Journaliste féministe et figure emblématique du Women’s Lib aux Etats-Unis, Gloria Steinem s’est éteinte à 92 ans. Retour sur le parcours d’une pionnière qui a fait de l'information une arme d'émancipation.
L’article Gloria Steinem, le journalisme pour combattre le sexisme est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
1 424 cours d'eau sont touchés par des ruptures d'écoulement ou des assecs — disparition de l'eau en surface —, en France, selon l'Office français de la biodiversité (OFB). Un niveau de dégradation « exceptionnel » selon l'institution, qui dénombre 290 cours d'eau asséchés en plus que l'année dernière et 30 de plus qu'en 2022, une année de sécheresse déjà record.
Le manque de pluie et les fortes chaleurs persistantes depuis la fin du mois de mai ont asséché les nappes phréatiques, qui (…)
Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine), le 11 août 2026. Cet été, les vagues de chaleur se sont succédées. © Bastien Ohier/Hans Lucas via AFP
La première canicule de la saison était déjà inédite par sa précocité, avec des températures jamais relevées pour un mois de mai. Trois vagues de chaleur plus tard, en juin, juillet et août, septembre connaît à son tour des températures très élevées. Dès ce vendredi, cinq départements seront placés en vigilance orange canicule et, localement, le mercure pourrait connaître des valeurs inédites.
«L’été météorologique» (du 1er juin au 31 août) est définitivement historique : le plus chaud jamais mesuré, selon Météo-France. En moyenne, il a fait 24 degrés Celsius (°C) chaque jour (nuits comprises) durant la saison. C’est 3,6°C au-dessus des normales mesurées sur les trente dernières années. 2026 détrône donc l’été 2003, qui était 2,7°C au-dessus des moyennes saisonnières, et 2022 (2,3°C au-dessus des normales).
«Plus le réchauffement s’accélère, plus les vagues de chaleur augmentent en intensité et s’étalent dans le temps, cette année illustre bien ce phénomène», constate Virginie Schwarz, présidente-directrice générale de Météo-France.
L’été 2026 a été marqué par la vague de chaleur la plus intense jamais mesurée, au mois de juin. Celle du mois d’août, troisième de l’année, a presque égalé la plus longue, qui date de 1983. «Nous avons connu un nombre de jours en vagues de chaleur totalement inédit cet été», rappelle Virginie Schwarz. 53, au total, durant la saison (presque un jour sur deux pendant cette période), loin devant l’été 2022 et ses 33 jours.
Cet été, 90% du territoire hexagonal, y compris dans la moitié nord, a connu voire dépassé les 35°C. Les zones qui ont culminé à 40°C et plus représentent 40% de l’Hexagone. «Ce ne sont plus des chaleurs qui ont lieu dans des endroits très spécifiques», souligne Virginie Schwarz. Le mercredi 24 juin a été la journée la plus chaude jamais mesurée sur le territoire hexagonal, avec 30°C en moyenne (nuit comprise).
«Cet été aurait été quasiment impossible sans le changement climatique», souligne la PDG de Météo-France. La saison a été en moyenne plus chaude de 5°C par rapport à la période préindustrielle (1850-1900), dont 2,4°C sont directement imputables au changement climatique, selon l’établissement public.
Outre les températures extrêmes, l’été 2026 a aussi été le deuxième moins pluvieux derrière 1959. Résultat : la sécheresse s’est généralisée à l’ensemble de la France hexagonale dès le mois de juin. Quant au mois d’août, il a été «la période la plus sèche de tous les temps», indique Virginie Schwarz. La directrice de Météo-France a tenu à rappeler que «cet été serait ordinaire dans une France à +4°C» de réchauffement.

Source :Compte Facebook, le 25 août 2026
Etiqe :généré par IA
Contenu :
Une vidéo diffusée sur Facebook prétend montrer Emmanuel Macron accueillant à l’Élysée Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite, accompagné de son épouse portant un voile intégral. Les images ont largement été relayées après que ce dernier se soit rendu à l’Élysée le lundi 24 août dernier dans le cadre d’une première réunion du Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien.
