Nombre d’étudiant·es des écoles d’ingénieurs se sont mobilisé·es pour la première fois, afin de montrer leur soutien aux lycéen·nes. © Mathilde Picard/Vert
«L’indifférence est un privilège», «Centrale avec les lycéens», «Moins de CRS, plus de CNRS». Ce mardi matin, les étudiant·es de l’école d’ingénieurs CentraleSupélec, sur le plateau de Saclay (Essonne), ont recouvert les entrées de leur établissement de pancartes. Elles et ils ont organisé un blocus pour la première fois afin de relayer les mobilisations lycéennes débutées à la mi-septembre.
«Le but n’est pas de se réapproprier le mouvement mais de le soutenir», souligne Aurélien*, en deuxième année à Centrale. «À quelques pas d’ici, le lycée Blaise-Pascal d’Orsay a des trous dans son toit, des fuites constantes et parfois même des inondations», s’indigne Nathan*. Derrière lui, un groupe d’amies peaufine des pancartes contre la répression policière. Des poubelles ont été amassées devant le bâtiment principal, flambant neuf, dénommé Francis-Bouygues.
Il est 8h15. Élèves et professeur·es découvrent qu’il n’est pas possible d’entrer. «Je comprends certaines de leurs revendications, admet l’une des intervenantes, mais pour l’instant ils nous enquiquinent, surtout.» «Et l’école, elle est à qui ? Elle est à nous !», lance un étudiant au mégaphone devant la trentaine d’élèves réunie sur le parvis. Un peu plus loin, le bâtiment Bréguet, celui de la présidence de l’école, a aussi été barricadé.
Les revendications lycéennes et étudiantes se rejoignent. © Mathilde Picard/Vert
«Beaucoup ici ont eu de la chance dans leur scolarité, c’est ce qui leur a permis d’arriver dans cette école, remarque Aurélien. On en a conscience et on aimerait mettre fin aux injustices sociales liées à l’éducation.» «Nous voulons montrer que l’argent est inégalement réparti entre établissements», précise Édouard*, en première année à Centrale.
C’est la première fois que la prestigieuse école est bloquée par ses élèves. Et elle est loin d’être la seule sur le plateau de Saclay, dans cette partie de la région parisienne où se sont implantées de nombreuses écoles d’ingénieurs ces dernières années.
Les étudiant·es d’AgroParisTech et de l’École normale supérieure étaient sur le pont dès la semaine dernière. Celles et ceux de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), de l’École nationale supérieure des techniques avancées (Ensta), de Télécom Paris ou encore de SupOptique ont commencé les blocages lundi. L’objectif : obtenir la banalisation des cours pour permettre à tout le monde de se rendre en manifestation.
Des étudiant·es en pharmacie et biologie à l’université Paris-Saclay sont venu·es prêter main-forte aux Centralien·nes. «On se rend compte de nos privilèges et on veut manifester notre solidarité pour les autres», souligne Lisa*. Les inégalités de moyens dénoncées dans les lycées existent aussi dans le supérieur : «Les bâtiments de la fac Paris-Saclay, dans la vallée, sont délabrés, il y fait très froid l’hiver ; ici, sur le plateau, le privé permet de rénover des bâtiments en bon état pour 137 millions d’euros», renchérit Aïcha*.
L’école CentraleSupélec a été bloquée pour la première fois, ce mardi. © Mathilde Picard/Vert
Avec des camarades, Antonin* a monté un projet de plateforme de soutien scolaire à l’intention des lycéen·nes de première et terminale en région parisienne. Les étudiant·es veulent offrir des cours bénévolement pour celles et ceux qui le souhaitent.
De l’autre côté du plateau de Saclay, les étudiant·es de Télécom Paris prennent le petit-déjeuner en petits groupes, devant chaque porte condamnée par des poubelles, grillages et bancs en bois. Elles et ils sont enthousiasmé·es par cette mobilisation d’une rare ampleur. «Dans la plupart des écoles d’ingénieurs, il n’y a pas de syndicats, détaille Sacha*. C’est nouveau pour beaucoup de se faire un avis, de le défendre et d’aller dans la rue pour le porter. Se politiser est un apprentissage.» Selon Rémy*, «ici, les gens ont du mal à s’y mettre, mais ça se fait petit à petit, on a le projet de former un syndicat à Télécom.»
