Initialement publiée en 2025 en espagnol sous le titre « Manual para destapar a un policía infiltrado ».
« Ce manuel a été rédigé par des militant·es ayant subi de près des infiltrations policières, découvertes entre 2022 et 2024. Il s’adresse à toustes les militant·es, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ainsi qu’à toutes les organisations et tous les groupes soucieux de la sécurité de leurs espaces. »
Brochure également disponible en allemand, anglais, basque, catalan, espagnol, galicien, italien et portuguais.
Lire en ligne et/ou télécharger en format brochure sur le site du No Trace Project.

Par le regard d’un militant de terrain de la sous-région
Pendant plus de deux décennies, nous avons sillonné les grandes messes de l’altermondialisme. D’un continent à l’autre, d’ateliers thématiques en panels institutionnels, nous avons assisté à une multiplication de discours et de déclarations d’intention qui peinaient parfois à se traduire en changements concrets pour nos communautés. Le risque était réel : voir le Forum Social Mondial (FSM) se transformer en une routine théorique, coupée des urgences quotidiennes de ceux qui luttent sur le terrain contre l’accaparement des terres ou l’accès à l’eau.
Mais le processus engagé pour l’édition de Cotonou, en ce mois d’août 2026, marque un tournant salutaire.
Du modèle importé aux réalités du terrain
Lorsque les doutes, les tensions sécuritaires dans la sous-région et les pesanteurs bureaucratiques ont menacé la tenue du rassemblement au Bénin, la tentation d’un report ou d’un enlisement dans des débats de procédure était forte au sein des instances internationales.
C’est là que les mouvements ouest-africains, emmenés notamment par la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau (CGLTE-OA), ont fait le choix du pragmatisme. Plutôt que de s’enfermer dans une impasse diplomatique ou d’attendre des solutions venues d’ailleurs, le comité d’organisation s’est tourné vers les leviers sociaux et culturels de notre propre région.
Des réponses endogènes à des défis complexes
L’édition de Cotonou s’est appuyée sur trois choix stratégiques majeurs :
* L’ancrage coutumier : En impliquant l’Alliance des chefs traditionnels dès la phase préparatoire, l’organisation a pu faciliter la traversée des frontières, apaiser les tensions locales et garantir un soutien populaire que les seules voies administratives ne pouvaient assurer.
* La dynamique des Caravanes : En privilégiant les routes continentales (notamment la grande Caravane partie du Sénégal vers le Bénin), l’événement s’est construit au contact direct des populations rurales, transformant le trajet en un espace d’écoute et de mobilisation concrète.
* Le recentrage des priorités : La priorité a été donnée aux réseaux paysans, syndicaux et communautaires locaux, limitant la dépendance aux financements extérieurs et aux agendas imposés.
> Cotonou 2026 démontre qu’un autre Forum était possible : un espace moins axé sur les colloques et davantage ancré dans l’action populaire et les solidarités locales.
> En replaçant les dynamiques endogènes au cœur de la démarche, l’Afrique de l’Ouest ne s’est pas contentée d’abriter le FSM : elle lui a redonné une impulsion concrète, prouvant que les réponses aux crises globales s’élaborent d’abord à partir des réalités du terrain.
avec :
dès l’aprèm marché punk & DIY, parking camion, camping…
Conseil Général des Clodos @ le puit (35) 35330 Bovel, Ille-et-vilaine, BZH, Samedi 8 Août 2026
no fb, no cb
bar
paf prix libre
demande l’adresse à qui ? à une punk, pardi !
Le 20 juillet, un premier incendie ravageait dix hectares de végétation et plusieurs habitations dans un bidonville rom quartier Doulon.
Le 22 juillet vers 19h, un second foyer s’est déclaré dans un campement à Saint-Herblain. Le bilan fait état de huit caravanes, douze véhicules et huit hectares brûlés.
le 30 juillet, un troisième incendie potentiellement criminelle (c’est pas les gitans) a frappé la communauté. Le sinistre a détruit 7 000 m² de campement ainsi que 8 hectares de végétation supplémentaires. Le bilan est particulièrement lourd : 15 caravanes et 100 véhicules ont été totalement calcinés.
En dix jours, cette série noire accumule d’immenses dégâts matériels, mais fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer.
/wp-content/uploads/2026/07/VID_20260731_142428.mp4
Face au projet hôtelier de Jared Kushner, le gendre de Trump, l'Albanie se soulève.
L’article « Révolution des flamants roses » et massacre écologique : le projet du clan Trump va-t-il faire tomber le régime albanais ? est apparu en premier sur Contre Attaque.
Contre l'extrême droite, la lutte des classes !
- 362 été 2026 / Mouvements Sociaux , Politique , Idéologies , Réflexion , Société , Fascisme, Antifascisme
À propos des récentes émeutes au Maroc vues depuis un coin de la France.
En France l'expression « zbeuler » est désormais généralisée, en particulier parmi toutes celles et ceux qui cherchent à rompre la normalité, celle de l'exploitation au travail, de l'autorité des flics, du patriarcat, etc… Zbeuler c'est désordonner un état de fait que les riches et les puissant.e.s cherchent à imposer aux autres. Linguistiquement l'expression tire son origine du mot arabe « zbel » qui signifie la poubelle, les ordures, et par extension tout ce qui doit être jeter ou éliminer. Au Maroc, ce terme peut vite prendre une connotation sociale, du fait notamment de la popularisation d'un personnage de dessin animé dénommé « Bouzebal ». Littéralement « homme-poubelle », Bouzebal est un jeune galérien de banlieue dont l'ennemi juré est « Kilimini » (contraction phonétique du français « qu'il est mignon » en darija marocaine), un fils de riche incarnant la jeunesse dorée partie étudier à l'étranger et qui parle bien français. Lors des nuits du 30 septembre au 2 octobre dernier près d'une trentaine de villes marocaines, petites et grandes, ont été secouées par un gros zbeul qui semble en grande partie l'œuvre de « bouzebals » comme diraient certain.e.s par mépris de classe, et d'autres en signe de familiarité. Dans tous les cas, bouzebals ou pas, en prenant d'assaut des commissariats et saccageant des banques, tous ces révolté.e.s ont défié l'autorité avec une intensité rarement vue ces derniers temps au Maroc.
Ces deux nuits d'émeutes font suite à une série de rassemblements à travers le pays, à commencer par celui tenu devant l'hôpital Hassan II d'Agadir le 14 septembre, dénonçant l'état déplorable de l'établissement où huit femmes enceintes sont décédées lors du mois d'août après des césariennes. Une semaine plus tard deux autres rassemblements sont organisés à Tiznit et Essaouira, deux villes proches d'Agadir, lors desquels une dizaine de manifestant.e.s sont interpellé.e.s et relâché.e.s. Puis, sur le réseau social Discord, un collectif se présentant hors de partis ou syndicats, nommé « GenZ212 », en référence à la génération Z née entre 1995 et 2010 et à l'indicatif téléphonique national, appelle à se rassembler pacifiquement le samedi 27 septembre dans plus d'une dizaine de grandes villes du pays, pour exiger des réformes de la santé et de l'éducation et contre la corruption, « par amour de la patrie et du roi ».
A Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech, Agadir, Meknès, des centaines de personnes se retrouvent dans les rues en criant des slogans comme « Liberté, dignité, justice sociale » et appelant à des réformes. Très vite les flics mettent fin aux rassemblements en nassant les manifestant.e.s et en faisant des dizaines d'interpellations dont 70 rien qu'à Rabat, au motif que les manifs n'étaient pas autorisées. Dans la plupart des cas il s'agit de simples vérifications d'identité et les interpellé.e.s sont libéré.e.s sans poursuites judiciaires.
Le lendemain le collectif renouvelle l'appel et, malgré les nombreuses arrestations de la veille, de nouveaux rassemblements ont lieu dans les grandes villes et d'autres plus petites comme Safi ou Tinghir. A Casablanca, des manifestant.e.s envahissent même une autoroute urbaine et 24 personnes sont interpellées pour entrave à la circulation.
Dans la nuit du 29 au 30 des centaines de personnes bravent une fois de plus l'interdiction de manifester quitte à se faire interpeller. Ce soir-là les flics empêchent tout rassemblement à Casablanca et font une cinquantaine d'arrestations à Rabat ainsi qu'une soixantaine à Marrakech. Dans cette ville rongée par l'industrie du tourisme, des manifestant.e.s déterminé.e.s se sont élancé.e.s en manif sauvage en criant « Le peuple veut la fin de la corruption », principal mot d'ordre du mouvement, mais aussi « Vive le peuple », un slogan qui, dans cette société vivant sous le joug d'une monarchie détenant tous les pouvoirs, sonne comme une manière subversive de détourner le sempiternel « Vive le roi ».
Deux nuits de zbeul généralisé
Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre le mouvement prend des formes émeutières spontanées qui débordent complètement les appels du collectif GenZ212 dans une vingtaine de villes, souvent en périphérie des grandes agglomérations mais aussi dans de petites villes plus isolées. A Nador, Errachidia, Berkane, Béni Mellal, Tiznit, Kénitra, Khénifra, Guelmim, Rabat, Meknès, Ouarzazate, Casablanca, Fès, Agadir, Témara, Skhirat, des manifs sauvages parcourent les rues et souvent les forces auxiliaires (flics anti-émeutes) se prennent des jets de pierre bien mérités.
Ailleurs la révolte prend une tournure plus compliquée pour les autorités qui doivent faire face à des centaines d'émeutier.e.s. A Inezgane, en banlieue d'Agadir, trois caisses de flics sont défoncées, une agence d'assurance et trois banques sont attaquées, une agence de la poste du Maroc est incendiée, un supermarché Marjane est éventré et des bijouteries sont pillées. A Ait Amira, une petite ville de 50 000 habitants au sud d'Agadir, la gendarmerie royale perd 12 bagnoles dont certaines sont complètement incendiées, et plusieurs banques sont défoncées dans une liesse collective.
A l'autre bout du pays, dans la ville d'Oujda, les flics se font copieusement caillassés, mais ces ordures tentent de reprendre le contrôle en fonçant dans la foule avec leurs camions, causant au moins un blessé grave qui a perdu une jambe. Au total, pour cette seule nuit du 30 au 1er, les autorités annoncent que 142 voitures de police auraient subi des dégâts.
Dans la nuit du 1er au 2 octobre, alors que le ministère de l'intérieur finit par autoriser les sit-in appelés par le collectif GenZ212, des émeutier.e.s attaquent l'autorité et le capital là où ils se trouvent, souvent bien loin des lieux officiels de rassemblement. La révolte gagne de nouvelles villes avec une intensité plus forte que la nuit précédente.
A Salé, ville pauvre qui jouxte Rabat la capitale, après des affrontements avec les keufs, deux caisses de la sûreté nationale y finissent calcinées, une banque est cramée dans le quartier Al Amal, plusieurs autres perdent leur vitrine ainsi que deux agences de transfert, puis la devanture d'un supermarché Carrefour est défoncée sur la route de Kénitra.
A Marrakech, alors qu'une marche prend forme dans les rues du centre, à l'autre bout de la ville les forces auxiliaires perdent le contrôle du quartier Sidi Youssef Ben Ali, par ailleurs connu pour avoir été un foyer d'insurrection contre les autorités coloniales françaises dans les années 50. Environ 200 personnes, majoritairement très jeunes, arrosent de pierres et de bouteilles les forces auxiliaires postées à l'entrée du quartier. Le comico du coin est ensuite incendié, une banque pillée, deux agences de transfert saccagées. Il faudra toute la nuit aux flics pour reprendre le contrôle de la zone.
A Tamansourt, une bourgade à quelques kilomètres au Nord de Marrakech, la gendarmerie est incendiée. Plus loin sur la côte atlantique, à El Jadida, une manif sauvage met le zbeul sur la corniche, notamment en cassant des voitures. A Taroudant, des manifestant.e.s attaquent la préfecture et commencent à incendier la porte du bâtiment. A Kelaat M'Gouna, petite ville plus isolée au Sud des montagnes du Haut Atlas, il y a aussi du grabuge dans les rues avec des incendies et de la casse.
Et puis, à Leqliaa, en banlieue Sud d'Agadir, un poste de la gendarmerie royale est attaqué par des dizaines de personnes. Les grilles de l'entrée sont arrachées, un 4x4 sorti, des motos brûlées, et le feu mis à plusieurs endroits du bâtiment. Des flics, en partie réfugiés à l'intérieur, finissent par tirer dans la foule à balles réelles, assassinant trois personnes et faisant plusieurs blessé.e.s. Le ministère de l'intérieur annonce que 3 policiers ont été grièvement blessés dans l'attaque. <https://infokiosques.net/IMG/png/carte-maroc.png>
La justice à plein régime pour enfermer à tour de bras...
Le 2 octobre, un communiqué signé au nom du collectif Genz212 rejette « toute forme de violence ou de vandalisme » et il est décidé, suite à un vote sur Discord auquel ont participé plus de 15 000 personnes, de continuer les rassemblements en les limitant à des horaires fixes de 17h à 20h, et en déplaçant les lieux de rendez-vous sur des grandes places plus éloignées des quartiers populaires « pour éviter de graves incidents avec les flics ». Une campagne de nettoyage des rues est même organisée le 6 octobre avec photos à l'appui. Après cet appel au calme, le collectif se désolidarise des émeutier.e.s dans une lettre adressée au roi. Le texte comprend huit revendications dont la principale est la démission du gouvernement d'Aziz Akhannouch, le premier ministre, tandis qu'une autre, un peu plus loin dans la liste, exige la libération et l'abandon des poursuites judiciaires pour tou.te.s les détenu.e.s lié.e.s aux protestations pacifiques, sauf « ceux dont l'implication dans des actes de sabotage a été prouvée »…
Le soir du 2 octobre, dans le quartier Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech, nombreu.ses.x sont celleux qui ne voulaient pas s'arrêter malgré la répression. De nouveau les flics se sont fait caillasser, une banque a été saccagée et des commerces défoncés. On imagine qu'ailleurs aussi, parmi celles et ceux sorties dans les rues les soirs précédents, beaucoup n'avaient pas envie de rester sages. Il semble pourtant que la normalité ait repris le dessus à partir du 3 octobre, même si le collectif GenZ212 a continué d'appeler à se rassembler dans les grandes villes, réunissant quelques dizaines de manifestant.e.s à chaque endroit.
Au total, dans l'ensemble du pays, des milliers de personnes ont été arrêtées lors des rassemblements et émeutes, ainsi que les jours suivants, à l'issue d'enquêtes souvent basées sur des photos et vidéos circulant sur internet. Plus de 2400 d'entre elles ont été poursuivies par la justice, certaines ont déjà été condamnées à de très lourdes peines de prison, et des centaines attendent toujours leur procès, soit en détention préventive, soit en liberté provisoire après paiement d'une caution qui atteint généralement 2000 à 5000 dirhams (200 à 500 euros).
Quelques dossiers et chiffres sortis dans la presse donnent une idée du carnage judiciaire en cours :
• A Agadir, le 14 octobre, 17 personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour des faits commis à Ait Amira dans la nuit du 1er au 2 octobre. Elles étaient poursuivies notamment pour « destruction de biens publics et privés », « vol en réunion », « incendies volontaires » et « violences contre les forces de l'ordre ». Trois ont été condamnées à 15 ans de prison ferme, un à 12 ans, neuf à 10 ans, un à 5 ans, un à 4 ans et deux à 3 ans.
• A Ouarzazate, 6 personnes de Kelaat M'Gouna étaient poursuivies pour « incendie volontaire », « dégradation de biens publics et privés », « entrave à la circulation », « violences contre les forces de l'ordre ». Trois d'entre elles ont été condamnées à 4 ans fermes, deux autres à 2 ans et le dernier à 1 an.
• A Oujda près d'une soixantaine de personnes ont été poursuivies pour « violence envers les forces de l'ordre » et « participation à des attroupements nocturnes armés », et 17 autres pour « formation d'une bande criminelle », « attroupement armé » et « organisation d'une manifestation non autorisée », « possession d'armes blanches », « dégradations de biens publics et privés » et « agressions contre les forces de l'ordre ». Fin octobre, 8 d'entre elles ont été condamnées à des peines de prison ferme d'une durée de 15 à 18 mois, tandis que 7 autres ont pris du sursis.
• A Agadir et Casablanca, deux personnes ont été condamnées à 4 et 5 ans de prison ferme pour « incitation à commettre des délits et crimes via les réseaux sociaux ».
• À Marrakech, 26 personnes ont été poursuivies dans six dossiers pour « violences envers les forces de l'ordre », « participation à un attroupement armé », « incitation en ligne », « dégradation de biens publics et privés », et « possession d'armes blanches ».
• A Kénitra, 17 personnes, dont 9 mineurs, ont été poursuivies pour « pillages », « destructions de biens publics et privés », « incendies volontaires ».
• A Rabat, plusieurs personnes ont été poursuivies pour « attroupement armé » et « outrage aux symboles du Royaume ».
Un roi qui semble toujours hors d'atteinte
Le 8 octobre, une soixantaine d'intellectuels, artistes et militants des droits humains adressent, à leur tour, un courrier au roi, demandant de « traiter les causes profondes et structurelles de la colère ». Les militant.e.s de la GenZ212 attendent désormais « un signe fort » du monarque lors d'un discours qu'il doit tenir le 10 octobre au parlement. La veille, le collectif décide même d'annoncer la « suspension de toutes formes de protestation prévues pour le 10 octobre », « par respect pour sa majesté le roi Mohammed VI que dieu l'assiste et le glorifie ».
Au Maroc, bien qu'il y ait un parlement élu et un premier ministre nommé parmi la formation politique arrivée en tête des élections législatives, le roi, entouré de son cabinet royal, reste seul à la tête du pouvoir. Il préside le conseil des ministres, peut en renvoyer un quand il le souhaite, limoger le chef du gouvernement, dissoudre le parlement, suspendre la constitution, appeler à de nouvelles élections, ou diriger par dahir (décret royal). En plus de son statut politique il est « commandeur des croyants », soit le chef religieux du pays où l'islam est religion d'État. Pour renforcer ce statut, la dynastie des Alaouites, à laquelle appartient la famille royale, se présente comme descendante du prophète Mahomet, rien que ça. Le roi est donc le chef suprême auquel chaque marocain.e doit se soumettre. D'ailleurs chaque année se tient une cérémonie d'allégeance durant laquelle des centaines de hauts fonctionnaires, ministres, dignitaires du régime, députés, élus locaux, hauts gradés de l'armée, de la police et des services de renseignements, se prosternent devant « sa majesté » juchée sur un étalon et protégée du soleil par une ombrelle, le tout retransmis en direct à la télévision.
D'autre part, partout sur le territoire l'autorité du roi, et plus largement celle du « Makhzen », terme très répandu au Maroc pour désigner l'État, est assurée par des moyens de contrôle de la population reposant à la fois sur un appareil administratif et policier classique, et un système de renseignements plus officieux. La moindre critique du roi est quasi inexistante tant ce système diffuse efficacement la crainte du pouvoir. A l'échelle des quartiers, par exemple, des agents appelés moqaddems, représentants semi-officiels de l'autorité, instiguent la délation de tout comportement subversif, autant d'un point de vue politique que moral d'ailleurs, dans un État où, notamment, sont punis d'emprisonnement les relations homosexuelles et les rapports sexuels hors mariage.
Des luttes qui restent en mémoire
Depuis 26 ans que Mohammed VI a pris la succession du trône à la mort de son père Hassan II, les autorités ont toutefois été défiées par plusieurs mouvements de révolte, alors que la répression s'est montrée toujours aussi féroce. L'un de ceux qui doit ressurgir le plus dans les mémoires des révolté.e.s d'aujourd'hui est certainement le hirak du Rif débuté en octobre 2016. Suite à la mort d'un marchand de poisson écrasé dans un camion-poubelle alors qu'il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par le Makhzen, des dizaines de milliers de personnes ont envahit les rues d'Al Hoceima, capitale du Rif, en mémoire du défunt et pour protester contre leurs conditions de vie. Après huit mois de manifestations et rassemblements incessants, des discours questionnant de plus en plus ouvertement la légitimité du Makhzen, puis l'interruption du prêche d'un imam appelant à stopper le mouvement, les autorités finissent par arrêter des centaines de personnes. En réaction, le 20 juillet 2017 se tient une grande marche pour leur libération, lors de laquelle un manifestant est blessé à la tête par une grenade lacrymogène dans des affrontements avec les flics. Plongé dans le coma il décède quelques semaines plus tard. Quand aux personnes arrêtées, environ 500 sont condamnées à des peines de prison, quatre prennent 20 ans pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'État ». Récemment, le plus médiatique des détenu.e.s du hirak du Rif, Nasser Zefzafi, a fait sortir de sa prison une lettre en soutien à la GenZ212, et l'appel à la libération des prisonnier.e.s a été scandé plusieurs fois dans des rassemblements.
Les mémoires sont aussi évidemment marquées par le mouvement du 20 février en 2011, dans le sillage des printemps arabes, avec ses manifestations critiquant le régime pendant plusieurs mois, des postes de police attaqués à différents endroits, mais aussi neuf morts dont au moins trois assassinés par les flics. En partie récupéré par les partis politiques, islamistes compris, il débouchera sur une réforme de la constitution et de nouvelles élections législatives. Ces dernières années, d'autres révoltes ont été symptomatiques du niveau de misère dans laquelle vit une partie du pays. Fin 2018 des « manifestations de la soif » ont lieu à Zagora contre les coupures d'eau puis, début 2019, des habitant.e.s de la ville minière de Jérada sortent dans les rues durant plusieurs mois suite à la mort de deux hommes qui, comme plein d'autres, gagnaient leur vie en revendant clandestinement du charbon extrait dans des puits désaffectés de l'ancienne mine.
Au Maroc beaucoup de gens doivent faire ce genre de boulots pour vivre, tout en devant faire allégeance à un roi qui, en plus de son statut politique et religieux, contrôle le plus grand groupe financier du pays, Al Mada, regroupant de multiples filiales dans la banque, la grande distribution, l'immobilier, les télécoms, l'énergie et, historiquement, les mines. Avec son entreprise Managem, la famille royale, à la tête d'une fortune de plus de 6 milliards de dollars, exploite une dizaine de mines d'or et d'argent dans les régions les plus pauvres du pays, aggravant les conditions de vie par l'accaparement de l'eau et la pollution. Celle d'Imider, au sud de la chaîne de montagne du Haut Atlas, est bien connue car depuis les années 80 des habitant.e.s s'y opposent. A partir de 2011, des opposant.e.s ont même coupé l'alimentation en eau de la mine, tout en montant un camp pour occuper le site autour de la vanne.