« Le voile qui devient invisible devant les milliards. Alors… où sont passées les grandes voix de la droite française ? », interroge l’un des internautes qui a partagé la vidéo. Et de poursuivre : « Quand une femme musulmane porte le voile en France : ‘La laïcité ! Les valeurs de la République ! L’émancipation des femmes ! L’intégration !’ Mais lorsqu’il s’agit de milliards d’euros d’investissements : ‘Bienvenue en France, Votre Altesse !’ Quelle merveilleuse laïcité ! »
Dans les commentaires des publications les internautes dénoncent « l’hypocrisie » des autorités françaises et dans ce cas précis d’Emmanuel Macron. En effet, la loi du 11 octobre 2010 interdit le port du voile dit « intégral » dans l’espace public, les transports et les services publics.
D’autres se montrent plus prudents et affirment : « Elle est archi fausse cette vidéo c’est de l’IA. » Et à juste titre.
Une vidéo générée par IA qui circule depuis plusieurs mois
Pour commencer, la vidéo peut difficilement avoir été tournée lors de la visite du 24 août dernier puisqu’elle avait déjà été publiée par plusieurs comptes, notamment sur TikTok, au mois de juillet. Elle était notamment relayée par des internautes dont le contenu est essentiellement généré par l’intelligence artificielle. Effectivement, un outil de détection des contenus générés par IA estime à 99 % la probabilité que la vidéo ait été créée artificiellement.
Il est possible de détecter cela sans avoir recours à de tels outils puisque de nombreuses incohérences apparaissent sur les images. Comme l’a relevé 20 Minutes dans son article, le bâtiment dans lequel se trouvent les dirigeants ne ressemble pas au Palais de l’Élysée. Ensuite, l’homme qui se trouve aux côtés d’Emmanuel Macron, qui porte une écharpe jaune, disparaît au passage du supposé prince héritier d’Arabie saoudite. Le président français semble également flotter au-dessus des marches lorsqu’il serre la main de ses visiteurs.
Les images de cette rencontre ont largement été relayées par l’Élysée mais aussi par les médias, et sur aucune d’entre elles Mohammed ben Salmane n’est accompagné d’une femme. Sur les images diffusées en direct sur BFM on peut justement voir le prince arriver seul et faire une accolade à Emmanuel Macron, avant de lui serrer la main, en bas des escaliers dans la cour de l’Élysée. On peut également voir que le président français ne porte pas de médailles, à l’image des militaires gradés, comme le prétendait la vidéo générée par IA.
Les droits des femmes toujours archaïques en Arabie Saoudite
Les commentaires sous cette vidéo créée artificiellement entretiennent également une confusion sur les règles vestimentaires en Arabie Saoudite. Si certains affirment que les femmes sont obligées de porter le voile intégral, d’autres assurent qu’elles sont désormais libres sur leur habillement.
Dans un précédent fact-checking, Les Surligneurs avaient déjà vérifié une affirmation selon laquelle Mohammed ben Salmane aurait déclaré que les femmes saoudiennes étaient désormais libres de s’habiller sans voile ni abaya noire. En 2018, dernière déclaration sur le sujet, le prince héritier avait expliqué à CBS que les femmes devaient porter des vêtements « décents et respectueux », comme les hommes. La loi sur la décence publique ne définit toutefois pas précisément ce qui serait qualifié de tenue « indécente ».
Les Surligneurs rapportaient également en 2025 que dans certaines villes il était désormais possible de rencontrer de nombreuses Saoudiennes non voilées. Si les femmes ont gagné de nouveaux droits ces dernières années, leur situation est toujours loin d’être idéale. Dans son rapport rendu en 2025, Human Rights Watch dénonçait toujours le tutorat des hommes sur les femmes, qu’il s’agisse de leur père ou de leur mari, et, par conséquent le peu de libertés dont elles disposent.
Par ailleurs, la visite du prince héritier saoudien a eu lieu alors qu’il est visé par une information judiciaire pour des faits présumés de torture et de disparition forcée liée à l’affaire Khashoggi. Le journaliste Jamal Khashoggi a été assassiné en 2018 dans le consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul, en Turquie. Selon les services de renseignements américains, Mohammed ben Salmane avait approuvé une opération visant à capturer ou à tuer le journaliste.
Auteurs :
Autrice : Maïwenn Furic, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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Les ambitions s'évaporent. Le mercure à peine retombé à un niveau supportable, l'enveloppe annoncée par le gouvernement fin juin pour rafraîchir des milliers d'écoles a été divisée par cinq sur décision de Matignon, selon le média Politico.