Une rue plus loin, devant un bâtiment qui accueille les cours de multiples écoles, dont Polytechnique (X), l’Ensae et AgroParisTech, certain·es étudiant·es de l’X sont venu·es soutenir le blocus en toute discrétion. «Je ne peux pas m’exprimer, explique l’un d’eux. Nous sommes dans une école militaire dont les membres sont soumis au devoir de réserve.» Pour Sacha*, élève d’AgroParisTech, «nous vivons dans un contexte général où toute la jeunesse craint pour son avenir. On voit bien qu’il y a un risque sur l’approvisionnement en eau en France, des inégalités criantes et une marche vers la guerre.»
Les étudiant·es et lycéen·nes se sont accordé·es au début du mois sur dix mesures urgentes à appliquer. Parmi leurs revendications : des rénovations d’établissements scolaires et universitaires, une embauche massive de personnel dans l’éducation ou encore la fin de la répression policière.
Nina est représentante du collectif des doctorant·es du plateau de Saclay, qui soutient aussi la mobilisation étudiante et lycéenne. © Mathilde Picard/Vert
Les doctorant·es du plateau de Saclay ont également apporté leur soutien au mouvement. «Nous voulons d’abord faire entendre les revendications lycéennes et, dans un second temps, alerter sur l’état de la recherche supérieure, précise Nina*, représentante du collectif et en deuxième année de thèse en économie. Il y a aujourd’hui une mise en concurrence des différents domaines de recherche, avec des réductions de postes pour les sciences humaines et sociales et davantage de financements pour l’IA et l’armement.»
Pour nombre d’étudiant·es, apprenti·es chercheur·ses ou ingénieur·es, le manque de moyens pour les lycées et dans l’éducation supérieure provient d’un même désinvestissement dans l’éducation nationale.
Contrairement aux universités rattachées au ministère de l’éducation supérieure et de la recherche, plusieurs écoles d’ingénieurs sont sous la tutelle d’autres ministères correspondant à leurs enseignements : celui des armées pour l’Ensta ou de l’économie pour l’Ensae. Une proximité dont les étudiant·es veulent se servir pour porter les voix des lycéen·nes jusqu’aux différentes instances de l’exécutif. Nina rappelle que «ce n’est pas parce qu’on nous appelle “les élites” que nous voulons être associés à la politique néolibérale du gouvernement».
*Les personnes interrogées ont souhaité être anonymisées.
La sécheresse historique qui a touché le Danube cet été menace le fonctionnement de la centrale nucléaire de Paks, en Hongrie. Pour éviter son arrêt, le Premier ministre Péter Magyar a lancé, à la mi-août, la construction d'un seuil de pierre dans le fleuve, sans autorisation environnementale ni concertation avec les pays voisins, rapporte Mediapart le 12 octobre.
L'installation fournit 40 % de l'électricité du pays. Mi-août, 3 des 4 réacteurs étaient à l'arrêt et la centrale ne produisait (…)
C'est l'histoire d'une parcelle de forêt rasée par un sylviculteur, avec des conséquences en cascade jusqu'à la disparition de la biodiversité d'une rivière. L'exploitant, qui n'avait pas conscience des conséquences de ses actes, a été condamné.
C'est un jugement inhabituel, qui vient rappeler qu'on ne fait pas tout à fait ce qu'on veut en forêt. L'histoire avait pourtant commencé de façon banale. Printemps 2022, lieu-dit Petit Tournant, à Saint-Setiers, sur le plateau de Millevaches, en (…)
« No Title », composé il y a onze ans pour une star de YouTube, est devenu la bande-son des blocus lycéens. Son auteur, le producteur franco-vietnamien Nodey, soutient de longue date les victimes de l'agent orange.
« C'est la plus belle récompense pour un compositeur. » Depuis le début du mouvement lycéen, le même instrumental revient sous les vidéos de lycées bloqués, de pancartes et de cortèges : No Title. Qui est derrière ce titre, parfois qualifié d'« hymne de la Gen Z » ? Nodey, DJ (…)
« No Title », composé il y a onze ans pour une star de YouTube, est devenu la bande-son des blocus lycéens. Son auteur, le producteur franco-vietnamien Nodey, soutient de longue date les victimes de l'agent orange.
