Dans « Pesticides kids », deux journalistes donnent la parole à des enfants souffrant de cancers et à leur famille. L'enquête offre un argumentaire implacable sur les dangers de ces substances toxiques, dont la France est friande.
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Avant d’être adapté au cinéma et écouté jusqu’à l’Élysée, l’auteur du « Mage du Kremlin » n’était qu’un discret conseiller politique italien. Revue21 a rencontré l’intellectuel érigé en oracle du chaos contemporain. Et retracé, de Florence à Rome, cette autre vie d’aspirant Machiavel, jusqu’aux défaites cuisantes qui l’ont poussé à se réinventer à Paris. Première partie de notre enquête.
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Sabine Detcheverry et Paul de Lizarraga, devant la maison où ils vivent depuis des décennies, dans l’actuel village de Miquelon. © Dario Nadal/Vert
Elle est la première commune française à devoir déménager intégralement à cause du changement climatique. Dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, seul territoire ultramarin français en Amérique du Nord, où vivent quelque 6 000 personnes, le village de Miquelon est implanté entre zéro et trois mètres au-dessus du niveau de la mer.
Nichée à la pointe d’une île de 200 kilomètres carrés, la commune sera submergée à l’horizon 2100 au plus tard. En cause, la hausse du niveau moyen des océans, alimentée notamment par la fonte des glaces. À Miquelon, le niveau de l’eau pourrait atteindre 3,7 mètres d’ici à la fin du siècle, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
Un nouveau village est en cours de construction depuis la fin de l’été 2025 sur une butte surélevée, où une dizaine de maisons sont déjà sorties de terre. Cette fois-ci, pas question de construire en dessous de dix mètres au-dessus du niveau de la mer, a minima. Le fruit d’années de concertations avec les habitant·es, qui mettent d’ailleurs souvent eux-mêmes la main à la pâte en construisant leur propre maison, comme cela se fait beaucoup à Miquelon. Un projet collaboratif porté par la mairie de Miquelon-Langlade et coordonné par l’agence d’urbanisme Métamorphoses urbaines, basée en région parisienne.
Le futur village, en chantier depuis septembre 2025 est implanté à dix mètres minimum au-dessus du niveau de la mer. © Dario Nadal/Vert
Si la première «phase» des travaux touche à sa fin, de nombreux Miquelonnais·es attendent désormais l’étape supérieure, qui prévoit la construction de plus d’une soixantaine de nouvelles maisons ainsi que d’un refuge en cas d’aléa climatique extrême. Après dix ans de reculs écologiques successifs, Emmanuel Macron, doit se rendre pour la première fois dans l’archipel, du 19 au 21 septembre prochains.
La deuxième visite d’un président de la République dans l’histoire du village, qui pourrait être amené à annoncer le déblocage de nouveaux moyens pour accélérer le projet. «Cela fait des années qu’on attend cette visite. Maintenant, on espère surtout l’annonce du financement de la deuxième phase des travaux, et qu’on ne s’arrête pas à seulement quinze parcelles pour le nouveau village», explique Anne-Solange Muis, géographe chargée de coordonner la «relocalisation» du village depuis 2022.
Franck Detcheverry, maire divers gauche de Miquelon depuis 2020, réélu en 2026 au premier tour faute d’autre candidat à la fonction. © Dario Nadal/Vert
Plus qu’un simple départ vers un ailleurs, le projet porté par le maire (divers gauche) Franck Detcheverry suggère une autre manière d’habiter l’île en intégrant le risque à venir. Le fruit d’une longue concertation avec des habitant·es profondément attaché·es à leur village. «On sait que Miquelon pourrait subir une tempête violente un jour ou l’autre, donc on doit agir aujourd’hui», explique l’édile en fonction depuis 2020. À noter que le déplacement se fait pour l’instant sur la base du volontariat.
La nouvelle tombe en 2014, lors de la visite du président François Hollande. Dans le nouveau plan de prévention des risques littoraux (PPRL), la quasi-totalité du village se trouve en zone rouge, à fort risque de submersion marine. Elle deviendra donc inconstructible. Un coup de massue pour les familles qui vivent sur l’île depuis des générations, la plupart descendantes des pêcheur·ses acadien·nes, basques ou breton·nes qui ont fondé le premier village il y a près de trois siècles. «Mon terrain a perdu toute sa valeur d’un coup, je ne peux plus rien en faire à part y planter des légumes», souffle Paul de Lizarraga, Miquelonnais de 78 ans.
Sur l’île, tout le monde ou presque construit sa maison soi-même. L’auto-construction fait partie de la culture depuis des générations, lié notamment à l’isolement. © Dario Nadal/Vert
Beaucoup de Miquelonnais·es refusent d’abord d’entendre parler de déménagement. Mais d’importantes inondations en 2018, ainsi que l’érosion qui grignote l’île un peu plus chaque hiver, leur rappellent l’urgence. Car Miquelon cumule les vulnérabilités. En plus du risque lié à l’élévation du niveau de la mer, le village est aussi menacé par ses fondations : le banc de galets qui constitue l’île à cet endroit renferme une nappe phréatique. «En cas de cyclone, la dépression fait remonter la nappe qui s’ajoute à l’effet de submersion marine. Les habitant·es le constatent dans leurs caves, où ils ont de plus en plus d’eau», alerte la géographe Anne-Solange Muis, qui se rend sur l’île chaque trimestre depuis quatre ans avec l’agence d’urbanisme Métamorphoses urbaines.
