
Source :Compte Facebook, le 23 juillet 2026
Etiqe :Faux
Contenu :
Quinze enfants disparus au cours d’une sortie scolaire en 1989, leur bus découvert 39 ans plus tard, intact, enseveli dans une forêt, sans aucune trace des disparus. À l’intérieur : quelques objets abandonnés, mais aucun corps ni aucune trace des disparus. Sur le tableau de bord, une liste de classe accompagnée d’un mystérieux message : « Nous ne sommes jamais arrivés à Morning Lake. »
Racontée comme un fait-divers taillé pour une série Netflix, cette histoire connait un franc succès sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, de nombreux internautes se laissent porter par le récit, et croient à la découverte miraculeuse entre stupéfaction et inquiétude. « Je suis étonnée qu’on ne les ait pas trouvés avant », s’interroge l’une d’entre elles. « Paix à leur âme ! Rendons grâce à Dieu ! » s’emporte une autre, sans doute bouleversée par l’histoire.
Que chacun et chacune se rassure : l’histoire a été inventée de toutes pièces pour générer du clic.
Des approximations en pagaille
Il faut dire que le récit comporte de nombreuses incohérences. L’école Halstead Ridge, cité dans les publications, n’existe pas, tout comme le lac Morning Lake, dont l’homonyme le plus proche est le Morning Star Lake, dans le Nebraska.
Par ailleurs, aucun média sérieux n’a relaté cette prétendue histoire : ce qui semble irréaliste au regard de l’impact médiatique qu’aurait pu avoir une telle disparition. À cela s’ajoute le manque d’informations dans les publications: les noms de lieux et de personnages sont génériques, et aucune région, état ou pays n’est mentionné.
De plus, la photo qui accompagne les publications présente les caractéristiques d’une image générée par intelligence artificielle. Toutes les inscriptions sur le dossard des ouvriers ou l’avant du bus sont illisibles, un détail fréquent sur les images générées par IA comprenant du texte, que les outils génératifs n’ont pas encore appris à reproduire parfaitement.
Autre incohérence : l’état du bus. Enterré pendant plusieurs décennies, il ne semble avoir subi aucun dommage : les pneus et les fenêtres sont en parfait état, et la peinture jaune du véhicule toujours intacte.
Un détail peu crédible, mais sans doute secondaire pour les comptes qui diffusent ce récit, dont l’objectif semble moins être d’informer que d’attirer les internautes vers des contenus rémunérateurs.
Un conte monétisé
En effet, cette histoire apparait sur les réseaux sociaux en 2025, d’abord en anglais (ici ou ici), puis en français, copiée, traduite, et relayée par des comptes qui postent en commentaire des liens vers une version « complète » du feuilleton. Tous ces sites sont bardés de publicités, qui visent à monétiser le trafic d’internautes curieux d’en apprendre plus sur cette histoire.
D’un site à l’autre, les éléments clés du récit changent. La disparition des enfants est datée, parfois le 19 mai 1986 , d’autre fois le 2 mai 1986 ou encore le 17 octobre 1986. Le nom de l’école, du shérif lié à l’enquête, et d’autres détails peuvent également varier.
Tout porte à croire qu’il s’agit donc d’une histoire virale montée de toutes pièces pour générer de la viralité sur les réseaux sociaux et du trafic sur des sites internet saturés de publicité. Et sur ce point, les inventeurs de ce récit semblent avoir réussi leur coup.
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste
L’article Attention à cette fausse histoire de bus scolaire retrouvé 39 ans plus tard est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Le sud de l'Europe devient de plus en plus inflammable. D'après une étude publiée le 30 juillet dans la revue Scientific Reports, le nombre de journées d'été présentant des conditions très propices au déclenchement et à la propagation de feux de forêt intenses y a plus que doublé au cours des quarante-cinq dernières années.
Les chercheurs ont procédé en comparant des données sur les feux de forêt répertoriés en France, en Italie, en Grèce et dans la péninsule ibérique à des données (…)
Saint-Jean-d’Illac (Gironde), le 29 juillet 2026. Depuis plusieurs jours, les pompier·es combattent les flammes du mégafeu qui ravage une partie de la Gironde et des Landes. © Thierry Olivier/Hans Lucas via AFP
En Gironde, un incendie aujourd’hui stabilisé a ravagé plus de 42 000 hectares : c’est le feu le plus important qu’ait connu la France depuis 1949. Le territoire hexagonal subit une saison des incendies exceptionnelle, avec déjà 115 000 hectares brûlés depuis le début de l’année. Pour lutter contre les flammes, les pompier·es de tous les départements sont à pied d’œuvre. Entretien avec Laurent Guilloteau, soldat du feu dans les Bouches-du-Rhône qui a prêté main-forte à ses collègues girondin·es ces derniers jours.
