Le milliardaire Olivier Bouygues et cinq de ses employés, accusés de braconnage sur sa propriété privée, sont jugés devant le tribunal correctionnel d'Orléans. Ils sont soupçonnés d'avoir chassé de nombreuses espèces protégées.
Que font les ultrariches derrière les murs de leurs propriétés de campagne ? Apparemment, de la « destruction d'espèces animales protégées en bande organisée ». C'est en tout cas pour cette infraction que sont convoqués lundi 7 septembre devant le tribunal (…)
Le milliardaire Olivier Bouygues et cinq de ses employés, accusés de braconnage sur sa propriété privée, sont jugés devant le tribunal correctionnel d'Orléans. Ils sont soupçonnés d'avoir chassé de nombreuses espèces protégées.
Que font les ultrariches derrière les murs de leurs propriétés de campagne ? Apparemment, de la « destruction d'espèces animales protégées en bande organisée ». C'est en tout cas pour cette infraction que sont convoqués lundi 7 septembre devant le tribunal (…)
Chèvres, lama, poneys... Le temps d'une journée, une ferme a été recréée à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, en plein cœur d'un quartier populaire. L'idée : mettre de la nature dans un lieu bétonné, et ne pas faire de l'écologie un privilège.
Bagnolet (Seine-Saint-Denis), reportage
« Elle c'est Zoulette, elle c'est Frida… Et elle, c'est Haki, ma préférée : elle est sage, ne donne pas de coups de cornes et elle adore manger ! » Abdoulaye, 8 ans, ne se fait pas prier pour présenter les douze (…)
Chèvres, lama, poneys... Le temps d'une journée, une ferme a été recréée à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, en plein cœur d'un quartier populaire. L'idée : mettre de la nature dans un lieu bétonné, et ne pas faire de l'écologie un privilège.
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Barcelone mise sur un réseau de 500 refuges climatiques pour permettre à ses habitants de trouver gratuitement fraîcheur et lien social. Un dispositif essentiel encore loin d'être généralisé dans le pays.
Barcelone (Espagne), reportage
L'après-midi n'a pas encore commencé que la chaleur devient déjà étouffante dans les rues de Barcelone en ce mois d'août. Au parc Clariana de les Glòries, ils sont déjà plusieurs dizaines à être venus chercher un peu de fraîcheur. « Je viens ici presque (…)
Au gymnase Robespierre à Aubervilliers, l’événement annuel Back to School a réuni le jeudi 27 août jeunes et familles autour d’animations et d’une distribution gratuite de fournitures scolaires. Une manière de terminer les vacances en fête, tout en donnant un coup de pouce aux familles à l’approche de la rentrée.
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Tout juste embauché au sein d’une police municipale, Quentin était aussi pompier volontaire. Et allumait des feux – une maison par-ci, une autre par-là. Fascination pathologique ou désir de vengeance ? Ce qui pourrait n’être qu’un banal fait divers raconte toute la difficulté de saisir le phénomène de la pyromanie.
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Après 142 ans d'enseignement agricole, le centre de Kerliver, à Hanvec (29), vit peut-être sa dernière rentrée. Sur fond de réduction des dépenses, le conseil régional de Bretagne a décidé le transfert de ses formations à Châteaulin et Morlaix. Un collectif de salariés dénonce la brutalité de la manœuvre et croit en l'avenir de ce site tourné vers l’agro-écologie.
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À l'approche des élections, le gouvernement suédois et certains partis menacent les droits des éleveurs autochtones Sámis. Ces derniers dénoncent un colonialisme vert, en raison des projets de mines, de barrages et de parcs éoliens qui mettent en péril leur mode de vie millénaire.
Jokkmokk (Suède), reportage Le coucher de soleil arctique plonge la forêt de Kallak (Gállak, en same de Lule, langue parlée en Laponie, dans le nord de la Suède et de la Norvège) dans une douce lumière dorée, (…)
Les labels certifiés par l’Ademe servent de repères dans les supermarchés. © Jean-Michel Delage/Hans Lucas via AFP
80% du temps, notre air intérieur est cinq à sept fois plus pollué que l’extérieur, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Parmi les multiples sources de pollution de notre maison figurent les produits ménagers, qui peuvent contenir des substances toxiques pour l’environnement et la santé.
