
Célèbre figure de la résistance hongkongaise à Xi Jinping dans les années 2010, Lam Wing-kee est devenu un vieil homme transi de paranoïa et de pauvreté. S’éteignant entre les murs d’une librairie désertée, en exil au cœur de la capitale taïwanaise – où survit une démocratie fragilisée par les coups de boutoir de Pékin et la résignation de la population.
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CNews diffuse toujours plus d’un cas de mésinformation par heure d’information sur le climat. © Capture d’écran CNews
Avec les canicules de cet été, la «mésinformation climatique» a explosé sur les chaînes de télévision et à la radio. Ce terme désigne les séquences au cours desquelles une contre-vérité sur le climat est prononcée à l’antenne sans être corrigée par un journaliste dans les deux minutes qui suivent. Ces mésinformations sont récurrentes pendant les évènements climatiques extrêmes ou lorsque les questions environnementales s’imposent dans l’actualité. Du 5 janvier au 5 juillet 2026, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME) a recensé 17 cas de mésinformation climatique par semaine dans les programmes d’information des médias audiovisuels français.
L’OME, composé notamment de Quota Climat, Expertises Climat, Data for Good et Science Feedback, publie ce lundi son bilan du traitement médiatique des enjeux environnementaux au premier semestre 2026, que Vert révèle en exclusivité. L’Observatoire a passé au crible les programmes d’information liés au climat de 18 médias audiovisuels.
En six mois, 452 séquences problématiques ont été recensées à la télévision et la radio. C’est 28% de plus qu’au premier semestre 2025, lorsque 353 cas avaient été identifiés. Pour l’Observatoire, cette progression traduit une «ampleur inédite» de la mésinformation climatique dans les médias tricolores. Une évolution que la secrétaire générale de Quota Climat, Eva Morel, explique par «une polarisation de plus en plus forte autour des questions environnementales». Celles-ci se sont imposées dans le paysage médiatique en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en particulier à cause du blocage du détroit d’Ormuz en mars, et des canicules de cet été.
60 cas de mésinformation ont été recensés entre le 25 et le 31 mai, puis 80 entre le 22 et le 28 juin. Ces deux semaines figurent parmi les trois périodes ayant concentré le plus de cas depuis le lancement de l’Observatoire, en novembre 2024. Trois médias audiovisuels sont champions dans la production et la diffusion de ces contenus erronés : CNews, Europe 1 et Sud Radio, qui diffusent toujours plus d’un cas de mésinformation par heure d’information sur le climat.
«À mesure que la crise climatique progresse, elle est instrumentalisée par certains acteurs politiques, pointe Eva Morel. Ils tentent de se positionner sur les questions environnementales sans modifier le reste de leurs programmes. Mais comme on ne peut pas faire rentrer des carrés dans des ronds, ça ne fonctionne pas. Ils sont obligés d’utiliser des arguments infondés, sans contexte ou totalement faux.»
En parallèle, la couverture médiatique de l’environnement progresse légèrement dans l’audiovisuel. Entre janvier et juin, les sujets liés au climat ont représenté 5,3% des contenus d’information diffusés, contre 4,9% sur la même période en 2025. Une hausse largement portée par l’actualité.
Pendant les deux premières canicules, en mai et juin, on pouvait entendre ou lire des discours relativisant l’intensité ou la fréquence des épisodes de chaleur. Et ce malgré les données scientifiques à disposition. Le 27 mai, invité sur CNews, le journaliste du Journal du Dimanche (JDD) Raphaël Stainville a déclaré qu’«il ne faut pas non plus, sur la base de ces fortes chaleurs, qui sont des phénomènes météorologiques, en déduire des conclusions climatiques».