Parmi les parties les plus à craindre à court terme : l’isthme qui relie le sud de l’île, Langlade, au nord, Miquelon, soit une bande de sable longue de 12 km. L’endroit est inhabité, mais il s’agit d’un véritable joyau de biodiversité accueillant notamment la plus grande colonie de phoques de France au sein du Grand Barachois, une vaste lagune de 1 000 hectares bordée de dunes de sable blanc.
L’isthme de Miquelon-Langlade accueille une grande diversité de milieux : dunes, tourbières, marais ou lagunes. Il pourrait disparaître sous l’eau dans les prochaines décennies. © Dario Nadal/Vert
À cela s’ajoute une vulnérabilité grandissante face aux tempêtes qui s’abattent régulièrement sur l’île, due à des hivers moins froids qu’il y a cinquante ans. «Avant, en octobre, il y avait de la glace partout, jusqu’en avril. Au fil du temps, les hivers se sont raccourcis, avec plus de vent et d’humidité, et moins de gel. Sur le littoral, les falaises de glace protégeaient la dune de la mer», explique Paul de Lizarraga, qui a œuvré pendant des années au réensablement des buttereaux (petites buttes) qui forment l’isthme de Langlade. Le littoral n’étant plus protégé par ces falaises de glace l’hiver, il se retrouve directement exposé aux aléas qui le frappent à cette période.
Du côté de la jeunesse locale, les avis divergent et les perspectives restent encore floues sur un territoire où plus d’un quart de la population est âgé de 60 ans ou plus. «Ça me fait mal de me dire que cet endroit disparaîtra sous l’eau un jour. Mais j’espère ne plus être sur cette terre quand ça arrivera», se désole Lou Coste, Miquelonnaise de 22 ans. Établie au Québec, la jeune femme a déjà tranché depuis plusieurs années. «En tant que jeune, j’ai envie de voyager, de profiter de ma vie et j’ai bien compris que ma place n’était pas à Miquelon», détaille-t-elle, avant d’admettre : «Mais, si je devais rester sur l’île, je me verrais bien habiter dans le nouveau village, la vue est magnifique.»
Layla, 18 ans, a décidé de revenir dans son village après l’obtention de son bac à Saint-Pierre, chef-lieu de l’archipel. © Dario Nadal/Vert
Sur la place du village, en face de l’église des Ardilliers, construite au 19ème siècle et classée monument historique, Layla Gaspard, 18 ans, n’a pas vraiment d’avis sur la question. «Je sais juste que notre maison ne bougera pas pour l’instant, et qu’on est très bien là où on est. Après chacun fait comme il veut», dit-elle, pas vraiment motivée non plus pour rencontrer Emmanuel Macron.
Dans son jardin à quelques pas de la mer, Éric Coste n’est pas vraiment d’accord avec la «relocalisation» du village. «Sans dire que le réchauffement climatique ne menace pas le village, l’idée de tout déplacer me dérange. Quand on a toujours vécu sur ce banc de galets, forcément on y est très attaché», explique ce vingtenaire. Il y a six ans, le chauffeur agricole a investi ses économies dans une maison de l’ancien village, en connaissance de cause, où il vit avec sa compagne et leur fille de quatre ans. Pour l’instant, la famille n’a pas l’intention de bouger d’un pouce.
Eric Coste, miquelonnais opposé au projet de déplacement du village, devant la maison qu’il a achetée en 2020. © Dario Nadal/Vert
À dix minutes de voiture, sur le chemin des Roses, lieu du futur village en chantier qui fait face à l’Atlantique, une dizaine de maisons sont déjà sorties de terre en à peine un an. Celle de Sabine Detcheverry, 66 ans, fera bientôt partie du lotissement. Après toute une vie sur son terrain actuel, la jeune retraitée a signé son compromis de vente en mai dernier. «Ce qui nous a décidés, ce sont les vents de plus en plus forts qui font vraiment peur. On a hâte d’être en sécurité là-haut», explique-t-elle. Depuis que sa maison a été rachetée par le Fonds Barnier, un financement européen mis en place en 1995 pour prendre en charge les dépenses liées aux catastrophes naturelles, la retraitée a trois ans pour faire construire son nouveau logement et s’y installer.
Paul de Lizarraga, compagnon de Sabine Detcheverry, est lui en attente d’attribution d’une parcelle dans le futur village. Pour la première phase du projet, la priorité était donnée aux jeunes familles. Cet ancien ouvrier de la morue, autrefois employé dans l’usine de l’île qui tournait à plein régime avant le moratoire de 1992, a sacrifié un an et demi de sa vie pour bâtir sa maison il y a plus d’un demi siècle. Si la voir détruite sera douloureux, c’est «un mal pour un bien», selon lui. «Il est impératif qu’on puisse se mettre à l’abri dès maintenant pour pouvoir faire face au problème si dans quinze, vingt ou trente ans il y a une montée des eaux. J’espère bien pouvoir un jour avoir ma maison construite de l’autre côté, je finirai mes jours beaucoup plus sereinement», affirme-t-il avec résilience.