Pour faire le ménage et assainir son logement sans le contaminer davantage, «le premier réflexe est de limiter le nombre de produits utilisés et de restreindre la dose que l’on applique», souligne Emily Spiesser, référente «consommation plus responsable» pour l’Ademe. «Si vous voulez mieux nettoyer, il faut le faire plus régulièrement, pas utiliser davantage de produit», renchérit le docteur Philippe Carenco, médecin et ancien chef du service d’hygiène du CHU de Nice (Alpes-Maritimes).
Les substances nocives contenues dans les produits ménagers sont multiples. On retrouve de l’ammoniaque dans les nettoyants pour vitres, pour toilettes, cuisinières ou salles de bains, lequel peut irriter les voies respiratoires. Autres ingrédients à risque : les composés organiques volatiles (COV) présents dans les détergents, aérosols ou parfums d’ambiance. Certains sont des cancérogènes avérés, comme le benzène, le toluène et le formaldéhyde. D’après le Haut Conseil pour la santé, en 2021, 91% des produits ménagers testés émettaient cette dernière molécule.
Selon la sensibilité des usager·es, les détergents et autres produits d’entretien peuvent entraîner des effets néfastes immédiats : nausées, asthme, irritations, inflammations des muqueuses, difficultés respiratoires, allergies, toux. Sur le long terme, ils renforcent aussi notre exposition aux perturbateurs endocriniens (qui dérèglent le système hormonal) et peuvent s’ajouter à d’autres polluants de notre quotidien.
«Les sprays et produits avec parfums doivent être évités car ils sont présents dans l’air et finissent dans nos poumons, explique Philippe Carenco. Ces substances peuvent être irritantes si on les utilise de façon régulière et sont susceptibles de déclencher des gênes respiratoires chez les personnes sensibles.»
Désodorisants pour toilettes, diffuseurs d’huiles essentielles ou autres aérosols peuvent davantage contaminer notre intérieur que le purifier. Par exemple, la combustion d’encens libère des COV. «Le propre n’a pas d’odeur», insiste Philippe Carenco. Contrairement à une idée très ancrée dans notre culture, les parfums ne sont pas synonymes d’environnement sain, au contraire. Ajoutés aux produits d’entretien, nombre d’entre eux contiennent des phtalates, qui perturbent le système hormonal.
Pour éviter l’accumulation des contaminants dans notre air intérieur, il faut aérer cinq à dix minutes par jour et après avoir fait le ménage. «Lorsqu’on étend son linge et qu’on utilise une lessive parfumée, il est utile d’aérer ; on peut avoir des molécules allergisantes ou nocives pour la santé sur le long terme qui se diffusent dans l’air», indique Emily Spiesser.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle que les enfants et les femmes enceintes sont les plus exposé·es aux effets néfastes de la pollution de l’air. De même pour certaines personnes vulnérables (cardiaques, asthmatiques, immunodéprimées).
«On n’a pas à désinfecter quoi que ce soit à la maison, même en cas de gastroentérite d’un membre du foyer, cela n’empêchera pas l’exposition au virus via les surfaces, les précautions doivent porter en premier lieu sur la limitation des contacts directs entre les personnes ainsi que le fréquent lavage des mains.» Philippe Carenco est catégorique : il faut se passer de la Javel et des autres désinfectants. «En moyenne, seules 3% des bactéries de notre maison peuvent provoquer des maladies», selon l’Association Santé Environnement France.
L’Anses rappelle que les savons et détergents naturels suffisent à nettoyer les surfaces en cas de personne malade à la maison. Pourtant, en France, sept ménages sur dix utilisent encore de l’eau de Javel, rapporte l’Ademe. Dans ces logements, les enfants ont plus de risques de développer des infections respiratoires (sinusite, otite, bronchite, pneumonie). Si vous tenez à y recourir, l’institution conseille de la diluer dans de grandes quantités d’eau, en évitant absolument l’eau chaude et le vinaigre.
