Bientôt plus d'une centaine de tonnes de rebuts radioactifs supplémentaires d'un coup en France ? Dans un avis publié le 16 septembre, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection juge « indispensable qu'une quantité substantielle d'uranium appauvri soit requalifié dès à présent en déchet radioactif ». Le stock de cette matière atteignait 352 000 tonnes fin 2024 et continue de progresser d'environ 10 000 tonnes par an, selon l'inventaire de l'Andra.
L'uranium appauvri est (…)
« On envoie un message aux policiers et aux gendarmes : si vous avez une hésitation, allez-y, tirez », résume Fanny Gallois.
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Elle les aide à trouver des gisements, à accélérer les forages... Une étude révèle qu'en épaulant les compagnies pétrogazières, l'intelligence artificielle contribue à relarguer énormément d'émissions de gaz à effet de serre.
Jusqu'ici, le débat sur les méfaits climatiques de l'intelligence artificielle s'est surtout concentré sur son appétit électrique. Les data centers, toujours plus nombreux et gigantesques, pourraient voir leur consommation quadrupler en France d'ici dix ans jusqu'à (…)
Photographe et vidéaste animalier autodidacte, Thomas Jean documente depuis neuf ans les aventures de la faune sauvage bruxelloise. Il a fait de cette passion un combat social et politique.
Bruxelles (Belgique), reportage
Il lui suffit de quelques battements de paupières pour trier les sons, comme un chef d'orchestre isolerait, dans la masse d'une partition, la voix d'un seul instrument. Sur la friche Josaphat, ancienne gare de triage de la SNCB (l'opérateur ferroviaire belge) reconquise (…)

Source :Compte Facebook, le 6 septembre 2026
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La loi créant un droit à l’aide à mourir a été votée par les parlementaires et validée par le Conseil constitutionnel avec des réserves, cet été. Durant les deux ans pendant lesquels la proposition de loi a été examinée dans les différentes chambres, le débat a été riche en questionnements éthiques, mais aussi pratiques. Il aura aussi été ponctué de désinformations, sur le contenu de la loi ainsi que sur les pratiques actuelles.
Parmi celles-ci, le témoignage d’un journaliste de BFM a été utilisé pour faire croire que les médecins pouvaient décider, n’importe quand, de ne plus réanimer les patients admis à l’hôpital, arguant parfois qu’il existerait une consigne donnée aux hôpitaux de ne plus réanimer qui que ce soit au-delà de 90 ans.
En réalité, la loi française encadre déjà les pratiques médicales, et permet de ne pas entreprendre ou d’arrêter des traitements lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie.
Le témoignage personnel d’un journaliste
Le 20 novembre 2025, sur BFM, un journaliste de la chaîne témoigne d’un épisode vraisemblablement douloureux que ses proches et lui ont vécu à l’hôpital. « Ma grand-mère, elle est arrivée aux urgences, 90 ans, elle a Alzheimer, […] elle a été admise et très vite, un médecin nous a dit avec ma tante, si la situation se présente, on ne la réanimera pas », narre le présentateur avant de dénoncer un texte de loi qui autorise les médecins à interrompre les soins.
Lors de la première diffusion de l’interview, des commentateurs extrapolent pour assurer que les médecins ont l’interdiction de réanimer les personnes de plus de 90 ans. C’est faux, il n’existe pas de directive d’un tel ordre, comme l’ont rappelé plusieurs médias qui se sont penchés sur la question, comme 20 Minutes ou Radio France.
Des procédures de réanimation parfois invasives dont il faut mesurer les conséquences
En revanche, il est vrai que la réanimation est un choix médical. Pour chaque cas, les médecins doivent évaluer les bénéfices et risques pour le patient d’être réanimé tout en s’assurant, lorsque cela est possible, de son consentement.
« Il faut bien comprendre que la réanimation, ce n’est pas une baguette magique et que les conséquences peuvent être violentes », rappelle Juliette Quesada, médecin praticienne hospitalière qui travaille aux urgences et au SAMU et qui fait de la vulgarisation sur les réseaux sociaux.
La médecin développe différents cas de figure de réanimation. Pour une personne en situation d’arrêt cardiaque, le personnel médical peut être amené à faire un massage cardiaque. « Chez une personne très âgée, on casse quasiment systématiquement les côtes lors du massage », raconte le docteur Quesada.
Il faut aussi prendre en compte le temps durant lequel la personne ne sera plus assez oxygénée et anticiper quelles seront les conséquences sur le long terme. « Une personne de 50 ans [âge physiologique, ndlr] dont le cœur repart après dix à quinze minutes pourra s’en remettre et prendre le temps de faire de la rééducation par la suite ; pour une personne beaucoup plus âgée, c’est beaucoup plus compliqué », développe-t-elle.