Le 26 juin, sommé de réagir à la canicule historique qui accablait la France, le gouvernement annonçait le déblocage de 50 millions d'euros pour aménager les salles de classe. Mais deux mois plus tard, Matignon a finalement décidé de resserrer ces aides (…)
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Dans la capitale Katmandou, sur les quais de la rivière Bagmati, sacrée pour les hindous, certaines familles ont cessé d'attendre. En l'absence des corps introuvables de leurs êtres chers, des crémations symboliques s'y tiennent depuis plusieurs (…)
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L'institution déplore, entre autres dysfonctionnements, la faiblesse des moyens alloués aux mesures agroenvironnementales. Elle regrette par exemple « la suppression de l'aide au maintien de l'agriculture biologique ».
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Un projet de ferme accueillant 560 veaux de boucherie secoue le Maine-et-Loire. L'opposition s'organise autour du village où l'installation est prévue, dénonçant un système maltraitant avec les animaux et l'environnement.
Verrie (Maine-et-Loire), reportage
Irradiés par le soleil du mois d'août, les trois tunnels qui composent le bâtiment d'élevage paraissent s'avachir sous le poids de la canicule. Jaune pâle, leur silhouette se fond dans un paysage d'herbe cramée, que nulle âme ne (…)
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Irradiés par le soleil du mois d'août, les trois tunnels qui composent le bâtiment d'élevage paraissent s'avachir sous le poids de la canicule. Jaune pâle, leur silhouette se fond dans un paysage d'herbe cramée, que nulle âme ne (…)

Source :Compte Facebook, le 30 août 2026
Etiqe :mensonger
Contenu :
La vidéo dure près de trois minutes trente mais ce sont assurément les premières secondes qui ont attiré l’attention des internautes. On y voit un homme, tenant ce qui parait être un sabre, citer des paroles rapportées de Mahomet, le prophète de l’islam : « Il m’a été ordonné de faire la guerre à l’humanité jusqu’à ce qu’elle témoigne qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Muhammad est son prophète », lit l’intervenant sur scène.
Pour les internautes, la séquence serait extraite d’une « conférence islamique à Londres ». « Ils ne cachent même plus leurs objectifs », certifie une publication sur Facebook, semblant ainsi s’inquiéter d’une supposée volonté expansionniste de l’islam.
Mais à y regarder de plus près, il paraît clair que les propos tenus par le conférencier diffèrent du sens que leur donnent les internautes. En effet, il suffit d’écouter l’ensemble du discours de l’orateur pour comprendre que ce dernier dénonce, au contraire, une apparente expansion de l’islam aux dépens du christianisme.
Ainsi, à 2’45, ce dernier affirme, par exemple, que « partout où l’islam est présent, les chrétiens sont persécutés ».
Ces propos sont tirés en réalité d’un sermon de plus d’une heure publié sur Youtube en juin 2025 par un compte appelé « Echo Church ».
L’expansion de l’islam dénoncée
Or, la description du sermon est sans équivoque quant à la tonalité du message porté par l’intervenant : « Les rues qui résonnaient autrefois de prières résonnent désormais des chants d’ ‘Allahu Akbar’, et les écoles qui enseignaient la Bible enseignent maintenant le Coran et incitent les enfants à se prosterner dans les mosquées », y est-il notamment précisé.
De fait, durant plus d’une heure, l’orateur n’aura pour seul objectif que de démontrer à son auditoire que les Chrétiens seraient en danger partout dans le monde. « Le christianisme est la religion la plus persécutée au monde », assure-t-il par exemple à 26’57.
Contactée par Les Surligneurs, Echo Church n’a pas répondu à nos questions. Cette église, basée en Australie, là où elle dispense ses sermons et non à Londres comme l’ont suggéré les publications, indique sur son site Internet s’être donné pour mission « d’amener un nombre croissant de personnes à suivre Jésus et à s’enraciner dans son Église. Pour ce faire, nous bâtissons une Église influente, fidèle aux Écritures et créative dans son expression, qui transforme la culture en proclamant la vérité de la Bible, quel qu’en soit le prix, de l’Australie jusqu’aux confins du monde. »
De manière générale, Echo Church n’a de cesse de répéter ce discours, entre autres choses, concernant une place croissante de l’islam et le recul de la place du christianisme, comme le prouvent ces quelques exemples de vidéos accessibles sur son compte Youtube : lien 1, lien 2, lien 3.
Concernant l’orateur visible sur la vidéo postée sur les réseaux sociaux, il est présenté sur Youtube comme « le pasteur John Sedra ». Sur ses réseaux sociaux (Youtube, Instagram) celui-ci se définit comme un prêcheur du Christ.