Les antibactériens, quant à eux, peuvent contenir du triclosan, un perturbateur endocrinien. En plus d’être nocifs pour la santé et d’être inutiles dans un logement de particulier, les désinfectants se retrouvent dans les eaux usées et sont difficilement dégradés par les bactéries des stations d’épuration, chargées de traiter les polluants. Ils participent donc à la pollution de l’environnement.
L’Ademe recommande de se fier à plusieurs labels environnementaux dont elle a vérifié la fiabilité. Ecocert, Nature & Progrès : vous pouvez retrouver la liste des certifications ici. Ils sont un critère efficace pour choisir parmi les multiples bouteilles des supermarchés et un meilleur repère que les noms des marques ou des produits. «Certains noms de marques posent problème car ils sous-entendent que le produit est respectueux de l’environnement, alors qu’il ne l’est pas», alerte Emily Spiesser.
Pour les détergents, l’experte recommande l’écolabel européen. «Il permet de limiter l’impact environnemental du produit sur tout son cycle de vie : extraction des matières premières, utilisation et fin de vie ; et il porte sur des normes sanitaires et environnementales.»
Les produits d’entretien labellisés peuvent malgré tout contenir des substances issues de la pétrochimie, mais sont garantis sans perturbateurs endocriniens tels que les alkylphénols.
Dans la majorité des cas, le ménage mécanique est préférable aux solutions chimiques : enlever la poussière régulièrement avec un balai ou un aspirateur et laver le sol avec de l’eau chaude suffisent. Même lorsqu’il s’agit de déboucher un évier, il vaut mieux privilégier l’usage d’une ventouse, d’un furet ou dévisser le culot du siphon avant d’utiliser les déboucheurs chimiques comme le Destop.
Ce dernier contient des substances (acide sulfurique, acide chlorhydrique, soude caustique, hydroxyde d’ammonium, entre autres) qui ne peuvent pas être traitées intégralement par le système d’assainissement et qui contaminent les sols et nappes phréatiques.
Un ensemble de produits naturels peut suffire à l’intégralité de votre ménage : le bicarbonate de soude pour déboucher des canalisations ou nettoyer les surfaces, le vinaigre blanc (en petite quantité) pour détartrer ou le savon (noir ou autre) pour dégraisser et laver les surfaces.
Peu importe les produits choisis, «il vaut mieux mettre des gants pour faire le ménage ou la vaisselle», souligne Emily Spiesser. Cela permet d’éviter de mettre sa peau en contact direct avec des substances irritantes ou abrasives.
Pour les plus motivé·es, plusieurs recettes élaborées par l’association de préservation de l’eau et de l’environnement Ceseau permettent de fabriquer soi-même ses produits d’entretien.
Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de « Splann ! » met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne.
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Nous donnons rendez-vous aux Glomeloises, aux Glomelois et plus largement à tous les habitants du Kreiz Breizh, jeudi 10 septembre, pour une réunion publique autour des conséquences sanitaires de l'exploitation minière, en présence de Celia Izoard.
L’article « Quelle santé au pied de la mine ? », réunion publique à Glomel, jeudi 10 septembre, avec Celia Izoard est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Le maraîcher Mathieu Yon a été durement touché par les dernières chaleurs. « L'été est terriblement silencieux », écrit-il dans cette chronique, alors que ses cultures ont séché. Rien ne va plus, les canicules se succèdent mais, dehors, « rien ne bouge », dénonce-t-il.
Le néopaysan Mathieu Yon, installé dans la Drôme en tant que maraîcher biologique en circuit court, est chroniqueur pour Reporterre.
Le 28 juin 2019, alors que je suis maraîcher dans l'Hérault, j'éprouve dans mon corps (…)
L'immense majorité des établissements scolaires ne respectent pas la loi qui impose au moins 20 % de bio dans les cantines depuis 2022. Une lacune néfaste à la santé des enfants, que la récente loi d'urgence agricole pourrait aggraver.