La deuxième phase des travaux pourrait être annoncée par Emmanuel Macron lors de son passage sur l’île, le 20 septembre prochain. Elle représenterait un investissement d’environ 25 millions d’euros pour l’État, entre 2027 et 2031. Plus de soixante nouveaux ménages auraient ainsi la possibilité de voir rachetées leurs anciennes maisons et d’obtenir un permis de construire, avec l’espoir d’être désormais en sécurité, à l’abri de l’océan.
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"Malgré les moments de fatigue, quand la passion et le dévouement sont là, on trouve la force pour continuer. On se dit juste qu’on doit le faire, et on trouve des façons de continuer à se battre."
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Lire la suite - En bref / Luttes
Source :Compte TikTok, le 14 septembre 2026
Etiqe :Prudence
Contenu :
De quoi s’inquiéter ? Le 10 septembre, l’agence nationale de sécurité du médicament et de produits de santé (ANSM) a annoncé que 1,6 million de femmes allaient recevoir un courrier nominatif pour les prévenir de l’augmentation d’un risque de méningiome en raison de l’utilisation de leur contraceptif au désogestrel.
Depuis, de nombreuses internautes s’inquiètent sur les réseaux sociaux de leur contraception. Certaines appellent même à l’arrêter immédiatement. « Ne la prends plus, vraiment ! », s’exclame une internaute.
S’il existe un risque de développer un méningiome à cause de ces contraceptifs, celui-ci est jugé par l’ANSM comme « très faible » et les méningiomes sont le plus souvent bénins.
Des tumeurs hormonosensibles
Pour mieux comprendre, reprenons quelques bases. Un méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges – soit des tissus corporels qui ont augmenté de volume sur la partie qui enveloppe le cerveau. Dans la population générale, neuf à dix cas de méningiomes pour 100 000 patients sont observés chaque année, comme le précise l’ANSM.
Ces tumeurs sont ce qu’on appelle « hormonosensibles ». Concrètement, « certaines hormones peuvent les stimuler et donc favoriser leur croissance », explique Anna Gosset, gynécologue médicale au CHU de Toulouse. La progestérone, une des hormones qui régule le cycle menstruel et qui est naturellement présente dans le corps, est l’une de ces hormones qui peuvent avoir un impact important sur ce type de tumeur. Jusqu’à « 80 % des méningiomes seraient sensibles à la progestérone », détaille Sophie Gaudu, gynécologue-obstétricienne à l’hôpital Bicêtre.
Or, le désogestrel qui est aujourd’hui mis en lumière pour sa présence dans certaines pilules contraceptives est une « progestérone de synthèse ».
Un risque qui régresse à l’arrêt du traitement
En s’appuyant sur une étude de 2024 menée par EPI-PHARE, l’ANSM indique qu’avec l’utilisation de contraceptifs à base de désogestrel (utilisé dans certaines pilules) ou d’étonogestrel (utilisé dans des implants contraceptifs et des anneaux vaginaux), « un cas supplémentaire de méningiome surviendrait pour un peu plus de 67 000 femmes qui utilisent ces médicaments ». Dans l’organisme, le désogestrel est transformé en étonogestrel.
Ce risque de développer un méningiome évolue ensuite en fonction de la durée d’utilisation de ces contraceptions et de l’âge de la patiente. Il est ainsi multiplié par 1,7 à partir de cinq ans d’utilisation et de 2 au-delà de sept ans, pour les femmes de moins de 45 ans. Passé cet âge, le risque apparaît dès la première année d’utilisation.
Néanmoins, ce risque est loin d’être définitif et « régresse à l’arrêt du traitement », rassure Sophie Gaudu. Un an après l’arrêt du contraceptif en question, ce risque supplémentaire s’annule, précise l’ANSM.
Des tumeurs le plus souvent bénignes
Au vu de ces chiffres, l’agence juge donc le risque de développer un méningiome en raison de cette contraception comme « très faible ».
De plus, ces tumeurs sont dans la très grande majorité des cas « bénignes », précisent les différentes gynécologues contactées par Les Surligneurs. Concrètement, selon le site de l’Assurance maladie, les méningiomes sont classés en trois grades. Dans 90 % des cas, les méningiomes sont considérés comme « bénins ». 9 % des méningiomes sont notés comme « agressifs » car ils ont tendance à récidiver. Enfin, dans moins de 1 % des cas, ces tumeurs sont malignes, soit cancéreuses. Ainsi, « on peut potentiellement avoir un méningiome dans le cerveau et ça ne cause aucun problème (il peut rester stable sans aucune conséquence clinique) », indique Anna Gosset.
Néanmoins, certaines tumeurs même bénignes peuvent nécessiter une opération chirurgicale. En effet, « les méningiomes peuvent être de gros volume et appuyer sur certaines zones du cerveau », explique Céline Chauleur, cheffe de service de gynécologie-obstétrique au CHU de Saint-Étienne.