Je suis pompier professionnel depuis vingt-trois ans et volontaire depuis vingt-sept ans, basé à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône. C’est un département où on a de l’expérience en feux de forêt. Mais celui de Gironde est totalement différent de ceux que j’ai connus auparavant. J’ai été engagé sur l’incendie parti de Saumos, sur les secteurs de Lacanau et de Marcheprime (Gironde). C’était un engagement court de trois jours, mais très intense. On qualifie le feu de «hors-norme», c’est bien le mot. Il a été exceptionnel sur plusieurs points : sa superficie, son intensité et son évolution.
Toutes les théories de feux de forêt expliquent que ces derniers suivent normalement un sens du vent et un axe de propagation. Mais cet incendie, en raison de son intensité, a créé son propre vent [un pyrocumulonimbus, un nuage généré par l’énorme brasier, a causé des orages et aggravé le feu, NDLR]. L’incendie changeait de direction sans prévenir alors même que le vent était contraire : il avait une propagation anarchique et imprévisible, ça a compliqué notre travail. Les agents ont été résilients car le feu est fourbe : il venait parfois sur nous avant de subitement faire demi-tour.
Laurent Guilloteau est pompier depuis vingt-sept ans. © Sdis 33
On est rien face à l’ogre. Ces feux-là, on n’a pas l’habitude de les traiter, c’est très impressionnant pour les jeunes pompiers. Mais ça nous a permis d’acquérir une certaine expérience. Mes équipes ont fait preuve d’humilité et de courage : c’est parfois dur de se dire qu’on peut être inefficaces avec nos lances, face à un feu d’une telle intensité. Alors on se rend utiles sur d’autres enjeux : sauver des animaux – on a sauvé des chevaux –, des maisons…
«Nos forêts sont devenues de véritables poudrières, ce sont des bombes à retardement.»
On dormait trois heures par nuit. Sur 24 heures, ça fait vraiment peu de temps de repos. L’énorme fatigue ne tient pas qu’à l’intensité du feu : on manque de moyens et surtout d’hommes. La saison des incendies a démarré très tôt cette année et ce sont souvent les mêmes qui sont engagés.
Il nous faudrait plus de camions-citernes destinés aux feux de forêt. On en est parfois rendu à utiliser des camions pour feux urbains lors d’incendies forestiers. Cela signifie qu’on expose nos agents parce que ces véhicules n’ont pas les mêmes normes de sécurité que ceux mobilisés habituellement pour éteindre la végétation. La France, malgré tout ce que dit le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, manque de ressources matérielles.
La polémique autour de notre flotte aérienne est bien réelle : il y a eu une journée durant laquelle, sur les douze Canadair, seuls cinq étaient disponibles car ce sont de vieux appareils. En Gironde, on s’inquiétait de ne pas voir voler les avions pour gérer le feu. Il faut dire qu’on est à un niveau de sécheresse des végétaux absolument inédit en France. Nos forêts sont devenues de véritables poudrières, ce sont des bombes à retardement.
«Les promesses d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues.»
Dans tous les cas, ce serait plus facile si on avait plus de personnel ; on manque surtout de ressources humaines. Un Canadair ou un Dash est inefficace s’il n’y a pas de troupes au sol pour parfaire l’extinction. Si elles ne sont pas là, le feu reprend. Le problème, c’est que nous sommes sous-professionnalisés. À la CGT, on a quantifié qu’il manquait au moins 16 000 pompiers professionnels en France. On en a déjà parlé, mais les leçons des incendies de 2022 n’ont pas été tirées. Les promesses d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues.
En ce moment, on fait traverser la France à des milliers de pompiers. Ils font parfois dix heures de trajet en camion pour partir sur les feux de forêt. Comme les gens sur place sont déjà épuisés, les agents qui viennent d’arriver sont engagés directement pour les relayer, malgré le manque de sommeil. Forcément, ça joue sur notre état de vigilance, avec des possibilités d’endormissement. On reste des êtres humains, si on fait presque vingt heures sans dormir, notre état de vigilance s’affaiblit.
On parle de l’épuisement, du danger direct des flammes, mais encore peu de la toxicité des fumées sur nos équipes. Même doter tous nos agents de masques FFP3 est devenu complexe, alors que ça n’a pas un coût monumental. Il faut renouveler ces masques dans les phases d’attente et pas seulement dans les moments de lutte.
Les gens qui travaillent pendant seize heures minimum d’affilée sur un feu de forêt, voire vingt-et-une heures, respirent de la fumée de combustible chargée en monoxyde de carbone, en benzène ou en cyanure. La Direction générale de la sécurité civile parle d’une centaine de pompiers blessés ou intoxiqués. Si on avait dû tester tous les agents, je pense qu’il y en aurait eu bien davantage. Plus de la moitié auraient sans doute été mis au repos à cause de ça.
Le niveau d’engagement et d’exigence demandé est énorme, et on joue avec notre santé. La France a un train de retard, on n’a pas encore d’outil harmonisé pour tracer la santé des pompiers et être capable de dire qui a été exposé, à quel feu et pendant combien d’heures.
Le problème vient de l’abandon de l’État envers les services publics. On ne travaille pas seulement sur des feux de forêt au quotidien, donc quand le département des Bouches-du-Rhône envoie du monde en renfort contre les incendies dans les Pyrénées-Orientales, en Gironde ou dans le Var, ces gens doivent être remplacés sur leurs journées de garde.