« C'est la plus belle récompense pour un compositeur. » Depuis le début du mouvement lycéen, le même instrumental revient sous les vidéos de lycées bloqués, de pancartes et de cortèges : No Title. Qui est derrière ce titre, parfois qualifié d'« hymne de la Gen Z » ? Nodey, DJ (…)

Source :Compte X, le 1er octobre 2026
Etiqe :fumeux
Contenu :
Gazé avant de savoir marcher ? Le 1er octobre, un utilisateur de la plateforme X publie une vidéo montrant deux agents de police en uniforme, accroupis au-dessus du corps d’un bébé allongé au sol. L’un d’entre eux lui appose la main sur le ventre. « À Nice, la police a gazé un bébé », assure l’internaute. Visionnées plus de 800 000 fois à ce jour, les images sont relayées par différents comptes Facebook (ici, ici ou encore là). Selon eux, le nourrisson aurait été touché par du gaz lacrymogène, utilisé par la police niçoise lors d’une manifestation lycéenne à proximité.
Le contenu de la vidéo ne permet pourtant pas de corroborer ce récit : les policiers n’y font usage ni d’une bombe lacrymogène ni d’un lanceur de grenades, et l’air autour du bébé ne contient aucune volute blanche caractéristique de la présence de ce gaz dans les scènes de maintien de l’ordre.
La préfecture conteste d’ailleurs entièrement la version des faits avancée par les internautes. Les forces de l’ordre seraient au contraire intervenues à la demande de la mère de l’enfant.
Malaise dans un bus
Citant différentes sources officielles, Nice Matin a reconstitué le déroulé des faits. La scène s’est bien déroulée le jeudi 1er octobre, à Nice, en même temps que la mobilisation lycéenne, sans pour autant que les deux événements soient corrélés.
Interrogé par le quotidien, le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) local rapporte avoir effectué « une intervention auprès d’un bébé, un garçon, âgé d’un mois, qui a fait un malaise dans un bus ». La police nationale confirme, sur son compte X, que les policiers visibles sur la vidéo ont « prodigué les gestes de premiers secours » à un nourrisson « pris d’un malaise », et dément tout gazage.
Voyant son enfant souffrir d’une apparente insuffisance respiratoire, une passagère d’un bus est descendue du véhicule pour demander l’aide des forces de l’ordre, selon un communiqué de presse de la préfecture des Alpes-Maritimes transmis à Actu Nice.
Les agents de police ont alors entamé les premiers secours en attendant l’arrivée des pompiers, affirme la préfecture. Finalement, « les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement en prenant en charge le nourrisson dont l’état de santé était stable », ajoute le préfet.
Autrement dit, l’intervention de la police auprès du nourrisson n’a rien à voir avec les mobilisations lycéennes.
Auteurs :
Auteur : Jean-Baptiste Breen, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
L’article La police niçoise a-t-elle utilisé du gaz lacrymogène sur un nourrisson ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.



Greta Thunberg est venue soutenir le mouvement des lycéens dans un lycée de Seine-Saint-Denis, le 13 octobre. « On est derrière vous », a affirmé la militante pour la justice climatique.
Elle est venue soutenir les lycéens en colère. Greta Thunberg était présente devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, mardi 13 octobre au matin. La militante pour la justice climatique de 23 ans a choisi de se rendre dans l'un des épicentres du mouvement, un lycée bloqué depuis (…)
Greta Thunberg est venue soutenir le mouvement des lycéens dans un lycée de Seine-Saint-Denis, le 13 octobre. « Le monde entier regarde ce que vous faites », a déclaré la militante pour la justice climatique.
Elle est venue soutenir les lycéens en colère. Greta Thunberg était présente devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, mardi 13 octobre au matin. La militante pour la justice climatique de 23 ans a choisi de se rendre dans l'un des épicentres du mouvement, un (…)

Source :Compte Facebook, le 24 septembre 2026
Etiqe :Faux
Contenu :
Le bureau anticorruption ukrainien aurait fait une trouvaille de taille : « 140 millions de dollars » saisis « lors d’une perquisition au domicile de l’ancien directeur des achats de défense de l’Ukraine », Arsen Zhumadilov, « le 23 septembre [2026] ». Ces fonds auraient été destinés à Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, à en croire les allégations qui circulent sur Facebook (ici) et Instagram (ici, ici et ici).