Une rhétorique reprise moins d’un mois plus tard par Luc Ferry, chroniqueur et éditorialiste sur LCI, qui s’est exclamé : «On ne va pas atteindre 44 à Paris ; à Paris, ça sera moins qu’en 2019. Donc on ne peut pas dire que c’est nouveau et qu’on n’a jamais vu ça, ce n’est pas vrai. Et n’oubliez pas qu’en 1976 c’était incroyable aussi.»
Le traitement médiatique des canicules peine aussi à s’éloigner d’un constat très alarmiste. «Les canicules sont traitées comme un fait divers qui attire l’attention médiatique», remarque Eva Morel. Elles ne font pas émerger les discours scientifiques qui amènent à des solutions.
La part des séquences qui mentionnent le changement climatique lors des fortes chaleurs a progressé, passant de 33% en 2023 à 42% cette année. Dans le même temps, la proportion de passages évoquant ses causes – notamment la combustion des énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre associées – a été divisée par deux entre les épisodes de mai et de juin, passant de 14 à 7%.
Le même déséquilibre se retrouve dans le traitement de l’adaptation au changement climatique. Cette thématique occupe une place beaucoup plus importante dans les médias : elle représentait environ 20% des séquences consacrées aux canicules en 2023, contre près de 50% lors du deuxième épisode de 2026. Mais l’adaptation est avant tout racontée à travers des réponses immédiates et individuelles – ombre, climatisation, ventilateurs, hydratation –, tandis que les réponses structurelles restent marginales. On parle 24 fois moins de rénovation thermique et de végétalisation que de climatisation.
«Parler de climatisation acte le débat sur l’adaptation, ce qui n’est pas mauvais en soi. Mais ça masque la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et ça ne permet pas de confronter les dirigeants à leurs responsabilités», estime Eva Morel.
Entre janvier et mars, alors que la campagne des élections municipales battait son plein, la couverture environnementale a chuté : de 24% dans l’audiovisuel par rapport à la moyenne de 2025 et de 33% sur les chaînes d’information en continu. En mars, elle ne représentait plus que 2,8% du temps d’antenne : la plus basse couverture depuis la création de l’Observatoire.
Pourtant, comme le souligne Eva Morel : «Ce sont des moments de construction des ambitions des candidats. Mais, lorsque le sujet est moins traité, en particulier dans les interviews, ça n’en fait pas un sujet stratégique.»
À quelques mois de l’élection présidentielle, l’Observatoire redoute que le phénomène se reproduise. Quota Climat espère que les médias tireront les leçons de cet été, en renforçant leur vigilance face à la mésinformation et en interrogeant davantage les candidat·es sur les causes du dérèglement climatique et sur leurs propositions pour y répondre.
Mercredi soir, un débat était organisé sur BFMTV avec le climat pour sujet central. «Un signal positif», pour Eva Morel. Elle nuance : «Il a duré plus de trois heures, avec des experts et des journalistes spécialisés qui posaient des questions. Est-ce que c’est suffisant ? Absolument pas. Mais, au moins, il semble y avoir un petit apprentissage de ce qui s’est passé pendant l’été.»
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Depuis sa fondation, « Splann ! » enquête sur l’envers de la carte postale bretonne. Imaginé comme une antenne régionale de Disclose spécialisée dans les questions liées à l’agroalimentaire, il est devenu un média à part entière, aux terrains d’enquête diversifiés.
L’article Les enquêtes qui nous ont marqués, avec Faustine Sternberg, Caroline Trouillet et Kristen Falc’hon est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Les chantiers participatifs du Bergwaldprojekt sont une institution en Allemagne, où ils mobilisent chaque année des milliers de bénévoles, qui participent à adapter forêts et tourbières au changement climatique.
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Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.