Outre l’arrêt cardio-respiratoire, la réanimation peut prendre la forme, pour des patients extrêmement graves dont le cœur décompense, d’un transfert en réanimation : l’adrénaline peut notamment être administrée par voie intraveineuse ou par voie intra-osseuse, et on peut également intuber la personne.
Pas d’obstination déraisonnable
Pour décider de mettre en œuvre ces procédés extrêmement invasifs, les médecins doivent systématiquement évaluer les conséquences que vont avoir ces actions sur les patients. Car le médecin n’a pas le droit de s’obstiner de façon déraisonnable, comme le dispose la loi Leonetti de 2005.
« Ces actes [traitements et soins appropriés, ndlr] ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris », est-il écrit.
On retrouve cette même notion dans le code de déontologie médicale qui dispose en plus qu’en « toutes circonstances, le médecin doit s’efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l’assister moralement ».
Pour prendre cette décision, le code de la santé publique est explicite sur le fait que ces actions peuvent l’être conformément à la volonté du patient, mais s’il n’est pas en état d’exprimer sa volonté, une procédure collégiale est mise en œuvre.
En fin de compte, si les médecins doivent décider et assumer la responsabilité d’un tel choix, ce doit toujours être dans l’intérêt du patient.
Auteurs :
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
L’article Les médecins peuvent-ils vraiment décider de ne pas réanimer les patients ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Photo d’illustration. Une marche pour le climat, la justice et les libertés, à Paris, le 28 septembre 2025. © Mary-Lou Mauricio/Vert
Cette tribune, rédigée par des personnes extérieures à la rédaction de Vert, a été publiée dans Libération le 19 septembre 2026.
Nous avons droit à un avenir.
Nous ne sommes ni écoanxieux ni écoanxieuses. Nous sommes écolucides.
Nous lisons les rapports des scientifiques. Nous regardons dehors. Nous observons l’inaction de nos gouvernements. Et nous tirons les conclusions qui s’imposent.
Cette lucidité nous met en colère. Pas parce que demain sera dur. Parce qu’aujourd’hui l’est déjà. La catastrophe n’est pas à venir : elle a déjà commencé. Les canicules, les sécheresses, les incendies, les récoltes perdues, les personnes contraintes de quitter leur foyer. C’est maintenant. C’est partout.
Plus de 7 300 personnes sont mortes cet été. 100 000 hectares de forêts ont été ravagés par les incendies. 100 000 hectares, c’est dix fois Paris. Une fois de plus, nous faisons face aux conséquences de notre surconsommation et à la destruction de nos propres terres et du vivant, qui rend pourtant possible notre vie sur Terre.
Ces étés qui s’enchaînent ne sont pas «apocalyptiques». Ils sont tous logiques, prévisibles, prévus d’ailleurs : l’état d’urgence climatique est documenté depuis près de cinquante ans. Nous le savons : cet été sera sans doute l’un des plus frais de toute notre existence.
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Nous : collégiens, lycéens, étudiants, jeunes précaires, vivons déjà tout cela dans notre chair. Ce n’est pas le premier été que nous passons sur un asphalte bouillant, sous des chaleurs écrasantes, dans des logements brûlants.
Ces trente dernières années, il ne s’est absolument rien passé qui soit à la hauteur. Des sommets, des déclarations fallacieuses, des promesses jamais tenues, des objectifs sans cesse repoussés. Pendant ce temps, la pollution se répand, le désastre s’aggrave.
Le dérèglement n’est pas une affaire de générations. Nos grands-parents n’en sont pas les responsables. La crise dans laquelle nous nous trouvons est la conséquence des choix de quelques-uns pour s’enrichir et des gouvernements qui les ont laissés faire. Nous ne cherchons pas de coupables par classe d’âge. C’est une direction tout entière que nous allons faire bifurquer.
Nous sommes inquiètes et inquiets.
Pour nos grands-parents, fragilisés par ces chaleurs extrêmes.
Pour nos parents qui travaillent dehors, sur les chantiers, dans les champs, dans les cuisines, dans les entrepôts, à l’hôpital, dans les écoles, dans les services publics, à qui on demande de tenir dans des conditions qui deviennent invivables.
Pour toutes celles et ceux qui ont été déplacés, évacués, contraints à l’exil par les sécheresses, les incendies et la montée des eaux. Ailleurs comme ici désormais.
Pour nos petites sœurs et nos petits frères, pour les enfants que nous aurons peut-être. Pour la décence de leurs conditions de vie, l’habitabilité d’une planète qui est aussi la leur.