Dans leur département, le risque continue : en moyenne, nous réalisons plus de 500 interventions par jour sur notre territoire, donc il faut du monde qui reste. La succession de canicules et cette nouvelle vague de chaleur complexifient encore notre travail. Nos missions, ce sont aussi des secours d’urgence aux personnes qui ont des coups de chaud ou font des malaises ; ça, en plus des incendies.
«La population s’est mise à notre service, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis pompier.»
Beaucoup de pompiers aident leurs collègues d’autres départements pendant leurs vacances, en tant que volontaires, en plus de leur temps de travail. Mais on reste des êtres humains, on a aussi besoin de repos.
En Gironde et ailleurs, les élus locaux ont été formidables, les maires nous ont très bien accueillis. Sur place, les agriculteurs nous ont permis de réduire les délais de transit pour aller chercher de l’eau et pouvoir réattaquer le feu.
La population s’est mise à notre service, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis pompier. Les habitants ont fait nos lessives, nous ont préparé nos couchages et nos repas, ils ont apporté des matelas et des draps propres de chez eux. On n’avait que trois ou quatre heures de repos maximum, mais leur bienveillance et le niveau de confort qu’ils nous ont offert dans ce court laps de temps nous ont aidés à être opérationnels. Ce sont les choses simples : quiches et gâteaux faits maison, par exemple, qui permettent aux troupes de ne pas se démobiliser.
Entre atermoiements, austérité et prise de conscience tardive, les moyens consacrés à la lutte contre les incendies n'ont pas été renforcés à la hauteur de l'urgence durant les deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
On peut tout faire dire aux chiffres, surtout quand l'atmosphère politique devient irrespirable. Depuis plusieurs jours, toutes les familles politiques s'accusent mutuellement d'avoir hypothéqué les moyens de lutte contre les feux de forêt. Le gouvernement martèle qu'il a « (…)
Les récents épisodes de canicule ont fait flancher des frigos chez les particuliers comme dans les supermarchés. Voici quelques pistes pour adapter ces appareils indispensables à la chaleur.
Cette fois, c'est la confiture de framboises qui a tourné. Alcoolisée, elle est immangeable. Dans notre pavillon de banlieue parisienne, le pot était pourtant conservé au réfrigérateur. Mais en cette semaine caniculaire, l'appareil familial semble à l'agonie. Au point de gâcher un aliment aussi peu (…)

Source :Compte Tiktok, le 26 juillet 2026
Etiqe :erreur
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Après les catastrophes naturelles, la rumeur des profiteurs de crises ne laisse personne indifférent. Plusieurs élus et habitants qui ont fui leurs villages en raison des incendies dévastateurs en Gironde s’inquiètent de possibles cambriolages dans leurs maisons inoccupées.
Sur les réseaux sociaux, deux photographies, montrant un homme en tenue de pompier devant une baie vitrée, issues d’une caméra de surveillance circulent avec cette légende : « Un homme déguisé en pompier a tenté d’entrer chez nous aujourd’hui à 17h15 […]. Son comportement était suspect. Par précaution, j’ai contacté la caserne des pompiers pour vérifier son identité, et il s’avère qu’il ne s’agit pas d’un véritable pompier. »
Si le message et les photos sont authentiques et ont bien été publiés par une habitante du village du Porge dont de nombreuses habitations ont été dévastées par l’incendie, l’information s’avère inexacte : il s’agit d’un vrai pompier, comme l’a reconnu rapidement l’expéditrice du message.
Un vrai pompier en intervention
Le message dévoilant ces images pour la première fois a été envoyé sur un groupe WhatsApp réunissant des personnes du village du Porge, particulièrement touché par l’incendie. Les photos du soi-disant faux pompier vrai cambrioleur ont alors circulé hors des groupes d’habitants du Porge.
Peu de temps après, l’expéditrice a rapidement reconnu une erreur de bonne foi et l’a indiqué sur ses groupes. « Erratum: suite à une situation confuse à mon domicile, j’avais publié la photo d’une personne, en pensant qu’il s’agissait d’un individu tentant de s’introduire chez moi. Il s’agissait en réalité d’un pompier en intervention, et je suis sincèrement désolée pour cette méprise, nous n’avions pas la bonne information. Si vous voyez le poste Merci de ne pas partager. Merci à toutes les équipes de secours pour leur travail. Merci de votre compréhension », alerte l’habitante du Porge qui a confirmé aux Surligneurs qu’il s’agissait d’un vrai pompier.
Problème : ce rectificatif n’a pas suivi aussi vite que l’image qui a continué sa route virale en solitaire.
D’après les services de la préfecture, 224 000 personnes ont été évacuées de manière préventive depuis le début de l’incendie et 240 habitations ont été détruites, tandis que 3 300 sapeurs-pompiers et 1 500 militaires pour les appuyer ont été mobilisés.