Coupe du monde, CAN, TGV, … Le Maroc des grands projets
Dans les manifestations de ce début octobre, de nombreuses fois ont été pointées du doigts les dépenses faramineuses pour la construction des stades devant accueillir la coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2026 et la coupe du monde de foot en 2030. A Tanger et Casablanca, au tout début du mouvement, les écrans installés dans les rues affichant un décompte avant le début de la CAN ont même été hackés pour y diffuser des insultes contre les flics et des revendications pour la santé et l'éducation. Pendant les rassemblements des slogans critiquaient des infrastructures coûtant des milliards en comparaison avec le piteux état des hôpitaux où les patient.e.s doivent parfois apporter leurs propres draps et matériel médical. Comble de l'indécence le tout nouveau stade de Rabat comprend, en sous-sol, une clinique flambant neuve destinée aux sportifs… Pour 2030, les autorités ont annoncé en grande pompe la construction d'un stade de 115 000 places, soit le plus grand du monde, pour un coût de 5 milliards de dirhams (environ 500 millions d'euros). Et puis, à l'approche des compétitions, le Makhzen mène des programmes d'éviction des pauvres dans les quartiers centraux des grandes villes. A Casablanca, depuis 2024, des centaines d'habitations ont été détruites dans l'ancienne médina et leurs occupant.e.s relogé.e.s dans des quartiers excentré.e.s, pour construire à la place une large avenue royale reliant la grande mosquée Hassan II.
Si les chantiers pour les coupes de football cristallisent les tensions, le décalage entre des grands projets capitalistes sollicitant des investissements massifs et le niveau de vie local concerne tous les domaines. Ces grands projets sont souvent guidés par les intérêts d'investisseurs étrangers, émiratis, chinois et français en tête. Un jour peut-être la tempête qui, lors des chaudes nuits du 30 septembre au 2 octobre, a fait valdinguer des banques, des supermarchés, des comicos et des agences de transfert d'argent, se dirigera jusqu'aux infrastructures de ce capitalisme néocolonial. Peut-être, par exemple, qu'elle atteindra la nouvelle ligne de TGV reliant Tanger à Casablanca (320 kilomètres en tout), commandée en 2010, pour 3 milliards d'euros, au groupe français Alstom qui s'est refait un pactole d'1 milliard d'euros en vendant 18 nouvelles rames de train en 2024. Peut-être même que cette tempête passera plus au Sud, là où convergent désormais les regards voraces des grands groupes français spécialistes de la transition énergétique...
Hydrogène vert et néocolonialisme au Sahara Occidental
Le Sahara Occidental, un territoire de plus de 260 000 km², est occupé et administré par l'État marocain sur 80 % de sa superficie depuis 1975 bien que l'ONU le considérait encore jusqu'à peu comme « non autonome » et qu'une organisation armée sahraouie, le Front Polisario, contrôlant les 20 % restant, en revendique toujours l'indépendance. En octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONU a finalement reconnu un plan visant à faire de ce territoire une région autonome sous souveraineté marocaine, validant un processus de colonisation débuté par des années de guerre et de massacres, et poursuivi par l'occupation, la répression et la prédation économique.
Dans la zone occupée par les autorités marocaines, les tensions s'étaient ravivées en 2010 lorsque plus de 15 000 sahraoui.e.s ont monté un campement à Gdeim Izik en périphérie de Laayoune pour protester contre leurs conditions de vie. Le démantèlement du camp par les flics s'était soldé par au moins une dizaine de morts dont plusieurs policiers. En 2020 le conflit armé entre l'armée marocaine et le Front Polisario avait même repris après 20 ans de cessez-le-feu. Aujourd'hui les tensions sont toujours bien palpables mais pas de nature à freiner la nouvelle ruée vers l'or « verte ».
Car si le Sahara Occidental est historiquement exploité pour ses ressources halieutiques et ses gigantesques gisements de phosphates, servant à la fabrication d'engrais agricoles, c'est désormais son exposition aux vents et son ensoleillement qui attirent les investisseurs. Ces conditions climatiques en font une zone très rentable pour la production d'énergies « vertes » et donc de carburant décarboné, comme de l'« hydrogène vert », dérivable en ammoniac, nécessaire à la production d'engrais azotés. En mars 2024, le royaume a lancé son « Offre Maroc », un appel à venir exploiter un million d'hectares déjà identifiés. Il se voit répondre à 4 % de la demande mondiale d'ici 2030.
Alors que les relations diplomatiques entre la France et le Maroc étaient en crise depuis 2021, après que les services secrets marocains aient été accusés d'espionner, entre autres, le portable de Macron, à l'aide du logiciel israélien Pegasus, elles se sont vite revigorées quand ce dernier a annoncé, en juillet 2024, qu'il soutenait la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Trois mois plus tard était organisée en grande pompe une visite du président français accompagné de neuf représentants de groupes énergétiques, avec des gros contrats à la clefs.
Ainsi, Engie va investir 15 milliards d'euros en partenariat avec l'office chérifien des phosphates (OCP), le plus grand groupe minier marocain, dans six projets liés aux énergies renouvelables, à l'ammoniac vert et au « dessalement durable ». A côté de la petite ville de Chbika, Total va construire et exploiter un centre de production d'ammoniac vert destiné à l'export sur le marché européen. Puis, à Dakhla, MGH Energy a signé un contrat pour construire une usine de e-fuels tandis qu'HDF Energy projette d'y bâtir une giga-usine capable de produire 200 000 tonnes d'hydrogène vert par an. Par ailleurs, tous ces rapaces sont bien accompagnés par l'agence française de développement (AFD), conforme à ses missions néocoloniales visant à soutenir les intérêts de la France dans le développement capitaliste de ses anciennes colonies et du reste du dit Sud global.
Bref, avec tous ces projets, il y a de quoi tapisser d'éoliennes et de panneaux solaires polluants des milliers d'hectares de désert, le tout pour faire tourner l'agro-industrie dévastatrice partout dans le monde. Au Sahara Occidental comme ailleurs, la fameuse transition énergétique n'est rien d'autre qu'une nouvelle conquête afin d'exploiter toujours plus la planète et ses ressources.
L'appétit des exploiteurs n'a pas de limites et tant qu'ils pourront continuer leurs sales affaires les pauvres en subiront toujours les conséquences. Au Maroc, la propagande du Makhzen, bien relayée par ses influenceurs baltajias (nom donné aux pro-monarchie), brouille les pistes en alimentant sans cesse le discours nationaliste selon la devise « Allah, la nation, le roi » et ciblant l'ennemi algérien ou sahraoui. Mais, comme le montre cette dernière révolte, nombreu.ses.x sont celleux qui savent très bien où se trouvent les responsables de leur misère et comment les attaquer.
Solidarité avec les révolté.e.s du Maroc, de Madagascar, du Népal, d'Indonésie, du Pérou, et du monde entier !
Contre tous les pouvoirs, liberté pour toustes !
À travers Micrurus nous avons simplement souhaité penser et faire penser la médecine d'un point de vue libertaire. Notre but ici n'est pas de construire une nouvelle doctrine, mais de rassembler des textes qui peuvent nourrir la réflexion et amener à des actions.
SOMMAIRE
* ÉDITO
* Préfiguration d'un véritable système de soin universel – Alex BRADSHAW
* Hygiène publique, santé et sexualité : quelques concepts anarchistes – Richard CLEMINSON
* De l'isolement du ressenti dans la sphère politique – Sam DAICRUS
* Quelques questions relatives à la constitution de dispositifs de soin autonomes – Frédérique PASQUIER ET Josep RAFANELL I ORRA
* Maladie et Capital – Alfredo BONNANNO
* Cette sève qui nous unit – Babayaga
Micrurus vol. II – janvier 2018
SOMMAIRE
* ÉDITO
* État et psychiatrie : une histoire d'intérêts communs (Romain Bonnel)
* Le conseil de l'ordre des médecins : l'incarnation du pouvoir médical (Léon Moriba)
* Négationnistes en congrès (Les sanctuaires de l'abîme, Nadine et Thierry Ribault)
* L'enfermement et la question de l'autorité médicale (Pierre & Kassandra)
* Clinique ou politique ? (Collectif La Petite Alternative de Santé)
* Silence, ici on lutte. La délégation du soin dans les milieux anars (Sam Daicrus)
La revue est téléchargeable sur le site de Micrurus
Depuis août 2014, à l'initiative de différents groupes de l'Anarchist Black Cross, une semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes est organisée.
depuis le site internet de Solidarity International
Appel pour la Semaine International de Solidarité avec les Prisonnier.es anarchistes – Du 23 au 30 août 2026
Marius Mason, un anarchiste antispéciste et écologiste, écrivain, artiste et militant trans était en prison pour la plus longue peine à l'heure actuelle pour des actes de sabotage en défense de l'environnement. Après 17 ans d'enfermement, nous célébrons son transfert suite à sa sortie de prison et son transfert dans une maison de semi-liberté, le 14 mai dernier.
À l'intérieur de la prison, il n'a jamais abandonné, mais s'est dressé pour les autres comme pour lui, défendant les droits des prisonnier.es trans et résistant au système carcéral. Toutes ces années, nous avons appelé à lui écrire lors de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes.
Maintenant, nous sommes heureux de le retirer de notre liste et de lutter ensemble depuis l'extérieur.
Malgré cela, de nombreux compas restent en prison et sur notre liste d'adresses, de nouvelles personnes sont même ajoutées. La solidarité est nécessaire pour lutter contre ce système répressif. La solidarité peut nous porter à travers les moments les plus sombres – une carte postale ou une lettre, un rassemblement devant une prison, une visite, peuvent signifier énormément et donner des forces. L'histoire d'un.e compa en prison partagée lors d'un événement, se multiplie avec les personnes présentes. C'est notre responsabilité de transmettre leurs idées et avec elles, les personnes elles-mêmes voyagent au-delà des murs des prisons. En n'oubliant pas les enfermé.es, la solidarité peut croître.
C'est pour ces raisons que chaque année nous appelons à une semaine de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes.
Les temps sont de plus en plus durs, le fascisme s'élève, et les états, les fascistes et les conservateurs font de nous les cibles de leur violence – en tant que Queer, Antifas ou anarchistes.
Ils essayent de nous écraser comme le montre les condamnations dans l'affaire Prairieland, avec des condamnations allant jusqu'à 100 ans de prison. Ou la tentative de supprimer le mouvement anarchiste en Indonésie où, suite aux affrontements du premier mai, 10 anarchistes sont emprisonnées et risquent de lourdes condamnations.
Face à l'adversité, nous devons rester ensemble et agir en solidarité. Renforcer nos communautés et supporter les plus vulnérables. N'oublions pas les enfermé.es et luttons côte à côte. Ce ne sont pas seulement des prisonnier.eres, ce sont nos compas. Marius a montré en long et en large comment nous pouvons faire appel les uns aux autres pour mener un combat commun.
Rejoins la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes !
Organise des séances d'écritures de lettres, un événement de solidarité, une projection de film, une action directe, un rassemblement, accroche une banderole ou n'importe quelle autre idée qui te vient et envoie-nous des photos et un court résumé !
Envoyez-nous vos événements et actions à tillallarefree [at] riseup.net
Mardi 28 juillet vers 10h, la police nationale a procédé à l'expulsion du squat de la rue Paul Langevin, dans le quartier de la Grâce-de-Dieu.
Après l'expulsion du squat Duparge le mardi 16 juin et celle du squat du Chemin Vert le mardi 7 juillet, c'est un nouveau squat officialisé par l'Assemblée Générale de Lutte contre toutes les expulsions qui est expulsé à Caen, et de nouvelles personnes mises à la rue par l'Etat.
Le squat du 4 rue Paul Langevin, un grand immeuble de huit étages destiné à un projet de réhabilitation, était squatté depuis le 19 mars 2022. Une petite dizaine d'appartements étaient occupés par des familles en exil. Le propriétaire, le bailleur social Caen La Mer Habitat, avait entamé une procédure de justice, et deux ordonnances d'expulsion, datant de septembre et octobre 2022, avaient été émises par le tribunal judiciaire de Caen.
D'après la presse, la police a contrôlé la situation administrative de 10 habitant-es présent-es sur les lieux au moment de l'expulsion et une association de protection civile a conduit certain-es d'entre elles et eux vers des solutions temporaires d'hébergement d'urgence.
Pendant ce temps, les AirBNB se remplissent de touristes et les spéculateurs immobiliers s'enrichissent. Environ 10 000 logements sont vacants dans l'agglomération caennaise (10 197 exactement en 2022 selon les chiffres de l'INSEE), mais le nombre de personnes sans toit ou vivant dans des conditions merdiques ne cesse de grandir. Et pendant que la police passe son été à expulser des squats, la détresse de personnes sans domicile accablées par la chaleur dans la rue est quotidienne, tout comme celle de familles meurtries par l'instabilité et l'insécurité permanente, entre hébergement temporaire par-ci, chambre dans un squat par-là, chez des potes, dans une voiture ou parfois au 115, et celle de milliers d'individus qui peinent à trouver un logement décent. A qui profite le crime ? Aux grands propriétaires et autres marchands de sommeil qui peuvent augmenter les loyers tout en sachant qu'ils trouveront bien quelqu'un prêt à accepter ces conditions, aux agences immobilières qui peuvent se permettre de ne pas répondre à leurs obligations vis-à-vis des locataires et multiplient leurs magouilles, aux entreprises du BTP qui a grand renfort de lobbyisme font croire que le problème du logement n'est qu'une histoire de manque de bâtiments neufs, à l'Etat et aux politiques bien contents de pouvoir mettre en concurrence tous ces gueux dans l'accès au logement, en agitant bien souvent des idées racistes, fragilisant ainsi de potentielles solidarités subversives, ou encore aux gestionnaires de la misère, grandes associations et entreprises du travail social qui capitalisent sur la situation.
Week-end antifasciste organisé à la Grange de Montabot, 2 impasse de la Bessardière à Montabot (50) par PaFaCaB 50 (Pas de Fascistes dans nos Campagnes Bocagères)
😡 Face aux offensives racistes et fascistes du gouvernement dont la dernière est l'ignoble loi RIPOST (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité, sic !).
😡 Face à l'augmentation du danger fasciste : du RN aux groupuscules identitaires en passant par les médias d'extrême droite.
😡 Face à la répression des antifas, aux agressions fascistes et racistes récurrentes, face au boomerang masculiniste, transphobe et homophobe…
💪🏽💪🏽 Nous devons nous organiser, y compris dans nos campagnes !!
🔥🔥Ensemble faisons reculer le fascisme et toutes les formes d'oppression !
Qui dit WE antifa, dit quelques petites installations et préparations en amont !
N'hésite pas à venir nous filer un coup de main du mercredi 26 août au samedi matin.
Si tu penses venir, tu peux indiquer ta présence sur ce formulaire .
🍅 Samedi 12h : accueil et repas partagé
Chacun apporte un petit quelque chose !
☀️ Samedi à partir de 14h :
📢 Combattre l'anti-tsiganisme : présentation du livre « Voleurs de poules » par son auteur
Ritchy Thibault, d'origine manouche et gitane, revient sur l'histoire des personnes romani et voyageuses en France, appelées nomades ou gens du voyage par le pouvoir.
Il s'attaque au racisme institutionnel qui perdure aujourd'hui, notamment à travers le droit à l'éducation, la santé, la citoyenneté, etc.
Dans la période de fascisation que nous traversons, faire reculer l'anti-tsiganisme, c'est aussi faire reculer l'extrême droite et son poison raciste.
🤎 Cercle de parole en non-mixité raciale
Si tu es une personne non blanche, tu es bienvenue ! L'idée est de partager (ou simplement écouter) nos vécus en tant que personne non blanche. C'est un espace assez rare, d'autant plus en campagne. Il est possible que tu te sentes isolé.e avec ton vécu. Ensemble, c'est le moment de nous sentir connexté.es et de transformer nos récits individuels en expérience collective puissamment émancipatrice
Atelier pochoirs & graphs
Tranformons nos cascades ratées en messages antifa à semer à tout bout de mur. Viens faire ton pochoir antifa avec des vieilles radio (les tiennes si tu veux) et ton visuel préféré. Échanges d'astuces pour bien grapher, et fresque collective de nos créations.
🥊 Boxe populaire :
Plus que de la boxe, il s'agit d'échanger nos pratiques d'autodéfense pour se protéger et protèger les autres ! Avoir une tenue confortable n'est pas à négliger.
📖 Arpentage de Face au fascisme, sortir de l'impasse démocrate
Lecture collective du texte publié par la Coordination autonome de Brest sur bourrasque-info.org en juin 2024.
📢 Atelier Punchline : Répondre aux discours de haine
Conçu et animé par QueeRévolution, cet atelier prend la forme d'un jeu où notre mission sera de trouver des réponses aux paroles et idées fascistes, LGBT-phobes, racistes, validistes, classistes, sexistes, etc.
Cet exercice peut permettre de discuter de ce que peut être un propos de haine, et de s'armer contre ceux-ci par l'union et le sens de la répartie !
🍅 20h : À table ! Repas vegan à prix libre.
🎵🎶 21h : concert puis DJ set !
📢 Dimanche a 11h : s'organiser contre le fascisme.
À l'occasion d'un brunch, temps d'échange d'expériences sur les luttes antifascistes pour s'organiser face à la montée des fascismes : créer un espace où on se donne de la force, où on échange des perspectives, du concret, et où on se (re)motive mais où on laisse aussi s'exprimer et vivre nos divergences dans nos manières de lutter contre le fascisme.
🎠 Espace enfants
Un espace enfants avec des personnes pour s'en occuper est prévu afin de permettre aux parents de participer au week-end.
Afin de les accueillir aux mieux (qu'iels investissent cet espace ou non sur place), cela peut être bien de nous avertir à l'avance de leur présence.
⛺ Camping sur place avec espace MINT (Meuf, intersexe, non binaire, trans)
🚗 Pour venir :
La Grange de Montabot, la Bossardière ou 2, la Bessardière à Montabot (50),
Montabot (50) se situe à 9 km de l'A84 (autoroute Rennes-Caen) & de la gare SNCF de Villedieu-les-Poëles
PaFaCaB 50, Pas de Fascistes dans nos Campagnes Bocagères, pafacab50 chez autistici.org
L'éphéméride des luttes du 2 août résonne du son des explosions. Celles des camarades, qui ciblent des objectifs précis, et malheureusement celles des fascistes, qui les font péter dans le tas sans distinction. On a toujours des bonnes raisons de détester les fascistes.
1900 : A Paris, l'anarchiste François Salsou tente de tuer le shah de Perse à l'aide d'un révolver lors d'une visite officielle, mais son arme s'enraye et le coup ne part pas.
1918 : A Vancouver au Canada, c'est la première grève générale de l'histoire du pays. Plus de 300 personnes tentent à deux reprises de défenestrer le représentant du patronat depuis ses propres bureaux. Des affrontements ont également lieu dans la ville. En image illustrant l'éphéméride d'aujourd'hui, un épisode de la journée.
1922 : A Paris, l'anarchiste illégaliste Mécislas Charrier est guillotiné à Paris, après avoir tenté une attaque de train pour en dépouiller les voyageurs de première classe. Il marche vers la fin en chantant L'Internationale.
1943 : Dans le camp d'extermination de Treblinka, une grande révolte des prisonniers a lieu : après qu'un prisonnier de 14 ans se soit introduit dans l'armurerie du camp, et ait commencé à passer des armes vers l'extérieur, c'est le début du soulèvement. De l'autre côté du camp, des ouvriers dont la corvée était de nettoyer les bâtiments remplacent secrètement leur désinfectant par de l'essence. Après qu'un coup d'envoi soit tiré, grenades et tirs ont commencés à pleuvoir sur les gardes non préparés, tandis que des cocktails molotov mettaient feu aux barraquements et que les prisonnier.e.s se précipitaient vers les grillages. Les estimation du nombre d'évadés vont de 150 à 600 et ceux du nombre de morts chez les SS et les gardes ukrainiens de 0 à 200. Au final, seulement 52 rebelles ont survécu jusqu'à la fin de la guerre.
1968 : En Espagne, ETA abat Melitón Manzanas, chef de la police de San Sebastian/Donostia et ancien collaborateur de la Gestapo, en représailles à la mort du militant de l'organisation Txabi Etxeberria sous les balles de la police le 7 juin.
1975 : A Madrid, les GRAPO (Groupes de Résistance Antifasciste du Premier Octobre) abattent deux membres de la Guardia Civil à Madrid. C'est la première action à être revendiquée par le groupe, qui restera actif jusqu'en 2000.
1976 : A Brest, l'Hôtel des Impôts est la cible d'un attentat à l'explosif du Front de Libération de la Bretagne/Armée Révolutionnaire Bretonne (FLB/ARB).
1977 : - A Paris, cocktails molotov et pavés contre EDF.
1979 : A Armagh en Irlande du Nord, l'IRA fait sauter des mines au passage de soldats britanniques, en tuant 2. Le nombre de soldats britanniques tués par l'IRA depuis 1969 passe alors la barre des 300.
1980 : A Bologne, une bombe posée par les néofascistes des NAR provoque la mort de 85 personnes et en blesse 200 autres. Il était 10.25 du matin, et l'une des horloges qui s'était stoppée à ce moment-là indique toujours cette heure, en mémoire des victimes.
1981 : - En Irlande du Nord, un huitième membre de l'IRA, Kieran Doherty, meurt suite à une grève de la faim, qui dura 73 jours en ce qui le concerne.
1984 : Action Directe fait sauter le siège de l'European Space Agency.
2001 : A Londres, la rIRA ('real' Irish Republican Army) fait sauter une bombe dans la zone de Ealing, faisant de gros dégâts, après avoir averti la police d'un coup de téléphone.
Voir en plus de ça l'éphéméride anarchiste du 2 août, pleine d'autres choses encore !
France Travail développe un algorithme de profilage des chômeur·euses à des fins de contrôle. Cet algorithme, encore en phase de test, manifeste la volonté de France Travail de massifier les contrôles via l'utilisation d'outils numériques. Nous appelons à la mobilisation contre cet algorithme illégal et à son abandon par la direction de France Travail.
La Quadrature du net publie en partenariat avec la cellule investigation de Radio France.
Le 10 décembre dernier, un nouvel outil numérique était présenté au comité d'éthique IA de France Travail. Intitulé « Ciblage du Contrôle de la Recherche d'Emploi », son objectif est de « recourir à l'IA » afin d'« identifier les dossiers nécessitant un examen approfondi » et d'« alimenter automatiquement l'outil de contrôle de la recherche d'emploi ». Lors de sa présentation, cet outil était en phase active de test, étape préalable à un déploiement plus large.
En d'autres termes, l'ancien Pôle Emploi cherche à se doter d'un outil similaire à ceux que nous dénonçons à la CNAF ou à l'Assurance maladie, visant à automatiser la sélection des personnes devant faire l'objet d'un contrôle.
Cet algorithme vise à « prédire » quel·les chômeur·euses manqueraient à leurs obligations de recherche d'emploi. Concrètement, il repose sur la construction de profils « suspects/non suspects » fondée sur l'analyse de dizaines de milliers de contrôles passés1. Chaque personne inscrite est ensuite assignée à l'un de ces profils sur la base des données personnelles que détient France Travail. Celles et ceux classifié·es comme « suspect·es » sont placé·es sur une liste de personnes prioritaires à contrôler.