Ces propos accompagnent une vidéo censée attester de la découverte. On peut y voir des liasses de billets de 100 dollars, entassées dans trois grands cartons de réfrigérateurs, et deux agents du NABU (НАБУ), le Bureau national anticorruption d’Ukraine. Sur les cartons, un papier collé adresse les colis au « Serviteur du peuple », autrement dit Volodymyr Zelensky, en référence à son rôle dans une série télévisée éponyme, diffusée avant qu’il ne se lance en politique au sein d’un parti portant également ce nom.
Mais loin de fournir une preuve de la corruption du chef d’État, ces images seraient générées par intelligence artificielle, indique le NABU. Plusieurs médias de différents pays sont parvenus à la même conclusion, comme nos confrères de Lead Stories (international), dpa (Allemagne), Myth Detector (Estonie et Allemagne), Factcheck.bg (Bulgarie), VRT NWS (Belgique), Open (Italie), FakeNews.pl (Pologne) ou encore Detector Media (Ukraine).
Une vidéo générée par IA d’après le bureau anticorruption
« Il s’agit d’une vidéo truquée, générée par intelligence artificielle, a démenti le NABU dans un communiqué, le 25 septembre 2026. Ce type de contenu illustre clairement comment l’ennemi [la Russie, en guerre ouverte contre l’Ukraine depuis l’invasion à grande échelle du pays le 24 février 2022, ndlr] a de plus en plus recours à des outils d’IA de pointe pour mener une guerre de l’information. » Cette vidéo aurait été conçue pour « discréditer les organismes indépendants de lutte contre la corruption, d’éroder la confiance envers les institutions de l’État et de nuire à la réputation de l’Ukraine ».
Le bureau anticorruption ukrainien rappelle également que les seules sources fiables le concernant sont ses canaux officiels. Sur son site internet, l’organisme ne mentionne aucune perquisition chez Arsen Zhumadilov ni une quelconque saisie de 140 millions de dollars.
Le site d’un média copié pour diffuser la vidéo
L’itinéraire de la vidéo laisse penser à une opération de manipulation typique des désinformations russes. Le clip a été publié sur un site répliquant celui du média The New Voice of Ukraine, lequel a dénoncé une falsification de son identité graphique. Dans ce faux article, publié le 23 septembre 2026, apparaissent la vidéo et le descriptif de la prétendue perquisition – qui aurait eu lieu à la même date.
« The New Voice rejette catégoriquement les allégations contenues dans cet article et n’a participé ni à sa création ni à sa publication », a déclaré le média, le 25 septembre. « Après avoir été informée de l’existence de ce site web, notre rédaction a immédiatement contacté toutes les autorités compétentes et a ouvert une enquête interne sur cette affaire [et depuis publié un article de fact-checking sur la vidéo, ndlr]. Nous avons déjà découvert que cette histoire avait été diffusée par des organes de désinformation russes connus avant même le lancement de ce faux site web », a déclaré le chef d’édition du média, Romeo Kokriatski.
Le nom de domaine du faux site web (nvukraine.com) a été enregistré deux jours avant la publication du faux article, le 21 septembre. Celui du média The New Voice of Ukraine étant english.nv.ua, pour la version anglophone, ou nv.ua, en ukrainien.
Une énième campagne de désinformation russe
Le Centre de communications stratégiques et de sécurité de l’information de l’Ukraine (SPRAVDI) a retracé les étapes de ce qu’il présente comme une campagne de désinformation, sur X et Telegram. La création du faux article aurait servi à « rendre crédible » la fausse vidéo, après son apparition en ligne (ici ou ici, par exemple). « En conséquence, cette histoire inventée concernant les “140 millions de dollars” a pris l’apparence d’une information qui aurait soi-disant trouvé son origine dans l’espace médiatique ukrainien », en conclut le SPRAVDI.
La rumeur aurait ensuite été « amplifiée » via des canaux russes, puis « légitimée » par un partage de la vidéo sur X de Kirill Dmitriev, messager de Vladimir Poutine aux États-Unis et grand financier russe. Dans son post, ce dernier déclare : « Encore 140 millions de dollars volés aux contribuables occidentaux par les responsables ukrainiens des achats de matériel de défense. Pas étonnant qu’ils veuillent poursuivre la guerre tout en prétendant vouloir la paix. » Les médias russes s’en sont aussitôt fait l’écho (ici, ici, ici ou ici).
