Des obus de la Seconde Guerre mondiale ont été découverts au Porge, ce village lourdement touché par les incendies qui ont traversé la Gironde. Enterrés dans un champ calciné, à quelques mètres des habitations, ils ont explosé sous l'effet de la chaleur au deuxième soir de l'incendie, dans la nuit du 23 au 24 juillet. L'un d'eux a même perforé le mur d'une maison évacuée.
Un bruit assourdissant a retenti, semblable à un « bruit de guerre », selon le maire de la commune, Martial Zaninetti. (…)
Après la terrible vague de chaleur de fin juin, la chercheuse Mélusine Boon-Falleur a lancé un questionnaire en ligne pour recueillir des ressentis de cette canicule. Premiers résultats : nombreux sont ceux qui veulent des changements systémiques.
Mélusine Boon-Falleur est professeure au Centre de recherche sur les inégalités sociales de Sciences Po. Docteure en sciences cognitives, elle a notamment publié Les Pingouins ne sauveront pas la banquise. Lever nos obstacles cognitifs pour (…)
En première ligne pour lutter contre les incendies, les pompiers inhalent de nombreuses substances toxiques présentes dans les fumées. Ils dénoncent une protection insuffisante et un manque de reconnaissance des risques.
Il y a l'effort physique engagé pendant de longues heures, la manutention réalisée sous des températures élevées, le manque de sommeil et le stress qui abîment les corps des pompiers et leurs esprits. À ces facteurs de risques s'ajoute celui, moins visible, de (…)
Depuis une semaine, le parc des expositions de Bordeaux accueille les évacués des communes touchées par l'incendie en Gironde. Ils ne sont plus qu'une cinquantaine et s'apprêtent à partir, épuisés, mais avec des souvenirs et de belles amitiés.
Bordeaux (Gironde), reportage
Au pied des couchettes et sur une table, des roses blanches dans des bouteilles en plastique ont été déposées, comme pour dire « merci ». Entre la centaine de lits vides, seuls quelques jouets, des gamelles pour chat (…)
En Bulgarie, le niveau exceptionnellement bas du fleuve Danube a mis au jour des ossements de mammouth. Probablement issus d'un jeune mammouth laineux de la période glaciaire, ils ont été découverts le mercredi 29 juillet dans le nord du pays.
Les vestiges ont été repérés par hasard par un habitant d'un village en bordure du fleuve. « Il s'agit à 100 % d'un mammouth », a affirmé Nikolay Nenov, directeur du musée régional d'histoire de la ville de Roussé, auprès de l'AFP. Contrairement à de (…)
17 % des fumeurs reconnaissent jeter leur mégot par la fenêtre de leur véhicule. C'est le constat alarmant de la fondation Vinci autoroutes, dans son enquête annuelle sur les déchets.Parmi ces fumeurs imprudents, plus d'un tiers ne considère pas cela comme dangereux.
Pourtant, 9 feux sur 10 sont d'origine humaine, selon les chiffres du gouvernement. Dans 70 % des cas, ces feux ont pour origine une activité économique (chantiers de BTP, activités agricoles, réseaux électriques...) ou une (…)
Aucun doute possible. Selon une nouvelle étude du réseau scientifique World Weather Attribution (WWA), le changement climatique a bien alimenté les phénomènes météorologiques extrêmes à l'origine des incendies dévastateurs en France et en Espagne.
Le changement climatique a rendu la chaleur et la sécheresse, qui favorisent les feux, au moins deux fois plus probables en France. Elles sont au moins 20 fois plus probables en Espagne.
Ces incendies — parmi les pires jamais enregistrés dans (…)
L’âge de faire : L’hydrologie régénérative, ça vient d’où ?
Samuel Bonvoisin : On a choisi ce terme pour désigner la science de la régénération des cycles de l’eau, par l’aménagement du territoire. C’est balbutiant : on récupère des données éparses auprès des hydrologues, hydroclimatologues, hydrogéologues, agronomes, pour comprendre comment ça fonctionne. Les données sur le cycle de l’eau évoluent, mais sont assez peu diffusées. Il devient urgent d’expérimenter.
En quoi votre approche est-elle nouvelle ?
Dès qu’on parle de changement climatique, on parle de gaz à effet de serre. Or, la transformation des paysages aussi a une incidence. Avec le remembrement agricole, on estime qu’1 million de km de haies et 800 000 mares ont été supprimés en France. La profondeur moyenne des sols était de 23 cm il y a deux siècles, elle est aujourd’hui de 15 cm. Or, selon la FAO (1), la matière organique peut retenir environ vingt fois son poids en eau. Enfin, avec la politique du tout-tuyau généralisée dans les années 60, l’eau est évacuée au plus vite des caniveaux vers les égouts, en ville et sur les bords des routes. Les paysages n’ont plus la même capacité de stocker l’eau dans le sol, le sous-sol, la végétation et l’atmosphère. L’enjeu, c’est de travailler dans le sens exactement opposé à ça : ralentir, répartir, infiltrer, stocker.
Comment ça se passe concrètement ?
Pour ralentir l’eau, on utilise des techniques agronomiques : couvert végétal, culture sur sol vivant… Il faut aussi répartir son infiltration, car elle a tendance à fuir les crêtes et se concentrer dans les vallées. Par exemple, le Keyline design (2) utilise les courbes de niveaux pour que les sillons de culture dispersent l’eau. Cette technique permet de travailler à grand échelle, avec le matériel habituel. Pour infiltrer l’eau, on convoque des techniques ancestrales. Les baissières ou béals sont des fossés d’infiltration qui suivent les courbes de niveau. Les fascines sont de petites barrières de branchages posées sur de fortes pentes. Il y a aussi les terrasses, les bassins d’infiltration…
Et en dehors de l’agriculture ?