Dans ces zones, la police nationale rapporte cinq cas d’interpellations en lien avec des infractions en marge des incendies : une personne placée en garde à vue pour recel de bijoux, un individu interpelé avec 44 grands crus soupçonné d’avoir commis un vol par effraction, deux autres interpelées après le vol de denrées alimentaires destinées aux sinistrés et une autre se faisant passer pour un psychologue proposant des séances payantes aux sinistrés.
Les forces de l’ordre ont mis en place un dispositif sécuritaire visant à dissuader de possibles cambrioleurs dans les zones sinistrées et non occupées par leurs habitants actuellement.
Auteurs :
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Incendies en Gironde : attention, cette image ne montre pas un cambrioleur déguisé, mais un vrai pompier est apparu en premier sur Les Surligneurs.
« Aidez la faune sauvage pendant la canicule », en créant un point d'eau en libre service sur votre balcon ou dans votre jardin : c'est l'appel lancé par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Car, au-delà des feux, les animaux sauvages peinent à affronter les températures extrêmes. « La déshydratation est une autre menace majeure. L'assèchement des points d'eau oblige les animaux à parcourir de longues distances, parfois jusqu'à l'épuisement », alerte la LPO.
Cerfs, renards, (…)
Le projet de serre géante Tropicalia, dans les Hauts-de-France, a été définitivement abandonné faute de financement. Son promoteur, Cédric Guérin l'a confirmé mercredi 29 juillet sur Ici Hauts-de-France.
L'entrepreneur voulait construire une serre de 20 000 m2 abritant des animaux et des plantes exotiques pour y accueillir des touristes. Il souhaite désormais revendre ce projet à d'autres territoires.
Tropicalia était contesté par de nombreuses associations locales. Elles dénonçaient le (…)
Pour comprendre pourquoi ce lien tient depuis si longtemps, il faut remonter à la fondation même du parti. En 1972, quand Jean-Marie Le Pen crée le Front national autour du groupe neofasciste ordre nouveau, le projet n'est pas de rassembler des électeurs autour d'un programme, mais de réunir sous un même toit tous les courants de l'extrême droite : identitaires, monarchistes, nationalistes et révolutionnaires.
Cet article RN, et ultra-droite : relation discrète, relation parfaite est apparu en premier sur La Relève et La Peste.

Source :Compte Facebook, le 23 juillet 2026
Etiqe :Trompeur
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Soixante-douze départements en vigilance rouge, des températures moyennes jamais enregistrées auparavant : la canicule qui a touché la France en juin 2026 a marqué par sa précocité, son intensité, mais surtout sa durabilité, l’épisode ayant duré presque deux semaines.
Le bilan humain de cette canicule est le deuxième plus important jamais enregistré dans notre pays derrière la canicule de 2003, d’après les estimations de Santé publique France. Du 17 juin au 2 juillet, dans les 92 départements concernés par les alertes canicule, 5764 décès en excès ont été observés, c’est-à-dire des morts supplémentaires « par rapport à ce que l’on attend en temps normal pour la même période et la même région ».
Pour un internaute, cette surmortalité pourrait s’expliquer par … un manque de climatisation des logements en France. Pour prouver son hypothèse, il met en relation deux cartes : une représentant la surmortalité observée dans chaque département lors de l’épisode caniculaire de juin, par Santé Publique France, et une autre présentant une estimation du taux d’équipement des logements en climatisation en juin 2026, publiée par la start-up Hello Watt.
Le résultat est soi-disant flagrant : la seule région qui semble épargnée par la surmortalité n’est autre que la côte méditerranéenne, dont les logements sont majoritairement climatisés (plus de 45%).
À première vue, les deux cartes semblent se superposer presque parfaitement, mais cette corrélation n’est pas preuve de causalité. D’autres variables, comme les différentes vigilances canicules, éclairent différemment le débat. Si le sud-est enregistre moins de décès lors de la canicule, c’est avant tout parce que cette région a été beaucoup moins touchée par les épisodes caniculaires que le reste de la France.
Les régions du Sud-Est moins touchées par la canicule
Pour Kévin Jean, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’ENS-PSL, le constat est sans appel : « La canicule de juin a surtout tué le plus dans les régions qui étaient celles qui ont fait face aux plus hauts niveaux de chaleur, ce qui n’était pas le cas du Sud-Est ».
« Plus de la moitié (56 %) des excès de décès sont concentrés sur les journées du 25 au 27 juin« , selon Santé Publique France. Les températures moyennes sur 24 heures des 24 et 25 juin 2026 ont été les plus élevées jamais enregistrées en France, tous mois confondus, selon Météo France, mais elles n’ont pas été homogènes sur l’ensemble du territoire.
À ce moment, au plus fort de la canicule, le sud-est du pays est resté majoritairement en vigilance orange ou jaune, quand les autres départements viraient au rouge. Santé Publique France ajoute que « toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité toutes causes à l’exception des régions Corse, Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, exposées à la chaleur de manière moins intense sur cette période ».