Et oui, pour nous-mêmes et pour nos amis. Parce qu’on ne nous propose aucun avenir digne de ce nom. On nous demande d’organiser notre vie comme si de rien n’était : études pour alimenter la machine, emplois pour l’entretenir, consommation effrénée pour la maintenir à flot.
Nous refusons.
Nous avons droit à un avenir. Nous avons aussi le droit de vivre maintenant. Nous ne voulons pas mettre notre jeunesse en attente d’un monde qu’on nous promet et qui ne vient pas. Vivre au présent, aimer, apprendre, respirer, faire des projets. Ne pas penser notre vie autour de ce qu’engendrera le dérèglement climatique.
Nous voulons nous inscrire dans la continuité de nos aînés. En mars 1944, dans un pays occupé, ruiné, aux heures les plus sombres de son histoire, la Résistance a adopté un programme de reconstruction, «Les Jours heureux». Sécurité sociale, services publics, retraites, école pour toutes et tous. Ces personnes-là n’ont pas attendu que la situation soit favorable. Ils ont retroussé leurs manches au milieu des ruines, et ils l’ont fait pour tout le monde. Nous comptons suivre leur exemple. Pour notre dignité, nous défendrons l’habitabilité de notre planète.
On dit de notre génération qu’elle ne veut pas travailler. C’est faux. Nous voulons travailler, et nous savons à quoi. Nous voulons rebâtir. Non par sacrifice, mais parce que rien d’autre n’aurait de sens aujourd’hui. L’urgence climatique nous oblige : c’est notre futur très proche qui est en jeu.
Nous n’imposons ni voie à suivre ni vision fixe, nous entendons simplement montrer que nous ne baisserons pas les bras. La première étape sera pour nous de descendre dans la rue le 26 septembre. Partout. Pour le climat. Pour le vivant. Pour la paix. Pour la justice sociale.
Rejoignez-nous. Faites grandir ce mouvement.
Elly, 17 ans, lycéen ;
Mathis, 16 ans, lycéen ;
Mattia, 20 ans, étudiante ;
Arthur, 22 ans, étudiant et conseiller municipal ;
Joana, 15 ans, lycéenne ;
Marcia, 21 ans, étudiant ;
Benjamin, 25 ans, étudiant ;
Paul, 19 ans, étudiant ;
Lucie, 24 ans, ingénieure ;
Antonin, 17 ans, lycéen en bac professionnel ;
Hachem, 19 ans, étudiant, élu CROUS ;
Eliott, 22 ans, jeune militant ;
Armel, 21 ans, étudiant ;
Elios, 17 ans, lycéen, élu CVL ;
Gaëlle, 23 ans, étudiante alternante BTS SP3S ;
Clément, 16 ans, lycéen ;
Clément, 21 ans, étudiant ;
Antonin, 16 ans, lycéen ;
Jeanne, 16 ans, lycéenne ;
Arnaud, 23 ans, étudiant ;
Seyma, 15 ans, étudiante ;
Lilian, 19 ans, étudiant ;
Alexandre, 30 ans, salarié ;
Valentine, 26 ans, militant ;
Delphine, 28 ans, militant ;
Zéphyr, 26 ans, formateur indépendant ;
Ange, 20 ans, photographe ;
Atteint de malformations congénitales de l’œsophage et du larynx, Théo Grataloup a subi une cinquantaine d’opérations depuis sa naissance. C’est grâce à sa détermination que sa mère est parvenue à faire le lien entre ses malformations et son usage du glyphosate pendant sa grossesse.
Cet article Cancers et pesticides : « la santé des enfants est sacrifiée sur l’autel de la compétitivité » est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Une foule rose au théâtre antique d’Arles, samedi. © Samy Hage/Vert
Sacrée journée pour le théâtre antique d’Arles (Bouches-du-Rhône). Ce samedi, peu avant 18 heures, les visites des journées du patrimoine se terminent à peine quand une autre foule se presse pour entrer à son tour. Le cortège vient manifester contre un projet de ligne à très haute tension (THT) entre le Gard et les Bouches-du-Rhône. Celui-ci doit traverser le parc naturel de Camargue, le domaine AOC des vignobles des Costières de Nîmes et le site Natura 2000 de la plaine de la Crau. Les 2 500 places du théâtre se remplissent à vue d’œil pendant que l’organisation distribue des foulards couleur flamant rose, espèce emblématique qui vit sur le tracé. «On a peur de ne plus avoir la même Camargue», s’alarme Aurélie (elle n’a pas donné son nom), qui manifeste pour la première fois contre le projet avec quelques ami·es.
Ce moment se veut le point culminant de deux ans et demi d’une mobilisation transpartisane autour du collectif THT 13/30, qui réunit 36 associations. Les prises de parole sont très variées face aux gradins bondés. On retrouve des représentant·es d’organisations environnementales, d’exploitations agricoles locales ou d’organismes de préservation du patrimoine. «Le pouvoir macroniste aura au moins eu le mérite de nous unir», se réjouit Clément Lajoux, porte-parole des organisations professionnelles agricoles des Bouches-du-Rhône.