On réfléchit par bassin versant. En forêt, on travaille sur l’étagement des arbres. Sur les rivières, on ralentit, on refait du méandrage, on imite les barrages des castors… Et en zone urbaine, on désimperméabilise, on végétalise, on sort de la logique de l’évacuation des eaux. Des techniques, il y a en a plein ! Maintenant, pour avoir un impact à grande échelle, il faut repenser nos politiques agricoles et de gestion des eaux pluviales, et organiser d’urgence un nouveau remembrement !
Un remembrement ?!
Oui. Il faut qu’on se retrousse les manches, qu’on se réunisse dans tous les villages, et qu’on se dise : comment on ne laisse plus d’eau fuir le village ? Comment on plante des haies, on réaménage des mares ?
Vous vous appuyez sur des expériences existantes ?
Dans les années 50 à 70, Percival Alfred Yeomans, en Australie, a repris la ferme familiale devenue très aride. Fallait-il changer les variétés cultivées pour s’adapter ? Il a choisi d’aller dans le sens opposé, en aménageant le paysage pour qu’il y ait le plus d’eau possible. Son travail a été repris à titre individuel, mais aussi à l’échelle de territoires, en Chine et en Jordanie. En Inde, grâce à la fondation Paani et au financement d’un acteur de Bollywood, des habitants du Maharashtra ont creusé à la houe des milliers de kilomètres de baissières. Quatre ans plus tard, le résultat est incroyable. En France, il y a plein d’exemples, surtout en permaculture, mais seulement par petites touches. Et en 2022, quand la sécheresse a bousculé tout le monde, des agriculteurs qui manifestaient contre les mégabassines ont demandé : on n’en veut pas… mais qu’est-ce qu’on veut ?
Avez-vous l’impression d’aller à contre-courant ?
Une partie du monde de l’hydrologie a commencé à se bouger, et il y a de plus en plus de « villes perméable ». Par contre, avec les débroussaillements des sous-bois, on tue la forêt (lire ci-dessus). En agriculture, on fait du pompage, de l’irrigation, et la réponse politique à la sécheresse est celle de la sobriété : remplacer les cultures par des variétés moins gourmandes en eau. Ça ne répond pas au problème, au contraire : on crée des déserts. Attention, s’adapter et régénérer, ça n’a rien à voir !
Vous voulez dire qu’en s’adaptant à la sécheresse, on ne fait que l’accompagner ?
Cette course permanente à l’adaptation est mortifère : l’eau, c’est pas une ressource comme du pétrole, dont il faut simplement limiter l’utilisation ! On est dans un cycle, rendu fonctionnel par les plantes qui y participent. Par exemple, dans le Sud de la France, on est en train de remplacer le maïs par du sorgho, plus adapté à la sécheresse, car il a moins besoin de faire de l’évapotranspiration pour son processus de photosynthèse. Du coup, on n’a plus de transfert d’humidité !
On sait que végétaliser et rétablir le cycle de l’eau a des effets sur le climat local. Et au-delà ?
On a l’habitude de parler de géopolitique de l’eau par rapport aux rivières, mais il y a aussi une géopolitique atmosphérique. Les pays continentaux, éloignés de l’évaporation des océans (l’eau bleue), sont plus dépendants que les autres de l’évapotranspiration des végétaux et du sol (l’eau verte). Une fois que l’eau est renvoyée dans l’atmosphère, en moyenne, elle y reste neuf jours, et parcourt 200 à 500 km, avant de retomber sous forme de pluie (3). Le lieu où tombe la pluie est influencé par les masses d’air et les vents dominants. Or, en changeant le paysage, on change aussi les masses d’air (4). En Europe, si les pays côtiers [qui bénéficient de l’eau bleue, ne renvoient plus assez d’eau verte dans l’atmosphère], l’Allemagne et l’Autriche vont se retrouver à sec ! À l’inverse, si on plante massivement dans le sud de la France, on freine l’avancée du désert.
Si on n’est ni paysan ni élu d’une collectivité, qu’est-ce qu’on peut faire ?
Tous les gens qui ont une cour ou un espace extérieur, peuvent faire un jardin de pluie en débranchant leur réseau de collecte des eaux pluviales (lire p.19), et planter des écosystèmes jardin-forêt. Ils peuvent aussi sensibiliser, commune par commune, bailleur social par bailleur social, à l’intérêt que l’eau s’infiltre dans le sol plutôt qu’elle ne parte à la station d’épuration, ce qui coûtera moins cher. Les naturalistes, eux, peuvent aider à réhabiliter le castor : le fait de l’avoir éradiqué a contribué à perturber le cycle de l’eau.
Recueilli par LG lors d’un entretien téléphonique,
complété par la conférence de Samuel Bonvoisin : « Et si nous pouvions cultiver l’eau ? »
1- Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies.
2- Conception sur lignes clés.
3- C’est une moyenne : il y a aussi des retombées locales.
4- Un sol artificiel, non couvert, dégradé, renvoie plus de chaleur dans l’atmosphère.
Cet article « S’adapter et régénérer, ça n’a rien à voir ! » est apparu en premier sur Le site du journal L'âge de faire.
C’est un problème majeur de la « transition » qui est pourtant largement passé sous silence : est-il envisageable d’extraire de la planète Terre – système fini – les métaux nécessaires à la construction des machines panneaux solaires, éoliennes, réseaux électriques, etc.) que réclame sa réalisation ? Et surtout, quelles conséquences sociales et environnementales aurait cet extractivisme ? Dans l’ouvrage La Ruée minière au XXIe siècle*, la journaliste et philosophe Celia Izoard mène l’enquête sur « les métaux à l’ère de la transition » et apporte de nombreux éléments de réponse.