On peut d’ailleurs faire les mêmes observations pour la canicule de 2003, dont les 14 800 décès en excès en font l’épisode le plus meurtrier en France. Un rapport de 2004 de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), rappelle que la surmortalité a été plus élevée « dans les départements ayant subi les plus grands nombres de jours de forte chaleur ».
Cette analyse des températures hétérogènes sur le territoire n’est pas évoquée par les internautes, ce qui détourne, selon Kévin Jean, le débat dans une « énième tentative de restreindre les enjeux d’adaptation au changement climatique à la question de la climatisation », juge l’épidémiologiste.
Si les écarts de mortalité selon les régions au mois de juin s’expliquent majoritairement par le différentiel de températures, il faut noter que les régions habituées aux températures extrêmes sont mieux équipées pour y faire face. Basile Chaix, épidémiologiste et directeur de recherche à l’Inserm, rappelle que ces régions construisent des « logements différents », mieux adaptés à la chaleur et ont des habitudes de vie adaptées (horaires des repas, du travail, climatisation, etc.) aux périodes de canicule.
Ces habitudes, dont la climatisation est une composante, sont ce que les épidémiologistes appellent des facteurs de confusion. C’est-à-dire que – pour prendre l’exemple de la climatisation – il est simultanément lié à la cause (il y a plus de climatisation parce que ces régions font face à des canicules) et à l’effet (la climatisation peut atténuer la mortalité lors d’une canicule). En tant qu’observateur, il est donc plus facile de lier la climatisation à la réduction de la mortalité, comme il serait surement possible de le faire avec d’autres facteurs.
La climatisation, nouvel « équipement médical » ?
Si le taux de climatisation n’est pas le facteur principal de réduction de la mortalité sur la côte méditerranéenne, son aspect protecteur est indéniable, selon Basile Chaix : « Même ceux qui se sont opposés longtemps à la climatisation admettent aujourd’hui qu’on ne peut pas s’en passer pour les personnes les plus vulnérables. » S’il ne veut pas en faire « l’alpha et l’oméga » de l’adaptation à la chaleur, l’épidémiologiste compare désormais la climatisation à un « équipement médical », indispensable dans certains cas.
La littérature scientifique va dans ce sens. Une étude canadienne de 2025 qui a étudié précisément le cas des maisons de retraite conclut que la surmortalité liée à la chaleur est beaucoup plus faible dans les établissements équipés de climatisation. En France, les travaux scientifiques sur la question sont encore peu nombreux, en raison de la relative rareté des épisodes caniculaires, et la démocratisation encore partielle et récente de la climatisation dans de nombreux espaces.
Un rapport de Santé Publique France publié en 2019 explique cependant que l’accès à des pièces climatisées lors de la canicule de 2003 faisait partie des principaux facteurs « associés à une diminution significative du risque de décès ». C’est pour cette raison que le Plan National Canicule, lancé après la canicule de 2003, et son extension « Plan Bleu » dans les établissements médico-sociaux, prévoit la mise en place de « pièces rafraichies » ou climatisées, afin de soulager les personnes les plus fragiles.
Mais démocratiser la climatisation sans réfléchir plus globalement à l’adaptation des logements et de nos pratiques pourrait au contraire participer à l’augmentation des températures dans les grands pôles urbains, comme l’avance une étude de 2020 menée conjointement par le CNRS, Météo-France et l’École des Points. En protégeant une partie de la population qui peut se permettre d’investir, l’air chaud rejeté dans les rues par les climatiseurs pourrait aggraver les conditions de vie des plus modestes.
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste
L’article Canicule de juin : y a-t-il un lien entre le nombre de morts et le taux de climatisation ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.

Source :Compte Facebook, le 13 juillet 2026
Etiqe :Imprécis
Contenu :
Le 15 juillet 2026, les députés français ont adopté la loi instaurant un droit à « l’aide à mourir », après deux années de fractures au sein même des groupes politiques. Cette adoption a suscité de vives critiques, à l’image du président du parti Les Républicains et candidat à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau, la qualifiant de « loi d’abandon ».
Sur Facebook, des internautes expriment également leur désaccord. « La boîte de Pandore, une fois ouverte, ne se referme pas », professe l’un d’entre eux. Il prend l’exemple de la Belgique, un pays pionnier concernant l’euthanasie, puisqu’il l’a dépénalisée dès 2002.
Après avoir retracé les différentes étapes de la législation belge encadrant l’euthanasie, initialement destinée, selon lui, aux personnes subissant des « souffrances physiques insupportables », l’internaute affirme qu’elle serait aujourd’hui « accessible aux dépressifs chroniques, aux patients psychiatriques, aux personnes fatiguées de vivre ».
Il ajoute qu’ « un Belge sur vingt meurt désormais par euthanasie » et critique également l’extension, en 2014, de cette possibilité aux mineurs.
Intime, le sujet de la fin de vie questionne tout un chacun. Dès lors, la précision est de rigueur. Les Surligneurs se sont donc penchés sur les règles qui encadrent l’euthanasie en Belgique, plus subtiles et nuancées que l’internaute ne le laisse entendre.