Si cet algorithme est aujourd'hui testé sur les profils de personnes en situation de rupture conventionnelle2, France Travail souhaite « étendre l'utilisation du modèle à d'autres publics » afin d'« alimenter automatiquement l'outil de contrôle et transmettre chaque mois des listes de contrôle ciblés »3. En prenant en compte l'ensemble des personnes au RSA, dont l'inscription à France Travail est obligatoire depuis le 1er janvier 2026, ce sont plus de 6 millions de personnes qui pourraient se voir profiler chaque mois par l'algorithme4.
À ce jour, nous disposons seulement de la liste des 26 variables utilisées par l'algorithme, mais nous ne connaissons pas les règles utilisées dans la construction des profils5. Nous ne sommes donc pas en mesure de déterminer, via des simulations, quelles populations sont les plus ciblées par cet outil. Nous avons fait une demande d'accès au code source de l'algorithme mais, eu égard à l'opacité qu'entretient France Travail vis-à-vis de ses outils numériques, il est peu probable qu'elle aboutisse.
Parmi les catégories de variables retenues, notons notamment celles relatives aux « activités déclarées », à la « visibilité du demandeur d'emploi » (par exemple si le CV est en ligne sur le site de France Travail), à la recherche d'un travail dans un « métier en tension », au « niveau de formation », à « l'ancienneté d'inscription », ou encore à « l'historique des manquements » (absence à un rendez-vous par exemple). On retrouve également la présence d'une activité non salariée, critère par ailleurs utilisé par la CNAF dans son dernier algorithme de scoring pour dégrader la note des personnes en emploi précaire.
Mais l'absence de transparence quant aux règles de classification de l'algorithme ne doit pas masquer l'essentiel. Comme le montrent les exemples de la CNAF et de la CNAM, ces algorithmes sont dangereux en eux-mêmes, car ils sont des outils particulièrement efficaces pour organiser, en toute impunité, la répression de populations entières, et en particulier des plus vulnérables.
En premier lieu car, comme nous l'avions documenté en détail dans le cas de la CNAF, l'introduction d'algorithmes dopés à l'IA ou au « machine learning » dépolitise la question du contrôle social et des violences associées. France Travail ne fait pas exception : le document présenté à son comité d'éthique avance, dans un paragraphe intitulé « Pourquoi recourir à l'IA ? », que cette dernière permettrait une « suppression des a priori » en proposant « des dossiers à contrôler sur la base de critères objectifs ».
Ce que l'on observe ici c'est la transformation d'un problème politique – le choix des critères de sélection des personnes à contrôler – en un problème purement technique. Cette dépolitisation s'accompagne d'une délégitimation de la critique des politiques de contrôle, puisque ces dernières sont désormais censées être « neutres » et « objectives ». Elle procède également d'une déresponsabilisation des dirigeant·es qui n'ont plus à assumer, en leur nom, les politiques qui conduisent au ciblage de certaines catégories de personnes.
Ajoutons enfin que le profilage algorithmique est utilisé pour invisibiliser le caractère discriminatoire des politiques de contrôle à travers l'individualisation du processus de sélection. Nul·le n'est contrôlé·e parce qu'il ou elle fait partie de telle ou telle population, mais parce que son « score » individuel s'est détérioré.
À cela s'ajoute l'opacité qui entoure le code des algorithmes de profilage. En permettant aux responsables des institutions sociales de taire la réalité du tri social organisé, elle complique considérablement la mise en lumière de leurs dérives.
On rappellera ici que, dans le cas de la CNAF, le code source de l'algorithme n'a été obtenu qu'après une longue bataille juridique et médiatique, tandis que celui de l'Assurance maladie ne l'a été qu'à la faveur d'une erreur de caviardage par l'administration. Pendant des années, l'absence de publication des paramètres de ces algorithmes a permis à ces institutions d'organiser le sur-contrôle de certaines populations (femmes isolées, personnes au RSA, personnes en situations de handicap…) sans jamais avoir à rendre de comptes. Pire, les dirigeant·es de ces institutions ont profité de cette opacité pour aller jusqu'à se vanter du recours à des outils de « modernisation » à la « pointe de la technologie ».
Ce risque est particulièrement fort concernant France Travail. Car, loin de la communication de sa direction vantant un recours à une IA « éthique » et « transparente »6, toutes nos demandes d'accès au code des IA utilisées par France Travail sont, à ce jour, restées lettres mortes. En violation flagrante de la loi, France Travail a notamment refusé de nous communiquer la moindre information sur des IA aussi sensibles que celles utilisées pour échanger par SMS afin de proposer des offres d'emplois à des usager·ères (MatchFt) ou celle que France Travail a généralisé auprès de ses conseillers afin de les aider dans leurs tâches quotidiennes (ChatFt)7. Pire, dans ces deux cas, l'institution n'a même pas pris la peine de motiver sa décision auprès de la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) – l'institution chargée d'indiquer si ces refus sont légaux ou pas – lorsque nous l'avons saisie.
Le développement de ce nouvel outil de profilage s'inscrit dans un contexte plus large de multiplication des outils numériques de contrôle au sein de France Travail. Rien que l'année dernière, nous alertions déjà sur le déploiement de « robots » visant à automatiser la décision de clore ou non un contrôle. Ces « robots » intervenaient lors du contrôle lui-même, alors que le nouvel algorithme intervient en amont, lors de la sélection des personnes à contrôler.
Ce qui se dessine, c'est la volonté d'automatiser l'ensemble de la chaîne de contrôle afin de répondre aux objectifs gouvernementaux de massification des contrôles, dont le nombre est passé de 200 000 en 2017 à 730 000 en 2025. En 2027, l'objectif fixé par le gouvernement est d'en réaliser 1,5 millions8.
Mais c'est du côté de l'IA générative que les risques les plus importants existent aujourd'hui. Alors que France Travail multiplie le développement d'IA (ChatfT, NeoFt, MatchFT…), on ne peut que s'attendre à ce qu'une IA générative soit déployée à des fins de contrôle. Connectée au dossier de la personne contrôlée, elle formulerait une « suggestion » quant à la décision à prendre par le ou la contrôleur·euse. Ce serait une étape décisive vers une automatisation totale du contrôle de la recherche d'emploi et la possibilité de massifier, à moindre coût, le contrôle et la surveillance des millions de personnes inscrites à France Travail.
Il est fondamental que France Travail change de politique. Celle qui se dessine, une automatisation toujours plus inhumaine du contrôle, doit être rejetée. Il est encore plus inquiétant de voir que les dirigeant·es de France Travail ne veulent pas voir la réalité sociale de leur politique de contrôle et préfèrent s'enfermer dans la douce mélodie du solutionnisme technologique. Alors pour nous aider à continuer la lutte, vous pouvez nous faire un don et retrouvez l'ensemble de nos publications sur l'utilisation par les organismes sociaux d'algorithmes à des fins de contrôle social sur notre page dédiée.
Jour de mai, la rédac du Journal CQFD reçoit une lettre d’un mystérieux abonné. Il est fait prisonnier à Riom pour avoir tenté d’incendier un McDonald, en signe de protestation contre le génocide à Gaza. Il s’appelle Ghislain Bellorget et il a 85 ans.
Que deviennent les anarchistes quand ils vieillissent ? Beaucoup s’évanouissent dans la nature, se dispersent ou se fatiguent tout simplement. Peut-être sont-ils comme les moineaux de Pagnol qui « disparaissent, un jour, sans laisser de squelette ». Mais d’autres restent, éléments insolubles dans le capitalisme. Ghislain Bellorget fait partie de ceux-là.
Le 24 avril 2026, il nous écrivait depuis sa cellule de prison. Un mois plus tard, on reçoit une lettre sur papier fin, où court une écriture singulière : une sorte de tremblement qui donne à la prose un air de flamme. Il faut le dire, l’homme a un côté explosif : il a été arrêté le 30 juillet 2025, pour une affaire de tentative d’incendie d’un McDo, à Clermont-Ferrand, en 2024.
« Cher CQFD,
Je viens de recevoir votre journal, hélas je suis hébergé à la prison de Riom depuis le 1er août 2025. Quelques jours avant, je suis parti de chez moi à 4 heures du matin direction Clermont-Ferrand. J’ai déposé un bidon incendiaire derrière le McDo du centre-ville et j’ai signé avec un drapeau israélien coupé en deux. Le Raid est venu me réveiller quatre jours plus tard. J’ai commis cet acte pour les Palestiniens de la bande de Gaza !
Bien à vous, Ghislain.
PS : L’engin n’a pas fonctionné.
PS Bis : J’ai fêté mes 85 ans en prison ! »
Ghislain n’est pas le premier libertaire à nous écrire de sa prison : pendant des années, Jean-Marc Rouillan, membre d’Action directe avait tenu une chronique pour CQFD. Mais c’est vrai qu’à la rédac, on est un peu fleur bleue. Et les lettres d’amour (et de revendication politique), c’est d’un romantisme… Irrésistible !
L’introuvable Ghislain
Donc on se met en quête dudit poseur de bombe. Déjà, Ghislain est bien dans nos fichiers d’abonnés, mais personne à la rédac n’en a entendu parler. Les premières recherches ne dévoilent pas grand-chose, à part quelques articles sur une exposition de photos de voyage d’un photographe de presse à la retraite. Il pourrait être un obscur vieux monsieur mordu d’expéditions. Mais en creusant un peu, on tombe sur deux émissions d’une radio libertaire à propos de ses tribulations pendant la guerre du Vietnam. Puis un article de correspondant pendant la guerre soviéto-afghane dans la revue libertaire Agora. Le zigue a l’air d’avoir une vie diablement rythmée !
Mais pas facile de causer avec lui… Le standard du centre pénitentiaire de Riom nous envoie poliment nous faire cuire le cul, donc on harcèle le maire et les commerçants de son village pour avoir un proche. Sans succès : « Monsieur Bellorget ? Ça fait longtemps qu’on l’a pas vu par ici, je ne crois pas qu’il soit chez lui en ce moment. » Sans blague ! Et puis, un jour, alors que tout espoir commence à s’évanouir, un camarade en dilettante à la rédac me dit : « Un anar auvergnat en prison ? Mon coloc doit avoir son contact ! » La vie est subtilement malicieuse.
Allô CQFD ?
Je décroche le téléphone. Au bout du fil : une voix vive et rieuse. Ghislain m’apprend – je tombe de ma chaise – qu’il a obtenu sa remise en liberté provisoire le 22 mai. Désormais retranché dans sa petite maison de la montagne bourbonnaise, il se bat contre une végétation qui n’a pas attendu la fin de ses dix mois de taule pour reprendre ses droits. Et puis, il attend son procès. Il raconte volontiers ses aventures même si, sur les sujets plus sensibles, il m’oppose un élégant, mais non moins définitif : « Je ne peux pas répondre à ta question. »
Son arrestation ne semble pas l’avoir beaucoup ému. « Le Raid chez moi, ça a été assez violent. Mais pour tout te dire, je savais ce que je risquais. Ils sont arrivés en tirant des balles à blanc qui font le même bruit que des balles réelles. Ils sont entrés dans ma chambre sans arrêter de tirer, tout ça pour un type de presque 85 ans. Du cinéma. »Après quoi, la machine s’est mise en route : police judiciaire de Clermont, agents de déminage de Lyon, incarcération à la prison de Riom. Là-bas, il est envoyé, dans le « module de respect », nouvelle lubie de l’administration carcérale pour faire passer son activité comme un acte d’humanisme : « On est en cellule individuelle, on a des promenades le matin ET le soir. » Mazette, qui voudrait de la liberté après ça ? Ghislain ne semble pas avoir été davantage traumatisé par son séjour. « Les gens ne m’emmerdaient pas. Faut dire que j’étais le plus âgé. Enfin, il paraît qu’il y avait un monsieur de 86 ans, mais il était dans un autre quartier. Je faisais du yoga dans ma cellule et je lisais beaucoup. » Cet épisode ne semble pas l’intéresser plus que ça. Faut dire qu’il a vécu des moments marquants.
D’abord, son expérience en 1965 d’instit à Da Nang, une petite ville du sud Vietnam, où il fait tache dans la société d’expat’ aimablement colonialistes. Il sympathise avec des mouvements étudiants, s’oppose à la bigoterie de sa hiérarchie…
« Après plusieurs petits incidents diplomatiques, le proviseur et le vice-consul m’ont renvoyé en France. »
Chassé par la porte, il rentre par la fenêtre : il retourne au Vietnam comme photographe de presse pendant cinq ans, en pleine guerre entre le sud et le nord. Une de ses photos, rejetée par son agence de presse, aura d’ailleurs un destin glorieux. On y voit une main écorchée pendue dans des barbelés. Elle est récupérée, à son insu mais pour sa plus grande satisfaction, par le mouvement antimilitariste. Associée au slogan « L’armée recrute… elle te tend la main », elle devient un classique des tracts contre la conscription. Puis, en mai 1968, il hésite à rentrer : « Je me suis dit, si c’est une révolution, ça durera plus d’un an… » Hélas, l’histoire a tranché.
« Je n’ai jamais arrêté de voyager, j’ai visité plus de 80 pays grâce à mon travail de photographe. » Parmi ses péripéties, d’autres guerres civiles : Afghanistan, Irlande du Nord, puis Palestine (Cisjordanie) en 2003. Mais ce n’était pas son premier voyage là-bas : en 1962, il s’était déjà rendu dans un kibboutz tout au nord d’Israël. « À l’époque je ne connaissais rien des Palestiniens, je n’avais pas entendu parler de la Nakba et pour moi, la vie là-bas, c’était l’expérience de l’utopie communautaire. »
Le réveil est brutal : « J’ai vu leur quotidien. Le plus choquant, c’est que l’histoire n’a cessé d’empirer. Encore il y a quelques jours, un ami palestinien m’a envoyé des vidéos de blindés en train de déverser des produits toxiques sur des terres cultivables palestiniennes. » Il y retourne en 2009, puis en 2015. En 2013, il tente même d’entrer à Gaza par l’Égypte, sans succès. « Je suis militant libertaire depuis longtemps. Mais c’est l’internationalisme qui m’a toujours tenu le plus à cœur. Ma première manif, c’était contre le franquisme. On descendait la rue Mouffetard, il devait y avoir 60 personnes pour quatre organisations [rire]. On partait de loin à l’époque. » Sûrement une manière de rester optimiste face à nos maigres victoires depuis. En attendant Ghislain, le Chien rouge te souhaite de bien profiter de ta liberté. Compte sur nous pour continuer d’aboyer avec toi : « Palestine vaincra ! »
Malo Toquet
https://rebellyon.info/La-vieillesse-emmerde-l-Etat-colonial-40073
Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l’Auvergne-Rhône-Alpes.
Le dispositif a été découvert lors d’un changement d’autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l’autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l’alim de l’autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l’auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !

Indymedia Nantes / mercredi 29 juillet 2026
Dimanche dernier, le préfet s’est réveillé avec une douleur abdominale si vive qu’on aurait dit un tremblement de terre.
La cause ?
Un cauchemar éveillé : le projet de Centre de Rétention d’eau Administrative s’était effondré sous le poids des protestations, et surtout, le souvenir brutal d’une décision idiote cruelle. La semaine précédente, dans un élan de zèle mal placé, il avait validé l’installation de grilles de sécurité le long de la route du projet de CRA dans la forêt. Vers 3 heures du matin, une vision hantait ses yeux : celle des images de la Gironde, où des incendies dévastateurs ravagaient des paysages entiers. Les animaux de la forêt étaient pris dans le brasier, les pompiers ne pouvaient pas intervenir faute d’accès.
La peur de voir son champ de manœuvres devenir un brasier l’avait saisi à point. « Mais pourquoi ai-je fait ça ? » se hurla-t-il à lui-même en se redressant dans son canapé « Mais quel con, c’est de la folie ! ». D’un bond, il sauta du lit, enchaîna ses charentaises et fonça vers la maison d’arrêt voisine du projet, décidé à corriger ses erreurs dans la nuit. Mais quelle ne fut pas sa surprise ! Il réalisa, une fois sur place, qu’il avait oublié ses outils. Et pour couronner le tout, il portait toujours ses charentaises et son pyjama à carreaux, totalement inadaptés à la marche dans les ronces épineuses.
« Bon sang, je suis un préfet, pas un clown ! »
grommela-t-il en rebroussant chemin en trombe.
Il retourna chez lui, récupéra des clés et enfila des bottes robustes, prêtes à affronter les ronciers. Revenu sur les lieux, il se lança dans une tâche titanesque : déboulonner toutes les grilles, retirer des plots en béton et tout jeter dans les ronces. Pendant trois heures, il travailla comme un forcené, suant à grosses gouttes, les vêtements collés à la peau. Le lendemain, il n’irait pas à la salle de sport.
« C’est du sport, » se dit-il en essuyant son front dégoulinant,
« réparer ses propres conneries, c’est levrai workout ! »
Quant aux moutons de Lidl et aux chevreuils du champ de manœuvres, ils ont bien rit de cette scène nocturne, voyant un préfet en charentaises, puis en bottes, se battre contre des plots de béton, des grilles en alu et les ronces. Le pire c’est quand il marcha sur les pattes d’un blaireau qui aussitôt lui croqua les guiboles.
Le lendemain, un journaliste local, intrigué par la disparition des grilles, tenta de percer le mystère. En arrivant sur place, il trouva le préfet, épuisé, en train de manger une baguette de pain rassis et du pâté Enaff, assis sur un plot de béton qu’il avait lui-même arraché.
« Vous avez vu les moutons de Lidl ? » lui demanda-t-il, les yeux cernés.
« Ils m’ont jugé ! Ils ont ri de mes charentaises ! »
Le préfet, le souffle court, ajouta : « Je pensais faire une œuvre utile, mais en réalité, je suis devenu le sujet d’une comédie animalière. »
Les moutons, de leur côté « rire de plus Bêle »,
tandis que le blaireau ne pouvait plus s’arrêter de rire du fond de son trou.
Bon en vrai, c’est pas comme ça que ça s’est passé. Les animaux qui rigolent du préfet, passe encore, mais un préfet qui a des scrupules, on se doute que vous n’y avez pas vraiment cru. La vérité, c’est qu’à défaut de prise de conscience du préfet, on a du s’en charger nous même, et on peut vous dire qu’on s’est bien amusés. La prochaine fois, on vous invitera. Les risques juridiques sont très limités, le cadre est sympa et il y a dans l’air un délicieux parfum de subversion.
À bientôt !
Et, selon un commentaire à l’article ci-dessus, « Les barrières ont été remises en place mardi dernier. Des gens sont chauds pour y aller ? C’est rue de la Mainguais, au niveau de l’arrêt de bus « Nouveau Bêle ». […] Prévoir une clé à molette ou un jeu de clés plates.»
Une vidéo (on en trouvera d’autres sur Indymedia Nantes)
Indymedia Nantes / samedi 1er août 2026
Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l’Auvergne-Rhône-Alpes.
Le dispositif a été découvert lors d’un changement d’autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cache plastique sous l’autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l’alim de l’autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l’auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
reçu par mail / jeudi 29 juillet 2026
Si la réception de la brochure a été assez largement positive – du moins dans les quelques retours reçus – elle a aussi suscité de vives attaques, principalement concernant la partie sur les « leurres identitaires ». Cela a même valu quelques mots doux lors d’une causerie dans des rencontres anarchistes, certaines personnes qualifiant le texte de « raciste » et « transphobe ». Au passage, à titre perso, quand je considère que quelqu’un porte une position raciste et/ou transphobe, surtout dans ce genre d’espace, j’essaie de faire en sorte de le virer, et si je n’y parviens pas, je me casse. Mais il semble que porter jusqu’au bout les conséquences de sa pensée exprimée ne soit pas un principe de base pour tout le monde.
Cela a aussi valu d’assimiler les positions tenues dans la brochure à celles de Vanina, autrice du bouquin Les leurres postmodernes contre la réalité sociale des femmes, ainsi qu’à Tomjo, co-auteur de Mes vacances à Saint-Imier chez les agresseurs bienveillants et compagnon de route de PMO. Pour que les choses soient claires : je ne partage pas du tout les mêmes positions et suis en général en partie d’accord avec les critiques qui leur sont faites. Vanina, par exemple, me semble homogénéiser les mouvements queers et intersectionnels, pourtant traversés de tendances contradictoires, pour en faire une des causes principales de l’affaiblissement du féminisme révolutionnaire (ce qui n’en fait pas, comme j’ai pu l’entendre et le lire, une « facho » ou autre insulte de ce goût-là). Tomjo ne se contente pas de son côté d’homogénéiser queers, intersectionnel-les, wokes, postmodernes ou déconstruits, il reprend des clichés réacs certes avec style, mais surtout avec un ton méprisant.
Je dois dire que j’ai été étonné, puisque la critique dans la brochure porte sur les logiques réformistes issues des politiques identitaires (et poursuit ainsi un travail critique des pièges réformistes entamé dans les parties précédentes sur l’autogestion, poursuivi sur les projets de retour à la terre, l’expérience de la ZAD de NDDL, l’antifascisme ou l’électoralisme). Le texte n’est en rien une critique des dynamiques anarchistes et révolutionnaires du mouvement queer, mouvement dont il n’est pas question dans la brochure, et encore moins des personnes s’engageant dans un processus de transition. Il s’agit en fait de critiquer des logiques réformistes, comme il y en a dans un certain antifascisme, féminisme, milieu alterno, etc. Et ces critiques sont d’ailleurs portées depuis l’intérieur même du mouvement queer. Critiquer les théories foucaldiennes sur le pouvoir me semble aussi très utile, tant elles se sont imposées jusque dans le mouvement anarchiste. De même, il me semble important de rappeler que l’individu-e, dans un sens anarchiste, est bien plus large que toutes les cases identitaires. D’ailleurs, le mouvement queer a participé à sa manière à faire éclater ces cases. L’étonnement passé, il faut bien avouer que le texte aurait gagné à rappeler qu’il existe des dynamiques plus intransigeantes et plus intéressantes. Je ne les ignore pas et essaie de participer à en diffuser les positions depuis bien des années (George Jackson Brigade, Queer ultraviolence, Ma randonnée sans balise, Trans n’est pas transhumanisme, etc.). Il aurait très certainement fallu les évoquer, d’autant que cette brochure circule en-dehors du mouvement anarchiste (et c’est une très bonne chose et un objectif). Il s’agit là effectivement d’une erreur.