Une balance bénéfice-risque
Certains symptômes neurologiques sont donc à surveiller pour prévenir que ce type de méningiome n’ait trop de conséquences sur la santé, comme « des maux de tête inhabituels qui persistent » ou encore « des troubles visuels », précise Céline Chauleur. Les méningiomes pouvant appuyer sur des zones diverses du cerveau, les symptômes – que l’ANSM a en partie listé ici – peuvent être différents en fonction de la zone dans laquelle ils se situent.
Mais, sans ces signaux, « ce n’est pas forcément la peine de voir son médecin en urgence », prévient Anna Gosset, avant de conseiller d’attendre le prochain rendez-vous pour faire le point sur son contraceptif.
Lors de celui-ci, ce sera l’occasion d’échanger à nouveau sur la balance bénéfice-risque de sa contraception. En l’occurrence, « les molécules [présentes dans les contraceptions hormonales] sont indispensables pour gérer des règles abondantes ou douloureuses », expose Anne Gosset. Et, à la différence des pilules à l’œstrogène, celles à base de désogestrel n’entraînent aucun risque cardiovasculaire. Elles sont donc souvent prescrites à des femmes présentant des facteurs de risques en la matière, comme les personnes ayant du « diabète » ou « qui approchent des 40-50 ans », cite Anna Gosset.
Ainsi, une même contraception ne va pas forcément convenir à une femme toute sa vie. En attendant le prochain rendez-vous médical pour échanger sur la question, les différentes gynécologues contactées par Les Surligneurs alertent sur le fait qu’un arrêt brutal de sa contraception pourrait entraîner une grossesse non désirée.
Auteurs :
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
L’article Contraceptifs au désogestrel : quel est le risque de développer un méningiome ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.

Source :Compte X, le 13 septembre 2026
Etiqe :pas de preuve
Contenu :
Si les images de la séquence diffusée sur les réseaux sociaux sont confuses et sombres, les cris, eux, sont clairs et laissent deviner une scène inquiétante. En espagnol ou en français, des internautes assurent que la séquence a été captée par « des habitants » de Ceuta et que les hurlements sont ceux « de femmes en train de se faire violer en pleine nuit ».
Sur X, l’activiste et influenceuse identitaire Alice Cordier exprime son dégoût face à la séquence : « À Ceuta, des habitants filment des cris de femmes en train de se faire violer en pleine nuit. C’est ignoble ce qu’il s’y passe », écrit-elle dans un post qui a fait plus d’1 million de vues et a été repris plus de 6 000 fois.
Pour rappel, l’enclave espagnole de Ceuta est confrontée à une crise migratoire inédite depuis la fin du mois de juillet et l’entrée irrégulière de plus de 70 000 personnes sur son territoire. D’après le gouvernement local, près de 13 000 migrants seraient encore présents sur place. Une situation qui génère de nombreuses tensions, la preuve ici et là, et entraîne de la désinformation comme l’ont déjà rapporté à plusieurs reprises, ici et là, Les Surligneurs.
Un fait qui semble encore se répéter, puisque contrairement à ce que suggèrent les publications mentionnées ci-dessus, il est impossible de confirmer que les cris audibles sur la vidéo sont liés à un viol.
En effet, El Faro de Ceuta, le média local à l’origine de la diffusion de la vidéo, ne mentionne jamais, ni sur ses réseaux sociaux (Facebook, Youtube, X), ni sur son site Internet, le mot « viol » pour évoquer le sujet.
Pas d’éléments appuyant la thèse de l’agression sexuelle
Dans un article, comme sur l’ensemble de ses publications, le média rapporte « des cris et des insultes », venus d’une école dans laquelle ont été logées des mineures non accompagnées durant le mois d’août.
« Cela fait des jours que nous subissons des cris, des insultes et des manques de respect quasi quotidiens. Souvent, elles commencent à crier à 4 h 30 ou 5 h du matin, nous empêchant de nous reposer et nuisant gravement à la tranquillité du voisinage », précisait encore El Faro de Ceuta en citant le voisinage de l’établissement.
Contactés, ni la police ni le ministère de l’Intérieur ni le média ni la Fédération régionale des associations de voisins n’ont répondu à nos questions. Toutefois, eu égard aux informations connues, il est impossible, si ce n’est à émettre une interprétation, d’évoquer « des cris de femmes en train de se faire violer en pleine nuit ».
Sollicitée également, Alice Cordier ne nous a pas précisé non plus si elle disposait d’éléments pouvant appuyer cette thèse.
Par ailleurs, notons que si la vidéo a été massivement reprise ces derniers jours sur les réseaux sociaux, la séquence a été en réalité publiée par El Faro de Ceuta, le 16 août. Aussi, bien que les publications ont relayé une séquence d’une trentaine de secondes, l’originale diffusée par El Faro de Ceuta, dure près d’une minute trente.
Le collège qui accueillait les jeunes filles mineures a depuis la rentrée scolaire, le 8 septembre, rouvert pour remplir sa mission initiale, comme le prouve cette interview de la directrice de l’école. Cette dernière y indique que les personnes accueillies ont quitté définitivement les lieux le 25 août (à partir de 2’50), soit près de trois semaines avant la reprise de la vidéo par les réseaux sociaux.