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Ornithologue et chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, Grégoire Loïs compte depuis cinq ans les oiseaux sur un secteur des Yvelines. © Esteban Grépinet/Vert
Guiperreux (Yvelines), fin avril, quelques semaines avant que le pays bascule dans un été caniculaire. Il est sept heures du matin, le soleil est levé depuis moins d’une heure et dépose timidement ses rayons sur la cime des plus grands arbres. À la lisière d’un bosquet encore humide de rosée, le chant lancinant du merle noir réchauffe l’atmosphère. Il est rapidement rejoint par les notes saccadées du pouillot véloce, petit oiseau verdâtre qui passe sa vie dans les frondaisons. Soudain, le cri nasillard d’un faisan de Colchide retentit au loin.
Au milieu de ce concert matinal, Grégoire Loïs se tient debout, l’oreille alerte. Jumelles autour du cou et carnet en main, le cinquantenaire griffonne énergiquement le nom de chaque espèce vue ou entendue. Récoltées en suivant un protocole méticuleux, ses observations alimenteront – avec celles de centaines d’autres ornithologues dans toute la France – la précieuse base de données du Suivi temporel des oiseaux communs (le «Stoc»).
Réalisé chaque printemps depuis 1989, ce comptage permet aux scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) d’estimer l’évolution de l’abondance des différentes espèces à plumes au cours du temps. Le dernier bilan en date, publié en 2021 avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), est sans appel : les oiseaux des villes et des campagnes françaises ont décliné de près de 30% en trente ans.
«La première fois que nous avons établi une tendance moyenne pour toutes les espèces, nous ne nous attendions pas à voir un tel déclin, se souvient Grégoire Loïs, lui-même chercheur au MNHN, en charge des sciences participatives. Il y a des gagnants et des perdants chez les oiseaux, mais nous ne pensions pas avoir autant de perdants.» Passionné d’ornithologie depuis sa plus tendre enfance, ce natif des Yvelines a vu de ses propres yeux la disparition de plusieurs espèces emblématiques de sa campagne. Vert a suivi le scientifique sur les dix points d’écoute qu’il couvre chaque printemps depuis cinq ans.
Le Suivi temporel des oiseaux communs (Stoc) est l’un des plus anciens comptages naturalistes en France. Plusieurs centaines d’ornithologues y participent chaque année depuis 1989. Chacun se voit attribuer un carré de deux kilomètres de côté tiré au sort à proximité d’un lieu de préférence. À l’intérieur, dix points de comptage sont répartis en tenant compte de la diversité des écosystèmes présents (villages, forêts, rivières…).
Trois passages doivent être effectués en mars, avril et mai. À chaque point d’écoute, les ornithologues notent la totalité des espèces entendues ou vues en l’espace de cinq minutes, chronomètre en main. Les comptages sont effectués chaque printemps, si possible aux mêmes jours et dans les mêmes conditions météorologiques que les années passées.
Les données remontées par chaque naturaliste sont ensuite collectées, vérifiées et analysées par des scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle, qui établissent des tendances sur le temps long pour chaque espèce et groupe d’espèces.
Voir tout«Vu le milieu, il devrait y avoir au moins trois rossignols, s’étonne-t-il en pointant du doigt une friche. Quand j’étais gamin, il y en avait partout.» Difficile à observer dans les broussailles dans lesquelles il se terre, le rossignol philomèle est pourtant impossible à manquer lors d’un comptage : il passe ses journées (et même ses nuits !) à chanter, recouvrant même les gazouillis des autres espèces. Si ses populations restent stables ces deux dernières décennies à l’échelle nationale, l’oiseau a vraisemblablement disparu de la zone suivie par l’ornithologue.
Un peu plus loin, en se rapprochant des habitations, le comptage réserve des surprises plus réjouissantes. Le naturaliste observe de plus en plus de verdiers d’Europe. Une bonne nouvelle pour ce petit passereau habitué des mangeoires : ses populations s’effondrent ces dernières années à cause d’une épidémie de trichomonose, une maladie parasitaire qui touche les voies digestives. En vingt-cinq ans, l’oiseau a perdu près de 70% de ses effectifs au niveau national.