Cela aurait en outre peut-être permis d’empêcher – ou du moins de limiter, tant le sujet semble sensible et propice aux vives réactions – les extrapolations faites sur le texte, comme par exemple concernant la mixité choisie. Il n’en est pas question dans le texte, mais certaines personnes ont curieusement cru y voir une critique de la mixité choisie. Je n’ai aucun souci avec ça, au contraire, je considère que cela peut être un outil utile (tant que ça ne devient pas une fin en soi). Et les gens sont de toute façon libres de s’autoorganiser comme ils et elles le souhaitent ! Il y a toutefois des critiques portées qui me semblent injustes, comme par exemple sur le fait que la brochure oublierait le patriarcat. Certes, ce n’est probablement pas assez développé (comme bien d’autres sujets, comme l’enfermement). Ce n’est qu’une brochure sur un sujet bien vaste… Il est tout de même fait référence à La Voix des Femmes et aux Mujeres Libres, par exemple et entre autres. Il y a surtout l’évocation du soulèvement en Iran aux cris de Femme ! Vie ! Liberté ! dès l’introduction, choix qui n’est évidemment pas fait au hasard, mais bien pour rendre explicite dès le départ l’idée que la lutte contre le patriarcat (et la religion) fait partie des fameuses perspectives révolutionnaires à ouvrir. Mais quand on ne veut pas voir…
Je rappelle donc la partie centrale de ce chapitre, qui me semble assez claire pour éliminer tout soupçon de racisme, de transphobie ou autre position nauséabonde :
« S’il existe une lutte centrale, c’est celle pour arracher des pans d’autonomie, pour la maîtrise de sa vie et de son propre corps, pour l’appropriation des finalités de ses activités, pour le contrôle de ses gestes et de ses décisions, pour la possibilité de rencontrer autrui dans un rapport égalitaire. L’individu-e fait donc bien ce qu’il veut de son cul et de sa vie. Automatic word wrap
Il y a il me semble une erreur sur ce qu’est et a toujours été la question sociale. La question sociale a toujours été plus large que la lutte des classes entre bourgeois et prolétaires, ou que le clivage entre riches et pauvres. Le système actuel a émergé du fait du mouvement des enclosures et de la mise en propriété des terres contre les paysans et paysannes, de la mise au travail sous la contrainte, de la radicalisation de la misogynie, de la traite ‘’négrière’’ et de la colonisation, de la famille nucléaire qui s’est imposée. Elle inclut dès le départ la domination masculine, le racisme, le contrôle de la sexualité et de la vie quotidienne. Il en découle que pas plus que de conflit central, il n‘existe de sujet révolutionnaire. La question sociale qui prévaut est probablement celle de la négativité ou non de la hiérarchie et du pouvoir ; de la lutte contre toute forme d’exploitation et de domination, donc ».
Il n’y a pas de lutte prioritaire sur d’autres, et le patriarcat est un système de domination plus ancien que l’Etat et le Capital, complètement déployé chez des chasseurs-cueilleurs comme les Aborigènes australiens par exemple. Renverser l’Etat et détruire le capitalisme ne suffira pas à en finir avec l’inceste ou la culture du viol.
La fin de cette partie est peut-être un peu maladroite, lorsque le texte essaie de dégager des cibles qui seraient plus stratégiques. Pour certains et certaines, elles oublieraient le patriarcat et le colonialisme. Il me semble pourtant que l’industrie militaire ou les frontières, par exemple, sont des cibles assez explicites aussi contre le patriarcat et le colonialisme… et sont par ailleurs des piliers de l’ordre établi empêchant toute possibilité de changement réel dans la vie quotidienne, et donc de construction d’un monde nouveau plus désirable dans lequel pourraient s’épanouir des relations débarrassées du pouvoir – y compris sur les corps et la sexualité, et même dans le cercle intime.
La réception d’une brochure, y compris quand elle est positive, peut décidément réserver des surprises. Cela a été le cas du côté d’ « anarchistes » explicitement religieux et très complaisants avec des groupes autoritaires et antisémites comme le Hamas. Il y a pourtant une critique explicite des luttes de libération nationale et de ce genre de groupes dans la brochure, ainsi qu’une occurrence de l’expression « sans dieux ni maîtres ». Je rappelle toutefois, pour que les choses soient claires, que je suis convaincu que la perspective révolutionnaire contre tout pouvoir ne peut être que critique de la religion.
La brochure La flamme d'or. Ouvrir des perspectives révolutionnaires est dispo ici : https://trognon.info/Brochure-Ouvrir-des-perspectives-revolutionnaires-926
Si la réception de la brochure a été assez largement positive – du moins dans les quelques retours reçus – elle a aussi suscité de vives attaques, principalement concernant la partie sur les « leurres identitaires ». Cela a même valu quelques mots doux lors d'une causerie dans des rencontres anarchistes, certaines personnes qualifiant le texte de « raciste » et « transphobe ». Au passage, à titre perso, quand je considère que quelqu'un porte une position raciste et/ou transphobe, surtout dans ce genre d'espace, j'essaie de faire en sorte de le virer, et si je n'y parviens pas, je me casse. Mais il semble que porter jusqu'au bout les conséquences de sa pensée exprimée ne soit pas un principe de base pour tout le monde.
Cela a aussi valu d'assimiler les positions tenues dans la brochure à celles de Vanina, autrice du bouquin Les leurres postmodernes contre la réalité sociale des femmes, ainsi qu'à Tomjo, co-auteur de Mes vacances à Saint-Imier chez les agresseurs bienveillants et compagnon de route de PMO. Pour que les choses soient claires : je ne partage pas du tout les mêmes positions et suis en général en partie d'accord avec les critiques qui leur sont faites. Vanina, par exemple, me semble homogénéiser les mouvements queers et intersectionnels, pourtant traversés de tendances contradictoires, pour en faire une des causes principales de l'affaiblissement du féminisme révolutionnaire (ce qui n'en fait pas, comme j'ai pu l'entendre et le lire, une « facho » ou autre insulte de ce goût-là). Tomjo ne se contente pas de son côté d'homogénéiser queers, intersectionnel-les, wokes, postmodernes ou déconstruits, il reprend des clichés réacs certes avec style, mais surtout avec un ton méprisant.
Je dois dire que j'ai été étonné, puisque la critique dans la brochure porte sur les logiques réformistes issues des politiques identitaires (et poursuit ainsi un travail critique des pièges réformistes entamé dans les parties précédentes sur l'autogestion, poursuivi sur les projets de retour à la terre, l'expérience de la ZAD de NDDL, l'antifascisme ou l'électoralisme). Le texte n'est en rien une critique des dynamiques anarchistes et révolutionnaires du mouvement queer, mouvement dont il n'est pas question dans la brochure, et encore moins des personnes s'engageant dans un processus de transition. Il s'agit en fait de critiquer des logiques réformistes, comme il y en a dans un certain antifascisme, féminisme, milieu alterno, etc. Et ces critiques sont d'ailleurs portées depuis l'intérieur même du mouvement queer. Critiquer les théories foucaldiennes sur le pouvoir me semble aussi très utile, tant elles se sont imposées jusque dans le mouvement anarchiste. De même, il me semble important de rappeler que l'individu-e, dans un sens anarchiste, est bien plus large que toutes les cases identitaires. D'ailleurs, le mouvement queer a participé à sa manière à faire éclater ces cases. L'étonnement passé, il faut bien avouer que le texte aurait gagné à rappeler qu'il existe des dynamiques plus intransigeantes et plus intéressantes. Je ne les ignore pas et essaie de participer à en diffuser les positions depuis bien des années (George Jackson Brigade, Queer ultraviolence, Ma randonnée sans balise, Trans n'est pas transhumanisme, etc.). Il aurait très certainement fallu les évoquer, d'autant que cette brochure circule en-dehors du mouvement anarchiste (et c'est une très bonne chose et un objectif). Il s'agit là effectivement d'une erreur.
Cela aurait en outre peut-être permis d'empêcher – ou du moins de limiter, tant le sujet semble sensible et propice aux vives réactions – les extrapolations faites sur le texte, comme par exemple concernant la mixité choisie. Il n'en est pas question dans le texte, mais certaines personnes ont curieusement cru y voir une critique de la mixité choisie. Je n'ai aucun souci avec ça, au contraire, je considère que cela peut être un outil utile (tant que ça ne devient pas une fin en soi). Et les gens sont de toute façon libres de s'autoorganiser comme ils et elles le souhaitent ! Il y a toutefois des critiques portées qui me semblent injustes, comme par exemple sur le fait que la brochure oublierait le patriarcat. Certes, ce n'est probablement pas assez développé (comme bien d'autres sujets, comme l'enfermement). Ce n'est qu'une brochure sur un sujet bien vaste… Il est tout de même fait référence à La Voix des Femmes et aux Mujeres Libres, par exemple et entre autres. Il y a surtout l'évocation du soulèvement en Iran aux cris de Femme ! Vie ! Liberté ! dès l'introduction, choix qui n'est évidemment pas fait au hasard, mais bien pour rendre explicite dès le départ l'idée que la lutte contre le patriarcat (et la religion) fait partie des fameuses perspectives révolutionnaires à ouvrir. Mais quand on ne veut pas voir…
Je rappelle donc la partie centrale de ce chapitre, qui me semble assez claire pour éliminer tout soupçon de racisme, de transphobie ou autre position nauséabonde :
« S'il existe une lutte centrale, c'est celle pour arracher des pans d'autonomie, pour la maîtrise de sa vie et de son propre corps, pour l'appropriation des finalités de ses activités, pour le contrôle de ses gestes et de ses décisions, pour la possibilité de rencontrer autrui dans un rapport égalitaire. L'individu-e fait donc bien ce qu'il veut de son cul et de sa vie.
Il y a il me semble une erreur sur ce qu'est et a toujours été la question sociale. La question sociale a toujours été plus large que la lutte des classes entre bourgeois et prolétaires, ou que le clivage entre riches et pauvres. Le système actuel a émergé du fait du mouvement des enclosures et de la mise en propriété des terres contre les paysans et paysannes, de la mise au travail sous la contrainte, de la radicalisation de la misogynie, de la traite ‘'négrière'' et de la colonisation, de la famille nucléaire qui s'est imposée. Elle inclut dès le départ la domination masculine, le racisme, le contrôle de la sexualité et de la vie quotidienne. Il en découle que pas plus que de conflit central, il n‘existe de sujet révolutionnaire. La question sociale qui prévaut est probablement celle de la négativité ou non de la hiérarchie et du pouvoir ; de la lutte contre toute forme d'exploitation et de domination, donc ».
Il n'y a pas de lutte prioritaire sur d'autres, et le patriarcat est un système de domination plus ancien que l'Etat et le Capital, complètement déployé chez des chasseurs-cueilleurs comme les Aborigènes australiens par exemple. Renverser l'Etat et détruire le capitalisme ne suffira pas à en finir avec l'inceste ou la culture du viol.
La fin de cette partie est peut-être un peu maladroite, lorsque le texte essaie de dégager des cibles qui seraient plus stratégiques. Pour certains et certaines, elles oublieraient le patriarcat et le colonialisme. Il me semble pourtant que l'industrie militaire ou les frontières, par exemple, sont des cibles assez explicites aussi contre le patriarcat et le colonialisme… et sont par ailleurs des piliers de l'ordre établi empêchant toute possibilité de changement réel dans la vie quotidienne, et donc de construction d'un monde nouveau plus désirable dans lequel pourraient s'épanouir des relations débarrassées du pouvoir – y compris sur les corps et la sexualité, et même dans le cercle intime.
La réception d'une brochure, y compris quand elle est positive, peut décidément réserver des surprises. Cela a été le cas du côté d' « anarchistes » explicitement religieux et très complaisants avec des groupes autoritaires et antisémites comme le Hamas. Il y a pourtant une critique explicite des luttes de libération nationale et de ce genre de groupes dans la brochure, ainsi qu'une occurrence de l'expression « sans dieux ni maîtres ». Je rappelle toutefois, pour que les choses soient claires, que je suis convaincu que la perspective révolutionnaire contre tout pouvoir ne peut être que critique de la religion.
https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2026/08/01/juillet-2026-a-calais/
AU MOINS SEPT PERSONNES MORTES EN JUIN Le 10/07/26, un homme soudanais a été retrouvé mort sur la plage du Touquet. Il tentait la traversée avec sa femme et ses enfants qui ignorant qi'il n'était pas à bord se retrouvent seul.es en UK. Impossible pour elleux de voir le corps et d'assister aux funérailles. Le 23/07/26, le corps d'un homme a été découvert sur la plage de Berck-sur-mer. Le 27/07/26, le corps d'un homme a été (...)
La brochure est téléchargeable là
Page par page :
Cahier :
Et sinon voilà le texte :
Suis-je un.e bon.ne allié.e ?
La question se pose ces dernières années et on ressent souvent une peur de ne pas être quelqu'un.e de suffisamment déconstruit.e, de ne pas être suffisamment présent.e dans la lutte contre les oppressions et les dominations.
Mais c'est quoi être un.e allié.e au juste ? Et en quoi serait il/elle/iel bon.ne, mauvais.e, bof ? Et pourquoi l'utilisation de ce terme est-elle devenue omniprésente dans nos espaces de lutte, dans nos vies ?
Et allié.e de quoi ? de qui ? par rapport à quoi ? contre quoi / qui ?
Qu'est-ce qui est important dans mes rapports avec les autres ? Qu'est-ce qui fait que je vais avoir envie de rencontrer, ou pas, une personne, de m'organiser avec ?
Son identité ? Ses comportements ? Ses perspectives ? Ses pratiques et ses idées ?
Par "nous" on entend les gens qui vivent sur cette foutue planète en 2026.
Cela dit, dans ce texte, le "nous" pourra aussi renvoyer à ses autrices, qui sont au nombre de deux. Quatre mains, quatre yeux, deux cerveaux, à essayer de décortiquer les processus que nous voyons dans nos milieux (queer-féministes-anarchistes...), qui ne nous satisfont pas, voire qui créent des situations problématiques. Nous tenterons aussi de poser des perspectives et des envies, inspirées par des discussions collectives hyper intéressantes et des situations de conflits plutôt déprimantes.
On espère que ce texte nourrira des discussions collectives et interinviduelles, inspirant elles-mêmes d'autres textes, et autres.
De la nécessaire prise en compte des oppressions
Pour commencer on voudrait souligner en quoi la prise en compte des oppressions systémiques et leurs conséquences, on trouve ça nécessaire, logique et important.
Les oppressions sont des systèmes de hiérarchie, d'exploitation et de discrimination, de certains groupes par rapport à d'autres. Quand on subit une oppression, on le ressent dans beaucoup d'aspects de nos vies. Ça entraîne des conséquences sur comment on se construit, et donc sur notre personnalité, sur notre confiance en nous, sur ce qui nous semble normal ou pas, sur nos comportements. Mais aussi sur la thune qu'on a, sur nos codes sociaux, sur notre rapport aux administrations, au système judiciaire, sur les difficultés à avoir un taf, un logement, à se déplacer et à être dans les lieux. Ça joue dans nos relations avec les autres, aussi bien avec les gens dans la rue qu'avec nos proches. C'est impossible de faire une liste exhaustive de toutes les conséquences des oppressions dans nos vies parce que c'est omniprésent et complexe.
Pour donner quelques exemples, à un niveau individuel, les oppressions ça fait qu'il y a certaines personnes qui vont avoir plus tendance que d'autres à être valorisé.es, écouté.es, à être au centre, à parler beaucoup, à couper la parole, à se faire servir, à prendre des décisions. Alors que d'autres se retrouvent plus souvent dans des positions invisibles, ou de soin auprès des autres, à rendre des services, à ne pas être pris.es au sérieux, à s'adapter aux autres, à ne pas se sentir légitime, à être mal considéré.e.
Ces oppressions existent dans tous les espaces, y compris dans des milieux "militants".
Les dominant.es peuvent avoir tendance à penser qu'iels savent mieux que les opprimé.es comment iels sont dominé.es, à quoi c'est dû, et comment il faudrait lutter pour transformer ça. Alors que les personnes qui subissent les oppressions, de manière + ou - violente, intense et quotidienne, ressentent directement les effets concrets de celles-ci. Ce sont ces personnes qui sont le plus à même d'analyser comment fonctionne cette oppression et de dire quand une personne privilégiée exerce sa domination.
Ça nous semble donc important d'écouter et de faire confiance à une personne qui parle de son vécu et qui explique en quoi tel ou tel comportement est oppressif. D'avoir un peu d'humilité, de ne pas penser tout comprendre, de remettre un peu en question ce qui nous semble évident ou "normal".
En tant que personne qui ne subit pas une oppression, on trouve nécessaire de voir comment ça nous apporte des privilèges, comment on fait (qu'on le veuille ou non) exister cette oppression dans nos rapports aux autres, et essayer de modifier nos comportements. Et par rapport à la lutte contre cette oppression, il nous semble logique de respecter les volontés de mixités choisies des personnes qui subissent l'oppression, accepter de ne pas être au centre, pouvoir à des moments faire les petites mains, ne pas être toujours dans les rôles les plus valorisés.
Plusieurs trucs qui viennent d'être dit peuvent correspondre aux comportements d'un.e "bon.ne allié.e", mais on a aussi envie de dire en quoi cette notion-là ne nous parle pas.
Les dérives de la posture d'allié.es
- Les opprimé.e.s n'auraient jamais tort ?!
Prendre en compte les oppressions est donc nécessaire. Mais ce qui ne nous va pas c'est que parfois on se retrouve à analyser des situations uniquement sous ce prisme-là. Par exemple, pour se demander qui a raison ou tort on va juste regarder qui vit quelles oppressions et privilèges et se positionner du côté de la personne la plus opprimée. Parce que, pour certaines personnes, être "un.e bon.ne allié.e" c'est avoir une confiance totale en la parole des opprimé.e.s. Comme si les personnes qui vivent des oppressions ne pouvaient jamais se planter, ni avoir des comportements violents ou oppressifs. Partant du constat que les personnes qui vivent des oppressions sont bien souvent vues comme incapables, bêtes, pas dignes de confiance, violentes ou autres, on peut comprendre qu'il y ait une volonté de contrer ces stigmates, en leur donnant au contraire beaucoup de confiance et de valorisation. Ça nous paraît important d'y faire gaffe mais c'est quand même nécessaire de pouvoir se faire des critiques, parce que tout le monde peut avoir des comportements chiants ou dominants, même les opprimé.e.s. Et surtout, on peut encaisser des critiques et des retours à propos de nos comportements, même si on est opprimé.es, pour être ainsi plus en accord avec nos positions politiques et nos valeurs.
- Les allié.es et l'immobilisme
Un autre truc qui ne nous parle pas c'est cette idée que les personnes qui ne subissent pas directement l'oppression ne pourraient pas lutter contre des aspects de cette oppression. Écouter les personnes qui vivent l'oppression, ne pas prendre toute la place, être un peu humble, ça nous semble bien, mais ça ne veut pas dire ne rien faire.
Les allié.es se reposent sur les concerné.es, les concerné.es savent. Il y a une peur généralisée de "mal faire", d'être critiqué.e parce qu'on n'a pas été un.e bon.ne allié.e, mais ça fait que plein de personnes se figent dans l'immobilisme. Et en plus on peut se rassurer en se disant "je ne suis pas concerné.e donc ce n'est pas ma place d'agir". Agir et se planter nous semble plus intéressant que de ne rien faire.
- Quels sont les moteurs à vouloir être un.e "bon-ne allié-e" ?
Pourquoi est-ce qu'on a envie d'être vu-e comme un.e "bon-ne allié-e" ? Est-ce que c'est parce qu'on a intériorisé la culpabilité d'avoir des privilèges ? Est-ce que c'est par sens moral ? Est-ce que c'est parce que ça va faire de nous de meilleures personnes ? Parce qu'on va être valorisé.e ? Est-ce que c'est par empathie et qu'on veut essayer de participer à ce que les gens vivent mieux ? Est-ce qu'il y a un petit peu de "je suis la personne qui peut sauver ces gens" ?
On pense que ça n'existe pas réellement, ce n'est pas possible ni souhaitable d'agir juste pour les autres, de lutter contre une oppression qu'on ne subit pas, juste pour soutenir les personnes qui la vivent. Parce que même quand on croit agir par pur altruisme, il y a souvent des intêrets personnels cachés, comme le fait de se sentir mieux avec soi-même parce qu'on trouve qu'on a bien agi, ou être valorisé.e par les autres. Et on préfère l'idée qu'on a besoin de lutter contre toutes les oppressions, même celles qu'on ne vit pas, parce qu'elles sont toutes imbriquées, parce qu'elles permettent à ce monde de continuer et qu'on n'en peut plus de ce monde ! On veut lutter parce que notre problème c'est que ces dominations existent et qu'on ne pourra pas être libre tant que tout le monde ne sera pas libre (oui c'est une jolie phrase, mais ce n'est pas que théorique).
- Un.e bon.ne allié-e c'est une personne safe ?
Tout le monde a intériorisé les oppressions, personne n'est "safe". Nous n'avons pas envie de viser cet idéal safe inatteignable, tout comme la perfection est ni atteignable, ni souhaitable.
Sortir de l'idéal safe aussi parce qu'une des conséquences est que si on me dit "t'as eu un comportement oppressif", je vis ça comme un échec horrible, comme si j'étais une mauvaise personne, et donc je redoute ça plus que tout. Et ça fait souvent qu'on réagit mal, sur la défensive, ou bien en mode culpa x10 000. Ce sentiment exacerbé de culpabilité fait qu'on est tourné.e vers soi parce qu'on est trop mal de ce qu'on a fait, plutôt que vers l'autre. Ou encore, ça fait qu'on va trouver des stratégies pour continuer à dominer en scred.
- La centralité de la déconstruction individuelle
Un des buts des bon.nes allié.es est de "checker ses privilèges" et de se remettre en question, c'est ça qui devient principal dans la lutte contre les oppressions. Il est ainsi central de se déconstruire, d'enlever de nous toute trace de cette société, ne plus se comporter comme ci ou comme ça, adopter les codes du milieu. Bien évidement on ne remet pas en question le fait que des efforts sont nécessaires, que les dominant.es doivent comprendre comment iels oppriment et qu'iels arrêtent de le faire au maximum pour qu'on puisse s'organiser ensemble. Mais cet aspect, ce prérequis est devenu à la fois la seule chose demandée et la seule chose possible. La lutte contre les oppressions est devenue une lutte individuelle contre soi-même, dans la même temporalité des trucs vendeurs de "devenez la meilleure version de vous-même" et autre life coaching.
Contre le déterminisme et le séparatisme
- Le déterminisme
Dans ce contexte, ce qu'on entend par déterminisme c'est l'idée que nos comportements, nos choix, nos façons d'être et de penser, bref qui on est, serait uniquement le résultat des oppressions et/ou des privilèges qui nous traversent.
Nos comportements sont souvent liés à notre construction sociale et donc malheureusement il y a des façons de faire qui se retrouvent souvent chez les gens qui ne sont pas la cible de telle ou telle oppression. Schématiquement, les mecs cis hétéros, souvent parlent beaucoup et prennent peu soin des personnes qui les entourent. Et du coup, si on a été confronté.es 200 fois aux mêmes situations, c'est logique qu'on développe un certain rejet, qu'on ait un à priori négatif, un mécanisme de protection. Mais c'est enfermant de dire « tous les mecs cis hétéro sont comme ça ». Et donc même si on a une méfiance qui se comprend, ça nous paraît important de ne pas s'en satisfaire et encore moins de la politiser, dans des théories comme la misandrie.
Et on n'a pas non plus envie de dire "tou.te.s les opprimé.e.s sont comme ça". On entend parfois des phrases du style "tu dirais pas ça si t'étais queer", ou bien "quand t'es racisé.e tu penses d'une certaine façon"... C'est comme s'il n'y avait qu'une seule manière de vivre une oppression et qu'elle définissait entièrement les gens.
Chaque personne est un être complexe, on n'est jamais uniquement la somme de nos oppressions et de nos privilèges. On refuse l'idée qu'on n'aurait aucune aucune marge de manoeuvre, que tout serait déterminé d'avance.