« Fatigué de vivre, ce n’est pas un diagnostic »
Première imprécision : dès 2002, la loi belge a dépénalisé l’euthanasie que ce soit pour des souffrances physiques ou psychologiques. L’existence de demandes fondées sur des souffrances psychiques ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à un assouplissement progressif du dispositif.
Par ailleurs, l’internaute se trompe également en laissant penser que des personnes « fatiguées de vivre » pourraient accéder à l’aide à mourir. « D’un point de vue médical, la fatigue de vivre n’est pas du tout reconnue », rappelle le docteur Michel Roland, médecin consultant à l’ADMD ayant notamment exercé dix ans en service de soins palliatifs. « Si une personne se dit fatiguée de vivre au point de demander l’euthanasie, il faut d’abord chercher à comprendre avec elle ce qui motive cette demande, puis l’orienter vers un psychologue ou d’autres médecins », ajoute-t-il.
Des propos complétés par son confrère, Didier Giet, médecin généraliste, professeur à l’Université de Liège et membre de la commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE), chargée de vérifier que les euthanasies pratiquées respectent les conditions prévues par la loi. « Fatigué de vivre, ce n’est pas un diagnostic », assène-t-il. « Je trouve cela terrible de laisser entendre qu’en Belgique, il suffirait de se dire « fatigué de vivre » pour bénéficier de l’aide à mourir. C’est réduire l’euthanasie à un acte d’une extrême banalité », commente, ému, le membre de la CFCEE.
Entre 2,13 et 3,97% des morts chaque année
Avant d’aborder plus en détail les conditions d’accession à l’euthanasie, il convient de se plonger dans les chiffres de la mortalité en Belgique. Car sur ce point aussi, l’internaute est imprécis.
Tous les deux ans, la CFCEE publie un rapport résumant les chiffres des euthanasies. Entre 2018, date du plus ancien rapport disponible sur son site, et 2025, le nombre de décès annuels par euthanasies a oscillé entre 2 357 et 4 486 par an. Rapporté à l’ensemble des décès chaque année, il représentait 2,13% en 2018 contre 3,97% en 2025.
L’affirmation selon laquelle « un Belge sur vingt meurt par euthanasie » surestime cette proportion, qui s’établit à environ une personne sur vingt-cinq. Reste que la part d’euthanasie dans le nombre total de décès est en constante augmentation depuis 2018, à l’exception de 2020, année de l’épidémie de Covid-19.
Un développement explicable par le vieillissement
Une étude publiée en avril 2025 avance plusieurs facteurs pour expliquer cette progression. Selon ses auteurs, la forte hausse observée durant les premières années s’expliquerait notamment par le temps nécessaire aux citoyens et aux professionnels de santé pour connaître le dispositif et se l’approprier. Les évolutions démographiques, en particulier le vieillissement de la population, expliqueraient quant à elles entre un quart et un tiers de l’augmentation constatée sur l’ensemble de la période étudiée.
Les chiffres de la CFCEE montrent également que les euthanasies de mineurs sont restées exceptionnelles : seuls sept cas ont été recensés depuis 2014. L’étude rappelle aussi que, depuis la mise en place de la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique en 2002, les plus de 60 ans ont représenté 84,74% des bénéficiaires. Par ailleurs, parmi les 33 647 euthanasies déclarées entre septembre 2002 et décembre 2023, 427, soit 1,27 %, avaient pour affection principale un trouble psychiatrique.
Autrement dit, les chiffres disponibles ne corroborent pas l’idée d’une généralisation de l’euthanasie aux mineurs, aux personnes souffrant de troubles psychiatriques ou à celles qui seraient simplement « fatiguées de vivre », comme le fait l’internaute. Ces situations restent très minoritaires parmi les cas recensés en Belgique.
Une série de critères précis
Ces faibles proportions s’expliquent par l’encadrement strict prévu par la loi belge. « L’euthanasie n’est pas autorisée en Belgique, elle est dépénalisée », rappelle Michel Roland. « Il faut vérifier qu’une série de critères soient remplis pour que la demande d’euthanasie sollicitée et réalisée ne soit pas pénalisable », ajoute le médecin.
Parmi les critères, listés dans la loi belge de 2002, la demande doit être formulée de manière « volontaire, réfléchie et répétée », sans résulter d’une « pression extérieure ». Le patient doit également se trouver dans une « situation médicale sans issue et [faire] état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable ». Il revient au médecin consulté de s’assurer « du caractère constant, insupportable et inapaisable de la souffrance physique ou psychique ».
De multiples avis de médecins indépendants
Par ailleurs, d’autres garde-fous sont prévus dans le droit belge. Il faut, au minimum, deux avis de médecins indépendants l’un de l’autre pour que la demande d’euthanasie puisse être acceptée. « Si le décès n’est pas prévu à court terme, à ce moment-là, il faut trois médecins : le médecin traitant, et deux médecins indépendants, dont un spécialiste de la pathologie concerné », précise Michel Roland. « Ce qui veut dire que pour un cancer du poumon, le spécialiste peut être soit un pneumologue, soit un oncologue ».