Rio Tinto, le troisième groupe minier de la planète, tient son nom de celui du village espagnol où il a commencé à exploiter le cuivre à la fin du XIXe siècle. L’autrice s’y est rendue pour voir à quoi ressemblait désormais ce site. Réponse, donnée par un guide touristique enthousiaste : un « paysage étrange qui ressemble à la planète Mars ». Certes, un fleuve – le Rio Tinto, c’est malin – continue de couler, mais son eau est tellement acide que rien ne peut y survivre. Sur terre, pas un arbre, pas une plante. Au lieu de la montagne de 535 mètres de haut qui se dressait là il y a quelques décennies, se trouve désormais une fosse, de 420 hectares et 230 mètres de profondeur. Si ce n’était que ça…
Les exploitations de ce type ne consistent pas uniquement à creuser pour « extraire » les matières intéressantes. Ici, les roches ne contiennent que 0,4 % de chalcopyrite – même pas du cuivre, mais un minéral sulfuré d’où on extrait ce métal. Il faut donc broyer la roche, puis plonger la poudre obtenue dans divers bains chimiques (on vous passe le nom barbare des hydrocarbures utilisés, mais c’est pas joli-joli). A-t-on alors obtenu du cuivre ? Penses-tu ! Tout juste un « concentré » qui ne l’est pas tant que ça : sa teneur ne dépasse pas 23 %.
Tout ça est donc envoyé en Chine, où il va être chauffé à très haute température pour envoyer les impuretés dans l’atmosphère, puis re-bain chimique associé à une bonne petite électrolyse et,enfin, voilà du cuivre, concentré à 99,99 %,
Les mines de la « transition » ne sont donc pas des grands trous qu’il suffirait de reboucher une fois l’exploitation terminée. Elles engendrent des pollutions qui perdureront plusieurs milliers d’années. Or, la « transition énergétique », qui correspond grosso modo à l’électrification de nos usages, nécessiterait un extractivisme tout simplement insoutenable, pour peu qu’on veuille le regarder en face. L’Académie des sciences observe par exemple que « le programme de véhicules électriques français fait appel à des quantités de lithium et de cobalt très élevées, qui excèdent, en fait et à technologie inchangée, les productions mondiales d’aujourd’hui, et ce pour satisfaire le seul besoin français ! ». Le livre de Celia Izoard est en cela essentiel à plus d’un titre. Il démontre, de manière implacable, que la transition qui nous est vendue est une chimère, matériellement irréalisable et qui pourrait, au nom de la lutte contre les émissions de CO2, dévaster la planète d’une autre manière.
« On ne peut miser sur les énergies renouvelables qu’en réduisant drastiquement la production et la consommation. » Elle nous montre aussi l’importance, et la légitimité, de lutter contre l’ouverture de nouvelles mines – alors que nous pourrions être tentés de vouloir « prendre notre part » des pollutions utiles à cette transition : les besoins sont tels qu’« ouvrir des mines en Europe ne signifie (…) pas rapatrier les mines, mais en créer en Europe et partout ailleurs. » Selon l’autrice, se battre pour des mines plus « propres » ou plus « responsables » serait une erreur stratégique : « Avant de se demander comment obtenir des métaux de façon moins destructrice, il faut se donner les moyens d’en produire et d’en consommer moins ».
NB
* La ruée minière au XXIe siècle, de Celia Izoard, éd. Seuil, coll. écocène, 340 pages, 23 €.
Cet article Soigner le mal (climatique) par le mal (minier) est apparu en premier sur Le site du journal L'âge de faire.

Source :Compte Facebook, le 27 juillet 2026
Etiqe :Faux
Contenu :
Alors que près de 120 000 hectares ont déjà été brûlés depuis le début de l’année 2026, Emmanuel Macron aurait fait « annuler » l’achat de « 16 Canadairs ». C’est en tout cas ce qu’affirme un internaute sur Facebook.
Des voix s’élèvent pour critiquer le manque de moyens consacrés à la lutte contre les incendies, et l’internaute semble avoir trouvé la solution idéale : demander de l’aide à la Russie.
Moscou dispose d’un appareil qu’il présente comme particulièrement efficace : le Be-200, capable d’avaler 12 000 litres d’eau en quelques secondes, contre environ 6 000 litres pour les Canadairs CL-415 utilisés par la France. « Hélas la France (Macron), est trop fière pour demander le prêt de ces appareils à la Russie », soutient-il. Et d’ajouter : « [Emmanuel Macron] préfère engraisser ce voleur, corrompu, menteur de Zelensky que de demander à Poutine », ponctue-t-il, sans retenue.
Les incendies ont déjà fait de nombreuses victimes, à l’image des 220 000 personnes évacuées en Gironde ou des quatre pompiers morts en luttant contre les flammes. Cette situation inédite, liée au dérèglement climatique, peut mettre les nerfs à vif.
Pour autant, les informations avancées par l’internaute sont fausses ou trompeuses. D’abord, « l’annulation de la commande de 16 Canadairs » est impossible… puisque cette dernière n’existe pas. Ensuite, le bombardier Be-200, présenté sur les réseaux sociaux comme une solution alternative, a fait l’objet, en 2011, de tests qui n’ont pas convaincu les autorités françaises, alors qu’elles envisageaient son acquisition.
Une commande européenne groupée
Depuis les départs de flammes, les partis politiques s’accusent mutuellement d’avoir contribué, par leurs décisions, à l’impréparation face aux incendies. Dans ce contexte, il peut être difficile de démêler l’invective du fait.
Ce que l’on sait, c’est que l’Union européenne a réalisé une commande groupée de Canadairs à l’été 2024, comme le rapporte une note de la commission des finances du Sénat. Au total, 22 appareils ont été achetés et douze d’entre eux serviront à la flotte permanente de rescEU. Il s’agit de la réserve stratégique de protection civile de l’Union européenne, mobilisable lorsque les capacités nationales et les aides volontaires des États membres ne suffisent plus.
Les dix Canadairs restants seront partagés entre plusieurs pays européens, dont la France, qui recevra deux DHC-515 en février 2028. Ils viendront compléter la flotte française, composée de douze Canadair CL-415 et de huit Dash 8 Q400-MR, qui peuvent larguer jusqu’à 10 000 litres d’eau, mais doivent se poser pour être rechargés. Les secours français disposent également d’hélicoptères bombardiers d’eau et d’Air Tractor, des avions légers pouvant larguer jusqu’à 3 000 litres d’eau.
