le bar sera ouvert.
👶 Une garderie peut être organisée sur place et si tu as besoin d'un-e baby-sitter pour ton-tes enfant-s afin de pouvoir participer à l'AG, nous proposons une cagnotte qui tournera pendant l'AG. Elle sera dédiée à t'aider à couvrir les frais engendrés. Viens te signaler aux facilitateur-ices !
➡️ Site web
➡️ Instagram
➡️ Facebook Quand ?
Du 1 septembre à 18h au 25 octobre à 0h
Où ?
Calendrier de Bloquons tout Île-de-France : Actions et soutiens aux manifestations, occupations, grèves...
(septembre/octobre 2026)
– Mardi 1er septembre - 18h : Réunion unitaire nationale contre le congrès du RN à Orléans des 24 et 25 octobre (Bourse du travail, Paris + visio)
– Samedi 5 septembre - 16h à 2h : Soirée de soutien pour que la famille d'El Hacen Diarra puissent aller en procès (Le Chair de poule)
– Mardi 8 septembre : Journée de grève des salariés de librairies à l'appel de la CGT librairies
– Jeudi 10 septembre - 13h30 : Délibéré du procès en appel des inculpés du 8/12 (Cour d'appel de Paris)
– 11-12-13 septembre : Fête de l'Humanité
– Samedi 12 septembre - 15h : Manifestation des Gilets jaunes (Place Jussieu)
– Mardi 15 septembre : Journée de grève dans le secteur des Industries Électriques et Gazières, appel de FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines
– Mardi 15 septembre - 19h30 à 21h : Appel de France nature environnement, Médecins du monde, Solidaires, Greenpeace, Nous toutes, Fondation pour le logement, FAGE, SNPI, CFE CGC et SSPVF (pompiers) à se rassembler pour pour exiger des moyens face au dérèglement climatique (Bercy devant le Ministère de l'Economie, Paris)
– Samedi 19 septembre - 12h à 20h : Techno parade (Bastille à Nation)
Dimanche 20 septembre : Mobilisation nationale contre la loi "permis de tuer"
– Du 19 au 26 septembre : Appel du Collectif national des marches pour la paix à multiplier les initiatives
– > 26 septembre : Marche nationale pour le climat, la paix et les solidarités
– > 26 au 28 septembre : Occupation de la Place de la République par les pompiers
– 29 septembre : Manifestation de la fonction publique, rejoint par l'intersyndicale sapeureuses-pompier.es et les étudiant.es mobilisé.es contre "Bienvenue en France"
– Samedi 3 octobre : Mobilisation internationale Stop Pesticides - Arrêtons Syngenta (Saint-Pierre-la-Garenne)
– 9-10-11 octobre : Mobilisation contre l'inauguration de l'A69
– Samedi 24 et Dimanche 25 octobre : Mobilisation nationale contre le congrès du RN à Orléans
Sur Telegram
Le «Mozart de la finance» est en fait le pire des musiciens, et il a absolument tout raté dans le domaine économique comme dans les autres.
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Du 12 au 27 septembre à Saint-Étienne.
PROGRAMME QUINZAINE SOUAD LABBIZE