Et dans le cas d’une demande d’euthanasie qui résulterait uniquement d’une pathologie d’ordre psychiatrique, l’Ordre des médecins belges a mis en place une pratique extra-légale, en préconisant que quatre médecins soient consultés au global dans ces cas-là.
Le cadre belge ne confirme donc pas l’idée d’un accès généralisé à l’euthanasie pour les mineurs, les personnes atteintes de troubles psychiatriques ou celles qui se diraient simplement « fatiguées de vivre ».
Si le nombre d’euthanasies déclarées augmente et représente désormais près de 4 % des décès, les situations mises en avant par l’internaute restent très minoritaires et restent soumises à des conditions médicales et procédurales précises.
Auteurs :
Auteur: Antoine Mauvy, journaliste
Relecteur: Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
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Source :Compte Facebook, le 30 juillet 2026
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Alors que les feux de forêt sont à peine stabilisés en Gironde, les autorités s’inquiètent de l’apparition de pyromanes, qui profiteraient du chaos pour lancer de nouveaux départs de feu.
Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux semble montrer l’un d’entre eux, pris en flagrant délit en train de mettre le feu à des fourrées d’herbes sèches en bord de route. Les internautes, souvent anglophones, qui la partagent assurent que la scène a lieu en France.
Pourtant, ce départ de feu n’a rien à voir avec les incendies qui sévissent en Gironde, puisqu’il a eu lieu en Italie, en août 2025.
Un incendie volontaire de 2025, en Italie
Un indice aura pu mettre la puce à l’oreille des plus attentifs : la mention « Prensa de los Carabinieri », en haut à gauche de la vidéo. En Italie, les Carabinieri sont l’équivalent de la Gendarmerie nationale. C’est une force de police au statut militaire, dont les fonctions vont du maintien de l’ordre, à l’enquête, jusqu’à la protection de l’environnement, et notamment la lutte contre les incendies criminels.
Sur le compte X de ces carabiniers, on peut retrouver la trace de cette vidéo de surveillance, datée au 11 août 2025. Le post est accompagné d’un communiqué officiel de l’organe militaire, qui détaille les faits filmés.
On y apprend qu’un « homme de 58 ans déjà connu des services de police pour des délits mineurs » est le responsable du départ de feu. Sa voiture a été repérée le 9 août dans le village de Montemiletto « près de l’un des trois points de départ de feu ». « Plusieurs clichés ont permis de constater que l’homme mettait le feu à des broussailles en bordure de route », conclut l’enquête.
Placé en état d’arrestation pour « incendie de forêt », il est aujourd’hui assigné à résidence dans l’attente de son procès. Il a reconnu les faits et risque jusqu’à 15 ans de prison. Au cours des opérations d’extinction de cet incendie criminel, un homme de 74 ans est décédé d’une crise cardiaque, un drame pour lequel il n’est pas mis en cause.
L’affaire avait fait grand bruit dans les médias italiens (ici ou ici) mais aussi espagnols (ici ou ici), ce qui explique la seconde inscription que l’on peut voir en haut à droite de la vidéo : Prensa Iberica, un groupe de presse espagnol dont la vidéo a sûrement été republiée par les internautes.
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Incendie en Gironde : attention à cette vidéo d’un pyromane en Italie en 2025 est apparu en premier sur Les Surligneurs.
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Tout commence par la chaleur. En brûlant, la végétation libère une énergie considérable. L'air surchauffé s'allège et grimpe en colonne. Ce courant vertical aspire l'air voisin et s'élève toujours plus haut. À mesure qu'il monte, il se refroidit. Sa vapeur d'eau se dépose alors sur les fines particules de suie, et un nuage apparaît.
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Véritable plaque tournante du chlordécone, Port-la-Nouvelle, dans l'Aube, est au cœur d'une enquête menée par un institut écocitoyen. Les tests mesurant le pesticide dans l'eau seront ensuite partagés avec les principales victimes antillaises.
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La station d’épuration de Saint-Fons, dans l’agglomération lyonnaise (Rhône), ne respecte pas les normes européennes de traitement des eaux usées. © Romain Doucelin/Hans Lucas via AFP
22% des stations d’épuration françaises ne traitent ou ne surveillent pas correctement les effluents avant leur rejet dans les rivières, les lacs et la mer – avec des conséquences pour la nature et la santé.
Depuis trente-cinq ans, la directive sur le traitement des eaux résiduaires urbaines (ERU) a pourtant instauré un cadre visant à «protéger l’environnement contre une détérioration due aux rejets d’eaux résiduaires urbaines insuffisamment traitées». Pour remplir cet objectif, chaque station doit d’abord être en mesure de traiter l’ensemble des eaux usées reçues : celles provenant des toilettes, de la douche, de la cuisine, du lave-linge… et, parfois, celles de l’industrie ou de l’agriculture, après accord. C’est ce que la directive appelle la «conformité en équipement» : la station d’épuration est assez grande et a priori bien équipée pour traiter tout le débit d’eaux usées reçu. Ce premier critère ne juge que les installations.