Malgré nos recherches, nous n’avons trouvé aucune trace de l’annulation de l’achat de « 16 Canadairs » par la France. Ce chiffre a sans doute été inventé par l’internaute. En revanche, le budget consacré à l’achat de deux Canadairs a bien été annulé en 2024 par le gouvernement de Gabriel Attal, comme Les Surligneurs l’ont déjà documenté.
Ce n’est pas la seule erreur dans la publication partagée. En effet, l’internaute soutient que la France aurait pu demander un « prêt » à la Russie pour prêter main-forte aux pompiers qui luttent contre les flammes.
Un test non concluant du BE-200
Certes, comme l’ont expliqué nos confrères de La Voix du Nord, en juin 2011, le service départemental d’incendie et de secours des Alpes-Maritimes (SDIS 06) avait publié un communiqué de presse expliquant que le Be-200 allait être testé par les secouristes français en vue d’une éventuelle acquisition.
Mais ce test se serait révélé négatif, à en croire les informations publiées sur le blog de Frédéric Marsaly, journaliste spécialisé dans l’aéronautique. La France aurait ainsi fait le choix de ne pas passer commande auprès de la Russie, notamment en raison de « la consommation de carburant », jugée « élevée » et obligeant à « limiter la charge utile au profit du carburant pour disposer d’une autonomie convenable », écrit le journaliste.
Et pour cause : en 2011, au moment de ces essais, les relations franco-russes étaient nettement moins tendues qu’elles ne le sont aujourd’hui. La même année, Nicolas Sarkozy affirmait même que les relations entre les deux pays étaient « au beau fixe », tandis que la France finalisait la vente à la Russie de porte-hélicoptères Mistral.
Les tensions actuelles, aggravées par l’invasion de l’Ukraine et les sanctions adoptées contre Moscou, ne sont sans doute pas de nature à favoriser l’achat d’un appareil russe par la France. Pour autant, ne pas mentionner la décision prise en 2011 sans rappeler que celle-ci aurait d’abord reposé sur des considérations techniques et opérationnelles revient à présenter une explication incomplète et donc trompeuse.
Auteurs :
Auteur : Antoine Mauvy, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Antoine Mauvy, journaliste
L’article Pourquoi la France ne fait pas appel au Be-200, bombardier d’eau russe, dans la lutte contre les incendies est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Au milieu des flammes, les écologistes sont mis en accusation. Stratégie de déni qui rappelle l’antiféminisme. Écologie et féminisme contestent l'actuel modèle économique : il valorise la destruction du vivant bien plus que sa préservation
L’article Ecologie et féminisme : même combat pour le vivant est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de Splann ! met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne.
L’article Découvrez les enquêtes publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en août 2026 est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Alors que les feux ravagent la Gironde, l'ingénieur forestier Sylvain Angerand, directeur de l'association Canopée, dédiée à la protection des forêts, dénonce une sylviculture intensive inadaptée au changement climatique.
Près de 43 000 hectares sont partis en fumée en France hexagonale entre le 1er janvier et le 22 juillet 2026, selon le Système européen d'information sur les feux de forêts (Effis). Sylvain Angerand est ingénieur forestier et directeur de l'association Canopée, dédiée à (…)
Plusieurs associations animalistes demandent un moratoire sur la chasse à Fontainebleau après les incendies. Une requête critiquée par les chasseurs qui n'envisagent pas de faire une croix sur leur loisir.
Alors que des forêts de Gironde sont ravagées par les incendies, les images de ces chevreuils désorientés, bloqués par une clôture tandis qu'ils tentent de fuir les flammes, ont fait le tour des réseaux sociaux. Il y a quinze jours, les animaux fuyaient une autre forêt dévastée par les (…)
La France brûle, et nos dirigeants ne font qu'aggraver une situation qu'ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le dogme néolibéral qui nous entraîne dans l'abîme.
Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu'ils s'acharnent à faire l'inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir (…)
Le 4 août 2020, le port de la capitale du Liban était victime d’une des plus grandes explosions de l’histoire. Du pays du Cèdre à la Normandie, en passant par Istanbul et la Géorgie, récit de six ans d’enquête labyrinthique sur les traces des responsables.
The post Port de Beyrouth, le souffle de la corruption appeared first on Revue21.fr.
L’ONG dont Hélène Grosbois est présidente dit tout de son combat. En évaluant la toxicité des pesticides de synthèse achetés en France, entre 2013 et 2023, la carte réalisée par Chemical Interests met à jour plus qu’une « bombe à retardement » : l’ampleur d’une catastrophe provoquée par des produits « faits pour tuer ».
L’article [Entretien] Agrochimie, État et pesticides : « Tout est consanguin, là-dedans », alerte l’activiste environnementale Hélène Grosbois est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Le GR20 est l’une des grandes randonnées les plus prisées d’Europe. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert
Tout l’été, Vert vous emmène à la découverte d’un site touristique emblématique percuté par le changement climatique.
Île d’Oléron, calanques de Marseille, Mont-Saint-Michel… Découvrez comment ces endroits se transforment et essayent de s’adapter à un monde en surchauffe. Cette semaine, nous partons en Corse, sur le sentier du GR20. L’une des randonnées les plus prisées d’Europe voit ses pentes s’éroder et sa biodiversité s’effacer.
Retrouvez tous les épisodes de notre série d’été en cliquant ici.
«Cette année, c’est le bordel !» L’expression revient invariablement dans la bouche des gardien·nes de refuge et des randonneur·ses sur le parcours du GR20, en Corse. En ce mois de juillet, l’incendie qui s’est déclaré sur la commune d’Albertacce (Haute-Corse) bouleverse l’itinéraire de randonnée et le planning des réservations dans les douze refuges gérés par le parc naturel régional de Corse (PNRC). Le 14 juillet, 200 personnes engagées sur le célèbre sentier se sont retrouvées bloquées au refuge de Tighjettu. Face au risque que l’incendie atteigne le GR20, la préfecture a ordonné la fermeture de la portion de sentier comprise entre la station de ski de Haut Asco* et le refuge de Ciuttulu di i Mori. Cette interdiction n’a été levée que dix jours plus tard, une fois le feu fixé. Plus au sud, un autre tronçon est également resté fermé pendant une semaine.