Des éléments factuels qui vont à l’encontre des informations rapportées par les réseaux sociaux et d’une « conférence islamique à Londres ».
Auteurs :
Auteur : Nicolas Kirilowits, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Cette vidéo d’une conférence ne s’est pas tenue à Londres et n’appelle pas à une « croisade islamique » est apparu en premier sur Les Surligneurs.
En France, la CNIL a publié un plan d’action sur les lunettes connectées. Diffuser l'image d'une personne captée sans son consentement dans un espace privé est passible d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende.
Cet article « Pervert glasses » : la révolte des femmes contre les lunettes Meta / Ray-Ban est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
C'est une critique à peine voilée du bilan écologique des deux quinquennats d'Emmanuel Macron, formulée, entre autres, par d'anciens cadres de la macronie. Le Haut-Commissariat au plan a publié, mercredi 2 septembre, le volet « environnement » de sa « prospective nationale ». Il appelle à « un changement de paradigme » permettant de rompre avec « le scénario tendanciel [qui] montre le risque de subir, crise après crise, des transformations brutales ».
Le Haut-Commissariat est dirigé par (…)
Le phénomène météorologique El Niño devrait atteindre une intensité « très forte », avec une quasi-certitude qu'il se prolonge jusqu'en février 2027, a alerté, jeudi 3 septembre, l'Organisation météorologique mondiale, une institution spécialisée de l'Organisation des Nations unies (ONU). Cette variation naturelle du climat, qui se reproduit tous les deux à sept ans, entraîne une hausse des températures à l'échelle planétaire, des sécheresses en Océanie et une augmentation des précipitations (…)
Lire la suite - En bref / Climat
Août 2026. Un champ de riz est asséché à cause du prolongement de la saison sèche dans les alentours de Bogo, en Indonésie. © Aditya Aji/AFP
Le phénomène El Niño est désormais «solidement installé» et devrait encore se renforcer dans les prochains mois pour atteindre une intensité «très forte». Il est quasi certain qu’il se prolongera jusqu’en février 2027, souligne l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans une note publiée ce jeudi matin. L’épisode actuel «pourrait être plus puissant que tout ce que nous avons observé depuis le début de nos relevés, au point de littéralement dépasser les limites des graphiques que nous utilisons depuis quatre décennies», précise la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo.
El Niño est une anomalie océanique naturelle et cyclique qui revient tous les deux à sept ans. Elle est causée, entre autres, par une augmentation des températures des eaux de surface de l’océan Pacifique équatorial. Le phénomène est connu des scientifiques pour générer un excédent de cyclones sur la zone du Pacifique. Il entraîne également des précipitations importantes (avec un risque d’inondations et de glissements de terrain) sur le continent sud-américain. De l’autre côté de la Terre, il apporte des conditions relativement sèches en Asie du Sud et en Australie.
Cette année, l’épisode aura «des répercussions importantes sur les régimes de température et de précipitations, ainsi que sur les risques associés d’inondations, de sécheresses et de chaleurs extrêmes», prévient l’OMM. Et d’ajouter que l’épisode «devrait parvenir à son apogée vers la fin de l’année 2026». Les dernières prévisions saisonnières de l’organisation indiquent «une probabilité exceptionnellement élevée», de près de 100%, qu’El Niño se maintienne jusqu’en février 2027.
Actuellement, deux puissants ouragans et une tempête tropicale sont en cours dans l’océan Pacifique, un évènement rare favorisé par les températures des eaux de surface historiquement hautes sous l’effet d’El Niño. Aux Antilles, les canicules se répètent : selon Météo-France, entre le 1er mai et le 1er août, il a plu 30 à 70% moins que d’habitude en Guadeloupe et en Martinique. Des conditions extrêmes qui impactent l’agriculture et l’élevage.
Une sécheresse qui touche aussi le Panama. À partir de ce jeudi 3 septembre, le nombre de bateaux qui peuvent emprunter le canal a diminué. Le manque de précipitations a réduit l’alimentation en eau du passage par lequel transite 5% du trafic maritime mondial. De l’autre côté de la planète, les conditions sèches sont favorables aux incendies. En Indonésie, les feux ont déjà ravagé 200 000 hectares.
Si chaque épisode d’El Niño est différent, le phénomène a historiquement provoqué ou intensifié des sécheresses et a accru les risques d’incendies dans certaines régions de l’Amazonie, d’Amérique centrale, d’Indonésie et d’Australie, ainsi que des perturbations de la mousson en Inde ou des pluies diluviennes dans l’est de l’Afrique.