Au centre des gradins, l’union politique est encore plus surprenante, avec une centaine d’élu·es de tous bords. À quelques sièges de la députée écologiste Delphine Batho, on retrouve le maire Horizons d’Arles, Patrick de Carolis, et même le sénateur d’extrême droite (ex-Reconquête) Stéphane Ravier. Pas franchement des habitué·es des luttes écologistes. «Ils sont écolos quand ça se passe dans leur territoire», raille le député de Marseille, Hendrik Davi (L’Après). Face à la foule, le porte-parole du collectif THT 13/30, Jean-Luc Moya, introduit : «La règle d’or, ce soir, c’est que l’on ne parle que de THT.» Auprès de Vert, son collègue Jean-Laurent Lucchesi dénonce l’opportunisme de certain·es : «Les élus ont été pris de plein fouet par la colère de leurs électeurs. Ils n’ont pas vraiment le choix.»
Cette colère est galvanisée par la possibilité de voir s’ériger près de 150 pylônes, pouvant mesurer 60 mètres de haut, en plein milieu d’espaces protégés. En plus de défigurer le paysage, l’infrastructure pourrait menacer l’activité agricole. La rizicultrice Carole Guintoli explique, les larmes aux yeux : «J’ai peur qu’on nous interdise de cultiver du riz, car des parcelles inondées ne seront pas compatibles avec les pylônes.»
Des représentant·es des 36 associations du collectif THT 13/30. © Samy Hage/Vert
L’avis de l’autorité environnementale, rendu le 27 août dernier, alimente ses craintes. Il pointe «des incidences sur les zones humides probablement supérieures aux seules fondations». Le gestionnaire du réseau électrique RTE promet une imperméabilisation des sols uniquement autour des 60 pylônes en zones humides, mais l’autorité craint une modification plus large de l’écosystème, ne serait-ce que pour l’accès à ces pylônes. L’avis confirme également l’alerte du collectif sur les dangers pour la riche faune de la région. Il parle de «risques de collision et d’effet barrière pour les oiseaux», notamment sur le Ganga cata, espèce protégée de perdrix, en danger critique d’extinction.
Dès lors, une solution est sur toutes les lèvres : l’enfouissement de la ligne. C’est la revendication principale du collectif, qui a mandaté une expertise tierce pour proposer un projet alternatif. «Nous ne proposons que des techniques que RTE sait faire», affirme Jean-Laurent Lucchesi. Mais RTE ne l’entend pas de cette oreille et affirme qu’enterrer la ligne serait trop coûteux. «La solution de ligne aérienne demeure la plus robuste», réaffirme l’entreprise auprès de Vert. Une option que l’autorité environnementale regrette dans son rapport : «Le dossier ne compare pas suffisamment les incidences sur l’environnement et la santé humaine des différentes stratégies, notamment [..] de celles examinées par la tierce expertise.»
Pour Clément Lajoux, la raison n’est ni technique, ni économique, mais bien politique : «RTE est le bras armé de l’État. Si l’État veut que ça aille vite, alors ils choisiront la solution la plus rapide, et c’est l’aérien.» La ligne est un projet important du plan de «réindustrialisation verte» voulu par Emmanuel Macron. Elle doit fournir la puissance nécessaire à la zone industrielle de Fos-sur-Mer, l’une des plus polluantes de France, pour réduire ses émissions en électrifiant autant que possible. Le gestionnaire des espaces naturels protégés de Camargue et de Crau, Jean Jalbert, déplore une politique du résultat à court terme : «Un aménagement du territoire qui oppose transition écologique et transition énergétique est un non-sens absolu.» Son intervention est largement applaudie.
Cette opposition entre des décisions centrales et des réalités locales est palpable au sein de la manifestation. «C’est un projet qu’on nous impose», peut-on entendre à de multiples reprises. Au micro, Carole Guintoli développe : «Sur les cartes, ce n’est qu’un trait. Or celui-ci traverse nos vies.» L’impression d’une indifférence de l’exécutif va grandissant, alors que le gouvernement enchaîne les déclarations en faveur d’une procédure accélérée. Au début de l’été, le ministre délégué à la transition écologique, Mathieu Lefèvre, parlait d’un projet éligible à «la méthode Notre-Dame». Comprendre : une simplification administrative qui réduit les possibilités de contentieux.