- Non-mixité / séparatisme : outils ou perspectives ?
La non-mixité est pour nous un outil très important. Ça donne de la force, permet de s'organiser, etc. Aussi ça peut faire du bien à des moments de se retrouver avec des personnes avec qui on a des bouts de vécu en commun. Même si ça n'est que partiel et même si c'est parfois très limité : ce n'est pas parce qu'on vit une oppression qu'on la vit de la même manière, il y a plein d'autres aspects de nos vies à prendre en compte. Mais il y a une différence entre considérer la non-mixité comme un outil, et l'envisager comme une fin en soi. Dans ce cas c'est ce qu'on appelle le séparatisme : vivre, s'organiser, avoir des relations, uniquement entre personnes qui vivent une même oppression. Pour nous, la non-mixité est nécessaire à plein de moments, mais quand même, notre but c'est de les détruire ces cases identitaires.
Sur quelles bases on s'organise avec des gens ?
- Quand les réalités vécues ça devient plus important que ce qu'on en fait
On pense que ce qu'on vit comme oppression ça entraîne des conséquences sur nos vies, sur qui on est. Mais on ne trouve pas ça suffisant, de s'organiser uniquement sur des bases identitaires, sans prendre en compte nos perspectives politiques, contre quoi on lutte et comment. Et on a l'impression que c'est souvent ça qui se passe dans des milieux notamment queer féministes. La seule chose qui importe ce sont les oppressions vécues, c'est sur ces bases-là qu'on se réunit, qu'on s'organise. Alors qu'on peut vivre des oppressions en commun et lutter contre celles-ci de manières très différentes.
Par exemple il y a pas mal de féministes qui sont ouvertement racistes.
Il y a aussi des gens dont le but c'est l'intégration dans la société, genre que la victoire ça serait qu'il y ait une personne noire, trans et handie présidente de la république. De notre côté on aurait plutôt envie qu'il n'y ait plus de république, plus d'état et donc plus de président.e.
On est d'accord que la lutte contre la transphobie, le racisme et le validisme est nécessaire, et que lutter contre certains effets des oppressions sauve littéralement des vies. On a donc certains points en commun avec celleux qui voudraient une personne noire, trans et handie président.e. Mais quand même, nos buts sont vraiment très différents, du coup comment lutter ensemble si dans le fond on ne veut pas du tout la même chose ? Ou alors peut-être qu'on peut partager des moments précis, tout en sachant les limites que ça a ?
- Critique des luttes partielles
Un des points qui ne nous parle pas dans cette idée qu'il y aurait d'un côté les allié.es et de l'autre les personnes cibles d'une oppression, c'est que ça veut dire qu'on parle d'une lutte contre une seule oppression, tournée uniquement là-dessus. Si ce qu'on veut c'est détruire profondément ce système ça ne suffit pas de lutter contre une seule oppression, c'est nécessaire de s'attaquer à toutes en même temps. Et aussi aux autres structures de domination. Lutter contre toutes les oppressions évite de les hiérarchiser, d'en mettre une comme plus importante que les autres. Évidemment c'est difficile de tout faire en même temps et parfois il faut faire des choix. Mais même dans ces cas-là on peut l'exprimer, dire que là on a mis cette lutte au centre, que ça n'est pas satisfaisant, et continuer de se demander c'est quoi nos perspectives, c'est quoi qu'on vise.
Se centrer sur une seule oppression, ou seulement quelques-unes, a souvent comme conséquence de ne lutter que pour l'obtention de droits ou de choses matérielles. Cela reste hyper important et nécessaire, évidemment, d'aider les plus opprimé.es à accéder à des choses qui leur permettront de ne pas juste mourir. Clairement.
Parfois quand on lutte pour des conditions matérielles, on se retrouve à demander des choses à des institutions (des papiers, des meilleures conditions d'enfermement ou de travail...). On peut considérer qu'il y a un côté illogique à ça parce que c'est demander de l'aide à la structure qui est la source du problème : par exemple demander des papiers à un état alors que s'il n'existait pas il n'y aurait pas besoin d'en avoir et que tout serait bien mieux ! Mais en même temps c'est parfois inévitable de se retrouver à demander des choses à des institutions qui par ailleurs nous écrasent, parce qu'elles ont un pouvoir énorme et qu'on dépend d'elles sur plein d'aspects de nos vies.
Malgré ça, on trouve ça dommage quand des gens disent que "c'est une lutte pour des personnes opprimées donc il ne faut pas être trop radical". Nous affirmons qu'il est possible de lutter pour des améliorations de condition de vie tout en gardant l'objectif de changer profondemment l'ensemble de ce système !
De l'autre côté, il y a aussi d'autres manières de lutter qui ne nous conviennent pas non plus, car elles mettent l'accent uniquement sur les perspectives révolutionnaires, sans prendre en compte comment les oppressions sont omniprésentes et ont des conséquences importantes. Et c'est super chiant quand il y a des gens qui centrent tout sur le structurel, notamment avec cette idée que "on verra après la révolution" pour s'occuper du reste.
Nous pensons qu'il est indissociable de lutter contre les oppressions au niveau systémique et au niveau inter-individuel. Il est possible de lutter à la fois pour mettre la pression, être dans un rapport de force, tout en ayant des perspectives de destruction de la société, le tout sans dissocier les effets des oppressions et leurs causes.
- Pour des complicités et de la complexité dans nos liens
Nous avons envie que les liens qui se tissent entre les personnes d'un même milieu ou d'une même lutte reposent sur d'autres ressorts que la culpabilité ou la valorisation, les postures et les hiérarchies, les trucs de "plus radical.es que moi tu meurs" ni de "plus opprimé.es que moi tu meurs".
Nous avons envie d'avoir confiance, de pouvoir faire confiance aux autres, sur leurs raisons de lutter, mais aussi une confiance ensemble, pouvoir compter sur les autres face aux dangers que cette société nous envoie à la gueule. De pouvoir se mettre en danger ensemble.
Nous voulons des complices et non pas des allié.es.
Parce que ce terme renferme les notions de réciprocité, que si t'es ma/mon complice, je le suis aussi, chose qui n'est pas présente derrière le terme "allié.e".
Parce que nous prenons au langage juridique sa notion de complicité.
Parce que complices veut dire aussi que les personnes sont impliquées dans la même histoire, dans une même aventure, ici dans une même lutte.
Parce qu'en étant complices, on peut se retrouver à s'organiser ensemble tout en étant des personnes qui subissons des oppressions différentes. Ces différences peuvent exister sans être invisibilisées et sans nous séparer.
Nous voulons des complices car nous avons besoin de partager des perspectives communes avec les gens avec qui nous luttons : la perspective de détruire ce monde, entre autres réjouissances.
Conclusion
Voilà, c'était un coup de gueule parce que ça nous énerve ces dynamiques qu'on voit dans pas mal de réseaux queer/féministes.
On a aussi envie de dire qu'on galère toujours, parce que ce n'est pas facile de trouver un équilibre entre l'idéal qu'on voudrait atteindre et la réalité qui est souvent bien plus compliquée. À plein de moments on a des doutes. Parfois on croit qu'on arrive à créer des complicités entre personnes qui vivent des oppressions et privilèges très différents, et finalement on se retrouve trop frustrées et déçues. Mais il y a aussi des moments où ça nous fait trop de bien, où on arrive à en parler, où on sent qu'avec des gens on a vraiment des envies communes de détruire ce monde et les dominations qui vont avec, à tous les niveaux. Et rien que pour ça, ça vaut le coup !
Les prochaines assemblées du 102suudessous (102 rue de la délivrande à Caen) auront lieu le jeudi 13 août à 18h30 et le jeudi 27 août à 18h30.
Le 102suudessous est squatté depuis le 19 février 2026, au 102 rue de la Délivrande à Caen. C'est une grande maison qui doit être démolie pour laisser place à un énième projet de construction immobilière de cages à lapin, porté par le promoteur 3j promotion. Faut que l'économie tourne !
Dans un contexte politique et social dans lequel il est de plus en plus difficile de faire exister des espaces de lutte et de vie collective, ce lieu est une tentative de créer un espace pour s'auto-organiser, transmettre des pratiques et des connaissances, zoner, se rencontrer, discuter, et conspirer contre l'Etat et toutes les dominations.
Le lieu s'organise en assemblées régulières qui sont des moments de discussion, de propositions et de prises de décisions collectives. L'assemblée est ouverte à tout individu qui se reconnaît dans ces perspectives ou qui serait curieuxse de les découvrir.
La maison est répartie entre espaces privés des habitant'es et espaces collectifs. Il y a notamment un dortoir collectif pour les gens qui auraient envie de rester un peu, sollicitable en se pointant avec un duvet si possible, ou par mail.
Contact : 102suudessous (at) bastardi.net
Le quartier de la Plaine, à Marseille, est connu pour ses drôles d'oiseaux, ses punks et sa jeunesse délurée. Mais on a découvert qu'il abrite une autre espèce d'illuminés : ils répondent au nom de Pèlerins d'Arès et leur prophète connaît Dieu.
Tout a commencé par un bout de papier, distribué à la sauvette sur la Canebière. En lettres capitales : « LAISSONS MOURIR POLITIQUE ET RELIGION » ; au dos, une adresse, des horaires d'ouverture et la mention sibylline : « Les Pèlerins d'Arès ». Le lieu se trouve dans une rue attenante à la Plaine, trop proche de CQFD pour ne pas y jeter au moins un œil. Sur place, on découvre un local, peinture turquoise, qui passerait facilement pour l'une de ces petites boutiques branchées de centre-ville. Celui qui ouvre ce jour-là est un trentenaire en short-T-shirt : « Vous voulez un café ? » On prend plutôt un verre d'eau et on s'assoit face à lui : « C'est quoi les Pèlerins d'Arès ? » « Les Pèlerins t'invitent à te délivrer de tes croyances pour changer le monde. » Ah.
« Tu peux prier, méditer, faire du yoga, il n'y a pas de recette ! »
À l'origine du mouvement : l'ancien prêtre orthodoxe Michel Potay. Dans les années 1970, celui-ci aurait reçu, dans sa maison de la petite localité d'Arès (Gironde), une série de révélations : Jésus, puis Dieu en personne, lui auraient livré un évangile. Sur les conseils de sa femme, Michel a tout consigné dans Le Signe ou la Révélation d'Arès, un ouvrage où se mêlent considérations sur la pénitence et charges contre toutes les formes de pouvoirs – religieux, politique, financier, social, culturel. Depuis, une communauté s'est formée autour de lui. Et si le prophète est mort récemment, en 2025, les pèlerins continuent de prêcher sa promesse : changer l'homme pour changer le monde.
L'anarchie selon ArèsLe mouvement ne semble pas avoir fait beaucoup d'émules. Mais de nombreuses villes, de Paris à Bordeaux, de Toulouse à Lille, et même en Suisse, comptent de petits groupes d'« arésiens ». En 2016, sur son blog personnel, Michel Potay présentait cette constellation comme autant d'« Anarkhia de pénitents » : des « petites unités humaines libres », affranchies « des grandes masses » dont profiteraient « le pouvoir et les ambitieux ». La politique, elle, est rarement définie mais toujours renvoyée à son péché originel : « fabriquer des lois et offenser la liberté ». Convoquant Proudhon, Élisée Reclus, Tolstoï ou encore Jacques Ellul, le prophète charge néanmoins les « anars historiques » : « Comment ces assassins pouvaient-ils croire que tuer les puissants empêcherait qu'on les remplace ? […] Seul un travail apostolique de longue haleine sera efficace. »
Récemment, l'activité du mouvement s'est emballée au contact des Gilets jaunes. Toujours sur son blog, Michel Potay recense fièrement les apparitions d'arésiens en chasuble et pancarte à la main dans la presse locale. En commentaire, un fidèle se félicite que la médiatisation du mouvement « s'intensifie depuis sa participation à la contestation », et propose la création d'un « Comité de relations publiques » chargé de porter le message et le « rôle prophétique » de Michel Potay. Une autre note de blog précise, toujours dans cette veine politico-mystique, « les revendications du Gilet jaune Michel Potay » : bâtir de « petites souverainetés françaises indépendantes », peuplées « d'humains pénitents, aimants, pardonnants, pacifiques, intelligents et libres spirituellement qui finiront par vivre en hommes de Dieu ».
Foi sans recette, recettes de la foiLa lecture du blog de Michel nous a un peu paumés, mais notre interlocuteur marseillais répond à toutes nos questions avec chaleur. Faut-il être croyant ? « Juif, bouddhiste, chrétien, musulman ou humaniste, le message d'Arès est universel. » Faut-il prier ? « Tu peux prier, méditer, faire du yoga, il n'y a pas de recette ! » Comment s'engager concrètement ? « On tient des permanences, on parle aux gens dans la rue et une fois par an, on fait un pèlerinage à Arès, mais rien d'obligatoire. » Une seule question semble le mettre dans l'embarras : si Michel Potay a tout quitté pour se consacrer à sa révélation, comment subvient-il à ses besoins ? « Dans son message, Dieu lui a dit : “Si des gens peuvent vous filer un peu de sous pendant que vous vous occupez de ça…” » On ravale notre envie de rire.
De retour à la rédac, on fouille dans les statuts de l'association. Michel Potay, « Personnalité Tutélaire », reçoit effectivement un salaire et des indemnités en sa qualité de « Prédicateur ». Le montant n'est pas indiqué. Mais le document nous apprend qu'il existe plusieurs niveaux d'engagement : les simples pèlerins ou les « Frères et Sœurs de foi » ; les « Postulants », qui demandent à rejoindre l'association ; les « Sociétaires », dont la candidature a été validée par le Comité d'administration ; les « Membres actifs », qui ont deux ans d'ancienneté et sont reconnus comme « dynamiquement et régulièrement engagés » ; enfin, les administrateurs, élus parmi ces derniers. Et si la hiérarchie peut paraître rigide, le prophète sait rassurer ses ouailles :« Je sais que vous ne faites pas partie […] du noyau dur engagé sur tous les fronts de notre foi active […], [mais je lis] votre petit courrier mensuel d'une très belle écriture accompagnant votre demi-dîme et je vous considère comme de mes très proches », répond-il à une « Sœur » dans la section commentaire de son blog.
À la fin de notre entrevue, on avait demandé à notre pèlerin si on pouvait feuilleter le livre de Michel Potay. Sur le site de l'Association pour la diffusion internationale de la révélation d'Arès, il est vendu 23 euros. Mais après une heure de discussion, il nous l'a gracieusement prêté : « Il y a quelques conseils pour prier si tu veux ! » C'est comme ça que commencent les sectes, non ?
Gaëlle DesnosQuand les Blancs sont en quête de sens, ils sont un petit nombre à aller piocher dans les savoirs des anciennes colonies... Si les touristes européens et nord-américains s'envolent jusqu'au Pérou pour prendre de l'ayahuasca, désormais, les chamanes se déplacent eux aussi en Occident. Une reconfiguration de ces rituels traditionnels teintée d'appropriation culturelle.
Après votre 35 heures épuisant et mal payé, vous rêvez de vous envoler à l'autre bout du monde pour partir à la recherche de votre identité en prenant de l'ayahuasca1 ? Vous avez lâché votre job dans l'associatif pour faire des soins énergétiques au son du tambour chamanique ? On n'est pas là pour vous blâmer mais sachez que vous faites partie d'un système de domination nommé « appropriation culturelle » : pour résumer, il s'agit de l'adoption ou de l'usage, hors de leur contexte d'origine, d'éléments culturels par un groupe dominant, souvent sans reconnaissance ni permission des communautés concernées. Le problème là-dedans ? Que les dominants se fassent du fric sur le dos de ceux qu'ils ont colonisés, dont ils ont effacé l'histoire et dont ils dépolitisent les savoirs. Au sein des mouvements New Age, on observe une utilisation libérale de symboles, de rituels et de figures spirituelles autochtones – c'est-à-dire sans formation ou transmission de la part des concernés et dans une logique marchande.
Pèlerins et psychonautesEn Amérique latine, le tourisme « mystique » se développe à grande vitesse : les touristes cherchent à vivre des expériences spirituelles. À tel point qu'au Mexique ou au Pérou, il existe désormais des circuits calibrés pour ce type de voyageurs. Les Occidentaux peuvent y découvrir des rites séculaires comme la cérémonie du cacao, l'ayahuasca, le peyotl ou encore le San Pedro2. Le sociologue Vincent Basset y a consacré sa thèse. Il définit « le tourisme mystique » comme « l'ensemble des activités individuelles ou collectives lors desquelles le touriste s'initie à des croyances et des pratiques mystico-religieuses dites traditionnelles par le biais de pratiques rituelles ».3
Hier, on effaçait et décimait des populations entières à travers une mécanique d'accaparement des terres et de conversion forcée. Aujourd'hui, par un retournement teinté de culpabilité occidentale, ces peuples deviennent des « bons sauvages », explique le chercheur. Ces « sages » ou ces « chamanes » auraient une perception du réel et du surnaturel qui nous échappe : ici, la figure de l'autochtone ne correspond plus à ce natif aux mœurs décadentes qu'il faudrait évangéliser, mais plutôt à un gardien de valeurs et de connaissances ancestrales, figé dans un passé immuable. Mais là encore, ils ne sont pas des sujets politiques à part entière.
Pourtant, depuis plusieurs dizaines d'années, les chamanes ont bien changé, et leur savoir s'est adapté à la demande. Soins au rythme du tambour, chamanisme de salon... Vincent Basset pointe une différence majeure : si le chamanisme porte « une visée de survie dans la nature » – on se connecte aux animaux et aux plantes pour acquérir leur savoir –, le néochamanisme, lui, « n'a aucune visée communautaire ou sociale » et est uniquement utilisé de façon individualiste. « Impossible de faire du chamanisme si on ne vit pas dans la nature », insiste le sociologue, qui ajoute : « On en fait une pratique mystique, magique, très spectaculaire, alors qu'initialement c'est très discret : un néophyte ne pourrait pas reconnaître un rituel s'il en voyait un. »
Vincent Basset distingue trois types de « touristes chamaniques » : le néophyte, qui ne connaît pas grand-chose au chamanisme et s'inscrit dans des ateliers pour faire son apprentissage ; le pèlerin, qui voyage régulièrement dans la région et est en lien direct avec la communauté dont il s'est approprié les éléments culturels grâce à sa culture livresque ; enfin le psychonaute, qui a l'habitude d'ingérer des substances hallucinogènes et qui s'inscrit à des stages pour pratiquer le néochamanisme.
Fini le troc vive le fricLes crises existentielles qui pullulent dans les sociétés capitalistes alimentent la machine à billets de la spiritualité. Si on additionne le chiffre d'affaires généré par les thérapies alternatives, les stages de bien-être, les retraites spirituelles ou les formations « énergétiques », on compte des milliards de dollars de recettes. « Aujourd'hui, en France, il y a trois festivals chamaniques avec plus de 250 intervenants, pour un public de 1 000 ou 2 000 personnes, comptabilise Vincent Basset. C'est un réel business ! » Dont rien, ou presque, ne revient aux peuples qui ont inspiré ces marchandises.
Au Mexique, certaines localités se sont spécialisées dans les séjours pour ce type de tourisme. À Tepoztlán, par exemple, des voyageurs âgés sont prêts à débourser entre 200 et 300 euros pour un week-end, et entre 2 000 et 2 500 euros pour une semaine de stage. Au programme : néochamanisme à gogo, entre jeûnes, hutte de sudation et cérémonie du cacao. Si un médiateur autochtone est présent, c'est souvent le seul habitant du coin à en bénéficier financièrement. « Normalement, le chamanisme est un troc mais aujourd'hui, toutes les cérémonies sont payantes, même dans les communautés traditionnelles qui ne demandaient aucune rémunération à la base », pointe le sociologue.
Ce marché de la transe prend des proportions industrielles. Selon un rapport de l'International center for ethnobotanical education, research, and service, plus de quatre millions de personnes à travers l'Amérique, l'Europe, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont consommé de l'ayahuasca au moins une fois dans leur vie. Rien qu'en 2019, on en compte 820 000. Le profil type du consommateur ? Trentenaire, diplômé d'études supérieures, cadre sup' dans le privé ou libéral. Faut avoir un certain niveau de vie pour aller chercher son moi profond jusque dans les pays du Sud global.
Very bad tripOutre le fait que ce type de demande désacralise des rituels centenaires – l'ayahuasca devenant une prise de drogue presque récréative –, les conséquences écologiques sont dramatiques : pour trouver les lianes à la base du mélange, il faut s'enfoncer toujours plus loin dans la forêt amazonienne, provoquant une surcueillette sauvage. Depuis l'an dernier, le peyotl est interdit à la consommation pour les non-Amérindiens : le cactus dont la substance hallucinogène est extraite a été déclaré en extinction. Mais cela n'empêche pas son extraction : la plante peut être directement envoyée en Europe. Les populations locales, quant à elles, craignent la fuite des capitaux touristiques si les vacanciers ne peuvent plus y avoir accès sur place. Et à trop se focaliser sur l'ayahuasca pour plaire aux Occidentaux, les savoirs sur les 6 499 autres plantes de la médecine traditionnelle, transmis oralement de génération en génération, risquent fort d'être oubliés.
Pour autant, alors que les jeunes autochtones avaient renoncé à se former au chamanisme à cause du prix et de la longueur de l'apprentissage (entre 10 et 12 ans), ces derniers s'y tournent de nouveau grâce à l'essor de cette économie touristique. Ce qui permet paradoxalement « une revitalisation culturelle, un engouement pour la vie traditionnelle et les carrières chamaniques », détaille Vincent Basset. Ou comment les anciens empires coloniaux, toujours maîtres de la Bourse, continuent de s'arroger le droit de vie, de mort et de résurrection des cultures millénaires.
Thelma SusbielleÀ trop se focaliser sur l'ayahuasca pour plaire aux Occidentaux, les savoirs sur les 6 499 autres plantes de la médecine traditionnelle, transmis oralement de génération en génération, risquent fort d'être oubliés
« Pour trouver les lianes à la base du mélange, il faut s'enfoncer toujours plus loin dans la forêt amazonienne, provoquant une surcueillette sauvage »
« Aujourd'hui, en France, il y a trois festivals chamaniques avec plus de 250 intervenants, pour un public de 1 000 ou 2 000 personnes, c'est un réel business ! »
« Justice morte », lit-on sur des pancartes. Jour des funérailles : le 29 juin dernier, avocat·es et juges, une fois n'est pas coutume, battent ensemble le pavé. L'agresseur : le garde des Sceaux himself. L'arme du crime : le projet de loi SURE (pour « Sanction utile, rapide et effective »), rebaptisé projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le contexte : le viol et le meurtre de Lyhanna, 11 ans. Et enfin, le mobile : mettre au pas l'institution judiciaire, ce « 3e pouvoir » un peu encombrant accusé par la droite et l'extrême droite d'être cafi de « juges rouges » – pourtant pas très soviets quand il s'agit de mettre du ferme à la petite délinquance en col bleu, distribuer des OQTF à la chaîne ou blanchir les flics qui ont du sang sur les mains…
Poulain de l'écurie sarkozyste, Gérald Darmanin a sauté du ministère de l'Intérieur à celui de la Justice. Mais on ne gère pas les toges noires comme on gère la volaille. Occupé à faire le coq sur les plateaux télé, monsieur le garde des Sceaux en oublie la Constitution qui garantit aux magistrats « la possibilité de prendre des décisions à l'abri de toute instruction ou pression ». Profiter d'un fait divers tragique pour reprendre les juges en main… La ficelle est grosse Gérald.