«El Niño prend sous nos yeux une ampleur exceptionnelle. La science est sans équivoque : la planète s’engage en eaux inconnues, et ces eaux se réchauffent. La température de la mer en surface atteint des niveaux records, le mercure continue de grimper et nous nous trouvons dans une zone à hauts risques où les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent la nouvelle norme», s’est alarmé le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Sous l’effet de ce phénomène climatique, les eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial se réchauffent à partir du printemps, ce qui entraîne les mois suivants des modifications majeures des régimes des vents et des précipitations à l’échelle mondiale.
Les températures de surface de la mer dans cette zone du Pacifique équatorial sont déjà nettement supérieures à la moyenne et continuent d’augmenter. Elles étaient en moyenne supérieures de 1,5 degré Celsius (C°) aux normales entre mai et juillet 2026, puis de 2,0°C en juillet, selon les relevés de l’OMM. L’organisation a également constaté des relevés de 2,2°C à 2,6°C au-dessus de la moyenne entre fin juillet et mi-août.
Sous la surface de l’océan, les températures océaniques étaient même dans certaines zones supérieures de plus de 8°C à la moyenne en juillet et au début du mois d’août. «Ces conditions confirment donc la persistance d’El Niño et la possibilité d’un nouveau renforcement au cours des prochains mois», insiste l’OMM. Depuis 1950, sept épisodes seulement ont atteint le niveau «très fort», selon l’Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA), le plus fort étant apparu entre 1982 et 1983.
Ce phénomène s’ajoute au changement climatique causé par les activités humaines, dopant les événements météorologiques extrêmes. Les discussions sont vives dans le champ scientifique pour savoir si le dérèglement climatique renforce l’intensité d’El Niño. Les indices s’accumulent en ce sens, en témoigne une récente étude publiée dans Nature qui montre que les épisodes sont plus puissants ces dernières décennies par rapport à l’ère préindustrielle (vers 1850). Ils restent cependant à être confirmés.
Les effets d’El Niño varient selon les régions et les saisons et peuvent être modifiés par d’autres facteurs climatiques, notamment les conditions dans les océans Indien et Atlantique. Pour la période septembre-novembre 2026, les prévisions de l’OMM indiquent une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées, ainsi que des régimes de précipitations perturbés.
Selon la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, El Niño «a le potentiel de porter un coup dur aux populations et aux économies du monde entier. Nous constatons déjà les perturbations et les ravages causés par les sécheresses et les inondations, et nous nous attendons à ce que ces effets s’aggravent à mesure qu’El Niño s’intensifie.»
De son côté, António Guterres exhorte les gouvernements à agir : «Une course contre la montre se joue désormais entre l’aggravation des risques et notre détermination à agir pour le climat et à protéger les populations. C’est une course que nous devons gagner.» «Cet épisode El Niño exceptionnel exige une préparation et une réaction exceptionnelles ; il n’y a pas de temps à perdre», abonde Celeste Saulo.
L’année suivant El Niño, la chaleur emmagasinée dans l’océan se libère dans l’atmosphère, contribuant généralement à augmenter les températures mondiales. L’année la plus chaude à ce jour est 2024, après le dernier El Niño. Elle pourrait bientôt être détrônée par 2027, selon de nombreux climatologues.
La santé des femmes reste négligée par la recherche médicale. La preuve : un guide espagnol pour prévenir les risques associés à la ménopause a été conçu à partir d’études menées majoritairement sur des hommes.
L’article Un guide pour la ménopause élaboré à partir de données… masculines est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Le Paris Digital Park de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) est le plus grand data center de France. © Anne-Claire Poirier/Vert
Au sommaire :
1. Un data center, c’est quoi ?
3. Qui a la main sur nos données ?
4. Pourquoi les médias en parlent maintenant ?
5. L’intelligence artificielle, qu’est-ce que ça change ?
6. Data centers : quels impacts environnementaux ?
7. L’internet «neutre en carbone», c’est possible ?
8. Va-t-on manquer d’électricité ?
9. L’IA fera-t-elle exploser nos factures d’électricité ?
11. Tout ça, c’est la faute des internautes ?
Derrière nos aventures virtuelles se cachent des infrastructures bien réelles : les data centers – ou centres de données. En France, des projets dantesques défraient la chronique tels que le «campus IA», en gestation à Fouju (Seine-et-Marne), ou le giga-projet de Microsoft tout juste autorisé en Alsace. Folies isolées ou multiplication escomptée ? Pour le savoir, Vert dresse le portrait des data centers… et de leur monde.