Balisé depuis 1970, ce chemin de grande randonnée relie Calenzana à Conca, du nord-ouest au sud-est de la Corse. Avec ses 180 kilomètres (km) et près de 12 000 mètres de dénivelé, il est l’un des parcours les plus corsés d’Europe. C’est notamment ce qui en fait un itinéraire incontournable où poser ses semelles pour nombre de passionné·es de trek et de trail à travers le monde.
Le GR20 traverse la Corse du nord-ouest au sud-est. © IGN
Résultat, l’engouement déborde en une surfréquentation toujours plus forte. Au risque de déranger la faune, comme le gypaète barbu, seule espèce de vautour présente sur l’île, dont il ne reste que quatre couples. Ou encore de piétiner la flore. «Il y a des endroits où les pentes sont très érodées», constate un professionnel de la montagne corse qui souhaite rester anonyme. Dans la descente vers le lac de Nino, l’un des bijoux du GR20, les passages humains ont creusé une multitude de sentes poussiéreuses qui s’entremêlent sur toute la largeur de la pente, au détriment de la végétation.
Chaque année, la fréquentation ne cesse d’augmenter. De mai à octobre 2025, le PNRC a comptabilisé 150 000 nuitées dans ses refuges. En 2021, le parc avait enregistré 130 000 nuitées, en augmentation de 25% par rapport à 2019, qui était déjà une saison record post-Covid. Pour l’heure, difficile de se prononcer sur 2026. Les restrictions causées par les incendies poussent des trekkeur·ses à s’orienter vers d’autres itinéraires comme sur les mare a mare (de la mer à la mer) ou le sentier des douaniers du cap Corse. Des destinations promues par la Fédération française de randonnée pédestre comme alternatives à la surpopulation du GR20.
Sur l’île de Beauté, la montagne se réchauffe bien plus vite que le littoral. «En quarante ans, la température moyenne de l’air a augmenté d’1,4°C au bord de la mer et de 5,2°C à 2 000 mètres d’altitude», présente Antoine Orsini, hydrobiologiste à l’université de Corse, en s’appuyant sur les relevés de Météo-France. En altitude, la température de l’air peut dépasser les 30 degrés Celsius (°C). Quant aux rivières, leur eau ne rafraichit plus les baigneur·ses. Pour cause : en été, la température de surface des lacs qui les alimentent dépasse fréquemment les 20°C.
À 1 710 mètres d’altitude, le lac de Melo, dans la haute vallée de la Restonica, se situe sous la crête empruntée par le GR20. Comme la quarantaine de lacs naturels de Corse, il est une relique de l’époque glaciaire. «Quand j’ai commencé comme professeur, il y a quarante ans, sa température était autour de 17°C en été. En 2022, on l’a mesuré à 21°C. Quatre degrés de plus, c’est monstrueux !», s’inquiète l’hydrobiologiste.
La pente pour descendre au lac de Nino est érodée par le passage des randonneur·ses. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert
Dans ces conditions, la survie des poissons et autres espèces aquatiques est menacée. «Pour les salmonidés, la limite de mortalité est à 20, 21°C. En 2022, des centaines de poissons sont morts en quelques jours» dans le lac de Nino, déplore Pierre-Jean Albertini, en charge du suivi scientifique des lacs d’altitude à l’Office de l’environnement de l’île. Parmi eux figuraient des truites corses, aussi appelées truites à grosses taches, que l’on trouve uniquement dans la région. Comme ces poissons, «60% des espèces sont endémiques à la Corse, du fait de l’insularité et de l’altitude», détaille Antoine Orsini. La conservation des habitats aquatiques est donc d’autant plus importante.
La baignade et la fréquentation des berges peuvent aussi polluer l’eau, à cause de la crème solaire, de l’urine et de la sueur. «Les organismes aquatiques y sont extrêmement sensibles. Par exemple, les urines, qu’elles viennent des randonneurs ou du bétail, apportent des chlorures, autrement dit des sels», détaille l’hydrobiologiste. Ces chlorures contribuent à l’eutrophisation des lacs, soit un déséquilibre écologique qui entraîne une prolifération d’algues.
À proximité du lac de Nino, l’eau des pozzini s’est évaporée. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert
Les berges du lac de Nino sont constituées de prairies tourbeuses, parsemées de ruisseaux et de mares caractéristiques de Corse, les pozzini (pozzines, en français). Les fortes chaleurs et le piétinement des humains et du bétail provoquent leur assèchement et leur érosion. «Lorsque l’on marche sur les pozzini, c’est comme une éponge que l’on presse. L’eau sort et une partie s’évapore», illustre Antoine Orsini. Sur place, plusieurs petits groupes de touristes marchent sur les pozzini pour s’approcher des chevaux et des vaches qui paissent : aucun panneau ne leur indique la fragilité du milieu.
Après un demi-siècle d’observation de la montagne corse, pour Antoine Orsini, l’expression de changement climatique est trop faible : «Je préfère parler de bouleversement climatique.» De son point de vue, il devient urgent de limiter «dans l’espace et dans le temps» la fréquentation sur le GR20. «Un écosystème que l’on n’agresse pas pourra peut-être s’en sortir», plaide-t-il.
Pour stabiliser et lisser la fréquentation sur toute la saison, le parc incite à réserver dans ses refuges à l’avance via une plateforme sur internet. Une mesure qui ne suffit pas à enrayer la hausse de la fréquentation, d’autant que d’autres solutions d’hébergement, proposées par des structures privées, sont également disponibles. Le bivouac est interdit en dehors des aires prévues à proximité des refuges et des bergeries qui accueillent du public. Les contrevenant·es risquent une amende de 135 euros. La baignade, interdite dans les lacs, est passible d’une amende de 68 euros.