La faute aux gens-qui-font-mal-leur-travail, vraiment ? Le meurtrier présumé de Lyhanna – déjà dans les petits papiers de la Justice pour des affaires de viol sur mineures – est un arbre qui cache la forêt : 70 000 plaintes de ce type dorment dans les tiroirs. Est-ce à dire qu'à force de sabrer dans les dépenses publiques – le Syndicat de la Magistrature rappelle que les quatre magistrat·es d'Auch devraient être 23 pour atteindre la moyenne européenne –, ça a des conséquences sur la manière dont on rend justice dans ce pays ? Pas le temps pour l'enquête. Par contre, on met le paquet sur les procès expéditifs, histoire de renforcer un peu plus la justice de classe.
Sans faire nos mauvaises têtes, on voudrait aussi en finir avec le mythe du « monstre » et mettre sur le tapis la violence systémique qui règne dans notre République libérale et patriarcale (misère économique, culture du viol et de l'inceste, pour la faire courte), qui permet l'exploitation et l'invisibilisation de la vulnérabilité des laissé·es pour compte – les mineur·es isolé·es crèvent dans l'indifférence, tous les minots ne se valent pas. Mais ce n'est pas un garde des Sceaux, accusé d'agressions sexuelles et d'abus de pouvoir, qui mettra les mains dans la merde dans laquelle il se roule allègrement.
L'affaire Lyhanna donne du grain à moudre à l'extrême droite, mais aussi aux libéraux universalistes qui attisent le sentiment « anti juge ». Une aubaine pour décrédibiliser les condamnations de Le Pen et Sarko. Laxistes, fumistes ou marxistes, faudrait choisir les rageur·ses.
Si le monde de la chorale militante a une bible, c'est bien Tue-tête – Petit kilo de chansons belles & rebelles. Un recueil de centaines de chansons, allant de « 1er mai » à « Zog nit keyn'mol » (« Chanson du ghetto de Varsovie »), méticuleusement classées, commentées, étiquetées, et traduites le cas échéant. Diffusé hors commerce1, c'est le fruit de plus de quinze ans de boulot effectué par un collecteur passionné, qui préfère rester anonyme mais a accepté de raconter l'histoire de ce recueil. Verbatim.
« Je commence à collecter des chansons de lutte peu après les manifestations contre le CPE, en 2006. Le déclic ? Une soirée avec des copains plus ou moins proches autour d'une bonbonne de cinq litres de vin du Tarn. Au fil des verres, on finit par se mettre à chanter, divisés en deux bandes. D'un côté, il y a mes potes et moi, qui entonnons des morceaux de punk rock ou de Bobby Lapointe, et de l'autre, des amoureux de chants trad'. On se fait clairement laminer, d'autant qu'on a trop bu et qu'on connaît très mal les paroles.
« Recueillir les paroles d'un morceau s'apparente à une quête sociale et géographique »
Avec ces potes, camarades de concert avec qui je traîne le pavé à Lille, on réagit en se disant qu'on va apprendre des morceaux en entier. Chacun dans notre coin, on glane et on griffonne dans des carnets, avant de se les faire tourner. Si les autres s'arrêtent à cette étape, moi je continue. Au début pour me marrer, puis ça devient sérieux.
2006, c'est la préhistoire : pas de YouTube pour m'aider. Recueillir les paroles d'un morceau s'apparente à une quête sociale et géographique. Dès que je me rends dans une fête ou une lutte locale, j'enregistre des versions de chansons que je ne connais pas tout en notant frénétiquement les informations. Au final, ce sont des années de balades à travers la France et l'Europe, souvent en stop. Ça débouche sur un premier livre imprimé en 2011 grâce à une souscription. Il est très artisanal sur la forme2 et moins exhaustif. Son nom ? Karaoké chorale.
J'emporte ce premier recueil partout pour que les gens s'en emparent. Il ne dort pas dans un disque dur d'ordi, il se balade. S'il y a une soirée, je le pose dans un coin et les gens le feuillettent, en discutent, le corrigent. Il a un pouvoir d'attraction, comme du papier tue-mouches, et finit par dépasser les 1 000 pages. »
On a les meilleures chansons« Rétrospectivement, je me rends compte à quel point la chorale militante et son univers ont été indissociables de mon engagement politique. Alors que j'ai fait mes premières armes militantes dans des collectifs de défense des sans-papiers à Lille, vingt ans plus tard, je m'en souviens d'abord par le biais des morceaux qu'on y chantait. Exactement ce que tu me racontes au sujet de la lutte contre le réaménagement de la place Jean Jaurès à Marseille, la façon dont “Touchez pas à la Plaine” de Manu Théron continue à résonner à tes oreilles.
Plus tard, je m'installe à Toulouse et je rejoins un collectif au répertoire très éclectique : “À Las Barricadas”, “L'Hymne des femmes”, des mondines italiennes3, etc. Les entonner en manif permet d'être dans un autre registre que le tractage ou la sono de la CGT. Et puis c'est très ouvert : pas de problème si tu chantes faux. Et c'est une manière de faire un lien qui dépasse les luttes, qui passe aussi par les repas et les fêtes.
Tu soulignes qu'il y a dans le recueil beaucoup de chansons liées à la guerre d'Espagne. Logique : c'est un répertoire ancré localement. Toulouse a été la base arrière de l'anti-franquisme. Les petits-enfants de réfugiés y sont nombreux et ça flingue jusque dans les années 1970 contre le régime de Franco4. Personnellement, j'ai été bercé par le morceau “Juillet 1936” de René Binamé5. Ceci dit, j'ai alors une vision un peu scolaire et limitée du conflit, qui s'affine au fil des recherches. C'est une porte d'entrée vers un passé foisonnant.
« L'extrême droite actuelle a un répertoire extrêmement pauvre et se fonde sur des mélodies de type marche militaire »
Quand tu te plonges dans une telle masse de chansons historiques, tu découvres quantité de nuances où se glissent les drames de l'histoire. À Toulouse, il y a encore des anars qui arrachent les affiches du Parti communiste, à cause des purges de la guerre d'Espagne.
Bien sûr, la guerre civile se conclut par une défaite. Mais il y a une évidence : on a peut-être perdu mais on avait les meilleures chansons. Ça s'applique aussi en négatif à l'extrême droite actuelle, dont le répertoire est extrêmement pauvre et se fonde sur des mélodies de type marche militaire. Aucune poésie. Alors que c'est souvent ce qui donne la force aux chansons de lutte.
C'est aussi à Toulouse que je m'aperçois de la disparition progressive des lieux d'expression d'une contre-culture politique. Les squats ferment les uns après les autres tandis que la culture punk s'étiole. Et les chorales plus ou moins militantes remplissent en partie un vide, attirent non seulement des “vieux cons” mais aussi des jeunes qui, par ce biais, découvrent des pans d'histoire. Ça concerne aussi des coins paumés, où les nouvelles générations peuvent découvrir d'autres influences musicales que ce que les algorithmes déversent en ligne. »
En canon et sans chapelle« S'il y a des chansons d'Eddy Mitchell ou de Goldman dans le recueil, c'est parce qu'une chanson d'amour peut être politique, transcender l'existant. En fait, ça dépend des circonstances. On n'entonne pas la même chose en manif que dans un appartement ou au coin du feu. Et on ne peut pas se concentrer uniquement sur l'âpreté de la lutte ou les ravages de la répression. C'est parfois plus facile de rencontrer des gens et d'être dans le plaisir de la fête avec “Mourir sur scène” ou “Bambino” de Dalida…
Ce recueil a été conçu de manière à englober diverses facettes des luttes. Y cohabitent des chansons qui font l'apologie du droit de vote et d'autres qui appellent à brûler les urnes. Il y a certes un socle commun, l'anti-autoritarisme, mais ce n'est pas à moi de trancher entre les chapelles.
“La Java des bons enfants” est un bon exemple de la manière dont une chanson peut être interprétée différemment selon l'époque. Elle évoque la bombe posée en 1892 par deux anarchistes contre les bureaux parisiens de la société minière de Carmaux, alors en train de réprimer durement une grève de mineurs. Or, la bombe est découverte et transportée au commissariat de la rue des Bons Enfants, où elle explose6. Si bien que le texte est souvent interprété comme portant sur la haine des flics. Mais les paroles appellent avant tout à défendre une grève de mineurs par l'action directe. Et ce type de chanson suscite forcément le débat. La violence politique est-elle légitime ? Si oui, où placer les bombes ? »
La lutte à chœur« Beaucoup de gens ont participé plus ou moins directement à ce recueil, imprimé en 2022. Il a été rendu possible grâce au réseau des chorales, qui fonctionne globalement sur le mode autogestionnaire. Il y a beaucoup de tontines7] et de mises au pot. Et les rencontres entre chorales de toute la France, voire d'Europe, sont aussi centrales dans cet univers. Il y a toujours des nouveaux morceaux à se partager.
Depuis que le livre est paru, je n'ai pas arrêté de collecter. Parce que cette quête te dévore. Parfois je m'interroge : est-ce qu'à trop me focaliser là-dessus je n'ai pas un peu perdu le contact avec le militantisme classique ? Mais je crois qu'il est important de construire une passerelle entre monde militant et festif. Exactement ce que dit cette citation attribuée à Emma Goldman : “Si je ne peux pas danser, ce n'est pas ma révolution.” Je remplacerais juste “danser” par “chanter”… »
Propos recueillis par Émilien Bernard1 . On peut néanmoins le trouver dans quelques librairies bien achalandées. Ou bien le commander en envoyant un mail à nico.adresse@gmail.com.
2 . Ce qui n'est pas du tout le cas du très beau Tue-Tête, à la maquette peaufinée.
3 . Chants des ouvrières employées dans les rizières autour de la vallée du Pô, notamment au début du XXe siècle.
4 . Référence à la lutte des GARI, Groupes d'action révolutionnaires internationalistes, ayant fomenté des attentats à l'explosif contre les intérêts franquistes en France.
5 . Notamment le refrain : « Donne-moi ta main camarade / Prête ton cœur compagnon / Nous referons les barricades / Comme hier la confédération. »
6 . Extrait : « Dans la rue des Bons Enfants, / On vend tout au plus offrant. / Y'avait un commissariat, / Et maintenant il n'est plus là. / Une explosion fantastique / N'en a pas laissé une brique. / On crut qu'c'était Fantômas, / Mais c'était la lutte des classes. »
7 . Caisses collectives d'épargne.
Initialement publié dans le bulletin d'information de l'assemblée anticarcérale paname & environs (juin 2026). Je me suis permis de traduire la déclaration de Pepijn devant le tribunal. Vous pouvez lire l'original en néerlandais ici.
Vous pouvez soutenir Pepijn en lui écrivant une lettre à l'adresse ci-dessous : Pepijn Koops (13052956, 29/12/1970)
p/a P.I. Alphen aan den Rijn, afdeling West 2B (cel 26)
Eikenlaan 36
2404 BR Alphen aan den Rijn
Suit la déclaration de Pepijn devant le tribunal à l'occasion de son procès, qu'il n'a pas été autorisé à lire en intégralité :
L'empereur est nu !!!
Mesdames et Messieurs,Le pire crime que l'humanité soit capable de commettre est le génocide. Il a fallu le plus grand génocide, celui qui a eu lieu pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Holocauste, pour que le monde en prenne conscience. Il nous a enseigné : « Plus jamais », « Nie wieder », « Nooit meer » – c'est ainsi qu'a été conclu l'accord sur la prévention du génocide, qui s'est malheureusement révélé n'être pour l'essentiel qu'une rhétorique creuse. Les survivant.es d'Auschwitz qui sont rentré.es aux Pays-Bas après la Seconde Guerre mondiale ont été accueilli.es avec hostilité. À la même époque, les Pays-Bas commettaient eux-mêmes des crimes de guerre contre le peuple indonésien. Au cours des deux dernières années et demie, les Pays-Bas ont assisté, en direct à la télévision, au déroulement d'un nouveau génocide. Les victimes sont les Palestinien.nes, l'auteur est Israël (à ne pas confondre avec la communauté juive). Les Pays-Bas considèrent Israël comme une nation amie et entretiennent avec des liens étroits, notamment économiques. Le massacre qui se poursuit depuis déjà deux ans et demi a été précédé par plusieurs décennies durant lesquelles les Palestinien.nes ont été marginalisé.es, humilié.es, opprimé.es et spolié.es par l'État israélien. Au cours de cette longue période, la population palestinienne a résisté de toutes les manières possibles : par des négociations de paix, en faisant preuve d'une résilience extraordinaire, et oui, également par la force. La raison pour laquelle les organisations palestiniennes ont été qualifiées d'« organisations terroristes ». L'État israélien est responsable de plus de morts parmi les civils que le Hamas, le Hezbollah et les Houthis réunis, et pourtant personne ne qualifie l'État israélien d'organisation terroriste…
Après le génocide, le crime le plus grave devrait être : soutenir, aider et encourager quiconque commet un génocide. Ou simplement détourner le regard et abandonner les victimes à leurs bourreaux. Qu'ont fait les Pays-Bas pendant qu'ils observaient ce qui se passait à Gaza et en Israël ?
Notre Premier ministre n'a cessé de répéter qu'Israël « a tout à fait le droit de se défendre » ; les investissements en Israël et les échanges commerciaux avec ce pays n'ont pas été sanctionnés par un boycott.
Le président israélien Herzog, qui avait auparavant inscrit son nom et des messages de mort sur une bombe destinée à être larguée sur Gaza, a reçu un accueil chaleureux de la part du roi Willem-Alexander lors de l'inauguration du musée de l'Holocauste à Amsterdam – l'artisan du génocide devant un monument qui commémore le génocide !
Les hooligans du club de football israélien Maccabi, qui ont été vus en train de scander les slogans les plus répugnants à l'encontre des Palestinien.nes et qui ont attaqué des militant.es pour la paix, ont été protégés par la police contre la colère des habitant.es d'Amsterdam. Ces habitant.es d'Amsterdam ont ensuite été qualifié.es d'antisémites par leur propre maire.
Les manifestant.es et militant.es opposé.es au génocide à Gaza, comme celleux de la commémoration du 4 mai par exemple, sont présenté.es comme des « antisémites » et placé.es sous surveillance, tandis que ceux qui continuent de minimiser le génocide sont libres d'aller et venir à leur guise.
Les Pays-Bas, qui abritent la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, ne font aucun effort pour protéger les procureurs et les collaborateurs de cette cour, ceux qui ont eu le courage de délivrer des mandats d'arrêt contre des ministres israéliens (dont Netanyahu), face aux tentatives sans précédent de représailles de la part d'Israël et des États-Unis ; Alors que les Pays-Bas critiquent le cessez-le-feu entre la Russie et l'Ukraine, au grand dam du médiateur Donald Trump, cela ne s'applique certainement pas au cessez-le-feu imposé aux Palestinien.nes le 10 octobre dernier par ce même médiateur, qui n'est pas vraiment impartial ;
Ce n'est qu'après des débats stériles et interminables que le gouvernement néerlandais a décidé, à contrecœur, d'accueillir cinq enfants palestiniens aux Pays-Bas pour qu'ils y reçoivent des soins médicaux.
PAYS-BAS : HONTE À VOUS !!!
Si c'est cela que les Pays-Bas considèrent comme la justice, alors c'est une insulte aux 6 millions de victimes de l'Holocauste ; si cela passe pour de la justice, alors la loi néerlandaise ne vaut RIEN à mes yeux. Et c'est précisément pour cette raison que j'ai choisi de ne plus me laisser perturber par ces lois sans valeur. C'est pourquoi, en toute franchise, j'ai décidé de mener une attaque symbolique contre l'ambassade d'Israël. Résultat : j'ai été arrêté et je suis détenu en attente de mon procès depuis déjà 9 mois. À cause de cette détention préventive, j'ai notamment perdu mon logement et mon emploi ; on m'a également réduit au silence de manière délibérée et empêché d'exprimer mes opinions. On prétend que j'ai été radicalisé et on m'a soumis à des tests psychologiques pour tenter de comprendre mon « comportement inexplicable ». Presque tout le monde désapprouve ce que j'ai fait, ou du moins émet de sérieuses réserves à ce sujet. Mais je vous le dis : j'ai de sérieuses réserves quant à ces très nombreuses personnes qui regardent, qui voient, mais qui choisissent de continuer leur chemin. C'est cela que je rejette. Je pense que ma réaction face au génocide qui se déroule à Gaza devrait susciter moins de questions sur mon bien-être psychologique que l'attitude d'indifférence et de déni pur et simple de la réalité affichée par beaucoup aux Pays-Bas et par ce gouvernement. Vous feriez mieux de leur faire passer des tests psychologiques. À quel point trouvez-vous vraiment radical que j'exige de mon gouvernement qu'il prenne clairement position contre le génocide et qu'il agisse en conséquence ? Et que, lorsque mes demandes restent sans réponse, j'amplifie mes propos en recourant à un niveau de violence tout à fait limité contre un bâtiment ? N'est-ce pas simplement le devoir de mes concitoyens et moi-même d'agir, maintenant que notre gouvernement se rend complice d'un génocide ? On m'accuse également de porter atteinte à l'ordre juridique. Faites-vous peut-être allusion à ce même ordre juridique qui a ignoré, non – qui a contribué à ce qu'un génocide ait lieu ? Dans ce cas, vous avez tout à fait raison : c'est précisément cet ordre juridique que j'avais l'intention de bousculer. Car ce n'est pas de l'« ordre », c'est du désordre.
Mesdames et Messieurs, je ne regrette pas mes actes. J'ai agi en accord avec ma conscience, je pourrai regarder dans les yeux mes petits-enfants, qui devront continuer à vivre dans ce monde. Vous pouvez me punir aussi sévèrement que vous le souhaitez pour ce que j'ai fait, mais sachez que si vous le faites, il n'y a pas de « justice » dont on puisse parler ici. J'ai dit ce que j'avais à dire.
Pepijn, La Haye, le 8 juin 2026
Sommaire No Way Home
En réponse au communiqué que nous avons publié de la part du Fire Ant Movement Defense, nous avons reçu cette contribution de la part d'Eric King , un anarchiste et ancien prisonnier politique qui à passé presque une décennie derrière les barreaux.
Donner sans consentement des informations à la police, procureurs ou autres personnes qui font partie de l'industrie de la justice est une des choses les plus dommageable que peux faire une personne, car elle expose des gens au danger d'une vaste structure qui existe dans le but d'infliger systématiquement des violences.
Ceux qui ont produit des aveux incriminant d'autres gens ne doivent plus jamais être considérés de confiance à propos d'informations qui pourraient faire courir des risques à quelqu'un. Et à cause du fait qu'il n'est pas possible de savoir quelles informations font partie de cette catégorie, cela veut donc dire qu'il faut les garder en dehors d'une grande partie des espaces et des relations.
Questionné par la police ou les juges, la seule décision éthique est le refus d'incriminer les autres. Quand tout le monde fait ça, les dommages que peut commettre l'État sont limités. Ceux qui pensent à donner des infos sur d'autres doivent comprendre qu'en faisant cela ils passent un point de non-retour. De la même façon, aucun accusé ne devrait être obligé de dépendre d'un comité de défense qui défend également quelqu'un qui l'a dénoncé.
Dans le même temps nous devons faire confiance aux accusés non-coopérants pour décider quel est la meilleure façon de les défendre et comment gérer ceux qui ont témoigné contre eux. Les agences fédérales essaient d'utiliser les affaires Prairieland pour criminaliser et diviser toutes celleux qui résistent. La répression d'État est faite pour infliger des dommages autant en terme d'impact immédiat qu'en créant des fragilités à long terme.
La polémique sur les décisions du comité de soutien dans l'affaire Prairieland ne doit pas décourager les gens dans le soutien aux accusés non-coopératifs. S'il-vous-plaît, donnez aux caisses de soutien, écrivez [aux prisonnier.es] et communiquez au sujet de leur situation difficile.
Ce qui suit est la contribution d'Eric King : No Way Home J'écris ceci en réponse au récent communiqué du Fire Ant Movement Defense – « Manufactured Betrayal », non pas comme une confrontation mais dans l'idée d'ouvrir un dialogue et de clarifier les valeurs que nous défendons. Ce n'est pas une attaque. Je partages mon point de vue basé sur mes expériences personnelles. Je ne suis pas expert ou arbitre en révolution, je suis simplement quelqu'un qui fut directement impacté par une petite merde à la langue pendue et qui ai vu des gens qu'il aime subir la même chose.
La prison est vraiment un endroit horrible. C'est un endroit où les gens peuvent mourir, brutalement. C'est un endroit qui vous impose la violence à chaque seconde de la journée. C'est un endroit qui active votre réaction combat/fuite jusqu'au point où elle est n'est jamais que combat. C'est un endroit qui vous change, dans votre façon de voir le monde, comment vous gérez le stress, etc. La prison vous fait faire des choses que vous ne pouvez oublier et avec lesquelles vous devez vivre. Elle prend le cœur de vos familles et les écrase encore et encore, tous les jours, ils s'inquiètent de savoir si vous allez bien, si vous êtes toujours là. Je suis libre depuis 2 ans et demi et je repense encore aux conditions dans lesquelles j'ai était forcé de vivre et aux traumas qui vivent encore en moi à ce jour.
Le communiqué de Fire Ant au sujet de Meagan Morris* sonne comme une insulte à toutes les personnes qui ont jamais été impactées par le système carcéral. Ce texte provoque de la confusion, est enrageant et douloureux. Fire Ant à fait du bon travail auprès des prisonniers, c'est pourquoi ce communiqué a ajouté à ma propre confusion et m'a fait mal aussi profondément.
Je ne comprendrai jamais, et je ne veux jamais comprendre le besoin d'être un défenseur des poucaves. Que Meagan Morris ait des regrets, ou que qui que ce soit qui collabore avec les flics exprime des regrets ne signifie rien face aux vies qu'elle a aidé à détruire. Le fait que Meagan ait finalement choisi de se rétracter ne veut rien dire. Elle a donné à l'État les munitions à utiliser contre nous, pas seulement les prisonniers de Prairieland, mais nous tous. Dans chaque affaire contre des gauchistes dans le futur, l'État pourra utiliser ses mots pour décrire nos amis, nos camarades comme des terroristes violents. Elle fait le travail de l'État à sa place. Elle à donné des informations à l'État pendant des HEURES. Qu'est ce qu'on branle ?
Comme l'as dit Fire Ant, beaucoup de nouveaux radicaux vont rejoindre la lutte après l'horrible répression d'État dont nous sommes témoins. Et les conversations que nous sommes en train d'avoir sont celles que nous devons avoir — mais il faut les avoir AVANT.