Ce n’est pas la première fois que de fausses informations sont propagées à propos de découvertes compromettantes faites par le bureau anticorruption ukrainien. Les Surligneurs s’étaient par exemple intéressés, en 2025, à une fausse vidéo prétendant montrer quatre passeports différents appartenant à Volodymyr Zelensky, prétendument saisis lors d’une perquisition. Il n’en était rien.
Auteurs :
Autrice : Mathilde Lafargue, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
L’article Attention à cette fausse vidéo qui affirme que 140 millions de dollars destinés à Volodymyr Zelensky ont été saisis en Ukraine est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Pourquoi ce choix d’analyser l’entremêlement des expériences juives, décoloniales et queers ?
TAL MADESTA J’ai plongé dans ma judéité au moment où j’ai commencé ma transition de genre : ma judéité et ma transidentité ont été des lieux jumeaux d’insoumission. J’ai également été marqué par le fait que, parmi les Juif·ves les plus engagé·es pour la libération de la Palestine, beaucoup sont queers. J’ai donc voulu explorer les liens entre queerness, judéités et lutte contre les nationalismes coloniaux. C’est un sujet crucial dans le contexte du génocide à Gaza – et de la montée en force des fascismes partout dans le monde.
Qu’avez-vous découvert en écrivant cet ouvrage ?
TAL MADESTA Il y a une queerness fondamentale dans les judéités, une déviance ancienne aux normes de genre blanches. J’ai découvert plein de manières dont les communautés juives ont, au fil de leur histoire, accueilli les personnes trans. Ainsi, en 1896, à Izmir, dans l’actuelle Turquie, un rabbin ottoman a établi ce qu’il faut faire en cas de divorce entre un homme cis et un homme trans qui aurait transitionné après le mariage !
L’État d’Israël, par la colonisation, le génocide et l’apartheid au nom des Juif·ves, a créé un rapport militarisé au genre, où queerphobie et colonialisme se répondent. Cette double police – des corps et des frontières – est un fait historique ancien. Dans Mauvaises Graines, je raconte l’histoire de Jacob Israël de Haan, poète et journaliste gay néerlandais installé en Palestine mandataire en 1919, qui documente le racisme anti-Arabes des premiers sionistes, et finit assassiné en 1924 par l’ancêtre de l’armée israélienne.
« Je suis né juif et j’ai grandi trans »
Tal Madesta
Pourquoi le titre Mauvaises Graines ?
TAL MADESTA Il renvoie à l’histoire des Juif·ves, souvent envisagé·es comme des herbes indésirables par les États dans lesquels elles et ils vivent. De la même manière, les queers sont des mauvaises graines qui troublent l’ordre sexuel et familial. Enfin, les mouvements décoloniaux sont fortement criminalisés parce qu’ils perturbent le pouvoir politique. Mais ces mauvaises graines résistent et portent en elles une puissance de transformation immense.
Quel est le message principal porté par cet essai ?
TAL MADESTA Je suis désespéré par l’instrumentalisation de l’antisémitisme et la manière dont elle impacte les personnes juives françaises. Ce matraquage constant,
tout comme le soutien croissant de la diaspora à l’État israélien, nous isole et nous fait peu à peu oublier notre histoire. Par ce livre, j’aimerais montrer qu’une autre voie est possible, qui ne passerait pas par le nationalisme meurtrier, mais par la reconnexion à notre queerness juive qui n’a que faire des frontières et de l’assimilation à la blanchité.
Les émissions de gaz à effet de serre devraient reculer de 2,8 % en France en 2026. Ce ralentissement est dû à l'effet dissuasif du prix élevé du gazole, a estimé le 13 octobre le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa). Cette réduction reste malgré tout insuffisante pour que la France tienne ses objectifs.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a salué une baisse « encourageante », tout en reconnaissant qu'elle « ne suffit pas (…)
Alors que la mobilisation lycéenne se poursuit dans plusieurs villes, les interventions policières sont de plus en plus contestées. Une plainte pour agression sexuelle visant un policier vient d’être déposée, et l’IGPN a ouvert une enquête.
L’article Mobilisation lycéenne : une plainte pour agression sexuelle contre un policier est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Cet été, plusieurs dysfonctionnements sur le site sidérurgique d’ArcelorMittal, à Dunkerque, ont causé des fumées noires et des panaches de poussière, dont les riverain·es de l’usine ont été victimes. © Arnaud Stoerkler/Vert
«C’est une usine polluante qui intoxique la population. L’industriel affirme qu’il met des filtres, mais c’est faux. Et tout le monde ferme les yeux, parce que c’est de l’emploi.» Voilà le pitch des Enfants de plomb, une mini-série qui cartonne sur Netflix. L’histoire vraie d’une pédiatre qui a révélé, en Pologne, les effets délétères d’une fonderie sur la santé de ses riverain·es.