Le refuge de Manganu, sur le GR20. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert
Antoine Orsini souhaiterait que le tracé du GR soit plus éloigné des milieux aquatiques et des pozzini. Actuellement, il traverse et jouxte celles du lac de Nino sur près d’1,5 km. L’hydrobiologiste aimerait aussi que des quotas soient instaurés : c’est ce qui se pratique dans les calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il pense qu’il faudrait restreindre l’accès pendant les périodes caniculaires, qui mettent une pression forte sur les milieux. Lorsqu’on lui demande si l’été est toujours adapté pour arpenter la montagne corse, il répond : «On devrait ouvrir le GR trois mois par an, au printemps et à l’automne.»
Dans une île où la part économique du tourisme est de 39%, selon l’Insee, difficile de faire accepter des restrictions aussi fortes. Pour l’heure, le PNRC n’envisage pas la mise en place de quotas. Contacté, il n’a pas donné suite à nos sollicitations. Antoine Orsini enjoint aux professionnel·les du tourisme d’être conscient·es que la dégradation de l’environnement nuira aussi au pouvoir attractif de la Corse : «Si on ne fait rien, on va aussi tuer la poule aux œufs d’or.»
*Pour les noms de localités, des toponymies corses ou françaises peuvent coexister. Nous avons fait le choix d’inscrire les noms retenus sur les cartes de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), sauf dans les citations de nos interlocuteurs.

Source :Compte Facebook, le 23 juillet 2026
Etiqe :Faux
Contenu :
Quinze enfants disparus au cours d’une sortie scolaire en 1989, leur bus découvert 39 ans plus tard, intact, enseveli dans une forêt, sans aucune trace des disparus. À l’intérieur : quelques objets abandonnés, mais aucun corps ni aucune trace des disparus. Sur le tableau de bord, une liste de classe accompagnée d’un mystérieux message : « Nous ne sommes jamais arrivés à Morning Lake. »
Racontée comme un fait-divers taillé pour une série Netflix, cette histoire connait un franc succès sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, de nombreux internautes se laissent porter par le récit, et croient à la découverte miraculeuse entre stupéfaction et inquiétude. « Je suis étonnée qu’on ne les ait pas trouvés avant », s’interroge l’une d’entre elles. « Paix à leur âme ! Rendons grâce à Dieu ! » s’emporte une autre, sans doute bouleversée par l’histoire.
Que chacun et chacune se rassure : l’histoire a été inventée de toutes pièces pour générer du clic.
Des approximations en pagaille
Il faut dire que le récit comporte de nombreuses incohérences. L’école Halstead Ridge, cité dans les publications, n’existe pas, tout comme le lac Morning Lake, dont l’homonyme le plus proche est le Morning Star Lake, dans le Nebraska.
Par ailleurs, aucun média sérieux n’a relaté cette prétendue histoire : ce qui semble irréaliste au regard de l’impact médiatique qu’aurait pu avoir une telle disparition. À cela s’ajoute le manque d’informations dans les publications: les noms de lieux et de personnages sont génériques, et aucune région, état ou pays n’est mentionné.
De plus, la photo qui accompagne les publications présente les caractéristiques d’une image générée par intelligence artificielle. Toutes les inscriptions sur le dossard des ouvriers ou l’avant du bus sont illisibles, un détail fréquent sur les images générées par IA comprenant du texte, que les outils génératifs n’ont pas encore appris à reproduire parfaitement.
Autre incohérence : l’état du bus. Enterré pendant plusieurs décennies, il ne semble avoir subi aucun dommage : les pneus et les fenêtres sont en parfait état, et la peinture jaune du véhicule toujours intacte.
Un détail peu crédible, mais sans doute secondaire pour les comptes qui diffusent ce récit, dont l’objectif semble moins être d’informer que d’attirer les internautes vers des contenus rémunérateurs.
Un conte monétisé
En effet, cette histoire apparait sur les réseaux sociaux en 2025, d’abord en anglais (ici ou ici), puis en français, copiée, traduite, et relayée par des comptes qui postent en commentaire des liens vers une version « complète » du feuilleton. Tous ces sites sont bardés de publicités, qui visent à monétiser le trafic d’internautes curieux d’en apprendre plus sur cette histoire.
D’un site à l’autre, les éléments clés du récit changent. La disparition des enfants est datée, parfois le 19 mai 1986 , d’autre fois le 2 mai 1986 ou encore le 17 octobre 1986. Le nom de l’école, du shérif lié à l’enquête, et d’autres détails peuvent également varier.
Tout porte à croire qu’il s’agit donc d’une histoire virale montée de toutes pièces pour générer de la viralité sur les réseaux sociaux et du trafic sur des sites internet saturés de publicité. Et sur ce point, les inventeurs de ce récit semblent avoir réussi leur coup.
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste
L’article Attention à cette fausse histoire de bus scolaire retrouvé 39 ans plus tard est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Le sud de l'Europe devient de plus en plus inflammable. D'après une étude publiée le 30 juillet dans la revue Scientific Reports, le nombre de journées d'été présentant des conditions très propices au déclenchement et à la propagation de feux de forêt intenses y a plus que doublé au cours des quarante-cinq dernières années.
Les chercheurs ont procédé en comparant des données sur les feux de forêt répertoriés en France, en Italie, en Grèce et dans la péninsule ibérique à des données (…)
Saint-Jean-d’Illac (Gironde), le 29 juillet 2026. Depuis plusieurs jours, les pompier·es combattent les flammes du mégafeu qui ravage une partie de la Gironde et des Landes. © Thierry Olivier/Hans Lucas via AFP
En Gironde, un incendie aujourd’hui stabilisé a ravagé plus de 42 000 hectares : c’est le feu le plus important qu’ait connu la France depuis 1949. Le territoire hexagonal subit une saison des incendies exceptionnelle, avec déjà 115 000 hectares brûlés depuis le début de l’année. Pour lutter contre les flammes, les pompier·es de tous les départements sont à pied d’œuvre. Entretien avec Laurent Guilloteau, soldat du feu dans les Bouches-du-Rhône qui a prêté main-forte à ses collègues girondin·es ces derniers jours.