Cœurs battants de notre univers numérique depuis le début des années 1990, les data centers n’en sont pas moins mystérieux pour beaucoup d’entre nous. Le monde en compte près de 12 000, dont 352 en France, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe).
Dans ces bâtiments, d’apparence quelconque, sont entreposés des serveurs qui stockent et traitent nos données «dématérialisées», qu’on appelle aussi le cloud («nuage», en anglais). Celles-ci sont en réalité entreposées là et accessibles à distance grâce à internet. Autrement dit, les data centers sont la partie physique du cloud.
Avec l’explosion des usages numériques ces dernières années – services publics dématérialisés, commerce en ligne, applications, réseaux sociaux, etc. –, les data centers sont devenus des infrastructures stratégiques. Selon l’Ademe, «une dépendance structurelle s’est installée. Certes récente. Mais néanmoins profonde.»
Toujours selon l’Ademe, «les centres de données sont parmi les infrastructures les plus concentrées spatialement». En France, ils s’agglutinent en priorité dans les zones métropolitaines pour être à proximité des réseaux télécoms et électriques compatibles ; pour offrir une faible latence aux internautes, aussi (c’est-à-dire le délai entre une requête sur internet et sa réponse).
La région Île-de-France concentre à elle seule environ un tiers des data centers du pays (la carte). Aujourd’hui, «la plupart se camouflent dans l’environnement urbain ou métropolitain, notamment en réinvestissant des bâtiments existants. Un riverain peut facilement ignorer leur existence», selon Gianluca Marzilli, responsable de l’Observatoire des data centers en Île-de-France à l’Institut Paris Région.
La région Île-de-France concentre environ un tiers des data centers du pays. © Institut Paris Région
Mais si les premiers data centers se sont fait relativement discrets, une nouvelle génération de projets aux dimensions extravagantes lorgne cette fois des zones rurales et/ou des terres agricoles. À Fouju, en Seine-et-Marne, un mégaprojet de «campus IA» prévoit l’artificialisation de 90 hectares de terres arables (notre article). À Mulhouse (Haut-Rhin), Microsoft a obtenu le feu vert de l’agglomération pour implanter un data center en lieu et place de 35 hectares de terres agricoles. En comparaison, le plus grand data center de France à ce jour, le Paris Digital Park de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), s’étend sur quatre hectares.
En dézoomant un peu, on s’aperçoit que les États-Unis sont aujourd’hui l’épicentre incontesté des data centers dans le monde, car «c’est là que sont implantés les plus grands fournisseurs de services cloud, tels qu’Amazon, Google ou Microsoft», explique Alexandra Lutz, de l’association technocritique Data for Good. Dit autrement, «pour des usages en France, les données sont majoritairement stockées à l’étranger», résume Bruno Laffite, expert en data centers à l’Ademe.
Les États-Unis sont l’épicentre incontesté des data centers. © Geoconfluences/ENS Lyon
Une situation qui pose question en termes de sécurité et de souveraineté, mais aussi sur le plan environnemental. Selon l’Ademe, deux tiers de l’électricité nécessaire à nos usages numériques est produite à l’étranger, «dans des pays dans lesquels les mix électriques sont en moyenne beaucoup plus carbonés qu’en France».
Attention, rapatrier ces données en France réduirait l’impact climatique du numérique, mais le gain resterait limité en termes de souveraineté. «Le droit extraterritorial américain oblige les entreprises sous juridiction américaine à fournir des données stockées sur leurs serveurs, y compris hors des États-Unis», rappelle Alexandra Lutz.
Les data centers sont nés avec internet, il y a plus de trente ans. Mais depuis quelques mois, certains s’attirent les foudres des riverain·es et réveillent l’attention des médias. Leur multiplication inquiète, et même des célébrités comme Erin Brockovich leur ont déclaré la guerre.
Que s’est-il passé ? «Jusqu’ici, c’était la première vague», résume Alexandra Lutz, de Data for Good. «Aujourd’hui, les usages se développent, le volume de données explose. Mais, surtout, il y a l’intelligence artificielle», prévient-elle.