Quel risques sommes-nous prêts à prendre ? Quelles sont les pires conséquences possibles, même si vous vous croyez safe et peu importe la légalité des risques pris sur le moment ? Que feriez-vous si vous vous faites arrêter ? Qui sont les plus vulnérables ? Qui sont les plus prêts ? Ce sont des conversations qu'il faut avoir. Mais jamais nous ne devons planifier de réintégrer les poucaves dans nos communautés, jamais on ne doit s'aventurer à les comprendre, jamais on ne doit justifier et dire qu'ils ont payé le prix et que leurs remords suffisent. Honnêtement, nique ça.
En tant qu'abolitionniste, je ne veux pas voir les poucaves ou n'importe qui d'autres en prison. Je veux pas qu'elles soit blessées, harcelées, attaquées en ligne, ou ce genre de merde. Je n'ai pas le temps pour ça. Mais je ne comprendrai jamais l'idée qu'il faudrait les autoriser à réintégrer les communautés radicales. Pour quelles raisons on prendrait des risques pour la sécurité de QUI QUE CE SOIT juste pour apaiser la trahison et la culpabilité de quelqu'un d'autre ? Quel est le but ? C'est la ligne à laquelle je me tiens. Si mon meilleur ami devient ami avec une poucave parce que la poucave s'est excusée, je ne parlerai plus jamais à cet ami.
Créer des espaces de réintégration ça veux dire cracher aux visages de chaque détenu et aussi de sa famille. Ça veut dire regarder en face des gens qui ont dédié leurs VIES ENTIÈRES au mouvement et leur dire « Je sais que quelqu'un.e a égoïstement détruit ta vie et trahi tout ses engagements, mais iel s'en veut ».
Demandez-vous si Kuwasi Balagoon serait OK avec cet état d'esprit ? Ou Emma Goldman ou autre ? Nous vivons dans une époque où les gens établis et bien vus dans le mouvement créent un espace pour les traîtres. Ceux qui balancent sont des flics. Ce sont des gardiens de prison. Des juges et des procureurs. Ils ont pris les vies d'autres dans leurs mains et les ont réduites en pièces. Ils n'y a pas de place dans les mouvements et les orgas que j'aime pour des gens comme ça. C'est inconcevable. Est ce que Fire Ant Defense Movement pourrait regarder dans les yeux ma famille et leur dire que la personne qui a aidé à ce que je sois torturé, agressé sexuellement et hospitalisé a assez souffert ? Que ce n'est pas juste pour eux d'être exclus pour ma sécurité et celle des autres ? Que les émotions sont plus importantes que les brutalités qu'ils ont permis sur nous tous ?
Imaginez que le FBI ait lu le communiqué (nous devons présumer qu'ils les ont littéralement tous lus), seraient-ils heureux de nous voir considérer le retour des collabos au bercail ? Ils seraient ravis. 1). Ils saurais déjà que ceux qui ont parlé sont vulnérables à la pression et pourrais recommencer mais aussi 2). Ils pourraient facilement voir ça comme une porte ouverte en continu, sans aucune peur des conséquences. Comment cela doit être plus facile de convaincre quelqu'un de « faire le bon choix » quand ils peuvent prouver aux gens qu'il n'y a pas de conséquence durable à leur trahison. La confiance au sein du mouvement s'érodera aussi complètement. Comment imaginer que je pourrais faire confiance à un camarade qui a une ligne aussi molle sur un truc si dangereux ? Ce sont des questions de vie ou de mort. Ce n'est pas un petit débat idéologique, c'est mettre l'ensemble de la communauté en péril. Les portes du retour, même après la plus petite des collaborations, doivent rester fermées et les gens doivent le savoir. C'est le strict minimum qui doit arriver à ceux qui aident la police à détruire nos vies et maintenir le statu quo fasciste.
Je ne comprends pas le chemin de pensée derrière votre communiqué. Le « pourquoi de tout ça » ne fait pas sens pour moi. Ça ne fait même pas deux mois depuis les condamnations de Prairieland et on a déjà des déclarations de soutien pour les poucaves ? Les gens peuvent avoir leurs propres pensées et vivre leur vie et j'ai le droit de ne pas être en accord avec. Cependant ça m'a presque triggé de voir les gens qui ont dit aux flics où je me cachais et de m'imaginer qu'un camarade que j'aimais et en qui j'avais confiance me demanderait de redevenir ami avec la taupe. Les cicatrices sur ma tête, le sang dans ma bouche, la douleur dans mon cœur ne laisseront jamais cela advenir. Car j'ai de l'empathie pour ceux dont la vie a était ruinée par les balances, je ne serai jamais ami avec une balance. Balancer c'est décider que la vie de vos camarades vaut moins que la votre.
Ce sont mes idées. J'espère que je les transmets avec respect. Mais je suis blessé. J'ai envie de crier « C'EST QUOI CE MONDE ? » Certains de mes amis les plus proches et des gens que j'admire et soutiens se sont fait balancer, et j'espère que je ne verrai ou n'entendrai plus parler de leurs poucaves à nouveau. À mon avis, il ne doit pas y avoir d'espace pour ça. C'est une trahison de tout ce en quoi je crois de leurs donner un centimètre quand ils ont arraché des décennies.
Amour et respect à tout.es celleux qui supportent les prisonnier.es. Je te couvre le dos si tu couvres le mien.
Jusqu'à la Libération.
EK «Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage» déclarait Jean Jaurès, qui avait aussi fait sien le slogan «Guerre à la guerre».
L’article Le 31 juillet 1914 : Jaurès assassiné par l’extrême droite, l’Europe se précipite dans la guerre totale est apparu en premier sur Contre Attaque.
Prochains ateliers d'écriture féministe
Par Tomécrit
Les Mots Bétons
"Les mots bétons" un cycle d'ateliers d'écriture ludique, créative et féministe en mixité choisie proposé animé par tom (@tomecrit_), bénévole pour l'association Ancrage.
Après « les mots ciments », un nouveau cycle d'ateliers d'écriture, « les mots bétons ». Qu'ils soient en l'air ou déjà par terre, des ateliers pour construire et imaginer avec les mots, bâtir des histoires et des liens, des possibles et des imaginaires.
Des ateliers d'écriture créative, dynamique et mouvementée sont basés sur le jeu et le groupe, dans une dynamique de créativité sans objectifs de performance, dans un cadre se voulant soutenant et accueillant. Les titres des ateliers peuvent sembler larges, effrayants, obscurs, abstraits, ils sont seulement un fil directeur et un thème de fond. Les étapes sont conçues pour que chacun.e trouve une direction à explorer, dans laquelle se sentir à l'aise ! :)
Pour qui ?
Des ateliers pensés comme des moments pour s'exprimer et construire ensemble, créer des récits et des liens. Ces espaces en mixité choisie s'adressent aux femmes cis, trans et/ou intersexes et personnes non-binaires à partir de 17 ans.
Aucune compétence ni aisance particulière à l'écrit ne sont nécessaires, que tu écrives souvent ou jamais, que tu ais très peur ou pas envie (enfin un peu quand même 😉 ), viens et on se débrouillera !
Tous les ateliers
*Explorer le féminisme dans le temps, l'espace et toutes les directions !*
2 heures de 18h30 à 20h30
A la Maison de la Vie Associative et Citoyenne de Grenoble
Bâtiment accès PMR
Pour connaître la salle voir l'écran d'accueil dans le hall
Jeudi 10 septembre 2026 - voir salle sur l'écran d'accueil
Voyage dans le temps : féminismes d'hier, d'aujourd'hui et de demain
Mardi 22 septembre 2026 - voir salle sur l'écran d'accueil
Chantier collectif : les récits fondateurs à la moulinette
Jeudi 22 octobre 2026
Les relations : ce qui nous lie
Mardi 1er décembre 2026
S'organiser, résister ensemble : la force du groupe
Infos et inscription
cette activité est à prix libre en soutien aux activités bénévoles de l'association Ancrage
les ateliers sont indépendants possibilité de s'inscrire à une ou plusieurs sessions
questions et inscription par mail tomecrit@mailo.com
des aménagements en cas de situations de handicap et besoins spécifiques sont possibles, ne surtout pas hésiter à me contacter
Tomecrit
Je m'appelle Tom, poéte.sse et animateurice d'ateliers d'écriture. J'écris surtout sur le quotidien, la vie de tous les jours et de façon plutôt brute. J'aime les mots, les sons, la joie que j'aie à les choisir, à jouer avec pour créer des images, des sensations ! Mon écriture est très liée au corps et nourrie par le temps que je passe dehors et à explorer différentes pratiques de mouvement. Elle est aussi et avant tout liée au partage, par les ateliers et en donnant à lire et entendre ce que j'écris.
@tomecrit_
Mon approche
Pour moi, écrire est politique et une façon que j'ai trouvée de rester fonctionnel.le avec mes vécus, de faire sortir ce qui me révolte, me fait mal et c'est ce qui m'a mené.e à ouvrir des espaces pour que d'autres puissent le faire. Je pense que l'écriture permet de s'exprimer, se libérer, se rassembler et reprendre un pouvoir d'action sur le réel. Mes ateliers sont conçus pour être accessibles à toustes, ma volonté étant de faciliter la libre expression et comment y (re)trouver du plaisir, de l'amusement, loin du contexte scolaire, sans « il faut » ni « je dois ». Chaque séance est construite autour de propositions de création, de lectures et de partages, seul.e ou à plusieurs et à partir de différents supports. J'ai à cœur d'accompagner et d'accueillir chaque personne qui vient à un atelier pour qu'elle se sente au mieux, que ce soit sa première fois ou non, le cadre est très libre, n'hésite pas à passer pour essayer ! :)
Le jeudi 1er octobre de 17h à 19h30
Au local d'Ancrage 5 rue Raoul Blanchard à Grenoble
Nous t'invitons au goûter de la Bibliothèque et Fanzinothèque de l'association qui est en cours de finalisation. Cette bibliothèque est un lieu ressource autour des thèmes de l'autodéfense et des violences pour permettre l'emprunt des ouvrages et l'organisation d'arpentages. On a besoin d'aide pour finir d'étiqueter, répertorier,... L'occasion de se rencontrer et prendre soin des petites tâches à réaliser autour d'un goûter désaltérant. Aussi, si vous souhaitez vous impliquer durablement dans la Bibliothèque et la Fanzinothèque, bienvenux ! :)
Si tu veux venir écris-nous pour nous prévenir de ta venue : contact@ancrage-autodefense.fr
Ou appelle-nous quand tu es devant le bâtiment.
Féministement !
Salut à tou·tes,
On propose un atelier sur le thème "comment prévenir le trouble du stress post-traumatique en cas de violences", notamment des violences policières ou d'autres violences d'éTat, des VSS ou d'autres violences patriarcales, coloniales, validistes, classistes...
On pourra parler spécifiquement du trouble du stress post-traumatique qui est une pathologie psychiatrique qui peut apparaître après l'exposition directe ou indirecte à des violences sévères notamment mais qui nécessite aussi d'autres ingrédients. L'idée est de repérer les événements qui peuvent induire un tel trouble, parler de ces autres ingrédients qui sont nécessaires pour qu'il apparaisse et donc de discuter ensemble de ce qu'on peut faire, à l'échelle de nos proches, camarades, groupes militants etc pour éviter le pire.
Cet atelier fait suite à celui du 21/07 (https://cric-grenoble.info/infos-locales/article/comment-accompagner-une-personne-qui-vient-de-subir-des-violences-5246?var_mode=calcul) qui était plus général sur comment accompagner une personne qui vient de subir des violences. Là, il s'agira spécifiquement de la prévention du trouble du stress post-traumatique, notamment pour les personnes qui viennent de subir des violences mais pas seulement elles.
On propose un atelier participatif de formation, ouvert à tou·tes sans pré-requis. L'idée est qu'on vient avec une trame et des concepts, qu'on propose une introduction théorique pour être sûr·es qu'on parle de la même chose puis qu'on demande aux participant·es qui le souhaitent de raconter leurs manières de gérer et on peut compléter avec le contenu qu'on a apporté si besoin. Des temps pour échanger sur nos compréhensions mutuelles et parfois différentes des situations sont aussi prévus.
On propose d'ouvrir les portes à 13h30 pour un temps convivial et sympa pour se rencontrer avant d'attaquer le vif du sujet, de faire un point sur le cadre à 13h45 environ, de commencer le vif du sujet à 14h. Un pause de 15' vers 14h45 et on vise la fin de l'atelier à 15h45 comme ça ça nous laisse 15' après pour débriefer.
Possibilité de rester discuter pour celleux qui le souhaitent après 16h mais pas longtemps (car on doit fermer le lieu avant 17h).
C'est ok que chacun·e apporte à boire et à manger (plutôt pour avant 13h45, après 16h et durant la pause). Espaces intérieurs non-fumeur. On demande aux personnes qui auraient besoin de boire de l'alcool de masquer les contenants et de ne pas en faire la promo. Si on ne peut pas aérer, on demandera si c'est possible de porter des masques (on essaye de les fournir).
C'est possible de poser toutes les questions que vous voulez à l'avance à renarde@gresille.org.
N'hésitez pas à en parler autour de vous si vous en avez envie et/ou sur vos réseaux, etc.
On ne cache pas qu'on s'inscrit dans une perspective abolitionniste pénale avec l'idée de répandre des pratiques autonomes et militantes de prendre soin les un·es, des autres pour pouvoir se passer des moyens oppressifs d'accompagner les situations de violence, mais c'est pas vraiment le sujet de l'atelier en soi.
"Prenons soin les un·es des autres pour abattre ce système de merde !" comme on dit des fois lors des rencontres du soin militant (https://cric-grenoble.info/infos-locales/article/rencontres-mensuelles-du-soin-militant-racines-5215), qui a donné l'impulsion pour cet atelier.
À plus,
Je me permets decrire ce texte dans le cadre du procès en appel de mon affaire, qui se tiendra les 17 et 18 décembre 2026 devant la cour d'assises d'appel d'Annecy, près de huit ans après les faits.
En février 2023, la cour d'assises de la Savoie a reconnu l'accusé coupable de viol et l'a condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans avec sursis. À la suite de l'appel formé par l'accusé, cette affaire sera rejugée dans son intégralité.
Depuis 2019, cette procédure a profondément bouleversé ma vie. Au-delà du traumatisme initial, ces années de procédure ont eu des conséquences psychologiques, sociales, professionnelles et financières importantes.
En prenant aujourd'hui la parole, mon objectif n'est pas seulement de faire connaître mon histoire.
Je souhaite aussi contribuer à sensibiliser les gens aux conséquences d'un parcours judiciaire aussi long pour les victimes de violences sexuelles et rappeler les difficultés auxquelles elles sont encore confrontées.
C'est pourquoi je sollicite aujourd'hui votre soutien.
je vous serais très reconnaissante de pouvoir :
• relayer le dossier de presse auprès de vos adhérents et de votre réseau ;
• diffuser les informations relatives au procès des 17 et 18 décembre 2026 ;
• partager la cagnotte solidaire destinée à financer les frais engendrés par cette procédure d'appel ;
• relayer, si vous le souhaitez, cet appel au soutien sur vos réseaux sociaux
Chaque relais contribue à mieux faire connaître les réalités du parcours judiciaire des victimes et représente un soutien précieux dans cette nouvelle étape de la procédure.
Je vous remercie sincèrement du temps que vous avez pris pour lire mon texte.
Avec mes remerciements les plus sincères,
Charlotte g.
Victime et partie civile
✉️ soutiencharlotteproces@proton.me
• lien cagnotte : https://app.lacagnottedesproches.fr/cagnotte/apres-8-ans-de-combat-judiciaire-jai-besoin-de-votre-soutien/
• Lien groupe wattshapp pour l'organisation des 2 jours d'audiences : https://chat.whatsapp.com/GLdgNjuFO1PLHZ4Nky25oU
• Lien page facebook pour me soutenir : https://www.facebook.com/profile.php?id=61591970430522&rdid=co4Sr5GCSQ2WToSA&share_url=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fshare%2F1DNaDWLafj%2F#
À moins d'un an de la présidentielle, une tribune initiée par l'Assemblée des quartiers et publié sur le Bondy Blog appelle à une large coalition antiraciste et antifasciste, ancrée notamment dans les quartiers populaires et les mouvements sociaux.
Nous, acteurs et actrices du mouvement social et de la société civile, engagés dans diverses luttes et mobilisations autour de la justice, des quartiers populaires, de l'immigration, du logement, de l'anti-impérialisme, de l'anticolonialisme, (…)
Le 1er août à Périgueux, une manifestation aura lieu dès 17h au départ de la Filature et jusqu'à la mairie de Périgueux, pour affirmer le refus de voir le Canon Français s'installer dans la région, à l'appel de plusieurs partis politiques et syndicats, ainsi que des collectifs antifascistes, dont l'Action antifasciste Charente et l'Action antifasciste des Deux-Sèvres.
Notre territoire ne doit pas devenir leur terrain de propagande. Face au Canon Francais, la mobilisation a déjà obtenu un (…)
Quand ?
Le 1 août à 19h
Où ?
Place du Trocadéro 75116 Paris
Nous vous attendons très nombreux-ses ce samedi à 19h Place du Trocadéro, à l'occasion de ce rassemblement co-déclaré par EuroPalestine et les Blouses Blanches pour Gaza (BBG) !
Réunion d'organisation du lieu de lutte autogéré la Grange de Montabot, le 26 août 2026 à 20h.
La prochaine réunion de la Grange de Montabot aura lieu le mercredi 26 août 2026 à 20h à la Grange.
Nous nous retrouverons notamment pour réfléchir à se coordonner et à s'organiser face au nouveau déploiement de la tentacule nucléaire Orano qui, avec son projet Aval du Futur, veut valider la relance du nucléaire (et ses nouveaux EPR) avec la gestion et le traitement des déchers des centrales (plus d'infos sur l'Aval du Futur avec le dernier tract sorti par Piscines nucléaires stop). Pour faire comme si elle tentait de convaincre la population, l'entreprise organise un cycle de conférence pour expliquer à la populace le parcours du combustible [ie : nucléaire].
Et pendant ce temp-là, Orano s'occupe surtout d'occuper le terrain là où elle en a vraiment besoin (sachant que la population, Orano s'en moque) via la presse entreprenariale.
Nous verrons aussi comment nous organiser pour les prochains chantiers qui nous attendent à la Grange : Barder le côté ouest du bâtiment en terre-paille pour protéger le mur des intempéries, concocter un abri pour la caravane sauna, mise en place du nouvel espace nouzbi (à une quinzaine de km de la Grange de Montabot), etc.
Ce sera aussi l'occasion d'échanger sur les différents sujets qui nous tiennent à coeur en amont du WE antifa qui se déroulera les 29 et 30 août 2026.
Pour venir à la Grange de Montabot, voici le plan :

La Grange de Montabot, la Bossardière ou 2, la Bessardière à Montabot (50),
* route Percy-Montabot :
À gauche sur la route Percy-Montabot
1 km après le gros pylône ou,
* en venant de Tessy :
2e à droite après le bourg de Montabot
Montabot (50) se situe à 9 km de l'A84
Article initialement publié sur le site internet rebellyon.info le 29 juillet 2026.
La marche annuelle contre le doublement du Lyon-Turin dans le Val de Suse ce week-end était particulièrement déterminée. En marge de la 10e édition du festival « Alta Felicita », 20 000 personnes se sont mobilisées contre la destruction en cours.
Comme chaque été depuis maintenant 10 ans, le Val de Suse accueillait le festival "Alta Felicità" et une grande marche contre le grand projet inutile et impoosé du doublement de la ligne ferrorivaire Lyon-Turin. Pour rappel, ce grand projet a été initié dans les années 1980 menace 1500 hectares de terres, de plaines, de vallées et de montagnes à travers les Alpes, sur le territoire italien et français. Pour faire passer de force son traçé de 270 kilomètres, ses 202 kilomètres de galeries et ses 11 tunnels sous les massifs, la société d'exploitation TELT pompe plusieurs dizaine de milliards d'euros investis par les collectivités locales et cause des ravages écologiques irréversibles. Si le traçé est plus important du côté français, c'est du côté italien que les travaux ont commencé le plus tôt, et où la mobilisation s'organise depuis le début des années 2000, en installant régulièrement des campements ("presidio") pour empêcher le chantier de progresser.
La mobilisation appelée cet été est marquée par une impressionnante participation, avec plus de 40 000 personnes qui ont convergé de l'Italie et de l'international vers Venaus, selon les médias locaux. Une participation record qui s'explique à la fois par l'anniversaire du festival mais également par le 15e anniversaire de « La République libre de la Maddalena », un presidio installé pendant six semaines de lutte acharnée à Chiomonte près de Venaus en 2011.
Samedi 25 juillet, une grande manifestation et une caravane de véhicule étaient appelées au départ de Venaus et de Suza après l'ouverture du festival. Au départ de la manifestation qui réunit 20 000 personnes, trois groupes se forment. Une première attaque est menée contre le chantier de San Didero, tout près de Suza. Ce chantier de 68 000m2, lancé en 2021 entre l'autoroute A32 et la route nationale 25 du Moncenisio, est censé accueillir un grand parking et les bureaux d'exploitation de Sitaf, qui aura pour objectif de réguler le flux de poids lourds se dirigeant vers le tunnel du Fréjus. Une deuxième a lieu à Chiomonte, sur le plus grand chantier italien du Lyon-Turin, un des points névralgiques du tunnel transalpin. Enfin, le troisième groupe a continué jusqu'au chantier de Salbertrand, zone prévue pour l'usine de traitement des matériaux d'excavation destinés à la fabrication du béton, l'usine de voussoirs pour le revêtement du tunnel et la zone de triage et de chargement par voie ferrée vers les sites de stockage de Torrazza Piemonte et de Caprie.
Sur le premier chantier, à San Didero, le barrières ont été forcées et un affrontement a eu lieu avec les flics avec notamment des mortiers et de nombreux pétard. Le groupe a finalement été repoussé par la police à coup de lacrymos. Une partie de la manifestation est partie occuper la voie ferroviaire de Bruzolo pendant quasi une heure. L'attaque la plus violente portée au TAV a finalement été celle du chantier de Chiomonte, où la détermination des manifestant-es leur a permis de mettre en déroute les flics, de faire brûler quatre camions de carabieniri et de forcer l'entrée du chantier pour y réaliser les dégradations voulues.
TELT, la société italo-française chargée de la réalisation de la ligne Turin-Lyon, a fait le tour des médias internationaux pour déplorer des dégâts qui seraient estimés à 1 million d'eutros. Derrière des chiffres bien entendu impossibles à vérifier, c'est tout de même une victoire importante de la lutte No-TAV contre le désastre en cours et à venir.
Face à cette victoire, le gouvernement italien d'extrême-droite de Meloni a bien entendu poussé nombre de cris d'ofraie contre la violence des manifestant-es contre les condés et a lancé une importante répression. L'équivalent de l'AFP italien (l'ANSA) rapporte dans les médias depuis le début de la semaine que plusieurs centaine de personnes ont été repérées comme ayant participé aux moments les plus déterminés de la mobilisation et 4 militant-es internationaux ont été arrêté-es. Meloni et le ministre de l'intérieur Matteo Piantedosi ont chargé la préfecture de police de Turin pour mener la répression contre la mobilisation.