Les mineures migrantes face au risque de violences sexuelles
Ces accusations de viols à Ceuta s’inscrivent dans un contexte de tensions importantes. Depuis le début de la crise migratoire, plusieurs médias ont rapporté des témoignages selon lesquels des agressions sexuelles auraient été commises à l’encontre des personnes arrivées à la fin juillet dans l’enclave espagnole.
S’il n’est pas possible de les relier à la vidéo, plusieurs plaintes pour des agressions sexuelles ont été déposées pendant le mois d’août à Ceuta. Le 31 août, le bureau du procureur général de l’État a déclaré que 23 agressions sexuelles sur des personnes migrantes ont été enregistrées depuis le début de la crise migratoire.
« Neuf des victimes sont mineures, âgées de 14 à 17 ans, cinq des agressions étaient des viols (agressions avec pénétration) et huit auteurs présumés ont été identifiés : quatre sont marocains, trois sont espagnols et un est belge », a indiqué une source du parquet à Europa Press.
Le 1er septembre, la police nationale a arrêté un jeune homme migrant pour des agressions sexuelles sur trois mineures migrantes également, rapporte le média ABC. Les faits se seraient déroulés prétendument dans un centre d’accueil de la ville, Piniers, mais n’ont donc aucun rapport avec la vidéo partagée par les internautes.
Si plusieurs associations ont alerté sur la précarité des mineures isolées à Ceuta, il n’y a aucune preuve que les cris dans cette vidéo ont quoi que ce soit à voir avec des viols.
Auteurs :
Auteur : Nicolas Kirilowits, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Ceuta : rien ne prouve que les cris que l’on entend dans cette vidéo sont liés à un viol est apparu en premier sur Les Surligneurs.



Source :Compte Facebook, le 7 septembre 2026
Etiqe :inventé
Contenu :
« Il est évident qu’une guerre avec quelques millions de morts relancerait totalement l’économie française. » Sur plusieurs publications partagées ces derniers jours sur les réseaux sociaux, cette phrase est attribuée à Catherine Vautrin, l’actuelle ministre des Armées et des Anciens combattants.
La citation attribuée à la ministre est devenue virale et plusieurs internautes ont pointé du doigt Emmanuel Macron. « On a compris depuis longtemps que c’est ce que cherche Macron, commencez par préparer votre bardage », écrit l’un d’eux. En réalité, cette phrase n’a jamais été dite par Catherine Vautrin.
Ces montages-photos la présentent d’ailleurs comme « ministre du Travail », fonction qu’elle exerçait depuis le 23 décembre 2024, mais n’occupe plus depuis le 12 octobre 2025, date à laquelle elle a été nommée au ministère des Armées. Le montage a donc vraisemblablement été publié durant cette période et a connu un second souffle de viralité après que Catherine Vautrin a été nommée ministre des Armées. On trouve plusieurs occurrences de ce photomontage au printemps 2025, puis au mois de décembre.
Le site de vérification collaboratif C’est vrai ça indiquait que l’image partagée provenait du compte Nadia Hajjar, le 28 avril 2025, présenté comme publiant régulièrement des montages. S’il n’est pas possible d’affirmer avec certitude qu’il s’agit de la première occurrence de l’image, Les Surligneurs n’ont pas trouvé de publications antérieures.
Aucune source ne rapporte de tels propos
À cette époque, le débat politique et médiatique était tourné vers un réarmement européen et la question du financement de la guerre en Ukraine. À la mi-mars 2025, le président de la République et le ministre des Armées d’alors, Sébastien Lecornu, avaient abordé la question du financement de l’armée avec plusieurs ministres, dont celle du Travail, Catherine Vautrin.
Que ce soit à ce moment, ou un autre, aucune source ne permet d’attribuer à Catherine Vautrin la phrase diffusée dans le montage.
Elle tient justement un discours qui va à l’encontre de cette soi-disant citation. En juillet 2026, que la France soutient depuis l’invasion par la Russie en 2022, elle assurait : « Nous ne sommes pas là pour entraîner la France dans la guerre, nous sommes là pour la paix. »
Les comptes qui ont relayé ces faux propos et qui ont commenté ces publications sont majoritairement pro-russes. Depuis son arrivée au ministère des Armées, Catherine Vautrin a effectivement toujours affiché une ligne ferme sur la guerre entre l’Ukraine et la Russie, à l’image des gouvernements successifs sous Emmanuel Macron. Elle avait réaffirmé en juillet dernier : « La Russie est une menace pour l’Ukraine d’abord, puis pour l’Europe. »
Auteurs :
Autrice : Maïwenn Furic, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Non, Catherine Vautrin n’a pas vraiment dit qu’une guerre « avec quelques millions de morts » ferait repartir l’économie est apparu en premier sur Les Surligneurs.
"On a, depuis des milliers d'années, transporté des plantes. On les a amenées avec nous dans nos migrations. Aujourd'hui, on a encore, pour l'instant, une grande capacité de mouvement. On a encore des voitures et des trains. Il faut l’utiliser pour aider les arbres à se reproduire."