Daniel*, un habitant de Grande-Synthe (Nord), y a reconnu son quotidien. À deux kilomètres de ses fenêtres s’étirent les cheminées d’ArcelorMittal Dunkerque, l’une des usines les plus polluantes de France, qui brûle du charbon pour produire de l’acier. Il observe les panaches de fumée, la survenue de cancers dans son entourage, et pense qu’un lien existe entre les deux. «Personne n’en parle, les élus sont silencieux», enrage-t-il. Et cet été, il a «failli déménager».
Nuages de poussière oranges, fumées noires, confettis de carbone dans l’air… Des retombées «épouvantables» ont touché les résident·es proches du site sidérurgique et d’autres usines, entre avril et septembre. L’industriel a reconnu des «aléas techniques», promis une «meilleure communication» à l’avenir et «engagé des actions» pour améliorer son fonctionnement.
Mais l’inquiétude a conduit à un événement rare dans le Dunkerquois : une critique de la pollution industrielle locale par un élu. «J’ai l’impression que nous sommes revenus trente ans en arrière», a fustigé Grégory Bartholoméus, maire socialiste de Fort-Mardyck, lors d’une réunion publique organisée le 16 septembre dans sa commune – la plus exposée.
Déjà en 2018, la Voix du Nord se faisait l’écho de panaches anormaux durant l’été. En dehors de ces épisodes exacerbés, les rejets industriels restent un impensé sur le territoire. La communauté urbaine de Dunkerque (Cud) – qui n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations – tente d’attirer de nouvelles usines et incite sa population à embrasser les métiers du secteur, avec son plan «20 000 emplois».
Les voix qui s’élèvent contre ces nuisances, dans la rue et sur les réseaux sociaux, sont souvent moquées par les défenseur·ses d’un poids lourd économique drainant 20 400 emplois en 2023, entre le port et une quinzaine de sites classés Seveso – afin de prévenir les accidents liés aux substances dangereuses.
Les premières habitations de Fort-Mardyck, une commune associée de Dunkerque, se trouvent à moins de 200 mètres du site d’ArcelorMittal. © Arnaud Stoerkler/Vert
«Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir la pollution», soutient pourtant Nicole Bertrand, 74 ans. Elle habite au pied des cheminées et a connu le secteur avant l’arrivée, en 1962, de l’usine sidérurgique. Chaque jour de l’année, les pelouses, voitures et façades des habitations de Fort-Mardyck, de Grande-Synthe ou de Saint-Pol-sur-Mer sont recouvertes d’une fine couche de poussière noire venue d’ArcelorMittal. Et les trottoirs scintillent parfois de paillettes, échappées des 12 millions de tonnes de matières traitées chaque année sur le site.
«Lors d’une braderie au printemps, il a plu de grosses paillettes, une pluie noire», rit jaune une trentenaire de Fort-Mardyck, qui n’a pas voulu être citée. C’était le 2 mai dernier, et l’industriel ne connaît toujours pas l’origine exacte de ce «carbone pur [tombé] sous forme de graphite», confesse à Vert un porte-parole.
Arrivée de Calais il y a neuf ans, Élise (elle n’a pas donné son nom) a pris conscience du problème à force de «nettoyer la poussière noire» sur les jouets de ses filles, dans le jardin. Comme bien d’autres habitant·es, elle évoque «une voiture à laver tous les deux jours», «des appuis de fenêtre souillés» et l’impossibilité d’aérer sa maison sans voir «la poussière atterrir à l’intérieur».
«La poussière, c’est tous les jours, partout. Il suffit de passer la main sur un rebord de fenêtre pour le vérifier», constate Jean, qui habite au pied des cheminées. © Arnaud Stoerkler/Vert
Certain·es riverain·es ont retiré leur trampoline après avoir vu les chaussettes blanches de leurs enfants «devenir noires en quelques minutes». Celles et ceux qui ont conservé un salon de jardin retournent consciencieusement «les verres et les assiettes jusqu’au moment de servir», relate Jean*, installé à Fort-Mardyck depuis «cinq générations».