La signature du serment par les élu·es. © Samy Hage/Vert
C’est aussi ce qui explique le pari de réunir autant d’élu·es, y compris du camp gouvernemental. «Cette grande union a comme objectif de tendre la main à l’État central pour discuter du projet alternatif», veut croire Jean-Laurent Lucchesi. En fin de manifestation, les six maires des villes concernées par le tracé signent un serment «en faveur d’une solution alternative à la ligne aérienne», qui sera envoyé au président de la République.
Un plan B, en cas d’échec du dialogue, est cependant dans toutes les têtes, alors que la déclaration d’utilité publique devrait être annoncée dans les prochaines semaines. Chez les manifestant·es, on envisage des actions de blocage, voire une zone à défendre, comme dans la lutte contre le projet avorté d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Carole Guintoli achève son discours par un message fort en ce sens : «Si RTE et l’État s’entêtent, nous finirons morts ou en prison. Nous sommes désespérés et, le désespoir, c’est dangereux.»
Reste à savoir quel sera le positionnement des responsables politiques présent·es si la mobilisation passe à la vitesse supérieure. Interrogé par Vert, le maire Horizons d’Arles, Patrick de Carolis, botte en touche : «Ce soir, on ne parle pas de politique !» Quelques mètres plus loin, Jean Jalbert développe une vision un brin différente : «Si la déclaration d’utilité publique passe, ce sera une déclaration de guerre.»
Séance d’ouverture d’«Un commun accord», le 19 septembre dans le grand amphithéâtre du Conservatoire national des arts et métiers, à Paris. © Jacques Trentesaux/Vert
Elles et ils sont 156 à avoir répondu présent·e, ce samedi, pour le lancement d’«Un commun accord», l’assemblée citoyenne initiée par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici. 156 citoyen·nes tiré·es au sort pour tenter de dénouer quelques-uns des grands blocages climatiques, économiques ou énergétiques de notre société. 156 citoyen·nes composant une sorte de «mini-France», selon les critères d’âge, de genre, de catégorie sociale, de niveau d’études ou d’origine géographique. Le plus jeune a 17 ans ; le plus éloigné vient de… Nouvelle-Calédonie ! Tous leurs frais sont pris en charge et chacun·e bénéficie d’un défraiement de 102,16 euros par jour. Coût de l’opération : 3 millions d’euros.
La motivation des tiré·es au sort, choisi·es parmi une liste téléphonique de 200 000 noms, semble très forte. Seules quelques mains se lèvent lorsque Sophie Guillain, directrice générale du cabinet spécialisé en concertation Res Publica, demande si certain·es hésitent à revenir demain. «J’ai accepté de participer parce que je crois à la démocratie, nous confie Dominique (dans l’assemblée, personne ne donne son nom, c’est l’une des règles), 75 ans, lors d’une pause. Bon, il n’y a pas de démocratie pure mais je suis écœurée par ce qu’on entend – sur l’immigration ou la sécurité – et surtout ce qu’on n’entend pas : ce qu’on va pouvoir mettre dans son assiette.»
Réuni·es dans le grand amphithéâtre du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), au centre de Paris, les citoyen·nes écoutent sagement les organisateur·ices. Leur mandat ? Répondre à cette question centrale : «Au 21ème siècle, pouvons-nous encore espérer tout avoir ?» «Espérer est le mot clef, insiste Jean-Marc Jancovici. Il faudra partir de vos rêves, de vos désirs, et définir la direction qu’il nous faut prendre pour avoir une chance d’y arriver.»
«Un commun accord» dénote parmi les consultations citoyennes. Cette opération inédite est née dans l’esprit de Jean-Marc Jancovici. Enseignant, conférencier et auteur à succès, il est très médiatisé et adopte des positions tranchantes dans les médias, où il critique le traitement défaillant des journalistes sur le climat et défend bec et ongles le nucléaire. Il est contesté par nombre d’écologistes pour son manque de soutien aux énergies renouvelables. L’initiative a aussi été rendue possible par des «shifters», membre de l’association de Jean-Marc Jancovici, le Shift Project. Cette dernière n’est toutefois pas partie prenante.
La démarche est soutenue par une campagne de financement participatif qui bat tous les records pour un tel mode de financement : la barre des 200 000 contributeur·ices a presque été franchie ce week-end. Toutes et tous ont été sollicité·es pour soutenir la démarche à hauteur d’un euro symbolique. Certain·es ont donné plus et la collecte atteint déjà 2,6 millions d’euros. Deux millions supplémentaires avaient été réunis avant le lancement auprès d’une dizaine de proches du polytechnicien «aux poches profondes», à qui une charte de non-ingérence a été soumise.