Image de synthèse du «Campus IA», à Fouju (Seine-et-Marne), présenté comme le futur plus grand data center d’Europe. © DR
«Pendant vingt ans, la demande a été quasi plate grâce aux gains d’efficacité, alors même qu’on a énormément digitalisé, confirme Olivier Darmouni, professeur à HEC Paris et auteur d’une étude sur les consommations énergétiques des data centers. Ce qui fait la différence aujourd’hui, c’est l’intelligence artificielle, en particulier l’IA générative et agentique.» La première génère du texte ou des images ; la seconde prend seule des décisions dans le but d’atteindre un objectif fixé.
Pour certain·es, l’intelligence artificielle est à ce point énergivore qu’elle pourrait cannibaliser tous les autres usages de l’énergie. «Beaucoup de personnes projettent que la demande de notre industrie passera de 3% à 99% de la production totale d’électricité», avait ainsi déclaré le PDG de Google, Eric Schmidt, lors d’une audition devant le Congrès américain en avril 2025.
Au même moment, l’Agence internationale de l’énergie relevait que la consommation d’énergie des data centers avait déjà crû de 12% par an depuis 2017 pour atteindre 485 terrawattheures – soit à peu près la consommation électrique de la France – et qu’elle devrait doubler d’ici 2030.
En France, les projets de data centers hyperscale, c’est-à-dire de très grande taille, sont de plus en plus nombreux, selon le gestionnaire du réseau électrique, RTE. En mai 2026, il recensait «18 gigawatts de capacité, pour environ 80 projets». À titre de comparaison, les 352 projets existants représentent deux gigawatts et 2,2% de la consommation électrique française.
Énergie. Alors que la production d’énergie est déjà responsable de 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, on imagine aisément les conséquences d’un déploiement effréné de data centers énergivores. Les seuls usages français pourraient nécessiter 3,7 fois plus d’électricité d’ici 2035, selon l’Ademe. Les émissions de CO2 associées passeraient alors de 7,31 à 23,5 millions de tonnes – de l’équivalent de celles d’une ville comme Marseille à celles d’un pays grand comme la Jordanie.
CO2. Sans compter que la phase d’exploitation compte pour seulement la moitié de l’empreinte carbone d’un data center, selon l’analyse de cycle de vie (ACV) réalisée par APL Data Center et Data4. En clair, la production des équipements et matériaux représente une part tout aussi importante que son fonctionnement.
Eau. Et ce n’est pas le seul impact sur l’environnement. Les data centers utilisent aussi de l’eau (potable) pour refroidir leurs serveurs. La situation est déjà critique dans certaines régions des États-Unis et fait craindre des conflits d’usage ailleurs, y compris en France (voir plus bas)
Chaleur. Enfin, l’intense chaleur générée par les calculs informatiques est accusée de réchauffer le voisinage. Une étude de l’université de Cambridge estime que les data centers géants (hyperscale) pourraient faire monter la température environnante jusqu’à 9°C, et en moyenne de 2°C.
Souvenez-vous des années 2020 ! Lorsque les géants de la tech nous promettaient un internet «neutre en carbone». Apple, Google, Microsoft ou encore Amazon : tous juraient de couvrir leur consommation d’énergie grâce aux renouvelables (ENR). Sur son site internet, Meta assure même y être parvenu dès 2021.
Aux États-Unis, où les projets de data centers sont vivement contestés, la start-up Panthalassa envisage de les déplacer… en mer. © Panthalassa
Ces promesses sont aujourd’hui balayées par l’explosion rapide de l’intelligence artificielle. Meta a tombé le masque en juillet, abandonnant officiellement sa stratégie 100% ENR. Au même moment, Google et Amazon ont dévoilé une hausse spectaculaire de leur consommation d’énergie et des émissions associées, laissant peu de crédibilité à leurs promesses.
«Développer les énergies renouvelables et se raccorder au réseau électrique prend plusieurs années. Les Gafam sont prêts à tout pour aller vite, y compris à revenir à des énergies fossiles inefficaces», explique Olivier Darmouni, de HEC.
D’une gloutonnerie sans pareille, l’IA va-t-elle nous priver d’énergie ? La question a l’air provocatrice, et pourtant. En Irlande, grande terre d’accueil de l’industrie numérique, la demande exponentielle d’énergie a rendu le réseau électrique «dangereusement instable», raconte Le Monde. «Pour éviter la grande coupure, les autorités ont dû rouvrir dans l’urgence deux centrales à gaz et à pétrole», détaille le quotidien, soulignant un autre risque, plus immédiat : celui de mettre en péril la transition énergétique.