Cet article Thierry Thévenin : « Aidons les arbres résistants à la sécheresse à se disséminer » est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Fausses études, scientifiques menacés et contraints au silence... Monsanto a usé d'un lobbying intense pour maintenir la vente de son pesticide néfaste. Un scandale raconté par la journaliste Aurore Gorius dans la BD « La Bataille du glyphosate ».
Il est le pesticide le plus utilisé au monde. En France, Emmanuel Macron promettait pourtant en 2017 d'interdire « au plus tard dans trois ans » l'utilisation du glyphosate. Bientôt une décennie après, le pays demeure celui d'Europe consommant (…)
Fausses études, scientifiques menacés et contraints au silence... Monsanto a usé d'un lobbying intense pour maintenir la vente de son pesticide néfaste. Un scandale raconté par la journaliste Aurore Gorius dans la BD « La Bataille du glyphosate ».
Il est le pesticide le plus utilisé au monde. En France, Emmanuel Macron promettait pourtant en 2017 d'interdire « au plus tard dans trois ans » l'utilisation du glyphosate. Bientôt une décennie après, le pays demeure celui d'Europe consommant (…)

Source :CNews, le 2 septembre 2026
Etiqe :prudence
Contenu :
En pleine promotion de son livre « Le casse du siècle », Sarah Knafo, députée européenne Reconquête, dénonce un système en France qui encouragerait, selon elle, l’assistanat. Elle met notamment en cause la complexité du droit du travail français, contrairement à celui de certains de nos voisins européens.
« En France vous avez un Code du Travail qui fait 4 000 pages, en Suisse, le Code du travail fait 49 pages », a-t-elle assuré sur CNews et répété sur ses différents réseaux sociaux. Elle écrit ensuite : « Est-ce que les Suisses se bousculent pour venir profiter du ‘paradis social français’ ? Non. En revanche, chaque matin, 200 000 Français se lèvent pour aller travailler en Suisse et gagner plus d’argent. C’est la liberté qui motive, pas l’assistanat. »
Sarah Knafo reprend une comparaison déjà utilisée depuis plusieurs années par des responsables politiques et patronaux. Pierre Gattaz, alors président du Medef, avait tenu presque le même discours en 2017, reprenant des propos tenus par François Bayrou en 2013. « Le Code du travail suisse ne contient que 60 pages », estimait-il. Mais cette comparaison n’est pas forcément pertinente.
La loi fédérale avancée par Sarah Knafo loin d’être « le pendant le plus direct de notre Code du travail »
Tout d’abord, dire que le Code du travail français fait 4 000 pages est trompeur. Les Codes du travail, publiés en France, sont des ouvrages d’éditeurs privés qui rassemblent bien plus que le droit du travail (loi et règlement), à savoir la jurisprudence, les encyclopédies et les références des articles de doctrine choisis par l’éditeur. Il n’existe pas de publication officielle imprimée qui puisse servir de référence.
Par exemple, l’édition 2026 du Code du travail publiée par LexisNexis compte 4 260 pages. Elle rassemble les dispositions légales et réglementaires encadrant les relations entre employeurs et salariés et comporte également des annotations. L’édition de Dalloz de 2024 comptait, elle, 4 020 pages (annotations de jurisprudence, références bibliographiques et appendices réunissant différents textes en rapport avec le droit du travail).
Dans les deux cas, il s’agit d’un travail d’éditeurs privés qui choisissent d’ajouter aux lois et aux décrets, qui composent le droit du travail, de très nombreuses informations qui leur sont propres.
Mais pour ce qui est de l’affirmation de Sarah Knafo du côté de la loi helvétique, les chiffres sont à nuancer. L’équipe de la députée Reconquête! explique aux Surligneurs : « Le chiffre de 49 pages renvoie à la loi fédérale sur le travail du 13 mars 1964″, avançant qu’il s’agit là du « texte central du droit du travail suisse » et « le pendant le plus direct de notre Code du travail ». Car la Suisse ne dispose pas d’un Code du travail comme celui qui existe en France.
Si la loi fédérale sur le travail du 13 mars 1964 comptabilise bien quelques dizaines de pages (32 pages en pdf), elle est loin d’être suffisante. « La loi fédérale sur le travail est importante, mais ce n’est pas la seule loi qui réglemente le travail en Suisse. Et elle est elle-même concrétisée par cinq ordonnances du gouvernement, donc cette loi seule serait impraticable et applicable », souligne Jean-Philippe Dunand, docteur en droit en Suisse. Et là encore le droit helvétique encadrant le travail ne s’y limite pas.
« Il faut ajouter à cette loi suisse diverses ordonnances entrant dans les détails à l’image de la hauteur minimale de locaux professionnels, ou centrées sur des catégories de personnes précises, comme les jeunes travailleurs ou les femmes enceintes », soit environ 130 pages d’ordonnances, expliquait déjà en 2017 La Tribune de Genève qui vérifiait l’affirmation de Pierre Gattaz selon laquelle le « Code du travail suisse » ne comportait que 60 pages.
Code des obligations, loi sur le travail, conventions collectives…
Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) helvétique indique lui-même que le droit du travail suisse « est réglé dans plusieurs lois ». Parmi les principales figurent le Code des obligations, qui encadre notamment le contrat de travail et les conventions collectives. Il y a ensuite la loi sur le travail, qui porte notamment sur la durée du travail, les repos et la protection de la santé. Et également la loi sur l’assurance-accidents, qui traite donc de la sécurité au travail.