Solidarité avec les personnes interpellées et que crève le Lyon-Turin !
Au programme :
Sur place à prix libre :
Stickers d'artistes spécial canicule
Nouvelle revue Bouche de Fer d'été
Du pain de la Miebertaire
Table de presse anarchiste
Autres collectifs présents :
Eclatrans , Collectif solidarites cusset , Cnt-SO 69
Aujourd'hui 31 juillet, l'éphéméride des luttes perd un militant antinucléaire et d'autres antimilitaristes et se manifeste sous toutes les formes possibles pour que les entreprises de guerre et de conquête s'arrêtent.
We are still fucking angry.
1763 : Le chef Odawa Pontiac et ses troupes remportent une victoire contre l'armée britannique dans la bataille de Bloody Run.
1881 : A Vigo en Galice, parution du premier numéro du journal "La Propaganda - Consacré à la défense et à l'illustration de la classe ouvrière".
1914 : A Paris, mort de Jean Jaurès, assassiné de deux coups de feu trois jours avant le début de la Première Guerre Mondiale, à laquelle il s'opposait farouchement : "plutôt l'insurrection que la guerre". Le nationaliste Raoul Villain, qui le tua, fut à sont tour exécuté par les anarchistes espagnols car il faisait l'informateur pour l'armée franquiste.
1921 : A Berlin, une grande manifestation a lieu pour la fin de toutes les guerres et pour que plus jamais elles ne se produisent.
1959 : Au Pays Basque, création de l'ETA, groupe armé antifranquiste et indépendantiste Basque.
1971 : A Londres, le groupe anarchiste Angry Brigade fait sauter le domicile du secrétaire d'État au Commerce et à l'Industrie suite à son annonce de vouloir fermer les chantiers navals.
1972 : - En Irlande du Nord, le gouvernement britannique envoie 4.000 soldats de plus, portant à 12.000 les forces d'occupation du pays, qui vont détruire les barricades montées par la population. Un adolescent et un membre de l'IRA sont abattus lors de l'opération.
1977 : Plus de 60.000 personnes manifestent contre le nucléaire à Malville dans le cadre d'une mobilisation internationale qui sera violemment réprimée par la police. Elle finira par de durs affrontements, la mort du militant antinucléaire Vital Michalon, la mutilation de trois personnes et des centaines de blessés (photo de l'article).
1982 : A Vireux dans les Ardennes, deux heures d'affrontements ont lieu entre antinucléaires et sidérurgistes d'un côté et policiers de l'autre.
1997 : A Lisballaw en Irlande du Nord, la Continuity Irish Republican Army (CIRA) pose une bombe dans les sous-sols d'un hôtel de luxe, qui est désamorcée par l'armée.
2011 : A Sautron, deux engins de chantier de l'entreprise Vinci sont détruits par des bouteilles de gaz dans le cadre de la lutte de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Voir ici un texte explicatif.
2019 : A Athènes, dans le quartier d'Exarcheia, des affrontements au cocktail molotov ont lieu suite à la libération du policier qui avait assassiné le jeune Alexis Grigoropoulos le 8 décembre 2008 dans le quartier, ce qui avait déclenché une vague de révolte exceptionnelle.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 31 juillet.
Alors que le gouvernement et le patronat se félicitent du lancement du prétendu «Plan Santé au Travail 2026-2030», nous dénonçons une vaste opération d’enfumage. Derrière les discours lisses sur la « prévention », se cache une réalité brutale : la casse systématique de la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelles (AT/MP) et le pillage de ses ressources. Retrouvez nos analyses dans notre communiqué.
cnt_so_com_at_mp_juillet2026Télécharger
Un week-end de luttes, conférences et musique.
Comme chaque année depuis maintenant 10 ans, le Festival Alta Felicita s'est déroulé à Venaus dans le Val de Susa.
Ce village est l'un des nombreux lieux symboles de la lutte du mouvement NO TAV qui s'oppose à aux chantiers écocides de la ligne de train rapide Turin-Lyon.
Cette lutte qui dure depuis plus de 20 ans est un exemple de résistance et convergence exceptionnel.
A peine le train, parti de Torino, entre dans la Vallée de Susa, vous réalisez la dimension de cette opposition.
Sur les bords de route, dans les gares, sur les montagnes, fleurissent, un peu partout, des tag, des fresques, des drapeaux et des banderoles avec l'inscription NO TAV. Parfois, le slogan change en TAV = Mafie comme l'inscription réalisée avec d'énormes draps blancs sur le flanc d'une montagne.
Une fois sur place, vous découvrirez, assez vite, un autre aspect majeur qui caractérise ce mouvement c'est la diversité des personnes qui le compose. Toutes les générations y sont représentées ainsi qu'une quantité d'associations, mouvements de lutte qui vont de l'association locales des habitante.x.s aux groupes anarchistes de Torino en passant par les activistes écologistes, les centres sociaux et une multitude d'autres groupes du militantisme italien et européen.
Leur point commun, c'est d'empêcher que les divers chantiers du TAV, aux intérêts politiques et mafieux, ne détruisent la Vallée.
Que se soit dans un bar, un agriturismo, petit à petit, passé le moment de méfiance, les habitante.x.s vous font comprendre discrètement qu'iels soutiennent la lutte. Ce qui marque aussi, c'est que l'on ne vous pose pas de question au sujet de votre identité. Touxtes sachant que la Vallée peut compter sur le soutien de militant.e.x.s venant de toute l'Italie et d'Europe qui préfèrent resté discret.e.x.s.
En cas de nécessité, on comprend assez vite que l'on pourra compter sur un réseau disponible à nous orienter vers les bonnes personnes qui composent cette nouvelle résistance.
Au vu des importantes condamnations qui ont frappé les membre.x.s du mouvement, la discrétion est un autre point fondamental.
En tant que novice, on vous oriente petit à petit dans la bonne direction afin de venir grandir les rangs de la résistance au moment venu, mais il est très difficile de connaître les plans d'actions prévus.
Ce qui est une des grandes forces de ce mouvement qui reprend, de toute évidence, les codes de fonctionnement de la Résistance.
Tout le monde peut y trouver un rôle, selon ses propres motivations et le niveau de risque qu'iel veut prendre. Cela va de l'aide comme staff au festival à l'action directe lors des tentatives de destructions matérielles du chantier. La combinaison des deux étant évidemment possible.
L'important étant d'apporter sa contribution à la lutte.
Dans ce contexte, la solidarité est essentielle. Depuis le début du NO TAV les autorités ont à maintes reprises tenté de diviser les divers mouvements de lutte en voulant séparer les gentil.l.e.x.s et les méchant.e.x.s.
A chaque fois la réponse est la même “siamo tutt* Black Bloc“. Cette fois-ci encore, après les impressionnantes attaques aux chantiers orchestrées par les groupes d'antagoniste.x.s durant la manifestation de samedi, les portes paroles historiques du mouvement l'ont répété haut et fort.
Ces personnes qui consacrent leur vie à la réussite de cette lutte et qui, certaines, sont ou ont été condamné.e.x.s à de sévères sanctions allant jusqu'à la prison ferme ou aux arrêts domiciliaires à plus de 70 ans, sont toujours actives. Peut-être moins dans les avants postes de sabotage, quoi que l'on en croise encore beaucoup en deuxième ligne en soutien, mais touxtes ont un rôle important dans la lutte.
Il est du reste fréquent de croiser les leaders historiques des années 2000 débarrassant les poubelles, nettoyant les douches et wc ou vous servir la polenta au festival. C'est quelque chose qui vous marque.
En tant que staff, vous les côtoyez et, après un peu de temps, au fil des récits, vous réalisez que vous servez la polenta au côté d'un leader ou d'une leader du mouvement peut-être même condamné.e par le passé à la prison.
Ces ancien.n.e.x.s sont toujours disponibles à partager leurs savoirs et leurs connaissances du territoire pour préparer les nouvelles incursions aux chantiers. Iels-mêmes, s'adaptant aux nouvelles méthodes d'organisation remarquables et astucieuses des divers Black Bloc.
Ce qui impressione le plus, c'est le niveau de préparation minutieux des attaques.
La manifestation de samedi a débuté avec un important cortège militant et festif. A un certain moment, sans y être préparé, on réalise que le cortège se scinde en plusieurs tronçons prenant diverses directions.
A ce moment là seulement, il devient évident pour la majorité des participant.e.x.s, que l'ambiance va changer. On voit petit à petit qu'une partie des tenues vestimentaires du cortège virent au noir. Les manifestant.e.x.s décident alors de choisir un des cortèges au hasard. D'autres, maintenant revêtu.e.x.s tout de noir, prennent la direction des opérations avec une organisation remarquable. La partie du cortège la plus grande emprunte alors une route en pente jusqu'a atteindre un village d'altitude. Après presque une heure de marche en plein soleil, on commence seulement à comprendre quel est l'objectif de notre groupe.
En effet, dès maintenant, nous allons emprunter des chemins pédestres toujours plus escarpés dans la forêt pour atteindre le chantier principal du TAV, celui de Chiomonte.
Petit à petit, de manière surprenante, des petits groupes s'organisent et il devient de plus en plus évident que la suite des événements ne sera pas de toute tranquillité.
Malgré cela, personne ne fait demi-tour, de manière naturelle nous comprenons que chacun.e.x d'entre-nous est important pour la réussite de cette action. Il semble évident, sans que l'on ait besoin de nous le dire, que nous pourrons touxtes choisir notre niveau d'implication mais que notre présence massive est essentielle à la réussite de l'attaque du chantier.
Une fois devant les premières grilles du chantier le rythme s'accélère brusquement. Les premières grilles cèdent, le groupe avance toujours compact et solidaire. Devant, les affrontements avec la police commencent. Peu à peu, d'autres grilles du chantiers sont abattues, celles d'accès à l'autoroutes aussi.
L'ensemble des participant.e.x.s du cortège est maintenant dans la zone interdite. Personne ne fait demi tour. Certaine.x.s resteront en arrière observant les divers fronts de luttes aux portes du chantier. Même sans s'impliquer directement dans les dévastations du chantier touxtes sont essentiel.e.x.s à la réussite de l'attaque.
Puis, la police étant visiblement à court de gaz lacrymogène, les divers fronts progressent et une partie des personnes présent.e.x.s à l'arrière s'avancent aussi sur l'autoroute ou s'amassent derrières les derniers grillages. Touxtes nous ressentons la nécessité de montrer notre soutien en encouragent les courageux.se.s qui ont réussi à entrer dans le chantier et commencent à le saccager.
La lutte est acharnée, c'est impressionnant, des bâtiments brûlent. La forêt aussi prend dangereusement feux à cause d'un lacrymogène de la police.
Ce qui surprend, à première vue, est étonne, c'est bien évidemment la détermination des divers black blocs, mais la passivité de la police au début des affrontements semble elle aussi surprenante.
Un hélicoptère de la police survolant la marche depuis le début, il est impossible que la police n'aient pas mesurer l'ampleur de l'attaque qui se préparait.
On peut dès lors imaginer, sans trop d'ambiguïté, que les chefs des diverses polices avaient certainement reçu des ordres de laisser le conflit s'embraser afin d'obtenir des images médiatiques spectaculaires qui feront le jeu des leaders des partis politiques.
Allant même, semble t'il, jusqu'à sacrifier la santé des policiers au front. Ce que semble confirmer des témoignages anonymes de certains d'entre-eux laissés à cour de lacrymogène, à la merci des projectiles des antagoniste.x.s.
De manière encore plus évidente, à aucun moment la police n'a tenté d'éteindre l'impressionnant incendie du chantier et de leurs propres véhicules. Exposant ainsi également leurs troupes à des fumées certainement toxiques comme l'ensemble des personnes présentes dans la zone.
Un feux de forêt qui menaçait dangereusement les manifestant.e.x.s à quant à lui été maîtrisé grâce à l'intervention des secouriste.x.s de la manifestation et de manifestant.e.x.s qui ont eu la présence d'esprit d'utiliser la lance incendie de l'autoroute pour en venir à bout. Évitant ainsi un scénario qui aurait pu vite devenir dramatique, le vent soufflant très fort à ce moment exposant une grande partie des personnes aux flammes.
Ce n'est que lorsque lorsque la scène du conflit était devenue visuellement vraiment apocalyptique que la police est intervenue massivement. Une attitude qui semblait dès lors clairement intentionnelle.
La une des médias titrant déjà à ce moment là avec les énormes dégâts subits par le chantier et les nombreux blessés parmi les forces de l'ordre avec des images spectaculaires.
Ce n'est seulement qu'après plus d'une heure d'affrontements que la police est entrée, sans opposition, sur l'autoroute pour mettre rapidement et facilement un terme à l'attaque du chantier. Une solution qui, de toute évidence, aurait pu être prise bien avant et éviter l'ampleur des dégâts.
Cette simple intervention obligeant l'ensemble des personnes encore présentes à fuir en direction de l'unique sortie possible de la zone interdite provoquant un mouvement de panique qui aurait pu être dramatique.
En effet, l'unique voie de sortie étant très étroite et obstruée par les barrières, à peine renversées, obligeait les manifestant.e.x.s à escalader dangereusement un muret pour se réfugier dans la forêt abrupte et reprendre le chemin pedestre lui aussi encombré.
Lorsqu'il ne restait qu'une vingtaine de malheureus.e.x.s encore au delà des barrières, le cordon de police les avait à portée de matraques. L'intervention du bloc de secouriste.x.s protégeant les manifestant.e.x.s les mains levées, ainsi que, de toute évidence, un ordre de ne pas avancé d'un supérieur, a permis aux dernier.x.s manifestant.e.x.s de quitter le lieu en grimpant sur le mur.
Encore une fois, le timing de la police et son manque de détermination, semble indiquer que des ordres précis avaient été donnés afin que les victimes physiques des affrontements ne puissent être recensé que du côté des forces de l'ordre. Ce qui a de toute évidence fonctionné médiatiquement et politiquement.
A ce moment du récit, il est important d' y apporter une précision essentielle, les antagonistes bien que déterminé.e.x.s et combatif.ve.x n'ont pas pour objectif principal de blesser des agents des forces de l'ordre, leur but est d'atteindre les objectifs matériels à détruire. Un exemple illustre bien cette attitude. A un certain moment, il semblait évident qu'il leur aurait été facile de jeter des objets massifs depuis le pont de l'autoroute sur la police en contrebas ce qui n'a pas été le cas fort heureusement.
L'étonnante passivité des forces de l'ordre, qui a fait le jeu des politiques au prix de sacrifier la santé de quelques-uns des leurs et occasionner des dégâts matériels importants (sur ce point, cet aspect semble bien futile au vu des coûts pharaoniques du chantier) semble trouver une confirmation dans les événements qui allaient suivre la manifestation.
En effet, une fois la majorité des opposant.e.x.s au chantier de retour sur le site du festival, des bloques de contrôles réguliers ont été mis en place par les forces de l'ordres empêchant à toute personne de quitter le lieu sans être auparavant identifiée et parfois même photographiée.
Des bloques improvisés à intervalles irrégulières samedi et dimanche et fixes le lundi, le jour du départ des dernier.e.x.s festivalier.ère.x.s.
A noter qu'avant le festival déjà, de nombreux contrôles avaient déjà été effectués à la Gare de Turin et le long des routes qui mènent à Venaus avec enregistrement de données et fotos.
Tous cela probablement pour identifier les participant.e.x.s aux violences après-coup, à l'aide des outils d'intelligence artificielle.
Dans ce climat ultra-sécuritaire, une loi d'urgence a été appliquée spécifiquement pour toute la Vallée interdisant aux commerces la vente de boissons en bouteilles de verre et sous forme de canettes d'alu durant la durée du festival sous prétexte que celles-ci pourraient servir de projectiles contre la Police. Dans la réalité, c'est privé de manière punitive, les commerces locaux de revenus importants.
Comme ont peut le comprendre, à l'heure de l'informatique et de la surveillance de masse, il semble évident que les méthodes des forces de l'ordre ont changé. Si ce n'est pour avoir des images médiatiques de violences et faire le jeu des politiques, la répression prend la forme d'une surveillance massive des foules à laquelle sont adaptées des lois qui s'accompagnent de sanctions pénales de plus en plus sévères.
Dans le contexte des manifestations de ce week-end, les politiques de droites mais pas seulement, évoquent les loi sur la dévastation, le saccage et le terrorisme dont les peines peuvent être plusieurs années de prison ferme.
En réponse à cela, le comité NO TAV a une nouvelle fois rappelé que depuis plus de 20 ans la réponse est la même. SIAMO TUTT* BLACK BLOC* e PARTIAMO TUTT* INSIEME, TORNIAMO TUTT* INSIEME, seul peut-être l'adaptation des slogans au genre neutre à changer.
Enfin, si votre esprit militant vous en dit, allez vous balader dans la Vallée, manger à l'osteria popolare La Credenza à Bussoleno où vous pourrez également vous renseigner sur la lutte et ensuite, prenez le temps de découvrir les nombreux signes qui vous mèneront peut-être au coeur de la resistance.
La prochaine grosse mobilisation est déjà agendée le 3 octobre 2026 à Sant'Ambrogio où sont prévus des chantiers écocides menaçant l'une des sources d'approvisionnement en eau potable les plus importantes de toute la région alors qu'en se moment la sécheresse fait rage partout.
A noter en fin qu'un nouveau camping de la résistance devrait également voir le jour tout prochainement.
Canal Telegram : @notavinfo
*Titre d'un morceau de musique composé par le groupe genevois Hyperculte sur le sujet.
https://hyperculte.bandcamp.com/track/siamo-tutti
Livre conseillé sur le sujet https://www.lyber-eclat.net/livres/contrees/
Podcast conseillé
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/no-tav-la-zad-a-l-italienne-8209930
Besoin de votre soutien !
Comme tous les hivers depuis 2020, les équipes de Help4Dunkerque remonte sur le littoral nord, assurer une présence et un soutien auprès des personnes exilées bloquées dans les camps informels du territoire dunkerquois.
Nous sommes une organisation totalement indépendante des subventions publiques et nous avons besoin de votre soutien financier pour continuer à assurer nos actions !
Il existe d'autres moyens de nous aider : en organisant une soirée de soutien, en créant un point de collecte près de chez vous, en chinant du matériel de camping laissé à l'abandon à la fin de festivals, ou encore, en communiquant cette cagnotte et en parlant de la frontière, pour rendre visible une situation trop souvent passée sous silence.
Nos dépenses au cours d'une saison se répartissent entre
- l'achat de stocks alimentaires pour faire tourner le 'teashop' (sucre, thé, café, chocolat, et moults denrées qui font du teashop le premier poste de dépenses) ;
- l'achat d'équipement et de matériel qui nous permettent de répondre aux besoins de premières nécessité des personnes rencontrées sur la jungle (items d'hygiène, couvertures de survie, des chaussettes, des gants, des ponchos de pluie...) ;
- le financement de la logistique (gasoil pour les véhicules, frais administratifs...) ;
- la maintenance des quelques véhicules de l'asso.
Si on fait appel aux dons de particuliers c'est que le constat est le même partout : le nombre de personnes poussées à l'exil et cherchant protection en europe, augmente. En parallèle, la répression des états européens, accentue la pression sur ces personnes et les associations qui cherchent à pallier l'absence de prise en charge.
En gros, on mène les mêmes actions auprès d'un nombre grandissant de personnes, et l'état nous déteste toujours autant.
Alors donnez des sous et faites tourner !
https://www.helloasso.com/associations/help-4-dunkerque/collectes/financement-saison-2026-2027
Pour retrouver la liste de matos et les points de collecte près de chez vous c'est par là : https://help4dunkerque.wordpress.com/les-collectes/
Le 31 juillet 1977, parmi 60.000 citoyens qui manifestaient contre la construction du surgénérateur Superphénix à Creys-Malville (Isère), Vital Michalon était tué par l'explosion d'une grenade offensive tirée par les forces de police.
En 1977, pour accueillir cette manifestation d'ampleur, préparée depuis plusieurs mois, le préfet René Jannin a déployé des moyens importants : 5000 CRS, gendarmes et gardes mobiles, hélicoptères, véhicules amphibies, ponts mobiles, un régiment de gendarmes parachutistes et des membres des brigades anti-émeutes. 5500 hectares autour du périmètre de la centrale sont interdits à toute circulation.
Vital Michalon, 31 ans, est abattu par un tir tendu de grenade lacrymogène. L'autopsie conclura à une mort causée par des « lésions pulmonaires du type de celles que l'on retrouve lors d'une explosion ». Plusieurs dizaines de manifestants sont blessés, dont deux mutilés, Michel Grandjean et Manfred Schultz : l'un perd un pied et l'autre une main. Le CRS Tousot perd aussi une main avec la grenade qu'il voulait lancer.
Il faut rappeler qu'à l'époque, tous les moyens ont été utilisés pour imposer la construction du Superphénix :
Un document récupéré par des antinucléaires a montré que le PDG d'EDF d'alors, M. Boiteux, avait demandé que soit accélérée l'autorisation administrative de construction pour empêcher toute expression démocratique : « La meilleure façon de contrecarrer la contestation (...) est d'engager au plus vite, de manière irréversible, l'opération ».
La suite des évènements a donné raison à Vital et à l'ensemble des manifestants puisque Superphénix a été définitivement arrêté en 1998 après une suite invraisemblable d'avaries. En décembre 2006, EDF a annoncé n'avoir démantelé que 38% du réacteur, mais le plus difficile reste à venir avec les 5500 tonnes de sodium liquide (matière qui s'enflamme au contact de l'air et explose au contact de l'eau…). Depuis son arrêt, 200 personnes sont obligés de travailler en permanence sur le site pour éviter que ça ne s'emballe... alors qu'il n'y a aucune production. Le bilan économique et industriel de ce surgénérateur est catastrophique : 10 milliards d'euros pour 178 jours de fonctionnement effectif. Sans compter ce que cela va coûter en plus pendant des années ; en effet chaque jour on est obligé de fournir à cette centrale à l'arrêt l'énergie comparable à ce que consomme une ville de 15.000 habitants.
Or, malgré l'échec total de Superphénix, l'État français entend renouveler l'expérience : le projet appelé « réacteur de quatrième génération » n'est autre qu'une nouvelle tentative de faire fonctionner un réacteur de type Superphénix.
C'est ce que criaient les manifestants en 1977. Nous en sommes toujours au même point. En souvenir de Vital Michalon, et pour préserver les générations futures, nous devons continuer à exiger un débat démocratique sur ce projet dont la dangerosité planétaire est établie.
Indication de l'emplacement de la stèle de Vital
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Source :
communiqué de presse de « Sortir du nucléaire »
Deux premières photographies empruntées à ce blog.
Article repris de rebellyon.info
L'arrivée de Master Poulet sur le marché de la restauration rapide aurait pu passer inaperçu si Karim Bouamrane, le maire socialiste de Saint-Ouen par ailleurs candidat depuis peu à la présidence de la République, n'avait eu l'idée de s'opposer à l'installation dans sa ville de l'enseigne au nom du rejet de « la malbouffe dangereuse pour la santé ».
- 362 été 2026 / Société , Agriculture