Je suis pompier professionnel depuis vingt-trois ans et volontaire depuis vingt-sept ans, basé à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône. C’est un département où on a de l’expérience en feux de forêt. Mais celui de Gironde est totalement différent de ceux que j’ai connus auparavant. J’ai été engagé sur l’incendie parti de Saumos, sur les secteurs de Lacanau et de Marcheprime (Gironde). C’était un engagement court de trois jours, mais très intense. On qualifie le feu de «hors-norme», c’est bien le mot. Il a été exceptionnel sur plusieurs points : sa superficie, son intensité et son évolution.
Toutes les théories de feux de forêt expliquent que ces derniers suivent normalement un sens du vent et un axe de propagation. Mais cet incendie, en raison de son intensité, a créé son propre vent [un pyrocumulonimbus, un nuage généré par l’énorme brasier, a causé des orages et aggravé le feu, NDLR]. L’incendie changeait de direction sans prévenir alors même que le vent était contraire : il avait une propagation anarchique et imprévisible, ça a compliqué notre travail. Les agents ont été résilients car le feu est fourbe : il venait parfois sur nous avant de subitement faire demi-tour.
Laurent Guilloteau est pompier depuis vingt-sept ans. © Sdis 33
On est rien face à l’ogre. Ces feux-là, on n’a pas l’habitude de les traiter, c’est très impressionnant pour les jeunes pompiers. Mais ça nous a permis d’acquérir une certaine expérience. Mes équipes ont fait preuve d’humilité et de courage : c’est parfois dur de se dire qu’on peut être inefficaces avec nos lances, face à un feu d’une telle intensité. Alors on se rend utiles sur d’autres enjeux : sauver des animaux – on a sauvé des chevaux –, des maisons…
«Nos forêts sont devenues de véritables poudrières, ce sont des bombes à retardement.»
On dormait trois heures par nuit. Sur 24 heures, ça fait vraiment peu de temps de repos. L’énorme fatigue ne tient pas qu’à l’intensité du feu : on manque de moyens et surtout d’hommes. La saison des incendies a démarré très tôt cette année et ce sont souvent les mêmes qui sont engagés.
Il nous faudrait plus de camions-citernes destinés aux feux de forêt. On en est parfois rendu à utiliser des camions pour feux urbains lors d’incendies forestiers. Cela signifie qu’on expose nos agents parce que ces véhicules n’ont pas les mêmes normes de sécurité que ceux mobilisés habituellement pour éteindre la végétation. La France, malgré tout ce que dit le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, manque de ressources matérielles.
La polémique autour de notre flotte aérienne est bien réelle : il y a eu une journée durant laquelle, sur les douze Canadair, seuls cinq étaient disponibles car ce sont de vieux appareils. En Gironde, on s’inquiétait de ne pas voir voler les avions pour gérer le feu. Il faut dire qu’on est à un niveau de sécheresse des végétaux absolument inédit en France. Nos forêts sont devenues de véritables poudrières, ce sont des bombes à retardement.
«Les promesses d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues.»
Dans tous les cas, ce serait plus facile si on avait plus de personnel ; on manque surtout de ressources humaines. Un Canadair ou un Dash est inefficace s’il n’y a pas de troupes au sol pour parfaire l’extinction. Si elles ne sont pas là, le feu reprend. Le problème, c’est que nous sommes sous-professionnalisés. À la CGT, on a quantifié qu’il manquait au moins 16 000 pompiers professionnels en France. On en a déjà parlé, mais les leçons des incendies de 2022 n’ont pas été tirées. Les promesses d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues.
En ce moment, on fait traverser la France à des milliers de pompiers. Ils font parfois dix heures de trajet en camion pour partir sur les feux de forêt. Comme les gens sur place sont déjà épuisés, les agents qui viennent d’arriver sont engagés directement pour les relayer, malgré le manque de sommeil. Forcément, ça joue sur notre état de vigilance, avec des possibilités d’endormissement. On reste des êtres humains, si on fait presque vingt heures sans dormir, notre état de vigilance s’affaiblit.
On parle de l’épuisement, du danger direct des flammes, mais encore peu de la toxicité des fumées sur nos équipes. Même doter tous nos agents de masques FFP3 est devenu complexe, alors que ça n’a pas un coût monumental. Il faut renouveler ces masques dans les phases d’attente et pas seulement dans les moments de lutte.
Les gens qui travaillent pendant seize heures minimum d’affilée sur un feu de forêt, voire vingt-et-une heures, respirent de la fumée de combustible chargée en monoxyde de carbone, en benzène ou en cyanure. La Direction générale de la sécurité civile parle d’une centaine de pompiers blessés ou intoxiqués. Si on avait dû tester tous les agents, je pense qu’il y en aurait eu bien davantage. Plus de la moitié auraient sans doute été mis au repos à cause de ça.
Le niveau d’engagement et d’exigence demandé est énorme, et on joue avec notre santé. La France a un train de retard, on n’a pas encore d’outil harmonisé pour tracer la santé des pompiers et être capable de dire qui a été exposé, à quel feu et pendant combien d’heures.
Le problème vient de l’abandon de l’État envers les services publics. On ne travaille pas seulement sur des feux de forêt au quotidien, donc quand le département des Bouches-du-Rhône envoie du monde en renfort contre les incendies dans les Pyrénées-Orientales, en Gironde ou dans le Var, ces gens doivent être remplacés sur leurs journées de garde.