Une fois tous ces textes cumulés, nous n’en sommes toujours pas à la totalité des articles qui régissent le droit du travail chez nos voisins. Ces textes ne fixent que le cadre minimal. Ce sont en réalité les conventions collectives qui fixent la majorité des règles, et qui ne sont ici pas prises en compte. De plus, « la Suisse et la France n’abordent pas le droit de la même manière. Le législateur suisse préfère peu légiférer et fait confiance à la jurisprudence », explique Jean-Philippe Dunand. Le spécialiste prend en exemple le cas du harcèlement moral, appelé harcèlement psychologique en Suisse : « Il y a zéro disposition là-dessus dans la loi, c’est dans la jurisprudence. » À l’inverse, les livres du Code du Travail français comprennent déjà les annotations des jurisprudences.
Il faut également prendre en compte les lois sur les salaires minimaux qui dépendent directement de chaque canton suisse, il n’existe pas de SMIC national comme en France. Si vous ajoutez ces nombreux textes « vous arrivez des milliers de pages », assure Jean-Philippe Dunand. Et de conclure : « La comparaison qui n’est pas crédible, on compare des choses qui ne sont pas comparables. »
Auteurs :
Autrice : Maïwenn Furic, journaliste
Relecteur et relectrice : Pascal Caillaud, chargé de recherche CNRS en droit social, université de Nantes
Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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Laurence Huc est toxicologue et directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). © Sophie Roland/Vert
Que faire quand les alertes sanitaires dérangent ? En 2015, des familles installées à Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique), près de Nantes, sont confrontées à un drame : vingt-cinq enfants développent des cancers. Sept meurent. Les autorités concluent à l’absence de cause identifiable. Les familles, elles, s’interrogent sur des liens possibles des maladies de leurs enfants avec les pesticides.
Elles sollicitent Laurence Huc, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et chercheuse à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Elle accepte de les aider dans leur quête de vérité.
Des années d’expertises et d’omerta que la chercheuse raconte pour la première fois dans une bande dessinée Pesticides, leurs ravages sur la santé des enfants, qui sort ce jeudi aux éditions Les printanières. L’occasion pour cette toxicologue de décrypter le rôle ambigu des autorités sanitaires et des lobbies agro-industriels.
Laurence Huc. Normalement, ce n’est pas quelque chose qui se fait car, en tant que scientifique, on doit garder ses distances. Mais, au final, je pense qu’on perd la motivation et l’envie de faire avancer la science de manière concrète et utile.
Quand je suis arrivée à Sainte-Pazanne, je me souviens avoir vu un petit étang et un panneau sur lequel était écrit «Ne pas pêcher». Puis, à côté, près de l’école, on m’a dit : «Ah, c’était là où il y avait une ancienne usine de traitement de bois». Il y avait aussi des soutes à déchets qui ont été enterrées et des lignes à haute tension qui passent sous l’école. Et, juste à côté, un épandage de pesticides dans les zones de marécage. Là, je me dis, «il y a quelque chose.»
Quand je lis l’étude épidémiologique qui conclut qu’il n’y a pas de cluster de cancers pédiatriques, donc pas de problème sanitaire, ni besoin de mesure environnementale ou de suivi, je me dis que ce n’est pas possible. Plusieurs sources de substances cancérigènes œuvrent ensemble, pourquoi n’arrive-t-on pas à établir les causes ? C’est qu’on y met quand même beaucoup de mauvaise volonté ! Le problème n’est pas la complexité des causes, mais de ne pas vouloir en parler ni d’aller les chercher.
Comme il y avait une multitude de causes potentielles, il aurait fallu mettre tous les acteurs autour de la table pour discuter, négocier des rachats de terres agricoles, mettre des distances de protection par rapport aux exploitations agricoles ou aux lignes à haute tension, et même déplacer l’école. C’est d’ailleurs ce qu’avaient demandé les parents, mais les autorités ne les ont jamais écoutés.
C’est qu’on n’agit pas assez car on veut protéger des intérêts économiques. On ne remet pas en question nos modes de consommation et de production et la facture est salée pour les enfants. La responsabilité collective n’est jamais prise en compte dans ces drames, les familles sont isolées mais, en fait, il y a réellement une responsabilité collective dans chaque cas de cancer lié à l’environnement. Dans 90% des cas, ce n’est pas génétique.
Il y a d’autres clusters avérés d’un point de vue scientifique, mais pas toujours validés par Santé publique France : dans la zone de la Rochelle, dans le Jura, en Normandie… Maintenant, comme je suis un peu identifiée sur ces enjeux-là, des familles me contactent et me disent : «Là, il y a tant de cancers, c’est bizarre, il faudrait venir voir et enquêter.» Je reçois des mails régulièrement. Ce qui se passe à Sainte-Pazanne est peut-être répliqué dans plein d’endroits en France !