«On a grandi comme ça, s’attriste Daniel, l’habitant de Grande-Synthe. Dans ma jeunesse, on mettait toujours un coup de wassingue [chiffon, en patois, NDLR] sur la table et le fil à linge, pour ne pas avoir un trait noir sur son t-shirt. Je me suis rendu compte plus tard qu’ailleurs, personne ne fait ça.»
Forcément, le carnaval de Dunkerque illustre régulièrement avec panache cette existence noircie. Dominique Mouftier, un artiste de 65 ans né à deux pas d’ArcelorMittal, pousse la chansonnette : «La fumée de nos usines nous rend tous tuberculeux, on s’en fout on a bonne mine, on est des carnavaleux !»
Blague à part, Dominique Mouftier se dit entouré de «proches atteints par des cancers». Et Élise est «sous traitement pour des sinusites chroniques» depuis son arrivée dans le Dunkerquois. «Je m’inquiète pour mes filles. On manque d’informations sur cette pollution», regrette-t-elle.
«Les particules visibles ne sont pas forcément les plus dangereuses, mais elles en charrient des plus petites qui ne sont pas toutes contrôlées», note Constance Valade, de l’association Respire. Une étude de Santé publique France parue en 2025 suggère un sur-risque d’asthme, de prématurité et de maladies respiratoires pour celles et ceux qui habitent à quatre kilomètres ou moins d’un site industriel. Le diagnostic territorial de santé de la communauté urbaine de Dunkerque, publié en 2023, montre aussi une surmortalité de 20 à 30% et une prévalence des cancers parmi ses habitant·es par rapport au niveau national. Sans pour autant les lier au risque industriel.
Lors d’une campagne de contrôle réalisée au printemps 2025, l’association Respire a relevé des seuils de pollution situés au-dessus des limites de l’OMS dans les fumées d’ArcelorMittal Dunkerque. © Association Respire
Plusieurs enquêtes (Disclose, association Respire, France nature environnement) ont démontré que le site sidérurgique dunkerquois avait dépassé certains seuils réglementaires d’émissions polluantes, lui valant des amendes et un contrôle renforcé par la préfecture. Malgré ces alertes, l’actuel premier adjoint au maire de Dunkerque, le chercheur en toxicologie Yann Landkocz, jugeait en 2023 dans Libération que l’air de Dunkerque «n’est pas plus pollué qu’ailleurs».
«Il y a une omerta, un conflit d’intérêts entre le développement économique du territoire et la pollution de l’air», estiment Éric Lefebvre et Jean-Michel Vermeersch, membres de Santé Transparence. Cette association de quarante riverain·es souhaite créer un institut écocitoyen pour reprendre la main sur une réalité sanitaire qui leur échappe. Comme à Fos-sur-Mer, où se trouve aussi le géant de l’acier. Elle organise des réunions publiques depuis un an et vient de candidater à des projets d’études scientifiques pour s’entourer de chercheur·ses.
Jean-Michel Vermeersch, membre de l’association Santé Transparence. © Arnaud Stoerkler/Vert
Une manière de ne pas attendre la décarbonation du site sidérurgique, revue à la baisse mais toujours d’actualité, qui vise à réduire l’utilisation du charbon en 2030. Gaëtan Lecocq, responsable CGT dans l’usine, reste sceptique : «Le manque criant d’investissement explique en partie les panaches de cet été et interroge l’avenir», s’alarme-t-il. L’entreprise, elle, rappelle à Vert l’injection de «dizaines de millions d’euros chaque année dans ses installations».
Gaëtan Lecocq, responsable de la CGT à ArcelorMittalDunkerque. © Arnaud Stoerkler/Vert
Coincés entre grondements nocturnes, odeurs âcres et fumées chamarrées, deux habitant·es de Fort-Mardyck, récemment arrivé·es, ont peur de ce qu’elle et il «respirent» mais veulent croire à la décarbonation. Souhaitant rester anonyme, un ancien maire de la ville, croisé sous son porche noirci et «incité à se calmer» à une époque où il s’était ému de la pollution, se dit «résigné». Il a accueilli ses deux petites-filles cet été, dont les pieds ont viré au noir dans sa pelouse, «comme si elles avaient marché dans du charbon».
*Leurs prénoms ont été modifiés pour préserver leur anonymat.