« Qu'est-ce que tu as mangé ce midi à la cantine ? » Au sortir de l'école, c'est la question rituelle des parents. Près des trois quarts des 11,6 millions d'élèves seraient demi-pensionnaires, d'après les dernières études disponibles. Si la loi était (…)
Dans les Landes, Éric Castex gère une forêt où les pins poussent avec les chênes, où les arbres morts restent au sol et où les coupes rases sont bannies. Une sylviculture qui produit du bois sans casser la forêt. Les incendies ont pourtant rattrapé certaines de ses parcelles.
Moustey (Landes), reportage
Dans la forêt du Caplane, à Moustey, dans les Landes, rien n'est vraiment à sa place. Et c'est précisément le projet. Les pins maritimes ne sont pas sagement rangés au cordeau, alignés et (…)
Theix-Noyalo (Morbihan), le 24 août 2026. Le changement climatique affecte la viticulture partout en France. © Sébastien Salom-Gomis/AFP
Il est fini, ou presque, le temps des vendanges de septembre. Du Languedoc à l’Alsace, en passant par le Bordelais ou la Champagne, nombre de récoltes ont démarré dès le mois d’août dans les vignobles français. La conséquence d’un été plus chaud que jamais, traversé par quatre canicules et une sécheresse historique.
«Cette année, les vendanges les plus précoces ont commencé autour du 10 août, généralement pour l’appellation Crémant de Bourgogne [un vin effervescent, généralement récolté plus tôt que les autres, NDLR] ; nous n’avions jamais vu ça», témoigne Charlotte Huber, directrice technique de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB).
Dans le célèbre vignoble du centre-est de la France, les récoltes se sont étalées tout au long du mois d’août en fonction des cépages, de la localisation des vignes ou du type de vin recherché – de derniers domaines ont démarré la semaine dernière. Historiquement, en Bourgogne, les premiers coups de sécateur retentissaient plutôt vers la fin du mois de septembre. Mais, de saison en saison, le cycle de la vigne n’a cessé d’avancer au gré du réchauffement climatique.
«À partir des années 1980, on observe une inflexion très claire vers une précocité tendanciellement marquée des vendanges, confirme Thomas Labbé, chercheur associé à l’université Bourgogne-Europe et cofondateur du cabinet d’études Patrimoine-Archives-Histoire (Parhis). Depuis les années 2000, ce qui était de l’ordre de l’exception est quasiment devenu la norme.» À partir d’archives remontant jusqu’au Moyen Âge, l’historien a participé à la reconstitution de l’une des plus anciennes séries de dates de vendanges, année après année, sur le domaine viticole des hospices de Beaune (Côte-d’Or).
Les données, qui courent de 1354 à 2026, sont claires : «Jusqu’en 1987, la moyenne était le 28 septembre ; depuis 1987 et jusqu’à maintenant, la moyenne est au 13 septembre, soit une différence de quinze jours», expose Thomas Labbé. Si les dates records étaient occasionnelles par le passé (à l’image de 1540, année de grande sécheresse en Europe), elles se multiplient ces dernières décennies : «Ce qui arrivait tous les trente ans au 20ème siècle revient maintenant tous les deux ans», résume encore l’historien.
«La précocité des vendanges est un marqueur du changement climatique.»
Et cette précocité exceptionnelle est loin de se limiter à la Bourgogne : en Champagne, le ban des vendanges – qui marque l’ouverture officielle de la récolte – a été publié le 12 août, battant de huit jours le précédent record de… 2025. Près de Nantes (Loire-Atlantique), celui du muscadet a été ouvert en urgence le 11 août. Deux jours après, c’était au tour du célèbre beaujolais, au nord de Lyon (Rhône). En Alsace, «au 4 septembre, les deux tiers du vignoble sont déjà vendangés ; ce n’est jamais allé aussi vite et aussi tôt», souffle Arthur Froehly, directeur de l’association de recherche et développement Vinopole Alsace.