«On s’engage juste à porter vos préconisations dans le débat public sous la forme que vous déciderez», insiste Audrey Cerdan, pilote du projet. Pas question de plaquer les idées défendues par Jean-Marc Jancovici. Ce dernier promet de ne plus intervenir après cette première session et assure qu’il se «mettra en retrait de la fréquentation de tout candidat pour éviter toute équivoque». Les conclusions de l’assemblée citoyenne seront rendues publiques les 6 et 7 février, soit un peu plus de deux mois avant la présidentielle – un pari qui semble audacieux. Le but : faire émerger des compromis qui s’imposeront aux candidat·es.
Discussions en mini-ateliers dans le salon d’honneur du Cnam, après l’intervention de la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte. © Jacques Trentesaux/Vert
«Un commun accord» n’est pas sans rappeler la Convention citoyenne pour le climat, lancée par le gouvernement en octobre 2019 après le mouvement des Gilets jaunes et le Grand Débat national. Cette convention, la première du genre en France, avait suscité d’abord du scepticisme, puis de la curiosité et enfin de la déception. La promesse non-tenue du président Emmanuel Macron d’une reprise «sans filtre» est encore dans toutes les têtes. Pourtant, le gouvernement avait validé 78 des 146 préconisations des citoyen·nes, d’après un décompte exhaustif du Monde – notamment via la loi Climat et Résilience de 2021… en grande partie détricotée depuis.
L’opération «Un commun accord» a-t-elle pour but de ressusciter la Convention citoyenne pour le climat ? Ses initiateur·ices insistent sur les différences entre les deux démarches. Le commanditaire, tout d’abord, qui n’est pas le gouvernement mais la société civile – d’où son nom «d’assemblée» et non de «convention». «Nous nous sommes en quelque sorte auto-saisis», précise Jean-Marc Jancovici. La méthode tranche aussi. Il ne s’agit pas de répondre à une question fermée («réduire d’au moins 40% les émissions de gaz à effet de serre en France d’ici à 2030 dans un esprit de justice sociale», comme le demandait la convention citoyenne sur le climat) mais d’apporter des réponses à des dilemmes concrets.
Exemples de ces dilemmes ? Comment limiter la pollution en ville sans nuire à la liberté de circulation ? Comment répondre à la demande en logements sans artificialiser les sols ? Comment produire français en gardant des produits peu chers ? Comment se débarrasser du gaz russe sans devenir dépendant du gaz étasunien ? Autant de questions laissées au choix des citoyen·nes.
Enfin, «Un commun accord» bénéficie du soutien du public et de personnalités très diverses (McFly et Carlito, Gaspard G., Alain Aspect, Françoise Combes, Albert Dupontel, le général Frédéric Chiffot, Amixem, Thierry Lhermitte…). La plateforme de financement participatif, qui héberge déjà plus de 50 000 commentaires, a vocation à accompagner et à nourrir les travaux des citoyen·nes tiré·es au sort. L’enjeu est énorme. Plus l’initiative bénéficiera de l’engouement du grand public, plus ses conclusions seront jugées légitimes. Or le nombre de 200 000 contributeur·ices est encore très insuffisant pour y parvenir.
Pour ce premier week-end de travail, les citoyen·nes ont bénéficié des éclairages d’expert·es en géopolitique (Pascal Ausseur), économie (Patrice Geoffron), finances (Selma Mahfouz) ou climat (Valérie Masson-Delmotte). Un vaste tour d’horizon pour poser les enjeux et comprendre les contraintes physiques et financières de notre pays.
Discussions entre quelques citoyen·nes tiré·es au sort et la presse à l’issue de la première journée de travail. © Jacques Trentesaux/Vert
À la fin de leur première journée de travail, les têtes des citoyen·nes tiré·es au sort étaient farcies de chiffres et de données en tout genre. «J’ai eu l’impression de retourner à l’école, indique Anna, 21 ans. On a eu des gens calés sur tous les sujets.» «Moi, je n’ai rien appris, fanfaronne un autre participant. J’suis sincère. C’était dans mon programme de seconde.» Abdel-Qâdir, lui, a tout trouvé intéressant : «Je ne connaissais pas Jancovici : j’ai vu hier sur Youtube qu’il était connu ; il a même déjà rencontré le président… C’est du high level ici !»

L'association Avenir Santé Environnement a manifesté le 19 septembre à La Rochelle contre les cancers pédiatriques, nombreux dans la région. Elle appelle à « une véritable transition agricole » avec la fin des pesticides de synthèse.
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Dimanche 20 septembre, plus de 50 000 personnes se sont rassemblées à Paris et dans d’autres villes contre la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre. Dans le cortège parisien, élus, collectifs et familles de victimes dénoncent un texte qui marque une nouvelle étape dans l’impunité policière.