Découvrant, à leurs dépens, les risques du modèle conservateur de « femme traditionnelle », certaines influenceuses prennent leurs distances. Mais la tendance n’a pas dit son dernier mot, question de modèle économique...
L’article Tradwifes : les influenceuses se rebellent timidement est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Malgré le passage en force de la multinationale, les projets ne sont pas annulés pour autant. Ils pourront reprendre une fois l’étude d’impact environnemental terminée.
Cet article La Finlande stoppe deux data centers de Google pour avoir rasé 500 ha de forêt illégalement est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
« Ces résultats ne minimisent en aucun cas les effets du mal-être agricole, mais contribuent à montrer le caractère multifactoriel des tentatives de suicide. »
Cet article L’exposition aux pesticides est associée au risque de tentative de suicide chez les agriculteurs est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Nos journalistes Juliette Cabaço Roger et Faustine Sternberg ont enquêté pendant un an sur la gestion sanitaire des implants contraceptifs Essure. Leur travail, récompensé par la Maison des lanceurs d'alerte, interroge le système de contrôle des dispositifs médicaux et les liens entre certains professionnels de santé et les fabricants.
L’article Implants Essure, un long silence empoisonné, l’enquête en bref est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
À Saint-Denis, la colère des lycéens a réveillé celle de leurs professeurs. Lundi 12 octobre, une dizaine d'enseignants et de surveillants du lycée Paul Éluard ont décidé d'occuper leur établissement. Une initiative pour dénoncer le manque de moyens, les violences policières et soutenir leurs élèves mobilisés.
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En réponse au mouvement de protestation lycéen qui appelle à une nouvelle mobilisation mardi 13 octobre, l'exécutif a dégainé le principe du casseur-payeur, alors qu'il peine à appliquer celui du pollueur-payeur.
Estimant qu'il « faut apprendre très tôt qu'on est responsable de ses actes », à l'instar de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, le gouvernement souhaite faire payer les lycéens qui auraient commis des dégradations. Pour réclamer des professeurs et du matériel, les lycéens (…)
Alors que 441 bureaux de poste pourraient fermer ou être transformés d'ici 2027, des habitants dénoncent la fin des services publics de proximité et une forme de mépris des territoires ruraux. « Ils invoquent la “diagonale du vide”, mais ce sont eux qui vident nos villages. »
Alligny-en-Morvan (Nièvre), reportage
« Si on n'a plus de bureau de poste, on va mourir ! » s'insurge Anne-Marie derrière la caisse de son épicerie. Dans cette commune du Morvan de près de 600 habitants, beaucoup (…)
L'adoption massive de voitures électriques ne permettrait pas d'adapter nos mobilités aux limites planétaires, alerte un collectif de chercheurs dans le livre « Déviation ». Il est urgent, selon eux, d'organiser un ralentissement général de nos vies.
Et si nous souffrions collectivement d'un excès de vitesse ? Soixante chercheurs du monde entier, spécialistes des transports, signent un ouvrage collectif en forme de cri d'alarme. « Une rupture radicale » est nécessaire, selon eux, dans (…)

La justice saisie contre la politique fiscale de la France. L'ONG Oxfam France a déposé, mardi 13 octobre, un recours en justice contre l'État pour rupture d'égalité face à l'impôt. D'après l'ONG, la fiscalité française « tend à alléger la contribution des plus hauts revenus et des plus grandes fortunes » : « Le top 0,0002 % des plus riches ne reverse que 25 % de ses revenus quand la majorité des Français reverse en moyenne plus de 50 % en pourcentage d'imposition effective (la somme (…)
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Pour fabriquer de l’acier dans ses usines de Dunkerque et Fos-sur-Mer, ArcelorMittal exploite des gisements de minerai de fer au Liberia. Entre accaparement de terres agricoles et contamination des ressources en eau, la firme met en danger plusieurs milliers d’habitant·es de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Révélations sur les pratiques climaticides et néocoloniales du géant mondial de la sidérurgie.
Depuis le début de la mobilisation lycéenne, les images d'interpellations et de manifestants blessés se multiplient. Pour le sociologue Sebastian Roché, spécialiste de la police, l'ampleur de la répression témoigne d'une évolution profonde du maintien de l'ordre. Il pointe la responsabilité du gouvernement et dénonce une stratégie qui vise à dissuader la contestation.
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