«La précocité des vendanges est un marqueur du changement climatique, mais elle amplifie aussi ses effets sur le vin lui-même. Des vendanges plus précoces se déroulent dans des conditions encore plus chaudes, au cœur de l’été», prévient Jean-Marc Touzard, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). En plus de réchauffer les températures globales, le changement climatique décale les périodes de récolte à des moments de l’année naturellement plus chauds, résume-t-il : «Par rapport aux années 1980, nous sommes dans des conditions de vendanges de +3 à +4°C, ce qui est énorme et accélère de nombreux processus.»
Des vendanges plus précoces ne sont pas forcément synonymes de mauvaises récoltes. «Je pense que cette année sera très bonne : un temps chaud et sec, ça veut dire moins de pression de maladies comme le mildiou, donc des vendanges très saines, éclaire Jean-Marc Touzard. Les rendements sont plus faibles dans la plupart des vignobles, mais ils sont compensés par une meilleure qualité.»
«Dans certaines zones, des vignerons parlent de pertes de 50% par rapport à leur rendement moyen sur les cinq dernières années.»
«Sur les blancs, nous allons être sur une très grande année à Bordeaux», confirme Marie-Catherine Dufour, qui dirige le service technique du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). «L’état sanitaire du vignoble est très satisfaisant et les raisins présentent un très bon potentiel œnologique», abonde le comité interprofessionnel du vin de Champagne, qui soulève cependant que le manque de pluie a «limité le grossissement des grappes».
La sécheresse, la canicule, les orages de grêle ou encore le gel printanier qui a frappé plusieurs vignobles en mars (notre article) ont nettement impacté les rendements. Autour de Bordeaux, la situation est «hétérogène», rapporte Marie-Catherine Dufour : «Certains secteurs ont plus souffert que d’autres, notamment là où les sols sont peu profonds, avec des réserves en eau moins importantes. Mais les pluies depuis fin août ont permis de revenir à un équilibre intéressant.»
«Des parcelles n’ont pas été vendangées car toutes les feuilles sont tombées au mois d’août, avec des baies qui ne faisaient même pas la taille d’une myrtille», s’inquiète Arthur Froehly, de Vinopole Alsace. Sur le vignoble alsacien, une perte de 20 à 30% est pour l’instant estimée, mais la qualité du raisin reste au rendez-vous, ajoute l’expert : «Il faudra être réactif pour les bons crus de l’année 2026 !»
La précocité des vendanges bouleverse le travail des viticulteur·ices, qui recherchent constamment, selon le type de vin souhaité, un subtil compromis entre l’acidité, le sucre ou encore les arômes du raisin. «Sur des années comme celles-ci, cet équilibre est encore plus sensible, témoigne Charlotte Huber, pour le vignoble bourguignon. Il faut être très réactif : la vigne a chaud et a des comportements qu’on ne connaît pas encore totalement.»
Le réchauffement climatique favorise notamment la concentration de sucre dans les baies, qui se transforme en alcool après la fermentation. En Alsace ou dans le Bordelais, la teneur en alcool potentiel a augmenté de près d’un degré par décennie.
«Au total, une autre conséquence de cette précocité, c’est la charge mentale beaucoup plus forte sur les viticulteurs, complète Jean-Marc Touzard. Ils doivent être plus vigilants, appeler en toute vitesse les vendangeurs…» Pour s’adapter à cette nouvelle donne climatique, de plus en plus d’exploitant·es optent pour des vendanges au petit matin – voire en pleine nuit, notamment dans le Sud.
«Il existe des stratégies d’adaptation à court terme, comme le choix de la date de vendange, ou le fait de les faire de nuit ; mais ça ne suffit pas, appuie Jean-Marc Touzard. Le réchauffement climatique amène à penser des changements plus profonds.» Fin 2021, le projet Laccave, conduit sur dix ans par une centaine de scientifiques, a identifié les principales pistes d’adaptation : en premier lieu, conserver et améliorer les sols (enherbements, lutte contre l’érosion…). Ensuite, renouveler et diversifier les variétés de vignes, repenser la gestion de l’eau (irrigation raisonnée, pratiques agroécologiques économes en eau…) ou innover dans les techniques de vinification.