C’est un second critère, la «conformité en performances», qui vérifie que les eaux rejetées dans la nature après le traitement sont correctement dépurées par la station. Cette dernière doit régulièrement mesurer la concentration de polluants et informer les autorités. Tout va bien si l’eau traitée ne dépasse pas les différents taux fixés par la directive pour toute l’Union européenne.
Alors, la station près de chez vous respecte-t-elle les normes en vigueur ? Pour le savoir, parcourez notre carte de l’ensemble des 22 901 usines d’épuration actives, avec leurs informations de conformité pour 2024, date des derniers relevés disponibles.
Vert révèle que 5 157 stations de traitement des eaux usées (STEU) sont non conformes «en performances». Quelles sont les conséquences ? «Les niveaux d’oxygène dans l’eau diminuent, la vase s’accumule dans le fond des rivières et des lacs, ce qui entraîne une mortalité des poissons et autres organismes», résume Sophie Besnault, ingénieure chimiste spécialiste du traitement de l’eau à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). De plus, la concentration trop élevée d’azote et de phosphore, faute de traitement conforme, peut provoquer l’eutrophisation des milieux aquatiques. Consommés par les plantes, ces nutriments agissent comme des engrais. «Les algues se multiplient et on fait face à de véritables marées vertes», décrit la chercheuse.
Les baigneur·ses en font aussi les frais. Si les stations d’épuration ne sont en principe pas conçues pour traiter les organismes pathogènes, ceux-ci sont partiellement abattus par un traitement «classique», celui requis pour la plupart des infrastructures. Du moins quand ce traitement est correctement réalisé.
Comment expliquer cette proportion si haute de non-conformité ? «La France compte beaucoup de stations d’épuration, majoritairement en zone rurale. Mettre en conformité coûte cher et de nombreuses collectivités n’ont pas toujours les moyens de le faire, explique Sophie Besnault. Faute de budget, toutes les stations n’ont pas forcément été mises à niveau. Parfois, il faut complètement refaire l’installation pour atteindre les performances requises.»
28% des intercommunalités françaises (6 386) possèdent une ou plusieurs stations non conformes aux exigences de traitement des eaux usées, d’après les dernières données disponibles. Les départements d’outre-mer sont parmi les plus touchés. Aucune des 21 communautés de communes de Mayotte ne remplit les exigences. En Martinique, 78% ne sont pas conformes. Même constat en Guyane (69%) et en Guadeloupe (65%). En France hexagonale, l’Ariège (86% des 150 agglomérations) et le Loir-et-Cher (81%) sont les territoires les plus affectés.
«Le constat est donc sans appel : le taux de conformité réglementaire des systèmes d’assainissement ne cesse de diminuer depuis plus d’une dizaine d’années et atteint désormais des niveaux inquiétants», alertait le gouvernement en 2025 dans une instruction interministérielle. En ce mois de juillet, la Commission européenne a lancé une nouvelle procédure d’infraction contre la France pour 518 intercommunalités qui possèdent des stations d’épuration non conformes. Et c’est loin d’être une nouveauté : l’Hexagone accumule les rappels à l’ordre depuis l’entrée en vigueur de la directive européenne, en 1991. Dernière condamnation en date : en 2024, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a épinglé la France pour des manquements dans 78 agglomérations.
L’État n’a toujours pas reçu d’amende, mais il pourrait passer à la caisse si les infractions continuent. Notre voisin espagnol a déjà versé près de 90 millions d’euros à la justice européenne pour avoir manqué à ses obligations de traitement des eaux usées.
Les données analysées et cartographiées proviennent de la dernière mise à jour (2024) de la base des systèmes d’assainissement collectif publiée par le ministère de la transition écologique. Ces données reflètent la qualité du traitement des eaux usées et sont communiquées régulièrement à l’UE, qui surveille la conformité de tous les États membres.
Le ministère met cependant en garde quant à la fiabilité des plus petites stations : «Les données des 18 797 STEU inférieures à 2 000 Eh [équivalent habitant, NDLR] ont également été mises en ligne mais avec un taux de fiabilité beaucoup plus faible que pour les plus de 2000 Eh, notamment en ce qui concerne la conformité à la directive ERU.» Les expert·es attribuent en grande partie ce défaut de fiabilité à des manquements dans l’obligation de contrôler la qualité de l’eau ou de communiquer les résultats aux services de l’État. «Le manque de conformité vient parfois du fait que les exploitants n’ont pas fourni les données de surveillance ou que les données ne sont pas bien remontées», précise Sophie Besnault.
Chaque station est obligée de surveiller régulièrement la qualité des eaux en entrée et en sortie. «Plus la station est grande, plus les bilans sont fréquents : une fois par jour pour les plus importantes et au moins une fois tous les deux ans pour les plus petites», précise la chercheuse à l’Inrae. Quand une station ne respecte pas cette obligation ou que les bilans ne sont pas communiqués, elle se trouve en non-conformité.
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