Dans leur département, le risque continue : en moyenne, nous réalisons plus de 500 interventions par jour sur notre territoire, donc il faut du monde qui reste. La succession de canicules et cette nouvelle vague de chaleur complexifient encore notre travail. Nos missions, ce sont aussi des secours d’urgence aux personnes qui ont des coups de chaud ou font des malaises ; ça, en plus des incendies.
«La population s’est mise à notre service, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis pompier.»
Beaucoup de pompiers aident leurs collègues d’autres départements pendant leurs vacances, en tant que volontaires, en plus de leur temps de travail. Mais on reste des êtres humains, on a aussi besoin de repos.
En Gironde et ailleurs, les élus locaux ont été formidables, les maires nous ont très bien accueillis. Sur place, les agriculteurs nous ont permis de réduire les délais de transit pour aller chercher de l’eau et pouvoir réattaquer le feu.
La population s’est mise à notre service, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis pompier. Les habitants ont fait nos lessives, nous ont préparé nos couchages et nos repas, ils ont apporté des matelas et des draps propres de chez eux. On n’avait que trois ou quatre heures de repos maximum, mais leur bienveillance et le niveau de confort qu’ils nous ont offert dans ce court laps de temps nous ont aidés à être opérationnels. Ce sont les choses simples : quiches et gâteaux faits maison, par exemple, qui permettent aux troupes de ne pas se démobiliser.
Entre atermoiements, austérité et prise de conscience tardive, les moyens consacrés à la lutte contre les incendies n'ont pas été renforcés à la hauteur de l'urgence durant les deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
On peut tout faire dire aux chiffres, surtout quand l'atmosphère politique devient irrespirable. Depuis plusieurs jours, toutes les familles politiques s'accusent mutuellement d'avoir hypothéqué les moyens de lutte contre les feux de forêt. Le gouvernement martèle qu'il a « (…)
Les récents épisodes de canicule ont fait flancher des frigos chez les particuliers comme dans les supermarchés. Voici quelques pistes pour adapter ces appareils indispensables à la chaleur.
Cette fois, c'est la confiture de framboises qui a tourné. Alcoolisée, elle est immangeable. Dans notre pavillon de banlieue parisienne, le pot était pourtant conservé au réfrigérateur. Mais en cette semaine caniculaire, l'appareil familial semble à l'agonie. Au point de gâcher un aliment aussi peu (…)

Source :Compte Tiktok, le 26 juillet 2026
Etiqe :erreur
Contenu :
Après les catastrophes naturelles, la rumeur des profiteurs de crises ne laisse personne indifférent. Plusieurs élus et habitants qui ont fui leurs villages en raison des incendies dévastateurs en Gironde s’inquiètent de possibles cambriolages dans leurs maisons inoccupées.
Sur les réseaux sociaux, deux photographies, montrant un homme en tenue de pompier devant une baie vitrée, issues d’une caméra de surveillance circulent avec cette légende : « Un homme déguisé en pompier a tenté d’entrer chez nous aujourd’hui à 17h15 […]. Son comportement était suspect. Par précaution, j’ai contacté la caserne des pompiers pour vérifier son identité, et il s’avère qu’il ne s’agit pas d’un véritable pompier. »
Si le message et les photos sont authentiques et ont bien été publiés par une habitante du village du Porge dont de nombreuses habitations ont été dévastées par l’incendie, l’information s’avère inexacte : il s’agit d’un vrai pompier, comme l’a reconnu rapidement l’expéditrice du message.
Un vrai pompier en intervention
Le message dévoilant ces images pour la première fois a été envoyé sur un groupe WhatsApp réunissant des personnes du village du Porge, particulièrement touché par l’incendie. Les photos du soi-disant faux pompier vrai cambrioleur ont alors circulé hors des groupes d’habitants du Porge.
Peu de temps après, l’expéditrice a rapidement reconnu une erreur de bonne foi et l’a indiqué sur ses groupes. « Erratum: suite à une situation confuse à mon domicile, j’avais publié la photo d’une personne, en pensant qu’il s’agissait d’un individu tentant de s’introduire chez moi. Il s’agissait en réalité d’un pompier en intervention, et je suis sincèrement désolée pour cette méprise, nous n’avions pas la bonne information. Si vous voyez le poste Merci de ne pas partager. Merci à toutes les équipes de secours pour leur travail. Merci de votre compréhension », alerte l’habitante du Porge qui a confirmé aux Surligneurs qu’il s’agissait d’un vrai pompier.
Problème : ce rectificatif n’a pas suivi aussi vite que l’image qui a continué sa route virale en solitaire.
D’après les services de la préfecture, 224 000 personnes ont été évacuées de manière préventive depuis le début de l’incendie et 240 habitations ont été détruites, tandis que 3 300 sapeurs-pompiers et 1 500 militaires pour les appuyer ont été mobilisés.
Dans ces zones, la police nationale rapporte cinq cas d’interpellations en lien avec des infractions en marge des incendies : une personne placée en garde à vue pour recel de bijoux, un individu interpelé avec 44 grands crus soupçonné d’avoir commis un vol par effraction, deux autres interpelées après le vol de denrées alimentaires destinées aux sinistrés et une autre se faisant passer pour un psychologue proposant des séances payantes aux sinistrés.
Les forces de l’ordre ont mis en place un dispositif sécuritaire visant à dissuader de possibles cambrioleurs dans les zones sinistrées et non occupées par leurs habitants actuellement.
Auteurs :
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Incendies en Gironde : attention, cette image ne montre pas un cambrioleur déguisé, mais un vrai pompier est apparu en premier sur Les Surligneurs.
« Aidez la faune sauvage pendant la canicule », en créant un point d'eau en libre service sur votre balcon ou dans votre jardin : c'est l'appel lancé par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Car, au-delà des feux, les animaux sauvages peinent à affronter les températures extrêmes. « La déshydratation est une autre menace majeure. L'assèchement des points d'eau oblige les animaux à parcourir de longues distances, parfois jusqu'à l'épuisement », alerte la LPO.
Cerfs, renards, (…)