Le long du parcours, les chants d’alouettes se font timidement entendre. © Esteban Grépinet/Vert
Le long du chemin, mésanges, pinsons, grives et autres oiseaux très communs se font régulièrement entendre. Ces espèces dites «généralistes», qui peuvent aussi bien vivre en ville qu’à la campagne ou en montagne, sont les seules à connaître une dynamique positive. Le pigeon ramier, reconnaissable à son vol lourd et sa bande blanche sur le cou, en est un cas emblématique : sa population a plus que doublé en vingt-cinq ans.
À l’inverse, la situation des oiseaux «spécialistes» est plus inquiétante : ceux des milieux agricoles (perdrix, bruants…) ont décliné de 30% en trente ans, et ceux des milieux forestiers (pics, troglodytes…) de 10%. Même les espèces des zones bâties sont en difficulté, avec une chute de 28% depuis 1989. Oiseaux emblématiques des campagnes, qui nichent dans les granges et les garages, les hirondelles rustiques ont vu leurs populations s’effondrer de trois quarts en Île-de-France (notre article).
«Il est très rare d’être surpris par une espèce. Chaque année, ce sont plutôt les absents qui m’étonnent.»
Les causes de ces déclins varient selon les espèces et leurs habitudes écologiques : disparition des friches ou des cavités dans les bâtiments rénovés pour certains oiseaux urbains, intensification de l’agriculture à la campagne… Pour les oiseaux insectivores, une récente étude française – basée sur l’analyse des données du Stoc – a mis en avant une «forte corrélation» sur le temps long entre les ventes de produits insecticides et le déclin de ces espèces (notre article).
Sur son circuit de comptage, qu’il couvre trois fois par an depuis 2021, Grégoire Loïs se remémore des moments marquants. Là, sur ce grand arbre étouffé de lierre, une chouette hulotte s’était envolée en plein jour à son approche. Plus loin, sur un vieux poirier planté au milieu d’un champ de céréales, une pie-grièche écorcheur était figée, tel un fantôme du passé. Typique des haies, où il empale ses proies, ce passereau au bec crochu se fait de plus en plus rare en Île-de-France. Proche cousine, la pie-grièche grise nichait encore dans la région il y a trente ans : elle n’y a plus été observée depuis 2005.
Un poirier au milieu d’un champ de céréales, sur le parcours du «carré Stoc» de Grégoire Loïs. © Esteban Grépinet/Vert
«Il est très rare d’être surpris par une espèce. Chaque année, ce sont plutôt les absents qui m’étonnent, témoigne Grégoire Loïs. Cela peut être lié à l’aléatoire, mais aussi à des populations plus faibles.» Le naturaliste s’aventure désormais au milieu des vastes étendues d’orge et de blé, typiques de plaines céréalières du centre de la France. «Vous voyez comme ça s’est calmé ?, chuchote-t-il. Pour l’instant, on entend juste deux espèces», contre une dizaine sur les précédents points d’écoute.
Symbole de ces campagnes silencieuses, le chant d’une alouette des champs s’étouffe au loin. «Normalement, c’est le bruit de fond omniprésent de ce type de milieu, souffle le chercheur. C’est frappant d’en entendre si peu.» Dès la fin de l’hiver, ce passereau couleur terre passe ses journées à faire résonner son indescriptible gazouillis métallique. Mais l’oiseau bien connu des comptines pour enfants n’est plus à la fête en France : en vingt-cinq ans, sa population a chuté de 32%.
La série de concerts de Céline Dion à Nanterre draine des centaines de milliers de personnes, certaines traversant la planète pour y assister. Au point que cette résidence s'avère plus polluante que les tournées mondiales.
Encore seize soirs… Samedi 12 septembre commence la résidence de Céline Dion à la Plenitude Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine). Pas de tournée mondiale pour l'artiste québécoise, qui préfère se produire jusqu'au 17 octobre dans la plus grande salle de spectacle (…)