Toujours en Irlande, «la consommation énergétique des data centers augmente plus vite que la production issue des sources d’énergie renouvelable, compromettant les objectifs climatiques», confirmait la chercheuse Anne-Cécile Orgerie, sur RFI. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les renouvelables ne parviendront à couvrir que la moitié de la hausse de la consommation d’énergie des data centers d’ici à 2035.
En France aussi, l’Ademe est très claire : «À court terme, ce développement peut s’envisager sans contrainte majeure sur le système électrique français, qui est largement exportateur d’électricité depuis plusieurs années. Mais il apparaît difficilement compatible avec les objectifs climatiques.» Pour Olivier Darmouni, l’essor de l’intelligence artificielle risque bel et bien de relancer l’expansion des énergies fossiles, avec à la clé «de beaux profits pour le secteur».
Dans son étude sur les consommations énergétiques des data centers, le professeur à HEC Paris estime que ceux-ci pourraient faire flamber les factures dans les zones dans lesquelles ils sont les plus concentrés. Il cite notamment le cas de quatre États américains (Virginie, Texas, Caroline du Nord et Caroline du Sud) qui concentrent à eux seuls près de la moitié des data centers du pays et où les prix de l’électricité pourraient flamber de 20 à 40% d’ici 2035.
En France, la question n’est pas (encore) à l’ordre du jour, car le pays produit plus d’électricité qu’il n’en consomme. En 2025, la production a ainsi été 21% plus élevée que la consommation. Mais, selon Olivier Darmouni, «l’Europe, qui constitue le deuxième hub mondial de data centers, finira par connaître des tensions similaires» à celles observées aux États-Unis. «Pour l’instant, on a des surcapacités. Mais demain ? Les efforts de décarbonation sont aussi censés reposer massivement sur l’électricité, comme la voiture électrique ou les pompes à chaleur», prévient-il. Affaire à suivre…
Si elle est moins extravagante que la consommation d’électricité, la demande en eau des data centers est aussi pointée du doigt. «Dans l’ouest américain, des régions désertiques sont en manque d’eau à cause des data centers», relate le journal Les Échos, mentionnant notamment la région de Phoenix, où 14 milliards de litres d’eau ont été utilisés en 2025 pour refroidir les centres de données : +870% en un an !
Plus près de nous, aux Pays-Bas, les surconsommations d’un complexe de data centers appartenant à Microsoft ont fait scandale en 2022. Cette année-là, la multinationale avait consommé 84 millions de litres d’eau, au lieu des 12 à 20 millions annoncés, a révélé un média local.
Principal problème, les quantités d’eau consommées par les centres de données dépendent fortement des conditions météorologiques et «c’est précisément durant les périodes de chaleur, lorsque l’eau devient une ressource critique, que les besoins en eau […] sont les plus importants», pointe le gendarme du numérique français, l’Arcep, qui s’est penché sur la question.
En France, «le volume d’eau prélevé par les centres de données a atteint 575 000 m3 en 2024», soit 575 millions de litres, estime-t-il. À titre de comparaison, un seul réacteur nucléaire en prélève 500 fois plus. Si «ce volume reste modeste comparé à d’autres usages (industriels, agricoles), il peut générer des conflits d’usage dans les localités où les centres sont implantés», souligne-t-il.
Face aux inquiétantes perspectives du secteur, une réflexion doit évidemment être menée sur nos usages à toutes et tous. Les recommandations ne manquent d’ailleurs pas pour aller vers un numérique plus sobre et/ou pour s’opposer aux pratiques intempestives des géants du numérique, comme les résumés IA de Google.
Mais s’il est tentant d’incriminer les internautes qui cèdent aux sirènes de l’IA, en particulier pour des usages non essentiels, la responsabilité incombe à d’autres, souligne Alexandra Lutz, de Data for Good. Pour s’en convaincre, elle invite à se demander : «Nos usages numériques sont-ils vraiment choisis ? Les données que l’on génère sont-elles vraiment voulues ?»
Pour elle, «la hausse de nos usages numériques est avant tout le résultat de stratégies offensives de la part des Gafam pour nous y pousser. Beaucoup de données nous sont prises plutôt que consciemment données. Car c’est comme ça que ces acteurs se rémunèrent : en extrayant des données sur nous pour ensuite les monétiser.»
Une grande partie des solutions résident, selon elle, dans une plus forte régulation du secteur sur les sujets environnementaux et de protection des données. De leur côté, nombre de citoyen·nes ont déjà pris leurs responsabilités en rejoignant des luttes contre les projets de data centers.
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