Les familles ont eu le sentiment que les institutions censées être garantes de la santé publique les ont abandonnées. Vous savez, la maman d’Alban a quand même dû dire à son fils que, d’après les statistiques officielles, il n’y avait pas plus de cancers à Sainte-Pazanne qu’ailleurs ! Pourtant, Alban a enterré deux de ses amis d’école, il a accompagné l’un de ses meilleurs amis en chimiothérapie. Moi, mon fils n’a jamais vécu ça !
«Pesticides, leurs ravages sur la santé des enfants», Laurence Huc, Marguerite Boutrolle, Sophie Caron, Les printanières, septembre 2026, 171 pages, 22,90€.
Ces familles ont donc bien compris où étaient les blocages et se sont dit : «Notre démocratie sanitaire, nous allons la construire nous-mêmes.» D’abord, elles ont créé leur association Stop aux cancers de nos enfants, puis certains parents se sont présentés aux dernières élections municipales. Six membres de l’association ont été élus sur la liste majoritaire et l’un d’entre eux est désormais maire de la commune. Dimanche dernier, à l’occasion de l’opération Septembre en or, la nouvelle municipalité a organisé pour la première fois une journée de sensibilisation aux cancers pédiatriques.
Ces familles ont lancé cet Institut citoyen de recherche et de prévention en santé environnementale, porté par Stop aux cancers de nos enfants et d’autres associations comme le Collectif des victimes des pesticides de l’Ouest. Son objectif est de lancer des études. Et c’est le conseil scientifique composé de plusieurs chercheurs dont moi-même qui construit le programme de recherche. En tant que scientifique, c’est super. On est au service des citoyens et c’est un modèle où je vais leur apporter des réponses concrètes.
Il y aussi un conseil d’administration avec des acteurs économiques, des élus et une chambre d’agriculture qui appartient à la FNSEA qui sont très favorables aux recherches que nous menons. Nous arrivons à les toucher car la santé des enfants permet aussi de faire tomber certains masques idéologiques.
Notre gros projet, c’est de faire ce qu’on appelle une cohorte d’enfants sur le territoire et de mesurer chez eux tous les polluants présents dans leur corps. Nous avons identifié des pesticides, des PFAS, des métaux et des hydrocarbures. Nous allons faire une campagne au printemps et à l’automne pour pouvoir comparer et nous aurons des réponses en 2028.
Je trouve ça d’un cynisme absolu. Surtout qu’il y avait quand même des décisions claires qui ont été prises. En 2007, il y a eu le Grenelle de l’environnement, le programme ÉcoPhyto qui planifie la réduction de l’usage des pesticides. C’était des engagements pris sur la base de connaissances scientifiques fortes, à savoir qu’il fallait sortir des pesticides pour protéger la biodiversité, la santé humaine, et la santé des travailleurs en particulier.
«Nous sommes dans une démocratie qui n’écoute pas ses scientifiques.»
Donc quand on remet en question tout ça et qu’on sent que ça «bidouille» de tous les côtés sur des normes, sur des reconsidérations sur la toxicité, ce sont de fortes régressions. Nous sommes dans une démocratie qui n’écoute pas ses scientifiques.
Cela fait perdre beaucoup de sérénité quand on travaille, comme moi, sur ces sujets-là. Je ne sais pas trop les consignes que vont avoir l’Inrae et l’Inserm sur les enjeux de santé environnementale et de changement agricole dans les mois qui viennent et après les élections. Mais quand on voit ce qui se passe aux États-Unis avec le licenciement de certains scientifiques sur les enjeux de santé environnementale et de climat, on se pose des questions.
Si je dois donner une mesure, c’est de prévoir un budget pour sortir tous les agriculteurs du modèle conventionnel intensif. J’ai récemment relu «Champs de bataille», le travail d’enquête de la journaliste Inès Lérault. On voit que lorsque l’État a voulu imposer le modèle d’agriculture intensive, il a mis les moyens. Je ne dis pas qu’il faut faire un modèle avec la même violence que dans les années 1960, mais cela montre qu’à partir du moment où il y a eu la volonté politique, on peut réussir à faire bouger les choses.
La qualité du futur ou de la future présidente de la République, c’est de prendre en compte les connaissances scientifiques qui sont là, les connaissances citoyennes aussi et de mettre en place cette fameuse sortie des pesticides qui est préconisée par de nombreux rapports. Il y a plein de scénarios viables qui montrent que la planète ne va pas mourir de faim si on sort des pesticides. Il y a des solutions à mettre en place et à encourager.
Entre tour de passe-passe budgétaire et impunité triomphante, le gouvernement part de loin et doit affronter la colère des féministes qui voient clair.
L’article Loi intégrale : ça commence mal est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Depuis plus de dix ans, les Journées du Matrimoine ravivent la mémoire de figures féminines historiques trop longtemps invisibilisées. Mais ces initiatives peinent de plus en plus à être financées.
L’article Journées du Matrimoine : de moins en moins d’écho médiatique et politique est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
L'année 2025 a été l'une des plus sèches des 35 dernières années à l'échelle mondiale, en termes de débit fluvial. C'est l'un des constats du dernier rapport sur l'état des ressources en eau dans le monde, publié le 17 septembre par l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Tous les signaux sont dans le rouge, s'inquiète l'organisme des Nations unies, au point de susciter « de graves implications pour l'avenir ».
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