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L’ascension du conseiller social-démocrate vers Rome est aussi fulgurante qu’éphémère : chassé du pouvoir par la vague populiste qui déferle de l’Italie aux États-Unis, il quitte la politique. Avant de renaître, une décennie plus tard, en intellectuel acclamé à Paris. Sans jamais renoncer à peser sur les affaires du monde. Deuxième partie de notre enquête.
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Les portes latérales s'ouvrent comme les ailes d'un coléoptère. Le nez est rond et la carrosserie a des allures de carapace, aux tons vert clair et vert foncé. L'ensemble est serti de carrés noirs faisant penser à des (…)
Derrière son bon goût, le café cache un fort bilan carbone, une déforestation conséquente ou encore des problématique de droits humains dans les pays producteurs. © Sarmale Olga/Flickr
Déguster une tasse de café fumante au saut du lit : un rituel matinal partagé par une grande partie des Français·es de plus de 18 ans. Selon une étude Ipsos réalisée en 2024 pour Nescafé Dolce Gusto, 73% d’entre elles et eux en consomment régulièrement, à raison de trois par jour pour la moitié du panel interrogé. Un engouement planétaire : près de deux milliards de personnes en consomment chaque jour à travers le globe.
Mais cette demande massive et en plein essor pose de sérieux problèmes environnementaux : déforestation dans les pays producteurs (notamment au Brésil, au Vietnam et en Colombie), recours intensif aux engrais azotés et aux pesticides, forte consommation d’eau (132 litres pour une seule tasse, selon l’hydrologue Charlène Descollonges, interrogée par le média Reporterre), émissions de gaz à effet de serre lors de la production et du transport… Sans oublier les atteintes aux droits humains : l’ONG Coffee Watch fait état de travail forcé, de travail des enfants et de salaires misérables dans de nombreuses exploitations, y compris pour certains cafés issus du commerce équitable.
La culture du café est par ailleurs fortement exposée aux aléas climatiques. Tempêtes et gels records au Brésil, sécheresses en Côte d’Ivoire ou au Vietnam ont fait chuter la production ces dernières années, provoquant une flambée des prix (+37 % entre 2024 et 2025, selon une évaluation du média France info). Malgré de meilleures récoltes en 2026, la tendance de fond devrait se poursuivre : le changement climatique pourrait rendre incultivables de nombreuses parcelles aujourd’hui dédiées à cette plante.
Pour des raisons éthiques, écologiques, ou simplement pour réduire leur consommation de caféine, de plus en plus de consommateur·ices se tournent donc vers des alternatives, qui se sont multipliées ces dernières années. Celles et ceux qui cherchent à retrouver le goût exact du café seront déçu·es, mais ces boissons ont leurs propres saveurs à faire valoir. Produites localement, elles sont aussi plus respectueuses de l’environnement. Tour d’horizon des principales alternatives.
Longtemps affublée d’une image désuète, la chicorée connaît un regain de popularité. Aux côtés des acteurs historiques comme Leroux ou Ricoré (Nestlé), de jeunes marques telles que Nourée ou Cherico entreprennent de la dépoussiérer.
Obtenue à partir de racines torréfiées puis réduites en poudre, cette boisson affiche un bon bilan environnemental. Au kilo, son empreinte carbone est pourtant très proche de celle du café : 7,87 kilogrammes d’équivalent CO2 par kilogramme (kg CO₂e/kg) contre 8,4kgCO2e/kg pour le café moulu, selon la base Agribalyse de l’Ademe. Toute la différence se joue à la tasse, car on dissout seulement deux à trois grammes de chicorée soluble, contre une dizaine de grammes de café moulu. Résultat : une tasse de chicorée émet environ quatre fois moins de dioxyde de carbone (CO2) qu’une tasse de café.
La chicorée exige en outre moins d’intrants chimiques et pousse principalement dans le nord de la France – premier producteur mondial – et chez ses voisins (Belgique, Pays-Bas, Allemagne). Choisie bio, elle réduit encore son impact, même si l’essentiel de son empreinte tient à l’étape de transformation.
Sans caféine, cette racine est riche en fibre et en inuline, une prébiotique reconnue pour son impact positif sur le microbiote. «Côté goût, on retrouve l’amertume du café, avec des notes de caramel et de noisette», détaille Doriane Le Leu, cofondatrice de la marque Cherico. Le prix, lui, varie fortement selon les marques et le mode de culture – conventionnel ou bio – de 12 à 38 centimes la tasse.
Populaire en Italie (caffè d’orzo) et au Portugal (cevada), le café d’orge séduit les personnes ne tolérant pas la caféine ou celles qui veulent remplacer le café de l’après-midi. En France, cette alternative riche en fibres et en nutriments reste relativement méconnue, même si son marché progresse.
Faute de calcul d’empreinte carbone pour ce substitut céréalier, on retiendra que l’essentiel de l’orge utilisée est cultivée et transformée en France : dans le Cantal pour Kafékap, dans le Tarn pour la Ferme de Vanessa Vialettes, ou en Bretagne pour Graine de Breton. «Nous avons fondé la marque il y a onze ans pour proposer une alternative locale au café décaféiné. Depuis deux ans, nous constatons un vrai engouement du grand public», raconte Nathalie Gouéry, qui a créé Graine de Breton avec son mari Yoann.
L’enseigne décline plusieurs gammes : l’orgé, au goût de céréales et de pain grillé, et l’orzo, plus doux, aux notes de noisette. «Nous avons également développé le Koffé 532, un mélange d’orge et de petit épeautre. De nombreux clients nous disent qu’en terme de goût, c’est ce qui se rapproche le plus du café», précise-t-elle. Le café d’orge se prépare en infusion, idéalement en cafetière à piston, ou en cafetière italienne ; plusieurs marques proposent aussi des capsules. Comptez en moyenne 20 euros (€) le kilo pour l’orzo – comparable, voire inférieur, au prix des cafés bios moulus.
Le lupin est une légumineuse dont les graines comestibles, très riches en protéines, sont torréfiées pour donner un café moulu ou en grains. «La consommation de café de lupin est très ancienne, mais l’habitude s’est perdue en France. Je l’ai découverte en Allemagne il y a cinq ans, alors que je cherchais une alternative sans caféine pendant ma grossesse. J’ai eu envie de remettre cette boisson au goût du jour», explique Anaïs Marescaux, fondatrice de Lupi Coffee. Le lupin est originaire du nord de la France et d’Allemagne – la marque, qui se fournit déjà auprès de fermes bio, vise une production 100% française dès l’an prochain.
D’autres se sont depuis lancées sur ce marché encore confidentiel, comme Arsène, qui revendique une production 100% française, ou La Tribu des Kawas, dont les grains sont cultivés et transformés en Bretagne.
Corsé et rond, le café de lupin dévoile des arômes de noisette grillée et de cacao. «Le goût se rapproche vraiment de celui du café, avec moins d’acidité», assure Anaïs Marescaux. Il s’accommode de toutes les cafetières – filtre, italienne, à piston, voire à expresso – en suivant les recommandations propres à chaque méthode. Lupi Coffee vend sa version 19€ les 600 grammes (g), soit environ 23 centimes la tasse selon la marque.
Le thé n’est évidemment pas un substitut au café. Mais pour qui cherche à alléger son empreinte carbone, c’est un bon réflexe : selon l’Ademe, il figure parmi les boissons les moins émettrices après l’eau du robinet, avec 43,6gCO₂e par litre, soit quinze fois moins que le café.
Certes, le thé vient lui aussi de loin : la Chine et l’Inde en sont les premiers producteurs. Mais sa culture, moins intensive, entraîne moins de déforestation que celle du café. Là encore, privilégier le bio limite le recours aux pesticides.
C’était il y a longtemps. Edouard Balladur et Jacques Chirac se tiraient la bourre pour la présidence. Loin de ces projecteurs, un agent des services russes faisait ce qu’il pouvait pour me recruter.
Une histoire d'espions
Édouard Balladur est mort à la fin de cet été. Cela a fait resurgir des souvenirs. Comme toujours, ils m'ont fair rire et je me suis dit que je devrais les partager avec nos lecteurs pour contrer la morosité tout à fait naturelle en ces temps de nouvelles plus accablantes les unes que les autres. Comme la crise climatique, la crise économique, l'IA qui va tuer l'humanité dans moins de dix ans et bien sûr, la mort de ce pauvre Edouard Balladur... Back to the future...
« Bonjour, c’est Machin Truc. Je suis le responsable pour la presse du premier ministre. Il se rend à Moscou les 1er et 2 novembre, ce serait bien que vous puissiez venir. Il y a aura des choses intéressantes qui se diront ». Je déteste les voyages de presse. C’est une manière d’acheter les journalistes. Les hôtels sont généralement somptueux, la bouffe agréable et l’on voyage dans des conditions privilégiées. Sur place, rien d’intéressant à part de la « communication », ce qui n’est pas ma tasse de thé. Mais Truc revient plusieurs fois à la charge. Il précise qu’il travaillait avant comme journaliste à la radio et qu’il sait quand il faut être du voyage. Cette fois, c’est sûr, ce sera important. « Et Edouard Balladur voyagera dans l’avion avec les journalistes, il y aura du off ». Par lassitude, je finis par accepter.
Pourquoi moi ? En cette fin d'année 1993, j’étais journaliste à L’Agefi, en charge des pays de l’Est. L’Agefi, c’était un journal ultra financier, destiné au top management des...